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SOUVIENS-TOI

 

 

 

Je suis mort et cependant 

dans ma cage de terre

je vous vois.

 

Je vous vois

et j'ai honte de vous.

 

J'ai honte de vous

 de toutes vos procédures

qui me tuent davantage.

 

douloureux héritage

des vivants,

qui pour un peu d'argent

renient ce qu'ils ont de censé être humain.

 

je suis mort et cependant

je ne néglige rien

 

j'ai perdu la chaleur du ciel

et la fraîcheur des mers.

 

j'ai perdu les rires des enfantins

et le chant des oiseaux.

 

j'ai perdu la senteur des roses

et les fruits savoureux.

 

j'ai perdu la danse du feu dans l'âtre

et l'odeur dans les cuisines.

 

j'ai perdu les caresses du vent

et le crépuscule cdes campagnes.

 

j'ai perdu le couchant du soleil

et le clair de lune des poètes

 

j'ai perdu le gravier sonore

le long des routes éternelles

 

j'ai perdu la douceur d'un baiser

et la fièvre d'une nuit d'amour.

 

j'ai perdu la plus belle des symphonies

celles des hommes unis. 

 

j'ai perdu la parole d'une mère

et la tendresse de son sein.

 

j'ai perdu ce qui était la vie

et plus rien qui ne m'y rattache.

 

mais si la pourriture est encore vivant,

c'est pour me rappeller

que je suis là.

 

que je suis là,

pour vous souvenir du passé,

et de la mort.

 

pour vous faire respirer 

l'odeur de la chair brûlée vive.

 

pour vous faire sentir

la puanteur d'un corps septicémique.

 

pour vous faire entendre

le concert des poumons sanglants.

 

pour vous faire hurler d'épouvante

devant la rouge dyssentérie.

 

pour vous faire entendre le bruit mat

des chairs gonflées de gaz.

 

pour vous faire lécher à pleine bouche

les tibias de ton frère humain.

 

O! toi qui fut mon frère durant de longue années

épargnes-moi le tourment

de tout recommencer?

 

épargne-moi le regret de mon beau sacrifice

dans les jours qui vont naître?

 

sois mon frère, la continuité de mon espoir

pour la croyance des hommes.

 

fais naître sur la terre

le miroir étincelant des sciences souveraines.

 

Fais mûrir le fruit d'intelligence

dans le berceau que tu balances.

 

Distribue à la ronde

le levain d'amitié.

 

Construis sur la croûte fertile des sacrifiés

la maison nouvelle, emplie d'air

et le soleil purifié.

 

Travaille, respire, chante

et fais le long parcours de ta vie

dans le sillage de mon espérance.

 

André Migdal (poésie d'un autre monde)

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VLAM.

(...) " Liverpool  Rio de Janeiro  Cherbourg  New York  Liverpool  Santiago du Chili  New York  Liverpool ... Océan...plein milieu . C'est là, à ce moment-là, que le tableau se décrocha . Moi, cette histoire des tableaux m'a toujours fait une drôle d'impression. Ils restent accrochés pendant des années et tout à coup, sans que rien ne se soit passé, j'ai bien dit rien, VLAM , ils tombent. Ils sont là accrochés à leur clou , personne ne leur fait rien, et eux, à un moment donné, VLAM , ils tombent comme des pierres . Dans le silence le plus total, sans rien qui bouge autour, pas une mouche qui vole et eux : VLAM. Sans la moindre raison . Pourquoi à ce moment-là et pas à un autre ? Qu'est-ce qui est arrivé à ce clou pour que tout à coup il décide qu'il n'en peut plus ? Aurait-il donc une âme , lui aussi, le pauvre malheureux ? Peut-il décider quelque chose ? 

ça faisait longtemps qu'ils en parlaient, le tableau et lui , ils hésitaient encore un peu, ils en discutaient tous les soirs , depuis des années, et puis finalement ils se sont décidés pour une date, une heure, une minute, une seconde , maintenant , VLAM .Ou alors, ils le savaient depuis le début , tous les deux, ils avaient tout combiné entre eux , bon t'oublie pas que dans sept ans, je lâche tout, t'inquiète pas pour moi c'est bon , alors d'accord pour le treize mai, d'accord, vers six heures , ah j'aimerais mieux six heures moins le quart, d'accord , allez bonne nuit, bonne nuit.

Sept ans plus tard, treize mai, six heures moins le quart : VLAM. Incompréhensible. C'est une de ces choses, il ne faut pas trop y penser, sinon tu sors de là, t'es fou. Quand le tableau se décroche . Quand tu te lèves un matin à côté d'elle et que tu ne l'aimes plus . Quand tu ouvres le journal et que tu lis que la guerre a éclaté...Quand tu vois un train et tu te dis "je me tire ". Quand tu te regardes dans la glace et tu comprends que tu es vieux. VLAM. J'en suis baba ".

Allessandro BARICCO : " Novocento : pianiste "  ( Editions  "Mille et une nuits ", 1999 ; Deuxième édition. ).

 

Allo ?  Ouiiii?      Ah !  Oui, je vous reconnais ...enfin, façon de parler    (rires)    et ?   bien sûr   évidemment   non, non , c'est normal    d'accord, je vous laisse terminer   VLAM . 

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ADMINISTRATEUR GENERAL

 

31230697675?profile=RESIZE_710x

Chers Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs,

Sachez qu'on sort Notre Premier Magazine, en français, qui sera visible gratuitement par tous sur internet, pour décembre 2026,

On vous explique le concept intelligent de celui-ci.

On commence à collecter les intéressés dès maintenant...

Moyennant un petit prix de 50 € pour une demi-page, 100 € pour une page entière ;

(pour une demi-page : on a besoin de 1 photo d'artiste, et 1 œuvre)

(page pleine : besoin de 1 photo profil + 3 œuvres)

* Nom(s) et prix des œuvres + votre nom d'artiste entier

* Dimensions exactes des œuvres

* Prix de chaque œuvre

* Votre Site Officiel ou votre adresse du profil de votre réseau social préféré

* Votre texte personnel (court et précis) est à écrire par vos propres soins !

(on corrige les fautes, sans jugement, n'ayez donc aucune crainte)

(demi-page : texte de 5 lignes)

(page : texte de 10 lignes)

Vous devez écrire votre texte à la 3ème personne, comme si vous parliez de votre alter égo. (règle journalistique)

Car les magazines laissent à désirer, et sont souvent payants par le public, on ne sait jamais en y participant par combien de gens nous serons vus. (très peu)

On va donc jouer la carte de ce que le public veut réellement :

- voir des œuvres

- le texte est superflu (souvent on ne lit pas tout) et c'est souvent narcissique, pour se vendre, CV, palmarès, diplômes, etc... évitons cela.

- texte intelligent, court, présentant votre univers artistique à offrir au public.

(nous allons utiliser une grosse police d'écriture, en créant vos pages)

(pas d'affaiblissement des yeux durant lecture)

(texte court est d'office lu entièrement par tous)

Nous sommes les moins chers, mondialement, au prix de participation du magazine, pour ceux ayant déjà participé à Nos activités d'expositions.

L'argent récolté, partira pour un tiers, dans la publicité payante, pour être vue plus amplement, et Gratuitement sur internet... PAR TOUS... accédant au magazine FR.

La publicité se fera sur le canal de Meta (Facebook).

Si vous êtes anglais ou néerlandophone, on traduira votre texte en français. Et je pense à juste titre que c'est une aubaine pour les avertis !

(zones de distribution publicitaire : Belgique, France, Luxembourg, Suisse, Canada)

Nous toucherons environ entre 500.000 et 1 million de gens, aimant l'art.

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Le magazine anglophone, touchant le reste du monde, sera pour l'année prochaine, et tout texte français, néerlandais, allemand ou autre langue étrangère, sera traduit en anglais pour peaufiner le magazine anglicisé.

Cordialement Vôtre,

En attente de Votre décision,

 

Micka Freeman, Digital Art Curator

Artist's name : Fastywexoz008.

https://ea-gallery.com

https://www.facebook.com/mick.freeman.526

https://instagram.com/digital.nftart.curator.belgium

 

Associate Galleryholder, Jerry Delfosse

https://www.espaceartgallery.eu    

https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu/

https://www.instagram.com/espace.art.gallery/

 

L’Espace Art Gallery est un espace multiculturel de 250 m² et annexes sur 3 niveaux ! À la fois galerie d’art moderne, éditions d’art annuelle et tiré à part, rencontres littéraires, conférences variées, fêtes de remise des recueils et diplômes d’art aux artistes, vidéos d’artistes, art numérique diffusé sur différents écrans au studio, conférences et initiations sur les NFT, un nouveau magazine d’art en FR et l’année prochaine en ANG et un nouveau partenariat centré sur les événements de luxe. Une campagne marketing ciblée sur Facebook sur deux ans pour toucher encore plus de monde ! Soit 7 partenaires internes et 17 partenaires externes à la galerie et très présente sur 9 sites Internet et réseaux sociaux…

 

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administrateur théâtres

Concert de clôture à Rixensart

Concerts

Trois soirs à Rixensart

À Rixensart : Le violon de Chagall est par-dessus les toits

Concert de clôture prestigieux avec notre fougueux violoniste belge Lorenzo Gatto — qui fêtera bientôt ses quarante ans — et son alter ego, le pianiste arménien Ashot Khatchatourian, formé notamment à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Artiste international, Ashot Khatchatourian se produit régulièrement en Europe et dirige le Concours International de Musique Ysaÿe qu’il a fondé.

Et qui aurait cru devoir ajouter des chaises dans la cour du château pour accueillir tous ceux qui voulaient écouter leur concert, lors de cette troisième et dernière soirée musicale de Rixensart ?

Ce que nous avons reçu des deux artistes fut une véritable infusion musicale de bonheur. Lorenzo et Ashot : deux tempéraments, deux instruments, mais une seule respiration. Une connivence musicale si profonde que l’on finit par oublier où s’arrête le violon et où commence le piano.

Il faut ajouter que ce magnifique récital était dédié à la mémoire du violoniste Alexei Moshkov, Konzertmeister du Belgian National Orchestra, qui avait vécu à Rixensart et nous a quittés brutalement l’an dernier. Une soirée de musique et aussi de mémoire.

Place aux artistes. Deux nocturnes de Chopin, joués de mémoire, ouvrent la soirée. Soudain fuse le précieux Andante. Un nuage léger et transparent vient se poser entre deux fils de lampions, comme pour savourer lui aussi cette musique pleine de souvenirs. Sachez que l’on vous regarde et que l’on vous écoute depuis le ciel bleu.

Et puis surgit l’archet bondissant de Lorenzo dans la Sonate pour violon et piano n° 8 de Beethoven en sol majeur, op. 30 n° 3. Le jeu du violoniste est très marqué. Il y a des rugissements, des pas de côté, des élans pour mieux se relier au pianiste qui œuvre derrière lui. Ashot Khatchatourian, à l’ombre des arcades, semble pouvoir, à lui seul, constituer un orchestre entier.

Au deuxième mouvement, le duo devient chantant. Un oiseau, perché sur le toit, s’en mêle. Rires. Et la musique continue, à tire-d’aile. Quand l’archet étire les sonorités, le piano répond en accords délicats. C’est une sérénade à deux. Puis le piano prend l’initiative et les trilles jaillissent du violon, les yeux fermés.

Le menuet s’achève en notes d’arpège et deux accords feutrés. Dans le dernier mouvement, la passion se transmet de la tête aux pieds du violoniste. C’est une force vitale, une sève brûlante de printemps.

Chopin, pour calmer le jeu ? Que non ! Voici aussitôt le Scherzo n° 2 en si bémol mineur op. 31, qui déferle sur l’assistance. Une boucle ensorcelante. Le nuage est revenu.

Le piano vibre comme le tonnerre. Place à une subtile méditation avant que le feu originel ne réapparaisse. On voudrait chanter la partition tant elle est belle. Les pédales alternent la poésie et la joie de vivre. Voilà un véritable coup de foudre et des vibrations à couper le souffle. Le final est fait d’énergie pure. La cour entière encense le pianiste.

Brahms, l’amour et la liberté : soudain, le vent s’est levé et a fait tourner les pages de la Sonate pour violon et piano n° 2 en la majeur op. 100 de Brahms.

Une œuvre née alors que Brahms était amoureux de la jeune chanteuse Hermine Spies. Il parsème sa partition de citations de plusieurs chansons d’amour qu’il composait à la même époque. Un foisonnement lyrique, donc. Des échos bucoliques et champêtres, des moments de profonde intériorité, interrompus par des chants d’oiseaux. Eux encore : l’amour et la liberté.

Des gazouillis vivaces, entre merle enchanteur des jardins et rossignol du conte chinois. Mais on pense surtout à Jacques Prévert et aux barreaux de la cage, effacés un à un avec la plume de l’oiseau.

Ce souffle de liberté est par-dessus les toits, dans la cime de l’arbre, dans la beauté mélodique de Brahms et dans les cordes du violoniste et de son compère.

Leur bis, Liebesleid de Kreisler, est couronné par des applaudissements étourdissants.

Mi, fa, mi, ré, hop ? C’est fini. Trois soirs, trois voyages.

Trois soirs pour voyager de Don Quichotte et ses rêves impossibles à Nina Torunski, douze ans, ouvrant déjà les portes de l’infini ; de Saint-Saëns et ses tourments à la lumière souveraine de Mozart ; puis, pour finir, Beethoven, Chopin et Brahms, portés par deux artistes vibrants d’amitié.

Trois soirs pour retrouver ceux qui ont aimé la musique avant nous. Merci à la magie musicale qui sait si bien faire revenir les absents et transformer les souvenirs en lumière.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

https://www.soireesmusicales-rixensart.com

P.S.

Nous avons aussi pu visiter en compagnie de Charles-Louis de Mérode les très belles salles du château, une très longue histoire. https://chateauderixensart.be/histoire-du-chateau/

 

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administrateur théâtres

Deuxième soirée musicale du Château de Rixensart

Concerts

Deux concertos, un violoncelle et une harpe à Rixensart

Elle s’appelle Nina Torunski.

Une jeune fille fluette en longue robe couleur champagne, un violon entre les mains… et nous voilà entrés de plain-pied dans la magie de la musique avec l’Introduction et Tarentelle op. 43 de Pablo de Sarasate.

Ses brillants coups d’archet et ses envols vers l’infini sont saisissants, tandis que le tapis des violons murmure.

Ses bras fins disent qu’elle n’a que douze ans. Son jeu, lui, semble déjà connaître tous les secrets du violon. Impossible de la quitter des yeux tant son interprétation est brillante, précise, vivante.

Et tout de suite, les applaudissements de crépiter sous les voûtes de l’église Sainte-Croix du domaine de Mérode.

La salle est prête à accueillir le Concerto pour violoncelle n° 1 en la mineur op. 33 de Camille Saint-Saëns.

Axel de Jenlis fait preuve d’une passion rutilante, voire d’une combativité brûlante dans son interprétation. Il y a cette profondeur du son que l’on espère avec cet instrument, roi des cordes.

Tout s’enchaîne dans une fluidité remarquable.

À la tête de l’Orchestre de la Fondation Arthur Grumiaux, Luc Dewez s’active tel un peintre passionné, enivré de mouvement et de couleurs. Van Gogh à l’œuvre, devant son chevalet ? La baguette en guise de pinceau?

Une escapade de légèreté avec le menuet central, puis à nouveau l’infini de la douleur ou de la félicité. Mais plutôt des émotions qui torturent le violoncelliste, corps et archet. Cœur et âme, il se livre avec sincérité. Et puis l’aboutissement heureux de la coda en la mineur. On respire!

En bis : Le Cygne, dans un arrangement sublime avec la harpiste. Et cette dernière gamme descendante… pure merveille! Quelle soirée palpitante !

Et maintenant, la grâce, la joie, la lumière bienfaisante de Mozart avec le sublime Concerto pour flûte et harpe en ut majeur K. 299. Une harpe séraphique toujours sous les doigts d’Héloïse de Jenlis, en duo avec la flûte divine de Marie Lagaditis. Leur énergie régénère.

Les deux solistes creusent tour à tour des sentiers d’amour, des cascades de beauté, pendant que les notes trottinent parmi les violons. Elles combinent avec justesse intensité et délicatesse. Le rythme devient posé, comme un bonheur qui a trouvé sa source.

Cette musique qui a traversé les siècles s’écouterait presque les yeux fermés, si ce n’est que l’on reste fasciné par la douceur naturelle des musiciennes et leur élégance duelle.

L’Allegro final est fait de rythmes primesautiers. L’énergie devient intarissable. Leur connivence magistrale sera saluée avec éclat. Entre elles coule une véritable et profonde écoute, une compréhension de l’autre, presque instinctive.

Et pour finir, La danse lente — pas si lente — de Joseph Jongen. A thing of beauty is a joy for ever.

Ainsi se termine cette enivrante deuxième soirée estivale du Château de Rixensart.

Après le chevalier rêveur du premier soir, voici qu’une enfant de douze ans nous a ouvert les portes de l’infini. Puis le violoncelle nous a fait traverser les tumultes de Saint-Saëns avant que Mozart ne nous offre sa lumière.

La magie de la musique nous a fait voyager sans bouger, franchir les siècles, rapprocher des êtres sous le charme: on ne peut s’empêcher de communier, dans une gratitude profonde qui s’est installée sans le moindre bruit.

Et maintenant, rendez-vous avec le violon de Lorenzo Gatto, pour la troisième et dernière soirée, le 22 août à 18h30. 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

https://www.soireesmusicales-rixensart.com

 

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administrateur théâtres

Concerts

Deux voix un piano et le lyrisme au château de Rixensart

Été et soleil brabançons ?

Au Château de Rixensart, les vieilles pierres qui viennent d’accueillir, au mois de juillet, des soirées théâtrales consacrées à la légende du roi Arthur ont maintenant rendez-vous avec la musique.

Une nouvelle QuêteDu 17 au 22 août, la magnifique cour intérieure du château, dotée d’une excellente acoustique, accueille trois splendides soirées musicales où se mêlent jeunes talents, grands chefs-d’œuvre et interprètes d’exception.

Tout ce que l’on aime.

Et quel meilleur endroit qu’un château pour accueillir celui qui confond les moulins avec des géants et transforme le réel en épopée ou en rêve ?

Ce soir, lundi 17 août à 18h30, c’est le légendaire Don Quichotte qui est apparu dans l’auguste demeure des princes de Mérode, dont la première pierre fut posée en… 1615. Une date qui fait joliment écho à celle où le roman de Cervantès, épique et parodique, prenait lui aussi son envol.

Trois artistes extraordinaires de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth nous ont entraînés dans l’univers de cet attachant chevalier : la mezzo-soprano Marion Vergez-Pascal, le baryton-basse Oleg Volkov et la pianiste Kira Parfeevets.

Don Quichotte, rêveur magnifique, idéaliste jusqu’à la déraison, était donc le mystérieux et très subtil fil conducteur d’une soirée d’une fraîcheur inimaginable, pleine de fantaisie et d’émotion esthétique.

Les deux artistes lyriques ont exploité une vivante palette d’émotions, cueillies avec tendresse dans un florilège très varié de notre patrimoine lyrique.

C’est toute la magie d’une programmation pleine d’humour, qui brise les frontières et invente des correspondances.

C’est le réel plaisir d’écouter deux voix impeccables, pleines et chaleureuses.

C’est une franche admiration pour la finesse, la précision et l’entrain dans la présence théâtrale des deux artistes et une mise en scène aérienne. De quoi allumer l’esprit et le cœur.

Alors on se laisse porter. Une mélodie, une voix, des paroles, des duos, un personnage, une langue nous emmènent ailleurs… Et soudain surgit ce long air russe intense et pénétrant qui brille, lui aussi, sous l’inaccessible étoile.

 

Reste à savourer ce précieux bonheur. À fondre devant le souvenir ému de la voix de notre grand Jacques.

Et à souhaiter que nos applaudissements, généreux et enthousiastes, puissent se transformer en… bouquets de fleurs.

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PS. Et tout cela en hommage discret à un illustre grand-père :

José van Dam, notre cher artiste lyrique belge, né le 25 août 1940 à Ixelles et mort le 17 février 2026 à Bruxelles.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

https://www.soireesmusicales-rixensart.com

 

https://www.rtbf.be/article/le-chateau-de-rixensart-ouvre-sa-cour-a-trois-soirees-musicales-11771451

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Découverte...

"Le carnet et les instants " ( 12 août 2026 ).

Article de Rony Demaeseneer  consacré au poète Lucien Noullez   : La "basse continue " des mots...

 

..." Cet émerveillement, cet éblouissement perpétuels , dit l'auteur, ce sont bien sûr les héritages des "cagoules de l'enfance" que l'on n'oublie jamais complètement . Les poèmes dès lors  sont des aires de jeux, de jongleries, d'acrobaties , des totems coincés entre une partition et un dictionnaire ".

" Les petits ploc de la pluie dans nos flaques noires

 rappelleront toujours la nuit des temps.

Cette nuit, personne ne la connaît.

C'est trop haut, c'est trop loin,

mais on sait que la pluie

a traversé depuis toujours

un tambour et un alphabet ".

 

"Opus 26 " suivi de "Je cherche mes mots"  -Lucien Noullez  . Maison d'édition " Le Taillis Pré ".

"Une tasse d'étonnement : anthologie ( 1985-2023 ) - Lucien Noullez   " Le Tailli Pré ".

 

...que je  me réjouis de découvrir bientôt  , peut-être en écoutant la Sonate aux adieux ... peut-être pas...

 

 

 

 

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administrateur littératures

Dans le cadre des Rencontres Littéraires de Bruxelles de l'Espace Art Gallery, 83 rue de Laeken, 1000 Bruxelles, initiées par Robert Paul puis reprises à sa demande par Thierry-Marie Delaunois qui en est devenu l’organisateur et l’administrateur en 2021, seront accueillies en présentation et en dédicaces le 12 septembre à 15h Leïla Zerhouni et Pascale Hoyois. 

Ouvrages en présentation : "1973" et "La Valisette de mon père", nouvelles de Leïla Zerhouni (Editions Lamiroy) et "La Négociatrice", un roman de Pascale Hoyois (CCJ éditions).

Leïla Zerhouni sera interviewée par Cherifi Ghezala de la FWB, fondatrice et Présidente de LABA (les amitiés belgo-algériennes) et Pascale Hoyois par l’auteur jeunesse Christian Boucart. 

Bienvenue à tous et toutes ! 

Nb : l'entrée est gratuite et un drink des Amitiés littéraires clôturera l’événement. 

Accueil : Jerry Delfosse, fondateur et directeur de la Galerie. 

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Un jour en été

 
Le soleil aux cheveux d'argent
Les perles du temps
Le cristal de l'âme est dans le jardin
L'aiguille de la joie danse
Le nuage phagocyte le soleil
Désespéré les yeux gris
Laisse tomber 2 gouttes d'or
Lionel.M le 8 août 2023 22h30
La nuit se répand mais les lumières veillent
Et les fleurs témoignent pour les étoiles
 
Lionel M.
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A "Soleil de canicule " et "Comme un adieu"

Leçon de survie,en milieu hostile n° 1 .

"Le sentier s'élevait doucement dans la forêt . On apercevait les Rocheuses au loin. (...)

Scott a raconté qu'il avait aperçu un ours un matin.

J'ai appris ainsi en cheminant que l'ours n'aime pas être surpris, qu'il faut crier avant chaque virage, reculer lentement si l'on en rencontre un , lui parler, ne jamais tourner le dos à l'animal, qu'il est extrêmement dangereux s'il a des petits et enfin que l'on doit se jeter à terre s'il charge. Je me suis retrouvé plusieurs fois en tête dans la montée, ai émis de petits sifflements à chaque tournant, toussé régulièrement le reste du temps , eu une poussée d'angoisse, un peu avant le sommet, l'une de mes semelles de chaussures , s'étant presque totalement décollée"...

Patrice Robin : "Le voyage à Blue Garp"   - P.O.L. 2011.

 

Et, j'ajouterais : ne jamais regarder un ours dans les yeux !

Lunettes "Soleils noirs "- Stelvision.

Eclipse 12 août 2026.

 

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Trois qui ne sont pas de la même chapelle,
Chacun sait dire à sa façon la messe,
Arguant des mots dans sa bible usuelle,
Disant son ” vrai ” à la foule en détresse !

L’acteur, lui, qui endosse tant de costumes,
Sur la scène, clame de fausses histoires,
Ecrites pour lui, pour sa gloire posthume,
A des yeux émerveillés n’osant y croire !

Le journaliste ne sait pas et veut savoir,
Glane là où il peut la riche nouvelle,
Qu’il sortira fièrement d’un secret tiroir,
La soif étanchée et si naturelle !

Quant au curé, servant des jeunes années,
Vêtant une soutane pour les crédules,
Jurant à tout-va des bontés oubliées,
Se voit un dieu sur terre fort comme Hercule !

Dans le halo des jours ils veulent paraître,
Arborent des costumes, micros, symboles,
Porteurs de mots, de rêves à faire naître,
Agitent nos ennuis, nos quotidiens frivoles !

GCM
Pensée du jour.1/8/2026

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administrateur théâtres

Des cailloux plein les poches, Genval

Spectacles

« Des cailloux plein les poches », avant-dernière

Festival « Il est temps d’en rire » – Genval

Décryptage

Cela démarre à un train d’enfer. Il faut un certain temps pour que l’oreille s’habitue au rythme des … vociférations et des jeux d’accents étranges.

Deux champs inclinés se font face : celui où évolueront les comédiens et le nôtre, semé de transats Atlantic Blue, ornés du mystérieux visage d’une pieuse… faiseuse de bière belge. Absence de décor, côté scène végétale, tandis que le public sirote tranquillement ses cocktails en attendant les artistes. Guinness is good for you… Mais, curieusement, on n’en a pas trouvé au comptoir. Seulement des limonades… aux fleurs calmantes !

À l’heure dite, les deux acteurs déboulent sur leurs pelouses en terrasses comme deux bolides lancés dans un shaker. Vont-ils s’écharper ? Comédie ou tragédie ? On pensait… humour !

Puis, presque sans qu’on s’en aperçoive, l’Irlande apparaît. Un arbre cachait la forêt. Une forêt de figurants. Pour tout décor, une simple barrière à vaches qui, par la magie du théâtre, devient tantôt fermes, enclosure — so British ! – église, château, loge de diva et le pub favori du village. Nous sommes au cœur du Kerry irlandais. Shakespeare n’aurait pas renié cette économie de moyens où le verbe suffit à faire naître le monde.

Nous étions arrivés très tôt pour choisir les meilleurs transats. Nous y faisions carrément la sieste sous couverture, et puis à l’heure dite, ce réveil tonitruant! Comme souvent, nous avions volontairement évité de lire le résumé de la pièce. Nous aimons découvrir les spectacles sans mode d’emploi.Peu à peu, le voile se lève.

Les deux comédiens ne sont pas deux personnages, mais près d’une vingtaine. À coups de voix, de postures, d’inflexions, ils passent de l’un à l’autre avec une virtuosité sidérante. Pendant une heure trente, ils s’interpellent, se répondent, changent d’identité en une fraction de seconde. Il faut suivre, mais quel bonheur lorsque la mécanique devient lisible !

Ce double seul-en-scène tient du prodige.

Charlie et Jake, deux chômeurs d’un petit village irlandais où même le ramassage de la tourbe ne nourrit plus son homme, se font engager comme figurants sur le tournage d’une superproduction hollywoodienne venue exploiter les vertes collines du Kerry, berceau de l’âme irlandaise.

Autour d’eux gravitent réalisateurs, producteurs, vedettes américaines, gardes du corps, habitants pittoresques, enfants, touristes… Toute cette galerie de personnages naît sous nos yeux grâce au seul talent de Stéphane Pirard et Thibaut Nève. C’est proprement bluffant.

Au début, la pièce semble parodique, grinçante, presque chaotique. Elle cahote comme une charrette lancée dans une descente vertigineuse. On se demande où tout cela nous mène. Puis l’émotion s’installe. Mieux, une profonde empathie pour le drame qui éclate.

Sous les éclats de rire apparaît la résistance silencieuse d’un village face à l’invasion hollywoodienne. Les vaches elles-mêmes semblent prendre parti. Le truculent cède la place à l’émotion, puis au cruel.

They shoot horses, don’t they?

Ce souvenir cinématographique revient du fond de la mémoire. Pas des plus jeunes, bien sûr, mais l’occasion de leur expliquer Sydney Pollack. À chaque siècle, ses crises profondes.

Si nous avions eu des brassées de fleurs, nous les aurions offertes avec immense gratitude à ces deux acteurs héroïques : Stéphane Pirard et Thibaut Nève. Ils ont simplement dit : « Demain, c’est le dernier soir » en retenant leurs larmes, faisant sourdre les nôtres.

Et les cailloux de Sean ? Plus jamais je ne regarderai un caillou comme avant. Pourtant, comme lui, je les ai toujours aimés.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Plus d’info

Mise en scène : Thibaut Packeu

Texte : Marie Jones, adaptation d’Attica Guedj et Stephan Meldegg

Scénographie et costumes : Sophie Hazebrouck

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administrateur théâtres

Musica Mundi, l'Excellence à Waterloo

festival

La 28e édition du festival Musica Mundi

du 20 juillet au 2 août 2026

 

Retour sur un festival d’été que nous suivions avec amour… bien avant le Covid ! Il est entièrement basé sur des valeurs que nous vénérons : l’enseignement et la transmission.

À Waterloo, entre les murs paisibles de Fichermont, l’école internationale de Musica Mundi constitue une grande famille musicale depuis plus d’un quart de siècle. Elle a la coutume d’inviter comme professeurs les plus grands interprètes de notre temps, les réunissant autour de ceux qui seront peut-être les plus grands de demain. Main dans la main.

Ici, les jeunes aspirants en résidence, viennent de tous les coins de la planète et ont la chance immense de respirer la musique du matin au soir. Ils apprennent à écouter autant qu’à jouer. Ils découvrent que la virtuosité n’est pas un défi d’ordre physique ou mental pour recueillir des louanges, mais que la musique classique est avant tout une école d’humilité, de dialogue et de confiance. Aussi de solidarité à toute épreuve.

Donc, cette école, sous le haut patronage de Mathilde, Sa Majesté la reine des Belges, se veut être un berceau culturel bienveillant pour des cohortes d’amoureux de la musique. On le sait, si à la Chapelle Musicale Reine Élisabeth, on prépare l’envol des grands solistes, à Musica Mundi, c’est l’étape précédente, la formation dès le plus jeune âge, offerte à de jeunes oiseaux qui apprennent à écouter le vent avant de déployer leurs ailes. Et après ? The Juilliard School, le Royal College of Music, le Mozarteum, des institutions les plus prestigieuses au monde…

Cette philosophie, imaginée dès 1999 par Leonid et Hagit Kerbel, dépasse incontestablement le seul enseignement instrumental. Elle défend des convictions profondément humanistes : former des musiciens d’exception, certes, mais surtout des êtres humains capables de faire de la musique un langage universel de paix et de fraternité. Le plus beau des objectifs, on en conviendra !

Rien d’étonnant, dès lors, que Maxim Vengerov ait trouvé dans cette aventure une résonance si intime.

Le violoniste, considéré comme l’un des plus grands musiciens de notre époque, n’a jamais conçu sa carrière comme une enfilade de triomphes internationaux. Partout où il voyage, il cherche les jeunes talents qui méritent d’être accompagnés. Lorsqu’il découvrit Musica Mundi, il reconnut immédiatement une vision commune : offrir aux nouvelles générations un environnement où l’exigence artistique marche main dans la main avec les valeurs humaines pour en faire des citoyens du monde…

Maxim Vengerov est ainsi devenu en 2018 le « Goodwill Ambassador » de la Musica Mundi School. Dans le même temps, il revient régulièrement au festival estival annuel où il donne des concerts, des masterclasses et partage cette présence généreuse qui fait les grands pédagogues. Son message est limpide. En même temps que les techniques musicales, il veut faire transparaître sa confiance en l’homme et que la manière de jouer soit une façon … d’habiter le monde.

Derrière la perfection de l’archet ne se cache pas seulement un immense travail. Il y a la rose des vents de l’âme. Celle qui oriente toute une vie vers la beauté, le partage et la transmission. Dans une communion d’esprit et de cœur.

Cette année encore, Maxim Vengerov a bien retrouvé “sa” famille musicale à Waterloo, montrant au public combien le feu de sa passion musicale peut enthousiasmer le public des élèves, et celui des admirables mécènes, et celui des invités à la fête musicale, tout à coup, aspirés vers les sublimes sphères de l’émotion artistique. Et oui, l’Art est fait pour faire vibrer nos rêves humains.

Lors du concert de ce 27 juillet, nous avons écouté la Chaconne, partita n° 2 pour violon solo, BWV 1004, les yeux remplis de larmes, d’un bout à l’autre. Et ses duos extraordinairement complices de Beethoven et de Schubert, avec le fougueux pianiste Sergio Tempo, ont tenu du prodige.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

Musica Mundi  

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Hommage à QUEEN !

CONCERT : CANDLELIGHT – QUEEN 

Formule musicale particulière, Candlelight mise sur autre chose que les salles traditionnels de concert. Ici pas de rideau ni de projecteurs ! Une petite formation sur scène, des arrangements musicaux pour mettre à l’honneur le squelette des mélodies originales et une ambiance tamisée par des centaines de bougies. À Bruxelles, ces concerts se tiennent dans des lieux prestigieux. L’ambiance privilégie le calme et l’intimité, loin des lieux qui attirent des milliers de fans venus acclamer une vedette. La lumière est douce et le public découvre la programmation dans le silence. Le présent concert rend hommage à Queen, groupe majeur du rock britannique, fondé au cours des seventies par Freddie Mercury, qui en a été la figure centrale. Une voix unique autant qu’une présence fédératrice ! Qu’on le veuille ou non, Queen a marqué l’histoire de la musique de la seconde moitié du XXe siècle. Son répertoire continue d’être écouté par différentes générations, avec des titres qui mélangent rock, opéra et ballades. Ils parlent d’amour, de liberté, de puissance et d’émotion.  Bien entendu, la formule Candlelight dépouille ces morceaux de leur orchestration connue pour les faire découvrir autrement. La version quatuor à cordes, sans guitare électrique et sans batterie, met tout l’accent sur le jeu des violons, de l’alto et du violoncelle, faisant que les arrangements deviennent plus sobres afin de laisser émerger la seule beauté des mélodies Le programme comprend Bohemian Rhapsody, Somebody To Love, Under Pressure, I Want To Break Free, We Will Rock You, Who Wants To Live Forever, Another One Bites The Dust, Don’t Stop Me Now, The Show Must Go On, Killer Queen, Love Of My Life, Radio Ga Ga et Crazy Little Thing Called Love. Chaque chanson conserve son identité, même s’elle change de couleur. Les harmonies ressortent différemment et le génie de la composition devient plus visible.  Candlelight propose ainsi une autre lecture de Queen, avec une écoute plus lente et plus sensible. Une expérience immersive qui redonne à ces chansons une nouvelle intensité. Une performance musicale à découvrir le 29 août 2026 au Concert Noble. Voyez plus de détails sur le site officiel  www.candlelightexperience.com

Rue d'Arlon, 82 à1000 Bruxelles

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THÉÂTRE : LE SONGE D’UNE NUIT  D’ÉTÉ

Ecrite vers 1595 par William Shakespeare, cette comédie a traversé un demi-millénaire sans perdre une once de sa fraîcheur ni de son pouvoir d’enchantement. Située entre la ville d’Athènes et une forêt mystérieuse, l’action raconte l’entrelacement de plusieurs destins, où se mêlent amours contrariées, quiproquos savoureux et interventions surnaturelles. Tout commence avec Hermia, que son père veut marier à Démétrius, alors qu’elle aime Lysandre. Refusant cet hymen imposé, les deux amants s’enfuient dans la forêt, bientôt rejoints par Démétrius et Héléna, cette dernière étant éperdument amoureuse de lui. Le quatuor se retrouve alors plongé dans un univers où les lois humaines s’effacent au profit de forces invisibles et capricieuses. Dans ce monde nocturne règnent Obéron et Titania, souverains des fées, dont la dispute perturbe l’ordre naturel. Pour se venger de son épouse, Obéron demande à Puck, esprit espiègle et imprévisible, d’utiliser une fleur magique dont le suc fait tomber amoureux de la première créature aperçue au réveil. Toutefois, l’intervention de Puck, maladroite ou volontairement chaotique, entraîne une cascade d’erreurs. Les sentiments se déplacent, se déforment et se contredisent, transformant les relations en une sorte de dédale complexe où chacun poursuit un amour qui lui échappe. À cette confusion s’ajoute une troupe d’artisans venus répéter une pièce de théâtre. Leur naïveté et leur maladresse dotent l’intrigue principale d’un contrepoint burlesque, notamment lorsque Bottom, l’un d’entre eux, se voit affublé d’une tête d’âne et devient malgré lui l’objet de la passion de Titania ensorcelée. Par le truchement de cette mécanique parfaitement orchestrée, William Shakespeare explore la nature instable du désir. L’amour y apparaît irrationnel, presque arbitraire et soumis à des influences extérieures qui en révèlent le caractère fragile et fluctuant. Loin de verser dans le cynisme, la pièce célèbre cette instabilité en tant que décalage et  poésie. La forêt se mue de fait en une zone de mutation, une ère où les identités se brouillent, où les hiérarchies sociales se dissolvent et où chacun se confronte à ses propres illusions. Créée probablement à l’occasion d’un mariage aristocratique, la pièce porte en elle une dimension festive et harmonieuse. Après le tumulte de la nuit, l’ordre reprend ses droits et les couples se reforment, les conflits s’apaisent et la société retrouve sa symétrie, même si cette résolution n’efface pas complètement le trouble engendré par l’expérience nocturne et laisse subsister l’idée que la réalité elle-même pourrait s’assimiler à un songe. La singularité  de Le Songe d’une nuit d’été a immédiatement connu une consécration. Depuis plus de cinq cents ans, l’œuvre se trouve régulièrement montée, adaptée et réinventée à travers le monde et continue de séduire par sa capacité à toucher tous les publics, mêlant légèreté et profondeur, humour et réflexion. Aujourd’hui, toujours, elle incarne une forme de théâtre total, où le texte, la musique, le mouvement et la scénographie participent à une expérience immersive. Plus encore, elle rappelle que le théâtre demeure un des derniers lieux de liberté, où on peut suspendre les règles du réel pour mieux explorer les contradictions humaines. La mise en scène de Thierry Debroux s’inscrit dans cette volonté de tradition et de réinvention. Denis Carpentier, Mathilde Daffe, Charlotte De Halleux, Emmanuel Dell’Erba, Perrine Delers, Thierry Janssen, Mathilde Laulier, Antoine Minne Jean-François Rossion, Lili Sorgeloos et une poignée d’autres comédiens donnent vie aux personnages jusqu’au 15 août 2026 dans les ruines de Villers-la-Ville. Ce spectacle sera également joué à la rentrée au Théâtre royal du Parc. Autre lieu, autre ambiance ! Plus de détails sur le site www.villers.be

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Kate Milie : rencontre

RENCONTRE KATE MILIE

Brux-Elles, 50 femmes – 50 lieux de balades, le nouveau guide de Kate Milie, paru chez 180°éditions s’articule autour de la découverte de femmes liées à Bruxelles et de lieux leur étant associés. L’opus se glisse facilement dans sacs, besaces et poches. Allons-nous donc nous promener en compagnie d’une autrice qui n’hésite pas à s’offrir des expériences d’écriture diversifiées. Rencontre avec une autrice prolifique !

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Dans quel contexte est né cet opus très original ?

Cela fait des années que je m’interroge sur l’espace public, les noms des rues, la représentation des femmes, la statuaire exaltant des allégories à moitié nues, la quasi invisibilité des femmes dans les musées, les livres d’histoire, etc. J’ai présenté un projet un peu flou à mon éditeur qui m’a aidé à y voir un peu plus clair.

 

Qui a choisi ce titre Brux-Elles ?

J’ai donc contacté mon éditeur en croisant les doigts (Oh, j’aimerais tant écrire ce livre, oh pourvu qu’il accepte !)… Son mail de retour fut sans équivoque : « Génial, Kate, ce livre, on va l’appeler  Brux-Elles.

 

Quelles ont été les coulisses de l’écriture de Brux-Elles? La découverte de ces cinquante femmes est-elle liée à des balades ou des recherches en bibliothèque ?

Il y a un peu de tout, des balades-recherches dans la ville, faites en solo ou en compagnie d’associations féministes (« L’Architecture qui dégenre », « Noms peut-être ») que je continue à fréquenter, des recherches menées sur internet et en bibliothèque. Le hasard des rencontres a également joué un rôle non négligeable … Je songe à l’écrivaine Marie-Thérèse Bodart, finaliste du prix Femina en 1938 (republiée chez Samsa) découverte grâce à sa petite-fille, l’autrice Florence Richter, rencontrée à un lunch organisé par une amie commune…

 

A qui ce guide s'adresse-t-il particulièrement ?

Aux lectrices et lecteurs aimant se promener dans la ville, livre en main et re/découvrir la ville sous un angle différent. Aux personnes s’intéressant à l’espace public, la représentation du genre, l’histoire de femmes, leur immense apport à la société, à la culture, à la vie de tous les jours…

 

Comment s’est opéré le choix des cinquante femmes ?

Je voulais des femmes avec des profils différents associées à des lieux aussi différents les uns des autres. C’est ainsi que l’on croise dans le livre la militante LGBTQ+ Suzan Daniel, des féministes de la première vague, Marie et Louise Popelin, Léonie Lafontaine, mais aussi la peintresse Louise De Hem, Lina Cauchie qui a longtemps été éclipsée par la renommée de son mari, Josyne Von Beethoven, une femme accusée de sorcellerie, morte sur un bûcher dressé sur la Grand-Place de Bruxelles, Fernande Volral, une résistante 40-45 assassinée à l’âge de 24 ans dans un camp de concentration en Allemagne…

 

Beaucoup ne savent pas qu'Audrey Hepburn a vécu à Bru-xelles…

Elle est née à Ixelles et y a vécu les 5 premières années de sa vie. La maison où elle a vécu est ornée d’une plaque mémoire et un petit square à proximité porte son nom. Dans mon livre, elle est située entre la résistante Andrée Gueulen qui a sauvé beaucoup d’enfants juifs et la dessinatrice Gabrielle Vincent. Comme je voulais des femmes avec des profils très diversifiés, l’hollywoodienne Audrey Hepburn (qui fut ambassadrice de l’Unesco) avait toute sa place.

Quels  lieux  t’ont le plus marquée ?

Spontanément, je songe au monument rendant hommage aux femmes victime de féminicides (Saint-Gilles), le monument aux femmes déportées à Ravensbrück (Woluwe-Saint-Lambert), l’extraordinaire maison-atelier Art nouveau de Louise De Hem (Forest)… L’atelier de Lina Cauchie (Etterbeek) qui se visite de temps en temps (lors des journées du Matrimoine...).

 

Ton livre est préfacé par l’écrivaine féministe Laurence Rosier…

Cette préface est un magnifique cadeau ! Laurence Rosier est linguiste et professeure à l’Université libre de Bruxelles. Dans cette préface elle rappelle que « Marcher dans la ville, pour les femmes, n’a jamais été un geste anodin. Dans des espaces encore marqués par l’inégalité et parfois l’hostilité, occuper la rue est déjà un acte culturel et politique ».

 

Te considères-tu féministe ?

Si l’on entend par féminisme la volonté de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes que ce soit dans les domaines politiques, économiques, culturels et autres, de lutter contre les stéréotypes, le sexisme, etc., oui, je le suis, profondément même. Petit scoop, je parle peu de ma vie parallèle, mais j’ai dans le passé travaillé pour un grand mouvement féministe.

 

Peux-évoquer tes autres livres, ceux qui te tiennent à cœur ?

Je suis l’autrice d’une dizaine d’opus dont L’assassin aime l’Art déco, un pol/art mettant en scène des meurtres dans des lieux Art déco bruxellois, le livre paru en 2012 a été réédité en 2025 à l’occasion des 100 ans de l’Art déco. Le mystère Spilliaert, dans un jeu passé-présent, rend hommage au peintre Léon Spilliaert et emmène lectrices et lecteurs sur les plages d’Ostende, Femme vue de dos suit une même dynamique (sauf que l’histoire se déroule à Paris) et s’enracine autour des femmes ayant fait partie de l’univers de Toulouse-Lautrec. Bruxelles Love, mon précédent guide de balades, proposant 60 lieux de rendez-vous à Bruxelles va connaître son cinquième tirage à la fin de l’année 2026 et va être complètement relooké.

 

Une cinquième édition pour Bruxelles Love ? L’ancrage est totalement local … Comment com-prendre ce succès ?

Je ne sais pas. Le livre allie insolite, glamour, romantisme, de l’arpentage urbain, la découverte de petits musées insolites, des bars cozy, des hôtels fastueux… La thématique du rendez-vous touche aussi bien à l’intime qu’au collectif.


Retrouvez Kate Milie sur www.180editions.ch

Propos recueillis par Dominique Larzac.

 

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ALICJA POLECHONSKA : SUMMER FLOWERS (expo)

EXPOSITION : SUMMER FLOWERS

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Originaire de Pologne, Alicja Polechonska a choisi la Belgique comme terre d’ancrage, après avoir construit les bases de sa formation artistique au Lycée des Beaux-Arts Plastiques de Koszalin. Cette première étape lui a permis d’acquérir une solide maîtrise du dessin et de la composition, avant qu’elle ne poursuive son parcours à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, où son langage pictural s’est progressivement affirmé. Son œuvre se distingue par une approche sensible du monde qui l’entoure. Les paysages, les architectures, les fleurs et les formes inspirées de la nature dialoguent dans des compositions où l’imaginaire conserve toujours une place essentielle. L’artiste ne cherche pas à reproduire fidèlement le réel et préfère en retenir l’atmosphère, la vibration et les émotions. De la sorte, ses toiles invitent le regard à circuler librement entre éléments figuratifs et interprétations plus personnelles. La couleur occupe une place primordiale dans sa démarche. Qu’elle travaille à l’acrylique ou à l’aquarelle, les teintes lumineuses insufflent de l’énergie à ses élaborations, tandis que les harmonies plus délicates sculptent des espaces de contemplation. Chaque œuvre semble raconter une histoire silencieuse, où les formes et les couleurs remplacent les mots. Cette liberté créative s’accompagne d’un véritable sens de la construction. Derrière l’apparente spontanéité du geste se tient une réflexion attentive sur les équilibres visuels. Les lignes, les masses colorées et les motifs s’organisent pour donner naissance à des images à la fois dynamiques et apaisantes. Cette dualité constitue l’une des signatures de son travail. Au fil des années, elle a animé plusieurs ateliers artistiques. Cette expérience a nourri sa conviction que l’art reste avant tout un moyen de rencontre et de partage. Créer ne consiste pas seulement à produire des images et encourage les échanges, tout en ouvrant des perspectives. Pour ce mois d’août, Alicja Polechonska présente une série intitulée Summer Flowers, qui s’inspire du monde végétal et, plus particulièrement, des fleurs sauvages qui peuplent les prairies et les forêts. L’artiste y explore la richesse des formes, la diversité des couleurs naturelles et la fragilité de leur présence souvent discrète au fil des saisons. À travers cet ensemble, les fleurs deviennent des symboles de vitalité et d’émerveillement. Sans céder à la simple illustration botanique, cette exposition propose une interprétation personnelle, où l’observation attentive se mêle à la rêverie. Summer Flowers est à décou-vrir à Espace Art Gallery du 7 au 30 août 2026. Référez-vous à tous les détails pratiques sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Sam Mas

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Jean-Jacques Detiège : rencontre

RENCONTRE JEAN-JACQUES DETIÈGE

Vêtu de sa salopette bleue, Jean-Jacques Detiège, né il y a bien longtemps, sillonne les écoles de la région bruxelloise et du Brabant wallon pour aller raconter des histoires aux enfants. Avec un répertoire riche de plus de quatre cents récits, ce conteur aime émerveiller, étonner et inviter ses auditrices ainsi que ses auditeurs à ouvrir les yeux sur le monde. Rencontre.

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Qu’est-ce qui vous a poussé à quitter la médecine pour vous consacrer pleinement à l’art du conte ?

J’ai toujours porté en moi le désir de devenir comédien. C’était une envie profonde, presque instinctive, qui m’accompagne depuis l’adolescence. Mais, il y a cinquante ans, envisager une carrière artistique n’était pas chose aisée. Surtout dans certains milieux où la sécurité et la stabilité primaient sur la vocation. Pour mes parents, comme pour beaucoup à l’époque, devenir médecin représentait une voie noble, rassurante et socialement reconnue. Être comédien, en revanche, semblait incertain, fragile et presque marginal. J’ai donc choisi la médecine ou, peut-être devrais-je dire, que je me suis laissé convaincre qu’il s’agissait du choix le plus raisonnable.

 

Quelle est la place d’un conteur au XXIe siècle ?

Plus que jamais, les gens ont besoin de rêves. Nous vivons dans un monde saturé d’informations, d’écrans et d’urgences permanentes. Tout va trop vite. Le conteur, lui, invite à ralentir. Il propose un temps suspendu, un espace où l’imaginaire peut respirer. Sa place n’est pas marginale et reste essentielle. Il ne concurrence ni les technologies ni les médias modernes, il offre autre chose. Une présence, une voix et un partage. Le conte répond à un besoin universel. Les enfants, bien sûr, y trouvent des portes ouvertes sur l’imaginaire et des repères symboliques pour comprendre leurs peurs, leurs désirs, autant que leurs questionnements. Les adultes, et plus encore les aînés, ont tout autant soif d’histoires. On l’oublie trop souvent que raconter consiste à relier. Cela rappelle que nous faisons partie d’une même humanité, traversée par les mêmes émotions depuis la nuit des temps.

 

À quel moment avez-vous compris que le conte deviendrait bien plus qu’un loisir, mais

une véritable vocation ?

Très vite, en réalité. Au départ, je racontais par plaisir, presque en marge de ma vie professionnelle. Il s’agissait d’un espace de respiration, un territoire de liberté où je pouvais laisser parler mon moi intérieur. Je ne pensais pas encore en termes de vocation. Je racontais parce que j’en avais besoin, parce que cela me faisait vibrer. Pourtant, très rapidement, j’ai senti que quelque chose se passait. La demande était au fond de moi comme un appel. À l’âge de la retraite, j’ai enfin pu me consacrer entièrement à cette passion.

 

Vous avez créé environ quatre cents histoires. Comment naissent vos récits ?

L’histoire peut naître à n’importe quel instant. Il n’y a pas de rituel immuable ni de méthode rigide. Parfois, tout commence par un mot entendu au détour d’une conversation. D’autres fois, un lieu déclenche une étincelle. Il arrive aussi qu’une simple odeur ravive un souvenir et fasse surgir tout un univers. L’inspiration se veut capricieuse, même elle se trouve partout, pour peu qu’on reste attentif. Quand cette étincelle surgit, je ne la laisse pas s’échapper. Je griffonne quelques notes, souvent très brèves. Une phrase, une idée ou une image forte. Il s’agit de fragments, presque des balises. À ce stade, je ne parle pas encore d’un récit ! Ensuite vient le temps du développement. Je reprends ces notes, je les relis et je les laisse mûrir. Peu à peu, les personnages prennent forme, une intrigue se dessine et une cohérence apparaît. Construire une histoire revient à tisser une toile. Il faut trouver le fil conducteur, le rythme et les silences. Je veille à ce que le récit ait une respiration, qu’il avance naturellement et qu’il puisse être porté par la voix sans perdre sa fluidité. Le conte doit être vivant, souple et toujours prêt à être incarné. Puis vient l’étape essentielle de l’adaptation. Une histoire n’est jamais figée. Je l’ajuste en fonction du public auquel je la destine. Devant des enfants, je vais accentuer l’image, le merveilleux et le tempo. Face à des adolescents, je peux creuser davantage la symbolique ou la profondeur émotionnelle. Je dois juste m’adapter. Le conteur ne se trouve jamais seul avec son texte. Il se connecte avec ceux qui l’écoutent. Cette interaction rend chaque récit unique, même s’il a déjà été raconté cent fois.

 

Vos histoires sont-elles plutôt inspirées de votre vie personnelle ou de votre imagination pure ?

Elles proviennent avant tout de mon imagination. C’est elle qui représente la source principale, le moteur intime de mes récits. J’aime inventer des univers, créer des personnages qui n’ont jamais existé et explorer des situations improbables ou poétiques. L’imaginaire me fournit une liberté totale qui déplace les frontières du réel, transforme le quotidien en merveilleux ou fait surgir l’extraordinaire au détour d’un détail ordinaire. Ma vie personnelle, en réalité, intervient très peu de manière directe. Ce monde-là appartient à une autre sphère de mon existence. En revanche, même si je n’y puise pas des intrigues, elle m’a sans doute apporté une connaissance plus fine de l’humain. L’écoute, l’attention aux fragilités

et la compréhension des peurs ou des espoirs nourrissent indirectement mon regard de conteur. Mais cela ne va jamais au-delà d’influences souterraines qui mériteraient d’être transposées. J’aime la distance qui permet d’embrayer pour la création et le plaisir d’inventer m’anime plus que tout.

 

Pour vous, quelle est la force d’un bon conte ?

Un bon conte se résume d’abord à un bon script. Tout commence là ! On ne peut pas se reposer uniquement sur le talent d’orateur ou sur une belle voix. S’il n’y a rien de solide derrière, le récit sonne creux. Il ne faut pas conter si l’on n’a rien à dire. La force d’un bon conte réside dans sa construction. Il doit avoir une ossature claire, un fil conducteur et une progression qui tient l’auditeur en haleine. Chaque mot compte. Chaque silence aussi ! Un bon récit ne tient pas seulement dans une suite d’événements. Il emmène le public quelque part et il faut savoir où l’on va. Sa force tient également à sa capacité de résonance. Une bonne histoire touche quelque chose d’universel. Elle parle d’amour, de peur, de perte, de courage ou de solitude. Bref, des émotions que chacun connaît. Même si le décor est imaginaire et même si les personnages sont fantastiques, le tout doit demeurer profondément humain. À quoi sert-il ? Il sert à éclairer, parfois à questionner. Il permet de dire des vérités sans les asséner. À travers la métaphore, il ouvre un espace de réflexion. Il propose aussi un moment de communion. Pendant quelques minutes, nous sommes réunis autour d’une même histoire, d’un même souffle.

 

Après plus de vingt ans auprès des enfants, quel est selon vous le secret pour captiver un auditoire ?

Avec l’expérience accumulée au fil des ans, je peux affirmer qu’un bon texte ne suffit pas. Il ne faut pas lire les contes. Il faut les raconter ! La différence est fondamentale. Lire revient à garder les yeux sur un livre. Raconter consiste à lever les yeux, à regarder le public, à sentir ses réactions et à ajuster son rythme en fonction de son attention. Le regard crée le lien. Beaucoup de gens confondent lecteur et conteur. Le lecteur transmet un texte écrit, alors que le conteur incarne une histoire. Il la porte avec sa voix et son corps. Il se trouve en interaction permanente avec son auditoire. S’il sent que l’attention faiblit, il modifie l’intonation, il accélère ou il marque une pause. Le récit devient vivant, presque improvisé, même s’il est parfaitement préparé. Captiver un auditoire, surtout avec des enfants, implique de croire à ce qu’on raconte. Les enfants perçoivent immédiatement l’authenticité. Si le conteur s’ennuie ou récite mécaniquement, ils décrochent. En revanche, s’il est habité par son histoire, ils entrent avec lui dans l’univers proposé. Le secret, finalement, tient en trois mots : préparation, adaptation et présence. Une histoire bien écrite, pensée pour son public et racontée avec un regard vivant et sincère, fait naître l’attention et, avec elle, la magie du conte.

 

À quatre-vingts ans, vous continuez d’inventer de nouvelles histoires. Qu’est-ce qui vous pousse à créer toujours ?

Pour être honnête, je ne crée plus tant que cela. Avec le temps, j’ai accumulé près de quatre cents histoires et il arrive souvent que, lorsqu’une nouvelle idée germe, je me rends compte que je l’ai déjà exploitée sous une autre forme ou dans un autre récit. Cela signifie peut-être que j’ai exploré, au fil des années, les territoires qui m’habitaient. On tourne toujours autour de quelques grandes questions que sont la peur, l’amour, la solitude, le courage et le temps qui passe. À force de raconter, j’en a déjà décliné bien des variations !

 

Le public a-t-il changé au fil des décennies ?

Etonnamment, l’écoute est restée la même qu’il y a vingt ans. On pourrait penser que les écrans, la rapidité des images et les réseaux sociaux auraient profondément modifié la capacité d’attention. Pourtant, lorsque l’histoire est bonne et que le conteur est présent, le silence se fait toujours de la même manière. Les regards se posent, les corps se calment et l’intérêt qu’on porte au récit fait son office. Les bons textes restent et traversent les générations sans perdre leur force. Les contes des Frères Grimm, par exemple, plaisent toujours autant. Ils parlent de peurs ancestrales, de courage, d’épreuves et de justice. Ces thèmes ne vieillissent pas, parce qu’ils touchent à quelque chose d’universel. Les enfants d’aujourd’hui frissonnent et rêvent comme ceux d’hier, même si la société a changé !

 

Quel a été le plus beau compliment qu’une auditrice, un auditeur, puisse vous faire à la fin d’un conte ?

Le plus beau compliment, ce ne sont pas forcément les applaudissements, ni les félicitations prononcées à chaud. Ce sont les lettres que des enfants m’ont écrites. Recevoir un courrier représente autre chose ! Cela signifie que l’histoire a continué à vivre après la rencontre, qu’elle a laissé une trace suffisamment forte pour donner envie de prendre un crayon, de choisir des mots et de raconter ce que l’on a ressenti. Quand un enfant écrit : J’ai rêvé de votre histoire ou J’aimerais qu’elle continue, voilà une preuve que le conte a trouvé sa place en lui. Ces lettres sont souvent simples, parfois maladroites, mais d’une sincérité bouleversante. Elles parlent d’un personnage aimé, d’un moment qui a fait peur ou d’une phrase qui a marqué. Elles montrent que l’imaginaire a été touché et, pour un conteur, voilà l’essentiel !

 

Si vous deviez choisir un seul de vos contes pour vous représenter, lequel serait-ce ?

Sans hésiter, je choisirais Les aventures de Joël et Plume Bleue dans l’Ouest américain.  Ce récit me ressemble profondément. Joël est un garçon curieux, courageux, plein de rêves et d’enthousiasme. Plume Bleue l’accompagne dans des aventures qui défient les limites du réel. J’aurais voulu être à la place de ce garçon pour ressentir la liberté, l’excitation de l’inconnu, la découverte de territoires sauvages et vivre pleinement chaque péripétie avec un regard émerveillé. Ce récit reflète ma propre soif de découvertes et mon désir de faire voyager ceux qui m’écoutent. Il incarne aussi ce que je considère comme l’essence du conte. A savoir, mêler l’aventure et l’émotion, éveiller l’imaginaire tout en donnant à réfléchir et, surtout, jeter un pont entre l’histoire et l’auditeur. Pour toutes ces raisons, si je devais me résumer en une seule de mes histoires, ce serait celle-ci !

 

Retrouvez Jean-Jacques Detiège et ses histoires sur le site www.isabelle-et-ses-amis.com

Propos recueillis par Daniel Bastié

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Un été français

Approchez gentes dames et gentils messieurs,
Car un roulement de tambour de l'Afrique,
Vous contera un été faisant peu d'envieux,
Que l'on nommerait vraiment, oui, dramatique !

Pourquoi un tambour de l'Afrique direz-vous,
Nous sommes en Europe, le vieux continent,
Celui des quatre saisons et des étés doux,
Quand sortir de sa maison devient charmant !

Eh bien car l'Afrique est maintenant chez nous,
Air torride, des jardins aux rameaux cassants ;
Nos corps moites, suants, fatigués, à genoux,
Guettent une goutte sur un carreau brûlant !

Dehors tout craque, s'effondre et se sauve,
Des hommes périssent luttant contre les feux,
Le brasier torture sa proie tel un fauve,
Se rit des quelques verres jetés à ses yeux !

La fumée court, villes, villages aussi,
Cherchant une once d'un air encore frais,
Le reste d'un espoir que rien n'est fini,
Que demain redeviendra comme il était !

GCM
Pensée brûlante du jour.28/7/2026

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