L’inquiétude
« Allongé à l’ombre d’un tilleul, contemplant un ciel presque sans nuages, j’ai vu ce ciel basculer et s’engloutir dans le vide »
Jean Grenier
J’ai mis ma douleur en veille
Et je suis sorti
J’ai marché
Le trottoir défilait comme un parchemin
Le ciel avait la couleur du vide
J’ai traversé le jardin des Prébendes
Il n’est jamais très fréquenté à cette heure
Surtout à cette saison
Aujourd'hui, Il tombe un crachin désagréable
Qui plonge tout dans l’inquiétude de vivre
Dans la salle d’attente il n’y a personne
Ni courant électrique
Elle est assise à son bureau
Elle a sur son nez des lunettes de maîtresse d'école
Elle porte un pull qui pointe sa poitrine
Désolée elle laisse tomber ses bras
Et me donne sa lassitude
Tenez.
Je sors
Je déteste ce temps, j'ai horreur de sortir du vide pour y retourner!
Je croise un chien famélique
Le ciel gris est tombé
Je parcours le chemin du retour
Nauséabond
Je vomis.
Rentré chez moi
Je dispose un vase sur le guéridon
Remplit de sa voix
En pull de cachemire grise
Lionel M.
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