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« Norma » est à l’affiche à L’opéra de Liège. Tous deux, Vincenzo Bellini et John Keats, le poète romantique anglais,  sont morts  très  jeunes, et c’est comme si leur âme flottait encore sur le temps suspendu qu’ils ont su reproduire dans leurs compositions, qui, musicale, et  qui poétique. Ou peut-être les deux ?  “A thing of beauty is a Joy for ever !”

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A entendre ce magnifique opéra de Bellini interprété de façon aussi sublime le jour de la première à Liège, on ne pouvait que se laisser  porter sur les chemins de la beauté musicale et en être atteint en plein cœur. En effet il semble que la musique  de Bellini,  transposée avec autant d’authenticité par Massimo Zanetti à  la direction d’orchestre et par Pierre Iodice à celle des chœurs, a  fait renaître toute l’énergie du  compositeur, lui  conférant  un souffle d’éternité. Mais sans les interprètes, un magnifique casting de six solistes talentueux,  point de forêt mystérieuse, point de rochers bleus veinés d’or, point d’autel, de  sacrifices druidiques, point de brasier justicier, ni de mythe, ni de lune apaisante et élégiaque, ou de faucille d'or en forme de croissant ! L’accent n’est pas mis sur la confrontation de valeurs religieuses, ni  les choix politiques ou la liberté des peuples, c’est  ici l’affrontement intime des passions humaines qui fascine.  

La tragédie se déroule en Gaule transalpine lors de l’occupation romaine. Norma, La prêtresse d’Irminsul, le pilier du ciel, est écartelée entre son devoir sacerdotal, son statut d’épouse répudiée, et ses devoirs de mère clandestine. L’amour divin, l’amour humain et l’amour maternel se vouent une bataille sanglante.  La mise en scène prend l’envergure fantastique  d’une cosmogonie, elle est  signée Davide Garattini Raimondi. Deux puissances en présence: le divin et et le temporel qui s'affrontent.  La montagne  « barbare » d'une part et creusé dans son flanc, un immense bas-relief ouvragé  inspiré d’un sarcophage romain (IIIe siècle ap.JC) : le Sarcofago Grande Ludovisi de Rome, qui témoigne des batailles entre  Romains et  Barbares.  

 Rendons donc hommage à la distribution, vivante, homogène, généreuse dont l’engagement dramatique est prodigieux mais sans emphase. Patrizia Ciofi (Norma)*Gregory Kunde (Pollione)Josè Maria Lo Monaco (Adalgisa),  Andrea Concetti (Oroveso)Zeno Popescu (Flavio), Réjane Soldano (Clotilde) font vibrer puissamment la forêttragique  des sentiments. On est devant une  source inépuisable d’émotions d’une fluidité continue, évitant les effets spectaculaires et  serrant au plus près la recherche de  vérité essentielle. Appréhendant quelque peu la virtuosité acrobatique de l’œuvre, que l'on se plait à dire meurtrière pour les  solistes qui s'essaient au rôle titre, nous nous sommes juste trouvés dans  le champ de la séduction et face à un équilibre absolu des voix, des décors et des costumes intemporels étincelants (Giada Masi). A de nombreux endroits, la volupté de l’écoute arrête le temps qui ne passe pas! Dans la fosse, les musiciens expriment  l’empathie pour notre condition humaine et développent fidèlement  la tension dramatique sous la main expressive et fougueuse du chef d’orchestre qui geste tout cela! Car rien n’est figé.  En parallèle,  la chorégraphie soigneuse de  multiples ballets dansés (guerriers romains, prêtresses, druides), confère  au décor, de vivantes palpitations, déchirantes d’humanité. Le silence  des corps en mouvement est d’une grande éloquence pour dénoncer la torture des sentiments et les violences avérées qui peuplent l’histoire des hommes! … Sous la direction de Barbara Palumbo. Aux lumières : Paolo Vitale.   

Néanmoins, ce que l’on retient surtout de cette représentation foisonnante et  subtile, ce sont les prestations exceptionnelles de Patrizia Ciofi, dans le rôle-titre mythique  immortalisé autrefois par Maria Callas, Leyla Gencer, Joan Sutherland, Montserrat Caballé…

Norma, immense prêtresse vénérée et femme secrètement amoureuse, déchirée par la traîtrise de celui qu’elle aime, se montre divine en vestale, jeune femme planante, aérienne, souple, envahie d’amour dans sa bouleversante intimité!  Elle se montre délicieusement complice  avec sa  jeune consœur spirituelle, Aldagisa. On surprend des affectueux élans vers ses enfants, mais elle reste torturée par le besoin de vengeance, puis de rédemption. Elle se hérisse d’attaques, passe par la douceur et la virtuosité, se fait puissance et agilité. La longueur de souffle semble inépuisable, le défi vocal de la partition semble toujours gagné avec de belles lignes pures de vocalises et surtout, le rôle est habité comme jamais!

L’auditoire ne peut se retenir d’applaudir et d’acclamer fougueusement l'émouvant duo féminin  « Sì, fino all'ore estreme!... » de Norma et Aldagisa (Josè Maria Lo Monaco) la jeune prêtresse dont s’est épris le présomptueux romain. Confondant de superbe et de suffisance, la voix chaude du ténor extraverti Gregory Kunde clame: « Je suis protégé par un puissant pouvoir - celui de l’amour qui enflamme tout mon être - je jure d’abattre cet autel d’infamie! ». Le timbre délicat d’Adalgisa  respire la séduction et la tendresse pure et innocente et on éprouve ce « bonheur irradiant » dont Stendhal parle à l’écoute de Rossini et de Cimarosa.

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 Quant à  la diction impeccable et la  voix cuivrée et solaire du ténor  qui joue de bonne grâce la lourdeur de l’envahisseur romain, elles sont remarquablement adaptées à l’œuvre bellinienne. Mystère de la musique? Duos et trios finiront par effacer les contours de l'imposant décor, pour ne garder que le temps suspendu!   

 

*Silvia Dalla Benetta (Norma 04/11/17)

 

Du jeudi, 19/10/2017 au samedi, 04/11/2017

 

http://www.operaliege.be/fr/activites/norma

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administrateur théâtres

#Célimènemèneladanse #Alcesteamoureux  #Arsinoélaprudetladévote #eThéâtre  #GénérationY #digitalnatives #DominiqueSerron #CyberMolière #Le-Misanthrope-2017 #ATJV

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 Jean-Baptiste Poquelin, autrement plus connu sous le pseudonyme de Molière, a dû se retourner de plaisir  du fond de sa tombe infamante, avec la belle mise en scène ultra-chic et moderne,  par  Dominique Serron en 2017, de sa  pièce emblématique « Le Misanthrope »  représentée pour la première fois au théâtre du Palais-Royal à Paris, le 4 juin 1666, par la Troupe du Roi.

Retrouvez les personnages : ALCESTE, dit le Misanthrope, amant de Célimène ; PHILINTE, ami intime d’Alceste ; ORONTE, « poète » et amant de Célimène ; CÉLIMÈNE, amante d’Alceste ; ÉLIANTE, cousine de Célimène ; ARSINOÉ, « amie » de Célimène ; ACASTE & CLITANDRE : 2 marquis prétendants de Célimène,  BASQUE, valet de Célimène ; UN GARDE de la maréchaussée de France ; DU BOIS, valet d’Alceste. Voici l’adresse du texte! http://www.toutmoliere.net/IMG/pdf/misanthrope.pdf

Alceste, l’atrabilaire drôlement sympathique et vif-argent joué par Patrick Brüll a tout pour plaire! Il circule à la vitesse du vent sur un plateau ouvert, entre les alexandrins bénis des amoureux de la langue française et ses élans passionnels pour la belle Célimène. « Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur, On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur. » « Sur quelque préférence, une estime se fonde, Et c'est n'estimer rien, qu'estimer tout le monde. » « Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié, Ce commerce honteux de semblants d'amitié » « et je hais tous les hommes: Les uns, parce qu'ils sont méchants, et malfaisants  Et les autres, pour être aux méchants, complaisants». 05-misanthrope-pierre-bolle-e45i1796.jpg 

@Célimène : #headoverheelsinlove : « Mon amour ne se peut concevoir, et jamais, Personne n'a, Madame, aimé comme je fais. » Mais, «  J'entre en une humeur noire, en un chagrin profond, Quand je vois vivre entre eux, les hommes comme ils font; Je ne trouve, partout, que lâche flatterie, Qu'injustice, intérêt, trahison, fourberie » C’est là que l’on se dit que Molière a hélas mille fois raison! 

Et la belle Célimène, adulte-ingénue, blogueuse insatiable, fille du siècle, coquette ravis-s-amants vêtue et dévêtue,  et incarnée par la belle Laure Voglaire aura moralement bien du mal à capter les vivats du public! Sa présence physique elle a de quoi ensorceler!  Et tout le monde tombe sous le charme  tandis que  la mise au goût-du-jour de Dominique Serron fait merveille. Un nuage virtuel  nimbe les comédiens qui ont tous leur smartphone à la main, de la cuisine à la salle de bains. Le public médusé de la génération X applaudira bien sûr avec délectation les recours scénographiques aux nouvelles technologies et aux espaces des réseaux sociaux,   ...et la génération Y se trouvera pour une fois, très heureuse d’être au théâtre! Un théâtre qui leur tend pourtant le miroir d’une société totalement « moi-je »,  mais où ils peuvent se contempler à loisir, en selfies, en pied, en cap, sans épée, en échange photos, vidéos, liveshows,  en popularité et surtout en alexandrins extraordinaires! Irrésistible, non? Effet comique assuré! 

La mise en scène a mis le paquet et les deux mondes, celui du verbe et celui du virtuel font excellent ménage, grâce à l’inventivité de la mise en µscène qui infuse Molière dans les esprits en toute liberté et avec avec un art consommé. Notre mode de vie du "tout à l'écran", n'est il pas complètement dégénéré? L'étape suivante c'est la puce derrière l'oreille!  Côté peines du cœur et peines de d’argent, telles que vécues par le grand dramaturge français,  elle en a une  connaissance profonde et partage avec feu  les souffrances de cet Homme Révolté avant la lettre. A se demander d’ailleurs si l’Histoire, comme le pensent tant de  pays d’Orient, ne serait pas finalement cyclique? 

Les autres personnages, ne sont pas en reste. Arsinoé, vieille d’au moins quarante ans et jalouse (Alexia Depicker, qui joue également Eliante,  en deux tonalités parfaitement opposés) se la joue à la perfection dans son rôle d'hypocrite donneuse de leçons. Les soupirants, bien que sans rubans, sonnent très juste, et Philinthe (le très élégant François Langlois)  l’ami inconditionnel et l’honnête homme presque parfait, fait vraiment plaisir à écouter. Bien que, question d’honnêteté et de connivence,  on penche franchement pour l’atrabilaire amoureux!  Et l'on délecte les 780 alexandrins si agréablement prononcés par  la troupe bourdonnante de dynamisme, de l'Infini Théâtre!    

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Ainsi donc, vous ressortirez, quelle que soit votre génération, enchantés d’une telle explosion de créativité  si bien rythmée et  infiltrée avec tant de savoir-faire de sagesse profonde !  

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  • Création au Théâtre Jean Vilar  du 17 au 27 octobre 2017
  • Durée : 2h sans entracte
  • Réservations : 0470/67 97 20 ou reservations@audioscenic.be 

http://www.atjv.be/Le-Misanthrope-2017

 

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12273242698?profile=originalAphrodite de Rhodes (parfois attribuée à Doidalsas de Bithynie)

Sous le ciseau du sculpteur elle s’humanise.

Plus de 2000 ans et pas une ride,

pour 49 cm de grâce absolue.

(III? ou Ier siècle av. J.-C., marbre de Paros, musée archéologique de Rhodes)

« A l’eau de la claire fontaine,

Elle se baignait toute nue. »,

 Georges Brassens

Cette petite est comme l'eau vive... je cours suivre son fil.

 

      Il pourrait tout aussi bien s’agir d’une Nymphe. Une Naïade, fille d’Océan, veillant sur une source sacrée, un fleuve ou une rivière. La tradition orale a en effet ici mémoire fort longue (et ce billet est mis en ligne un vendredi, jour de Vénus). Je n’en donnerais que quelques exemples.

      Rhodos*1, fille de Poséidon et d’Aphrodite, eût de sa passion avec Hélios (le dieu Soleil, dieu tutélaire de Rhodes) de nombreux fils. Trois d’entre eux laissèrent leurs noms aux trois premières cités de l’île de Rhodes, Ialysos, Camiros et Lindos. Si les deux premières sont en ruines, le village de Lindos est toujours prospère notamment grâce aux  touristes qui s’y rendent tant pour la beauté du site, ses maisons blanches que pour son acropole.

Et la rivière Nymphi alimente toujours en eau vive la ville de Rhodes, qui fut créée par les habitants des villes précédemment citées.

 

12273243071?profile=originalAphrodite ou Nymphe (selon le cartouche du

musée archéologique de Rhodes ; fin IIIe s./début IIe s. av. J.-C.)

Aphrodite Nymphia, toi qui facilitais les fiançailles et accordais ta bénédiction nuptiale, pourquoi ne pouvais-tu protéger l’union de ton fils et de Salmacis ?

Et mettre ainsi tout le monde d’accord…

 

      Soyons plus encore précis, ce pourrait même être la Nymphe Salmacis*2. Hardi petit, étayons cette hypothèse, après tout j’ai été nourri au lait de Genesis.

Je m’appuierai sur Ovide, je ne saurai mieux dire.

      Hermaphrodite, jeune pâtre, encore « un enfant, né des amours d’Hermès et d’Aphrodite (il était facile à reconnaître, à ses traits, les auteurs de ses jours, qui lui donnèrent son nom), se plut à errer dans des lieux inconnus. Il trouva un lac dont le cristal laissait voir la terre au fond de ses eaux. »

 

12273243696?profile=originalHermaphrodite endormi

(marbre, IIe s., musée national, Rome)

Près d’un lac, il s’était endormi. Quand soudain, venant de nulle part, surgit…

 

Salmacis qui « tantôt baigne dans l’onde pure ses membres gracieux, tantôt, avec le buis de Cytore, démêle ses cheveux et consulte le miroir des eaux sur ses atours. »

« En le voyant, elle désira le posséder. Avant de s’approcher de lui, malgré toute son impatience, elle dispose avec art sa parure, en examine l’arrangement d’un regard attentif et compose les traits de son visage : enfin elle peut paraître belle. Alors elle s’écrie : ’’Enfant, tu mérites d’être pris pour un dieu.’’ »

Et ajoute : « Heureuse celle qui est ta compagne, ou pour qui tu allumeras le feu de l’hyménée. Si tu la choisis, accorde-moi pourtant un bonheur furtif ; si ton choix n’est pas fait, puissé-je le fixer et partager ta couche ! »

« Une rougeur pudique couvre les traits du jeune berger, qui ne connaît pas encore l’amour ; des grâces nouvelles naissent de cette rougeur. »

La Nymphe n’y tient plus ! « Déjà ses mains allaient saisir le cou d’albâtre d’Hermaphrodite :

’’ Cesses ou je fuis, dit-il, et je te laisse seule en ces lieux.’’ 

Elle jette de nouveau ses regards vers lui, se cache au fond des broussailles, fléchit le genou et s’arrête. »

« L’enfant, avec toute l’agilité de son âge, persuadé qu’aucun œil ne l’observe en ces lieux solitaires, va et revient, plonge dans l’eau transparente la plante de ses pieds et les baigne jusqu’au talon. Bientôt séduit par la douce chaleur de l’onde, il dépouille le fin tissu qui enveloppe ses membres délicats. Salmacis tombe en extase. » « Elle veut être dans ses bras ; déjà elle ne maîtrise plus son délire. Hermaphrodite de ses mains frappe légèrement ses membres et se précipite au sein des flots. »

« Je triomphe ; il est à moi », s’écrie la Naïade.

 

12273245068?profile=original Salmacis et Hermaphrodite

« L’amour est fait d’une seule âme habitant deux corps. »,

Aristote (384-322 av. J.-C.)

Fontaine, boirais-je pour cela de ton eau ?

Jean-François de Troy (1679-1752)

(musée Bossuet, Meaux)

 

« Elle se jette au milieu des flots, saisit Hermaphrodite qui résiste, et, malgré ses efforts lui ravit des baisers : ses mains jouent autour de sa poitrine qu’il cherche en vain à lui dérober, elle l’enchaîne dans ses bras. Il a beau lutter pour se soustraire à ses embrassements, elle l’enlace comme le serpent. »

Mais il se cabre le bel enfant lorsqu’une ronde lui revient aux oreilles…

« Y’en a des belles à regarder

Y’en a qui sont à éviter. »*3

… et « refuse à la Nymphe le bonheur qu’elle attend. »

Hélas, là est l’os, il était sans malice.

Alors, «  Elle le presse de tous ses membres ; et, dans la plus vive étreinte, à son cou suspendue, elle s’écrie :

’’Tu résistes en vain, cruel, tu ne m’échapperas pas.

Dieux, ordonnez que jamais rien ne puis le séparer de moi,

ni me séparer de lui.’’

Cette prière est exaucée : leurs corps s’unissent et se confondent. »

(j’abonde et m’embrase, j’adore les histoires d’O.)

« Hermaphrodite et la Nymphe, étroitement unis par leurs embrassements, ne sont plus deux corps distincts ; ils ont une double forme, mais on ne peut les ranger ni parmi les femmes ni parmi les hommes : sans être d’aucun sexe, ils semblent les avoir tous les deux. »

(qui trop l’embrasse… mâle éteint)

Alors, une dernière fois ; Hermaphrodite clame d’une voix qui n’est déjà plus virile :

« Accordez une grâce à votre fils, qui tire son nom de vous deux,

ô mon père ! ô ma mère !

Que tout homme, après s’être baigné dans ces eaux, n’ait,

quand il en sortira, que la moitié de son sexe :

puissent-t-elles en le touchant, lui ravir soudain sa vigueur ! »

Les auteurs de ses jours furent sensibles à ce vœu et donnèrent à cette fontaine une vertu mystérieuse.

Une explication qui semblerait couler de source.

Admettez que la description que fait Ovide de notre Naïade est souvent confondante de ressemblance.

 

12273246063?profile=original « C’est des profondeurs de la mer que jaillit Rhodos,

enfant d’Aphrodite, déesse de l’Amour,

afin qu’elle devint l’épouse d’Hélios. »,

Pindare (518-438 av. J.-C.)

 

      Cela étant, Aphrodite élit résidence à Rhodes tandis qu’Arès partait pour la Thrace. Et il suffisait qu’une déesse se baignât là pour qu’on y bâtisse un édifice cultuel. Si la divinité y agréait, on délimitait alors un espace sacré, le téménos, pour les célébrations rituelles. Le temple était alors agrandi pour abriter statues et ex-voto, rien n’était trop beau.

A suivre...

Voici, pour patienter, les liens permettant de retrouver les précédents épisodes de cette série consacrée à l’égérie :

1.     A Paphos, l’effrontée Aphrodite fût :

  https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-paphos-l-effront-e-a...

2.    

A lA la poursuite d’Aphrodite la dorée :

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-la-poursuite-d-aphro...

3.     Toujours fondu d’Aphrodite ?

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/toujours-fondu-d-aphro...

4.     Dans le miroir de Vénus :

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/dans-le-miroir-de-v-nus-aphrodite-4-7-1

A suivre…

 

Michel Lansardière (texte et photos)

 

*1 Aphrodite la dorée, Rhodos la rose. Une racine que l’on retrouve, en minéralogie, dans la rhodonite, un silicate de manganèse, ou la rhodochrosite, un carbonate de manganèse, de couleur rose. La ville de Rhodes, placée sous le haut patronage du soleil (Hélios), a pour emblème la rose. Par contre, si j’ai une inclination pour les roses et les minéraux, j’aime pas les rhododendrons ! Ce serait par contre pécher de ne pas goûter aux tétons de Vénus, cette délicieuse variété de pêche (c'est aussi le nom d'une tomate et d'un mont du Cantal).

*2 Salmacis donna son nom à une source. Cette source se situerait en Carie (région d’Halicarnasse, aujourd’hui Bodrum, en Turquie, que seul un isthme sépare de Rhodes). Détestée, on lui prêtait la faculté d’amollir et de rendre efféminés ceux qui s’y baignaient ou en buvaient. Cytore était une montagne de Paphlagonie (région de Turquie bordant la Mer Noire) abondante en buis selon Virgile. Hermaphrodite aurait été berger sur le mont Ida en Phrygie (actuel Kaz Dag, en Turquie toujours) avant de se rendre en Lycie et en Carie, où il rencontra Salmacis pour son malheur. Le groupe Genesis a tiré de cette histoire un magnifique titre : « The fountain of Salmacis », en 1971. Lien ci-après :

 https://artsrtlettres.ning.com/video/genesis-fountain-of-salmacis-nursery-cryme-1971

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Aphrodite ou Nymphe, toujours selon le cartouche (et je suis très à cheval sur l’étiquette) du musée archéologique de Rhodes.

Ces deux statues, un peu figées, stéréotypées, sont de la même période que celle présentée plus haut.

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*3 Les Frères Jacques, « Les fesses. ». Allez voir la vidéo séance tenante, ce séant devrait vous seoir.

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administrateur partenariats

"Papillon"

Aquarelle de Marie-Josèphe Bourgau

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Créativité

L'inspiration est un oiseau.

Posé sur une branche, il chante et les mots coulent, remplissent les pages.

Mais sans prévenir il peut s'envoler. Nul ne sait quand il reviendra.

 

L'imagination est un papillon.

Jamais au grand jamais, il ne faut le chasser et le capturer dans un filet.

Il faut l'admirer. Son vol peut emmener très loin.

 

L'inspiration et l'imagination donnent naissance à la créativité.

Antoinette Bärfuss.

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

 

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administrateur théâtres

Au Magic Land Théâtre

LES MUTINÉS DU FISH AND SHIP

Vu le succès : reprise de cette saga délirante par la compagnie du « MAGIC LAND THÉÂTRE » écrite et mise en scène par Patrick Chabou.

Lorsque le gouverneur et sa trop charmante épouse embarquent sur le « Fish and Ship », chargés par le roi de remettre de l’ordre dans les lointaines colonies, ils sont loin de se douter du sort terrible qui les attend…

On devait s’y attendre… croisière de rire, déjà le titre était délirant… 

Des archétypes, de la grivoiserie plein les oreilles, des chants de marins de part et d’autre du rideau magique, le bonheur partagé des acteurs-et-spectateurs… voilà les ingrédients de l’amusement. A-t-on vraiment envie de s’y laisser prendre ? Et puis, non, c’est quand même irrésistible, on se jette à l’eau !

Le dimanche après midi, il y avait beaucoup d’enfants dans la salle, de trois à 12 ans, ils ont sans doute adoré les magnifiques costumes d’époque, l’embarquement sur le bateau à voiles mythique, la tempête mémorable, les combats de la mutinerie, l’abordage d’un bateau collègue, pirate lui aussi, et l’épisode de l’arche de Noé totalement burlesque pour arriver à Port au Prince et couler des jours heureux et candides. L’action débridée les a sans doute ravis et fascinés… Sirotant leur grenadine à l’entre acte dans un vrai bateau de pirates… au milieu des cordages, gaillard avant et arrière, filets, ponts et cabines en tout genre, ils pouvaient rêver de puissance et de liberté. Magique pour eux sûrement. Et fort mystérieux, conscients que les adultes possèdent certainement des clés encore interdites. L’assaut des mots, des calembours, allusions oiseuses, contrepèteries et autres figures de styles les ont sans doute laissés pantois.

Côté adulte, c’est une beuverie collective d’humour et de comique chansonnier. La tête vous tourne, une vraie java verbale, mais les comédiens sont si bons et si artistes que l’on ne peut s’empêcher d’aimer quand même tout ce baroque, ces mélanges généreux, ces pots-pourris, ces anachronismes en tout genre, ces gauloiseries bien enveloppées pour ne pas heurter les jeunes sensibilités, ces galéjades à tiroirs, ce tout pour… la surprise théâtrale sans fond ni loi !

Du 7 octobre au 24 octobre 2010

Distribution : Daniel Cap, Pascaline Crèvecoeur, Christelle Delbrouck, Sophie D’Hondt, Philippe Drecq, Thomas Linckx, Juan Marquez Garcia, David Notebaert, Stéphane Stubbé

Création d’éclairage : François Noé Décors : Isis Hauben et Yves Goedseels Régie : Yves Goedseels et François Noé Costumes : Frédéric Neuville Création sonore : Hughes Maréchal

http://www.magicland-theatre.com/index.php5?pageId=1

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LE PETIT ESCALIER...

C'est un petit escalier

Où l'enfance se meurt

Un regard du passé

Entre sourires et pleurs...

Capturé par l'image

Il se fige à nos yeux

Avec son air trop sage

Fait semblant d'être heureux!

C'est un petit escalier

Qui recèle des secrets

Quelques fleurs au palier

Aident à son charme discret...

Il semble indifférent

Pourtant, a entendu

Ces si jolis serments

Pour lesquels, elle vécu!

J.G.

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administrateur théâtres

Image associéeBillet d’envoi ! Europalia 2017 c’est à nouveau fabuleux et cette fois, c’est le visage démultiplié de l’Indonésie qui miroite partout à travers la Belgique.  Indos, signifiant « Indien », et nêsos, signifiant « île ». Auparavant nommée «  Indes orientales néerlandaises »,elle est la  seconde zone de biodiversité du monde après le Brésil. C’est un territoire qui s’étire sur plus de 8.000 km de long, comprenant plus de 17.000 îles, près de 80 volcans, plus de de 1.100 groupes ethniques pratiquant 6 religions d’état en plus des pratiques animistes ancestrales et parlant plus de 700 langues différentes dont certaines sont éteintes ou en voie de disparition. C’est aussi le quatrième pays le plus peuplé du monde après la Chine, l'Inde et les États-Unis. Pendant 4 mois, Europalia nous permettra de découvrir son immense diversité de cultures à travers des expositions, des concerts, des performances artistiques, le cinéma, les rencontres littéraires, la danse et autres activités artistiques.

https://europalia.eu/fr/home/home_82.html

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A Bruxelles : « Ancestors & Rituals » BOZAR,

De Sumatra à la Papouasie, en passant par Java et les Moluques: les ancêtres ont joué et jouent encore un rôle de premier plan en Indonésie. Les cultes qui leur sont portés et leurs représentations reflètent avec force et poésie l’énorme diversité du pays. Une introduction captivante à l’Indonésie, présentant son patrimoine et questionnant aussi la place des traditions et rituels au sein d’une société contemporaine. Trésors archéologiques et ethnographiques y seront présentés pour la première fois, et mis en contexte grâce à des documents iconographiques uniques et des interviews. En collaboration avec le Musée National de Jakarta et de nombreuses autres collections des quatre coins de l’archipel.

Power and Other Things. Indonesia & Art (1835-Now)

A Bruxelles:  « Power and other things » BOZAR,

Un récit chronologique qui débute avec 4 artistes clés des 19ème et 20ème siècles – dont Jan Toorop et Raden Saleh – qui ont jalonné l’histoire de l’art en Indonésie. Des artistes contemporains, parmi lesquels Agung Kurniawan, Antariksa, Mella Jaarsma, Wendelien van Oldenborgh, Roy Villevoye et Ana Torfs, viennent compléter ce récit avec de nouvelles créations. Ils témoignent d’échanges déterminants pour l’Indonésie, suscités par le commerce, la culture, la religion, l’idéologie ou encore la guerre. Une représentation unique de l’histoire récente de l’Indonésie, des dernières convulsions de la colonie néerlandaise en passant par l’occupation japonaise, jusqu’à nos jours.

http://www.bozar.be/fr/activities/122835-europalia-indonesia

A  Mons: « On Paradise » MAC’S Hornu,

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A Liège: « Archipel » LA BOVERIE,

Située au cœur d’une Asie « au sud de la Chine, à l’est de l’Inde », l’Indonésie et ses plus de 17 000 îles s’étendent sur un espace équivalent à celui de l’Union européenne. Aire de confluences et de rencontres, l’archipel indonésien a de tout temps été l’un des plus importants carrefours du commerce mondial, où ont amarré les navires austronésiens, les boutres arabes, les jonques chinoises, caravelles ibériques et autres nefs des Compagnies des Indes orientales avant les porte-containeurs et pétroliers d’aujourd’hui.

Superposés, mêlés, réinterprétés par des sociétés riches et complexes, ces apports extérieurs ont forgé des mondes multiples, que le rapport à la mer a finement coloré et ciselé. C’est à la découverte de ces mondes que nous invite cette exposition, avec la mer comme trait d’union et une collection exceptionnelle d’œuvres majeures comme marqueurs d’une histoire à découvrir et admirer.

A Gand: une histoire de la performance locale « Performance Klub » S.M.A.K., 

A Anvers: l’installation « Bale Kambang » de l’architecte Eko Prawoto MAS. 

Des rendez-vous culturels:  

NOVEMBRE

10/11 BOZAR DJ Dea BARANDANA / Otto Sidharta / Wolf Müller Music

14/11 BOZAR Ayu Utami, Alfred Birney & David Van Reybrouck Literature 

17/11 TULITU Lily Yulianti Farid Literature

20/11 BOZAR/Agora Ben Sohib Literature

 

DECEMBRE

1/12 BEURSSHOUWBURG Aural Archipelago / Dijf Sanders Music

2/12 BOZAR Melati Suryodarmo – Solo Intervention Performing Arts

8/12 BOZAR Faozan Rizal / Sardono Kusumo Film / Eko Supriyanto – Balabala Performing Arts 

9/12 BOZAR Moh. Hariyanto – G.H.U.L.U.R. / Mugiyono Kasido – The Rumors / Nan Jombang – Lament from a Foreign Land / Pencak Silat / Sherli Novalinda – In the Footsteps of the Body Performing Arts

10/12 BOZAR I Wayan Gde Yudane & Gamelan Wrdhi Swaram / Matianari Toba Batak Music Ensemble Music

 

JANVIER

9/01 BOZAR Garin Nugroho Film

17/01 BOZAR A.L. Suwardi’s Planet Harmonik Music

18/01 KAAITHEATER Meg Stuart & Jompet Kuswidananto – Carte Blanche Performing Arts

19/01 KAAITHEATER Gisèle Vienne – Carte blanche Performing Arts

 

En conclusion: 

du 10 octobre 2017 au 21 janvier 2018, EUROPALIA braquera ses projecteurs sur la culture indonésienne, tant la traditionnelle que la contemporaine. Grâce à de nombreux échanges et créations artistiques, le festival biennal proposera un regard nouveau sur l’Indonésie à travers ses expositions, spectacles de danse et de musique – avec un gros plan sur le gamelan –, des rencontres littéraires et des films. Les Européens associent souvent l'Indonésie aux repas de riz (rijsttafel) , à la sauce saté et aux danses balinaises – une vision bien trop exotique et réductrice…

 

Présentant plusieurs pièces majeures du Musée national de Jakarta, l'exposition d'ouverture Ancestors & Rituals (Bozar, à partir du 11.10.17) s'intéressera aux formes particulières de cultes des ancêtres en Indonésie : les Torajas exhumant leurs morts pour les parer et les célébrer, les étonnantes sculptures d'ancêtres Ana Deo protégeant les villageois de Flores, ou encore le culte des ancêtres comme il se pratique encore de Sumatra jusqu'en Papouasie. Les visiteurs auront régulièrement l'occasion d'approfondir le sujet lors d’ateliers organisés par Barbara Raes autour et au sein de l’exposition. 

L’exposition Power and other things. Indonesia & Art (1895-now) (Bozar à partir du 18.10.17) présentera de façon unique l’histoire récente de l’Indonésie, scandée par le changement, depuis le régime colonial néerlandais et l’occupation japonaise jusqu’aux défis actuels liés à la migration ou à la perception changeante de la question du genre.

La troisième exposition, Archipel (La Boverie, Liège, à partir du 25.10.17), se penchera sur le rôle de pionnier joué par l’Indonésie comme nation maritime et s’attardera sur les échanges culturels qui en ont résulté.

 

Le Europalia Curator’s Award permet à un conservateur prometteur de partir en résidence avec trois artistes de son choix. Pour cette édition EUROPALIA a arrêté le thème de « la biodiversité », l’Indonésie contemporaine se trouvant en effet devant d'importants défis écologiques. Les échanges culturels sont au cœur de la programmation des festivals EUROPALIA, tant pour les expositions que pour la musique, les arts du spectacle ou la littérature. Pour EUROPALIA INDONESIA des dizaines de musiciens (e.a. Dijf Sanders, Wolf Müller), de danseurs/chorégraphes (e.a. Darlane Litaay, Papouasie ; Otniel Tasman, Yogjakarta ; Meg Stuart, Bruxelles) et d'artistes plasticiens (Ana Torfs, Roy Villevoye) partent en résidence les uns chez les autres et créent des œuvres originales. Rabih Beani se plongera dans la musique sacrée au tarawangsa (Java occidental) et Stefan Lakatos revisitera, avec le maître du gamelan Iwan Gunawan, l’œuvre du célèbre musicien de rue Moondog (e.a. à l’Ancienne Belgique et au London Barbican).

 

Également à l’affiche : les deux Poétesses nationales, Laurence Vielle (2016-2017) et Els Moors (2018-2019).

 

La dimension internationale: il faut savoir qu'Europalia est également présent aux Pays-Bas (La Haye, Rotterdam, Amsterdam, Leyde, Arnhem, Deventer, Olst), en France (Bordeaux, Valenciennes, Amiens, Châlons-en-Champagne), en Allemagne (Berlin, Münster), en Pologne (Cracovie) et en Grande-Bretagne (Londres)

 

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Du 10 octobre 2017 au 21 janvier 2018

www.europalia.eu

 

 

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Qu'est la sagesse devenue?

Songerie

Ô le bonheur du libre choix!
Le mariage plus n'engage.
Lors chacun pense avoir le droit
D'être, à son gré, sage ou volage.



À l'infidèle peu importent
Le sort de l'autre restant là,
Ses enfants derrière la porte
Que sans émoi il referma.

L'adultère est non punissable.
Et l'abandon fait d'un conjoint,
Souvent, un être lamentable
Ne pouvant pas faire le point.

Mais où l'amour de soi conduit
L'être fat qui s'y abandonne,
Ne prenant grand soin que de lui?
Il perd la joie et s'en étonne.

17 octobre 2017

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            REFLETS D’UNE AME QUI SE CHERCHE : L’ŒUVRE DE MIHAI BARA

Du 28-09 au 15-10-17, l’ESPACE ART GALERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) vous convie à une exposition axée sur l’œuvre du peintre roumain, Monsieur MIHAI BARA, intitulée REFLETS DE L’AME.

Les reflets de l’âme ont ceci de particulier qu’ils permettent, une fois exprimés sur la toile, sur la pierre ou sur la page blanche, la possibilité de briller sous l’astre de la folie créatrice. Cette folie trouve sa liberté dans l’étreinte unissant l’artiste au Monde. L’âme projetée sur l’espace scénique fait s’unir les rires, les fautes et les folies en devenant l’assise soutenant la comédie humaine.

L’univers de MIHAI BARA est constellé de créatures fantasmagoriques évoluant dans une atmosphère à l’esthétique ludique. Cet univers se caractérise par sa puissance constituée de couleurs vives, issues du fauvisme: rouge, vert, jaune, bleu à outrance dans une théâtralisation qui propulse le sujet au cœur du regard. L’artiste renoue ainsi avec l’héritage pictural du passé. Sur base d’une écriture néo expressionniste élégante, il aborde tout à la fois l’expressionnisme tourmenté de conception allemande classique ainsi que le primitivisme, au sens où les néo expressionnistes du début des années ’80 l’entendaient : un retour à la nature (à la fois le biotope et l’humain) par le biais du mythe exprimé par un chromatisme rappelant celui d’un Gauguin. Mais il y a aussi une volonté cubiste dans sa façon de « replier » ses personnages en plusieurs fractions dans la conception du volume, particulièrement en ce qui concerne les visages dans le but de les déformer. En cela, il redevient expressionniste dans la déformation critique de l’événement narré. Il est impossible pour le visiteur de passer devant n’importe quelle toile de l’artiste sans remarquer le traitement extraordinaire de la couleur nourrie d’une matière extrêmement travaillée. Un sentiment de « froissé » envahit le paysage. L’arrière-plan des toiles est généralement noir (ou foncé) visant ainsi à propulser le sujet du néant au devant du regard. La conception des visages est axée sur le modèle du « masque ». Un masque qui contribue à déformer le visage, amplifiant ainsi son humanité originelle dans un déchirement. Nous voyageons au cœur d’un carnaval absurde dans lequel grimaces, yeux exorbités et traits déformés redimensionnent l’humain en le replaçant au centre de sa propre tragédie. Néanmoins, le visage n’est pas le seul témoin du reflet de l’âme. Le traitement des mains participe également du portrait psychologique.

Elles assument le rôle d’alter ego par rapport masque dans son expression. Le sujet occupe la totalité de l’espace, à un point tel que la conception du volume, sous toutes ses facettes, confère à ce dernier des dimensions architecturales. A titre d’exemple, LES SILTIMBANQUES (100 x 100 cm-technique mixte)

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présente un personnage dont le corps est l’édifice, partant de la base de la toile jusqu’à atteindre, par la tête et les mains, les limites du ciel.

Dans l’œuvre de l’artiste, comédie et tragédie se mêlent dans une distorsion qui fait de la forme le témoin de la condition humaine. Avec son visage atrocement déformé par le mensonge, LE MENTEUR (100 x 100 cm-acrylique sur toile)

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se retourne dans toutes les directions pour semer ses calomnies. La torsion de gauche à droite et de droite à gauche se produit par duplications de la bouche, terminant le visage ainsi que par le regard coupé en deux, multipliant les axes directionnels, l’ensemble étant appuyé par un nez constitué de deux losanges séparés par une arête en diagonale, laquelle fracture le visage en une myriade de facettes au chromatisme vif, garantes du déséquilibre vital de l’œuvre. Seul le statisme de l’ensemble témoigne de la lucidité du menteur face à son mensonge. Car il s’agit de l’acte conscient de l’homme qui ment et non du délire pathologique du mythomane. Bien qu’il s’agisse de couleurs fauves, à aucun moment elles ne deviennent criardes ou agressives. Il y a chez l’artiste une véritable science des couleurs : quelle note utiliser, où la placer, comment la composer.

A CHAQUE FOU SON OISEAU (60 x 60 cm-acrylique sur toile)

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est la fusion de deux folies, forgée dans l’image de l’oiseau pénétrant le visage de l’homme. Ici, le déséquilibre fait office d’assise : le visage se passe du corps pour tenir debout. A partir d’une dominante verte structurant à la fois le visage ainsi que l’oiseau et le point sur lequel le personnage est posé, quelques brèves notes jaunes, rouges et bleues éclatent ça et là, accentuant la folie de l’ensemble. L’arrière ainsi que l’avant-plan constituent une opposition chromatique forte entre le noir intense et le rose-ocre terreux. Aux dires de l’artiste, cette toile lui a demandé beaucoup d’essais. Le résultat est une peinture extrêmement travaillée. Nous avons ici un ensemble pictural répondant à l’esthétique primitiviste dans la pure veine du néo expressionnisme des années ’80.   

 

SAINT GEORGES EN TUEUR DE DRAGON (180 x 150 cm-acrylique sur toile)

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L’artiste prouve sa connaissance de l’icône orthodoxe. Traduite dans son écriture personnelle, le corps du cheval ne se déploie qu’à partir de l’avant. Un bref raccourci laisse apparaître sa patte gauche arrière, provocant une intéressante variation rythmique. C’est à partir de cette variation rythmique que se produit le bond en avant de l’entité Saint Georges/cheval, assurant la victoire sur le dragon. On ne peut pas parler de « cinétisme » à proprement parler. Néanmoins, au fur et à mesure que le regard se promène sur la toile, des détails apparaissent (tels que les pattes avant du cheval émergeant d’un fond noir intense, esquissant le piétinement de la bête), mettant en exergue les particularités narratives de la mise en scène : Saint Georges résulte d’une stylisation issue d’une vision mystique. Son visage, mince se terminant en pointe est compris entre l’auréole et le vêtement (tous deux dorés) qui lui confèrent sa puissance. Nous retrouvons le jeu extrêmement parlant des mains stylisées. La droite tient les rennes du cheval. La gauche tient la lance qui transperce la bête. Cette stylisation des mains donne le sentiment que le Saint ne fait que tenir les rennes et la lance par le bout des doigts. Observez la façon dont la lance est tenue : on dirait l’archet délicat d’un violoniste. De même que son visage, tourné vers le ciel, atténue l’action guerrière pour atteindre la plénitude. La stylisation des rennes ainsi que de la lance participent du message mystique exprimant la victoire du bien sur le mal. La tête du cheval est conçue en un bloc compact tombant vers le bas. Le museau de l’animal définit la partie vivante de l’ensemble du corps (dont nous ne voyons, en réalité, qu’une partie). Par l’intrusion d’une fente faisant apparaître une série de dents puissantes serrant les rennes, l’artiste insuffle la vie à sa création. Nous retrouvons, ici encore, la puissance chromatique de l’arrière-plan noir faisant ressortir le sujet du fond d’un abîme originel. Le personnage de Saint Georges oscille entre histoire de l’Art proprement dite et l’iconographie chrétienne à but spécifiquement prosélytique. Ne perdons jamais de vue qu’au Concile de Nicée, en 787, l’art (plus exactement la présence de la figure humaine) ne fut toléré que comme vecteur d’enseignement théologique à destination du peuple. De conception théologique orientale, l’iconographie de Saint Georges a été particulièrement étudiée par l’art russe de tradition orthodoxe.

MIHAI BARA a parfaitement réinterprété cette culture iconographique et iconologique en jouant sur les composantes jaune/rouge qui dominent la composition. Le jaune : l’or – symbole de puissance depuis l’Antiquité classique et proche-orientale, parce que considéré comme métal incorruptible. Le rouge : symbole de chaleur, de feu régénérateur. Mais surtout, symbole du sang de la vie dans la mystique chrétienne. A certains moments de l’Histoire, le rouge devient pourpre, particulièrement dans la philosophie néo platonicienne, représentant l’image du pouvoir en relation avec la cherté du produit (la pourpre) extrêmement difficile à obtenir, que l’on extrait à partir d’un gastéropode. Ce qui en fait une couleur réservée à une élite sociale jusqu’à son passage symbolique vers la tunique rouge enveloppant le Christ. La couleur rouge devient alors le symbole du pouvoir temporel et spirituel. L’artiste a tenu compte à la fois de l’histoire et de la symbolique politique des couleurs. Cette œuvre témoigne de l’intérêt du peintre pour l’art sacré. MIHAI BARA nous avoue qu’avec un groupe d’amis artistes Roumains, il pense explorer les sujets bibliques dans un futur proche.      

LES SALTIMBANQUES (cité plus haut) présente un personnage campé dans différentes attitudes : jeu de mains qui jonglent (en bas, à droite et à gauche, la balle revient comme un leitmotiv) faisant de chaque élément un personnage de l’histoire. L’arrière-plan est divisé en deux parties : le noir partant de la base pour signer la ligne d’horizon, à partir de laquelle débute le bleu recouvrant l’ensemble de l’espace.

LA RUMEUR (80 x 80 cm-acrylique sur toile)

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nous convie dans l’esthétique allemande de l’expressionnisme historique, d’avant la Première Guerre Mondiale jusqu’à la République de Weimar.

Nous avons une série de masques à la Otto Dix ou à la Emil Nolde, présentant des visages tordus et grimaçants. Le pers à l’avant-plan, à droite se distingue par sa bouche grande ouverte permettant à la rumeur de se répandre. Une fois encore, les mains régissent la composition en structurant l’espace. Tel un beffroi, la main sortant de la base de la toile à droite, déploie ses doigts sur lesquels repose le visage du personnage, en haut. Tandis que la main de gauche (en haut) « recouvre » la tête du personnage. Les trois masques répondent à trois situations différentes. La main de droite partant de la base pour atteindre le haut, rappelle la façon architecturale de procéder pour concevoir le corps du personnage des SALTIMBANQUES.  

LA NUIT (62 x 50 cm-acrylique sur toile)

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est un jeu chromatique savant entre le noir et le bleu foncé. Il s’agit d’une vue nocturne qui renverse le discours sur la façon de concevoir ce type de vue. D’habitude l’arrière-plan est noir car il représente la nuit. Tandis que la ville garde des bribes de couleurs. Ici, c’est le contraire : la nuit est bleue et la ville est noire, malgré quelques ersatz de brun (en dégradés), de bleu, de vert, de rouge et de rose, conçus de façon à imaginer qu’ils ne font que passer. LA NUIT est, comme l’indique l’intitulé de l’exposition, l’expression d’un reflet de l’âme. Un état mélancolique qui tenaillait l’artiste une nuit dans sa vie. Abstrait à ses débuts, l’artiste n’en finit pas de poser son abstraction comme un sceau sur son écriture néo expressionniste. Avec cette œuvre, son abstraction se caractérise dans cette vision nocturne qui brise les conventions esthétiques. Nuit et ville se fondent tout en s’opposant. Sans doute nuit et ville se complètent-elles dans la mélancolie onirique qu’engendre l’ensemble.

Plusieurs étapes ont parsemé le parcours créatif de l’artiste. Nous avons indiqué, plus haut, ses débuts dans l’abstraction. Cela se retrouve dans le traitement des surfaces, comme brouillées par une brume hachurée. La place de la figure humaine se retrouve dans le rôle, social et politique qu’elle joue, à savoir le réceptacle de l’âme incarnée dans ses états. La dialectique qu’elle dégage est celle de l’acceptation de soi qui se retrouve dans l’Autre. Un dialogue qui se perpétue dans le labyrinthe intérieur qui mène à l’introspection par rapport à son propre regard et à la société qui impose le sien. Nous sommes plongés en pleine dialectique néo expressionniste : la figure humaine se dématérialise pour devenir conscience.

L’artiste est fasciné par le sentiment du regard intime, de la conscience individuelle par rapport à ce que la société laisse apparaître d’elle-même : l’image d’une société spectacle. La figure humaine occupe la position d’un personnage multi facial, lequel n’est qu’une petite pièce dans le puzzle social. Bien que son écriture soi dirigée vers le néo expressionniste, l’artiste est radicalement contre les étiquètes, en se posant au-delà des expressions. Car l’expression est basée sur le sentiment intime du Monde. Le visiteur ne manquera  certainement pas d’être interpellé par la haute qualité technique de ces œuvres. Précisons, d’emblée, le fait qu’il n’y a aucune forme de collages dans ses réalisations.

Ce côté froissé (évoqué plus haut) est le résultat d’un savant ajout d’apports divers, tels que le latex liquide, le papier ou du matériau textile, en ce qui concerne la phase d’élaboration du support. L’artiste a de l’œuvre une idée quant à la composition des lignes de forces. Chacune de ses œuvres est anticipée par un dessin préparatoire, mettant en exergue son grand talent de dessinateur. La toile est conçue comme une fresque dans l’étymologie technique de la Renaissance italienne : « l’affresco ». La toile est badigeonnée de latex sur lequel l’artiste dépose plusieurs couches d’acrylique, avant d’ajouter les supports précités pour créer ce côté « froissé ». Nous avons noté, plus haut, le très grand talent de dessinateur de l’artiste. Cela se remarque aisément dans LE BATEAU DES FOUS (65 x 50 cm),

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une composition où le blanc contraste avec le fond noir. Le Roi, reconnaissable à sa couronne tombante est mort. Deux personnages, situés à l’opposé l’un de l’autre, regardent vers deux directions différentes. La question que pose cette œuvre est celle de savoir quelle voie il convient désormais de prendre. Nous voilà confronté à une œuvre politique dans le pur style expressionniste allemand. Le bateau étant synonyme de la société, la question est donc de savoir dans quel chemin la société est prête à s’engager. Les dessins sont réalisés au crayon aquarellable, lequel a la particularité de pouvoir dessiner des traits précis sur une surface sèche. A l’intérieur de ces traits précis, l’artiste étale la couleur. Ce type de crayon permet de jouer avec l’humidité si la surface du support est humidifiée. Terminons l’analyse de ce travail en précisant que le peintre affectionne également la peinture sur foulard, à partir de tissus recherchés.

MIHAI BARA qui a suivi une formation de huit ans au Collège d’Art de Brasov en Roumanie, est un artiste côté qui a subi l’influence de peintres roumains, détenteurs d’une tradition picturale propre à sa culture. Il est aussi extrêmement sensible à l’œuvre de peintres tels que Tapiès, Dali, Breughel (l’Ecole flamande) mais aussi Klimt pour ses couleurs joyeuses. Le néo expressionnisme est, de par ses diverses influences, extrêmement difficile à définir. L’artiste pousse d’un cran son exploration créatrice pour atteindre des terres inconnues, éclairs chatoyants et déformés du reflet de son l’âme. 

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Frannçois Speranza et Mihai Bara interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(Octobre 2017) photo Jerry Delfosse)

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administrateur théâtres

le-verfugbar-aux-enfers-bandeau.jpg« J’ai écrit une opérette, une chose comique, car je pense que le rire,

même dans les situations les plus tragiques, est un élément revivifiant.» (G.TILLION)

Germaine Tillion* est une jeune ethnologue spécialiste de l'Algérie lorsque débute la Seconde Guerre mondiale. 12 octobre 1940, le Ghetto de Varsovie voit le jour et les ténèbres s'abattent. Après la capitulation de 1940, elle refuse la politique du régime de Vichy, elle qui a vu monter l'idéologie nazie alors qu'elle se trouvait en Allemagne en janvier 1933. Elle cherche immédiatement à agir, organise des évasions de prisonniers et des distributions de tracts qui dénoncent Vichy, avec l'aide de sa mère. Elle se lie avec de nombreux groupes de résistants, et le réseau du Musée de l'Homme. Elle est arrêtée le vendredi 13 août 1942, alors qu'elle organisait l'évasion d'un camarade et un transfert de microfilms. Ignorant que sa mère a été arrêtée elle aussi, elle est déportée à Ravensbrück en 1943 sous le statut Nacht und Nebel. Au camp, elle entreprend d'étudier le fonctionnement concentrationnaire avec l'aide d'autres détenues, et leur présente ses analyses sur ce système criminel et économique, convaincue que sa compréhension les aidera toutes à y survivre. Elle rapportera qu'elle a survécu alors grâce à ses « sœurs de résistance » et à la « coalition de l'amitié ». C’est cachée dans une caisse pendant plusieurs jours au  cours de l'hiver 1944-1945, qu’elle écrivit son livret "Le Verfügbar aux Enfers", avec l'aide de ses complices qui lui fournissaient papier, crayon et leurs propres souvenirs pour les airs des chansons. Elle mêle à des textes relatant avec humour les dures conditions de détention, des airs tirés du répertoire lyrique ou populaire.

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Le rire, technique de survie communautaire 

Un levain de survie, le miracle de l’humanité

 « Faire rire, rire de soi et transmettre l'information,  trois actes de résistance en situation extrême : telle est la performance de Germaine Tillion » lit-on dans la préface de l’œuvre aujourd’hui conservée au musée de Besançon.   Dans son combat humaniste, Germaine Tillion s’emploie dans l’écriture clandestine à exposer la logique concentrationnaire et à l’objectiver, ce qui donne des clés pour  y résister. La prisonnière politique étiquetée NN « classe, distingue les catégories de détenues, leurs statuts, leurs nationalités, leurs appartenances sociales. Elle note les proportions, remarque les différents taux de survie et cherche des explications. »  Face à l’horreur, à l’oppression,  à l’anéantissement, se moquer de soi est une ultime affirmation de soi. Par dérision,  Germaine Tillion utilise  une forme ô combien irrévérencieuse pour traiter d’un sujet aussi grave. Son  opérette-revue pastiche l'Orphée aux Enfers d'Offenbach.  La parodie fourmille de  souvenirs littéraires ou musicaux, question de maintenir la dignité humaine par le jeu du texte et l’évocation de musiques évanouies.

 Ainsi, elle  met en scène un savant d’opérette, spécialiste en histoire naturelle,  qui fait semblant de décrire une nouvelle espèce biologique: le Verfügbar,  organisme étrange dont la vie d’avant constitue la phase  embryonnaire,  éclot à son arrivée  dans le camps nazi de la mort, et ne peut espérer qu’une longévité  fort réduite,  de plus ou moins trois ans selon les cas. Son mode de vie est décrit sous forme de sketchs émouvants et burlesques. On pourrait se demander s’il fait  partie des vers luisants, puisqu’il éclaire tant dans la nuit et le brouillard?  Pourtant, son humour est très noir : « Et quand le train s'est arrêté, On ne m'a pas demandé mon billet ..., Mais malgré le plaisir de la nouveauté, J'aurais bien voulu  m’en aller ... » Il est le  miroir dans lequel se reflètent les innommables souffrances des détenues… 

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Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent »

«Nuit et Brouillard» par Jean Ferrat

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La performance de la compagnie  des Souffleuses de chaos est extrêmement fidèle au texte et aux annotations musicales de Germaine Tillion, dont parents étaient de grands mélomanes. Elle ressuscite des chansons populaires, des airs d’opéra comme substrat musical, un humus d’émotions confisquées par l’environnement concentrationnaire. Le quatuor aguerri - Alizée GAYE,  Marion NGUYEN THÉ, Marie SIMONET & Tiphaine VAN DER HAEGEN – a  mis deux ans de recherche approfondie, d’affinement et de modulation sous la direction de Marion Pillé. On se trouve aujourd’hui devant une œuvre vivante, digne et esthétique. Sur scène, on assiste à une explosion de sensibilités féminines  qui partagent avec ferveur un crescendo de douleur mais aussi d’espoir. Paradoxalement,  on finit par concevoir que ressentir la douleur prouve que l’on est d’ailleurs encore vivant!

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Le contraste est fort troublant  entre les maquillages de geishas, les coiffures sophistiquées,  les superbes robes froufroutantes de  taffetas noir qui mettent en valeur bras  nus et jambes gracieuses et ...les  poignantes marionnettes efflanquées  en pyjama rayé qui  miment la détresse des  françaises rebelles. Il y a tant de vie et d’humanité dans la manipulation vivante de ces poupées de chiffons! Comme si chaque comédienne se penchait avec immense compassion sur chaque prisonnière, à la manière d’une fée salvatrice et lui donnait une force expressive mystérieuse.  Il y a tant d’intensité dans le jeu des comédiennes lorsqu’elles se lâchent dans leurs danses à la vie! Il y a tant de vérité à l’abri du rire dans le texte! Il y  a tant de mots qui finissent par  désarmer le Mal… Les voix des choristes sont fraîches, vibrantes  et tendres mais stridulent aussi, de manière lugubre, dans la nuit avec de lumineux relents de chœurs antiques. Les chorégraphies crépitent d’énergie vitale, les corps sont en perte d'équilibre, s'effondrent,  les visages se tournent vers le ciel absent. ...Serons-nous les aveugles de Breughel?  Les effets chorégraphiques bouleversants  sont portés et démultipliés par la musique nuancée du pianiste qui joue dans l’ombre.  L’esthétique du texte souterrain donne la main à la dramaturgie des jouvencelles d'aujourd’hui et allume dans le cœur et l’esprit, le rejet incontournable et définitif de la barbarie.

Image associée

La résistante Germaine Tillion, morte à l’âge de 100 ans en 2008 est entrée au Panthéon en 2015. Elle a eu l'occasion de voir son œuvre jouée au Théâtre de Chaillot, à Paris en 2007. Chaque représentation à la Comédie Claude Volter  sera  suivie utilement d’un débat qui abordera chaque fois, différents sujets liés à la Shoah.

http://www.comedievolter.be

Une production des Les Souffleuses de Chaos

Assistanat à la mise en scène : Noémi KNECHT / Musique : Simon BESÈME 

Lumière : Clément BONNIN / Scénographie & costumes : Élisabeth BOSQUET

Marionnettes : Sylvie LESOU, Benjamin RAMON &Marie SIMONET  

Maquillages : Daphné DURIEUX  

Coach voix : Hughes MARÉCHAL

Coach marionnettes : Patrick RABIER 

Coach corps : Hélène FERRACCI

           du Mercredi 11 au Samedi 28 octobre 2017

 

LE VERFÜGBAR AUX ENFERS – UNE OPÉRETTE À RAVENSBRÜCK

de

Germaine TILLION

*Source : http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu06404/le-verfugbar-aux-enfers-une-operette-de-germaine-tillion.html

 

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administrateur théâtres

Extrait du discours de Patrice Lumumba le 30 juin 1960

« Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.

Qui oubliera qu’à un noir on disait ‘Tu’, non certes comme à un ami, mais parce que le ‘Vous’ honorable était réservé aux seuls blancs !

Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort.

Nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. »

https://nofi.fr/2017/09/patrice-lumumba/42817

 L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes debout, salon et intérieur

 

Pertinent et percutant, Rémi De Vos croise  ici  un vaudeville modernisé portes ouvertes à tous vents, le théâtre de l’Absurde,  le pamphlet et le dîner de cons … pour obtenir un cocktail explosif qui sert de subtile métaphore  en noir et blanc, pour condamner  la société ultra-libérale,  dans son acception la plus péjorative. Tout en mettant en lumière  la faillite de la colonisation de l’Afrique, la pièce dénonce la violence qui donne au pouvoir et à l’argent tous les droits d’écraser, de maltraiter ou d’exploiter autrui et même …la planète où l’on vit.

 

2017. La pièce se déroule à Huis-ouvert sur la pluie diluvienne qui rend  la circulation impossible, autour d’une villa 2.0 dans une banlieue aisée de Kinshasa, où habite depuis 30 ans un couple d’expatriés sans enfants, Ruben et Mathilde, femme élégante, désœuvrée et esseulée.   Le cadre intérieur est frigorifiquement blanc… avant qu’il ne s’ouvre sur la noirceur de l’histoire. Référence obligée à Joseph Conrad et son roman  Heart of Darkness (Au cœur des ténèbres). Les personnages s’abreuvent régulièrement de whisky pour tenter de noyer l’absence de valeurs,  d’éloigner les catastrophes et gommer les énergies négatives.  Le malaise congolais  infuse.  Louise (Priscilia Adade) est au service du couple depuis deux ans. Elle est traitée par le maître des lieux …comme on ne traite pas les domestiques,   mais  avec bienveillance,  comme une secrète confidente par l’épouse.  Panthère (Jérémie Zagba) incarne un sien « cousin »,  avec lequel la jeune africaine prendra sa revanche sur sa servitude obligée.

 Il y a un couple invité de nouveaux-arrivants : Daniel et Corinne, qui ne s’accordent qu’en apparence, la cravate de l’un assortie au bleu roi de la robe de l’autre. Daniel désire ardemment rencontrer Paul Dyabanza (Ansou Dhiediou), un membre du gouvernement pour faire affaire  dans le créneau du caoutchouc. Les regards de Daniel (Benoît Van Dorslaer) dérivent sur la beauté sculpturale de Louise,  la domestique africaine, ridiculement montée sur stilettos,  par décision du patron. Daniel tient d’entrée de jeu un discours  totalement insupportable vis-à-vis de sa femme. Superbe répartition des rôles.

Philippe Jeusette campe un formidable Ruben, géant bruyant, aux pieds d’argile qui voit  progressivement ses espoirs de fortune fondre sous le ciel africain détrempé. Tout l’art de la redoutable palette de comédiens dirigés par Frédéric Dussenne sera de dégager au fur et à mesure une condamnation muette  et accablante de ces expats qui se croient tout permis, affolés par l’appât du gain ou le désir charnel exotique. Le spectateur se met rapidement à souhaiter  redonner une dignité aux africains dont les apartés en langue locale, les  regards et les postures en disent si long.    Dans ce jeu de souricière, les femmes européennes sont quelque peu épargnées. Toutes deux - l’une, blasée de la vie (Mathilde /Valérie Bauchau) et l’autre, (Corinne/Stéphane Bissot) d’une naïveté de Perette ou de Bécassine - savent quelque sagesse et  émotions humaines garder.  Toutes deux, dans des genres diamétralement opposés, sont rompues à un   langage corporel  extrêmement éloquent, le seul où elles se sentent un peu moins bridées.

Au cours de la rencontre, la tension monte et Paul Dyabanza en profite pour diffuser à doses de  moins en moins discrètes, des vérités de moins en moins agréables à entendre pour les deux bouffons blancs. « Ici, même quand sa famille a disparu, on lui reste attaché, Les morts sont aussi importants que les vivants » assène-t-il à Corinne, qu’il trouve plus acceptable que les autres expats, par son côté « peuple ». Une terrible phrase de Lumumba lui échappe : …. « Nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. »

 L’auteur ménage soigneusement  jusqu’à la fin la montée en puissance des serviteurs de l’homme blanc, et la menace qui pèse sur l’avenir des Européens assoiffés de profit. Et la fin explose en  brillante  pantalonnade sociologique, aussi désopilante que cruelle et lucide.  

A souligner, les superbes jeux de lumière signés Renaud Ceulemans et la scénographie de Vincent Bresmal.

Du 12.09 > 14.10  Au THÉÂTRE DE POCHE

http://www.rideaudebruxelles.be/13-videos/680-botala-mindele

Écriture: Rémi De Vos
Dramaturgie et mise en scène: Frédéric Dussenne 
Avec Priscilla Adade, Valérie Bauchau, Stéphane Bissot, Ansou Diedhiou, Philippe Jeusette, Benoît Van Dorslaer, Jérémie Zagba.

Scénographie: Vincent Bresmal 

Crédit photos: Alice Piemme

http://www.rideaudebruxelles.be/

Du 17 au 21 octobre 2017
Aula Magna - Place Raymond Lemaire à 1348 Louvain-la-Neuve
Infos et rés. : 0800/25 325 - www.atjv.be/Botala-Mindele

 

 

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« L'amour de la poésie » (1929) , d’Eluard : ce "livre sans fin" est dédié "à Gala", la compagne du poète.

Nous retrouvons dans les premiers poèmes du recueil l'inspiration amoureuse qui avait embrasé la fin de "Capitale de la douleur".

Maintenant, l' amour a exorcisé l'univers contre les puissances malfaisantes et rendu "la confiance dans la durée". Dès lors vivre est possible, tout est possible: "Mes rêves sont au monde/Clairs et perpétuels/Et quand tu n'es pas là/Je rêve que je dors je rêve que je rêve."

Apparaissent alors quelques-uns des plus beaux poèmes d' amour de la poésie française, tel "Je te l'ai dit: "Je te l'ai dit pour les nuages/Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer/ (...) Je te l'ai dit pour tes pensées et tes paroles/Toute caresse toute confiance se survivent."

Cependant, cette vision d'un monde transparent et amical, suscité par l' amour, ne saurait, de même que l' amour, être immuable, assurés, possédée définitivement. Aussi le recueil contient-il à côté des clairs poèmes du bonheur nombre d'autres poèmes où le désespoir a retrouvé son ancienne puissance.

Mais, au fond même de l'amertume, le poète reste constamment passionné, conscient de l'urgence qu'il y a à exprimer les révoltes encore muettes: "Entendez-moi/Je parle pour les hommes qui se taisent/Les meilleurs."

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Qui est Neel Doff ?

Neel Doff (1858-1942), troisième d’une famille de neuf enfants, connaît la misère et l’exode pendant vingt ans, à travers la Hollande et la Belgique. A cinquante ans passés, alors qu’elle est mariée à un bourgeois de Bruxelles aux idées avancées, elle publie en 1911 le récit « Jours de famine et de détresse » et par après deux autres récits retraçant les souvenirs poignants de sa jeunesse de misère.

Cette émouvante écrivain a trouvé une fervente biographe belge en la personne de l’écrivain Evelyne Wilwerth.

Neel Doff a posé pour le peintre Charles Samuel, afin d’incarner le personnage de Nele, compagne de Thyl, dans son monument consacré à Charles De Coster, situé à la Place Flagey à Ixelles. Elle est bien présente et à l'honneur (tous les mois, après avoir enjambé la petite cloture qui protège le monument, j'y dépose discrètement un petit bouquet de fleurs) dans le meilleur de l'imaginaire relatif à nos écrivains belges. Beaucoup, croisent ce monument de la place Flagey en ignorant tout de cette histoire. A ce sujet, lisez ceci: "Honorer Charles De Coster"
Une reproduction en bronze du monument se trouvant dans la salle de réception de l'association des écivains belges fait depuis plusieurs décennies la fierté de cet important groupement d'écrivains de notre pays.

« Jours de famine et de détresse » se déroule à Amsterdam, fin du siècle dernier. Keetje a neuf ans. Dans sa famille, la misère s’est implantée à demeure : elle va s’aggravant à chaque nouvel enfant, l’usure et le découragement de ses parents rendent de plus en plus fréquents les jours de famine et de détresse…
C’est avec violence et simplicité que Neel Doff, des années plus tard, raconte ses années noires d’enfance et d’adolescence. Avec précision, « tatouée » par la misère, elle prend la plume pour évoquer le froid extrême, les expulsions, les puces, les vaines recherches d’un travail quel qu’il soit et, pour finir, la prostitution.

La biographe de Neel Doff est l'écrivaine belge Evelyne Wilwerth

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administrateur théâtres

L’objectif de Fabienne Govaerts, fondatrice et directrice

du

théâtre de la Clarencière à Bruxelles  et du Verbe fou à Avignon est clair: «  Déconstruire une culture dominante fondamentalement raciste et engager le combat contre la haine, le mépris et toutes les discriminations. » C’est à cela que doit servir son théâtre et le théâtre. C’est l’œuvre de sa vie. Elle témoigne d’un anti-racisme conséquent. Elle professe que le racisme est une ré-pulsion que la culture se doit contenir à moins de  sombrer dans la barbarie. Ainsi donc, ne cédant justement à aucune peur, elle a osé ! Nom d’un pétard ! Appliquant à la lettre un message biblique « Fear not », courageuse, généreuse et convaincue, elle a accueilli un pétard ! Sa démarche artistique nous touche.  S’il y a bien un spectacle emblématique, humaniste et contestataire dans sa programmation, ce sera celui-là !

-Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes-

Textes de CHARB

                                                            le rédacteur en chef assassiné de Charlie Hebdo

Texte finalisé le 5 janvier 2015, deux jours avant l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo dans laquelle il a perdu la vie.

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Taxé de racisme par une certaine mouvance antiraciste, avec les conséquences tragiques que l’on sait,  Charlie Hebdo*, c’est l’étendard  insolent de la lutte conséquente contre le racisme. L’emblème moderne de la liberté de presse, la liberté d’expression, que ce soit par la parole, le dessin de presse  ou la caricature. Le principe fédérateur est que  « oui, on peut rire de tout ! » ...Y compris de ce nouveau terme, l’islamophobie, où se trempent avec délices tous les médias, car il a généré une incomparable exploitation médiatique.

Il apparaît que le texte posthume de Charb est une oraison dédiée aux phobes de tout poil. « Nous serions islamophobes, disent nos diffamateurs. Ce qui, dans la nov-langue qui est la leur, signifie racisme. Où l’on voit combien la régression a gagné tant d’esprits ».

22228348_1685607718129026_7232279882045504378_n.jpg?oh=86d9790cfebf6707435d4b991b6b56c3&oe=5A4983D0&width=320Mais qu’est-ce qu’un phobe?  La dernière perle de Charlie Hebdo n’est-elle pas  « Ne cédons pas à la country-phobie! » ?**  Et en Catalogne, bordel, on n’a plus le droit d’être hispanophobe?

Le -phobe se définit étymologiquement comme celui qui éprouve de la  peur ou de la crainte. Rien de grave : il y a les arachnophobes, les agoraphobes, les herpétophobes, les aquaphobes, les ornithophobes, les vélophobes, les aviophobes, les bibliophobes, héliophobes, zoophobes et autres claustrophobes. Tous éprouvent des troubles de peur excessive qui minent la vie de celui qui en souffre et celle de ses proches,  mais enfin, rien de grave pour l’intégrité des autres humains. Le hic c’est que le -phobe peut muter par glissement de sens,  et s’opposer de façon virulente au -phile pour  engendrer de la haine. Et hop! Voilà la porte ouverte à tous les francophobes, germanophobes, anglophobes, judéophobes, athéophobes, cathophobes, islamophobes, où l’aversion induite par la peur, se transforme en franche hostilité, rancune, malveillance et parfois violence pure et simple.

 Mais qui  peut s’enorgueillir de surfer sur ces néologismes qui ne font que recouvrir du racisme pur et dur?  Du pain béni pour  nourrir des débats médiatiques totalement stériles mais tellement rentables! Dans l’islamophobie, l’hostilité envers l’islam s’applique dès lors à tous les musulmans! Peur de l’inconnu ? Ou peur de ce que l’on croit savoir ? Paradoxalement, la phobie est une peur de ce qui est déjà connu et identifié comme menaçant. Le discours raciste typique s’exclame « je les connais ! … » se donnant le droit de pourfendre l’ennemi virtuel, le bouc émissaire. Alors, ADIEU, la cohésion sociale!  

L’orateur de la lecture-spectacle courageusement invité par Fabienne Govaerts est le comédien et metteur en scène lillois Gérald Dumont. L’artiste activiste explique : «  Depuis un peu plus d’un an, on la joue en milieu scolaire et dans les centres sociaux, mais depuis qu’on cherche à  le produire dans des salles, on sent que c’est compliqué… » Il était la veille, le mercredi 4 octobre, au CCLJ.

 D’un point de vue scénique, le comédien apparaît comme un tribun agréablement convaincu dans sa déclamation, totalement habité par le texte,  mais il est dur de ne pas tomber dans la caricature textuelle quand on doit faire des coupures dans le texte originel et ne pas mettre ses auditeurs mal à l’aise par certains propos parfois à l’emporte-pièce ou par des généralisations hâtives! Sport rhétorique que lui-même est censé combattre.  N’est-ce pas le but de Charb de pourfendre les stéréotypes et les formules à la grosse louche?  En outre, sa façon de sourire et de rire en coin à chaque paragraphe, peut à la longue irriter, tant le sujet est finalement sérieux. Il s’aide de projections et de musique (Lénine Renaud) en hommage au disparu… mais tout va si vite!  Elles font mouche mais parfois avec un tel goût d’amertume, que le rire ne fuse qu’à petites doses. Par contre, sur le fond,  la connivence du public présent est acquise.  Et le texte ressuscite la parole confisquée de Charb!

 

Marika Bret, DRH de Charlie Hebdo est présente à chaque spectacle et propose  un débat après chaque représentation qu’elle introduit par une courte biographie de Stéphane Charb et par des confidences sur les heurs et malheurs de la production : Vive la censure !

Quod erat demonstrandum ?

Elle dénonce la censure sécuritaire. En effet  ce spectacle tiré du texte posthume de Charb, a été reporté à Lille dans des locaux utilisés par la Ligue des droits de l'homme (LDH) - c’est un comble !- par crainte de débordements et refusé par deux salles du Festival off d'Avignon pour des raisons …artistiques. Gérald Dumont, à l’occasion de ce spectacle, a formulé le rêve de toucher des communautés chez nous, qui ont tendance à se réfugier dans le repli identitaire … comme Molenbeek! Une mission qu’il partage avec d’autres artistes tels que  SamTouzani? Moussem?        

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Liens utiles *** Liens intéressants ***

https://www.laclarenciere.be/

http://www.cclj.be/emission-radio/emission-28-9-17

http://www.cclj.be/actu/au-cclj/charb-lettre-aux-escrocs-islamophobie

http://www.radiopanik.org/emissions/screenshot/de-plein-pied-/ 

https://charliehebdo.fr/le-direct/ 

https://lesechappes.com/  

http://wp.theatrek.fr/lettre-aux-escrocs-de-lislamophobie-qui-font-le-jeu-des-racistes 

https://www.moussem.be/fr

http://www.samtouzani.com/

http://www.lavoixdunord.fr/137904/article/2017-03-25/quand-les-mots-de-charb-le-redacteur-en-chef-de-charlie-hebdo-tue-en-2015

*CHARLIE

Charlie Hebdo c’est un coup de poing dans la gueule Contre ceux qui nous empêchent de penser. Contre ceux qui ont peur de l’imagination. Contre ceux qui ne veulent pas qu’on s’amuse. Charlie Hebdo c’est un journal en colère, c’est un journal qui rit. C’est un journal qui cogne, c’est un journal qui rêve. C’est un journal qui engueule, c’est un journal qui cogite. Charlie Hebdo c’est un journal qui n’a rien à perdre car après la vie il n’y a plus rien. Charlie Hebdo n’a pas besoin de Dieu, pas besoin de Wall Street, pas besoin de posséder deux bagnoles et trois téléphones portables pour être heureux. Pour être heureux, Charlie Hebdo dessine, écrit, interviewe, réfléchit et s’amuse de tout ce qui est risible sur terre, de tout ce qui est grotesque dans la vie. C’est-à-dire de presque tout. Parce que la vie est si courte qu’il serait dommage de la passer à pleurnicher sur son sort au lieu d’en rire une bonne fois pour toute.

**Que ce soit en France au Bataclan ou aux USA, la country tue! Prohibition! Les rednecks et autres gros débiles  pensent que s’armer jusqu’aux dents peut sauver l’humanité !

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Petite histoire de la naissance des rencontres littéraires de Bruxelles

Par Michel Torrekens

Téléchargez en mode lecture les quatre pages parues dans la revue littéraire belge "Les carnets et les instants": (N. B. : Le chargement de chaque  page prend environ 10 secondes pour chaque page)

Première page;  https://drive.google.com/file/d/0B6uR54MtFV6-a1M5S3lWVS1lN1U/view?usp=sharing

Deuxième page:  https://drive.google.com/file/d/0B6uR54MtFV6-RkhWQWQ4RENGaFVKQlZxbERiME1DWkR4cXMw/view?usp=sharing

Troisième page:  https://drive.google.com/file/d/0B6uR54MtFV6-WjhndDRySVBaTG5Uek5iTTlCYnZ5Q0xHVUQw/view?usp=sharing

Quatrième page:  https://drive.google.com/file/d/0B6uR54MtFV6-T0E4WTZpMFE2SkhIZ1d0NUFJa013ZVVyOWNN/view?usp=sharing

"Je l'ai empris, bien en avienne" (devise de Charles de Bourgogne)

R. P.

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                LE SIGNE ENTRE PLEINS ET VIDES : L’ŒUVRE DE CHRISTIAN GILL

Du 07-09 au 24-09-17, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) débute la saison nouvelle avec une exposition consacrée au peintre français, Monsieur CHRISTIAN GILL, intitulée : INTEMPORALITES.

INTEMPORALITES…jamais exposition n’a bénéficié d’un meilleur titre! Ce qui frappe, en premier lieu, c’est certainement la dimension « dantesque » envahissant l’œuvre de cet excellent artiste. Une dimension qui rappelle l’Enfer de Dante, au premier chant de la Divine Comédie. Une lumière, à première vue, ténébreuse, faite de crépuscules et de gaz sulfureux, enrobe la toile. Le décor est un mélange savant constitué de roches et de ruines, animées par un jeu d’arcades squelettiques, assurant un passage entre les éléments divers. En fait, ce décor est un « concerto » (dans l’étymologie première du terme : une lutte) entre architecture et nature transcendées. L’équilibre de l’ensemble est assuré par le statisme des figures humaines en silhouettes, campées de dos, figurant à l’avant-plan. GRAND ROUGE (80 x 8O cm-acrylique sur toile)

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Leur présence s’avère précieuse, car à aucun moment elles ne sont là juste pour « meubler » le décorum. Mais bien pour assurer, par le biais de leur statisme, l’équilibre inhérent à l’ensemble. Nous avons évoqué, plus haut, la dimension « dantesque » soulignée par l’atmosphère chromatique que nous avons définie « ténébreuse ». Néanmoins, nous nous sommes empressés de souligner que ce spectacle ténébreux n’apparaissait qu’à « première vue ».

Au fur et à mesure que le regard s’immerge dans la toile, il se laisse envahir par une mutation psychologique opérée par un changement dans l’interprétation du chromatisme. 

L’œuvre de CHRISTIAN GILL se signale par une luminosité faite de couleurs douces, lesquelles, par l’irruption d’une lumière diaphane, généralement placée en haut vers la droite du tableau, sous les traits d’un soleil fantomatique, fait que cette atmosphère « ténébreuse » dont nous parlions plus haut, se transforme en une explosion qui dynamise la composition en changeant le regard dans son interprétation. L’atmosphère cesse d’être « sombre » pour aborder la part mystérieuse de la démarche créative faite de mutations psychologiques, aboutissant vers la complexité à la fois narrative et interprétative. Les personnages sont vêtus d’un drapé, long et sans plis, les recouvrant de la tête aux pieds. GRAND BLEU (80 x 80 cm-acrylique sur toile)

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Ils adoptent une position statique dans une attitude excluant toute volonté de « mouvement ». Ils sont « formes » se fondant dans d’autres formes.

Si mouvement il y a, il est issu de la violence tranquille du chromatisme, lequel est galvanisé par ce faisceau de soleil émergeant d’une zone préalablement aménagée par l’artiste, lui permettant d’irradier les couleurs, originellement tendres et qui par cette action dynamisante, perturbe l’ambiance psychologique. Les couleurs se divisent généralement en trois teintes : le bleu (la couleur préférée de l’artiste par laquelle il a débuté cette série consacrée au signe), le rose et le noir (en dégradés). L’ « intemporalité » n’existe que dans le silence que distillent ces couleurs crépusculaires. L’œuvre de cet artiste est lisse, en ce sens que très peu de matière est présente, étant donné qu’elle est automatiquement nivelée au couteau. Les couleurs acquièrent, ici, la valeur de l’écriture automatique, en ce sens que c’est par le chromatisme que l’œuvre se crée. En réalité, la couleur conduit à l’émotion. Le figuratif, n’est en fait, que suggéré. Notons que l’artiste s’exprime toujours dans ce même chromatisme.

La genèse de l’œuvre part de tableaux de petites dimensions LE PETIT BLEU (30 x 30 cm)

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dans lesquels nous trouvons les germes appelés à se développer dans les toiles de dimensions importantes. Précisons que les tableaux de petit format ne sont en rien des « esquisses » puisqu’ils imposent la narration de départ.

Même en modèle réduit, tout est présent : chromatisme, décor, irruption du soleil, personnages en silhouettes, à l’avant-plan.

Les tableaux (qu’ils soient de petites ou de grandes dimensions) ne sont régis que par une seule thématique, celle du SIGNE. Et cette thématique s’explique par la détresse exprimée par l’artiste face au sort réservé aux chrétiens d’Orient. Les personnages en silhouettes, à l’avant-plan, totalement démunis, attendent un signe. Ces mêmes personnages sont tributaires du passé surréaliste du peintre. Leur présence, ainsi que l’atmosphère se dégageant des tableaux, procède à la fois d’un surréalisme tempéré ainsi que d’une conception métaphysique de l’espace.

A côté des signes, nous trouvons une œuvre impressionnante intitulée TRIPTYQUE DE LA MONTAGNE (2x 100 x 73 cm et 1 x 100 x 81 cm).

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Cette œuvre relate le souvenir de voyages en Asie. Si la technique demeure la même, la dialectique, elle, diffère du tout au tout.

Nous avons ici une évocation des estampes japonaises conçues en triptyque. L’artiste a voulu associer l’expression de deux cultures (occidentale en ce qui concerne le triptyque dans son appareil comme dans sa symbolique et orientale pour ce qui est de l’esthétique de l’estampe). L’émergence d’une forme d’écriture inconsciente se dessine dans la façon de lire cette œuvre. L’artiste a débuté son triptyque par le panneau de gauche. A l’origine, il ne s’agissait que d’une œuvre indépendante. Ensuite il a décidé de donner une suite à cette pièce en composant deux panneaux supplémentaires. De fait, même si cette œuvre peut se lire de gauche à droite, comme l’alphabet latin, rien n’empêche le visiteur de promener son regard à partir de n’importe quelle direction. La conception du triptyque occidental consiste à créer un épisode différent par panneau jusqu’au terme de l’histoire. Dans cette œuvre, l’histoire s’étale sur les trois volets avec pour seul thème la montagne. Dans son traitement, les crêtes ainsi que les contours sont conçus à la façon des nuages « tchi », une manière typiquement asiatique (chinoise d’origine) de concevoir les volumes afin de les rendre évanescents (nous retrouvons ce procédé tant pour la conception des nuages que pour la réalisation des cimes terminant les arbres. Même la célébrissime GRANDE VAGUE DE KANAGAWA de Hokusai (1830-31) est conçue de la même façon dans la conception de la crête de la vague montante ainsi que de l’écume.

Tandis qu’une couleur très sombre, tirant sur le bleu foncé, accentue l’intérieur de la vague, comme pour accentuer sa matérialité…immatérielle).

Ce même trait culturel chinois influençant l’esthétique asiatique allie, tout les en dichotomisant, les pleins et les vides. Dans le triptyque, relégués à l’arrière-plan, les vides sont concrétisés par la pâleur des montagnes enneigées qui se perdent au loin. Tandis que les pleins rugissent dans le chromatisme incandescent que l’artiste apporte pour exprimer la matérialité du relief montagneux. Une note rose évanescente unit le panneau central à celui de droite, accentuant ainsi la dialectique du plein et du vide. Toujours sur ce panneau central, une construction au chromatisme sombre témoigne d’une présence jadis humaine. Ce jeu de pleins et de vides, d’expression chinoise est le reflet plastique de la dialectique entre le yin et le yang.   

Autodidacte de formation, l’artiste a, depuis son enfance, baigné dans le milieu artistique du Montmartre, nostalgique des montparnos. Il a d’ailleurs pratiqué le dessin de façon intensive et s’est notamment formé en fréquentant des ateliers d’artistes qui lui ont prodigué de multiples conseils tout en le nourrissant de leur art. Sa sœur est également peintre. Ayant également pratiqué le surréalisme (comme nous l’avons évoqué), il éprouve une véritable vénération pour Dali.

Néanmoins, concernant ses influences (bien que celles-ci ne se retrouvent absolument pas dans son écriture picturale en ce qui concerne cette exposition), il cite aussitôt Picasso et Utrillo. Inconditionnel de l’acrylique, il utilise cette technique car elle lui permet de revenir très vite sur un geste mal engagé. Un détail tout aussi intéressant, mettant en exergue un trait révélateur de sa psychologie, réside dans le graphisme de sa signature. Celle-ci est minuscule. Auparavant, elle était trop imposante. Certains artistes le lui ont fait remarquer.

Et c’est à ce moment là qu’il a décidé de la réduire au maximum, à un point tel qu’elle a fini par devenir pratiquement invisible. Amusez-vous, d’ailleurs à la débusquer, si jamais vous y arrivez! Mais cet élément prouve que l’artiste, en minimalisant au maximum sa signature, s’efface devant son œuvre pour atteindre l’essentiel : l’expression de sa conscience. Ce qui, au-delà de tout vocabulaire stylistique, rend mystique sa démarche picturale.

Cette expression inquiète et sereine de la conscience, est semblable à ces longues silhouettes, lisses et drapées, qui cherchent à l’avant-plan de la vie, l’écho du signe sur la toile à peine tracé.

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Frannçois Speranza et Gill interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
(Septembre 2017) photo Jerry Delfosse)

 

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Retour de stage aquarelle de voyage au Portugal

Chères et chers amis (es) des Arts et des Lettres, il y a longtemps que je n'étais venu parmi vous : trop de voyages, une vie trépidante qui ne m'a pas laissé une minute depuis des mois ! Mais aujourd'hui, je reviens avec plaisir vous retrouver pour vous faire partager une belle aventure de groupe qui vient tout juste de se terminer, et dont je vous copie intégralement l'un des articles de mes blogs personnels (n'hésitez pas à cliquer sur les liens pour voir une autre vidéo et d'autres billets liés) !

Avant tout, je vous rappelle les nombreux voyages de préparation sur le terrain, tout le travail réalisé sur place s’étalant sur des mois et des milliers de kilomètres au total (commencé en fait par bribes, dès les années 80). Je voulais un stage d’exception, d’autant plus rare que je décidais dès le départ de ne pas le renouveler, ou très rarement.

Je vous disais : «là où je vous emmènerai, d’autres ne vous y emmèneront pas», puis je vous invitais à me suivre ...

Vous demanderez à celles et ceux qui sont venus s’ils ne sont pas comblés par tant de découvertes, de telles émotions, et pas seulement par un ciel sans nuages et un soleil d’été, loin du dépaysement d’un instant que n’importe quel guide de voyage bien fait aurait pu conseiller…

À coup sûr, il y avait « autre chose », et cela récompense la différence que je lui ai donnée par rapport à ce qui se fait habituellement pour ce genre de stage : outre les lieux d’intérêt culturel et pictural remarquables (et généralement hors sentiers battus) qui attendaient les participants, un correspondant local qui accompagne le bus pendant tout le circuit avec son véhicule personnel pour une assistance personnalisée dont je ne vous détaillerai pas ici l’efficacité, cela ne se rencontre pas dans tous les voyages, je dirai même que je n’en ai jamais entendu parler.

Une coordination programmée de longue date à la minute près entre les temps de peinture, de trajet et de découverte où l’imprévu a également sa place avec des rencontres plongeant le groupe dans un « esprit des lieux » hors du commun, cela aussi est rare.

Des étapes d’accueil et des restaurants je ne vous parlerai pas, mais ils ont été plus qu’appréciés (quelques photos quand même dans le diaporama)...

Et puis, il y a l’alchimie du groupe, le partage qui fait d’individualités une équipe, et de l’enthousiasme un élan, qui fait aussi de la dynamique générale un facteur de progression considérable venu s’ajouter à mes conseils, et à mon suivi d’animateur et de formateur.

Est maintenant venu le moment de partager avec vous (si vous n’étiez pas là, ou revivre pour celle et ceux qui avaient la chance d’être dans l’aventure), ces moments de liberté créative, de découverte, de pur bonheur, dont le diaporama ci-dessous ne traduit pas toute l’intensité, mais qui en donne déjà une petite idée .

Vous y découvrirez quelques-uns des sites où nous avons travaillé et des motifs qui y ont été peints ou dessinés (tous les endroits où nous avons été ne sont pas là - comme la crypte aux fresques médiévales de Montsarraz -, ni tous les motifs réalisés bien que j’ai essayé de représenter les travaux de tous, car le diaporama aurait été trop long).

Sachez enfin, que textes, collages éventuels et motifs annexes qu’on ne voit pas sur mes photos ont été ajoutés par chacun après mes prises de vue, mais dans le prochain (et dernier) billet que je consacrerai à ce voyage vous verrez l’un des carnets terminés, dont je compléterai certainement l’exemple par un autre carnet réalisé pendant un stage précédent au Portugal, prouvant s’il en était, ce qui peut être fait pendant ce type de stage lorsque les participants maîtrisent déjà les bases de cette activité.

Cela n’enlève nullement de l’intérêt aux autres carnets ou aux carnets débutants à l’expression si spontanée, où la gaîté et l’enthousiasme prennent le pas sur une technique qui se perfectionnera nécessairement plus tard.

Un vrai bonheur de toute façon, parce que ces instants sont précieux comme des rayons de soleil et de vie !

 

P. S. : Découvrez une autre version de cet article, en cliquant ici !

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administrateur littératures

Claire, Françoise, Annie, rencontres...

Mardi 26 septembre, 19h, une galerie bruxelloise, pas la moindre, animée, vibrante, quelque chose s'y prépare, une rencontre, en fait elle est triple. Trois auteurs s'y présentent, trois sensibilités, émotion contenue:

Claire Deville, "Les Citrons", Murmure des soirs, un phrasé calme, clair, inspiré, habité même;

Françoise Steurs, "Déséquilibres ordinaires", Cactus Inébranlable, distinction et convivialité;

Annie Préaux, "Bird et le mage chô" (comprendre chômage), M.E.O., assurance tranquille et belle transmission.

Un animateur-éditeur, Gérard Adam, chaleureux, attentif, véritable passeur, guide nos trois auteurs au travers d'un dialogue autour du thème "Le roman de la fracture". Physique, psychologique, émotionnelle, un panel non négligeable et tour à tour, Claire, Françoise et Annie répondent aux attentes, sourires et attitudes de réelle écoute, qu'espérer de mieux? Le public était au rendez-vous, quelques personnalités du monde littéraire glissées dans le public, à l'écoute de nos écrivains, les extraits accrocheurs, signatures et verres s'entrechoquant en clôture.

Les rencontres littéraires de Bruxelles de l'Espace Art Gallery, rue Lesbroussart 35, 1050 Bruxelles, une attrayante vitrine de l'édition littéraire belge aux trois temps fort successifs: la rencontre-dialogue en elle-même, une lecture libre de leurs propres oeuvres par quatre participants à la soirée, des signatures et discussions informelles autour du verre de la complicité. De beaux textes, du beau monde, une atmosphère particulière où les mots sont rois et les pensées reines.

Ces rencontres? Mensuelles, toujours le dernier mardi du mois, qu'on se le dise et se le transmette!12273254488?profile=original

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administrateur théâtres

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,

Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !

- On va sous les tilleuls verts de la promenade…

 

21751896_10155090351358721_7634388470200270819_n.jpg?oh=71e8f33c370d060533f51ea36b88999b&oe=5A487E9C&width=180Antoine Guillaume, lui, part avec sa classe et traverse la Manche pour connaître son premier éblouissement. Antoine Guillaume?  Antoine, comme saint-Ex et Guillaume, comme le Conquérant car il a conquis son public l’autre soir, dans la petite salle bondée du Public, pleine à craquer. Ecoutez-la craquer ! Il  racontait, il se travestissait,  il causait, dansait, il chantait, il poétisait, il confiait en chuchotant de bouche à oreille, sa passion  - honteuse pour certains esprits grincheux -  pour la Comédie Musicale.  Ecoutez-le deviser, en long, en large, en général, en particulier, jamais de travers tant sa documentation  est précise et rigoureuse.    Une foule de détails vécus rend l’encyclopédie vivante. Mais c’est surtout  une histoire d’amour :  la Comédie Musicale porte sur ses épaules ses 17 ans sans cesse renouvelés et lui la porte à bout de bras, à bras le cœur,  sillonnant les tourbillons de l’histoire.

A tout le moins, ce  que semble entretenir soigneusement l'amateur de musicals, c’est un spleen particulier,  sorte d' élixir de jeunesse, alors que,  le cœur battant à tout rompre, il franchissait le 14 mars 1996, les portes du London Palladium pour découvrir Oliver Twist. Dans un noble enthousiasme romantique, il semble avoir passé sa vie à la recherche du grand frisson éprouvé ce jour-là!  

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La meilleure façon pour Antoine Guillaume  de réhabiliter un genre  dit « mineur », surtout dans l’esprit francophone  historiquement  réfractaire, c'est de reprendre tranquillement la ligne du temps, sans élever la voix, (de fait, il chuchote pendant tout le spectacle, comme on le fait la nuit, pour dire des mot d’amour) et de dresser un tableau  musical du phénomène, depuis son éclosion en Angleterre en 1716 avec l’Opéra du gueux (The Beggar's Opera) de John Gay qui fut si fécond par la suite en adaptations littéraires et musicales.    Il rappelle  que le mariage populaire  du théâtre et de la musique classique s’était exprimé dans des formes telles que le ballet, l'opéra, l'opéra-bouffe et  l'opérette, mais qu’il s'était  particulièrement développé aux États-Unis, intégrant des musiques « nouvelles et populaires » comme le jazz et les chansons.  Donc  nous voici à  Broadway. Il  suit les racines intercontinentales du genre nouveau  – ah ! Les mauvaises herbes! -  plus  résistantes et  plus économiquement rentables que jamais! La popularité de ces œuvres et leur fréquentation ne bat-elle pas tous les records? La fameuse foule sentimentale, assoiffée d’idéal, entretenue dans  l’illusion de la  jouvence éternelle, ne rêve-telle pas perpétuellement comme Antoine Guillaume  que la vie réelle soit plus musicale ? Et si la musique était un viatique ?

 

play_505_broadway_-_l3_-_(c)_gael_maleux.jpg?width=350Heureux qui communique ! L’artiste souriant ravit, ce soir en tous cas, son audience tous âges confondus, amoureux et connaisseurs du genre, ou non. Avec  LUI, c’est la rencontre du charme, un rendez-vous avec une voix qui vous serre le cœur, la découverte d’un timbre harmonieux, d’une prononciation anglophone parfaite, d’un sens de l’humour chaleureux, d’une mobilité  stupéfiante sous les lumières de  Laurent Kaye.  Avec ELLE, sa compagne musicienne hautement qualifiée (la pianiste Julie Delbart) c’est la connivence avérée des deux artistes, la rencontre d’une grammaire musicale complexe et inventive et d'une palette d'émotions très variées, un  toucher de clavier captivant, la découverte  de basculements inédits d’une mélodie à l’autre, la surprise d’un changement de costume, de quoi inviter l’imaginaire à se laisser prendre par le mystère… Mais oui, on connait cet air, on l’a savouré comme une  madeleine mais les titres se sont parfois effacés,  seul reste donc  le plaisir! Ah l’émouvant Ol’man River de Showboat ( 1927 )! Et tous les autres souvenirs: The Sound of Music (1959), My Fair Lady (1956), Mary Poppins( 1964), Cabaret (1966) Porgy and Bess (1925 ), West Side Story( 1957), The King and I (1951 ), Cats (1981), The Phantom of the Opera ( 1986), Evita (1978 )  …tout y passe et rien ne lasse car la Comédie Musicale, c’est vraiment  ce qu’il a trouvé encore de plus proche du Bonheur! Il pourrait vous parler de Broadway pendant  des heures et pour cause, … la cause qui est la sienne, lui colle au coeur!

 

 Le saviez-vous?  “Next To Normal” sera en Belgique à la rentrée 2018… Peut-être l’y croiserez-vous? Accompagné de Michel Kacenelenbogen, le metteur en scène?  

 Du 06/09 au 21/10/2017

https://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=505&type=8

 

Vu le succès, 5 Supplémentaires les 14, 20 et 21.10.17 à 18h30, le 22.10.17 à 18h00 et 20h30

 

 

 

 

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