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Théâtre de la cruauté : tous les écrits de Strindberg témoignent de sa vie et portent la trace de ses crises, de ses combats, de ses révoltes contre une société au conformisme rigide qu’il exècre et qu’il dénonce. Né en 1849, dans un milieu petit bourgeois, il perd sa mère atteinte de tuberculose à treize ans et souffre du remariage d’un père autoritaire avec la gouvernante des enfants, Emma Charlotta Peterson dont il a un fils, Emil.  Il devient auteur de théâtre après avoir  échoué dans la carrière de comédien. Sa jalousie féroce envers sa première épouse, la baronne Siri Von Essen sera à l’origine de ses premiers délires paranoïaques.  Marié et divorcé trois fois, il doit travailler beaucoup pour assurer la subsistance des enfants qu’il a de chacun de ses mariages. Névrosé, champion de misogynie, ses relations avec les femmes sont terriblement conflictuelles. Toute sa vie il luttera contre ses fantômes pour extraire de son être, une œuvre noire qui nous dit sa détresse intérieure.

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Mademoiselle Julie (Fröken Julie) (1888) : comme il est dit dès le début du texte :
« Mademoiselle Julie est folle, complètement folle ».Nous voilà avertis !

Midsummernight’s Nightmare :  De Zola à Munch, tout se passe dans la cuisine du château. On y découvre une trinité infernale qui incube pendant la nuit des feux de la Saint Jean. Christine (une formidable Caroline Cons), la cuisinière - figure iconique de la représentation de la femme traditionnelle - assiste, pleine de réprobation divine et silencieuse, à la fulgurante passion entre Julie, sa maîtresse et Jean, son fiancé. Une confrontation violente du masculin et du féminin, de la noblesse et des manants. Ambiguïté : ne fait-elle-même un rêve? On la voit dormir et marcher comme une somnambule…

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 La présence des bottes noires du terrible comte dans la cuisine 19e suggère son absence et sa personnalité  pesante. L’absence d’une mère se fait encore plus flagrante au cours de l’action traversée par la puissance onirique.  Punk déboussolée, la fantasque et fascinante Julie débarque et  se jette à la tête  du valet, qui se voit  incapable de résister au feu de l’amour-haine de la jeune tentatrice et obéit à ses caprices. La belle excuse, il a essayé maintes fois de la dissuader! Mais il finit par avouer  qu’il convoite depuis de nombreuses années la  jeune comtesse. Est-ce de l’amour ou  un moyen de monter dans l'échelle sociale ? Le jeu de L’excellent Roland Vouilloz est particulièrement ambigu et crédible. L’acte sexuel dans une soupente éclate en mille explosions sonores dévastatrices.  Symbolisme : on assiste au meurtre prémonitoire de l’oiseau de la jeune  aristocrate tandis que  Jean ne cesse de se laver les mains… Rêve de pureté - le plus beau passage - lorsque Jean lave le visage de Julie avec immense douceur,  seul répit de la pièce. Est-il vraiment dévoré d’ambition? Peut-il vraiment emmener Julie, au lac de Côme et recommencer une nouvelle vie grâce à la cassette de la fille du Comte qu’il installera derrière le comptoir?  

Mais les sortilèges de cette nuit fatale  où tout est permis se dissipent et Jean reste enfermé dans son rôle de valet, il retourne à Christine figée dans l’attente, tandis que  Julie, effarée par son acte déshonorant, seule, trahie et désespérée  se  supprime avec le rasoir que l’amant lui a  laissé dans les mains. D’héroïne de vaudeville, enfermée dans un huis-clos tragique, Julie devient une absurde victime sacrificielle qui se lave dans son propre sang. Trois étapes douloureuses, de plus en plus noires, et en correspondance avec des œuvres musicales très pertinentes choisies par le metteur en scène. Est-ce notre monde entre grandeur et décadence  que Strindberg exécute ainsi? Entre violence verbale et violence physique, cette pièce  donne réellement froid dans le dos.

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Que reste-t-il au spectateur après ce regard dévastateur sur la nature humaine signé Gian Manuel Rau?

Goûter  sa parfaite mise en scène expressionniste d’un théâtre fait d’explosions, de convulsions, de  pulsions en liberté où l’on peut  admirer le jeu inspiré  de la très talentueuse actrice néerlandaise Berdine Nusselder, glaciale, ardente, audacieuse, révoltée et dérangeante. Gardant un accent nordique intense, elle soutient néanmoins vaillamment  toute les autres interprétations du personnage de Julie, au théâtre comme au cinéma.

Profiter des larges  pauses, comme dans le théâtre de Pinter, pour se distancier du cauchemar, observer les costumes (Gwendolyn Jenkins) et le maquillage fantastique de Julie (Emmanuelle Olivet Pellegrin).

Peser le vertige de la chute de l’héroïne comme celui du désir d’ascension de Jean, et l’enlisement final de la « normalité » qui enterre tous les rêves.  

http://theatre-martyrs.be/saison/mademoiselle-julie/C1106AB6-F64C-5277-AC2B-9E6A50B07C0D/

MADEMOISELLE JULIE
August STRINDBERG / Gian Manuel RAU

Photos : Mario del Curto

JEU Caroline Cons, Berdine Nusselder, Roland Vouilloz
MISE EN SCÈNE Gian Manuel Rau
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Anne Schwaller, Elodie Vraiment 
SCÉNOGRAPHIE Anne Hölck
COSTUMES Gwendolyn Jenkins 
MAQUILLAGE Emmanuelle Olivet Pellegrin
HABILLAGE, COIFFURE, MAQUILLAGE Cécile Vercaemer-Ingles, Pauline Miguet
ACCESSOIRES Georgie Gaudier
SON Bernard Amaudruz, Graham Broomfield, Gian Manuel Rau, Manu Rutka 
LUMIÈRES Gian Manuel Rau, Eusébio Paduret
RÉGIE GÉNÉRALE ET SON Manu Rutka
RÉGIE LUMIERE Eusébio Paduret
RÉGIE PLATEAU Cam Ha Ly-Chardonnens
ADMINISTRATION DE TOURNÉE Nina Vogt
RÉGIE Nicola Pavoni & Justine Hautenauve

PRODUCTION Théâtre de Carouge - Atelier de Genève

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administrateur théâtres

                      Créé à Paris le 2 décembre 1840, « La Favorite » de Gaetano Donizetti s'installe à Liège dans sa version originale française!  Fernand (Celso Albelo), un jeune novice, fils spirituel du Grand-prêtre Balthasar (Ugo Guagliardo) , est  déchiré entre sa foi et son  coup de foudre pour une inconnue. Il abandonne son monastère  pour rejoindre les forces armées d’Alphonse  XI, roi de Castille (1311–1350) qui se prépare à partir en guerre contre l'envahisseur maure. Il ne se doute cependant pas un seul instant que la femme qu'il aime est la maîtresse "favorite" du roi. Nous sommes  dans l'Espagne du XIVe siècle, au temps des luttes de pouvoir entre l’Église et l’État et  leurs tumultes illustrés  par les  somptueuses pages lyriques de Donizettti, brillamment dirigées par Luciano Acocella. Alphonse a bien caressé l’intention de répudier sa femme pour faire de Léonor, sa  nouvelle  reine…comme le fera deux siècles plus tard le roi anglais Henry VIII (1491–1547) mais il craint l’excommunication.  Pour  récompenser Fernand  de sa  bravoure,  le roi (Mario Cassi)  le couvre d’honneurs et accède à son désir en lui  accordant la main de Léonor. Il conseille sarcastiquement à Leonor d’être fidèle au moins à Fernand. Ce n'est que le jour même de leur mariage que Fernand découvre avec  horreur la relation de Léonor avec le roi. Sa colère virile explose : S O N honneur est définitivement trahi ! Voyez-vous donc ! Humilié et ostracisé par ses compagnons d’armes, il repousse alors ses titres et ses trésors et retrouve ainsi l’estime de Don Gaspar (Matteo Roma)   et des Seigneurs. Il retourne au monastère, laissant ses vœux et sa nouvelle épouse sombrer dans le désespoir. On assiste aux rites de  son ordination. Mais la tragédie romantique est loin d’être achevée car Leonor, mourante vient s’expliquer avec lui. L’amour de Fernand renaît. Bouleversé,  il veut s’enfuir avec elle, mais elle lui demande de respecter ses vœux et s’éteint dans ses bras.    

                                                                         Stupéfaction, le rideau s’ouvre sur une sombre salle des coffres, où l’on véhicule des bocaux étranges sur une table roulante. Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley se déploie. Le rituel s’installe devant un triangle lumineux sur la pointe. Le glaive du pouvoir divin et de l’injustice? 2080 est bien pire que 1984 de Georges Orwell. La nature, « cette sève de l’être humain » a disparu. Les vestiges se retrouvent dans des bocaux gardés par le pouvoir suprême, un monastère-laboratoire. Dans ce monde d’éprouvettes, plus de pacte familial, ou social, plus de droit à la pensée ou au discernement. Les femmes aux longues chevelures voilées de blanc, toutes identiques, sont offertes à la contemplation. Futures porteuses de guerriers, elles sont cloîtrées sous globe dans la ruche …de plastique, en l’occurrence. Contrôlées, dépossédées de leur libre-arbitre elles font partie d’un monde fait de splendides paysages lumineux tous artificiels. Le seul arbre de l’œuvre, placé dans un cylindre, agrémente comme un saint-sacrement,  la chambre du roi. En 2080 ? La liberté est bien morte, et malgré son caractère trempé  le roi  plie le genou  devant l’autorité religieuse.  En forme de leçon de morale glaçante, un très beau ballet met en scène deux femmes-papillons qui, ayant conservé leurs couleurs, et malgré la beauté de leur art, meurent sous les regards assassins. Chorégraphie: Luisa BALDINETTI. Rosetta Cucchi est la metteuse en oeuvre de ce monde minéral désenchanté. Les costumes, - le ou la - plastique des  lumières et la  scénographie soulignée par des ronces tentaculaires fluorescentes quand on n’est pas dans le monastère-laboratoire, éclatent d’ironie. 

                                                                     Honneur aux femmes.  La  brûlante mezzo-soprano  Sonia Ganassi, incarne dans un portrait sincère de Léonor. Palpitante, humaine, elle s’insurge contre le sérail de ses sœurs qui toutes penchent la tête sous leurs voiles nacrés. Se fait-elle torche incandescente de désespoir au dernier acte, dans ses échanges déchirants avec Fernand ? Donnant beaucoup de tenue aux duos avec Fernand (Celso Albelo) , elle passe des couleurs sombres aux assauts verbaux désespérés et au délire de l’amour avec une incomparable virtuosité. Et son français est bien audible, ce qui est beaucoup moins le cas pour les interprètes masculins de cette production où il faut souvent se référer à la bande déroulante pour en comprendre la diction.   Sa compagne, Inès resplendit de fraîcheur, incarnant par la qualité de la voix, la fameuse sève humaine disparue de ce monde minéral. Une voix solaire, une diction parfaite, un rayonnement musical qui s’avère être un réel répit dans ce monde fossilisé malgré tous ses effets de lumières (Fabio Barettin/Sylvain Geerts ).

                                                        Les chœurs  aussi sont à l’honneur : de véritables rafales de pluie bénéfique bruissante où vibre une humanité chaleureuse restée indépendante de la volonté de la mise en scène.  Une production saisissante par sa modernité et surtout pour la superbe prise de rôle d’Ines (Cécile Latschenko), l’exquise compagne de Leonor qui devait en principe trouver Fernand pour  lui avouer la vérité sur elle. Interceptée par Don Gaspar (Matteo Roma)  elle a été arrêtée par ordre du Roi, pour avoir aidé Léonor dans sa trahison.

                                                            Quel monde… d’hommes!  

 

http://www.operaliege.be/fr/activites/la-favorite

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L'IMPORTANT, C'EST QUOI DITES MOI ?

Cette misère latente qui hante la planète

La place d'un univers sur laquelle on disserte!

La vague qui déferle et emporte nos peurs

Dans le petit matin, le sourire d'un bonheur?

Le cœur qui se déchire au moment de l'adieu

Le corps que l'on désire et qui nous rend heureux...

Cette respiration qui doucement revient

Lorsque la douleur fuit et que l'on se sent bien?

L'important, c'est quoi dites moi?

L'enfant que l'on dorlote et qui se moque de tout!

Le vieillard qui soupire et qui s'accroche à nous?

La porte de la maison qui s'ouvre sur le matin

Ou, la douceur du soir où l'on s'étire, enfin!

L'aube qui rougit, nous offrant ses merveilles

La pudeur qui s'invite et nos désirs en veille?

La pie qui prend son bain dans la marre du jardin

Mon chien qui se blottit, son regard dans le mien?

L'important, c'est quoi dites moi?

Les contraintes, le devoir, tout ce qu'on croit savoir...

Nos doubles et leurs mystères, le goût du désespoir!

Après-midi d'ennui, aussi soir de déprime...

Frémir d'un coup de pinceau et trouver une rime?

Des lèvres, où soudain se forme un prénom

Et celles de l'enfant qui s'essaye à dire : Non!

Apprivoiser la mort en créant le plaisir...

Et vivre chaque instant en se moquant du pire!

J.G.

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administrateur théâtres

Rencontre avec un LOVERBOOKÉ, convertisseur de bonheur !

Main-tenant, main-tendue, il est sur les rails de la raillerie joyeuse. Il est exubérance et transhumance, au cœur d’une symphonie d’hu-mour, contraction de « humain + amour ». Dans ses maints apartés, c’est le verbe qu’il manipule sans vergogne, le sourire qu’il décroche, l’espoir qu’il rallume.  Les pitreries qu’il pétrit rendent les contrariétés du monde moins terrifiantes. Le bonheur, cela se gagne : en tuant la peur!

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Donc  voilà Bruno Coppens qui  débarque dans  le silence compact du public devant un plateau vide, sauf une floche rouge de carrousel accrochée  à la sortie. Il arrive, comme un père Noël sans barbe ni bonnet, trônant  sur une immense main baladeuse rouge-baiser, belle comme une île flottante et accueillante comme un rêve de Demain. Le mot l’inspire et il démarre  jeux de mots et jeux de mains. Le gaucher contrarié a la pêche, il pérore, il se lâche et chasse les ennuis. Heureux qui communique! 

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De l’amibe à l’homme twitter, il trace l’évolution. Passe chez le docteur pour commander un burnout pour un ami. Il est si fier d’être solidaire, il adore aider les autres ! Et puis après une scène délirante de double séparation (au bout de six mois seulement…), on se la repasserait bien en boucle, il nous instruit de comment faire l’amour avec nos conflits intérieurs.

 Bon an mal an, il déroule des anecdotes  tirées de l’histoire de l’humanité  pour expliquer comment les plus grandes réussites sont immanquablement greffées sur  l’humus fertile des échecs les plus cuisants. Je rate donc je suis … gagnant! Les pires catastrophes, surtout celle qui portent des noms de femmes of course,  ont du bon. Du beau, du bon « du bon Dubonnet » ? Eh non, on en est à « Carglass répare, Carglass remplace » ! Et du bon au beau, je suis bonobo… allez comprendre!  Allez-y, vous comprendrez!  Dialectique spécieuse de temps en temps mais on se tient les côtes,   l’optique est tellement généreuse et galvanisante ! Car il est prêt à tout pour nous faire toucher les étoiles ! «Catch a falling star and put it in your pocket» disait une vieille chanson.  On n’aura pas assez de mains pour applaudir… ce concentré de peps et de bienveillance… qui offre en prime une lovervisite gratuite chez le golopède! Mission accomplished, le Loverboy! OK? 

De Bruno Coppens
Mise en scène : Eric De Staercke.

Avec : ...Bruno Coppens.

DU 07/11/17 AU 31/12/17

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=507

Réenchanter le monde...? Il y a de quoi faire! 

  Comme l’homme ne descend pas du sage, il remontera dans le temps pour trouver la faille, cet instant de l’Histoire où tout a foiré. Revisitant les vies de Jeanne Dark, du Navigateur Explorer Christophe Colomb, de l’homme de Cro-Mignon et d’autres héros d’hier, notre Sauveur 2.Zorro prendra le passé à bras le cœur afin de transformer l’échec en réussite : « S’échouer ? C’est chouette ! ». Parviendra-t-il à réécrire notre monde qui part à la dérêve ? Mettra-t-il le chaos K.O ? Le ciel se couvre, il pleut de la haine sur les réseaux, les trottoirs, les meetings… les raccourcis odieux, les formules à l’emporte-pièce et les phrases assassines font tapage. On ne s’entend plus penser. On reste incrédules… On en perd son latin ! Sans cynisme, Coppens revient nous faire du bien. Il nous fait un parapluie de son « Ludictionnaire » et parle un autre vocabulaire. Il nous invente d’autres langages qui, mine de rien, nous permettent d’en inventer d’autres, plus joyeux, plus amoureux, plus malins.

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administrateur théâtres

LES FAUX BRITISH

De Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields


Mise en scène : Gwen Aduh. Avec (en alternance) : Baptiste Blampain, Benjamin Boutboul, Bénédicte Chabot, Laure Chartier, Damien De Dobbeleer, Laure Godisiabois, Michel Kacenelenbogen, Cachou Kirsch, David Leclercq, Gaëtan Lejeune, Bruno Mullenaerts, Thibaut Nève, Simon Paco et Simon Wauters.

DU 18/10/17 AU 31/12/17

Annoncé comme génial, subtil et drôle, ce spectacle met en scène une bande d’artistes professionnels très généreux que l’on adore, surtout Laure G., qui en profitent pour s’éclater cul par-dessus tête dans les situations totalement absurdes. Grand bien leur fasse!  Une belle façon d’envoyer en l’air une année couverte de bleus et de blessures, d’envoyer paître tracas, flétrissures et pollution de la planète. Certes, ceux qui adorent les cascades à répétition, trouvent drôle le principe de la chute à répétions, de l’accident basé sur le même  modèle, de la catastrophe érigée en crédo,  ils riront aux éclats et mettront fort mal à l’aise les rares spectateurs qui ne partagent pas cet humour de bandes dessinées abrupt, intempestif, convulsif et ricanant.

A première vue, c’est donc drôle. Et il y a des étudiants que cela amuse vraiment de rendre feuille blanche!  Mis à part le décor qui lui s’applique à faire  un copié collé des pièces d’AGATHA  CHRISTIE, tout sonne profondément creux.  Malgré les murs en lambris de vieux chêne assortis à l’auguste horloge qui n’avance pas d’une seconde, la cheminée où flambe le charbon, la peau de tigre transformée en carpette en mouton, la desserte pour le whisky étiqueté façon ammoniac ou arsenic, et le sofa vert façon "couch",  d’où l’on contemple portraits d’ancêtres - bêtes ou gens ? -  ainsi que trophées de chasse qui ne cessent de s’effondrer, ...il n’y a rien d’anglais dans cette représentation. Donc pour être faux, c’est complètement faux. Les auteurs ont  bien raison, en ce qui concerne le titre.

Et pour preuve aussi,  la surabondance de l’excitation hystérique, de la cacophonie, l’absence totale de retenue, l’absence complète d’humour dit "anglais" flanqué de ses  savoureux  "understatements" tellement dévastateurs et efficaces, et que l’on attend toujours. Waiting for Godot!

On cherche en vain la parodie, car parodie se concocte dans les  ressemblances! Tout  au contraire, on se trouve à l’autre extrême, dans le bruit et  la férocité, les hurlements tous azimuts,  les embrouilles  d’une action qui n’existe pas, d’un texte non abouti, de répliques non connues, d’improvisations factices, de bout de textes tâtonnés, juste bons à jeter que l'on se plait même à répéter trois fois... à cours de mots ou d'inspiration ou parce que le disque est rayé? Le comique de situation est supposé faire tout!   Bref voilà un vaudeville policier totalement latin et déjanté, si c'est cela que l'on aime.

Ah! ils voulaient faire du Magritte, me direz-vous? Puisqu’on fête l’anniversaire de sa mort! Déstructurer et découvrir une réalité surréaliste!  Ceci est un trousseau de clefs dit-il en saisissant le vase chinois…  Bien vu !  Sauf que ce qui s’applique au vrai théâtre de l’absurde, version anglaise ou française avec des noms tels que  Beckett, Ionesco ou leurs héritiers Pinter, Arrabal, ou Tom Stoppard … ne s’applique vraiment pas à ce trio d’auteurs sortis d’on en sait zou ni à un texte démuni de  la moindre charge dramatique! On ne peut même pas dire que c’est « du vent ! » car dans le vent, il y a tant d’esprit ! Du vide sans doute, pathétique et désespérant. Alors, nous, les dindons de la farce, on ne rit pas!  Sorry guys, not my cup of tea! Mais notre avis importe peu puisque tous les billets sont achetés et qu’on en redemande. Las, pour nous, sapiosensuels que nous sommes,  un roi nu est bien nu!

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administrateur théâtres

A CHRISTMAS CAROL “I HAVE endeavoured in this Ghostly little book, to raise the Ghost of an Idea, which shall not put my readers out of humour with themselves, with each other, with the season, or with me. May it haunt their houses pleasantly, and no one wish to lay it.” Their faithful Friend and Servant, C. D. December, 1843.

 On traduit?
…Je me suis efforcé dans ce petit livre bourré de fantômes, d'élever le fantôme d'une idée, qui ne devra surtout pas mettre mes lecteurs de fâcheuse humeur vis-à-vis d’eux-mêmes ou des autres,  ni les induire à maudire l’esprit festif de Noël, ou à me détester moi, l’auteur.  Puisse cette lecture  hanter avec bienveillance leurs demeures, et que personne ne veuille lâcher le texte sans en avoir consommé l’esprit.  Votre fidèle ami et serviteur, Charles Dickens, décembre 1843.

Fidèle ami des grandes causes humaines, Thierry Debroux  a fait de ce court récit souvent abordé dans le secondaire  par la lecture en anglais simplifié, une splendide amplification poétique où pointe sans cesse une joyeuse  ironie. On peut presque parler d’une  – comédie musicale  – qui a mis la salle entière debout, dès la première.  Celle-ci applaudissait avec frénésie une troupe d’acteurs éblouis,  rappelés dix fois, une troupe chargée d’anima, et que l’on aurait bien  cru voir  sortir tout droit de l’Opéra de quat’sous! Coaching vocal : Daphné D'HEUR.

L’équipe est  irrésistiblement entraînante et sûrement  inoubliable :  autour de  Guy PION, il y a Gauthier JANSEN, Béatrix FERAUGE,  Claude SEMAL, Nicolas OSSOWSKI, Fabian FINKELS,  Anthony MOLINA-DIAZ, Sacha FRITSCHKÉ, Julie DIEU, Pénélope GUIMAS, Jeanne DELSARTE. Avec sur les planches, des enfants, lumière de l’avenir. En alternance : Léon DECKERS ou Ethan VERHEYDEN; Maxime CLAEYS, Andrei COSTA ou Jérémy MEKKAOUI; Laura AVARELLO, Ava DEBROUX ou Lucie MERTENS; Laetitia JOUS, Clara PEETERS ou Babette VERBEEK. Un défilé de bonne humeur et d’espoir, une tornade de talents créatifs, cadeaux de la maison, le théâtre Royal du Parc!

C’est donc l’histoire d’un rebirth sous la neige. « Le Noël de Monsieur Scrooge » met en scène le processus de transformation d’un cœur abominablement sec et coriace, indifférent à autrui, passionné d’argent,  en une âme généreuse et enfin repentante et heureuse qui renoue avec la vie. Le pardon, dit-on dans les chaumières,  est la clé du bonheur d’ici-bas ...et de l’au-delà, pour ceux que cela intéresse! Il suffit peut-être, comme le dit la chanson de la finale, … d’écouter le vent! « The answer is in the wind…»  Un certain vent dont on ne sait  ni d’où il vient ni où il va…! Le mendiant du début - un craquant  personnage vautré au début du spectacle  dans le fauteuil de l’écrivain - invite les cœurs à se lâcher et  garantit que « les contes de fée sont faits pour apprendre que l’on peut vaincre les monstres!» C’est un jeune Garou, au charme éblouissant qui chante à la lune : Fabian FINKELS.  

Dans ce conte de Noël, le ciel est toujours présent : le décor est sous coupole céleste. La ligne du ciel évoque St Paul’s Cathedral ou Big Ben, les infâmes cheminées crachant fumée de charbon quand la misère  réussit à  se chauffer! Tombe la neige, même s’il y a du smog, façon purée de pois. Mais la déco de la fête tant attendue est là.  Les bougies  brillent aux  fenêtres des maisons bourgeoises et des antiques magasins « so British »:  TAILOR, FURNITURE, BAKERY, CANDLES…  Hélas,  le terrible temple du négoce de l’argent, la $CROOGE COMPANY, à droite du plateau, rassemble tout ce qu’il y a de plus Anti-Christmas Spirit. Vous connaissez sûrement des adeptes! Le maître des lieux c’est l’Avare, Richard III, Méphisto,  and last but not least : Scrooge.  Car le  comédien génial qui est derrière ce sinistre personnage hautement toxique, c’est  le très estimé Guy PION, toujours aussi magnétique  dans ses maléfices. Par dérision, son nom est prononcé  "Scroutch" par les esprits farceurs (Claude SEMAL).

Time is money ! Mais voilà le temps  aboli… En attendant que ce soit l’argent ? On peut toujours rêver!  Quoi qu’il en soit,  la mise en scène est fort habile. Sous forme de doubles des différents âges du triste sire, elle ravit par sa fraîcheur et sa subtilité. Cadeau de l’inventivité fantastique et rythmée de Patrice MINCKE.  Le temps est aboli… Magie théâtrale ou nuit magique ? L’an 2017 vient jusqu’à narguer un Scrooge totalement abasourdi! Ou bien est-ce nous-mêmes, que Dickens vient narguer? Magie du texte! 

Mise en scène illustrative. Des gosses misérables battent le pavé. L’époque est douloureuse, le pain est rare, la maladie  fait des ravages. Les cimetières regorgent de morts prématurées.  Mais le décor n’en reste pas là ! Le savoir-faire légendaire  de Ronald BEURMS une fois de plus fait voyager le spectateur de la cave au grenier, dans les airs et par-dessus les toits. …Dans les cœurs aussi ,  du plus noir: celui  bouclé entre les murs de ses coffres-forts (Guy PION)  …au plus tendre: celui d'une étoile entre deux tresses blondes (Ava DEBROUX, 7 ans). Dès sept ans, le désespoir peut certes résonner dans les consciences!

La scénographie acrobatique trace les contours de l’histoire faite d’une série d’apparitions d’esprits chargés de remettre le Drôle dans le droit chemin. Suspense garanti, on croit qu’à chaque étape qu’il a enfin compris… Eh non, c’est raté ! Quelle  patience il a, cet « esprit de Noël » qui a tout d’un «Père Noël » (Claude SEMAL) y compris les rennes, …particuliers, il faut en convenir, mais très convaincants!

A grands renforts de chansons de gueux, de fables et fantasmes, l’action progresse et réchauffe les cœurs. Qui oserait  grincer à la fin du spectacle, le sourire pincé et le verre à la main « Oui... ! C’est …gentil ! » ? Non! C’est tout simplement merveilleux, tant l’énergie des créateurs est présente, touchante, palpitante même, tant l’humanité se découvre avec audace, sans craindre les esprits blasés qui n’auront  de toutes façons rien compris. Chapeau !  Et puis il y a tous ceux et celles qui, comme Scrooge, auront secoué leur manteau d’indifférence, balancé  leurs aprioris dévastateurs, quitté  l’ivoire de leur confort et rejoint le cœur ré-enchanté , la liesse du renouveau d’humanité et son formidable potentiel. Voilà un anniversaire que  le monde se doit de fêter,  au risque de mourir …à minuit  sonnant!  Mieux vaut naître non? 

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/49.html

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AU BOUT DES MOTS...

Quand ton esprit s'enfuit, que les instants s'effilent

Que tes paroles flottent sans cohérence...

Je me prends à penser combien nous sommes fragiles

Et que la vie s'amuse à frôler la démence!

Avec toi, c'est nouveau, ne suis plus qu'abandon

Deviendrai-je naïve, aurai-je donc vieilli?

Je sais bien qu'en ce monde il n'est point de pardon

Et que la vie est triste quand le fruit est cueilli!

Alors avec vaillance, j'affiche des sourires

Mon regard cherche au ciel quelques reflets dorés...

Les mots sont impuissants à décrire les désirs

Mais, tes mains en douceur savent les remplacer!

J.G.

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Nouveau Testament - Evangile de saint Luc

12273236495?profile=originalLe troisième Evangile écrit en grec, probablement à Rome entre 60 et 63, est attribué à l'Evangéliste Luc, disciple et compagnon de saint Paul, dans ses derniers voyages et lors de son emprisonnement à Rome. Admirable aussi du point de vue littéraire, cet Evangile comprend 5 parties et un Prologue (I, 1-4). Première partie: enfance; annonciation du Précurseur et de la nativité de Jésus; circoncision de Jésus; sa présentation au Temple; Jésus parmi les docteurs (I, 5 - II, 52). -Seconde partie: vie publique; préparation à la vie publique; prédication de saint Jean-Baptiste; la généalogie, le baptême et les tentations de Jésus (III-IV, 13); ministère de Jésus en Galilée; miracles et enseignements, comme dans les autres Synoptiques (IV, 4 - IX, 50). -Troisième partie: dernier voyage de Jésus en Galilée; miracles et enseignements comme dans les autres Synoptiques (IX, 51 - XIX, 28). -Quatrième partie: histoire de la Passion et de la Mort de Jésus comme dans les autres Synoptiques (XIX, 29 - XXIII, 55). -Cinquième partie: Résurrection de Jésus, son apparition et son Ascension (XXIV, 1-52). Les épisodes appartenant exclusivement à l'Evangile de saint Luc sont: -Première partie: le Prologue-dédicace à Théophile (I, 1-4); annonciation de la naissance du précurseur Jean-Baptiste (I, 5-25); Annonciation à la Vierge Marie et l' Incarnation du Verbe (I, 26-38); visite de Marie à Elisabeth (I, 39-56); naissance de Jean-Baptiste, sa circoncision et sa vie au désert (I, 57-80); naissance de Jésus à Bethléem et sa circoncision (UU, 1-21); purification de Marie et présentation de Jésus au Temple (II, 22-38). -Seconde partie: Jean-Baptiste est emprisonné par Hérode (III, 19-20); Jésus vient à Nazareth où il prêche dans la Synagogue, ce qui lui vaut le mépris de ses concitoyens (IV, 16-30), résurrection du fils de la veuve de Naïn (VII, 11-17); Marie-Madeleine oint les pieds de Jésus (VII, 36-50); le Christ, accompagné des Douze et de quelques femmes pieuses, parcourt la Galilée (VIII, 1-3); Jésus envoie les soixante-dix disciples prêcher (X, 1-16); ceux-ci reviennent heureux (X, 17-24); parabole du bon Samaritain (X, 25-37); Marthe et Marie (X, 38-42); Jésus enseigne aux disciples à prier (XI, 1-13); Jésus réprimande les Pharisiens et les Scribes (XI, 37-54); diverses exhortations (XII, 1-59; XIII, 1-9). -Troisième partie: guérison de la femme infirme (XIII, 10-17); parabole de la porte étroite (XIII, 22-30); les pièges d' Hérode (XIII, 31-35); guérison d'un hydropique (XIV, 1-6); différentes exhortations (XIV, 7-14); parabole des invités au festin (XIV, 15-24); les disciples de Jésus (XIV, 25-35); parabole de la brebis égarée (XV, 1-7); parabole de la drachme perdue (XV, 8-10); parbole de l'enfant prodigue (XV, 11-32); parabole de l'économe infidèle (XVI, 1-13); Jésus répond aux pharisiens qui murmurent (XVI, 14-18); parabole du mauvais riche et de Lazare (XVI, 19-31), conseils divers (XVIII, 1-10); guérison des dix lépreux (XVII, 11-19); avènement du règne de Dieu (XVII, 20-37); parabole du juge et de la veuve (XVIII, 1-8); parabole du Pharisien et du Publicain (XVIII, 9-14); Jésus trouve l'hospitalité chez Zacchée (XIX, 1-12); parabole des talents (XIX, 11-28); bref résumé des derniers jours de la vie de Jésus (XXI, 37-38). -Quatrième partie: Jésus met fin à une contestation qui s'est élevée parmi les disciples (XXII, 24-30); brève allocution du Christ relative aux épées (XXII, 34-38); Jésus devant Hérode (XXIII, 6-12); Jésus apparaît aux deux disciples qui vont à Emmaüs (XXIV, 13-35).

L'Evangile de saint Luc présente plusieurs caractéristiques. Du point de vue linguistique, le vocabulaire est considérablement plus riche que celui des autres Evangélistes et écrivains sacrés: et bien que l'on doive situer ce texte parmi les oeuvres écrites en langue populaire, il possède une supériorité qui le rapproche considérablement des classiques. Saint Luc évite les hébraïsmes, les aramaïsmes et les latinismes: il sait s'exprimer avec art et donner au récit une atmosphère de simplicité et de grandeur, tout en exprimant avec grâce les sentiments des personnages, qu'il décrit d'une façon admirable; ce qui faisait dire à l'agnostique Renan: "L'Evangile de saint Luc est le plus beau livre qui existe". L'Evangéliste annonce, dès la première page, son intention de faire oeuvre historique. Il écrit son Prologue, à la manière des grands historiens grecs, comme Hérodote, Thucydide, Polybe, et comme eux, il commence son livre en indiquant de quelles sources s'inspire son récit, sa manière d'écrire et le but qu'il se propose. Il rattache ses données chronologiques à l'histoire profane (II, 1-3 et III, 1); mais il n'est pas un chroniqueur de la vie de Jésus et il lui arrive, comme à Matthieu et à Marc, de rapporter des discours et des miracles advenus dans des circonstances différentes. L'enseignement que referme cette oeuvre la situe parmi les écrits "ébionistes", et c'est par conséquent un Evangile des pauvres. La pauvreté triomphe de la richesse terrestre, et la doctrine du Salut universel apparaît baignée d'une lumière merveilleuse; c'est la défaite du particularisme hébraïque. Les témoignages patrologiques et le canon de Muratori attestent l'authenticité de l'Evangile de saint Luc.

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Nouvau Testamment - Evangile de saint Matthieu

12273230101?profile=originalL'Evangile de saint Matthieu, dit Lévi, un des douze Apôtres, est le premier des quatre Evangiles; il fut écrit à Jérusalem en araméen et traduit ensuite en grec. On n'en connaît pas avec certitude la date de composition, mais selon le témoignage de saint Irénée qui le dit écrit "à l'époque où Pierre et Paul portèrent à Rome la bonne nouvelle de l'Evangile", on peut situer cette date aux environs de 63 à 67. Il forme, avec les Evangiles de Marc et Luc, le groupe des trois Evangiles dits "Synoptiques", identiques dans le lexique, dans le choix des récits, dans l'ordre, différents seulement dans quelques détails.

Le livre se divise en trois parties.

Dans la première partie se déroule l'enfance de Jésus et sa vie cachée (I, II); on y trouve décrits aussi la généalogie du Christ, sa conception par la Vierge, la naissance du Sauveur, l'adoration des Mages, la fuite en Egypte et le retour d'Egypte. La seconde partie décrit la vie publique du Sauveur (III, à XXV). Certains faits et circonstances, qui sont déduits de la prédication de Jésus, prouvent, malgré la réfutation du Sanhédrin, qu'il est réellement le Messie et en même temps démontrent la vraie nature du règne de Dieu. Cette partie de l'Evangile peut être divisée en quatre périodes: la première période comprenant la préparation à la vie publique (III, 1 à IV, 11); le ministère du Précurseur; le baptême du Christ; le jeûne et la tentation de Jésus. La seconde (IV, 12 à XVIII, 35) décrit le ministère du Christ en Galilée: les débuts de ce ministère (IV, 12-25); le sermon sur la montagne (V, 1 - VII, 29); Jésus accomplissant des miracles (VIII, 1-IX, 34); Jésus, maître des Apôtres (IX, 35 - X, 42); Jésus s'élevant contre l'infidélité des Juifs, en particulier, des Pharisiens (XI-XII); Jésus décrivant par des paraboles la nature du Royaume des Cieux (XIII); Jésus affermissant la foi de ses fidèles, en accomplissant de nouveaux miracles, au milieu de l'animosité des Pharisiens (XIV, 1 - XVI, 12); Jésus confiant à Pierre les clés du Royaume des Cieux, puis apparaissant transfiguré sur la montagne et y instruisant ses disciples (XVI, 13 à XVIII, 35). Dans la troisième période: Jésus voyageant vers Jérusalem donne plusieurs enseignements à ses disciples, reproche aux Juifs leur incrédulité, et prédit sa Passion et sa Mort. Dans la quatrième période de cette deuxième partie: Jésus fait son entrée triomphale à Jérusalem (XXI, 1-17); il discute avec les Pharisiens et les Scribes et dénonce leurs vices au peuple (XXI, 18 - XXIII, 39); il prononce alors son oraison eschatologique (XXIV). La troisième partie raconte la Passion et la Résurrection (XXVI - XXVII); la préparation de la Passion; la Passion et la mort de Jésus; sa glorification, sa Résurrection et ses apparitions.

Les parties qui appartiennent exclusivement à L'Evangile de Matthieu sont les
suivantes:
-première partie: l' Ange persuade Joseph de prendre pour femme Marie, qui a conçu du Saint-Esprit (I, 18-25); l'adoration des Mages (II, 1-12); la fuite en Egypte (II, 13-18); le retour d'Egypte (II, 19-23).
-Seconde partie: Jésus se rend à Capharnaüm (IV, 13-17); discours sur a montagne (V, 13-37 - VI, 1-34 - VII, 7-12); les âmes fidèles sont attirées vers le Christ (XVI, 25-30); parabole du bon grain et de l'ivraie (XIII, 24-30) et explication de cette parabole (XIII, 36-43); parabole du trésor caché et de la perle (XIII, 44-46); parabole du filet jeté à la mer (XIII, 47-53); guérison de deux aveugles et d'un muet (IX, 27-34); instruction des Apôtres (X, 16-23); les clés du Royaume des Cieux conférées à Pierre pour sa confession (XVI, 17-19); la drachme dans la bouche du poisson (XVII, 24-27); conseils particuliers (XVIII, 10-35); parabole des deux fils envoyés à la vigne (XXI, 28-32); parabole du banquet nuptial (XXII, 1-14); parabole des dix vierges (XXV, 1-13); parabole des talents (XXV, 14-30); prophétie
eschatologique (XXV, 31-46).
-Troisième partie: la garde du Sépulcre (XXVII,
62-66); l'ange déplace la pierre du Sépulcre (XXVIII, 2-4); Jésus ressuscité
s'avance vers les saintes femmes (XXVIII, 9-11); les gardes soudoyés (XXVIII,
11-15); apparition sur une montagne de Galilée (XXVIII, 16-20).
Le livre commence par un préambule qui retrace la généalogie du Christ, et aussitôt après, débute le récit évangélique. L'union entre les diverses parties s'accomplit par des procédés très élémentaires, parfois par une reprise de ce qui a été déjà dit précédemment. Le récit de Matthieu, comme d'ailleurs les récits des autres Evangélistes, n'est pas une chronique de la vie de Jésus; Matthieu recueille et rassemble les discours de Jésus qui furent prononcés ou les actions qui eurent lieu dans des circonstances diverses.
L'enseignement de Jésus, les paraboles (Matthieu en cite huit en tout), les maximes et les discours sont sujets à ce procédé de compilation. On a pu remarquer que Matthieu groupait les récits et les maximes par nombre de trois et de sept. La tentation a trois épisodes. Jésus prie trois fois à Gethsémani. Le nombre sept est celui des Béatitudes, il existe sept demandes dans le Pater, sept paraboles dans le chapitre XIII, et il y est recommandé de pardonner 77 fois sept (XVIII, 22).

En général, on peut dire que les caractéristiques de Matthieu ne l'éloignent pas, comme d'ailleurs les autres Evangélistes, de la langue classique. La phrase: "Evangile selon ou de Matthieu", bien que n'étant pas de la main de Matthieu, remonte toutefois au IIe siècle, presque aux temps apostoliques. Comparé à L'Evangile de Marc, celui de Matthieu contient une proportion moins grande d'éléments qui ne se trouvent ni dans la langue classique, ni chez les lettrés. Mais l'auteur se révèle étranger à la formation classique et habitué à la lecture de la Bible grecque, qui a influencé son style. La monotonie du récit est interrompue par de longs discours. Le plus célèbre parmi ceux-ci est le "Sermon sur la Montagne", d'une teneur très élevée et empreint de poésie réelle. Même l'invective contre les Pharisiens rappelle la fougue de quelques passages prophétiques d'Isaïe. Les nombreuses maximes confèrent une originalité caractéristique à l'Evangile de Matthieu.

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Nouveau Testament - Evangile de saint Marc

12273229472?profile=originalLe second évangile est attribué à l'Evangéliste Marc, connu aussi sous le nom de Jean Marc. Il fut écrit en grec, à Rome, à une date incertaine. Le plus court des quatre Evangiles, il néglige de rapporter les épisodes de la vie privée de Jésus, se bornant à raconter son existence publique. L'Evangile débute par cette phrase: "Commencement de l'Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu".

L'oeuvre comprend quatre parties.

La première (qui porte sur le début du ministère public de Jésus en Judée) mentionne les épisodes suivants: la prédication de Jean-Baptiste dans le désert (I, 1-5); baptême de Jésus et son séjour dans le désert (I, 9-13); appel des quatre premiers apôtres et prédication à Capharnaüm et dans les alentours (I, 14 - III, 35); enseignements et miracles autour du lac de Tibériade (IV, 1-VI, 13).

La seconde partie raconte le ministère de Jésus en Galilée: elle débute par la mort de Jean-Baptiste, le voyage de Jésus à Bethsaïde et la première multiplication des pains (VI, 14-VII, 23); Jésus arrive au nord de la Galilée, à Tyr et à Sidon; après y avoir accompli des miracles, il passe par Césarée de Philippe, fait avec trois disciples l'ascension du Mont Tabor et, après la Transfiguration, se rend à Capharnaüm (VII, 24 - IX, 50). Dans la troisième partie, Jésus traverse le Pérée et arrive en Judée (X). La quatrième et dernière partie décrit la Semaine Sainte, la Passion, etc. (XI, 1 - XV, 47). Le chapitre XVI parle de la mission des Apôtres, de L'Ascension de Jésus et de l'efficacité de la mission apostolique. Faisant abstraction de la première partie, qui peut être considérée comme une préface, et de la seconde partie dédiée au ministère de Jésus en Galilée, l'ordre des récits semble être déterminé par des critères historiques et géographiques. L'auteur a voulu suivre un ordre historique, comme le prouvent les nombreuses déterminations du temps: "Le soir venu, s'étant levé avant le jour" (I, 35), "Le ême jour" (IV, 35); "à la tombée de la nuit" (IV, 47); "six jours après" (IX, 2). Les descriptions des lieux indiquent que l'ordre est aussi géographique: "Comme il passait le long de la mer" (I, 16); "et ils entrèrent à Capharnaüm" (I, 24 - II, 1); "ils arrivèrent à l'autre rive de la mer, au pays des Géraséniens (V, 1); "il partit de là et s'en alla au territoire de Tyr et de Sidon" (VII, 24), etc. Mais il se peut que cet ordre ne soit pas rigoureusement exact: en effet, il est assez invraisemblable que Jésus n'ait pas traversé deux fois de suite la même région. Comme dans l'Evangile de saint Matthieu, on note ici aussi la progression lente de la révélation messianique. Au début de son ministère, Jésus ne dévoile pas à ses disciples le caractère de sa mission: il les prépare lentement à cette révélation et ce n'est que tardivement qu'il leur prédit sa Passion, sa Mort et sa Résurrection.

La troisième partie, qui raconte le voyage à travers le Pérée, jusqu'à Jérusalem, ne donne aucune indication de temps, mais seulement quatre indications de lieu, dont trois assez vagues, la quatrième seule comportant un renseignement précis: "Ils arrivèrent à Jéricho" (X, 46).

La quatrième et dernière partie suit en général les Evangiles de Matthieu et de Luc, bien que ceux-ci soient plus complets que le second Evangile. Le récit de saint Marc
est en général identique à ceux de Matthieu et de Luc, cinq passages seulement
lui appartiennent en propre: deux paraboles, deux miracles et un passage
historique, dans le troisième chapitre, qui décrit l'inquiétude des parents de Jésus (III, 20-21). Les deux paraboles appartenant au second Evangile sont: le grain qui lève (IV, 26-29); le père qui quitte sa maison sans savoir quand il reviendra (XXXX, 34). Les deux miracles sont: la guérison d'un sourd-muet (VII, 32-37), la guérison de l'aveugle de Bethsaide (VIII, 22-26). En outre, il faut noter que Marc a rapporté dans son Evangile quelques phrases caractéristiques de Jésus omises dans les autres Evangiles: "Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat" (II, 27); "toutes ces choses mauvaises sortent du dedans" (VII, 23); "car chacun doit être salé par le feu" (IX, 49), etc. Les sentiments de haine qui animent les adversaires de Jésus sont mentionnés de la même manière dans les deux autres Synoptiques, mais on y note un détail de grande importance: l'alliance des Hérodiens avec les autres ennemis de Jésus, les Pharisiens et les Scribes (III, 6). Marc décrit les sentiments des disciples envers le Maître, mais il rapporte aussi les
sentiments et les impressions de Jésus lui-même: "Et après avoir promené son
regard sur eux avec colère" (III, 5); "il vit une foule nombreuse, et il en eut compassion, parce qu'ils étaient comme des brebis sans pasteur, et il se mit à les enseigner longuement" (VI, 34). Une des caractéristiques de saint Marc est de donner un tour théâtral à son récit: il ne se borne pas à exposer les événements, mais en fait une manière de reportage pris sur le vif; de plus, le Seigneur prononce ses discours dans le style direct. Saint Marc insiste sur la doctrine de la filiation divine de Jésus, sans exclure ses caractères de Fils de Dieu et de Messie, qui se rattachent étroitement l'un à l'autre. Une tradition catholique romaine voudrait que Marc ait rédigé son Evangile en rapport étroit avec saint Pierre. Les témoignages de Papieu, de Justin et d'Irénée formulés à ce sujet à une époque proche de celle de
l'auteur, sont d'une importance considérable. Clément d'Alexandrie ajoute:
"Quelques auditeurs des prédications de Pierre à Rome demandèrent à Marc de
les rédiger. Marc les contenta. Quand Pierre prit connaissance de l'oeuvre de
Marc, il ne l'approuva ni ne l'encouragea à la publier; mais ayant reconnu le
contenu véridique de ces écrits, il en permit la lecture à l'Eglise". Une confirmation de ces témoignages, suivant lesquels saint Marc aurait écrit son Evangile comme il l'entendit de la bouche de saint Pierre, se trouve dans le second Evangile lui-même.

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Rayonnement du bien

De nombreuses choses surprennent
Ne laissant pas indifférent.
Elles provoquent de la peine,
De la joie, d'autres sentiments

.

Extrême parfois, la beauté,
Que partout répand la nature,
Transcende la médiocrité,
Change les poids et les mesures.

Le beau est la splendeur du bien,
Souvent dans l'ombre, non visible.
Quand dans la lumière, il survient
Y crée un émoi indicible.

Je pus voir un grand de ce monde,
Qui, pénétré de compassion,
Offrait sa tendresse profonde,
Simplement, sans ostentation.

Apparut un rayonnement.
Dans la joie l'accueillit mon être.
Lors un si doux comportement.
Permit à des rêves de naître.

12 novembre 2017

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A propos des Rencontres littéraires de Bruxelles

Radio Air-Libre, sur la suggestion de Guy Stuckens, l’animateur de l’émission Cocktail Nouvelle-Vague, a décidé de consacrer une nouvelle émission à la littérature, basée sur nos rencontres, qu’elles relayeraient en différé.
Elle s’appellerait d’ailleurs également « Rencontres littéraires de Bruxelles » 
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Composition: Irina Denisova

Poèmes Fr. Andrew Logvinova

Песня из документального фильма "Инокиня"

муз. мон. Иулиания (Ирина Денисова), Стихи прот. Андрея Логвинова.



Всего-то навсего : полюби, 

сердечком-свечкою засветись! 

Тогда, как рыба в речной глуби, 

вверху увидишь иную высь. 

Plus que tout : aime,
Que la flamme de ton coeur t'éclaire
Alors comme le poisson dans les profondeurs du fleuve,
tout en haut tu verras une autre profondeur

Всего-то навсего - не суди, 

как Бога сплюнувшая толпа. 

Твое призвание - впереди 

тобой нехоженная тропа. 

Plus que tout : Ne juge pas

comme la foule qui a craché sur Dieu.

Ta vocation, c'est d'aller de l'avant

Par le chemin que tu n'as pas exploré.

Tu n'a pas foulé ce chemin

Всего-то навсего - полюби, 

Всего-то навсего - не суди, 

Всего-то навсего - не грусти, 

Всего-то навсего - всех прости! 

Plus que tout aime

Plus que tout ne juge pas

Plus que tout ne sois pas triste

Plus que tout pardonne à tous

Всего-то навсего: полюби, 

Кого-то малого приголубь! 

Тогда как вольный орёл в степи 

Внизу увидишь иную глубь.

Plus que tout, aime,

Prends soin de plus petit que toi
Alors comme l'aigle libre dans la steppe
Tout en bas tu verras une autre profondeur 

Всего-то навсего: не тужи, 

что беды с горестями в судьбе: 

Но благодарность в всю жизнь вложи 

Тому, кто Жизнь подарил тебе. 

Tout simplement: Ne t'afflige pas

Des malheurs et chagrin de la destinée

Mais sois reconnaissant envers celui

envers celui qui t'a fait cadeau de la vie




Всего-то навсего - полюби, 

Всего-то навсего - не суди, 

Всего-то навсего - не грусти, 

Всего-то навсего - всех прости!


Plus que tout aime

Plus que tout ne juge pas

Plus que tout ne sois pas triste

Plus que tout pardonne à tous

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La nuit



Pour connaître la nuit il faut avoir vu le jour et sa vie,
Et enfin le soir qui en est la porte d'entrée.
Comme tout naturellement la brillante lueur qui naît
Se voit-elle aller, paraît-il, vers un peu moins d'énergie !
Mais la nuit n'est pas un grand trou noir
Où il faudrait craindre d'y voir.
Ou encore y passer le clair de son temps à dormir,
Tirer les rideaux, fermer les volets pour ne rien voir venir.
Non, la nuit existe pour les curieux, les inquiets, les penseurs,
Voyant en le sommeil une perte de temps,
Sans oublier d'"heureux" fêtards qui grillent les heures
Comme des pétards qui claquent à tout vents.
Mais ceux-là ont encore beaucoup à apprendre de la nuit,
Ils se trompent d'heure, le manteau nocturne n'est pas pour eux.
Qu'ils entendent la chouette qui ulule, voient la biche qui se hasarde sans bruit
Ou le hérisson qui ose enfin ouvrir les yeux !
Car le silence sous la voûte étoilée, l'orage, les nuages noirs
N'ont de pareils que lorsque le voile de la nuit est tiré.
Et nos sens apaisés des aléas et du temps creusé
Font de la nuit un refuge serein qui ressemble à l'espoir.

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Une sincérité absolue



                                                                   Je suis et serai toujours surpris des chaînes librement consenties que portent en général "les gens " et vous rassure en faire partie pour ne choquer personne ! Dans bien des domaines. Vivre avec la même personne toute sa vie, lui infliger l'image du vieillissement, en faire son infirmier(e), l'amener dans sa tombe après toutes les souffrances réciproques et poser son image sur le buffet de la cuisine en lui parlant toute la journée. En n'oubliant pas de faire de ses enfants les spectateurs et les acteurs de ce système ! Il y a aussi la carrière que les "gens " ne négligent pas. Bien préparée par de judicieux conseils elle doit aller jusqu'au bout. Hors de question de changer de métier. L'employé de la poste mettra des cachets sur des lettres toute sa vie, attendra la fin de la semaine pour promener son chien puis les congés payés, pourra s'endetter et enfin finir vieilli et aigri au guichet de la même poste pour toucher sa retraite ! Pas la moindre lueur d'évasion, de rêve, dans cette imagination ternie par la peur de la découverte. Les exemples sont si nombreux ! Il faut dire que d'une manière générale la nouveauté fait peur. Beaucoup jugent préférable de supporter les douleurs qu'ils connaissent bien et ainsi pensent-ils bien les maîtriser plutôt que s'en défaire et voguer vers des cieux plus agréables. Que risqueraient-ils, s'appauvrir, y perdre la vie ? C'est déjà fait ! Ce serait en outre oublier de compter sur les capacités nombreuses qu'ils étouffent en eux.
                                                                     Je terminerai par cette lettre que je leur adresse. Ne vous convainquez pas qu'à l'endroit  où vous vivez c'est le plus beau, que ce que vous faites tous les jours est une punition méritée, qu'il n'y a plus d'air pur, qu'il vous faut des passages cloutés pour trouver votre chemin. Convainquez-vous d'avantage d'avoir des jambes et une tête, que la création vous a fait grâce de ces cadeaux aux fins d'y accomplir vos rêves et cessez de parler à des photos. Rompez enfin les chaînes qui ne sont qu'illusoires et retrouvez la cour de récréation et ... le sourire si vous l'avez perdu ! Voilà ce qui ne m'a jamais quitté depuis mon enfance : trouver de bonnes raisons à mes rhumatismes !

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administrateur théâtres

                                               Le dictateur romain Lucio Silla chef de file des optimates, qui s'opposent aux populares de Marius, s’est octroyé tous les pouvoirs en  écartant physiquement  ses opposants. Il les a vaincus au cours de deux guerre civiles, ayant par ailleurs récolté les lauriers d’une victoire lors d’une  expédition en Grèce contre le roi Mithridate VI. La Rome antique sert d’écran sur lequel se projettent les inquiétudes politiques du XVIII siècle.  Dans l’opéra de Mozart,  Silla, interprété dans la production du théâtre de la Monnaie par le ténor Jeremy Ovenden, a tué Mario, le père de Giunia et a exilé son bien-aimé Cecilio - le castrat original de Mozart a les traits de la soprano  Anna Bonitatibus.  Sylla exige  de Giunia qu’elle l’épouse. Incarnée par la talentueuse soprano néerlandaise Lenneke Ruiten, fidèle à la scène du Théâtre de de la Monnaie, la belle Guinia est séquestrée, elle est  au désespoir et tente de mettre fin à ses jours. Elle trouve un allié en Cinna - une sulfureuse Simona Saturová,  qui s’avère être une sorte d’agent double splendidement manipulateur, masculin ? féminin ? -, qui rêve de  faire renverser le tyran. Cecilio, qu’elle croyait mort, réapparaît dès le début de l’acte I et rend à tous, l’espoir d’un renversement proche… Les complots réussiront-ils ? Action directe, soumission, ou mort consentie? Après une analyse fouillée de l’origine  du mal, à travers les états d’âme des protagonistes et  leurs rivalités sentimentales sur fond de conflit politique, la vertu sera finalement  exaltée à  la fin du troisième acte, car Silla, coup de théâtre,  surprend la scène d’adieu des deux amoureux promis à la mort et se laisse peut-être gagner par la grâce, pardonne, renonce à ses châtiments  et, magnanime, s’élève au-dessus des conflits. Brillant !  Tout comme plus tard, dans « La clémence de Titus » (1791)  

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  Puisant l’énergie créatrice dans ses tourments d’adolescent et ses démêlés avec son père omnipotent,  Mozart compose ce drame amoureux et politique à seize ans à peine. C’est son  troisième opera seria, noble et sérieux après « Mitridate, re di ponto »(1770) et « Ascanio in Alba »( 1771) au Teatro Regio Ducal de Milan. Mais la  partition où se succèdent les airs et récitatifs habituels  innove et introduit une grande richesse orchestrale, de nombreux  duos bouleversants et  ajoute l’intervention du chœur. On est devant un joyau musical …qu’il suffirait peut-être d’entendre les yeux fermés en version concertante, tant l’œuvre semble parfaite et tant  la palette et la densité des sentiments des solistes de cette splendide production est chatoyante, expressive et variée.

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Le metteur en scène allemand Tobias Kratzer a choisi un nouvel écran sur lequel projeter les inquiétudes politiques du XXIe siècle. Il a  pris  le cadre épuré d’une  villa  hors de prix. Au milieu d’une impénétrable forêt, deux étages, en forme de cube de lumière et de ciment monté sur un podium  constituent  la retraite secrète et solitaire du dictateur. Elle est gardée par des chiens loups. …Un seul, en l’occurrence et qui ne fait pas vraiment peur, mais le symbolisme est limpide.  Signé Rainer Sellmaier, le décor (contemporain) joue continuellement sur les ombres et les lumières avec de très beaux effets de stores vénitiens et de violents jeux d’écrans. Il joue sur les tombes (romantiques) dans le parc entouré de murs et d’une grille sévère,  et  joue sur de lugubres sapins (de forêt noire)  accentuant l’impression d’enfermement. La villa est truffée de micros et de caméras de surveillance dans une approche bien Orwellienne. Le dictateur, incapable de vrais sentiments ou de quelconque empathie, vit à travers son obsession des écrans. Son pouvoir sera anéanti lors qu’il cassera brutalement sa commande à distance dans un dernier mouvement de colère.  Deux personnages secondaires exposent ses choix possibles. Les pulsions de mort : c’est Aufidio (Carlo Allemano)… sorte de spectre d’un autre âge, voire un vampire ? Ou l’ami inexistant…?  Quoi qu’il en soit, il incarne l’esprit du mal. L’autre c’est la jeune sœur  du dictateur, Celia (Ilse Eerens) qui survit grâce à sa maison de poupées et est amoureuse de Cinna. Elle  exalte  les pulsions de vie, d’espoir et de paix… Mais l’atmosphère reste macabre tout de même. Les choristes balancent et rampent entre Lumpenprolétariat et  monstres d’Halloween.  Nous voilà donc dans un opéra bien  noir qui brasse vampirisme et  pulsions de monstre machiste. Il pourrait tweeter: « Celui qui ne m’aime pas mérite tous les châtiments ! » Un enfant gâté, jamais arrivé à maturité?

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La mise en scène rappelle les thrillers gothiques ou …American Psycho. On se met à rechercher un écran contre des humeurs violentes en se recentrant sur l’orchestre ou les solistes aux voix divines.  Un antidote pendant que défilent déclarations d’amour-haine, scènes de plus en plus sanglantes, scènes  de sexe ou de mort, de cruauté, de colère, d’humiliations… de suicide ou de toute puissance ? Peut-être, mu par son envie de dénoncer les maux du siècle, Thomas Kranzer en fait-il  un peu trop. Car la dérive attend le metteur en scène quand, contre toute attente, après des vidéos de viol explicite sur grand écran, la villa se fait cerner par les forces de l’ordre et attaquer comme si l’enjeu était de traquer un vulgaire terroriste… Stupéfaction des auditeurs soudainement enlisés dans l’horreur, la danse macabre ? Agressés par un éclat de rire infernal? Dommage pour ceux qui  désiraient savourer  la joie musicale qui les reliait au génial Mozart  grâce à l’incomparable complicité du chef d’orchestre Antonello Manacorda et à la beauté du pardon.    



LUCIO SILLA  de WOLFGANG AMADEUS MOZART
Direction musicale – ANTONELLO MANACORDA
Mise en scène – TOBIAS KRATZER
Décors et costumes – RAINER SELLMAIER
Éclairages – REINHARD TRAUB
Video – MANUEL BRAUN
Dramaturgie – KRYSTIAN LADA
Chef des chœurs – MARTINO FAGGIANI
 
Lucio Silla – JEREMY OVENDEN
Giunia – LENNEKE RUITEN
Cecilio – ANNA BONITATIBUS
Lucio Cinna – SIMONA ŠATUROVÁ
Celia – ILSE EERENS
Aufidio – CARLO ALLEMANO
 
ORCHESTRE SYMPHONIQUE & CHOEURS DE LA MONNAIE


NOUVELLE PRODUCTION 

Première, 29 octobre 2017 - 15:00
31 octobre - 19:00
02, 04, 07, 09 & 15 novembre - 19:00
12 novembre - 15:00

La production sera accessible intégralement et gratuitement sur Arte Concert en live le 9 novembre et en streaming du 5 au 25 décembre sur  www.lamonnaie.be
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mon amie Anne JGobert

Aujourd’hui, il ne fait pas très bon, le soleil a disparu et j’ai une nouvelle à t’annoncer. Cela fait un moment que je dois te l’écrire et cette fois, je suis presque au pied du mur. 

Rappelle-toi que je t’ai dit que ma copine Anne avait été en Afrique, il y a peu de temps et qu’elle en était toujours un grand fan. Elle est rentrée avec des étoiles plein les yeux et quelques adresses de nationaux. 

Par son intermédiaire, j’ai fait la connaissance de Nahas Angula, africain et natif de la Namibie, pays pas loin de l’Afrique du Sud, du Botswana, du Zimbabwe et de la Zambie où Anne a des amis. 

Ce monsieur est déjà marié et a 4 femmes et une vingtaine d’enfants. Il habite un village pas trop loin de la Capitale Windhoek et s’occupe d’élevage.

Sa vie est assez sommaire et tout est bio. Nahas m’a demandé d’aller le voir et peut-être de rester là-bas. Ma réponse n’est pas encore donnée parce que je dois teindre mes cheveux en noir ce qui me paraît difficile. 

Après de nombreuses discussions et pour ce qui est des corvées sur place, vu que j’ai des difficultés de marcher, je n’irai pas chercher l’eau au village voisin, je resterai à demeure pour faire la cuisine.

La vie au grand air va me faire un bien fou, moi qui cherchais un peu de liberté, me voici bientôt à tout vent et au soleil.

Anne viendra me rejoindre dans quelques temps, son attrait pour l’Afrique qu’elle m’a communiqué va nous permettre de vivre autre chose.

Je n’en ai pas encore parlé aux enfants, c’est un petit point à voir avec elles. Martin est apparemment d’accord de me laisser partir pour cette aventure  et il m’accompagnera à l’aéroport fin du mois prochain. 

J’ai décidé de ne pas prendre de grosses valises, un sac suffira et un box frigo m’est nécessaire pour mes médocs. Nahas m’affirme que l’on trouve de tout à la Capitale et que cet endroit est très civilisé.

Voilà, c'est dit.

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administrateur théâtres

BRICKLIVE, une invention anglaise! Du 27 octobre au 5 novembre2017, une première en Belgique pour les amateurs de LEGO®.12273253281?profile=original

Au pays du surréalisme, se déroule  en ce moment à Tour & Taxis une gigantesque foire-exposition itinérante, le rendez-vous des AFOL : Adults Fans Of Lego. Il pourront l’espace d’une semaine profiter de plus de 3,000,000 briques de Lego sur une surface de plus de 5,000 m2. On dit que 300.000 adultes sont de vrais fans de Lego! Ils ont des clubs et consacrent temps et argent à leur hobby architectural. 

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La semaine de vacances de Toussaint se prête bien à l’aventure pour qu' un public nombreux  puisse  venir en famille ou entre amis pour réaliser des rêves de construction les plus extravagants, à l’aide de milliers de briques ou simplement par curiosité ! Mais qui ne se laissera pas tenter par l’expérience de créativité digitalo-motrice?  On se promène à travers plusieurs espaces thématiques : sculptures grandeur nature d’animaux de la jungle,  architecture, histoire,  légendes d’hier et d’aujourd’hui, playpools géantes de toutes les couleurs dans lesquels plongent des dizaines d'enfants, racetracks,  zones multimédias, concours… car une foule d’activités sont offertes.

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L’organisation de ce festival pur plastique  semble souscrire au principe: « Think outside the box and rejoice ! » Les adeptes, vétérans et jeunes enfants,  n’ont pas de maquettes, ils ne font pas du modelling, ils inventent, pendant une journée entière s’ils le veulent, quel que soit l’âge! Et les résultats exposés sont fabuleux!

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Du plus petit au plus grand, on peut les observer construire avec ce  silence de concentration particulier et  indispensable à la création, et pourtant le monde bourdonne autour d’eux. Ils voyagent dans l’imaginaire.  Les adultes renouent sans complexe avec les plaisirs d’enfance, ils retrouvent  le bruit familier  des pièces que l’on brasse et que l’on racle pour trouver la pièce manquante…en Homo faber passionnés. On les voit tisser la brique avec passion, butinant librement les bacs de pièces de Lego qui offrent toutes les couleurs de l’arc en ciel et les nouvelles sortes de briques les plus sophistiquées, jusqu’au le blanc solo et futuriste pour répliquer l’architecture de demain! Il n’est même pas dit qu’ils s’arrêteront pour manger ou boire… Rêver, planer, fabriquer, prendre en photo, caresser, abandonner derrière soi et recommencer autre part, pris par un nouveau flot d’imagination! Les stewards tout sourire en Tshirt ramassent inlassablement les morceaux épars,  achèvent de les démanteler, les classent et les remettent en circulation.  La ruche des petites briques danoises  n’arrête pas de se recycler ! Voilà  une expérience unique, étrange et fort intéressante…. Mais pas seulement. Solidaire, aussi.

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Placée au milieu de l’exposition, la fresque Ducobu offre à chaque visiteur la possibilité de soutenir la recherche à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola. Pour 2€ on reçoit une plaque LEGO et un sachet de briques avec modèle à suivre, pour participer à la grande fresque. Ce geste sera remercié par un ticket de tombola donnant une chance de gagner l’un des multiples cadeaux offerts par la maison d’édition Le Lombard, partenaire de l’initiative. Plus de 1000 lots seront à remporter : des boites LEGO, plus de 700 exemplaires de bandes dessinées, dont certaines dédicacées (Ducobu, Thorgal, etc.) et de nombreuses figurines!

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Tous les fonds récoltés grâce à la fresque seront reversés à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola. Inauguré en 1986, l'HUDERF est l'unique hôpital universitaire belge entièrement réservé à la médecine des enfants : tout y est conçu pour eux et leurs parents. De la naissance à l'adolescence, les enfants y reçoivent les soins les plus complets dans le respect de la charte des droits de l'enfant hospitalisé. La remise du chèque des fonds récoltés se tiendra le samedi 18 novembre 2017 à 16 heures dans la salle Gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles en présence de jeunes patients, leur famille et des membres de l’équipe médicale.

Une visite de l’exposition BRICKLIVE sera également organisée pour les patients chroniques soignés à l'HUDERF, accompagnés de leurs parents et des éducateurs de l’hôpital.

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http://www.bricklive.be/fr/home

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administrateur théâtres

Mises en résonance : « Magritte, Broodthaers & Contemporary Art » Ceci n’est pas une rétrospective…

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Pour le 50e anniversaire du décès de Magritte, voilà deux compères réunis ! En 150  tableaux, sculptures, installations, films et documents, on peut parcourir  les liens de pensée esthétique entre Magritte et Marcel Broodthaers et en observer les nombreux prolongements auprès d’artistes  contemporains, à la manière d’une amplification plastique, poétique et actuelle. C’est ouvert 7 jours sur 7 aux Musées Royaux des Beaux-Arts à Bruxelles jusqu’au 18 février.

L’ami de Magritte, Marcel Broodthaers, poète et artiste belge est né dans la commune de Saint-Gilles à Bruxelles, en 1924 et est décédé à Cologne en 1976. Avant quarante ans, il pratique diverse métiers peu lucratifs, mais nimbés de liberté bohème chérie – écrivain, poète, libraire, guide d’expositions, journaliste et photographe… En 1964, le poète belge Marcel Broodthaers se vend aux arts plastiques en se nommant « artiste Pop ». Il abandonne sa Muse pour se mettre à fabriquer des produits visuels. Grand admirateur de Mallarmé, il justifie son changement de cap  en résonnance avec son fameux  « coup de dés » qui a inventé « l'espace moderne et contemporain de l'art ». Un manifeste contre l'exaltation romantique qu’il veut démythifier.

Il entrera dans le monde de l’art par la porte d’un pragmatisme ironique. Puisque ses livres de poésie ne se vendent pas, il en fera de l’art. « Moi aussi, je me suis demandé si je ne pouvais pas vendre quelque chose et réussir dans la vie. Cela fait un moment déjà que je ne suis bon à rien. Je suis âgé de quarante ans. L’idée enfin d’inventer quelque chose d’insincère me traversa l’esprit. Et je me mis aussitôt au travail… » Lors de sa première exposition, à la galerie Saint-Laurent à Bruxelles,  il expose donc une pile d’invendus de son dernier recueil, Le Pense-Bête (1964), agglutinés  dans  une enveloppe de plâtre. « Tiens, des livres dans du plâtre ! » Enfin, voilà le public qui réagit, ignorant que le poète enterrait sa muse!   « L’idée d’inventer quelque chose d’insincère me traversa l’esprit ». Et voilà des  casseroles remplies à ras bord de coquilles de moules vides avec ou sans sauce, accolées les unes aux autres dans un geste de dérision  caustique. Diable ! 68, c’est l’époque des pavés et de la provoc! Et les assemblages d’objets hétéroclites et jeux d’images et de mots marchent mieux que la poésie! Il meurt à 52 ans à Cologne et est enterrée au cimetière d’Ixelles.

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Sous la conduite de Michel Draguet, le commissaire en collaboration avec Charly Herscovici de la Fondation Magritte et Maria Gilissen, la veuve de Broodthaers, l’exposition « Magritte, Broodthaers & Contemporary Art »  parcourt l’œuvre de Magritte en en sens inverse du temps, depuis sa dernière toile achetée en remontant vers les tableaux de ses débuts, tout en associant son ami Broodthaers à chaque  étape et  le clin d’œil amusé d’artistes associés à  leur démarche  comme  Andy Warhol, Robert Rauschenberg,  Jaspers Johns, César, Ed Ruschan Sean Landers, David Altmejd, George Condo, Joseph Kosuth, Gavin Turk, …dans une mise en scène ludique, intéressante, presque théâtrale. Ce sera l’occasion de découvrir ces autres artistes à travers le  parcours à rebours de l’univers de Magritte. D’alpha à oméga : d’une pastille de Lune devant des feuillages (La page blanche 1967) jusqu’au Soleil éblouissant de la tombe (L’au-delà, 1938).


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L'Année Magritte a  commencé ce 11 mars 2017 dans le repère du surréalisme: "l'auberge-galerie d'art surréaliste où Magritte avait l'habitude de s'asseoir,  à La fleur en Papier doré, 55 Rue des Alexiens, à Bruxelles". René Magritte, né à Lessines en 1898, réside successivement  à Charleroi où il passe une enfance houleuse, Perreux-sur-Marne, Jette et enfin Schaerbeek. Très jeune, il nourrissait une véritable passion  pour le super héros  "Fantomas" ainsi que les auteurs de romans policiers  tels qu’Edgar Allan Poe, Maurice Leblanc ou encore Gaston Leroux. Il ne se remettra jamais du suicide de sa mère dans la Sambre, alors qu’il avait 14 ans. Lorsqu'il suit ses cours  à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles (1916-1920), il est d ‘abord  influencé par l’Impressionnisme et découvre ensuite le "Futurisme", un mouvement né en Italie  qui rejette les traditions esthétiques traditionnelles. C’est une révélation pour lui,  lorsqu’il découvre le Canto d'amore  (1914) de Giorgio De Chirico maître de l'art métaphysique,   qui lui fait comprendre que la question n'est pas de savoir comment peindre mais bien ce qu'il faut peindre.

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L'"idée" devient donc pour Magritte la question essentielle. Il confronte les différentes réalités : l’idée, le mot,  l’écriture, l’image. Magritte est celui qui  veut rendre  la pensée visible, il s’interroge sur  le statut de la peinture, de l'objet, du langage, sur le rapport entre signifié et signifiant. Il estime que le langage trahit la réalité de l’objet. Magritte réunira sur ses toiles des objets appartenant à la banalité du quotidien de manière inhabituelle et surprenante, créant ainsi mystère et questionnements sans réponse, offrant un champ vierge de présupposés et libre pour l’imaginaire.

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Son but est de déboussoler le spectateur pour lui faire entrevoir d’autres réalités. Pour bouleverser notre vision, il crée des atmosphères denses,  figées, minérales. Il utilise la frigidité des couleurs, des perspectives faussées, des tailles d’objet disproportionnées… et donne ainsi naissance à l’absurde. L’antidote des émotions? Ou la transmission de l’inquiétude métaphysique ? Un bel exemple: le peigne, le blaireau, l’allumette, le ciel à la place des murs, le verre vert  plus grand que l’armoire à glaces où se reflète une fenêtre absente du décor dans « Les Valeurs personnelles » (1952).

"La peinture n'est pas un miroir qui reproduit les apparences du monde. C'est un miroir qui produit tout ce qu'il veut, y compris le dos des choses, leur face cachée. Confondre la peinture avec un art de la reproduction est une sottise."

  Après trois années très productives à Paris, il expose en 1929 son œuvre légendaire « Ceci n’est pas une pipe »  au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles mais l’accueil est toujours indifférent et c’est  New York (1936) et  Londres (1938) qui enfin, le consacreront. A Bruxelles, deux groupes de surréalistes se rapprochent pour se moquer des surréalistes parisiens qui hantent les salons: celui de Paul Nougé, fondateur du surréalisme bruxellois et adversaire de l'écriture automatique chère à André Breton et, et celui du peintre René Magritte. Plus intransigeants, ils ne considèrent pas  la littérature et l'art comme des fins en soi et ils en appellent à  des prises de conscience subversives, pour dénoncer l’oppression religieuse et l'ordre bourgeois.

12273258098?profile=original Magritte est devenu un artiste-phare du 20e siècle, mondialement connu et sa gloire posthume est pratiquement sans limite. La célèbre œuvre  Magritte, « Ceci n’est pas une pipe »,  dont le titre éloquent est « La trahison des images » (1929) est revenue en Belgique, le temps de l’exposition. Une belle brochure  vademecum en trois langues, rédigée par le passionnant Jean-Philippe Theyskens, historien de l'art et guide-conférencier aux musées  est à la disposition du public pour la visite. Amusez-vous, empipez-vous!  Et n’hésitez pas à passer un moment créatif dans l’atelier Magritte, Broodthaers & you!

Service de réservations :
Téléphone : +32 (0)2 508 33 33
Email : reservation@fine-arts-museum.be 

L'exposition est exceptionnellement ouverte tous les jours (7/7) ainsi que le Musée Magritte Museum

du 13.10. 2017 au 18.02.2018.

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