Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Publications en exclusivité (3146)

Trier par
administrateur théâtres

A CHRISTMAS CAROL “I HAVE endeavoured in this Ghostly little book, to raise the Ghost of an Idea, which shall not put my readers out of humour with themselves, with each other, with the season, or with me. May it haunt their houses pleasantly, and no one wish to lay it.” Their faithful Friend and Servant, C. D. December, 1843.

 On traduit?
…Je me suis efforcé dans ce petit livre bourré de fantômes, d'élever le fantôme d'une idée, qui ne devra surtout pas mettre mes lecteurs de fâcheuse humeur vis-à-vis d’eux-mêmes ou des autres,  ni les induire à maudire l’esprit festif de Noël, ou à me détester moi, l’auteur.  Puisse cette lecture  hanter avec bienveillance leurs demeures, et que personne ne veuille lâcher le texte sans en avoir consommé l’esprit.  Votre fidèle ami et serviteur, Charles Dickens, décembre 1843.

Fidèle ami des grandes causes humaines, Thierry Debroux  a fait de ce court récit souvent abordé dans le secondaire  par la lecture en anglais simplifié, une splendide amplification poétique où pointe sans cesse une joyeuse  ironie. On peut presque parler d’une  – comédie musicale  – qui a mis la salle entière debout, dès la première.  Celle-ci applaudissait avec frénésie une troupe d’acteurs éblouis,  rappelés dix fois, une troupe chargée d’anima, et que l’on aurait bien  cru voir  sortir tout droit de l’Opéra de quat’sous! Coaching vocal : Daphné D'HEUR.

L’équipe est  irrésistiblement entraînante et sûrement  inoubliable :  autour de  Guy PION, il y a Gauthier JANSEN, Béatrix FERAUGE,  Claude SEMAL, Nicolas OSSOWSKI, Fabian FINKELS,  Anthony MOLINA-DIAZ, Sacha FRITSCHKÉ, Julie DIEU, Pénélope GUIMAS, Jeanne DELSARTE. Avec sur les planches, des enfants, lumière de l’avenir. En alternance Léon DECKERS ou Ethan VERHEYDEN; Maxime CLAEYS, Andrei COSTA ou Jérémy MEKKAOUI; Laura AVARELLO, Ava DEBROUX ou Lucie MERTENS; Laetitia JOUS, Clara PEETERS ou Babette VERBEEK. Un défilé de bonne humeur et d’espoir, une tornade de talents créatifs, cadeaux de la maison, le théâtre Royal du Parc!

C’est donc l’histoire d’un rebirth sous la neige. « Le Noël de Monsieur Scrooge » met en scène le processus de transformation d’un cœur abominablement sec et coriace, indifférent à autrui, passionné d’argent,  en une âme généreuse et enfin repentante et heureuse qui renoue avec la vie. Le pardon, dit-on dans les chaumières,  est la clé du bonheur d’ici-bas ...et de l’au-delà, pour ceux que cela intéresse! Il suffit peut-être, comme le dit la chanson de la finale, … d’écouter le vent! « The answer is in the wind…»  Un certain vent dont on ne sait  ni d’où il vient ni où il va…! Le mendiant du début - un craquant  personnage vautré au début du spectacle  dans le fauteuil de l’écrivain - invite les cœurs à se lâcher et  garantit que « les contes de fée sont faits pour apprendre que l’on peut vaincre les monstres!» C’est un jeune Garou, au charme éblouissant qui chante à la lune : Fabian FINKELS.  

Dans ce conte de Noël, le ciel est toujours présent : le décor est sous coupole céleste. La ligne du ciel évoque St Paul’s Cathedral ou Big Ben, les infâmes cheminées crachant fumée de charbon quand la misère  réussit à  se chauffer! Tombe la neige, même s’il y a du smog, façon purée de pois. Mais la déco de la fête tant attendue est là.  Les bougies  brillent aux  fenêtres des maisons bourgeoises et des antiques magasins « so British »:  TAILOR, FURNITURE, BAKERY, CANDLES…  Hélas,  le terrible temple du négoce de l’argent, la $CROOGE COMPANY, à droite du plateau, rassemble tout ce qu’il y a de plus Anti-Christmas Spirit. Vous connaissez sûrement des adeptes! Le maître des lieux c’est l’Avare, Richard III, Méphisto,  and last but not least : Scrooge.  Car le  comédien génial qui est derrière ce sinistre personnage hautement toxique, c’est  le très estimé Guy PION, toujours aussi magnétique  dans ses maléfices. Par dérision, son nom est prononcé  "Scroutch" par les esprits farceurs (Claude SEMAL).

Time is money ! Mais voilà le temps  aboli… En attendant que ce soit l’argent ? On peut toujours rêver!  Quoi qu’il en soit,  la mise en scène est fort habile. Sous forme de doubles des différents âges du triste sire, elle ravit par sa fraîcheur et sa subtilité. Cadeau de l’inventivité fantastique et rythmée de Patrice MINCKE.  Le temps est aboli… Magie théâtrale ou nuit magique ? L’an 2017 vient jusqu’à narguer un Scrooge totalement abasourdi! Ou bien est-ce nous-mêmes, que Dickens vient narguer? Magie du texte! 

Mise en scène illustrative. Des gosses misérables battent le pavé. L’époque est douloureuse, le pain est rare, la maladie  fait des ravages. Les cimetières regorgent de morts prématurées.  Mais le décor n’en reste pas là ! Le savoir-faire légendaire  de Ronald BEURMS une fois de plus fait voyager le spectateur de la cave au grenier, dans les airs et par-dessus les toits. …Dans les cœurs aussi ,  du plus noir: celui  bouclé entre les murs de ses coffres-forts (Guy PION)  …au plus tendre: celui d'une étoile entre deux tresses blondes (Ava DEBROUX, 7 ans). Dès sept ans, le désespoir peut certes résonner dans les consciences!

La scénographie acrobatique trace les contours de l’histoire faite d’une série d’apparitions d’esprits chargés de remettre le Drôle dans le droit chemin. Suspense garanti, on croit qu’à chaque étape qu’il a enfin compris… Eh non, c’est raté ! Quelle  patience il a, cet « esprit de Noël » qui a tout d’un «Père Noël » (Claude SEMAL) y compris les rennes, …particuliers, il faut en convenir, mais très convaincants!

A grands renforts de chansons de gueux, de fables et fantasmes, l’action progresse et réchauffe les cœurs. Qui oserait  grincer à la fin du spectacle, le sourire pincé et le verre à la main « Oui... ! C’est …gentil ! » ? Non! C’est tout simplement merveilleux, tant l’énergie des créateurs est présente, touchante, palpitante même, tant l’humanité se découvre avec audace, sans craindre les esprits blasés qui n’auront  de toutes façons rien compris. Chapeau !  Et puis il y a tous ceux et celles qui, comme Scrooge, auront secoué leur manteau d’indifférence, balancé  leurs aprioris dévastateurs, quitté  l’ivoire de leur confort et rejoint le cœur ré-enchanté , la liesse du renouveau d’humanité et son formidable potentiel. Voilà un anniversaire que  le monde se doit de fêter,  au risque de mourir …à minuit  sonnant!  Mieux vaut naître non? 

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/49.html

Lire la suite...

AU BOUT DES MOTS...

Quand ton esprit s'enfuit, que les instants s'effilent

Que tes paroles flottent sans cohérence...

Je me prends à penser combien nous sommes fragiles

Et que la vie s'amuse à frôler la démence!

Avec toi, c'est nouveau, ne suis plus qu'abandon

Deviendrai-je naïve, aurai-je donc vieilli?

Je sais bien qu'en ce monde il n'est point de pardon

Et que la vie est triste quand le fruit est cueilli!

Alors avec vaillance, j'affiche des sourires

Mon regard cherche au ciel quelques reflets dorés...

Les mots sont impuissants à décrire les désirs

Mais, tes mains en douceur savent les remplacer!

J.G.

Lire la suite...

Nouveau Testament - Evangile de saint Luc

12273236495?profile=originalLe troisième Evangile écrit en grec, probablement à Rome entre 60 et 63, est attribué à l'Evangéliste Luc, disciple et compagnon de saint Paul, dans ses derniers voyages et lors de son emprisonnement à Rome. Admirable aussi du point de vue littéraire, cet Evangile comprend 5 parties et un Prologue (I, 1-4). Première partie: enfance; annonciation du Précurseur et de la nativité de Jésus; circoncision de Jésus; sa présentation au Temple; Jésus parmi les docteurs (I, 5 - II, 52). -Seconde partie: vie publique; préparation à la vie publique; prédication de saint Jean-Baptiste; la généalogie, le baptême et les tentations de Jésus (III-IV, 13); ministère de Jésus en Galilée; miracles et enseignements, comme dans les autres Synoptiques (IV, 4 - IX, 50). -Troisième partie: dernier voyage de Jésus en Galilée; miracles et enseignements comme dans les autres Synoptiques (IX, 51 - XIX, 28). -Quatrième partie: histoire de la Passion et de la Mort de Jésus comme dans les autres Synoptiques (XIX, 29 - XXIII, 55). -Cinquième partie: Résurrection de Jésus, son apparition et son Ascension (XXIV, 1-52). Les épisodes appartenant exclusivement à l'Evangile de saint Luc sont: -Première partie: le Prologue-dédicace à Théophile (I, 1-4); annonciation de la naissance du précurseur Jean-Baptiste (I, 5-25); Annonciation à la Vierge Marie et l' Incarnation du Verbe (I, 26-38); visite de Marie à Elisabeth (I, 39-56); naissance de Jean-Baptiste, sa circoncision et sa vie au désert (I, 57-80); naissance de Jésus à Bethléem et sa circoncision (UU, 1-21); purification de Marie et présentation de Jésus au Temple (II, 22-38). -Seconde partie: Jean-Baptiste est emprisonné par Hérode (III, 19-20); Jésus vient à Nazareth où il prêche dans la Synagogue, ce qui lui vaut le mépris de ses concitoyens (IV, 16-30), résurrection du fils de la veuve de Naïn (VII, 11-17); Marie-Madeleine oint les pieds de Jésus (VII, 36-50); le Christ, accompagné des Douze et de quelques femmes pieuses, parcourt la Galilée (VIII, 1-3); Jésus envoie les soixante-dix disciples prêcher (X, 1-16); ceux-ci reviennent heureux (X, 17-24); parabole du bon Samaritain (X, 25-37); Marthe et Marie (X, 38-42); Jésus enseigne aux disciples à prier (XI, 1-13); Jésus réprimande les Pharisiens et les Scribes (XI, 37-54); diverses exhortations (XII, 1-59; XIII, 1-9). -Troisième partie: guérison de la femme infirme (XIII, 10-17); parabole de la porte étroite (XIII, 22-30); les pièges d' Hérode (XIII, 31-35); guérison d'un hydropique (XIV, 1-6); différentes exhortations (XIV, 7-14); parabole des invités au festin (XIV, 15-24); les disciples de Jésus (XIV, 25-35); parabole de la brebis égarée (XV, 1-7); parabole de la drachme perdue (XV, 8-10); parbole de l'enfant prodigue (XV, 11-32); parabole de l'économe infidèle (XVI, 1-13); Jésus répond aux pharisiens qui murmurent (XVI, 14-18); parabole du mauvais riche et de Lazare (XVI, 19-31), conseils divers (XVIII, 1-10); guérison des dix lépreux (XVII, 11-19); avènement du règne de Dieu (XVII, 20-37); parabole du juge et de la veuve (XVIII, 1-8); parabole du Pharisien et du Publicain (XVIII, 9-14); Jésus trouve l'hospitalité chez Zacchée (XIX, 1-12); parabole des talents (XIX, 11-28); bref résumé des derniers jours de la vie de Jésus (XXI, 37-38). -Quatrième partie: Jésus met fin à une contestation qui s'est élevée parmi les disciples (XXII, 24-30); brève allocution du Christ relative aux épées (XXII, 34-38); Jésus devant Hérode (XXIII, 6-12); Jésus apparaît aux deux disciples qui vont à Emmaüs (XXIV, 13-35).

L'Evangile de saint Luc présente plusieurs caractéristiques. Du point de vue linguistique, le vocabulaire est considérablement plus riche que celui des autres Evangélistes et écrivains sacrés: et bien que l'on doive situer ce texte parmi les oeuvres écrites en langue populaire, il possède une supériorité qui le rapproche considérablement des classiques. Saint Luc évite les hébraïsmes, les aramaïsmes et les latinismes: il sait s'exprimer avec art et donner au récit une atmosphère de simplicité et de grandeur, tout en exprimant avec grâce les sentiments des personnages, qu'il décrit d'une façon admirable; ce qui faisait dire à l'agnostique Renan: "L'Evangile de saint Luc est le plus beau livre qui existe". L'Evangéliste annonce, dès la première page, son intention de faire oeuvre historique. Il écrit son Prologue, à la manière des grands historiens grecs, comme Hérodote, Thucydide, Polybe, et comme eux, il commence son livre en indiquant de quelles sources s'inspire son récit, sa manière d'écrire et le but qu'il se propose. Il rattache ses données chronologiques à l'histoire profane (II, 1-3 et III, 1); mais il n'est pas un chroniqueur de la vie de Jésus et il lui arrive, comme à Matthieu et à Marc, de rapporter des discours et des miracles advenus dans des circonstances différentes. L'enseignement que referme cette oeuvre la situe parmi les écrits "ébionistes", et c'est par conséquent un Evangile des pauvres. La pauvreté triomphe de la richesse terrestre, et la doctrine du Salut universel apparaît baignée d'une lumière merveilleuse; c'est la défaite du particularisme hébraïque. Les témoignages patrologiques et le canon de Muratori attestent l'authenticité de l'Evangile de saint Luc.

Lire la suite...

Nouvau Testamment - Evangile de saint Matthieu

12273230101?profile=originalL'Evangile de saint Matthieu, dit Lévi, un des douze Apôtres, est le premier des quatre Evangiles; il fut écrit à Jérusalem en araméen et traduit ensuite en grec. On n'en connaît pas avec certitude la date de composition, mais selon le témoignage de saint Irénée qui le dit écrit "à l'époque où Pierre et Paul portèrent à Rome la bonne nouvelle de l'Evangile", on peut situer cette date aux environs de 63 à 67. Il forme, avec les Evangiles de Marc et Luc, le groupe des trois Evangiles dits "Synoptiques", identiques dans le lexique, dans le choix des récits, dans l'ordre, différents seulement dans quelques détails.

Le livre se divise en trois parties.

Dans la première partie se déroule l'enfance de Jésus et sa vie cachée (I, II); on y trouve décrits aussi la généalogie du Christ, sa conception par la Vierge, la naissance du Sauveur, l'adoration des Mages, la fuite en Egypte et le retour d'Egypte. La seconde partie décrit la vie publique du Sauveur (III, à XXV). Certains faits et circonstances, qui sont déduits de la prédication de Jésus, prouvent, malgré la réfutation du Sanhédrin, qu'il est réellement le Messie et en même temps démontrent la vraie nature du règne de Dieu. Cette partie de l'Evangile peut être divisée en quatre périodes: la première période comprenant la préparation à la vie publique (III, 1 à IV, 11); le ministère du Précurseur; le baptême du Christ; le jeûne et la tentation de Jésus. La seconde (IV, 12 à XVIII, 35) décrit le ministère du Christ en Galilée: les débuts de ce ministère (IV, 12-25); le sermon sur la montagne (V, 1 - VII, 29); Jésus accomplissant des miracles (VIII, 1-IX, 34); Jésus, maître des Apôtres (IX, 35 - X, 42); Jésus s'élevant contre l'infidélité des Juifs, en particulier, des Pharisiens (XI-XII); Jésus décrivant par des paraboles la nature du Royaume des Cieux (XIII); Jésus affermissant la foi de ses fidèles, en accomplissant de nouveaux miracles, au milieu de l'animosité des Pharisiens (XIV, 1 - XVI, 12); Jésus confiant à Pierre les clés du Royaume des Cieux, puis apparaissant transfiguré sur la montagne et y instruisant ses disciples (XVI, 13 à XVIII, 35). Dans la troisième période: Jésus voyageant vers Jérusalem donne plusieurs enseignements à ses disciples, reproche aux Juifs leur incrédulité, et prédit sa Passion et sa Mort. Dans la quatrième période de cette deuxième partie: Jésus fait son entrée triomphale à Jérusalem (XXI, 1-17); il discute avec les Pharisiens et les Scribes et dénonce leurs vices au peuple (XXI, 18 - XXIII, 39); il prononce alors son oraison eschatologique (XXIV). La troisième partie raconte la Passion et la Résurrection (XXVI - XXVII); la préparation de la Passion; la Passion et la mort de Jésus; sa glorification, sa Résurrection et ses apparitions.

Les parties qui appartiennent exclusivement à L'Evangile de Matthieu sont les
suivantes:
-première partie: l' Ange persuade Joseph de prendre pour femme Marie, qui a conçu du Saint-Esprit (I, 18-25); l'adoration des Mages (II, 1-12); la fuite en Egypte (II, 13-18); le retour d'Egypte (II, 19-23).
-Seconde partie: Jésus se rend à Capharnaüm (IV, 13-17); discours sur a montagne (V, 13-37 - VI, 1-34 - VII, 7-12); les âmes fidèles sont attirées vers le Christ (XVI, 25-30); parabole du bon grain et de l'ivraie (XIII, 24-30) et explication de cette parabole (XIII, 36-43); parabole du trésor caché et de la perle (XIII, 44-46); parabole du filet jeté à la mer (XIII, 47-53); guérison de deux aveugles et d'un muet (IX, 27-34); instruction des Apôtres (X, 16-23); les clés du Royaume des Cieux conférées à Pierre pour sa confession (XVI, 17-19); la drachme dans la bouche du poisson (XVII, 24-27); conseils particuliers (XVIII, 10-35); parabole des deux fils envoyés à la vigne (XXI, 28-32); parabole du banquet nuptial (XXII, 1-14); parabole des dix vierges (XXV, 1-13); parabole des talents (XXV, 14-30); prophétie
eschatologique (XXV, 31-46).
-Troisième partie: la garde du Sépulcre (XXVII,
62-66); l'ange déplace la pierre du Sépulcre (XXVIII, 2-4); Jésus ressuscité
s'avance vers les saintes femmes (XXVIII, 9-11); les gardes soudoyés (XXVIII,
11-15); apparition sur une montagne de Galilée (XXVIII, 16-20).
Le livre commence par un préambule qui retrace la généalogie du Christ, et aussitôt après, débute le récit évangélique. L'union entre les diverses parties s'accomplit par des procédés très élémentaires, parfois par une reprise de ce qui a été déjà dit précédemment. Le récit de Matthieu, comme d'ailleurs les récits des autres Evangélistes, n'est pas une chronique de la vie de Jésus; Matthieu recueille et rassemble les discours de Jésus qui furent prononcés ou les actions qui eurent lieu dans des circonstances diverses.
L'enseignement de Jésus, les paraboles (Matthieu en cite huit en tout), les maximes et les discours sont sujets à ce procédé de compilation. On a pu remarquer que Matthieu groupait les récits et les maximes par nombre de trois et de sept. La tentation a trois épisodes. Jésus prie trois fois à Gethsémani. Le nombre sept est celui des Béatitudes, il existe sept demandes dans le Pater, sept paraboles dans le chapitre XIII, et il y est recommandé de pardonner 77 fois sept (XVIII, 22).

En général, on peut dire que les caractéristiques de Matthieu ne l'éloignent pas, comme d'ailleurs les autres Evangélistes, de la langue classique. La phrase: "Evangile selon ou de Matthieu", bien que n'étant pas de la main de Matthieu, remonte toutefois au IIe siècle, presque aux temps apostoliques. Comparé à L'Evangile de Marc, celui de Matthieu contient une proportion moins grande d'éléments qui ne se trouvent ni dans la langue classique, ni chez les lettrés. Mais l'auteur se révèle étranger à la formation classique et habitué à la lecture de la Bible grecque, qui a influencé son style. La monotonie du récit est interrompue par de longs discours. Le plus célèbre parmi ceux-ci est le "Sermon sur la Montagne", d'une teneur très élevée et empreint de poésie réelle. Même l'invective contre les Pharisiens rappelle la fougue de quelques passages prophétiques d'Isaïe. Les nombreuses maximes confèrent une originalité caractéristique à l'Evangile de Matthieu.

Lire la suite...

Nouveau Testament - Evangile de saint Marc

12273229472?profile=originalLe second évangile est attribué à l'Evangéliste Marc, connu aussi sous le nom de Jean Marc. Il fut écrit en grec, à Rome, à une date incertaine. Le plus court des quatre Evangiles, il néglige de rapporter les épisodes de la vie privée de Jésus, se bornant à raconter son existence publique. L'Evangile débute par cette phrase: "Commencement de l'Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu".

L'oeuvre comprend quatre parties.

La première (qui porte sur le début du ministère public de Jésus en Judée) mentionne les épisodes suivants: la prédication de Jean-Baptiste dans le désert (I, 1-5); baptême de Jésus et son séjour dans le désert (I, 9-13); appel des quatre premiers apôtres et prédication à Capharnaüm et dans les alentours (I, 14 - III, 35); enseignements et miracles autour du lac de Tibériade (IV, 1-VI, 13).

La seconde partie raconte le ministère de Jésus en Galilée: elle débute par la mort de Jean-Baptiste, le voyage de Jésus à Bethsaïde et la première multiplication des pains (VI, 14-VII, 23); Jésus arrive au nord de la Galilée, à Tyr et à Sidon; après y avoir accompli des miracles, il passe par Césarée de Philippe, fait avec trois disciples l'ascension du Mont Tabor et, après la Transfiguration, se rend à Capharnaüm (VII, 24 - IX, 50). Dans la troisième partie, Jésus traverse le Pérée et arrive en Judée (X). La quatrième et dernière partie décrit la Semaine Sainte, la Passion, etc. (XI, 1 - XV, 47). Le chapitre XVI parle de la mission des Apôtres, de L'Ascension de Jésus et de l'efficacité de la mission apostolique. Faisant abstraction de la première partie, qui peut être considérée comme une préface, et de la seconde partie dédiée au ministère de Jésus en Galilée, l'ordre des récits semble être déterminé par des critères historiques et géographiques. L'auteur a voulu suivre un ordre historique, comme le prouvent les nombreuses déterminations du temps: "Le soir venu, s'étant levé avant le jour" (I, 35), "Le ême jour" (IV, 35); "à la tombée de la nuit" (IV, 47); "six jours après" (IX, 2). Les descriptions des lieux indiquent que l'ordre est aussi géographique: "Comme il passait le long de la mer" (I, 16); "et ils entrèrent à Capharnaüm" (I, 24 - II, 1); "ils arrivèrent à l'autre rive de la mer, au pays des Géraséniens (V, 1); "il partit de là et s'en alla au territoire de Tyr et de Sidon" (VII, 24), etc. Mais il se peut que cet ordre ne soit pas rigoureusement exact: en effet, il est assez invraisemblable que Jésus n'ait pas traversé deux fois de suite la même région. Comme dans l'Evangile de saint Matthieu, on note ici aussi la progression lente de la révélation messianique. Au début de son ministère, Jésus ne dévoile pas à ses disciples le caractère de sa mission: il les prépare lentement à cette révélation et ce n'est que tardivement qu'il leur prédit sa Passion, sa Mort et sa Résurrection.

La troisième partie, qui raconte le voyage à travers le Pérée, jusqu'à Jérusalem, ne donne aucune indication de temps, mais seulement quatre indications de lieu, dont trois assez vagues, la quatrième seule comportant un renseignement précis: "Ils arrivèrent à Jéricho" (X, 46).

La quatrième et dernière partie suit en général les Evangiles de Matthieu et de Luc, bien que ceux-ci soient plus complets que le second Evangile. Le récit de saint Marc
est en général identique à ceux de Matthieu et de Luc, cinq passages seulement
lui appartiennent en propre: deux paraboles, deux miracles et un passage
historique, dans le troisième chapitre, qui décrit l'inquiétude des parents de Jésus (III, 20-21). Les deux paraboles appartenant au second Evangile sont: le grain qui lève (IV, 26-29); le père qui quitte sa maison sans savoir quand il reviendra (XXXX, 34). Les deux miracles sont: la guérison d'un sourd-muet (VII, 32-37), la guérison de l'aveugle de Bethsaide (VIII, 22-26). En outre, il faut noter que Marc a rapporté dans son Evangile quelques phrases caractéristiques de Jésus omises dans les autres Evangiles: "Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat" (II, 27); "toutes ces choses mauvaises sortent du dedans" (VII, 23); "car chacun doit être salé par le feu" (IX, 49), etc. Les sentiments de haine qui animent les adversaires de Jésus sont mentionnés de la même manière dans les deux autres Synoptiques, mais on y note un détail de grande importance: l'alliance des Hérodiens avec les autres ennemis de Jésus, les Pharisiens et les Scribes (III, 6). Marc décrit les sentiments des disciples envers le Maître, mais il rapporte aussi les
sentiments et les impressions de Jésus lui-même: "Et après avoir promené son
regard sur eux avec colère" (III, 5); "il vit une foule nombreuse, et il en eut compassion, parce qu'ils étaient comme des brebis sans pasteur, et il se mit à les enseigner longuement" (VI, 34). Une des caractéristiques de saint Marc est de donner un tour théâtral à son récit: il ne se borne pas à exposer les événements, mais en fait une manière de reportage pris sur le vif; de plus, le Seigneur prononce ses discours dans le style direct. Saint Marc insiste sur la doctrine de la filiation divine de Jésus, sans exclure ses caractères de Fils de Dieu et de Messie, qui se rattachent étroitement l'un à l'autre. Une tradition catholique romaine voudrait que Marc ait rédigé son Evangile en rapport étroit avec saint Pierre. Les témoignages de Papieu, de Justin et d'Irénée formulés à ce sujet à une époque proche de celle de
l'auteur, sont d'une importance considérable. Clément d'Alexandrie ajoute:
"Quelques auditeurs des prédications de Pierre à Rome demandèrent à Marc de
les rédiger. Marc les contenta. Quand Pierre prit connaissance de l'oeuvre de
Marc, il ne l'approuva ni ne l'encouragea à la publier; mais ayant reconnu le
contenu véridique de ces écrits, il en permit la lecture à l'Eglise". Une confirmation de ces témoignages, suivant lesquels saint Marc aurait écrit son Evangile comme il l'entendit de la bouche de saint Pierre, se trouve dans le second Evangile lui-même.

Lire la suite...

Rayonnement du bien

De nombreuses choses surprennent
Ne laissant pas indifférent.
Elles provoquent de la peine,
De la joie, d'autres sentiments

.

Extrême parfois, la beauté,
Que partout répand la nature,
Transcende la médiocrité,
Change les poids et les mesures.

Le beau est la splendeur du bien,
Souvent dans l'ombre, non visible.
Quand dans la lumière, il survient
Y crée un émoi indicible.

Je pus voir un grand de ce monde,
Qui, pénétré de compassion,
Offrait sa tendresse profonde,
Simplement, sans ostentation.

Apparut un rayonnement.
Dans la joie l'accueillit mon être.
Lors un si doux comportement.
Permit à des rêves de naître.

12 novembre 2017

Lire la suite...

A propos des Rencontres littéraires de Bruxelles

Radio Air-Libre, sur la suggestion de Guy Stuckens, l’animateur de l’émission Cocktail Nouvelle-Vague, a décidé de consacrer une nouvelle émission à la littérature, basée sur nos rencontres, qu’elles relayeraient en différé.
Elle s’appellerait d’ailleurs également « Rencontres littéraires de Bruxelles » 
12273255863?profile=original
Lire la suite...

Composition: Irina Denisova

Poèmes Fr. Andrew Logvinova

Песня из документального фильма "Инокиня"

муз. мон. Иулиания (Ирина Денисова), Стихи прот. Андрея Логвинова.



Всего-то навсего : полюби, 

сердечком-свечкою засветись! 

Тогда, как рыба в речной глуби, 

вверху увидишь иную высь. 

Plus que tout : aime,
Que la flamme de ton coeur t'éclaire
Alors comme le poisson dans les profondeurs du fleuve,
tout en haut tu verras une autre profondeur

Всего-то навсего - не суди, 

как Бога сплюнувшая толпа. 

Твое призвание - впереди 

тобой нехоженная тропа. 

Plus que tout : Ne juge pas

comme la foule qui a craché sur Dieu.

Ta vocation, c'est d'aller de l'avant

Par le chemin que tu n'as pas exploré.

Tu n'a pas foulé ce chemin

Всего-то навсего - полюби, 

Всего-то навсего - не суди, 

Всего-то навсего - не грусти, 

Всего-то навсего - всех прости! 

Plus que tout aime

Plus que tout ne juge pas

Plus que tout ne sois pas triste

Plus que tout pardonne à tous

Всего-то навсего: полюби, 

Кого-то малого приголубь! 

Тогда как вольный орёл в степи 

Внизу увидишь иную глубь.

Plus que tout, aime,

Prends soin de plus petit que toi
Alors comme l'aigle libre dans la steppe
Tout en bas tu verras une autre profondeur 

Всего-то навсего: не тужи, 

что беды с горестями в судьбе: 

Но благодарность в всю жизнь вложи 

Тому, кто Жизнь подарил тебе. 

Tout simplement: Ne t'afflige pas

Des malheurs et chagrin de la destinée

Mais sois reconnaissant envers celui

envers celui qui t'a fait cadeau de la vie




Всего-то навсего - полюби, 

Всего-то навсего - не суди, 

Всего-то навсего - не грусти, 

Всего-то навсего - всех прости!


Plus que tout aime

Plus que tout ne juge pas

Plus que tout ne sois pas triste

Plus que tout pardonne à tous

Lire la suite...

La nuit



Pour connaître la nuit il faut avoir vu le jour et sa vie,
Et enfin le soir qui en est la porte d'entrée.
Comme tout naturellement la brillante lueur qui naît
Se voit-elle aller, paraît-il, vers un peu moins d'énergie !
Mais la nuit n'est pas un grand trou noir
Où il faudrait craindre d'y voir.
Ou encore y passer le clair de son temps à dormir,
Tirer les rideaux, fermer les volets pour ne rien voir venir.
Non, la nuit existe pour les curieux, les inquiets, les penseurs,
Voyant en le sommeil une perte de temps,
Sans oublier d'"heureux" fêtards qui grillent les heures
Comme des pétards qui claquent à tout vents.
Mais ceux-là ont encore beaucoup à apprendre de la nuit,
Ils se trompent d'heure, le manteau nocturne n'est pas pour eux.
Qu'ils entendent la chouette qui ulule, voient la biche qui se hasarde sans bruit
Ou le hérisson qui ose enfin ouvrir les yeux !
Car le silence sous la voûte étoilée, l'orage, les nuages noirs
N'ont de pareils que lorsque le voile de la nuit est tiré.
Et nos sens apaisés des aléas et du temps creusé
Font de la nuit un refuge serein qui ressemble à l'espoir.

Lire la suite...

Une sincérité absolue



                                                                   Je suis et serai toujours surpris des chaînes librement consenties que portent en général "les gens " et vous rassure en faire partie pour ne choquer personne ! Dans bien des domaines. Vivre avec la même personne toute sa vie, lui infliger l'image du vieillissement, en faire son infirmier(e), l'amener dans sa tombe après toutes les souffrances réciproques et poser son image sur le buffet de la cuisine en lui parlant toute la journée. En n'oubliant pas de faire de ses enfants les spectateurs et les acteurs de ce système ! Il y a aussi la carrière que les "gens " ne négligent pas. Bien préparée par de judicieux conseils elle doit aller jusqu'au bout. Hors de question de changer de métier. L'employé de la poste mettra des cachets sur des lettres toute sa vie, attendra la fin de la semaine pour promener son chien puis les congés payés, pourra s'endetter et enfin finir vieilli et aigri au guichet de la même poste pour toucher sa retraite ! Pas la moindre lueur d'évasion, de rêve, dans cette imagination ternie par la peur de la découverte. Les exemples sont si nombreux ! Il faut dire que d'une manière générale la nouveauté fait peur. Beaucoup jugent préférable de supporter les douleurs qu'ils connaissent bien et ainsi pensent-ils bien les maîtriser plutôt que s'en défaire et voguer vers des cieux plus agréables. Que risqueraient-ils, s'appauvrir, y perdre la vie ? C'est déjà fait ! Ce serait en outre oublier de compter sur les capacités nombreuses qu'ils étouffent en eux.
                                                                     Je terminerai par cette lettre que je leur adresse. Ne vous convainquez pas qu'à l'endroit  où vous vivez c'est le plus beau, que ce que vous faites tous les jours est une punition méritée, qu'il n'y a plus d'air pur, qu'il vous faut des passages cloutés pour trouver votre chemin. Convainquez-vous d'avantage d'avoir des jambes et une tête, que la création vous a fait grâce de ces cadeaux aux fins d'y accomplir vos rêves et cessez de parler à des photos. Rompez enfin les chaînes qui ne sont qu'illusoires et retrouvez la cour de récréation et ... le sourire si vous l'avez perdu ! Voilà ce qui ne m'a jamais quitté depuis mon enfance : trouver de bonnes raisons à mes rhumatismes !

Lire la suite...
administrateur théâtres

                                               Le dictateur romain Lucio Silla chef de file des optimates, qui s'opposent aux populares de Marius, s’est octroyé tous les pouvoirs en  écartant physiquement  ses opposants. Il les a vaincus au cours de deux guerre civiles, ayant par ailleurs récolté les lauriers d’une victoire lors d’une  expédition en Grèce contre le roi Mithridate VI. La Rome antique sert d’écran sur lequel se projettent les inquiétudes politiques du XVIII siècle.  Dans l’opéra de Mozart,  Silla, interprété dans la production du théâtre de la Monnaie par le ténor Jeremy Ovenden, a tué Mario, le père de Giunia et a exilé son bien-aimé Cecilio - le castrat original de Mozart a les traits de la soprano  Anna Bonitatibus.  Sylla exige  de Giunia qu’elle l’épouse. Incarnée par la talentueuse soprano néerlandaise Lenneke Ruiten, fidèle à la scène du Théâtre de de la Monnaie, la belle Guinia est séquestrée, elle est  au désespoir et tente de mettre fin à ses jours. Elle trouve un allié en Cinna - une sulfureuse Simona Saturová,  qui s’avère être une sorte d’agent double splendidement manipulateur, masculin ? féminin ? -, qui rêve de  faire renverser le tyran. Cecilio, qu’elle croyait mort, réapparaît dès le début de l’acte I et rend à tous, l’espoir d’un renversement proche… Les complots réussiront-ils ? Action directe, soumission, ou mort consentie? Après une analyse fouillée de l’origine  du mal, à travers les états d’âme des protagonistes et  leurs rivalités sentimentales sur fond de conflit politique, la vertu sera finalement  exaltée à  la fin du troisième acte, car Silla, coup de théâtre,  surprend la scène d’adieu des deux amoureux promis à la mort et se laisse peut-être gagner par la grâce, pardonne, renonce à ses châtiments  et, magnanime, s’élève au-dessus des conflits. Brillant !  Tout comme plus tard, dans « La clémence de Titus » (1791)  

12273266884?profile=original

  Puisant l’énergie créatrice dans ses tourments d’adolescent et ses démêlés avec son père omnipotent,  Mozart compose ce drame amoureux et politique à seize ans à peine. C’est son  troisième opera seria, noble et sérieux après « Mitridate, re di ponto »(1770) et « Ascanio in Alba »( 1771) au Teatro Regio Ducal de Milan. Mais la  partition où se succèdent les airs et récitatifs habituels  innove et introduit une grande richesse orchestrale, de nombreux  duos bouleversants et  ajoute l’intervention du chœur. On est devant un joyau musical …qu’il suffirait peut-être d’entendre les yeux fermés en version concertante, tant l’œuvre semble parfaite et tant  la palette et la densité des sentiments des solistes de cette splendide production est chatoyante, expressive et variée.

12273266678?profile=original

Le metteur en scène allemand Tobias Kratzer a choisi un nouvel écran sur lequel projeter les inquiétudes politiques du XXIe siècle. Il a  pris  le cadre épuré d’une  villa  hors de prix. Au milieu d’une impénétrable forêt, deux étages, en forme de cube de lumière et de ciment monté sur un podium  constituent  la retraite secrète et solitaire du dictateur. Elle est gardée par des chiens loups. …Un seul, en l’occurrence et qui ne fait pas vraiment peur, mais le symbolisme est limpide.  Signé Rainer Sellmaier, le décor (contemporain) joue continuellement sur les ombres et les lumières avec de très beaux effets de stores vénitiens et de violents jeux d’écrans. Il joue sur les tombes (romantiques) dans le parc entouré de murs et d’une grille sévère,  et  joue sur de lugubres sapins (de forêt noire)  accentuant l’impression d’enfermement. La villa est truffée de micros et de caméras de surveillance dans une approche bien Orwellienne. Le dictateur, incapable de vrais sentiments ou de quelconque empathie, vit à travers son obsession des écrans. Son pouvoir sera anéanti lors qu’il cassera brutalement sa commande à distance dans un dernier mouvement de colère.  Deux personnages secondaires exposent ses choix possibles. Les pulsions de mort : c’est Aufidio (Carlo Allemano)… sorte de spectre d’un autre âge, voire un vampire ? Ou l’ami inexistant…?  Quoi qu’il en soit, il incarne l’esprit du mal. L’autre c’est la jeune sœur  du dictateur, Celia (Ilse Eerens) qui survit grâce à sa maison de poupées et est amoureuse de Cinna. Elle  exalte  les pulsions de vie, d’espoir et de paix… Mais l’atmosphère reste macabre tout de même. Les choristes balancent et rampent entre Lumpenprolétariat et  monstres d’Halloween.  Nous voilà donc dans un opéra bien  noir qui brasse vampirisme et  pulsions de monstre machiste. Il pourrait tweeter: « Celui qui ne m’aime pas mérite tous les châtiments ! » Un enfant gâté, jamais arrivé à maturité?

12273267477?profile=original

La mise en scène rappelle les thrillers gothiques ou …American Psycho. On se met à rechercher un écran contre des humeurs violentes en se recentrant sur l’orchestre ou les solistes aux voix divines.  Un antidote pendant que défilent déclarations d’amour-haine, scènes de plus en plus sanglantes, scènes  de sexe ou de mort, de cruauté, de colère, d’humiliations… de suicide ou de toute puissance ? Peut-être, mu par son envie de dénoncer les maux du siècle, Thomas Kranzer en fait-il  un peu trop. Car la dérive attend le metteur en scène quand, contre toute attente, après des vidéos de viol explicite sur grand écran, la villa se fait cerner par les forces de l’ordre et attaquer comme si l’enjeu était de traquer un vulgaire terroriste… Stupéfaction des auditeurs soudainement enlisés dans l’horreur, la danse macabre ? Agressés par un éclat de rire infernal? Dommage pour ceux qui  désiraient savourer  la joie musicale qui les reliait au génial Mozart  grâce à l’incomparable complicité du chef d’orchestre Antonello Manacorda et à la beauté du pardon.    



LUCIO SILLA  de WOLFGANG AMADEUS MOZART
Direction musicale – ANTONELLO MANACORDA
Mise en scène – TOBIAS KRATZER
Décors et costumes – RAINER SELLMAIER
Éclairages – REINHARD TRAUB
Video – MANUEL BRAUN
Dramaturgie – KRYSTIAN LADA
Chef des chœurs – MARTINO FAGGIANI
 
Lucio Silla – JEREMY OVENDEN
Giunia – LENNEKE RUITEN
Cecilio – ANNA BONITATIBUS
Lucio Cinna – SIMONA ŠATUROVÁ
Celia – ILSE EERENS
Aufidio – CARLO ALLEMANO
 
ORCHESTRE SYMPHONIQUE & CHOEURS DE LA MONNAIE


NOUVELLE PRODUCTION 

Première, 29 octobre 2017 - 15:00
31 octobre - 19:00
02, 04, 07, 09 & 15 novembre - 19:00
12 novembre - 15:00

La production sera accessible intégralement et gratuitement sur Arte Concert en live le 9 novembre et en streaming du 5 au 25 décembre sur  www.lamonnaie.be
Lire la suite...

mon amie Anne JGobert

Aujourd’hui, il ne fait pas très bon, le soleil a disparu et j’ai une nouvelle à t’annoncer. Cela fait un moment que je dois te l’écrire et cette fois, je suis presque au pied du mur. 

Rappelle-toi que je t’ai dit que ma copine Anne avait été en Afrique, il y a peu de temps et qu’elle en était toujours un grand fan. Elle est rentrée avec des étoiles plein les yeux et quelques adresses de nationaux. 

Par son intermédiaire, j’ai fait la connaissance de Nahas Angula, africain et natif de la Namibie, pays pas loin de l’Afrique du Sud, du Botswana, du Zimbabwe et de la Zambie où Anne a des amis. 

Ce monsieur est déjà marié et a 4 femmes et une vingtaine d’enfants. Il habite un village pas trop loin de la Capitale Windhoek et s’occupe d’élevage.

Sa vie est assez sommaire et tout est bio. Nahas m’a demandé d’aller le voir et peut-être de rester là-bas. Ma réponse n’est pas encore donnée parce que je dois teindre mes cheveux en noir ce qui me paraît difficile. 

Après de nombreuses discussions et pour ce qui est des corvées sur place, vu que j’ai des difficultés de marcher, je n’irai pas chercher l’eau au village voisin, je resterai à demeure pour faire la cuisine.

La vie au grand air va me faire un bien fou, moi qui cherchais un peu de liberté, me voici bientôt à tout vent et au soleil.

Anne viendra me rejoindre dans quelques temps, son attrait pour l’Afrique qu’elle m’a communiqué va nous permettre de vivre autre chose.

Je n’en ai pas encore parlé aux enfants, c’est un petit point à voir avec elles. Martin est apparemment d’accord de me laisser partir pour cette aventure  et il m’accompagnera à l’aéroport fin du mois prochain. 

J’ai décidé de ne pas prendre de grosses valises, un sac suffira et un box frigo m’est nécessaire pour mes médocs. Nahas m’affirme que l’on trouve de tout à la Capitale et que cet endroit est très civilisé.

Voilà, c'est dit.

Lire la suite...
administrateur théâtres

BRICKLIVE, une invention anglaise! Du 27 octobre au 5 novembre2017, une première en Belgique pour les amateurs de LEGO®.12273253281?profile=original

Au pays du surréalisme, se déroule  en ce moment à Tour & Taxis une gigantesque foire-exposition itinérante, le rendez-vous des AFOL : Adults Fans Of Lego. Il pourront l’espace d’une semaine profiter de plus de 3,000,000 briques de Lego sur une surface de plus de 5,000 m2. On dit que 300.000 adultes sont de vrais fans de Lego! Ils ont des clubs et consacrent temps et argent à leur hobby architectural. 

12273253900?profile=original

La semaine de vacances de Toussaint se prête bien à l’aventure pour qu' un public nombreux  puisse  venir en famille ou entre amis pour réaliser des rêves de construction les plus extravagants, à l’aide de milliers de briques ou simplement par curiosité ! Mais qui ne se laissera pas tenter par l’expérience de créativité digitalo-motrice?  On se promène à travers plusieurs espaces thématiques : sculptures grandeur nature d’animaux de la jungle,  architecture, histoire,  légendes d’hier et d’aujourd’hui, playpools géantes de toutes les couleurs dans lesquels plongent des dizaines d'enfants, racetracks,  zones multimédias, concours… car une foule d’activités sont offertes.

12273254298?profile=original

L’organisation de ce festival pur plastique  semble souscrire au principe: « Think outside the box and rejoice ! » Les adeptes, vétérans et jeunes enfants,  n’ont pas de maquettes, ils ne font pas du modelling, ils inventent, pendant une journée entière s’ils le veulent, quel que soit l’âge! Et les résultats exposés sont fabuleux!

12273255480?profile=original

Du plus petit au plus grand, on peut les observer construire avec ce  silence de concentration particulier et  indispensable à la création, et pourtant le monde bourdonne autour d’eux. Ils voyagent dans l’imaginaire.  Les adultes renouent sans complexe avec les plaisirs d’enfance, ils retrouvent  le bruit familier  des pièces que l’on brasse et que l’on racle pour trouver la pièce manquante…en Homo faber passionnés. On les voit tisser la brique avec passion, butinant librement les bacs de pièces de Lego qui offrent toutes les couleurs de l’arc en ciel et les nouvelles sortes de briques les plus sophistiquées, jusqu’au le blanc solo et futuriste pour répliquer l’architecture de demain! Il n’est même pas dit qu’ils s’arrêteront pour manger ou boire… Rêver, planer, fabriquer, prendre en photo, caresser, abandonner derrière soi et recommencer autre part, pris par un nouveau flot d’imagination! Les stewards tout sourire en Tshirt ramassent inlassablement les morceaux épars,  achèvent de les démanteler, les classent et les remettent en circulation.  La ruche des petites briques danoises  n’arrête pas de se recycler ! Voilà  une expérience unique, étrange et fort intéressante…. Mais pas seulement. Solidaire, aussi.

12273256273?profile=original

Placée au milieu de l’exposition, la fresque Ducobu offre à chaque visiteur la possibilité de soutenir la recherche à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola. Pour 2€ on reçoit une plaque LEGO et un sachet de briques avec modèle à suivre, pour participer à la grande fresque. Ce geste sera remercié par un ticket de tombola donnant une chance de gagner l’un des multiples cadeaux offerts par la maison d’édition Le Lombard, partenaire de l’initiative. Plus de 1000 lots seront à remporter : des boites LEGO, plus de 700 exemplaires de bandes dessinées, dont certaines dédicacées (Ducobu, Thorgal, etc.) et de nombreuses figurines!

12273256497?profile=original

Tous les fonds récoltés grâce à la fresque seront reversés à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola. Inauguré en 1986, l'HUDERF est l'unique hôpital universitaire belge entièrement réservé à la médecine des enfants : tout y est conçu pour eux et leurs parents. De la naissance à l'adolescence, les enfants y reçoivent les soins les plus complets dans le respect de la charte des droits de l'enfant hospitalisé. La remise du chèque des fonds récoltés se tiendra le samedi 18 novembre 2017 à 16 heures dans la salle Gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles en présence de jeunes patients, leur famille et des membres de l’équipe médicale.

Une visite de l’exposition BRICKLIVE sera également organisée pour les patients chroniques soignés à l'HUDERF, accompagnés de leurs parents et des éducateurs de l’hôpital.

12273256901?profile=original 

http://www.bricklive.be/fr/home

Lire la suite...
administrateur théâtres

Mises en résonance : « Magritte, Broodthaers & Contemporary Art » Ceci n’est pas une rétrospective…

 12273257259?profile=original

Pour le 50e anniversaire du décès de Magritte, voilà deux compères réunis ! En 150  tableaux, sculptures, installations, films et documents, on peut parcourir  les liens de pensée esthétique entre Magritte et Marcel Broodthaers et en observer les nombreux prolongements auprès d’artistes  contemporains, à la manière d’une amplification plastique, poétique et actuelle. C’est ouvert 7 jours sur 7 aux Musées Royaux des Beaux-Arts à Bruxelles jusqu’au 18 février.

L’ami de Magritte, Marcel Broodthaers, poète et artiste belge est né dans la commune de Saint-Gilles à Bruxelles, en 1924 et est décédé à Cologne en 1976. Avant quarante ans, il pratique diverse métiers peu lucratifs, mais nimbés de liberté bohème chérie – écrivain, poète, libraire, guide d’expositions, journaliste et photographe… En 1964, le poète belge Marcel Broodthaers se vend aux arts plastiques en se nommant « artiste Pop ». Il abandonne sa Muse pour se mettre à fabriquer des produits visuels. Grand admirateur de Mallarmé, il justifie son changement de cap  en résonnance avec son fameux  « coup de dés » qui a inventé « l'espace moderne et contemporain de l'art ». Un manifeste contre l'exaltation romantique qu’il veut démythifier.

Il entrera dans le monde de l’art par la porte d’un pragmatisme ironique. Puisque ses livres de poésie ne se vendent pas, il en fera de l’art. « Moi aussi, je me suis demandé si je ne pouvais pas vendre quelque chose et réussir dans la vie. Cela fait un moment déjà que je ne suis bon à rien. Je suis âgé de quarante ans. L’idée enfin d’inventer quelque chose d’insincère me traversa l’esprit. Et je me mis aussitôt au travail… » Lors de sa première exposition, à la galerie Saint-Laurent à Bruxelles,  il expose donc une pile d’invendus de son dernier recueil, Le Pense-Bête (1964), agglutinés  dans  une enveloppe de plâtre. « Tiens, des livres dans du plâtre ! » Enfin, voilà le public qui réagit, ignorant que le poète enterrait sa muse!   « L’idée d’inventer quelque chose d’insincère me traversa l’esprit ». Et voilà des  casseroles remplies à ras bord de coquilles de moules vides avec ou sans sauce, accolées les unes aux autres dans un geste de dérision  caustique. Diable ! 68, c’est l’époque des pavés et de la provoc! Et les assemblages d’objets hétéroclites et jeux d’images et de mots marchent mieux que la poésie! Il meurt à 52 ans à Cologne et est enterrée au cimetière d’Ixelles.

12273257095?profile=original

Sous la conduite de Michel Draguet, le commissaire en collaboration avec Charly Herscovici de la Fondation Magritte et Maria Gilissen, la veuve de Broodthaers, l’exposition « Magritte, Broodthaers & Contemporary Art »  parcourt l’œuvre de Magritte en en sens inverse du temps, depuis sa dernière toile achetée en remontant vers les tableaux de ses débuts, tout en associant son ami Broodthaers à chaque  étape et  le clin d’œil amusé d’artistes associés à  leur démarche  comme  Andy Warhol, Robert Rauschenberg,  Jaspers Johns, César, Ed Ruschan Sean Landers, David Altmejd, George Condo, Joseph Kosuth, Gavin Turk, …dans une mise en scène ludique, intéressante, presque théâtrale. Ce sera l’occasion de découvrir ces autres artistes à travers le  parcours à rebours de l’univers de Magritte. D’alpha à oméga : d’une pastille de Lune devant des feuillages (La page blanche 1967) jusqu’au Soleil éblouissant de la tombe (L’au-delà, 1938).


12273257476?profile=original

L'Année Magritte a  commencé ce 11 mars 2017 dans le repère du surréalisme: "l'auberge-galerie d'art surréaliste où Magritte avait l'habitude de s'asseoir,  à La fleur en Papier doré, 55 Rue des Alexiens, à Bruxelles". René Magritte, né à Lessines en 1898, réside successivement  à Charleroi où il passe une enfance houleuse, Perreux-sur-Marne, Jette et enfin Schaerbeek. Très jeune, il nourrissait une véritable passion  pour le super héros  "Fantomas" ainsi que les auteurs de romans policiers  tels qu’Edgar Allan Poe, Maurice Leblanc ou encore Gaston Leroux. Il ne se remettra jamais du suicide de sa mère dans la Sambre, alors qu’il avait 14 ans. Lorsqu'il suit ses cours  à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles (1916-1920), il est d ‘abord  influencé par l’Impressionnisme et découvre ensuite le "Futurisme", un mouvement né en Italie  qui rejette les traditions esthétiques traditionnelles. C’est une révélation pour lui,  lorsqu’il découvre le Canto d'amore  (1914) de Giorgio De Chirico maître de l'art métaphysique,   qui lui fait comprendre que la question n'est pas de savoir comment peindre mais bien ce qu'il faut peindre.

12273257855?profile=original

L'"idée" devient donc pour Magritte la question essentielle. Il confronte les différentes réalités : l’idée, le mot,  l’écriture, l’image. Magritte est celui qui  veut rendre  la pensée visible, il s’interroge sur  le statut de la peinture, de l'objet, du langage, sur le rapport entre signifié et signifiant. Il estime que le langage trahit la réalité de l’objet. Magritte réunira sur ses toiles des objets appartenant à la banalité du quotidien de manière inhabituelle et surprenante, créant ainsi mystère et questionnements sans réponse, offrant un champ vierge de présupposés et libre pour l’imaginaire.

12273258071?profile=original

Son but est de déboussoler le spectateur pour lui faire entrevoir d’autres réalités. Pour bouleverser notre vision, il crée des atmosphères denses,  figées, minérales. Il utilise la frigidité des couleurs, des perspectives faussées, des tailles d’objet disproportionnées… et donne ainsi naissance à l’absurde. L’antidote des émotions? Ou la transmission de l’inquiétude métaphysique ? Un bel exemple: le peigne, le blaireau, l’allumette, le ciel à la place des murs, le verre vert  plus grand que l’armoire à glaces où se reflète une fenêtre absente du décor dans « Les Valeurs personnelles » (1952).

"La peinture n'est pas un miroir qui reproduit les apparences du monde. C'est un miroir qui produit tout ce qu'il veut, y compris le dos des choses, leur face cachée. Confondre la peinture avec un art de la reproduction est une sottise."

  Après trois années très productives à Paris, il expose en 1929 son œuvre légendaire « Ceci n’est pas une pipe »  au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles mais l’accueil est toujours indifférent et c’est  New York (1936) et  Londres (1938) qui enfin, le consacreront. A Bruxelles, deux groupes de surréalistes se rapprochent pour se moquer des surréalistes parisiens qui hantent les salons: celui de Paul Nougé, fondateur du surréalisme bruxellois et adversaire de l'écriture automatique chère à André Breton et, et celui du peintre René Magritte. Plus intransigeants, ils ne considèrent pas  la littérature et l'art comme des fins en soi et ils en appellent à  des prises de conscience subversives, pour dénoncer l’oppression religieuse et l'ordre bourgeois.

12273258098?profile=original Magritte est devenu un artiste-phare du 20e siècle, mondialement connu et sa gloire posthume est pratiquement sans limite. La célèbre œuvre  Magritte, « Ceci n’est pas une pipe »,  dont le titre éloquent est « La trahison des images » (1929) est revenue en Belgique, le temps de l’exposition. Une belle brochure  vademecum en trois langues, rédigée par le passionnant Jean-Philippe Theyskens, historien de l'art et guide-conférencier aux musées  est à la disposition du public pour la visite. Amusez-vous, empipez-vous!  Et n’hésitez pas à passer un moment créatif dans l’atelier Magritte, Broodthaers & you!

Service de réservations :
Téléphone : +32 (0)2 508 33 33
Email : reservation@fine-arts-museum.be 

L'exposition est exceptionnellement ouverte tous les jours (7/7) ainsi que le Musée Magritte Museum

du 13.10. 2017 au 18.02.2018.

Lire la suite...
administrateur théâtres

                             Anne-Frank-4_visu.jpgMiep Gies-Santrouschitz, née le 15 février 1909 à Vienne et morte le 11 janvier 2010 à Hoorn aux Pays-Bas à l'âge de 100 ans, est néerlandaise et  cache Anne Frank et sa famille des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Par miracle elle ne sera jamais arrêtée. A la suite d'une délation dont l'auteur ne sera jamais identifié, la famille entière est arrêtée le 4 août 1944. Elle essaye vainement d’empêcher leur déportation. Miep trouve le journal intime d’Anne Frank dans la cachette et le conserve sans le lire dans un tiroir, en attendant son retour, puisque la guerre était enfin finie ! Hélas,  elle apprend le décès de l'adolescente et de sa sœur en février 45 dans le camp de concentration de Bergen-Belsen et confie alors tous les documents relatifs au Journal à Otto Frank, le père d’Anne qui fait publier le livre en 1947.  Miep est reconnue Juste parmi les nations et  a reçu la médaille de Yad Vashem.

 

La pièce (The 1956 Pulitzer Prize Winner in Drama) écrite par le couple d’écrivains américains Frances Goodrich et Albert Hackett commence par l’évocation insupportable d’Otto Frank, survivant d’Auschwitz libéré par les Russes le 27 janvier 1945, qui pénètre dans l’Annexe, lieu évident de pèlerinage. Il est le seul survivant des 8 clandestins réfugiés dans l’ "Achterhuis" située au 263 Prinsengracht à Amsterdam, siège de  la société Opekta. Il est de retour dans ces lieux où ils ont vécu cachés, avec sa femme, ses deux filles Margot et Anne, pendant deux ans sans pouvoir jamais sortir,  jusqu’à leur arrestation le 4 août 44 et leur déportation en Allemagne le 3 septembre vers Auschwitz, par le dernier convoi en partance de Westerbork. 

Anne-Frank-10_spectacle.jpg

Il  découvre le journal de sa fille, de retour aux Pays Bas le 3 juin 45. Dans le premier acte, on revit leur installation, leur difficile mode de vie avec une autre famille -  la famille Van Daan (La famille van Pels) - qu’ils ont eux-mêmes accueillie et un autre juif - le dentiste Dussel (Fritz Pfeffer) -  fuyant lui aussi la Gestapo.   Anne confie à son journal sa vie quotidienne de recluse auprès de ses compagnons d'infortune, ses craintes, ses espoirs et ses rêves d'adolescente… Des extraits du journal intime d'Anne Frank sont soit  joués par la comédienne, soit lus en voix off, entre les différentes scènes de vie quotidienne où le fin mot est la préservation de la dignité humaine.  La figure paternelle d’Otto Frank est admirable. Il installe des règles de vie qui doivent servir de rempart aux peurs paniques, aux affres de la faim, à la folie de l’enfermement et aux diverses jalousies. Anne Frank éprouve une réelle vénération pour son père. « Papa a raison, nous avons beaucoup de chance ! »  Le deuxième acte est envahi par … l’amour naissant d’Anna  pour Peter, le fils des Van Daan. D’enfant turbulente qu’elle était, la jeune fille est heureuse de se sentir transformée en femme. Elle croit fermement que le monde, lui aussi se transformera... 

Anne-Frank-1_visu.jpg  

La distribution calque parfaitement les personnages. Avec Sophie Delacolette une Miep éblouissante d’espoir et de solidarité. Anne-Claire pour Edith, la mère d’Anne, inquiète, maladroite dans ses sentiments maternels, exclusive et guindée. Catherine Claeys, une madame Van Daan, pathétique dans son besoin de paraître et son insupportable mari, Michel Poncelet, admirable dans sa veulerie. Margot, une soeur de rêve sous les traits gracieux de Laura Fautré. …Peter Vandaan, adolescent contrariant, timide et timoré, admirablement campé par Gaspar Rozenwijn. Les rôles semblent faits sur mesure! Aussi pour Marc De Roy qui incarne Monsieur Dussel. Il reste l’héroïne, et son fabuleux père: Bruno Georis.  Dégotée par les soins de Fabrice Gardin : Juliette Manneback, dont on ne pense que du bien.  Elle passionne l’auditoire, infuse sa gaieté juvénile, ses colères, ses indocilités, son bonheur d'écrire, son amour de la nature, elle qui vit enfermée,  ses passions et un incomparable esprit de résilience et de foi en la vie alors qu’elle se trouve, comme tous ces clandestins,  au seuil d’une mort programmée. Elle incarne en continu un poignant message d’humanité devant une société qui trop souvent, détourne le regard. 

Anne-Frank-16_visu.jpg  

Fabrice Gardin tourne notre attention vers les nouveaux rescapés de guerres qui ne cessent de sévir au 21e siècle, tout à côté de notre confort occidental. Il est indispensable de "Rappeler de temps en temps l’Histoire ne fait pas de mal quand on voit l’intolérance et la haine qui habitent notre monde".  Le metteur en scène monte cette pièce à la fois pour ressusciter le souvenir de cette adolescente lumineuse qui traversa la profondeur des ténèbres et peut être considérée comme un modèle planétaire d’humanité, de tolérance et d’espoir. La production sur scène au théâtre des Galeries  correspond à l'anniversaire des 70 ans de la publication du Journal d'Anne Frank, aux 75 ans des premières lignes tracées à l'âge 13 ans par la jeune fille dans son journal, offert par son père pour son anniversaire, le 12 juin 42. Un journal que tout d’un coup, on a envie de relire ou de faire lire,  grâce à la pièce.

Anne-Frank-3_visu.jpg

Quelques temps avant son  arrestation Anne Frank avait eu l’immense joie de savoir qu’elle serait publiée ayant appris par la radio libre néerlandaise de Londres que le gouvernement hollandais en exil promettait d’éditer les mémoires et souvenirs des rescapés de  guerre. Un rêve d’adolescente qui lui, ne sera heureusement jamais assassiné!

Photos : Martin Gallone / www.martingallone.be

http://www.trg.be/saison-2017-2018/le-journal-d-anne-frank/en-quelques-lignes__7908

   

Du 18 octobre au 19 novembre 2017 au Théâtre Royal des Galeries
Galerie du Roi, 32 1000 Bruxelles  Contact  http://www.trg.be 
infos@trg.be 
02-512.04.07   

 

Lire la suite...

En ce jour, pensons à Elle!

À Jacques, Danièle et Michèle


Je me souviens: vingt-sept octobre!
Ce jour, on fêtait notre mère,
Sans peu de moyens pour le faire,
Une célébration bien sobre!

Nous chantions, mes soeurs et moi.
En accueillant notre tendresse,
Elle rayonnait d'allégresse
Et nous révélait son émoi.

Plus tard, à son anniversaire
Nous pûmes enfin compenser
Joyeuses, la récompenser.
Je crois qu'elle se sentait fière.

Ses filles et ses petits enfants
Avons eu une énorme chance.
Elle fixait les exigences
À satisfaire au cours des ans.

Et comme elle chantait toujours,
Même arrivée à son vieil âge,
Et partageait son héritage,
Elle nous rendit troubadours.

27 octobre 2017

Lire la suite...

Les dix commandements

Quand les moeurs évoluent, les lois pénales changent.
Lors, des comportements qui étaient réprimés,
Largement répandus, sont permis désormais.
Des hommes, on n'attend pas la pureté des anges.

À chacun ses plaisirs afin de vivre heureux.
Pour certains, l'important est de les satisfaire,
Même en sachant qu'ils vont certainement déplaire
Ou causer du malheur à des gens auprès d'eux.

Sans n'avoir jamais lu Les dix commandements,
Ceux qui ont le souci de vivre avec décence,
Ne causent pas de torts, non par obéissance,
Mais ayant pour le bien de l'attendrissement.

Or surviennent un jour les effets qu'ont les choix.
Des êtres malfaisants qui avaient la vie belle
Voient soudain se dresser des gens qui se rebellent
Dénoncent leurs méfaits et les montrent du doigt.

20 octobre 2017

Lire la suite...
administrateur théâtres

Un grand amour

Intérieur bourgeois  et sans éclat.  Un fauteuil presque Voltaire, une petite table de chevet ronde qui a perdu sa vitre, et dessus un verre à liqueur et une bouteille de spiritueux d’origine allemande.  Les motifs de la  tapisserie, faite de lourds feuillages de  jungle, se prolongent au sol. Au centre, l’oeil du monde: un immense miroir doré se penche vers les spectateurs et dans lequel ils se voient. C’est sans doute cela,  le plus important.  L’adresse du spectacle sera multiple : la comédienne à elle-même, la femme de l’histoire à sa conscience assassinée, cette même femme aux générations d’après, cette femme-comédienne et son double au public présent et à chacun en particulier. La salle est comble.

 C'était la première ce soir! La mise en scène de Jean-Claude Berutti est un chef d’œuvre. Splendide interprétation de Jeanine Godinas, qui creuse de façon poignante et imperturbable le fond des ténèbres, braque une lumière sans la moindre indulgence sur cette femme de... qui ne réussit pas à être femme à …part entière! Femme debout, qui aurait osé braver son mari et demander des comptes à la banalité du mal. Elle est au contraire, régulièrement abusée par les mensonges lénifiants du mari SS, commandant en chef des horreurs des camps d'extermination de Treblinka.

 Jeanine Godinas épouse donc  le destin de cette Madame Stangl pour en extirper l'horreur confondante. Elle balaye sans concessions et avec immense justesse les différentes étapes de la vie de cette femme de grand criminel de guerre qui prit délibérément - plutôt que viscéralement -  la passion amoureuse pour son époux, comme écran pour ne pas regarder la réalité en face! Fracassée par les doutes, elle se laisse néanmoins bercer d'illusions, malgré les preuves évidentes qu'elle récolte au fur et à mesure autour d'elle. On lui ment, elle se ment à elle-même et se trahit. Le grand amour qu’elle croit étreindre est voilé, fêlé par l’abominable vérité.  On est happé par la force des confidences, l'analyse minutieuse de la complexité des sentiments, la réalité des terribles vérités, et le charme charismatique de la belle personne et de la grande dame qui se trouve être comédienne! Une comédienne qui ne ment pas et que l’on regarde en vrai. Le je et son double. Une voix de chair et de femme, d’amour et de résignation lorsque le questionnement se meurt.   

« L’amour avait tenu la vérité, comme en suspens ! » Theresa Stangl réalise qu’il n’y a pas de cloison entre le travail aux « constructions dans le camp d’extermination  et les mises à mort. Et elle réalise que son grand amour lui a servi de cloison entre l’horreur du mal et son confort de mère de trois enfants. Tellement humain et tellement lâche à la fois ! Elle saisit fébrilement toute occasion de disculper celui qu’elle aime, même si au fond de son corps, la honte l’envahit, car le corps sait. Ses pensées s’enlisent dans le magma des mensonges.

Grâce à un passeport du Vatican, un des  monstres responsables du génocide retrouvera sa famille en Syrie, puis s’installera au Brésil. Une terre où l’on ne parle pas de Sobibor ou de Treblinka. La femme se souviendra avec fierté de sa belle maison, des terrasses du confort… Et ne posera plus de questions.

Nicole Malinconi, l’auteur du  récit, insiste : « Pourquoi n’a-t-elle pas menacé de quitter son mari s’il ne quittait pas Treblinka ? « … si vous l’aviez acculé ? » Theresa se souvient des juvéniles rafales de questions qu’elle ne pouvait s’empêcher de formuler et  que son mari, possédé par Treblinka,  rejetait,  tantôt avec violence, tantôt avec douceur menteuse. Mais elle ne lui a jamais tenu tête ! Le confronter, aurait tué son «amour», …son seul viatique, son unique lumière.  Un amour voilé, fêlé, frelaté, obscurantiste auquel manquait le courage, et qui, dissimulant l’innommable, n'est même plus de l'amour.  « La vérité est une chose trop terrible pour que l’on puisse vivre avec elle». Et le reste… est questions. On n'en n'a pas fini! 

Lire plus: 

https://www.babelio.com/livres/Sereny-Au-fond-des-tenebres/438136

https://www.babelio.com/livres/Malinconi-Un-grand-amour/707474

http://docsapp.cccommunication.biz/users/134175/docs/un_grand_amour_dossier_diff_040517.pdf

http://www.rideaudebruxelles.be/les-tournees/3-programmation/682-un-grand-amour

https://vimeo.com/239447762

https://www.facebook.com/demandezleprogramme.be/posts/1612827142098015

https://artsrtlettres.ning.com/events/un-grand-amour-1?rsvpConfirm=1

Résultat de recherche d'images pour "un grand amour godinas photos"

du  26 octobre 2017 (à 20:15) au 19 novembre 2017 
Emplacement : Rideau de Bruxelles @ Théâtre des Martyrs
Rue : Place des Martyrs, 22
Ville : 1000 Bruxelles
Site Web ou carte : http://www.rideaudebruxelles.…
Numéro de téléphone : 02 737 16 01

Organisé par : Théâtre le Rideau de Bruxelles

Lire la suite...

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles