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JOUR 49

JOUR 49

Veille

 

Tandis que dans les eaux de la mer Noire

Où la seiche sentiente patiente

L’hippocampe est plus royal que l’anguille abyssale  

Au-dessus de l’étendue mercurielle où flottent des algues intoxiquées, l’oiseau aux ailes d’acier brise un ciel métallique plus noir que la stibine.

 

Par les chemins de falun que suivent le chagrin planté par le clou de la mémoire

Par les murs blancs noircis par les croix de la nuit

Par les rêves que le sommeil confond avec la peur

Par les humeurs pisseuses des trottoirs qu'un regard s’en émeut

Par les mensonges sortis des gueules de bois

Par les confusions sur les murs dont s’indignent le passant

Par la balance dégrafant son corsage pour faire estimer le contenu à son ami d’infortune

Pour les amours funambules au-dessus du gouffre de l’ennui

Pour des échanges amoureux sur un banc de fortune loin des sorties d’usine

A l’heure où rentre le mendiant gris aux mains d’argile et aux yeux qui implorent

Pour l’hermine qui se dandine sur l’asphalte luisante avec égard pour l’animal recherchant sa pitance

Par la douleur en cerne cernée par des paupières fardées à l’égyptienne

Et par les couronnes de l’aube et de l’aurore retrouvées sur les chemins lumineux qu’ouvrent les étoiles noires

 

Et par l’étincelle crevant la dimension curieuse du ciel

 

Je te salue

Carnallite

Minéral dont les chiens ignorent la couleur de la parure puisque le pourpre n’est peut-être qu'un os! 

lionel M.

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