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Découverte

Je viens de découvrir , après au moins vingt ans, à la relecture du livre d'Alain Bosquet :"La mémoire et l'oubli " ,une phrase ,ou plutôt quelques mots consacrés à Max Elskamp...dans une lettre reçue de St -John Perse , par l'auteur :

"Perse me charge de lui envoyer quelques livres, parmi ceux que que je crois digne de sa lecture. Il m'écrit , fin 57 :" J'ai bien reçu votre choix de livres - retrouvé la voix d' Elskamp telle qu'il y a cinquante ans - approfondi ma vive sympathie pour Cioran et pour sa rare ubiquité d'esprit...N'oubliez pas , si vous en avez l'occasion, de transmettre une chaleureuse amitié de ma part à Michaux".

J'aimerais en découvrir plus...

Cette relecture " faisait suite" , en quelque sorte, à la lecture d'un livre assez touchant et combien différent :" Mort aux vaches !"  ( récits et portraits de Brassens à Soulages ) de Roger Pierre Turine. 

Les rencontres, les critiques., les avis, les époques..Ce qui distingue aussi les amitiés des relations .,..

Il y a  bien d'autres découvertes , certaines très attachantes comme la correspondance , des années durant, entre deux auteurs...lus , relus,admirés et/ou respectés ..Par exemple  ."Une amitié littéraire",  la correspondance entre R.L. Stevenson et Henri James...

" Si l'un de nous deux oublie l'autre, qu'il devienne étranger à jamais" , disait Stevenson.

Mais cela , c'est une autre histoire...

 

Alain Bosquet : "La mémoire et l'oubli"     Grasset 1990;

Roger Pierre Turine  : "Mort aux vaches ! "    ALENTOURS  Editions Tandem.

 

 

..

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Contemplez autour de vous ces trois visages,
Soyez assuré que derrière ces masques,
Le quotidien en fait son bon usage,
Vous envoie ses joies, ses peines, ses frasques !

Le joyeux, empli de rires aime danser,
Vous ouvre les bras sans aucune autre raison,
Que virevolter avec lui dans sa passion,
De n'être plus seul et vouloir tout partager !

Le triste porte la misère du monde,
Il est déjà vieux avant l'âge et se plaint,
Vous voit-il que déjà ses larmes abondent,
A vous conter son passé et futurs demains !

L'impassible est une énigme sournoise,
Que pense-t-il, est-il gêné ou ennuyé ?
Tel un voile qui flotte sur son visage,
Vous annonce que vous ne pourrez rien en tirer !

GCM
Pensée du jour.7/7/2026

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administrateur théâtres

Laurent Capuletto et Erika Sainte jouent Fabcaro

Spectacles

« Le journal d’un scénario » au théâtre Le Public

Création

Un journal intime, c’est fait pour laisser une trace. Une empreinte indélébile. Quelque chose qui résiste à l’oubli. Scripta manent. Aussi, question de cristalliser des émotions, de faire advenir des prises de conscience. Jour après jour, il recueille des hésitations, des élans, des blessures et les espoirs, transformant le tumulte intérieur en récit.

Avec Le Journal d’un scénarioFabcaro pousse le concept plus loin encore. Car ce n’est plus seulement un homme ou une femme qui tient son journal : c’est presque le scénario lui-même qui devient personnage. Une étrange créature vivante dont on suit la lente métamorphose du 14 septembre au 1er janvier, tandis que son destin s’entrelace avec celui de son auteur, le sacré Boris.

Et ses déboires sacrés.

Ainsi déboule sur la scène du Public Laurent Capelluto, ce comédien irrésistiblement attachant. Il incarne Boris, ce jeune auteur dont le scénario vient d’être retenu par une société de production cinématographique. Enfin la chance ! Enfin la reconnaissance ! Boris exulte, bondit de joie, prend la scène d’assaut et entraîne immédiatement le public dans son enthousiasme.

Bingo.

Mais très vite, avec une candeur désarmante, il nous confie les tribulations de ce premier chef-d’œuvre promis à un avenir radieux. Comme dans le Candide de Voltaire, une formule revient avec une régularité presque hypnotique : « On va faire un beau film. » Une phrase qui se veut rassurante. Une phrase qui promet l’avenir mais qui finit par devenir inquiétante. Presque cynique ?

Et que restera-t-il finalement de ce beau film ? L’écume des jours ? De minute en minute, l’indignation grandit. Plus on avance dans le spectacle, plus on voit le monde dévorant du profit grignoter le rêve initial, le modifier, le corriger, l’adapter, le dénaturer. Le piétiner.

Et malgré les éclats de rire qui secouent régulièrement la salle, une douleur sourde s’installe peu à peu. « Douleur, ô ma douleur, tiens-toi donc tranquille… » Quitte à emporter cette douleur avec soi après la représentation. Elle nous questionne : Qui aura trahi qui ? Et à quel moment cessons-nous d’être nous-mêmes ?

Disons-le d’emblée : après un spectacle d’une telle finesse, il est difficile de résister à l’envie de se précipiter sur le livre de Fabcaro dont la pièce mise en scène par Michaël Bier est issue.

Comme si l’on refusait de quitter Boris ou comme si l’on voulait prolonger encore un peu le questionnement, le plaisir… ou la mélancolie. Dans une typique attitude romantique.

Foule sentimentale

On a soif d’idéal

Attirée par les étoiles, les voiles

Que des choses pas commerciales…

En fait, derrière les rires se cache une question infiniment humaine : que deviennent nos rêves lorsqu’ils rencontrent la réalité ?

Boris est un homme extraordinairement ordinaire, tout à la fois héros et anti-héros. Face aux manipulations, il est le champion du renoncement, l’homme qui rêve de résister, mais n’arrive pas à prouver qu’il existe ! Lorsqu’enfin la chance semble lui sourire et que son projet de film a attiré l’attention du milieu du cinéma, on pourrait croire au départ en fanfare. Mais Boris n’est pas de ceux qui attrapent leur destin au vol. On ne lui a jamais appris à chasser librement les papillons. Incapable de dire non, désireux de plaire à tout le monde, il assiste impuissant à la transformation progressive de son œuvre jusqu’à ne plus vraiment la reconnaître.

Son scénario, tout en délicatesse et en émotion, se voit lentement transformé en produit calibré sur les attentes présumées du public et la rage de profit des producteurs !  Fabcaro signe ici une satire féroce du monde de la création mais aussi, plus largement, de notre époque avec ses réunions labyrinthiques, creuses et interminables, affublées de langage pseudo-empathique.

« Les servitudes silencieuses », c’est le nom du scénario, devient peu à peu le symbole de toutes nos petites morts. De toutes ces concessions que nous consentons, jusqu’au jour où nous ne reconnaissons plus tout à fait celui ou celle que nous étions. Le pire étant, l’évidence même, de perdre son âme. Ah ! L’artiste maudit !

Déguisée en rire, un trait de génie, la mécanique de l’échec annoncé trouve en Laurent Capelluto un interprète d’une justesse remarquable. Avec ses faux airs de Woody Allen contemporain, il compose un Boris à la fois exaspérant et profondément attachant. Un homme qui semble traverser sa propre existence en spectateur. Un homme qui a même parfaitement compris son propre drame : il décelé qu’il existe deux Boris. Celui qu’il est réellement et celui que les autres imaginent.

À ses côtés, la brillante Erika Sainte illumine la scène dans le rôle d’Aurélie. Professeure de cinéma, passionnée, vive, lumineuse, pétillante, elle représente tout ce que Boris n’est pas. L’audace, la créativité, la joie de la transmission. Le tout serti dans une mobilité vertigineuse et des lancers fulgurants de textos et d’émoticones.

Leur histoire d’amour est une heureuse surprise du spectacle. On l’adore, Aurélie, quand elle discute avec sa copine au téléphone et qu’elle lui avoue que c’est chouette les amours qui prennent leur temps. Qu’elle laisse les sentiments naître à petits pas, qu’elle ose encore croire aux regards, aux mots, aux silences. Hélas, ce grand élan repose sur un malentendu aussi cruel que bouleversant. Aurélie aime un Boris qu’elle imagine. Une version idéale. Et Boris, lui, tente désespérément de correspondre à cette image sans jamais parvenir à l’habiter vraiment.

Bien sûr, Le Journal d’un scénario joue sans cesse avec les métaphores et ne parle pas seulement de cinéma. Il parle de toutes les fois où nous nous laissons manipuler malgré nous. Il met en relief les intrépides mensonges par omission. Il raconte par le menu nos innombrables reculades et nos faiblesses humaines.

La mise en scène, résolument contemporaine, accentue encore cette impression. Les jeux de plateau, les effets de split-screen théâtral, le rythme effréné des séquences insufflent au spectacle une énergie presque surréaliste. Le résultat est tellement drôle ! La scénographie intelligente de Catherine Cosme utilise avec brio des accessoires quotidiens, un lit, un bureau, un sofa, mais le moindre espace de la salle des voûtes est exploité.

Et les multiples références cinématographiques fusent comme autant de clins d’œil adressés aux amoureux du septième art. Une virtuosité réjouissante de dîners mondains qui interroge aussi notre époque saturée d’images, de savoirs et d’informations. Si, sous cette profusion, émerge peu à peu une inquiétude plus profonde, la sensation d’un monde où les anciennes certitudes se sont mises à vaciller, où l’on s’aperçoit avec bonheur que les rôles se redéfinissent. Les femmes prennent enfin toute leur place. Inversion des rôles ? Aurélie est solaire.

Et on l’aime, ce Boris lunatique et tellement déstabilisant, tellement plus humain que la faune qu’il fréquente ! On l’aime malgré ses lâchetés, puisqu’elles sont assumées avec une honnêteté désarmante. Malgré ses renoncements successifs, malgré son insondable capacité à manquer les tournants décisifs de son existence, on est profondément touché par son humanité.

Et parce que Laurent Capelluto et Erika Sainte, dans un magnifique équilibre de forces contraires, composent ensemble une partition d’une rare justesse. Comme un Yin et un Yang modernes. Comme deux rêves qui tentent de se rejoindre. Comme deux scénarios qui n’étaient peut-être pas destinés à s’écrire sur la même page.

 

Celle d’un nouveau journal intime ?

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

JOURNAL D’UN SCÉNARIO


13.05 > 07.07.26

1H15

Création

Salle des Voûtes

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administrateur théâtres

Avec Molière, une troupe qui nous ébaudit!

 

Spectacles

Le médecin malgré lui

Vous connaissiez ce Parc dans Bruxelles, qui évoque la culture… des pommes de terre ? Son nom est un hommage à celui qui les fit entrer dans l’Histoire : Antoine Parmentier. C’est là, sous ses grands arbres et au pied d’une vieille bâtisse religieuse, en plein dans un décor agreste que la Comédie Kapel a planté, pour quelques soirs d’été, ses lampions et son théâtre de verdure.

Et lorsque la chaleur du jour s’efface enfin, que les oiseaux cèdent peu à peu la place aux premiers éclats de rire, Molière prend possession des lieux.

Préparez-vous : il va pleuvoir des coups de bâton sur les maris buveurs, dévoyés et fainéants, les pères tyranniques et les faux savants.

L’an dernier déjà, cette joyeuse bande faisait chavirer le public avec un irrésistible Scapin. Nous n’avions qu’une envie : revenir. La promesse est tenue. La fête recommence, plus champêtre encore, sous des frondaisons où le théâtre retrouve peut-être sa vocation première : rassembler des inconnus autour d’une même histoire, au cœur d’une douce soirée d’été.

On pourrait appeler ces artistes les baladins de la mémoire. Car ils ne se contentent pas de jouer Molière : ils réveillent tout un héritage populaire. Entre la domestique qui s’enivre d’envolées lyriques puisées chez Gounod, et l’incomparable Lucas qui roule les “r” comme on laboure la terre, les discrètes allusions musicales qui ravissent les baby-boomers, et les galimatias pseudo-latins des médecins improvisés, « Le Médecin malgré lui » devient une véritable fête foraine du langage.

Écrite en 1666, juste après le succès d’estime mais les recettes décevantes du Misanthrope, cette comédie d’un genre populaire, permet à Molière de récupérer quelques pistoles sonnantes et trébuchantes pour payer sa troupe. Inspiré directement du vieux fabliau médiéval du Vilain Mire, Molière renoue avec la farce : ainsi, les bastonnades, les quiproquos, les personnages hilarants, les maris bernés, les femmes qui mènent le jeu, les bourgeois vénaux et les médecins dont le latin cache surtout une abyssale ignorance.

Mais le génie de Molière organise ces ingrédients de la veille de la Renaissance pour les transformer en une mécanique d’horlogerie où chaque réplique fait mouche. Derrière le rire, il fustige l’hypocrisie sociale, les rapports de domination et la crédulité humaine. Le bâton amuse mais les mots gracieux habillent la raillerie et la critique.

Benoît Strulus en Sganarelle s’y entend à merveille pour moquer les grands médecins de l’Antiquité, la théorie des humeurs, des saignées, des lavements et autres remèdes fantaisistes. Son faux médecin règne, chapeau vissé sur la tête, sur la science de l’époque aussi pompeuse qu’approximative. Écoutez-le savourer le mot « Mé-de-cins » en trois larges syllabes, comme s’il découvrait lui-même l’immensité de son nouveau savoir. Tout est juste, tout est savoureux.

Dès l’incipit, le ton est donné. Une lessive flotte au vent, culottes en étendard. Martine, jouée par l’admirable Colette Sodoyer, règle ses comptes avec son mari. Les reproches deviennent vengeance, la vengeance devient mascarade, et la machine infernale de la farce est lancée.

Femmes diaboliques et victorieuses ? Maris dupés ? Pères abusifs ? Culte du profit ? Peu importe finalement. Les véritables vainqueurs seront les amoureux, Léandre et Lucinde, qui trouveront enfin, grâce au plus improbable des médecins, le chemin de leur bonheur.

Les costumes d’époque virevoltent. Les comédiens surgissent des taillis comme des maraudeurs du verbe. Les domestiques se gaussent. Les femmes tiennent fermement la barre, et gare aux mains baladeuses ! L’exquise Jacqueline, nourrice chez Géronte et épouse de Lucas (Marc Deroy) insuffle sous les traits de Mathilde Mazabrard un entrain et une fraîcheur irrésistibles.

C’est Bernard Lefrancq qui campe le Géronte absolu, à la fois inquiet et imbu de lui-même. Affublé d’un costume et d’un bonnet qui rappellent celui du Malade imaginaire, il convoque des emportements et des postures dignes de Louis de Funès, qui se serait subrepticement échappé des Trente Glorieuses.

Face à lui, Anne-Isabelle Justens et Alexis Lejeune composent le couple d’amoureux complices et tellement gourmands de vie. La joie est dans le pré.

Chemin faisant, nos vieux cours d’histoire du théâtre français resurgissent, et l’ombre de ces anciennes farces françaises données sur les places du village. Celle du Cuvier par exemple, quand le théâtre se jouait avant tout pour faire rire le peuple. Et quelle aventure, entre limonade et bière, de retrouver cet esprit parfois grivois, aujourd’hui, le verre à la main, installés sur une chaise courte plutôt que longue, ou autour d’une table, tandis que le soleil décline doucement derrière les arbres.

Bref, ce qui touche, au fond, c’est l’engagement artistique de toute cette troupe, comme du temps de Jean-Baptiste Poquelin ? Les rires ont tôt fait de crépiter dans le champ fraîchement fauché pendant que le parfum de l’herbe se mêle à celui de cette langue ancienne si musicale qui semble avoir traversé les siècles sans périr. C’est que Molière, qui se plaît à épingler les vices de l’humanité, est vraiment éternel.

Le public, lui aussi acteur de la fête, répond aux sollicitations, s’étonne, applaudit, rit et glousse de plaisir. Et tant pis pour les blagues un peu épaisses. On les rangera en toute simplicité avec les épluchures …de pommes de terre.

Hélas, la météo caniculaire aura sans doute retenu chez eux quelques spectateurs. Dommage. Mais ceux qui étaient présents auront largement compensé leur moindre nombre par la chaleur et la vivacité de leurs applaudissements.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

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administrateur théâtres

Big Mother, « la Chose » reviendra-t-elle?

Spectacles

 Au théâtre Le Public

La satire… n’est plus matière à rire

« Ils disent parler au nom du peuple mais s’en prennent aux piliers mêmes de la démocratie. Surtout, ils s’attaquent à tout ce qui pourrait les freiner : juges, médias, institutions internationales, universités… »
— Le Monde

Dans son thriller politique, Mélody Mourey confie être inquiète face au futur. « …Parce que je suis réaliste, mais je crois à notre capacité à changer les choses. »

Heureusement, le théâtre est là pour sensibiliser le public aux réalités que nous vivons déjà et aux enjeux qui nous attendent.

BIG MOTHER se joue actuellement au Théâtre Le Public et sera, on l’espère, prolongé la saison prochaine. Ce n’est pas un hasard. Rarement une satire politique aura frappé avec une telle puissance.

Rire de bon cœur de nos travers ? Non, dans cette pièce, on les voit se refermer sur nous comme un piège.

Toutes griffes dehors, cette œuvre brillante alerte, accuse et secoue le spectateur. Elle le met face à ce qu’il subodorait, sans vouloir vraiment y croire : plus rien n’est écrit dans la pierre, notre monde est devenu un lieu où la vérité est une matière volatile et malléable, où l’information se fabrique, où la surveillance se fait …consentie et où nos libertés s’érodent avec notre propre assentiment.

Nous les artistes anonymes
De la sculpture ou de la rime
Tenterons de vous la transcrire
Pour les siècles à venir
Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire

Rarement un spectacle aura laissé une salle dans un tel état d’épuisement nerveux. Pendant une heure et quarante, sans entracte, Big Mother ne nous accorde pas une seconde de répit. Les personnages courent, s’agitent, enquêtent, s’affrontent, s’effondrent. Les vérités éclatent avant d’être aussitôt ensevelies sous d’autres récits. Le spectacle, d’une densité à couper le souffle, hurle ses vérités à travers des personnages à bout de nerfs, dans un rythme dont on sort submergé et épuisé.

Oui. La violence épuise. Mais si j’avais encore mes grands élèves en charge, j’y courrais avec eux pour en débattre ensuite, comme nous le faisions jadis après An Inconvenient Truth ou All the President’s Men. Ils adoreraient la scénographie tournoyante d’écrans qui, intrus décrits par George Orwell, sont devenus dans notre XXI siècle une compagnie plus qu’utile : indispensable quoique parfois délétère. Ces hublots quadrangulaires, en mode cinéma ou en plans fixes, dessinent les multiples lieux de l’action. En outre, ils permettent une saisissante simultanéité des scènes, composant, paradoxe suprême, un ensemble presque esthétique. Déjà une supercherie. Car ce qui est beau finit souvent par ne plus nous inquiéter.

La musique, digne d’un thriller, accompagne le tout dans des couleurs de délire incandescent.

Autour de cette machinerie fascinante, les six acteurs accomplissent une véritable prouesse. En scène, un merveilleux sextuor : Itsik Elbaz, Salomé Crickx, Tiphanie Lefrançois, Jérémie Petrus, Laurence Oltuski et Nabil Missoumi. Tous jouent « la Chose » avec une conviction et un talent effréné, une précision et une énergie qui forcent l’admiration. Leur impressionnante galerie de personnages se déroule avec une virtuosité sidérante dans des Méta-morphoses nous offrant un miroir implacable de notre monde.

Un livre, on le referme pour reprendre une pause. Ici, impossible. Ce spectacle vous tient dans ses griffes.

On y retrouve, bien sûr, ce vieux principe qui accompagnait nos jeunes années : « Le poète a dit la vérité. Il doit être exécuté. » Et si ça s’appliquait maintenant aux journalistes ? Quelle engeance dangereuse clament tous nos néotyrans. Néanmoins, une banderole édifiante flotte sur le plateau « Killing the  journalist  won't kill the  story! » Une étincelle d’espoir.

Mais aujourd’hui, la machine infernale est plus perverse que jamais. Pour installer une dictature, nul besoin d’exécuter le poète. Il suffit de nous noyer sous un déluge d’informations. De rendre toute certitude impossible, d’annuler nos outils de vérification. De faire en sorte que plus personne ne sache distinguer le vrai du faux, du vraisemblable, du filtré, du fabriqué, du sur-mesure.

Dans Big Mother, Mélody Mourey pousse cette logique jusqu’à son terme avec un concept glaçant : la Totale Démocratie. Une démocratie qui promet avec un large sourire davantage de participation citoyenne grâce au Big Data… …mais qui organise, en réalité, notre consentement.

Nous croyons choisir. Nous sommes choisis.

Nous croyons décider. Nous sommes guidés.

Nous croyons être informés. Nous sommes profilés.

Nous croyons exercer notre liberté. Nous alimentons les algorithmes qui finiront par penser à notre place.

Sous les dehors rassurants d’une BIG MOTHER qui ne nous voudrait que du bien, nos perceptions s’émoussent. Nos indignations s’endorment. Notre vigilance s’efface. Et la réalité finit par nous échapper. Le plus glaçant n’est pas que quelqu’un nous surveille. Le plus glaçant est que nous ayons fini par offrir nous-mêmes toutes les clés… pour nous atteindre. La manipulation atteint alors son apogée alors que la démocratie représentative se meurt sous nos yeux, puisque notre regard est ailleurs.

Même la liberté perd son essence sacrée pour devenir une illusion soigneusement entretenue. Et où est donc passée la lumière ? Nous voilà prisonniers de la noire caverne. Platon en perdrait son grec !

De fait, notre monde est ainsi devenu pire que celui d’Orwell. Et nous découvrons que celui d’Huxley lui prête désormais main-forte. Le premier imaginait une dictature de la peur. Le second est une dictature du confort. Ainsi nous en venons à réussir l’impensable : faire cohabiter les deux.
…Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire

Alors, chers étudiants de mes jeunes années… Vous êtes aujourd’hui de jeunes parents. Vous souvenez-vous encore du Meilleur des mondes ? Vous souvenez-vous de 1984 ? Nous les lisions comme des romans d’anticipation, en forme d’avertissements nous conjurant d’être attentifs à toute tentation totalitaire. Cette pièce Big Mother (2023) sonne l’alarme. Et qui sait, le tocsin. Face à cette « Chose », il y a urgence citoyenne.

Et bravo à ces six artistes qui donnent tout : la voix, le corps, le souffle, l’intelligence, le rythme. Ils portent cette fable noire avec une générosité et une intensité rares. Car au-delà du thriller, de l’urgence, de l’effroi, de la violence, resurgit une vieille vérité. Celle que formulait déjà La Boétie : « C’est le peuple qui s’asservit, qui se coupe la gorge, qui, ayant le choix d’être serf ou d’être libre, quitte la liberté et prend le joug. »

 Vous noterez que la véritable question que pose Big Mother n’est pas : Qui nous manipule ? Elle est infiniment plus dérangeante : Pourquoi acceptons-nous si volontiers de l’être ?

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

De : Mélody Mourey

– Mise en scène : Mélody Mourey

– Avec : Salomé Crickx, Itsik Elbaz, Tiphanie Lefrancois, Nabil Missoumi, Laurence Oltuski et Jérémie Petrus

– Scénographie : Olivier Prost

– Costumes : Bérengère Roland

– Costumière : Sarah Duvert

– Lumière : Arthur Gauvin

– Musique : Simon Meuret

– Vidéo : Edouard Granero, Laure Cohen, Emmanuelle Buchet

– assistés de : Clémentine Kosh

– Habillage : Eugénie Poste

– Régie : Geoffrey Leeman

– Assistanat régie : Junior Neptune

Du  12.05 au 04.07.26

➡ https://bit.ly/BigMotherTickets

 Photos : Gaël Maleux

https://www.theatrelepublic.be/big-mother

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Alicja Polechonska - Summer Flowers

ALICJA POLECHONSKA - SUMMER FLOWERS

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Au fil des toiles, coquelicots, marguerites, bleuets et autres fleurs des champs se déploient dans des compositions baignées de lumière. Les couleurs éclatantes dialoguent avec des nuances plus délicates, créant une atmosphère chaleureuse qui évoque les longues journées estivales et les paysages en pleine floraison. La diversité des techniques enrichit cette recherche plastique. La peinture à l'huile apporte profondeur, subtilité et richesse aux matières, tandis que l'acrylique confère aux œuvres une énergie spontanée et un souffle de modernité. Les jeux de textures, les contrastes et la liberté du geste donnent à chaque tableau une personnalité singulière. Inspirée par les paysages naturels, Alicja Polechonska ne cherche pas à reproduire fidèlement la réalité. Elle en retient l'essentiel : le mouvement des fleurs sous le vent, la vibration de la lumière, la poésie des couleurs et l'impression de liberté qui émane des prairies sauvages. Chaque œuvre invite le spectateur à renouer avec une nature à la fois familière et précieuse. Summer Flowers est une célébration de la beauté éphémère du monde végétal. L'exposition rappelle que les fleurs sauvages, souvent modestes et discrètes, possèdent une grâce universelle qui traverse les saisons et les frontières. À travers son regard lumineux et sa palette généreuse, Alicja Polechonska transforme ces fleurs en véritables symboles de vitalité, de liberté et d'espoir.

 

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Il y a sur la terre trois personnages,
Nés de trois berceaux totalement différents,
Qui vivent en plus ou moins bon voisinage,
Frappés à leur insu d'un sceau parlant d'argent !

Le cossu est un héritier le plus souvent,
Bien mis, il promène un bel équipage,
Gâté aux petits soins par de nombreux servants,
Profite le plus de tous ses avantages,
Prie Dieu, ses saints, pour une place à venir,
Qu'il paie déjà de son vivant pour bien dormir !

Le sans-sou, lui, rêve de devenir riche,
Sait que de petits billets changent un destin,
Saisit que ses bras et sa tête en friche,
Sont seuls à la récolte de ses lendemains,
Il doit se lever tôt à viser l'avenir,
Se coucher tard, trimer dur pour peu s'enrichir !

L'indifférent n'achète pas le paradis,
Il n'a nul besoin de gens à son service,
Il ne s'épuise pas, se moque des on-dit,
En vérité voit son temps sans artifices !

GCM
Pensée du jour.18/6/2026

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Malheur à ceux qui perdent leur âme d'enfant

Ecoute

 

Malheur à ceux qui perdent leur âme d’enfant

 

A Antigone, celle qui nous réveille, dont l’esprit me protège et  que je protège, car il le principe de la Vie

 

Ecoute, c’est cette gamine de vingt ans qui après avoir perdu son âge   m’a invité au ciné pour y voir le dernier Disney, Ecoute est italienne, son papa est mort dans un accident et sa maman est coiffeuse à défaut d’être actrice de cinéma.

Sa chevelure dorée tombe sur des épaules juvéniles. Elle s'amuse dans la lumière matinale près de l’étang où des nénuphars paresseux se reposent. Aujourd'hui elle porte une ravissante robe blanche et un canotier assorti d’un ruban bleu. Sa façon très enfantine de remuer la tête m'enchante. Ses yeux verts sont deux belles amandes qui brillent comme des agates. Ecoute est observatrice, toujours les sens en éveil. Le parfum des fleurs évoque chez elle une mélodie. Le parfum des fleurs c’est leur langage affirme-t-elle, il s'apprécie autant qu'une musique.

Quand je lui montre l’arbre à mouchoirs, elle devient si triste que j'éprouve le besoin de la serrer contre mon cœur qui bat devant une fleur négligée.

Le parfum de la rose affirme-elle est plus doux que le roucoulement entêtant des tourterelles après une pluie de septembre, celui du bleuet est moins bruyant et plus rythmé que le claquement des volets quand souffle le vent de novembre, celui des primevères en revanche est audacieux car il ouvre les portes du printemps et sent le bonheur qui siffle à tue-tête comme le merle au réveil du soleil, les jours d'avril.

Quand je lui fais observer que les pivoines m’apparaissent voluptueuses, elle s’exclame pour tempérer mes ardeurs n'entendre qu’un battement de cil. Celui de ton actrice préférée celle à la peau de neige, me rétorque-t-elle jalouse. C’est d'un air dégouté qu’elle me signale que le moisi a l’odeur de la confiture de virus responsables en janvier de la bronchiolite des nourrissons.

Espiègle, Ecoute a toujours le sourire aux lèvres, c’est chez elle une habitude de sourire de mes étonnements, de mes ignorances. Alors je lui sors de ma poche un chou-fleur de saison, elle ferme les yeux et s’exclame entendre la parole du vent de mars dans les cyprès et les ifs du cimetière municipal où des cabots de porcelaine rêvent dans les allées de chrysanthèmes.

La démarche du temps me déclare-t-elle philosophe, est ineffable inexorable. Le temps se déplace nonchalamment d’instant en instant, moments inoubliables dont les poètes seuls connaissent les secrets. Au bord du lac Léman pendant les journées de décembre, je les vois, les rêveurs se creuser la tête devant leur toile. Leur aquarelle terminée s’apprécie autant que la musique intemporelle de Jean Sébastien Bach.

J’offre souvent des fleurs sauvages à ma petite Ecoute, chaque bouquet est pour elle une sonate de Mozart. Elle me remercie avec timidité, me tend la joue, je la lui caresse d’un bouton d’or. Sensible elle s’exclame deviner le soleil faire des castagnettes comme il le fait souvent à la saint Jean dans la ville de Plan.

Souvent nous nous promenons dans les jardins, main dans la main. Ecoute raconte que certains arbres jouent de la flûte, surtout en octobre m'assure-t-elle, quand poussent les vesses de loup et que les cyclamens fleurissent dans les plaines à l'ombre de la Toussaint. 

Ecoute, pourquoi les tilleuls embaument-ils les jardins d'une odeur de miel autant que les mélèzes les versants du Jura lui demandé-je ? Elle, qui a réponse à tout, lève les bras vers le ciel et me soutient ouïr uniquement le chant maitrisé d'oiseaux de bon augure, comme celui du Pétrel au large du triangle des Bermudes.

Parfois au cours de nos déambulations, nous nous asseyons sur un banc. Nous observons les nuages migrés vers des paysages étrangers. Devant nous, des agapanthes en prière, des ancolies rieuses et des nigelles à l'ouvrage, toutes se lamentent. Et mon cœur s’épanche, Ecoute plisse les yeux, remue le nez et me sourit comme un ange, elle murmure dans le ton du reproche que mon amour est grave. Comme à la ville ! s'exclame-t-elle, comme ce jour de février où les trottoirs font commerce de plantes factices. Tu es un véritable violoncelle, se moque-elle.

Sa plus belle déclaration est de m’avoir signifié que j’étais plus beau que la solitude en cage et plus délicat que les iris des bords de l’Agréau où se désaltèrent les agneaux qui portent toujours le même tricot, c'est à dire blanc, immuable comme le plumage d'une colombe.

 

Soucieuse, Marie-Noelle, cette gamine qui est aussi le souffre-douleur des indifférents, me prend la main et me déclare : « n’est-ce pas que le monde du rêve est merveilleux ! N’est-ce pas que tout cela pourrait appartenir au monde qui pourrait être, à notre monde à nous !»

Seyssel, 1996-Tours, 2025

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LES ARBRES MEURENT AUSSI DE CHAGRIN

Les arbres meurent aussi de chagrins

 

A toutes les personnes décimées par la civilisation

 

Sur le chemin de l'école

Entre les allées d’érable

J’ai rencontré un hiver si rude

Que mes doigts en souffrir blanc de marbre, 

Et que mes antennes

Furent privées du son 

Du marteau battant l'enclume.

Elles prenaient alors la couleur écarlate du nez de décembre 

Austère, les arbres ne se plaignent pas, mais m’engagent à la réflexion.

« Nos amis ne sortent pas de terre pour gémir dans nos cheminées au centre d'un confort superfétatoire. Au printemps leur parure chlorophyllienne ne recouvre aucune honte. Leur richesse égale celle de toute personne même plus vulnérable que nous autres et ils méritent notre protection, notre respect.

Eux, les oubliés des clercs et des rois, eux qui abritèrent les amours de Claire et François, et que vénèrent encore les amis d’Hildegarde.

Il n’y a que les vagabonds nuages pour entendre leurs prières de fossiles errants, dont l'écorce cache la pudeur des misérables.

Apitoyé, j’entends leurs lamentations, leurs gémissements dans les plaines et les sombres forêts où le mycélium se nourrit de la mort qu’annoncent dans les ciels de novembre, les soupirs des corbeaux.  

On nous parle toujours, de l’Oranger de Carthage, du Cèdre du Liban, du Baobab de l'Afrique en guenilles, du Maté du Chili, de l'Orme buvant à la Volga, du Séquoia à l’ombre de la Californie, et des Tilleuls des cours d'école !

On ne nous cause jamais des arbres qui meurent de chagrin, comme le cerisier cet ami  mort d'avoir aimé une capucine quand rougissent d'aise les fruits du mois de mai convoités par le merle chanteur qui piaffe comme un veau au lever du soleil. Et de l'Aubépine en tenue d’harlequin, et de l'Eglantier revendicateur, hein ! Personne n’en cause ! Et pour cause !

 

…si les pétales de mon âme pouvaient apaiser la soif de l'abricotier argenté qui réclame la Paix depuis que l'homme foule son sol. Le seul vivant.

 

J’aimerais entendre la mélodie des arbres au retour des tourterelles, entendre fredonner leurs paroles sacrées auxquelles succombent même les tyrans. 

 

Lionel M.

 

 

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administrateur théâtres

ZAZOUS, DES LENDEMAINS QUI CHANTENT

Spectacles

Au Théâtre Le Public

Hier, c’était le 6 juin.

Le Jour le plus long.

Celui de 1944.

Sur les plages blondes de ma Normandie débarquaient des jeunes hommes venus de l’autre bout du monde pour rendre à l’Europe ce bien si fragile que l’on croit éternel lorsqu’on le possède : la liberté.

Dans les villages de la côte, on commémorait la Libération. On déposait des fleurs, on hissait des drapeaux. On se souvenait aussi que cette liberté eut un prix terrible. Sous le ciel de Ouistreham et des autres villages, des civils innocents mouraient également sous les bombes alliées.

Cette année, à Langrune-sur-Mer, à deux kilomètres du village familial, l’actualité venait troubler les cérémonies. Certains habitants refusaient la présence du Secrétaire américain de la Défense, estimant que ni ses discours, ni ceux du président qu’il représente, ne portent aujourd’hui les valeurs d’humanisme, de paix et d’amitié entre les peuples qui fondèrent jadis nos alliances.

Et moi, fille spirituelle de ces irrévérencieux zazous d’autrefois, nourrie dès l’enfance des mots de Jacques Prévert, de Boris Vian, de la poésie qui résiste à toutes les censures, je me souvenais. Je revoyais une autre place. Une autre foule. Le 8 mai 1968, sur la Grand-Place de Bruxelles, avec mon lycée et d’autres écoles de la ville, nous chantions le Chant des Partisans.  Nous célébrions la paix retrouvée. Il m’en souvient comme si c’était hier. Toutes habillées de blanc, nous avions des larmes de reconnaissance aux yeux. Nous avions l’espoir au cœur et une Europe qui célébrait la paix.  

Alors quel mystérieux hasard a guidé mes pas, précisément ce soir du 6 juin, vers « Zazous, des lendemains qui chantent » au Théâtre Le Public ?

Dès les premières minutes, j’ai senti que nous n’allions pas juste découvrir, la culture zazou tellement peu évoquée dans les cours d’Histoire.  Non, tout à coup, le spectacle, éclatant de couleurs vives sur fond vert de gris, s’est mis à bondir sur scène au rythme du swing, porté par la direction musicale inspirée de Pascal Charpentier. Les univers de Django Reinhardt, Cab Calloway, Boris Vian et des compositions originales s’y rencontrent avec une liberté qui chante la résilience, qui souffle l’espoir et la vie. C’est Charles Trenet, Yves Montand et bien d’autres qui viennent nous chatouiller le cœur. Et aussi Baudelaire : « Ô toi que j’eusse aimé, ô toi qui le savais ! »  On n’est pas sérieux quand on a 17 ans !

Baptiste Blampain, Bénédicte Chabot, Laure Godisiabois, Antoine Guillaume et Cédric Raymond semblent passer naturellement du récit au chant, de la confidence à l’humour, de la légèreté à l’émotion la plus nue. Ils lisent des livres interdits et s’enchantent de citations poétiques. On les adore. Sous la plume collective de Laure Godishiabois et Patricia Ide, l’histoire devient tissu vivant d’une jeunesse qui résiste, le placard vide mais la fleur à la guitare.  Les amoureux qui échangent des mots interdits ont choisi l’insolence des vêtements extravagants, celle du swing et du rire comme acte de résistance. Ils iront percer les pneus de la Gestapo avant d’aller danser clandestinement et conjurer la peur.  Ils déposeront une gerbe le 11 novembre sous l’Arc de Triomphe, ils arboreront par provocation et solidarité l’étoile jaune.   Ils combattent avec leur liberté d’être, avec leur refus de ressembler à ce que les régimes autoritaires de Berlin et de Vichy attendaient d’eux.

Avec leurs vestes à carreaux trop larges, leurs chapeaux boule moqueurs, leurs parapluies nommés pépins, les cheveux longs pour les garçons, les jupes très courtes et le rouge à lèvres scandale pour les filles, ils affichent leur goût du jazz et de la bière grenadine. C’est tout l’esprit de Charlie Chaplin.  

Patricia Ide orchestre tout cela avec une remarquable précision. La scénographie mobile de Renata Gorka et les costumes terriblement révélateurs de Chandra Vellut recréent un univers où l’excentricité devient un manifeste politique.

Et puis surviennent ces instants où le tempo ralentit. Les délations.  Les arrestations. Les séparations. La peur. La salle entière retient son souffle. Les larmes montent aux yeux alors que le swing rend la tragédie plus poignante encore. Derrière l’insouciance apparente se cache le courage. Parce que derrière les chansons se cache la résistance.

Et soudain…

Les premières notes.

Celles-là même.

Celles qui traversent les décennies.

Celles qui relient ma Normandie de 1944 à ma Grand-Place de 1968.

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? »

Je n’ai pas pu retenir mes larmes. « Le Chant des Partisans » résonnait à nouveau, insistant, essentiel.  Pas comme une relique du passé mais comme un rappel brûlant, un serment, une nécessité face à la terreur.  

À l’heure où tant de démocraties vacillent, où les extrémismes relèvent la tête, où une guerre sanglante ravage les confins de notre Europe, où l’art et la liberté d’expression continuent de déranger les pouvoirs autoritaires, « Zazous, des lendemains qui chantent » nous rappelle avec une lumineuse évidence que la Culture est un acte de résistance. Danser est un acte de résistance. Chanter est un acte de résistance. Créer est un acte de résistance.

Merci à cette formidable troupe de nous avoir réveillés hier soir de notre léthargique apathie, merci de nous avoir rappelé que les lendemains qui chantent se défendent, se transmettent et se chantent. La Honte, c’est quand personne ne bouge.

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

https://www.theatrelepublic.be/zazous-des-lendemains-qui-chantent

ZAZOUS, DES LENDEMAINS QUI CHANTENT


14.05 > 04.07.26

1H35

Création

Petite Salle

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administrateur théâtres

28 saisons au Au théâtre de la Valette

Spectacles

Albert & Charlie à La Valette, des génies entrecroisés

Et une amitié qui transcende les différences

Au Théâtre de la Valette, l’Histoire ressuscite des instants fragiles et lumineux, le fil captivant d’une amitié un peu passée inaperçue. Albert & Charlie, porté par l’écriture subtile d’Olivier Dutaillis, orchestre des improbables tête-à-tête de deux autodidactes, entre Albert Einstein et Charlie Chaplin avec élégance et malice. C’est la relativité qui côtoie la poésie burlesque, dans un ballet d’idées et de sourires. L’humour est le ciment.

Le spectacle s’ouvre sur le souvenir réel d’une rencontre à Hollywood en 1931, lorsque Charlie Chaplin et sa famille accueillirent Einstein à son arrivée d’Europe, fuyant la montée du nazisme et la haïssable éducation prussienne. À l’occasion de la première de City Lights, 300 000 spectateurs, quel est le sens de tout ça ? S’interroge Einstein.  L’échange piquant entre Einstein et Chaplin, fuse et fait mouche. “Ce que j’admire le plus dans votre art, c’est votre universalité…”, glisse le savant, aussitôt renvoyé par Chaplin : “Le monde vous admire, même s’il ne comprend pas un mot de ce que vous dites.” Toute la saveur de la pièce réside là : dans la complicité et le rire partagé, langage universelintemporel, on l’espère.

Sous la direction précise d’Alexis Goslain, le décor nous transporte à Princeton dans le bureau feutré du savant, entre tableaux noircis de formules et silences habités. Là où les génies s’interrogent, s’opposent et trébuchent, et l’humanité s’affirme.  Car les dialogues fictifs sont subtilement enracinés dans une amitié authentique qui ne se prive pas de joutes existentielles. Derrière les éclairs d’esprit, les bribes de monologues intérieurs mis à nu, l’humour reste toujours leur plus grand trait d’union. Même si l’état du monde est une cure d’adrénaline quotidienne.

Les sujets de discussion ne manquent pas. La terrifiante montée du nazisme, que Chaplin choisira de tourner en dérision dans The Great Dictator. La comédie la plus engagée ayant jamais existé.  Le vertige atomique, dont Einstein, militant inconditionnel de la paix, portera longtemps la culpabilité morale après avoir alerté Franklin D. Roosevelt. Il avoue même qu’il aurait préféré être gardien de phare que professeur d’université. Et se console avec la musique de Schubert. Point de famille heureuse pour le soutenir.  Puis l’Amérique soupçonneuse du maccarthysme, qui forcera Chaplin à l’exil en 1952.

Les dialogues entrent en magnifique résonance, comme cet échange :
- Charlie [à propos de la mise au point de la bombe A] : « Vous aviez prévu que la bombe atomique découlerait de votre théorie ?
- Einstein : « À votre avis, l’homme de Cro-Magnon, quand il frottait ses silex, il avait prévu l’incendie du Reichstag ? » Les rires fusent dans la salle, mais 
 ne serait-ce pas une belle pirouette, pour retirer son épingle du jeu? Einstein cosigna la lettre Einstein-Szilard destinée à convaincre le président américain Fr. D. Roosevelt de la capacité d’énergie provoquée par la fission atomique et de l’urgente nécessité de prendre de vitesse le IIIe Reich dans la mise au point des armes, c’était sa plus grande peur. Néanmoins le pacifiste convaincu qu’était Einstein fut écarté du développement de la bombe atomique et n’eut aucune influence sur la décision de son utilisation. D’où les larmes du savant.

Entre ces secousses, les deux hommes avancent dévoilant leur sensibilité. L’un avance par fulgurances, intuition et imagination. L’autre polit chaque geste, chaque silence, jusqu’à l’obsession. Mais ils sont profondément frères d’armes.

La pièce ne se contente pas d’aligner les faits : elle explore les failles. L’exil, la solitude, le prix de la notoriété, les sacrifices intimes. Elle interroge aussi cette chose mystérieuse : d’où naît la création. Chez Einstein, dans un éclair brûlant. Chez Chaplin, dans la répétition maniaque.

L’un, bohême, est vêtu à la Saint-Simon, presque en robe de chambre. Il a la détestation de l’uniforme et l’amour de la chevelure sauvage, l’autre, cravaté et tiré à quatre épingles, est sanglé dans des costumes de gala. Il singe Hitler, car faire rire de lui et la seule façon de l’abattre.En scène : un fabuleux Michel Wright, débordant d’humanité, parfaitement extravagant, et un magnifique Gauthier Jansen que l’on prendrait bien pour un joli cœur. D’ailleurs la dame du logis n’est pas insensible à son charme.

Heureusement, cette présence veille et respire : Hélène, la gouvernante allemande qui a suivi Einstein dans son exil, figure à la fois stricte et tendre, qui humanise encore ces géants, tempère les colères, et rappelle que même les génies… doivent manger, dormir, et être protégés. Ah! L’excellente imitation germanique de Catherine Claeys!

Quelques détails savoureux surgissent comme des bulles : Einstein et sa pipe, son goût pour le cervelas et la vodka, sa « rébellion contre la chaussette », ou son amour intact pour la kidney pie de son enfance londonienne. Au-delà des traits d’esprit qui claquent, c’est l’émotion qui demeure. Elle s’installe, doucement, jusqu’à cette dernière rencontre imaginée, sans doute la dernière, où l’amitié entre les deux géants est bouleversante. Et notre fragilité, tellement palpable. Et brusquement, cette évidence: le génie ne serait rien, sans humanité. Et la vie humaine n’est-elle pas comme une œuvre d’art?

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Ave: Catherine Claeys, Gauthier Jansen et Michel Wright

Mise en scène: Alexis Goslain

Assistanat mise en scène: Enza Rigolio

28 saisons déjà…

Raconter les 28 ans du Théâtre la Valette, ne peut se faire sans évoquer cette vibrante Communauté, celle d’un foyer théâtral professionnel incrusté dans un village de l’Ouest du Brabant wallon, à Ittre. Que soit remercié ici, son infatigable directeur, Michel Wright, qui a mis sur pied tant de spectacles intelligents et drôles! Meilleurs souhaits de succès à la nouvelle équipe.

Avec seulement 100 places, sans bus ni tram ni métro ni train, le Théâtre se situe à un jet de pierre de Bruxelles et rencontre depuis des années, succès et reconnaissance. Il est situé au coeur d’un village très sympathique et accueillant.
On aime La Valette, ce petit lieu atypique et particulier, pour sa programmation de spectacles exigeants et accessibles, offrant émotions, rires, réflexions et échanges. Et puis il y a ce charmant bar des Artistes, prêt à vous accueillir avant le spectacle!

L’équipe, renouvelée, dotée d’une nouvelle direction en 2026, s’attellera à vous accueillir, nous l’espérons de tout coeur, chaque soir la saison prochaine, de manière aussi conviviale et chaleureuse. Dice are cast!

Théâtre la Valette


11, Rue Basse – 1460 Ittre
info@theatrelavalette.be
0473/29 17 09
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administrateur théâtres

L'Ecume des jours, for ever!

Spectacles

L’Écume des jours au théâtre

« L’écume des jours » c'était au  Théâtre des Galeries... en avril dernier. 

C’était une adaptation absolument onirique du merveilleux livre de Boris Vian« Le plus poignant des romans d’amour contemporains » selon Raymond Queneau. Un concentré de surréalisme tragique endossé par quinze personnages joués par une brochette explosive de 10 jeunes comédiens.

Dans un coin de la scène, ils étaient là, poétiques. Contre toute attente, deux amis à la vie, à la mort, Chat et Souris, vous avez bien lu, se faisant des confidences.

Elle, (Tiphanie Lefrançois) la petite souris, fidèle fée du logis des amoureux, livre son chagrin et son envie d’en finir à son cher confident félin (Quentin Minon). Elle va lui conter les malheurs de la maison de Colin et Chloé. Se laissera-t-il convaincre par le récit merveilleux et triste de ces jeunes humains aux rêves tellement cabossés ?

Au début c’est l’insouciance totale. Dans un vent de jeunesse joyeuse sous le ciel de Paris libéré, débarquent de ravissants personnages virevoltant sur des patins à roulettes. Rythmes de jazz, joie et surprises de l’amour. Tour à tour, on fait la connaissance de Chick (Alexis Vandist) et de sa compagne Alise (Laura Fautre). Il y a aussi Isis (Zoé Pauwels) qui invite Colin et ses amis à l’anniversaire de Dupont, le Chien. Il ne manque que l’Oiseau Bleu pour compléter la féerie.

État de grâce, la bande de jeunes glisse avec bonheur de vivre sur la patinoire. Nicolas, le majordome de Colin (Simon Lombard), est aussi invité à la soirée. Un personnage attachant et haut en couleurs, presque une figure tutélaire à la diction hilarante.

Observons la scénographie. Serait-on tout à coup dans un sous-marin ? L’assemblée est dans la mire d’un œil, celui d’un immense hublot qui projette les mille et un visages du roman, scrutés par haute technologie. Un haut-parleur chasse les heureux batifoleurs et la scène se transforme comme par magie.

 Voici les personnages dans les rues de Paris, voici le spectateur invité au cœur de l’appartement de Colin discutant avec son majordome. Puis viendront l’église nuptiale, le cabinet de médecin, la sombre officine du pharmacien, l’antre du monstrueux libraire maffieux, et, haut perché dans sa chaire à l’université, voilà où pérore le distingué Jean Sol Parte (Joseph Colona).

La savante scénographie de Lea Gardin donne à palper le kaléidoscope d’émotions et entraine le spectateur dans des bouffées de rire.  Ce hublot, cet œil imaginaire, ne cesse de scruter l’âme humaine avec grande finesse et puissance évocatrice. Les images brillantes et artistiques subliment le roman fétiche des adolescents. Vidéos signées Allan Beurms et lumières de Laurent Comiant.

Dès le début, Colin, hurlait son désir, il voulait plus que tout, tomber amoureux, avoir le cœur en chamade, explosant dans sa poitrine à en devenir fou d’amour. D’ailleurs, la seule chose qui vaille la peine. À l’instant où il croisera Chloé à la soirée, en robe couleur soleil ou couleur tournecoeurs, il lui dira : « C’est exactement vous ! ». Avec la musique de Laurent Beumier et les ravissants costumes de Sophie Malacord.

 Et de la demander aussitôt en mariage. Colin (Rémy Thiebaut) et Chloé (Romina Palmeri), se sont épris d’amour fou au premier regard. Love at first sight, ça existe. Or, cet amour ivre de bonheur a-t-il une chance ? Ou un implacable destin lui donnera-t-il un infâme coup de poignard ?

L’amour resplendissant est là, à portée des mains, des lèvres, des corps des jeunes amoureux, il est absolu, comme on en rêve. Et pourtant, le malheur va fondre sur l’innocence de cet amour à couper le souffle.

Au fond de la poitrine de Chloé grandit la sombre « Tumeurs » ou l’assaut de la tuberculose, à l’époque.  Ce nénuphar avide consume la vie de la jeune femme et tue à petit feu les belles illusions du jeune couple. Le nymphéa glouton avale impitoyablement toutes les autres fleurs qu’on lui donne en pâture et peu à peu éteint toute la lumière du jour. Quelle terrible symbolique.

Course effrénée vers la mort :  la patinoire de rêve a été remplacée par la tristesse infinie d’un travail éreintant et absurde pour payer docteur, pharmacien et rêve de rétablissement en haute montagne.

Mais dans la pièce, il y a heureusement toutes les inventions de Boris Vian, ses mots gorgés de poésie et d’amour. Voyez ce fameux pianocktail, fantastique instrument de musique imaginaire capable de créer des boissons basées sur les notes de musique jouées, prouvant que l’esprit d’ingénieur de l’auteur servait constamment son imaginaire poétique.

Parodique en diable, l’auteur n’a de cesse que de condamner la course à l’argent, la vanité maladive du collectionneur hystérique, l’écriture prétentieuse du couple de philosophes du néant, l’hypocrisie et l’avidité des gens d’église, celle des pharmaciens et des docteurs. Le public se tord de rire, ouf ! Voilà une énergie salvatrice. Mais par-dessus tout, on frissonne quand Boris Vian condamne la guerre et les marchands de canons. C’est gravé dans le roman : il faut paraît-il de la chaleur humaine pour faire pousser les canons dans les champs mortifères. Et c’est hélas le travail épuisant qui est offert à Colin pour lui procurer de l’argent afin de sauver Chloé. Boris Vian se lâche. Il y a, en passant, une sacrée tirade sur la valeur prétendue du travail versus l’usage rêvé de machines pour nous libérer de ses contraintes.  

Reste, la seule vérité, celle de Chloé : « Embrasse-moi encore et encore… » tandis que le pharmacien exécute son ordonnance au pistolet.

Ainsi, tout l’univers de l’auteur est présent à chaque transformation de la scène. Cela se savoure doublement si on a eu la chance d’avoir lu le livre. Et dans le cas contraire, quel bonheur d’aller s’y précipiter pour y revivre toutes ces émotions palpitantes et retrouver la trace de l’amour, même quand tout a disparu. Ce qui reste d’un baiser…

 Le ciment de tout cela ? La musique, omniprésente, électrisante, jazzy et vivante, elle est l’âme sœur de Boris. C’est Daniela Bisconti, qui a signé la mise en scène de haute voltige et a su restituer toute la poésie et le tragique de ce roman intemporel, sans le moindre temps mort et avec une verve bien moderne. Le dénouement à la fois sombre et percutant nous rappelle que Vian, le prince de Saint-Germain-des-Prés,amoureux de la vie, immense romancier, l’auteur du « Déserteur », chanteur de jazz et polymathe exubérant, allait m o u r i r, peu avant ses quarante ans….

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Vu au Théâtre des Galeries, du 1er au 26 avril 2026, 1h40.

Mise en scène par Daniela Bisconti

Avec: Joseph Colonna, Laura Fautré, Tiphanie Lefrancois, Simon Lombard, Quentin Minon, Romina Palmeri, Za Zù, Rémy Thiébaut, Alexis Vandist

Chorégraphie : Isabelle Beirens

Scénographie : Léa Gardin

Vidéos : Allan Beurms

Costumes : Sophie Malacord

Lumières : Laurent Comiant

Musique : Laurent Beumier

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administrateur théâtres

Bientôt, dans l'acoustique mystique de l'église Saint-Jean-Berchmans, l'une des œuvres les plus puissantes du répertoire sacré, sublimée par 80 musiciens et choristes. La force lumineuse de la musique : le "Stabat Mater" de Dvořák.31178991857?profile=RESIZE_584x Une mère brisée, un compositeur endeuillé et un chant d'espérance d'une humanité pure. Il faut vivre le Stabat Mater de Dvořák comme un voyage de la peine vers la lumière. C’est la fresque sacrée la plus bouleversante de Dvořák, celle d’un père devant le deuil de ses enfants.

 Et une nouvelle fois,  le concert  sera fait d'étonnement et de surprise.  On peut certes se préparer au Stabat Mater, mais l'autre œuvre, encore un secret? Success story part 2? Le titre: "Hymns of freedom", composé à l'occasion de la Journée de la femme par Nasser Sahim Nasseb.Ce sera sans nul doute  une nouvelle découverte... La dernière fois aussi, nous sommes passés de surprise en surprise: 

Concerts

Le 10 avril, Vivaldi ou Richter? ...Les deux

Retour sur les Quatre saisons de Vivaldi, pardon, de Max Richter ! par l’orchestre de jeunes musiciens, le Brussels Philharmonic Orchestra

Il est libre… Max !

Quel choc ! On s’attendait, ayant parcouru l’affiche un peu trop vite, au théâtre des saisons d’Antonio Vivaldi dansé et joyeusement chorégraphié par une troupe de danseurs en herbe… tendre, bien sûr ! Laurent Drousie, directeur artistique à la Chorégraphie, la soliste Rasa Vosyliuré au violon. Le belgo-chilien   David Navarro-Turres, à la baguette, dirigeant Le Brussels Phiharmonic Orchestra.  

Et nous voilà plongés dès le début du concert dans le noir, dans un univers de cordes méditatives, se balançant dans un rythme insistant, lancinant. Une musique étale, minimaliste, profondément sombre. Une lumière glauque qui semble absorber l’espace. Mais un rythme qui éveille tout à coup un vague souvenir ; oui. Cela ressemble même à une musique de film récent… ! Eurêka ! C’est « Hamnet ! » Un film bouleversant, s’il en est. On n’en croit pas les oreilles ! L’intériorité presque crépusculaire prend dès lors tout son sens.

La musique minimaliste, et opiniâtre mord comme une douleur qui ne se tient pas tranquille. Joue-t-elle les accents de notre condition humaine, faite de douleurs et d’éclats de joie ? La voilà qui nous envahit comme une sorte de ressac émotionnel. Elle évoque des matières vitales : la naissance, l’amour, le deuil, l’absence, les fragments de mémoire, la beauté des jours heureux, la beauté de la lumière du jour. On se souvient du désespoir de l’Antigone grecque tellement triste de se voir voler à jamais la lumière du jour. Et le titre de la pièce musicale « On the Nature of the Daylight » prend donc tout son sens. On perçoit son évanescence, sa fuite, sa disparition. Et aussi son perpétuel retour, comme une vivante respiration de la Terre.

C’est aussi ce que nous disent les jeunes danseurs. Une femme, un homme, un couple, un groupe. Ils ne cessent d’apparaître, de se consumer et de disparaître. Ils sont vêtus au plus simple, en maillots noirs et chemises anonymes. Seuls les mouvements comptent, la soif de vivre sur l’intense orchestration de cette musique du chagrin.

Avec « Infra », les corps apparaissent dans une gestuelle fragmentée, en costumes bordeaux d’une neutralité troublante. Rien ne cherche à séduire. L’attente de Vivaldi se fait plus pressante. On l’a compris, on assiste à une suite symphonique de Max Richter dont on découvre petit à petit toute la modernité. Il aura fallu du temps pour changer de cap !

Et lorsque les « Four Seasons Recomposed » de Richter nous tendent enfin une main familière, le cœur bondit à chaque reconnaissance d’une phrase italienne ! Le BPHO se déploie et renoue avec la joie de vivre, quelle que soit la saison.

Et on est alors tout yeux pour la magnifique troupe d’Europa Danse Company qui déploie toute son énergie devant nous, lumières enfin reconquises ! Le ravissement des corps a pris le dessus, et la musique les porte avec brillance.  Ce concert jouait délibérément sur le décalage. Un joli poisson d’avril, reçu en plein cœur le 10 du même mois, en la salle très fréquentée du Novum Théâtre, à deux pas du Collège Saint-Michel. On avait la chance d’y être.  Respectueux remerciements.  

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

On s'y voit?

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administrateur théâtres

Hélas, c'est fini!

Spectacles

La petite annonce faite à Marie :

Rendez-vous au pays fragile des souvenirs

Le Théâtre Royal du Parc, du 7 mai au 6 juin 2026, ouvre une porte secrète sur le royaume vacillant de la mémoire avec La Petite Annonce faite à Marie, une création collective d’une rare délicatesse.

Première hier soir au Parc. Ceci n’est pas un spectacle. C’est une constellation d’émotions où l’on rencontre Thierry Debroux… onirique, au pays des étoiles.

La Petite Annonce faite à Marie, ce n’est pas du Claudel mais c’est sûrement une histoire d’ange. Et quelque chose d’immensément tendre et profondément humain. Toute une saga familiale centenaire condensée en éclats de mémoire, en silences, en musique et en gestes suspendus, glissés, tissés et déchirés. Envolés. Qui passent par le langage du corps.

Marie va fêter ses cent ans.

Elle a perdu presque tous ses souvenirs, sauf peut-être, qui sait, sa rencontre avec l’ange de pierre du jardin du pensionnat. Un confident fidèle, un sourire salvateur. C’est Thierry qui l’a retrouvé.

Il y a cet inoubliable -petit-matin du -petit-crime, sur un -petit- quai-de-gare à Namur, où son père lança à la -petite-fille : « Je pars pour toujours à Paris. Est-ce que tu viens avec moi ? ». Elle avait huit ans. Et elle s’enfuit à petits cris. Les oiseaux, ça tombe du nid. Mais comment apprendre à voler ?

Thierry, le fils, lui, a tout reconstitué sur son chemin de vibrant créateur. Les blessures générationnelles, cela donne du courage. Fasciné par la longue existence extraordinaire de sa mère, il entreprend de lui rendre ce qu’elle ne possède plus : son histoire. Il décide de lui offrir le roman de sa propre vie comme cadeau d’anniversaire. Un acte d’amour absolu. Une tentative bouleversante de réassembler les fragments d’une mémoire fissurée. Raconter à l’autre ce qu’il a oublié pour continuer à exister à deux.

Cette vieille dame centenaire habite désormais en lisière de la Forêt de Soignes, bercée par le chant des oiseaux, tous ces êtres ailés. Chaque semaine, son fils lui apporte un merveilleux, cette irrésistible pâtisserie qui illumine encore son regard autant que ses papilles. Dans ce monde où les souvenirs s’effacent, il reste des douceurs minuscules qui résistent au naufrage.

Sous chaque toit se cache une douleur : « Unter jedem Dach verbirgt sich ein Leid… » Nous sommes tous reliés. Aussi, le texte peut toucher chacun de nous, au plus intime. Et la dynamique sur scène de raconter la mosaïque de fêlures par où passe la lumière.

Le vent souffle où il veut. Et toi tu entends sa voix. Mais tu ne sais pas d’où il vient. Et tu ne sais pas où il va. Soudain, quatre artistes, comme les quatre directions du vent. Et sa rose naît, sur le plateau des quatre saisons.

La danse, quand les mots abandonnent les êtres, prend le relais des mots avec une grâce infiniment fragile. Les mains magiques de Michèle Anne De Mey (Kiss and Cry) deviennent théâtre vivant, redonnant vie et souffle à cette vieille dame partie presque sans crier gare, sur la pointe des pieds.

Le comédien et compositeur Fabian Finkels – certes, à nul autre pareil pour incarner ce fils extraordinaire – nous bouleverse, entre théâtre et chant, par la justesse de ton et de postures. Il réveille et sublime la présence de la dame vulnérable et lumineuse et exprime toute la tendresse d’un fils pour sa mère. Il chante avec amour la jeunesse retrouvée de Marie, mais conte aussi la blessure originelle : l’abandon de ce père marchand de rêves, qu’elle mettra 50 ans à retrouver. Mr. Sandman arrache à la fois des rires et des larmes.

Et puis il y a l’harmonie infinie de la musique. Ses profondes émotions. Julie Delbart à la direction musicale.  Il y aura un adagio de J.S. Bach, indispensable, bien sûr.

Le spectacle s’ouvre avec Alto Giove. L’aria célèbre de l’opéra Polifemo composé en 1735 par Porpora, l’un des maîtres de l’opera seria ! Cette œuvre fut d’ailleurs chantée en son temps par son élève Farinelli. Dès les premières notes chantées par Logan Lopez Gonzalez, la mélodie exprimant l’amour éternel d’Acis et Galatée, captive et fascine, tandis que le souvenir de Marie apparaît peu à peu, tout nimbé de lumière, et fait une entrée saisissante sur le plateau. L’assemblée est muette d’admiration. La voix de contre-ténor de Logan Lopez Gonzalez semble incarner une figure angélique, protectrice, soignante, auprès de la vieille dame centenaire. C’est l’union discrète et bouleversante entre la femme au soir de sa vie et son ange infirmier. Grâce à ses tenues de notes infinies, la musique devient un véritable baume sonore, suspendant le temps, autant pour Marie que pour les spectateurs.

On verra ensuite le chanteur vêtu de blanc s’emparer avec une infinie douceur de ce chef-d’œuvre de sérénité ultra moderne face à l’inconnu : Pyramid Song. L’angoisse de la fin peut se transformer en traversée paisible. La mort cesse d’être une chute pour devenir un passage, un abandon serein et heureux. En attendant Morgen de Strauss.

Au cœur de l’histoire, côté jardin, il y a le piano de l’exquise Julie Delbart, incomparable pianiste de l’émotion qui ourle sans relâche cette histoire vraie. Elle enchaîne les mondes musicaux avec une aisance et une liberté souveraine. Elle va, vient et disparaît en toute discrétion. Le spectateur reconnaît des délices, suit des délires. Frissonne avec Vivaldi et Debussy. Pleure avec les variations de Ah ! Vous dirais-je Maman.  Classique et moderne s’épousent pour faire danser l’imaginaire autour de cette quête passionnante des souvenirs perdus.

Et depuis le début le paysage visuel est onirique, valsant avec la neige ou les étoiles.  Les vidéos d’Allan Beurms et les lumières de Viktor Budo se conjuguent dans un ballet flou et lumineux. Tantôt projetant des images d’antiques photographies jaunies qui se réaniment en fragments de vie résistant à l’effacement, depuis l’orphelinat jusqu’à la forêt. Tantôt des documents d’époque rappelant l’actualité du siècle, et là, plus de violence que de tendresse.

Ainsi, toute cette création plurielle donne l’impression que chacun a offert ici sa plus substantifique moelle pour accompagner le travail de mémoire du fils, son retour poignant vers les racines, sa recherche proustienne.

Mais il y a aussi les oiseaux… le peuple ailé traverse décidément cette œuvre mobile. Ne sont-ils pas des messagers d’âme ? Comme ce mystérieux et attachant rouge-gorge, symbole de bouleversement et de renaissance, gorgé d’amour réconfortant. Un messager du ciel. Comme les anges. Même touchés en plein cœur, ils font semblant de mourir. Peut-être comme certains humains et certaines mouettes…

Or, ici, c’est le merle qui a le dernier mot. Un azur doré l’attend.  Le formidable Blackbird fly, c’est elle, la vieille dame aux ailes brisées dans la nuit noire, qui vole vers l’infini de la lumière et de la paix. C’est la libération des maux du passé. Une ample victoire sur la douleur et le deuil.

Ce spectacle, on l’aura compris, est nourri de modernité et offre une vivante archéologie du ressenti. Les cinq sens sont en alerte, manque peut-être juste l’odeur du lilas…du muguet ou de la violette.

 La Petite Annonce faite à Marie célèbre la recherche de notre filiation. Et même lorsque

Tout fuit, tout disparaît, les dates, les noms, les visages…  Il reste l’invisible et l’essentiel :

L’amour, n’est-ce pas ?  Qui persiste au-delà de tout.

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Logan Lopez Gonzalez, Michèle Anne De Mey, Fabian Finkels
La petite annonce faite à Marie
Photo Aude Vanlathem

Théâtre Royal du Parc
Rue de la Loi, 3
1000 Bruxelles
02 505 30 30

du 7 mai au 6 juin 2026

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administrateur théâtres

Un billet qui vole!

Spectacles

Pigeons, …car ils étaient deux!

Un homme qui chuchotait à l’oreille des pigeons au mois de mai, au Théâtre de Poche

Au cœur des bois, ceux du Bois de la Cambre, au Théâtre Le Poche, flotte ce soir un étrange parfum d’étable et de ciel ouvert, de vieux secrets de terroir transmis à voix basse.

Une soirée à la ferme ? Au pigeonnier ? Peut-être les deux.

Casquette de coulonneux vissée sur la tête, silhouette un peu gauche, tendre comme un personnage de Bourvil égaré dans le Borinage, Kevin Defossez entre en scène avec ses rêves, ses oiseaux et ses souvenirs. Dans ses yeux pétillent l’enfance, les fidélités anciennes et cet amour immense des choses modestes que notre époque pressée ne regarde plus.

Et puis il y a Duchesse. Duchesse, ce pigeon presque mythologique, compagne de plateau, muse ailée, apparition fragile et souveraine. Witbui est son ancêtre.

Un « elle » qui est tout autant un « il », comme au théâtre élisabéthain où les hommes jouaient les femmes. Une alternance  de deux pigeons qui pourrait sembler cocasse, mais qui devient ici pure poésie, sur un plateau presque vide, fruste et banal en apparence, transfiguré par la présence roucoulante.

Malgré les belles explications sur la colombophilie,  Pigeons n’est pas un spectacle sur les volatiles. C’est un chant d’amour au lien invisible entre les êtres. Un hommage bouleversant à ceux qui vous ouvrent les portes d’une passion. La rencontre improbable entre le fabuleux destin d’un amateur de pigeons et l’art des planches. Monsieur de la Bruyère en ravalerait sa plume.

C’est l’histoire d’un gamin un peu solitaire qui rencontre un vieux maître colombophile.Un savoir se transmet. Une langue aussi. Filiation.

Le picard roule sous les mots comme une vieille bicyclette sur les pavés d’un village wallon ou des Hauts-de-France. On écoute cette musique du terroir avec surprise et tendresse, entre deux roucoulements et quelques éclats de rire provoqués par les grimaces avicoles. Peu à peu, ce monde qui semblait folklorique prend une profondeur inattendue.

Pourquoi joue-t-on ? Pour gagner ? Pour l’argent ? Pour l’art ? Pour les pigeons ? Pour l’autre ?  

Qui sont-ils donc, ces oiseaux n’ayant en tête que le retour au pigeonnier ? Pourquoi parcourent-ils des milliers de kilomètres, par-dessus monts et plaines, pour retrouver leur point d’attache ? “N’étions-nous pas deux et n’avions-nous qu’un cœur ?”

Sous son apparente simplicité, le spectacle ouvre discrètement de vastes interrogations.Il parle d’un monde populaire avalé par la mondialisation, de passions authentiques devenues marchés juteux, d’héritages fragiles qu’il faudrait sauver avant qu’ils ne s’envolent. Et zut pour les technologies…qui changent l’art d’aimer.  

Au début, quelques lenteurs peut-être… Mais ne sommes-nous pas devenus incapables d’habiter le temps long ? Celui de l’attente du pigeon 701 dans un ciel « bleu, très bleu »…

Et puis, à force, l’émotion arrive à tire-d’aile, sans prévenir. Dans une anecdote. Dans une phrase murmurée à Ghislain. Dans une main qui caresse doucement les plumes bleu-gris et blanches de Duchesse. Alors ce théâtre inédit devient une veillée, une transmission inouïe, un morceau d’humanité recueilli avant disparition.

Qui  ressort du Poche, ressort  avec un regard changé sur ces oiseaux que nos villes combattent avec tant d’ardeur et que l’on croyait connaître.

Coup de projecteur sur le mystère de la nature humaine. Coup de projecteur aussi sur ce mystérieux ramier des forêts qui vient –  lui ou elle ?  –  trois fois par jour, s’inviter à la table de nos coqs dans notre jardin de banlieue. Comme si, une vie passée à regarder le ciel rempli d’espoir était, finalement, une très belle vie.

C’est la rencontre inattendue d’une innocence. Le réveil de celle qui parlait aux oiseaux — et peut-être même aux loups, dit-on.

Le totem de  la vie réelle est là devant nous: avec l’oiseau, avec le sourire d’une joie fraîche, loin des plaies du monde, fondu dans le miracle du vivant et de la terre ancienne.

Rara avis.

Merci.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

« PIGEONS » au Poche

De Kevin Defossez et Thierry Lefèvre | Du 12 au 30 mai 2026 

© Alice Piemme

Toujours ouvert Chemin du Gymnase, 1A, Brussels, Belgium, 1000

 12 → 30 mai 2026

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Chères amies, amis, collectionneurs et habitués de notre galerie,

La galerie fête ses 20 ans d’existence cette année 2026 ! De nombreux événements et démarches vont marquer cette année particulière…

Les artistes présents pour cet exposition de juin sont :

Arlette STORM–LAROCHE dite LASTOR (BE) peintures à l’huile sur toile de lin, Fa VAROUTSIKOS (FR) broderie sur tissus anciens Japon, Eglantine ELKAÏM–BONETTO (FR) peintures à huile sur toile, Marie-Line LE BRONNEC (FR) peintures et céramiques.

 

Vernissage le jeudi 04 juin de 18h 30 à 21h 30.

Finissage le 27 & 28 juin de 11h 00 à 18h 00.

 

Lien vers l’annonce visuelle de l’exposition du 04 juin :

https://www.espaceartgallery.eu/espace-art-gallery-vous-presente-son-prochain-vernissage-du-04-06-2026-et-son-agenda-culturel/

Lien vers le reportage photos du vernissage du 04 juin :

https://www.espaceartgallery.eu/la-galerie-a-le-plaisir-de-vous-presenter-le-reportage-photos-lors-de-son-vernissage-du-04-juin-2026/

Lien vers la remise des recueils et des diplômes 2024 du 30 mai :

https://www.espaceartgallery.eu/la-9e-fete-de-remise-des-publications-2024-aura-lieu-le-samedi-30-mai-2026-de-18h-30-a-22h-00/

Lien vers nouveau site Digital NFT Art Curator Belgium en 2026 :

https://ea-gallery.com (en pièce-jointe infos et inscriptions… )  & https://www.instagram.com/digital.nftart.curator.belgium/

Lien vers le plus grand Rooftop d’Europe !

https://www.58.brussels/ pour avant ou après votre visite !

Lien vers le nouveau Centre d’art dans le quartier :

https://cloudseven.be/home-of-frederic-de-goldschmidt-collection/

Situé au centre-ville dans le quartier bruxellois de la mode et du design.

 

Bien cordialement,

Jerry Delfosse

Galeriste

*

Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,

Les Éditions d’Art EAG & EAG Studio’s

Co-fondateur et propriétaire du réseau Arts et Lettres 3.0

Administrateur général

Président de jury pour décerner 3 diplômes d’art EAG

Membre d’un jury international à Corsica Art Fair

Membre d’un jury pour décerner 2 diplômes A&L

*

Rue de Laeken, 83 à B 1000 Bruxelles - Belgium

GSM: 00.32.(0)497.577.120

eag.gallery@gmail.com

https://www.espaceartgallery.eu/

https://ea-gallery.com

https://artsrtlettres.ning.com/

https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu

https://www.instagram.com/espace.art.gallery/

https://www.linkedin.com/in/jerry-delfosse-espace-art-gallery/

Lien pour visionner les 237 vidéos et 104.000 vues sur YouTube

https://www.youtube.com/@espaceartgallery4966

&

Amedeo Arena arena.amedeo@gmail.com

Director www.amartgallerybrussel.be

GSM: 00.32.(0)475.721.272

 

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Le caillou

Ton caillou

 

 

Tu as lancé si loin ce caillou anodin vers l’horizon d’avant,

il a quitté ce monde, tournant dans l’univers.

 

Et cet OVNI de toi traverse la galaxie

et continue sa course aux étoiles du néant,²

 

Puis  il se pose enfin sur la planète folle

tournoyant quand elle le veut, habitée par des sons.

 

Tu as le jumeau caillou dans ton autre main

et tu sens ses vibrations.

 

Et, en te concentrant très fort, tu entends très bien tous ces

bruits divers cacophoniques

qui suivent un tempo ressemblant à ta vie.

 

Quelques points de tambour,,

quelques points de cymbale

quelques lourds de grosse caisse,

la douceur des violons,

grincement violoncelle.

 

Tu es devant la mer et le bonheur est là

 

le 16-5-2026

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Chères amies, amis, artistes, collectionneurs et habitués de notre galerie,

La 9e fête de remise des publications 2024 relative au travail de fond de la galerie a eu lieu le samedi 30 mai 2026 de 18h 30 à 22h 00.

Cette fête afin de remettre gracieusement les deux derniers volumes, nouvellement parus, aux artistes ayant bénéficiés d’un article d’art sur leurs expositions en 2024/recueil n° 13 Tome I & II. Ainsi que les six diplômes d’art aux artistes sélectionnés par un jury de professionnels.

La collection « États d’âmes d’artistes » reprend ainsi dans 16 volumes 181 artistes peintres, sculpteurs et photographes ayant exposés dans la galerie entre 2012 et 2024 et publié par « Les Éditions d’Art EAG » !

Après la remise des recueils aura lieu la remise des 6 diplômes EAG et les 2 diplômes A&L sélectionnés par un jury de professionnels…

 

Lien de l’annonce de la remise des recueils 2024 :

https://www.espaceartgallery.eu/la-9e-fete-de-remise-des-publications-2024-aura-lieu-le-samedi-30-mai-2026-de-18h-30-a-22h-00/

Lien du reportage photos de sa remise des recueils 2024 :

https://www.espaceartgallery.eu/la-galerie-a-le-plaisir-de-vous-presenter-son-reportage-photos-lors-de-sa-9e-fete-de-remise-des-recueils-et-diplomes-du-30-mai-2026/

 

Lien vers le plus grand Rooftop d’Europe !

https://www.58.brussels/

Situé au cœur de Bruxelles, entre le célèbre quartier Sainte-Catherine et celui de la Bourse, et à deux pas de la Grand-Place, le plus grand bar/restaurant et espace événementiel d’Europe, ouvert toute l'année, en extérieur comme en intérieur, sera ravi de vous accueillir pour offrir à vos invités une vue à 360° sur Bruxelles avant ou après votre visite !

Lien vers cette plateforme touristique où la galerie est présente :

« autres activités » +  https://www.kayak.fr/Brussels.32869.guide

Lien vers le nouveau Centre d’art dans le quartier :

https://cloudseven.be/home-of-frederic-de-goldschmidt-collection/

Situé au centre-ville dans le quartier bruxellois de la mode et du design.

Lien vers Bruxelles bouge comme le prouve cet article :

https://www.visit.brussels/en/professionals/news-articles-insights/why-brussels-is-your-mice-destination

 

Bien cordialement,

Jerry Delfosse

Galeriste

*

Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,

Les Éditions d’Art EAG & EAG Studio’s

Co-fondateur et propriétaire du réseau Arts et Lettres 3.0

Administrateur général

Président de jury pour décerner 3 diplômes d’art EAG

Membre d’un jury pour décerner 2 diplômes A&L

Membre d’un jury international à Corsica Art Fair

*

Rue de Laeken, 83 à B 1000 Bruxelles - Belgium

GSM: 00.32.497. 577.120

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œuvres physiques : https://www.espaceartgallery.eu/

œuvres numériques : https://ea-gallery.com

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Où vivre, comment, avec qui ?

Trois protagonistes parlaient chemin faisant,
De l'endroit idéal où l'on serait heureux,
Pour y parvenir et le " pourquoi du comment " ,
Faut-il y aller seul ou alors à deux ?

- Je rêve d'un château où je serais marquis,
Je porterais des tenues chatoyantes,
Avec chiens et chevaux chasserais la perdrix,
A table, au coucher, charmé de servantes,
Préparant bals et festivités au jardin,
Fontaines, jets d'eaux flatteraient mes invités,
Leurs charmants sourires me le rendraient bien
Et feraient de moi l'élu de l'humanité !

- Mon pauvre dit l'autre tu vis dans un livre !
Ne vois-tu pas tous ces beaux châteaux s'écrouler,
Où les fiers marquis n'ayant plus rien à vivre,
Deviennent eux-mêmes couvreurs et charpentiers !
Les servantes s'étant éprises d'un titre,
Croyant elles aussi au faste des palais,
Les voilà marquises épouses d'un pitre,
A repriser, cuisiner, passer le balai !

- Je suis d'accord dit le troisième comparse :
Rien ne vaut sa maison à l'abri du faste,
De la grandiloquence et de sa farce ;
Qu'elle n'ait nul besoin de vitrines trop vastes !
Quant aux courtisanes, courtisans envieux,
Eblouis d'images de châtelains cossus,
Ce ne sont pas des amis vraiment sérieux,
Choisis celle qui d'amour te prendra tout nu !

GCM
Pensée du jour.7/6/2026

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