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Vénus (2)

C'est Flo qui mène la danse

Juste pour illustrer ma dernière Flo, ce texte qui lui colle à la chair. Texte écrit par un admirateur de cette Flo.

 

Cela dit  un texte qui illustre une peinture , quelle audace..!

 

Maïeutique :

 

Tantôt Vénus callipyge, Eve à la pomme, ou tout simplement muse, Flo demeure une figure incontournable du travail d’Alain Gegout. Habillée de nudité, drapée de soleil,  ou voilée par la pluie elle est intégrée dans un microcosme particulier et éminemment pictural. Digne représentante d’une peinture sans concept, rivée sur le spectateur et son émotionnel Flo dégaine parfois un regard mitrailleur, introspectif mais n’en apparaît pas moins sensuelle. La séduction semble ainsi s’opérer par le regard, non sans rappeler la Nadja de Breton, qui " va  la tête haute." Flo semble elle aussi flottante, presque amphibie, le peintre le dit lui-même « j’aurais dû appeler ma muse Nadja ». Flo serait même métissage de femmes, de féminités, de fragrances.

 

flo mains devant les yeux

Flo , des mains devant ses yeux 50x50 gegout©adagp2011

 

Elle semble connue du peintre, appréciée de l’amateur d’art elle est pourtant mystérieuse parfois mondaine, d’autres jours gouailleuse. Mais qui est donc cette Flo ? Elle marche captive dans une masse de pigments ; libre sur un fond coloré ou noir : elle naît,  puis meurt, et réapparaît parfois plusieurs années après sur une toile vieillie et retravaillée. On pourrait même penser que tel un marionnettiste fou, Gegout domine et anime cette muse comme on le ferait d’un jouet…..mais je pense qu’il n’en est rien : c’est Flo qui mène la danse. Dans la vivacité d’un Flamenco, la rythmique d’un Tango ou la torpeur d’une danse macabre, Flo existe à part entière et mène le bal des pinceaux. Peindre Flo semble  apparaître, pour Alain Gegout comme une façon de frôler l’amour : on imagine le peintre à la terrasse d’un café discuter avec cette belle inconnue dont il connaît seulement le  prénom, Flo se résume en trois lettres, mais demeure insaisissable et pleine de magie, même le peintre ne saurait l’apprivoiser. Est-ce un surnom ? Un nom d’amour ? Un  sobriquet donné à une vieille amie ? Le mystère demeure. 

 

Elle arbore quelques fois  un visage muet, flou mais reste pourtant présente dans toute la force de sa carnation, elle ne fait qu’un avec celui qui la regarde. Parfois elle devient même fantomatique, obsédante, enivrante : Flo campe peut-être même l’ivresse. Elle n’est jamais insipide, ni obséquieuse bien au contraire c’est une maîtresse difficile, et parfois amère comme le peut–être un verre de vin bouchonné. Flo est une amante qui se mérite, elle incarne la féminité et ses dangers, elle est l’archétype d’une femme libre et intelligente peut-être  même castratrice. Pourtant, parfois le regard entravé d’un foulard, ou d’une capeline trop grande elle frôle l’androgynie et touche alors au masculin. Flo est donc ici et ailleurs, homme et femme, amie et amante : elle est une figure de la défiguration certainement .… Son ombre pèse sur la toile, s’envole puis fond comme la cire d’un cierge dans une chapelle, et coule, coule comme une simple goutte de vin, comme une goutte de sang indélébile : preuve que nous restons tous périssables. Mais qui est donc cette Flo ? 

 

Septembre 2011 

Amaury Pontvianne

Alors, on le valide ce texte ..!

 

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