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Tragédie du choc des cultures Est-Ouest. Le choc de l’amour vrai et de l’éphémère, de l’orgueil et de l’humilité. Le choc du rêve et de la réalité. Et une sérieuse critique de la façon outrecuidante dont l’Occident traite l’Orient.

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Une toiture de pagode est posée sur le vide.  A Nagasaki, au Japon, Benjamin Franklin Pinkerton (Leonardo Caimi), jeune lieutenant de la marine  américain a recours à l’entremetteur Goro (Riccardo Botta) pour se procurer les services d’une jeune geisha de 15 ans Cio-Cio-San, alias Butterfly en anglais. Il a acheté une maison locale sur une colline. « Ce petit papillon voltige et se pose avec une telle grâce silencieuse, qu'une fureur de le poursuivre m'assaille, dussé-je lui briser les ailes ».  Son ami, le consul américain Sharpless (Aris Argiris)  l'avertit que le mariage sera pris au  très sérieux par la  jeune-fille et déplore  sa désinvoture. « Ce serait grand péché que de lui arracher les ailes et de désespérer peut-être, son cœur confiant ».   Mais l’insouciant et arrogant  Pinkerton porte déjà un toast à son vrai mariage, quand il épousera une  américaine. Les lois japonaises l'autorisent à signer un acte de mariage pour 999 ans mais  il peut le rompre chaque mois, s'il le souhaite. Dès le début, on sait que l’histoire tournera au drame.

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Arrive la jeune Cio-Cio-San,  annoncée par un chœur de joyeux gazouillis de jeunes- filles. Elle est  heureuse et amoureuse de son fiancé, entourée de parents et d'amis, soulagée de pouvoir quitter son état de geisha. Impressionnée par l’étranger, elle charme  Pinketon, qui reste cependant  insensible devant le déballage de ses innocents trésors :   de menus objets féminins et les ottokés, des statuettes symbolisant l'âme de ses ancêtres  ainsi que  le précieux  poignard avec lequel son très honorable père s'est suicidé en se faisant hara-kiri. Soumise, elle  va jusqu’à promettre d’oublier les dieux de sa famille et d’aller prier le Jésus américain. Après un simulacre de cérémonie vite expédiée, la  fête de famille est interrompue par  le terrifiant oncle Bonze (Mikhail Kolelishvili)  que l’on n’a pas invité et qui la maudit  pour avoir renié la religion de ses ancêtres.

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Pinkerton  chasse les intrus avec hauteur et enfin seuls, les deux époux chantent leur l'amour mutuel. Sombre prémonition de Cio-Cio-San:  « On m'a dit qu'au-delà des mers, s'il tombe entre les mains de l'homme, le papillon sera percé d'une épingle et fixé sur une planche ! » Fin de l’acte I.

Trois ans plus tard, Madame Butterfly, reniée par sa famille  est seule et abandonnée. La  fidèle Suzuki (Qiu Lin Zhang) prie les dieux  pour sa maîtresse qui survit grâce à une illusion : « Ô Butterfly, petite épouse, je reviendrai avec les roses à la belle saison quand le rouge-gorge fait son nid. »  Suzuki  essaie de lui ouvrit les yeux mais  elle est  persuadée que Pinkerton reviendra comme il l'a promis « Un bel di vedremo ». L’entremetteur Goro se présente avec un  riche prétendant, le prince Yamadori, aux allures de magnifique paon blanc paradant sous les lumières, mais  elle  lui répond qu'elle est déjà mariée. Le consul Sharpless, dont le rôle développe de plus en plus d’humanité,  arrive pour tenter de  lui lire lettre de rupture de Pinkerton, à laquelle dans son aveuglement, elle  refuse catégoriquement de croire. La très belle voix de baryton riche et sonore se fait de plus en plus resplendissante. Elle  lui oppose qu'elle se tuera si son mari ne revient pas tout en dévoilant qu'un enfant est né de leur union. Un formidable  coup de canon annonce l'arrivée du navire de Pinkerton. Folle de joie elle décore la maison de fleurs et revêt son habit de noces pour l’accueillir.  Suzuki et l'enfant s'endorment avec le « Coro A Bocca Chiusa ».  Elle n’a pas  fermé l’œil. A l'aube,  Suzuki la convainc de prendre du repos. C'est alors que Kate, l'épouse américaine de Pinkerton apparaît et demande à Suzuki de convaincre  sa maîtresse de lui confier cet enfant dont ils ont appris l’existence et à qui ils assureront un avenir. Suzuki est  suffoquée. Sharpless rappelle à Pinkerton ses mises en garde, mais celui-ci, ne supporte pas d’être confronté, avoue sa lâcheté et s’enfuit.  Lorsque Cio-Cio-San comprend la vérité, elle accepte, par  ultime obéissance à son « mari », de confier son enfant au couple, à condition que Pinkerton vienne le chercher lui-même ! Mais une fois seule,  ayant éloigné l’enfant, elle  se donne la mort avec le  couteau de son père.

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Voilà une histoire qui ne manque pas de nous faire réfléchir sur les relations de pouvoir entre occupant et occupé, entre prédateur et victime, entre  âge mûr et jeunesse,   entre pauvres et riches, capables de tout se procurer, quels que soient les enjeux humains. Voilà une femme abandonnée qui n’a plus de subsistance.  Voilà une fille-mère aux abois qui, plutôt que voir son enfant la regretter ou la rechercher  un jour, préfère se donner la mort! C’est d’une violence glaçante. Une histoire écrite en 1898 par un anglais, John Luther Long.  Une histoire qui n’a, en outre, pas fini d’exister deux siècles plus tard, époque où nous sommes prêts à tout vendre et à brader.

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C’est néanmoins dans l’histoire du  théâtre japonais traditionnel et les rythmes de la cérémonie du thé que la metteuse en scène danoise Kirsten Dehlholm (Hotel Pro Forma)  a choisi de nous plonger. Elle veut gommer  par ses installations scéniques toute notion de réalisme ou d’anecdote. Elle choisit d’utiliser l’histoire au profit de l’innovation d’une forme  créative  de portée universelle.  Saisissant l’occasion  que les suicidés japonais continuent à hanter la terre sous forme de fantômes condamnés à raconter sans relâche leur histoire, elle poste donc en bord de scène  une Butterfly méconnaissable sous sa perruque grise – les fantômes vieillisent-ils donc ? – mais oh combien retentissantes d’émotions depuis la naissance de l’amour, à ses élans,  jusqu’à la douleur qui conduit à la mort. Le 3 février, c’était Amanda Echalaz qui assurait ce rôle d’une  rare exigence et d’une rare beauté.  En parallèle, Kirsten Dehlholm  fait jouer  sur scène une admirable poupée de porcelaine réalisée par des artistes japonais (Ulrike Quade Company) guidée par un trio de marionnettistes d’une souplesse fabuleuse. La ressemblance est telle avec ce que l’on imagine de la jeune geisha, qu’à plusieurs reprises on la voit vivante!  Cette technique ne peut que  renforcer bien sûr le propos de Pinkerton qui  considère la jeune épousée comme un pur jouet éphémère de ses désirs. Ainsi le double portait de Butterfly volette : prisonnier de son dédoublement, prisonnier de la tradition,  prisonnier de son destin fatal, prisonnier du silence de la poupée aux gestes  parlants, prisonnier d’une douleur  rendue muette par la mort. On pense à Liu de Turandot. Le public est contraint de mélanger sans cesse les deux propositions, visuelle et auditive,  dans un effort d’accommodation comme pour mieux souligner l’absurdité  de la douleur… sauf à se laisser entièrement emporter par  la qualité extraordinaire de l’orchestration sous la baguette de Roberto Rizzi-Brignou. Et c’est ce qui arrive.

 Par son  lyrisme,  ses nuances,  la musicalité de ses timbres,  le déferlement romantique, la dramaturgie musicale est  bouleversante.   On sent poindre les harmonies chatoyantes de Debussy, on sent virevolter le papillon et les humeurs changeantes, les espoirs et les inquiétudes.  Au sein du foisonnement de couleurs orchestrales, la tension dramatique s’amplifie  jusqu'au bout, jusqu’à atteindre le cœur de la douleur.  Au cours de l’ivresse  du voyage musical, on reconnait des thèmes populaires japonais  alternés avec le début de la mélodie de l’hymne américain, le Star Spangled Banner,  de quoi  soulager un peu  de la tension des sentiments exacerbés! 

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Mais ce sont surtout les tableaux de la nature des sentiments  qui sont saisissants de beauté ou … glaçants d’effroi comme les thèmes de la malédiction, du désespoir, de la mort et du suicide. Côté décor, s’embrasent de fabuleux jeux de lumières sur les créations en origami rendues vivantes. Jamais on n’oubliera les barreaux de dentelle de la cage qui se referme sur la jeune fille.  Les personnages déambulent à petits pas, tous les gestes se fondent dans la proposition  théâtrale délibérée de lenteur extrême orientale. L’air du cerisier est suivi d’un fabuleux cortège de  fleurs d’hibiscus multicolores et lumineuses, assoiffées d’amour, une  dernière parade amoureuse extraordinaire, hélas solitaire et inutile.

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Toutefois d’autres choix de la mise en scène sont beaucoup moins enchanteurs, à chaque fois que l’esprit parodique s’en mêle. Comme de remplacer la frégate guerrière par un  bâtiment de croisière  géant, à faire frémir tout Venise.  Comme cette nuée de rouges-gorges morts dans l’explosion des canons du navire de guerre qui marque la fin des illusions de Cio-Cio-San. Comme cet enfant-roi  hypertrophié en matière plastique gonflable qui surgit, comme une aberration dans le dernier tableau. Il semble alors que la mise-en scène ait pleinement réussi  son pari d’accentuer la  grossièreté  occidentale face à la beauté d’une héroïne victime de son innocence, de sa fragilité, de sa sensibilité et de ses traditions.

Agenda:  

http://www.lamonnaie.be/fr/program/17-madama-butterfly

Direction musicale : ROBERTO RIZZI BRIGNOLI
BASSEM AKIKI (10, 12 & 14/2)

Mise en scène : KIRSTEN DEHLHOLM (HOTEL PRO FORMA)
Co-mise en scène :  JON R. SKULBERG
Collaboratrice à la mise en scène :  MARIE LAMBERT
Décors :  MAJA ZISKA
Costumes :  HENRIK VIBSKOV
Éclairages JESPER KONGSHAUG
Dramaturgie :  KRYSTIAN LADA
Collaboration à la chorégraphieKENZO KUSUDA
Collaboration pour la marionnette : ULRIKE QUADE
Chef des chœurs : MARTINO FAGGIANI

Distribution

Cio-Cio-San : ALEXIA VOULGARIDOU
AMANDA ECHALAZ (1, 3, 7, 9, 12/2)
Suzuki : NING LIANG
QIULIN ZHANG (1, 3, 7, 9, 12/2)

Kate Pinkerton : MARTA BERETTA
F. B. Pinkerton : MARCELO PUENTE
LEONARDO CAIMI (1, 3, 7, 9, 12/2)
SharplessARIS ARGIRIS
Goro : RICCARDO BOTTA
Il Principe Yamadori : ALDO HEO
Lo zio Bonzo : MIKHAIL KOLELISHVILI
Il commisario / L’ufficiale : WIARD WITHOLT
Yakuside : RENÉ LARYEA
Madre di Cio-Cio-San : BIRGITTE BØNDING
Zia di Cio-Cio-San : ROSA BRANDAO
Cugina di Cio-Cio-San : ADRIENNE VISSER
Marionnettistes : TIM HAMMER, JORIS DE JONG, RUBEN MARDULIER, SUZE VAN MILTENBURG

Orchestre symphonique et chœurs de la Monnaie

PRODUCTION : La Monnaie / De Munt
COPRODUCTION : Ulrike Quade Company

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***** DANS MA TETE *****

Textes et interprétation : Rubina 

Elle est … Belle! Elle dansait dans sa tête… Elle avait 5 ans et débarquait ans un monde qui n’était pas le sien. Elle racontera tout cela, à cause d’une fêlure dans son horizon. Pendant la conférence sur la différence de nos codes d’accès à la réalité, sur nos stratégies de défenses, sur le fonctionnement de notre cerveau, elle est saisie par message étrange qui s’affiche sur son Iphone : « Je suis ton père et je suis dans la salle ! » Le choc ! Cette phrase fortuite dérange toute l’architecture de son discours, embrase son cœur et fait jaillir des larmes au coin de ses yeux. Des yeux magnifiques, de véritables brasiers à peine maquillés qu’elle promène de visage en visage dans la salle comble qu’elle caresse et dont elle se nourrit. Une chevelure vivante qui appelle un océan de rêves et de voyages.

Nous sommes devant une expérience troublante. La dame improvise son texte, de concert avec  sa  frangine au clavier. T’es toi quand tu danses… C’est là qu’elle va, c’est son but ! De trace en trace, elle fait surgir les souvenirs et les apprivoise, comme une magicienne. Plus rien ne pourra lui faire mal. Elle a fait ce travail d’écoute de soi, de rencontre avec l’être profond, dionysiaque peut-être… mais elle a rencontré l’éternel enfant en nous, source de toute création.  Le magnifique jeu corporel, la belle diction, le port de princesse de sang royal, tout contribue à faire de ce spectacle chercheur de vérités, un cadeau inestimable pour chacun des spectateurs qui l’écoute avec le cœur. Elle donne des noms de sages qui ont l'art de  reconstruire... 

Elle questionne : « Quel est votre rôle sur le grand échiquier où nous avons besoin d’exister? »  Elle se bat contre des tendances acquises : « Quand tu auras un diplôme, de l’argent, un couple,  des enfants, une maison, des voyages, tu seras heureux ! » Elle barre la route aux chemins tracés d’avance. Elle redonne des aimants aux désirs… à la capacité de manger la vie. Une bonne fée, quoi!

Elle explique encore que les manques de l’enfance se retrouvent dans les désirs  que forment inévitablement les parents à propos de leurs enfants. Compensation, quand tu nous tiens ! Pire encore, elle disserte sur l’absence du père. Elle revient sur son éducation, sur ses diverses métamorphoses, sur ses retours aux sources de  la souffrance. Et de fil en aiguille, elle répare, elle restaure par la voix et le geste, elle écoute ses talents, et toute en haut de sa nouvelle pyramide, elle installe le pardon. Car pardonner aux autres, c’est être. C’est être heureux.

Summertime, and the livin' is easy

Fish are jumpin' and the cotton is high
Oh, your daddy's rich and your ma is good-lookin'
So hush little baby, Don't you cry

One of these mornings you're gonna rise up singing
And you'll spread your wings and you'll take to the sky
But 'til that morning, there ain't nothin' can harm you
With Daddy and Mammy standin' by

Summertime, and the livin' is easy
Fish are jumpin' and the cotton is high
Oh, your daddy's rich and your ma is good-lookin'
So hush little baby, Don't you cry

One of these mornings you're gonna rise up singing
And you'll spread your wings and you'll take to the sky
But 'til that morning, there ain't nothin can harm you
With Daddy and Mammy standin' by

Elle a chanté  « Summertime » en solo appuyée sur le mur des incompréhensions et maintenant, elle danse. Elle a repoussé les murs.  Et nous, on applaudit à tout rompre dans une salle bondée…Et puis comme des gosses de quatorze ans, on ira lui demander des autographes… pour la remercier du fond de l’âme.  Elle est ... Elle. 

https://www.laclarenciere.be/SAISON_2016_2017/trismestre2.htm

Dates:Du 26 au 28 janvier 2017

Où:La Clarencière
rue du Belvédère, 20 1050 Ixelles

Contact http://www.laclarenciere.be 
fabienne.govaerts@skynet.be 
02/640.46.76

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C’est une légende dramatique en quatre tableaux à propos d’un personnage qui a réellement existé. Mais nul ne peut dire avec certitude ce que son âme est devenue! Encore moins si Berlioz, le compositeur torturé par les échecs de la vie, le poète maudit, l’artiste romantique a souffert des mêmes affres que le célèbre médecin astrologue du XVe siècle. Nul ne peut dire si,  malgré l’aspect positif de l’appétit de Faust insatiable de connaissances et de jouissance, Berlioz ne le condamne pas au feu éternel, par pur dépit.

Premier tableau. Le ténor Paul Groves embrasse avec ardeur et immense talent le rôle de Faust dans une superbe diction. L’hiver a fait place au printemps…Faust est perdu dans la contemplation d’un paysage de campagne, jouissant pleinement de sa solitude, il assiste au lever du soleil sur les champs. Il se laisse envahir par les chants d’oiseaux que prolongent des chansons joyeuses de paysans. « De leurs plaisirs, ma misère et jalouse ! »  Une armée passe, au son d’une marche hongroise devenue très célèbre  grâce à  l’art cinématographique français. Se déploie une fresque d’images du feu et des atrocités de  la guerre. « Son cœur reste froid, insensible à la gloire ! »   

Deuxième tableau « Sans regrets, j’ai quitté les riantes campagnes où m’a suivi l’ennui ! »  Faust est  seul dans son cabinet de travail et donne  libre cours à sa souffrance  profonde. « La nuit sans étoiles ajoute encore à ses sombres douleurs. » Dans sa sensibilité exacerbée, il est envahi de désirs inassouvis et sombres et le  spleen du poète maudit l’incite à vouloir boire une coupe de poison. Il perçoit, venant d’une église voisine, un  chant de Pâques entonné par le chœur des fidèles. Il se sent touché par une foi ancienne. C’est le moment que choisit Méphisto, « l’esprit qui console »,  pour l’inviter à le suivre vers d’autres plaisirs. Le baryton-basse italien Ildebrabdo D’arcangelo  incarnera tous ses maléfices. Première station dans un cabaret de Leipzig où un groupe de buveurs entonne l’éloge du vin. L’un d’entre eux, Brander, complètement bituré, raconte l’histoire  délirante d’un rat brûlé par l’amour. C’est notre délicieux Laurent Kubla.

Requiescat in pace, Méphisto raille l’Amen parodique chanté par les buveurs et se pique d’une histoire de puce. Faust est peu enthousiaste devant les scènes de beuverie et se retrouve emmené sur les rives de l’Elbe et ses flots d’argent. Il sombre dans un sommeil envahi par les gnomes et les sylphes. Ceux-ci lui font apparaître en songe Marguerite, image parfaite de l’amour. A son réveil, Faust n’a plus qu’une pensée : la retrouver. Il entre dans la ville en même temps que des étudiants et une bruyante soldatesque. Il est au pied d’une demeure entourée d’hortensias.

Troisième tableau. « Merci, doux crépuscule, c’est l’amour que j’espère ! » Faust, seul, découvre la chambre de Marguerite et  sent naître son bonheur. « Seigneur, après ce long martyre, que de bonheur ! » Méphisto le poste en observation,  derrière un rideau. Amoureuse de l’amour, Marguerite est songeuse et envahie par les images d’un rêve où  lui apparaît son futur amant. Pendant qu’elle tresse ses cheveux, elle chante, mélancolique, une chanson gothique, celle  d’un roi, Theulé, qui,  sentant sa mort prochaine,  distribua toutes ses richesses,  sauf une coupe lui rappelant sa défunte femme. Cette coupe se brise. C’est la voix magnifique  de la divine soprano géorgienne Nino Surguladze qui symbolise toutes les langueurs, les attentes et les élans de l’amour.

« Mes follets et moi allons lui chanter un bel épithalame ! »  Méphisto va  souffler son plan d’action à l’oreille de la belle alanguie. Pour mieux l’étourdir, la sérénade ensorcelante est accompagnée du chœur et des danses des follets. Mais voilà que Marguerite aperçoit Faust, l’amant de son rêve. Faust lui avoue sa passion, les deux amants s’étreignent sur l’amoncellement de coussins apportés par les follets et le regard voyeur du maître du jeu. Soudain, Méphisto interrompt leurs ébats et ébruite que les voisins sont en train de prévenir la mère de Marguerite qu’un homme est chez  sa fille. Les deux amants se séparent, espérant se retrouver le lendemain. Méphisto tient maintenant en son pouvoir l’âme de sa victime.

Quatrième  tableau. Marguerite se lamente, possédée par l’amour de celui qui n’est jamais revenu. Elle entend des bribes de  chants de soldats et d’étudiants qui lui rappellent cette première nuit si courte et si fragile. Seul aussi, face à une nature avec laquelle il souhaiterait  se fondre, Faust ne pense plus qu’à Marguerite. Il erre, prisonnier de sa tour d’enfer. Méphisto surgit et  lui apprend que Marguerite est condamnée à mort pour  matricide, car chaque nuit où elle attendait son amant, elle l’endormait avec un  poison qui a finalement eu raison  de sa santé. Ainsi l’heure fatidique du pacte est arrivée : Méphisto est prêt à sauver Marguerite si Faust s’engage à le servir « à l’avenir ». Le parchemin est signé par-dessus le vide. Sancta Maria ora pro nobis ! Sancta Marguerita… Sur deux chevaux noirs, Faust et Méphisto s’engagent dans une cavalcade infernale vers ce  que Faust  croit être la  maison de Marguerite. Rythmée par le chœur des paysans et les angoisses de Faust, la course à l’abîme, s’achève en enfer. Le Prince des ténèbres se vante de sa victoire. Faust, sans jamais perdre sa prestance,  est  enfin précipité dans les flammes sous  les hurlements infernaux du chœur des damné(e)s, des démons et des macabres squelettes. Puis, le calme revenu sur terre, c’est une véritable apothéose: le chœur des esprits célestes appelle la vertueuse Marguerite - sauvée par l’amour inconditionnel de son amant - à monter au ciel.

Quel écho peut donc avoir une telle œuvre  avec notre perception moderne?  L’histoire nous touche-t-elle vraiment? Sombrera-t-on avec ce Faust désespéré  dans l’inanité de l’existence de l’esprit positif ? Ou simplement, nous laisserons nous emporter par le vertige de la découverte de l’œuvre de Berlioz ?  Allons-nous nous laisser devenir  captifs de l’esprit insatiable qu’il symbolise ?  Serons-nous séduits par le génie d’un compositeur qui osa faire tabula rasa  de toutes les tendances de son époque et des précédentes? Certes, la magie musicale opère grâce à la qualité et la perfection d’interprétation musicale du chef d’orchestre,  Patrick Davin. Véritable maître du jeu, il s’emploie avec passion à  ressusciter une œuvre totalement innovante. Il déclenche notre admiration pour une partition  constituée d’immenses pages orchestrales d’une richesse inouïe,   dont on se demande parfois si on ne préférerait pas les écouter les yeux fermés pour en retirer toute  leur saveur. On sait  que dans sa nouvelle création, en 1846, Berlioz ne prend  même pas la peine de composer une ouverture, qu’il juge inutile, car il démontre que la musique peut tout exprimer et sait jouer le parfait mimétisme, fond/ forme! Ainsi, à quoi d’ailleurs pourraient bien servir des décors? Même les plus précieux, comme ceux élaborés par Eugène Frey (1860-1930), ces fameux tableaux transparents avec rétroprojection dont s’est inspiré le metteur en scène de cette production,  Ruggero Raimondi. Derrière les voiles reproduisant les tableaux successifs, a-t-il conçu  la carcasse  de fer comme une  sorte de tour de Babel  qui rappellerait celle de Breughel ? Ou pensait-il à la tour d’ivoire du poète? Une vision de  gazomètre en déshérence ?  Cette structure évoque une prison de fer et d’enfer pour la condition humaine dont l’homme ne peut s’échapper que par le ciel ou la géhenne.

L’enfermement est donc omniprésent : même lorsque les voiles sont supposés cacher cette tour,  ou du moins en partie, elle reste perceptible à tout moment. Le regard, lui-même est prisonnier. Au travers de lumières soit  trop tamisées soit trop distrayantes,  on perce  parfois difficilement les visages. La texture et les formes des costumes du peuple  infernal sont  très originales pourtant, et les évolutions ou les chants des nombreux figurants gagneraient à être mieux mis en lumière. L’enfermement circulaire, fait d’échafaudages est certainement très pratique pour une mise en scène verticale des protagonistes, mais tout le monde ne sera pas sensible à cette vision esthétique plutôt accablante pour ceux qui ne rêvent que de liberté !

Du mercredi, 25/01/2017 au dimanche, 05/02/2017

DIRECTION MUSICALE : Patrick Davin MISE EN SCÈNE : Ruggero Raimondi CHEF DES CHŒURS : Pierre Iodice ARTISTES : Paul GrovesNino SurguladzeIldebrando D’ArcangeloLaurent Kubla 

https://www.operaliege.be/en/shows/season/2016-2017/

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administrateur théâtres

La ré-imagination au pouvoir !

L'amour intransigeant vs. la dictature? 

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Thierry Debroux a pris les armes, et des mousquetaires de taille : José Bresprosvany à la mise en scène et aux chorégraphies. A la musique,  c’est Laurent Delforge. Aux lumières séculaires et universelles : Marco Forcella. Aux costumes couleur terre : Bert Menzel. A la dramaturgie : François Prodhomme pour un partage de notre patrimoine universel : « Antigone » de Sophocle dans une sublime version contemporaine.  

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Re-création : Point de tenues gréco-romaines, ni de  décors encombrants, non plus ces tenues des années quarante qui ont fasciné Jean Anouilh ! Juste le limon, la terre et ses énergies vitales  et ce soleil, cette lumière  dont Antigone est si amoureuse, elle qui est au bord de la tombe qui mène au royaume des ténèbres. Et surtout une traduction du texte en grec ancien parfaite sous la plume harmonieuse de Florence Dupont, à part quelques écarts de langue familière !

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Le traitement des chœurs est une œuvre d’art en soi. On  peut y voir une dramaturgie  propre alors qu’il constitue  évidemment la respiration profonde et la structure de la pièce. La danse est le principal élément. Le ballet est réglé sur le mode éblouissant, comme dans nos souvenirs de Béjart et en même temps sur le mode an 2000 comme l’aiment nos jeunes adolescents.   La  troupe des 9  comédiens-danseurs  présente des chorégraphies  tracées au cordeau, extrêmement variées et d’une force de suggestion effarante au sens premier du terme. Se greffent sur ces jeux du corps une déclamation à l’unisson ou des dialogues incantatoires. Alternativement avec Tirésias transformé en coryphée,  l’exceptionnelle Coryphée féminine à la délicate diction - elle est aussi la mère d’Hémon -  mène le chœur avec une sensibilité poignante. C'est la très émouvante Isabelle Roelandt. Le garde et le messager se prêtent aux voix et aux mouvements pluriels.    Hémon, lui-même, le fils de Créon promis à Antigone, fait partie du chœur. Ismène, la sœur d’Antigone se fusionne dans le même ensemble. Il n’y a finalement que cinq danseurs de fond, tous magnifiques!  Et à chaque apparition, c’est comme si les personnages émergeaient et retombaient soudain de cette mer Egée, symbole de notre mouvante humanité,  qui se mire dans le ciel de l’Attique du 4e siècle av JC.

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 Car c’est l’humanité surtout qui entre en scène dans cette approche de l’œuvre de Sophocle. Une humanité  composée de toutes nos références culturelles de Jean Cocteau (1922) à Anouilh (1944), à Brecht (1948), à Henri Bauchau (1999).  Elle déclare fièrement : « Je ne suis pas née pour partager la haine, je suis née pour partager l’amour ».  Le personnage mythique d’Antigone questionne la loi des hommes et celle des dieux, les conflits entre la norme et la liberté,  le fossé des générations,  la lutte des sexes, le bien-fondé de la radicalité de l'amour,  la soumission aux valeurs fondamentales, prône en tout état de cause  la rébellion contre la dictature. Dans ce rôle, Héloïse Jadoul, assoiffée de justice se révèle être une héroïne attachante et adéquate. Son hypocrite relégation dans une tombe où elle sera enterrée vivante avec quelques vivres est une scène bouleversante. Et surtout son adieu déchirant à la lumière.  Jamais le rôle d’Hémon interprété par Toussaint Colombani n’a été aussi bouleversant. De prime abord, respectueux de la figure paternelle, il devient l’homme que l’amour d’une femme qui défend ses valeurs  galvanise et  enflamme,  pour le mener à son tour, sans la moindre crainte,  sur le chemin de la mort. Mais ainsi l'a décidé le destin! 

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Créon (Georges Siatidis), comme Antigone, ne fait jamais partie du chœur. Il est habité par la haine de quiconque lui résisterait!  En dictateur on ne peut plus crédible, il s’achemine quand même vers une conversion, hélas trop tardive.

Tirésias lui conseille (sous les traits et la belle voix de Charles Cornette) : "Fais sortir la fille du souterrain et puis, élève un tombeau pour le cadavre qui gît là-bas ! Créon : "Voilà la décision que tu me conseilles de prendre ? Tu veux que je me soumette ? J’ai du mal à m’y résoudre. Mais puisque j’en suis là ; j’y vais. Je l’ai enfermée, je la délivrerai!"

Mais ainsi parlent les forces de la Destinée,  jouées, chantées, clamées par le Choeur : « Que tu te caches dans une tour, que tu t’enfuies sur un vaisseau au-delà des mers, tu ne leur échapperas pas, il arrivera ce qui devait arriver». Le point culminant de la pièce est un point de non-retour. La tragédie doit se consumer jusqu’au bout. La loi non-écrite fondamentale dont le fondement remonte "à la nuit des temps" est celle de l'amour, à laquelle les dictateurs doivent, eux aussi, se soumettre. Créon admet enfin sa culpabilité et  restera seul à subir le désespoir devant l'hécatombe que lui seul a causé, lui qui, par  pur orgueil des puissants, et mépris des lois divines, a osé offenser l’ordre du monde souterrain, a osé braver la loi du  dieu des enfers, Hadès, le maître des morts. 

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La conclusion, nous l’avons entendue à l’ouverture du rideau : « Le bon sens avant tout donne le bonheur… » L’œuvre ainsi offerte et son illumination par le jeu des lumières, de la danse, de la parole et du feu théâtral est un miroir universel.  

Antigone au Théâtre du Parc du 19 janvier au 18 février.

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/57/42.html

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Du Mercredi 11 au Dimanche 22 janvier PARCE QUE C’ÉTAIT LUI  “MONTAIGNE & LA BOÉTIE

Un texte à trois voix de Jean-Claude IDEE

 

Toutes les utopies ont engendré la violence...  

Surprise, enthousiasme, passion, philosophie, délices du corps et de l’âme, fraîcheur exquise,  la jubilation devant le jeu des trois larrons qui nous ont projetés avec tant de feu quatre cents ans en arrière,  et au bout,  l’envie folle de se procurer le livret si à propos  ou de revenir le lendemain pour re-savourer  à loisirs ce joyau du cœur et de l’esprit, contempler avec bonheur une perle de la scène !  Pendant ce court spectacle, bouillonnant d'esprit et de beaux costumes,  vous serez remués par la beauté de la langue, la justesse du propos, le ton comique et jouissif, la beauté des sentiments, la vérité des interrogations, la subtilité du discours ! Cinq étoiles et plus s’il y avait de la place dans le firmament de nos coups de cœurs pour la perfection de l'interprétation: Katia MIRAN, Emmanuel DECHARTRE, Dominique RONGVAUX !

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Jean-Claude Idée s’est attaqué à une œuvre maîtresse du capital culturel mondial : les Essais de Michel de Montaigne et aux doutes qui hantent son auteur. Il raconte des épisodes de la vie passionnante de Montaigne, l’homme des missions diplomatiques impossibles entre Catherine de Médicis, le duc de Guise, Henri III et le jeune Henri de Navarre. Il met en relief la  trahison ressentie vis-à-vis de son meilleur ami, Etienne de la Boétie, décédé à la fleur de l’âge, et  dont il a omis volontairement de publier les écrits comme il l’avait promis. Il  estimait que ce texte, le Discours de la servitude volontaire par Étienne de La Boétie (1549) était un véritable brûlot révolutionnaire  risquant  de ruiner une France déjà dévastée par 30 ans de guerres de religion sanguinaires.

... Il est « devenu le prince des accommodements » enrage le fantôme d’Etienne qui ne cesse de le hanter. Etienne l’accuse vertement d’avoir pondu 3 essais de 1000 pages narcissiques sur l’éloge du « rien ! » ... Philosopher n’est pas poétiser.  Montaigne  estime qu’Etienne, tout en voulant revenir aux valeurs d’origine de la société gréco-romaine,  pense plus loin que la république, souhaite une insurrection chronique, rêve d’une société libertaire. Il refuse de faire l’éloge de la violence. Seule la réconciliation peut éteindre les guerres. Etienne bataille pour une pensée neuve et radicale menant à la désobéissance générale.

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« L’amazone est une philosophe » raille Etienne ! La très jeune et pétillante  femme savante Marie de Gournay - la première grande féministe française - travaille pour gagner sa vie et se met au service d’un homme dont elle est tombée doublement amoureuse: pour les mots, d’abord, pour la chose ensuite. Elle fait son enquête et cherche à comprendre pourquoi Montaigne n’a pas publié le texte de son ami dans ses essais. Elle n’attend rien des autres hommes et veut tout de lui. Y compris un enfant, ou alors une tonne de souvenirs qui seront toute sa vie ! Et elle veut changer la société, abattre les privilèges. Tabula rasa. Tout comme Etienne ! Tiens, tiens !

Marie «Tu es le frère de tous les hommes, je suis la fille de ton âme ! » 

Etienne «  Quelle dérision, tu es mon pire ennemi ! »

Michel « Il y a quelque chose de « nous »   dans chaque français » 

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http://www.comedievolter.be/parce-que-cetait-lui-montaigne-la-boetie/

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administrateur théâtres

 Envie de rire ? En piste, trois petites gueules bien sympathiques Bertrand FOURNEL (Jean), Suzanne ELYSÉE (Juliette), Grégory COMETTI (Quentin).   Le vaudeville frénétique en forme de spirale met en scène Jean et Quentin, deux homos banalisés (et assez pathétiques…) et  Juliette une  lesbienne fougueuse et  vivifiante, à l’esprit libre et  totalement craquante.  L’envie folle  d’avoir un bébé  dévore ces messieurs depuis  bientôt trois ans et  ils sont prêts à commander à une mère porteuse trouvée sur  Internet, un rejeton, sans imaginer une seconde qu’ils pourraient se retrouver avec une rejetonne !

Cherchez l’arnaque, il y en a une au moins! Tout a l’emprunte du faux dans ce futur jeu du papa et de la maman…à trois. Les identités se dévoilent peu à peu malgré les savants maquillages.  Chacun voit trembler  les façades inventées de son château de cartes. On plonge alternativement  dans  l’hyper-réalisme et dans  le surréalisme total ! Cause évidente de rires.

 Donc, Quentin, le jeune mignon à chemise bariolée qui présente la météo sur Energie Douce,   cohabite avec  Jean, un policier profiler mal dans sa peau et mal à l’aise dans toutes les situations…  Dur dur, même de servir le thé sans  le renverser sur le tapis rouge! Rapidement hors-jeu,  irascible, et coincé à mort, il avoue assez marri  «  Ce soir, ça va pas la faire… »! Palabres sur qui sera celui qui «  devra mettre la graine dans la machine ! » Bonjour le sexisme !  La  gamine sexy en diable est d’une patience d’ange. Pourtant c’est elle qui mène  le jeu de pigeons ! Le texte est criblé de clichés, et crache  des déluges de vrai et de faux. On frôle le délire de la famille Adams !

Le décor est d’une banalité confondante,  voulue sans doute. Le sac et la blouse de Juliette sont assortis aux tons violacés des murs. Une vague fenêtre, quelques portes grises prêtes à claquer, un divan profond deux fauteuils un tapis rouge vif assorti aux couchers de soleil et palmiers chromos de salle d’attente  sur les murs en constituent l’essentiel. Le jeu physique plus que verbal des mecs fait rire … comme dans les comics. Un leitmotiv rampant : « c’est pas moi, c’est lui » traque le manque d’envergure et la lâcheté des deux mecs mais la  fille  sauve le tout, et le bébé avec!

Et toujours envie d'aller  au théâtre au Centre Culturel d'Auderghem qui programme de succulents spectacles parisiens! 

Footnote... Il faut savoir s'inventer des rêves!  

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http://www.ccauderghem.be/saison-2015-2016/paris-theatre.html

Une pièce de Fabrice BLIND, Michel DELGADO, Nelly MARRE, Carole FONFRIA
Avec Bertrand FOURNEL (Jean), Suzanne ELYSÉE (Juliette), Grégory COMETTI (Quentin)

Centre Culturel D'Auderghem

Boulevard du Souverain 183, 1160 Bruxelles

Le guichet est ouvert le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 11h à 15h , le mercredi de 13h à 17h et le samedi de 10h à 14h.
Réservation par téléphone : lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 17h, le mardi de 11h à 15h et le samedi de 10h à 14h.

02 660 03 03

 

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administrateur théâtres
FÉV 8 20:00  RÉCITAL  de STÉPHANE DEGOUT
CHANSONS MADECASSES
Mélodies de Francis Poulenc & Maurice Ravel CONSERVATOIRE ROYAL DE BRUXELLES
“Degout, a wonderfully patrician singer with a handsome, ringing tone, has an innate charm that can turn to menace in a flash: it’s a superbly accomplished characterisation.”
(
The Guardian)
 
Avec les Chansons madécasses de Maurice Ravel (1875-1937), écrites entre 1925 et 1926, Stéphane Degout nous fait entrer dans le monde exotique des îles de l’Océan indien du XVIIIe siècle, revu par un compositeur français du XIXe.
Le poète et voyageur Évariste de Parny avait publié en 1787 un recueil de textes en prose tirés de chansons malgaches. Bien qu’il ne connût pas l’île de Madagascar, il en donna une vision simple et aimable, dénonçant sévèrement les méfaits de la colonisation. Maurice Ravel en sélectionna trois sur lesquels il composa une musique extrêmement dépouillée pour baryton, flûte, violoncelle et piano. « C’est une sorte de quatuor où la voix joue le rôle d’instrument principal. La simplicité y domine. » écrivit-il dans son Esquisse biographique.
Nahandove et Il est doux sont des mélodies délicates, sensuelles et érotiques, Aoua une vigoureuse dénonciation de l’exploitation et de l’esclavage. Il affirma dans une interview tardive que ces trois chansons étaient parmi ses favorites.
Sur le même principe, Ravel mit en musique les petites Histoires Naturelles de Jules Renard en 1906. Ces scénettes à l’humour quelque peu étrange et à la prosodie volontairement simpliste avaient provoqué une certaine désapprobation le jour de leur création. Pourtant, cette faune si familière – Le Paon, Le Grillon, Le Cygne, Le Martin-pêcheur, La Pintade – prend des allures de fantastique basse-cour émouvante et fragile que la musique sait merveilleusement poétiser. « Mon dessein n'était pas d'y ajouter, mais d'interpréter » aurait dit le compositeur.
Des propos que l’on peut prêter tout aussi bien à Francis Poulenc (1899-1963) lorsqu’il entreprend en 1919 de composer son propre Bestiaire sur des poèmes de Guillaume Apollinaire. Là encore, il s’agit d’animaux – Le Dromadaire, La Chèvre du Thibet, La Sauterelle, Le Dauphin, L’Écrevisse, La Carpe – dont la banalité est transfigurée par la poésie des mots et des notes. Ces petits textes charmants et ironiques offrent à Poulenc l’occasion d’un exercice musical où s’exprime sa profonde tendresse pour la vie et ses aléas. L’accompagnement originellement prévu se composait d’une flûte, d’une clarinette, d’un basson et d’un quatuor à cordes.
Apollinaire fut une source d’inspiration inépuisable pour Poulenc qui mit en musique nombre de ses poèmes. Le poète français reste le fil rouge des mélodies qui composent la suite du programme avec Calligrammes (L’Espionne ; Mutation ; Vers le Sud ; Il pleut ; La Grâce exilée ; Aussi bien que les cigales ; Voyage) daté de 1948, les Quatre poèmes (L’Anguille ; Carte-Postale ; Avant le Cinéma ; 1904) datés de 1931, Banalités (Chanson d’Orkenise ; Hôtel ; Fagnes de Wallonie ; Voyage à Paris ; Sanglots) daté de 1940, ainsi que Montparnasse et Hyde Park composés en 1945.La langue d'Appolinaire trouve avec Poulenc un interprète en parfaite synergie avec cette ironie aux accents faussement naïfs et voilée de nostalgie caractéristique du poète. Des mélodies qui, pour Poulenc, devaient parler pour elles-mêmes et être chantées sans emphase.
Viendra s’adjoindre à ce programme le trio de Kaija SaariahoCendres, pour flûte, violoncelle et piano, qui lui fut inspiré par son double concerto …à la fumée et qui vient apporter une note plus grave à ce joli moment de plaisir fantasque.

 

S’il est un artiste dont le parcours révèle toute l’exigence de qualité, c’est bien Stéphane Degout qui était récemment l'invité de La Monnaie à Flagey pour un splendide récital* et une remarquable interprétation du Poème de l’amour et de la mer de Chausson. Ce chanteur et acteur d’exception, qui n’est jamais si à l’aise que sur une scène, a déjà treize rôles à son actif à la Monnaie où son talent dramatique et l’opulence de son timbre lui ont permis toutes les audaces.
Cela n’exclut pas pour autant le plaisir du récital chez ce grand mélodiste, qui, confronté à l’intimité du genre, sait parfaitement se mettre au service de la musique et de l’expression des sentiments, et transmettre avec une finesse remarquable la poésie de la langue et son alliance parfaite avec la mélodie. Des qualités qui devraient faire des étincelles dans ce nouveau récital dédié aux mélodies de Maurice Ravel et Francis Poulenc, que le baryton français présentera le 8 février au Conservatoire Royal de Bruxelles.

Avec la complicité de trois musiciens de grand talent, le pianiste Cédric Tiberghien, le violoncelliste Alexis Descharmes et le flûtiste Matteo Cesari, il a composé un ensemble très significatif de ces deux compositeurs qui se défiaient de tout romantisme et se dissimulaient souvent derrière l’humour et la légèreté.  

Cédric Tiberghien se produira également à Flagey dans le cadre du Flagey Piano Days du 9 au 12 février 2017

 


*Alain Altinoglu Requiem & Poèmes: Debussy, Chausson, Fauré Nov 26th 2016 Concert La Monnaie De Munt

 

Baritono - STÉPHANE DEGOUT
Piano - CÉDRIC TIBERGHIEN
Violoncelle - ALEXIS DESCHARMES
Flûte - MATTEO CESARI
 

 PROGRAMME
 
Francis Poulenc (poèmes de Guillaume Apollinaire)
Le Bestiaire
(Le Dromadaire ; La Chèvre du Thibet ; La Sauterelle ; Le Dauphin ; L’Ecrevisse ; La Carpe)(1948)
Montparnasse (1945)
Hyde Park (1945)
Calligrammes (L’Espionne ; Mutation ; Vers le Sud ; Il pleut ; La Grâce exilée ; Aussi bien que les cigales ; Voyage) (1948)
Quatre poèmes (L’Anguille ; Carte-Postale ; Avant le Cinéma ; 1904) (1931)
Banalités (Chanson d’Orkenise ; Hôtel ; Fagnes de Wallonie ; Voyage à Paris ; Sanglots) (1940)

Kaija Saariaho
Cendres (Trio pour flûte, violoncelle et piano) (1998)

Maurice Ravel
Chansons Madécasses (poèmes d’Évariste Parny) (1925-26)
 ( « Nahandove, ô belle Nahandove » ,« Il est doux de se coucher »
 ; Aoua )
Histoires Naturelles (textes de Jules Renard)
 (Le Paon ; Le Grillon ; Le Cygne : Le Martin-pêcheur ; La Pintade) (1906)
INFORMATION GENERALE
REPRÉSENTATION 
8 février 2017 - 20:00
 
CONSERVATOIRE ROYAL DE BRUXELLES
30, Rue de la Régence – 1000 Bruxelles
 

PRODUCTION De Munt / La Monnaie
COPRÉSENTATION Bozar Music
INFO & BILLETS
+ 32 2 229 12 11
MM Tickets, 14 rue des Princes, 1000 Bruxelles
www.lamonnaie.be - tickets@lamonnaie.be
 
PRIX
10 € à 44 €

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administrateur théâtres

 play_461_k57a1483.jpg"Vous désirez quelques notes biographiques sur moi et je me trouve extrêmement embarrassé pour vous les fournir ; cela, mon cher ami, pour la simple raison que j'ai oublié de vivre, oublié au point de ne pouvoir rien dire, mais exactement rien, sur ma vie, si ce n'est peut-être que je ne la vis pas, mais que je l'écris. De sorte que si vous voulez savoir quelque chose de moi, je pourrais vous répondre : Attendez un peu, mon cher Crémieux, que je pose la question à mes personnages. Peut-être seront-ils en mesure de me donner à moi-même quelques informations à mon sujet. Mais il n'y a pas grand-chose à attendre d'eux. Ce sont presque tous des gens insociables, qui n'ont eu que peu ou point à se louer de la vie."

La  Salle des Voûtes du théâtre le Public accueille un  portrait éclaté de Luigi Pirandello (1867-1936) à l’aide de  figures emblématiques  issues  des nouvelles  de l’écrivain sicilien : « Je rêve, mais peut-être pas », « Ce soir on improvise », « L’homme à la fleur à la bouche ».  Une petite suite de cauchemars interprétée avec  talent de rêve par un trio de  comédiens capables d'allumer et de  projeter à merveilles ces personnages de l’absurde : Axel de Booseré, Jean-Claude Berutti (mise en scène et adaptation ), Christian Crahay (en alternance avec Lotfi Yahya) et Nicole Oliver.

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Une fois donnés en pâture au public, les thèmes  iront se balancer librement dans son imaginaire,  lui qui devient, s’il se laisse faire,  créateur à son tour,  tout autant  que l’est le metteur en scène lorsque celui-ci  construit sa rencontre avec le texte. Le fil rouge c’est un outrecuidant chef de troupe à la Berlinoise nommé Hinkfuss.

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Théâtre dans le théâtre, que voit-on sur l’écran noir de nos nuits blanches ?  L’amour, la jalousie, la possession, la dispute.  Le mystère ou le rêve dans la voix de cette femme voilée comme dans les tableaux de Magritte ? L’inversion des rôles puisque c’est Luigi qui fut en butte à la jalousie morbide de sa femme ? Un credo : l’énergie de l’acteur libère les doutes, les mensonges, les tricheries, la cruauté. La tyrannie des conventions sociales.  La fourbe tyrannie du mâle : « Il voulait lui faire une surprise…» La robe de strass couleur rubis alanguie sur le tapis vert de la salle de jeu ou sur la méridienne verte  flanquée d’un pouf  répond mollement, absente de l’embrasement, tout à son désir d’un collier de perles et à ses rêves d’amants. Le drame couve. Soudain la comédienne  prend le pouvoir et explose les artifices…à la manière d’Alice.Lewis Carroll? Déchaînement!   

Dans la tentative d’une représentation impossible, il n’y a néanmoins  pas de couture apparente entre les pièces accolées du jeu de miroirs…comme chez  Picasso et les autres de la même époque.

Heureux qui communique : on suit sur l’écran noir et blanc  le visage, le regard de Mommina, devant une fenêtre ouverte sur un paysage, Magritte encore. Rico, Le mari qui la séquestre  referme la fenêtre. Il ne veut plus qu’elle pense ou pire, qu’elle rêve. Prisonnière, elle lui échappe même s’il la brutalise.   Ses sœurs, restées libres font scandale: elles chantent en public. Pendant qu’elle raconte à ses deux fillettes, l’histoire de cet opéra qu’elle chantait avec sa famille, des souvenirs heureux ressuscitent sous forme de marionnettes. Bonjour les géants de la Montagne !  Elle se met à chanter et meurt devant ses filles, sous l’émotion qui l’étouffe. Rico Veri la découvre morte  et  repousse le cadavre du bout du pied. Cruauté : Il l’a trompée en allant  seul à l’opéra voir  l’œuvre chantée par une de ses jeunes  sœurs, Totina restée libre. Paradoxe de la comédienne : elle n’a plus de souffle et n’arrive pas à mourir… Le cauchemar ! Poignant.

4130556538.jpgOn s’égare encore, l’ombre de  Delvaux  ou de Marceau se profile-telle ?  Chargé de cadeaux pour sa famille,  un  personnage  plein de certitudes a raté son train de trois minutes. Il rencontre ce  malade qui porte une fleur funeste à la bouche…dévorante comme le nénuphar dans  l’Ecume  des jours.    Il  a besoin de s’attacher à la vie de gens qu’il ne connaît pas, pour ne pas mourir. «  Moi Monsieur, je m’accroche à la vie par l’imagination. J’imagine la vie des gens que je ne connais pas et c’est bon pour moi ! La vie on l’oublie quand on la vit … mais la vie Monsieur  … la vie … surtout quand on sait que c’est une question de jours … »  Cauchemar. Edgar Poe es-tu là ? Non c’est Pirandello, Luigi de son prénom. Paradoxal de son surnom.

Freud enfin, es-tu là ? Ou Marcel? "Dans les personnes que nous aimons, il y a, immanent à elles, un certain rêve que nous ne savons pas toujours distinguer mais que nous poursuivons."Le temps retrouvé. Voilà la visite de la mère, morte, coiffée d’un large chapeau impressionniste voilé. Scène où  le  fils  pleure sa propre mort en elle. Désespoir de la solitude. Pour elle il ne sera plus jamais le fils ! Elle ne peut plus jamais le penser comme il la pense! Bouleversant.

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Très beau théâtre de réflexion sur l’incommunicabilité, vibrant de références, foisonnant  de vitalité scénique et esthétique… toutes choses qui ne peuvent laisser indifférent. Art is life. Dixit Kandinsky. 

https://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=461&type=1

          

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administrateur théâtres

Du bucolique au diabolique

Image may contain: 2 people, night and indoorVoici Orphée (Papuna Tchuradze) en violoneux, mari  cavaleur et  peu argenté,  Eurydice (l'étincelante Jodie Devos)  en concierge coquine qui s’ennuie devant sa table à repasser, qui  déteste la musique et s’entiche d’un Pluton (Thomas Morris) travesti en berger vendeur de miel; voici une tonitruante opinion publique (Alexise Yerna) bon chic bon genre qui fait la morale, voici une palanquée de dieux et déesses endormis dans les tribunes d’azur du petit monde de  l’Olympe…  La  tragique histoire d’amour d’Orphée et Eurydice a décidément un sérieux coup dans l’aile. La paix des ménages et l’antiquité  sont  mangées aux mites, bonjour les mouches et autres créatures diaboliques! Quelqu’un doit avoir trop bu ! Serait-ce le dieu Bacchus en personne, in vino veritas, qui seul, pourrait prendre la relève ?  Le seul qui fasse toujours rêver, c’est Cupidon (Natacha Kowalski), et Mercure (André Gass), pareil à lui-même, filou, inventif et commercial!

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 L’air étouffe, l’atmosphère devient pesante et viciée, le matérialisme sans grandeur menace et entrave  la bonne gouvernance. A travers les dialogues  bourrés de franc-parler ou d'hexamètres enflés de ses librettistes Henri Crémieux et Ludovic Halévy, Jacques Offenbach se gausse des travers de son temps et du nôtre, par extension anachronique. Il condamne cette société bourgeoise  narcissique qui n’a qu’un but : sauver les apparences. La censure s’attaque à Flaubert et à Madame Bovary.   N’empêche,   le compositeur n’hésite pas à fustiger le pouvoir impérial de Napoléon III dans le personnage de Jupiter (Pierre Doyen), vulgairement nommé Jupin. C’est toute la mythologie antique qui dégringole : Mars (Marc Tissons), Vénus (Julie Bailly), Junon (Laura Tissons), Diane (Sarah Defrise) en bottes, cravache et sa meute de dobermans, Minerve, Cérès...  Avec son Orphée aux Enfers, créé en 1858, Jacques Offenbach connaît son premier vrai triomphe.

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                                La partition est une riposte irrévérencieuse au succès de la grande musique classique et à celui des chansons populaires des faubourgs, mais elle dresse surtout un  portrait caustique de la société de son temps tout à ses plaisirs et son autosatisfaction.

                                La mise en scène bouillante de dynamisme et de  dérision délirante de Claire Servais ( recyclée pour plus de saveur, au cœur notre époque télé-réalité) nous livre  un  foisonnement d’anachronismes joyeux et subversifs propres à  la satire.

                                Les citations affectueuses de grands airs,  comme le clin d’œil à Orfeo ed Euridice de Gluck (1774), arrivent comme des  mets de choix, comme une référence aux délices d’un âge d’or, avec des voix d’or. De  savantes allusions, pastiches de la musique du XVIII° siècle, plongent tour à tour dans la joie bucolique ou le rite sacré virtuose. Le spectateur se retrouve à plusieurs reprises, balancé dans l’émotion alors qu’il s’apprêtait rire de plus belle et à pouffer devant l’amas de bouffonneries. Mais à chaque détour de la cavalcade entre terre, ciel et enfers, il y a l’irrésistible naissance du galop, ce French cancan endiablé, ce « style Offenbach » qui est dans tous les esprits,  qui pétille et surprend comme bulles de champagne  ravageuses.

                                Émile Zola lui-même ne supporta pas cette atteinte à un patrimoine quasi-sacré. Il est offusqué par le style et profite des Rougon-Macquart pour pamphlétiser  avec Nana, déguisée en Vénus  :

« Ce Carnaval des dieux, l’Olympe traîné dans la boue,

 toute une religion, toute une poésie bafouée, semblèrent un régal exquis.

 La fièvre de l’irrévérence gagnait le monde  lettré des premières représentations ;

 on piétinait sur la légende, on cassait les antiques images. Jupiter avait une bonne tête, Mars était tapé. La royauté devenait une farce, et l’armée, une rigolade. Quand Jupiter, tout d’un coup amoureux d’une petite blanchisseuse, se mit à pincer un cancan échevelé, 

Simonne, qui jouait la blanchisseuse, lança le pied au nez du maître des dieux, 

en l’appelant si drôlement : « Mon gros père ! » qu’un rire fou secoua la salle. Pendant qu’on dansait, Phébus payait des saladiers de vin chaud à Minerve, et Neptune trônait au milieu de sept ou huit femmes, qui le régalaient de gâteaux.        On saisissait les allusions, on ajoutait des obscénités, les mots inoffensifs étaient détournés de leur sens par les exclamations de l’orchestre. Depuis longtemps,

 au théâtre,

 le public ne  s’était vautré dans de la bêtise plus irrespectueuse. Cela le reposait. » 

Image may contain: 5 people, people standingMais nous, à la veille de 2017, nous ne pouvons que nous amuser de cette relecture époustouflante et sulfureuse de l’œuvre phare de Jacques Offenbach, remaniée 20 ans après sa création, en féerie de 4 actes, 12 tableaux, 42 rôles et pléthore de danseurs et figurants.

                                 Dans cette version 'entre deux', il y a des relents du théâtre subversif d’Aristophane, des tableaux démoniaques  au  parfum de Jerôme Bosch  et des bacchanales aux couleurs de Jordaens. Il y a cet extraordinaire gardien des enfers qui se shoote à l’eau du Léthé,  John Styx (Frédéric Longbois),  à mi-chemin entre Charlot et  militant écossais anti-Brexit et  tout ce peuple de touristes de l’Olympe qui a embarqué pour faire la fête dans la chaleur de l’enfer!

                                 Un vent de fronde et un rêve de changement souffle à travers les flammes brûlantes de  cette gigantesque pantomime iconoclaste, comme à l’aube de toute décadence d’empire.

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                                 La richesse de la  distribution, les décors somptueux, les interprétations vocales méticuleuses et foisonnantes sans la moindre faiblesse et  surtout un orchestre conduit avec finesse et intelligence mutine par un vrai complice de la galéjade,  Cyril Englebert, sont là pour nous ravir et nous faire passer le cap de l’année, dans un galop d’enfer.

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Photos © Lorraine Wauters-Opéra Royal de Wallonie

Du mardi, 20/12/2016 au samedi, 31/12/2016 à Liège

Cyril Englebert MISE EN SCÈNE : Claire Servais CHEF DES CHŒURS : Pierre Iodice ARTISTES : Papuna TchuradzeJodie Devos Alexise YernaPierre DoyenThomas MorrisNatacha KowalskiJulie BaillySarah DefriseFrédéric LongboisAndré GassLaura BalidemajAlexia SafferyYvette WérisSylviane BinaméChantal GlaudePalmina GrottolaMarc Tissons NOMBRE DE REPRÉSENTATIONS : 7

 http://www.operaliege.be/fr/activites/orphee-aux-enfers

Le 7 janvier à Charleroi. 

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administrateur théâtres

« La Framboise Frivole » au théâtre des Martyrs!

Quarante plus soixante ? Ça vous fait… cent ! Cent raisons d’aller voir sans tarder le centenaire des sans en avoir l’air. Mais ils ont la chanson, la musique  la classique et la populaire – et la façon inimitable, ces deux joyeux lurons, capables d’enflammer dès les premiers accords, un public émerveillé, été comme hiver.

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Peter Hens au violoncelle et Bart Van Caenegem au piano mettent tout leur talent au service de « La Framboise Frivole » une inoubliable gourmandise, une future madeleine. Un duo de cirque musical classico-pop et pot-pourri aux mille et une subtiles effluves. Et Avec le grand Jacques, bien sûr ! Mathilde, puisque te v’là !

Tout est dans le lien futile ou frivole quasi-inexistant, disons carrément imaginaire qui naît entre les airs enchanteurs et les supercheries de chansonniers qui vous font vous tordre de rires. Courrez tous à ce non-événement car c’est Léonard de Vinci, le chef d’orchestre ! Homme d’esprit universel que l’on connait aussi par ailleurs comme peintre, inventeur, ingénieur civil et ingénieur tout court, astronome, philosophe, anatomiste, mathématicien, compositeur, sculpteur, architecte, diplomate, poète…


« La Framboise Frivole » va vous faire découvrir les influences purement inventées du génie, sur la musique des grands compositeurs. Ce peintre de la république florentine, savant prophétique mourut le 2 mai 1519, à 67 ans au Château du Clos Lucé, Amboise, au Royaume de France. Ceci vaut bien une framboise, non ?

Donc on lance les grandes orgues pour saluer Haendel, Carmina Burana, Franz Liszt, et on jubile à chaque incursion de la pop XXieme et de la belle et douce chanson française ! Toutes barrières abolies, le temps et les genres se mélangent un feu d’artifice galactique. La fusion musicale anachronique bouillonne dans le chaudron du pianiste et le plaisir de haute alchimie verbale…court sur l’archet du violoncelle en vol ! 

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Une production de Panache Diffusion et Opus 2

Avec Peter Hens (chant et violoncelle) et Bart Van Caenegem (piano et chant)

Avec la complicité de Jean-Louis Rassinfosse

Photos: https://www.facebook.com/pg/plusde500billetsdeDHL/photos/?tab=album&album_id=1095198310607368

La framboise frivole | Théâtre des Martyrs - theatre-martyrs.be

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La framboise frivole fête son centenaire ! C'est de leur vivant qu'ils ont souhaité fêter cet événement. Depuis cent ans sous le nom de la « Framboise Frivole » ...
Dates
20:15 jeudi 29 décembre
20:15 vendredi 30 décembre
19:00 samedi 31 décembre
22:00 samedi 31 décembre
20:15 jeudi 5 janvier
20:15 vendredi 6 janvier
19:00 samedi 7 janvier
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administrateur théâtres

 Image may contain: one or more people and people standingSauf à admettre que chaque année qui se referme semble toujours avoir été particulièrement éprouvante, 2016 semblera sans doute  à beaucoup l’une des pires  traversées. Mais bien que chacun en réalité, redoute secrètement les années finissantes,  au  train de plus en plus rapide où elles vont, qui regrettera celle-ci?  Dump 2016, Welcome 2017 ! Plût au ciel qu’elle fût meilleure!

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Pied de nez à la morosité. Comme il est bon de  se décharger d’une année  pesante de violence, de douleurs, de misère humaine, de mensonges, de désinformation, de compromissions, et de guerres aux quatre coins de la planète! La Méditerranée, Mare Nostrum devenue cimetière, les murs qui se construisent, la liberté qui s’effrite, la bio-diversité qui se lamine, la planète qui perd la boule…  Hécatombe de nos stars et des grandes figures de notre culture. Tout nous bouleverse, tout nous heurte, tout nous a blessé!Image may contain: one or more people and people sitting

Aussi, le spectacle traditionnel de la Revue, fleuron du théâtre des Galeries à Bruxelles se veut cette année  plume de Dumbo, légère, fleurie de bons mots, dansante paillette, sur nos champs de bataille.   Laissant de côté les choses qui nous dépassent, les choses qui nous font pleurer, les choses qui nous font hurler d’impuissance et de rage. Pédale douce donc, pas de mise à feu, pas de  piloris de pacotille,  pas de moutons enragés, pas de fiel débordant ni de sarcasmes assassins, pas de rires à gorge déployée, pas de farce déplacée. Plutôt le sourire de Bouddha. Une veillée simplifiée et chaleureuse de l’année pour conduire à la réconciliation plus qu’au lancement d’alertes. Devant une salle à l’écoute, le spectacle se pique de se focaliser avec tendresse sur la faiblesse humaine, sur nos travers, sur  notre Belgique mère  chérie qui tient debout contre toute attente, évitant les sujets qui fâchent, soulignant le surréalisme, car il fait rire et installe la bonne distance.

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A deux pas du piétonnier tant haï, les onze artistes  sont à pied d’œuvre pour une  remise sur pied de bonne humeur. Ils vous attendent de pied ferme pour donner ce coup de pied  plus que salutaire dans la fourmilière et vous souhaiter, vêtus de pied en cap - visez surtout le chapeau doré coiffé d’une plume et d’une rose - une très joyeuse entrée - de plein  pied - dans 2017 qui ne sera  pire pied, messires,  que la pire année 2016 ! Du fond du cœur donc,  merci aux Ladies and Gentlemen,  aux acteurs, comédiens, danseurs, chanteurs, imitateurs chevronnés,   que l’on voudrait tous installer sur piédestal, du plus petit au plus grand, par ordre de taille! Mais non, c’est impossible,  ils sont tous grandioses, surtout quand ils s’empêchent coûte que coûte, au cœur de la joie théâtrale,  d’être  pris en flagrant délit de rire compulsif. Avec:

Bernard Lefrancq
Marc De Roy
Angélique Leleux
Pierre Pigeolet

Perrine Delers

Marie-Sylvie Hubot
Anne Chantraine
Maïté Van Deursen
Frédéric Celini
Kylian Campbell

et Fabian Le Caste

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http://www.trg.be

Du 7 décembre 2016 au 29 janvier 2017

Photo© Bernard Rosenbaum Rosenbaum


« La Revue » au Théâtre royal des Galeries, 32 Galerie du Roi à 1000 Bruxelles, jusqu’au 29 janvier. Réservations : tél. 02.512.04.07 de 11h00 à 18h00 du mardi au samedi. Renseignements : www.trg.be

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administrateur théâtres

Merry and Bright... Comme les oiseaux du ciel, picorons le bonheur des renouveaux... Nous savourons et empruntons des mots amis, des pensées amies. La parole de l'autre est source de renouveau... Celle à qui j'emprunte le saura d’ailleurs... car nous œuvrons sur une même onde de parole transmise ! Noël n’est pas un événement. Il est une venue au monde, mais quel monde ? Un monde d’à-venir. Noël arrive à la fin de l’année, la fin d’un temps, et nous rappelle en cela que si naissance il y a – une autre vie - elle témoigne en même temps de la fin d’un temps ; d’époux, Marie et Joseph deviennent parents, du néant naît un enfant ; d’un monde qui a fait son temps doit naître un monde « augmenté », non pas comme ces objets connectés, mais un monde portant du fruit, fertile, un monde en devenir, enrichi de ce qui le meut. La naissance, oui, est un mouvement, un élan vers la rencontre, vers l’autre, un immense désir de « fruition », « la fruition de la vie », joie !
Je souhaite au fond du coeur de chacun un Très Joyeux Noël: celui de l'espoir, celui de la confiance, celui de l'émerveillement, cet étonnement devant le souffle puissant qui crée notre devenir...celui du mystère qui se prépare et renverse nos attendus,  le NOËL de notre humaine et éternelle « augmentation » de l’autre…

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La rencontre nous augmente, et pour preuve ces instants de sublime connivence qui nous ont soudain échu, amie Liliane, toi et moi, connectées par hasard hier soir! Mais il n'y a pas de hasard...il y a des lectures, de l'intimité, du soi que l'on cherche à connaître, pour mieux rencontrer l'autre!

"Souffle"

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Epines de pin écarlates,

Clin d’œil d'artiste friponne!

Idéal embusqué dans des traits acérés,

Cheveux de princesse nippone,

Brins d'herbe pourpre au soleil.

Go to: https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/deashelle-vibre-au-souffle-de-mon-inspiration-un-partenariat?xg_source=activity

Merci Liliane pour ce partenariat éclair, le souffle de ton pinceau, un merveilleux cadeau de Noël, sans paillettes ni artifices, juste le souffle... Le souffle suffit! 

Merci, Isabelle, Bernard, Fabienne, Marie-France...

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administrateur théâtres

Image may contain: 1 person, indoorLe concert sous le Haut Patronage de Sa Majesté la Reine Mathilde donné le 19 décembre 2016 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles était organisé au profit du laboratoire d’hématologie expérimentale Jules Bordet. Martha Argerich fascine depuis plus d’un demi-siècle. Elle était entourée d’artistes réputés tant par leur talent exceptionnel que pour leur générosité sans frontières, tous des amis de longue date. La salle était archi-comble !

« Main dans la main, nous avons le plaisir de jouer tous ensemble pour vous ce soir au profit du laboratoire d’hématologie expérimentale de l’Institut Jules Bordet. »
Martha Argerich

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Mais qui est Dominique Bron ? Née à Bruxelles, le 8 janvier 1955, elle est professeur à l'Université libre de Bruxelles en Spécialités Hématologie, Transplantation, Ethique. Diplômée docteur en médecine, chirurgie et accouchements en 1979 à l'ULB, elle se spécialise en médecine interne/hématologie, et obtient sa spécialisation en 2004. Elle complète sa formation post-graduée en Transplantation au FHCC (Seattle, USA) et commence un programme PhD à l’Université de Standford avec le Prof H. Kaplan (CA-USA). Elle obtient le diplôme d'agrégé de l'enseignement supérieur en 1990, en défendant la thèse « In vitro production of human monoclonal antibodies ». Elle devient chef de service d'hématologie à l’Institut Jules Bordet en 2009, et est nommée Professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de l'ULB en 2009.
Le Prof Bron est auteur de 250 publications (H-index 45) dans les domaines de la leucémie lymphoïde chronique, la transplantation, le microenvironnement, le vieillissement et la bioéthique. Elle a reçu plusieurs prix dans le cadre de ses activités d’enseignement et de bioéthique.

http://hand-in-hand-sur-scene.com/

La Belgique réservera une surprise  de taille à l’intrépide pianiste avant l’entracte, elle qui vient de recevoir la plus haute distinction honorifique américaine ce 4 décembre dernier aux côtés du groupe rock Eagles, de l'acteur Al Pacino, du chanteur de gospel et de blues Mavis Staples et du musicien James Taylor. « Le Kennedy Center Honours » célèbre en effet le talent spectaculaire d'artistes qui ont imprimé un impact durable sur notre société et qui par leur engagement puissant et leur carrière illustre ont apporté une contribution culturelle majeure au pays. Charles Picqué lui remettra sur scène à la fin de la première partie du concert, notre distinction belge la plus illustre: les insignes de « Commandeur de l’ordre de la Couronne ». Une scène d’une émouvante simplicité, à la mesure de l’humilité légendaire de la sublime pianiste.


Le programme est un festival à lui tout seul présenté par une incomparable jeune marraine Annie Dutoit, narratrice. Un parcours à la fois ludique et passionné. On commence par les ondulations humoristiques d’arpèges ou la délicatesse extrême de Nicholas Angelich qui contrastent avec les accents caustiques des violons et du violoncelle. On est dans l’Allegro vivace du quintette pour violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano en la majeur, op. 114, D. 667 « La Truite », de Franz SCHUBERT. La bande d’artiste c’est Nicholas Angelich au piano, Lorenzo Gatto, violon, Mischa Maisky, violoncelle, Lyda Chen, alto, Enrico Fagone, contrebasse.

Dans un très beau duo avec Nathan Braude, alto, la jeune Polina Leschenko insuffle fraîcheur, caractère et poignées de fleurs musicales à la pièce de Chopin (Polonaise Brillante, pour alto et piano op. 3).

Enfin paraît la reine très attendue de la soirée aux côtés d’Akané Sakai vêtue d’une robe d’un rouge éblouissant pour une rencontre musicale extraordinaire à deux pianos avec Fêtes, Nocturnes, II de Claude DEBUSSY, dans une transcription pour deux pianos de Maurice Ravel. Martha Argerich nous gratifie de sonorités étincelantes, dans  ces Fêtes qui soulèvent des vagues d’énergie vitale, puis qui s’évanouissent, avec ce regard nostalgique  que l'on a sur leurs deniers échos. Poignant !

La pianiste change de piano. Les Variations sur un thème de Paganini, pour deux pianos de Witold LUTOSŁAWSKI incarnent la brillance de l’esprit, la liberté et la créativité des artistes face à face : Martha Argerich et sa complice Polina Leschenko. Aux carillons superposés déchaînés répondent des rideaux de gammes descendantes - perlées et tendres comme des larmes - des hoquets profonds, et des lames puissantes, débordantes d’impatience ou de désespoir. Imprécations, éclairs, et frénésie font ensuite place au retour du thème devant un public déjà comblé et qui le manifeste chaleureusement.

Changement de programme : Voici les Fantasiestücke pour violoncelle et piano op.73 de Robert Schumann. Une avant-première du futur Concours Reine Elisabeth ? Mischa Maisky est éblouissant ! L’accompagnatrice de rêve imprime douceur, poésie, et fait ressortir la recherche exaltée du violoncelliste, puis boucles, tensions et volutes, s’enlacent. Triomphe.

Les deux autres compositions inscrites au programme de cette soirée inoubliable seront encore plus fabuleuses : de Maurice RAVEL, les grondements sismiques de La Valse, version pour deux pianos avec Martha Argerich et Nicholas Angelich au piano. Du jamais –entendu, dans un foisonnement final incomparable. Et de Camille SAINT-SAËNS, Le Carnaval des animaux, grande fantaisie zoologique en forme de Revue musicale grandiose avec l’ensemble des artistes :
Martha Argerich, piano
Lily Maisky, piano
Lorenzo Gatto, violon
Sascha Maisky, violon
Lyda Chen, alto
Mischa Maisky, violoncelle
Enrico Fagone, contrebasse
Denis-Pierre Gustin, flûte
Jean-Luc Votano, clarinette
Max Charue, glockenspiel, xylophone
Annie Dutoit, récitante

Plus qu’une fête, une féerie donc le nectar vient d’outre-ciel. Ce soir-là au Jardin des plantes, pour le plaisir de nos sens, la musique de Camille Saint-Saëns!

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http://www.bozar.be/fr/activities/119129-martha-argerich-friends-play-for-brussels

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crédit photos Stéphane Dado, musicologue

https://www.washingtonpost.com/entertainment/music/martha-argerich-is-a-legend-of-the-classical-music-world-but-she-doesnt-act-like-one/2016/12/01/117095b4-b104-11e6-be1c-8cec35b1ad25_story.html?tid=ss_fb&utm_term=.9ab68d89fec7

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administrateur théâtres

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Au Centre Culturel d’Auderghem on applaudissait de tout cœur l’an dernier « L'Affrontement »   mettant en scène  Davy Sardou et Francis Huster, spectacle  récompensé en 2014 par un Molière . On recommence cette année, avec la même ardeur, sinon plus, pour applaudir  « Les vœux du cœur », une autre pièce magnifiquement traduite de l'Américain Bill C. Davis. Certains soirs, l’amour aidant, on ira même jusqu’à applaudir frénétiquement - en plein spectacle - car il y a un moment où on a vraiment du mal à s’en empêcher.

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Bénissons ces quatre comédiens très futés qui restent à l'écart des clichés,  dirigés par Anne Bourgois  et qui  forment un quartet éblouissant de vie, d’énergie et de justesse de ton.  C’est beau comme un vitrail par où passe la lumière. Le découpage  en tableaux brefs et bien rythmés  forme une mosaïque colorée efficace, drôle et sans aucune pesanteur malgré l’argumentation  théologique parfois très  intense. Le décor minimaliste fait  à la fois office de sacristie, d’église, de confessionnal, de presbytère, d’appart de gay people, de refuge de filles-mères, de cabinet de vétérinaire et même d’hôpital! Quelques chaises, deux prie-Dieu et un grand pouf canapé lit font l’affaire.  Les  balayages du vidéaste,  les éclairages et les musiques  très soigneusement choisies   bordent chaque impromptu  et rendent l’ouvrage très percutant, tout en lui donnant une allure de joyeuse modernité.

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Catholicisme à la carte : on retrouve Davy Sardou dans le rôle de Tom, ce trentenaire déchiré entre foi et sexualité, entre amour et respect de Dieu et respect des hommes.  Brian, son partenaire grisant de gentillesse, de sincérité et de générosité, c’est un adorable  Julien Alluguette qui voudrait vivre leur amour au sein de l'église.  Il a une sœur, Irène (Julie Debazac), tout aussi vive et  attachante. Incidemment, elle porte aussi un enfant de père marié à une autre.  Elle prépare sa tournée artistique de piano mais  elle lâcherait tout  pour que son frère soit heureux et puisse conclure l’union dont il rêve avec Tom. Y compris, parler plus que franchement  à ce prêtre rayonnant (Bruno Madinier) en chasuble verte, elle qui n’a plus mis le pied dans une église depuis 17 ans. Réussira-telle à faire plier le très charismatique père Raymond,  dont les sermons témoignent de tant d’intelligence ? Il a beau être progressif, il se range aux diktats de l’Eglise. Pour  lui, « Plus profond que le désir, il y a l’obéissance ». « Donner aux gens ce qu’ils demandent n’est pas une preuve d’amour ! » «  Etre heureux, c’est pas là la question ! » «  On ne peut pas déplacer les vœux, c’est comme déplacer le littoral ! ». Mais tout cela, c’est sans compter sur la surprise des enchaînements et le chatoiement des mystérieuses racines du cœur…

Ainsi, Aimer, Honorer, Chérir, voilà les vœux. Jusqu’à ce que la mort nous, vous, les sépare…   

 

Note d'intention d'Anne Bourgois: http://www.atelier-theatre-actuel.com/fiche.php?fiche=531&article=1656&menu=131#haut

Dates: 

Jusqu’à ce dimanche 18 décembre, Davy Sardou et Bruno Madinier jouent dans "Les vœux du cœur", de Bill C. Davis, au Centre Culturel d'Auderghem - CCA. L'histoire de trois hommes et une femme. Un couple catholique homosexuel, la sœur de l'un des concubins et un prêtre réunis dans un le huis-clos d'un presbytère. Réservations : 02/660.03.03.

Pour son rôle dans Les Voeux du Coeur, Davy Sardou a été récompensé du Triomphe AuBalcon du meilleur acteur (2016).

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administrateur théâtres

Songe ou mensonge ? Complicité de deux géants russes…Pouchkine et Rimsky Korsakov.  Que nous réserve l’aube nouvelle ?

Quelque part dans un empire
Plus lointain qu'on ne peut dire,
Vivait le grand roi Dadon,
Qui dès l'enfance eut le don
D'infliger par son courage
À ses voisins force outrages.
Or ce roi, quand il vieillit,
Voulant loin des chamaillis
Connaître des jours paisibles,
A son tour devint la cible
De ses voisins qui dès lors

Lui causaient beaucoup de tort… 

Ainsi commence le conte russe écrit par Pouchkine (1799-1837) en 1834. Jugé irrévérencieux, par ses remarques caustiques sur le Tsar Nicolas I,  celui-ci fut déjà censuré.

 La satire  gagne encore en puissance avec le librettiste, Vladimir Belsky et la musique de  Rimsky Korsakov (1844-1908). Il fut à son l’époque plus difficile de  faire sautiller Le Coq d’or de sur la scène russe que de faire passer un chameau par le  trou d’une aiguille…raconte à l'époque, le critique musical, Joel Yuliy Engel (1868-1927).  Quoi de plus subversif d’ailleurs qu’un conte, pour critiquer  ce régime tsariste pourri  qui ne recule pas devant le crime et ne tient pas  ses promesses? En 1905, le compositeur   fut destitué, puis réintégré dans ses fonctions au Conservatoire pour avoir apporté son soutien public à des étudiants rebelles. La création du dernier opéra de Rimski-Korsakov eut finalement lieu le 24 octobre 1909 à Moscou dans un théâtre privé, après sa mort.

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  "Il a le rang et les vêtements du Tsar. Mais son corps et son âme sont ceux d'un esclave. À quoi ressemble-t-il? Les courbes impaires de son personnage rappellent celle d'un chameau, Et ses grimaces et caprices sont celles d'un singe ..." La musique transparente de cet opéra alerte et malicieux, composé près de  10 ans  avant la révolution de 1917, regorge d’allusions parodiques au pouvoir en place, critiquant ouvertement ce roi malhabile, son régime autoritaire et arbitraire et l’asservissement de son peuple, pourtant libéré officiellement du servage en 1861.

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Cet extraordinaire Coq d’or hélas rarement joué, est un  vrai  cadeau de décembre avec la très  intelligente  mise en scène du français Laurent Pelly et surtout sous la baguette d’Alain Altinoglu qui  dirige, avec quelle force théâtrale,  son premier opéra depuis sa prise de fonction  comme chef attitré de La Monnaie! Alain Altinoglu préside à son orchestre comme un chef d’atelier de tapisserie musicale, assemblant les 1001 mélodies orientales de la composition en une immense fresque débordante de vie, qui met en scène une myriade de sonorités instrumentales bien adaptées à la voix des solistes.

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En prime, cadeau dans un cadeau, entre le 2e  et le 3e acte, Alain Altinoglu dépose la baguette, quitte l’orchestre, ouvre un piano et joue en interlude musicale les suites tirées de l'opéra avec la violoniste Saténik Khourdoïan … qui  plane avec son archet, les yeux fermés. Pur bonheur, moment de grâce,  d’extase peut-être, un saisissant contraste après la ridicule scène entre la sublime  et séduisante reine Chemakhane (Venera Gimadieva/ Nina Miasyan) et le balourd roi Dido (Pavlo Hunka/ Alexey Tikhomirov), qui se comporte, à peu de choses près, aussi stupidement et vulgairement que  certains touristes sexuels des contrées lointaines.

 

 Cette nouvelle production de La Monnaie tend un miroir à la bêtise humaine et à tous les tyrans du monde.  Le travail de la mise en scène où le peuple et le tas de charbon se confondent  capte à contre-jour le jeu de foules versatiles. Souvenirs de tableaux expressionnistes ? Les magnifiques costumes de fourrure de renard argenté de la cour impériale  se chargent  au fur et à mesure la poussière noir charbon. Celle-ci finit par  devenir de plus en plus  envahissante,  jusqu’à atteindre même le  splendide costume de la reine Chemakhane, une truite d’argent enchanteresse si suggestive dans son torride solo érotique,  devant un roi  béat d’admiration! Le décor de ce deuxième acte n'est pas une immense corne d'abondance mais une immense nasse illuminée de désir dont le piège se refermera sur le roi incompétent. Les lumières (Joël Adam), elles aussi, comme les tonalités musicales, ne font que s’assombrir, et  annoncer l’inéluctable déclin et la mort du monarque absolu. Le somptueux lit d’argent  où paresse le roi est une pièce d’orfèvrerie qui une fois montée sur un tank dévastateur, dit tout de l’horreur de la guerre. Les figures déshumanisées  qui accompagnent la Circé orientale font frémir.

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Mais l’émerveillement est  entier à chaque apparition du Coq d’or, un être mythique dont les postures sont plus vraies que nature. Le poitrail doré se gonfle de chants mystérieux chantés par la voix de Sheva Tehoval, tandis que la danseuse, Sarah Demarthe, accomplit le miracle mimétique sue scène par une danse d’une incomparable  grâce animale. Les tressaillements de l’immense queue faite de plumes de paradisier, ou du moins on l’imagine, les sabots d’or qui chaussent les pattes délicates qui cherchent à éviter de se salir, et le refuge sur un radiateur pendant le sommeil injuste du tsar sont autant de secondes de beauté: tout chez cette figure fabuleuse,  est matière d'espoir, matière  à rire et à plaisir, comme échappée des Contes du Chat Perché!         

 

 La féerie subversive est  bourré d’humour : « Tout conte est mensonge mais n’en contient pas moins quelque allusion. Puisse-t-il servir de leçon à maints braves jeunes gens. » dit Pouchkine et le facécieux Astrologue (Alexander Kravets)  de conclure : «  Seule la tsarine et moi-même y étions bien vivants ! Les autres, chimères, élucubrations, fantômes blafards, vacuité… » Notre société semble être accablée des même maux de décadence et de désarroi… Quel coq d’or risque subrepticement de s’animer et de pourfendre  son crâne ?  

© LA MONNAIE/BAUS

http://www.lamonnaie.be/fr/program/10-le-coq-d-or

liens utiles:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Pouchkine

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Coq_d'or_(op%C3%A9ra)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_II_(empereur_de_Russie)

 « Le Coq d'or » a séduit la presse ! – 


– Opéra magazine 14.12.2016
Le Coq d'or, (...) est admirablement servi par la Monnaie de Bruxelles depuis hier soir. Lecture orchestrale enivrante d’Alain Altinoglu, (...) et mise en scène de Laurent Pelly réussissant le juste dosage entre onirisme, fantasmagorie et satire dans une œuvre hésitant entre différents genres. 
-----------
–  La Libre Belgique, 14.12.2016
Un Coq d’or noir, étincelant et poétique. Après un « Capriccio » de grande classe, voici un « Coq d'or » qui pourrait marquer les mémoires.
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– Le Soir, 15.12.2016
Une féerie somptueusement maligne.
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– L'Echo, 15.12.2016
Une mise en scène savoureuse de Laurent Pelly : un régal d’insolence douce, absurde et taquine (…) 
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– FAZ.NET, 15.12.2016
«Der goldene Hahn» is eine Prachtpartitur.

 

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administrateur théâtres

12273202671?profile=originalC’est sous la conduite impeccable de David Navarro Turres que le Brussels Philarmonic Orchestra accompagnait  les chœurs de La Brussels Choral Society ce samedi  10 décembre 2016 dans la salle Henri-Le Bœuf,  au palais des Beaux-Arts de Bruxelles.   Après une entrée en scène bien réglée, les choristes  constituent une masse visuelle compacte d’envergure  imposante, qui surplombe sur quatre rangs le plateau où fusent les instrumentistes. Au premier rang, sur l’avant-scène, en livrées princières de grandes fêtes, siègent les solistes. L’ensemble convoque une atmosphère de solennité, impression renforcée par les austères tenues noires des chanteurs munis de leurs livrets couleur bordeaux.  Un défi à relever: col hors catégories, ce  Dixit Dominus, le chef-d’œuvre  que le  jeune Haendel  composa en Italie à l’âge de 24 ans. Fiat Musica !  La symbiose  existera à chaque instant entre les solistes, les chœurs et l’orchestre.  La tension est immense.  Le feu divin est là, crépitant, la réserve de puissance est inépuisable, on est guidé du début jusqu’à la fin, de l’alpha  à l’oméga  à travers le  plus beau morceau de musique chorale débordant d’énergie et de force que puisse interpréter un chœur.  La conduite harmonique est absolument  sans faille avec des legatos puisés dans le sens du divin. La déclamation dramatique ouvre de nombreux espaces pour les splendides lignes dramatiques confiées aux solistes : Iris Hendricks, Julie Prayez sopranos, la  mezzo-soprano Pauline Claes, Joris Bosman, tenor, et Matthew Zadow, Basse.  Impériaux et déchirants.  Tout y est : grandeur, intensité expressive, la pureté des élans chez les sopranos, la ferveur et la solidité du ténor et basse. Le flux  musical peut couler à profusion, le public s’en abreuve en s’empêchant de respirer. « De torrente in via bibet, propterea exaltabit caput » Si Dieu fit l’homme à son image…quelle leçon de courage!  

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Une luxueuse lecture de la 94e symphonie de Haydn prend place sous la même baguette  preste et ardente de David Navarro Turres, après le départ du chœur symphonique. Les cuivres sont  fermes et sûrs, les bois sont agiles et les cordes  se parent de chatoyantes sonorités. L’entrée délicate mais vive du  deuxième mouvement  évoque une marche gracieuse et chantante. Les variations ludiques en notes pointées s’accumulent entre sautillements d’elfes et pas de géants. Est-ce la grâce d’un sylphe au travers de l’élégance de la flûte ? L’impression de danse rustique, presque une valse aux chevilles et jupons ensorcelés, se termine par  l’allégresse, des cors lumineux, des contrebasses aux pizzicati pulsés, le tout très inspiré et dans une belle élasticité de rythme brillant.

Quand le chœur réapparaît en deuxième partie du programme, c’est pour se lover dans la douceur du Kyrie de la messe n° 5 en La majeur de Franz Schubert, que le chef dirige avec une vision très nuancée. La soprane et l’alto ajoutent des vagues de vivante mélancolie. Le Gloria sera passionné et nerveux,  dont l’Agnus Dei est magnifiquement souligné par les voix masculines. Une vague de fond des choristes « Tu solus altissimus » balaie la salle comblée et émue. Les différents pupitres des instrumentalistes allègent par leur transparence musicale la scansion presque guerrière du chant. L’Amen final est foisonnant, et retombe sur la salle comme  une pluie d’étoiles qui donnent le frisson. Ce sont les cuivres qui donnent le ton pour un début du Credo in unum deum, chanté a capella. L’ensemble, solistes, instruments, et choristes  fait preuve d’un sens aigu du drame et très haute complicité. L’ « incarnatus est » est majestueux et le poignant  « immolatus » touche à l’infini de la douleur. Les  silences sont palpitants d’émotion comme pour reculer  l’annonce du martyre dans toute son ampleur suivie  de la  spirale infinie la glorieuse rédemption. Le Sanctus fuse de tous les instruments comme une alerte insistante faite de deux notes répétitives. Les « Hosanas » sont piqués comme  des fleurs sur l’ample robe du Benedictus, sorte de berceuse cosmique aux arpèges haletants. On retient  l’Agnus Dei avec ses déflagrations de miserere où le mot « p a c e m »  fait œuvre de relique sacrée et confirme que la prière sera exaucée. Il  sera offert  humblement en bis par le chef d’orchestre ravi et plein de gratitude pour  la qualité de son radieux ensemble et l’accueil chaleureux du public.  La détermination musclée et vaillante du chœur et son lyrisme  n’auront pas faibli tout au long de cette soirée et leur dernier souffle se sera confondu avec l’immense  sourire de la salle entière.

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Brussels Choral Society
Brussels Philharmonic Orchestra

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Iris Hendrickx – soprano
Julie Prayez – soprano
Pauline Claes – alto
Joris Bosman – ténor 
Matthew Zadow – basse

Chef d’orchestre : David Navarro Turres

https://www.mixcloud.com/discover/brussels-choral-society/

 

Coming next: 

Ludwig van Beethoven
Missa Solemnis (Op. 123)

Brussels Choral Society
Guildford Choral Society
Ensemble Orchestral de Bruxelles

Conductor: Eric Delson

 

Saturday 29 April, 2017

Palais des Beaux-Arts
Brussels

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administrateur théâtres

12273198096?profile=originalSouvenirs, souvenirs d’un rituel télévisuel ! Ces soirs-là, on oubliait tout, passé la sonnerie insistante pour les retardataires, si caractéristique, et les trois coups traditionnels, tombés  aujourd'hui dans l’oubli. On se souvient encore de la  bande son, si caractéristique, avec la caméra qui caressaitles lustres  les dorures du théâtre Marigny en attendant que s’installe un public parisien privilégié.  Les belles pièces de Françoise Dorin, de Marcel Achard, de  Sacha Guitry, d’André Roussin,  on les regardait à Bruxelles sur "Au théâtre ce soir", une émission culte de télévision sous l'égide de Pierre Sabbagh, diffusée  sur les chaînes de l'ORTF… 

Nina,  une pièce oubliée d’André Roussin,  est une très belle composition écrite par amour, pour une reine du boulevard dans les années 60/70 : Elvire Popesco.

Enrhumé à perpétuité, le mari  travaille  fidèlement au ministère pour gagner la vie du couple,  pendant que  Madame s’envoie en l’air avec Gérard, un  séducteur élégant et agile,  plus parisien que cela, tu meurs : Laurent Renard.   La malicieuse Nina  a un alibi parfait : les visites culturelles au Louvre, dont elle  devrait, à la longue finir par connaître toutes les œuvres! Le mari trompé  (Michel de Warzee), d’abord en costume de Maigret quand il déboule dans la bonbonnière,  endosse  contraint-forcé une livrée de malade imaginaire: un  pyjama écossais coup de cœur,  ce qui ajoute encore au ridicule de sa situation de cocu. Mais un cocu, est-il encore, de nos jours, ridicule?  En lieu et place de câlins attitrés, il est comblé  par sa maîtresse-femme et non par sa femme-maîtresse, d’une multitude de  remèdes homéopathiques, tout au long de la séance, ce qui a l'avantage de  nous poser en plein 21e siècle, bon teint !

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Nina, c’est un rôle de prestige féminin par excellence,  où Stéphanie Moriau – en avait-elle besoin ? – s’affirme, s’affranchit, dévoile sa puissance de femme. Telle une pasionaria, elle est vindicative, exaltée, sûre d’elle et tout cela, rappelons-le,  à l’aube des années 50 !  L'idée est renversante!

Dans Nina, tout est à l’envers.

C’est le mari qui se cache derrière un paravent après une intrusion chez l'amant. C’est l’amant qui est las de de ses  5 à 7 torrides et de sa vie de bohème, dans sa somptueuse et ravissante garçonnière bleu turquoise.  Le beau Gérard n’a même pas peur lorsqu’il se retrouve visé par le canon d’un revolver! Il est désabusé et sa vie manque de sens. Il veut bien mourir!  Qu'on l'achève!  « Ma vie est idiote, Cécile, Gisèle, Armande… ! »  Drôle de constatation pour un collectionneur-butineur! C'est le mari qui se sent soudain pris de compassion!  Et surtout,  c’est la femme objet, qui devient femme sujet à plein temps, torrentielle, avec le caractère intrépide d’une reine des neiges! Ce sont les deux hommes qui deviennent  étrangement complices, per amore o per forza! Mais qui des trois sera finalement supprimé ? Par balle ? Par empoisonnement ? Par inadvertance ?  Par voyage au Mexique ? Par amour ? Parabole moderne?  

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Distribution

Avec : Michel de WARZEE, Stéphanie MORIAU, Laurent RENARD, Bernard d’OULTREMONT & Julien BESURE 

Mise en scène : Danielle FIRE

Décors : Francesco DELEO

Création lumière & Régie : Sébastien COUCHARD

Le 31 décembre prix unique à 42€/pers

Dates: Du 4 au 31 décembre 2016

Comédie Claude Volter 
98 avenue des frères Legrain
1150 Woluwé St Pierre
02/762 09 63

http://www.comedievolter.be/nina/

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administrateur théâtres

ESPRIT FARCEUR, ES-TU LÀ? (BLITHE SPIRIT)

Quelques mots-clés : Fantômes, mariages, séances de spiritisme,  au-delà,  mort,  sciences occultes, domesticité, médium, excentricité, épouses, Angleterre, écrivain, romancier, Blithe Spirit!

Cette authentique  comédie anglaise  se voit incarnée par une authentique comédie belge - La Comédie de Bruxelles. La ghost story  a cartonné au Centre Culturel d’Auderghem, habitué à programmer du 100% parisien. Le récit foldingue de l’improbable farce de Noël Coward y est évidemment pour quelque chose.  Brillant, intensément drôle et classique, le drame fantaisiste  « Blithe Spirit » date de 1941 et  n’a jamais cessé d’être joué dans le monde anglo-saxon depuis sa création mais ne l’avait jamais été en Belgique. 

  "I will ever be grateful for the almost psychic gift that enabled me to write Blithe Spirit in five days during one of the darkest years of the war! " - Noël Coward. 

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Cela se passe dans la très belle et opulente  maisonnée britannique  où habite le  couple Condomine, servi par une jeune domestique désopilante, Edith, un personnage complètement siphonné! De quoi introduire adroitement le spectateur dans le surréalisme et les  stéréotypes de la bourgeoisie féodale. Charles, l’écrivain en mal de plume, fait venir avec la complicité de sa femme, un médium, Madame Arcati,  pour recueillir l’inspiration  pour ce genre de personnages dans son dernier roman. Il compte observer transes, astuces et ficelles afin de les réutiliser dans ses écrits. Un couple d’amis, le Dr et Mme Bradman  est invité pour le jeu de spiritisme qui sera bien plus crédible si on est plusieurs ! L’étude de caractères n’en sera que plus riche !  

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Au fur et à mesure on  découvrira que l’arroseur est finalement arrosé. Quand la table se met à tourner… les déclencheurs de phénomènes paranormaux font d’un coup (ou de plusieurs) face à  plus surnaturel qu’ils ne peuvent maîtriser.   Sur le plateau, se déroule donc un exercice de psychologie systémique avant la lettre, car on change un élément et hop! toute la chaîne est affectée! Les relations du couple sont sans dessus dessous, des vérités fantômes  apparaissent, des vengeances et des preuves d’amour (ou  non) sèment la discorde, car la boîte de Pandore a été malencontreusement entr’ouverte!   L’épouse de Charles,  la colérique Léa, devra se faire à la présence d’un fantôme très encombrant: la belle Elvira, ou réussir à s’en débarrasser! Mais comment peut-on dématérialiser des esprits ? Les quiproquos, les exorcismes se mêlent aux  effets surnaturels visuels  qui se déchaînent, les sortilèges de docteurs et de médiums s’entrechoquent, le public rit aux larmes  tout en  dégustant la perfection de la mise en scène (Daniel Hanssens). 12273205474?profile=original

La production met en vedette une  distribution  éblouissante emmenée par son directeur Daniel Hanssens. La plus palpitante, c’est Blithe Spirit, Elvira la défunte épouse de Charles (Laurence d'Amélio), bourrée de charme et d’esprit (Logique !). La plus marrante, c’est Léa,  la grinçante épouse dominatrice de Charles (Laure Godisiabois). La plus sauvage, c’est  la voyante  qui vient à vélo (Catherine Claeys).  ... La plus inénarrable, c’est Edith, la domestique qui de confusion, avalerait bien son tablier (Christel Pedrinelli)! La plus parfaitement idiote et excitée, c’est Cécile Florin la femme du médecin (un docteur très bien campé, Victor Sheffer)! Ce Quintet féminin a du souffle, de la fantaisie, de l’inventivité et de l’à-propos. Il fait preuve d’une vivacité sans pareille, dans l’une des  comédies les plus excentriques et les plus malicieuses du patrimoine anglais moderne… ! Et le personnage  masculin principal ? Le bigame astral est incarné par l’excellent  Pascal Racan. Il s’en va, sur la pointe des pieds: "Good-bye again! Parting is such sweet sorrow!" Une habitude, chez Noël Coward, qui en profite toujours à la fin  pour libérer ses héros masculins de l'emprise féminine! Et le plus drôle? C'est le plateau qui vous le dira! 

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https://en.wikipedia.org/wiki/Blithe_Spirit_%28play%29 

 

Vous voulez lester votre  fin d’année 2016 d’une charge de fantaisie émotionnelle palpitante? Tout y est et tout  vous plaira!

COMÉDIE DE NOËL COWARD / DU 6 AU 31 DÉCEMBRE

Mise en scène et adaptation française : Daniel Hanssens

Avec Pascal Racan, Catherine Claeys, Laure Godisiabois, Laurence d'Amélio, Victor Scheffer, Cécile Florin, Christel Pedrinelli. 

© Crédit photo : Grégory Navarra

Achetez vos tickets

http://www.comediedebruxelles.com/spectacle/esprit-farceur-es-tu-la-blithe-spirit-.html

La Comédie de Bruxelles (ex-argan42) est une compagnie de théâtre créée par le comédien Daniel Hanssens  qui produit ses spectacles dans différentes salles bruxelloises. www.comediedebruxelles.be -- 02/560.21.21

 

 CENTRE CULTUREL D'AUDERGHEM

   2016-12-10

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20:30

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 CENTRE CULTUREL D'UCCLE

   2016-12-16

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20:15

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   2016-12-17

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   2016-12-18

15:00

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   2016-12-21

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   2016-12-22

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   2016-12-24

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19:00

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   2016-12-31

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TOUTES LES REPRÉSENTATIONS 

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administrateur théâtres

cover.asp?id=108Passé constitutif, présent douloureux, futur absent.

 

Ils sont vêtus de la  couleur des oiseaux du ciel. L’une sobre et sombre, l’autre en livrée colorée. Ils sont en proie à la roucoulade finale. Ce dont se passent les oiseaux véritables.   

"Davantage de lumière"! aurait dit Goethe à l'instant où il a glissé dans la mort. Une demande permanente pour une humanité en proie aux délires de l'obscurantisme et de l'obscurité. Mais une demande essentielle que nous seuls pouvons satisfaire en allumant tous les feux que l'amour est capable de faire briller… Mais Stan n’y croit plus. Y a-t-il jamais cru?

Plus de doute possible, il s’est engagé dans une certitude mortifère. Le défi  orgueilleux de cet homme est d’éteindre le soleil. Et c’est lui qui  éteindra la lumière en sortant. Dont acte. Il joue au loup troublé par l’eau que l’on boit  six pieds  au-dessous de lui. Il simule une péroraison assassine, muni de mots qui cognent, armé d’une baïonnette. Il dévore et  lape maladroitement  le  corps et l' âme de sa compagne mise à nu. Quelle arrogance, celle qui lui fit dire: « Tu dois envisager que tu n’es plus aimée par moi ! » Les messages « tu » tuent.    

Stan a tout misé sur le désir, hors celui-ci , pour lui, il n’y a absolument  rien. En lui, il n’y a plus rien. Lumière éteinte, que sera-t-il? Il ne sera plus prisonnier!  Il rêve d’une autre peau, d’une autre bouche, d’autres bras… Il ose proférer ces paroles  et s’effondre dans son néant. La chute d’Icare. Magnifiquement incarnée par Pietro Pizzuti.

Face à lui: Audrey,  la force perplexe du silence.  La force de l’écoute absolue, avec le yoga des yeux, les respirations profondes, la télépathie, l’immobilité, les soupirs involontaires, le regard éperdu de la victime qui absorbe sans broncher.  Elle a le corps de l’enfant que les parents condamnent et qui n’ose répondre, celui de la domestique renvoyée comme une malpropre, celui de  la  sorcière condamnée d’avance, celui de la collaboratrice mise en jugement devant un conseil d’administration… Sandrine Laroche est extraordinaire dans son silence prolongé. Elle dit plus dans son silence résigné,  que son compagnon qui cherche ses mots et n’arrive pas à dire ni la rupture, ni la condamnation de l’amour puéril et éternel. Elle est prostrée, la tête droite, le dos au mur, les yeux pleins de larmes.    

Il lui a interdit de l'interrompre. Elle a été héroïque. Enfin vient son tour. La femme peut enfin s’exprimer. Elle  reprend méthodiquement chacun des arguments qu'il lui a servi et les réfute avec une puissance ou une impuissance tranquille. Maintenant que la parole est à la défense, Stan  entend  ses propres mots qui meurent dans des flaques de sang. Il voudrait se fondre dans les murs. Il ne peut la regarder en face, il a  le dos tourné,  les bras ballants, les yeux sur les chaussures, bientôt le visage rentré en position fœtale, vidé de toute substance.

Elle conclut que s'il affirme avoir tout perdu, elle gardera tout : le 1er, le 2e le 3e enfant, et son absence, et tous ces moments « que tu veux oublier » ! Elle part la première, sublime et digne, emportant avec elle la richesse de sa vie intérieure qui ne l'a jamais quittée. Dans un dernier geste muet, il éteint la lumière.

La mise en scène est syncopée, abrupte, rude et glacée. Les murs du Théâtre de la Vie vibrent sous  la  violence  textuelle. Le chaos affectif résonne sur un  plateau  vide de tout accessoire. Un pilier ou un banc pour se rattraper, un escalier de fer pour s’évader.   Le combat  singulier lexical  et sexuel est une joute de haute voltige, incarnée par un comédien et une comédienne exceptionnels,  tous deux aussi malheureux, l’un que l’autre.  Stan se compare à Zeus sans doute, puisque Audrey est Héra…  L’Olympe, comme le monde des hommes,  est  pris dans les glaces de la non-communication. Le désamour est inexorable et la question de l'auteur se retrouve au fond du filet: « Mais au fond qui aime t-on quand on aime?» 

Au Théâtre de la Vie 
Rue Traversière 45, 1210 Saint-Josse-ten-Noode
  • CLÔTURE DE L'AMOUR
  • SANDRO MABELLINI / PASCAL RAMBERT
  • création

 

Un homme prend la parole longuement pour expliquer à sa compagne qu'il la quitte. Il évoque leur séparation parle de l’avant et du maintenant. Celle-ci se tait. Elle attend muette la fin de ce monologue qui semble progressivement tout détruire sur son passage. Et puis, elle s'exprime. Enfin.


Deux regards, deux silences, deux paroles pour dire la violence d'un amour qui meurt.


Sandro Mabellini vit et travaille entre la Belgique et l’Italie depuis 2012. Il a développé sa recherche théâtrale sur les dramaturges contemporains. Avec le texte de Rambert, il nous plonge dans ce fleuve ininterrompu des mots, des questions-réponses qu'on enchaîne, la respiration bloquée, dans une sorte de marathon entre peur et libération. Au cœur de ce moment douloureux, comment dire une histoire qui mène inexorablement à la rupture et, peut-être, à l'aventure d'une autre vie.

 

Vidéo de présentation



Interprétation : Sandrine Laroche et Pietro Pizzuti (www.pietropizzuti.be) / Mise en scène : Sandro Mabellini / Assistanat à la mise en scène : Serena Galante / Texte : Pascal Rambert / Création lumière : Nicolas Marty

 


Une création de Inoutput asbl en coproduction avec le Théâtre de la Vie.


 

 


Rencontre après-spectacle avec l’équipe de création le 09 décembre.

 

Durée du spectacle : 1h45

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administrateur théâtres

Une question qui transforme…

12273202652?profile=original12273202673?profile=original12273203268?profile=originalIls  ne  se parlaient pas et tout d’un coup… Ça va vous ? Trop aimable, merci ! Je suis votre voisin de palier. Oui bien sûr ! Je peux vous poser une question ? Absolument ! Vous êtes juif ?

 Deux voisins se croisent quotidiennement dans la cage d’escalier de leur immeuble et se parlent à bonne distance, chacun sur le pas de leur porte. Qui fera le premier pas?  Cela démarre en tout cas sur les chapeaux de roues. Les deux protagonistes, Itsik Elbaz et Frederik Haùgness, des comédiens d’exception,  se trouvant chacun  aux antipodes de   l’entente possible : l’un est juif  libre et athée, amoureux des livres,  l’autre est catholique bien-pensant et sous influence certaine d’une matrone biaisée, inquisitrice et esclave de l’internet.  Sert-elle de prétexte pour lui permettre de poser les questions que lui-même n’oserait pas formuler ?  On finit par se poser la question, et se demander si elle existe vraiment…  L’enchaînement lui,  finit par friser le conte  surréaliste. Vous verrez !  Il n’y a en tous cas, pas de réponse,  rien que  des questions. Le questionnement est l’essence de l’esprit : Quod erat demonstrandum!

Dialogue socratique moderne sur la question « Comment fait-on pour être juif ?» et rhétorique légère et brillante sur le "who's who". La légèreté de l’être ?  L’écriture de Jean-Claude Grumberg -  en neuf tableaux au charme folklorique pétillant d’intelligence -   soulève le rire, entraîne la connivence, communique la joie du chemin à parcourir vers l’autre et transforme la lourdeur en légèreté, la méfiance en confiance. Heureux qui communique ! A chaque étape, une  plage de musique  repose et  renforce le propos.  

Au cours de l’opération, Jean-Claude Grumberg décrit minutieusement les facettes  de ce que le commun des mortels entend par identité juive et déconstruit  avec malice les préjugés antisémites. Les salves  du  dialogue de sourds sont jubilatoires,  les incompréhensions mutuelles sont hilarantes tant la gestuelle et le  comique de scène cristallisent les émotions.  Le voisin qui se transforme de jour en jour,  revient  sans cesse  à la charge avec de nouvelles bulles, des questions posées avec une naïveté désarmante ce qui donne à l’autre l’occasion d’exercer tous les registres de sa bienveillance et  des qualités intensément drôles  de  patience et de pédagogie ! Ärgert dich nicht ! Le jeu est d’une belle adresse. Les  échanges invitent  le spectateur, à son tour pris au jeu des interrogations,  à une  réflexion intime, presque socratique qui bouleverse sans ménagement  ses propres  tabous ou stéréotypes. Une mise-en scène impeccable réglée comme un match de tennis international par Michel Kacenelenbogen.  

 Par ailleurs, sachez que le titre de la pièce ne règle évidemment rien, qu’on se le dise, il ne fait que poser des questions !   

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Avec le soutien du Musée Juif de Bruxelles et du Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX)

Un projet de Catherine Israël. Mise en scène de Michel Kacenelenbogen assisté de Catherine Israël. Avec : Itsik Elbaz et Frederik Haùgness / Scénographie : Delphine Coërs / Costumes : Laurence Lipski / Composition musicale : Antoine Chance / Régie : Pierre Hendrickx / Stagiaire régie : Sam Seraille

De Jean-Claude Grumberg
Satire 

Création - Salle des Voûtes
du mardi au samedi à 20h30, sauf le 31.12.16 à 21h00 - relâche le 24.12.16

https://www.youtube.com/watch?v=fOmhaURvhns

Réservation : 0800/944.44 ou www.theatrelepublic.be

Jean-Claude Grumberg

ISBN : 2330023502 
Éditeur : ACTES SUD (2013)

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