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Partir en beauté...

La beauté qui pleure

Fleurs épanouies

Coroles qui se meurent

Lueur d'une bougie...

Dans le soir paisible

Une joue qui tremble

Un sanglot audible

Des mains qui s'assemblent...

Le cœur est blessé

Au seuil du néant

On a beau rêver

Il s'enfuit le temps!

Demain, triste jour

Une fumée blanche

Et le non-retour

S'est brisé la branche!

Défi à l'amour

L'oubli au tapis!

Ils embaument les pleurs

Quand mémoire fleurit...

J.G.

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L'alphabet de Notre-Dame la vierge De Max Elskamp

L'alphabet de Notre-Dame la vierge. S. d. (Anvers, Edition du Conservatoire de la

Tradition populaire, 1901). "Achevé d'orner, dessiner et graver le 2 octobre 1901 par Max

Elskamp, Imagier à Anvers et J.E. Buschmann Imprima', in-4 (26,2 x 21).

 

Ouvrage entièrement xylographié tiré à 215 exemplaires numérotés.

Collection Robert Paul

 

Gravé par Elskamp sur bois, elle est nécessairement limitée par la place qui lui est réservée dans l'encaderment ornemental: "Il a été tiré: 5 exemplaires sur Japon, 10 sur Chine, 100 sur Hollande, 100 sur vélin".

 

Dès lors, vu sa précision, le "bulletin de souscription" est particulièrement précieux sur la genèse de cette oeuvre magistrale. Il est libellé au nom de Laurent Fierens, avenue du

commerce, Anvers. Ami d'Elskamp, membre-fondateur du "Spectateur catholique" pour

lequel il rassemblait déjà les cotisations, il sera le trésorier de la commission du Musée de Folklore en 1907. Auparavant, il avait été un des 3 piliers du "Conservatoire de la

Tradition populaire, et certainement, comme nous le montre ce "bulletin", le trésorier de

cette association qui publia sa première édition avec cet "incunable du XXe siècle" dira

Ramaekers.

Le bulletin nous donne l'exacte répartition des couleurs suivant les divers papiers:

 

-La date de vente est fixée au 20 décembre 1901 (l'achevé d'imprimer est du 2 octobre).

 

-les grands papiers les plus rares sont les 2 Japons en noir, jaune et bleu.

 

-il existe le même nombre d'exemplaires en noir, jaune et bleu qu'en noir, mauve et rose

pour les 200 exemplaires sur Chine, Hollande et vergé. Curieusement, l'on rencontre plus

souvent les deuxièmes.

 

-le tirage s'est fait sur vergé anglais (antique laid) et non point sur vélin comme le dit la

justification.

 

-les Hollande et vergé en couleurs n'ont été tirés qu'à 95 exemplaires chacun et non point

100: la justification gravée sur bois incluait pour gagner de la place les 10 exemplaire

noirs.

 

 

"Quand il se passionna pour les estampes japonaises, écrira Jean de Bosschère, il en étudia le tirage, scruta les procédés xylographes, la fabrication des encres. Il éprouva une bonne joie d'ouvrier, quand il eut la fortune de manier tous les outils du graveur nippon."C'est Jacques de Bosschère, frère de Jan, qui les lui avait prêtés. Il l'en remercia: "J'ai passé la soirée d'hier et cette matinée à étudier ces pointes, ces gouges et ces ciseaux, qui sont vraiment  admirablement compris pour la facilité qu'ils doivent donner au travail(...) m'a permis de constater cette chose curieuse: c'est que les outils que nous avons dû inventer, mon grand ami et maître M. Paul Buschmann et moi, pour essayer de reprendre l'ancienne taille bois de fil, correspondent à très peu de chose près, aux autres que vous avez rapporté du Nippon. Ceci semble démontrer que ces burins, pointes et gouges sont le résultat d'une "nécessité". Il reste la virtuosité des artistes japonais, et là nous seront toujours inférieurs".

Paul Buschmann junior, docteur en histoire de l'art, est le fils de Paul B. senior qui apprit

la typographie à Elskamp. Directeur de la revue "L'art flamand et hollandais" (l'ancienne

"De vlaamse school") où il appela Jean de Bosschère, il fit partie de la commission du

Musée de Folklore à la mort de son père en 1909.

 

 

Orenementation des mannekensblaren

 

Glose: sur deux exemplaires nous trouvons ces envois autographes: "Au cher Poète Pol de Mont,/ ces "mannekensblares" suivant / Flandre, en tentative d'un / renouveau de notre vieille ima- / -gerie et en cordiale amitié / Max Elskamp (Collection particulière), et "à

mon vieux, très cher, et très fidèle Henri Van de Putte, ces "manenkensblaren" pour ses

gosses et en cordiale affection, Max Elskamp". Dans sa dédicace à Octave Maus, il dira

simplement "à titre de folklore flamand"

 

 

Elskamp, dans un article sur les images enfantines, recensant le vocabulaire dialectal des images à découper, note: "A Anvers et à Beveren, les images prennent la désignation exacte et joyeuse de "mannekensblaren" et de "mannekenspapier", littéralement: feuilles ou papiers à bonhommes, ce qui est tout à fait clair ,suggestif et joli".

 

L'encadrement aux petits coeurs entrelacés

 

Le double coeur

 

Reproduit ici en noir et blanc

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Jardin d'innocence

 

 

Collection Robert Paul

Reproduction interdite

A suivre

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Vénus ou l'écume de nos nuits (Aphrodite, 6/7)

12273259456?profile=original Aphrodite

Pensive, elle est lascive, en décolleté de marbre.

(musée archéologique de Rhodes)

 

« Vénus… Ô Déesse…

Tant épris de ton charme, chacun brûle de te suivre où tu veux l’entraîner. »,

Lucrèce (ca 94-54 av. J.-C.)

 

12273259496?profile=originalAphrodite de la Mer

Sans bras, mais pas sans appas.

(IIIe siècle av. J.-C., 1,94m, marbre, musée archéologique de Rhodes)

Polie par le temps et par la vague. Née deux fois de l’écume*1, la pélagienne a en effet été retrouvée par un pécheur au large du port de Rhodes, en 1929, à la hauteur du quartier de Nichorion.

Du type aidoumene, pudique, cachant sa poitrine de son bras droit, tandis que du gauche elle essaie, en vain, de retenir sa si fluide tunique.

 Aguicheuse comme une effeuilleuse ou une publicité fallacieuse, elle semble dire :

« Demain j’enlève le bas »

C’est probablement cette statue cultuelle qui ornait le temple d’Aphrodite.

12273259887?profile=originalTemple d’Aphrodite à Rhodes

(IIIe siècle av. J.-C.)

 

Que fit la polis de Rhodes ? La cité chargea la poliade, divinité protectrice, de veiller sur la ville, Aphrodite sur le port, Apollon au point culminant, l’Acropolis*2. Adieu.

 

12273259675?profile=originalAphrodite sandalizomene (ôtant sa sandale)

(copie romaine d’un original grec du IIe s. av. J.-C. ;

palais des Grands Maîtres de Rhodes)

On connait le groupe Aphrodite, Pan et Eros du musée national d’Athènes,

 où la déesse brandit sa sandale, plus provocante que menaçante,

 face au dieu des campagnes, mi-homme, mi-bouc, qui peut bien lui jouer de la flûte tandis qu’Eros taquine la badine et le bandit bandant,

qui aimait tant semer la panique et faire l’amour comme un odieux.

Plus gracieuse ici, elle s’attire dieux et hommes, mi-ange, mi-démon, semailles et moissons, moins prompte au scandale. 

Le petit personnage qui l’accompagne est ici son fils Priape,

 dieu de la fertilité, représenté en nain. Et jamais un coup de pompe !

 

12273260290?profile=original Vénus

« La pudeur ajoute encore à la beauté. », Ovide (Les Amours)

Collection Borghèse

(marbre, IIe/IIIe s. ap. J.-C. ; musée du Louvre, Paris)

Quoique « La véritable pudeur doit se cacher elle-même avec autant de soins que le reste. La main qui ramène un pli de la robe fait plus rêver à ce qu'elle veut cacher, qu'à la honte vertueuse qui le lui fait cacher. »

« Douce pudeur, suprême volupté de l'amour, que de charmes perd une femme au moment qu'elle renonce à toi ! Combien, si elle connaissait ton empire, elle mettrait de soin à te conserver, sinon par honnêteté,

du moins par coquetterie ! »*3

 

 

      Une fille perdue de notre déesse pourrait aussi nous troubler. D’Adonis en effet, Aphrodite aurait eu une fille Béroé*4. Béroé, l’Accomplie, dont Dionysos (Bacchus) s’éprit, ainsi aiguillonné par Eros, son roué coursier, à qui  Nonnos*5 prête ces paroles :

« Bacchus met le trouble chez les humains,

Ma flamme sait troubler Bacchus lui-même. »

      J’espère que cette série vous a plu. Il me reste malgré tout un regret, celui de ne pas entièrement posséder mon sujet. Mais j’ai encore un ou deux numéros inscrits sur mon mémento pour, sur un quiproquo, conclure. Pour peu qu’au clair de la lune mon ami Ovide me prête sa plume pour écrire un dernier mot.

 

12273259700?profile=originalOvide reçoit de notre muse favorite une plume

 qu’elle vient d’arracher d’une des ailes de l’Amour.

(gravure Noël Le Mire, d’après Charles Eisen)

 

D’ici là, vous pouvez retrouver ici les précédents numéros :

1.     A Paphos, l’effrontée Aphrodite fût :

  https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-paphos-l-effront-e-a...

2.    A la poursuite d’Aphrodite la dorée :

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-la-poursuite-d-aphro...

3.    Toujours fondu d’Aphrodite ?

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/toujours-fondu-d-aphro...

4.     Dans le miroir de Vénus :

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/dans-le-miroir-de-v-nu...

5.     Rhodos, Salmacis et Hermaphrodite :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/recherche-aphrodite-perdument-aphrodite-5-7?xg_source=activity

 

A suivre…

 

Michel Lansardière (texte et photos)

 

*1 L’ « écume de mer », un silicate de magnésium hydraté, est un minéral tendre, blanc et léger. Elle flotte sur l’eau de mer et on la croyait faite d’écume pétrifiée. Son nom scientifique est sépiolite, du grec sêpion, ‘os de seiche’, à rapprocher du latin sepia, que les artistes connaissent bien. Cette précieuse matière réfractaire sert à fabriquer des têtes de pipes. Vienne en était, pour la qualité artistique de ses fourneaux sculptés, le centre le plus réputé. On trouve cette pierre essentiellement à Eskisehir en Anatolie (Turquie). En France (Gard), elle est la « terre de Sommières », aux vertus dégraissantes et détachantes. Au Maroc, c’est le « savon de Fez », qui servait à la toilette de Vénus. Un minéral trouvé à Långbanshyttan (Vårmland, Suède), très proche chimiquement, est localement nommé… Aphrodite.

Nom d’une pipe !

12273260682?profile=original Aphrodite de Rhodes

Na ! Na !

*2 Charès de Lindos (IVe s. av. J.-C.), disciple de Lysippe, y érigea le célèbre Colosse incarnant Hélios. Sur l’acropole (mont Smith) Zeus, maître du Ciel, et Athéna, protectrice des Arts et Lettres, étaient également vénérés. On y trouvait aussi un sanctuaire dédié aux Nymphes. Je suis bien sûr allé siffler là-haut sur la colline… Athéna, Minerve, Aphrodite… je vénère en vain. Nul et non à Vénus.

*3 Citations d’Alphonse Karr (1808-1890) et de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), respectivement et respectueusement.

*4 C’est aussi le nom d’une des trois mille Océanides, filles d’Océan et de Téthys.

*5 Nonnos, né à Panopolis (cité de Pan, aujourd’hui Akhmîn, en Egypte), est un poète grec du Ve siècle, à qui on doit les Dionysiaques. C’est le seul auteur sur lequel je sois tombé qui mentionne cette fille d’Aphrodite. Je vous en laisse les vers à ronger et en extraire la substantifique moelle.

12273261263?profile=originalUn halo de mystère l’enveloppe encore,
qu’il faudra bien dissiper…

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administrateur théâtres

 « Qu’il eût été fade d’être heureux ! » Parlant du bonheur selon Marguerite Yourcenar, Jeand’Omerson  l’accueille en 1980 à l'Académie française avec ces mots :

...La conclusion aurait pu, tout aussi bien, être exprimée par Hadrien, par Zénon, par n’importe lequel, en vérité, de vos héroïnes ou de vos héros : « La seule horreur, c’est de ne pas servir. »

 

« Je m’appelle Marie : on m’appelle Madeleine » Son identité est dès le départ niée par les autres! Elle se sentira mise « à-part ». C’est un être « à-part » qui nous apprend à décliner le mot « aimer », son anagramme! Pas à pas on écoute les fracas de son coeur brisé. Pas à pas on la rejoint dans son désir d’élévation.  « Il ne m’a sauvée ni de la mort, ni des maux, ni du crime, car c’est par eux qu’on se sauve. Il m’a sauvée du bonheur. » 

 

 « Marie-Madeleine ou le Salut » est l’unique nouvelle de « Feux » qui ne repose pas sur un personnage issu de l’Antiquité classique mais sur un personnage biblique : Marie-Madeleine. Marguerite Yourcenar s’appuie sur  le mythe évoqué par Jacques de Voragine dans La Légende Dorée, selon laquelle Marie-Madeleine, habitante du village de Magdala sur la rive occidentale du lac de Tibériade,  était  appelée à devenir l’épouse de Jean. Ce récit de prose lyrique met en scène le désir brûlant que Marie-Madeleine éprouve pour Jean le jour de sa nuit de noces, sa déception lorsque Jean la quitte subitement avant l’aube pour rejoindre Jésus.  Le texte déploie la  passion ardente qui naît en elle,  à la rencontre du Christ. Le mariage n’avait pas été consommé, la jeune femme est considérée  comme une prostituée : « Les enfants du village découvrirent où j’étais ; on me jeta des pierres. » En traversant la douleur, elle dépasse le bonheur et accède à l’illumination.

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Extraordinaire... le texte en solo déchirant, et sa mise en mouvement! Fascinant!

Un spectacle où l’on palpe tout ce qu’on voit, et on touche ce qu’on entend.  Mis en scène  par  Monique Lenoble, le spectacle à la fois beau et bouleversant. Il se déroule comme une installation vivante qui se percherait mot à mot, sur un texte fabuleux. Marie-Madeleine, la jeune femme est sublime dans ses attentes, bouleversante dans ses déceptions, poignante dans son cheminement. Libre et assumée. Chacun de ses gestes est ciselé comme une cérémonie. Le décor est un antre de pierres nu,  magnifiquement exploité. On y retrouve le village, le banquet, la chambre nuptiale, l'arrestation de Jésus,  le pied de la Croix,  le  tombeau du Christ, la flamme de l’illumination après celle de la passion.

La musique – un faisceau d’harmonies et de vibrations comme le début d’un cantique, est un appel vers l’ouverture du cœur et vers l’élévation. Le texte se déploie en trois actes, soutenus par des jeux envoûtants de drapés très évocateurs. Il y a Marie, un peu espiègle et séductrice -  Marie-Madeleine, la courtisane - et enfin  Madeleine, l’amoureuse de Dieu.  Du tissu symbolique qui donne vie au feu de la passion. Chaque mouvement est empreint de noblesse, de délicatesse et d’authenticité.

La salle, hélas bien peu nombreuse se tait, interdite devant le mystère qui se joue.  La beauté inonde jusqu’aux murs  et plafond. On se trouve au cœur de la passion.  Le bouquet se compose d’érotisme brûlant. La symbolique chatoyante  de la chevelure et de l’offrande du corps font voyager du mystère féminin  à la spiritualité. L’intensité du regard de femme  guide les pas vers l’intelligence de cœur. Le texte finit parfois par se perdre dans un trop plein d’émotion murmurée, mais dans l’ensemble, la diction est  jeune, belle et rebelle, vierge de toute  affectation, tant elle vient du plus profond de l’être. Cette trinité de texte, de corps et d’art de la mise en scène se  savoure comme un vin rare et capiteux!  Enivrez-vous! Plus tard, rentré chez soi, on aimera se procurer le texte pour en revivre toute l'humanité. 

Si le feu brûlait ma maison, qu’emporterais-je ? J’aimerais emporter le feu...Jean Cocteau

http://www.theatrepoeme.be/programmation/marie-madeleine-ou-le-salut/

CYCLE MARGUERITE YOURCENAR
Création
Texte de Marguerite Yourcenar
Mise en scène et scénographie : Monique Lenoble
Avec Laetitia Chambon
Stylisme : Bouzouk
Vidéo : Marie Kasemierczak
À l'initiative de Michèle Goslar
Lumière et régie : l'équipe du Poème 2

Du 15 novembre au 3 décembre 2017
Les mercredi à 19h, les jeudi, vendredi et samedi à 20h et les dimanche à 16h

Réservations : reservation@theatrepoeme.be // 02 538 63 58

liens utiles: 

http://palimpsestes.fr/textes_philo/yourcenar/ormesson.html

https://perso.univ-lyon2.fr/~mollon/Feux/doc/PleinsFeux-MarieMadeleine.pdf

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administrateur théâtres

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes debout et texteC’est … Spectaculaire! Le jeune Georges Lini et son comparse Stéphane Fenocchi avaient bien juré de se faire un jour un Feydeau, mais  sorti des ornières des calèches du temps passé. Ni crinolines, ni chapeaux, ni salons précieux et leurs antichambres.   Voici une version vraiment funambule de ce vaudeville où le théâtre de corps balaye tous les accessoires, les ornements, les portes qui claquent et les lambris dorés. Le rideau se lève sur un toit en légère pente?  Le pont d’un navire? La tombe grise et nue  de l’écrivain ravi de voir ses personnages sortir de l’ombre? Un observatoire noyé par les vanités ? Une société contemporaine exsangue désarticulée par l’urgence de l’action ?  

C’est … Impressionnant!  Avec son architecture invraisemblable de jeu de dupes et  la mise en place de triples quiproquos, c’est comme qui dirait, une analyse entomologique  d’une crise qui s’enclenche dans une inexorable mécanique comme les  pratique le maitre de l’absurde, du paradoxe, du comique et des situations hallucinantes... Dynamique infernale d’autodestruction?  Pour ce faire,  les comédiens-acrobates chaussés de semelles antidérapantes  jouent haut et sans filets, carrément perchés sur les toits. Ils jaillissent comme de diables de leurs lucarnes aussitôt refermées avec fracas, l’air est-il si irrespirable ? Sont-ils des survivants?  Ils  s’accrochent comme ils peuvent dans leur monde en dérive, surnagent grâce au texte qui résiste, sans le moindre silence!  Les trappes s’ouvrent et se ferment comme autant de pièges, la pente devient de plus en plus vertigineuse. On  redoute la chute ?   C’est … Surprenant. C’est … Affolant. C’est … Angoissant ! Personne n’ose prononcer le mot qui  vient pourtant aux lèvres de tous : ... Fou ?  

Cette aventure de cordée impossible est servie par une distribution parfaite. A commencer par Marie-Paule Kumps  en belle-mère diabolique et   sa fille Yvonne délaissée par son jeune mari médecin,  une très élégante  Isabelle Defossé.  France Bastoen campe Suzanne Aubin, entendez - Suzanne au bain - une voluptueuse maîtresse de  Moulineaux, un Stéphane Fenocchi omniprésent.  Etienne, le maître des entrées et des sorties, c’est le sympathique Michel Gautier. Anatole Aubin l’autre mari-volage, c’est  le vertigineux Eric De Staercke, le champion des  glissades et entrechats sur les toits. Quelle divine souplesse!  Restent l’agent immobilier, un rôle taillé sur mesures pour Thierry Janssen et une inénarrable  gamine plus que  délurée,  cuvée 2000 : Louise Jacob.  Tous, plus pressés les uns que les autres, ils taillent le verbe et l’action sans le moindre répit dans un crescendo rythmique renversant.   Le spectateur  se sent   aspiré  par le  vertige  final. La dépense physique et émotionnelle de comédiens, hommes et femmes est totale. Quel modèle d’investissement et de don de soi ! Le public qui a ri aux éclats a été  profondément remué au passage, par cette  comète  d’ironie infernale si bien orchestrée qui fuse de toutes parts.    

C’est …  hallucinant.

Déjà vigoureusement applaudi, dans une forme différente et tout aussi explosive au théâtre des Martyrs en 2013, c’est un vaudeville à revoir on vous le jure !   

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Toute la distribution:

Auteur Georges Feydeau /Mise en scène Georges Lini

Avec France Bastoen (Suzanne), Isabelle Defossé (Yvonne), Eric De Staercke (Aubin), Stéphane Fenocchi (Moulineaux), Michel Gautier (Etienne / Madame d'Herblay), Louise Jacob (Rosa / Pomponnette), Thierry Janssen (Bassinet), Marie-Paule Kumps (Madame Aigreville)

Scénographie et costumes Thibaut De Coster, Charly Kleinermann /Vidéo et son Sébastien Fernandez /Lumières Jacques Magrofuoco  /Assistante à la mise en scène Nargis Benamor  /Régie générale, son, lumières Manu Maffei  / Régie plateau Jean-Philippe Hardy, Vincent Lamer  /Habilleuse Emmanuelle Froidebise  /Construction décor L'Entrepool (Vincent Rutten)  /Techniciens lumières Mathieu Bastyns, Damien Zuidhoek  / Technicien son Eric Degauquier  /Direction technique Jacques Magrofuoco  /Stagiaire assistanat Malika Temoura  /Stagiaire observation Elise Deschambre

 

http://www.atjv.be/Un-Tailleur-pour-dames

 

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administrateur théâtres

Théâtre de la cruauté : tous les écrits de Strindberg témoignent de sa vie et portent la trace de ses crises, de ses combats, de ses révoltes contre une société au conformisme rigide qu’il exècre et qu’il dénonce. Né en 1849, dans un milieu petit bourgeois, il perd sa mère atteinte de tuberculose à treize ans et souffre du remariage d’un père autoritaire avec la gouvernante des enfants, Emma Charlotta Peterson dont il a un fils, Emil.  Il devient auteur de théâtre après avoir  échoué dans la carrière de comédien. Sa jalousie féroce envers sa première épouse, la baronne Siri Von Essen sera à l’origine de ses premiers délires paranoïaques.  Marié et divorcé trois fois, il doit travailler beaucoup pour assurer la subsistance des enfants qu’il a de chacun de ses mariages. Névrosé, champion de misogynie, ses relations avec les femmes sont terriblement conflictuelles. Toute sa vie il luttera contre ses fantômes pour extraire de son être, une œuvre noire qui nous dit sa détresse intérieure.

L’image contient peut-être : une personne ou plus et personnes assises

Mademoiselle Julie (Fröken Julie) (1888) : comme il est dit dès le début du texte :
« Mademoiselle Julie est folle, complètement folle ».Nous voilà avertis !

Midsummernight’s Nightmare :  De Zola à Munch, tout se passe dans la cuisine du château. On y découvre une trinité infernale qui incube pendant la nuit des feux de la Saint Jean. Christine (une formidable Caroline Cons), la cuisinière - figure iconique de la représentation de la femme traditionnelle - assiste, pleine de réprobation divine et silencieuse, à la fulgurante passion entre Julie, sa maîtresse et Jean, son fiancé. Une confrontation violente du masculin et du féminin, de la noblesse et des manants. Ambiguïté : ne fait-elle-même un rêve? On la voit dormir et marcher comme une somnambule…

L’image contient peut-être : 1 personne, assis et intérieur

 La présence des bottes noires du terrible comte dans la cuisine 19e suggère son absence et sa personnalité  pesante. L’absence d’une mère se fait encore plus flagrante au cours de l’action traversée par la puissance onirique.  Punk déboussolée, la fantasque et fascinante Julie débarque et  se jette à la tête  du valet, qui se voit  incapable de résister au feu de l’amour-haine de la jeune tentatrice et obéit à ses caprices. La belle excuse, il a essayé maintes fois de la dissuader! Mais il finit par avouer  qu’il convoite depuis de nombreuses années la  jeune comtesse. Est-ce de l’amour ou  un moyen de monter dans l'échelle sociale ? Le jeu de L’excellent Roland Vouilloz est particulièrement ambigu et crédible. L’acte sexuel dans une soupente éclate en mille explosions sonores dévastatrices.  Symbolisme : on assiste au meurtre prémonitoire de l’oiseau de la jeune  aristocrate tandis que  Jean ne cesse de se laver les mains… Rêve de pureté - le plus beau passage - lorsque Jean lave le visage de Julie avec immense douceur,  seul répit de la pièce. Est-il vraiment dévoré d’ambition? Peut-il vraiment emmener Julie, au lac de Côme et recommencer une nouvelle vie grâce à la cassette de la fille du Comte qu’il installera derrière le comptoir?  

Mais les sortilèges de cette nuit fatale  où tout est permis se dissipent et Jean reste enfermé dans son rôle de valet, il retourne à Christine figée dans l’attente, tandis que  Julie, effarée par son acte déshonorant, seule, trahie et désespérée  se  supprime avec le rasoir que l’amant lui a  laissé dans les mains. D’héroïne de vaudeville, enfermée dans un huis-clos tragique, Julie devient une absurde victime sacrificielle qui se lave dans son propre sang. Trois étapes douloureuses, de plus en plus noires, et en correspondance avec des œuvres musicales très pertinentes choisies par le metteur en scène. Est-ce notre monde entre grandeur et décadence  que Strindberg exécute ainsi? Entre violence verbale et violence physique, cette pièce  donne réellement froid dans le dos.

L’image contient peut-être : 1 personne, gros plan

Que reste-t-il au spectateur après ce regard dévastateur sur la nature humaine signé Gian Manuel Rau?

Goûter  sa parfaite mise en scène expressionniste d’un théâtre fait d’explosions, de convulsions, de  pulsions en liberté où l’on peut  admirer le jeu inspiré  de la très talentueuse actrice néerlandaise Berdine Nusselder, glaciale, ardente, audacieuse, révoltée et dérangeante. Gardant un accent nordique intense, elle soutient néanmoins vaillamment  toute les autres interprétations du personnage de Julie, au théâtre comme au cinéma.

Profiter des larges  pauses, comme dans le théâtre de Pinter, pour se distancier du cauchemar, observer les costumes (Gwendolyn Jenkins) et le maquillage fantastique de Julie (Emmanuelle Olivet Pellegrin).

Peser le vertige de la chute de l’héroïne comme celui du désir d’ascension de Jean, et l’enlisement final de la « normalité » qui enterre tous les rêves.  

http://theatre-martyrs.be/saison/mademoiselle-julie/C1106AB6-F64C-5277-AC2B-9E6A50B07C0D/

MADEMOISELLE JULIE
August STRINDBERG / Gian Manuel RAU

Photos : Mario del Curto

JEU Caroline Cons, Berdine NusselderRoland Vouilloz
MISE EN SCÈNE Gian Manuel Rau
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Anne Schwaller, Elodie Vraiment 
SCÉNOGRAPHIE Anne Hölck
COSTUMES Gwendolyn Jenkins 
MAQUILLAGE Emmanuelle Olivet Pellegrin
HABILLAGE, COIFFURE, MAQUILLAGE Cécile Vercaemer-Ingles, Pauline Miguet
ACCESSOIRES Georgie Gaudier
SON Bernard Amaudruz, Graham Broomfield, Gian Manuel Rau, Manu Rutka 
LUMIÈRES Gian Manuel Rau, Eusébio Paduret
RÉGIE GÉNÉRALE ET SON Manu Rutka
RÉGIE LUMIERE Eusébio Paduret
RÉGIE PLATEAU Cam Ha Ly-Chardonnens
ADMINISTRATION DE TOURNÉE Nina Vogt
RÉGIE Nicola Pavoni & Justine Hautenauve

PRODUCTION Théâtre de Carouge - Atelier de Genève

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administrateur théâtres

                      Créé à Paris le 2 décembre 1840, « La Favorite » de Gaetano Donizetti s'installe à Liège dans sa version originale française!  Fernand (Celso Albelo), un jeune novice, fils spirituel du Grand-prêtre Balthasar (Ugo Guagliardo) , est  déchiré entre sa foi et son  coup de foudre pour une inconnue. Il abandonne son monastère  pour rejoindre les forces armées d’Alphonse  XI, roi de Castille (1311–1350) qui se prépare à partir en guerre contre l'envahisseur maure. Il ne se doute cependant pas un seul instant que la femme qu'il aime est la maîtresse "favorite" du roi. Nous sommes  dans l'Espagne du XIVe siècle, au temps des luttes de pouvoir entre l’Église et l’État et  leurs tumultes illustrés  par les  somptueuses pages lyriques de Donizettti, brillamment dirigées par Luciano Acocella. Alphonse a bien caressé l’intention de répudier sa femme pour faire de Léonor, sa  nouvelle  reine…comme le fera deux siècles plus tard le roi anglais Henry VIII (1491–1547) mais il craint l’excommunication.  Pour  récompenser Fernand  de sa  bravoure,  le roi (Mario Cassi)  le couvre d’honneurs et accède à son désir en lui  accordant la main de Léonor. Il conseille sarcastiquement à Leonor d’être fidèle au moins à Fernand. Ce n'est que le jour même de leur mariage que Fernand découvre avec  horreur la relation de Léonor avec le roi. Sa colère virile explose : S O N honneur est définitivement trahi ! Voyez-vous donc ! Humilié et ostracisé par ses compagnons d’armes, il repousse alors ses titres et ses trésors et retrouve ainsi l’estime de Don Gaspar (Matteo Roma)   et des Seigneurs. Il retourne au monastère, laissant ses vœux et sa nouvelle épouse sombrer dans le désespoir. On assiste aux rites de  son ordination. Mais la tragédie romantique est loin d’être achevée car Leonor, mourante vient s’expliquer avec lui. L’amour de Fernand renaît. Bouleversé,  il veut s’enfuir avec elle, mais elle lui demande de respecter ses vœux et s’éteint dans ses bras.    

                                                                         Stupéfaction, le rideau s’ouvre sur une sombre salle des coffres, où l’on véhicule des bocaux étranges sur une table roulante. Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley se déploie. Le rituel s’installe devant un triangle lumineux sur la pointe. Le glaive du pouvoir divin et de l’injustice? 2080 est bien pire que 1984 de Georges Orwell. La nature, « cette sève de l’être humain » a disparu. Les vestiges se retrouvent dans des bocaux gardés par le pouvoir suprême, un monastère-laboratoire. Dans ce monde d’éprouvettes, plus de pacte familial, ou social, plus de droit à la pensée ou au discernement. Les femmes aux longues chevelures voilées de blanc, toutes identiques, sont offertes à la contemplation. Futures porteuses de guerriers, elles sont cloîtrées sous globe dans la ruche …de plastique, en l’occurrence. Contrôlées, dépossédées de leur libre-arbitre elles font partie d’un monde fait de splendides paysages lumineux tous artificiels. Le seul arbre de l’œuvre, placé dans un cylindre, agrémente comme un saint-sacrement,  la chambre du roi. En 2080 ? La liberté est bien morte, et malgré son caractère trempé  le roi  plie le genou  devant l’autorité religieuse.  En forme de leçon de morale glaçante, un très beau ballet met en scène deux femmes-papillons qui, ayant conservé leurs couleurs, et malgré la beauté de leur art, meurent sous les regards assassins. Chorégraphie: Luisa BALDINETTI. Rosetta Cucchi est la metteuse en oeuvre de ce monde minéral désenchanté. Les costumes, - le ou la - plastique des  lumières et la  scénographie soulignée par des ronces tentaculaires fluorescentes quand on n’est pas dans le monastère-laboratoire, éclatent d’ironie. 

                                                                     Honneur aux femmes.  La  brûlante mezzo-soprano  Sonia Ganassi, incarne dans un portrait sincère de Léonor. Palpitante, humaine, elle s’insurge contre le sérail de ses sœurs qui toutes penchent la tête sous leurs voiles nacrés. Se fait-elle torche incandescente de désespoir au dernier acte, dans ses échanges déchirants avec Fernand ? Donnant beaucoup de tenue aux duos avec Fernand (Celso Albelo) , elle passe des couleurs sombres aux assauts verbaux désespérés et au délire de l’amour avec une incomparable virtuosité. Et son français est bien audible, ce qui est beaucoup moins le cas pour les interprètes masculins de cette production où il faut souvent se référer à la bande déroulante pour en comprendre la diction.   Sa compagne, Inès resplendit de fraîcheur, incarnant par la qualité de la voix, la fameuse sève humaine disparue de ce monde minéral. Une voix solaire, une diction parfaite, un rayonnement musical qui s’avère être un réel répit dans ce monde fossilisé malgré tous ses effets de lumières (Fabio Barettin/Sylvain Geerts ).

                                                        Les chœurs  aussi sont à l’honneur : de véritables rafales de pluie bénéfique bruissante où vibre une humanité chaleureuse restée indépendante de la volonté de la mise en scène.  Une production saisissante par sa modernité et surtout pour la superbe prise de rôle d’Ines (Cécile Latschenko), l’exquise compagne de Leonor qui devait en principe trouver Fernand pour  lui avouer la vérité sur elle. Interceptée par Don Gaspar (Matteo Roma)  elle a été arrêtée par ordre du Roi, pour avoir aidé Léonor dans sa trahison.

                                                            Quel monde… d’hommes!  

 

http://www.operaliege.be/fr/activites/la-favorite

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L'IMPORTANT, C'EST QUOI DITES MOI ?

Cette misère latente qui hante la planète

La place d'un univers sur laquelle on disserte!

La vague qui déferle et emporte nos peurs

Dans le petit matin, le sourire d'un bonheur?

Le cœur qui se déchire au moment de l'adieu

Le corps que l'on désire et qui nous rend heureux...

Cette respiration qui doucement revient

Lorsque la douleur fuit et que l'on se sent bien?

L'important, c'est quoi dites moi?

L'enfant que l'on dorlote et qui se moque de tout!

Le vieillard qui soupire et qui s'accroche à nous?

La porte de la maison qui s'ouvre sur le matin

Ou, la douceur du soir où l'on s'étire, enfin!

L'aube qui rougit, nous offrant ses merveilles

La pudeur qui s'invite et nos désirs en veille?

La pie qui prend son bain dans la marre du jardin

Mon chien qui se blottit, son regard dans le mien?

L'important, c'est quoi dites moi?

Les contraintes, le devoir, tout ce qu'on croit savoir...

Nos doubles et leurs mystères, le goût du désespoir!

Après-midi d'ennui, aussi soir de déprime...

Frémir d'un coup de pinceau et trouver une rime?

Des lèvres, où soudain se forme un prénom

Et celles de l'enfant qui s'essaye à dire : Non!

Apprivoiser la mort en créant le plaisir...

Et vivre chaque instant en se moquant du pire!

J.G.

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administrateur théâtres

Rencontre avec un LOVERBOOKÉ, convertisseur de bonheur !

Main-tenant, main-tendue, il est sur les rails de la raillerie joyeuse. Il est exubérance et transhumance, au cœur d’une symphonie d’hu-mour, contraction de « humain + amour ». Dans ses maints apartés, c’est le verbe qu’il manipule sans vergogne, le sourire qu’il décroche, l’espoir qu’il rallume.  Les pitreries qu’il pétrit rendent les contrariétés du monde moins terrifiantes. Le bonheur, cela se gagne : en tuant la peur!

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Donc  voilà Bruno Coppens qui  débarque dans  le silence compact du public devant un plateau vide, sauf une floche rouge de carrousel accrochée  à la sortie. Il arrive, comme un père Noël sans barbe ni bonnet, trônant  sur une immense main baladeuse rouge-baiser, belle comme une île flottante et accueillante comme un rêve de Demain. Le mot l’inspire et il démarre  jeux de mots et jeux de mains. Le gaucher contrarié a la pêche, il pérore, il se lâche et chasse les ennuis. Heureux qui communique! 

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De l’amibe à l’homme twitter, il trace l’évolution. Passe chez le docteur pour commander un burnout pour un ami. Il est si fier d’être solidaire, il adore aider les autres ! Et puis après une scène délirante de double séparation (au bout de six mois seulement…), on se la repasserait bien en boucle, il nous instruit de comment faire l’amour avec nos conflits intérieurs.

 Bon an mal an, il déroule des anecdotes  tirées de l’histoire de l’humanité  pour expliquer comment les plus grandes réussites sont immanquablement greffées sur  l’humus fertile des échecs les plus cuisants. Je rate donc je suis … gagnant! Les pires catastrophes, surtout celle qui portent des noms de femmes of course,  ont du bon. Du beau, du bon « du bon Dubonnet » ? Eh non, on en est à « Carglass répare, Carglass remplace » ! Et du bon au beau, je suis bonobo… allez comprendre!  Allez-y, vous comprendrez!  Dialectique spécieuse de temps en temps mais on se tient les côtes,   l’optique est tellement généreuse et galvanisante ! Car il est prêt à tout pour nous faire toucher les étoiles ! «Catch a falling star and put it in your pocket» disait une vieille chanson.  On n’aura pas assez de mains pour applaudir… ce concentré de peps et de bienveillance… qui offre en prime une lovervisite gratuite chez le golopède! Mission accomplished, le Loverboy! OK? 

De Bruno Coppens
Mise en scène : Eric De Staercke.

Avec : ...Bruno Coppens.

DU 07/11/17 AU 31/12/17

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=507

Réenchanter le monde...? Il y a de quoi faire! 

  Comme l’homme ne descend pas du sage, il remontera dans le temps pour trouver la faille, cet instant de l’Histoire où tout a foiré. Revisitant les vies de Jeanne Dark, du Navigateur Explorer Christophe Colomb, de l’homme de Cro-Mignon et d’autres héros d’hier, notre Sauveur 2.Zorro prendra le passé à bras le cœur afin de transformer l’échec en réussite : « S’échouer ? C’est chouette ! ». Parviendra-t-il à réécrire notre monde qui part à la dérêve ? Mettra-t-il le chaos K.O ? Le ciel se couvre, il pleut de la haine sur les réseaux, les trottoirs, les meetings… les raccourcis odieux, les formules à l’emporte-pièce et les phrases assassines font tapage. On ne s’entend plus penser. On reste incrédules… On en perd son latin ! Sans cynisme, Coppens revient nous faire du bien. Il nous fait un parapluie de son « Ludictionnaire » et parle un autre vocabulaire. Il nous invente d’autres langages qui, mine de rien, nous permettent d’en inventer d’autres, plus joyeux, plus amoureux, plus malins.

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administrateur théâtres

LES FAUX BRITISH

De Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields


Mise en scène : Gwen Aduh. Avec (en alternance) : Baptiste Blampain, Benjamin Boutboul, Bénédicte Chabot, Laure Chartier, Damien De Dobbeleer, Laure Godisiabois, Michel Kacenelenbogen, Cachou Kirsch, David Leclercq, Gaëtan Lejeune, Bruno Mullenaerts, Thibaut Nève, Simon Paco et Simon Wauters.

DU 18/10/17 AU 31/12/17

Annoncé comme génial, subtil et drôle, ce spectacle met en scène une bande d’artistes professionnels très généreux que l’on adore, surtout Laure G., qui en profitent pour s’éclater cul par-dessus tête dans les situations totalement absurdes. Grand bien leur fasse!  Une belle façon d’envoyer en l’air une année couverte de bleus et de blessures, d’envoyer paître tracas, flétrissures et pollution de la planète. Certes, ceux qui adorent les cascades à répétition, trouvent drôle le principe de la chute à répétions, de l’accident basé sur le même  modèle, de la catastrophe érigée en crédo,  ils riront aux éclats et mettront fort mal à l’aise les rares spectateurs qui ne partagent pas cet humour de bandes dessinées abrupt, intempestif, convulsif et ricanant.

A première vue, c’est donc drôle. Et il y a des étudiants que cela amuse vraiment de rendre feuille blanche!  Mis à part le décor qui lui s’applique à faire  un copié collé des pièces d’AGATHA  CHRISTIE, tout sonne profondément creux.  Malgré les murs en lambris de vieux chêne assortis à l’auguste horloge qui n’avance pas d’une seconde, la cheminée où flambe le charbon, la peau de tigre transformée en carpette en mouton, la desserte pour le whisky étiqueté façon ammoniac ou arsenic, et le sofa vert façon "couch",  d’où l’on contemple portraits d’ancêtres - bêtes ou gens ? -  ainsi que trophées de chasse qui ne cessent de s’effondrer, ...il n’y a rien d’anglais dans cette représentation. Donc pour être faux, c’est complètement faux. Les auteurs ont  bien raison, en ce qui concerne le titre.

Et pour preuve aussi,  la surabondance de l’excitation hystérique, de la cacophonie, l’absence totale de retenue, l’absence complète d’humour dit "anglais" flanqué de ses  savoureux  "understatements" tellement dévastateurs et efficaces, et que l’on attend toujours. Waiting for Godot!

On cherche en vain la parodie, car parodie se concocte dans les  ressemblances! Tout  au contraire, on se trouve à l’autre extrême, dans le bruit et  la férocité, les hurlements tous azimuts,  les embrouilles  d’une action qui n’existe pas, d’un texte non abouti, de répliques non connues, d’improvisations factices, de bout de textes tâtonnés, juste bons à jeter que l'on se plait même à répéter trois fois... à cours de mots ou d'inspiration ou parce que le disque est rayé? Le comique de situation est supposé faire tout!   Bref voilà un vaudeville policier totalement latin et déjanté, si c'est cela que l'on aime.

Ah! ils voulaient faire du Magritte, me direz-vous? Puisqu’on fête l’anniversaire de sa mort! Déstructurer et découvrir une réalité surréaliste!  Ceci est un trousseau de clefs dit-il en saisissant le vase chinois…  Bien vu !  Sauf que ce qui s’applique au vrai théâtre de l’absurde, version anglaise ou française avec des noms tels que  Beckett, Ionesco ou leurs héritiers Pinter, Arrabal, ou Tom Stoppard … ne s’applique vraiment pas à ce trio d’auteurs sortis d’on en sait zou ni à un texte démuni de  la moindre charge dramatique! On ne peut même pas dire que c’est « du vent ! » car dans le vent, il y a tant d’esprit ! Du vide sans doute, pathétique et désespérant. Alors, nous, les dindons de la farce, on ne rit pas!  Sorry guys, not my cup of tea! Mais notre avis importe peu puisque tous les billets sont achetés et qu’on en redemande. Las, pour nous, sapiosensuels que nous sommes,  un roi nu est bien nu!

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http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=506

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administrateur théâtres

A CHRISTMAS CAROL “I HAVE endeavoured in this Ghostly little book, to raise the Ghost of an Idea, which shall not put my readers out of humour with themselves, with each other, with the season, or with me. May it haunt their houses pleasantly, and no one wish to lay it.” Their faithful Friend and Servant, C. D. December, 1843.

 On traduit?
…Je me suis efforcé dans ce petit livre bourré de fantômes, d'élever le fantôme d'une idée, qui ne devra surtout pas mettre mes lecteurs de fâcheuse humeur vis-à-vis d’eux-mêmes ou des autres,  ni les induire à maudire l’esprit festif de Noël, ou à me détester moi, l’auteur.  Puisse cette lecture  hanter avec bienveillance leurs demeures, et que personne ne veuille lâcher le texte sans en avoir consommé l’esprit.  Votre fidèle ami et serviteur, Charles Dickens, décembre 1843.

Fidèle ami des grandes causes humaines, Thierry Debroux  a fait de ce court récit souvent abordé dans le secondaire  par la lecture en anglais simplifié, une splendide amplification poétique où pointe sans cesse une joyeuse  ironie. On peut presque parler d’une  – comédie musicale  – qui a mis la salle entière debout, dès la première.  Celle-ci applaudissait avec frénésie une troupe d’acteurs éblouis,  rappelés dix fois, une troupe chargée d’anima, et que l’on aurait bien  cru voir  sortir tout droit de l’Opéra de quat’sous! Coaching vocal : Daphné D'HEUR.

L’équipe est  irrésistiblement entraînante et sûrement  inoubliable :  autour de  Guy PION, il y a Gauthier JANSEN, Béatrix FERAUGE,  Claude SEMAL, Nicolas OSSOWSKI, Fabian FINKELS,  Anthony MOLINA-DIAZ, Sacha FRITSCHKÉ, Julie DIEU, Pénélope GUIMAS, Jeanne DELSARTE. Avec sur les planches, des enfants, lumière de l’avenir. En alternance Léon DECKERS ou Ethan VERHEYDEN; Maxime CLAEYS, Andrei COSTA ou Jérémy MEKKAOUI; Laura AVARELLO, Ava DEBROUX ou Lucie MERTENS; Laetitia JOUS, Clara PEETERS ou Babette VERBEEK. Un défilé de bonne humeur et d’espoir, une tornade de talents créatifs, cadeaux de la maison, le théâtre Royal du Parc!

C’est donc l’histoire d’un rebirth sous la neige. « Le Noël de Monsieur Scrooge » met en scène le processus de transformation d’un cœur abominablement sec et coriace, indifférent à autrui, passionné d’argent,  en une âme généreuse et enfin repentante et heureuse qui renoue avec la vie. Le pardon, dit-on dans les chaumières,  est la clé du bonheur d’ici-bas ...et de l’au-delà, pour ceux que cela intéresse! Il suffit peut-être, comme le dit la chanson de la finale, … d’écouter le vent! « The answer is in the wind…»  Un certain vent dont on ne sait  ni d’où il vient ni où il va…! Le mendiant du début - un craquant  personnage vautré au début du spectacle  dans le fauteuil de l’écrivain - invite les cœurs à se lâcher et  garantit que « les contes de fée sont faits pour apprendre que l’on peut vaincre les monstres!» C’est un jeune Garou, au charme éblouissant qui chante à la lune : Fabian FINKELS.  

Dans ce conte de Noël, le ciel est toujours présent : le décor est sous coupole céleste. La ligne du ciel évoque St Paul’s Cathedral ou Big Ben, les infâmes cheminées crachant fumée de charbon quand la misère  réussit à  se chauffer! Tombe la neige, même s’il y a du smog, façon purée de pois. Mais la déco de la fête tant attendue est là.  Les bougies  brillent aux  fenêtres des maisons bourgeoises et des antiques magasins « so British »:  TAILOR, FURNITURE, BAKERY, CANDLES…  Hélas,  le terrible temple du négoce de l’argent, la $CROOGE COMPANY, à droite du plateau, rassemble tout ce qu’il y a de plus Anti-Christmas Spirit. Vous connaissez sûrement des adeptes! Le maître des lieux c’est l’Avare, Richard III, Méphisto,  and last but not least : Scrooge.  Car le  comédien génial qui est derrière ce sinistre personnage hautement toxique, c’est  le très estimé Guy PION, toujours aussi magnétique  dans ses maléfices. Par dérision, son nom est prononcé  "Scroutch" par les esprits farceurs (Claude SEMAL).

Time is money ! Mais voilà le temps  aboli… En attendant que ce soit l’argent ? On peut toujours rêver!  Quoi qu’il en soit,  la mise en scène est fort habile. Sous forme de doubles des différents âges du triste sire, elle ravit par sa fraîcheur et sa subtilité. Cadeau de l’inventivité fantastique et rythmée de Patrice MINCKE.  Le temps est aboli… Magie théâtrale ou nuit magique ? L’an 2017 vient jusqu’à narguer un Scrooge totalement abasourdi! Ou bien est-ce nous-mêmes, que Dickens vient narguer? Magie du texte! 

Mise en scène illustrative. Des gosses misérables battent le pavé. L’époque est douloureuse, le pain est rare, la maladie  fait des ravages. Les cimetières regorgent de morts prématurées.  Mais le décor n’en reste pas là ! Le savoir-faire légendaire  de Ronald BEURMS une fois de plus fait voyager le spectateur de la cave au grenier, dans les airs et par-dessus les toits. …Dans les cœurs aussi ,  du plus noir: celui  bouclé entre les murs de ses coffres-forts (Guy PION)  …au plus tendre: celui d'une étoile entre deux tresses blondes (Ava DEBROUX, 7 ans). Dès sept ans, le désespoir peut certes résonner dans les consciences!

La scénographie acrobatique trace les contours de l’histoire faite d’une série d’apparitions d’esprits chargés de remettre le Drôle dans le droit chemin. Suspense garanti, on croit qu’à chaque étape qu’il a enfin compris… Eh non, c’est raté ! Quelle  patience il a, cet « esprit de Noël » qui a tout d’un «Père Noël » (Claude SEMAL) y compris les rennes, …particuliers, il faut en convenir, mais très convaincants!

A grands renforts de chansons de gueux, de fables et fantasmes, l’action progresse et réchauffe les cœurs. Qui oserait  grincer à la fin du spectacle, le sourire pincé et le verre à la main « Oui... ! C’est …gentil ! » ? Non! C’est tout simplement merveilleux, tant l’énergie des créateurs est présente, touchante, palpitante même, tant l’humanité se découvre avec audace, sans craindre les esprits blasés qui n’auront  de toutes façons rien compris. Chapeau !  Et puis il y a tous ceux et celles qui, comme Scrooge, auront secoué leur manteau d’indifférence, balancé  leurs aprioris dévastateurs, quitté  l’ivoire de leur confort et rejoint le cœur ré-enchanté , la liesse du renouveau d’humanité et son formidable potentiel. Voilà un anniversaire que  le monde se doit de fêter,  au risque de mourir …à minuit  sonnant!  Mieux vaut naître non? 

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/49.html

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AU BOUT DES MOTS...

Quand ton esprit s'enfuit, que les instants s'effilent

Que tes paroles flottent sans cohérence...

Je me prends à penser combien nous sommes fragiles

Et que la vie s'amuse à frôler la démence!

Avec toi, c'est nouveau, ne suis plus qu'abandon

Deviendrai-je naïve, aurai-je donc vieilli?

Je sais bien qu'en ce monde il n'est point de pardon

Et que la vie est triste quand le fruit est cueilli!

Alors avec vaillance, j'affiche des sourires

Mon regard cherche au ciel quelques reflets dorés...

Les mots sont impuissants à décrire les désirs

Mais, tes mains en douceur savent les remplacer!

J.G.

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Nouveau Testament - Evangile de saint Luc

12273236495?profile=originalLe troisième Evangile écrit en grec, probablement à Rome entre 60 et 63, est attribué à l'Evangéliste Luc, disciple et compagnon de saint Paul, dans ses derniers voyages et lors de son emprisonnement à Rome. Admirable aussi du point de vue littéraire, cet Evangile comprend 5 parties et un Prologue (I, 1-4). Première partie: enfance; annonciation du Précurseur et de la nativité de Jésus; circoncision de Jésus; sa présentation au Temple; Jésus parmi les docteurs (I, 5 - II, 52). -Seconde partie: vie publique; préparation à la vie publique; prédication de saint Jean-Baptiste; la généalogie, le baptême et les tentations de Jésus (III-IV, 13); ministère de Jésus en Galilée; miracles et enseignements, comme dans les autres Synoptiques (IV, 4 - IX, 50). -Troisième partie: dernier voyage de Jésus en Galilée; miracles et enseignements comme dans les autres Synoptiques (IX, 51 - XIX, 28). -Quatrième partie: histoire de la Passion et de la Mort de Jésus comme dans les autres Synoptiques (XIX, 29 - XXIII, 55). -Cinquième partie: Résurrection de Jésus, son apparition et son Ascension (XXIV, 1-52). Les épisodes appartenant exclusivement à l'Evangile de saint Luc sont: -Première partie: le Prologue-dédicace à Théophile (I, 1-4); annonciation de la naissance du précurseur Jean-Baptiste (I, 5-25); Annonciation à la Vierge Marie et l' Incarnation du Verbe (I, 26-38); visite de Marie à Elisabeth (I, 39-56); naissance de Jean-Baptiste, sa circoncision et sa vie au désert (I, 57-80); naissance de Jésus à Bethléem et sa circoncision (UU, 1-21); purification de Marie et présentation de Jésus au Temple (II, 22-38). -Seconde partie: Jean-Baptiste est emprisonné par Hérode (III, 19-20); Jésus vient à Nazareth où il prêche dans la Synagogue, ce qui lui vaut le mépris de ses concitoyens (IV, 16-30), résurrection du fils de la veuve de Naïn (VII, 11-17); Marie-Madeleine oint les pieds de Jésus (VII, 36-50); le Christ, accompagné des Douze et de quelques femmes pieuses, parcourt la Galilée (VIII, 1-3); Jésus envoie les soixante-dix disciples prêcher (X, 1-16); ceux-ci reviennent heureux (X, 17-24); parabole du bon Samaritain (X, 25-37); Marthe et Marie (X, 38-42); Jésus enseigne aux disciples à prier (XI, 1-13); Jésus réprimande les Pharisiens et les Scribes (XI, 37-54); diverses exhortations (XII, 1-59; XIII, 1-9). -Troisième partie: guérison de la femme infirme (XIII, 10-17); parabole de la porte étroite (XIII, 22-30); les pièges d' Hérode (XIII, 31-35); guérison d'un hydropique (XIV, 1-6); différentes exhortations (XIV, 7-14); parabole des invités au festin (XIV, 15-24); les disciples de Jésus (XIV, 25-35); parabole de la brebis égarée (XV, 1-7); parabole de la drachme perdue (XV, 8-10); parbole de l'enfant prodigue (XV, 11-32); parabole de l'économe infidèle (XVI, 1-13); Jésus répond aux pharisiens qui murmurent (XVI, 14-18); parabole du mauvais riche et de Lazare (XVI, 19-31), conseils divers (XVIII, 1-10); guérison des dix lépreux (XVII, 11-19); avènement du règne de Dieu (XVII, 20-37); parabole du juge et de la veuve (XVIII, 1-8); parabole du Pharisien et du Publicain (XVIII, 9-14); Jésus trouve l'hospitalité chez Zacchée (XIX, 1-12); parabole des talents (XIX, 11-28); bref résumé des derniers jours de la vie de Jésus (XXI, 37-38). -Quatrième partie: Jésus met fin à une contestation qui s'est élevée parmi les disciples (XXII, 24-30); brève allocution du Christ relative aux épées (XXII, 34-38); Jésus devant Hérode (XXIII, 6-12); Jésus apparaît aux deux disciples qui vont à Emmaüs (XXIV, 13-35).

L'Evangile de saint Luc présente plusieurs caractéristiques. Du point de vue linguistique, le vocabulaire est considérablement plus riche que celui des autres Evangélistes et écrivains sacrés: et bien que l'on doive situer ce texte parmi les oeuvres écrites en langue populaire, il possède une supériorité qui le rapproche considérablement des classiques. Saint Luc évite les hébraïsmes, les aramaïsmes et les latinismes: il sait s'exprimer avec art et donner au récit une atmosphère de simplicité et de grandeur, tout en exprimant avec grâce les sentiments des personnages, qu'il décrit d'une façon admirable; ce qui faisait dire à l'agnostique Renan: "L'Evangile de saint Luc est le plus beau livre qui existe". L'Evangéliste annonce, dès la première page, son intention de faire oeuvre historique. Il écrit son Prologue, à la manière des grands historiens grecs, comme Hérodote, Thucydide, Polybe, et comme eux, il commence son livre en indiquant de quelles sources s'inspire son récit, sa manière d'écrire et le but qu'il se propose. Il rattache ses données chronologiques à l'histoire profane (II, 1-3 et III, 1); mais il n'est pas un chroniqueur de la vie de Jésus et il lui arrive, comme à Matthieu et à Marc, de rapporter des discours et des miracles advenus dans des circonstances différentes. L'enseignement que referme cette oeuvre la situe parmi les écrits "ébionistes", et c'est par conséquent un Evangile des pauvres. La pauvreté triomphe de la richesse terrestre, et la doctrine du Salut universel apparaît baignée d'une lumière merveilleuse; c'est la défaite du particularisme hébraïque. Les témoignages patrologiques et le canon de Muratori attestent l'authenticité de l'Evangile de saint Luc.

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Nouvau Testamment - Evangile de saint Matthieu

12273230101?profile=originalL'Evangile de saint Matthieu, dit Lévi, un des douze Apôtres, est le premier des quatre Evangiles; il fut écrit à Jérusalem en araméen et traduit ensuite en grec. On n'en connaît pas avec certitude la date de composition, mais selon le témoignage de saint Irénée qui le dit écrit "à l'époque où Pierre et Paul portèrent à Rome la bonne nouvelle de l'Evangile", on peut situer cette date aux environs de 63 à 67. Il forme, avec les Evangiles de Marc et Luc, le groupe des trois Evangiles dits "Synoptiques", identiques dans le lexique, dans le choix des récits, dans l'ordre, différents seulement dans quelques détails.

Le livre se divise en trois parties.

Dans la première partie se déroule l'enfance de Jésus et sa vie cachée (I, II); on y trouve décrits aussi la généalogie du Christ, sa conception par la Vierge, la naissance du Sauveur, l'adoration des Mages, la fuite en Egypte et le retour d'Egypte. La seconde partie décrit la vie publique du Sauveur (III, à XXV). Certains faits et circonstances, qui sont déduits de la prédication de Jésus, prouvent, malgré la réfutation du Sanhédrin, qu'il est réellement le Messie et en même temps démontrent la vraie nature du règne de Dieu. Cette partie de l'Evangile peut être divisée en quatre périodes: la première période comprenant la préparation à la vie publique (III, 1 à IV, 11); le ministère du Précurseur; le baptême du Christ; le jeûne et la tentation de Jésus. La seconde (IV, 12 à XVIII, 35) décrit le ministère du Christ en Galilée: les débuts de ce ministère (IV, 12-25); le sermon sur la montagne (V, 1 - VII, 29); Jésus accomplissant des miracles (VIII, 1-IX, 34); Jésus, maître des Apôtres (IX, 35 - X, 42); Jésus s'élevant contre l'infidélité des Juifs, en particulier, des Pharisiens (XI-XII); Jésus décrivant par des paraboles la nature du Royaume des Cieux (XIII); Jésus affermissant la foi de ses fidèles, en accomplissant de nouveaux miracles, au milieu de l'animosité des Pharisiens (XIV, 1 - XVI, 12); Jésus confiant à Pierre les clés du Royaume des Cieux, puis apparaissant transfiguré sur la montagne et y instruisant ses disciples (XVI, 13 à XVIII, 35). Dans la troisième période: Jésus voyageant vers Jérusalem donne plusieurs enseignements à ses disciples, reproche aux Juifs leur incrédulité, et prédit sa Passion et sa Mort. Dans la quatrième période de cette deuxième partie: Jésus fait son entrée triomphale à Jérusalem (XXI, 1-17); il discute avec les Pharisiens et les Scribes et dénonce leurs vices au peuple (XXI, 18 - XXIII, 39); il prononce alors son oraison eschatologique (XXIV). La troisième partie raconte la Passion et la Résurrection (XXVI - XXVII); la préparation de la Passion; la Passion et la mort de Jésus; sa glorification, sa Résurrection et ses apparitions.

Les parties qui appartiennent exclusivement à L'Evangile de Matthieu sont les
suivantes:
-première partie: l' Ange persuade Joseph de prendre pour femme Marie, qui a conçu du Saint-Esprit (I, 18-25); l'adoration des Mages (II, 1-12); la fuite en Egypte (II, 13-18); le retour d'Egypte (II, 19-23).
-Seconde partie: Jésus se rend à Capharnaüm (IV, 13-17); discours sur a montagne (V, 13-37 - VI, 1-34 - VII, 7-12); les âmes fidèles sont attirées vers le Christ (XVI, 25-30); parabole du bon grain et de l'ivraie (XIII, 24-30) et explication de cette parabole (XIII, 36-43); parabole du trésor caché et de la perle (XIII, 44-46); parabole du filet jeté à la mer (XIII, 47-53); guérison de deux aveugles et d'un muet (IX, 27-34); instruction des Apôtres (X, 16-23); les clés du Royaume des Cieux conférées à Pierre pour sa confession (XVI, 17-19); la drachme dans la bouche du poisson (XVII, 24-27); conseils particuliers (XVIII, 10-35); parabole des deux fils envoyés à la vigne (XXI, 28-32); parabole du banquet nuptial (XXII, 1-14); parabole des dix vierges (XXV, 1-13); parabole des talents (XXV, 14-30); prophétie
eschatologique (XXV, 31-46).
-Troisième partie: la garde du Sépulcre (XXVII,
62-66); l'ange déplace la pierre du Sépulcre (XXVIII, 2-4); Jésus ressuscité
s'avance vers les saintes femmes (XXVIII, 9-11); les gardes soudoyés (XXVIII,
11-15); apparition sur une montagne de Galilée (XXVIII, 16-20).
Le livre commence par un préambule qui retrace la généalogie du Christ, et aussitôt après, débute le récit évangélique. L'union entre les diverses parties s'accomplit par des procédés très élémentaires, parfois par une reprise de ce qui a été déjà dit précédemment. Le récit de Matthieu, comme d'ailleurs les récits des autres Evangélistes, n'est pas une chronique de la vie de Jésus; Matthieu recueille et rassemble les discours de Jésus qui furent prononcés ou les actions qui eurent lieu dans des circonstances diverses.
L'enseignement de Jésus, les paraboles (Matthieu en cite huit en tout), les maximes et les discours sont sujets à ce procédé de compilation. On a pu remarquer que Matthieu groupait les récits et les maximes par nombre de trois et de sept. La tentation a trois épisodes. Jésus prie trois fois à Gethsémani. Le nombre sept est celui des Béatitudes, il existe sept demandes dans le Pater, sept paraboles dans le chapitre XIII, et il y est recommandé de pardonner 77 fois sept (XVIII, 22).

En général, on peut dire que les caractéristiques de Matthieu ne l'éloignent pas, comme d'ailleurs les autres Evangélistes, de la langue classique. La phrase: "Evangile selon ou de Matthieu", bien que n'étant pas de la main de Matthieu, remonte toutefois au IIe siècle, presque aux temps apostoliques. Comparé à L'Evangile de Marc, celui de Matthieu contient une proportion moins grande d'éléments qui ne se trouvent ni dans la langue classique, ni chez les lettrés. Mais l'auteur se révèle étranger à la formation classique et habitué à la lecture de la Bible grecque, qui a influencé son style. La monotonie du récit est interrompue par de longs discours. Le plus célèbre parmi ceux-ci est le "Sermon sur la Montagne", d'une teneur très élevée et empreint de poésie réelle. Même l'invective contre les Pharisiens rappelle la fougue de quelques passages prophétiques d'Isaïe. Les nombreuses maximes confèrent une originalité caractéristique à l'Evangile de Matthieu.

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Nouveau Testament - Evangile de saint Marc

12273229472?profile=originalLe second évangile est attribué à l'Evangéliste Marc, connu aussi sous le nom de Jean Marc. Il fut écrit en grec, à Rome, à une date incertaine. Le plus court des quatre Evangiles, il néglige de rapporter les épisodes de la vie privée de Jésus, se bornant à raconter son existence publique. L'Evangile débute par cette phrase: "Commencement de l'Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu".

L'oeuvre comprend quatre parties.

La première (qui porte sur le début du ministère public de Jésus en Judée) mentionne les épisodes suivants: la prédication de Jean-Baptiste dans le désert (I, 1-5); baptême de Jésus et son séjour dans le désert (I, 9-13); appel des quatre premiers apôtres et prédication à Capharnaüm et dans les alentours (I, 14 - III, 35); enseignements et miracles autour du lac de Tibériade (IV, 1-VI, 13).

La seconde partie raconte le ministère de Jésus en Galilée: elle débute par la mort de Jean-Baptiste, le voyage de Jésus à Bethsaïde et la première multiplication des pains (VI, 14-VII, 23); Jésus arrive au nord de la Galilée, à Tyr et à Sidon; après y avoir accompli des miracles, il passe par Césarée de Philippe, fait avec trois disciples l'ascension du Mont Tabor et, après la Transfiguration, se rend à Capharnaüm (VII, 24 - IX, 50). Dans la troisième partie, Jésus traverse le Pérée et arrive en Judée (X). La quatrième et dernière partie décrit la Semaine Sainte, la Passion, etc. (XI, 1 - XV, 47). Le chapitre XVI parle de la mission des Apôtres, de L'Ascension de Jésus et de l'efficacité de la mission apostolique. Faisant abstraction de la première partie, qui peut être considérée comme une préface, et de la seconde partie dédiée au ministère de Jésus en Galilée, l'ordre des récits semble être déterminé par des critères historiques et géographiques. L'auteur a voulu suivre un ordre historique, comme le prouvent les nombreuses déterminations du temps: "Le soir venu, s'étant levé avant le jour" (I, 35), "Le ême jour" (IV, 35); "à la tombée de la nuit" (IV, 47); "six jours après" (IX, 2). Les descriptions des lieux indiquent que l'ordre est aussi géographique: "Comme il passait le long de la mer" (I, 16); "et ils entrèrent à Capharnaüm" (I, 24 - II, 1); "ils arrivèrent à l'autre rive de la mer, au pays des Géraséniens (V, 1); "il partit de là et s'en alla au territoire de Tyr et de Sidon" (VII, 24), etc. Mais il se peut que cet ordre ne soit pas rigoureusement exact: en effet, il est assez invraisemblable que Jésus n'ait pas traversé deux fois de suite la même région. Comme dans l'Evangile de saint Matthieu, on note ici aussi la progression lente de la révélation messianique. Au début de son ministère, Jésus ne dévoile pas à ses disciples le caractère de sa mission: il les prépare lentement à cette révélation et ce n'est que tardivement qu'il leur prédit sa Passion, sa Mort et sa Résurrection.

La troisième partie, qui raconte le voyage à travers le Pérée, jusqu'à Jérusalem, ne donne aucune indication de temps, mais seulement quatre indications de lieu, dont trois assez vagues, la quatrième seule comportant un renseignement précis: "Ils arrivèrent à Jéricho" (X, 46).

La quatrième et dernière partie suit en général les Evangiles de Matthieu et de Luc, bien que ceux-ci soient plus complets que le second Evangile. Le récit de saint Marc
est en général identique à ceux de Matthieu et de Luc, cinq passages seulement
lui appartiennent en propre: deux paraboles, deux miracles et un passage
historique, dans le troisième chapitre, qui décrit l'inquiétude des parents de Jésus (III, 20-21). Les deux paraboles appartenant au second Evangile sont: le grain qui lève (IV, 26-29); le père qui quitte sa maison sans savoir quand il reviendra (XXXX, 34). Les deux miracles sont: la guérison d'un sourd-muet (VII, 32-37), la guérison de l'aveugle de Bethsaide (VIII, 22-26). En outre, il faut noter que Marc a rapporté dans son Evangile quelques phrases caractéristiques de Jésus omises dans les autres Evangiles: "Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat" (II, 27); "toutes ces choses mauvaises sortent du dedans" (VII, 23); "car chacun doit être salé par le feu" (IX, 49), etc. Les sentiments de haine qui animent les adversaires de Jésus sont mentionnés de la même manière dans les deux autres Synoptiques, mais on y note un détail de grande importance: l'alliance des Hérodiens avec les autres ennemis de Jésus, les Pharisiens et les Scribes (III, 6). Marc décrit les sentiments des disciples envers le Maître, mais il rapporte aussi les
sentiments et les impressions de Jésus lui-même: "Et après avoir promené son
regard sur eux avec colère" (III, 5); "il vit une foule nombreuse, et il en eut compassion, parce qu'ils étaient comme des brebis sans pasteur, et il se mit à les enseigner longuement" (VI, 34). Une des caractéristiques de saint Marc est de donner un tour théâtral à son récit: il ne se borne pas à exposer les événements, mais en fait une manière de reportage pris sur le vif; de plus, le Seigneur prononce ses discours dans le style direct. Saint Marc insiste sur la doctrine de la filiation divine de Jésus, sans exclure ses caractères de Fils de Dieu et de Messie, qui se rattachent étroitement l'un à l'autre. Une tradition catholique romaine voudrait que Marc ait rédigé son Evangile en rapport étroit avec saint Pierre. Les témoignages de Papieu, de Justin et d'Irénée formulés à ce sujet à une époque proche de celle de
l'auteur, sont d'une importance considérable. Clément d'Alexandrie ajoute:
"Quelques auditeurs des prédications de Pierre à Rome demandèrent à Marc de
les rédiger. Marc les contenta. Quand Pierre prit connaissance de l'oeuvre de
Marc, il ne l'approuva ni ne l'encouragea à la publier; mais ayant reconnu le
contenu véridique de ces écrits, il en permit la lecture à l'Eglise". Une confirmation de ces témoignages, suivant lesquels saint Marc aurait écrit son Evangile comme il l'entendit de la bouche de saint Pierre, se trouve dans le second Evangile lui-même.

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Rayonnement du bien

De nombreuses choses surprennent
Ne laissant pas indifférent.
Elles provoquent de la peine,
De la joie, d'autres sentiments

.

Extrême parfois, la beauté,
Que partout répand la nature,
Transcende la médiocrité,
Change les poids et les mesures.

Le beau est la splendeur du bien,
Souvent dans l'ombre, non visible.
Quand dans la lumière, il survient
Y crée un émoi indicible.

Je pus voir un grand de ce monde,
Qui, pénétré de compassion,
Offrait sa tendresse profonde,
Simplement, sans ostentation.

Apparut un rayonnement.
Dans la joie l'accueillit mon être.
Lors un si doux comportement.
Permit à des rêves de naître.

12 novembre 2017

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A propos des Rencontres littéraires de Bruxelles

Radio Air-Libre, sur la suggestion de Guy Stuckens, l’animateur de l’émission Cocktail Nouvelle-Vague, a décidé de consacrer une nouvelle émission à la littérature, basée sur nos rencontres, qu’elles relayeraient en différé.
Elle s’appellerait d’ailleurs également « Rencontres littéraires de Bruxelles » 
12273255863?profile=original
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Composition: Irina Denisova

Poèmes Fr. Andrew Logvinova

Песня из документального фильма "Инокиня"

муз. мон. Иулиания (Ирина Денисова), Стихи прот. Андрея Логвинова.



Всего-то навсего : полюби, 

сердечком-свечкою засветись! 

Тогда, как рыба в речной глуби, 

вверху увидишь иную высь. 

Plus que tout : aime,
Que la flamme de ton coeur t'éclaire
Alors comme le poisson dans les profondeurs du fleuve,
tout en haut tu verras une autre profondeur

Всего-то навсего - не суди, 

как Бога сплюнувшая толпа. 

Твое призвание - впереди 

тобой нехоженная тропа. 

Plus que tout : Ne juge pas

comme la foule qui a craché sur Dieu.

Ta vocation, c'est d'aller de l'avant

Par le chemin que tu n'as pas exploré.

Tu n'a pas foulé ce chemin

Всего-то навсего - полюби, 

Всего-то навсего - не суди, 

Всего-то навсего - не грусти, 

Всего-то навсего - всех прости! 

Plus que tout aime

Plus que tout ne juge pas

Plus que tout ne sois pas triste

Plus que tout pardonne à tous

Всего-то навсего: полюби, 

Кого-то малого приголубь! 

Тогда как вольный орёл в степи 

Внизу увидишь иную глубь.

Plus que tout, aime,

Prends soin de plus petit que toi
Alors comme l'aigle libre dans la steppe
Tout en bas tu verras une autre profondeur 

Всего-то навсего: не тужи, 

что беды с горестями в судьбе: 

Но благодарность в всю жизнь вложи 

Тому, кто Жизнь подарил тебе. 

Tout simplement: Ne t'afflige pas

Des malheurs et chagrin de la destinée

Mais sois reconnaissant envers celui

envers celui qui t'a fait cadeau de la vie




Всего-то навсего - полюби, 

Всего-то навсего - не суди, 

Всего-то навсего - не грусти, 

Всего-то навсего - всех прости!


Plus que tout aime

Plus que tout ne juge pas

Plus que tout ne sois pas triste

Plus que tout pardonne à tous

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La nuit



Pour connaître la nuit il faut avoir vu le jour et sa vie,
Et enfin le soir qui en est la porte d'entrée.
Comme tout naturellement la brillante lueur qui naît
Se voit-elle aller, paraît-il, vers un peu moins d'énergie !
Mais la nuit n'est pas un grand trou noir
Où il faudrait craindre d'y voir.
Ou encore y passer le clair de son temps à dormir,
Tirer les rideaux, fermer les volets pour ne rien voir venir.
Non, la nuit existe pour les curieux, les inquiets, les penseurs,
Voyant en le sommeil une perte de temps,
Sans oublier d'"heureux" fêtards qui grillent les heures
Comme des pétards qui claquent à tout vents.
Mais ceux-là ont encore beaucoup à apprendre de la nuit,
Ils se trompent d'heure, le manteau nocturne n'est pas pour eux.
Qu'ils entendent la chouette qui ulule, voient la biche qui se hasarde sans bruit
Ou le hérisson qui ose enfin ouvrir les yeux !
Car le silence sous la voûte étoilée, l'orage, les nuages noirs
N'ont de pareils que lorsque le voile de la nuit est tiré.
Et nos sens apaisés des aléas et du temps creusé
Font de la nuit un refuge serein qui ressemble à l'espoir.

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