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Le Phare de Tévennec

une aquarelle

d'Adyne Gohy

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a inspiré

Le Phare de Tévennec

un poème de

Raymond Martin

Beg  ar raz que jalousement tu protèges dans la noble mer d’Iroise sereine ou intrépide,
Tu n’es point jalousé par ton alter égo de la Vieille,  encré lui aussi sur un roc invincible.
En toi l’unique  espoir,  en tempête, des vaillants  marins aux pieds surs mais aux visages livides,
Désireux d’atteindre Audierne ou d’accoster au mieux en Sein, pour un repos mérité et  possible.


On te cherche parfois, mais au long des hardies déferlantes, ton fantôme surgit accablé mais  serein.
Maudit, suspecté de l’être, pourtant  rien de maléfice  ne règne en tes feux apaisants et salutaires.
L’Ire bretonne hante encore tes entrailles granitiques,  chahutées par les flots  assassins.
Au passé, tes gardiens  t’ont aimé, t’ont haï, mais que de souvenirs en leurs êtres volontaires !


La crête de l’écume supporte un instant le goéland argenté, au bec traqueur de flets vaincus,
Tandis que les flots déferlants de la mer déchainée se fracassent sur ton roc rayonnant.
Près de toi, la baie des trépassés engendre cris et gémissements de ces marins disparus,
Ou des Druides morts, dont les corps reposeront en l’éternité de l’ile de Sein dignement.


Plogoff, la rebelle digne héritière de l’Armorique primitive d’où  Saint-Collodan règne,
Protège cette pointe mythique, paradisiaque, exhalant la bruyère, où nichent lapins
Et autre petits peuples faunesques,  gîtant dans la lande que les embruns salés  baignent.
Le temps apaisé, au ciel rougi du soir tombant, ta silhouette trône vers l’immensité sereine.


Avallon, tu es toujours encrée dans la mémoire marine, ils vont vers toi les feux de Tévennec,
Illuminant le couchant, suggérant ta présence mystique apaisée, sœur de, ou toi-même Atlantide.
Bombardes, binious  stimulés par le vent sonnent « Bro gozh ma zadoù « de Cancale au  Guilvinec.
Tévennec, phare de l’espoir, tes feux rayonnent  pour toujours vers le marin apatride.

A toi, trugarez…… !


Raymond   Martin   -   novembre   2016
 
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administrateur théâtres

cover.asp?id=108Passé constitutif, présent douloureux, futur absent.

 

Ils sont vêtus de la  couleur des oiseaux du ciel. L’une sobre et sombre, l’autre en livrée colorée. Ils sont en proie à la roucoulade finale. Ce dont se passent les oiseaux véritables.   

"Davantage de lumière"! aurait dit Goethe à l'instant où il a glissé dans la mort. Une demande permanente pour une humanité en proie aux délires de l'obscurantisme et de l'obscurité. Mais une demande essentielle que nous seuls pouvons satisfaire en allumant tous les feux que l'amour est capable de faire briller… Mais Stan n’y croit plus. Y a-t-il jamais cru?

Plus de doute possible, il s’est engagé dans une certitude mortifère. Le défi  orgueilleux de cet homme est d’éteindre le soleil. Et c’est lui qui  éteindra la lumière en sortant. Dont acte. Il joue au loup troublé par l’eau que l’on boit  six pieds  au-dessous de lui. Il simule une péroraison assassine, muni de mots qui cognent, armé d’une baïonnette. Il dévore et  lape maladroitement  le  corps et l' âme de sa compagne mise à nu. Quelle arrogance, celle qui lui fit dire: « Tu dois envisager que tu n’es plus aimée par moi ! » Les messages « tu » tuent.    

Stan a tout misé sur le désir, hors celui-ci , pour lui, il n’y a absolument  rien. En lui, il n’y a plus rien. Lumière éteinte, que sera-t-il? Il ne sera plus prisonnier!  Il rêve d’une autre peau, d’une autre bouche, d’autres bras… Il ose proférer ces paroles  et s’effondre dans son néant. La chute d’Icare. Magnifiquement incarnée par Pietro Pizzuti.

Face à lui: Audrey,  la force perplexe du silence.  La force de l’écoute absolue, avec le yoga des yeux, les respirations profondes, la télépathie, l’immobilité, les soupirs involontaires, le regard éperdu de la victime qui absorbe sans broncher.  Elle a le corps de l’enfant que les parents condamnent et qui n’ose répondre, celui de la domestique renvoyée comme une malpropre, celui de  la  sorcière condamnée d’avance, celui de la collaboratrice mise en jugement devant un conseil d’administration… Sandrine Laroche est extraordinaire dans son silence prolongé. Elle dit plus dans son silence résigné,  que son compagnon qui cherche ses mots et n’arrive pas à dire ni la rupture, ni la condamnation de l’amour puéril et éternel. Elle est prostrée, la tête droite, le dos au mur, les yeux pleins de larmes.    

Il lui a interdit de l'interrompre. Elle a été héroïque. Enfin vient son tour. La femme peut enfin s’exprimer. Elle  reprend méthodiquement chacun des arguments qu'il lui a servi et les réfute avec une puissance ou une impuissance tranquille. Maintenant que la parole est à la défense, Stan  entend  ses propres mots qui meurent dans des flaques de sang. Il voudrait se fondre dans les murs. Il ne peut la regarder en face, il a  le dos tourné,  les bras ballants, les yeux sur les chaussures, bientôt le visage rentré en position fœtale, vidé de toute substance.

Elle conclut que s'il affirme avoir tout perdu, elle gardera tout : le 1er, le 2e le 3e enfant, et son absence, et tous ces moments « que tu veux oublier » ! Elle part la première, sublime et digne, emportant avec elle la richesse de sa vie intérieure qui ne l'a jamais quittée. Dans un dernier geste muet, il éteint la lumière.

La mise en scène est syncopée, abrupte, rude et glacée. Les murs du Théâtre de la Vie vibrent sous  la  violence  textuelle. Le chaos affectif résonne sur un  plateau  vide de tout accessoire. Un pilier ou un banc pour se rattraper, un escalier de fer pour s’évader.   Le combat  singulier lexical  et sexuel est une joute de haute voltige, incarnée par un comédien et une comédienne exceptionnels,  tous deux aussi malheureux, l’un que l’autre.  Stan se compare à Zeus sans doute, puisque Audrey est Héra…  L’Olympe, comme le monde des hommes,  est  pris dans les glaces de la non-communication. Le désamour est inexorable et la question de l'auteur se retrouve au fond du filet: « Mais au fond qui aime t-on quand on aime?» 

Au Théâtre de la Vie 
Rue Traversière 45, 1210 Saint-Josse-ten-Noode
  • CLÔTURE DE L'AMOUR
  • SANDRO MABELLINI / PASCAL RAMBERT
  • création

 

Un homme prend la parole longuement pour expliquer à sa compagne qu'il la quitte. Il évoque leur séparation parle de l’avant et du maintenant. Celle-ci se tait. Elle attend muette la fin de ce monologue qui semble progressivement tout détruire sur son passage. Et puis, elle s'exprime. Enfin.


Deux regards, deux silences, deux paroles pour dire la violence d'un amour qui meurt.


Sandro Mabellini vit et travaille entre la Belgique et l’Italie depuis 2012. Il a développé sa recherche théâtrale sur les dramaturges contemporains. Avec le texte de Rambert, il nous plonge dans ce fleuve ininterrompu des mots, des questions-réponses qu'on enchaîne, la respiration bloquée, dans une sorte de marathon entre peur et libération. Au cœur de ce moment douloureux, comment dire une histoire qui mène inexorablement à la rupture et, peut-être, à l'aventure d'une autre vie.

 

Vidéo de présentation



Interprétation : Sandrine Laroche et Pietro Pizzuti (www.pietropizzuti.be) / Mise en scène : Sandro Mabellini / Assistanat à la mise en scène : Serena Galante / Texte : Pascal Rambert / Création lumière : Nicolas Marty

 


Une création de Inoutput asbl en coproduction avec le Théâtre de la Vie.


 

 


Rencontre après-spectacle avec l’équipe de création le 09 décembre.

 

Durée du spectacle : 1h45

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Fous et sots



Fous ou sots ceux qui à la branche s'accrochent,

Ignorent-ils ou font-ils mine d'ignorer
Que ce beau bois au fil du temps s'effiloche
Et qu'il ne peut guère longtemps les supporter ?

Fous ou sots ceux qui courent gloire et honneurs,
Ont-ils ainsi renoncé au simple bienfait
Qui viendrait de la seule grâce d'une heure,
Où ils n'auraient que l'honneur de la respirer ?

Fous ou sots ceux qui bâtissent plusieurs maisons
Qu'ils ne peuvent habiter toutes à la fois,
Qui d'ailleurs occupent sans cesse leur raison,
Craignant pour chacune qu'un vent n'emporte son toit ?

Fous ou sots ceux qui n'ont pas reçu d'images,
N'ayant pas saisi qu'il fallait les mériter,
Ont alors abandonné la voie des sages
Et sans fierté se sont mis à les convoiter ?

Fous ou sots ceux des labeurs de tous les matins
A préparer les vains apparats de leur mort,
Choisissant le bois, tâtant la soie d'un coussin,
Et une ultime fois tout accrocher à leur corps ?

Au pays des anges pas de fioritures,
Les sots et les fous leur place aussi verront,
Les uns pataugeront dans la confiture,
Les autres gaiement leur siffleront des chansons !

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Hanoucca,

Une fillette brune,  assise face à la mer morte,

mais oh combien vivante, contemple de ses yeux sombres

la clarté bleue qui tombe, enveloppante,

sur le temple dès lors magiquement reconstruit.

La fillette, de sa voix ensoleillée et fluette,

s'émerveille d'apercevoir au loin, détrônant les nuages,

l'incessant, le voluptueux ballet d'innombrables toupies

diaprées, multicolores, qui ne cessent de virevolter, de

tournoyer,  tout autour du soleil insomniaque ce soir ;

le temple s'illumine alors, étincelle de mille feux ;

des bougies de ci de là, féérisent les lieux.

On dirait s'exclame la petite fille,

 que tout le bleu a effacé le pourpre, le noir,

que la terre toute entière est redevenue neuve,

intouchée, inviolée, première ;  

Le soleil a toujours été bleu, dit-elle, je le savais !

Rebecca se lève, légère, s'étire et éclate de rire,

rendue à elle-même, toute joyeuse d'être née

une deuxième fois.

 

NINA

 

 

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Un renoncement sans tristesse

Songerie

Même une muse fidèle,
Qui jamais ne perd son éclat,
Dont les grâces se renouvellent.
Un jour ne se révèle pas.

Son absence certes surprend
Car elle est inhabituelle.
En confiance l'on attend,
Puis tente de créer sans elle.

Pas de vers saisis au passage.
Retombées de mots privés d'ailes,
Gribouillages sur une page.
Ma muse m'aimait, où est-elle?

J'accueille un nouvel abandon.
Sans être triste ni rebelle.
Les amours ardents se défont
Or fondent les peines cruelles.

7 décembre 2016

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Revenir à Voltaire lorsque le monde déraisonne, lorsque les hommes s'entredéchirent, lorsque la farce de l'existence menace de tourner à la tragédie

Le temps immobile de Claude Mauriac

La valeur sacrée de l'énergie créatrice et de l'imagination poétique chez William Blake

Kant Emmanuel. La religion dans les limites de la simple raison (1793): la vertu avant la piété et la raison comme source d'exploration du monde supra-sensible

L'humanisme en marche: Kant: Les Fondement de la métaphysique des moeurs à la recherche du principe suprême de la morale

Alain, maître à penser, pour qui l'éternel n'achève rien, ne garantit rien.

Vivès Luis: L' âme et la vie, où le sensible et le rationel sont solidaires

Pétrarque: Des choses mémorables "pour transmettre à mes descendants"

La petite cosmogonie portative de Raymond Queneau

Lévi-Strauss: La pensée sauvage

Guillaume Budé ou l'espérance humaniste au XVIème siècle
Les Lumières en marche: "Zaïre" où le choix de la pitié est aussi celui de l'humain contre le transcendant.

Gaugin maudit à la recherche d'une consolation sans dogme

Cathédrales d'autrefois et usines d'aujourd'hui. Passé et présent de Thomas Carlyle

Voix et chemins antiques de la Grèce (Partie XVIII): "Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, dans le milieu du IVe siècle avant l'ère vulgaire"

Voix et chemins antiques de la Grèce (Partie XVIII): "La République" de Platon

Voix et chemins antiques de la Grèce (Partie XVII): "Le banquet ou De l'amour" de Platon

Voix et chemins antiques de la Grèce (Partie XVI): Lysis ou sur l'amitié de Platon

L'humanisme en marche: "Histoire naturelle de la religion" de David Hume

L'humanisme en marche: "Liber paramirum ou Opus paramirum" de Paracelse

L'humanisme en marche: "Les âmes mortes" de Nicolaï Gogol

L'humanisme en marche: "Le temps du mépris" de Malraux

L'humanisme en marche: "Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain par Condorcet

Les Lumières en marche: "De l'esprit des lois" de Montesquieu

Les Lumières en marche: le "Discours sur les sciences et les arts de Jean-Jacques Rousseau

L'humanisme en marche: "Idées sur la philosophie de l' histoire de l'humanité" de Herder

L'humanisme en marche: "Démocratie et Education" de John Dewey

L'humanisme en marche: Pétrarque: La vie solitaire

L'humanisme en marche: "Histoires" d'Hérodote

saint Augustin: La Cité de Dieu

L'humanisme en marche: "De la Religion chrétienne" de Marsile Ficin"

L'humanisme en marche: la "Théologie platonicienne" de Marsile Ficin

L'Humanisme en marche: Miguel de Unamuno: Le sentiment tragique de la vie

L'Humanisme en marche: Marie Delcourt. Hermaphrodite. Mythes et rites de la bisexualité dans l' antiquité classique. ; 1958.

L'Utopie de Sir Thomas More: l' Etat ne doit pas être "une conspiration des riches contre les pauvres"

L'humanisme en marche: "La nef des fous", navire mystique de la "Civitas Christiana"

Le Metalogicon de Jean de Salisbury: une défense de la culture humaniste

Les lettres de Pétrarque

Jacques Maritain: Humanisme intégral

L'humanisme à la française en marche: Etienne Pasquier: Les recherches de la France

Pétrarque, humaniste tourmenté in « Mon secret ou du Mépris du monde » (1342)

L'humanisme en marche: Estienne Henri. Trésor de la langue grecque. ; 1572.

L'Humanisme en marche: les " Considérations sur les causes de la grandeur des romains et de leur décadence" de Montesquieu

Marsile Ficin: un humanisme qui ignore l'inquiétude du péché et se tend entièrement vers la recherche d'un salut qui a nom sérénité

L'un et l'autre sexe: les choses du corps selon Margaret Mead

Le "Traité sur la tolérance": l' intolérance, n'est ni de droit divin, ni de droit naturel et ne saurait être non plus du droit humain

"Je vivrai l' amour des autres" , un livre majeur de l'interrogation humaniste de l'immédiat après-guerre

Marcuse: L'Homme unidimentionnel, Essai sur l' idéologie de la société industrielle avancée

L' existentialisme est un humanisme

Labyrinthe du monde et paradis du coeur: un voyage autour du monde avec deux gaillards: "Je sais tout" et "Illusion"

Didactica magna: la nature comme modèle et guide

Le meilleur des mondes de Huxley

L'art d'être grand-père ou la complicité des âges extrêmes dans leurs relation avec l'au-delà

Dieu d'eau: de la cosmogonie et de la théogonie dogon. Où Ogotemmêli prononçait des prières, alertait les cieux, préparait des chemins sonores aux forces de grâces.

Un pamphlet: "La défaite de la pensée"

Le livre de Marco Polo ou Le devisement du monde

L'Essai sur le libre arbitre d'Erasme

L’incessant dialogue de l’immortelle innocence et de l’amour dans « Une Histoire de l' art » d’ Elie Faure

Le crépuscule du devoir

Du lisible au visible. Sur l'art de lire de Hugues de Saint-Victor - Les Palais de la mémoire

Le livre de mon ami

Penser l’avenir des sociétés numériques avec les outils de nos traditions humanistes: une conférence de Milad Doueihi

Les dieux ont soif

L'immaculée conception, un texte sur l'homme, ses possessions, méditations et destinées

Un problème essentiel de la culture contemporaine déja souligné en 1927 par Julien Benda: les rapports de la vie politique avec la vie de l'esprit

Je vivrai l'amour des autres, un roman de la résurrection et de l’interrogation humaniste

De la dignité d'un seigneur de la Renaissance: Pic de la Mirandole

Patrimoine: La Maison d'Erasme à Bruxelles

L' amour et l' occident

Tiers Livre des faits et dits héroïques du bon Pantagruel

La métamorphose des Dieux, un hymne à la gloire de l'Art

Où Bayle exprime ses pensées à un docteur de la Sorbonne et s’explique sur l’Eglise codifiante du XVIIe siècle

Gargantua et Pantagruel: faictz et dictz héroïques, buveurs très illustres et vérolez très précieus

Qui est "L'homme qui rit" de Hugo?

L’Eloge de la folie, message clandestin d'une culture qui va fonder l'homme sur le refus ou l'amour de son destin authentique

Du miel aux cendres

L'humanisme en marche: Le mystère de l’acte créateur dans l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci de Paul Valéry

La tentation de l' Occident

Le Thésée de Gide, Testament humaniste

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"Ethique et infini" réunit dix entretiens (diffusés sur France-Culture en 1981) dans lesquels le philosophe Emmanuel Levinas, guidé par les questions de Philippe Némo, dégage le sens général de son oeuvre. Pour Levinas, la question de la morale est à la fois la plus urgente et la plus originaire. Avec une remarquable limpidité, il analyse ici la "relation éthique", relation qui nous ouvre d'emblée à Autrui et à Dieu même. C'est donc d'abord dans la morale que la conscience humaine accède à la dimension de l' infini: celle de la religiosité et de la métaphysique. Telle est la thèse profondément originale de ce penseur discret mais capital, "sans doute, d'après Némo, le seul moraliste de la pensée contemporaine".

 

Quelques piliers de la sagesse.

 

Livre "dialogué", "Ethique et Infini" retrace l'itinéraire intellectuel d'Emmanuel Levinas depuis ses années de formation jusqu'à l'accomplissement de sa pensée propre, au fil d'une oeuvre complexe et originale. Ce cheminement commence très tôt par la fréquentation des textes essentiels. Notamment de la Bible, "Livre des Livres où se disent les choses premières", c'est-à-dire les vérités éthique où s'enracine le sens de la "vie vraiment humaine". Expérience fondatrice, décisive pour le penseur: "Toute pensée philosophique repose sur des expériences pré-philosophiques."

Puis vient l'initiation philosophique, et la rencontre avec deux figures majeures de la pensée du XXe siècle. Husserl (1859-1938) d'abord, qui lui apprend à "travailler en philosophie" sans s'enfermer d'emblée dans un système de dogmes ou de certitudes définitives. Chez le fondateur de la "phénoménologie", il trouve une analyse de la conscience et de sa visée concrète du monde. Heidegger (1889-1976) ensuite: "Etre et Temps" (1927) -"un des plus beaux livres de l'histoire de la philosophie", où rien ne laisse présager l'engagement futur de son auteur aux côtés des nazis- est un essai d' "ontologie fondamentale", c'est-à-dire une recherche du sens de l' "être" (en tant que verbe). Bien avant l' "existentialisme", il décrit la vie humaine comme une manière d' "être" et non comme l'expression d'une "nature".

 

Etre pour être.

 

Mais Levinas aperçoit vite les limites de cette ontologie sans morale. Car, souligne-t-il, l' existence est d'abord vécue dans l' angoisse. "Relation intérieure par excellence", elle me voue à l' effroi de la solitude. "L'être en moi", "mon exister" est incommunicable: je n'existe qu'à la première personne. Pour sortir de l'isolement, il faudrait "sortir de l'être"! Soit, mais comment? Même la connaissance ne m'arrache pas à ma solitude; puisqu'elle est mienne, elle est en moi: "Je touche un objet, je vois l'autre; mais je ne suis pas l'autre."

Sortir de l'impasse de l'être, ce sera sortir de soi: ne plus se poser comme sujet, mais "se déposer", pour entrer en relation "dés-inter-essée" avec l'Autre. "La socialité sera une façon de sortir de l'être autrement que par la connaissance." Comme le montre Levinas dans son oeuvre maîtresse, "Totalité et Infini", la philosophie occidentale, de Platon à Hegel, a pour idéal de bâtir un système de savoir absolu et totalisant, où "l'extériorité" de l' Autre, "l' altérité" de l' inconnu s'abolirait. D'où une conception souvent "totalitaire" de l'ordre politique. or, selon Levinas, notre relation à autrui comporte nécessairement une part d'obscurité, de mystère, de secret: la société est "un ensemble de face à face", irréductiblement pluriel. La liberté civile a donc pour fondement le secret des subjectivités. La communauté sociale ne doit pas être pensée comme une réconciliation (ou une réduction) des antagonismes humains; elle doit plutôt découler de la "relation éthique" originaire de chacun avec l' Autre.

 

Le visage de l' infini.

 

Car "la philosophie première est une éthique". mais dans quelle expérience préliminaire et décisive la relation éthique prend-elle sa source? Dans la recontre du visage d'autrui. Avec levinas, le visage accède au statut de notion philosophique. Ce visage n'est pas simple physionomie, objet de connaissance offert à la perception: "La meilleure manière de rencontrer autrui, c'est de ne pas même remarquer la couleur de ses yeux." Son visage est pure signification éthique. Dans sa nudité, sa fragilité même, il me parle. Il s'en remet tout entier à moi, et en même temps me déborde infiniment. Car autrui n'est pas simplement mon égal, mon semblable, mon frère. Il est à la fois totalement vulnérable et tout-puissant, puisque sa seule présence suffit à me commander "Tu ne tueras point". En me regardant, l'Autre me somme non seulement de lui répondre, mais de répondre de lui.

Dans "Autrement qu'être ou au-delà de l'essence", Levinas définit la "responsabilité pour autrui" comme la structure essentielle et première de toute conscience humaine. A l'extérieur de nous, quelque chose nous appelle, qui nous arrache à la solitude de notre être intime. Etre humain, ce n'est pas être "pour soi-même", mais "pour-l'autre", inconditionnellement. Exister devant l'Autre, c'est avant tout s'avouer responsable de lui, jusqu'au sacrifice suprême de soi s'il le faut! Car, selon Levinas, "on n'est jamais quitte à l'égard d' autrui".

La relation éthique est donc aussi une expérience de l' Infini: l'idée même d'une dette morale infinie témoigne d'une dimension transcendante. Pour Levinas, l'idée de l' Infini est, comme chez Descartes, l'empreinte en moi de ce qui me dépasse infiniment. Toutefois, la conscience éthique n'est pas connaissance, mais plutôt révélation "en négatif" de la présence de Dieu.

En ce sens, la conscience morale est en soi "prophétique". Cette prophétie originaire est interprétée concrètement par les différentes religions, notamment par les trois grandes religions du Livre (judaïsme, christianisme et islam); elle devient Loi écrite et morale positive. La foi religieuse apporte aussi des consolations qui atténuent la rigueur absolue de l'exigence éthique. Ici se séparent philosophie et religion: l' éthique philosophique n'a pas besoin de la promesse d'un Messie. Et même si la Bible se signale par son "excellence prophétique incomparable", il faut noter que l'infini nous parle aussi à travers toute la littérature classique, comme à travers tout visage humain. Par delà toute orthodoxie, "la vérité éthique est commune".

 

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Alep, quelques mots



Quelques mots au passé presque évanoui,

Au coeur des ruines, monts, collines, vont sombrer.
Quelques mots jetés en l’air du haut de l’oubli
Pour te dire je t’aime sans rien demander.

A travers le ciel passent des âmes d’enfant
Comme des nuages bleus puis disparaissent.
A cheval sur des perles comme des diamants,
Des babils s’envolent vers des cieux qui naissent.
.

Tout est calme désormais, le bruit est fini ;
Les bombes sont tombées, on compte les morts.
Mourir est pour plus tard car cela est écrit,
Mourir comme vivre, avec l’envers d’un décor.

Je t’aime toi que je ne connais pas, pardon ;
Quelques mots me viennent et tu ne parles plus.
Les bruits et silences de ces coups de canon
Me disent maintenant que je ne rirai plus.

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L'âme de la danse

Muse divine, Terpsichore,
Offre grâce et légèreté,
Un courant de pure beauté,
Des spectacles que l'on adore.

Cette déesse a ses élus,
Héros superbes, romantiques,
Qui, interprétant sa musique,
Charment des nymphes en tutus.

Par son génie transcendantal,
L'immortelle Muse à la lyre,
Crée un éblouissant délire,
Un univers sentimental.

La toute fine demoiselle,
Jadis, passait près de chez lui,
Sous le soleil ou sous la pluie.
Il murmurait: elle a des ailes.

Elle avait l'âme de la danse.
Lors, il se décida enfin,
À le lui dire un clair matin,
Ému et le regard intense.

6/12/2005

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Le primordial amour de soi

Soliloque

Tout aussi exposé qu'une coupe de verre,
Ne réalisant pas que son sort est précaire,
Chaque humain se prépare à devenir heureux.
Peut lui sembler normal de quitter sans adieux.

Certains comptent toujours et surtout sur eux-mêmes.
Ils labourent à temps et activement sèment.
Les passifs ont appris trop tard, à leurs dépens,
Qu'on ne récolte pas la fortune en rêvant.

Pourtant des espoirs fous, engendrant des chimères,
Furent réalisés en la pleine lumière.
Force des énergies et des correspondances
Que l'on a recouvert du nom de Providence.

Le temps permet l'incertitude déroutante
Quand la vie paraît être une farce méchante.
L'amour de soi rend négligeable le pardon
D'êtres tragiquement laissés dans l'abandon.

5 décembre 2016

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administrateur théâtres

Une question qui transforme…

12273202652?profile=original12273202673?profile=original12273203268?profile=originalIls  ne  se parlaient pas et tout d’un coup… Ça va vous ? Trop aimable, merci ! Je suis votre voisin de palier. Oui bien sûr ! Je peux vous poser une question ? Absolument ! Vous êtes juif ?

 Deux voisins se croisent quotidiennement dans la cage d’escalier de leur immeuble et se parlent à bonne distance, chacun sur le pas de leur porte. Qui fera le premier pas?  Cela démarre en tout cas sur les chapeaux de roues. Les deux protagonistes, Itsik Elbaz et Frederik Haùgness, des comédiens d’exception,  se trouvant chacun  aux antipodes de   l’entente possible : l’un est juif  libre et athée, amoureux des livres,  l’autre est catholique bien-pensant et sous influence certaine d’une matrone biaisée, inquisitrice et esclave de l’internet.  Sert-elle de prétexte pour lui permettre de poser les questions que lui-même n’oserait pas formuler ?  On finit par se poser la question, et se demander si elle existe vraiment…  L’enchaînement lui,  finit par friser le conte  surréaliste. Vous verrez !  Il n’y a en tous cas, pas de réponse,  rien que  des questions. Le questionnement est l’essence de l’esprit : Quod erat demonstrandum!

Dialogue socratique moderne sur la question « Comment fait-on pour être juif ?» et rhétorique légère et brillante sur le "who's who". La légèreté de l’être ?  L’écriture de Jean-Claude Grumberg -  en neuf tableaux au charme folklorique pétillant d’intelligence -   soulève le rire, entraîne la connivence, communique la joie du chemin à parcourir vers l’autre et transforme la lourdeur en légèreté, la méfiance en confiance. Heureux qui communique ! A chaque étape, une  plage de musique  repose et  renforce le propos.  

Au cours de l’opération, Jean-Claude Grumberg décrit minutieusement les facettes  de ce que le commun des mortels entend par identité juive et déconstruit  avec malice les préjugés antisémites. Les salves  du  dialogue de sourds sont jubilatoires,  les incompréhensions mutuelles sont hilarantes tant la gestuelle et le  comique de scène cristallisent les émotions.  Le voisin qui se transforme de jour en jour,  revient  sans cesse  à la charge avec de nouvelles bulles, des questions posées avec une naïveté désarmante ce qui donne à l’autre l’occasion d’exercer tous les registres de sa bienveillance et  des qualités intensément drôles  de  patience et de pédagogie ! Ärgert dich nicht ! Le jeu est d’une belle adresse. Les  échanges invitent  le spectateur, à son tour pris au jeu des interrogations,  à une  réflexion intime, presque socratique qui bouleverse sans ménagement  ses propres  tabous ou stéréotypes. Une mise-en scène impeccable réglée comme un match de tennis international par Michel Kacenelenbogen.  

 Par ailleurs, sachez que le titre de la pièce ne règle évidemment rien, qu’on se le dise, il ne fait que poser des questions !   

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Avec le soutien du Musée Juif de Bruxelles et du Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX)

Un projet de Catherine Israël. Mise en scène de Michel Kacenelenbogen assisté de Catherine Israël. Avec : Itsik Elbaz et Frederik Haùgness / Scénographie : Delphine Coërs / Costumes : Laurence Lipski / Composition musicale : Antoine Chance / Régie : Pierre Hendrickx / Stagiaire régie : Sam Seraille

De Jean-Claude Grumberg
Satire 

Création - Salle des Voûtes
du mardi au samedi à 20h30, sauf le 31.12.16 à 21h00 - relâche le 24.12.16

https://www.youtube.com/watch?v=fOmhaURvhns

Réservation : 0800/944.44 ou www.theatrelepublic.be

Jean-Claude Grumberg

ISBN : 2330023502 
Éditeur : ACTES SUD (2013)

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D'une façon ou d'une autre je ferai paraître mon nouveau livre : " D'ICI & D'ICI "...

 

Alors, SOYEZ DE L'AVENTURE !

Vous pouvez m'aider :

http://www.leetchi.com/c/projets-de-michel-sidobre-14729865

 

 

Pierre dans Elections piège à cons.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel SIDOBRE

Les recueils de Michel Sidobre à la FNAC

Voix vivante de Méditerranée

Michel Sidobre Acteur

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L'étoile.

Etendue marine,

le sable s'éclaircit, s'adoucit,

le ciel s'empare du grand soleil,

peu-à-peu nous en fait don,

le grand silence est là,  tout bleu,

la mer encore lointaine, aphone,

s'éveille, s'étire, jusqu'à devenir haute et bleue,

 chaude et solaire à la fois.

Etendue marine,

le sable s'argente, se dore,

 embaume le plein été ;

c'est un drôle de jardin où il y poussent

des coquillages, des étoiles, des vies sans

identité encore, des mystères !

A deux pas de là,

deux fillettes contemplent une étoile blonde,

 échouée sur la plage nue,

intouchée par les flot ;

l'une d'elle, dit à l'autre, "Oh mais tu as vu Mélisande,

l'étoile a dégringolé du ciel, s'est perdue sur la terre !"

Mélisande rose et blonde répond : "Non Anne, elle n'est

pas tombée du ciel, sinon elle serait d'or,

brillante, en un mot étincelante, aveuglante,

c'est juste une fleur de mer,

échouée là, en attendant le retour des flots !"

"non et non, dit Mélisande,

 le ciel est plein de fleurs ensoleillées,

c'est un jardin bien plus vaste que la terre,

qui s'ouvre à nos yeux, la nuit,

parfois même dès le soir !"

L'une et l'autre parlèrent ainsi jusqu'à

midi, jusqu'à la fugue de l'étoile blonde,

sans être vue, en catimini.

La musicalité bleue des flots,

 les a laissées sans voix !

Rien à dire, à ajouter,

 face à la perfection originelle .......

NINA

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Exposition de Dominique BERTRAND au Carré d'or de Château Roussillon à Perpignan. 50 tableaux, boites à rêves et sculptures sur bois flottés jusqu'au 24/12. Tous les jours de 14H à 19H, dimanches compris.

 En compagnie de " Monsieur meccanos"et ses nombreuses créations originales et astucieuses.

Contact 06 79 90 93 10. (Le plus simple est d'annoncer votre arrivée) Bienvenue!

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                                                   Propos au peuple français

 

La France est une démocratie régie par la constitution de 1958, telle que révisée et actuellement en vigueur.

Cet acte prévoit en détails les fonctions des élus qui ont un rôle à jouer dans le gouvernement du pays.

Les pouvoirs et obligations du président de la république sont énoncés au titre II.

Il apparaît à l'évidence, à la lecture des articles qui y sont rédigés, qu'il ne peut pas imposer ses projets. Ses décisions doivent être approuvées tout d'abord par le premier ministre. S'il les désapprouve, généralement, il offre sa démission.

 La santé économique du pays ne dépend certes pas uniquement des choix du président de la république.

Quand celui-ci est particulièrement compétent, agit avec énergie sans ménager ses efforts, leurs effets varient selon les circonstances, favorables ou non à court terme.

Les peines et les espoirs ressentis par les citoyens résultent de lois et non pas d'une  autorité supérieure exercée par le chef de l'État élu au suffrage universel.

La constitution exclut un tel pouvoir et partant une responsabilité unique.

 Les Français  ne devraient  plus rester dans l'ignorance de la constitution de la république. 

 

3 décembre 2016

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Emmanuel Levinas ou l'approche du prochain

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Le philosophe français, Emmanuel Lévinas, (1905-1995) né en Lituanie, fit ses études à l'université de Strasbourg à partir de 1923. Après avoir enseigné à l'université de Paris-Nanterre, il a été nommé en 1973 professeur à l'université de Paris-Sorbonne, où il enseigne jusqu'en 1984 ; il fut, en outre, directeur de l'École normale israélite orientale à Paris.

Sa méthode philosophique initiale fut la phénoménologie, qu'il récusa finalement au profit d'une perspective éthique originale, et une sorte d'empirisme au sens plein du terme : l'approfondissement de l'expérience fondamentale d'autrui. Son inspiration religieuse fut et demeure la Bible hébraïque et le Talmud, constamment renouvelés par la lecture exégétique. Par son exigence passionnée de rigueur et la densité de son style, Lévinas est un des maîtres les plus influents de ce temps.

Il fut l'un des tout premiers à introduire en France la pensée de Husserl et celle de Heidegger. Dès 1930, il avait traduit les Méditations cartésiennes  et publié une thèse sur La Théorie de l'intuition dans la phénoménologie de Husserl . Il reconnaît à la méthode phénoménologique (l'analyse des intentions, la compréhension par la mise en lumière) le mérite de maintenir l'irréductibilité des diverses expériences du réel et d'accorder une « dignité d'appréhension à des attitudes de l'esprit (ou du corps) qui ne passaient pas jusqu'alors pour découvrir de l'être », cela d'une manière étrangère à l'« archétype sujet-objet ». Il publia ensuite, en 1947, les essais groupés sous le titre De l'existence à l'existant  et consacrés au problème du Bien et du Temps, et à la relation avec Autrui comme mouvement vers le Bien ; rédigés en captivité, ils invoquent la formule platonicienne qui place le Bien au-delà de l'Etre. En 1949, Lévinas fit paraître En découvrant l'existence avec Husserl et Heidegger . En fait, il rejette l'idée heideggérienne selon laquelle l'homme doit retrouver un sens de l'être qui aurait été obscurci dans l'histoire de la pensée. L'homme n'est pas « le gardien de l'être », il doit bien plutôt s'arracher à l'enracinement et aux « superstitions du lieu », transcender l'ontologie par la relation unique à l'autre personne.

Les thèses centrales du philosophe s'expriment dans l'ouvrage intitulé Totalité et Infini  (La Haye, 1961). Y sont confrontées deux dimensions qui partagent toute l'histoire de la pensée ; du côté de la « totalité », la répétition du Même, le savoir théorique et l'objectivité, l'impérialisme de l'assimilation réductrice et violente au Même, l'ontologie, la guerre, les philosophies du système (Hegel, Marx) ; du côté de l'« Infini », la reconnaissance de l'Autre dans son altérité, l'eschatologie, la paix messianique, la transcendance. Dans la métaphysique traditionnelle, l'altérité radicale est méconnue et intégrée à une totalité. La véritable altérité ne peut être expérimentée que dans une relation au-delà de la totalité. La subjectivité de l'Autre est au-delà de la totalité et ouvre une dimension qui ne peut jamais être incorporée ni récapitulée à l'intérieur de la pensée : « Comme l'idée de l'infini déborde la pensée cartésienne, Autrui est hors de proportion avec le pouvoir et la liberté du Moi. » L'expérience fondamentale est celle qui est ressentie devant le visage d'Autrui comme exigence éthique : « Le visage d'Autrui met en question l'heureuse spontanéité du moi, cette joyeuse force qui va [...]. Autrui comme Autrui se révèle dans le Tu ne commettras pas de meurtre  inscrit sur son visage. » Ces questions relevant de l'éthique sont reprises, retravaillées, dans Autrement qu'être ou Au-delà de l'essence  (1974) et dans Entre nous. Essais sur le penser-à-l'autre  (1991). L'interrogation porte sur la relation qu'entretiennent les penseurs tels que Martin Buber ou Franz Rosenzweig avec le sujet-objet dans Hors sujet  (1987).

Il y a chez Lévinas une vigoureuse et essentielle polémique contre tout élément neutre et impersonnel qui anéantirait l'être humain, contre l'ivresse du sacré, contre le mythe, « élément impur de magie et de sorcellerie », contre le mysticisme, la guerre, les « bosquets sacrés » et l'« humanité-forêt », bref, contre les idoles, les totalitarismes de style hégélien, « l'État machiavélique et ses raisons d'État ». Cette polémique est en même temps un plaidoyer pour le pluralisme, la diversité, le respect de la différence et un réquisitoire contre l'hitlérisme, l'antisémitisme, l'intolérance évoqués dans Les Imprévus de l'histoire  (1994). Ils s'expriment abondamment dans les essais sur le judaïsme groupés sous le titre Difficile Liberté  (1963). Il ne s'agit ni de théologie ni de mystique. La référence religieuse, si constamment présente, n'est jamais, dans cette oeuvre, un point de départ ni une autorité, mais elle est toujours subordonnée soit, foncièrement, à l'éthique (« aimer la Torah plus que Dieu » ; rien n'est « supérieur à l'approche du prochain »), soit à l'intelligibilité rationnelle (l'explicitation « parle grec »). C'est ainsi que les textes religieux sont interrogés et interprétés, selon une perspective proche de l'herméneutique de P. Ricoeur, dans les Quatre Leçons talmudiques  (1968), commentaires précieux et éclairants. L'interprétation des textes se poursuit dans Du sacré au saint  (1977), L'Au-delà du verset  (1982), A l'heure des nations  (1988). L'Humanisme de l'autre homme  (1973) reprend l'analyse du thème de la responsabilité au niveau de la pluralité des civilisations et de l'histoire.

                 

                 

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Le CEAD (Centre des auteurs dramatiques, situé à Montréal) et le CED-WB organisent un « échange de résidence d’écriture de texte dramatique » dans le cadre d’un partenariat, soutenu par un accord bilatéral signé par le WBI. Cette résidence d’un mois sera essentiellement consacrée à l’écriture.

L’auteur accueilli en résidence bénéficiera d’un temps de travail avec des comédiens et un metteur en scène. De plus, une lecture/rencontre de sortie de résidence sera hébergée par le Théâtre de La Licorne à Montréal et le Théâtre du Rideau à Bruxelles.

La première étape de cette collaboration débutera en août 2017 avec l’accueil en résidence d’un auteur de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Montréal par le CEAD.
La période de résidence est fixée du 21 août au 20 septembre 2017.
L’auteur québécois sera accueilli par le CED-WB en résidence à Mariemont du 2 au 31 octobre 2017.

Pour poser valablement leur candidature, les auteurs intéressés doivent faire parvenir au CED-WB (info@ced-wb.org) un dossier de candidature pour le 9 janvier 2017, comprenant :
       Une lettre de motivation ;
       Un CV actualisé ;
    La présentation du projet d’écriture qui sera développé lors de la résidence (avec éventuellement quelques pages de ce projet) ;
       Un texte théâtral récent et représentatif.

Le choix définitif de l’auteur se fait par la partie qui accueille. Il sera communiqué fin janvier 2017.

Les frais de transport (avion), per diem et logement seront pris en charge par les partenaires, avec notamment le soutien de WBI.
Pour toute information complémentaire, contacter le CED-WB.

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administrateur théâtres
La fin de l’année, n’est-ce pas ce temps plein de fantaisie qui excite notre imagination, un temps  qui pousse à de conviviales festivités et retrouvailles ? Voilà pourquoi la Monnaie a décidé de réunir à nouveau toutes ses différentes familles de public à venir assister à une représentation du Coq d’or de Rimski-Korsakov – dirigée par notre directeur musical Alain Altinoglu et dans une mise en scène de Laurent Pelly (International Opera Award du Meilleur metteur en scène 2016)
Le mardi 20 décembre à 14h00 au Palais de la Monnaie à Tour & Taxis.
Le Coq d'or est un opéra en trois actes de Nikolai Rimski-Korsakov. Vladimir I. Bielski en a composé le livret intégral, d'après le conte en vers de Pouchkine . Wikipédia
DISTRIBUTION
 
Direction musicale - ALAIN ALTINOGLU
Mise en scène et costumes – LAURENT PELLY
Décors – BARBARA DE LIMBURG
Éclairages – JOËL ADAM
Chorégraphie – LIONEL HOCHE
Collaboration costumes – JEAN-JACQUES DELMOTTE
Chef des chœurs – MARTINO FAGGIANI
 
Tzar Dodon - PAVLO HUNKAALEXEY TIKHOMIROV°
Tzarevich Guidon - ALEXEY DOLGOV
Tzarevich Afron - KONSTANTIN SHUSHAKOV
General Polkan - ALEXANDER VASSILIEV
Amelfa - AGNES ZWIERKO
Astrologer - ALEXANDER KRAVETS
Tzaritza of Shemakha - VENERA GIMADIEVANINA MINASYAN°
Little Golden Cockerel - SHEVA TEHOVAL
 
ORCHESTRE SYMPHONIQUE  & CHŒURS DE LA MONNAIE
ACADEMIE DE CHŒUR DE LA MONNAIE s.l.d. de BENOÎT GIAUX
 
 
En tant que maison d’opéra de Bruxelles, une ville à la très grande diversité culturelle, nous souhaitons réellement donner l’occasion à tous de connaître l’art lyrique.

Le choix d’un après-midi de semaine a été pensé dans l’optique de faciliter l’accès à l’opéra aux personnes qui ont parfois des difficultés pour se rendre à la Monnaie. Aux côtés de spectateurs qui paient plein tarif, un tarif exceptionnel – 10, 15 ou 25 euros pour des places qui coûtent en général 129 ou 99 euros -  est proposé aux:
  • groupes fragilisés (associations et institutions du secteur social et les personnes bénéficiant d’une allocation sociale)
  • élèves (introduction à l’école inclue) 
  • étudiants– 30 ansartistes et professionnels du spectacle
La Monnaie défend énergiquement l’accès à la culture pour tous et lutte contre le préjugé selon lequel le monde lyrique serait uniquement réservé à une élite. L’organisation de cet après-midi à l’opéra est une affirmation de notre mission d’institution de service public et illustre les valeurs humanistes que nous tentons de pratiquer au travers de nos différents programmes pour les écoles, les jeunes, les familles et les groupes précarisés, développés depuis les années 90.
Ce n’est pas le premier Building Bridges de la Monnaie : la saison dernière, nous avions accueilli plus de 1500 spectateurs pour une représentation de L’Elisir d’amore au cours d’une exceptionnelle après-midi d’opéra au Cirque Royal.

Une expérience incroyable pour tous ceux qui l’ont vécue, comme en témoigne ce récit :
« Il est 13 heures, ce jeudi. La foule s’accumule aux portes du Cirque Royal. Ce 17 septembre, L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti est prévu en matinée. Un horaire inhabituel pour un public qui ne l’est pas moins. Résidents de homes bruxellois, bénéficiaires du CPAS, patients de maisons médicales, participants de centres de jour, de maisons de quartier ou d’alphabétisation, nombreux élèves du primaire et du secondaire, artistes et professionnels du monde du spectacle, étudiants aussi … Pour une majorité d’entre eux, venir à l’opéra constitue une première. Fien et Daphné, en 6e secondaire, ont fait la route depuis Ostende, avec leur classe de latin de l’école Onze-Lieve-Vrouw. « Notre prof est fan d’opéra, mais pour nous c’est tout nouveau », confient-elles. « Nous en avions une image un peu « old fashion », mais les films et les photos que nous avons vus ont changé notre vision des choses. » En tailleur et costume, Hélène et Pierre se sont mis sur leur 31 pour l’occasion. « Une chanteuse de la Monnaie, accompagnée d’un musicien au violoncelle sont venus à la Résidence Arcadia, à Molenbeek, il y a quelques semaines, juste pour nous ! », sourit Pierre, qui semble déjà à son aise. Un peu plus loin, ce sont onze résidents de la maison de repos Notre-Dame de Stockel qui reçoivent leur ticket d’entrée. « Mais pourquoi ne peut-on pas déjà aller s’asseoir, puisqu’on a nos places ? », relève Lucie, impatiente. « Ne t’inquiète pas, elles sont numérotées », tente de la rassurer Georges. Georges, 94 ans, était un habitué de l’Opéra de Verviers étant plus jeune. « Mon premier opéra, je m’en souviens, c’était Faust », raconte-t-il, « mais ce que je préfère, ce sont les opérettes ! Je viens d’une famille de musiciens, et la musique a toujours accompagné ma vie. La culture, c’est essentiel pour moi. Nous sommes allés à plusieurs reprises assister aux répétitions de l’Orchestre de la Monnaie. C’est une occasion de sortir un peu du home. »

 
Depuis les années 90, la Monnaie a développé toute une série de programmes avec les écoles, les jeunes, les familles et les groupes précarisés. Une vocation sociale dans laquelle s’inscrit le programme « Un pont entre deux mondes » qui propose dix-sept ateliers de chant hebdomadaires dans les maisons de repos des CPAS, à la Monnaie et dans quatreprisons, mais aussi chaque saison, quelque 5.000 places de spectacles gratuites aux institutions du secteur social. Avec une quinzaine de récitals et de concerts de musique de chambre au sein même des structures des CPAS et des établissements pénitentiaires, grâce au soutien financier de mécènes publics et privés.
 
http://www.lamonnaie.be/fr/static-pages/114-un-pont-entre-deux-mondes
INFORMATION GENERALE
REPRESENTATION
20 décembre - 14h00
 
PALAIS DE LA MONNAIE 
Chapiteau Tour & Taxis
86c Avenue du Port, 1000 Bruxelles
 
PRODUCTION De Munt / La Monnaie
COPRODUCTION Teatro Real de Madrid 2017, Opéra national de Lorraine (Nancy) 2017
 
INTRODUCTION 
Une demi-heure avant la représentation

INFO & BILLETS
+ 32 2 229 12 11
MM Tickets, 14 rue des Princes, 1000 Bruxelles www.lamonnaie.be - tickets@lamonnaie.be 

PRIX
Groupes fragilisés 
Via le secteur social: 10 € (Cat. I–II)
unpontentredeuxmondes@lamonnaie.be
+32 2 229 12 50
 
Groupes scolaires
Enseignement primaire 3e degré (workshop 1 jour à l’école inclus)
& Enseignement secondaire et supérieur (introduction à l’école incluse): 15 € (Cat I–IV) s.briard@lamonnaie.be
 
Tickets individuels 
Bénéficiaires d’une allocation sociale (CPAS, demandeurs d’emploi,…): 10 € (Cat. I–II)
-30 ans, artistes et professionnels du spectacle: 25 € (Cat. I–IV)
Tarif plein: 129 € – 10 € (Cat. I–VI)12273200273?profile=originalhttp://www.lamonnaie.be/fr/program/10-le-coq-d-or
 
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administrateur théâtres

E(mots)tions : “Les étoiles sont nos ancêtres; nous sommes des poussières d'étoile: c'est une des grandes découvertes de l'astronomie contemporaine.” Trinh Xuan Thuan

Fibre poétique…Expérience de voyage connecté, sonore, captivant: une poétesse delphique nous est tombée du ciel belge. La transe poétique transforme. Elle fait l'amour, corps et âme,  aux mots "pas sages". Le regard se fixe ou s’égare, les pupilles se dilatent, les artères se contractent, le sang bat, les mots fusent,  les spectateurs se brûlent à la chaleur organique de Laurence Vielle et Catherine Graindorge,  musicienne

La salle se met sur orbite et suit la comédienne vêtue comme une écolière dans la valse avec l’univers. Les échauffements du début ont bien marché : ces questions impertinentes et simplettes posées à brûle-pourpoint à chaque visage qu’elle a jeté dans son filet.  Alors les cœurs ainsi préparés s'emballent, malgré le cadre sévère du sous-sol, malgré la couleur de la morosité, malgré l’impuissant fatalisme du propos - ou en vertu de celui-ci -  la pression  sensorielle crève le plafond. Le mode féminin, muscles bandés, exulte.  La respiration des textes s'accélère et devient haletante, les impulsions éclectiques foisonnent, la salive s’emballe, la poésie jaillit dans tous les sens, la parole soulèverait des montagnes et la violence de l’acte poétique meurt dans la musique de sa comparse en tenue de troubadour.  OUF!

F comme femmes. En vagues régulières pendant plus d’une heure, notre poétesse, désormais nationale, adapte sa voix à notre monde égaré mais qui roule imperturbablement comme bille autour du soleil dans l’indifférence de l’univers, avec elle et nous, à 30 km /seconde. Au passage, Elle tire à boulets bleus sur tout ce qui dérange, dans un rythme de mitraillette. Les mots vibratoires se croisent en gerbes d’étincelles poétiques. Les cibles se transforment en mondes possibles, la rime est reine et entêtante, la musicalité ravage le texte tandis que le texte imprègne la musique de l’autre sur scène, cette comparse joyeuse, souriante et solaire qui manie les instruments de musique et galbe les effets passionnés de voix. Ecoutez les profondeurs légères des  passagères de la terre, des passantes compatissantes et des passeuses de sens pluriels!

Vivez cette inoubliable expérience de passage entre les mondes possibles, quand les cibles sont mortes. Vivez cette reconnaissance insolite  des âmes, la frivole humilité, l' attachement et le  retour à la terre mère et à la mer qui fait naître. Palpez l’eau native, la narration de l'eau. Appréciez le bain dans les mots traqués, hachés, et jetés en poussière d’étoiles dans un ciel qu’il ne faut jamais arrêter de contempler. FOU !

En une phrase : " Ceux qui vivent d’amour, vivent d’éternité ! " Voici Encore un passage: mort il y a 100  ans, le 27 novembre 1916 à Saint-Amand, Emile Verhaeren  ressuscite.   

A VOIR EN CE MOMENT
Ouf de Laurence Vielle, jusqu'au 31 décembre 2016

OUF  De Laurence Vielle
Avec Laurence Vielle (interprétation) et Catherine Graindorge (composition et interprétation musicale). Regard extérieur et conseillère artistique Patricia Ide.

DU 12/11/16 AU 31/12/16

Interview, l'artiste du mois:  

Laurence Vielle, mot à mot, un souffle d’humanité

http://www.theatrelepublic.be/event_details.php?event_id=169&cat_id=1

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PROGRAMME...

N'être plus qu'une oreille

A l'écoute des jours

Mettre ses craintes en veille

Exploser les toujours...

Vivre avec insolence

Être tout, sauf docile!

Faire de l'impertinence

Une discipline agile...

Extirper les non-dits

A l'aube du changement

Et se montrer précis

Dans ses débordements...

Pour enfin apaisé

Redécouvrir des yeux

Et se laisser couler

Dans leur infini bleu...

J.G.

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