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Publications en exclusivité (3151)

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ADMINISTRATEUR GENERAL

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 27/11 au 22/12/2013 l’exposition  événement des artistes suivant : Paul Henrard (Be) aquarelles, Elodie Haslé (Fr) techniques mixtes, Tine Swerts (Be) peintures, Lionel Aubert & Julie Robrolle (Fr) créations en joaillerie ainsi Fabrice Lettron (Fr) sculptures.  

 

Le VERNISSAGE a lieu le 27/11 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

Vernissage qui sera agrémenté d’extraits de Musique Celtique interprétés par la harpiste Françoise MARQUET.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120

 

Paul HENRARD (Be) aquarelles

« Le droit se montre »

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Elodie HASLE (Fr) technique mixte

« Eau en couleurs »

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Tine SWERTS (Be) peintures

« Au fil de … l’Ô »

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Lionel AUBERT et Julie ROBROLLE (Fr) créations en joaillerie

« Alchimie »

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Fabrice LETTRON (Fr) sculptures

 

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Collectif de la GALERIE :

        

         Fabrice LETTRON (Fr) sculptures

         Pierre CONTENT (Fr) sculptures

 

A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste

         Louis de VERDAL (Fr) sculpture

 

Exposition du 27 novembre au 22 décembre 2013.

 

INVITATION AU VERNISSAGE

 

Mercredi 27 novembre de 18h 30 à 21h 30.

Drink de bienvenue et petits sandwichs fourrés.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles.

Ouvert du mardi au samedi : 11h 30 à 18h 30.

Et le dimanche sur rendez-vous.

GSM : 00 32 497 577 120

Et à titre d’information voici les deux prochaines expositions:

 

-Titre : « Différents regards sur l’art »

Artistes : Collectif d’artistes : Igor Stepanov (Ru), Leslie Berthet-Laval (Fr) peintures, Nathalie Afonso Dell’Omo (It) peintures et Pierre Content (Fr) sculptures. Exposition  événement comprenant quatre artistes dans le cadre du 26ème anniversaire d’Alzheimer Belgique A.S.B.L.

Vernissage le 15/01 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 15/01 au 02/02/2014.

 

-Titre : « Au-delà de la transparence »

Artiste: Alfonso Di Mascio (It) sculptures et installations.

Vernissage le 05/02 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 05/02 au 23/02/2014.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                        Jerry Delfosse

                                                        Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                        Voir:      http://espaceartgallery.be

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

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Le domaine royal de Chaalis.

12272972290?profile=originalVous avez aimé le Primatice et la chapelle royale de Chaalis, ce joyau est serti dans un éclatant écrin qui lui aussi mérite visite. Une visite guidée par le fantôme de Nélie Jacquemart-André...

12272972864?profile=originalNélie Jacquemart-André : autoportrait (1880).

L'abbaye royale de Chaalis c'est aussi une remarquable collection (Boucher, Van Loo, Houdon, Pajou... et même deux Giotto - actuellement en restauration dans les ateliers du Louvre - dont un St Jean l'Evangéliste que les membres d'Arts et Lettres devraient bien connaître), dont voici pour ce qui concerne la peinture un bref aperçu :

12272973681?profile=originalSandro Boticelli (1445-1510) : Vierge à l'enfant (tondo).

12272974081?profile=originalJoos Van Cleeve (ca 1485-1540 ; atelier de) : Vierge aux cerises.

12272973890?profile=originalGiovanni Mansueti (ca 1470-1527) : Picta (le Christ soutenu par la Vierge et Saint Jean l'Evangeliste)

mais encore du mobilier renaissance ou les souvenirs des voyages de Nélie...

12272974483?profile=original.... dans un bâtiment conventuel du XVIIIe siècle :

12272975063?profile=original... à suivre...

Michel Lansardière (texte et photos).

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administrateur théâtres

Igor Stravinsky - Concerto "Dumbarton Oaks" et Septuor - et Beethoven - Concertos pour piano n ° 2 et n ° 4 - avec Leif Ove Andsnes  au piano et à la direction d’orchestre

images?q=tbn:ANd9GcQUN8BkzUxBWHgDlcQ7aQIWQUButaGnKe9NWEqDQTuVtAKz-RThNw&width=264« Pour le New York Times, Leif Ove Andsnes est « un pianiste d’une élégance, d’une puissance et d’une intelligence exceptionnelles ». Avec sa technique magistrale et ses interprétations pénétrantes, le célèbre pianiste norvégien triomphe dans le monde entier, considéré comme « l’un des musiciens les plus doués de sa génération » par le Wall Street Journal. Il donne des récitals et joue des concertos dans les plus grandes salles de concert au monde, avec les plus prestigieux orchestres. »  Hier soir,  la collaboration du norvégien Leif Ove Andsnes avec le Mahler Chamber Orchestra lors du concert  donné au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles  était  du véritable or musical. Jeune et enthousiaste,  Leif Ove Andsnes est en train d’éditer l’intégrale des Concertos pour piano de Beethoven dans  un cycle intitulé « Le Voyage Beethoven ». L’œuvre  de sa vie?  Joués au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en novembre dernier les Concertos n° 1 et 3 sont déjà  édités chez Sony, loués par la critique et récompensés par le prix Caecilia de l’Union de la presse musicale belge 2012. « La musique de Beethoven est pour moi la musique la plus humaine et la plus spirituelle qui soit. Beethoven pensait que changer le monde est possible et que la musique est vérité. Cela me touche profondément. »

 Le silence qui précède les premières notes du concerto pour piano N°2 est éloquent. Le Mahler Chamber Orchestra est tout de suite  envoûtant par sa présence musicale   et   Andsnes fascine par la façon souple et onctueuse qu’il a de diriger depuis son clavier dont il a orienté la face avant vers  le public. Le couvercle s’est évidemment envolé.  Il s’agit d’une vraie cérémonie musicale élégante et fluide qui fait jaillir l’harmonie du cœur de l’homme et de son instrument et vient envahir les auditeurs de  bonheur. L’alternance  du jeu pianistique et de la   gestuelle de direction d’une délicate précision est une source ininterrompue de découvertes. On est pris dans une sorte de spirale musicale fascinante. Gestes  ou clavier? On s’empresse de ne jamais quitter l’artiste des yeux bien qu’il tourne le dos. On est suspendus dans les aller-retours passionnés entre les deux instruments : l’orchestre et le clavier. Il manie les deux, les  mariant sans relâche à la manière d’un magicien.  De plus,  l’accord entre le pianiste et les différents pupitres a quelque chose de  sacré: on ressent un réel flux musical.  Leur  fascination mutuelle est  surprenante  et engendre l’élan musical inédit qui fait vivre la musique de Beethoven.

 Comment l’orchestre fait-il pour rebondir avec tant de moelleux, en ce qui semble  une seule note, lorsqu’il qui semble cueillir au vol les phrases émouvantes du pianiste dans le concerto pour piano N° 4 ? Dans  le premier mouvement, le pianiste  a plongé  tout de suite dans la romance la plus  tendre puis le  thème a été repris joyeusement par  l’orchestre. On respire la pureté de vents, le souffle et la puissance de l’orchestre, la largeur des champs musicaux et on se fait effleurer par des chutes de pétales de fleurs légères dont on ne sait d’où elles viennent. Émotions en cascades : les cadences de l’interprète  sont  autant de  concerts en soi. L’orchestre  cloué par l’émotion ne semble pas décidé à reprendre l’archet, tant c’est intense et beau. Puis c’est la reprise de parfums voluptueux. Le pianiste joue sur les sommets de la virtuosité sans perdre la moindre plume… de cygne, tant c’est à la fois léger et palpable en même temps. On découvre des scintillements aquatiques, des miroitements et la propagation de l’onde en larges cercles autour du piano. On vit ce concert de manière presque physique. Les mains du pianiste n’arrêtent pas de jouer même lorsque le piano se tait. Leif Ove Andsnes entretient toutes les fulgurances, les violoncelles passionnés, les vents plein de caractère dans les duos de hautbois et de bassons,  l’ambre des altos et les percussions triomphales.  Dans le finale, c’est le triomphe de la beauté de l’émotion humaine.

Ainsi, Beethoven semble avoir pris le dessus dans le cœur des spectateurs lors de ce concert inoubliable. Mais les œuvres de Stravinsky,  le Concerto "Dumbarton Oaks" pour orchestre de chambre en mi bémol majeur et le   Septuor ont produit un paysage musical très évocateur. La taille de l’orchestre réduite, comme elle devait l’être dans la splendide propriété de Dumbarton Oaks (Washington DC)  aux Etats-Unis  en 1938 a permis de singulariser la beauté de chaque instrument, comme si tout à coup un dieu se penchait sur les musiciens qui jouent debout et les observait à la loupe! On pense … à Jean-Sébastien Bach pour la partie fuguée. Ce concerto fut commandé par un couple de mécènes, Mildred and Robert Wood Bliss pour leur trentième anniversaire de mariage. De l’aveu même du compositeur : « c’est un petit concerto dans le style Brandebourgeois! » qui, ruisselant de sonorités farceuses, se termine par une sorte de marche nuptiale pleine de sève musicale célébrant les bonheurs infiniment petits.  Le  plaisir musical et la curiosité étaient aussi bien au rendez-vous dans le Septuor aux sonorités de flammes dansantes (créé en 1954, chez les mêmes mécènes). Mais c'est Beethoven qui  a ravi les auditeurs, eux  qui croyaient connaitre  tous ses concertos par cœur!

http://www.bozar.be/activity.php?id=13121 

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administrateur théâtres

12272975471?profile=originalEuropalia India oblige, les miniatures indiennes du Ramayana au musée du Cinquantenaire

La troisième exposition de l’automne au Musée du Cinquantenaire de Bruxelles vient de s'ouvrir. Elle rassemble 101 miniatures indiennes appartenant au Musée national de New Delhi.  Le choix fut fastidieux  parmi les 500 oeuvres de la collection. Europalia India oblige, le musée participe au voyage dans l'imaginaire indien. Le Ramayana, à l’instar du Mahabharata, est une grande épopée hindouiste classique de l’Inde. Compilé jadis par le légendaire poète Valmiki, il constitue l’un des monuments de la littérature mondiale.

12272975878?profile=originalLe Ramayana fut écrit à l’origine en sanscrit. Il décrit, en sept livres (kanda) de 24.000 couplets (shloka), l’histoire du prince Rama et de son épouse Sita. Le héros de l’épopée est Rama, prince héritier d’Ayodhya, qui, à la suite d’une intrigue à la cour, doit s’exiler pendant 14 années dans la forêt en compagnie de sa femme Sita et de son demi-frère Lakshmana. La belle et vertueuse Sita est enlevée par ruse par Ravana, le roi des démons, à dix têtes, qui habite sur l’île de Lanka (Sri Lanka). En compagnie de Lakshmana, Rama débute alors une quête longue et ardue à la recherche de son épouse. Après bien des aventures et des épreuves difficiles, Rama finit par triompher de Ravana et libère sa femme Sita, avec l’aide de l’armée des singes, dirigée par le général des singes, Hanuman. Le Ramayana est une histoire de courage, de fidélité, d’amitié, d’amour et de justice. Il possède une profonde signification religieuse. Les Indiens considèrent Rama comme une divinité et le vénèrent encore aujourd’hui comme une des dix incarnations du dieu hindou Vishnu, qui prit plusieurs avatars pour descendre sur terre.

12272975889?profile=originalLe Ramayana a été une source d’inspiration pour de nombreux artistes au cours des siècles, tant en Inde que dans les pays voisins, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, le Vietnam et l’Indonésie. Les miniatures sont exposées dans une seule salle pen accrochage vertical par trois. la raison est à la fois  la restriction des moyens du musée et des raisons de sécurité. il est conseillé d'acheter le  magnifique catalogue peu encombrant qui  reprend l'histoire passionnante de chaque oeuvre photographiée. Sur 50 écoles artistiques existantes, 21 sont représentées dans l'exposition par des miniatures inspirées du Ramayana et qui ont été réalisée par des artistes indiens entre le XVIe et le XIXe siècle.

Chez les artistes peintres rajasthani et pahari, l’épopée fait partie des thèmes de prédilection. Elle ne laissa pas non plus indifférents les empereurs moghols musulmans. Ainsi, en 1588, le célèbre empereur Akbar fit traduire le Ramayana en langue persane, et de nombreux artistes des ateliers de la cour s’en inspirèrent pour leurs oeuvres. L’empereur lui-même donna l’ordre de représenter le Ramayana dans des séries de miniatures. L’exposition fait découvrir un art de la miniature dans lequel l’artiste peintre indien révèle sa maîtrise dans la façon de représenter l’homme et la nature d’une manière unique.

(Photo: ©National-Museum.New Delhi)

« Ramayana – Miniatures indiennes du Musée national de New Delhi »

Du 21/11/2013 au 18/05/2014 au Musée du Cinquantenaire, Parc du Cinquantenaire 10 à

1000 Bruxelles. Renseignements : www.mrah.be

Visites guidées, informations et réservations : tél. 02.741.73.11 –

sec@mrah.be

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Lorsqu'il est question d'acquisition de langage et de facilité d'expression,

d'une élocution synonyme d'Art oratoire, et de liberté...

par le biais de la "Mise en bouche" goûteuse de textes

ou

Comment chercher à épanouir les personnalités en germination

en respectant leur singularité

J'ai le plaisir de vous présenter, amis du réseau Arts et Lettres, le tout premier atelier-laboratoire aux teintes automnales que j'ai eu l'honneur d'animer, durant la matinée, conçu sur mesure en faveur d'une École pratiquant la pédagogie de Maria Montessori, principalement axé sur le mode de l'oralité, associé à quelques références historiques et artistiques enrichissant cet apprentissage littéraire, dans le dessein, de familiariser ces quelques  membres composant les futures générations, au patrimoine littéraire avec le riche vocabulaire que celui-ci génère,  et surtout dans le dessein de susciter en eux le plaisir que procure de donner à voix haute les œuvres choisies...

Rien de fastidieux, de purement "intellectuel", dans cette nouvelle expérience tentée par mes jeunes élèves, mais au contraire, la sensation de découvrir tout un monde inconnu, gage d'échanges et peut-être de révélations sur des dispositions dont ils étaient loin, de se douter...

Bref, j'escompte bien les aider à développer des aptitudes enfouies, comme un trésor !

Heures Automnales :

Ou

« Le Temps des Vendanges »

 

Atelier « Jeunes graines » et «Jeunes Pousses»

 

Duo de Fables :

 

I)                           Le Renard et les Raisins

 

Certain renard gascon, d'autres disent normand [1],

Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille [2]

Des raisins mûrs apparemment[3],

Et couverts d'une peau vermeille[4].

Le galand [5]en eut fait volontiers un repas;

Mais comme il n'y pouvait point atteindre:

«Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.[6]»

 

Fit-il pas mieux que de se plaindre?

 

Jean de La Fontaine

(1621-1695)

(Fable Xl du Livre III inspirée d’Ésope et de Phèdre)

12272973471?profile=originalLe renard et les raisins de Calvet-Roignat.

Quelques clefs de compréhension du texte dépeignant la scène :

 

Tandis que notre renard à la fierté exacerbée de Gascon doué en même temps d’une indécision légendaire de Normand et que la faim tenaille, au point d’en quasiment défaillir, jette son dévolu sur les fruits d’une haute treille (pied de vigne grimpante comestible cultivée pour le plaisir au sein du jardin d’agrément) treille d’où pendent des grappes de raisins parvenues à maturité, il s’aperçoit que son appétit est démesuré puisqu’il ne peut atteindre les grains convoités dont il se réjouissait de faire son régal.

Que trouve-t-il alors comme parade censée masquer son erreur d’appréciation de ses capacités ? Il joue tout simplement au précieux dégouté, avisant en pure mauvaise foi que l’objet de sa tentation n’est pas suffisamment de qualité pour son fin palais pourvu de papilles gustatives et afin de sauver la face, en lieu et place de reconnaitre son erreur, fait apparaitre un mépris de mauvais aloi, justifiant son renoncement forcé (impossibilité d’atteindre ce repas frugal de gourmet…°), par un dédain illégitime, se plaisant à se tirer de ce mauvais pas en exécutant une pirouette qui lui fait invoquer le faux prétexte de la non maturité du produit devenu soudainement à ses yeux médiocre, d’où la citation « bons pour les goujats », personnes de condition modeste, inférieure à la sienne qui elles, sauront se satisfaire de ce piètre mets si l’on en croit son argument et qu’il considère de haut depuis que messire Renard a compris qu’il lui fallait renoncer à sa récolte inaccessible !

Ainsi son honneur est quitte et son amour-propre préservé, bien qu’il sache pertinemment qu’il ne fait que se mentir à lui-même !!!

Enfants, l’espoir du devenir de notre race humaine, écoutez le poète, je vous en prie !

Écoutez ce fabuleux fabuliste de l’époque baroque lié au règne de Louis XIV dit le Roi Soleil, légendaire par son amour des arts, certes, mais aussi par son pouvoir absolu, qui par le biais des conventions, du masque, c'est-à-dire du « déguisement » que revêtent les personnages en prenant le contour de nos « amies les Bêtes », brosse les travers du genre « bipèdes » auquel nous appartenons !

Car, ne nous y trompons pas, les défauts sur lesquels s’attarde notre plume bienveillante, jamais gratuitement odieuse, s’attache bien à dessiner notre portrait, quelque soit notre tempérament…

Faisant confiance à votre intelligence sensible, je ne doute pas que vous avez su deviner à quelle faille, Jean de La Fontaine fait appel au cœur de ce récit, ainsi que la morale qu’il nous faut en tirer !!!

 

II)              Le Renard et les Raisins

 

Un Renard ne pouvant atteindre aux Raisins d’une treille,

dit qu’ils n’étaient pas mûrs, et qu’il n’en voulait point.

Quand d’une charmante beauté,

Un galant fait le dégoûté,

Il a beau dire, il a beau feindre,

C’est qu’il n’y peut atteindre.

 

Charles Perrault

(1628 – 1703)

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Raisins verts à la noix de Jacob Foppens Van Es

© Tout droit de reproduction réservés



[1] : Il ne s’agit pas, chez La Fontaine, de vouloir à tout prix préciser l’origine du renard mais bien plutôt de faire allusion à certaines caractéristiques régionales le Normand ne peut s’engager clairement (« P’ être bin qu’oui, p’têt bin qu’non), tandis que le Gascon ne veut pas perdre la face.

 

[2] : L’ensemble des ceps qui grimpent le long d’un treillis, d’un mur,... Cf. « L’Ivrogne et sa Femme » « Un jour que celui-ci, plein du jus de la treille / ... » (Livre III, fable 7, vers 9).

 

[3] : Selon toute apparence.

[4] : Vermeille exprime la couleur or en langage littéraire…

[5] : Mot  s’orthographiant au XVIIème de deux façons, Galand ou Galant,  ici  employé dans le sens de malin, mais peut aussi vouloir dire amant dans la signification de l’amour courtois…

[6] : Valets employés dans l’armée (voir le Littré…) de mœurs peu raffinées, d’où l’extension de son appellation dans la vie courante désignant un  homme vulgaire et grossier dans ses manières.

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administrateur théâtres

 L’Inde célèbre Diwali !

La fête de la lumière, de la prospérité et de l’espoir.

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Diwali est l’une des fêtes principales de l’hindouisme et elle est célébrée par tous les Indiens. Souvent appelée fête de la lumière, Diwali est dédiée à Maha Lakshmi, déesse de la lumière, de la fortune, de la chance, de la sagesse et de la prospérité. Dans et autour des maisons, les dyias, petites coupoles en terre cuite remplies de ghī (beurre clarifié) illuminent la profonde nuit de la nouvelle lune et éclairent jusqu’à l’âme de tous ceux qui participent à la fête. C’est un moment de renouveau, proche en signification de la nouvelle année, avec les bonnes résolutions qui l’accompagnent.

12272963460?profile=originalLa fête de Diwali célèbre la victoire du bien sur le mal: de la lumière sur l’obscurité, du chaud sur le froid, de la vérité sur le mensonge et de la pureté sur la souillure. Diwali est l’occasion d’un grand nettoyage au sens propre comme au figuré : les maisons sont nettoyées de fond en comble et les hindous ne consomment ni viande ni alcool pendant une semaine afin de se purifier de l’intérieur.

Divālī fait appel à de nombreux mythes et légendes de l'hindouisme, se rapportant principalement à Vishnu et à son épouse Lakshmi:

...comme Brahmā, dieu de la création, et Shiva, dieu de la destruction, Vishnu, dieu de la préservation, fait partie de la Trimūrti la trinité de l'hindouisme qui a peu à peu remplacé dans la ferveur populaire la trinité védique que constituent Agni (le feu), Vāyu (le vent) et Sūrya (le soleil). Chacune de ces trois divinités est accompagnée de sa parèdre (sa shakti), c'est à dire  la déesse puisssante  qui lui est associée. Ainsi, l'épouse de Brahmā est Sarasvatī, déesse du savoir, celle de Shiva est Pārvatī (qui peut revêtir les formes terribles que sont Durga et Kālī), et enfin, celle de Vishnu est Lakshmi, qui personnifie la richesse intérieure, naturellement associée à la préservation.

Vishnu est d'autre part très populaire au travers de ses dix avatars, ses incarnations sous différentes formes, dont les plus connues sont Rāma, le roi mythique héros du Rāmāyana, la grande épopée hindoue, Krishna, le séduisant et divin berger, qui symbolise l'amour divin inhérent chez l'humain, voire quelques autres comme Narasimha, l'homme-lion.

Outre Lakshmi, et les deux avatars de Vishnu que sont Krishna et Rāma, Divālī met également Ganesh à l'honneur. Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, fils de Shiva et de Parvati, est une divinité majeure, bénéfique car il est « celui qui écarte les obstacles de l'égo ».

Avant tout, Divālī célèbre le retour dans sa capitale, Ayodhya, de Rāma avec son épouse Sītā, qu'il a reconquise de haute lutte sur le démon Rāvana, comme le conte le Rāmāyana. Le nom Divālī (ou Dīpāvali), dont le sens est « rangée de lumières », rappelle en effet le chemin de lampes fait à Rāma par les habitants d'Ayodhya pour éclairer son retour.

Les rangoli (photo ci-dessous) sont les décorations qui, lors de la fête, ornent les maisons, les cours, les sanctuaires et même les salles à manger.

Destinées à témoigner d'une chaleureuse hospitalité - car lors du troisième jour, Lakshmi, selon la croyance populaire, vient elle-même visiter les maisons - les rangoli sont dessinées sur le sol avec de la farine de riz en signe d'accueil et pour repousser les mauvais esprits. Des poudres de couleur sont aussi utilisées, afin de former des dessins de formes géométriques. Cette décoration se complète avec des feuilles de manguier et des guirlandes de soucis.

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Ce dimanche 3 novembre, les 100 premiers visiteurs ayant acheté un ticket combi (Body et Indomania) pour les deux expos du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles recevront une statuette à l’effigie de Ganesh pour célébrer la fête indienne de la lumière.

Corps de l'Inde & Indomania

Yoga, ayurveda ou kamasutra - la manière dont la civilisation indienne aborde le corps est l’une des plus fascinantes qui soit. Cette exposition propose un voyage inoubliable de la mort à la renaissance, des forces maîtrisant le destin au pouvoir de l’action humaine, du désir et de la séduction à la conquête du corps par le biais de l’ascétisme. Venez découvrir d’envoûtants chefs d’oeuvre de l’art indien -jamais encore exposés pour certains-, issus de temples anciens, de musées provinciaux oubliés, de collections royales et du Musée National de l’Inde.

Indomania: De Rembrandt aux Beatles

Splendeur des moghols et maharadjas, spiritualité, lumière et couleurs mais aussi pauvreté ou système des castes …  Autant d’aspect de l’Inde qui ont frappé de tout temps les voyageurs partis à sa découverte. Mais comment les artistes occidentaux  envisagent-ils l’Inde ? Et comment évolue leur regard au fil du temps ? Indomania nous contera la passion commune de nombreux artistes pour l’Inde. Peintres, sculpteurs, photographes, auteurs, cinéastes et musiciens avec une admiration esthétique et une curiosité intellectuelle pour ce pays. Pour la première fois, les œuvres de ces artistes seront réunies : de Rembrandt à Rauschenberg, en passant par Rodin, Cartier-Bresson et Pasolini. Quelques artistes contemporains se rendront également en Inde à la demande d’Europalia, afin de s’imprégner du pays et de créer une œuvre qui sera exposée dans le parcours.
Environ 250 objets: peintures, sculptures, textiles, bijoux, objets d’art, films, photographies ; d’Alexandre le Grand à nos jours.
Quelques grands maîtres: Rembrandt,  Gustave Moreau, Auguste Rodin, Pier Paolo Pasolini, Roberto Rossellini, Henri Cartier-Bresson,… Artistes commissionnés par Europalia pour une résidence en Inde : Hans Op de Beeck, Max Pinckers,…
Collections majeures: British Museum, British Library, Victoria & Albert Museum, Musée du Louvre, Musée Guimet, Musée Rodin, Centre Pompidou, Fondation Custodia…

NB Les statuettes seront remises sur présentation du ticket combi au point info d’europalia.india, Rue Ravenstein 79 à 1000 Bruxelles (en face de l’entrée du Palais des Beaux-Arts).

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Du 4 octobre 2013 au 26 janvier 2014, europalia.india dévoile la richesse culturelle de l’Inde à travers 26 expositions et plus de 400 concerts, spectacles, films, conférences et ateliers dans toute la Belgique.

RETROUVEZ TOUT LE PROGRAMME SUR WWW.EUROPALIA.EU

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/24th-international-art-festival-europalia-india-du-04-10-2013-au

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administrateur théâtres

IN VINO VERITAS ! "La mémoire de la cave a toujours été sous-estimée par rapport à celle, tant exploitée, dans les romans, du grenier. La grande supériorité de la cave sur le grenier, c'est qu'en plus du passé, qu'ils détiennent l'une et l'autre, …la cave a de l'avenir." Cette citation de Bernard Pivot donne le ton. On va mélanger ce soir sagesse, philosophie, art de vivre et dégustations en tous genres. Les portes du paradis sont largement ouvertes sur la compagne séculaire de l’homme : l’ivresse. Celle des sens, celle  des mots, celle du vin et du champagne, n'en déplaise aux vins jaloux des bulles!

12272969698?profile=originalCe duo de plaisir inédit est une invitation à partager en un peu plus d’une heure l’univers complexe du vin, son vocabulaire, sa poésie et sa sensualité. Des textes choisis  d’écrivains amoureux du vin émaillent l’écriture inventive de Pascale Vander Zypen et Christian Dalimier. La bouche gourmande, ils se mirent dans la robe du  vin où se reflètent toutes  les émotions humaines : de l’amour, à l’extase, à la dispute.  Car l’air de rien,  la dispute est souvent dans l’air.  La dispute qu’elle soit pensante ou effervescente, c’est  comme le cumin dans la cuisine marocaine, une sorte de piment pour les mariages heureux et pour  le plaisir des papilles. La saveur des mots rejoint l’humour libérateur et on hume les effluves  à s’en étourdir.  Les deux comédiens se saoulent de mots, d’appellations, de millésimes. Rien de pédant, tout pour le plaisir et dans tous les registres!12272970086?profile=original «  Entre deux verres »  est l’un de leurs sketches  particulièrement désopilant : une conversation entre un bordeau et un bourgogne ( et pas n’importe lequel, un Vosnes Romanée Conti)  avant d’être bus d’un trait et sans honte par des bouches indélicates.  A travers la robe des vins on entrevoit les petits travers de la vie de couple, ou de famille avec baptêmes, mariages, funérailles. Ils font  le tour de la question  dans une bonne humeur grandissante. Et le public trinque mentalement avc eux, savourant mises en bouche et mises en scènes spirituelles.  Notre préféré est ce conte de fées joué dans un vrai château (domaine de Vaqueyras) où un certain Lucas di Montepulciano des Abruzzo ... s'est entiché  de la  belle demoielle de Vaqueyras couvée par un  père intraitable.   A Baudelaire de conclure déjà, et  bien trop tôt ! On en redemande ?  : Il faut être toujours ivre. /Tout est là : c'est l'unique question. /Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. /  Mais de quoi ?/ De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. /Mais enivrez-vous./ Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. » Bouquet capiteux pour les comédiens: c'était  ce soir-là la centième représentation, fleurie d'applaudissements généreux.

 De la salle, on passe au bar pour une dégustation conviviale de trois crus, la parole se délie entre spectateurs… Et ce soir-là on se retrouve aussi  à la table très bavarde de Mmmmh (spécialiste épicerie fine, ustensiles et cours de cuisine depuis 2003)!  Une façon de conclure dans la ligne du nouveau théâtre Saint-Michel  qui a décidé d’offrir à son public des saveurs humaines bien vraies pour  damner le pion à l’univers frelaté des bonheurs technologiques qui ne cessent de nous grignoter esssence et existence.   

 

http://www.theatresaintmichel.be/Entre-deux-verres

Du 15 au 18 et du 22 au 24 octobre Du 14 au 16 et du 21 au 23 novembre
Théâtre Saint-Michel
Durée : 01h30 - Tarifs : 12 à 22€ - ABO TSM

 

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administrateur partenariats

Pour les membres concernés,

La reprise des partenariats est suspendue jusqu'à nouvel ordre,

quelle que soit la nature de ces duos ou autres billets de groupe.

Aucun billet de partenariat ne sera approuvé avant une reprise

officielle entérinée par Robert Paul.

Merci de votre compréhension,

Liliane Magotte

Administratrice des partenariats.

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administrateur théâtres

148335.jpg?width=140OPERA BUFFA (spectacle/dîner) Coup de cœur aux Halles de Schaerbeek

                                                                           D'après "Don Giovanni" de W.A. Mozart, une création de la Cie Laika & Muziektheater Transparant (Belgique)

Don Giovanni charme et manipule pour son plaisir. Et vous êtes invités à ses ébats lors d’un délirant banquet. Voilà Les Halles de Schaerbeek transformées en salle à manger. On se croirait au Repas de noces de Breughel : tables de bois brut  et tabourets, il ne manque que le bambin qui a chapardé une galette! Et pourtant, voici Mozart!  Les premiers couplets sont envoyés en flamand, le français s’y mêle, rugueux et approximatif mais combien chaleureux ! Un train d’enfer emplit les cuisines cachées par des double-portes battantes. La troupe de comédiens chanteurs s’abat sur vos tables, de coursives en coursives, vous distribue la vaisselle de fortune et les mets dernier cri que l’on se partage avec des convives inconnus. Ils vous content monts et merveilles culinaires, vous font saliver tant la musique et l’imagination se sont données le « la ». Une jouissance pour l’esprit le cœur  et les papilles, ce spectacle croquignolet est  fait pour les routards de la musique.  
À moins que ce soit pour une autre raison?  Un spectacle qui rallie, qui allie…bonne franquette et jubilation flamande et qui ne déraille jamais. Un mélange savoureux  qui  gonfle de bonheur et qui emballe l’oreille, les yeux et sûrement …le bouche à oreille! Dans des effluves de chocolat.12272975898?profile=originalLaika et Muziektheater Transparant font revivre, à leur manière, cette œuvre étincelante de Mozart et Peter Debie est le maître de la réjouissance... L’italien du compositeur autrichien donne la main aux parlers de Belgique et le résultat est un feu d’artifice verbal totalement festif sur une partition musicale de rêve. Mozart qualifiait son "Don Giovanni" d'opera buffa (titre de l’adaptation) : une pièce lyrique au ton léger, faite pour divertir, présentée ici dans une transcription contemporaine, pour orgue Hammond, contrebasse et violon. Mais les grands airs, eux,  restent ... immortels, chantés avec passion par  des voix  fraîches et pétillantes de jeunesse que l’on n’est pas prêts d’oublier.

                       

Un spectacle qui fait fondre de plaisir et qui a déjà pas mal touné, de la haute Normandie au Portugal avec une version portugaise. CONCEPT ET MISE EN SCÈNE Peter De Bie et Jo Roets / COMPOSITION MUSICALE Jan Van Outryve (d’après W.A. Mozart) / ADAPTATION DU LIVRET Jo Roets et Greet Vissers / INTERPRÉTATION ET CHANT Benny Ceuppens, Koen Janssen, Laurie Janssens / Dorien Mortelmans, Jokke Martens, Astrid Stockman, Marnie Zschöckner / MUSIQUE Wietse Beels, Pieter Van Buyten, Niels Verheest / SCÉNOGRAPHIE Peter De Bie / COSTUMES Manuela Lauwers / LUMIÈRES ET SON Anton Van Haver / CONSEIL Wouter Van Looy / CUISINE Peter De Bie et Bram Smeyers

photos©Phile Deprez

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http://www.transparant.be/en/productions/cat/productions-2013-2014

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administrateur théâtres

Monsieur chasse? …Madame aussi ! 

Un bouquet de fraîcheur, un festival de railleries et d’esprit français,  c’est la  langue succulente de Feydeau qui agit. Jeux de mots, double-sens, sous-entendus, métaphores et musicalité aérienne. Un spectacle volatile débarrassé de ses lourdeurs de décors bourgeois 19e, remonté à neuf par Jean- Paul Tribout,  exquis metteur en scène francais et  fin comédien. 12272974256?profile=originalC’est lui Monsieur Duchotel, le mari-chasseur qui risque fort d’être chassé …de son logis. Et son spectacle  fonctionne  comme une précieuse horlogerie fine… hors du temps : quelle gageure! Cinq  portes éclatantes de blancheur, comme autant de pages neuves, sans autre décor, font face au public et s’ouvrent sur des personnages d’abord légèrement figés dans leur encadrement agrémenté d’un décor intérieur en trompe l’œil. Ils s'en échappent dans un mouvement diabolique et virevoltant de sortie de boîte. Ils sont  plus vivants que jamais, portés par l’énergie pure du texte et la vérité des sentiments. La diction : savoureusement belle.

 12272973891?profile=originalIls sont ma foi fort modernes, quoi qu’en disent les somptueux costumes d’époque et la  splendide robe émeraude de Léontine Duchotel, une émouvante et merveilleuse Marie-Christine Letort dont le visage et le corps épousent les moindres changements d’humeur. Pour peu on se croirait à l’Opéra.  Au travers de cette comédienne phare, c’est l’institution du mariage qui est en jeu. Au début de la pièce Léontine parle  avec naïveté et candeur de son amie fraîchement divorcée et  pourtant bonne catholique mais à la fin n’est-elle pas prête à réclamer haut et fort un  droit au divorce  bien du 20e siècle? Ah mais il y a un personnage pas mal non plus: ce lit capitonné qui sort lui aussi d’une boîte à surprises très inventives, entourée de nymphes pulpeuses et suggestives…

Léontine Duchotel annonce qu’elle ne sera pas la première à donner le premier coup de canif dans le contrat. Mais, que le mari se méfie, s’il se risque à l’infidélité, elle s’arrogera le droit de faire de même, allant passer deux jours « chez sa marraine »! Un procédé qui enclenche une mécanique d’œil pour œil, dent pour dent extrêmement mouvementée et drôle, et certes, aucunement vieillie ! Léontine porte le spectacle avec vérité humaine profonde - sa palette de sentiments est fascinante -  et ce, sans la moindre préciosité.

 L’intemporalité de ce vaudeville, est  incontestable. L’homme, quel que soit son âge résiste à tout sauf à la tentation, toujours à l’affût d’aventures et de chimères  il ne peut se contenter du confort tranquille du mariage et recherche les dangers de la chasse.  Léontine règne sur le plateau, lieu de joutes en tout genre, craquante de franchise et d’ingénuité dans ses hésitations extra-maritales avec le docteur Moricet. 12272974883?profile=originalLe rythme se fait vertigineux entre Jacques Fontanel  qui interprète ce rôle de vieux séducteur de médecin avec totale sincérité … immensément factice et Emmanuel Dechartre qui ne rêve que de se venger de l’infidélité de son épouse, Madame Cassagne. Xavier Simonin fait un valet et un inspecteur de police très caustiques, tous deux   joliment doués de  sublime hypocrisie. Coiffé en pétard, Thomas Sagols  se prête très justement au  jeu du jeune  neveu, Gontran,  voluptueux bachelier glandeur et  roublard. Claire Mirande, ex-comtesse de la Tour est devenue une  concierge-cocotte intrusive et bavarde qui rajoute, si besoin était,  de  nouvelles coupes de bulles au breuvage capiteux qu’est … le texte !  

http://www.atjv.be/Monsieur-chasse

"Monsieur Chasse" de  Georges Feydeau

Mise en scène de  Jean-Paul Tribout,

Avec  Emmanuel Dechartre,  Jacques Fontanel, Marie-Christine Letort, Claire Mirande, Thomas Sagols, Xavier Simonin, Jean-Paul Tribout

 

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BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS

                          BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS                   

 

Du 07-11 au 25-11-12, l’ESPACE ART GALLERY (Rue lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) vous invite à découvrir une exposition entièrement consacrée à l’œuvre de Madame BETTINA MASSA, intitulée ŒUVRES SUR PAPIER – PLUS INSTALLATION VIDEO.

BETTINA MASSA dont l’E.A.G. avait eu le plaisir de présenter les œuvres  en avril dernier nous revient avec des variations nouvelles sur un thème qui lui est essentiel : le rapport entre réalité et fugacité du temps fuyant.

Cette fois-ci, d’entrée de jeu, elle aborde son parcours par la couleur comme un retour vers le passé. Comme le précise l’artiste, elle a débuté son œuvre  par la couleur pour avancer ensuite vers le noir. Signalons, d’emblée, qu’aucun de ses tableaux ne porte de titre. Cette manière d’agir, elle la revendique au nom de la liberté du visiteur à laisser flâner son imaginaire au gré de ses toiles. Cette même démarche se retrouve dans les variations chromatiques qu’elle apporte à la couleur rouge dans deux tableaux montrant deux enfants jouant (1, 54 x 1, 39 cm - 2012)

 

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Nous retrouvons ici la thématique du mouvement scandé en plusieurs segments que l’artiste avait préalablement abordé dans son tableau intitulé LE MARTYR DE SAINT MATTHIEU, présenté en avril dernier, lequel était une variation contemporaine sur le discours pictural du Caravage (1, 52 x 1, 38 cm).

 

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Les quatre panneaux formant la composition représentant des enfants dans l’activité ludique nous livrent l’expression d’un mouvement léger, aérien (1, 54 x 1, 39 cm). Un mouvement « enveloppant » en quelque sorte le corps de l’enfant, à l’avant-plan, grâce au flottement du drapé presque translucide mettant en exergue la posture inclinée de son corps. Tout est en variations dans cette œuvre : postures et couleurs obligeant le visiteur à « ajuster » son regard au fur et à mesure qu’il s’approche de la toile et en découvrir les réalités.

Placé juste à côté de cette œuvre, un second tableau représentant une jeune fille dans une posture évoquant la danse, nous propose le même discours féerique (1, 54 x 1, 39 cm).

 

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(1, 39 x 0, 76 cm - 2012).

BETTINA MASSA voulait, à l’origine, réaliser un triptyque mais chemin faisant, elle a préféré s’en tenir à deux compositions distinctes.

Si dans l’œuvre similaire composée de quatre panneaux le mouvement, subtil et discret, est apparent, dans ce second tableau il sollicite l’effort visuel du visiteur qui le découvre au stade infiniment embryonnaire, prenant l’apparence du dessin sous-jacent apparaissant à la radiographie. Comme pour l’exposition précédente l’artiste nous présente des œuvres réalisées avec la même technique, à savoir l’utilisation de papier noir en provenance du Bouthan à l’adhérence rapide, lequel ne permet plus d’effacer quoi que ce soit une fois que les pigments s’y sont fixés.

A ces deux œuvres s’ajoutent quatre tableaux de dimension moyenne déjà présentés en avril dernier montrant quatre facettes d’un visage masculin, campées en une succession de phases sur lesquelles le temps a laissé sa trace. (0, 69 x 0, 77 cm) L’empreinte du temps fuyant s’est déposée sur le sujet à l’intérieur du cadre quatre fois répété, à la manière de quatre « segments » d’une même séquence, ainsi que par une polychromie à dominante sombre, aboutissant au noir absolu montrant la façon dont le temps lui a labouré les traits.

 

Mais le clou de l’exposition est constitué par une série d’œuvres à dominante bleue.

Elle s’ouvre sur un univers onirique à l’intérieur duquel la figure humaine apparaît telle une incrustation « calquée » comme une sorte d’ombre chinoise au cœur d’un monde à la matérialité presque minérale. A l’arrière-plan se profile un ensemble de colonnades antiques, ce qui confère à l’ensemble de la composition une dimension métaphysique. Les figures humaines partent du centre du tableau pour s’étaler sur les côtés de la composition jusqu’à être, pour ainsi dire, « coupées » par les bords du cadre. Cela s’explique par la volonté de l’artiste d’ « ouvrir » une porte vers l’inconnu. Une porte à la fois de sortie afin de libérer les personnages pour qu’ils s’évadent du tableau, et une porte d’entrée à l’attention du regard pour l’inviter à se transporter derrière le miroir (1,4O x 1,53 cm – 2012). Cette œuvre témoigne de l’expérience de l’artiste en tant que scénographe pour le théâtre.

 

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Elle a, en effet, conçu dans les années ’80 des scénographies pour des textes d’Aragon, d’Armand Gatti, de Garcia Lorca, mis en scène par NAJIB GHALLALE.

Et il y a certainement un effet théâtralisant dans la gestion spatiale de l’œuvre de BETTINA MASSA : le centre de la scène est vide. Ce qui permet au regard de se diluer pour se perdre enfin dans l’espace scénique.

Dans l’ensemble des œuvres à dominante bleue, le mouvement surgit comme un sursaut de l’âme, en ce sens qu’il survient comme un remous violent.

En cela, la notion de mouvement exprimée de telle façon renvoie à l’identité même de l’image : un abîme incertain enfouis au tréfonds de notre psyché qui se manifeste au contact d’un choc engageant tous nos sens et que nous interprétons dans des tons célestes ou marins. (1,53 x 2,04 cm – 2012)

 

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Tout ce que la nature nous offre et que notre for intérieur ne cesse d’interpréter comme les épiphanies d’un divin ancestral.

Comme le titre de l’exposition l’indique, celle-ci se termine avec une vidéo conçue et tournée par l’artiste. Elle s’intitule  A CONTRE –TEMPS.

Il s’agit d’une œuvre réalisée partiellement en pellicule 16 mm, transposée et terminée en bande vidéo. Deux projecteurs diffusent sur deux écrans opposés,  le même film projeté en décalage d’une minute, l’un par rapport à l’autre. Entre les écrans, le portrait d’une jeune fille exécuté au pinceau avec poudre de graffite tenue à l’aide d’un médium, trône en guise de référent. Car le personnage du film c’est elle. On la voit petite courir le long d’une  voie ferrée vers la caméra, une fois en vitesse normale, ensuite au ralenti. A la suite de quoi, on la voit adolescente pour la retrouver, assise près d’un projecteur en marche, en tant que spectatrice de sa propre évolution. En guise de fin, un fondu enchaîné avec double exposition réunit dans un même plan le personnage filmé dans les trois époques et pour conjurer une fin éventuelle, le film est remonté en marche arrière comme pour affirmer l’existence d’un éternel retour.

L’audace de ce film consiste à le diffuser en différant l’action d’une minute entre les deux projections. Cela peut sembler insignifiant pour le profane, néanmoins, soixante secondes de distance entre les plans, et arriver à harmoniser tout ça, c’est considérable !

De plus, un voile opaque couvre l’un des écrans. Ce qui contribue à donner une image volontairement floue d’un passé révolu. Cette pièce ajoutée confère à l’écran le rôle d’une fenêtre de laquelle surgit une sorte d’image onirique. Une plus-value sur le rêve. 

L’aspect technique du travail, à savoir le montage, l’artiste l’a confié à Madame LUISA GHERDAOUI, une monteuse professionnelle qui a assuré une parfaite continuité filmique à l’ensemble.

Ce film d’une durée de cinq minutes peut être qualifié d’ « expérimental », en ce sens qu’il interroge, à l’instar de l’œuvre picturale de l’artiste, la dialectique réalité-temps.

Il s’inscrit en plein dans la philosophie comme dans la poétique du cinéma muet d’avant-garde où l’écran pouvait, en quelque sorte, se « démultiplier » pour atteindre la « polyvision », dont parlait Abel Gance à propos de son NAPOLEON (1927), lequel n’hésitait pas à présenter trois segments d’une même action sur trois écrans alignés.

BETTINA MASSA nous est donc revenue avec un prolongement de son œuvre qui mène, le plus naturellement du monde, vers le 7èmeArt.

Cela était déjà présent dans les quatre tableaux exposés précédemment, présentant  quatre aspects différents d’un même visage, mentionnés plus haut. Ces œuvres dont l’aspect varie d’ailleurs en fonction de leur emplacement par rapport à la lumière via l’importance du chromatisme, rappellent le rendu filmique dans l’aboutissement du mouvement.

Quand débute le mouvement ? Quand s’arrête-t-il ? A l’instar de la droite, produit de l’imaginaire, le mouvement ne peut se concevoir que par la présence matérielle du segment qui sanctionne son existence.

BETTINA MASSAne cesse de le traquer dans sa fuite existentielle en plaçant devant sa face le miroir de la réalité.

 

François L. Speranza.

 

 Une publication

Arts 
12272797098?profile=originalLettres

 

Note de l'éditeur responsable (Robert Paul):

Pour mémoire,  le billet consacré à BETTINA MASSA  pour son exposition d'avril 2012:

 

Voir en plein écran

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Message à l'attention d'une pléiade de grincheux, fâcheux, et autres "Précieux dégoûtés",

dont les commentaires perçus ici et là au sujet de la fête séculaire de la Saint Valentin,

ont contribué à me dicter cette pensée :

 

               

                          Oh, bien sûr, accordons-le aisément, la Saint Valentin est devenue au fil des ans une tradition des plus commerciales, tout comme les célébrations profanes dérivant de notre calendrier grégorien ! Devons-nous pour autant rejeter ces fêtes émaillant la sente de notre quotidien, telle celle de la Noël, sous prétexte que nous sommes assaillis de propositions un rien mercantiles ? Ne sommes nous pas suffisamment responsables pour effectuer délibérément, sans faire l'objet de manipulations qu'elles qu'elles soient, notre choix ?

                        N'oublions pas, de grâce, que sous l'enveloppe artificielle, se cache un sens véritable, un langage symbolique prééminent, que nous risquons de voir s'éteindre, à force de nous ingénier à en ignorer les vertus, la source, en similitude, assurément, de ce fameux rite de Saint Valentin tant décrié ... rendez-vous marquant, de surcroit, le temps de la "Pariade des oyseaulx" comme nous le content moult chansons et fabliaux d'un "Temps jadis" villonien...

                       Savez-vous seulement, chers détracteurs nous navrant le cœur, que ce dernier n'est pas une création récente de nombre "boutiquiers" désireux de réaliser un chiffre d'affaire "juteux", mais peut s'enorgueillir d'être le fruit, notamment, de l'ère médiévale ( pour évoquer un pan historique, le plus proche de notre époque), Bas Moyen-âge détenteur d'annales florissantes dues en particulier à des figures éminentes de la littérature, à l'instar du "Prince des poètes", Charles d'Orléans, alors captif des Anglais, de noble Dame Christine de Pisan au service de la gent de "femenie", précédés par le fondateur présumé, le vaudois dépendant de la Cour de Savoie, Othon de Grandson, qui au cours de la deuxième moitié du XIVe siècle, vers 1370, officiant  en tant que chantre et chevalier pour le royaume d'Angleterre,  eut à cœur, de faire connaître cette "guise" caractéristique de pratiques raffinées baptisées de "fin'Amor" ou d'Amour courtois, la répandant sitôt dans le monde latin, notamment en faveur des "gentilz seigneurs", au sens étymologique de la locution (Moyen français) de son berceau natal Savoyard.

                      Est-il, en l'occurrence, utile de souligner, qu'un tiers de son œuvre poétique est d'ailleurs, dédié à ce culte émergent célébrant le petit Dieu malin ailé, muni de "cruelles sagettes", digne enfançon de la divine Cythérée aux cheveux ceints de violettes, l'incarnation de la Beauté et de l'Amour, nous invitant à révérer le "Temple de Cupido", repris entre-autre, sous la Renaissance, par Clément Marot ?

                      À titre indicatif, retenons, si vous le voulez bien, concernant le premier, soit le créateur de cette fameuse guise, La Complainte de Saint Valentin (I et II), La Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson, Le Souhait de Saint Valentin et Le Songe Saint Valentin)...

                     Fleurons, donc, faisant vibrer les cordes de la lyre orphique, ayant grandement participé à instituer semblable coutume, puisqu'ils se sont incontinent empressés d'en témoigner au sein de leurs écrits, dès qu'ils eurent l'opportunité de répandre leurs "Bonnes Chansons " léguant ainsi, pour la postérité, tout un pan d'usages devenus historiques, faisant indéniablement partie de notre patrimoine !!! 

                     En conséquence, ne serait-il point regrettable, de les voir péricliter à jamais, ces mœurs pénétrées de significations profondes appartenant à nos civilisations occidentales, sous le simple motif, que nous n'en pouvons plus de tant de conditionnement publicitaire, que nous croulons sous le poids de tentations " indécentes" frôlant fréquemment, avouons-le honnêtement, le mauvais goût !

                    Néanmoins, permettons-nous, au terme de ce billet, un simple questionnement à l'adresse des grincheux, "Fâcheux" molièresques et autres "Précieux dégoûtés " désignés, sinon incriminés, qui s'évertuent à faire la fine bouche, à faire résonner leurs voix discordantes  ne reflétant que sombre mépris et souverain rejet à l'endroit de cette date symbolique du 14 février, s'élevant contre  la "mièvrerie"  guimauve, s'en dégageant : quelle position adoptent-ils, ces fiers rebelles exécrant ces rituels et festivités héritées du calendrier chrétien grégorien, face à la nuit de Noël ?

                    Fidèles à leur convictions libertaires, en tout point respectables, font ils semblant d'ignorer le soir du réveillon, jugeant indigne de s'associer  à la débauche d'écœurantes ripailles et autres opulentes réjouissances gages de valeurs en déliquescence ? Sans doute, en cette veillée étoilée, animés d'un généreux élan irrépressible, vont-ils jusqu'à faire maigre chère, ou jusqu'à jeûner même, objectif spirituel s'entend, afin de s'associer aux malheureux peuplant la planète !  Désertent-ils le monde, tels des Alcestes du Misanthrope afin de s'adonner à leur ascèse, la méditation, se ressourçant dans la "cellule de leur recueillement" ?  

                   Non ? Vraiment ? Quel grand dommage, et quelle magnifique acte manqué de pouvoir mettre en application, leur idéal d'iconoclastes !!!

                  Mais foin de dérision, bien que nous partageons un aphorisme de Sacha Guitry qui professe que, "Craindre l'ironie, c'est redouter la raison," et séparons-nous, Amis, sur une note constructive, effleurant à nouveau, la personnalité de Othon de Grandson, familier des mœurs aristocratiques d'Outre Manche, côtoyant dans l'ancien fief des Plantagenêts, ce que ces terres comptent d'influent en matière d'écrivains, à l'instar de Chaucer auteur des Contes de Canterbury.

                 Or, pour nos pires ennemis, guerre dite de "Cent ans" venant de s'achever oblige, la Saint Valentin  exprimait un charmant vœu, celui pour un gentil homme, au sens noble du terme, de pouvoir choisir l'heureuse élue, sa Valentine, "gente dame" ou "gentille damoiselle", couverte pour la circonstance d'honneurs, de présents, avec laquelle le "damoiseau" s'engage... le temps du cycle des quatre saisons, à quelques "esbattements" amoureux placés sous le sceau de Platon, tout en adoptant, ou non, la règle de l'anonymat !

                   Il était de bon ton, une fois la tendre "mie" ou tendre "ami" déclaré, de lui prouver son attachement, que la foi prêtée soit légère ou à l'inverse, profonde, le mettant  parfois  à l'épreuve ; les "Amants" échangeaient alors leur serment mutuel renouvelable, ou périssable, lors de l'apparition immuable de ces heures verdoyantes du premier jour du printemps, revêtant la forme d'un présent dont nous avons, hélas, de nos jours, perdu l'usage, nommé "Chapelet ou chapieau de flors", couronnes arborées  en parure de "couvre-chef" ou coiffes florales éphémères, confectionnées de la main d'habiles "bouquetiers-tresseurs de fleurs" patentés, fleuronnant parmi les "vieux métiers", quand ce n'était pas la gent  féminine elle-même, qui affectionnait de réaliser son propre ouvrage ...

                    Et ce n'est certes point, la poétesse Christine de Pisan, qui viendra nous contredire, n'est-ce pas ? :



"Très doux ami, or t'en souvienne,

Dès aujourd'hui je te retiens

Pour mon ami, et aussi mien

Je veux que tout ton cœur devienne ;



Car c'est la guise et je l'entends,

Entre les amants ordonnée,

Que le premier jour du printemps

On retienne ami pour l'année.



À cette fin que l'amour tienne

Un chapelet vert fait très bien,

On doit donner chacun le sien

Tant que l'autre année revienne,

Très doux ami, or t'en souvienne.



Je t'ai choisi et je t'attends,

Car m'amour te sera donnée ;

Peine a souffert mais en son temps

Te sera bien récompensée.

Afin que la guise maintienne

Le jour Saint-Valentin : est tien

Mon chapelet et le tien, mien.

Je t'aimerai quoi qu'il advienne

Très doux ami, or t'en souvienne."



Christine de Pisan (1364-1430)

 

(Pièce de forme non identifiée, partiellement modernisée, par Jeanine Moulin,

"Choix de Poèmes", Édition Pierre Seghers, 1962)



Légende de la miniature :


Ci dessous, voici un témoignage probant, non pas de cette "guise" de la Saint Valentin par elle-même,  mais de celle illustrant l'art de "tressier un chapelet joli de doulces flours"

pour son "Très doux ami"...


Au cœur de l'Hortus conclusus, jardin clos castral accueillant maintes essences botaniques printanières, noble dame Emilia repose sur une banquette d'herbe fine afin de s'adonner à son violon d'Ingres favori : confectionner une couronne de roses blanches et vermeilles 

dites de Provins (Rosa alba L. et Rosa gallica officinalis L. ),

sous les regards des prisonniers Arcitas et Palemon


Enluminure appartenant à l'ouvrage de Boccace, "la Thésaïde"

par le Maître du Roi René d'Anjou, Barthélemy d'Eyck

(vers 1460-1465)

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Puis, pour nous quitter d'une manière poétique en beauté,

voici un trio d'œuvres médiévales authentifiées et anonyme :



Fragment du « Dit de la Rose » de la poétesse Christine de Pisan

dont elle donnera lecture le 14 février,

en ce jour de célébration amoureuse de la Saint Valentin concomitante

à la fête de la duchesse d’Orléans,Valentine Visconti.

Oeuvre chargée de défendre les femmes malmenées par le misogyne Jean de Meung,

auteur de la deuxième partie du fabuleux et légendaire Roman de la Rose.


"À bon Amour, je fais vœu et promesse
...Et à la fleur qui est rose clamée…
Qu’a toujours mais la bonne renommée
Je garderai de Dame en toute chose.
Ni par moi femme ne sera diffamée :
Et pour cela prend l’ordre de la Rose…
Écrit le jour Saint Valentin
Où maints amants dès le matin
Choisissent amours pour l’année :
C’est le droit de cette journée."



II


Ballade de Charles d'Orléans en l'honneur de la coutume de la Saint Valentin :



Le beau souleil, le jour saint Valentin,
Qui apportoit sa chandelle alumee,
N'a pas longtemps entra un bien matin
Priveement en ma chambre fermee.
Celle clarté qu'il avoit apportee,
Si m'esveilla du somme de soussy
Ou j'avoye toute la nuit dormy
Sur le dur lit d'ennuieuse pensee.

Ce jour aussi, pour partir leur butin
Les biens d'Amours, faisoient assemblee
Tous les oyseaulx qui, parlans leur latin,
Crioyent fort, demandans la livree
Que Nature leur avoit ordonnee
C'estoit d'un per* comme chascun choisy.
Si ne me peu rendormir, pour leur cry,
Sur le dur lit d'ennuieuse pensee.

Lors en moillant de larmes mon coessin
Je regrettay ma dure destinee,
Disant : " Oyseaulx, je vous voy en chemin
De tout plaisir et joye desiree.
Chascun de vous a per qui lui agree,
Et point n'en ay, car Mort, qui m'a trahy,
A prins mon per dont en dueil je languy
Sur le dur lit d'ennuieuse pensee. "

ENVOI

Saint Valentin choisissent ceste annee
Ceulx et celles de l'amoureux party.
Seul me tendray, de confort desgarny,
Sur le dur lit d'ennuieuse pensee.

(*) compagnon



III

 Enfin, pour nous faire prendre notre mal en patience,

dans l'attente de jours plus cléments et plus fastes, sur un plan naturaliste,

ci-joint une Chanson du XIIIème siècle  mêlant faune et flore, extraite des "Carmina burana"

annonçant le renouveau printanier, à l'heure fleurissante où la feuillée verdoie,

se parant se ses plus étincelants atours émeraudes,

où le lis de la Madone et du mois de Marie embaume...

nous offrant les délices  de son pur calice :

 

…” C’est maintenant le printemps,

la terre sous les jeunes plants reverdit,

le soleil brille avec un nouvel éclat,

le bois se couvrent de feuillage,

les lys resplendissent de blancheur,

tout est en fleurs.

.

Le ciel est serein,

l’air est doux,

les vents sont tombés,

il fait agréablement chaud,

le jour est clair,

les oiseaux chantent.

.

Le merle siffle,

le rossignol gazouille,

la grive babille,

l’étourneau piaille,

la tourterelle gémit,

le ramier roucoule,

la perdrix cacabe,

l’oie cacarde,

le cygne crie,

le paon criaille,

la poule glousse,

la cigogne claquette,

la pie jacasse,

l’hirondelle trisse,

l’abeille bourdonne,

le guêpier chuchette.

.

Le hibou ulule,

le coucou coucoule,

le moineau pépie,

le corbeau croasse,

le vautour jabote,

l’épervier lamente,

l’effraie hue,

la corneille craille,

l’aigle glatit,

le milan huit,

le canard caquette,

le geai jase,

la chauve-souris grince,

le butor beugle,

la grue craquette,

la cigale stridule.

.

L’onagre braille,

le tigre feule,

le cerf brame,

le verrat grogne,

le lion rugit,

le léopard râle,

la panthère rauque,

l’éléphant barrit,

le lynx miaule,

le sanglier grommelle,

le bélier blatère,

le mouton bêle,

le taureau mugit,

le cheval hennit.

.

Le lièvre vagit,

le renard glapit,

l’ours gronde,

le loup hurle,

le chien aboie,

le chiot jappe,

la grenouille coasse,

le serpent siffle,

le grillon grésille,

la musaraigne souffle,

la souris chicote,

la belette piaule,

la truie couine,

l’âne brait.

.

Voilà les cris des oiseaux

et des quadrupèdes,

surpassés en harmonie

par l’unique phénix,

dont le séjour touche

au paradis.

.

Le soleil s’est installé

dans sa résidence d’été,

les roseaux frémissent

doucement,

les ceps de vigne déploient

leurs pampres fleuris,

des herbes parfumées

pointent.

Le paysan est en joie.

.

Désormais les serpents pullulent

dans les rivières qui débordent,

une pluie fécondante

imbibe la terre en profondeur,

le ciel ouvre ses cataractes.

La cannelle et le baume

exhalent leurs effluves,

la violette, la rose

et l’armoise s’épanouissent.

Les animaux s’accouplent.”…

 

 


Et pour les "savants" éclairés latinophiles, maintenant la version originale :

 


… “132

1a.

Iam vernali tempore

terra viret germine,

sol novo cum iubare.

frondent nemora,

candent lilia,

florent omnia.

1b.

Est celi serenitas,

aeris suavitas,

ventorum tranquillitas;

est temperies

clara et dies,

cantant volucres:

2a.

Merulus cincitat,

acredula rupillulat,

turdus truculat

et sturnus pusitat,

turtur gemitat,

palumbes plausitat,

perdix cicabat,

anser craccitat,

cignus drensat,

pavo paululat,

gallina gacillat,

ciconia clocturat,

pica concinnat,

hirundo et trisphat,

apes bombilat,

merops sincidulat.

2b.

Bubo bubilat

et guculus guculat,

passer sonstitiat

et corvus croccitat,

vultur pulpat,

accipiter pipat,

carrus titubat,

cornix garrulat,

aquila clangit,

milvus lipit,

anas tetrinnit,

graculus fringit,

vespertilio et stridit,

butio et butit,

grus et grurit,

cicada fretendit.

3a.

Onager mugilat,

et tigris raceat,

cervus docitat,

et verres quirritat,

leo rugit,

pardus ferit,

panther caurit,

elephans barrit,

linx et frennit,

aper frendit,

aries braterat,

ovis atque balat,

taurus mugit,

equus et hinnit.

3b.

Lepus vagit,

et vulpis gannit,

ursus uncat,

et lupus ululat,

canis latrat,

catulus glutinat,

rana coaxat,

anguis sibilat,

grillus grillat,

sorex desticat,

mus et minnit,

mustela drindrit,

sus et grunnit,

asinus et rudit.

4.

He sunt voces volucrum

necnon quadrupedum,

quarum modulamina

vincit phenix unica.

5a.

Iam horrifer Aquilo

suavi cedit Zephiro,

sole in estifero

degente domicilio.

dulcisona resonat harundo.

floride cum floridis

florent vites pampinis.

odorifera

surgunt gramina,

gaudet agricola.

5b.

Nunc dracones fluminum

scatent emanantium;

imber saluberrimus

irrigat terram funditus;

cataractas reserat Olimpus.

redolent aromata,

cum cinnamomo balsama.

virent viola,

rosa et ambrosia.

coeunt animalia.”…



Ce manuscrit des "Carmina burana" fut découvert en 1803 par le commissaire royal Christophe von Aretin à

la bibliothèque de l’Abbaye bénédictine de Benediktbeuern, en Bavière. Il contenait une collection de

poèmes médiévaux en latin qui furent publiés pour la première fois en 1847 à Stuttgart.

Il comporte 112 folios, certains poèmes demeurant incomplets,

tandis que d'autres folios ont été intervertis…

Ce corpus a sans doute été écrit entre 1220 et 1250 par un groupe de lettrés anonymes maitrisant la

stylistique de la langue littéraire, la théologie, la Bible et les œuvres de l’Antiquité.

Il est composé de poèmes lyriques et non lyriques, de veine popularisante.

Le recueil actuel est formé de 238 pièces de longueurs  inégales, réparties en quatre catégories :

- les poèmes satiriques et moraux (1-55)

- les poèmes d’amour (56-186)

- les poèmes du jeu et du vin (187-226)

- les drames religieux (227-238).



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LA FEMME EST-ELLE UNE NOTE DE JAZZ ?

 

Du 23-05 au 10-06-12 se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050, Bruxelles) une exposition intitulée LE MOUVEMENT DANS L’ART. Elle met en exergue les œuvres vibrantes d’un amoureux de la Femme et du jazz.

Monsieur CHRISTIAN VEY nous offre une très belle suite de tableaux vivants dont les thèmes principaux sont le jazz et la Femme, conçus comme des feux d’artifices, éclatés en une myriade d’étincelles dont chacune consolide le rythme dans sa couleur musicale.

L’artiste nous pose ici un fascinant problème, à savoir comment évoquer le mouvement en dehors de toute abstraction possible ? A cette question, Christian Vey nous propose deux mythes de l’imaginaire humain : le jazz, ce retour vers l’Homme Elémentaire, dans toute son acception, fait d’un univers tout en syncopes, rythmes et contre-rythmes. Et la Femme, cette terre nourricière qui porte en son sein l’humanité. Si Femme et jazz se fondent dans la même image, c’est précisément dans la note originelle au mouvement, considérée comme Principe de vie. Dans le rite sacrificiel qui faisait de la Femme la nourriture des dieux et qui a conduit Igor Stravinski à célébrer la première nuit du premier printemps par le sang terrible du Sacre.

C’est par la puissance d’un fauvisme rugissant, par les postures cabrées des musiciens dans le naissant de l’effort créatif, campés dans l’empreinte de la douleur extatique que la musique endiablée surgit du silence de notre inconscient.

D’un point de vue technique, les battements du jazz palpitent par la fusion incandescente de l’huile et du couteau que l’artiste utilise constamment dans les œuvres exposées. La mise en scène des couleurs, enchevêtrées dans le trait, confère à l’œuvre l’ivresse à son stade brut, inachevé. Le travail au couteau labourant la pâte souligne la forme en mettant en exergue chacune de ses nervures.

ORNETTE (100 x 80 cm), MILES DAVIS (80 x 110 cm), sont les témoins sonores de ce feu d’artifice tout en variations chromatiques.


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Christian Vey: Ornette



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Christian Vey: Miles Davis


Le mouvement est donc la résultante d’une série de conditions physiques se traduisant à la vue par une dimension festive qui interpelle le regard.


EN ATTENDANT (100 x 100 cm)

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Christian Vey: En attendant


Cette exploration du visage féminin, porte en elle la célébration de la Femme, non pas en tant qu’ « objet » comme il est (hélas !) fréquent de le constater aujourd’hui mais comme « sujet », par lequel l’artiste s’interroge sur la magie de son mystère. L’intensité de son regard, les variations chromatiques qui soulignent son visage, l’esquisse d’un balbutiement sur ses lèvres et surtout l’arc-en-ciel chatoyant de sa chevelure en bataille, lui confèrent une sonorité hautement jazzistique dans la force du « staccato » ponctuant chacun des traits essentiels à la vie.                                              

Son visage est compris entre le blanc immaculé de sa chemise, le feu vivifiant de ses cheveux et le fond rouge vif, formant un véritable « contre-point », indispensable à l’idée du mouvement.

Que ce soit dans l’évocation du jazz ou de celle de la Femme, l’artiste a voulu exprimer l’idée du son syncopé – jazzistique – par l’approche picturale. En cela, il rejoint, par un chemin et un style personnels, Henri Matisse qui vers la fin de sa vie a voué son interrogation finale à la manière de représenter le son spécifique au jazz dans chacun de ses segments – de ses mouvements – sur la toile.

Bien que Christian Vey n’ait jamais fréquenté les Beaux Arts, il s’était orienté dans sa jeunesse vers le dessin industriel. Ayant remarqué ses fortes dispositions, son professeur lui conseilla de se diriger vers le dessin artistique. Son « coup de foudre », comme il le dit lui-même avec la peinture lui vint lorsque, poussant la porte d’une galerie d’art, il fut, au contact des œuvres, submergé par une intense émotion. Ayant ressenti cela comme un appel, il affronta, en autodidacte le chevalet, et face à la toile vierge, il jeta pour la première fois ses taches de couleurs. Il y eut des ratages. Il y eu des réussites. Néanmoins, les formes créées sur la toile lui prouvèrent sa valeur en tant qu’artiste.
Né à Saint-Etienne, dans le Nord de la France, sa première approche avec la couleur s’est dans un premier temps, limitée au noir et au blanc, issus de la grisaille de la région industrielle. Le restant de sa palette, il l’a conquis une fois installé dans l’ambiance chaleureuse d’Uzès, dans le Sud, comme en témoignent les hautes notes rouges, jaunes et vertes qui parsèment ses compositions. Il pense la création dans un rapport agonistique. Cela n’est point étrange, étant donné qu’il a pendant des années pratiqué le Judo en professionnel. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Christian Vey n’est pas un samouraï de la peinture. C’est un artiste pleinement accompli qui au travers du mouvement, conçu comme moyen, cherche sa voie qu’il trace au jour le jour.

Christian Vey est depuis 2006 exposé à la Angela King Gallery, à la Nouvelle Orléans, le berceau du Jazz qui eut parmi ses enfants King Oliver et Louis « Satchmo » Armstrong.

La symbiose demeure solide entre Femme, Jazz et mouvement : l’un se fond dans l’autre pour éclater sur la toile dans des accords de joie.

 

François L. Speranza.


Note de Robert Paul

La page de Christian Vey sur Arts et Lettres

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NUL N'A DEMANDE A NAÎTRE...

Nul n’a demandé à naître  du mauvais côté de la planète… Qui souhaiterait vivre de l’autre côté de la bonne fortune ?

Le monde s’éveille ce matin avec un village philippin rayé de la carte et le nombre de morts égal aux habitants de mon bourg. Quelques-uns verseront peut-être une larme et ensuite vaqueront à leurs occupations dominicales.

La planète crève de l’avidité, de l’individualisme et de l’inculture des uns et des autres. On s’inquiète du réchauffement, de la paupérisation, de la mainmise de la finance, des parachutes dorés, de la montée du racisme, de la xénophobie, de l’insécurité grandissante, de la mauvaise gestion des dirigeants, du manque de liberté, d’otages de pirates modernes… De-ci de-là des voix s’élèvent, des groupes réagissent, certains agissent… petites gouttes d’eau dans un océan d’égocentrisme.

Ce matin, une famille prendra son petit déjeuner sans songer aux dégâts causés sur la faune et la flore à cause de l’huile de palme qu’elle ingurgite sans modération, ni au sdf qui, pendant une nuit glaciale de l’hiver, crèvera  devant la porte fermée de la gare. Ensuite, les parents se partageront les tâches : conduite du grand au foot et de la ballerine à son spectacle de danse… Avant d’aller faire les courses en râlant que le magasin ferme ses portes bien trop tôt, sans songer que la caissière rêve d’enfin profiter de sa petite famille à qui elle ne pourra rien offrir d’autre que les pré-périmés qu’elle aura acheté à trente pourcents de leur prix.

Pendant ce temps, derrière le magasin, quelqu’un fait l’inventaire de la poubelle espérant trouver de quoi faire un repas ‘convenable’… Hélas, le directeur général a donné ses ordres : plus question de permettre à qui que ce soit de consommer sans payer. Alors, il s’en ira, tête basse, échafaudant des plans pour braquer le magasin. Beaucoup en rêvent, peu le font.

Les vrais braqueurs ne sont pas souvent ceux qu’on croit. Ils le font ouvertement en imposant des lois absurdes, abjectes parfois, qui profiteront toujours à ceux qui sont nés du bon côté de la fortune.

 

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administrateur théâtres

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« Vous avez bien d'autres affaires  A démêler que les débats Du Lapin et de la Belette … »

Nul doute que l’homme et la femme pressée de notre époque ont d’autres chats à fouetter que de s’en aller écouter un spectacle de fables de La Fontaine. Et pourtant, tous deux se sont retrouvés, très nombreux et comblés de bonheur à la première,  sur le gazon improvisé de la petite salle des Martyrs,  à l’écoute émerveillée  de la langue qui a bercé notre enfance.

Les comédiens du théâtre en Liberté  nous ont préparé un tricotage ingénu et frais de ces fables connues et moins connues ou totalement ignorées de ce grand sage du 17e siècle, bien que le choix fut  sûrement malaisé.  C’est eux qui accueillent le public curieux dans la salle, histoire de se déguiser en trait d’union avec le sage homme de lettres. Hélène  Theunissen  reçoit  en tailleur de soie à reflets d’argent, gants assortis et chaussures élégantes. Le malicieux Jaoued Deggouj est assis  négligemment aux pieds d’une grande gravure du  maître, Bernard Gahide arbore une tenue de  soirée très digne, il est prêt à dire « puis-je vous offrir mes vers ? » Mais où donc est passé Bernard Marbaix? Le mystère est dans la Perruque. Et Dolorès Delahaut en tutu blanc  immaculé de danseuse étoile, la rose rouge assortie aux chaussures,  caracole sur  l’herbe tendre.

 C’est l’occasion de se laisser baigner par l’amour de la langue et sa musicalité, la beauté de la  poésie mise à vos pieds! La vie de la Nature va palpiter et redonner du cœur à la nature sèche des hommes.

 12272972668?profile=originalLes fables s’enchaînent souplement comme par magie, les voix  virevoltent et se répondent, les timbres imitent la nature entière, l’humour brille, les gestes et le corps soutiennent le propos de manière presque enfantine, libre et osée et tout se transforme, comme une libre pensée et une pittoresque imagination. Mais rien de puéril. Le jeu du corps est une dimension indispensable à l’art de la narration. Malgré leurs habits de cérémonie, la liberté de jeu est totale.  La  diction est parfaite. Tous ont le sens aigu de la chose contée et passionnent par une foule de détails que l’on ne vous contera point, ce serait les desservir ! Sachez  cependant que vous n’aurez jamais eu devant les yeux une présentation de Jean de la Fontaine  aussi perlée et aussi joyeusement dynamique et passionnante. L’énergie des textes porte l’énergie des gestes et vice-versa. Tout semble se faire dans une justesse totalement maitrisée tout en restant vivant et  spontané. La magie de la parole  et la grande humanité de la pensée font le reste. 12272973271?profile=original Rien ne lasse. On se berce,  on se rêve, on se  récrée, on se recrée. On médite sur le genre humain : « Tout bien considéré, je te soutiens en somme, Que scélérat pour scélérat, Il vaut mieux être un Loup qu'un Homme : Je ne veux point changer d'état. »

 Au lieu de la quarantaine de  fables  choisies on en voudrait 1001,  et cela pourrait continuer jusqu’à l’aube si on était en Orient.

« Le monde est vieux, dit-on : je le crois, cependant, Il le faut amuser encor comme un enfant. »

 

RIEN NE SERT DE   COURIR... - J. de La Fontaine

Théâtre en Liberté http://www.theatredesmartyrs.be/compagnies.html

Du 6 novembre au 7 décembre 2013 au théâtre des Martyrs

Samedi 30 novembre à 19h

Dimanches 17 novembre et 1er décembre à 16h

 Interprétation : Jaoued Deggouj, Dolorès Delahaut, Bernard Gahide, Bernard Marbaix et Hélène Theunissen Mise en scène : Bernard Gahide & Hélène Theunissen

Assistanat à la Mise en scène : Maxime Anselin

Scénographie : Daniel Scahaise Costumes : Anne Compère

Univers sonore : Gwenaël Grisi Régie : Antoine Halsberghe

Crédit photos : Philippe Fontaine

http://www.theatredesmartyrs.be/saison.html

 

 

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Un calice pour le Primatice à Chaalis.

12272967666?profile=originalChapelle royale de Chaalis.

Au coeur de la forêt d'Ermenonville (Oise) un trésor caché vous attend. Un bijou, la chapelle royale, ornée des fresques du Primatice, dans son écrin, le parc et l'abbaye royale de Chaalis.

12272967895?profile=originalL'Annonciation

(la vierge, l'ange Gabriel et une page ouverte sur la prophétie d'Isaïe annonçant la naissance de l'Emmanuel).

Francesco Primaticcio (1504-1570), dit le Primatice, est originaire de Bologne où il reçu sa première formation du peintre Bognacavallo, un ancien élève de Raphaël. Se sentant à l'étroit dans sa bonne ville il gagne Mantoue et l'atelier de Jules Romain, le plus brillant disciple de Raphaël, dont il devient le collaborateur. Rapidement reconnu maître du maniérisme, expert dans l'ornementation monumentale, il est demandé par François 1er pour décorer sa résidence favorite le château de Fontainebleau. Arrivé en 1532, il travaille avec Rosso Fiorentino, créant là ce qu'on appellera l'école de Fontainebleau, se faisant ainsi les initiateurs et maîtres de la Renaissance française. Rosso meurt en 1540 et dès lors le chantier royal lui échoit, une oeuvre dont le rayonnement fut immense.

Oui, mais que venait-il faire à Chaalis ?

12272967485?profile=originalLa Vierge.

Sans aucun doute appelé par une commande du cardinal d'Este, abbé de Chaalis en 1541, qui lui fit réaliser ces fresques entre 1543 et 1545, auxquelles il donnera l'ampleur de celles de Michel-Ange et la délicatesse d'un Raphaël avec un prodigieux sens de l'agencement, en scénographe inspiré de l'espace, sachant leur donner sens.

12272969057?profile=originalDieu le Père parmi les anges.

12272969462?profile=originalSaint Matthieu, un des quatre évangélistes aux voûtains de la chapelle.

12272969860?profile=originalSaint Marc.

La restauration de 2005 a rendu fraîcheur et authenticité, après de malencontreux repeints, à ces fresques.

Quant à la chapelle, elle date du XIIIe siècle, restaurée au XIXe par Edouard Corroyer, disciple de Viollet-le-Duc, avec une fantaisie toute romantique (plane encore sur ces lieux la présence de Jean-Jacques Rousseau, de Gérard de Nerval ou de Nélie Jacquemart-André qui y est enterrée).

12272970274?profile=originalL'ange Gabriel (détail de l'Annonciation).

Je vous proposerai une petite suite, la visite du domaine...

Michel Lansardière (texte et photos).

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Mâle Emile. L' art religieux du XIIe siècle, du XIIe siècle et la fin du moyen âge.


On peut considérer comme faisant un tout, et, à cet égard, les étudier ensemble, les trois volumes d'Emile Mâle (1862-1955) consacrés respectivement à "L' art religieux du XIIe siècle en France", étude sur les origines de l' iconographie du moyen âge, à "L' art religieux du XIIIe siècle en France, études sur l' iconographie du moyen âge et sur ses sources d'inspiration (1898), et à "L' art religieux de la fin du moyen âge en France" (1908). Lorsque Emile Mâle a écrit le premier de ces ouvrages, -qui est celui sur l' art du XIIIe siècle, qui fut sa thèse de doctorat, -la science iconographique, dont il est en France le créateur et le maître incontesté, n'existait pas encore. L'effort du grand historien de l' art fut donc pour étudier et interpréter les monuments à la lumière de l'histoire, de la symbolique, en recherchant dans tous les documents de l'époque, les informations qui pouvaient éclairer l'archéologie. Si Emile Mâle commença son étude de l' art chrétien du moyen âge par le XIIIe siècle, pour revenir plus tard au XIIe, c'est parce qu'il était porté par son instinct vers ce siècle où "tout est ordre et lumière". L' art du moyen âge est essentiellement symbolique et la forme y fut presque toujours l'enveloppe de l'esprit, et les artistes aidés, conduits par les théologiens, concourent, eux aussi, à cette "spiritualisation" de la matière, qui est le caractère essentiel de l' art médiéval. La littérature sacrée et profane de l'époque contient donc les thèmes de ces représentations que les clercs conseillaient et expliquaient aux artistes. C'est par là que la cathédrale fut, pour les hommes de ce temps, comme le dit très bien Emile Mâle, "la révélation totale". Les fidèles étaient l'humanité, la cathédrale était le monde, et l'esprit de Dieu emplissait à la fois l'homme et la création. Le mot de saint Paul devenait une réalité: on était, on se mouvait en Dieu.

Cette étude achevée, Emile Mâle s'est retourné vers le siècle précédent, plus complexe, car il était encore tout emmêlé d'influences orientales. Les miniatures à cette époque ont joué un grand rôle, sur le développement et l'évolution de la sculpture. L'auteur passe en revue à cette occasion, les différents manuscrits à miniatures qui ont fourni des modèles aux artistes, les manuscrits syriens, grecs et byzantins, aussi bien que les manuscrits européens. Il montre ensuite quelle influence eurent, sur la constitution des thèmes iconographiques, la liturgie d'abord, puis le culte des saints. Les pèlerinages sur les routes de France, d'Italie et d'Espagne, ont participé également à la création de l' iconographie, telle qu'on la rencontre dans la sculpture et la peinture. Les savants enfin, et les Ordres monastiques, ont achevé de modeler l' art de ce siècle, qui fut surtout un art monastique, non sans doute que tous les artistes d'alors fussent des moines, mais c'étaient presque toujours des moines qui leur dictaient leurs sujets.

Le troisième volume de ce "cycle", "L' art religieux à la fin du moyen âge", dégage les caractères généraux d'une esthétique qui d'une part, entre dans le cadre d'influence de l' art italien, qui, d'autre part, emprunte bon nombre de ses sujets et de ses représentations au théâtre religieux, lequel commence à prendre une place importante dans la vie des hommes du moyen âge dès le XIVe, et surtout au XVe siècle. Le pathétique enfin se présente avec toutes ses expressions les plus dramatiques, de caractère presque "baroque" déjà, et très différent de la discrétion, de la mesure qui gouvernaient les siècles précédents. C'est un autre monde, en somme, qui s'élabore, -le monde d'où sortira la Renaissance et dans lequel elle se prépare déjà, -en donnant une nouvelle image et une nouvelle signification de la destinée humaine. L' art religieux médiéval reçut du fait de la Renaissance et surtout de la Réforme, un coup sévère, mais ces modifications de la pensée et du sentiment, qui auraient pu lui être préjudiciables, ne firent que donner un élan nouveau, et plus puissant, à cet art chrétien, au cours du XVIe et du XVIIe siècles: c'est qu'Emile Mâle démontre magistralement dans son livre sur "L' art religieux après le Concile de Trente".

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Le Cercle de la Rotonde a le plaisir de vous inviter à la soirée-rencontre de trois écrivains que  Marie-Clotilde Roose présentera le vendredi 29 novembre 2013 à 18h à la Bibliothèque de Tournai:

Alain Dartevelle, Geneviève Damas  et Michel Joiret .

Geneviève Damas après une formation de juriste, a changé de cap, et s'est prise de passion pour le métier de , metteur en scène, auteur de pièces de théâtre,  de nouvelles et d’un roman très apprécié, Si tu passes la rivière (Luce Wilquin, 2011).. Ses oeuvres théâtrales ont été  primées par de nombreux prix. Un genre dans lequel elle excelle, tout autant que dans les autres formes d'écriture. Entre cruauté et humour, Geneviève Damas dépeint les méandres des relations humaines et met en place son propre langage, dénudé, poétique, ponctué de mots au parfum de belgitude et sa langue chante une mélodie universelle.

Alain Dartevelle  vient de publier Dans la ville infinie chez l’éditeur suisse L’Age d ’Homme, dans la collection ‘La Petite Belgique’, dirigée par Jean-Baptiste Baronian. Il avait obtenu le Prix R. Duterme 2012 pour Amours sanglantes.

Toujours dans un style fantastique, et dans sa verve habituelle, l'histoire - les histoires-  se passent dans une ville futuriste Infinity City, où femmes, enfants et autres personnages sont englués dans une  perversité que le monde civilisé cache et tolère et va jusqu'à la mettre en scène dans une sorte d'organisation chaotique qui laisse pantois. Des êtres qui deviennent des plaisirs jetables, presque une obsolescence programmée,  dans ces nouvelles où le ton cynique va vers son paroxysme.

Michel Joiret  dont le roman Madame Cléo, a reçu en 2012 le Prix du Parlement de la FWB (et Prix H. Krains avant édition chez M.E.O.) traite du fantasme et de la perversion, l'histoire  tumultueuse d'un  « enfant de la guerre », protégé par la délicieuse Madame Cléo. des "non-dits" et de leurs ravages chez l'être humain, dans la douleur d'exister.

Une voix sincère, audacieuse et sensuelle.

Michel Joiret vient d'ailleurs de fêter les 25 ans d’existence de sa revue Le Non-dit,  avec son 100ème numéro,


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administrateur théâtres
De la  lumineuse intériorité et de l’amour de la liberté.... 
En 1670, pour la première représentation devant le roi du "Bourgeois Gentilhomme",Lully composait avec Molière une comédie-ballet incluant une cérémonie turque avec les Récits  du Muphti, son Dialogue du Muphti et des Turcs, son Chœur des Turcs, des airs  pour donner le turban, pour les coups de sabre, et celui pour les coups de bâton... Cette démarche permettait de donner cours aux  fantasmes et craintes mêlées d’admiration pour un Orient imaginaire  mais surtout de critiquer indirectement la cour de Versailles.  Dans les "Fourberies de Scapin" (1671), Molière fait inventer par le rusé valet, afin de soutirer 1 500 écus à un  Géronte borné et avare - une histoire de rançon et d'enlèvement sur une  galère turque ... l'une des grandes frayeurs du voyageur européen en Méditerranée! "Mais que diable allait-il faire à cette galère ! Ah ! maudite galère ! Traître de Turc !"  Les Turqueries ? Au XVIIIe siècle  avec la publication des «Lettres persannes» par Montesquieu en 1721, cette mode fait toujours fureur en Europe. Jouée pour la première fois en 1782 au Burgtheater de Vienne, voici une "Turquerie" magnifique mise en musique par un jeune Mozart de 26 ans sur un  livret de J. Gottlieb Stéphanie d’après la pièce de Christoph Friederich Bretzner.  
 
C’est le  premier opéra allemand. Six personnages. Konstanze, Blondchen, Belmonte et Pedrillo font naufrage sur les côtes de Turquie. Face à eux, Osmin, terrible et cruel qui voulait :" ...faire griller les chiens qui nous ont indignement trompés. ...d'abord décapités, puis pendus, puis empalés, sur un pieu brûlant, puis brûlés, ensuite attachés et noyés; enfin écorchés." (Rires intérieurs !) Mais il y a aussi Bassa Selim, magnanime, refusant la vengeance et donnant ainsi une grande leçon de tolérance tant revendiquée par l'Europe du XVIIIème, et dont Mozart prend un turc comme symbole!
 

 Basé sur un fait divers réel, l’affaire de «L’enlèvement du sérail » aurait été un complot artistique et musical commandé au jeune Mozart par Joseph II. La culture au service de la politique … rien de nouveau! Le personnage turc devait avoir une image de souverain magnanime… L’empereur très  mélomane souhaitait que l’œuvre parvienne aux oreilles du grand Calife et ainsi endormir sa méfiance par la flatterie.   De son côté, en s’alliant avec la Russie, Joseph II  rêvait  de démembrer l’Empire Ottoman… De plus, cette œuvre devait encourager l’identité nationale par la création d’un opéra allemand à côté de l’omniprésence italienne. « Die Entführung aus dem Serail » est en effet  le premier opéra en langue allemande, dans l’esprit du singspiel, une forme nouvellement créée alternant les  parties chantées et parlées. Le rôle du Pacha Selim est d’ailleurs exclusivement parlé. Mais Mozart, uni à  Joseph II par l’idéal éclairé, voyait en ce personnage le prototype de l’homme des lumières. Lorsque Selim (Markus Merz) personnage de grande densité humaine voit son autorité s’écrouler devant la force de ses sentiments, il devient capable de dominer sa colère et  capable d’offrir le pardon, libérant sa belle captive et renvoyant chez eux le couple d’amoureux. Il donne une leçon de morale très forte : « Ainsi pourras-tu dire que réparer par des bienfaits une injustice subie est une joie bien plus grande que de rendre le mal pour le mal ».  Ainsi, quand on aime, le bonheur de l’autre n’est-il pas le plus important ?

A notre époque,  cette œuvre présentée  à l’Opéra de Liège en 2013 est encore toujours aussi fraîche même si les turqueries n’ont plus le même attrait. Ici c’est l’intemporalité du propos qui prime.  Les  magnifiques héros mozartiens Konstanze et Selim  donnent tous deux  à réfléchir sur  la figure  de l’homme idéal, sa morale et  sur sa place dans  le monde. Mais le ton est léger: l’amusement et le comique sont omniprésents dans le personnage d’Osmin. Les péripéties sont nombreuses et font alterner scènes comiques,  déclarations de tendresse, passages où la jalousie jette son ombre orageuse et coup de théâtre.  On se laisse gagner par la connivence  entre  maître et valet, entre la  dame et sa suivante, l’amour bon teint entre Pedrillo et  Blondchen. On voyage avec délices dans  les détours  imaginaires  du sérail et ceux de la  psychologie raffinée des personnages. L’étude psychologique des deux femmes  est particulièrement intéressante et fine.  Séparée de son fiancé par la mer, seule et désespérée, Kontanze chante sa douleur mélancolique. Oppressée par les insistances du Pacha elle se pose en vierge martyre prête à défier la mort si elle est forcée de se plier à son bon plaisir. Amoureuse, elle l’est,  de son fiancé mais cela n’exclut pas  une admiration croissante pour  la beauté de l’esprit et l’amour passionné et désintéressé  de son geôlier… Sous les yeux ahuris du gardien Osmin dont le monde est en train de s’écrouler, on découvre aussi une approche féministe naissante où s’oppose  la femme sous ses voiles devant obéissance absolue à son seigneur et maître et la femme libérée anglaise représentée par Blondchen qui ne ménage ni ses paroles ni son jeu théâtral. Maria Grazia Schiavo dans le rôle de Konstanze et Elizabeth Bailey (Blondchen), regorgent toutes deux  de talent pour escalader les aigus escarpés, plonger dans les sentiments profonds, faire chavirer le spectateur dans l’émotion et assurer une continuité dramatique à peine interrompue par les applaudissements des spectateurs.  

La direction musicale est assurée par Christophe Rousset, fondateur de l’ensemble Les talens lyriques jouant sur instruments d’époque et claveciniste de renommée internationale. Chef d’orchestre très  inspiré il nous  a offert une présentation aérienne et authentique de l’œuvre avec des pupitres bien campés, des allusions orientales bien marquées, non dénuées d’humour. Mais à tout moment les voix chantées étaient soulignées merveilleusement par un orchestre très complice, faisant jaillir le trouble des  sentiments des personnages et la sagesse lumineuse envisagée par Mozart.

 Alfredo Arias signe une mise en scène intense et poétique visant l’essentiel. Celle de l’intériorité des personnages, un palais renversé où flottent les sentiments. Mais aussi des bassins où la main de Konstanze joue avec l’eau. Le metteur en scène fait jouer devant et derrière un rideau de tempête marine et sentimentale, fait passer un navire mythique lumineux porteur de l’espoir et de son évanouissement. Il travaille l’endroit, l’envers et le renversement du décor. Une porte à gauche et une à droite permettent les entrées sur scène mais le reste c’est le passage récurrent entre le réel et l’imaginaire.   Il est en cela fort aidé par les décors de Roberto Platé qui donnent l’impression par le plongeon du décor inversé que c’est l’œil de Dieu qui considère les ébats des hommes sur terre. Et le spectateur est invité à la même lorgnette divine. De face on contemple le ciel et sa lumière capturés dans un  immense tableau de maître. Des costumes fluides qui épousent les moindres émotions et un magnifique chœur juvénile qui bouge  avec lenteur dans une très belle chorégraphie pacifique  sous la direction de Marcel Seminara. Ils sont tous  vêtus de noirs habits de cérémonie et  représentent la fidélité des  janissaires à leur souverain calife. Pour en revenir aux voix masculines, le rude Osmin (Franz Hawlata) et le romantique Belmonte (Wesley Rogers, loué dans la presse pour l’excellence ses personnages mozartiens)  déclenchent  des applaudissements frénétiques à la tombée du rideau. On retrouvera Franz Hawlata en janvier sur la même scène dans « Fidelio ». Avant de rejoindre la France, ce spectacle féerique passe le dimanche 10 novembre (16h) par le Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Il a été enregisté par Culturebox le 31 octobre 2013.

 

Voici le lien pour revoir l'intégralité du spectacle: http://culturebox.francetvinfo.fr/lenlevement-au-serail-de-mozart-a-lopera-royal-de-wallonie-143447 

 Metteur en scène : Alfredo Arias, Orchestre et Choeurs de l’Opéra Royal de Wallonie        Konstanze : Maria Grazia Schiavo | Belmonte : Wesley Rogers | Osmin : Franz Hawlata   | Blondchen : Elizabeth Bailey |  Pedrillo : Jeff Martin | Bassa Selim : Markus Merz     Production: Oxymore / Jim & Jules / Opéra Royal de Wallonie Coproduction : Opéra royal de Wallonie / Opéra de Montpellier / Angers Nantes Lumières: Jacques Rouveyrollis Costumes: Adeline André  Direction musicale: Christophe Rousset Chef des choeurs: Marcel Seminara

 http://www.operaliege.be/fr

  http://www.pba.be/

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