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ADMINISTRATEUR GENERAL

Chères amies, amis, artistes, collectionneurs et habitués de notre galerie,

La 9e fête de remise des publications 2024 relative au travail de fond de la galerie a eu lieu le samedi 30 mai 2026 de 18h 30 à 22h 00.

Cette fête afin de remettre gracieusement les deux derniers volumes, nouvellement parus, aux artistes ayant bénéficiés d’un article d’art sur leurs expositions en 2024/recueil n° 13 Tome I & II. Ainsi que les six diplômes d’art aux artistes sélectionnés par un jury de professionnels.

La collection « États d’âmes d’artistes » reprend ainsi dans 16 volumes 181 artistes peintres, sculpteurs et photographes ayant exposés dans la galerie entre 2012 et 2024 et publié par « Les Éditions d’Art EAG » !

Après la remise des recueils aura lieu la remise des 6 diplômes EAG et les 2 diplômes A&L sélectionnés par un jury de professionnels…

 

Lien de l’annonce de la remise des recueils 2024 :

https://www.espaceartgallery.eu/la-9e-fete-de-remise-des-publications-2024-aura-lieu-le-samedi-30-mai-2026-de-18h-30-a-22h-00/

Lien du reportage photos de sa remise des recueils 2024 :

https://www.espaceartgallery.eu/la-galerie-a-le-plaisir-de-vous-presenter-son-reportage-photos-lors-de-sa-9e-fete-de-remise-des-recueils-et-diplomes-du-30-mai-2026/

 

Lien vers le plus grand Rooftop d’Europe !

https://www.58.brussels/

Situé au cœur de Bruxelles, entre le célèbre quartier Sainte-Catherine et celui de la Bourse, et à deux pas de la Grand-Place, le plus grand bar/restaurant et espace événementiel d’Europe, ouvert toute l'année, en extérieur comme en intérieur, sera ravi de vous accueillir pour offrir à vos invités une vue à 360° sur Bruxelles avant ou après votre visite !

Lien vers cette plateforme touristique où la galerie est présente :

« autres activités » +  https://www.kayak.fr/Brussels.32869.guide

Lien vers le nouveau Centre d’art dans le quartier :

https://cloudseven.be/home-of-frederic-de-goldschmidt-collection/

Situé au centre-ville dans le quartier bruxellois de la mode et du design.

Lien vers Bruxelles bouge comme le prouve cet article :

https://www.visit.brussels/en/professionals/news-articles-insights/why-brussels-is-your-mice-destination

 

Bien cordialement,

Jerry Delfosse

Galeriste

*

Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,

Les Éditions d’Art EAG & EAG Studio’s

Co-fondateur et propriétaire du réseau Arts et Lettres 3.0

Administrateur général

Président de jury pour décerner 3 diplômes d’art EAG

Membre d’un jury pour décerner 2 diplômes A&L

Membre d’un jury international à Corsica Art Fair

*

Rue de Laeken, 83 à B 1000 Bruxelles - Belgium

GSM: 00.32.497. 577.120

eag.gallery@gmail.com

œuvres physiques : https://www.espaceartgallery.eu/

œuvres numériques : https://ea-gallery.com

&

https://artsrtlettres.ning.com/

https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu

https://www.instagram.com/espace.art.gallery/

https://www.linkedin.com/in/jerry-delfosse-espace-art-gallery/

Lien pour visionner les 237 vidéos et 104.000 vues sur YouTube

https://www.youtube.com/@espaceartgallery4966

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Où vivre, comment, avec qui ?

Trois protagonistes parlaient chemin faisant,
De l'endroit idéal où l'on serait heureux,
Pour y parvenir et le " pourquoi du comment " ,
Faut-il y aller seul ou alors à deux ?

- Je rêve d'un château où je serais marquis,
Je porterais des tenues chatoyantes,
Avec chiens et chevaux chasserais la perdrix,
A table, au coucher, charmé de servantes,
Préparant bals et festivités au jardin,
Fontaines, jets d'eaux flatteraient mes invités,
Leurs charmants sourires me le rendraient bien
Et feraient de moi l'élu de l'humanité !

- Mon pauvre dit l'autre tu vis dans un livre !
Ne vois-tu pas tous ces beaux châteaux s'écrouler,
Où les fiers marquis n'ayant plus rien à vivre,
Deviennent eux-mêmes couvreurs et charpentiers !
Les servantes s'étant éprises d'un titre,
Croyant elles aussi au faste des palais,
Les voilà marquises épouses d'un pitre,
A repriser, cuisiner, passer le balai !

- Je suis d'accord dit le troisième comparse :
Rien ne vaut sa maison à l'abri du faste,
De la grandiloquence et de sa farce ;
Qu'elle n'ait nul besoin de vitrines trop vastes !
Quant aux courtisanes, courtisans envieux,
Eblouis d'images de châtelains cossus,
Ce ne sont pas des amis vraiment sérieux,
Choisis celle qui d'amour te prendra tout nu !

GCM
Pensée du jour.7/6/2026

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Alicja Polechonska, Andrée Clément, Jeannine Vandensande

et Norbert Consalvo

exposent à Espace Art Gallery

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Quatre sensibilités distinctes se répondent sans se confondre. Au centre de cette proposition, la couleur occupe une place structurante dans le travail d’Alicja Polechonska. Ses toiles, marquées par une énergie chromatique assumée, explorent des tensions entre éclats vifs et zones plus sourdes. Rien n’y apparaît décoratif  et la couleur agit d’une matière autonome, parfois presque instable, et semble déborder du cadre pour interroger la perception même de l’espace pictural. Le regard est constamment sollicité, obligé de se déplacer et de recomposer ce qu’il voit. Bien que peintre figurative, Alicja Polechonska reste avant tout une coloriste. Dans un autre registre, l’abstraction de Jeannine Vandensande suggère une
expression plus silencieuse et tout aussi dense. Ses compositions jouent sur des équilibres fragiles, où les formes se dissolvent au profit du rythme et de la respiration. Ici, l’abstraction ne tient jamais du retrait de la réalité et la reconfigure par glissements successifs.  Le travail de Norbert Consalvo s’inscrit, quant à lui, dans une logique de détournement de l’image photographique. Ses œuvres retravaillées brouillent volontairement les frontières entre capture du réel et intervention plastique. Les images semblent suspendues entre plusieurs états qui habitent documentation, mémoire altérée et fiction visuelle. Cette instabilité confère à son élaboration une dimension presque narrative, sans jamais imposer un récit
unique. Enfin, les dessins d’André Clément introduisent une dimension plus archaïque et imaginaire. Ses chimères et créatures, reproductions fidèles des statues qui ornent la balustrade de la galerie supérieure de Notre-Dame de Paris, convoquent un bestiaire à la fois inquiétant et familier. Le trait  précis et libre donne naissance à des monstres hybrides qui semblent émerger d’un interstice entre histoire et invention. On y retrouve une fascination pour les marges du visible et ce qui échappe aux classifications banales. L’intérêt de ce salon d’été réside dans la cohabitation de langages plastiques. Aucun des quatre artistes ne cherche à illustrer un thème commun et chacun, à sa manière, travaille la question de la perception et de ses décalages.

Une exposition à découvrir du 3 au 26 juillet 2026


Adresse :Rue de Laeken 83 à 1000 Bruxelles

Site www.espaceartgallery.eu

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J'aurais aimé avoir écrit

"" Ce n'est pas tant que je sois arrivé

là partant d'ici, ce qui pour chacun

est la même histoire : mais bien la forme 

de ce voyage, comme il gagna

dans toutes les directions

jusqu'à ce qu'il s'arrêtat :

racines de plantes et d'arbres,

certaines branches de coraux,

photo de foudre qui éclate ramifiée,

vaisseaux sanguins,

les formes des ruisseaux et des rivières.

Voici le stade de l'émergeance :

il n'y a d'autre temps que celui

de la convenance, du temps pour que tout

n'arrive pas à la fois ; l'obscurité

ne descend pas - l 'obscurité monte

de la terre même, exhalation.

Elle se ramasse tout près

du sol, en se relevant

pour nous envelopper, comme si le fond

de la mer se relevait pour venir à notre rencontre.

Etes-vous déjà allé

jusqu'au fond de la mer ?.

( JIM HARRISON  : " Théorie et pratique des rivières" ).

Hommage.

 

 

 

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MEDUSA

Médusa

 

Je coure dans la nuit après des idées

Qui disparaissent à la lumière.

Je préfère rêver les yeux ouverts

Surtout de paysages tombés dans la neige.    

Ce matin, 

La lune diaphane

M’observe.

Comme la muse

En robe de satin

Qui se pavane

Dans le jardin d’Euphrasie

Quand le printemps enflamme les lilas.

Son regard médusant me dévoile. 

Je cache mon désir de la posséder

Gorgone me rend blême

Comme un cnidaire des eaux profondes  

Lionel M.

 

 

 

 

 

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Gaston Rébuffat (7 mai 1921-31 mai 1985).

"Au petit matin, nous reprenons l'escalade. Tout de suite, elle est extrêmement difficile, verticale, aérienne en diable . Nous grimpons dans un léger brouillard.  Mais nous éprouvons tout de même une grande joie, une joie un peu sauvage ; celle qui correspond , je crois, à ce besoin que chaque homme porte en lui-même ; le besoin, au moins une fois dans sa vie, de se surpasser.

En même temps, la cîme approche.  Malgré le brouillard, nous la sentons très près de nous.  A midi du troisième jour, nous débouchons au sommet des Grandes Jorasses, à la pointe Walker.

Ainsi, des rêves, naissent les grandes joies de notre vie.

Mais des rêves, il en faut toujours, je les préfère aus souvenirs".

" Etoiles et tempêtes " - Gaston Rébuffat . Photos de Georges Terraz ( Editions Arthaud 1954).

 

 

 

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LA FETE

Jour de fête

 

  1. Joe Dassin chante

Qu’l trouve du confort dans les yeux d’Emilie

Et que le soleil y brille comme l’amour 

Aujourd’hui le soleil

Est de la fête

Et fait tourner la tête

Et rouler jeunesse

La table est recouverte d’une nappe blanche

Froissée comme la robe d’Emilie

Froissée comme mon cœur se froisse

En voyant danser Emilie,

Sur les paroles du chanteur américain.

Les haut-parleurs se taisent.

Cet année l’été brule. 

A l’ombre délicate d’une tonnelle

Viviane et moi croquons la frite

Et dégustons la joue du porc

L’eau minérale nous rappelle la fraîcheur

D’une journée d’octobre

 

  1. De la rue Theuriet, une fanfare bretonne montre le bout de son nez

Les musiciens débonnaires s’accordent 

La chaleur détend les âmes

Des passiflores descendent des murs

Les valérianes dressent leur corymbe blanc

Les narcisses assoupis

Se régalent de la poésie

De la patience du sedum

Et des trifollium impassibles

 

  1. Viviane laisse tomber ses paupières

Son visage est un hortensia

Et ses épaules tombent comme deux touffes de gui.

Je songe aux agapanthes de Bréhat

Sombres comme le bleu des flots.

Autour de la tonnelle

Dans ses habits traditionnels

L’amazing grâce sotie des poumons d’une cornemuse

S’écoule claire comme l’eau d’une fontaine

Je ferme les yeux, Viviane les ouvre.

 

  1. Tu te rappelles :

A Molène, c’était aussi l’été

L’île sous la brume 

Cachait ses secrets

Sur le sable blanchi des épaves de goémons juraient  

Sous les vagues de nuages serpentant dans un ciel olive

Une brise se mouvait dans la brume

A midi les cloches ont carillonné, tu te souviens ?

L’astre rayonnant d’ignorance fanfaronnait

Les mouettes de la plage festoyaient  

Au-dessus de nos têtes des Fous de Bassan dessinaient des histoires

Tandis que le brouillard se pavanait

Au loin sur les sentiers 

Comme des fantômes en tenue de soirée.

Tu te rappelles ?

De la petite chapelle blanche,

Sur l’aître,

Il y a des veuves vêtues

Comme la mort 

Elles scrutent l’horizon insondable

Dans la nef la pénombre porte un manteau de douleur

 Dans le chœur

Devant l’hôtel

Un cœur brisé

Pleure

Et puis une musique

Sort des rangs

Se lève courageuse

C’est l’amazing grâce.

Et l’aurore aux douze doigts vermeils, patiente.

Morgane tend l’oreille.

 

  1. J’ouvre les yeux

Viviane sirote un petit verre d’hydromel. Ici, l’amazing grâce rafraîchit l’atmosphère…. Attablés en vis-à-vis les yeux rivés sur un bouquet de violettes nous nous désaltérons attentifs aux sons de la cornemuse. Plus loin des tilleuls en fleurs étendent des bras parfumés aux majorettes en tutu et chapeau pointu

La journée de Morgane n’est pas terminée. Pour nous, il est temps de rentrer… 

Sainte-Maure-de Touraine, le 6 juin 2025

 

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LA CUILLER DE VERMEIL

Les trésors

 

C’est une nuit de décembre

Le froid a pris ses quartiers

Dans le jardin endormi

Les branches du noisetier craquent

Les poules claquent des dents.

L’hiver porte un manteau rapiécé

Auprès du radiateur à eau

Un chat ronronne

Je lis

Devant la télévision éteinte.

Soudain, j’entends un bruit

Je pose L’apprentissage de la ville

Et vite, je descends à la cave

Où je crains toujours rencontrer des monstres

(Vaincre sa peur c’est vaincre la terreur)

J’allume 

La lumière de l’ampoule a des difficultés à descendre jusqu’au sol

Les choses dorment en désordre

Un silence inquiétant les recouvre

Pour éloigner la peur, je siffle

Soudain ça craque !

Une étagère se détache du mur

Le dictionnaire Larousse

Tombe à terre

Et dans un bruit de tonnerre

Un sac de pomme de terre

Dégringole et les tubercules courent dans tous les sens

Je ramasse le dico

C’est un très vieux dictionnaire

Il a appartenu à Joséphine Rouet

C’est noté sur la première page au crayon

Où une feuille s’est glissée

Sur lequel est écrit un poème

Derrière moi

C’est un couvert de vermeil qui tombe dans un tintement assourdissant

Je ramasse chacune des cuillers estampillée JR

Il y a douze petites cuillers de vermeil

Je lis

01 Pour la joie qui se donne 

02 Par tous les jours de pluie

03 Pour l’amour couronné 

04 Par l’enfant qui es née

05 Pour les sourires offerts

06 Par des instants éternels

07 Pour le service en ivoire caché

08 Par les trente-deux éclats de rires 

09 Pour les vignes du ciel protégées 

10 Par la grâce des fleurs sentinelles

11 Pour le vin d’octobre consacré

12 Par le poème d’un vigneron

Je te remercie

 

Lionel M.

 

 

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LES ARBRES MEURENT AUSSI DE CHAGRIN

 

Les arbres meurent aussi de chagrins

 

Sur le chemin de l'école

Entre les allées d’érable

J’ai rencontré un hiver si sévère

Que mes doigts sont devenus 

Bleus, par la rigueur du froid

Et que mes antennes

Furent privées du son 

Du marteau battant l'enclume.

Elles prenaient alors la couleur écarlate du nez de décembre 

Austère, les arbres ne se plaignent pas, mais m’engagent plutôt à la rêverie.

« Nos amis ne sortent pas de terre pour gémir dans nos cheminées au centre d'un confort superfétatoire. Au printemps leur parure chlorophyllienne, ne recouvre aucune honte. Leur richesse égale celle de toute personne, plus vulnérables que nous autres ils méritent notre protection.

Eux, les oubliés des clercs et des rois, eux qui abritèrent les amours de Claire et François, et que vénèrent encore les amis d’Hildegarde.

Il n’y a que les vagabonds nuages pour entendre leurs prières de fossiles errants, de misérables dont l'écorce cache la pudeur des solitaires.

Apitoyé, j’entends leurs lamentations, leurs gémissements dans les plaines et les sombres forêts où le mycélium se nourrit de la mort qu’annoncent dans les ciels de novembre, les soupirs ténébreux des corbeaux.  

On nous parle toujours, de l’Oranger de Carthage, du Cèdre du Liban, du Baobab de l'Afrique en guenilles, du Maté du Chili, de l'Orme buvant à la Volga, du Séquoia à l’ombre de la Californie, et des Tilleuls des cours d'école !

On ne nous cause pas des arbres qui meurent de chagrin. Je me souviens, d’un cerisier mort d'avoir aimé une capucine quand rougissent d'aise les fruits du mois de mai convoités par le merle chanteur qui piaffe comme un veau au lever du soleil.

Et de l'Aubépine en tenue d’harlequin, et de l'Eglantier revendicateur, hein ?! Personne n’en cause ! et pour cause !

 

…si les pétales de mon âme pouvaient apaiser la soif de l'abricotier argenté qui réclame la Paix depuis que l'homme foule son sol. Le seul vivant.

 

J’aimerais entendre la mélodie des arbres au retour des tourterelles, entendre fredonner leurs paroles sacrées auxquelles succombent même les tyrans. 

 

Lionel M.

 

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Lettre à...

" Claude Monet, mon bon ami, que faites-vous sur la Seine quand il y a le Nil qui joue ici en ce moment avec le ciel et les montagnes de Thèbes un opéra de lumière qui vous rendrait parfaitement fou. Gardez votre raison puisque vous préférez être raisonnable mais cependant ne m'oubliez pas. 

Amitiés àvotre ange gardien et à vous pour toujours et après.

G. Clémenceau.

Luxor le 20 avril 1920.

( " Georges Clémenceau à son ami Claude Monet- Correspondance.   Musée Clémenceau).

 

                                                                                                                    

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LE JARDIN DES DELICES

Le jardin des délices

 

 

A Maurice Vicaire (1863-1918)

 

..... C’est le serpent qui croqua la pomme, par ignorance, et de gourmandise, il en creva !

Ce ne fut pas une pomme qu’Eve offrit à Adam, mais une Hespéride dorée, juteuse et de saveur inédite. A l’heure du goûter, Eve interrompit ses sempiternelles litanies et Adam posa son maillet. Puis ils se partagèrent le fruit précieux, le savourèrent.

Intrigués les anges les regardèrent ébahis, et très intéressés. Et   reprirent leurs jeux, à l’ombre du cèdre bleu.

L’agrume, plus amer que sucré, plus parfumé que le myrte, plus enivrant que l’hysope, plus délicieux que la figue et le raisin, les désaltéra.

Le plaisir et l’étonnement, les gagnèrent et dessinèrent sur leur visage les traits de la félicité.

Apaisé, Adam s’endort au pied de l’arbre, Mais Eve la pudique rougit plus intensément qu’un soleil couchant, elle cache son visage dans ses mains et envahit par l’émotion, balbutie : “ notre bonheur est le fruit des anges !”

Alors, les petits êtres spirituels lancèrent à ses pieds des fleurs de Hyacinthes, et la terre devint aussi bleue que l’orange était ronde.

 

Lionel M.

 

 

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La collection « États d’âmes d’artistes » reprend ainsi dans 16 volumes 181 artistes peintres, sculpteurs et photographes ayant exposés dans la galerie entre 2012 et 2024 et publié par « Les Éditions d’Art EAG » !

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Jerry Delfosse

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AMANDINE

Amandine



Par un jour de grande chaleur

Je flânais dans le quartier du canal

Je traverse le boulevard Heurteloup.

Je quitte l’allée de platanes, j’emprunte une rue déserte

Les petites maisons sont nichées au fond des jardins

Les volets sont fermés, le soleil cogne

Là, sur une boite à lettre, il y a un petit poème, écrit à l’encre de chine peut-être

Je souris car je lis ceci :

« Toi qui es de passage,

Ne soit pas si sage

Ouvre le portail

Je t’invite ... »

C’est sûrement là qu’habite Amandine !

Car les potirons qui sautent le mur ! 

Et les environs ressemblent beaucoup à ceux évoqués dans le courrier

Il y a des fleurs de la passion qui grimpent jusqu’au ciel 

Et du chèvrefeuille dont le parfum incite à la rêverie 

Il y a aussi des roses trémières comme à La Perraudière

Et de la morelle faux jasmin comme celle qui orne la rue Henri Barbusse 

Il y a des géraniums les mêmes que dans les Pyrénées 

Il y a des herbes toutes écervelées 

Des herbes folles, 

Mais elles n'ont pas le rire de Valériane, 

D’ailleurs il y en a partout  

Même rue d'Entraigues 

Y a des fleurs qui font le trottoir

Et pas seulement les saxifrages !

Au jardin botanique à l’autre extrémité de la rue d’Amandine

Le soleil en retraite y traîne ses savates 

Et sous l'arbre aux quarante écus  

Les jardiniers intelligents  

Font pousser des cucurbites 

Des citrouilles des potirons

Mais aussi des chrysanthèmes et des Dahlias  

Tandis que dans le bac à sable 

Les gamins s'époumonent à faire des ballons 

Ils croient au père Noël !

Justement il y en a un dans la rue 

Où habite Amandine 

Et où se trouve aussi un chat percé de partout 

Qui regarde le père Noel justement 

Qui s'esquinte à grimper au mur 

Mais Amandine si elle dit qu'il monte au lampadaire 

Alors je veux bien la croire. 

Puisque c'est bientôt Noël 

Pour les petits quéniots 

Quant au poète de la rue Lobin 

Il est monté au ciel pour nous éclairer. 

Comme l’invite le petit poème

Et puisque la chaleur est insupportable

J’ouvre le portail…

 

Lionel M.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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CHAHUTS ET BOUCANS

Chahuts et boucans

 

Je me suis arraché du lit brûlant

Le sommeil était impossible

J’ai déchiré les draps 

Et des éclairs strièrent le ciel

Le tonnerre tomba dans mes oreilles

J’ai lavé ma crasse

J’ai enfilé mes chaussures crevées

J’ai dévalé les escaliers

Ouvert la porte de l'immeuble

J’ai appuyé avec insistance 

Sur les sonnettes des occupants 

Et j'ai déserté les lieux 

Les fenêtres s'ouvrirent

Les gens gueulèrent  

J’ai mis les adjas 

Dans ma précipitation 

J’ai heurté une poubelle 

Elle a vomi des ordures

Le ciel était en train de crever

J’étais sous une trombe de flotte

Un chat courait après un rat

Rien de plus naturel

Dans un quartier de notaire

Un chien gueulait

Au loin les pompiers 

Actionnaient leur klaxonne 

D’une fenêtre une mégère

M’a lancé son fer à repasser

Le pare-brise du notaire

A éclaté

J’ai lancé un baiser à la commère

Elle s'est mise à hurler

Comme une poissonnière

J’ai consulté ma montre

Le ciel a fini par crever

J’étais trempé

J’ai pris à gauche

À droite

J’ai eu peur, un autre rat 

Est sorti d'un caniveau

J’y ai craché dessus de dégoût

Et je l'ai envoyé en enfer

L’orage s'est fait entendre

Instantanément des éclairs scièrent le ciel 

J’ai sauté en ciseaux le grillage 

Du jardin stressé par les intempéries 

J’aurais pu y dormir

Et finir la nuit agitée sous un pin

" Qui témoigne aux passants mes amours et ma peine ;

…Ce pin est sacré, c'est la plante d'Hélène." *

J’ai terminé ma nuit à l’hôtel de police

 

Lionel M.

 

* Pierre de Ronsard

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