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Concert de clôture à Rixensart

Concerts

Trois soirs à Rixensart

À Rixensart : Le violon de Chagall est par-dessus les toits

Concert de clôture prestigieux avec notre fougueux violoniste belge Lorenzo Gatto — qui fêtera bientôt ses quarante ans — et son alter ego, le pianiste arménien Ashot Khatchatourian, formé notamment à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Artiste international, Ashot Khatchatourian se produit régulièrement en Europe et dirige le Concours International de Musique Ysaÿe qu’il a fondé.

Et qui aurait cru devoir ajouter des chaises dans la cour du château pour accueillir tous ceux qui voulaient écouter leur concert, lors de cette troisième et dernière soirée musicale de Rixensart ?

Ce que nous avons reçu des deux artistes fut une véritable infusion musicale de bonheur. Lorenzo et Ashot : deux tempéraments, deux instruments, mais une seule respiration. Une connivence musicale si profonde que l’on finit par oublier où s’arrête le violon et où commence le piano.

Il faut ajouter que ce magnifique récital était dédié à la mémoire du violoniste Alexei Moshkov, Konzertmeister du Belgian National Orchestra, qui avait vécu à Rixensart et nous a quittés brutalement l’an dernier. Une soirée de musique et aussi de mémoire.

Place aux artistes. Deux nocturnes de Chopin, joués de mémoire, ouvrent la soirée. Soudain fuse le précieux Andante. Un nuage léger et transparent vient se poser entre deux fils de lampions, comme pour savourer lui aussi cette musique pleine de souvenirs. Sachez que l’on vous regarde et que l’on vous écoute depuis le ciel bleu.

Et puis surgit l’archet bondissant de Lorenzo dans la Sonate pour violon et piano n° 8 de Beethoven en sol majeur, op. 30 n° 3. Le jeu du violoniste est très marqué. Il y a des rugissements, des pas de côté, des élans pour mieux se relier au pianiste qui œuvre derrière lui. Ashot Khatchatourian, à l’ombre des arcades, semble pouvoir, à lui seul, constituer un orchestre entier.

Au deuxième mouvement, le duo devient chantant. Un oiseau, perché sur le toit, s’en mêle. Rires. Et la musique continue, à tire-d’aile. Quand l’archet étire les sonorités, le piano répond en accords délicats. C’est une sérénade à deux. Puis le piano prend l’initiative et les trilles jaillissent du violon, les yeux fermés.

Le menuet s’achève en notes d’arpège et deux accords feutrés. Dans le dernier mouvement, la passion se transmet de la tête aux pieds du violoniste. C’est une force vitale, une sève brûlante de printemps.

Chopin, pour calmer le jeu ? Que non ! Voici aussitôt le Scherzo n° 2 en si bémol mineur op. 31, qui déferle sur l’assistance. Une boucle ensorcelante. Le nuage est revenu.

Le piano vibre comme le tonnerre. Place à une subtile méditation avant que le feu originel ne réapparaisse. On voudrait chanter la partition tant elle est belle. Les pédales alternent la poésie et la joie de vivre. Voilà un véritable coup de foudre et des vibrations à couper le souffle. Le final est fait d’énergie pure. La cour entière encense le pianiste.

Brahms, l’amour et la liberté : soudain, le vent s’est levé et a fait tourner les pages de la Sonate pour violon et piano n° 2 en la majeur op. 100 de Brahms.

Une œuvre née alors que Brahms était amoureux de la jeune chanteuse Hermine Spies. Il parsème sa partition de citations de plusieurs chansons d’amour qu’il composait à la même époque. Un foisonnement lyrique, donc. Des échos bucoliques et champêtres, des moments de profonde intériorité, interrompus par des chants d’oiseaux. Eux encore : l’amour et la liberté.

Des gazouillis vivaces, entre merle enchanteur des jardins et rossignol du conte chinois. Mais on pense surtout à Jacques Prévert et aux barreaux de la cage, effacés un à un avec la plume de l’oiseau.

Ce souffle de liberté est par-dessus les toits, dans la cime de l’arbre, dans la beauté mélodique de Brahms et dans les cordes du violoniste et de son compère.

Leur bis, Liebesleid de Kreisler, est couronné par des applaudissements étourdissants.

Mi, fa, mi, ré, hop ? C’est fini. Trois soirs, trois voyages.

Trois soirs pour voyager de Don Quichotte et ses rêves impossibles à Nina Torunski, douze ans, ouvrant déjà les portes de l’infini ; de Saint-Saëns et ses tourments à la lumière souveraine de Mozart ; puis, pour finir, Beethoven, Chopin et Brahms, portés par deux artistes vibrants d’amitié.

Trois soirs pour retrouver ceux qui ont aimé la musique avant nous. Merci à la magie musicale qui sait si bien faire revenir les absents et transformer les souvenirs en lumière.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

https://www.soireesmusicales-rixensart.com

P.S.

Nous avons aussi pu visiter en compagnie de Charles-Louis de Mérode les très belles salles du château, une très longue histoire. https://chateauderixensart.be/histoire-du-chateau/

 

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administrateur théâtres

Concerts

Deux voix un piano et le lyrisme au château de Rixensart

Été et soleil brabançons ?

Au Château de Rixensart, les vieilles pierres qui viennent d’accueillir, au mois de juillet, des soirées théâtrales consacrées à la légende du roi Arthur ont maintenant rendez-vous avec la musique.

Une nouvelle QuêteDu 17 au 22 août, la magnifique cour intérieure du château, dotée d’une excellente acoustique, accueille trois splendides soirées musicales où se mêlent jeunes talents, grands chefs-d’œuvre et interprètes d’exception.

Tout ce que l’on aime.

Et quel meilleur endroit qu’un château pour accueillir celui qui confond les moulins avec des géants et transforme le réel en épopée ou en rêve ?

Ce soir, lundi 17 août à 18h30, c’est le légendaire Don Quichotte qui est apparu dans l’auguste demeure des princes de Mérode, dont la première pierre fut posée en… 1615. Une date qui fait joliment écho à celle où le roman de Cervantès, épique et parodique, prenait lui aussi son envol.

Trois artistes extraordinaires de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth nous ont entraînés dans l’univers de cet attachant chevalier : la mezzo-soprano Marion Vergez-Pascal, le baryton-basse Oleg Volkov et la pianiste Kira Parfeevets.

Don Quichotte, rêveur magnifique, idéaliste jusqu’à la déraison, était donc le mystérieux et très subtil fil conducteur d’une soirée d’une fraîcheur inimaginable, pleine de fantaisie et d’émotion esthétique.

Les deux artistes lyriques ont exploité une vivante palette d’émotions, cueillies avec tendresse dans un florilège très varié de notre patrimoine lyrique.

C’est toute la magie d’une programmation pleine d’humour, qui brise les frontières et invente des correspondances.

C’est le réel plaisir d’écouter deux voix impeccables, pleines et chaleureuses.

C’est une franche admiration pour la finesse, la précision et l’entrain dans la présence théâtrale des deux artistes et une mise en scène aérienne. De quoi allumer l’esprit et le cœur.

Alors on se laisse porter. Une mélodie, une voix, des paroles, des duos, un personnage, une langue nous emmènent ailleurs… Et soudain surgit ce long air russe intense et pénétrant qui brille, lui aussi, sous l’inaccessible étoile.

 

Reste à savourer ce précieux bonheur. À fondre devant le souvenir ému de la voix de notre grand Jacques.

Et à souhaiter que nos applaudissements, généreux et enthousiastes, puissent se transformer en… bouquets de fleurs.

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PS. Et tout cela en hommage discret à un illustre grand-père :

José van Dam, notre cher artiste lyrique belge, né le 25 août 1940 à Ixelles et mort le 17 février 2026 à Bruxelles.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

https://www.soireesmusicales-rixensart.com

 

https://www.rtbf.be/article/le-chateau-de-rixensart-ouvre-sa-cour-a-trois-soirees-musicales-11771451

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Harpe, Lyre ou cithare ? L'ensemble de musique ancienne La Cetra d'Orfeo, dirigé par Michel Keustermans, s'est produit le 22 janvier 2026 dans le cadre de la Balade musicale à Rixensart.

 Toute notre gratitude va à Jean-Pierre Peres, la cheville ouvrière et le directeur artistique de longue date de ce festival très apprécié  dans le Brabant Wallon et dont c’est aujourd’hui la 13ème édition. Les concerts "baladent" en effet les auditeurs entre plusieurs édifices de la région.

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 Nous avions besoin de diversion et L’ensemble baroque brainois La Cetra d’Orfeo dirigé par Michel Keustermans nous a comblés hier soir, dans la vaste et paisible église Saint-Sixte dont l’architecture ne ressemble pas du tout à celle d’une église traditionnelle. Depuis son origine, voilà la troisième version de l’édifice religieux consacré au Saint chrétien, un pape martyre qui vécut au temps de l'empereur Adrien.  Cette église est  maintenant d’ailleurs un peu en retrait de l'ancienne place communale, sans flèche de clocher, et il faut même la chercher un peu, pour la repérer. Son plan en forme de  carré dont les angles ont été coupés, donne ainsi une impression circulaire, un vrai bonheur pour l’assemblée des priants ou des spectateurs. D’emblée on s’y sent chaleureusement accueilli. Et les concerts qui y sont donnés bénéficient d’une très belle acoustique.  

Jeudi 22 janvier 26, l’église Saint-Sixte faisait salle comble pour écouter Vivaldi & Co. Avec les Concerti « a molti stromenti » de Vivaldi, Tartini, Boismortier, et JC Bach. Le programme virtuose permettait tour à tour à chaque instrumentiste d’être soliste et tuttiste (… ça se dit? ).  La lumineuse série de concerti du XVIIIe siècle était introduite avec humour par Michel Keustermans le directeur artistique, et titulaire de la flûte à bec. Le joyeux ensemble réunissait des artistes jouant sur instruments anciens.

    • Mira Glodeanu (violon)
    • Benoit Laurent (hautbois)
    • José Rodrigues (basson)
    • Hervé Douchy (violoncelle)
    • Raphaël Collignon (clavecin)
    • Giorgos Kakitsis (théorbe/guitare)
    • Istvan Csata (violone) 

Cet ensemble belge se spécialise dans la musique ancienne (Baroque et Renaissance) avec une approche vivante et accessible. Il a récemment annoncé la sortie de son nouveau CD, "Bach Today", disponible depuis février 2025. 

 

D’emblée, la violoniste roumaine Mira Glodeanu a saisi les auditeurs par son extrême présence. Changeant l’ordre du programme c’est avec Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755) que le concert a commencé.  Celui qui représente la musique italienne en France et semble ne cesser de s’amuser de badinages harmoniques. Basson, violon, flûte et Basse continue, fabriquent des entrelacs précieux, des pas de danse, de joyeux dialogues et un village de cordes qui applaudit.

Le morceau suivant, du Tartini, comme promis, ou autre chose ?    …Un premier mouvement très expressif, du style concertant français à l’italienne, un menuet scintillant et une collection de de reflets par la soliste passionnée.

 Et enfin, le très attendu Vivaldi. La violoniste est reine dans ce concerto en ré majeur RV99 pour violon, hautbois, flûte à bec, basson et basse continue. Le largo chante aussi l’hiver avec un rythme scandé, presque syncopé et des accords marqués. Les bois murmurent en duo complice. Entre pluie battante et feu ouvert, le temps intérieur est fluide et serein, avant les coups de bourrasque de l’allegro. Mais la vie frémit dans la flûte, la joie crépite et la violoniste est brillante et heureuse. Cette artiste, joue encore, même quand elle se tait. Tout passe par le corps, les expressions du visage et la tenue joyeuse de l’archet.

La sonate pour violoncelle et basse continue de Vivaldi a été choisie par Isvan Csata. Il y a de longs phrasés mystérieux, quelques gouttes de notes aigues au clavecin, pour terminer par un envoi plein de peps.

 

Direction Jean-Chrétien Bach, «  le Bach de Londres » qui préfigure la musique galante de Haydn et Mozart. Ici, le clavecin est maître, vs tutti. Il y a cette connivence des artistes qui donne envie de rentrer dans la ritournelle.

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Le bouquet final, c’est le concerto en sol mineur RV 107 de Vivaldi pour flûte à bec, hautbois, violon basson et basse continue. C’est brillant comme le dernier chant d' ensemble, à la fin d’un opéra. Le deuxième mouvement entre dans une langueur brillante et les bois sont en promenade dans la délicatesse. Souplesse des sonorités. Le troisième mouvement entraîne dans une boucle fascinante que l’on pourrait écouter jusqu’au lendemain matin. Avant les derniers accords, grandioses.

En bis ? Le jaillissement gourmand d’une courte création signée Michel Keustermans : Zakouski N° 2. C’est une discussion libre entre musiciens de Braine,  des rythmes asymétriques, les pizzicati bouillants du Violoncelle.  Le théorbe est parti dormir. Ce n’est pas son siècle. Un peu de panthère rose, des parfums de James Bond. Le clavecin très délicat garde son sérieux.  Et un seul accord final de tutti couronne le tout. Les auditeurs se ruent en applaudissements.

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 Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

 https://www.balademusicale-rixensart.be

 lien: 

La Certa d'Orfeo

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Fugues et fougue en vogue à Rixensart

Le 25 septembre 2025, en l'Eglise Saint -Sixte, La 13e balade musicale de Rixensart a accueilli en ouverture de saison une jeunesse souriante, enthousiaste, galvanisée par sa complicité et son talent. «  Le talent, c’est l’intensité du désir» comme le dit Amélie Nothomb. Partant, une soirée exceptionnelle; de celles qui vous remontent le moral! Car des musiques sublimes rassemblent et conduisent à l’émerveillement.

 Donc, un jus musical de haute gamme et surtout, la présence de ce magnifique ensemble de cordes composé d’une bonne vingtaine de jeunes artistes: les « Young Belgian Strings» sous la direction d’un pétulant Dirk Van de Moortel. Créés en 2014 par ce très passionné Dirk Van de Moortel, Les Young Belgian Strings ne sout pas sans soutien, ils œuvrent sous le Haut Patronage de Sa Majesté la Reine.

Leur rutilant orchestre à cordes est composé de jeunes talents, diplômés ou étudiants, issus de tous les Conservatoires et Hautes Écoles de Musique de Belgique. Des francophones et des néerlandophones unis dans un bel esprit d’harmonie culturelle! C’est pour les musiciens sélectionnés l'occasion de se rencontrer, d'échanger leurs expériences, de parfaire leur apprentissage, pour se produire sur les plus prestigieuses scènes internationales. Ce travail vient en complément de la formation musicale dans leurs institutions, ce qui leur permet de se préparer à une future carrière dans de grands orchestres mondiaux.

Les YBS démontrent à l’évidence, que la musique est un langage universel sans frontière linguistique ou autre. Quel exemple! Les musiciens, dont la limite d'âge est fixée à 30 ans, sont sélectionnés lors d'auditions devant jury et restent en général 3 ans dans l'orchestre, qui se renouvelle ainsi naturellement. Le parrain? Devinez! Le très noble Lorenzo Gatto. Who else? 

Ils ouvriront la soirée avec la 13e symphonie pour orchestre à cordes de Mendessohn. Ces premières symphonies furent écrites entre 1821 et 1823, alors qu'il avait entre douze et quatorze ans. Décidément la jeunesse est à l’honneur ce soir! Et il y aura 21 facettes à ce diamant musical ce soir, de la brillance, des scintillements millimétrés, une énergie créative qui procure un incroyable un baume de jouvence. Voilà pour ce bouquet de mimosa musical au parfum envoûtant, mais où donc trouver la rose?

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 Il y avait aussi, lors de ce fabuleux concert, la présence annoncée de cette jeune personne, Mahault Ska, pianiste belge virtuose, déjà couverte de lauriers en dépit de son jeune âge, une vraie Alice au pays des oreilles… Toute sagement vêtue d’une longue robe de châtelaine d’un rose délicat et brillant, elle enchante d'emblée de sa présence presque surnaturelle. D’un autre temps? Ses longues boucles châtain coiffées en tresses moyenâgeuses accompagnent de façon muette le rythme de la fresque musicale qu’elle va donner, tandis que la magie de ses longues mains vous prendra par le cœur.

Nous voilà transportés dans le romantisme absolu de l’immense Concerto pour piano op. 54 en la mineur de Robert Schumann. Parmi le public, les yeux se cherche tant l’émerveillement est palpable! Elle nous joue cette œuvre mythique avec une force inouïe, logée on ne sait comment dans ses minces et frêles bras de jeune fille. La voilà transformée en …Clara au clavier. Sa frappe est tantôt décidée et franche; délicate aussi et par moments, faisant naître d’amples vagues déferlantes. Les cordes frissonnent. Il y a ce dialogue soutenu avec le premier violon, des promenades dansées avec l’orchestre, des allers-retours entre passion et fougue et des parenthèses poétiques intimes pleines d’émotion.

Entre les mouvements, il a le silence profond et respectueux de l’assemblée muette d'admiration. Les violoncelles et contrebasse ont leurs moments de gloire, cela pulse entre les tendres soupirs et larmes des violons. Le piano souligne les motifs et console avec ses longues phrases mélodiques. Le plaisir craquant des pizzicati marque le retour de la joie. Au point que la pianiste elle aussi, semble faire rire son clavier. Elle ose des pointes de légèreté et d’humour avant le retour de la gravité tonique et entraînante de l’œuvre. Le final est un déluge d’émotion, de joie conquérante. C’est d’une virtuosité effarante, on a le souffle coupé. Triomphe, la jeune fille n’en peut plus de saluer,  et on ne cesse de  la rappeler. 

Elle livre en cadeau les Jeux d’eau de Debussy, une mosaïque de couleur, et des séquences fracassantes dans une maîtrise parfaite et le contrôle absolu. Des trilles fulgurantes alternent avec des éclats de douceur et tout l’orchestre, subjugué, écoute debout, le ruissellement des notes de la soliste. À nouveau une salve de saluts, et elle se rassoit, pour un dernier bis qui s’échappe de ses mains et de ses doigts avec une vivacité et une agilité absolument fascinantes.

 

 «Een zalig Asturias» dirait-on sur les ondes de Klara! Le piano a disparu, place après la pause à trois œuvres espagnoles, crépitantes de vie. En commençant par l’œuvre phare et pleine de charme d’Albéniz qui a bercé tant de générations. Dirk Van de Moortel dirige avec force de gestes vifs et musclés, et ci et là, il lance des indications de légèreté destinées, on pourrait le croire, à des danseuses imaginaires dans un coucher de soleil qui n’en finit pas.

 Dans les deux œuvres suivantes, c’est l’évasion et le peps dans le rythme brûlant de danses hispaniques d'outre Atlantique. Le chef ose le déhanchement, la castagnette veille, le flamenco enivre, le tango s’invite, la joie est solaire. La gestuelle de Dirk est intense et souple, presque féline. Elle allume un sourire ébloui dans ses yeux. Les talons s’échauffent. Le rythme gagne les mains du public. Fuga con Pajarillo de Matheo Romero et Danzon de Arturo Marquès, des vocables qui vous font déjà... 

...fuguer à l’autre bout du monde.

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Liens utiles: 

ASBL Balade Musicale à Rixensart (BMR)

email : info@balademusicale-rixensart.be

Prochain concert?  NB.  les places s'envolent...

Le jeudi 23 octobre, 20:00 Au Centre Culturel, 38 Place Communale - 1332 Genval

reservation@balademusicale-rixensart.be

 

 

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