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Ballades en sous-sol à La Clarencière

SPECTACLES

25ème saison du théâtre de la Clarencière

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Ballade Galante de morceaux choisis

Au clair de la lune… mon ami Mathieu… entre d’emblée

…en conversation avec son public, avant de lui envoyer, tels des avions en papier, tant il s’amuse, des volées de billets poétiques amoureux et enflammés : des épigrammes en veux-tu en voilà, des joyaux à la manière courte et ludique, des tirades sous forme de vers, envers et contre tous, des mots anciens qui fleurent les études classiques, le tout, lesté d’accents spirituels, et surtout, en n’ayant pas peur des mots.

Rythme, textes familiers et lointains, avec ses ruptures de ton passionnées, il a tous les atouts, l’artiste ! Le geste, la physionomie, mais surtout bien sûr, la voix…

Cette voix humaine…qui n’a pas froid aux yeux.

Et de la dentelle aux manches pour signifier son amour de Molière et la magie de la scène. Ravi par le verbe, il joue au pastoureau qui rassemble sans lyre ni flutiau. À chacun il parle son langage favori : docte, ironique, candide, amoureux, rabelaisien, ronsardien, grivois parfois le jour de la Saint Valentin, complice, en cent rimes ou raison, pour allumer l’olympique flamme de l’amour toujours…celui qui sauvera le monde.

C’était au théâtre littéraire de la Clarencière, à Ixelles, le soir de la Saint Valentin, avec des textes d’éternité et d’autres, mutins. Le nom de l’artiste : Mathieu, maître en diction poétique.

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres

 

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 » En compagnie de Mathieu Moreau, balladez-vous dans quelques morceaux choisis de la littérature du 18ème au 21ème siècle et,laissez-vous saisir d’émoi à l’écoute de passages intenses…
De la passionnelle relation de George Sand et Alfred de Musset, à la Fontaine, Voltaire, Corneille, Baudelaire en passant par Apollinaire, Marceline Desbordes-Valmor, Ovide, l’abbé de Latteignant et plus proche de nous, Hippolyte Wouters … et alii  »

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Elle revient, cette soirée dédiée à l’Amour *** Le samedi 23 mars à 20h30 – SOIREE CARITATIVE EN FAVEUR DE NEFER TI ***

Théâtre La Clarencière Rue du Belvédère 20 à 1050 Bruxelles Réservations www.laclarenciere.be

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L'imprésario de Smyrne au Théâtre Royal du Parc

« Scènes de la vie d'opéra »

de Carlo Goldoni , L’imprésario de Smyrne 1759 :

 

19.01 > 17.02.2024

 

Avec une distribution éblouissante de vitalité et de férocité devant une salle comble au théâtre du Parc, cette pièce sans concessions de Carlo Goldoni jouée à L'Aula Magna de Louvain-la-Neuve en septembre dernier a recueilli des applaudissements   passionnés.  Dans cette pièce du 18e siècle, Goldoni déterre les racines du théâtre comique et met à jour les travers de l’homme et de la société.  Il faut saluer l’adresse et l’intelligence de ce dramaturge subversif qui continue à plaire jusqu’à nos jours, dans son jeu fatal et splendide d’inexorables touchés-coulés.

 

C’est que le Molière italien se moque du tout Venise, des grands, des puissants, des hypocrites et des gens sans cœur.  Ainsi le metteur en scène travaille à coups de masques blancs brossés au plâtre sur des visages aux bouches de clowns. Comédiens, chanteuses lyriques et ensemble baroque sont tous, de noir habillé pour faire une fois pour toutes le deuil du bon, du beau et du vrai en Majuscules. Ni couleurs, ni nuances, l’image que nous recevons du monde des grands interprètes de l’opéra est celle d’une bande de fausses divas insatiables, qu’ils soient hommes ou femmes, tous, gredins avides et sans conscience. Peu importe le genre ou le sexe, orgueilleux en diable, ils sont pris d’une incroyable frénésie de survie dans leur course au cachet. Car c'est par-dessus tout, l'argent qu'ils convoitent et accessoirement, la renommée. S'ils avaient du cœur, le voilà désormais fibre inutile et desséchée.

 

Goldoni mène dans un rythme affolant une descente aux enfers où l’autre n’existe pas. C’est intense et - en version comique - aussi dur que celle de l’auteur américain… dans « They shoot horses, don’t they ? » Le marathon est désespéré et iconoclaste. Furieusement théâtral.

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Laurent Pelly, metteur en scène de théâtre et d’opéra sert au public interloqué, un chef-d’œuvre d’hypocrisie, de trahisons, d’égoïsmes suraigus, bref, une entretuerie sans merci, dans un monde qui chavire avec ce plateau désertique et son cadre doré de guingois. On est bien sûr aux antipodes de la solidarité, plongés dans l’horreur du sauve qui peut. Les bêtes d’opéra sont prises comme dans un laboratoire qui semble dire que tous les milieux se prêteraient bien à l’exercice ! C’est brillant, incisif, divertissant et amer. Parfait pour les amateurs de roquette : vivifiant et vitaminé, question de réveiller les esprits endormis par la routine et le confort.

 

Bien sûr dans cette course haletante pas la moindre paillette de bonheur, ni de rêves poétiques, encore moins d’amour, mais une vision du monde acéré de Darwin : « Eat or be eaten » Mensonge, perfidie, tout est bon aux arrivistes qui veulent percer dans ce monde travesti. On assiste à une amplification particulièrement satirique et grinçante de la phrase de Shakespeare : « the world is a stage ». Et c’est tellement drôle !

 Par ailleurs, on pourrait se demander si les dieux s’amusent là-haut des travers humains ou si c’est le Dieu Argent lui-même qui est descendu sur le plateau blanc, glissant et bancal pour procéder à son savant jeu de massacres. Dans cette Venise fière, riche et tourbillonnante mais en perdition, chaque humain semble perdre pied pour être pris inexorablement dans la plus dangereuse des danses macabres.

 

Alors, on se laisse très vite gagner par la magie théâtrale du grand guignol mondain si bien mené. C’est la jubilation devant le jeu impeccable des comédiens, le mystère des gondoles invisibles qui débarquent un à un les protagonistes dans l’enfer blanc du plateau, et ces les voix admirables des chanteurs lyriques. Bref, la communion avec les artistes vivants s’installe, et le rire, baume universel des plaies du monde. Et puis la grâce est là, avec ce magnifique trio de musiciens, presque caché aux yeux du public , qui soutient sans relâche les pages du drame cruel avec une ferveur obstinée. Avec la célèbre soprano Natalie Dessay, on gardait ceci pour la fin.

 L’harmonie retrouvée ? Un ressourcement infini : la Musique.

 

Dominique-Hélène Lemaire,Deashelle pour Arts et Lettres

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Au Théâtre Royal du Parc
Rue de la Loi 3,
1000 Bruxelles
+32 2 505 30 30

 

*crédit photos: Dominique Breda

A partir de L’Impresario de Smyrne (1759) et du Théâtre Comique (1750) de Carlo GOLDONI.


Par l’un des plus talentueux metteurs en scène de sa génération, Laurent Pelly.

Avec la grande chanteuse d’opéra et comédienne Natalie Dessay

Distribution :
Natalie Dessay : Tognina, chanteuse vénitienne
Julie Mossay : Annina, chanteuse bolognaise
Eddy Letexier : Ali, marchand de Smyrne et Nibio, impresario
Thomas Condemine : Carluccio, ténor
Cyril Collet : Le Comte Lasca, ami des chanteuses
Antoine Minne : Maccario, pauvre et mauvais poète dramatique
Jeanne Piponnier : Lucrezia, chanteuse bolognaise
En alternance Raphaël Bremard et Damien Bigourdan : Pasqualino, ténor
Musiciens : Louise Acabo (clavecin), Octavie Dostaler-Lalonde et Arthur Cambreling en alternance (violoncelle), Ugo Gianotti et Paul Monteiro en alternance (violon)

Mise en scène et costumes Laurent Pelly
Traduction et adaptation Agathe Mélinand
Scénographie Laurent Pelly et Matthieu Delcourt
Création lumière Michel Le Borgne
Assistanat à la mise en scène Laurie Degand
Création sonore Aline Loustalot
Réalisation costumes Julie Nowak, assistée de Manon Bruffaerts, Jeanne Dussenne et de l’atelier du Théâtre de Liège
La pièce est publiée dans la traduction française d’Agathe Mélinand par L’Avant-scène théâtre.

 

 

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SPECTACLES

De part en part, un combat résolument moderne

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  L’excellent Guy Pion dans une antique école des femmes? Un poids plume peut-être, mais qui fait pourtant vraiment le poids face à  Lysistrata, la très brillante Anoushka Vingtier et ses huit filles extraordinairement vaillantes. Car les voilà de plus en plus convaincues et résolues à changer le monde pour rétablir enfin la paix.  En effet, la triste et sanglante guerre du Péloponnèse  dure depuis vingt ans entre la démocratie d’Athènes, grande puissance maritime et la ligue du Péloponnèse, menée par la très oligarchique et jalouse Sparte. Celle-ci n’hésitera d’ailleurs pas à s’allier avec Les Perses, ennemis jurés des grecs, pour signer la chute définitive de la Grèce antique de Périclès. Ainsi, Athènes ne sortira finalement  du feu et de la folie  qu’en 404 avant notre ère, vaincue et humiliée.

  Gravité et sérieux animent donc cette belle comédie d’Aristophane, produite en 411 avant notre ère, en signe de courageuse opposition aux  va-t-en-guerre. Cette oeuvre du grand comique est bourrée bien sûr de jokes  d’humour sauvage et licencieux typique de l’auteur antique.  Faisant quelque peu le ménage dans les allusions phalliques, l’adaptation parfaitement inspirée de Thierry Debroux est succulente d’esprit, regorge de savoureux anachronismes et  apparaît néanmoins pleine de consistance. Telle sa version vraiment frappante du mythe de la caverne de Platon qui commence ,en citant …Socrate. En joue, au-delà de la guerre : la corruption, ces politiciens véreux qui profitent de la guerre, le patriarcat égoïste plein de superbe, la soumission silencieuse des femmes, le triste statut des esclaves, les oubliés de la société. On retiendra la magnifique Keisha, cette merveilleuse servante  intelligente jouée par Alex Lobo.

En hommage? A la lutte viscérale des femmes pour la paix, au retour de la vie et de l’harmonie.  Même si, dit le texte, « le pire ennemi de la femme, c’est la femme! » Courez  donc voir ce magnifique spectacle, vous comprendrez!

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  Le pitch:  « Lysistrata », un nom qui signifie  en grec ancien « je défais les armées », dépeint la prise par les femmes de la cité de l’Acropole et du trésor d’Athènes gardé par un magistrat  bien heureux dans sa fonction: notre fameux Guy Pion.  À l’instigation de Lysistrata, voilà même les athéniennes unies aux femmes de Sparte, ô les traitresses,  pour interdire toute relation sexuelle avec leurs époux, jusqu’à ce qu’ils se décident à mettre fin à l’innommable guerre.  C’est cela ou la mort de la société!  Non contentes de  passer leur vie à la tenue du foyer, les femmes tiennent bon, réclament leur participation à la vie de la cité, jusqu’à ce que leurs partenaires, désespérés arrangent la paix.  Ainsi, hommes et femmes seront alors réunis.  La grève du sexe aura porté ses fruits!  Le bouquet, c’est ce chœur final d’une beauté bouleversante.  Surtout quand on s’aperçoit qu’il s’agit de l’ode à la Liberté dans  l’émouvante chanson Baraye, écrite pour dénoncer une affligeante réalité de notre monde: l’assassinat en Iran de #MahsaAmini, âgée de  22 ans  à peine, le 16 septembre 2022.

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  Guy Pion et Béatrix Ferauge Photo Aude Vanlathem

Aspasie, la femme du magistrat, cet homme comblé, est audacieuse au lit et totalement soumise à son mari.  Jouée à la perfection par Béatrix Ferauge, elle évolue néanmoins à vue d’œil et rejoint  sans tarder les vaillantes amazones. Toutes : étincelantes de vigueur, de beauté et  de cœur au ventre : Margaux Frichet, Océa Ghonel, Charlotte de Halleux, Tiphanie Lefrançois, Noémie Maton, en fabuleuse Hécate, l’intrigante déesse lunaire et  Emma Seine. Un décor unique: une élégante rotonde de colonnes doriques, bruisse de chants d’oiseaux et de couleurs…  Une  allusion à la tholos de Delphes qui marque l’entrée du sanctuaire d’Appolon et dédiée à Athéna?   De  savants jeux de lumières y reflètent les différentes humeurs depuis l'horrueur de la guerre jusqu’à  la couleur de la cigüe …  Avec cela, des costumes, des maquillages et des coiffures haut de gamme. A la vidéo: Allan Beurms. Et la somptueuse voix de Bernard Yerlès…

  Ce spectacle est donc d’une richesse extraordinaire. La dynamique des combats et chorégraphies  scande le texte sans lasser, ne laissant aucun moment de répit devant le cri  éternel et désespéré des femmes:  il faut sauver le monde du tourment de la guerre!

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres

Au Théâtre du Parc à Bruxelles – jusqu’au 14 octobre 2023

Avec Béatrix Ferauge, Margaux Frichet, Océa Gonel, Charlotte De Halleux, Noémie Maton, Tiphanie Lefrançois, Alex Lobo, Guy Pion, Emma Seine, Anouchka Vingtier.

Mise en scène Thierry Debroux Assistanat Catherine Couchard
Costumes Béa Pendesini Lumières Xavier Lauwers
Décor sonore Loïc Magotteaux Maquillage et coiffures Florence Jasselette
Composition des chœurs chantés et coaching vocal Camélia Clair et Daphné D’Heur
Chorégraphie des danses
 Emmanuelle Lamberts Chorégraphie des combats Émilie Guillaume
Vidéos Allan Beurms

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Photos Aude Vanlathem

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SPECTACLES

Cocktail d’amour et d’humour : La nuit des Rois

Côté tragique: Il n’y a pas d’amour heureux… Côté comédie: All Ends Well!  Puisque les différents amoureux se retrouveront et atteindront  le bonheur conjugal. Mais entretemps, quelle tapisserie gigantesque et compliquée de méprises, de désirs personnels,  de cruelles  frustrations, de motifs secrets et de questions existentielles!  Jouée pour la première fois  en 1602, cette pièce bouleverse allègrement toutes les conventions de la romance et des rôles de genre.


Le rideau s’ouvre sur la mise en scène (Daphné D’heur) d’une  somptueuse tempête qui  sépare deux jumeaux dans un naufrage. Le frère et la sœur se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Chacun pense que l’autre a disparu dans les flots près des rivages de l’Illyrie.  Viola est sauvée. Courageuse, la sœur, prend l’apparence du frère et, déguisée en homme sous le nom de Césario (Margaux Frichet), entre au service d’Orsino, un duc amoureux éconduit par la belle et riche comtesse Olivia (Anouchka Vingtier). Cette dernière, en deuil de son père et de son frère, se fait aussi glaciale que superbe et repousse ses moindres avances. 

  

Aussi, le duc Orsino (Nicolas Ossowski) envoie son émissaire  Césario comme go-between pour courtiser la comtesse Olivia. C’est bien contre  la volonté du « jeune homme », elle qui  est immédiatement tombée amoureuse du comte!  A son tour, et en dépit de son chapelet de réticences, la comtesse Olivia s’enflamme et  tombe irrémédiablement amoureuse du messager. Joli triangle qui entraîne multiples complications. Enfin, tout s’éclaire avec l’arrivée providentielle du frère jumeau de Viola, Sébastian (Maxime Laal Riahi), que l’on croyait noyé. Une bonne façon d’arranger les choses sur le plan matrimonial. Olivia croit en effet que Viola (déguisée en Cesario) EST le  Sébastian qu’elle vient d’épouser deux heures auparavant. Bref, Sebastian a donc épousé Olivia, Orsino épouse Viola, et Sir Toby (Sofian El Boubsi) épousera Maria (Cindy Besson), la suivante d’Olivia, tous deux ravis d’avoir joué un si bon tour  au très grotesque Malvolio, l’intendant de la comtesse, un savoureux bouffon  bouffi de lui-même. On reconnaît la griffe moqueuse du maître de Stratford-upon-Avon, qui ira même jusqu’à l’enfermer derrière des barreaux, où, complètement déconcerté,  il sera traité de fou par tout le monde. Une magnifique interprétation de Didier Colfs.

Car les suppositions, les apparences et la réalité produisent un  passionnant  jeu de Colin Maillard, entre sérieux et rires.  C’est à qui voudra faire croire qu’il (ou elle) n’est jamais celui qu’il est vraiment!  L’histoire, qui se déroule la douzième nuit après Noë,l permet toutes les extravagances et fait miroiter le texte sur  des variations vertigineuses  des verbes être, paraître et disparaître. Le texte bien sûr regorge de double sens et d’humour.   Le décor, très dépouillé, étincelant de blancheur futuriste est d’une extraordinaire mobilité. Les deux constructions  qui ne cessent de voyager silencieusement sur le plateau, comme deux tours qui s’affrontent et se dérobent,   accompagnent silencieusement  le chahut et le suspense des émotions.  Un jeu passionnant qui jette par-dessus bord toute forme de certitude et pose inlassablement la question cruciale de l’identité.

C’est dans un élan irrésistible du cœur que Daphné D’heur et Thierry Debroux se sont attelés à la traduction de l’œuvre. Ensemble, ils ont gommé toutes les références qui auraient  risqué d' ennuyer un public moderne, pour donner une vie extraordinaire à cette belle production made in 21st century.  Tandis que  les  costumes chatoyants d’époque sont un véritable carnaval de Venise qui ancre le spectacle dans la fête et l’intemporalité. Par sa langue habile et son jeu intense, le casting est resplendissant … digne de grandes scènes d’opéra. Puisque… place est faite aussi, à la musique!

Côté magique: tous ces oiseaux du paradis qui poussent sur des rochers noirs battus par les vents et ...cette soudaine  et mystérieuse fleur étincelante en poudre d’étoiles… qui  arrive comme un baiser d'amour. 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres 

Au Théâtre du Parc

Avec: Cindy Besson, Didier Colfs, Enea Davia, Soufian El Boubsi, Margaux Frichet, Maxime Laal Riahi, Nicolas Ossowski, Benjamin Van Belleghem,
Valentin Vanstechelman, Anouchka Vingtier

Mise en scène: Daphné D’Heur

Scénographie: Vincent Bresmal et Matthieu Delcourt

Costumes: Anne Guilleray

Lumières: Philippe Catalano

Maquillages et coiffures: Florence Jasselette

Chorégraphie des combats: Jacques Cappelle

À PARTIR DE 12 ANS DURÉE

2H35 ENTRACTE COMPRIS RÉPRÉSENTATION

DU MARDI AU SAMEDI :20:15

LES DIMANCHES :15:00

LE SAMEDI 18 FÉVRIER 2023 :15:00

RELÂCHE – LES LUNDIS

https://bit.ly/TRP-BILLETERIE

   


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SPECTACLES

« Beau-Papa » de François Dumortier

Du 15 févr. 2023 – au 26 févr. 2023

Succulente Première mondiale à la Comédie Royale Claude Volter dans une mise en scène fulgurante. Écrite par François DUMORTIER, la pièce « Beau-Papa » est une comédie de mœurs bruxelloise rafraîchissante qui détrône avec verve  et belle impertinence le règne de l’argent et le mythe de la réussite sociale. Un délice pour ceux qui ont le cœur à rire…ou à pleurer. Beau-Papa, Belle-Maman, des vocables euphémiques pour conjurer l’intrusion! Sans doute, un spectacle plein d’avenir.

On est à Bruxelles, avec l’accent de RTL. Le jeune Simon (Alexis Goslain) travaille surtout la nuit. Il est illustrateur d’albums jeunesse au pays de la BD. Personnage principal: une Libellule qui s’appelle Hercule. Drôle de nom pour un insecte aussi léger et gracieux! Aucune crainte du ridicule. C’est la création qui compte, n’est-ce pas? 

Il vit avec sa compagne Margot (Laure Chartier) dans un appartement exigu où ils accueillent régulièrement un alter ego, Jeff, qui a largué toute velléité d’embourgeoisement en devenant chômeur par prédilection, pressé de se déboulonner des obligation liées au monde du travail, jetant aux orties avec une désinvolture incroyable la quête du profit pour celle des cool délices de l’amitié  et de la vie Bohême. On n’est pas loin du boulevard Montgom’ tout de même…avec l’étincelant  Jean-François Brauer.

Alors que Simon doit terminer son quatrième projet, Margot lui annonce que René, son paternel qui vit en France, est sur le point de débarquer en visite chez eux dans le Norrrrd! Le beau-père, avec ses airs de Bernard Blier,  est interprété avec brio par un fabuleux Joël  Riguelle. Il a toujours été très critique vis-à-vis de la relation sans le sous de sa fille. Aussi, pour l paix des ménages, ‘inventive Margot – un prénom à la Georges Brassens -, a déjà préparé le terrain, elle a fait le lit d’un énorme mensonge qui devrait permettre aux chatouilleux père et beau-fils de se rapprocher enfin. 

En résulte toute une gastronomie de boulevard pleine de vivacité qui n’a rien à envier aux modèles du genre.  Le Vaudeville moderne tout à fait hilarant monte comme des œufs en neige. Tous les codes y sont, en version 21e siècle. Les tranches de vie s’embrouillent… les méprises et les quiproquos fleurissent. Le langage est vif, les inventions les plus abracadabrantes jouent à cache-cache avec la cruauté du réel. On assiste à des sommets d’ invraisemblance, sous des dehors, ma foi, fort plausibles. C’est d’ailleurs tout l’art. Le rire, attisé en continu par chacun des personnages si attachants fait … qu’on se délecte devant l’ incessant chassé croisé des squatteurs. 

Alors, le  fleuve de mensonges débite à toute allure. Dans un rythme endiablé, ça défile, ça déroule, et ça vous enroule  dans des cascades de rire. Que de plaisir et au tournant, des coups d’œil moqueurs sur la vie d’artiste, la vie rangée des voitures,  le mythe du fonctionnaire ou  plutôt, celui du banquier ou du grand patron en vacances aux Maldives. Les discussions vont donc bon train dans l’appart modeste et banal du jeune couple sans enfant. ILs auront dû accueillir, non seulement ledit  Beau-Papa   – mais aussi sa délirante jeune et sauvage nana toute blonde, avèèè un délicieux acceng du Midi. C’est la coach sportive du monsieur, …. Tiens donc! Rôle endossé par l’exquise Bénédicte Philippon. 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres

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Vu au au théâtre de la Clarencière

SPECTACLES

L’imagination au pouvoir à la Clarencière

L’imagination au pouvoir

L’excellent Bernard Damien, ambassadeur des étoiles qui illuminent la Provence, revient sous le ciel de Bruxelles, au théâtre de la Clarencière pour un spectacle inédit qui …déménage et se savoure à petites gorgées, tant il est émouvant. 

Le joli titre «  Aux petits bonheurs … la chance »   est vêtu de pluriels, comme  les petits bonheurs de Maeterlinck dans L’oiseau bleu. Aussi, couronné de  points de suspension,  ce titre ne peut que séduire et interroger.  Ce pluriel est-il un vocatif, qui nous invite à saisir nos rêves et cheminer sur la Voie lactée ou à l’assaut de l’inaccessible Étoile? Dulcinea, es-tu là? Ou bien confirme-t-il la force des petits bonheurs que l’on a souvent tendance à oublier ?

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Petits… ? S’agit-il vraiment de petite taille, ou est-ce une manière populaire de conjurer le mauvais sort, quand chance et destin se mélangent? Attendez une petite minute… vous prendrez bien un petit verre… Car, en définitive ce spectacle ne met-il pas en scène les coups du sort, et ne démontre-t-il pas qu’il n’y a finalement pas de hasard.  Et on remercie cette Providence qui ne cesse de protéger Robinson Crusoë, ce hasard qui  danse avec la Chance.

Le texte  fourmille de références, d’allusions plaisantes, d’analogies pas du tout fortuites qui réveillent les papilles de notre mémoire littéraire et artistique. Depuis le Graal des troubadours, on est fasciné par  La Quête, celle qui nous ouvre de surprenants chemins de traverse, délicieux et peu fréquentés sauf par les cœurs battants.  On se passionne aussi très vite  pour une sorte  chasse au trésor au cœur de mystérieuses boîtes de déménagement sorties d’un grenier imaginaire.

Ainsi, au gré  de la parole et du jeu théâtral se développe  une histoire magique d’heurs et malheurs, toutes ces choses de la vie qui sculptent nos âmes et font palpiter le cœur. Un quantique des cantiques chanté par un homme-orchestre bourré de talent,  d’intelligence, de générosité et de douceur.

Sieur Bernard Damien livre des tourbillons de souvenirs bouleversants, des rêves effilochés, un journal intime extraordinaire, des étymologies surprenantes, des aventures parfois tragiques, classées soigneusement dans ces coffres de plastique qui jonchent le plateau, au fur et à mesure. Le poète, l’artiste, le professeur d’art dramatique, le metteur en scène, le déménageur en salopette et le lecteur amoureux du souffle démêle les émotions avec passion et fait vibrer une salle conquise. Le verbe, l’esprit, le souffle. Tout ne réside-t-il pas dans le souffle? La vie ne tient-elle pas dans le souffle?  

Devant vos yeux ébahis,  tout ce  travail de mémoire ne parvient pas à émouvoir  le regard impassible d’une reine qui a perdu tout souvenir. Présente et totalement absente à la fois, royale, distante, figée comme sur les timbres muet de la reine d’Angleterre, elle ne dit mot. On attend le cœur battant, qu’elle s’exprime, que la vie lui revienne… grâce à la magie du déménageur à la voix d’or,  en salopette bleu roi et coiffé d’un simple  béret de laine. 

Un spectacle qui a du souffle et mérite certes … plein d’étoiles. 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres

                               

                                  Aux P’Tits Bonheurs … La Chance
                                           de et par Bernard Damien


                                              Avec l’aimable participation de Anne-Marie Cappeliez
                                             Coproduction Le Théâtre sous les Etoiles de Provence 
                                                    en coproduction avec 
Le Théâtre du Grand Midi

Direction artistique
02/640 46 70 du mardi au vendredi de 11h00 à 17h00
Fabienne Govaerts

fabienne.govaerts@skynet.be Régie technique:  Geoffrey Dressen Réservations : 02/640 46 76  Répondeur téléphonique Mode de paiement par compte à l’asbl du Théâtre de la Clarencière 
ING BE91 310 1228398 76


Ou par Paypal (mode sécurisé)
 Adresse : 20 rue du Belvédère – 1050 Bruxelles Situation géographique : près de la Place Flagey et de l’Eglise Sainte-Croix, dans la petite rue parallèle arrière à l’ancien bâtiment de l’I.N.R. devenu aujourd’hui Radio Flagey. Accès bus 38/59/60/71/366 Trams : 81 Foyer et jardin ouverts 30 minutes avant le spectacle, soit 20h00 ou 15h30

             Le Prochain spectacle:

Un théâtre, deux jeunes ouvreuses qui rêvent de conquérir Broadway et Diva,
l’incontournable étoile du music’hall à l’affiche tous les soirs. 

Mais comment devenir une vedette quand un vieux patron un peu baveux nous met des bâtons dans les roues ?
Comment s’envoler pour Hollywood quand on a donné son cœur au beau livreur d’esquimaux glacés ?
Et surtout, comment devenir Diva à la place de Diva quand on a vu tous les Hitchcock et que le patron est en vacances ?… 


Tout public :
Les 
jeudi 2, vendredi 3 et samedi 4 mars 2023 à 20h30
Les jeudi 9, vendredi 10 et samedi 11 mars 2023 à 20h30
Les jeudi 16, vendredi 17 et samedi 18 mars 2023 à 20h30
P.A.F. : 20 € – étudiant : 15 € –
 
 
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administrateur théâtres

SPECTACLES

« Enchantées » Christel Pourchet et Barbara Castin

Un court métrage sur les planches

On en a plein la vue. C’est le duel d’une jeune blonde et mince et d’une belle et brune Dulcinée, vrai délire de féminité, qui se déploie dans la chaleureuse proximité de la scène du Théâtre de la Clarencière à Bruxelles.  

C’est la blonde, Cristel  POURCHET, le capitaine en pantalon à pont et chemisier froufrou qui a écrit le texte et les chansons. Dans ses débuts, la jolie brune, Barbara CASTIN interprétait ses premiers rôles dans « Le Sexe faible » d’E. Bourdet et « On ne Badine pas avec l’amour » de Musset. La voici en adorable jupe paysanne rose frais et pull à manches courtes de jersey blanc. Elle porte des incroyables chaussures de dame couleur chair qui se confondent avec le galbe de la jambe. En coiffure d’époque Parapluies de Cherbourg ou Demoiselles de Rochefort, elle arbore une série d’accessoires ultra féminins, du rouge Saint-Valentin aux diamants de Marilyn. En plus, elle est folle du réalisateur, scénariste, dialoguiste, parolier, producteur et acteur Jacques Demy qu’elle croit toujours vivant. 

Le pitch. Toutes deux, avec le charme de gentlemen cambrioleurs, sont prêtes à  oser des  crimes en mode Agatha Christie pour amasser assez d’argent pour partir outre Atlantique et faire carrière à Hollywood. Enfin, Vivre la grande vie? En Minuscule ou majuscule? Enchanteuses de toutes façons.

Elles livrent d’ailleurs un avant goût très étudié de la culture des chorégraphies classiques américaines. Leurs voix nettes et claires sont assurées et leurs pastiches très réussis. Le texte? Un peu un flou artistique mais finalement assez secondaire devant ce duo de talents scéniques offert aux  yeux éblouis des spectateurs. Mais, ne manquerait-il pas dans ce casting, juste un homme, pour faire bonne mesure? 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres

Et voilà qu’on s’en souvient: la même Christel au Théâtre de la Clarencière, il n’y a pas si longtemps.

Tout public :
Les 
jeudi 2, vendredi 3 et samedi 4 mars 2023 à 20h30
Les jeudi 9, vendredi 10 et samedi 11 mars 2023 à 20h30
Les jeudi 16, vendredi 17 et samedi 18 mars 2023 à 20h30

P.A.F. : 20 € - étudiant : 15 € -

Contacts

Direction artistique
02/640 46 70 du mardi au vendredi de 11h00 à 17h00
Fabienne Govaerts

fabienne.govaerts@skynet.be

Régie technique
Geoffrey Dressen
Réservations
02/640 46 76 Répondeur téléphonique
Mode de paiement
Par compte à l'asbl du Théâtre de la Clarencière
ING BE91 310 1228398 76
Ou par Paypal (mode sécurisé)
Adresse
20 rue du Belvédère - 1050 Bruxelles
Situation géographique
près de la Place Flagey et de l'Eglise Sainte-Croix, dans la petite rue parallèle arrière à l'ancien bâtiment de l'I.N.R. devenu aujourd'hui Radio Flagey.
Accès
bus 38/59/60/71/366 Trams : 81
Foyer et jardin
ouverts 30 minutes avant le spectacle, soit 20h00 ou 15h30

Son : Augustin Pitrebois Chorégraphie : Theodora Valente

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administrateur théâtres

Avoue! Lorca!

SPECTACLES

Du 23 mars 23 au 1er avril : LE PROCES EN HERESIE DE GARCIA LORCA

Un festival de flamenco est une injure à l’autorité de Dieu! C’est du lourd, mais du vrai, des émotions à fleur de peau.  Des souffrances humaines, des artistes bafoués, la parole confisquée. La révolte qui gronde?

De tous temps, la procédure de l’Inquisition est invariable de par le monde, comme dans la célèbre fable du Loup et de l’Agneau. C’est la loi du plus fort qui prévaut. Non celle de la raison, encore moins celle du cœur. Le texte de José Perez fourmille de rancœurs contre le pouvoir absolu des usurpateurs de tous horizons, en particulier celui bien sûr, de Francisco Franco dont le régime antidémocratique a perduré jusqu’à sa mort, en 1975. En outre, José Perez stigmatise le despotisme d’une église hypocrite, cupide et corrompue qui traitait les femmes comme des esclaves soumises au pouvoir de l’homme. Dénuées du droit à la parole, comment exister? L’église de l’Inquisition a le plus grand mépris pour la femme tentatrice bien sûr inspirée par Lucifer en personne. Et même si les temps bibliques ne sont plus les nôtres, l’autorité religieuse n’hésite pas à manipuler les écrits du grand Saint Paul qui ont vraiment bon dos, pour asséner sa vérité!

Le Grand Inquisiteur qui instruit le « procès en hérésie «  refuse de voir que les femmes célèbrent la vie et la donnent. Santa María llena eres de gracia! Alors que les graines qu’elles sèment sont justement celles de la dignité humaine et de la joie de vivre. C’est leur voix qui chante l’espoir des idées nouvelles. Parce qu’il faut bien qu’elles se battent pour exister.  » Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère »

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Le poète maudit Federico del Sagrado Corazón de Jesús García Lorca a pris le parti de soutenir la vie, la musique, la danse, le chant de la la terre, la joie, la magie de la poésie, contre le mensonge et la prédation institutionnalisés. Il préfère la vérité de la vigne à celle du calice… dont, comble de l’imposture, même son éminence Le Grand Inquisiteur se gausse avec mépris. Sous nos yeux, le poète a le ventre noué par la peur, et ne peut s’en remettre quà Dieu pour sa défense.

Ainsi, José Perez rebat les cartes, prend appui sur l’injustice profonde infligée à son modèle culturel, Garcia Lorca qui tomba sous les balles dans sa ville natale de Grenade le 19 août 1936, en pleine guerre civile espagnole, pour ses idées de gauche. A lui d’instruire un juste procès … des noires années du franquisme!

Pour interpréter son texte, l’auteur s’est entouré d’une équipe de choc: des femmes. Toutes vêtues de redingotes et pantalons noirs qui incarnent surtout des hommes, pour chanter ce procès factice qui broie tout notre sens de la Justice. Dès le premier tableau, elles apparaissent toutes comme des cariatides marquées par la vie, fichées droites contre un mur, prêtes elles aussi, à être fusillées?

Elles émeuvent, par leur jeu précis, leurs regards de souffrance muette, leurs visages aux traits et cheveux tirés, sans l’ombre d’un maquillage, pour dire leur vérité et celle du poète mythique de l’Espagne en colère. 

Car Garcia Lorca veut célébrer le bonheur et l’émerveillement de la vie ici bas et refuse de se soumettre à la peur. Les promesses de l’au-delà qu’il refuse catégoriquement n’ont aucune prise sur lui. Un monde où se lève la menace du fachisme partout en Europe est une menace pour l’intégrité de tous.

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Le travail au cordeau de Denis Gayzal, le metteur en scène est efficace et bouleversant. Les chants du terroir hispaniques de vous nouent le ventre tandis que la guitare sonne le glas. La troupe de comédiennes joue avec conviction la Comédie humaine. Toutes sont attachantes et par bonheur, il n’y en n’a que l’une d’elles, celle qui joue le rôle du Grand Inquisiteur, pour incarner le Mal absolu d’un procès sans espoir de défense. Lorsque L’arbitraire règne en maître, il faut se battre.

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Extrait:

Le Grand inquisiteur: Silence! Recroqueville-toi Lorca! Abjure! Prosterne-toi! Et unis-toi à l’ Eternel, fût-ce dans des noces de sang!

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres

De José Perez

Mise en scène : Denis Gayzal

Avec Florine Elslande, Myriam Kaminski, Cecil Rgt , Sylvie Rigot et Jocelyne Sadis

Théâtre La Clarencière Rue du Belvédère 20 à 1050 Bruxelles Réservations www.laclarenciere.be

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administrateur théâtres

" Contente-toi de savoir que tout est mystère :

la création du monde et la tienne,

la destinée du monde et la tienne.

Souris à ces mystères comme à un danger que tu mépriserais..."

( in 'Rubaiyat', par Omar Khayyãm, algébriste, astronome, philosophe et... libertin (Perse, Xe siècle)

Babakar Samb, issu d’une famille d’artistes de père en fils, musicien, danseur, chorégraphe et jeune dévoreur de feu  a enflammé récemment  les planches du théâtre de la Clarencière à Bruxelles avant d’aller s’éclater au  17e festival du Verbe Fou  à Avignon cet été. Une coproduction avec L'Arbre à Palabres - Sénégal

Artiste international, Babakar s’est produit en Suisse, au Maroc, en Tunisie où il a donné de nombreuses master class.
Lors du festival , il interprétera sa nouvelle création avec la danseuse française Sabine Resenterra éprise de danse traditionnelle sénégalaise. Il pratique autant la danse contemporaine, que spirituelle ou traditionnelle sénégalaise. Il vient d’atterrir du Sénégal où il opère d’hôtels en hôtels avec une troupe passionnée de griots. Rien à voir avec nos cerises bien sûr, mais avec une très ancienne caste de bardes africains, nantis d’une mystérieuse aura de culture orale séculaire et  interdits de mariage avec les autres membres de la communauté du village. Chants, danses, percussions  sonores et fracassantes  se déploient, exprimant tous les états d'âmes,  de la berceuse à la chanson de geste. Ils accompagnent toute célébration du village, des fêtes de mariage aux  joyeux rites funéraires  empreints d'animisme où le culte  de l'hommage, du souvenir, de la transmission et  l'envoi  du défunt ... dans la Vie, sont absolument  primordiaux.

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Le Sabar est un tambour sénégalais. Musiques et danses du Sabar ont rythmé  la  vie de Babakar depuis sa plus tendre enfance. Son incontournable  trio : Danser, taper, chanter est son mode d 'expression  par excellence,  il se greffe sur  l'art  de  la communication ancestrale. En dépit de notre ultramoderne solitude technologique, faisant  fi des téléphones portables, le jeune artiste  défend des pieds, des mains et de la voix la tradition et le patrimoine Wolof contre les assauts de la modernité. Et  le tout en français  dans le texte écrit par Fabienne Govaerts, puisque c’est  dans la  lingua franca qu’il  se raconte.

Il est vrai qu’au Sénégal, c’est surtout la musique qui fait le lien, célébrant  par le langage du  corps et de la sensualité  la trilogie emblématique du lion d’Afrique, du baobab et de l’oiseau mythique, la spatule africaine. Du temps des royautés africaines, le lion était l'animal symbolique du pouvoir puisque le roi était  roi-lion-soleil-dieu. L’extraordinaire baobab, énorme et majestueux est encore lieu de réunion et de parole dans les villages, le marabout interdit  d'ailleurs de le couper. Néanmoins, depuis  Léopold Senghor il ne sert heureusement  plus d’isoloir funéraire  pour  la caste des griots, considérée alors  comme inférieure, ce que le poète président, en plus des dangers d’épidémies … tenait fermement  à abolir. 

Babakar séduit et étonne avec sa danse fulgurante, très verticale, d’une incroyable souplesse et d’une énergie physique et émotionnelle qui mettent en lumière toute la persistance de la gestuelle africaine traditionnelle. L’histoire contée, est celle d'une rencontre surprenante. Elle est  conte de fées et  histoire vraie, une étonnante communion d’esprit et de cœurs. Une aventure humaine qui tient du sacré.

L’homme grand, mince et svelte, en transes sous ses cotonnades africaines, se métamorphose au fur et à mesure du spectacle. Le corps vêtu de coquillages et de grains de café porte-bonheur intrigue et bouleverse comme un arbre musclé indéracinable. Il développe une énergie fabuleuse, touche au sommet de  la vitalité. Rubans et tresses brûlent la scène en un feu d’artifice corporel  éblouissant: c’est le Mystère. Et puis soudain, c'est la nuit qui tombe, sur ce voyage extraordinaire.

En juillet 2023, à 
Avignon au théâtre Le Verbe Fou pour un 17ème festival !

17ème Anniversaire

Je choisis mon fauteuil et je réserve en 1 clic sur
www.leverbefou.fr

***** Au programme *****

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administrateur théâtres

Violence and Son

De Gary Owen | Du 6 au 21 janvier 2023 | Création  Au Théâtre de Poche ( Bruxelles) 

Et à l'Eden Charleroi du 24 au 27 janvier 2023

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Violence &Son: Violence c’est le surnom du père, le fils c’est Liam.

 Rembobinons: l’adolescent tourmenté vient de perdre sa mère dont il a dû quitter la maison pour déménager dans les Valleys, ancien bassin minier pourri du pays de Galles pour rejoindre Rick, ce père qu’il ne connaît pas.

Il va découvrir avec stupeur un être truculent, pétri du machisme et de gouaille. Bienvenue dans la vulgarité des gestes et du langage. Avec sa copine sauce piquante, ils illustrent à merveille les soubresauts de la violence domestique et d’une sexualité brûlante.

N’empêche, le point de vue que défend ardemment l’auteur, Gary Owen, est que le machisme se transmet inévitablement de générations en générations.  Le transfert se fait même d’un père  survolté vers un fils ultra timide et réservé. Imaginez le comédien en chemise jaune passé et en pantalon aubergine, assortis aux trois portes et murailles mobiles qui constituent le décor. Ah ! J’oubliais ; un nœud pap ! Et un père explosif, en chemise ouverte et jeans que l’on verrait bien comme tenancier de pub.  

La traduction est un chef d’œuvre de la langue brutale et elliptique  actuelle. Il faut d’ailleurs   un peu de temps pour s’y habituer: rythme hystérique, vocabulaire grossier, phrases inachevées. Mais passé l’électrochoc du début des échanges, on entre progressivement dans une tension émotionnelle hallucinante.

Le jeune Liam inexpérimenté  a donc ramené chez lui une donzelle à la jupe de la taille d’une ceinture, qui minaude tant et plus, tout en ne cessant pas d’évoquer un petit ami qu’elle rêve de quitter. Il est assez vite clair qu’elle mène le jeu.  Son invitation à la danse est à peine voilée, tandis que Gary Owen organise méthodiquement son champ de mine.

La comédie hystérique du début s’estompe peu à peu pour faire place à un crescendo dramatique aboutissant á la condamnation de Liam lorsqu’il osera suivre les conseils de son paternel. Gary Owen a réussi le tour de force de transformer un vulnérable jeune homme aux abois en un Don Juan  abuseur, c’est du moins  la version de la fille.

Mais n’est-ce pas lui qui aurait  été piégé en toute bonne foi?  Oublions donc la perpétuelle  cette triste excuse invoquée par les violeurs de tout poil qui assure que le « non » des filles est le plus souvent un « oui » ou un « encore » déguisé !  l y a eu certes un malentendu, au propre comme au figuré. Et en dépit de Gary Owen, qui veut prouver que la gent masculine est coupable à tous les coups, le Liam en question, qui n’a connu des femmes que sa défunte et misérable mère, est finalement une proie de choix pour des tribunaux tolérance zéro de la séduction.

 

 Mais en définitive il  faut surtout  admirer l’énergie impressionnante des quatre personnages incarnés par un quatuor d’excellence : Adrien De Biasi, Léone François, Jean-Luc Couchard, et … Magali Pignlaut dans une éblouissante mise en scène de Jean-Michel Van Den EEyde.

 

 

 De Gary Owen
 Traduction Kelly Rivière
 Mise en scène Jean-Michel Van den Eeyden
 Assistante à la mise en scène Béatrice Wegnez
 Avec Adrien De Biasi, Jean-Luc Couchard, Léone François et Magali Pinglaut
 Création lumières Antoine Van Agt, accompagné de Maximilien Westerlinck
 Création sonore Julie Rens
 Dramaturgie Anne-Sophie Sterck
 Scénographie Sofia Dilinos
 Costumes Sandra Rondeau

Une coproduction du Théâtre de Poche, du Théâtre de l’Ancre de Charleroi

 

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administrateur théâtres

Le dernier amour d’Arsène est une improbable jeune normande, fine comme une aiguille, vêtue d’une tenue bien sage de jeune fille rangée, telle une ménagère soumise des années 50! Par ailleurs, elle est la fille du baron d’Etigues qui vit loin des fastes de la Vile-Lumière, au fin fond de la province  normande pluvieuse et monotone, qui en prend vraiment pour son grade, de Honfleur à Etretat.

Néanmoins, preuve qu’Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur est toujours vivant, et même franchement immortel, toutes les adaptations, chansons et séries phénomène produites depuis l’an 2000 ne cessent d’engager les spectateurs à relire l’œuvre originale.

Ce Robin des Bois du pavé parisien est en effet né de la plume fertile de Maurice Leblanc, entre 1907 et 1923 avec un total impressionnant de 17 romans et 39 nouvelles, publiées dans la revue « Je sais tout ». Les nouveaux auteurs belges de l’adaptation contemporaine, Othmane Moumen et Thibaut Nève, situent l’action au tournant des années 1920. Et Arsène va désormais s’appeler Raoul!

L’idée est que Lupin s’est subitement arrêté, tel une montre ancienne, sans raison. Il a quarante ans et l’aventure est finie pour lui, au grand damn de ses anciens complices et de ses multiples poursuivants, tous soudain privés de leur véritable raison de vivre.

Erreur ! Ce nouveau tournant d’Arsène, sous les traits d’un assureur normand marié avec ses contrats, conformiste au plus haut point, démarre cependant  une nouvelle aventure. Car les auteurs sont très décidés  à piéger  ce jeune pépère en charentaises,  à la faveur de mille tentations surprenantes et étincelantes pour le forcer à retourner à sa vie passionnante d’avant. Celle où le héros défiait avec panache toutes poursuites policières, changeait sans cesse de domicile, de costume, de tête et d’écriture, maître de tous les passages secrets et métamorphoses, prenant chaque fois poliment rendez-vous avec ses victimes,  avant de les cambrioler et de signer ensuite son passage par des traits d’humour irrésistible.En effet,  le héros possède cette réputation mystérieuse et élégante du gentleman aventurier et voleur que l’on retrouve plus tard dans les histoires de The Saint dans les années 50-60, personnage incarné par Simon Templar. « Brillant comme un diamant, le roi des tombeurs, rapide comme le vent…» nous chante Dutronc. Mais c’est maintenant au tour de l’anti héros d’opérer. 

Méconnaissable, cet Arsène dont l’écriture est complexe, assez dispersée, même disparate, pleine de chausse-trappes qui finissent par perdre le plus bienveillant des spectateurs. Tenez vous bien, la future belle-mère de Raoul est une ardente suffragette qui ne rêve que de briser la relation romantique entre Raoul et sa fille et veut la faire  monter au créneau lorsque les premières suffragettes descendront dans la rue à Paris. C’est l’occasion rêvée pour les auteurs de mettre en scène une saga des débuts du féminisme qui éclôt justement lors des années 20 du 20e siècle. Le vrai propos de la pièce? Ou bien, peut-on y voir une lecture au second degré qui stigmatiserait l’ensemble de nos litanies néoféministes qui peuplent notre nouveau siècle? 

Si ce n’est pas le cas… c’est finalement un peu lourd de s’appesantir autant sur le nouveau politically correct propre à notre époque et de geindre en chœurs sur la persistance de la suprématie masculine  et des œuvres toxiques de séducteurs sans scrupules.  Il semble en outre que nous sommes en pleine lessive - et à juste titre - des méfaits de la ségrégation raciale, de l’impérialisme occidental et des problèmes de genre. Or, pour être crédible, point trop n’en faut, n’est-ce pas? 

Après, prétendre  que c’est un spectacle familial est un peu exagéré… De six à 16 ans, nos petits auraient été  rapidement largués, même sous le couvert d’animations musclées, de changements de décor étourdissants, de chorégraphies très réussies, de combats corps à corps mais aussi de scènes de violence quand même outrancières. Tandis que,  d’un bout à l’autre, les voix de tous les personnages, sauf la voix off, s’égosillent sans penser à nos oreilles sensibles. Soulignons d’ailleurs une élocution ultra-moderne, rapide et peu articulée,  même difficile à suivre pour des spectateurs non francophones.  Mais serions-nous par chance une nouvelle fois, enrobés par l’ambiguïté du fameux second degré? En revanche, la représentation est  bouillante d’action, de punch, au propre comme au figuré, et le jeu de tous les comédiens est absolument impeccable.

Ce que nous avons préféré: le long medley de chansons romantiques à la fin de la première partie. … Même si, à moins de constituer une reposante digression, ce ravissant intermède est probablement destiné à faire le ménage des princesses et princes charmants. Et ce qui est sûr,  c’est que par dessus tout, nous avons adoré la présence sculpturale et musicale de Joséphine Baker sous les traits de l’excellente Olivia Harkay.

Arsène Lupin

Jusqu’au 3 juin 2023 au théâtre royal du Parc

Une Création de Thibaut Nève et Othmane Moumen, d’après l’œuvre de Maurice Leblanc

Avec Julie Dacquin, Christian Dalimier, Damien De Dobbeleer, Anton Drutskoy Sokolinsky, Manon Hanseeuw, Olivia Harkay, Sarah Lefèvre, Othmane Moumen, Thibault Packeu, Bernard Sens, Laurence Warin

Mise en scène de  Thibaut Nève 

Scénographie de Vincent Bresmal et Matthieu Delcourt 

Costumes de Anne Guilleray 

Lumières Xavier Lauwers 

Chorégraphies Natasha Henry  et Maïté Gheur 

Chorégraphie des combats Emilie Guillaume 

Création sonore Ségolène Neyroud  et Agathe Regnier 

Maquillages et coiffures Valérie Locatelli

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administrateur théâtres

Nous sommes tous des Don Quichotte

SPECTACLES

Au Public : Le fils de Don Quichotte du 10.01 au 25.02.23

En piste, un texte ébouriffant d’Anne Sylvain qui se plaît à revisiter l’illustre  Cervantes, pour vous offrir un  nouveau tour du monde de Don Quichotte  en  80 minutes. Il est bien sûr flanqué de son inimitable Sancho Panza, craquant d’humour, de bon sens et d’humanité. Tout tient dans l’imaginaire, on chevauche l’invisible. 

Or, qui d’autre, me direz-vous, aurait pu servir aussi bien ce rôle brûlant d’énergie, de drôlerie et d’ optimisme, que l’illustre Othmane Moumen dont on adore les acrobatiques postures! Se renouvelant sans cesse, il fascine lorsqu’il court après son ombre aux côtés de son maître adoré. Ses multiples déclarations d’amitié s’enchaînent avec vigueur. Ensemble, ils nous trimbalent dans une ronde héroïque, tantôt absurde… tantôt pertinente. 

Nos souvenirs joyeux de leurs épiques exploits se mêlent adroitement au chaos de notre monde déboussolé. Au son des castagnettes, vous goûterez les joies et les peines de cette prodigieuse cavalcade espagnole sur un plateau qui ne cesse de tourner, implacablement, comme les aiguilles d’une montre opiniâtre lestée de nombreux craquements blessant l’oreille parfois. 

Philippe Résimont interprète le bravache et bruyant Don Quichotte en mal de progéniture! Moins hidalgo que dans nos souvenirs, plus Tartarin de Tarascon, au vu de ses fanfaronnades burlesques et narcissiques, il se complaît  dans des éclats de voix un peu trop tonitruants, crachant vaillamment le feu rageur de son incessante colère.  Toutefois, manifestement prisonnier de ses mondes inventés, il fait parfois peine à voir… avec ce corps “ sur lequel la vie matérielle manquait de prise” disait A. Daudet de son higalgo de Tartarin…On irait bien jusqu’à même le moquer, tant il apparaît centré sur lui-même et ses déconvenues et si peu soucieux de son aimable et dévoué serviteur! 

Or il s’avère vite que, battants et combattants, c’est nous qui nous agitons en tous sens, souvent en dépit du bon sens, et plaise à Dieu – pourquoi pas et heureusement – à contre sens du sens imposé! Ainsi, le Don Quichotte en mal de postérité, s’invente contre toute attente une nouvelle progéniture: les enfants que nous sommes.  Battant les ailes, il brasse ses fantasmes, embrasse l’espoir et poursuit son Rêve de rejoindre son impossible amour, si richement inventé. Éternel chevalier errant – seuls, les non dupes errent – il part à l’assaut du ciel, plus fort que les moulins, pour y cueillir la providentielle étoile. L’inaccessible étoile, celle de notre ami Jacques. Et là, on pleure! 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres

LE FILS DE DON QUICHOTTE de Anne Sylvain

au Théâtre Le Public : du 10/01 au 25/02 RUE BRAEMT 64-70, 1210 BRUXELLES 1H20 – CRÉATION – GRANDE SALLE

INFOS & RÉSERVATIONS – 02 724 24 44

Présentation: Par nos combats et nos rêves « pour un monde meilleur », aussi petits soient-ils, nous sommes tous des enfants de Don Quichotte. N’EST-CE PAS ?

Don Quichotte, bravache comme il se doit, repart toujours au combat. Parce qu’il est plus tentant de combattre que de pleurer sur la misère du monde. Parce qu’il n’y a que l’espoir qui fasse avancer. N’EST-CE PAS ?

Mais cette fois-ci notre héros doute. Il s’était fait chevalier pour transformer la société, mais il s’interroge, car dans cette histoire-ci, il se remet en question. Bien sûr, la maladresse, la clairvoyance et le burlesque des deux compères seront aussi au rendez-vous. Philippe Résimont (Don Quichotte) et Othmane Moumen (Sancho) s’y attèleront avec panache et enthousiasme.

Et à ceux qui diront à Don Quichotte qu’il est ridicule et inutile, à ceux-là, Don Quichotte répondra qu’ils n’y connaissent rien. Et notre héros remontera sur sa Rossinante, et se choisira un nouveau combat. Car Don Quichotte doit combattre à l’infini, interrogeant par-là nos quêtes infinies de justice et d’espoir d’un monde meilleur. Seul l’espoir fait avancer.

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administrateur théâtres

Ramsès II, une pièce de Sébastien Thiery

SPECTACLES

Un boulevard original, d’une étrange cruauté

Dès la première, public ravi dans une salle comble. Mais quelle drôle de pièce … pourtant, tout aussi drôle que le film de Tatie Danielle avec son humour corrosif et débridé. Sauf que plane au fur et à mesure, une incroyable menace comme dans les films d’Hitchcock. Rien ne laisse présager  la fin, le suspense durera en effet jusqu’à la dernière réplique.


On peut dire aussi, qu’à certains égards, cette pièce renoue carrément avec le malaise existentiel du théâtre de l’absurde. Ionesco es-tu là? Au début de chaque acte, on assiste à  un étrange retour de situations et de répliques identiques qui apparaissent comme autant de sourds avertissements du Destin.

Dans ce cycle infernal, où est le réel? Où commence le cauchemar? Le déjà vu, de plus en plus aigu et oppressant vous prend à la gorge! Le personnage  central, père de famille en chaise roulante admirablement joué par Daniel Hanssens,  se retrouve coincé dans un effroyable huis clos remarquablement étouffant. Effet thriller garanti: le spectateur est pris lui aussi dans ce glaçant cauchemar de plus en plus … réel?

Le Goliath du rire à la voix stentorienne va-t-il se laisser terrasser par un  jeune Daniel (Clément Manuel) impassible et … pervers? Il s’appelle Matthieu, cet incompréhensible beau-fils qui a débarqué chez ses beaux-parents après un voyage en Egypte, mais sans sa femme Bénédicte. Est-il finalement fou à lier ou passible de poursuites judiciaires? Qui sont ses complices?

L’auteur semble en outre procéder à une froide analyse de la haine gratuite, puisque sous des dehors de comédie bourgeoise lestée de codes actuels, se déploie le plan maléfique de ce Mathieu, personnage hautement manipulateur et forcément haïssable. Celui-ci pratique-t-il le mal pour le mal? Pour quelle offense se livre-t-il à une incompréhensible vengeance ? Quelle force guide sa main? En effet, on ne cesse de s’interroger sur ses mobiles d’acharnement. Et il n’y a pas de réponse.

Critique acerbe de la manipulation de la réalité – toujours une source d’angoisse profonde – cette pièce est une condamnation implicite d’une société basée sur le mensonge et totalement dénuée d’humanité. Et pourtant les rires fusent dans la salle. C’est tout l’art de l’auteur. Est-ce par pur cynisme que les aînés sont poussés en dehors des derniers joyeux sentiers de la vie pour finir reclus et abandonnés loin de leurs repères et de leur famille? Inès Dubuisson, au jeu très sûr incarne parfaitement l’attitude passive et égarée de la femme de ce chef de famille, certes un peu caractériel, mais qui aurait eu droit à plus d’égards, non? Enfin, ce spectacle étrange illustre bien l’égoïsme foncier de notre société où tout est bon à jeter.

 Pire que tout, la mystérieuse Bénédicte (la fille adorée du couple interprétée par une brillante Marie-Hélène Remacle), porte vraiment mal son nom puisque l’on découvre dans un rythme haletant qu’elle fait partie du plan iconoclaste de l’insatiable Mathieu.

L’ensemble est mené de main de maître, les situations absurdes et comiques s’égrènent avec brio sur un canevas d’enfer. Et c’est le Goliath vaincu qui recueille toute notre sympathie devant l’horreur de la machine infernale en branle. Edgar Poe n’est pas loin. La dernière phrase de cette comédie est un sommet de désespoir.

Jack Nicholson, où es-tu?


Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres

https://comediedebruxelles.be/

Distribution : Marie-Hélène Remacle, Inès Dubuisson, Clément Manuel et Daniel Hanssens 

Mise en scène : Daniel Hanssens
Assistanat : Victor Scheffer

Scénographie : Francesco Deleo

Lumières : Laurent Kaye

Billetterie : ici

La tournée s’est arrêtée Au Centre Culturel d’Auderghem :

Du mardi 4 au samedi 8 avril à 20h00 et le dimanche 9 avril à 15h00

Autres dates:

Dinant : le mardi 11 avril

Ottignies : le mercredi 12 avril

Huy : le vendredi 14 avril

Au Centre Culturel d’Uccle :

Du mardi 18 au samedi 22 avril à 20h15 et le dimanche 23 avril à 15h00

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administrateur théâtres

SPECTACLES

Des gens de l’Art au théâtre du Parc pour jouer Pinocchio


Comédien auteur, metteur en scène, Thierry Janssen  nous  livre  au théâtre du Parc une adaptation originale du conte moralisateur italien bien connu  de  Carlo Collodi (1883).  Dans ce spectacle savoureux et  grisant, tant pour les adultes que pour les enfants,  l’auteur  déploie habilement  un  fantastique  arsenal théâtral fait de textes subversifs et drôles, pimentés d’une dose bien rafraîchissante d’italien. Un arsenal fait d’espaces bien construits, de corps  brûlants  de dynamisme, de  sons  et lumières qui n’ont rien à envier au cinéma. La brillante mise en scène ne manque pas d’humour et  est signée Maggy Jacot et Axel de Booseré. Les enfants adorent ! Les comédiens Aurélien Dubreuil-Lachaud et Mireille Bailly se partagent astucieusement  les rôles de Lino, le chat, Arlequin et Colombine, le renard et Vanda. L’ambiance est celle de la Commedia dell’arte, les enfants jubilent.


Julien Besure, Fabian Finkels Photo Aude Vanlathem

Lorsque le tissu est à l’endroit,  on croit voir ce que l’on attend, à savoir  la reconstitution subtile et resserrée  des tribulations du jeune pantin de bois  à travers  l’évocation de ses multiples métamorphoses dans un univers de magie et de rêve. Puisque c'est là  que  se trame de fil en aiguille  un  parcours complexe vers la découverte de son humanité, ciselée avec ferveur par l’amour de  Gepetto,  son génial créateur.

Mais, première surprise, le Pinocchio que l’on a devant les yeux est d’emblée  un vif  jeune homme, en chair et en os sous les traits du  pétillant Julien Besure,   en comédien tête d'affiche d’une tournée théâtrale  du spectacle « Le avventure di Pinocchio ». Place au mystère du théâtre dans le théâtre. Les enfants sont éblouis.   Et dès l’entrée de jeu, l'extraordinaire vedette du théâtre du Parc,  Fabian Finkels, dans le rôle du directeur  de la troupe prévient :  l’histoire  sera extraordinaire : vraie ou pas, c’est aux spectateurs d’en décider. Vrai ou faux ?  Il promet de ne jamais mentir, de parler vrai. Mais, qu’est-ce que parler vrai ?  Doit-on le croire ?  Faut-il croire les deux gredins escrocs et séducteurs  en carricatures de renard et de chat ? Doit-on croire la pauvresse Fée Dora dont la blessure est une morsure de chien pour avoir volé un pain? Comment fait-elle pour devenir une vraie féé bleue ? Peut-on en tomber amoureux ?


Mireille Bailly, Aurélien Dubreuil-Lachaud, Karen De Paduwa, Fabian Finkels, Julien Besure, Thierry Janssen, Elsa Tarlton Photo Aude Vanlathem

C’est alors qu’ à l’envers du tissu, on  découvre une toute autre histoire. Eternelle ou anecdotique? Certes, misérable et merveilleuse. Emouvante, donc.  Celle d’une résistante communiste indigente (Elsa Tartlon)  poursuivie par les forces de l’ordre.  Celle  de Sofia – le nom est bien choisi – joué par  une éblouissante Karen de Padoua.  La régisseuse codirectrice est  rebelle aux bruits de bottes qui déferle sur l’Italie. A l’occasion, elle  se montre même à cheval sur  la question de l’orthographe,  question de  préserver la complexité de la langue, partant, celle de la pensée. Pressent-elle que Joseph Goebbels, quelques années plus tard,  dira  « Nous voulons convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu’ils ne puissent plus exprimer que nos idées » ? Elle est  bouillante et prête à la révolte  et bataille avec le direttore  en refusant d’aller se produire devant un public de fachistes en marche sur Rome et  rassemblés  à Santa Marinella.    Puisqu’en effet,  tout se passe il y a cent ans, en octobre 1922,  alors que  fermente la grogne  des Italiens après  un  traité de Versailles qui les a  bernés, alors que sévissent la faim et la misère dans les villages toscans, une réalité sociologique qui n’épargne ni les ouvriers ni les paysans. Peut-être même que cela se passe  autour du  31 octobre… ce jour de 1922 où un certain Benito Mussolini  s’approprie la présidence  du Conseil du Royaume d’Italie.

Très prosaïquement, toute la question pour la troupe de forains n’est-elle pas de trouver de l’argent coûte que coûte,  simplement  pour ne pas mourir de faim? Alors, aller jouer devant les troupes du Duce…c’est un moindre mal !  Avanti ! tranche le direttore.

En  filigrane, on voit aussi apparaitre un autre thème.  Celui d’une société de loisirs et de consommation souvent abêtissante,  où l’on fuit l’effort et les contraintes pour de vains plaisirs. …  ce qui arrange bien sûr les profiteurs et les  dictateurs de tout poil.  Le très crédule Pinocchio n’est-il pas  prêt à enterrer son argent dans un champ pour s’enrichir   heureux de  se vanter de ses vaines prouesses? Et puis, Qui est-il ? Est-il capable de se changer et de devenir autre chose que ce qu’il est, un vulgaire morceau de bois? Que reste-t-il des souvenirs du brave Gepetto qui semble avoir perdu la mémoire ? Il est  interprété avec chaleur par Thierry Janssen, lui-même.  Dire qu’au plus profonde de la misère, il  échange son manteau pour un livre d’école destiné à son fils!  Et ce fils, doit il se soumettre aux règles de l’ordre établi ou y a-t-il  quelque place pour la liberté de devenir soi?   On est au cœur de la fonction du théâtre : se poser des questions, chercher le sens de la vie, douter, alimenter la réflexion.  Et tant pis pour le criquet moralisateur ! Pardon, c’est un grillon!

Avec ces gens de l’Art, on est à cent lieues du Walt Disney bienpensant de 1940.


Julien Besure, Aurélien Dubreuil-Lachaud, Mireille Bailly. Photo Aude Vanlathem

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres


Au Théâtre Royal du Parc | Rue de la Loi, 3 – 1000 Bruxelles Du 18/03/2023 au 08/04/2023

billetterie@theatreduparc.be - 02/505.30.30



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administrateur théâtres

SPECTACLES

Allons … badiner!

La Compagnie du Temps Perdu a posé ses bagages… à Bruxelles ! Ils sont absolument extraordinaires, se produisent en ce moment au théâtre de la Clarencière 20 rue du Belvédère, 1050 Bruxelles, juste derrière Flagey. 50 places. Courez-y, vous reviendrez le cœur en fête et les larmes aux yeux ! Spécialement si dans vos jeunes années, les bibliothèques universitaires étaient votre havre de paix…ou votre studieux lieu de rencontres !

La pièce est signée et interprétée par Maximilien Solvès et Christel Pourchet. Et ces deux comédiens, sont aussi bons que… les Émotifs anonymes, aussi généreux qu’une pêche miraculeuse. Les répliques sautent de partout, vous éclaboussent de bonheur, vous chatouillent l’esprit et le cœur. C’est du merveilleux théâtre aussi drôle que celui de rue, aussi intense que la source du verbe, aussi lumineux que le don du sourire !

Les voilà embarqués dans une inénarrable course poursuite, un slalom vertigineux entre les plus grandes scènes d’amour exhumées avec tendresse de la collection complète de l’histoire de la littérature française, du Moyen âge au 20e siècle. Un condensé de Lagarde et Michard live, ça vaut le déplacement, maintenant que les cours de français se trouvent formatés sur des fichiers pédagogiques en ligne.


Comme le désordre amoureux qui les anime secrètement – à chacun son audace ou sa timidité – les scènes sautent ingénument d’un siècle à l’autre, par simple analogie avec l’histoire frémissante qui débute entre les deux étudiants à la belle anatomie. A notre tour de refaire leur carte du Tendre. Pas un mot des titres, ou des têtes de chapitres, juste les auteurs qui se réveillent côte à côte dans une ronde folle … presque de la Saint-Jean.

Il y a Marius Fanny, César, avè l’asseng, Hugo, Feydeau, Musset, Labiche, Racine dans un méli- mélo invraisemblable d’antiquité grecque et romaine, quel délice ! Alceste, bien sûr, non, Molière qui fête ses 400 ans d’anniversaire avec le patois savoureux de Charlotte, Mathurine et Pierrot soufflé dans le Jeu de Robin et Marion, Mais ne te promène donc pas toute nue ! Et l’incontournable lettre de Cyrano qui arrache des larmes… Acte V scène 5. Oui, et Françoise Sagan. Nous attendions la cristallisation de l’amour dans Climats de André Maurois. Bof c’est pas du théâtre. Georges Sand, quand même ! Sans Chopin. Quelle incroyable dynamique !

On ressort du spectacle, comme d’un feu d’artifice, étourdi de bonheur, fervent admirateur de notre si belle langue française, si bien interprétée, si bien coulée entre toutes les époques, riche, chatoyante, bouleversante de beauté et d’émotion.

Tour cela pour le fond… mais la forme ? Pleine forme, créativité intense, imaginaire débridé – les décors précaires, presque inexistants comme au temps de Shakespeare – c’est du papillonnage fin et espiègle, des changements de costumes intelligents, du grand art des planches, une immense énergie dans un mouchoir de poche, un franche bouffée de vie théâtrale totalement bienvenue et rafraîchissante.

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Metteur en scène : Barbara Castin, et tout cela pluri-joué à Paris depuis 2019… avec ou sans couvre-feux, quarantaines et autres barrières culturelles.

Dominique-Hélène Lemaire pour Arts et Lettres

https://www.laclarenciere.be/

« On ne badine pas », c’est le 20, 21, 22, 27, 28 et 29 janvier, ainsi que les 3, 4 et 5 février à 20h30 ! Au Théâtre de la Clarencière (rue du Belvédère 20, Ixelles)☎️ Infos et réservations: Tel: +32/(0)2 640 46 76 Site: https://www.leverbefou.fr/reservationth/reservation.php

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administrateur théâtres

SPECTACLES

« Le noir te va si bien », une mortelle randonnée

                                                                                                  …entre empoisonnements, chutes de falaise, coups de feu, explosions à la dynamite, lustres fatidiques, arsenic, strychnine, champignons innocents,  roulette russe, et la liste n’est pas complète. «  Risky Marriage » écrite par Saul O’Hara en 1959, est une comédie policière d’origine britannique. Elle fut créée en  France par Jean Marsan, le 7 novembre 1972 au Théâtre Antoine à Paris, avec dans les rôles titres Maria Pacôme, Jean Le Poulain et Lucie Dolène.  Le succès fut tellement énorme qu’elle fut diffusée  à 3 reprises dans la célèbre émission de télévision « Au théâtre ce soir », à l’époque, à  l’ORTF. Vibrent encore sans doute pour certains, tant d’années après, les  annonces réjouies du générique :  « C’était…. dans une adaptation et production de: ….Pierre Sabbagh , créateur de décor: ….Roger Harth, costumes de: ….Donald Cardwell! »  Un crescendo de bonheur doux à l’oreille.

Qui tuera l’autre en premier ? That’s the question !

Cette pièce  fracassante  pourfend  tous les coureurs de dot, les assoiffés d’héritages, les chercheurs d’or matrimonial, les chacals de pierres tombales, les abonnés au crime lucratif. John est soupçonné d’avoir tué ses six femmes. Lucy est suspectée d’avoir éliminé ses cinq maris. Un commissaire de Scotland Yard, joué par l’exquis Bernard d’Oultremont,  veut piéger les deux criminels jusque-là restés impunis  en provoquant leur rencontre dans un manoir qu’il a mis sous haute surveillance, et où il pourra enfin prendre l’un  des deux sur le fait. Pour l’autre, ce sera sans doute  trop tard ! « Elle a les yeux … révolver ! »   


 Deux domestiques très complices, aident  l’inspecteur dans sa tâche de détective, quitte à s’enfermer, pour mieux espionner,  dans une horloge ou une vielle cuirasse moyenâgeuse. Ah ! les châteaux  écossais, leurs passages secrets, et leurs merveilleux fantômes ! Tout y est au théâtre de la Comédie Claude Volter : le five o’clock tea, le brandy et la pièce montée en sponge cake !  Bravo aussi  pour les choix musicaux :  depuis  l’authentique bagpipe, cornemuse ou biniou,  jusqu’à la valse des chevaliers de Tchaïkovski dans Roméo et Juliette. Et puis cet inénarrable uniforme militaire écossais que porte le faux laird, Michel de WARZÉE ! C’est tout  le plaisir du boulevard  qui revient en trombe sur la scène du théâtre de la Comédie Claude Volter qui fête  royalement ses cinquante ans cette année-ci.



 Dans un rythme  déchaîné, Stéphanie MORIAU et Michel de WARZÉE  jouent  pendant près de deux heures  leur incroyable  parade fatale. L’amour y trouvera-t-il enfin son compte ? A force, le cynisme imprègne les autres personnages et la comédie de mœurs fait flèche de tout bois pour mettre en pâture devant le public  toutes ces   faiblesses humaines  telles que l’amour  effréné de l’argent, l’appât du gain, l’égoïsme,  la vanité, la cupidité,  l’envie..  Et que dire du moteur principal:  la froideur du crime et du meurtre  prémédités.

Il est donc fort bien  ficelé, ce bijou de théâtre de boulevard au point de friser le  surréalisme…  Les sept comédiens chevronnés  s’éclatent vraiment  sous la charmante direction  de la dame en fourreau noir,  épaules et jambes  nues : Stéphanie MORIAU.  Avec  Michel de WARZÉE, Amélie SAYE, Laurent RENARD, Bernard d’OULTREMONT, Hélène PHILIPPE, Simon WILLAME et Morgane GÉRÔME. La distribution est impeccable et on leur souhaite de faire salle comble… Pour leur bonheur, ils n’ont pas plus de 200 places !

…  Et au fait, ne serait-il  pas temps  que la Mort,  tant chantée par  Georges Brassens ( il aurait eu 100 ans ce 21 octobre 2021) et que notre société  contemporaine met tant de soin à exiler, réapparaisse, exposée, vilipendée et moquée, pour ses côté les plus absurdes et les  plus perfides ?   Afin que  l’on cesse de la nier, qu’elle  cesse de nous angoisser en  secret,  et même, aller jusqu’à paralyser tout notre système de société.  Formons le vœux que, le grand apanage de l’Homme, le rire salvateur généré par  la Comédie,   puisse   nous sauver de sa hantise.

Dominique-Hélène Lemaire, pour Arts et Lettres

« Le Noir te va si bien » Jean MARSAN d’après Saül O’HARA

Distribution

Avec Michel de WARZÉE, Stéphanie MORIAU, Amélie SAYE, Laurent RENARD, Bernard d’OULTREMONT, Hélène PHILIPPE, Simon WILLAME et Morgane GÉRÔME.

Mise en scène : Stéphanie MORIAU – Décor : Francesco DELEO – Création lumière : Bruno SMIT

Du 8 au 31 décembre 2021

Comédie Claude Volter
Avenue des Frères Legrain, 98 1150 Woluwe-Saint-Pierre

http://www.comedievolter.be
secretariat@comedievolter.be
+32 2 762 09 63

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administrateur théâtres

Au Fourire, détente!

SPECTACLES

Quand  une  comtesse vient s’encanailler… au Stamcafé!

Nous sommes au Fou Rire, à deux pas de L’université. Pour la deuxième fois. Avec des comédiens craquants. Après  «  Le tour du monde en 80 jours » avec la compagnie  Production niveau 5  , voici le « Stamcafé ». Un spectacle avec l’accent pur et dur de chez Toone qui se déroule dans  un  Stamineï de  Koekelberg. La scène est à nouveau déguisée en théâtre de Guignol, le trait sera forcé, mais toutes les sortes de comique seront au rendez-vous. De la zwanze à l’exagération épique, à la scène de ménage nettoyage de printemps.  Le public est nombreux, masqué,  sauf ceux qui dégustent un cocktail maison  aux agrumes ou une boisson rafraîchissante posée sur une table ronde avec sa bougie d’ambiance.  Détente.

Peut être une image de 6 personnes et intérieur

Gaspar, le tenancier intérimaire du Stamineï de  Koekelberg rêve de son fritkot – quel jaloux de la place Jourdan! –  en attendant de lâcher son boulot à la commune, sacré fromage quand même.  Il a promis à Monique, la  propriétaire qu’il couve jalousement des yeux , de lui  donner un coup de main pendant qu’elle va rendre visite à ses parents à La Panne pendant 3 jours.

 Le voilà libre… Max !

Le chat parti, les souris dansent ! Gaspar  va pouvoir se comporter enfin en adulte  responsable ! C’est ce qu’il croit. Toute une faune pittoresque  va défiler  devant  son  comptoir  et provoquer  le rire aux éclats dans la salle complice. Difficile de résister, et dire qu’ ils ne sont que trois comédiens pour jouer  tous les assoiffés du quartier! L’illusion est parfaite. Quels costumes ! Un taxi italien, un improbable chauffeur de Rolls très faux British, une comtesse grivoise, des flics, mâle et femelle, des  traîneurs de savate, et  des échappés  de "home sweet home" voisin.   Tout ce  petit monde grouillant d’humour et de vie terre à terre est un ballon de drôlerie parmi les pâquerettes.   

Peut être une image de 4 personnes, personnes assises et intérieur

  3 jours  de  « jave » en stoemelings ? Ca va péter le feu!  Sacrément  bon à prendre quand on se sent un minus de bureaucratie, une victime de la dictature féminine, un esclave du travail domestique  imposé,  un  médaillé de la descente des pils en séries,  bref, un mec sous pression, ravi d’avoir  pour une fois un peu la paix… Au siphon :  Du rire belgo-belge pur jus! Et omni présent,  le très vieux thème inusable  de la farce du cuvier !  Fou rire.

Peut être une image de 10 personnes et personnes debout

Dominique-Hélène Lemaire pour le Réseau Arts et Lettres

 Le Fou Rire, théâtre de proximité

Adresse : Av. des Grenadiers 48, 1050 Ixelles Téléphone : 0483 59 92 29

Peut être une image de 7 personnes et personnes debout

https://fourire.be/

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administrateur théâtres

SPECTACLES

Carabistouilles, c’est du belge!

Le spectateur a beau savoir qu’il y a un truc, voire «des trucs», il ne peut s’empêcher de se laisser prendre par l’illusion et d’y croire…. C’est cela la magie! Celle  de l’homme aux mille talents. Un homme-orchestre  en vif argent, aussi surprenant qu’insaisissable. Un artiste qui défie votre sens des réalités.   

Cette fois, c’est à la Comédie Claude Volter que vous avez rendez-vous avec la magie. En live. Mais pas que.  Il y a du rêve en paillettes, au clair de lune.  Et un magicien entre surprises et traditions. Des émois poétiques que l’on attendait pas. Des battements de cœur inattendus.  Archi sérieux, entre prof sympa et jeune chef scout moqueur de monde, c’est tout lui : Jack Cooper. Pareil à lui-même et  sans cesse réinventé.

Il nous offre  une vaste plage de plaisir pendant deux heures… Et malgré notre regard critique rationnel et indélébile, il nous souffle, il nous flambe, il nous éblouit, il nous bluffe, il ressuscite en nous  cette âme d’enfant, …si profondément enfouie que l’on aurait pu la croire disparue. Et la jeune classe qui vibre dans la salle, si présente malgré l’heure tardive, hurle de bonheur, se précipite sur le plateau, tâte anneaux chinois, cordes, sièges innocents, vitres anti chocs, et autres caissons qui n’ont rien à voir avec ceux de la salle de gymnastique. C’est le bonheur !

Tout est mystère et mystification. Le prestidigitateur vous précède d’une longueur…  et vous entortille comme habile bonimenteur ! Se laisser faire… pour se laisser être !  Vous êtes pris par la folie de la scène, des lumières, des bandes son, des corps des artistes qui se donnent sans compter, avec chaque fois… un peu de leur âme. Le théâtre est magie. Et lumière du monde. Tous les artistes vous le disent, et un monde sans théâtre est pure désolation.

J’ai pas fini… il y a son associée, Jolijn ANTONISSEN, une fausse néophyte, une dame qui semble sortir d’un chapiteau de cirque,  fière d’elle-même, avec l’accent du grand Jacques, la volupté du Nord, la connivence avec le public et qui lui donne la réplique. Elle aussi elle partage  le bonheur de créer la surprise et d’émerveiller le monde. Que ferais je sans toi…? Il faut être deux, ou plus, ou tous ensemble réunis, artistes et public pour la plus belle des conspirations humaines…celle de la Magie! 

Dominique-Hélène Lemaire pour le réseau Arts et Lettres

PROLONGATIONS ! Comédie Royale Claude Volter : www.comedievolter.be

Peut être une image de plein air et texte qui dit ’La plus belle des magies c'est quand une personne réussit à vous faire sourire sans être présente. présente...simplement ement par la pensée. Alex ex Boçat’

du 19 janvier au 13 février

CARABISTOUILLES

Jack COOPER

Depuis plus de 15 ans, Jack nous éblouit de ses artifices et entourloupes. De manière caustique il présente les mystères de la magie en mélangeant grandes illusions, mentalisme, magie comique et interactive, ombres chinoises et autres enchantements.

Après le succès d’”Illusions” en 2016 à la Comédie Claude Volter, Jack revient nous ensorceler.

Un spectacle familial… où l’incroyable est possible !

Avec Jack COOPER et Jolijn ANTONISSEN

Création sonore : Laurent BEUMIER

Régie Son et Lumière : Yves HAUWAERT

Regard extérieur : Simon PACO

Régie Plateau et direction technique : Bruno SMIT

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Prix d’excellence pour Notre Dame de Paris, d'après Victor Hugo au théâtre du Parc, janvier 2022

Le directeur du magnifique théâtre Tristan Bernard à Paris avait  décidé de présenter le spectacle de Thierry Debroux, Notre Dame de Paris d’après Victor Hugo,  du 7 mars au 30 juin  2020. Ils ont pu  jouer trois petits soirs, et puis … l’épidémie de Covid a  foudroyé toute  la  beauté de ce magnifique travail de transmission !

Enfin,  voici que  le 13 janvier 2022, après une longue errance à travers  les aléas du drame sanitaire mondial,  le spectacle revient sur les planches du théâtre Royal  du Parc à Bruxelles  et c’est un véritable triomphe. Musical, visuel et théâtral. 


Le texte, Notre D(r)ame, publié  aux éditions Lansman,  est  inspiré par la terrible catastrophe de l’incendie de Notre Dame du  16 avril 2019.  L’hubris démesuré de l’homme moderne fut incapable d’empêcher la  toiture, la charpente et la flèche conçue par Violet Leduc de se transformer en  brasier. Restaient seulement le désespoir des pierres,  les voix effarées des gargouilles et des chimères de la cathédrale  dont  Thierry Debroux  semble avoir pu surprendre les  mystérieuses conversations et les craintes d’une reconstruction hâtive.

 L’univers  imaginaire inventé par l’auteur est magique: les époques conversent ensemble comme si elles étaient au paradis. Le temps est  dilué, l’immortalité de l’œuvre de Victor Hugo et  de la Cathédrale, se confondent avec une histoire d’amour  contemporaine d’une jeune danseuse hip hop en mal d’amour, prête au suicide et qui n’a jamais entendu parler de la Belle Esmeralda. L’œuvre de Victor Hugo bondit  sous les yeux de la  vivante cathédrale qui trône au centre du plateau : on se gorge d’émotions à chaque tour de la cathédrale sur elle -même, entendez, chaque fois que  l’une de ses façades égrène heures et jours différents.  Non sans rappeler les façons de Monet, le  grand maître des lumières impressionnistes. Ah quelle superbe rosace !

Peut être une image de 7 personnes, personnes debout et intérieur

  

Dans une harmonie à tomber, les comédiens jouent dans la joie, avec une énergie décuplée par les privations subies depuis deux ans. On assiste à une espèce de renaissance sur ce plateau où ils se montrent franchement éblouissants.

Comme si, l’espace d’un spectacle, on pouvait jusqu’à oublier la pandémie.

Les changements de scène se font sans le moindre bruit, ils sont d’une fluidité remarquable et de même pour les passages entre le jeu et le narratif. On se trouve au cœur de l’art vivant.  Prenez le mouvement imprimé à la corde qui meut la cathédrale, ne fait-il pas  fait penser à des gestes de batelier ? Ne  sommes nous pas, à Paris ou à Venise,  tous sur une nef des fous?  A moins que l’on soit plus d’humeur à y voir le mythe de Sisyphe.

Un art consommé de la concision et de la polysémie  anime le créateur.  L’œuvre fleuve de Victor Hugo  se retrouve exposée en 1H25 SANS ENTRACTE. Tout y  est.  Oui, on est  gratifié d’un authentique  élixir de magie théâtrale.

  D’un côté, il y a le peuple de pierres séculaires, les chimères de Violet Leduc, avec  le dénommé  stryge, le « démon pensif », sous l’apparence d’un buste de femme oiseau aux yeux en escarboucles, et de l’autre les antiques gargouilles du Moyen-âge gothique. Ces impressionnantes marionnettes se font la conversation avec les voix des personnages principaux. Didier Colfs papillonne entre le détestable  prêtre lubrique Claude Frollo, le Stryge, un rat de la cour des miracles, un juge répugnant, et … un quidam de la foule des manants.  C’est un bouleversant Stéphane Fenocchi qui s’empare du personnage monstrueusement attachant de Quasimodo, il  fait la gargouille 23, se mue en corbeau maléfique avant de  rejoindre lui aussi  lui aussi la foule. Le vaniteux Phoebus, sous les traits de Mickey Bicar, se transforme en gargouille 52 , ramasse les oripeaux de Clopin Trouillefou et fait un innommable avocat de la défense qui ne trouve rien à dire.   Enfin, Marc Laurent,  le Poète Gringoire en grand échalas égaré dans la cour des miracles se glisse dans la gargouille 37 – allô mademoiselle 36-37, votre prénom c’est bien Juliette –  avant de tomber pour la très radieuse, l’incomparable Marie Phan qui  a accepté de jouer le rôle stupéfiant d’Esméralda, avec son adorable chèvre, ton sur ton avec ses jupes de bohémienne. L’énergie de ce spectacle est au zénith,  vous fait un bien fou et vous raccommode avec toute la tristesse du monde.


Dominique-Hélène Lemaire pour Arts et Lettres , le 878e billet culturel depuis la création du blog

Du 13 janvier au 12 février 2022

Théâtre Royal du Parc
Rue de la Loi, 3 1000 Bruxelles

thttp://www.theatreduparc.be
info@theatreduparc.be
+32 2 505 30 30

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administrateur théâtres

SPECTACLES

Don Juan, Visit Now!

Les nouveaux ostracismes

La société est malade. Et le charme, la beauté physique, l’humour, le discours, la communication riche et structurée, c’est élitiste: qu’on les pende! Et la magie théâtrale, n’en parlons pas. Bien dommage pour Don Juan, dont le texte a été … fracturé.

Faites gaffe en particulier à cette femme blanche, bien habillée, émancipée, éduquée, libre, ouverte, tolérante, et maîtresse d’elle même! Nous la haïssons, c’est la pire espèce et elle ne fait pas partie de notre sororité, déclare avec conviction une des membres du collectif. Mode d’emploi : la terre brûlée. On déblatère et ça répond dans un feu de questions dans le vide. Surtout bien sûr, évitons des mots tels que fraternité, c’est ma foi, trop chargé de genre… Inconnues au bataillon ces bienveillantes Soroptimistes qui ne se gênent pas pour utiliser la langue  courante.  

Certes, nous vivons à notre époque le bouleversement de nos modes de vie. Et d’aucuns s’en réjouissent. Il vaut toujours mieux voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. On en convient. Absolument. 

Mais….

N’est-ce pas une société affluente, riche, libre des affres de la guerre, de la famine, et des maladies qui permet que se déploient l’éducation, la santé, le confort social et les libertés démocratiques? C’est cette même société hautement décriée qui donne sa place à la culture, la musique, aux arts vivants, à la parole.

Ce n’est pas parce que l’on dénonce la dictature des forts qu’il faut tolérer la dictature des faibles ou de toute espèce de minorité qui se retranche dans son entre-soi, subir la police de la pensée, les extrémismes ridicules du politiquement correct, ceux d’une langue dénaturée artificielle et hypocrite.

Oui nous signons pour l’Art. Pour le langage universel de la musique, pour les arts plastiques, pour tout ce qui fait la noblesse de l’Homme. Nous signons pour L’Art poétique de Boileau, les déclarations d’amour de Pierre Ronsard, la sagesse de Montesquieu, toutes les œuvres de Racine et de Molière, Victor Hugo et du petit Marcel. Ils avaient la sensibilité de la langue à fleur de peau, ils étaient des modèles de pensée et de raffinement humain en quête de spiritualité, d’élévation ou de progrès.

Et aussi que brille la mémoire de toutes ces femmes formidables qui ont ouvert dans la littérature française, la voie à la parole féminine. Depuis Christie de Pisan jusqu’aux précieuses ridicules qui les premières ont secoué le joug masculin, ah! Mademoiselle de Scudéry! Madame de Sévigné, Georges Sand, l’illustre Colette ont pavé le chemin pour qu’enfin femmes s’expriment et partagent leur intelligence de cœur et d’esprit. Les grandes Simone de Beauvoir, Marguerite, Françoise Dolto et Simone Weil… sont autant de lumières qui éclairent notre route.

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« Don Juan, visit now ! »  scénographie d’Alicia Jeannin. ©Marie-Christine Paquot

Mais … ânonne toujours le collectif: méfions nous du Verbe, de sa richesse, de sa complexité, de la rhétorique, de l’art de convaincre, de l’argumentation qui ne fait que de creuser le fossé entre les classes.

Don Juan n’est pas l’esprit libre que vous croyez, le libertin pourfendeur de privilèges, c’est juste le plus vil modèle de tous les prédateurs. Il est pour Pascal Crochet et son équipe – dont certains avouent n’avoir même pris la peine de lire la pièce – le prétexte pour se mettre à déconstruire les rapports hommes-femmes (ou, le cas échéant, autres identifications humaines).

Or, vouloir jeter aux orties le  Don Juan de Molière et de Mozart est un geste totalitaire inconvenant, comme celui que dévisser des figures historiques et leur faire un procès quelques siècles plus tard. Georges Orwell avait pourtant bien prévenus que réécrire l’histoire, la sortir de son contexte ne peut mener qu’au totalitarisme.

Le rideau n’est pas levé que l’on nous présente trois pauvres diables balbutiants, mal à l’aise, mal fagotés, incapables de trouver leurs phrases… Le reste du spectacle est ceinturé par des femmes hors d’elles-mêmes . Il est fait  d’indigeste laideur, où que l’on se tourne, côté cour ou côté jardin, malgré certains exploits de langage corporel bien appuyés. Coté sofa ou côté cuisine, dans ce loft improbable meublé au Formica des années 50, 2022 pourrait faire mieux… Anachronisme maladroit?

Leur doctrine simpliste est sans doute qu’on n’en fait pas d’omelette sans casser des œufs. Rien de plus vrai, mais quelle volée de poncifs en tout genre. Le spectateur est mis en demeure d’avaler quantité de couleuvres sans dire mot. En même temps que cette improbable omelette gluante pleine de coquilles, servie sans manières, aux trois mâles qui mangent sans fourchette.

Et un protagoniste de conclure: on a mis le pied sur une fracture glacée d’où tous nous espérons qu’un monde nouveau ressortira. Cela, OUI, on l’espère de tout cœur. Mais la manière marxiste n’a plus vraiment cours. Alors, on s’est trouvé à applaudir rapidement, par respect pour les artistes renommés et talentueux qui ont donné tout ce qu’ils pouvaient, malgré cette période tellement débilitante que nous vivons tous. On a préféré fuir au plus vite devant tant de polémique, de mauvaise foi, d’intégrisme destructeur, de vindicte et de violence faite à  l’humanisme.

Dominique-Hélène Lemaire pour le réseau Arts et Lettres

Distribution

JEU Maxime Anselin, Marie Cavalier-Bazan, Isabelle De Beir, Dolorès Delahaut, Alexandre Duvinage, Mathilde Geslin, Sylvie Perederejew, Hélène Theunissen, Laurent Tisseyre, Laura Zanatta •

CONCEPTION & MISE EN SCÈNE Pascal Crochet avec la participation libre de l’équipe de création

Du 11 au 27 janvier 2022 Théâtre des Martyrs
Place des Martyrs, 22 1000 Bruxelles

http://www.theatre-martyrs.be
billetterie@theatre-martyrs.be
+32 2 223 32 08

Rendez-vous avec DON JUAN, VISIT NOW! de Pascal Crochet

Interview des actrices Marie Cavalier-Bazan et Hélène Theunissen et du metteur en scène Pascal Crochet. Restez avec nous jusqu’au bout pour les bonus… défi ! Musique : Fabian Fiorini Montage : Maxime Jouret#pourenfiniravecdonjuan#cacraquedepartout#domination#societe#hommefemme#rendezvousavec#interview#tma2122

https://fb.watch/ayxea7E45p/

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