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12273263476?profile=originalLe destin des crevettes
Charles De Wit

      Reprenons, et revenons à cette pitture ridicole, qui ne se pousse pas du col, pas de la peinture de cour, rien de divin, non. Juste une peinture de corps et d’esprit-de-vin. Une option viticole, élevant son cru plus ou moins au vitriol sans se la péter, qui fait la part belle à la gaudriole. Une satire du bourgeois, du nobliau, destinée au bourgeois, au hobereau, qu’affectionne le bourgeois. Peu importe que l’on raille et ferraille, tant qu’on se rallie et ripaille. Et pourvu que l’on parle de soi.
      Dans les anciens Pays-Bas, un sous-genre est apparu du côté d’Anvers au XVIe siècle, les bordeelijes, ou « scènes de débauche », prisées des amateurs de représentations légères réservées à leur cabinet privé.

12273263690?profile=originalLa tentation du désir charnel
Charles De Wit
Le Baron : Prêtez-moi une de vos nonnes pour passer la nuit.
L’abbesse : Monseigneur !...
Le Baron : Une maigre : c’est vendredi.
                                                                                            Victor Hugo (1802-1885)

      Au XVIIe siècle un courant proche vit le jour. Mais l’axe n’en était plus Anvers ou ses faubourgs, ni Venise ou Padoue, mais plutôt Utrecht et Rome. Ce mouvement s’est cristallisé autour de la figure du peintre Pieter van Laer (1599-1652), dit Il Bambocchio. Bamboche, le « pantin », la « poupée », était contrefait, aimait les excès, ressemblant de fait à Pulcinella, Polichinelle. Les artistes réunis, étaient pour la plupart Néerlandais comme les frères Jan et Andries Both, et Italiens, notamment Michelangelo Cerquozzi. Leur thème de prédilection était la représentation de scènes du quotidien tournant souvent autour de la table ou du jeu, les bambochades.


« Mais Rome d’aujourd’hui, séjour charmant et beau,
Où l’on suit un train plus nouveau.
Le plaisir est la seule affaire
Dont se piquent ses habitants.
Qui n’aurait que vingt ou trente ans,
Ce serait voyage à faire. »

                                                                                        Jean de La Fontaine, 1674


       Un groupe apparenté – Pieter van Laer, Bamboche, faisait partie des deux confréries – était les Bentvueghels, une sacrée « bande d’oiseaux », ou Schildersbent, une sacrée « bande de peintres » en rupture de ban avec les canons imposés par l’Accademia di San Luca, saint patron des peintres. Le capitaine de ces poètes disparus était Bacchus, leur rite d’initiation consistant essentiellement à écluser force canons. Après les libations, le nouvel adepte recevait un surnom de baptême évocateur, le Bouc, le Satyre… Ils étaient originaires du nord de la Belgique ou des Provinces-Unies, voire d’Allemagne. Un Cercle de Bourgogne en somme plus qu’une guilde de bonne conduite. Parmi eux on comptait deux descendants de Breughel l’Ancien, Abraham (1631-1697), dit le Rhingrave ou, plus tard, le Napolitain, et son cadet Jan Baptist (1647-1719), dit Méléagre, tous deux fils de Jan Breughel II le Jeune. Ou un certain Franciscus de Wit, dit Phébus... Tout se tient par la barbichette.

12273264486?profile=original Aert (ou Arent) de Gelder (1645-1727) ?
Le rieur
Musée d’art et d’histoire de Genève
L’homme et le pantin ou la vie comme une pantomime.
Tout rieur vit aux dépens de celui qu’il dépeint. Quoi que…
De Gelder, qui fut l’élève de Rembrandt, est connu pour son Autoportrait en Zeuxis.

Zeuxis (464-398 av. J.-C.), avec sa gueule de peintre grec et ses cheveux aux quatre vents, serait mort de rire en portraiturant une vieille femme, trop laide pour être fixée sur la toile. Nous ne conservons donc d’eux aucuns traits (sinon d’humour).

      A la fin du Seicento et au début du Settecento, quelques Italiens s’inscrivirent, peu ou prou là itou, dans cette veine, tels Giuseppe Maria Crespi (1665-1747), dit Lo Spagnolo de par sa mise, Alessandro Magnasco (1667-1749), Il Lissandrino, ou Giacomo Ceruti (1698-1767), le Pitocchetto.

12273264877?profile=originalGiacomo Ceruti
Garçon avec un panier de poissons (photo captée sur le net)

      Enfin, parmi les modernes on peut penser à James Ensor (1860-1949), lui qui « cherch(ait) refuge vers les masques, afin de ]se[ libérer de toutes les peurs, les gêneurs. » Et un de nos meilleurs peintres contemporains, bien connu de notre réseau, j’ai nommé Charles De Wit, a bien compris cette tradition, si vivace dans le Nord et en Belgique depuis Bosch et les Breughel jusqu’à Ensor justement, cette dérision, ce carnaval qu’est la vie. Il m’a autorisé à reproduire ici trois de ses toiles.

12273265094?profile=original Les poissonniers
Charles De Wit
Une peinture haute en couleur de scènes du quotidien, dans un style qui lui est propre, alliant modernité et tradition, aux tons souvent acides.
Homme d'esprit, ses toiles donnent à penser. Nous pousserons donc cette réflexion dans le billet consacré à Bartolomeo Passerotti.

12273265873?profile=originalLa boutique de marée (détail)
Frans Snyders (Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg)


Ainsi Anciens et Modernes se répondent et s’enrichissent. Leurs palettes se mélangent avec un peu d’imagination et de fantaisie, pour notre distraction.


« J’ay des couleurs blanches et vermeillettes ;
D’inventions j’ay plaines corbeillettes ;
J’ay ce que j’ay, j’ay plus qu’il ne me fault,
Si n’ay point peur d’avoir aucun deffault. »
« J’ai du pot-au-feu, une langue fine
Un peu de poitrine, un filet mignon
J’ai ma femme aussi mais elle me chagrine
Avec ses clins d’œil au garçon. »

                                                                       Jean Lemaire de Belges (1473-1525)
                                                          et André Raimbourg (dit Bourvil, 1917-1970)

Fin de cette seconde partie, pour vos commentaires merci…


« En riant je compose, en riant je veux lire,
Et voilà tout le fruit que je reçois d’écrire. »

                                                                                 Pierre de Ronsard (1524-1585)

12273266274?profile=original Quatre personnages riant avec un chat
Anonyme, ca 1545
Musée des Beaux-Arts, Angers
Une pochade, de la bouillie pour les chats ou presque, d’après Bartolomeo Veneto (ca 1470-1531). Ces Quatre personnages en quête d’hauteur sont néanmoins typiques du répertoire lombard du Quattrocento.

Mais laissons plutôt le latin aux chat-fourrés, levons nos verres et trinquons :


« Vivez, si m’en croyez, n’attendez pas à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. »

                                                                                 Pierre de Ronsard (1524-1585)


Quoi qu’il en soit…


« Fais ce que voudras. »

En attendant la ronde des fromages et la farandole de desserts…
Les antipastis sont ici (Niccolò Frangipane) :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/frangipane-et-autres-...

Et la marée est servie là (Vincenzo Campi, 1/2) :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/campi-l-italienne-1-re-partie-la-mar-e-est-servie?xg_source=activity

Michel Lansardière,
avec la complicité de Charles De Wit que je remercie chaleureusement.

12273263870?profile=original(Photo L.M.)

Les poissonniers

Vincenzo Campi (1536-1591)

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Petit à petit...



Voyez-le se donner du mal pour que tout aille,

Voler tout le jour, d’un aller à un retour,
Du nid où piaille la marmaille
A la terre, aux champs, pour une brindille d’un jour.

Parfois il se pose sur le grillage du jardin
Et repose ses ailes fatiguées de ses voyages,
L’oeil rieur, comme un vainqueur coquin
Qui nargue le père vieilli par l’âge !

Petit à petit il construit, tresse, salive ;
Dedans, les petits attendent le bec béant,
Guettant père-oiseau, mère sur le qui-vive,
Porteurs inlassables de ” diners ” incessants !

Ne les cherchez pas, un nid est vite abandonné ;
Une fois le chef-d’oeuvre fini il flotte à tout vents !
Quelques duvets soyeux, seuls, rappellent nos printemps,
Leurs éternels oiseaux joyeux et nos envols rêvés.

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Voeux pour 2018

Je vous présente à toutes et tous mes meilleurs souhaits pour l'année 2018.  J'ai profité des semaines de l'Avent pour me ressourcer, ce qui explique ma relative absence ou presque ici comme ailleurs.

J'ai quelques passions qui au fil du temps ont pris beaucoup d'importance dans ma Vie.  La peinture, l'écriture, la musique (le piano), la lecture et ma chère nature sans laquelle je ne saurais pas être celle que je suis.

Depuis que j'ai commencé, j'ai rencontré de belles personnes qui m'ont soutenue, conseillée, encouragée, honorée ...  Je n'en attendais pas autant quand j'ai commencé, j'espérais juste réaliser mes rêves.  Je ne les nommerai pas toutes car je risquerais d'en oublier mais je tiens sincèrement à les remercier et à leur dire que leur confiance n'est pas vaine.  

En 2017, une collaboration artistique a vu le jour avec Krystin Vesterälen (conteuse). Elle a eu la délicate intention d'écrire des textes sur 21 de mes toiles. J' espère que nos créations communes continueront d'évoluer côte à côte.

Et la surprise est venue de notre chère Liliane Magotte qui ne sait que faire pour rendre le réseau Arts et Lettres vivant et convivial avec la même chaleur et générosité pour les uns et pour les autres. Elle a imaginé et créé un monogramme à mon intention.  Je l'ai reçu comme une belle et grande récompense du court chemin que j'avais accompli.  Je lui avais promis qu'il serait mis à l'honneur sur tout.  C'est chose faite, à partir de 2018 il sera ma signature officielle sur toutes mes créations.  

Je viens de terminer une toile à l'huile qui me tenait à coeur.

En 2016, j'avais suivi le concours Reine Elizabeth consacré au piano.  J'étais littéralement tombée sous l'emprise artistique de Lukas Vondracek le 1er Lauréat du Concours.  

J'avais immortalisé l'instant par un petit texte tout simple :

Lukas Vondracek

Il jouait penché sur son piano,
Il faisait corps avec son instrument'
Je le regardais, absorbée,
Par sa passion dégoulinante,
Par ses mains envoûtées,
Par ses doigts arrondis,
Par une musique sublimée
Par l'âme d'un génie.
Consciente du travail accompli,
Emportée, émue,
J’ai pleuré.

Un prix largement mérité. Quel génie !

Aujourd'hui j'ai voulu l'immortaliser sur une toile.  Je rejoins là ma motivation : Peindre mes émotions ! Mes coups de Coeur ! Mes sentiments parfois et les beautés de la Vie. 

Je vous remercie toutes et tous de me suivre avec autant de convivialité et de générosité.   Je vous souhaite le meilleur pour vous et vos proches et que vos rêves artistiques et autres se réalisent et surtout "faites en à n'en plus finir" comme le disait si bien Jacques Brel.

Bonne et Heureuse Année !

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administrateur partenariats

Un monogramme pour Zoé Valy

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J'avais promis, à une gentille personne, un monogramme. 

Le voici, car ses lettres m'inspiraient,

initiales dynamiques, pointées vers l'avant,

se mariant en entrelacs,

quelques coups de pinceau chinois

pour quelques couleurs,

quelques vers si chers à Zoé.

Qu'elle en fasse bon usage, que ses créations 

respirent la joie et que l'élan créateur ne la quitte jamais.

Amicalement,

Liliane 

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 La page de Zoé Valy c'est ici.

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A suzanne - Le soutien secret

Lors des nuits Saintes -

Chère Suzanne,

J'aime vous retrouver vivante

Et ainsi devant la beauté,

Vous voir pétillante !

Votre émerveillement étincelle 

Ce pur enthousiasme du Ciel !

Vous le sentez,

En êtes gratifiée, 

Vous qui êtes insufflée 

Du Verbe poétique sacré,

Et de sa musique inspirée :

Nous ne sommes jamais

Vraiment seuls abandonnés

En cette dure vallée.

Nos amis invisibles de l'autre côté du miroir

Ou bien encore ceux des lointaines contrées,

Même si nous ne pouvons les voir,

Et surtout nos anges zélés,

Tous ensemble, nous entourent

De leur plus tendre amour.

Si la terre, figée dans sa préhistoire,

Sert toujours des guerres d'un âge infantile

Pour des causes de pouvoir cruel et futile ...

Ou si des ennemis nous accablent

Pour des raisons non moins louables,

Nous crucifiant de façon lâche et inutile,

Quand nous servons la Lumière

Pour en abreuver nos frères,

Gardons confiance et toute notre foi.

Aux cieux les chœurs célestes font retentir leur lyre

Entre Noël et la venue des Sages Rois

Et en ces nuits saintes, nous offrent un océan de joie.

N'oublions pas que les Ailés font régner leur loi

Secrètement parmi nous, ici bas.

Puissions-nous emplir nos cœurs

De leur soutien d'amour et leur ardeur !

Tous mes vœux de plénitude intérieure à vous.

Et que ces temps Sylvestres vous soient doux. 

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 Cher Amis, Familles des enfants de L’Oiseau Lyre d’hier et d’aujourd’hui,

 J’ai le plaisir de vous inviter à venir honorer de votre présence et de celle de vos enfants, amis, parents, la petite fête de signature dédicace de mes 2 derniers livres aquarelle :

LE CHÂTEAU D’OR - Histoire d’anniversaire et de l’ange
 illustré par Marie-Christine Serventi,

LA METAMORPHOSE DU PAPILLON

illustré par Michèle Pouilly

 le samedi 27 janvier 2018 de 14h30 à 17 h.

Les six autres livres précédents de mon édition La Lyre d’Alizé www.lalyredalize.org seront aussi exposés pour pourvoir à votre choix de cadeaux : * Etoiles, Stars, Sterne de Dom Amat pour créer de belles étoiles en papier cristal sur vos fenêtres de l’Avent, * La petite filles à la Lanterne illustré par Michèle Pouilly, * La Petite de Neige illustré par Mariella Fulgosi, * Le Violon Enchanté illustré par Anne-Marie Vaillant, *Les Bergers de Noël illustré par Marie-Christine Serventi et qui fait pair avec Les Rois Mages, illustré parMichèle Pouilly.

Avec la joie de vous revoir et de vous retrouver nombreux pour partager cette belle opportunité offerte de faire connaître mes livres et en toute mon amitié.

 

Rébecca Terniak                                     

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Voeux

Je souhaite à chacun

Un hiver à se réchauffer au coin d'un peu de chaleur humaine,
Un printemps d'éveil, à proximité d'un ruisseau de coeurs en éclosion,
Un été à courir dans les prés, vêtus d'art et de poésie, liberté,
Un automne aux couleurs qui viennent rythmer nos jours d'amour et de passion....
Que chacun puisse y puiser l'énergie nécessaire pour y trouver sa voie, sa raison d'être, vivre ses rêves, ses défis, en toute conscience et sérénité.
Paix et amour à vous tous !

Meilleurs Vœux à vous tous, et au plaisir de partager l'art et la poésie.

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Les rois du monde



Autour du château les serfs se pressent,

Gueux, vilains, loqueteux sur la paille,
Ignorants de tout bords, lies des messes,
Chevaliers des ânes, des bons à la mitraille,
S’agglutinent comme les rats aux déchets
Et dansent la biguine aux vitrines éclairées ;
Au château, le seigneur de ce tableau lacéré
Danse aussi toutes portes jusqu’à ce jour fermées.
Voilà le troupeau, voilà la gueusaille,
Voilà l’affamé, le banni, l’idiot de l’année,
L’éclopé, l’oublié, le pauvre, la honte inavouée
Qui entre par la porte d’un jour de ripaille.
La porte est ouverte un jour pour qu’il voit,
Pour qu’il sente les parfums, goûte des plats,
Hume l’air pur qu’il ne connaît pas
Et crie partout qu’il était à la table du roi !

Rois ou reines du monde :
Tous les précités, de peu de foi désespérés,
Morts aux combats ou à toutes les frondes
N’ont rien d’immonde que du hasard d’être né.
Voyez les yeux d’enfants éplorés qu’ils ont gardé,
Quêtant un regard d’où l’amour s’est envolé.


31/12/2017

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administrateur théâtres

                                                     Tout fout le camp ! Même les contes pour enfants! 

Si vous pensez que Blanche-Neige et les 7 nains parle du harcèlement sexuel par des nains à genoux sur mineure réduite à l’esclavage domestique sur fond de misère sociale urbaine, que Pinocchio évoque la  pédophilie sur garçon appareillé par personne dépositaire de l’autorité parentale, associée à des actes de zoophilie sur le pauvre criquet qui tente de donner son avis, que  Fantasia est le symbole d’une grossophobie revendiquée  qui force des hippopotames à faire des demi-pointes en tutu rose bonbon, c’est que votre Waltophobie moderniste est mûre et  impatiente d'être partagée! Et vous adorerez ce spectacle!

Vous clamez qu'un syndrome de Walt avéré fait immanquablement confondre rêve et réalité, ce qui témoignage d’un âge mental voisinant les quatre ans.  C'est oublier au passage,  que vous-même bénéficiez de ces  mythes fondateurs  qui dans votre enfance ont pu vous conduire vers la bénéfique séparation du bien et du mal, celle du vrai et de l’imaginaire, et vers l’accession à la liberté de l’âge adulte. Et si ce n'est chose faite,  voilà qu'on incrimine,  pour les quarantenaires et les plus jeunes, l’emprise de l'image cinématographique, qui, bien moins que la tradition orale ou la lecture, permet à l’imagination de prendre son envol. Triste réalité!  Adieu donc: rêves, poésie, distanciation et humour! Et bonjour la loufoquerie et le délire stérile! 

Ah! Le monde passionnant!  

Régulièrement envoyé sur la piste des élucubrations psycho-sociales du spectacle, le psy de service qui  gère les différents cas clinique, n’est pas sûr de soigner sa patientèle victime  de Walt car lui-même - Shocking, isn't it? - est un prédateur sexuel!  Lui  non plus,  ne peut résister devant une femme endormie...  C’est l’occasion de rappeler la réalité. Celle de la récente révolte d’une mère de famille anglaise, avocate de surcroît*, qui brexite à mort  pour que les contes, qui  ont fait jusqu' aujourd’hui  les fondements de notre subconscient - lisez à ce propos l’ouvrage bien connu de Bruno Bettelheim «La psychologie des contes de fées » - , soient enfin détachés de leur contenu ouvertement machiste! En clair pour cette éminente dame, le baiser du prince donné à  la Belle au Bois dormant, c’est  carrément l’apologie de l'agression sexuelle! On le constate, celle qui fait la une des journaux, est bien atteinte, à contre sens, par ce fameux Syndrome de Walt, et s'avère sans doute incurable!

Mais revenons sur les planches! Si les trois comédiens dévoués ont  dépensé une  énergie fantastique  pour faire de leur spectacle un grand moment de divertissement  délirant, les tranches d’humour noir truffé de rose  bébé,  apparaissent de moins en moins  délectables. Mais c'est la deuxième saison,  ils cartonnent et on se réjouit.  La salle bien bondée rit, s’esclaffe,  et une critique quidam au fond de la salle, qui rêvait de féerie et de chansons waldisniaques sans mélange des genres, parodiées avec humour certes, mais avec l’élégance poétique requise, fut sur le coup, finalement passablement déçue.

L’idée de départ était pourtant excellente. Ils  eussent pu jouer haut et sans filets! Tant qu’à faire, un souffle iconoclaste moins dispersé, moins de demi-teintes et de vagabondages sociologiques et plus de férocité eussent sans doute mieux emporté le morceau. S’il faut renverser les idoles - d’où qu’elles viennent - et savourer la griserie de la moquerie, que celle-ci soit alors vraiment  pure et dure, et crue à souhait! Que l’on ricane alors franchement! 

Rester dans l’entre-deux hybride mi-figue mi-raisin,  déforce l’entreprise et  a engendré  le désintérêt  progressif de la spectatrice peu convaincue.  Comment, dès lors, ne pas se contenter de se  gausser du maniérisme sociologique politically correct  ambiant et  de  compatir muettement avec le regard de gosses de 8/12 ans partant baillant derrière leurs parents en traînant les pieds?

https://lesrichesclaires.be/evenement/le-syndrome-de-walt-2/

https://lesrichesclaires.be/fiche-descriptive-syndrome-de-walt/

Distribution

Texte DE

Cécile Delberghe et Eric De Staercke

MISE EN SCÈNE

Eric De Staercke, assisté de Joséphine de Renesse

AVEC

Cécile Delberghe , Simon Hommé et Benjamin Torrini

MUSIQUE

Eloi Baudimont

COSTUMES

Raphaëlle Debattice

DÉCORS

Benoît Cogels

CRÉATION LUMIÈRES

Frédéric Delhaye et Benoît Guilbert

Du 14 au 31 décembre 2017

Les Riches-Claires
Rue des Riches Claires, 24 1000 

http://www.lesrichesclaires.be 
accueil@lesrichesclaires.be 
02-548.25.80

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LE FLEUVE COULE ENCORE...

Le fleuve a dansé

Au long des étés

Allant vers la mer

Traversant la terre...

S'est perdu souvent

En tourbillonnant

Il rêvait d'ancrage

Poursuivant sa nage!

Essoufflé et triste

Il cherchait sa piste

Et au gré des vents

Comptait ses tourments...

Mais il coule encore!

Quelques journées d'or

Un ciel enfin bleu

Des instants précieux...

Il coule, vif et fort

Son désir le mord

Dernières étincelles

Qui font la vie belle!

Coule avec le temps...

Savoure les moments

Bois jusqu'à la lie

La coupe des envies...

J.G.

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Monsieur le Préfet

Après la lecture d'un roman, ma foi fort bien écrit et digne d'intérêt pour le lecteur à la mémoire sélective que je me complais d'être, je relevais au gré des pages le court chapitre que je vous recopie ci-dessous. Il m'entraîna vers une obligatoire comparaison de deux époques : celle de ce roman que je viens de lire, et qui se déroule au tout début du XXe siècle, et la nôtre que nous subissons un siècle plus tard, en cet an de mauvaise grâce 2017 ; an 2017, sous le règne de l'Europe des techno/burocrates, mais aussi de la planète terre dans sa globalité, au devenir non pas d'incertitude nous n'en sommes plus là, mais d'auto-destruction.

D'aucuns diront qu'il faut rester dans une attitude positive et faire confiance à l'humain. Mais à titre strictement personnel, je ne vois et n'entends dans les journaux, ou dans la boite à images et à mensonges appelée T.V, que des guerres, des violences, des arnaqueurs, des voyous et des tricheurs. Des punissables impunis, des condamnés en liberté et des victimes insatisfaites. Je me dis que pour remettre un peu d'ordre dans ce marigot glauque que devient la planète bleue, il nous faudrait la venue d'un nouveau prophète qui stériliserait l'humanité pour le siècle à venir.

Voici donc une partie du roman qui se déroule en l'an 1910 :

.../...

Monsieur le Préfet se leva et tendit la main à l'aubergiste. « Chère madame, je n'oublierai jamais ce déjeuner et je comprends à présent que l'on ait désigné la vigne comme l’arbre de vie par excellence. »

  • Oui monsieur le Préfet, dans nos petites communes nous avons une tradition de viticulteurs certes, mais aussi de bouilleurs de cru, et nous avons toujours eu à cœur de ne pas laisser perdre les énormes quantités de fruits récoltés en automne comme les pommes ou les poires, mais aussi les cerises et les prunes au printemps.

Le préfet reboutonna sa veste, et ajusta sa cravate en se dirigeant vers la porte. Déjà le chauffeur qui avait mangé seul à une table au fond de la petite salle se précipitait pour ouvrir la portière.

En ce début d'après-midi, le village bruissait de tous les métiers qui le faisaient vivre depuis des temps immémoriaux. Le tonnelier tapait sur ses douves, on entendait le bruit sec du hachoir du boucher dans son arrière-boutique, des éclats de voix provenaient du fournil de la boulangerie dont la porte était restée ouverte et, plus loin, le forgeron, habillé de son tablier de cuir, confectionnait une volute de fer chauffée au rouge, qui serait assemblée sur une rampe d'escalier destinée à la maison du meunier. Dans la cour de l'école, à quelques centaines de mètres de la mairie, des enfants jouaient à la marelle, en riant et en dansant joyeusement. Et au-dessus de cette vie dense et joyeuse, quelques oiseaux, blottis dans un des très vieux tilleul de la place datant de quelques dizaines d'années après la Révolution, pépiaient comme pris de timidité.

Puis un siècle passa, et l'arrière petit fils de l'écrivain revint dans le même village et décrivit la même scène.

.../...

AN 2017.

Monsieur le Préfet se leva et regarda discrètement le patron du food-truck installé sur la place vide. N'ayant pas eu le temps ni le courage de chercher un restaurant dans cette campagne paumée, une pizza très certainement congelée avait fait l'affaire.

- Merci cher monsieur, ce fut frugal, mais correct. Par contre vous devriez proposer quelques bouteilles de vins, j'avoue qu'un verre de rosé bien frais m'aurait fait plaisir !

Le garde du corps se dirigea vers la voiture, jetant des regards suspicieux sur cette foutue place vidée de sa substance, mais soucieux et aux aguets, intrigué par tous ces volets fermés pouvant cacher l'intrus, l'indésirable. Le patron du food-truck interpella l'homme public et lui dit :

- Vos lois m'interdisent de vendre du vin, que voulez-vous, je ne fais qu'obéir à la législation. Et oui, Monsieur le Préfet, dans nos petites communes, nous avions une tradition de viticulteurs certes, mais aussi de bouilleurs de cru et nous avions toujours eu à cœur de ne pas laisser perdre les énormes quantités de fruits récoltés en automne comme les pommes ou les poires, mais aussi les cerises et les prunes au printemps. De nos jours, tout le monde s'en fout ; les campagnes sont désertées de toutes vies et tous les fruits restent pourrir par terre à cause des hommes politiques et autres biens-pensants comme vous. Vous êtes assis derrière vos bureaux, vous créez des lois et instaurez des interdits sans connaître la vie du peuple qui fait vivre et respirer notre nation jadis belle et prospère. Nos traditions se meurent, nos savoirs-faire disparaissent car non transmis, et notre civilisation s'effondrera d'elle-même comme fond le beurre au soleil !

Le garde du corps claqua la portière et contourna le véhicule en jetant un regard noir sur le patron du food-truck, ravi de sa sortie.

En ce début d'après-midi le village était d'un silence inquiétant, plus de tonneliers, puisque plus de bouilleurs de cru, plus de boucher puisque la mode était aux Végans et aux cinq fruits et légumes par jour ! Des fruits bien calibrés, bien traités aux insecticides et peints à la cire pour bien briller. Les deux petites rivières traversant la commune, autrefois riches en truites, en vairons et autres goujons, ne charriaient plus rien sauf quelques écrevisses américaines qui avaient fini de détruire ce que le glyphosate des laboratoires chimiques n'avait pas empoisonné. Le fournil du boulanger était éteint depuis de longues années déjà, et la camionnette de la boulange du village d'à côté ne passait plus qu'une fois par semaine. Encore fallait-il se déplacer pour aller chercher son pain pour la semaine, car elle stationnait pendant 15 minutes sous le plus vieux tilleul et reprenait son chemin. Le forgeron ! n'en parlons même pas...... Tous les balcons se vendaient désormais dans la grande surface en zone sud de la grande ville située à 35 bornes. Et ce n'était plus le forgeron qui adaptait les mesures à la construction, car tout était normalisé, tout était identique et adaptable partout.

Reste l'école : depuis belle lurette elle avait été transformée en gîtes et s'ouvrait deux ou trois mois par an, pour quelques touristes de passage désireux de respirer l'odeur de la campagne, enfin ce qu'il en restait puisque la moitié des terrains étaient en jachère et broutés par quelques brebis égarées. Les autres étant réservés à la culture du maïs pour le fermier de la Rue Haute qui nourrissait quelques dizaines de vaches sans corne avec l’ensilage de ses cultures chimiquement traitées. Un drone passa à quelques centaines de mètres ; sans doute pour relever les points GPS nécessaires au repérage des voies, à moins que ce ne soit un appareil des services fiscaux repérant les agrandissements non déclarés comme par exemple une terrasse couverte, ou un abri de jardin de plus de 9 m2

Une feuille tomba en spirales du tilleul derrière la chariotte en tôle du sous-préfet qui s'éloignait doucement. Une feuille morte qui remplace un corbillard, pensa le patron du camion-bouffe. Une voiture arriva de la route des Combrailles ; certainement des usagers de l'autoroute qui avaient pris ce chemin pour pisser tranquillement sur les rares fleurs sauvages existant encore. Le véhicule se rapprocha doucement du food-truck et pour narguer le type qui vendait sa mal-bouffe, un passager jeta par la fenêtre un sac en papier contenant quelques frites, des gobelets et des boites en polystyrène achetés au drive de la station de l'autoroute.

  • Pauvres cons ! cria le « chef ».

Il avait raison ! Les « marchent debout » méritant de porter ce qualificatif sont légions. Les occupants de la voiture certes, mais aussi lui même ce brave chauffeur de saucisses et de steack congelé..... Mais ne nous oublions pas dans cette catégorie : nous, qui avons laissé faire, qui avons laissé perdre, laissé détruire nos richesses, nos savoirs-faire, notre patrimoine dilapidé aux plus offrants ; qu'ils soient : Russe, Asiatiques ou des pays ensablés et riches de leur or noir. Nous, qui avons fait confiance aux hommes politiques de tous bords à de rares exceptions près, aux industriels et aux soi-disant progrès qui en définitive nous ont conduit tout droit vers notre propre perte.

Mais chut.... Il ne faut rien dire..... Taisons nos états d'âmes.... Le CAC 40 serait en danger potentiel, ce genre de propos est inaceptable dans une société vouée à la stérilisation des idées et à l'obsolescence programmée des objets et des humains qui la composent.

Pour des fêtes de fin d'année, on peut faire plus gai ! Mais ce serait se mettre la tête dans le sable, emberlificotés dans des images subbliminales très généreusement distribuées par les médias et les dirigeants planétaires.

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Merry Christmas !!

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Ce dernier soir, était la fin de la descente dans la nuit
C'est à présent le début de la remontée vers la lumière
Face au mystère de la renaissance, au renouveau de la vie
On se tient tous devant l'arbre cosmique reliant le ciel et la terre

Des guirlandes de boules ascensionnelles
Embrassent les branches s'élevant vers le ciel
Où comme de gracieuses planètes libérant leur feu intérieur
Symbolisent par excellence la survit dans le cœur des aïeuls et des mineurs

Que ces étoiles lumineuses écoutent vos messages muets remplis de vœux
Et que demeure pour un instant la mosaïque du temps et des cycles
Pour lier au paradis céleste les rires d'enfants heureux
Nom d'auteur Sonia Gallet © 2017
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12273263870?profile=originalLes poissonniers
Vincenzo Campi
Musée de La Roche-sur-Yon

      On me dira que ce ne sont point-là de « grands peintres ». Point de mystères, de langage sophistiqué ou secret, de symboles qui nous sont parfois si difficiles à déchiffrer et qui, de là, nous transportent. Leur langue est verte, truculente voire triviale, leurs gestes un peu frustes. Mais c’est peut-être en cela qu’ils nous sont finalement si proches.
Grâce leur soit donc rendue, « Dieu aide toujours aux fous, aux amoureux et aux ivrognes. » (Marguerite de Navarre*, 1492-1549).
Cela ne manque ni de verve ni de sèvre et, de plus, c’est roboratif !


« Il n’est point tant de barques à Venise,

Ni de pardons à Rome un jour de fête,
Ni d’usuriers en toute la Lombardie,

Que vous avez de lunes en toute la tête. »
                                                                           Mellin de Saint-Gelais (1491-1558)


Et puis, parfois, « Le bon choix, de loin, c’est de préférer un peu de saveur à beaucoup d’insipidité. », Boccace (1313-1375). La cuisine italienne doit d’ailleurs beaucoup de son renom à deux maître-queux, Bartolomeo Scapi (ca 1500-1577) et Cristoforo di Messisbugo (ca 1490-1548), véritable MC, maître de cérémonies, banchetti i divertimenti.
Les peintres de la Renaissance développeront une autre rhétorique, inventio et dispositio, varietas et copia (abondance, ce qui ne saurait nuire).

12273264093?profile=original Mangeurs de fèves (détail)
Vincenzo Campi
Musée Calvet, Avignon
A table ! Faisons bombance !

      Je poursuis donc cette nouvelle série de billets sur les plaisirs de la table, la satire et le rire, citant des auteurs essentiellement François, je suis gaulois quoi qu’il en soit. Qu’il me soit donc permis ici de mettre mes pas dans ceux de maître François en illustrant Des pois au lard cum commento. De l’art et des mots.


12273265089?profile=original Grangousier à table
(gravure sur bois, 1542)
« L’appétit vient en mangeant… la soif s’en va en buvant. »,
                                                                                                                      Rabelais


Et ce en toute occasion.


« Ho ! mon petit fils, mon couillon, mon peton, que tu es joli !
Et tant je suis tenu à Dieu de ce qu’il m’a donné un si beau fils, tant joyeux, tant riant, tant joli. Ho, ho, ho, ho ! Que je suis aise ! Buvons.
Ho ! Laissons toute mélancolie ; apporte du meilleur, rince les verres, boute la nappe, chasse ces chiens, souffle ce feu, allume la chandelle, ferme cette porte, taille ces soupes, envoie ces pauvres, baille-leur ce qu’ils demandent, tiens ma robe que je me mette en pourpoint pour mieux festoyer les commères. »
                                                                              François Rabelais (1494 ?-1553)


12273265668?profile=originalLes poissonniers (Pescivendoli, détail)
Vincenzo Campi
Musée de La Roche-sur-Yon

      Voilà goûteux propos dans cette langue propre à vous guérir les goutteux. Pour peu que les mets soient accompagnés d’un frais clairet.

12273266277?profile=original Mangeurs de fèves
Vincenzo Campi
Musée Calvet, Avignon
« Verse en mon verre du vin
Pour étrangler la mémoire
De mes soucis après boire. »
                                                                                 Pierre de Ronsard (1524-1585)

12273267056?profile=originalLe mangeur de fèves
Annibal Carrache (1560-1609)
Ce grand peintre classique fut formé notamment par Bartolomeo Passerotti,
sujet de mon prochain article (photo captée sur le net).

      Comédie de masques, reflet d’une société démasquée, avec ses vieux libidineux, vecchi, son soudard furibard, le Capitan, ses amants galants, innamorati, la servante pétulante, servetta, les zanni, ces fripons factotons. Ces négatifs qui se développeront avec les personnages d’Arlequin, de Colombine, de Pantalon… multipliant les lazzis.

12273267279?profile=original Les poissonniers (détail)
Vincenzo Campi
Musée de La Roche-sur-Yon

Tentons ici quelques apparentements terribles avec :


12273267865?profile=originalLa pourvoyeuse de légumes (détail)
Joachim Beuckelaer (1533-1573)
(Musée des Beaux-Arts, Valenciennes)

12273267687?profile=original Le grand marché (détail)
Pieter Aertsen (Galerie nationale de Capodimonte, Naples)
Pieter Aertsen, que les Italiens appellent Pietro Longo (de son surnom Lange Pier dans sa langue maternelle), était l’oncle de Joachim Beuckelaer.

      Tout cela est propre et figuré, en mode mineur, à la fin du Cinquecento et au début du Seicento italiens (avec ce senso dell’umorismo, très baroque’n’roll-mops), et à la peinture de genre anversoise du XVIe siècle. Pourtant, au siècle suivant, même le raffiné Jordaens (1593-1678) n’hésitera pas à introduire une touche de vulgarité assumée dans certains de ses tableaux.


12273268469?profile=originalLe roi boit (détail)
… en attendant la galette. Bah ! le peuple trinque.
Jacob Jordaens (Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg)

De même pour le Français Carle Van Loo (1705-1765) dans…


12273268294?profile=originalL’ivresse de Silène (détail)
Silène, compagnon de Dionysos, et grand buveur devant l’éternel.
Carle Van Loo (musée des Beaux-Arts, Nancy)

Et le tendre Vermeer de Delft (1632-1675) parait lui aussi s’être souvenu de cette période.


12273268886?profile=original L’entremetteuse (détail)
Johannes Vermeer (Galerie de peinture, Dresde)

Fin de la 1ère partie.


Avant de reprendre quelques coquillages et crustacés, servis sur un plateau, les antipastis sont ici :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/frangipane-et-autres-menus-plaisirs-antipastis?xg_source=activity

Michel Lansardière (texte et photos, sauf mention contraire)

* Marguerite de Navarre (ou d’Angoulême, ou d’Alençon), reine de Navarre, sœur et conseillère de François 1er, grand-mère d’Henri IV, femme de lettres, protectrice de Rabelais et de Lefèvre D’Etaples, des humanistes en général, diplomate, elle sauva ainsi la mise aussi bien à Clément Marot qu’à son frère François fait prisonnier à Pavie. On lui doit notamment l’Heptaméron, le pendant, en français, du Décaméron de Boccace.

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Le choix de me sentir moi-même

En cette nuit de réveillon,
J'ai opté pour la solitude.
M'humilie ma décrépitude.
La ressens hors de ma maison.


À vingt ans, me combla de joie
Une phrase que ma mémoire,
Qui garde intacte mon histoire,
Peut prononcer à haute voix.


En mes instants de nostalgie,
Si mon âme se sent chagrine,
Elle intervient, se fait câline,
M'immerge dans la poésie.


Ce soir j'ai dîné détendue.
Dans le silence et la tendresse,
Me vint un souffle de jeunesse
Puis la voix longtemps restée tue.


24 décembre 2017

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En l'année prochaine , peut-être

- Lisez, n'attendez à demain!
Partout vous trouverez des livres.
Cueillez-les sur votre chemin!
- Devrait-on lire pour mieux vivre?


Ne le dit pas, monsieur le maire.
Maintenant au gouvernement.
Premier ministre populaire,
Maintient-il son engagement?


Il pense qu'il est important
Que les Français, de tous les âges,
À lire consacrent du temps.
On n'en sait pas les avantages.


Avec modestie, il confesse
Que continue à l'émouvoir
D'un drame, surtout la tendresse.

Il s'étonne de ce pouvoir.


La poésie moderne apporte
Un courant qui parfois enivre.
Il faudra que s'ouvrent des portes
Pour qu'elle se love en des livres.


22 décembre 2017

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ADIEU 2017...

Catastrophique ou bien joyeuse

Elle va résolument partir

Adieu aux promesses trompeuses

La terre se tourne vers l'avenir...

Pour en finir, elle crie : Noël

S'envoleront les cadeaux  fous

Qui feront vibrer lui ou elle

En leur offrant des moments doux.

Puis, s'égrèneront les derniers jours

Qui aboutissent à une veillée

Ultime élan des mots d'amour

A nos oreilles émerveillées!

Et pour les tympans fatigués

Qui ont perçu bien trop de bleus

Me vient l'envie de murmurer...

Quelques mots pour se sentir mieux :

Prendre la vie au jour le jour

Retrouver le goût des chansons

Ne plus médire de ces amours...

Qui font parfois perdre raison!

S'abandonner à son instinct

Et renoncer aux mots qui mentent

Ne plus vouloir être chagrin

Être ceux que la terre contente.

Et pour les amis d'Arts et Lettres

Un flot constant d'inspiration

Et tout ce qui leur permet d'être

Les gardiens fous des illusions!

Joyeux Noël et bonne année

J.G.

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administrateur théâtres

Dialogues des Carmélites, l’opéra le plus célèbre de Francis Poulenc (1899-1963) fut créé à Bruxelles en 1959, soit deux ans à peine après sa création à la Scala et à Paris. C’est une œuvre tragique magistrale, musicalement et dramatiquement. Elle a cette qualité royale : «  la force » et « le dépouillement », pourrait-on ajouter.  L’histoire de ces carmélites décapitées durant la Révolution française est connue par le récit qu’en fit l’une d’entre elles. Sur la nouvelle "La dernière à l'échafaud", de Gertrud von le Fort (1931), Georges Bernanos livre un dialogue de film qui sera publié en 1949, quelques mois avant que la mort ne l’enlève à un public fervent qui n’avait cessé de s’élargir.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, mariage et intérieur

 

 Les nombreuses prières que comptent l’œuvre confèrent une aura sacrée à l’œuvre. Elles soulignent le refus du compromis et de la transaction. Elles cristallisent l’honneur chrétien : une relation fusionnelle de l’honneur humain et de l’amour du Christ pour les pauvres humains. Blanche incarne un miracle. La faiblesse, la fragilité et la peur sont transfigurées en héroïsme quand la terreur et la violence iconoclaste compromettent ce que nous avons d’élévation et de civilisation.

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A la mort prodigieuse de la prieure, crucifiée par le doute sur  la couche verticale de sa chambre  de nonne, la grâce inonde l’esprit de la jeune Blanche comme  une vague de tendresse éternelle. Ce mot « tendresse » effleuré par la sainte femme, mère de toutes les filles,   elle se l’était réservé comme ma seule chose à emporter.  Ce viatique pour l’au-delà est un trait d’union.  La mort des carmélites qui n’ont pas renoncé à leur foi est un manifeste contre tout ce qui blesse ou avilit l’être humain. La délicieuse sœur Constance, accède aux plus hautes valeurs sans jamais les trahir grâce à ce que Bernanos nommait « l’esprit d’enfance ». Un mélange de pureté, de joie pure, d’idéal et de goût absolu de Dieu. Les deux interprétations de ces  deux rôles de vestales sont immaculées, tout comme leur blanches robes!

 

Les tableaux intimistes d'Olivier Py se succèdent et  déploient de bouleversantes émotions. La tristesse du père qui voit sa fille se condamner au Carmel, la détresse physique et morale de la jeune Blanche qui est envahie par une peur maladive, les murs mouvants qui se referment sur les couleurs du monde, la  souffrance et la peur délirante de la mort de la prieure vue du ciel, l’ultime rencontre de Blanche avec le chevalier de la Force désespéré de voir sa sœur s’enterrer vivante, la déroute des priantes universelles de l’amour face à  la sauvagerie de l’invasion de la soldatesque, le caractère ambigu de l’aumônier démis de ses fonctions,  tout est suggéré de manière minimaliste mais tellement chorégraphique, au sens étymologique du terme. Le mythe brille dans la caverne! Le point culminant de l’opéra est un point d’orgue poignant et sans doute inoubliable par sa majesté.   Le sacrifice des nonnes sera libératoire lorsqu’elles s’éparpilleront une à une dans l’espace étoilé, à chaque coup de guillotine,  leur prison terrestre s’étant ouverte à l’infini de l’univers. Vision extraordinaire d’alpha et d’oméga sur l’onde musicale du Gloria Patri… On a le souffle coupé!

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  L’Orchestre symphonique et les Chœurs de la Monnaie (chef des chœurs Martino Faggiani)  

Il n’y a pas plus vivant que les nuances de gris… dit-on !  L’interprétation du chef d’orchestre Alain Altinoglu, directeur musical de la Monnaie, à la tête de l’orchestre ne cesse de fasciner par le scintillement des émotions et la souplesse des atmosphères. Il ne cesse d’allumer mille et un feux. La palette des sentiments aussi sombres que les costumes et le décor est faite de veloutés, de crépitements,  d’explosions, de signaux d’alarme prémonitoires, de plaintes, de craintes et d’héroïsme flamboyant, spirituel et charnel. 

Peter de Caluwe a réuni une  double distribution éblouissante, choisissant parmi les plus belles voix féminines  du chant français et belge : la soprano Patricia Petibon et la belge Anne-Catherine Gillet, dans le rôle de Blanche de la Force ; les sopranos Sandrine Piau et Hendrickje Van Kerckhove  pour Sœur Constance de Saint-Denis ; la mezzo-soprano Sylvie Brunet-Grupposo  pour Madame de Croissy ; les sopranos Véronique Gens et la jeune Marie-Adeline Henry dans le personnage de Madame Lidoine ; les mezzo-sopranos Sophie Koch et Karine Deshayes dans Mère Marie de l’Incarnation.  Pour les rôles masculins, nous avons admiré la prestance du  baryton-basse français Nicolas Cavallier dans le Marquis de la Force et l’intense  jeune ténor Stanislas de Barbeyrac (débuts à la Monnaie) dans le Chevalier de la Force. Guy de Mey dans le rôle de l’aumônier  … ce rôle, ambigu ?

Nous  nous interrogeons, au passage sur l’intrépidité de La Monnaie à oser présenter une œuvre qui met en scène l’héroïsme religieux et pour certains, une forme de fanatisme, qui devrait pourtant baisser pavillon  par les temps qui courent… Provocation? Le public n’a qu’à réfléchir ! Sans nul doute!

 DISTRIBUTION

Direction musicale ALAIN ALTINOGLU
Mise en scène OLIVIER PY
 
Décors et costumes PIERRE-ANDRÉ WEITZ
Éclairages BERTRAND KILLY
Chef des chœurs MARTINO FAGGIANI
 
Le Marquis de la Force NICOLAS CAVALLIER
Blanche de la Force PATRICIA PETIBON / ANNE-CATHERINE GILLET*
Le Chevalier de la Force STANISLAS DE BARBEYRAC
L’Aumônier du Carmel GUY DE MEY
Le Geôlier, Thierry, M. Javelinot NABIL SULIMAN
Madame de Croissy SYLVIE BRUNET-GRUPPOSO
Madame Lidoine VÉRONIQUE GENS / MARIE-ADELINE HENRY*
Mère Marie de l’Incarnation SOPHIE KOCH / KARINE DESHAYES*
Sœur Constance de Saint Denis SANDRINE PIAU / HENDRICKJE VAN KERCKHOVE*
Mère Jeanne de l’Enfant Jésus MIREILLE CAPELLE
Sœur Mathilde ANGÉLIQUE NOLDUS
Premier commissaire YVES SAELENS
Second commissaire ARNAUD RICHARD
 
ORCHESTRE SYMPHONIQUE & CHŒURS DE LA MONNAIE
ACADÉMIE DES CHŒURS DE LA MONNAIE s.l.d. de BENOÎT GIAUX
 

 

 

https://www.lamonnaie.be/fr/program/426-dialogues-des-carmelites

en live sur
operavision.eu
15.12.2017

diffusion sur Klara
13.01.2018

diffusion sur Musiq3
20.01.2018

streaming disponible sur
www.lamonnaie.be/fr/streaming
10.01 > 30.01.2018

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