x
x
x
x
x
x
x
x
Koninklijk Concertgebouworkest direction Daniel Harding
Soprano: Emily Magee
Anton Webern, Sechs Stücke, op. 6
Richard Strauss, Vier letzte Lieder
Robert Schumann, Symphonie n° 2, op. 61
L’Orchestre royal du Concertgebouw qui fête cette année ses 25 ans est régulièrement cité comme l'un des meilleurs du monde. Une foule enthousiaste se pressait donc aux portes des Beaux-Arts ce soir pour entendre cet orchestre prestigieux conduit depuis de nombreuses années par son jeune chef invité, Daniel Harding. Il est anglais et n’a que 38 ans. Les sonorités subtiles des Six Pièces pour orchestre, op 6 (1909, révisé en 1928) d’Anton Webern commencent par des vents très harmonieux, des frémissements de cordes et les stridences dynamiques des cuivres et percussions. Une musique aux couleurs extraordinaires. Le chef soudain dirige quelque chose de presque inaudible… le presque silence! Seule la gestique se remarque. Surgissent alors les très beaux timbres des flûtes, hautbois et clarinettes aux teintes lugubres. Une flûte presque macabre se détache sur un fond de cors qui jouent les gongs chinois. Et encore ces silences ombrés de tremblements furtifs. Par contre, les notes lancinantes des trombones, le grésillement des timbales débouchent sur des percussions effarantes. Célesta, cloches-plaques concertent parmi des bois très fruités et un piccolo charmeur. Chaque instrument se livre à des Om̐s puissants qui se terminent en murmures, chacun selon sa couleur. Puis des duos de notes fusent de tous les pupitres avant que le premier violon ne lâche un ultime arpège descendant. Les trompettes étouffées égrènent les quelques pulsations d’un cœur à son dernier soupir. La salle rendue muette d’admiration.
Etait-ce le lien voulu pour créer une atmosphère de concentration et d’ouverture sur l’imaginaire ? Voici la soprano américaine Emily Magee sur scène. Un port de reine, une somptueuse entrée en matière : ondoyante, la cantatrice fixe un horizon lointain au-delà de la salle et semble boire une coupe de tristesse. Elle chantera les Vier letzte Lieder de Richard Strauss (1948). Früling, un poème de Joseph von Eichendorff surprend peut-être par sa robustesse, puis on se laisse porter par September, un poème de Herman Hesse. C’est l’adéquation parfaite du chant et des paroles : « Langsam tut er die grossen müdgewordenen Auuuuugen zu ». Cette tendre et puissante berceuse est soulignée à la fin par les bassons et cordes qui dessinent le calme d’un repos tranquille. « Beim Schlafengehen » est introduit par des contrebasses voluptueuses. Au centre de la pièce: un splendide solo du violon qui fuse parmi les cordes et à la fin, de purs accents poétiques qui achèvent le lied comme la queue d’une comète. Adéquation parfaite du chant et de l’orchestre. Entre ses fulgurances automnales et ses ombres enveloppantes, Emily Magee est tout un orchestre à elle seule. Dans Im Abendrot, toujours de Herman Hesse, on voir surgir deux frêles alouettes, dans le mystère de l’immensité « Es dunkelt schon die Luft, zwei Lerchen nur noch steigen, nachträumend in den Duft ». C’est l’ultime et poignant Adieu à la vie. « Wie sind wir wandermüde… quelle allitération ! Ist dies, orchestre, etwa, orchestre, die Tod ? » La chanteuse se laisse porter par la musique finissante comme une jonque qui disparaîtrait dans la nuit. Encore quelques gouttes lumineuses très tenues des cuivres et des larmes de picolo. On ne s’attendait pas à une telle archéologie de sentiments. C’est l’amour qui revient en bis avec le profond ravissement de «Und morgen wird die Sonne wieder scheinen», brodé par la harpe et Liviu Prunaru, le merveilleux violoniste.
Après la pause c’est au tour de la Deuxième Symphonie en do majeur op 61 de Schumann (1845-1846) d’achever de nous séduire. Schumann a composé sa Deuxième Symphonie, tandis qu'il connaissait des problèmes nerveux, et décrit le travail comme un souvenir d'une période sombre de sa vie. Il dit lui-même que le spectateur pourra ressentir sa remontée vers la lumière. La souffrance est sublimée par des sonorités qui cueillent à la fois les pulsions destructrices et le retour triomphant à la vie. On retient l’incandescence des hautbois et clarinettes qui ont rejoint les violons dans l’Adagio espressivo, les sonneries des cuivres, des percussions craquantes. Les tempi soulignent avec grande justesse les bourrasques des fanfares et la lente introduction méditative du départ répétée après le scherzo puis au dernier mouvement. Les volutes émouvantes des bassons sont-elle une recherche de bonheur ? C’est un temps suspendu qui plane dans l’œuvre avec ce mystérieux choral piqué comme une fleur à la boutonnière. Des ondes de douceur viennent mourir avant l’attaque fulgurante du dernier mouvement. L’enthousiasme musical de l’orchestre est tel que la prestation se passerait presque de chef. Celui-ci est ardent, peu démonstratif mais partout à la fois, créant un bel équilibre des plans, diffusant une dynamique exceptionnelle. Si l’œuvre sonne aussi merveilleusement, est-ce par la diversité de ses climats, par la concentration extrême, les gestes élastiques, vifs et précis du dirigeant ou le jeu inspiré et aéré des instrumentistes? L’ensemble donne en tout cas un sentiment d’apothéose après des souffrances profondes.
http://www.bozar.be/activity.php?id=13116&selectiondate=2013-10-19
Enfin je viens de recevoir un lot de copies de mon recueil édité au Maroc
Et je viens partager avec vous mes chers amis ma grande joie, vous y êtes pour beaucoup de choses!
Pour le soir du grand soleil ocre de la mort
J’'irai tout seul
Anonyme
De la terre dans mes poches et mes poches trouées
J'aurai pour naître encore l'oiseau grivois de mes cendres
Toutes ces nuits d'argile où je saurai attendre
La lente procession des pluies
La semence et graine de paradis poivrés
Et mon cerveau demain sera le blé ardent le blé indien
La plaine entière où mûrit la lumière
Sous l'œil de juillet
Sa torpeur de pierre
Pour le soir du grand soleil ocre de la mort
J’'aurai la parole sans voix pour distraire les mots
J’'aurai mille ans pour rire enfin de ce grand corps tout froid
Désacraliser l'immobile
Perdre la mémoire de chaque douleur
Pour le soir du grand soleil ocre de la mort
J’'irai m'asseoir entre mes deux dates limitrophes
Sur le trait d'union
A califourchon sur ma tombe frugale où viendront les oiseaux
Et je croirai nouveaux ces poèmes prêtés jadis au silence
Qu'il me rendra peut-être comme ultime sentence
Pour mes nuits illégales mes jours sans foi
Pour le soir du grand soleil ocre de la mort
J’'annulerai toutes les lunes par la présente
Et tu les recevras poste restante
Je t'apprendrai aussi la solitude
Et tu la sais déjà
Pour le soir du grand soleil ocre de la mort
Je déchirerai le ciel en deux
Dénonçant l'escroquerie d'un cri d'oiseau perçant
Je tordrai le cou des nuages pour qu'il pleuve de l'eau de vie
Des larmes en couleur sur le fard de l'horizon
Je jouerai seul à la marelle bondissant de chaque côté des frontières
Maquillées à la craie blanche grandeur nature
Et puis je retournerai dans le ventre initial de chaque femme
Fœtus inverse et multiple parmi les soleils de sang déchirés
Saisons des pluies et moussons de corail
Pour le soir du grand soleil ocre de la mort
Je veux réinventer ton ventre littérature pour mes nuits analphabètes
Et puis j'aurai l'enfance blonde et douloureuse comme un poème pour ma mère
Le suicide des mots pour des secrets inutiles
La survivance rebelle de tout mon orgueil
Ecorché vif contre le mur vitré du temps et sa porte dérobée
Pour le soir du grand soleil ocre de la mort
J'irai m'endormir seul dans une chambre toute proche de celle de l'éternité
Pour nous rencontrer plus tard dans la nuit
Négocier au prix fort chacune de mes secondes gaspillée à vouloir comprendre
Pourquoi je vivais
Et te rejoindre tout à l'heure
Juste après le spectacle
© Patrick Chemin (1978)
Les enfants ont besoin de rire.
Leurs parents veillent au grain,
Ils les préservent des chagrins,
Favorisent leur joie de vivre.
De mon temps, nous aimions un jeu.
Nous tenant par la barbichette,
Sous le risque d'une claquette,
Nous grimacions à qui mieux mieux.
De rares élus d'une grâce,
Créaient, avec art et talent,
Un ailleurs plein d'enchantements,
Et nous entraînaient sur leurs traces.
Prisonnière de ma raison,
Je regrette mon impuissance
À connaître d'autres jouissances
Que celles s'offrant à foison.
Lors je repense à ces amis
Qui avaient don de transcendance.
Poètes en herbe, à l'évidence,
Qui ne se sentaient pas soumis.
20 octobre 2013
Voici la nouvelle promise, le voilà enfin, ce livre tant attendu : L’Aven aux Merveilles !
Signe des temps ? Encore lui ? Le Mensonge fait encore rage. Dans une nouvelle pièce à Bruxelles, en ce début de saison 2013. Il y avait déjà « Si tu mourais ... » une comédie sérieuse de Florian Zeller, « Je mens, tu mens… » une comédie licencieuse de Susann Heenen-Wolff, « Même pas vrai … » une comédie sulfureuse de Nicolas Poiret et Sébastien Blanc et bien d’autres encore, si on y réfléchit. Le voici, enchâssé dans la sauvagerie et la perte de repères, détaillé au scalpel, étalé de long en large, débusqué morceau par morceau dans la pièce « Orphelins» (Dennis Kelly) donnée au théâtre de Poche comme spectacle d’ouverture.
Orphelins? Le titre lui-même camoufle quelque chose : la perte de valeurs et la violence abjecte qui en découle. Celle commise par un jeune garçon, orphelin comme sa sœur, suite à un accident de voiture des parents et qui, depuis l’enfance, est habité par des pulsions violentes avérées. Son dernier « coup » va presque jusqu’au meurtre. Un crime un peu moins abouti que celui commis par le jeune héros du roman « Het diner » de Herman Koch. Mais c’est la même problématique. Que fait une famille « bien sous tous rapports » devant la folie de violence qui s’empare subitement d’un enfant, d’un frère, d’un époux?
Drame urbain. Liam (Pierre Lognay), le T shirt et les bras couverts de sang, débarque dans l’appartement impeccable de sa sœur, Helen (Anne-Pascale Clairembourg) et son mari Danny (Itsik Elbaz) pendant qu'ils sont en train de dîner aux chandelles sur une table basse. « I can explain ! » : la formule magique du menteur ! Liam prétend qu'il a essayé de venir en aide à un mec bourré de coups de couteau couché au milieu de la rue. Mensonge pathétique bien sûr. D’un bout à l’autre, le parler de Pierre Lognay est un exercice du genre : staccatos bousculés, demi-phrases heurtées et paniquées, à peine articulées, infantiles, contradictoires. Helen, redoutant la vérité et l’anticipant à la fois, creuse de scène en scène et obtient des aveux de plus en plus effroyables. La grande question est de savoir comment Helen et son mari vont réagir. Ses affrontements successifs avec celui-ci prennent eux-aussi des voies violentes et chaotiques. Helen ressent un attachement viscéral et monstrueux pour son petit frère. Jusqu’où est-elle capable d’aller pour le protéger, lui qui a déjà un « casier », lui qui, même innocent, sera tout de suite suspect ? Comment se met-elle à manipuler Danny et à le détruire pour qu’il aide à couvrir le presque-meurtre? Comment vit-elle le fossé culturel qui les sépare dans leur couple ? Quelle est la part de la crainte inspirée par une autre culture, puisque - il fallait s’y attendre - la victime n’est pas de type caucasien ? Où se trouve la responsabilité civique par rapport à la responsabilité familiale dans notre société en état de faillite morale? En dehors de l’exposition minutieuse de la violence pure et gratuite perpétrée par le jeune délinquant, l’intérêt principal de la pièce est le dilemme moral. On ne cesse de se demander « mais qu’aurait-on fait à leur place ? » Comme dans l’insoutenable roman « Het diner » de Herman Koch.
Helen défendra son frère comme une tigresse. Prête à se mentir et à faire mentir. Il est fascinant de voir comment Helen disculpe initialement Liam aux motifs que sa victime avait l’air « bizarre » et qu'elle-même a fait l'objet de harcèlement sexuel par des malfrats du coin pourri où ils habitent. Helen est prête, non seulement à éviter que la police ne débarque pour protéger son seul lien familial vivant, mais aussi à maquiller les faits et à impliquer son mari par un odieux chantage sentimental, lui qui veut désespérément ne pas se mettre hors-la-loi. Cyniquement, elle démontre que quelqu’un issu d’un bon milieu comme son mari peut en venir lui aussi à mentir et commettre des actes immondes. Elle va jusqu’à utiliser la maternité comme obscène monnaie d'échange. Dans cette descente aux enfers, le public finit par ne plus pouvoir respirer, tousse, s’agite tant la tension sur le plateau devient intenable. Tout l’art (consommé) du metteur en scène Patrice Mincke est de diffuser l’horreur au goutte-à-goutte, à la façon d’un thriller qui vous agrippe et ne vous lâche plus. Et c’est le spectateur qui finit par avoir le couteau sur la gorge !
Danny, à la fin, ne se supporte plus, devient un fantôme de lui-même, il est l’éclopé d’un cataclysme domestique inspiré par le mal. Magnifique interprétation du comédien et de sa comparse, un être écorché par la vie qui a transféré sur lui tout le poids de la culpabilité. Il reste cependant un petit espoir, incarné dans la présence muette de Shane en pyjamas, leur fils, un gosse bien élevé de 7/8 ans qui a traversé les événements en passant le week-end chez sa grand-mère accueillante. Redonnera-t-il à sa mère son enfance volée et la notion du « Never again » ? Un arrimage à des valeurs retrouvées de tendresse, de respect et d’éducation ?
Photos par YVES KERSTIUS ©
http://poche.be/saison1314/orphelins/index.html
De Dennis Kelly
Mise en scène de Patrice Mincke Assisté de Melissa Leon Martin
Traduction française de Philippe Le Moine
avec Anne-Pascale Clairembourg, Itsik Elbaz, Pierre Lognay
et, en alternance: Sam Bracco, Kasper Holte Nielsen, Lukas Collet, Charlie Goslain et Sacha Bendjilali
Scénographie Olivier Wiame
Lumières Alain Collet
Décor sonore Laurent Beumier
Costumes Françoise Van Thienen
Dès 16 ans
"...si vous avez raisonné droit, il n'y a qu'une seule manière d'exprimer ce que vous voulez dire. C'est une extrême contrainte et, quand vous écrivez un roman, vous êtes à l'inverse dans une extrême liberté, vous pouvez faire mourir votre héros d'une crise cardiaque... Chaque mot ouvre une multiplicité de possibles." François Garde, magistrat, auteur de "Pour trois couronnes". La responsabilité du romancier? Humaine, intime! Arriver à bien dire ce que l'on veut dire, la tension et l'intérêt ne pouvant nullement retomber, à aucun instant, les éventuelles digressions devant apporter quelque chose à la construction globale. Puissance.
L'écrit: une cathédrale; les mots, matériau; la charpente, béton. Savoir où l'on va, avoir étudié les plans au préalable, jeter les bases, on atteindra alors le clocher, la conclusion, le point culminant, les pauses nécessaires, parfois l'une ou l'autre révision à la clé. Intensité. Implication. Puissance.
Paroles de personnalités: "Mieux vaut comprendre qu'apprendre" (Gustave Le Bon); "On n'est pas obligé de comprendre pour aimer" (David Lynch); "Comprendre, c'est presque justifier" (Primo Levi). Que viennent faire ces quelques paroles ici? Mais la littérature, c'est souvent complexité, mélanges, amalgames, mystères, doutes, confusion; une fois lancé, le lecteur peut ne plus savoir s'arrêter avant le terme, tel le Thalys, un lien s'étant créé par les mots, l'idée émise, les sentiments exprimés. Une sorte d'envoûtement pluriel. Les mots, singulière matière. Magie. Puissance.
"Je ne crois pas qu'on vive très bien sans littérature et je le dis d'autant plus que j'y suis venu très tard... La complexité du roman est un élément qui se rapproche énormément de la pratique médicale... Rien ne se rapproche plus de la vraie vie que le roman, même si c'est une fiction." Maurice Mimoun, chirurgien, auteur de "Une vie plus une vie". Lire un écrit, c'est graver; on peut le réinterpréter, accepter également qu'il y ait des choses qui nous échappent. Les mots, toujours les mots, précis, porteurs à la fois de rigueur et de nuances. Gravité. Puissance.
Côté auteur, l'oeuvre une fois écrite, l'étonnement n'est pas terminé, le texte parfois le dépasse: se relisant, il y trouve brusquement des choses auxquelles il n'avait pas songé et qui lui plaisent. Ou bien..."C'est moi qui ai écrit ça?", "Ce n'est pas de moi...", preuve de l'immersion de l'auteur dans son projet car, l'écriture terminée, la reconnexion au réel fait prendre conscience de cette apnée vécue. A la relecture des épreuves de mon "île joyeuse", je me suis difficilement reconnu. 424 pages, mon roman? C'est moi qui ai écrit cette brique? L'autre moi, l'auteur fou, en phase avec mes mots (dictionnaire pas loin au cas où), impliqué, les mots énergivores, d'où le contrecoup qui suit toujours. Que dire d'autre? Puissance, encore et toujours. L'écriture, un métier? Pas comme bien d'autres. Ecrire, c'est investir son moi profond pour en extirper une substance qui devient ensuite matière, parfois dans la souffrance. Gandhi: "C'est dans l'effort que l'on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire." Qu'ajouter à cela? Puissance...
Ouvrons une porte...
L'Asie on le sait est de plus en plus active en matière d'art, et si la Chine tient le devant de la scène, le Vietnam n'est pas en reste, loin s'en faut.
Une vitalité que l'on retrouve aussi bien dans l'art traditionnel, de la laque, de la soie, de la céramique... que dans la peinture contemporaine de chevalet ou dans la sculpture.
Au Vietnam cependant la peinture fut longtemps considérée comme une activité mineure, un art purement décoratif. L'influx fut donné par Victor Tardieu (1870-1937) et la fondation en 1925 de l'Ecole des Beaux-Arts d'Indochine qui forma de jeunes artistes jusqu'en 1945.
Peintures d'élèves de l'Ecole des Beaux-Arts d'Hanoï :
Le repas de Nguyen Phan Chanh (peinture sur soie ; en haut) ; Portrait de Mlle Phong de Mai Trung Thu (1930 ; en bas à gauche) ; Portrait de ma mère de Nguyen Nam Son (à droite).
Tardieu, homme ouvert et intelligent, dont l'ambition était "d'aider les artistes et les artisans annamites à retrouver le sens profond, l'inspiration fondamentale de leur propre tradition et qu'il fallait pour cela mettre sous les yeux des élèves le plus grand nombre possible de spécimens de l'art annamite ancien. Pourtant, ce retour en arrière ne peut devenir fécond que s'il sert de point de départ à des recherches nouvelles, à une évolution correspondant aux exigences du temps présent. Il s'agit, en un mot, de réaliser une évolution moderne dans le prolongement d'un art traditionnel."
peinture (ainsi que la première et la suivante) exposée dans la maison-musée du 87 de la rue Ma May (cette "maison-tube" traditionnelle de la fin du XIXe siècle a été restaurée avec le soutien de la ville de Toulouse).
Puis vint la période du réalisme socialiste, un art officiel, idéal et héroïque, mais sans personnalité.
Enfin, dès 1975, libérée, d'une sensibilité propre, toute orientale, et de sa confrontation avec le style occidental, est née une véritable "école vietnamienne", une peinture apaisée, sensuelle, colorée et expressive.
Peintures de l'école vietnamienne (Huê).
Si vous le voulez bien nous poursuivrons ce petit voyage initiatique...
Michel Lansardière (texte et photos).
A la recherche vertigineuse de l’Autre… « Je m’imaginais ce que je pourrais découvrir si tu mourais! » Ah femme curieuse, ne te suffis-tu pas de l’amour, te faut-il éternellement la connaissance?
C’est la nouvelle saison chez Claude Volter. Leur premier spectacle, une pièce de Florian Zeller met en scène les trois comédiens chevronnés qui jouaient l’an dernier « Sentiments provisoires » : le mari, la femme et l'amant, sujet très exploité au théâtre mais dont la composition en éclats, les monologues intérieurs et la superposition des vérités avaient déjà fasciné les spectateurs par leur profondeur derrière l’apparente comédie de mœurs. Un spectacle qui déjà essayait de nous dire quelque chose de très profond, au-delà de la réalité visuelle. Hasard ? ou suite logique d’un questionnement de l’Autre? Ainsi, ce nouveau demi-vaudeville plonge dans les doutes, les craintes, les phantasmes et la difficulté de percevoir la vérité. Le trio Stéphane Moriau, Jean-Claude Frison, Michel de Warzée, on l’a vu, excelle dans l’art de faire apparaître des émotions vives ou sombres dans les interstices du visible. Ils chevauchent aussi bien le comique que le tragique.
Dans « Si tu mourais… » Florian Zeller brouille les repères, emmêle les différentes couches de réalité ou d'imaginaire, le moment présent et les flash-backs. Apparemment, on se trouve dans un appartement, …ou un autre, dans un temps, … ou un autre, devant des faits avérés… ou des craintes imaginaires. Réalité et mensonges se superposent. Façon modules Ikea, décor de Noémie Breeus. On voit une veuve, pas trop éplorée, quoique… Un ami Daniel très mystérieux ou amoureux ? « Vraiment, crois-moi ! » Il la ménage ou il est sincère ? Un mari mort d’un accident de voiture mais omniprésent… A la fois mari et amant d’une autre, …ou non. Laura Dame, la sémillante jouvencelle en shorts et bretelles, est-elle une des jeunes maîtresse dudit mari ? Ou la femme de l’agence immobilière ? Anne, la veuve, vient d’ouvrir une boîte de Pandore. Elle vient de découvrir des notes - un testament empoisonné - dans les affaires de Pierre, son mari écrivain, qui laissent à penser qu’il menait une double vie… Et tout porte à le croire, surtout que c’est ce que Anne a peut-être envie de croire. Pour diminuer sa peine ? Pour confirmer des soupçons inspirés par une jalousie latente ? Mais voilà l’engrenage bien réel d’une chimère - la peur de l’abandon - et le besoin de savoir qui la ravage. Jamais plus elle ne pourra parler à Pierre et savoir, il a définitivement emporté son secret avec lui. Paranoïaque ou avisée, Anne se drape d’un imperméable de détective et débarque chez la soi-disant maîtresse, elle veut la confirmation de sa vérité. Dérangée, Laura Dame avoue : rien ou tout. Par jeu ? Ou par dépit amoureux ?
Une merveilleuse Caroline Lambert d’une fraîcheur acidulée !
Plus l’enquête se fait pressante, plus le mystère s’épaissit. On retrouve la même atmosphère riche de questionnements humains, un temps et un espace explosés comme dans « Sentiments provisoires » comme pour mieux cerner le désir de l’auteur de la pièce. « Mon désir, était de raconter l’histoire d’une femme qui se perd, qui cherche une vérité qu’elle fuit en même temps et qui, à la mort de son mari, se pose cette question : Peut-on réellement connaître l’autre, ou son visage demeure-t-il toujours, tout en étant familier, un masque, une chimère, une construction ? »
Anne cherche Pierre partout dans ses souvenirs… il ne cesse de lui échapper. Elle doit faire son deuil, mais cela veut dire quoi ? Apprendre à vivre sans lui ? Mais qu’est-ce qui est plus facile ? En continuant à l’aimer avec son vrai visage ou en froissant son souvenir devant le masque de sa trahison ? « Tu ferais quoi à ma place ? » « Si tu mourais ? Qu’est-ce qu’il me resterait ? » Des questions poignantes. Il ne peut plus répondre, même par ses pirouettes de mâle assoiffé d’aventures. La mort est la seule certitude. L’énigme de la vérité, « ce sont des mains et des yeux qui brûlent en silence », une phrase incandescente.
L’écriture de Florian Zeller ? Une écriture «vive et musicale, un genre qu'adorait le XVIIIe, où le mot et le sentiment se livraient à de délicieux et douloureux cache-cache dont la vérité et le mensonge étaient les enjeux favoris». La mise en scène ? Celle de Vincent Dujardin : adroite, malicieuse comme un jeu de colin-maillard, qui ménage des coups de théâtre et s’amuse du jeu de pistes qu’il offre au spectateur et lui fait traverser le miroir des rêves. La musique ? Le seul bémol. Elle est envahissante, lancinante et aussi pâteuse que celle d’un orchestre fatigué au bal du rat mort à trois heures du mat. Peut-être l’effet voulu ! Qui sait ? Il y a toujours au moins deux réponses à la même question, c’est Michael Crichton, dont l’inquiétude était sans bornes, qui le disait n’est-ce pas?
Jean-Claude Frison (Pierre, le mari d’Anne)
Michel de Warzée (Daniel, l’ami de Pierre)
Stéphanie Moriau (Anne)
Caroline Lambert (Laura Dame)
SI TU MOURAIS de Florian ZELLER
Soliloque
Dans la tendresse et la confiance,
On a profité de l'enfance.
On s'est laissé guider partout,
Sans être envieux ni jaloux.
Dans le respect, l'obéissance,
On a pu, à l'adolescence,
Connaître de nouveaux plaisirs
Et assouvir certains désirs.
Or, devenu maître de soi,
On a eu à faire des choix,
Déterminants, réalisables,
Sans références, secourables
À la recherche du meilleur,
Pensant qu'il est peut-être ailleurs,
Est-on préparé à bien vivre?
On ne l'apprend pas dans des livres.
17/10/2003

Christian Bobin, L'homme-Joie, L'Iconoclaste, Paris, 2012
"Écrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir." (p. 9)
"J'ai rêvé d'un livre qu'on ouvrirait comme on pousse la grille d'un jardin abandonné." (4ème de couv.)
"Je sais ce que c'est maintenant, un chat : c'est quelqu'un qui ressemble à un chat, qui vient et qui vous prend au cœur." ("Le petit charbonnier", p. 163)
La Part manquante, Une petite robe de fête, Le Très-Bas, l'Inespérée, La plus que vive, L'Enchantement simple, Souveraineté du vide, Le Christ aux coquelicots... Livre après livre, Christian Bobin veille sur le "presque rien", ce miracle fragile mais obstiné préservé du veau d'or, de la consommation, du divertissement permanent, du saccage de l'âme... : un rayon de soleil, un rire d'enfant, l'éclatante humilité des marguerites... "On m'accuse d'être mièvre ? Que dira-t-on de maître Dogen, ce sage du XIIIème siècle japonais, lorsqu'il écrit : L'univers entier est fait des sentiments et des émotions des fleurs ." (p. 85)
Livre après livre, Christian Bobin se bat contre la banalisation du monde et la désespérance...
On le lit crayon en main, on souligne des phrases, on en répète intérieurement les mots magiques, les yeux fermés, s'émerveillant que quelqu'un ait si bien réussi à faire parler les choses muettes et à suggérer l'indicible.
Christian Bobin dit la légèreté, les flocons de neige que le ciel délivre en silence, les fils d'argent que tissent les araignées dans les jardins, les merveilleux nuages... mais aussi la gravité : la maladie qui dépossède de la mémoire, la mort de ceux que nous aimons, le désamour, la solitude...
Livre après livre, Christian Bobin murmure des mots qui disent des choses auxquelles on n'ose plus croire : la sainteté, la joie parfaite, l'invisible, qu'un jour "les derniers seront les premiers"...
On entre en philosophie comme on entre en religion, tout entier ou pas du tout, disait Jean Trouillard, initiateur de Plotin. "Tout entier", c'est ainsi que Christian Bobin entre en écriture, comme s'il en allait de sa vie, comme si préserver le "presque rien" était pour lui une affaire de vie ou de mort.
Le trousseau de clé
(...) Les livres des philosophes sont comme ces masques de carton qu'on fait tenir par un élastique contre son visage. Dessous le carton on manque d'air. regarde me disaient les fleurs dont l'odeur retapissait la chambre. Regarde : il n'y a pas de porte, nulle part. Il n'y a que notre parfum, nos couleurs et nos rires. L'autre monde commence par ce rire. L'autre monde est ce rire. Pourquoi chercher ailleurs, autre chose ? Le dieu est un enfant qui se cache et il y a un moment où il se trahit : quand on passe près de lui, on entend son fou rire. Tu peux l'entendre dans la musique, dans le silence. dans le bourgeon qui éclate, derrière le nuage qui passe ; dans une bouche édentée. Partout. C'est incroyable le bruit que peut faire un bouquet de fleurs dans une toute petite chambre. Elles me saoulaient. Aucune philosophie au monde n'arrive à la hauteur d'une seule marguerite, d'une seule ronce, d'un seul caillou discutant comme un moine rasé en tête à tête avec le soleil et riant, riant, riant.
Je regarde le bleu du ciel. Il n'y a pas de porte. Ou bien elle est ouverte depuis toujours. dans ce bleu j'entends parfois un rire, le même que celui des fleurs : impossible de l'entendre sans aussitôt le partager.
Ce bleu, je le glisse dans ce livre, pour vous. (p. 177)
"Christian Bobin construit son livre en quinze récits : des portrait d'êtres chers (son père), des rencontres (Maria, l'enfant gitane), des figures emblématiques (Soulages, Glenn Gould), des visions, puis une longue lettre à la femme aimée et perdue, "la plus que vive". entre ces récits viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d'humanité..."

"Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit, c’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour."
Qui est vraiment Christian Bobin ? Les indications biographiques qu'il consent à glisser aux journalistes lors de (rares) entretiens nous apprennent qu'il est né au Creusot, en Bourgogne, de parents ouvriers. Et qu'il y vit toujours. Qu'enfant, déjà solitaire, il préférait la compagnie des livres. Qu'après des études de philosophie, il a exercé divers métiers, dans des bibliothèques, des musées, des librairies. Que ses premiers textes, publiés au début des années 1980, ne rencontrent qu'un public restreint. Que le succès est venu plus tard, porté par la grâce d'un livre consacré à Saint François d'Assises, Le Très-Bas, prix des Deux Magots... C'est dans ses textes qu'il faut chercher La Part manquante de Christian Bobin. Dans ses textes, où cet humaniste solitaire parle le plus de lui-même, il nous fait partager, dans un style épuré, ses plaisirs minuscules et jusqu'à ses plus grandes douleurs comme La plus que vive, hommage à son amie, morte à 44 ans d'une rupture d'anévrisme. À travers une œuvre sensible et poétique, ce sédentaire, voyageur de la page blanche, nous montre le monde tel qu’on ne le voit plus. (souce : Evene)
Robert Paul
et les membres d'Arts et Lettres
ont le plaisir de vous inviter à la première
Rencontre d'automne entre les membres d'Arts et Lettres
Ce vendredi 25 octobre dès 19.30 h
Afin de permettre à chacun de rejoindre la joyeuse assemblée à son aise,
un apéritif sera organisé dès 18.30h à
Espace Art Gallery by Jerry Delfosse
Rue Lesbroussart 35, 1050 Bruxelles
Jerry Delfosse met gracieusement sa galerie à notre disposition pour l'occasion.
A cette occasion, et afin de donner un caractère festif et convivial
à cette manifestation, chaque convive est invité à se munir d'un petit présent
humoristique et original qui sera offert par tirage au sort
à un autre convive au cours de la soirée !
Le prix du menu unique est de 50 euros par personne.
Assortiment d’entrées.
Assortiment de quatre plats : poulet, bœuf, canard et crevettes.
Dessert : choix entre beignets bananes ou pommes.
Thé, café
Une demi bouteille de vin par personne. Eaux
La réservation ferme se fera exclusivement
par le virement au compte bancaire
BE18 0358 6853 0765
BIC GEBABEBB
au nom de Liliane Magotte
pour le 22 octobre au plus tard, en mentionnant
le nom du participant et le nombre de menus réservés.
Plan d'accès pour le restaurant
Rue Lesbroussart 49, 1050 Bruxelles
(+32 2 649 07 47 )
Parking payant à proximité, Place Flagey
Pour tout renseignement complémentaire,
envoyer un message privé à Liliane Magotte
Au plaisir de vous rencontrer !
Voici le lien des photos de la soirée
Succès pour la première " Rencontre d'automne "
entre les membres d' Arts et Lettres.
Une organisation
Lettres
Mais si, c’est vrai : Jean-Luc REVOL est professeur régulier au Cours Florent depuis 1987 et mène une double carrière de metteur en scène et de comédien. Il est directeur artistique du TCF/Théâtre du Caramel Fou. Et il a derrière lui une série impressionnante de mises en scène depuis 23 ans. Il a mis en scène HAMLET de W.Shakespeare, avec Philippe Torreton en 2011. « Même pas vrai », de Nicolas POIRET ( le fils du regretté Jean Poiret, décédé en 1992 ) une création co-écrite avec Sébastien BLANC, n’est-ce pas une comédie un peu facile ? Loin de là ! Jean-Luc REVOL explique : « La comédie est une discipline difficile, un véritable numéro d’équilibriste. Il faut savoir doser les choses, ne pas forcer le trait, être toujours vrai dans la démesure pour arriver à une parfaite harmonie. Quand j’ai lu « Même pas vrai », j’ai su que tout était là, ajouté au plaisir de la découverte de la plume de deux nouveaux auteurs.
Nicolas Poiret et Sébastien Blanc écrivent l’humour de notre époque. Un rire cinglant, vif, rapide et vachard, sans pour autant négliger la vérité et les doutes de leurs personnages.
Car c’est bien cela qui fait leur force. Mathilde et Arnaud, les deux protagonistes principaux, forment un couple qui pourrait être banal, si ce n’était le moteur de leur vie sentimentale : le mensonge. Ou du moins, le mensonge érigé en mode de vie, qui leur donne souffle et énergie, le piment indispensable à la banalité quotidienne.
Ils se mentent, mentent à leur fils et à leurs amis, jusqu’à ce que leur réalité devienne délirante et éclabousse de joie, tout cela en parfaite connivence. Seulement, voilà, quand Mathilde comprend qu’Arnaud lui a vraiment caché une chose importante, la machine se grippe et l’heure va être aux règlements de compte sanglants. Tous aux abris !
J’espère pouvoir construire une horlogerie suisse avec cette comédie pleine de rythme et de rebondissements. Les personnages et les situations imaginées par les auteurs doivent être réglés au millimètre. C’est un travail de précision. Ici tout est réuni pour y parvenir. »
Ayant vu la pièce hier soir au Centre culturel d’Auderghem, on ne peut qu’applaudir le savoir-faire étincelant du metteur en scène qui pose très adroitement sur les planches l’ensemble de ses propositions sans le moindre faux-pas. Du très grand art de boulevard. Une mise en scène au cordeau. Car le spectacle est fort divertissant et les gens rient de bon cœur, mais ils s’interrogent aussi sur la société qui a enfanté ce sextuor de personnages qui nous ressemblent.
Le pitch, on l’aura compris est assez facile. Ils sont six personnages qui se heurtent et essaient de s’expliquer, tous aveuglés par un ego exacerbé, dans l’appartement où vivent Mathilde et Arnaud (Bruno Madinier, ah ! le redoutable beau gosse) et leur ado en crise, Michaël. Heureux qui communique : « On ne dit jamais rien dans cette famille! Petits jeux à la con ! J’en ai un marrant : essayez de vous parler !» Entre les six protagonistes il y a des relations … qu’ils espèrent tous garder secrètes. Sauf que Mathilde (l’inénarrable
Raphaëline Goupilleau de Qui est Monsieur Schmitt?) découvrant une rupture dans le comportement de son mari, s’affole et veut en finir avec le temps des secrets. Des dîners de (non)-dupes s’organisent - le trio familial ne peut régler ses problèmes que devant des tiers - et les invités en sortent le plus souvent l’estomac vide et la tête à l’envers… la cuisine n’étant pas le fort de la famille. Le trio « externe » est électrique : le paisible Bernard ( Christophe Guibet) et les deux filles : une renversante Valérie Zaccomer et Anne Bouvier, un paquet explosif d’affects.
Bien que Mathilde, capable d’inventions délirantes, soit devenue une virtuose du mensonge et vacheries verbales en tout genre, elle recherche désespérément la sincérité. A la fin de la pièce c’est finalement son fils Michael (Thomas Maurion, craquant de naturel) qui remet les pendules à l’heure. Il la somme de dire les choses enfin de façon simple, sans continuellement les saupoudrer de « magie », ce second degré qu’elle affectionne tant. « On n’a pas toujours besoin d’inventer la réalité pour qu’elle soit jolie ! » Le couple va- t-il enfin finir par se parler…et arrêter de se mordre ?
Cette comédie joyeusement sarcastique et très rythmée est menée à grande vitesse : magie des changements de décors instantanés, (merveilleuse composition de Stéphanie Jarre) défilé de tenues mode de la rue Montaigne, coups de tensions intenses entre les comédiens qui jouent la réalité du théâtre plus vrai que nature et se gavent de répliques spirituelles et bien tournées. Le public adore une telle élégance théâtrale! Après la Belgique? La pièce « Même pas vrai » sera montée le 19 novembre au Théâtre Tête d'Or à Lyon avant d'être reprise début 2014 à Paris, au Saint-Georges.

http://www.artemis-diffusion.com/saison_prochaine/meme_pas_vrai/resume.html
http://www.ticketnet.be/fr/manifestation/meme-pas-vrai-billet/idmanif/8469
Est-ce la déception de ne pas avoir pu écouter le chef italien mythique Claudio Abbado qui nous a retenus pour ne pas commenter dès le lendemain ce très beau concert donné le 29 septembre dernier au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles? Certes non, c’est la beauté du concert qui a comme suspendu le temps.
Quittant la vision d’un ciel enluminé de rose flirtant encore avec l’été, on se précipitait ce jour-là dans une salle Henry le Bœuf très remplie. Claudio Abbado, le prestigieux chef italien qui vient de fêter ses 80 ans, fit ses débuts en 1960 à la Scala de Milan, avant de devenir son directeur musical de 1968 à 1986. De 1986 à 1991, il fut le directeur musical du Staatsoper de Vienne, devenant en 1987 Generalmusikdirektor de la ville de Vienne. La liste des orchestres qu’il a créés est longue : l’European Community Youth Orchestra, le Chamber Orchestra of Europe, l’Orchestra Filarmonica della Scala, le Gustav Mahler Jugendorchester, le Mahler Chamber Orchestra, son orchestre d’élite pour le Lucerne Festival, et comme petit dernier, l’Orchestra Mozart de Bologne (2004). Ce soir c’est sous la direction de Bernard Haitkin, le vénérable maître de musique néerlandais de 84 ans que nous nous laisserons enchanter par l’Orchestre Mozart qui va jouer Beethoven.
Il y a plusieurs versions de l’Ouverture de l’unique opéra « Fidelio » de Beethoven. Celle que nous sommes sur le point d’écouter est l’ouverture nº 2 de Leonore (ou ouverture Leonore II). Il s’agit d’une vaste page symphonique présentant tout le mouvement de l’opéra. Les thèmes chers au compositeur sont la dénonciation de l’arbitraire, incarné par le gouverneur de la prison, l’appel à la liberté, et l’amour conjugal qui pousse Leonore, déguisée en homme, à risquer sa vie pour libérer son époux Florestan.
Un immense épanchement de tendresse se meut rapidement en atmosphère lourde et sombre. Nous sommes dans une prison espagnole : le caractère dramatique de l’action s’affirme. Cors et vents se déchaînent, les violoncelles produisent des pizzicati mystérieux et sombres, les altos musent el les violons se gonflent de sonorités colorées. L’espoir ? Les rafales puissantes et accentuées se répandent, soutenues par quatre contrebasses. Le solo du cor est émouvant et l’univers musical semble lui répondre sur la pointe des pieds. A la fin ce sont les violons qui mèneront une danse joyeuse. Une entrée en matière très colorée pour accueillir la pianiste portugaise Maria Joan Pires, une femme habitée par une dynamique musicale on ne peut plus créative et qui a accepté de remplacer au pied levé Martha Argerich, prévue elle aussi, initialement dans la programmation.
Son Concerto N°2 en si bémol de Beethoven débute dans l’élégance de la première page et la grâce enjouée de la suite. Les bois pulpent le premier motif. Le premier violon se révèle intense et incisif. La pianiste dépose des fleurs de rêve sur le clavier. Mais elle sait aussi être ferme et entêtée. Ses notes piquées concentrent le bonheur sous ses doigts. Voici une cadence modulée, ondoyante. Ensuite son dialogue avec chaque instrument a quelque chose de lancinant. Du grondement de l’orchestre s’échappe le thème. Des arpèges descendants et effleurés répondent, laissant bientôt la place à un jeu de ricochets sur la surface d’une eau tranquille. Cette virtuose a la passion du naturel. Sous ses doigts la musique s’écoule en vagues lissées, ondulée de contrastes dynamiques très évocateurs. Grâce et douceur alternent avec une frappe puissante et la virtuosité avec l’apaisement. A la fin du premier mouvement, le chef d’orchestre s’arrête de conduire pour écouter la pianiste qui dispense alors un jeu presque syncopé, une gamme faite de vertiges et trois grands accords pour conclure dans la passion.
Si l’entrée dans l’Adagio est un peu pompeuse, la pianiste tient bientôt sous ses doigts un bouquet d’émotions lyriques. On ferme vite les yeux pour être mieux pénétré de la magie beethovienne dans le duo de solistes sur fond de pizzicati. Il y a ce jeu de respirations profondes entre le piano et les violons. Cela tangue dans le cœur et cela bruisse dans l’âme. Après des trilles qui exultent voici la main droite qui, de deux notes en deux notes, décrit tout un univers de mystère : l’amour humain transcendé dans l’amour divin ? Le Rondo final voyage dans tous les registres lumineux de la joie avec des pointes d’humour tant le plaisir de jouer est présent. Le maître de musique néerlandais fait chanter autour de la pianiste toute la masse orchestrale, en bougeant à peine, c’est de la magie ! Une direction purement mentale ? Un pur esprit ? Une énorme connivence dans la maîtrise stylistique et une cohésion totale entre la pianiste et son chef.
Vient après la pause la quatrième symphonie N° 4 en si bémol majeur jouée avec une acuité musicale incroyable et un Adagio aux reliefs impressionnants. Les copeaux du ciselage du chef d’orchestre (sans la partition devant les yeux !) ont l’air de voler partout! Il en sort une sculpture musicale vivante, palpitante et jeune comme un éphèbe. Les flûtes émettent des rubans de phrases, les pianissimos rendent les violons presque muets d’émotion. Les sublimes soupirs de violoncelles font ensuite place à la pugnacité juvénile des cordes. Une texture musicale inouïe: semailles légères de fragments mélodiques, arpèges pizzicato aux violons et accords fantastiques ou à peine murmurés. Après une très courte pause pour que le chef d’orchestre tue dans l’œuf les habituels accès de toux, voici le deuxième mouvement. L’ Adagio immensément tendre et désolé semble chercher la lumière. Le regard scrute les brumes mystérieuses de la vallée. Un violon fuse, d’une fraîcheur presque enfantine et pure. Tous se calibrent sur lui. Vient une descente abyssale, mais on fond il y a la sérénité, portée par la mélodie des violons. Les cuivres reprennent la phrase anodine. Ecoutez la dentelle sonore aérée chantée par les bois! L’altiste Wolfram Christ égrène à nouveau ses arpèges délicats. Entre des arabesques joyeuses de tutti, les violons taquinent toujours la mélodie. Les vagues accentuées de la dynamique font roucouler les vents et les violons, de jouer maintenant au loup. On disait: juvénilité ! Bernard Haitkin a déjà levé le bras pour lancer les violons de l’Allegro vivace mais doit recommencer à cause de la salle. La conduite des voix est manifestement très individualisée. Cet homme possède un ascendant extraordinaire sur l’orchestre. Le tempo est très rapide, les percussions éclatent, foudroyantes, sans empêcher le bavardage intense des violons. Et voilà que le seigneur de la musique imprime toute sa vigueur, sa fermeté et son affectivité pour la musique sur l’ensemble des pupitres. Puissance de suggestion: on aboutit dans l’univers sonore du Finale où se cachent, lumineuse, une jeune insouciance enthousiaste et inattendue et d’ultimes éblouissements.
Un dernier cadeau - il est de taille - et offert à l’assistance par Bernard Haitkin: revoici Beethoven encore, avec la splendeur de l’ouverture d’Egmont et son vertigineux mouvement ascensionnel. Dramatique à souhait, cuivres et timbales solaires. Jubilatoire. Le palais des Beaux-Arts explose sous les ovations.

Derrière des cloisons de verre,
très soigneusement isolés,
les nouveaux-nés sont exposés
aux regards des parents heureux.
Prière de ne pas déranger
ces petits princes endormis!
Il me fallut t’apprivoiser.
Un jour, tu dessinas pour moi,
avec des couleurs éclatantes,
un arbre unique et fabuleux;
tu avais à peine sept ans.
J’eus la joie de te voir grandir,
t’activant, toujours créatif,
et joyeux en venant m'aider.
J’eus un jour à te retrouver,
immobile, les yeux fermés,
privé de ton âme à jamais .
Les sanglots de ton père me laissant impuissante,
Je lui dis, tendrement, de ne pas déranger.
16/5/1991
À mon amie Adyne
J'étais venue au rendez-vous,
Que l'ardente Nature donne,
En diverses forêts, l'automne.
J'avais au coeur un désir fou
.
En me rendant, au grand Gala,
J'attendais une apothéose,
Je vis, hélas! tout autre chose,
Le merveilleux n'était pas là.
Lors, pour exprimer ma surprise,
Je la traduisis, sans penser
Que parfois, étant trop pressé,
On s'expose à une méprise.
Revenue, hier, sur les lieux,
Je fus placée face au miracle;
Ô sublime, envoûtant spectacle
Offert par l'Été, en adieu.
14 octobre 2013
Le 10 octobre 2013
Rachmaninov : Préludes opus 23 – Prokofiev : Sonate en si bémol majeur opus 84 – Ravel : La Valse
Le retour de Boris Giltburg était très attendu. Le dernier vainqueur du Concours Reine Elisabeth a choisi de revenir avec un programme très exigeant. On le sait depuis la finale du concours, Boris Giltburg a une conception très personnelle de la musique de Serge Rachmaninov. Loin des visions de certains pianistes russes. Comme à son habitude, il arrive sur scène avec un grand sourire à demi gêné, vêtu de cette chemise qu’il portait lors du concours. Hommage ou fétichisme ? Peu importe. L’envie de jouer est là et se ressent bien avant qu’il n’ait commencé. Dès les premières notes du premier Prélude on se souvient pourquoi ce pianiste israélien a gagné le Concours Reine Elisabeth en mai dernier. Boris Giltburg est un immense musicien, ultra-sensible avec une façon de jouer qui lui est propre et qui sort de l’ordinaire. Ce pianiste n’est pas un simple broyeur d’ivoire infaillible et sûr de lui, c’est un poète avec ses forces et ses faiblesses et c’est avant tout un grand communicateur. On a tous en tête les fameuses versions de Vladimir Ashkenazy, Nikolaï Lugansky, Grigory Sokolov ou même d’Alexis Weissenberg dans les Préludes opus 23 de Rachmaninov. Hier soir, rien à voir. Giltburg nous a donné la définition du mot interprète. L’interprète est là pour nous transmettre un texte qu’il aime, s’approprie et comprend. C’est ce qu’a fait le pianiste. Sur les 10 Préludes, pas un seul ne fut raté, esquivé ou non approprié. Le jeu de ce jeune pianiste est très particulier ; on pourrait parfois attendre un son plus puissant au vu de l’énergie qu’il dépense et les geste si amples qu’il déploie, mais force est de constater qu’il n’a pas la carrure d’un Sokolov ou d’un Volodos. Non pas qu’il n’ait pas de présence sonore mais l’habitude d’entendre la musique de Rachmaninov jouée de manière plus « musclée » et puissante fait que la remarque s’impose. Par contre, Boris Giltburg a certaines qualités qui font de lui un des meilleurs pianistes de sa génération. Enfin un pianiste qui ose prendre son temps, respirer et projeter le son dans une salle. Ces Préludes possèdent leur propre univers et Giltburg l’a bien saisi : entre chaque Prélude il n’a pas besoin de prendre son temps pour installer une nouvelle ambiance, il enchaîne et ceci fait qu’une fois le cycle terminé, on n’a pas eu l’impression d’entendre une succession de petites pièces virtuoses mais un ensemble cohérent de poèmes musicaux. Il est à noter également que ce pianiste a une technique à toute épreuve ; à aucun moment on ne l’a senti débordé ou à la limite de ses capacités. Boris Giltburg sait où il va, il y va et nous entraîne sans difficulté. La deuxième partie du récital a débuté avec la trop peu jouée et complexe Huitième Sonate de Prokofiev et a enchaîné avec la transcription de la Valse de Ravel. Autant on pouvait peut-être reprocher (si on cherche à être tatillon) un léger manque de puissance dans certains Préludes et une certaine prudence durant la première partie du concert autant la deuxième fut une preuve que ce pianiste a plus de réserve que l’on croit. Son interprétation de la Huitième Sonate fut sidérante, d’une puissance inouïe et d’une rare sensibilité. On sait qu’il a déjà enregistré les trois Sonates de guerre du compositeur mais pouvoir ressortir en concert une exécution pareille relève de l’exploit et d’une grande maîtrise. Oui car c’est bien un « maître » qu’on a entendu dans cette oeuvre. Tout les plans sonores sont là, tous les thèmes sont chantés, tout le caractère est là et à aucun moment son énergie ne s’épuise. Bien au contraire, c’est dans les moments techniquement les plus exigeants qu’il nous montre qu’il a encore plein de ressources. Le son n’est jamais dur ou artificiel et c’est dans l’oeuvre de Ravel qu’il fît montre de toute sa science des couleurs. Il traite son piano en véritable orchestre ; toute la difficulté de cette pièce est là : ne pas en faire une pièce de démonstration mais une véritable transcription d’une pièce orchestrale au piano. Énergie, couleurs, fulgurance et un bon zeste de folie firent de cette Valse de Ravel une véritable merveille. Généreux jusque dans ses bis. Une belle transcription de la Valse Triste de Sibelius, quelques restes d’une Étude-Tableau de Rachmaninov jouée lors des éliminatoires du Concours Reine Elisabeth, le fameux Prélude en do dièse mineur du même compositeur et pour finir un extrait des Davidsbundlertanze de Schumann. Infatigable et toujours affable. Pour son retour à Bruxelles, Boris Giltburg n’a fait que confirmer le choix des jurés en mai dernier : il a ce je-ne-sais-quoi en plus qui fait qu’il ne pouvait que gagner.
François Mardirossian Bruxelles, Grande Salle du Conservatoire, le 9 octobre 2013
Qu'ajouter de plus? Fervente lectrice du Crescendo magazine, je tenais à partager avec vous cete belle critique musicale de François Mardirossian. Notre pianiste préféré s'est fait interviewer par Xavier Flament à l'issue du concert.
http://www.bozar.be/activity.php?id=13199&selectiondate=2013-10-09
Ah ! vous dirai-je, Maman,
Ce qui cause mon tourment ?
Depuis que j'ai vu Clitandre,
Me regarder d'un air tendre ;
Mon cœur dit à chaque instant :
« Peut-on vivre sans amant ? »
Ou « Soyez amants, vous serez inventifs ! » Voici donc le thème de ce spectacle délicieux monté sous les étoiles de Provence par Bernard Damien. Il lui reste un ultime adieu à faire à la Belgique avec son dernier spectacle « Ainsi parla Zarathoustra ». Soupir.
Mais cueillons avec gratitude cette avant-dernière soirée exquise animée par deux couples de comédiens étincelants : Anne-Marie CAPPELIEZ, Francis BESSON et Amélie SEGERS, Raffaele GIULIANI ( nos préférés ) , que l'on voudrait bien suivre au bout du monde. Le Var, c'est quand même un peu loin! Une occasion trop rare d’écouter comment une langue imagée contribue à la beauté esthétique de la langue française et convie (trop rarement) aux transports amoureux.
Les chansons lestes comme celle de Colette Renard et bien d'autres chansons enfantines qui ont retrouvé tout leur sel se succèdent avec vivacité et enjouement. « Rares sont les femmes qui ont osé interpréter des chansons érotiques, paillardes ou grivoises. Il faut toutefois citer Yvette Guilbert dès la fin du XIXe siècle, Marie Dubas entre les deux guerres, et ensuite Caroline Cler, Danièle Evenou, Marie-Thérèse Orain… » mais ... c'est surtout Colette Renard qui fit figure de précurseur!
La langue française fuse comme autant d’étoiles filantes. Voici retrouvé le goût du verbe brillant, du pétillement de l’esprit. Les vers fleuris de « Comment l’esprit vient aux filles… » de Jean de La Fontaine veillent sur l’entreprise …ou la Chose ? Cette Chose conçue fort adroitement par le volage Abbé de L’Attaigant (1697-1779). Bien que le nom de ce contemporain deVoltaire soit désormais passé aux oubliettes, les vers qu'écrivit ce "Grand Chansonnier" ont passé les siècles et se retrouvent régulièrement dans les spectacles libertins. Bernard Damien utilise des extraits de cette page d'anthologie qu'est « Le mot, la Chose » entre chaque scène en guise de ritournelle verbale. Se souviendrait t-il de couplets répétitifs gravés dans des disques de chansons paillardes des années 1958? La mise en scène est superbe. Imaginez (le jeu en vaut vraiment la chandelle) un salon ou un jardin. Plutôt un jardin, à cause des ombrelles de dentelle que manient les dames en tenues coquettes de comtesses ou de marquises d’antan. Les messieurs sont tout aussi pittoresques, le mollet galbé dans des bas blancs, maniant tantôt la canne et tantôt la carafe et le verre de cristal. Des paravents pour les jeux de cache-cache, des bouquets de roses rouges et des guéridons ornés de photophores rouges et au centre sur des tapis d’orient un immense clavecin illuminé par des candélabres garnis de chandelles, où joue délicieusement un joyeux instrumentiste. Bientôt apparaissent en virevoltant des personnages XVIII e… Musique, corps à corps effleurés, accords verbaux, fleurs d’esprit, entrechats chatoyants, poursuites, esquives, connivences, chansons, rires, une pastorale charmante qui ne déplait que quand elle se termine. Las, on applaudira de tout cœur, espérant tout de même un bis …qui ne viendra pas. Les comédiens ont tout donné ! Diction parfaite, sentiments transparents, gestuelle gracieuse, rythme étourdissant, du Watteau sur scène. Voilà la Chose ! http://www.xltheatredugrandmidi.be/ Un spectacle charmant et plein d’humour «réservé aux adultes»… Un moment d’espièglerie délicieusement dérobé à l’intimité des paravents faussement opaques… Un clair de lune parsemé de chansons grivoises qui prêtent à sourire à l’abri d’un éventail… Soyez les témoins attentifs - et complices … - des Galanteries amoureuses du Grand Siècle, pour mieux apprécier celles du XXIème
avec Anne-Marie CAPPELIEZ Francis BESSON Amélie SEGERS Raffaele GIULIANI et Joël LUBBOFF au clavencin
adaptation et mise en scène BERNARD DAMIEN
du 27 septembre au 12 octobre à 20h30 - Grande Salle |