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FUREUR DE VIVRE.

 

Fureur de  vivre,

Sans savoir-vivre,

Jusqu’à l’ivresse.

Rage   de  chérir,

Jusqu’en démourir,

Sous tes caresses.

 

Fureur  de  vivre,

Mort qui délivre,

Du cancer rongeur,

Masque de tabac,

Dort sur le grabat,

D’un rouleau piégeur.

 

Fureur de  vivre,

Vouloir  survivre,

Dans tes désarrois,

Fumée du cercueil,

Tue avant le deuil,

De l’Ankou au charroi.

 

Fureur  de  vivre,

Fièvre de t’aimer,

Nicotine  camé,

Tes clous brûleront,

Jusqu’à l’abandon,

Du grand feu pâmé.

 

Fureur de vivre et d’en mourir……..

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

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BE FILM FESTIVAL, fête annuelle du cinéma belge

Du 26 au 30 décembre, le Be film festival s’installe au Bozar et à la cinémathèque pour un rendez-vous annuel 100% cinéma belge. Depuis 1998, cet événement permet de découvrir en avant-première les films qui ont été tournés dans les deux communautés culturelles du pays mais aussi de revoir, en présence des réalisateurs et des vedettes, ceux qui ont fait le tour des festivals. Pas de gagnants ni de perdants, le Be film ne récompense personne. Mais c’est LA vitrine du cinéma belge et avec son bar festif, c’est aussi un lieu d’échange et de partage.

Le coup d’envoi de la 9ème édition du Be film sera donné le 26 décembre à 19h30 par Les âmes de papier , le dernier film de Vincent Lannoo, un conte de Noël qui sortira au moment de la projection. Cette soirée d’ouverture dévoilera aussi les lauréats du 4ème Nikon film festival. Ils se partageront 16000 euros entre prix du jury, du public et des écoles. Conçu dans le cadre du Short film festival, le Nikon récompense des films de quelques secondes réalisés par des professionnels aussi bien que des amateurs.

Cette année, le festival fait peau neuve. Des prestations en direct, des volets inédits annoncent une ambiance chaleureuse et détendue.

Première innovation de l’édition Be.film 2013 : le festival se dote d’un parrain. Lors de la conférence de presse organisée à la Cinémathèque vendredi dernier, Frédéric Fonteyne s’est déclaré ravi de ce rôle qu’il a commenté avec humour. Le parrain, c’est bien celui qui reprend l’ensemble à son compte en cas de malheur ? Alors c’est parti ! Le projet l’emballe. Rappelons que le Be film est une initiative de l’asbl Un Soir… Un Grain dirigée par Céline Masset et Pascal Hologne.

Deuxième cadeau : inauguration de la première Be film Master class. Elle est confiée à Jeremi Szaniawski, ancien étudiant d’Elicit (ULB), diplômé de Yale et co-directeur du Directory of World Cinema : Belgium (2014). Intitulée Le cinéma entre chien et loup , sa Master class nous fera voyager entre le passé, le présent et le futur du cinéma belge. C’est pour le 29 décembre à 17h30 !

Venons-en à la programmation. Enrichies de performances live, les avant-premières sont prometteuses :

Le monde nous appartient de Stephan Streker sera précédé d’un mini concert du chanteur Ozark Henry (Piet Goddaer).

Tokyo anyway de Camille Meynard et aussi le film de Caroline Strubbe, I’m the same, I’m an other avec un concert live par un trio composé de saxophone, piano et violoncelle.

Dreamcatchers de Xavier Seron et Cédric Bourgeois le dimanche 29.12 suivi par une performance de catch live et précédé du court métrage 3 Vueltas de Méryl Fortunat-Rossi.

Ce même dimanche 29 décembre, il vous faudra choisir entre Traumland de Daniel Lambo précédé par le court métrage de Patar et Aubier Panique au village ou Les perruques de Christel de Christophe Hermans précédé du court de Guérin Van De Vorst Osez la Macédoine .

Puppy Love de Delphine Lehericey et 82 dagen in april de Bart Van den Bempt clôtureront cette galerie d’avant-premières, toutes en présence des réalisateurs et de leurs acteurs.

Autre surprise, le festival s’ouvre cette année au documentaire. Luc Jabon et Alain Marcoen seront de la partie pour L’âge de raison, le cinéma des frères Dardenne le samedi 28.12 à 19h30 avec la participation de Fabrizio Rongione.

Des retrospectives pour les séances des familles de 14h : Nono het Zig Zag Kind de Vincent Bal avec Isabella Rossellini et Ernest et Celestine de Vincent Pater, Stéphane Aubier et Benjamin Renver dans la catégorie cinéma d’animation.

Et aussi Tango libre de Frédéric Fonteyne qui sera accompagné par son actrice Anne Paulicevich, Het Vonnis de Jan Verheyen ou comment se faire justice à soi-même, Une chanson pour ma mère de Joël Franka avec Fabrizio Rongione et Sam Louwyck, Brasserie Romantiek de Joël Vanhoebrouck, et puis Hors les murs de David Lambert, Los Flamencos de Daniel Lambo, Kid de Fien troch et A pelada une comédie de Damien Chemin.

Depuis 3 ans, Be film collabore avec la Cinémathèque. Pour son 75ème anniversaire, celle-ci a offert une carte blanche à 125 réalisateurs belges. Le volet national de cette initiative démarrera le 29 décembre avec Mort à Vignole d’ Olivier Smolders, film choisi par Thomas de Thier (l’auteur "Des plumes dans la tête") et L’imitation du cinéma de Marcel Mariën proposé par le cinéaste d’essai Boris Lehman.

Last but not least, le Be film c’est encore l’occasion de revoir des courts métrages sélectionnés dans le coffret des Magritte comme Le Conseiller de Elisabet Llàdo, Electric Indigo de Jean-Julien Collette, Welkom de Pablo Nunoz Gomez, Zinneke de Rémi Allier, Délivre-moi d’Antoine Duquesne, Partouze de Matthieu Donck.

Pour clôturer en fête, la night party de la Saint Sylvestre vous fera glisser vers un 2014 que l’on souhaite déjà "cinéphilement" riche et prospère.

Palmina Di Meo

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Du Temps de l'Avent à celui de l'Épiphanie


Évocation de Fastes aux Reflets d’Antan

et Parfums Nostalgiques…

basés sur des Traditions Occidentales séculaires immuables :

l’Art Sacré infusant l’Art Profane

 

 

Époque XIXème S. (dernière moitié) et XXèmeSiècle (premier tiers) :

de la Génération Romantique à l’Aube des Années Folles

 

 

 

"Le souvenir est le seul paradis

 d’où l’on ne puisse être chassé."

Jean Paul Richter.

 

 

 

 

                                    Assurément, notre calendrier grégorien [1] adapté lui-même du calendrier Julien , legs romain empreint de rituels ancestraux, ponctué de saints issus de la religion Judéo Chrétienne, n’offre guère d’opportunités d’unir les Hommes de bonne volonté (pour reprendre une formule de Jules Romains) autour d’heures claires et allègres spirituellement s’entend, chantant ad libitum l’émergence d’une météore ou étoile filante baptisée de Lumière du Monde, selon la définition de Saint Jean, vie nous remémorant, que l’on soit agnostique, athée ou dévot, que chaque naissance humaine relève du rationnel et donc des sciences naturelles, mais avant tout, tient du prodige, de l’indicible et du sacré, acte rempli de mystère et d’espérance, dans « l’éclosion » de sa dimension, la fraîcheur de son innocence, dont la nature bienveillante, lorsqu’elle se fait féconde, gratifie notre espèce d’Hominem, bien que la faculté d’émerveillement de cette dernière soit quelque peu tempérée par le paysage ethnique, le milieu et maints critères d’évolution au sein desquels elle baigne.

                                   Pourtant, s’il est une parenthèse à l’aura bénéfique, nous incitant à déposer les armes, c’est volontiers, celle célébrant la Nativité de l’Enfant Roi. Temps de Noël (et de l’Avent) que l’Église romaine choisit à l’orée du haut Moyen-Âge - aux environs de 330 – en situant l’anniversaire de l’Enfant Jésus à la date du 25 Décembre , afin de recouvrir et d’abolir, comme de coutume, de séculaires mœurs païennes liées au solstice d’hiver , telles que les Saturnales [2], temps de félicité et de ferveur, de préparation propitiatoire au partage (du moins concernant les « règles » religieuses de l’Occident) et qui devrait, logiquement, pouvoir générer une trêve salvatrice, à défaut d’être en mesure de faire naître une alliance éternelle entre les esprits belliqueux, menaçant notre mère nourricière, la planète terre !

                                   En vertu de cette considération philosophique, sans doute serait-il sage, toutefois, de méditer sur le sens profond à donner à ce moment de rassemblement mystique ou de liesse populaire.

                                   Encore faudrait-il pour cela, en paraphrasant la devise  d'une grande mystique vivant à l'ère du bas Moyen-âge, Sainte Catherine de Sienne, d’abord avoir soif :

 

a)                    soif  de se rejoindre et d’apprendre à se redécouvrir 

                       au-delà  de retrouvailles superficielles et vaines,

b)                    soif  de renouer les prémices d’un dialogue,

c)                    soif  de la révélation de son prochain,

d)                   ou soif   d’un mouvement de communion de cœur et

                      d’esprit même si nous sombrons pour cela dans un cliché utopique !

 

                                

                                    Or, ce globe terrestre abritant faune et flore confondues, que nous maltraitons « assidument » à qui mieux mieux, et où réside le commun des mortels, cet être double, mi-ange, mi-démon, réunit, lors de ces journées qui se veulent tissées de joies et de sérénité, son cortège de croyants et de mécréants, rejetant de ce fait, en cette période privilégiée de réjouissances (Ô temps suspens ton vol/ Et vous, heures propices, suspendez  votre cours  [3]  ) les barrières et autres clivages relatifs aux conditions sociales des Créatures de Dieu, qu’elles revendiquent ou non le dogme du Christianisme, qu’elles pratiquent ou non l’Office divin, qu’elles soient animées d’une foi ardente si ce n’est inébranlable, ou que le doute assaille leur âme de pauvres frères humains  [4], reliés entre – eux et parfois malgré eux, suivant un élément marquant de l’histoire imprégnant les chroniques de l’humanité : l’avènement du Sauveur, revêtant présentement les tendres traits du Divin Enfant, né en l’honneur de notre rédemption, et qui, grâce à son sacrifice, racheta nos péchés, comme ceux engendrés par la Guerre qui tout dévoie, cependant que Paix est vrai trésor de joy [5].

 

 

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Scène de La Nativité

de Léonard Tsuguharu Foujita

 

 

                               Aussi, dans le monde tourmenté auquel nous sommes continûment confrontés, que la spiritualité représente ou non, une aide secourable favorisant notre maturation personnelle, comment pourrions-nous demeurer en retrait d’un thème flamboyant, enluminant l’obscurité du Villain Yver  [6], en dépit du fait, que nous devons fréquemment emprunter la passage obligé d’un système mercantile, en affrontant les assauts commerciaux et médiatiques d’une société dite de consommation, davantage encline à s’attacher au matérialisme ambiant, qu’à s’adonner à de Nouvelles Méditations, ou à se ressourcer en faisant jaillir un florilège d’Harmonies poétiques et religieuses. [7]

                              Mais alors nous direz-vous, chers auditeurs ou amis lecteurs, quel serait le motif exact d’un semblable déploiement d’allégresse détenant une popularité inégalée, n’ayant de cesse de se répandre à partir de la deuxième moitié du XXème, allant crescendo au fur et à mesure de sa progression vers le XXI  ème siècle ? Quelle signification véritable attribuer à cette profusion de célébrations envahissant notre environnement, parant, en fonction de notre volonté, les foyers de la Vieille Europe  [8] ?

                              Pour une raison spontanée, instinctive et « officielle », en imitation d’usages du passé, transposés, destinés à glorifier une valeur fondamentale, la famille, emblème du héros du jour et de son illustre parenté, « fratrie » enfin recomposée nous exhortant à communiquer et à faire preuve d’une grande tolérance, du droit et du respect à la différence d’autrui, instants rares et chéris miraculeusement subtilisés à l’usure du quotidien, et aux agendas surchargés de chacun d’entre-nous, jouant en permanence à l’ « homme pressé  », n’accordant son écoute qu’avec parcimonie, et qui nous conduisent, en cette pause temporaire, à rivaliser, dans une saine émulation fraternelle, de plénitude, d’ingéniosité, d’imagination foisonnante afin de saluer dignement les proches appartenant à son arbre généalogique ou à sa famille d’adoption, de cœur.

 

                            À l’heure où la majorité de la « confrérie » de plantes « herbacées ou ligneuses  », effectue une cure de sommeil, où exceptées les vertes frondaisons persistantes d’essences botaniques isolées, l’ensemble des arbres se dépouille, conformément au cycle immuable de la végétation, nous privant par leur splendeur , d’un spectacle vivant incomparable , nous ne pouvons nous défaire quelque peu d’une sensation de mélancolie, même si nous savons pertinemment que la toison de la feuillée renaîtra sous les auspices de Primavera [9] , ce seigneur d’une folle maestria régnant sur le printemps et sa ribambelle de feuillaison, de mille et une fleurettes émaillant prairies et jardins, s’appliquant, inlassable, à les faire ressurgir opportunément.

                           Dans l‘attente de cette perspective heureuse, il nous faut instamment recourir à un subterfuge afin d’apprivoiser pareille lacune, et conjurer immanquablement la « carence » en luminosité, ainsi que l’absence quasi générale de la « gent chlorophyllienne ». Envers quelle alternative ou produit de  substitution se tourner, pour atténuer la perception d’engourdissements que Dame Nature nous livre, sinon de s’approprier les maigres liens restants de celle-ci, ou en désespoir de cause de sélectionner un palliatif de qualité, déguisé sous les contours de végétaux en reproduction, de fleurs de soie, répondant à l'intitulation de « trompe l’œil », tant ces « faussaires », hélas inodores, sont criant de vérité ?

 

                           Effectivement, qui dit se regrouper afin de festoyer dans la chaleur de l’unité retrouvée, invite sitôt à concevoir une mise en scène enchanteresse dévolue à faire s’extasier petits et grands, à voir s’illuminer leurs prunelles devant une « débauche  » d’ornements féeriques en  Robes de parade [10], choisissant d’élire, selon son inclination et Affinités électives  goethéennes, un Minuit chrétien ou un Minuit profane, chaque « maisonnée » offrant l‘hospitalité, restant in fine, seule juge du mode et de la stylistique à adopter, s’abandonnant à une inventivité sensible et débridée, parlante, manifestant une expression artistique inhérente à son tempérament, rehaussée, inconsciemment ou non, d’images d’antan évocatoires de la prime enfance, réminiscences lointaines sublimées, ou imaginaire créatif débordant, enrichis depuis, de références issues de notre patrimoine culturel, engrangées au long du Livre d’échéances  [11] parcouru, feuilleté de manière confidentielle, puisant au tréfonds de ses propres souvenirs.

 

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La célébration de la Noël :

la préparation de la veillée et de son repas festif

de Carl Larrson

 

                         Nuit d’étoiles  [12] évocatrice d’un autrefois disparu, idéalisé voire fantasmé, dégageant moult effluves nostalgiques certes, et nous conviant allégrement à soupirer auprès d’une candeur « égarée», en partant incontinent, à la Recherche du Temps Perdu [13].

                        Veillée , précédée de ces semaines de l’Adventus  infusant les usages séculiers, ô combien nimbée de magie, d’onirisme, ponctuée d’une farandole de petites lueurs disséminées à la façon d’« un bon génie », non sans motif et symboles historiques, ornée d’un fleurissement privilégiant de verdoyants rameaux d’espèces végétales non caduques[14] sous la présidence du maître suprême, le genre des résineux y compris sa Majesté Epicéa, bref, toute une suite de nobles éléments d’ordre « décoratif », mais véhiculant, outre, leurs brillantes et charmantes enveloppes, une abondante signification dépassant les apparences, ayant pour vocation initiale d’exalter la grandeur de ces heures uniques et protégées, (ne serait-ce que l’ espace d’une halte) des clameurs de l’univers et de ses violences, et qui semble, de surcroît, nous conseiller de savourer ce Carpe diem  [15] fugace – gage de promesses « concrètes », « tangibles  » - dont il nous faut nous délecter avant qu’il nous néglige en s’envolant, cueillant sans ambages ni scrupules, les fruits de celui-ci !

                        Plaisir, vous qui toujours, remplacez le bonheur, s’exclamait clairvoyante, la poétesse Anna de Noailles, sachant mieux que quiconque, non seulement discerner le premier du deuxième, mais distinguer en l’occurrence, les agréments, qui ne sont que clairsemés sur cette terre  où nous ne sommes que de passage, éphémères et volatiles, telles nos amies les fleurs, décernés au gré du destin avaricieux, et ne sauraient donc se comparer aux « félicités célestes » que la Providence s’engage dans un devenir futur et sous un « aspect » différent, à nous allouer…

 

                       En attendant, faisons montre de sapience [16], et place à la solennité des rites fêtant sur un ton éclatant la venue du Roi des Cieux, contemplé, choyé par la Vierge Marie entourée d’angelots et d’archanges aux dous souris, touchant tableau d’une scène éminemment confessionnelle qui imprime à son tour la classe des laïcs [17], et suscite un vaste éventail d’us et coutumes , ne cessant point de se transformer au fil des siècles (non par le fond mais par la forme, le style), cheminant au cœur de notre hexagone, lui-même dérivant de civilisations lointaines et avoisinantes…

                       Formulons le vœu afin que la luxuriance de l’ornementation végétale sacrée, et son indissociable pendant, les parures d’essences profanes représentées jadis, dans une « débauche » de luxe inouïe et inimitable, perdure à infuser nos imaginaires , nos esprits créatifs en éveil (gage d’une société  équilibrée, épanouie…) réalisant là, la synthèse d’un naguère florissant révolu, sorte de trait d’union se voulant à la fois un vibrant hommage aux traditions d’antan et une libre interprétation de leur histoire [18], transposition d’un idéal rêvé grâce à l’apport de force témoignages documentaires, littéraires ou illustrés reposant principalement sur la seconde moitié du XIXème siècle , où sévit le goût et le mouvement Romantique , pour parvenir aux aurores de 1930.

                      Années Folles auxquelles l’on rattache communément l’entrée, conquérant notre territoire, de la couronne de Noël   [19] (symbole d’hospitalité  et de protection…) venant remplacer les simples branches décorant auparavant le seuil des demeures de nos ancêtres, alors que celle dite de l’Avent [20], inséparable des annales de notre continent, trône, impériale, déposée dessus un meuble ou métamorphosée en lustre, accompagnée d’un flot de guirlandes, guirlandes festons garnissant les manteaux de cheminées, encadrements de portes, tentures etc., tandis que dominant de toute son ampleur, l’assemblée, s’élève un auguste médiateur porteur de paix et de réconciliation entre les hommes, ce joyau des festivités : le sapin de Noël aux aiguilles périssables…

                      Essence végétale façonnée de contrastes, rappelant notre propre dualité, plante de prédilection, vigoureuse en tout point, lorsqu’au commencement de son « exil », nous la convoitons et la sacrifions, dès son enlèvement, sur l’autel de nos égoïsmes collectifs, puisque, à moins de lui conserver ses racines, dans un geste d’un idéal écologique responsable, notre tentative « d’acclimatation » exercée sous la contrainte, échoue systématiquement. Blessée, privée de son milieu biologique nutritif, elle ne tarde pas à dépérir et à se dénuder, enfin ses « modestes défenses » jonchant le sol de sa « prison dorée », elle s’éteint d’une manière implacable, nous obligeant, les agapes accomplies en ce début de nouvel an, à assister, impuissants, à pareille déchéance, transformant malgré nous, nos salons en « chambres funéraires » d’un pan du monde botanique.

                     Toutefois, le Picea  [21](épicéa, en langue vernaculaire) quand il est encore gorgé de sève, puissamment irrigué de chlorophylle, renforce son image traversée d’une énergie vitale hors–norme, renouant avec force récits bibliques :

                    Arbre de vie, de la Connaissance du Bien et du Mal  [22] (par conséquent de la Tentation) en lieu et place de l’arbre fructifère comestible, il se fait l’attribut du Paradis d’Adam et Eve, lors des Mystères [23] médiévaux (Bas Moyen – âge), organisés précocement en Alsace (province précurseur, à l’époque, non rattachée au royaume Françoys ,acquise sous Louis XIV et annexée en 1871 jusqu‘en 1919 par l’Allemagne, berceau du territoire « français » de cette coutume venue d’Outre-Rhin, qui consiste à habiller les branches d’un sapin entier [24] , de pommes rouges appétissantes…) « lecture » simplifiée et revisitée des Saintes-Écritures, assignée à être décryptée et assimilée par les humbles ne prisant que l’oralité, à l’inverse de savants exégète, d’où ce rôle de figurant jouant au tentateur…

                    Dautres témoignages théologiques de référence nous attestent que son empire comporte un éminent fleuron, le Christ, la fleur des fleurs métaphorique de l’arbre de Jessé [25], rose sortant d’un délicat rameau, la Vierge Marie, que nous retrouverons bientôt sous une configuration dissemblable, fleurissant sa seigneurie sylvestre.

 

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Stille Nacht ou la ronde autour du sapin

de Viggo Johansen, XIXème siècle,

 

(tableau illustrant fort bien par exemple l'une des scènes de réjouissances

dépeinte au cœur fameux conte "le Sapin" d'Hans Christian Andersen)

 

 

 

                    « Doué » d’un langage ambivalent, que pragmatiques, nos vénérables anciens lui ont octroyé en corrélation de la famille des conifères à la ramée perpétuellement pigmentée de verdure , habitée d’immortalité ou presque, ifs, cyprès, genévriers, sapins blancs ou vrais, pins, cèdres etc. … aux forces antagonistes, transmettant une « dialectique  » de vie et de mort, puis de résurrection (légendes mythologiques et chrétiennes à l’appui…) notre Sapin de Noël, quelquefois désigné par le surnom de Sapin rouge ne saurait être confondu avec des descendants de sa « frèrie  », car sans embrasser pour autant le Violon d’Ingres de Jean-Jacques Rousseau, ce Promeneur solitaire chevronné et féru d’observation naturaliste, d’herborisation, sa silhouette élancée reconnaissable entre toutes parmi ses comparses, fut admirablement « dessinée » par un chantre du XXème siècle, qui nous la restitua sans traits abusifs ou erronés, la croquant en « blason » coiffé d’un couvre-chef fantasque :

 

Les Sapins en bonnets pointus

De longues robes revêtus

         Comme des astrologues… [26]   […]

 

                       Nous ne pourrions prétendre à la complétude de son effigie, si nous négligions de lui consacrer un condensé de ses facultés ornementales.

                      Vers quelle datation de l’histoire devons nous nous tourner, afin de rattacher l’introduction de son usage, puis de sa propagation au sein de notre pays ?

                      Nous répondrons sans atermoiement, en divulguant une thèse  que, botanistes et historiens de l’art reprennent de concert, s’accordant à accréditer une version similaire concernant son « apparition » : avant de se répandre au cœur de notre France profonde et de « convertir » chacun de ses terroirs, forts d’une floraison de spécificités, c’est l’antique cité de Lutèce qui, en pionnière, pu se flatter d’un tel prestige, plus précisément, la cour des Tuileries du roi Louis-Philippe et de sa dynastie (« Orléans », ayant pour la postérité, forgée une relation étroite avec Amboise et son château royal ligérien…), où il provoqua la surprise de l’assistance, lors de son « exhibition » confidentielle de 1837 (certains contradicteurs nous opposerons l’année 1840…), en concomitance du mouvement romantique alors à l’acmé de sa création, et ceci, grâce à un personnage féminin de haute extraction, belle-fille du souverain, la duchesse Hélène de Mecklembourg.

                    Néanmoins, bien que s’attachant les faveurs d’un cercle d’initiés, d’esthètes vivant dans l’opulence et goûtant la nouveauté, il faudra attendre le conflit de 1870 pour que son expansion puisse se concrétiser (fait de l’occupation allemande exportant ses traditions ou de celui du repli parisien des Alsaciens après la défaite ?) et se démocratise à fortiori « en sourdine », au début du XXème siècle, où dorénavant notre population succombe à son attraction, touchant en particulier les classes sociales favorisées en ayant la primeur, reproduisant le schéma de celles associées à l’Empire Britannique, car en concomitance de l’instauration française de l’arbre de Noël, une version historique soutient la théorie, que ce serait en provenance d’Allemagne et des contrées nordiques, qu’il se serait implanté en Angleterre ; d’aucuns chroniqueurs corroborent l’hypothèse que les marchands germaniques y ont grandement contribué, tandis que d’autres certifient que sa diffusion en reviendrait au Prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha par son union en 1840 avec la Reine Victoria .

                  Ah ! Le charme ineffable légendaire et incomparable des Noëls anglais sous le règne de cette souveraine…

 

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Carte postale anglaise fin XIXème représentant

le Divin- Enfant symbole charismatique du sapin

 

 

                 Concernant notre patrie, il est à signaler que nous éprouvâmes des difficultés à nous délester des a priori, de la défiance tenace dont les catholiques l’entourèrent, en regard de la veine protestante de ce sapin, « rival symbolique de la crèche sanctifiée », idéalement édifiée selon les préceptes de l’Église romaine.

               Quant aux « suspensions » originelles éclairant notre « porte-bonheur », l’épicéa, le Grand Siècle du Roi-Soleil [27] possède la prérogative de ces innovations porteuses d’un code sacré : pommes susmentionnées, hosties (préparation issue d’une variété de blé, le froment, attribut christique par excellence et de fertilité…), roses en papiers peints (symboles de l’unique terminaison florale « couronnant » l’arbre de Jessé, le Christ.

                 Avec l’échelonnement des ans, vinrent les rejoindre des fils d’or, des noix dorées et argentées (emblèmes de fécondité), des confiseries régionales, des étoiles [28] , des jouets, des rubans et des bougies (une douzaine correspondant à chaque mois de l’année, dit-on), faisant le ravissement de notre réveillon (terme né au XVIII  ème siècle) et de ses soirées d’avant première.

                Est-il besoin de vous stipuler que cette pléiade d’objets symboliques était prometteuse de vie et de prospérité ?

                Ainsi, pour clore notre entretien traitant des coutumes ornementales efflorescentes d’un Noël ancien atteignant sa quintessence à l’aube du XXème siècle, nous oserons affirmer, que le sapin dégage une noblesse d’expression telle, qu’il magnifie nos désirs prosaïques d’hédonistes, et par ses ramifications d’envergure, relayées d’un « idiome » interne, parait nous dispenser un message de sagesse universelle (ravivant notre souvenance parfois oublieuse, occultant le sort inexorable qui nous attend…) et nous conforte dans ce contexte indéniable, que rien ni personne, ici-bas, ne peut prétendre à l’éternité de la « matière », monument verdoyant, chef-d’œuvre naturel ou en reproduction [29], détenteur du titre envié du Roi des forêts, escorté de verts sujets, nous convoquant à nous réjouir, sinon à jouir d’instants précieux, bénis des Dieux !

                Fasse, que conscients de cette réalité, plongeant dans un élan salutaire et jubilatoire, au cœur d’une Fontaine de Jouvence compensatoire, ou de tout autre exutoire, source de rayonnement, nous puissions à l’unisson clamer ce credo :

 

"L’on n’échappe pas au monde

plus sûrement que par l’art,

et l’on ne s’y unit pas

plus sûrement que par lui."

                                                                                     

                                                                                      J.W. Goethe.

 

 

 

Étude de Valériane d‘Alizée.

Historienne chercheur de la flore,

et auteur-Interprète  de textes naturalistes.

Tous droits de reproduction réservés.

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L'Adoration des Mages d'Edward Burne Jones (vers1887)

 

 


[1] : Le calendrier grégorien ( calendrier provenant du latin Calendarium signifiant   livre d’échéances , dérive de la locution latine Calendae, ces calendes qui représentent le premier jour de chaque mois pour la civilisation antique romaine ) est ainsi nommé en mémoire de son instaurateur le pape Grégoire XIII , qui en  1582 , réforma le Julien son prédécesseur , institué quant à lui , dès 46 avant J.C,.par Jules César, et se base sur le rayonnement de l’astre solaire ; répartie en douze mois, l’année se divise en quatre saisons, comme chacun sait, saisons comportant les solstices (été hiver) et les équinoxes (printemps automne). Le Calendarium liturgique régi autour des fêtes de Noël et de Pâques fut établi entre les IVème et IXème siècles, et l’année organisée autour des rites liturgiques chrétiens commence à la période dite de l’Avent (du latin Adventus, terme aux racines profanes traduisant la Venue au sens d’avènement du mot…), ce temps de préparation de réjouissances religieuses annonçant l’épisode clé de la Nativité de Jésus-Christ. Célébré invariablement depuis le VIème  siècle, le Dimanche le plus proche de la Saint André (le 30 Novembre), il est synonyme, à partir du milieu du Moyen-âge, de gai recueillement destiné à louer l’apparition du Sauveur de l’humanité. C’est la raison pour laquelle, Noël, se plaçant dans l’hémisphère nord, au centre de la sombre époque hivernale, il était d’usage de se prémunir de l’éclipse du soleil et de la végétation, - en ayant recours à des artifices ornementaux, cierges, bougies, lanternes et végétaux, censés éloigner les âmes en errance des défunts et des démons, se réveillant ponctuellement au cours des fameux douze jours jugés dangereux, se déroulant de Noël à l’Épiphanie…

La fête de Noël, à proprement parler, ne remonte qu’au IVème siècle, aux années 330, précisément.

[2] : Les Saturnales surnommées libertés de Décembre, étaient des festivités placées sous la présidence de la Rome antique, ayant lieu vers le 17 Décembre, lors du solstice d’hiver ; elles avaient pour mission de faire revivre l’Âge d’Or, phase mythique où l’ensemble des hommes était heureux et fraternel, d’après les récits fondateurs de l’Antiquité grecque, infusant ceux des Romains. Parrainées par le dieu Saturne dont l’appellation sous-entend semences et fécondité , ces pratiques devaient se dégrader en se dirigeant vers la débauche, ce qui notamment servit de prétexte, comme à l’accoutumée, aux Pères de l’Église, pour les éradiquer et leur substituer celles de la Noël et de l’Épiphanie, conservant de ces premières impies, quelques traditions, semblables au Grand repas, aux présents mutuels échangés, à la galette partagée, au décorum végétal etc. … 

[3] : Célèbres vers issus du poème d’Alphonse de Lamartine : Le Lac.

[4] : Expression poétique due à l’auteur médiéval François Villon.

[5] : Allusion à la fameuse ballade de Charles d’Orléans, Prince des poètes lié à l’histoire du château royal d’Amboise ; pièce poétique (Priez pour paix), dont le compositeur Francis Poulenc réalisa une sensible mise en musique ; ces vers furent écrits à l’origine en Moyen Français: En deboutant guerre qui tout desvoye… / Priez pour Paix / Le Vray trésor de joye ‘.

[6] : Détournement d’une citation extraite du rondeau de Charles d’Orléans : Yver vous n’estes qu’un villain ...

[7] : Emprunt au recueil poétique d’Alphonse de Lamartine.

[8] : Formule historique désignant ici, les pays nordiques (Scandinavie) et germaniques, l’Angleterre, et la France ; Il semblerait que ceux du pourtour méditerranéen aient fait preuve de modération, étant moins sensibles aux fastes floraux de Noël, à de rares exceptions près !

[9] : Divinité tutélaire du Printemps sous l’Antiquité romaine, le complice de la déesse Flora présidant à la destinée des fleurs, Flora ou Flore, cette Belle Rommaine chère à la littérature et aux arts décoratifs, dont François Villon cita les attraits au cœur de sa ballade des  Dames du temps jadis.

[10] :Formule empruntée au poète Albert Samain(recueil Au Jardin de l'Infante).

[11] : Métaphore et traduction de Calendarium (expression latine désignant le mot calendrier).

[12] : Emprunt d’une pièce poétique due à Théodore de Banville, devenant une mélodie pour chant et piano sous la plume musicale de Claude Debussy.

[13] : Allusion à l’œuvre romanesque de Marcel Proust.

14 :Le feuillage persistant tel que celui appartenant à nombre de conifères, lié également au lierre, houx, buis, laurier noble etc...exprime dans sa globalité une symbolique de vie, de pérennité, porteuse d’une sève quasi immortelle que l’humanité peut envier, humains souhaitant plus que jamais se réjouir, en cette période de Natalies dies (jour de naissance) ou d’Emmanuel (Dieu avec nous en langue hébraïque), leur faisant oublier, du moins le temps de ces réjouissances, qu’ils dirigent leurs pas vers l’inéluctable ; ainsi les verts branchages semblant encore vivants en plein cœur de l’hiver synonyme de trépas pour certains feuillus, nous renvoyant l’image du nôtre, exorcisent en quelque sorte, nos aptitudes à disparaître…

15: Locution latine dont la traduction littérale est : cueille le jour, invitation à jouir de l’instant présent.

 [16] : Formule ancienne médiévale signifiant : foi, sagesse, patience et science.

[17] : Depuis des temps immémoriaux et cela en dépit des confessions de différentes civilisations, ne perdons jamais de vue, que le sacré a constamment nourri les mœurs et l’art profane, même si une certaine élite ecclésiale de chrétiens, relayée d’une édile d’aristocrates nantis de puissants pouvoirs ont violemment rejeté la culture des Païens…pour s’empresser de la remodeler à leur guise, selon leurs convictions !

[18] : En effet, bien que nous nous basons sur des recherches historiques approfondies étayées d’une iconographie de choix, l’ornementation végétale de cette Célébration de Noël, alliance de la théorie et de la pratique, c'est-à-dire de la vision d’un chercheur en histoire de la flore unie à celle d’un floraliste d’art, laisse heureusement une part importante à la liberté d’expression, et ne se veut en aucun cas une reconstitution décalquée d’un faste d’antan, mais suggère plutôt une évocation de style, d’un lustre floral du passé …

[19] : De souche Anglo-saxonne, la couronne de Noël représente la parure fétiche destinée à être suspendue à l’huis des maisons.

[20] : La couronne de l’Avent munie de ses quatre bougies, célèbre un rite de l’Europe du Nord, inspiré de la Sainte Lucie (incarnation suédoise de la lumière fêtée le 13 décembre) pour parvenir ensuite en Allemagne orientale au  XVIème s. et se répandre plus tardivement chez les luthériens et catholiques germaniques, avant de nous être redistribuée vers 1930.  

[21] : Notre seul vrai arbre de Noël, Picea en latin,  dit aussi Sapin rouge (son écorce écailleuse se colore d’un brun rougeâtre) étend ses souples rameaux  et ses fruits  coniques, au centre d’un territoire forestier français favorable à son épanouissement. Essence botanique du froid humide, elle est la merveille incontestée du massif des Vosges, du Jura, des Préalpes du Nord, où elle semble partir à l’assaut de je ne sais quelle montagne, à la façon d’escadrons de bon petits soldats dressés en rangs serrés.

22:L’espérance de vie de notre arbre de Noël (Picea) couvre une longueur de 500 à 700 ans, que malheureusement celui-ci a bien du mal à atteindre, étant donné que nous continuons à la prélever indéfiniment, malgré la présence de son substitut le sapin blanc ou argenté (Abies alba mill)…, heureusement, l’élevage de l’épicéa par le biais de la sylviculture est de plus en plus développé, ce qui contribue à le protéger de ces pillages anti écologiques.

23 : Les Mystères (provenant de Ministerium) mot latin désignant la cérémonie) étaient des représentations scéniques interprétées sur les parvis ou sur les porches des édifices religieux des grandes cités, basées d’après une thématique sacrée ; ces jeux liturgiques, cousins des Miracles (drames médiévaux relatant tout au long de l’année la vie des saints, dispensés en salles ou en plein air…), extrêmement populaires entre le XIVème et le XVème siècle, avaient pour fonction de divertir, tout en éduquant, et se déroulaient lors de célébrations chrétiennes de premier plan (Noël, Épiphanie, Pâques) ; les fêtes princières eurent également recours à leur service. Concernant les festivités de la Nativité de l’Enfant-Jésus, deux scènes majeures furent facilement théâtralisées, celle, d’une part, de nos premiers parents, le couple mythique Adam et Ève, et celle, de l’autre, des bergers venus adorer dans sa crèche, le Sauveur de l’humanité…

[24] : Prenant le relais des verts rameaux dispersés sur le devant et à l’intérieur des demeures de leurs aînés, mœurs léguées par les Romains polythéistes contre lesquelles l’Église s’insurgea (se reporter aux notes précédentes…), la coutume de dresser un arbre  persistant dans son intégralité remonterait au Xème siècle et prendrait sa souche en Allemagne (Hôpital de Fribourg-en Brisgau), 1419,date correspondant à trois ans près à la fin de notre fameuse guerre dite de Cent ans et à l’avènement de Charles VII (1422 ). Sous la Renaissance, Sélestat (Bas-Rhin) mentionne déjà le premier arbre vert (1521).

[25] : Allusion à l’arbre généalogique du Christ, illustré soit dans les arts décoratifs (vitrail…), soit dans la littérature dès le XIIème siècle, à partir d’un texte prophétique d’Isaïe, que certains auteurs médiévaux reprendront à leur tour.

[26] : Les trois premiers vers des Sapins (recueil Alcools, 1913) issus du poème de Guillaume Apollinaire, pièce poétique honorant non pas les Sapins dans leur généralité, mais  dans son genre Épicéa…

[27] : Toujours au XVIIème siècle, au domaine royal de Versailles, la princesse Palatine Élisabeth-Charlotte, épouse de Monsieur, frère de Louis XIV, se rappelait non sans émotion, les arbres de Noël de son pays d’origine, où les minois enfantins, semblables au sien, contemplaient éblouis, les branches de ces derniers, lourdes de bougies, de guirlandes de sucres filé et de pommes caramélisées…

[28] : L’étoile du sapin proviendrait de l’étoile de Bethléem ou de l’Épiphanie, astre à son lever guidant les Mages venus d’Orient jusqu’à Bethléem en Judée, afin d’adorer l’Enfant Jésus (d’après l’Évangile selon Saint Mathieu). Elle est devenue, par analogie, le symbole de la lumière protectrice.

[29] : De tout temps, l’homme n’a cessé pour pallier au déficit des fruits de la nature (morte saison oblige) de vouloir les reproduire en employant des matières nobles, tissus (soie…) cire, papier etc. …copies ressemblant comme des sœurs aux modèles originaux, subtilement ouvragées par  des  mains délicates et cela depuis l’Antiquité, en passant par la Chine ancienne jusqu’aux confins de 1950 où des ateliers d’artisanats d’art officiaient encore. De nos jours, quoique certaines maisons de luxe défendent toujours cette pratique du trompe–l’œil, une large diffusion de produits bas de gamme sévit à loisir, inondant à notre grand dam le marché, étant donné que s’incrustant chaque année davantage, en provenance d’Asie, ils déforment l’optique et le goût des consommateurs, tant et si bien que même si un nombre de  résistants à l’artificiel persévère à n’employer que des végétaux indigènes ou cultivés (mais éphémères) fraîchement cueillis, afin de servir de supports à la fabrication de l’œuvre souhaitée, adaptée selon ses propres desiderata, la majorité de la clientèle tentée par la facilité et le coût de l’article, acquiert des assemblages stéréotypés, des choses toutes faites , qui, hormis cet aspect clinquant s’éloignant de plus en plus du réalisme des végétaux, possèdent deux atouts majeurs : ils sont réutilisables (jusqu’à l’écœurement !) et ne demandent guère d’investissement de temps, puisque ils sont déjà prêts à décorer nos habitats, au détriment de tant de valeurs méprisées, dont celle de la créativité individuelle et des métiers d’art. Que dire des modèles de sapins en reproduction, tellement ils sont dénaturés, dépourvus d’odeurs !

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ESPOIR...

Ne pas laisser l'empreinte de la vie

Imprimer les griffes de mélancolie...

Mais ressentir tout au fond la chaleur

Imprégner lentement le cœur du cœur!

Goûter l'amour coulant avec douceur

Oublier les superficielles peurs...

Et sachant combien tout n'est qu'imparfait

D'instants merveilles, savourer le bienfait!

Car si on se croit sage, on n'est qu'attente...

De gommer enfin tous les mots qui mentent!

Trouver la force de suivre ce chemin

Où par moment on saisira une main...

J.G.

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Cher Amis,

Comme l’an passé, j’ai le plaisir de vous inviter à venir honorer de votre présence et de celle de vos enfants, amis, parents, voisins la petite fête de dédicace de mon dernier livre aquarelle sorti cet été :

La Petite Fille à la Lanterne illustré par Michèle Pouilly, le vendredi 20 décembre de 17 à 19h.

Les quatre autres livres précédents de mon édition La Lyre d’Alizé www.lalyredalize.org seront aussi exposés pour pourvoir à votre choix de cadeaux : Etoiles, Stars, Sterne de Dom Amat pour créer de belles étoiles en papier cristal sur vos fenêtres de l’Avent, Les Bergers de Noël illustré par Marie-Christine Serventi, La Petite de Neige illustré par Mariella Fulgosi, Le Violon Enchanté illustré par Anne-Marie Vaillant.

Avec la joie de vous revoir et retrouver nombreux pour partager cette belle opportunité offerte.

Amitiés

Rébecca Terniak

078 739 38 88

 

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Je ne fêterai pas sans toi

 

Soliloque

Un au-revoir n'est jamais triste.

On sait que revient le printemps,

Chaque saison en fait autant.

Sans cesse s'ouvrent d'autres pistes.

On sait que revient le printemps;

L'énergie circule et subsiste.

Sans cesse s'ouvrent d'autres pistes.

Tu trouvais cela exaltant.

L'énergie circule et subsiste,

Sauvée par son pouvoir troublant.

Tu trouvais cela exaltant,

Chercheur demeuré humaniste.

Sauvée par son pouvoir troublant,

Ta pensée fait que tu existes.

Je lui prête ma voix, te cite.

Dans ma maison tu es présent.

22 décembre 2013

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administrateur théâtres

A Robert Paul, special wishes for a special friend

 La fête de NOËL « Elle est, cette bonté folle, ce qu'il y a d'humain en l'homme, elle est ce qui définit l'homme, elle est le point le plus haut qu'ait atteint l'esprit humain. »

 

« Le temps glisse et frémissent les ruisseaux », du givre à la neige, voici bientôt N O Ë L !

Ce White Christmas rêvé qui dit notre besoin de renouveau, ce besoin, chaque année, d'une nouvelle  page blanche et immaculée où nous pouvons chacun écrire la suite de notre histoire ! Notre art de vivre et l'art dans notre vie. Notre empreinte d'humanité.

Les festivités de Noël  se préparent doucement et chaleureusement, nous fêtons tous Noël à notre manière.  A l’approche de la saison hivernale, sombre et glaciale, nous avons  tant besoin d'un peu de lumière et de chaleur!  Si nos  traditions et croyances nous séparent parfois, nous avons tous au moins un point en commun, le rêve du renouveau. L’espoir de la vie en germination.  L'approche des fêtes de Noël  correspond au solstice d'hiver, la nuit la plus longue de l'année.

Une nuit fertile  d’espoir fou, pour certains, la folie d'amour. Un choix de vie, un choix pour la Vie, un refus radical du mortifère. Comme par magie,  à partir de cette date, les jours rallongent,  le soleil renaît. Le renouveau du printemps est bien là: subversif,  invisible et souterrain. La chaleur des lumières allumées dans nos maisons et dans nos cœurs, nous apporte ainsi amour, lumière, chaleur et espérance.

Joyeux Noël à tous les amis Artistes de ce Réseau hors de l’ordinaire, fondé par l’Ami de tous, Robert Paul, le fondateur si éclairé. Qu'il reçoive nos profonds remerciements pour sa généreuse disponibilité …   Je lui offre, en cette troisième semaine de l'Avent,  avec toute ma gratitude et la vôtre, ce très beau White Christmas de 1942,

 

Deashelle

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administrateur théâtres

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 LA GRANDE-DUCHESSE DE GÉROLSTEIN
Un spectacle sur-mesure pour vos fêtes de fin d'année!
Du 20 au 31 décembre 2013 au Théâtre Royal de Liège
Direction musicale: Cyril Englebert | Mise en scène: Stefano Mazzonis di Pralafera
Ou comment sabrer le champagne avec panache!

A la guerre comme à la guerre! Bruxellois, si vous voulez un dépaysement courrez à Liège, à pied, à cheval ou en voiture, en train pourquoi pas (ils font une offre à 5 euros aller-retour pour les fêtes, renseignez-vous à la SNCB!) Pas de traîneaux, y pas de neige! C’est à deux pas de la place de la République ou de la rue Joffre, des noms qui ont des airs de France, on s’y croirait déjà ! Où donc? Mais à l’Opéra, c’est là où l’on fête avec brio liégeois, l’Esprit Français. On y mange aussi, et délicieusement de surcroît, dans un valeureux décor fraîchement rénové digne des salles Viennoises, pour un prix très doux.

12272980299?profile=originalChorégraphies aux reflets passé-présent, musique des folies parisiennes, parole franche et légère, parodie au premier et au second degré sont au rendez-vous. En effet le directeur général de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège qui est aussi metteur en scène, remet l’œuvre au goût du jour, Frères Taloche  à l’appui pour la mise en abyme, ou abîme, comme vous voudrez, (on accepte les deux orthographes…) Quoi ? Un vieil opéra bouffe du Sieur Offenbach qui signa en 1866 un œuvre sulfureuse à propos de la hiérarchie dictatoriale et de l’esprit belliqueux des va-t’en guerre de l’époque, dans la plus pure tradition de l’opéra-comique. Il veut retrouver le genre primitif et vrai d’une grande musique qui amuse et qui émeut, où c’est le public raillé qui le louange ! « Napoléon III et l’impératrice Eugénie, le tsar Alexandre II, le prince Bismarck, les rois du Portugal et de Suède, le vice-roi d’Egypte ou le prince de Galles se pressent aux premières représentations de cet opéra-bouffe! Et pourtant à l’époque nul ne sera dupe: ils sont la cible d’Offenbach. Lui seul pouvait réussir le tour de force d’être adulé par ceux dont il s’inspirait si cyniquement! »

Stefano Mazzonis di Pralafera a décidé de monter une « Grande-Duchesse de Gérolstein » (1867) revisitée, en réécrivant le texte dans le style de la téléréalité culinaire (si cela vous dit quelque chose, sinon, allez juger sur pièce !) Après la mise en bouche succulente des frères Talochenous pénétrons dans les grandes cuisines de la duchesse avec moultes tables roulantes et fourneaux étincelants, un âtre dans lequel rôtit un agneau, des serveuses en noir et blanc, des poêlons de cuivre, des bacs de bière sur roulettes. « Dansons, dansons, c’est la danse du cuistot » chante une joyeuse foule de bon-vivants à cœurs déployés. Décors astucieux de Jean-Guy Lecat. Parfois, oui on chante, on boit et on danse par nostalgie de la fin-de-siècle ou pour des années folles à venir! Pour conjurer la guerre! Quand tout est perdu, il vaut mieux… rire!

act_1_3.jpg?width=452Le chef Boum (un  Lionel Lhote très  convaincant) se rengorge: « Qu’il est bon d’être MOI! » Tout un programme ! Mais pour le plongeur Fritz (Sébastien Broy, pour la première fois sur la scène de l’OPRLW) et sa chère Wanda (qui n’a rien d’un poisson, l’exquise Sophie Junker) : « Au diable la consigne et vive l’amour !». La Dame duchesse est bien en émoi, car elle veut son Fritz ! En tailleur de brocard jaune la dame au p’tit chien promène son Pékinois ou ce qui en tient lieu avec des airs de Madonna. Patricia Fernandez est débordante d’« esprit » regorgeant de lascivité et de sensualité. Son désir rime avec empire, sa dictature élève et abaisse ses serviteurs, la loi est au fond de la voix. « Ah que j’aime les militaires! » entonne-t-elle avec légèreté ! On est à deux pas de la guerre de 1870. Et nous « fêtons » bientôt le centenaire de 14-18… cette guerre qui a changé définitivement la face du monde! Et nous regardons impuissants, les images de conflits qui sévissent d’un bout à l’autre de la planète…

Même si la duchesse peut tout acheter selon son bon plaisir, cette jeune domestique, la petite Wanda, lui porte vraiment sur les nerfs! Mais c’est l’histoire du Sabre qui soudain fait resurgir la voix de nos aïeuls dont l’enfance a été bercée par ces musique de la Belle Epoque « Voici le sabre ; voici le sabre tu vas le mettre à ton côté ! » Tout-à-fait ce que chantait mon grand-père s’exclame une sexagénaire, pendant la pause, il m’en souvient encore! Ici la parodie de la parodie rend le spectacle encore plus pétillant qu’au temps des crinolines! La maîtresse de la chorégraphie est Laurence Fanon qui valse spirituellement entre jeux d’amour et de massacre…   

12272981885?profile=original La réécriture est très adroite, entre sabre, plumeaux, panache, cocarde, toque et tire-bouchon. On est franchement menés joyeusement en bateau! Le vocabulaire culinaire et militaire filent le parfait amour ! Immanquablement il y aura une histoire de vengeance, puisque dame Jalousie se cache dans tous les couloirs! Mais sur le ton de la fantaisie,  précise la Grande Dame ! « Il faut qu'il tombe, sous nos coups! » rugissent les conjurés déconfits (Paul, Puck et Redbul)! Ah la perte de pouvoir, quel détestable affront! Il y a ce superbe ballet de préparation de la chambre nuptiale du jeune couple  avec une troupe de danseurs fascinants. La chambre des mariés sera tour à tour envahie par les vœux de bonheur nuptial de l'armée de danseurs et par les cris d’une foule guerrière : « Au fourneau, au fourneau ! Il faut aller vaincre ou mourir ! »

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  Il y a cette longue scène d’aveu pathétique où la duchesse s’adresse à Fritz pris au piège de son glorieux palace, et le supplie en cachant son identité : « Ah dites-lui que je l’aime et que je suis belle » ! Un air de nos aïeules ? Il y a les costumes inventifs de Jérôme Bourdin… Il y a cette finale de réalisme matérialiste : le bonheur est peut-être là, « quand on n’a pas ce que l’on aime, on aime ce que l’on a ! » Sagesse populaire, conclue par des folies bergères de Moulin ...Liégeois, tailles et couleurs de guêpes courte vêtues, très toniques qui vous donneront la frite! Il n’y a plus qu’à sabrer le champagne! Et joyeux centenaire à tous!

12272981283?profile=original(©Croisier)

LA GRANDE-DUCHESSE DE GÉROLSTEIN
Un spectacle sur-mesure pour vos fêtes de fin d'année!
Du 20 au 31 décembre 2013 au Théâtre Royal de Liège
Direction musicale: Cyril Englebert | Mise en scène: Stefano Mazzonis di Pralafera

Ou comment sabrer le champagne avec panache !

http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/la-grande-duchesse-de-gerolstein

 

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Évocation Naturaliste :

(I ère Partie) 

Qu'il me soit permis de dédier ce texte déjà ancien,

riche de toutes les maladresses d'un verbe se voulant amour,

à l'une de mes plus belles rencontres humaines et artistiques,

l'interprète singulière Solange Boulanger...

 

 Regards Croisés sur le " Règne Végétal

et Celui des " Aristochats "

Prologue de l'Intermède Poétique :

 

Voyage en Pays Connu " [1]:

 

de Jean de La Fontaine à Colette

 

Introduction

 

Question d'Interprétation, de Visions subjectives

à propos de la Défense d'une Œuvre Littéraire :

Chimère ou Réalité ?

L’Interprète," Miroir Fidèle " de la Pensée de l'Auteur ? 

 

 

"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

polissez le sans cesse et le repolissez ".

Nicolas Boileau.

 

 

 

                              Le réel est une partie de l’art : le sentiment complète… Si nous avons réellement été

touchés, la sincérité de notre émotion passera chez les autres ",

clamait avec feu, un illustre inclassable,[2] précurseur du mouvement impressionniste, qui allait

incessamment éclore, bousculant bien des traditions établies, bien des archétypes picturaux.

                                Encore faudrait-il pour cela ne pas tout livrer d’emblée, dans un accès de générosité

impulsive, en adéquation de la philosophie de Colette, qui affirmait :

                               " Le difficile, ce n'est pas de donner, c’est de ne pas tout donner"[3]".

                                 Aussi, lorsque herbier et bestiaire dans un élan spontané et fructueux s'épousent pour

le meilleur, avec à la clé, le clair objectif de nous livrer une palette polychrome étincelante de mille et un

joyaux, s'échappant d'une myriade de pages enluminées de la littérature , union d'une grande sagesse

certes , mais surtout "amoureuse", un tant soit peu promulguée selon nos desiderata subjectifs , avouons-le

sans fausse pudeur, puisque depuis notre plus tendre enfance, guidée à la fois par nos sens en alerte, à la

fois par des mentors bienveillants soucieux d'approfondir notre éveil, accompagnant sciemment ou non

notre quête initiatique tournée vers le monde merveilleux de la faune et de la flore, nous ne cessons de

rendre grâce à ces derniers, d'exister !

                                Oui, comment en outre, ne pas nous sentir infiniment redevables au tréfonds de notre

âme envers cette prodigue Natura, l’alliée inséparable de Gaia, qui travaille à nous offrir une telle floraison

d'émotions, œuvrant continuellement au fil des saisons ,afin que celles-ci soient," belles et bonnes ", c'est-

à-dire fécondes (ou à l'opposé, austères, en latence, quasiment infructueuses en fonction du calendrier

effeuillé), d'après notre opinion d'humains pragmatiques, avides de récoltes, regardant la terre, notre mère

nourricière, à la façon d'une Corne d'abondance inépuisable, parmi laquelle il est" naturel de puiser

"jusqu'à son " épuisement total ", tandis que nous devrions considérer ce don généreux que Dame Nature

nous octroie, comme un privilège inestimable !

                               Au cœur de notre assemblée d’acteurs spectateurs solennellement invités à assister, de

la première loge d'un resplendissant théâtre de verdure en perpétuel mouvement, à d’infinies

scénographies de génie exaltant la double évolution de forces vulnérables, éphémères, fraternité

complémentaire si ce n’est duo complice indissociable, fondamental au rayonnement de l'écosystème, à la

biodiversité foisonnante de milliers de vies en germination, une interrogation majeure s'impose, s'emparant

alors de notre esprit en ébullition, assorti d 'un affect "frémissant":

                              Comment trouver le juste équilibre, l'harmonie souhaitée inhérente à l’adoption d’un ton

adéquat, soit, de contourner une aridité mesquine purement analytique, soit, d'éviter de tomber dans le

piège de l'outrance ?

                              Comment traduire notre fervente inclination naturaliste, transmettre notre message, en

usant de la tonalité appropriée, du bon dosage, dans le cadre d’une rencontre ou lecture animée collectant

un florilège de textes poétiques (vers et proses confondus),destiné à être dit en public et voué à exalter les

sonorités de notre patrimoine littéraire florissant, d’une luxuriance absolue oserions-nous préciser,

s’attachant, autant que faire ce peut, à en capturer les nuances, de la monodie traçant une ligne épurée, à

la polyphonie recelant de voix chatoyantes... ?

                             

                             Ne pas s'abandonner plus que de raison à un lyrisme exacerbé grossissant le trait,

dénaturant le propos de l'auteur, ce qui reviendrait à le trahir, voilà pour l'interprète "passeur de mots et de

sens", au service du créateur, une gageure à relever !

                             Être fidèle, dans la mesure du possible ,à un style d'écriture, ciselant le verbe en

déployant des moyens savamment soupesés, ni trop" économes", " ni trop démonstratifs ", tenter de

retranscrire l'atmosphère intrinsèque, l'intimité originelle d'une œuvre(dépouillée d’effets extérieurs

ostentatoires faciles, donc gratifiants), œuvre en étroite correspondance avec une époque de l'histoire des

civilisations, voilà une autre source de motivation élevée, car s'attacher à restituer la quintessence d'une

pièce lyrique, non sans l'avoir au préalable étudiée, est bien du "devoir" du "diseur conteur" chargé de la

faire vivre, qu'il s'adresse à un auditoire néophyte ou averti !

                             Quant à la sélection du programme par elle-même, confessons, que c'est un choix tout à

fait cornélien et partial, mais mûrement réfléchi, puis assemblé judicieusement dans le but avoué que le fil

conducteur ne soit jamais rompu et que chaque texte puisse se répondre, s'éclairer et se magnifier

mutuellement.

                             Or, à notre humble avis, il ne saurait être question d'éloquence forcée, préfabriquée et

superfétatoire en matière d'interprétation et le temps de la déclamation pompeuse, ampoulée à la manière

des tragédiennes du siècle dernier ou du XIX ème siècle finissant, est désormais révolu, n'est-ce pas ?

                            

                              Faut-il s'en réjouir pour autant, puisque, en lieu et place de cet ancien art de déclamer,

privilégiant l’emphase, concédons-le, il semble que nous sombrons malheureusement, dans l’effet inverse,

acceptant dès lors, qu’un ton général monocorde dégageant bien des platitudes vienne se substituer à cette

dite emphase, sous le fallacieux prétexte qu'il nous faut impérativement, à l'heure actuelle, paraître

" naturel "dans l'expression de nos inflexions, lorsque nous autres ambassadeurs, sommes appelés à porter la bonne parole (ou la Bonne Chanson  [4]) de nos chers écrivains, grâce à la magie de leur lyre ressuscitée,

toujours vivante, nous faisant l'écho de leurs chants incantatoires profanes et sacrés .

                             Il nous appartient ainsi, de trouver un compromis entre le grandiloquent et la banalité,

afin de faire jaillir vocalement leur vérité, et forts de ce défi dont il nous faut être dignes, nous consacrer

pleinement à cette vocation initiale : conquérir une nouvelle audience, adeptes fraîchement sensibilisés ,

voire convertis , alors qu'ils étaient auparavant plus que réservés, sur la défensive, presque hostiles et

récalcitrants à se laisser bercer et pénétrer par le cortège séculaire des Hymnes de Polymnie, à tort réputés

pour être hermétiques et lassants !

                             En tant que "fiers amants "de l’une des neuf compagnes d’Apollon, vénérant ô combien

ceux qui "taquinent "encore et "taquinèrent jadis, la muse", il est de notre ressort, à notre modeste

échelon, assurément, d'atténuer ces idées préconçues, à défaut d'être en mesure d'éradiquer cet inique

quiproquo !!!

                            À travers les âges, les continents, nos chantres ont, il est vrai, continûment transcendé le

quotidien à l'aide d'un vocable recherché, d'une plume d'une stylistique plus précieuse que le mode de

l'oralité emprunté, convenons-en, seulement, il nous revient de ne point nous méprendre, leurs

préoccupations étaient d’une toute autre veine, il nous semble : parvenir à dévoiler la profondeur de leurs

sentiments et émois, se révélant parfois un véritable abime de désolations nécessitant une libération

thérapeutique par l’écriture, témoigner de leurs propres expériences jonchant leur cheminement parsemé

de "dédales et labyrinthes".

                           Patrimoine au langage multiple que nos civilisations n’ont que trop tendance à mépriser

(l’oubli n’est il pas synonyme de mépris ?), que nous devrions pourtant recevoir, non comme un dû mais

comme un bien incommensurable, qu’il nous faudrait apprivoiser au quotidien et inlassablement

reconquérir, doublement armé du vertueux dessein de passation, legs, qui, souhaitons-le, infusera à son

tour, les générations futures (ou du moins certaines âmes délicates prédisposées à en saisir certaines

nuances), allant ravies, de découvertes en découvertes, et de joies ineffables à de douces voluptés, lignées

éprises de raffinement, d’un profond humanisme, proches en cela, de l’Homme sensible du siècle des

Lumières, conscientes, selon les fibres de leur tempérament propre, du "fardeau "créatif dont ces disciples

d’Orphée ont éprouvé le besoin vital de se délester, en s'inscrivant ainsi (à leur insu?) dans la pérennité et

que l'humanité reçoit en héritage pour son plus grand plaisir d'hédoniste !

                           C'est la raison pour laquelle il nous sied de nous positionner à contre-courant, de faire

front à la morosité ambiante concernant ce subtile Art poétique [5], estompant, à notre niveau, l'indifférence

très en vogue à son sujet, envahissant notre société matérialiste, nous insurgeant, suivant nos modestes

pouvoirs, une action concrète de diffusion, contre la profanation que nous lui infligeons fréquemment

(annonciatrice peut-être de précoces funérailles?), en analogie de l'univers botanique et animalier que

nous malmenons allègrement en cette aube du XXI ème siècle, dénués du moindre remords, d’une noble

éthique !

                          Cependant, reprenant à notre compte un adage intemporel placé en exergue du sonnet nervalien [6] et fruit de la doctrine de Pythagore, nous pouvons à l'unisson professer :

                          "Eh quoi ! Tout est sensible" !

                          Interpellation remontrance nous sermonnant sur notre fâcheuse manie à manifester

légèreté et insouciance, et qui nous remémore combien nous, les "Hominiens" sommes ingrats et pervers,

pétris surtout de suffisance en maltraitant à l’envi la fameuse Fontaine de Jouvence que représente notre

Alma mater terrestre :

 

" Homme ! Libre-penseur – te crois-tu seul pensant

Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ?           [... ]

Respecte dans la bête un esprit agissant ...

Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;             [... ]

Tout est sensible ; et tout sur ton être est puissant" !

 

                             Perception romantique d'une Nature divinisée, exagérément encensée dites-vous ? Non

pas, simplement une "ode solaire", ardente, signée en hommage aux "êtres obscurs" cachant maints

trésors, purs "chefs-d’œuvre en péril", ponctuant notre verdoyant environnement !

                            Sensiblerie ? Que nenni ! Hyperesthésie ? Qu'importe, si vous voulez, même !

                            Néanmoins, quelle que soit la définition exacte, convenant à cette flamboyante

conception dénotant une sensibilité extrême "à fleur de peau", il nous revient indubitablement la "mission",

en tant qu’interprètes doués de raison, portés à faire retentir, sonner la voix splendide et spirituelle du

poète, de nous plonger au cœur même de la substantifique moëlle de sa composition afin de la propager,

pour reprendre une locution du Docteur François Rabelais, nous adonnant par cette circonstance, au pur

objectif d’une transmission de la plus grande honnêteté possible, soit, en l’occurrence, de nous évertuer à

nous effacer devant la puissance de convictions, les intentions à énoncer, ou plutôt à prononcer, émanant

de leurs géniteurs (sans pour autant les altérer en sombrant dans une neutralité d’une fadeur insipide…)

constamment habités du vœu de "servir leur pensée" et non de "nous en servir"(avec en filigrane, l’intérêt

opportuniste de nous valoriser)" savoir faire "immanent à tout bon "diseur "qui se respecte, chargé de "faire

savoir "à ses interlocuteurs les idéaux et langage d’un maître de la littérature.

                            Engagement subtilement mesuré donc, participant à ce que nous conservions la foi

originelle, la chair nue de l’émotion  [7], nantis en toile de fond d’une approche de la perfection, vaste

projet utopique, embrassant ad vitam aeternam, la morale de Nicolas Boileau placée en ouverture de notre

"Évocation naturaliste", qui préconisait de faire montre de pugnacité, ciselant et reciselant encore, tel un

orfèvre, le fruit de son labeur…

                           Et ce n’est certes pas, notre fascinante Faunesse, sorte de  "dryade "ou de "prêtresse

vagabonde" éperdument éprise de sa contrée natale bourguignonne de Saint Sauveur en Puisaye, en

similitude de sa "payse", la Fée d'Auxerre [8], et de ses personnages intègres, typiques, savants à leur

façon, c’est à dire, par empirisme, en glanant quelques recettes concrètes issues de traditions ancestrales,

guérisseurs et autres pratiques ou " petits métiers", qui faisaient alors "le sel " de nos chères provinces

françaises, qui apporterait un démenti à nos propos " militants", si elle était encore de ce monde, elle qui

fut durant tout le long de son existence, animée d’un "feu sacré", bref, qui su toujours se sustenter ,

s’enivrer à la source même des choses, en conservant le goût de la découverte, d’éternels Apprentissages,

pour ne pas la citer !!!

                          Ce qui constitue un bonheur providentiel pour nous autres interprètes, n’aimant rien tant

qu’à s’abreuver auprès d’une onde pure!       

                          En l’occurrence, embrassons dès lors, si vous le voulez bien , la pensée de notre femme de

lettres , fervente naturaliste se régénérant constamment à la flamme des Nourritures terrestres, exhortant à

travers son œuvre prolifique, les splendeurs fugaces des Vrilles de la Vigne, d'une part, et celles de la

Ronde des Bêtes, de l'autre, étant donné qu'il nous a semblé évident de dédier cette thématique riche en

variations "chattesques" (veuillez nous pardonner ce néologisme ) reposant sur un tapis chlorophyllien,

ayant pour cadre tant de sites agrestes enchanteurs, à une figure unique, singulière du   XXème siècle,

volontiers iconoclaste, à la fois fière et profondément enracinée dans son berceau d’origine ou d’élection,

sans pour autant sombrer dans les pièges du régionalisme à outrance, ce qui aurait pu contribuer pour la

" Nuit des temps", à faire de Colette, un auteur de terroir, avec toute la connotation péjorative que cela suppose !

                         Personnalité incontournable, particulièrement intarissable en matière de bestiaire et

d'herbier, que notre radieuse " Immortelle", sur le plan de l’Académie … s'ingénia à étroitement entremêler

au centre de ses récits, à tel point, que l'on ne saurait songer à les séparer, en les citant indépendamment

l'un de l'autre, et lorsque, chassant cet Yver qui n'est qu'un villain, d'après une locution médiévale du

Prince des poètes, Charles d'Orléans, l'immuable printemps, resurgit en robe émeraude, émaillé de vives

couleurs, présidant au détour du jardin et de la campagne rutilants, à l'apparition enchanteur des buissons

odorants du lilas, à l'éclosion de cascades de glycine, annonçant sureaux et chèvrefeuilles, il n'est pas rare

qu'un bataillon de rouges-gorges et de merles siffleurs nargue en son jargon, qui, Nonoche,  chatte

distinguée de Perse, hautement titrée, qui, "le Greffier" en mal d'idylles ou d'aventures belliqueuses avec

ses rivaux.

                        Elle fit sienne, mieux que quiconque, cette illustre devise du Petit Prince, qui professe ceci à

autrui : "Tu deviens pour toujours responsable de ce que tu as apprivoisé", saisissant toute l'ambivalence, la

mystérieuse complexité habitant la multitude de créatures vivantes, en ne s'épanchant pas exclusivement

que sur leur enveloppe, leur aspect esthétique flattant les prunelles, scellant avec ses protégés, un pacte de

soutien et d’attention infinis.

                        Appréhendant la  sève du Règne végétal   [9] d’une tendre acuité, sondant avec une assiduité sans faille le Cœur des bêtes  [10], leurs faits et gestes, en observatrice fine et zélée, inlassable,

douée d'une délicatesse insigne, reflet de son infinie bonté et, ce qui n'est pas rien, d'une justesse de

regard d'une précision incisive, découlant sur une alchimie d'écriture à nulle autre pareille, identifiable

entre toutes, il est irréfutable que sa faconde stylistique ou plutôt son art de portraitiste et de coloriste innée

su dépeindre de touchants tableaux, empreinte marquante transparaissant dès les premières lignes de

lecture ou de déchiffrage à l'aveugle, de l’une des pages de son œuvre intemporelle...

                       Ainsi sa maîtrise dialectique (miroir nous réfléchissant sa jouissance d'esthète et d'érudite

émérite) ne nous éclaire t’elle pas instamment sur son étoffe viscérale, son idéologie foncière à l'écoute du

cosmos ? Car, est il nécessaire de souligner une telle évidence, vous ne trouverez, chez notre Ingénue

libertine et libertaire, nulle trace de tentatives de séduction préméditée destinée à conquérir un public

facile, friand de produits formatés, coquetterie synonyme de charme factice, artificieux, pas plus que vous

ne sauriez y débusquer un effet " tendance ", à l’instar de Jean Cocteau, qui prônait l’indépendance

d’esprit, en déclarant ce truisme :

                      "Il n’y a rien qui se démode plus vite que la mode"!

                       Seul, réside, le désir manifeste de retranscrire troubles et émois d’un instant, captés sur le

vif, à l’aide d’un vocable qui lui est propre, fleurant bon maintes fragrances.

                       Qui d'autre que notre subtile et truculente héroïne, transposant elle aussi, ses sensations ou Rêveries d'une promeneuse solitaire [11], en descriptions hautes en couleurs, d'une somptueuse sensualité,

miniatures ou fresques affranchies de toutes conventions, aurait pu prétendre, en parallèle de ses affections

félines ," herboriser "avec ce talent d'épicurienne patentée, au gré du calendrier floral, propice à distiller

un cortège d’effluves envoûtants, interceptant leurs sortilèges par touches impressionnistes, inégalées,

désireuse de nous les restituer dans leur intégralité ?

                     Aptitudes et convictions entrelacées au plus intime de son être, nous contant les annales de

fleurons gorgés de substances vitales, (médicinales de surcroit, concernant la botanique) adresse défrayant

la chronique, Pur et Impur  [12] sortant des sentiers battus et rebattus et qui nous fait sitôt nous exclamer :

                     "Ces témoignages sont estampillés Colette" !

                      Notre  Poète rustique   [13] par excellence,(éminente sœur spirituelle de Francis Jammes, son

confrère misanthrope et l'un de ses nombreux admirateurs ...) foulant, selon l'inspiration de sa fantaisie,

prairies et allées ornées de folles herbes médicinales, ou contemplant De sa fenêtre [14], l'enclos privatif

renaissant de ses cendres après un long endormissement et incontinent constellé de tendres corolles aux

nuances "pastel ", ne revendiquait-il pas avec une fougue, et surtout, une flamme inextinguible "constante", la tutélaire amitié des fleurs  [15] ? Renchérissant sur sa captivante inclination au

"développement durable "à l'intention du Dieu félin, au sens générique du mot (son presque "double", sa

"référence ", si l’on entend ses aveux, défiant les normes austères des conventions):

                     "À fréquenter le chat, on ne risque que de s'enrichir", promettait-elle [16] !

                      Lors de ses déambulations d'herboriste amateur féru de Blé en herbe  [17],au cœur de l'Île-

de-France ou de l’hexagone, notre tempérament de sensitive n'aimait rien tant , que ce soit aux aurores ou

à l'heure vespérale, à palper de près, et à se délecter de souples ramées au port altier odoriférantes ou

non, essences végétales procurant bien des évasions inespérées, s'imprégnant de sujets au visage familier

ou sauvage de notre planète, en les restituant sur le papier dans leur contexte, d'un côté sous le sceau

favorable, fertile de la liberté (allusion au recueil Le Paradis), de l'autre, sous celui néfaste, que représente

la privation de ce bien irremplaçable aboutissant à la claustration, (en référence à la suite du volume

précédant Prisons...)

                       De  la "Retraite sentimentale"  à la "Naissance du jour" (titre de son roman composé au sein

de son refuge méridional au nom  évocateur et savoureux de la "Treille muscate",) sans omettre une

pléiade d'ouvrages de veine similaire célébrant ses Affinités électives, relevant d'un mysticisme païen

d’insatiable "Bacchante "où affleure une cocasserie irrésistible, un respect et une foi inaltérable en faveur

de l’univers végétal et animal, notre portraitiste attitrée, de La Chatte [18], inconditionnelle de Kiki la

doucette chat des chartreux (l'un des glorieux matous de sa fratrie animalière, immortalisé au sein de son

corpus Dialogue de bêtes,) s'attarda au-delà de sa dextérité d’enlumineur d'envergure, à soigner également

le pourtour, c'est-à-dire la forme.

                       Ce n'est pas  l'éventail de blasons parlants, magistralement réalisés à la gloire de nos amies les plantes (herbacées et ligneuses incluses ...), Histoires naturelles [19] que n'aurait probablement pas

dédaigné un autre "chasseur d'images", le fantaisiste Jules Renard, qui viendra désavouer notre

allégation! 

                      Encline à la compassion envers des êtres innocents en état de dépendance, soumis aux lois

du "grand manitou" ("bipède" de race soit disant supérieure ...), elle confirma d'années en années, de

recueils en recueils, un amour philanthropique rehaussé de serments tangibles tenus à leur endroit, nous

révélant au passage la complicité magnétique les reliant, réciprocité confiante d'une telle ampleur que le

terme communion serait plus adapté !

                     D'une manière générale ou individualisée, elle eut le courage de dénoncer les cruels méfaits

exercés à leur encontre par une gent humaine s'arrogeant trop fréquemment le droit de les enchaîner,

dispensant le droit de vie ou de mort à sa guise, et qui, du haut de son pouvoir absolu de tyran (que voulez-vous, la raison du plus fort est toujours la meilleure  [20] ) s'applique à trahir, en les asservissant, les

héros de sa foucade qu'elle a auparavant élus !

                     Quant à notre partisane de la probité, (vénérable Orphée moderne, auquel nul ne saurait

rester totalement indifférent), elle se plut à cultiver une liaison affective d'une constance exemplaire,

ignorant l’engouement, cet inconstant, s'efforçant, incité en cela par son instinct, son intuition, à les aimer

pour elles-mêmes ces créatures, tissant avec elles, une relation privilégiée, dénuée d'affectation ou de

sentimentalité mièvre, un rien sucrée, en un mot franchement " bébête", tandis que le commun des mortels

pétri d'une souveraine condescendance dans son for intérieur, et prêchant, orgueilleux, pour sa paroisse, c'est-à-dire en faveur de la Possession du Monde  [21], fait preuve d'une fâcheuse disposition à dénaturer

l'essence originelle de celles-ci, s'égarant même, en allant jusqu'à leur prêter une psychologie ridicule,

réservée à ceux que notre auteur surnommait à l’égard de son prochain, "les Deux pattes."

                    Baignant dès son apparition en ce bas monde, dans l’omniprésence florale et "faunesque ",

elle eut, en l'occurrence, la prescience, que, pour nous accomplir, il nous faut dépasser la seule apparence

des choses, puisque :

          " On ne voit bien qu'avec le cœur,             et que

l'essentiel est  invisible pour les yeux [22]",

 

afin de vivre en accord avec notre frère le pampre et notre sœur la groseille (pour paraphraser la poétesse

Anna de Noailles) et d’être capable de goûter au bonheur de jouir de la présence charismatique de sa

seigneurie "chat", "objet" d'une prédilection clamée envers et contre tout à la face du monde, ou plutôt,

crânement assumée.

                     Ne proféra-t-elle pas à nombre de reprises son assuétude proche de "l'assujettissement

frénétique" pour la chatte, son modèle, la chatte, son amie  13  bis, incarnation, transposition de l'éternel

féminin, qui la fit sacrifier au culte de l'espèce Felis Catus, détentrice d'inaliénables qualités, élan admiratif

surpassant, et de loin, l’entourage réconfortant d’un "fidèle" entre les fidèles, le chien, en dépit de son

penchant servile, que d’aucuns se complaisent à juger admirable, ne cessant de s’esbaudir sur la constance

de l’attachement du dit Canidé, sans doute en corrélation de la maxime suivante :

" Les chiens ont des maitres,

       Les chats des serviteurs [23]." 

                  

                    Faisant fi d'un égoïsme (ou égocentrisme) inhérent à notre genre, ainsi qu'abstraction de tout

calcul personnel servant ses intérêts, notre héritière de Sido (mère non pas" idéalisée" mais à laquelle elle

se réfère, louant sa bonté, sa grâce de " thaumaturge" attentive aux opprimés, au sort funeste des

démunis ... ), sut se montrer d'une prodigalité inouïe, en étant digne des petits compagnons fleurissant la

sente de sa destinée d'artiste, chérissant avec un véritable altruisme, tant les Aristochats blasonnés se

prélassant comme des princes dans les intérieurs de leurs luxueux appartements ... mondains, que les

"Gavroches "de faubourgs, "gouttières "de la roture juchés en équilibristes sur les toits des bâtisses de nos

cités ou villages...

                   Nanties d'une vivacité et d'une acuité de raisonnement, bon sens et amour désintéressé qui la

firent se pencher au hasard d'une étape providentielle sur les déshérités (et cela, soulignons-le une fois de

plus, au risque de nous répéter, sans rien attendre ou quémander en retour !), elle persévéra dans son rôle

de protectrice, en recueillant quelques miséreux la "démêlant" d'emblée parmi une foule d'anonymes,

" Poulbots" des rues errant sans "domicile fixe", victimes, la plupart du temps, de lâches abandons de nos

congénères soit disant civilisés, dont elle eut l'opportunité, mais surtout, la bienveillance, d'adoucir les

jours !

                  Nous en voulons pour preuve de son abnégation, qu'elle répugna à prétendre à quelque

contrepartie que ce soit, en échange "du gîte et du couvert" – et plus si entente cordiale ou affinités – que

nous leur assurons, s’insurgeant volontiers contre de froids pragmatiques appartenant au cercle de ses

amis, qui avaient l'audace de répéter sempiternellement, indéfiniment, le semblable questionnement:

                 "Cet animal est joli, mais ... est-il affectueux [24]" ?

et notre "sage" de commenter :

                "Je les trouvai bien osés de poser si crûment la question, leur question toujours la même  

question. Que d'exigences, et quel bas commerce avec la  bête ... Donnant, donnant et que donnons-nous?

Un peu de nourriture, et une chaîne."

                 Voilà, en quelques phrases lapidaires de Colette, toute sa philosophie résumée en analogie de

sa pratique de vie. Elle ne se contenta pas de cultiver de grands principes ... théoriques, mais les mit en

application au rythme du quotidien, dès qu'elle le put.

                 En vérité, elle aurait pu faire graver en exergue de toute la somme monumentale de ses

bouleversants écrits qui s'inscrivent à jamais dans la postérité, la sensible pensée du "père" du Petit Prince

au préalable mentionnée, où il est question de s’acclimater à l’essence d’autrui, sans jamais le délaisser,

une fois devenu notre familier.

                 Encore faudrait-il pour ce faire, "d’abord avoir soif", selon la magnifique expression d’une

mystique médiévale, Sainte Catherine de Sienne…Soif  d'apprivoiser pour tenter d'approcher sans doute, si

ce n'est d'atteindre (une utopie !) les voix intérieures de son congénère ou d’un "Étrange étranger" à la

Prévert, quel louable et noble dessein !

                 Ne s'était-elle pas assignée, en "missionnaire naturaliste" émule du Panthéisme, la charge, de

servir la cause animale, associée à une authentique déférence éprouvée à l'égard des "fleurs de simples"

de notre continent, formulant le souhait :

               " D'aller à la rencontre de la perfection d'une vie végétale et animale qui proclame : je resplendis

encore. Déjà, je me fais active, avide [25]..."

                Avide de reviviscence salvatrice, programmée par le gentil Primavera [26] au sortir d'une longue

hibernation, de "l’Ombre des Jours"[27]relative à toute forme de vie.

                Écoutons un chantre de Lutèce nous dessiner une pléiade d'exquis Portraits de famille dont celui

de notre Bourguignonne, se métamorphosant également en Parisienne "pur jus" :

 

             " Adorable  Colette, qui savez tenir un porte-plume comme personne au monde, renifler

le mensonge, reconnaître un melon honnête, un vrai bijou, un cœur d'or ... Colette pour vous

particulièrement, la nature a travaillé dans le genre génie.

              Vous êtes une reine des abeilles. Toutes les abeilles françaises, de la grande dadame 

à la modiste, sentent comme vous sur le plan de la confiture, de la confiance, du confort, et

vous êtes la seule qui sachiez l'exprimer dans les siècles et des siècles [28]"

            

                 Visions profondes, et non fugitives, qui ne firent guère hélas, l'unanimité, étant donné qu'à

quelques temps de là, en amont, et surtout, en pleine ère baroque précisément, un certain Maître des Eaux

et Forêts, auteur du Chêne et du Roseau, poursuivit un autre projet ...

             Or, si Messire Jean de La Fontaine (vous aviez naturellement deviné, j'espère, de qui il s'agissait...) 

sut nous décrire et célébrer avec justesse, l’éclat de la nature, quel que soit son destin implacable, notre

savant fabuliste de Château-Thierry, aspira, pour sa part, à emprunter le costume ou le déguisement

fantasque de force membres du bestiaire, afin, sous ce masque de convention le libérant des entraves de la

royale censure d'un monarque ne badinant pas avec les règles de sa politique au règne absolutique ... de

dépeindre le caractère bien souvent malfaisant de ses semblables (comportement aux antipodes des

Hommes de Bonne Volonté de Jules Romains) ne cherchant jamais, au grand jamais, à les humaniser,

s'adonnant entre autre, à brosser une esquisse peu louangeuse de notre affectionné "Mistigri", n'hésitant

pas à l'affubler de surnoms parlants d'eux-mêmes (repris de la facture de Rabelais ou sortis de son

imaginaire ...) sobriquets chattesques répondant à la dénomination de Grippeminaud, le bon apôtre, de

Raminagrobis,  vivant comme un dévot ermite faisant  la chattemite (contraction de chatte et de Mitis : ce

qui signifie, doux en latin ),un saint homme de chat bien fourré (allusion rabelaisienne évoquant les juges),

"gros et gras", bref, usant à son endroit d'un vocable abondant en superlatifs de circonstance, teinté

indéniablement d'une ironie caustique, satire frôlant la caricature, égratignant quelque peu ce pauvre mal

aimé de Minet, en droite lignée d'us et coutumes séculaires, du Moyen Age occidental, où notre souricier

exterminateur, dit aussi mignard sourien  [29], la terreur des rongeurs, vécut un abominable martyre,

souffrant d'une réputation sulfureuse le conduisant "sans autre forme de procès", au bûcher.

                Perdurant à le croquer dans une sombre effigie, le desservant notre narrateur du Voyage en

Limousin persiste et signe sa critique préjudiciable, redoublant de pittoresque ... méprisant, afin de mieux

discréditer notre  « raticide » salutaire, le noircissant à souhait en le taxant de fourbe notoire, commettant

force tartufferies, fieffé coquin arborant un air patelin, tramant avec une  adresse de dissimulateur né, une

pléthore de complots maléfiques !

                Traversant les âges, telle se répand la légende du genre félin, légende encore abondamment

tissée de nos jours, de clichés stéréotypés, d'images d'Épinal ou autres vignettes abusives, accréditant que

trop une rumeur ô combien ancrée dans l'imagerie collective populaire !

                Égérie encensée par les uns, les mystiques initiés adorateurs se dévouant à le réhabiliter, désigné

du doigt comme un diable et honni par les autres, ses détracteurs, persévérant, hélas, dans une haine

immémoriale contre notre chat bien aimé, le Chéri de Colette, et heureusement, de tant d’autres !!!

                Que de procédés diplomatiques, de subterfuges industrieux, devons-nous à fortiori mettre au

point, afin d'atténuer, de temporiser les exagérations fétichistes ou digressions anthropomorphiques,

nuisant gravement à sa renommée, ainsi qu'à la pertinence de ses traits de caractère !

                Pour clore cet entretien  naturaliste, où nous devisions tant du Règne végétal que de celui de nos

favoris d'Aristochats, nous avons formulé le vœu de vous présenter une moisson de maximes et pensées

illustrant notre dernier propos les concernant (" Pauvres bêtes" suffisamment accablées d’une multitude d’

imperfections, pour que nous nous consolions en chœur, leur dédiant cet hommage), citations d'écrivains

les saluant avec ferveur et entendement, dans un "unanimisme" de rigueur, suivant leur penchant commun,

semblant nous murmurer cette invite en préambule :

 

"Suis ton cœur, pour que ton visage

    rayonne durant ta vie  [30]."

 

                 Ainsi, avant de nous séparer, feuilletons ensemble cette floraison de sentences "chattesques"

liée, nous semble- t- il, à l'état d'âme et d’esprit de notre narratrice intrinsèquement animée du monde du

vivant, qui, déchirée, par les tourments que celui-ci endure, déclarait :

 

       "C'est toujours pitié que de voir détruire par la violence,

            ce qui implore seulement la permission de vivre  [31]" !

 

    

Florilège de Devises félines

       Signées de la plume

   

      de Théophile Gautier :

 

            
               " Conquérir l'amitié d'un chat est chose difficile.           [... ]

Il veut bien être votre ami si vous en êtes digne,

mais non pas votre esclave.

Dans sa tendresse, il garde son libre arbitre et il ne fera pour vous ce qu'il juge déraisonnable ;

mais une fois qu'il s'est donné à vous, quelle confiance absolue, quelle fidélité d'affection"!

       

à celle d'Ernest Hemingway :

 

" Le chat est d'une honnêteté absolue :

 les êtres humains cachent pour une raison ou pour une autre leurs sentiments.

Les chats, non".

    

ou bien encore de celle de Mark Twain :

 

"Si l'on pouvait croiser l'homme et le chat, cela améliorerait

       l'homme mais dégraderait le chat".

 

de celles traitant de notre inaptitude à cerner

ces "Félidés miniatures" composées par :

 

I     Paul Morand :

 

"Les chats sont incompris parce qu'ils dédaignent de s'expliquer.

Ils ne sont énigmatiques, que pour qui ignorela puissance expressive du mutisme".

 

II  : et Georges Bernard Shaw:

 

"L'homme est civilisé dans la mesure où il comprend le chat".

 

 

Texte de Valériane d’Alizée

Collectrice-raconteuse de l'histoire de la flore

 et Auteur interprète du patrimoine littéraire naturaliste.

 

Tous droits de reproduction réservés.

 

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Œuvre de Susan Herbert d'après La Ghirlandata

de Dante Gabriel Rossetti



[1] : Emprunt au titre d’un ouvrage de Colette.

[2] : Allusion au peintre Camille Corot

[3] : Citation reprise par Maurice Goudeket au sein de son témoignage "près de Colette", 1956

[4] : Allusion au recueil de Paul Verlaine, datant de 1871.

[5] : En référence à l'œuvre poétique de Verlaine portant ce titre, tirée du corpus : "Jadis et Naguère".

[6] : À propos de Vers dorés de Gérard de Nerval, in " les Chimères".

[7] : Expression empruntée au compositeur Claude Debussy.

[8] : En référence à la poétesse Marie Noël.

[9] :   Titre d’un ouvrage de Georges Ribemont Dessaignes.

[10] :   Nouvelle de Colette éditée au sein de "Journal à rebours",1941.

[11] : Détournement d'un titre dû à Jean-Jacques Rousseau, grand connaisseur de botanique.

[12] : En référence à l’un des recueils de Colette.

[13] : Emprunt à l’œuvre de Francis Jammes portant ce titre, surnom qu’il s’était lui-même délivré !

[14] : Ouvrage éponyme de Colette.

[15] : Citation extraite de "Belles Saisons" de Colette.

[16] : Extrait d’un de Colette paru au cœur du corpus "Les Vrilles de la Vigne", (1908).

[17] : En référence à l’un des fameux romans de notre auteur.

[18] : Allusion à l’un des succès littéraires de Colette.

[19] : Proses de Jules Renard célébrant la nature, datant de 1896.

[20] : Fameuse morale provenant du "Loup et de l'Agneau", fable de Jean de La Fontaine.

[21] : Titre d'une œuvre signée Georges Duhamel.

[22]   Devise d'Antoine de Saint -Exupéry issue du "Petit Prince".

[23] : Maxime fort explicite signée de Dave Barry, résumant combien le genre félin dans son entité, ne saurait devenir l’esclave de l’homme !

[24] : : Citation provenant de la nouvelle consacrée à "Pitiriki", L'Écureuil  du Brésil que l'on avait offert à l'écrivain ; émue de

       son sort, Colette lui dédia cette histoire appartenant à "Prisons et Paradis", publication datant de 1932.

[25] : Formule extraite de "Belles Saisons "de Colette.

[26] : Allusion à la divinité latine, fertile du printemps.

[27] : Titre de recueil poétique d’Anna de Noailles, employé ici en guise de métaphore.

[28] : Citation de Léon-Paul Fargue au centre de son livre "Portrait de famille".

[29] : Locution renaissance empruntée à un admirateur adorateur de notre félin de prédilection, Joachim du Bellay, qui à la

     disparition de son "cher Belaud", lui consacra en guise d'épitaphe, un poème émouvant.

[30] : Adage oriental anonyme.

[31] : Citation extraite de l'ouvrage " Pour un Herbier " (l'Arum) 1947.

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Inspirée d'une poésie de Claudine Quertinmont

Amour Rose d'automne

 

Une aquarelle d'Adyne Gohy

 

 

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Amour Rose d'automne

de Claudine Quertinmont

 

Il était une rose transie d'un frêle amour,

Pour un papillon bleu, aux ailes si douces

Qui lui rendait visite, lui faisait des mamours,

Il était une rose transie d'un frêle amour,

Son parfum voletait de pétale en frimousse,

Des boutons ravissants de ses jeunes pousses.

Il était une rose transie d'un frêle amour,

Pour un papillon bleu, aux ailes si douces.

 

Peu à peu l'été s'endormit et son coeur se givra,

Embrasant les feuilles, les incendiant de feu,

Couvrant la nature de robe d'apparat.

Peu à peu l'été s'endormit et son coeur se givra,

Rose et doux papillon se firent de longs adieux,

Le coeur las et brisé, des perles pleins les yeux.

Peu à peu l'été s'endormit et son coeur se givra,

Embrasant les feuilles, les incendiant de feu.

 

 

 

 

 

 

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Duo

Un nouveau couple vient de se former. Alors que rien ne laissait présager ce duo, ils se sont trouvés pour réaliser un rêve. Peut-être que le destin, la chance est derrière tout cela et les a réunis pour un instant, pour un moment. Belle rencontre pour ces partenaires, ces artistes qui apprennent maintenant à se connaître, à s’apprécier, à collaborer. Associés d’un jour pour créer un ouvrage, pour exécuter un projet qui leur tient à cœur.

Quelle agréable mission.

N’étant pas du voyage, j’imagine le plaisir qu’ils ressentent de se réunir entre eux et former un partenariat pour composer une œuvre sociétaire que tout le monde lira, verra, appréciera. Les membres se mettent à l’ouvrage et le résultat est vite probant, joli, intelligent.

Une belle association.

Beaucoup d’entre nous sommes vite épatés de voir les résultats, poésie, texte, aquarelle, dessin.

De cette œuvre restera le souvenir d’une chronique éphémère relatant le plaisir d’une rencontre, d’un passage sur un site. Et pour nous, le bonheur de profiter pleinement de la création de ce duo pour notre plus grand plaisir

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ET ON DIRA....2014!

A MONSIEUR ROBERT PAUL et à tous ceux qui font partie du magnifique réseau d'ARTS ET LETTRES...

C'est bien une façon d'acter

Qui un jour nous a emmenés

En ce cocon si convivial

Qu'il en est devenu familial!

Alors en cette fin d'année

Je vous envoie cette pensée...

Non, je ne dirai pas la phrase

Qu'on distribue avec emphase...

"Joyeux Noël et bonne année"

Me semble un peu trop exploitée!

Pour vous je veux tout un bouquet

De vœux sincères de mots discrets...

Je vous souhaite de rêver

Que rêve devienne réalité

Que le ciel bleu soit votre lot

Que le bleu ne soit jamais trop!

Je vous souhaite l'impossible

Que le possible vous soit audible!

Et puis aussi ce grain de folie

Folie de rendre la vie jolie...

Et puis de vivre les yeux ouverts

Sans vous mettre tête à l'envers!

Je vous souhaite d'oublier

Que nous ne faisons que passer!

Et puis d'ignorer les toujours

Mais de toujours croire en l'amour...

Je vous souhaite du fond du cœur

D'un cœur de trouver le meilleur...

A l'année prochaine

J.G.

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Nélie en son domaine (Chaalis, 3e partie)

12272972290?profile=originalManquement aux règles élémentaires de courtoisie, j'ai délaissé et même omis de vous présenter notre charmante hôtesse !

Cornélia -petite moue réprobatrice-, qui changea son prénom en Nélie, fut d'abord peintre (voir son autoportrait dans le précédent billet). Elle fut l'élève de Léon Cogniet, peintre romantique dans la veine de Delacroix et de Géricault, puis d'Ernest Hébert, portraitiste et auteur d'oeuvres d'un romantisme teinté de symbolisme. Elle connait un beau succès comme portraitiste de la bonne société, ce qui l'amena à rencontrer Edouard André. Ce politicien issu d'une riche famille de banquiers, amateur d'art et collectionneur fervent d'oeuvres hollandaises du XVIIe siècle, qu'elle épouse en 1881. Ils se rendent régulièrement en Italie où elle l'initie aux artistes vénitiens et toscans de la Renaissance, et acquièrent ainsi un grand nombre d'oeuvres d'art. Son mari décède en 1894, elle continue d'enrichir ses collections et voyage beaucoup en Orient. En 1902 elle achète le domaine de Chaalis où elle accumule ses souvenirs de voyages. Elle meurt en 1912 en léguant son domaine et l'hôtel particulier du boulevard Haussmann (Paris) à l'Institut de France. Elle est inhumée dans la chapelle royale de Chaalis.

... Mais elle nous invite à passer au jardin...

Un jardin, que dis-je, un parc avec sa roseraie...

12272978082?profile=originalPeace and love (roses)

... son orangerie, son atelier des parfums, et les ruines si romantiques de l'abbatiale du XIIIe siècle ou la chapelle royale dont je vous ai entretenu (voir Chaalis et le Primatice).

12272979057?profile=originalRien d'austère, tout au contraire ici tout respire la fraîcheur et la gaieté. De quoi contenter grands et petits.

Tenez la chapelle, avec ses gargouilles...

12272979093?profile=original... les enfants ne s'ennuieront pas, un vrai conte de fées (prévoir des jumelles, même si vous n'avez qu'un enfant ! Le parc d'attractions de "la Mer de sable" se trouve aussi en face du domaine).

12272980059?profile=originalDétail d'une gargouille

(dont on dit qu'il s'agit du portrait d'Edouard Corroyer, l'architecte et restaurateur de la chapelle au XIXe)

12272980094?profile=originalLa chapelle et les ruines de l'abbatiale du XIIIe siècle.

12272980693?profile=originalLe parc du domaine de Chaalis.

Et tout près de là, le parc Jean-Jacques Rousseau et ses fabriques à Ermenonville dont je vous reparlerai peut-être...

Alors pourquoi pas y aller faire un tour aux beaux jours, lors des "Journées de la rose" par exemple qui ont lieu chaque année début juin.

Michel Lansardière (texte et photos).

Une donation remarquable : "Je lègue à l'Institut de France mon domaine de Chaalis... pour faire du château, tel qu'il a été arrangé par moi, sans y toucher, un musée de l'abbaye... Je désire qu'on entretienne, comme de mon vivant, ces sites historiques... et surtout je défends de vendre, sous aucun prétexte, aucune parcelle du domaine : qu'il demeure éloigné de toutes les usines qu'on pourrait menacer de construire alentour, et qu'il reste toujours un des plus admirables paysages de France."

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administrateur théâtres

play_343_visu_impayable_site_premiere_partie.jpg?width=160LES 37 SOUS DE MONSIEUR MONTAUDOIN
d’EUGENE LABICHE au théâtre le Public

DU 07/11/13 AU 31/12/13

Ce spectacle cousu d'or et d’argent allie un texte d’Eugène Labiche de trente-huit minutes « les 37 sous de Monsieur Montaudoin» amplifié musicalement par de pulpeuses chansonnettes, typiques des chansonniers alertes de l’époque et un seul en scène mené avec finesse de rhétorique et loufoquerie musicale par le directeur du théâtre Le Public, Michel Kacenelenbogen.

Au sortir du premier spectacle où celui-ci interprète Monsieur de Montaudouin, et au sortir d’une baignoire en or dans le deuxième, Michel Kacenelenbogen, l’habit tout cousu de billets, est bien décidé à faire rire de tout et surtout de l’Argent dans son long aparté intitulé « Impayable ». Le rire est sans doute la meilleure distanciation qu'il soit et la chose la plus nécessaire dans notre monde massivement dirigé par l’Argent. Bien plus que l’amour, l’Argent se cache, se tapit et se thésaurise mais il s’offre ici pour une fois mis à nu, à votre saine réflexion.

play_343_bour2546web.jpg?width=130L’Argent et l'Amour se croisent dans « les 37 sous de Monsieur Montaudoin » et constituent un mélange d’enfer de répliques acérées dans un rythme ultra-syncopé. Vous voulez le pitch ? Monsieur Montaudoin au caractère méfiant et soupçonneux marie sa fille Fernande (Sherine Seyad) à un caissier, IsidORe (Réal Siellez). Cependant il dévoile à son ami, Penuri (Jean-Marc Delhausse) une anxieuse obsession qui lui coupe le sommeil, le boire et le manger. Depuis la naissance de sa fille chérie, il y a juste vingt ans, tous les jours, quelqu'un lui dérobe l’étrange somme de 37 sous, dimanches compris. Le jour du mariage est le jour des règlements de comptes et Monsieur de Montaudoin a décidé de tendre des pièges pour en avoir le cœur net. Tout finira par s’éclairer après moultes péripéties et une Madame Mautaudoin totalement aux abois (Anne Sylvain).

play_343_bour2376web.jpg?width=259D’amour? Pas un mot, même entre fiancés, tous envoûtés qu’ils sont par l’Argent! Ajoutez deux rôles hilarants: celui de la vieille bonne Joséphine au bout d'un plumeau (Janine Godinas) accusée injustement et l’inénarrable notaire Martois (Quentin Milo) qui, voyant se perdre son précieux temps, est sujet aux saignements de nez incontrôlables à chaque coup de plume. L’humour est acerbe, les apartés savoureux et la comédie de portes qui se claquent frénétiquement prend une forme plus que moqueuse, par l’exagération du trait voulue par la mise en scène. Les deux spectacles se conjuguent à merveille et la conférence déguisée de sieur Michel Kacenelenbogen fera mouche. Amenez donc le public à rire franchement dans la première parodie, pour qu’ainsi décapés, ils entendent ce que personne ne veut entendre, semble dire le maître de dérision. Et de nous expliquer avec verve, tout en se faisant plaisir, toutes ces choses que l’on tient si bien cachées de peur de les perdre!

play_343_bour2453web.jpg?width=130Le rire est le ferment contagieux d’un spectacle à l’autre. Et la causerie qui se donne ensuite est suivie avec intérêt (…et principal, dirait la fourmi), l'ouïe aux aguets, puisqu’on y chante et on y danse, (aux dires de la cigale!) Une musique tout aussi contagieuse charpente l'ensemble. A la fois envoûtante et évocatrice elle est composée, signée et interprétée par Pascal Charpentier, un homme de l'art. Pas le moindre pas, geste ou mouvement de l’âme des six premiers comédiens qui ne soit souligné par des notes d’humour et de musique à la fois. Pourvu qu’ils aient une âme, ces personnages! Car toutes ces âmes sont rongées jusqu’à l’os par ledit Argent. On fuirait sans doute, s'il n'y avait la musique, le talent des comédiens et l'amour du théâtre!

play_343_bour2536web.jpg?width=130Allez voir ce spectacle, vous en aurez pour votre Argent et ressortirez sans doute plus riche de cœur. Avec: Jean-Marc Delhausse, Janine Godinas, Quentin Milo, Michel Kacenelenbogen, Réal Siellez, Sherine Seyad et Anne Sylvain. 

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=343&type=2

 

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La muse des couleurs

 

 À Jacqueline Nanson

 

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p.gifour me désennuyer ou pour me rendre heureuse,
Souvent, quand mon humeur se faisait langoureuse,
J'appelais à mon aide la muse des couleurs.
Près d'elle, me plaisais à errer en douceur.

La magie opérant me plongeait chaque fois

Dans un enchantement me remplissant d'émoi.

Des bois mystérieux abritaient tout un monde,
Des fontaines riaient dans des gorges profondes.

Je restais en arrêt, scrutant contemplative,
Des esprits, s'exposant à la lumière vive,
Qui semblaient me fixer avec intensité
Et dont je découvrais l'intrigante beauté.

Créés par des couleurs, surgissaient des poèmes

Révélant un ailleurs d'une richesse extrême,

Qui me ravit encore et me surprend toujours,

Quand je le redécouvre au hasard de mes jours.

25 mai 2005

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administrateur théâtres

Georges Feydeau

Tailleur pour dames

Librairie Théâtrale, 1887.

 

Cette saison, Bruxelles fait la fête aux boulevards. On a mis en scène un bouquet  de vaudevilles étincelants, pas moins d’une douzaine.  Un antidote contre la dureté des temps? La similitude des époques, si bien raillées par James Ensor ? « Tailleur pour dames » de Georges Feydeau n’échappe pas à la règle des bons mots, de la vivacité du verbe, du langage perlé ou diamanté,  à vous de choisir! La caricature sociale  correspond  bien à notre 21e siècle débutant… L’emprise de l’argent, la souveraineté des vanités, les appétits du pouvoir couplés au sexe bien plus qu’à l’amour. La volatilité des couples, sans nul doute, une nouvelle moralité! Le cynisme, le sarcasme et le rire libérateur sont restés les mêmes dans notre monde survolté.  La langue chatoyante, par contre, est moins  courante à notre époque. Chez Feydeau elle prend des airs féeriques et fait  grand  bien à  entendre!

C’est ainsi que malgré le nombre d’œuvres proposées on se presse au guichet pour aller voir « Tailleur pour dames » de Georges Feydeau, au théâtre des Martyrs.  C’est une toute jeune compagnie qui a monté ce chef d’œuvre : « La Compagnie des abîmés » °2005. Ils sont  réjouissants, d’une tonicité et d’un enthousiasme contagieux. Nous les avons vus  dans leurs débuts au Théâtre Mercelis avec "Venise sous la neige". Un spectacle délirant à propos de Chouchous et de Chouvénie  qui  met en scène un dîner de  couples où l’une des convives s'invente une langue et un pays imaginaire. La soirée prend alors une tournure très houleuse et  tout vole en éclats comme dans tout vaudeville qui se respecte.

530496_10151812020912087_38321042_n.jpg?width=357Leurs talents explosent dans cette interprétation magistrale  et savoureuse  de « Tailleur pour dames ». Le décor ? Couleur « 50 shades of grey », cela vous dit quelque chose ? Il cache dans ses jupes des portes qui claquent tout à fait invisibles. Le plateau est une case d’un  damier noir et blanc où vont s’entredéchirer  messieurs et dames broyés dans le laminoir burlesque de l’infidélité. Jeu de dames oblige!  Les costumes aussi sont dans les teintes de gris noir ou blanc, à la façon des films muets. Esthétique très graphique et dictions parfaites virevoltent autour d’un divan rouge et rond comme une pomme perfide.  Au deuxième acte, quelques notes de bleu, le septième ciel ? …Dans un entresol improvisé, atelier de couturière désaffecté. Ah les voilà dans de beaux draps, ces personnages déchaînés,  splendidement costumés,  ayant tous  troqué leurs identités pour camoufler leurs méfaits conjugaux ! Unchain my heart !   Il faut suivre! Monsieur Machin, vous connaissez ? Médecin ou tailleur ?   Enlevez le bœuf, c'est de la vache ! Qui connait encore l’expression?  Allez vous ressourcer dans ce bonheur de scène de haute voltige ! Au troisième acte, retour à la case départ : vivent les postures et les impostures! Trois incomparables couples de scène: l’irrésistible Justine Plume et Gauthier de FauconvalCédric Lombard et Sylvie Perederejew, Nicolas Mispelare et  Elisabeth Wautier  et deux personnages totalement désopilants, la tyrannique Claudie Rion et Etienne, l’inénarrable valet, Mychael Parys.   A nouveau une splendide mise en jeu par Victor Scheffer, maintenant dans la très belle grande salle du théâtre des Martyrs!

http://fr.wikisource.org/wiki/Tailleur_pour_dames

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Fabienne sur scène

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Une aquarelle d'Adyne Gohy

Inspirée par une poésie en musique de Fabienne Coppens

Voici un résumé du spectacle de Fabienne

à La Samaritaine en 2012

 

Eugénie

Personne ne l'attend

Elle rêve pourtant

Que quelqu'un l'attend...

Pour rentrer chez elle

Elle s'invente des ailes

Elle voit sa vie en grand

Dans les journaux du vent

Se répète les mots

"Amour et braséro"

Un ange, à ses côtés

L'empêche de tituber

...Une présence née

  De son solo salé

            Alors, Eugénie appelle son génie pour alléger sa vie Eugénie...          

                                                                 

Par les lignes de ses mains

Elle sait que quelqu'un vient

Elle parie juste un peu

Avec son coeur en deux

Qu'elle trouvera le feu

Qui brûlera ses maux

Ses fards (phares) et ses bobos

Fini de garder pour elle

Ses joies et ses querelles

Quand on est seul tout le temps

Il en faut du talent

Pour s'offrir du bon temps

Et loué de l'allant...

Alors Eugénie appelle son génie pour alléger sa vie

Elle n'est pas vraiment elle

Avec personne à elle

Y'a des bouts de sa vie

Qui manquent de folie...

Personne ne l'attend

Elle rêve

pourtant

Fabienne Coppens

Un partenariat

Arts

12272797098?profile=original

Lettres

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administrateur théâtres

A Liliane

12272984254?profile=original Le Temps Du Givre:

Feuille à feuille
Se défeuillent
Les ormeaux
Le temps glisse
Et frémissent
Les ruisseaux
Note à note
Je dénote
Ma chanson
Feuille à feuille
Se défeuillent
Les saisons

Nul rivage n'a consolé
Ce fier navire en liberté
En liberté
J'ai mal noué le fil d'amarre
Et chaque port qui s'en empare
Le voit brisé
Maintenant la pluie de l'automne
Mouille les feuilles qui s'étonnent
De leur couleur
La fontaine a bu mon image
Et ma jeunesse est en voyage
À bout de coeur

J'ai mal rêvé dans mes silences
Et la musique de l'enfance
Me fait sanglot
J'ai mal joué, j'ai mal su vivre
Voici venir le temps du givre
À mes carreaux

Feuille à feuille
Se défeuillent
Les ormeaux
Le temps glisse
Et frémissent
Les ruisseaux
Note à note
Je dénote
Ma chanson
La la la...
Feuille à feuille
Se défeuillent
Les ormeaux
Le temps glisse
Et frémissent
Les ruisseaux
Note à note
Je dénote
Ma chanson
Feuille à feuille
Se défeuillent
Les saisons

Nul rivage n'a consolé
Ce fier navire en liberté
En liberté
J'ai mal noué le fil d'amarre
Et chaque port qui s'en empare
Le voit brisé
Maintenant la pluie de l'automne
Mouille les feuilles qui s'étonnent
De leur couleur
La fontaine a bu mon image
Et ma jeunesse est en voyage
À bout de coeur

J'ai mal rêvé dans mes silences
Et la musique de l'enfance
Me fait sanglot
J'ai mal joué, j'ai mal su vivre
Voici venir le temps du givre
À mes carreaux

Feuille à feuille
Se défeuillent
Les ormeaux
Le temps glisse
Et frémissent
Les ruisseaux
Note à note
Je dénote
Ma chanson
La la la...  
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administrateur théâtres

12272980290?profile=original12272981059?profile=original12272981273?profile=original12272982695?profile=original 

 La pièce « Boeing-Boeing »  de Marc Camoletti  (1960) a été joué plus de 20.000 fois en français. Traduite et jouée de Londres à New-York en passant par Singapour, elle a  aussi fait l’objet de plusieurs films  au cinéma.  A l’instar des fringantes héroïnes qui peuplent l’histoire, ce texte  a  donc fait le tour du monde. Il  séduit encore toujours par sa  tonicité, l’abondance des mensonges inextricables, les quiproquos et  les malicieuses méprises, les  chassés-croisés périlleux, les arrivées intempestives des dames et les  interminables départs qui risquent à chaque instant de faire capoter le bel ensemble mensonger du Sieur Bernard. Au tour de Bruxelles d’accueillir ce joyau du rire dans une distribution détonante.  

« Dona e mobile ! » Et si donc  l’homme réussissait à se contenter  d’une seule femme? Rien que par le caractère changeant des femmes n’a-t-il pas là déjà, tout un harem à sa disposition?  Mais Bernard (un intrépide Thibaut Nève) n’est pas de cet avis et a besoin, au quotidien, de variété féminine palpable et concrète. Il n’est donc pas marié - la polygamie étant interdite -  mais il  s’est trouvé trois exquises fiancées étrangères. Sa vie est réglée sur les horaires d’avions qui  lui amènent ses trois hôtesses de l’air à point nommé sans  risque de fâcheuses rencontres. Il tient un agenda d’une précision diabolique. Une américaine, une espagnole et une allemande s’installent  alternativement au logis, juste le temps de  lui faire jouer le rôle de l’homme de leur vie  … et de  redécoller aussitôt. Carpe diem ! A part que toutes veulent lui extorquer un contrat de mariage !  

Hélas tout est par terre le jour où son ami Robert (Antoine Guillaume) remonte de son Midi natal pour tâter de la capitale parisienne et s’installe chez lui. Mis dans le secret, il va donc être aux premières loges pour apprécier cette joyeuse façon de vivre et y participer bien malgré lui… car voici soudain que les compagnies aériennes ont acquis des appareils plus puissants et plus rapides. Qu’adviendra-t-il du bel équilibre galant ?   

Nathalie Uffner signe une mise en scène remarquable, pleine de  trouvailles. Jamais cela  ne s’essouffle, le rythme devient de plus endiablé, pas de danse couleurs locales à l’appui. Tous les dérapages sont magnifiquement contrôlés.  Inutile de dire que les trois nationalités sont elles-mêmes  une source inépuisable de délire humoristique. Les stéréotypes arpentent le plateau  avec une rare candeur. Delphine Ysaye  fait une Américaine haute en sensualité et en verbe,  délirante d’assurance et de féminisme haut placé.  Myriem Akheddiou incarne une brûlante Espagnole, Juanita, plus explosive et passionnelle que jamais, tandis que Catherine Decrolier (notre préférée) joue  une Judith allemande totalement dévergondée et lascive qui fait tourner l’ami Robert en bourrique consentante. Sera-t-il le seul à l’être ?  

Comme dans tout vaudeville qui se respecte, la bonne, devenue spécialiste en plats internationaux, est imperturbable (ou presque), admirablement  revêche et grognon. Elle est le ciment  indispensable  à ce bel édifice.  L’époustouflante Odile Mathieu est une maîtresse femme qui ne mâche pas ses mots et se lance dans la manipulation pour  augmenter ses gages. Bernard,  Un manipulateur manipulé ?  C’est drôle, spirituel, volubile,  magnifiquement enlevé et distrayant à souhait. Et cela plaît énormément au personnel nostalgique de la Sabena invité dans la salle qui en profite pour remettre, qui son costume de commandant, qui son costume de chef de cabine vert sapin et bleu profond… et se rencontrer pour parler avec légèreté du temps passé et échanger avec un public attendri!

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http://www.ttotheatre.com/programme/boeing-boeing

 

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ENCORE RÊVER...

Quand les ailes de la vie

s'accrochent à des nuages

Secouer ses envies

Trouver d'autres rivages...

Ne pas laisser l'ennui

Éteindre notre cœur

Et aussi de la pluie

Goûter subtile saveur!

Quand les rêves s'envolent

Dans des rumeurs cruelles

S'en faire comme une étole

Qui nous rendra plus belle!

Ne pas laisser son corps

Se tasser sous le vent

Mais prendre son essor

Accompagner le temps!

Quand les saisons s'avancent

Au caprice des Dieux!

Mettre dans la balance

Nos innombrables vœux!

Ne jamais renoncer

S'accoupler à l'espoir

On pourra avancer

Il suffira d'y croire!

Quand les ailes de la vie

s'accrochent à un mirage...

Penser qu'elle est jolie

Dans  nos rêves peu sages...

J.G.

,

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