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administrateur théâtres

images?q=tbn:ANd9GcRGUN7RmAaOyeuJyWiK0vXmKAIMmH4_NwhJpHperVLI7bR4790M12272993885?profile=originalCeci n’est pas une pomme

Griserie verbale, théâtrale, musicale et chorégraphique à la première ce soir à la Clarencière! Theatregoers! Go for it! You won't regret! Somptueuse anthologie de textes et chansons : des misérables aux désirables! Un trio de comédien et comédiennes époustouflant qui revisite et le surréalisme poétique belge, et la Lost Generation... et les années 20 à Paris! Sublime spectacle, mû par l’amour de la culture! Diction parfaite, langue merveilleuse, les trois comédiens Laurence Briand, Rosalie Vandepoortaele et Laurent Laigneaux (le musicien-comédien)  partagent un inimitable pouvoir de suggestion.

Dès les premières secondes, on se sent aspiré par le souffle puissant de l’histoire littéraire du début du XXe siècle qui revit soudain à la lueur d’antiques lanternes. 2014 : Anniversaire du centenaire, me direz-vous ? Les personnages nous happent, nous attirent et nous fascinent.

Voici un défilé de textes soigneusement choisis par Rosalie Vandepoortaele  qui a composé une véritable anthologie vivante, dense et documentée où l’on retrouve tour à tour, sertis dans un écrin musical approprié LA VICTOIRE DE LA MADELON - PAUL NOUGE - CAMILLE GOEMANS - BLAISE CENDRARS -E.L.T MESENS - PHILIPPE SOUPAULT - HENRI MICHAUX - ROBERT DESNOS - R. RADIGUET - ANNA DE NOAILLES - PARLEZ-MOI D'AMOUR - GERTRUDE STEIN - F. Scott FITZGERALD - LOUIS ARAGON - ANTONIN ARTAUD - EN DOUCE - MARCEL LECOMTE - MAX JACOB avec des clins d’œil appuyés au peintre MAGRITTE ! Un enchaînement bourré d’intelligence et de finesse! C'est elle qui avait  fait la mise en scène du spectacle "Le Chat noir," l'an dernier. Elle aime les textes de qualité.

« Selon ma doctrine » il est défendu (sous peine d’imbécillité) de rien prévoir. Ce que je ferai dans tous les domaines est imprévisible tout autant que l’apparition d’une réelle image poétique. » « Etre surréaliste, c’est bannir de l’esprit le « déjà vu » et rechercher le pas encore vu » Magritte

Entre ombres et lumière, les mots et la poésie transfigurent les corps et les visages des comédiens. La bouche et les sourires sont ceux de trois muses théâtrales apprivoisées et offertes à un public reconnaissant. Chaque mouvement est fascination:

 Rosalie :

Ma bouche qui bouge

devant vous

n'est pas habitée de paroles

ordinaires

 

Laurence :

Ma bouche ce soir est habitée

de paroles qui ne sont

pas à moi

de paroles qui ne sont pas des

chansons ni des charmes

 

Rosalie :

mais balles de fusils

 

 On ne peut assez se répandre en louanges et vouloir partager tout le plaisir que l’on reçoit avec les spectateurs qui nous entourent. Applaudissements nourris, « bravos » qui fusent en plein spectacle, rires, grognements de bonheur ou de révolte partagée. Tout le monde a envie d’exprimer bruyamment son ravissement. Le lieu s’y prête d’ailleurs parfaitement  et  les vagues de bonheur se répandent avec candeur…  Et de remercier autour d’un verre après le spectacle  de la façon la plus tangible ces comédiens généreux qui nous ont offert une  prestation hors pair. Quelle sensibilité, quelle subtilité, quel jeu, quelle présence et quelle dramaturgie éblouissante de la metteuse en scène Isabelle Nasello ! Ceci n’est pas seulement un Bijou, c’est tout un univers. Cheers!

Welcome to les Années Folles
Dans le cadre de la St Valentin


Interprétation : Laurence Briand, Rosalie Vandepoortaele et Laurent Laigneaux
Mise en scène : Isabelle Nasello
Montage original : Ropsalie Vandepoortaele
Conception décor : Kaernunos ASBL
Production : Toc toc Art

www.toctocart.com/Welcome_to_the_annees_folles.html">http://www.toctocart.com/www.toctocart.com/Welcome_to_the_annees_folles.html


au théâtre de la Clarencière! 


http://www.laclarenciere.be/

Cover Photo

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Patrimoine: La Maison d'Erasme à Bruxelles

La Maison d'Erasme et le Béguinage sont deux des plus anciens musées communaux de Belgique. Avec la Collégiale des Saints Pierre et Guidon ils forment un ensemble historique de qualité qui rappelle le passé glorieux de la Commune d'Anderlecht qui connut un développement important au Moyen Age grâce au culte de Guidon, saint protecteur du bétail, et à sa situation sur la route du grand pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle. C'est en 1252, grâce à une donation d'un chanoine, qu'un petit béguinage de huit personnes s'implanta, à l'ombre de la Collégiale.

Alentour de la Collégiale on trouvait une série de maisons d'importance dans lequelles résidaient les chanoines du chapitre d'Anderlecht (parmi lequel on compta un pape, Adrien VI en 1522). C'est dans une de celles-ci que vint le grand humaniste Erasme de Rotterdam en 1521 rencontrer son ami le chanoine écolâtre (chargé de l'enseignement), Pieter Wijchmans.

Anderlecht était à l'époque un tout petit village, à la campagne, dans lequel habitaient seulement 300 âmes, c'est pourquoi Érasme écrivit à son ami français Guillaume Budé, qu' il avait suivi son conseil en venant à Anderlecht, car lui aussi voulait se mettre à jouer au paysan ! Bien que son séjour fut bref, il marqua profondément les esprits, puisque au xviie siècle, on venait déjà en "pélerinage" voir la maison "où avait vécut le grand Erasme". Aujourd'hui, cette maison abrite à la fois un musée qui conserve des œuvres anciennes (des tableaux de primitifs flamands, des sculptures, des meubles) et un centre d'études riche de milliers de livres précieux dans lequel de nombreux chercheurs y poursuivent l'oeuvre scientifique d'Erasme.

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La Maison d'Érasme organise aussi avec la librairie Quartiers Latins des promenades en français sur le thème "Érasme à Bruxelles" avec le conférencier Emmanuel Dekoninck.



La Maison d'Erasme abrite également des Sociétés savantes

-FNRS, Groupe de contact Histoire de l'humanisme et des réformes
Bruxelles-Liège
Le Groupe de contact réunit des chercheurs universitaires travaillant en Belgique. Il organise deux fois par an une journée, alternativement, autour d'un thème humaniste ou d'une problématique religieuse.
Présidente: Marie-Élisabeth Henneau (ULg), Vice-Président: Franz Bierlaire (ULg), Secrétaire: Alexandre Vanautgaerden (Maison d 'Érasme)



-FISIER
La Maison d'Erasme abrite le site de la Fisier (Fédération internationale des sociétés et instituts pour l'étude de la Renaissance) dont le but est d'encourager, de promouvoir et de coordonner, sur un plan international, les études et recherches scientifiques sur la période de la Renaissance sous tous ses aspects. Président Philip Ford (IANLS), Trésorier Catherine Magnien (SFDES), Secrétaire Alexandre Vanautgaerden (Maison d'Érasme).

-Institut interuniversitaire d'Histoire de la Renaissance (IHR)
Bruxelles
La Maison d'Érasme abrite le site de l'Institut interuniversitaire d'Histoire de la Renaissance qui réunit des membres du corps professoral des deux universités bruxelloises, francophone (ULB) et néerlandophone (VUB), et des chercheurs seiziémistes affiliés à cet institut. Président Arnout Balis.

 


Voir également:


L’Eloge de la folie, message clandestin d'une culture qui va fonder l'homme sur le refus ou l'amour

Un billet sur un livre traitant de la Maison d'Erasme

 

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administrateur théâtres

Propos très vrais… à propos de l'Art du Mensonge!

Il y a quelques temps, on jouait  à la Comédie Claude Volter « Si tu mourais » une autre  pièce de Florian Zeller d’une très belle facture. Et déjà, le mensonge n’était pas une vérité en l’air ! Aujourd’hui, au théâtre des Galeries la nouvelle pièce de Florian Zeller « La Vérité » qui est encore une comédie sur le mensonge, est  résolument moderne. C'est l'histoire d'un menteur … à qui tout le monde ment. Sa femme sa maîtresse, son meilleur ami. Cette pièce légère et très cohérente est admirablement servie par un quadrille de comédiens chevronnés, tous plus justes (vrais?) dans leur interprétation les uns que les autres. Remarquez, on s’en doutait un peu, car la distribution cinq étoiles ne peut pas faillir. MARIE-PAULE KUMPS, MARIE-HELENE REMACLE, MICHEL PONCELET et PIERRE PIGEOLET (qui s’appelle Michel) réalisent un sans-faute pour interpréter magistralement, la vitalité et le charme piquant des dames, et le contraste entre l’honnête homme et le mufle, du côté hommes. Des personnages humains et attachants, même celui de Michel qui nous tend son miroir grossissant !

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Le spectateur suit l’évolution de l’intrigue l’œil amusé car c’est à lui de deviner la vérité. Pour une fois, contrairement aux ressorts habituels du théâtre de boulevard, les personnages sur le plateau tournant ne sont jamais sérieux. Tout est faux ! Seriously ? Une pièce poisson d’avril avant l’heure… et une réflexion véritable sur l’approche Voltairienne du mensonge : « Le mensonge n'est un vice que quand il fait mal. C'est une très grande vertu quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment, et toujours. Mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai à l'occasion. » Une phrase en exergue de la pièce dans l’édition de chez Flammarion en 2011.

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Mais ce qui frappe surtout, c’est la peinture du monstrueux égocentrisme du personnage de Michel, surjoué à dessein par PIERRE PIGEOLET afin que nul n’en n’ignore. Cette masse d’égocentrisme pervers est tellement déferlante et irritante qu’elle contribue à faire accepter encore plus facilement la théorie de Voltaire ! Alors que le personnage de Michel utilise le mensonge uniquement à des fins personnelles. Sous le couvert du mensonge, cette pièce nous dit donc la vérité sur le plus grand défaut de l’homme. No kidding !


Cette comédie dont la mise en scène est signée Patrice Mincke amuse vraiment et pose en filigrane la question du mensonge sous toutes ses formes dans notre société.   Comme le dit très bien George Orwell : "A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire." ...Et dans les relations intimes,  connait-on jamais la vérité de l'AUTRE?


THEATRE ROYAL DES GALERIES, Galerie du Roi 32 1000 Bruxelles, Infos Réservations: 02 / 512 04 07

http://www.trg.be/saison-2013-2014/la-verite/en-quelques-lignes__4585

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Le Discours de la servitude volontaire

12272728454?profile=originalIl s’agit d’un essai d'Étienne de La Boétie (1530-1563), publié à Genève chez Simon Goulart en 1576 dans les Mémoires des Estats de Finance sous Charles Neufiesme.

 

Rédigé, d'après Montaigne, en 1548, le texte fait d'abord l'objet d'une circulation restreinte. Montaigne, qui publie en 1571 les oeuvres poétiques de son ami disparu, veut réserver au Discours une place digne de leur amitié, et en faire la pièce centrale du livre I des Essais. Il est malheureusement pris de vitesse par les idéologues calvinistes, qui publient une édition partielle du Discours en 1574, sans nom d'auteur, puis une édition complète sous le nom de La Boétie, 1576, et avec pour titre Contr'un. Le Discours connaît alors une certaine audience, avant de tomber dans un oubli relatif. Il faut attendre le XIXe siècle, et l'humanitarisme démocratique de Lamennais ou de Pierre Leroux, pour que le texte soit redécouvert et analysé en profondeur.

 

Le Discours s'ouvre sur une question énigmatique: comment est-il possible que le plus grand nombre obéisse à un seul homme? La servitude est un fait d'autant plus étrange que le peuple est lui-même artisan de son oppression: il montre une "opiniastre volonté de servir", qui témoigne de la méconnaissance de ses droits naturels. La liberté n'est-elle pas l'aspiration fondamentale de tout être vivant? C'est l'accoutumance, au premier chef, qui est responsable de cette dénaturation de l'homme: "Ils disent qu'ils ont esté toujours subjets; que leurs pères ont ainsi vescu; ils pensent qu'ils sont tenus d'endurer le mal [...]." Les tyrans s'entendent admirablement à "abestir leurs subjets" par divers moyens - jeux, fêtes, manifestations grandioses - qui leur ôtent le goût et jusqu'au souvenir de la liberté.

 

Mais le principal "ressort" et "secret de la domination", c'est de faire en sorte qu'un grand nombre d'hommes y trouve son intérêt: ainsi "le tyran asservit les subjets les uns par le moyen des autres", et fait d'eux des "tiranneaus", qui "s'amassent autour de lui et le soustiennent pour avoir part au butin". Un tel régime politique n'est qu'une assemblée de "meschans" qui "s'entrecraignent"; un tyran et ceux qui l'entourent ignoreront toujours le "nom sacré de l'amitié", qui signifie estime réciproque, et confiance en l'intégrité de l'autre.

 

Il est possible, comme l'ont soutenu plusieurs historiens, que le Discours ait été écrit sous le coup de la répression impitoyable qui suivit, en 1548, la révolte des communes de Guyenne contre la gabelle. Ce serait néanmoins réduire la portée du texte que d'en rendre compte par des circonstances sociales et politiques: la radicalité même du problème soulevé par La Boétie - qu'est-ce que l'essence de la domination? - suppose chez l'auteur une entière liberté intellectuelle, capable de s'arracher à d'étroites déterminations historiques.

 

Cette liberté rend d'ailleurs malaisée l'approche du texte, qui ne se laisse pas enfermer dans un genre particulier: il est tour à tour pamphlet, harangue et réflexion politique, comme si la difficulté de la question exigeait une grande plasticité rhétorique. Le début se présente comme un discours à la première personne: le "je" y dénonce avec véhémence le scandale de la tyrannie, en même temps qu'il amorce une analyse critique de la domination. Au bout de quelques pages, le "vous" surgit brusquement dans une apostrophe: "Pauvres et misérables peuples insensés, nations opiniastres en vostre mal et aveugles en vostre bien!" L'écrit devient parole, vivante injonction: "Soiés résolus de ne servir plus, et vous voilà libres..." L'apostrophe, néanmoins, s'efface aussi vite qu'elle a surgi, cédant la place à un "nous" ("Cherchons donc par conjecture [...] comment s'est ainsi si avant enracinée ceste opiniastre volonté de servir") dont la signification n'apparaît que plus tard: il regroupe les hommes qui, "aians l'entendement net et l'esprit clairvoiant", ne sauraient supporter la perte de la liberté. Il n'y a rien de hasardeux dans ces glissements pronominaux: le "je" suscite le "vous" pour mieux dramatiser le propos, mais cette harangue, adressée à un "gros populas" aliéné par la servitude, ne peut avoir qu'une faible efficacité; il faut donc que le "je" établisse un pacte d'amitié avec le lecteur lucide, pour que commence, dans le "nous", un effort commun de déchiffrement.

 

C'est que la domination d'un seul sur la multitude s'offre d'abord comme énigme scandaleuse: "Mais o bon Dieu, que peut estre cela? comment dirons-nous que cela s'appelle?" La servitude, c'est "ce que la langue refuse de nommer". Cet échec de la nomination voue le discours à inventer sa propre voie, hors du langage commun et des conceptualisations rassurantes: il se donne la tâche de penser l'impensable. C'est pourquoi il rejette d'emblée les facilités du causalisme psychologique - la servitude ne viendrait que de la lâcheté - pour forger une image neuve de l'homme opprimé, aussi scandaleuse que la question qui l'a suscitée: la servitude, dit-il, n'existe que parce qu'elle est volontaire. Rien de plus contradictoire en apparence que cette affirmation, puisqu'elle associe à l'état de passivité l'exercice d'une éminente faculté humaine. La contradiction s'atténue, néanmoins, si l'on prend acte de la profonde dénaturation de l'homme opprimé: c'est lui-même "qui se coupe la gorge", incapable de voir que celui "qui [le] maîtrise tant n'a que deus yeulx, n'a que deus mains, n'a qu'un corps"; c'est l'opprimé, en s'abandonnant à une image fantasmatique du pouvoir, qui produit à chaque instant sa propre oppression. Étrange scission du sujet, qui lui fait oublier et étouffer la liberté consubstantielle à son être premier: dans cet état de déchéance, les hommes deviennent "traîtres à eux-mêmes".

 

A cette intériorisation de la servitude s'ajoute un second ressort psychologique: le désir de chacun de s'identifier au tyran, en se faisant le maître d'un autre. Ce n'est pas à cause de ses moyens répressifs que la tyrannie perdure: c'est parce qu'elle libère la "meschanceté" des hommes, et qu'elle permet à chacun, même au plus opprimé, d'exercer son oppression sur un plus petit que lui. Si le Discours est un remarquable essai de psychologie politique, c'est qu'il brouille les images trop claires et distinctes. L'état de domination, semble dire La Boétie, ne met pas simplement face à face des dominants et des dominés: chacun, dans cette structure socio-politique, est à l'origine de sa propre aliénation et de l'asservissement d'autrui.

 

C'est en vain qu'on chercherait dans le Discours les moyens de briser cette dialectique du serf et du tyran. A l'oppression politique, La Boétie ne répond ni par un éloge du tyrannicide, ni, comme pourrait s'y attendre un lecteur moderne, par une apologie du républicanisme et de la démocratie: il prône, dans les dernières pages, le "nom sacré de l'amitié", et la "mutuelle estime" qu'elle suppose entre les hommes. Conclusion déconcertante, que l'on aurait tort de prendre pour une échappatoire ou un simple épilogue rhétorique: la cohérence du Discours est en réalité remarquable. Il ne saurait être question, pour La Boétie, d'opposer à la tyrannie un "bon" régime politique: n'a-t-il pas montré, dans les pages précédentes, que la typologie traditionnelle n'était guère valide à ses yeux, et que "toujours la façon de régner est quasi semblable"? Les institutions peuvent changer, l'essence de la domination reste identique. Ce pessimisme politique est peut-être discutable, il n'en explique pas moins que La Boétie déplace la question du plan politique au plan éthique: ce n'est pas une doctrine qu'il faut opposer à la tyrannie, c'est une forme de vie, une exigence qui fasse renouer l'homme avec son humanité. L'amitié n'est sans doute pas une arme qui renversera les despotes, mais elle est un ferment et une garantie: l'égalité qu'elle suppose entre les hommes entretient l'idée de liberté, même dans les pires moments d'oppression.

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administrateur théâtres

Dans un rythme d’enfer, sortir du cadre!

Je danse donc je suis…

Bob'Art et Pop art, Béjart et Béchart, Danse et Pense : jusqu’où iront les jeux de mots ? Voici un spectacle rebelle très fignolé, monté avec un dynamisme de feu et l’énergie salvatrice du rire. Sortir du cadre : imaginez des cascades de corps sur des miroirs, des tableaux de maître au murs qui s’animent, les faux –semblants d’un cocktail de vernissage, une parodie du boléro de Ravel a capella, et quatre hommes et une femme bobstyle, coiffure au carré, dans un même bateau.

156226_536581049686198_109301172_n.jpg?width=180Ils sont tous animés par la flamme artistique et se connaissent depuis qu’ils ont quitté l’école. Up and down, ils dansent sur l’eau ! C’est leur quatrième spectacle qui se joue actuellement à bureau fermé au théâtre Marni. Les 5 danseurs sont issus de la compagnie mondialement connue que le très regretté chorégraphe français Maurice Béjart fonda à Lausanne, en Suisse, en 1987, lorsqu'il quitta Bruxelles et le Théâtre de la Monnaie, mettant ainsi un terme au prestigieux Ballet du XXe siècle. Jeunes, débordants de talent et d’idées, ces danseurs ont choisi de créer leur propre compagnie il y a trois ans : Opinion Public.

Audacieux plongeon dans l'inconnu, ils ont fait le choix de développer leur propre style, dans un cadre où les danseurs se sentent responsables de toute la production: musique, texte, chorégraphie, lumières... Avec beaucoup de brio ces jeunes artistes, quatre hommes une femme, décortiquent la vanité et les hypocrisies de la société dans ce dernier spectacle. On est éclaboussé par le surréalisme d’une histoire de chat qui danserait sur l’eau en portugais - mais les mimiques font mouche - et le spectacle traduit avec grande sensibilité corporelle l'inquiétude devant la manipulation de nos vies. Ne veut-on pas bientôt d’abord savoir ce que l’emploi de demain réservera à nos jeunes, avant de dispenser l’indispensable enseignement de notre culture ?

Corps à corps en accords et désaccords, rotations et glissages vertigineuses au sol, retour à la vie au fil de l'eau. Les corps flottent et se conduisent comme des chevelures. Abandons et envols. La souplesse vitale suspendue par le fil d’un vêtement ! Esquives étreintes, violences, prises improbables, les couples éphémères dansent leurs batailles sur des crescendos musicaux et dans des creux de silence. Les changements de costumes sont émaillés de confidences : « le bonheur est enterré au fond du jardin! » Des groupes de pingouins, morses, phoques, et autres grenouilles se dandinent sur la noire banquise du plateau. Les voilà qui roulent leur miroir et cela devient un travail de percussions à la chaîne ou une Parodie de clowns sur chaises musicales…. Les grimaces snob sont artistiquement décapées par une attitude poétique très perceptible dans la chorégraphie et dans les mouvements en canons. A la fin c'est le corps humain dans toute sa sacralité qui a le dernier mot.

Cela se passait il y a quelques soirs  au Théâtre Marni:

http://www.theatremarni.com/spip.php?page=detail_event&date=2014-02-05

http://www.opinionpublic.be/BOBART.html

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 (0) 497 577 120

 

Invitation à un concert de Chanson française (d'auteur). Concert "Ainsi soit dit ..." 3e saison.  Luz Chabane (textes et voix) & Thibault Dille (musique et choeurs). Date : le 1er février 2014 dans la galerie de 19h 30 à 21h 30 et après un verre de l’amitié sera offert entre amis. Les liens : http://www.luzchabane.be/ et http://www.lcproductions.be

PAF : le prix des places est de 10 € (sauf pour les artistes, les enfants et les étudiants: 8€).

Places : étant donné le nombre de places disponibles (36) il est préférable de réserver à l’avance sur le mail de la galerie eag.gallery@gmail.com ou par Gsm 0497 577 120.

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administrateur théâtres

04f06818d335b3dd653907b83d52fce8.png?1310493152Dès les premières mesures, le chef d’orchestre Paolo Arrivabeni  - une première pour le maestro- convoque l’atmosphère. On sait que ce sera musicalement superbe. Intensité dramatique croissante : les contours angoissants de la sinistre prison emplissent l’imaginaire engouffré dans les replis de la musique et accroché à l’ombre portée  des barreaux sur le rideau. Où se trouve donc le prisonnier enfermé pour dissidence?

C’est alors qu’une très instinctive Cinzia Forte donne vie à la jeune Marzelline, la fille du geôlier de la prison d’état et ne se laisse pas faire par Jaquino (Yuri Gorodetski) qui a décidé de l’épouser, per amore o per forza ! Heureusement que le père a du bon sens et ne veut pas livrer sa fille au premier venu ! « Quand on n’a pas d’or on ne peut pas être heureux ! » Morale bourgeoise ? Mais là n’est pas le propos !

_dsf6838__b_.jpgFidelio, le seul et pour cela très unique opéra de Beethoven, raconte le sauvetage du prisonnier politique Florestan par son épouse Léonore. Léonore habillée en garçon, Fidelio, obtient un emploi avec le directeur de la prison, Rocco. Elle persuade Rocco de laisser les prisonniers respirer au grand jour quelques moments, en espérant que cela offrira à Florestan une petite chance d'évasion. Mais à son insu, le gouverneur tyrannique Don Pizzaro prévoit de le tuer puisque Rocco s’y refuse ( « Das Leben nehmen ist nicht meine Pflicht »), afin de ne pas être découvert et confondu par les autorités pour ses agissements. Léonore fera tout, y compris creuser de ses mains la tombe de son mari pour lui venir en aide et lui faire retrouver la liberté.

La dualité obscurité / lumière oriente le texte, la musique, les voix et la mise-en scène. A chaque niveau on perçoit une nette (r)évolution de l’une vers l’autre. A tout moment l’auguste épouse est une femme debout qui se bat impitoyablement contre la dictature, l’oppression et la haine. Le ton se situe  entre le conte fées et un jeu qui rappelle Bertold Brecht. La musique oscille dans le premier acte entre des réminiscences lumineuses d’Haydn ou de Mozart, tandis que dans la deuxième partie les couleurs complexes et sombres  du romantisme se développent et parallèlement, l’idéalisme humaniste de Beethoven. Cette musique exemplaire devient exemple de moralité. Une moralité constamment rappelée par un Rocco diablement  humain et sympathique. Lui et sa fille ne vivent-ils pas dans une prison, la condition humaine? Une superbe voix de baryton: Franz Hawlata. Osmin dans « L’enlèvement au sérail » dernièrement sur la même scène et L’esprit du lac dans « Rusalka ».  

Dans son air sublime, Léonore, la merveilleuse soprano américaine Jennifer Wilson,"l'une des plus grandes sopranos dramatiques du monde",  s’exclame en deux montées l’une chromatique et l’autre diatonique sur le si aigu pour cueillir le mot magique « ERREICHEN ». Oui, elle entrevoit l’issue heureuse de son entreprise ! Trois cors, symboles de l’espoir, l’accompagnent et annoncent la promesse de la victoire. Dans le récitatif qui précède, l’orchestre et les timbales ont annoncé le danger qui guette le prisonnier et donnent à entendre son cœur qui bat. « Fidelio, ich habe Mut ! » L’amour peut supporter les pires souffrances. Le dictateur a beau mugir avec extase ses envies de vengeance meurtrières : «  Triumph, Der Sieg ist mein ! » C’est bien la lumière et l’amour qui seront victorieux. Don Pizzaro est interprété avec énormément de conviction par Thomas Gazheli.  

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La scène où les prisonniers retrouvent l’air et la lumière est particulièrement bouleversante : « O Welche Lust in freien Luft den Atem zu nehmen ! »  Fidelio en pleure. Alors que les chuchotements des prisonniers (« Sprecht leiser ! ») annoncent déjà leur adieu à la chaude lumière. Une splendide chorégraphie de Marcel Seminara. Les gardes mettent en joue les prisonniers.

Au deuxième acte, la sombre introduction avec cuivres lugubres et timbales fatidiques laisse filtrer un bruissement de flûtes et l’espoir renaît. La voix solitaire du prisonnier fuse : « O grauenvolle Stille ! O schwere Prüfung , doch gerecht ist Gottes Wille ! »  Zoran Todorovich a la voix de ténor idéale pour ce rôle, glissant légèrement entre  les ombres de la souffrance et la lumière.  Il se soumet aux desseins de Dieu, bercé par les violons ; il a dit la vérité et le cachot est sa récompense.  De sa voix claire et souple « Gott ! Welch Dunkel hier ! »  Florestan chante tour à tour sa souffrance et son espoir en la liberté. Il a soudain perçu une lueur féerique et senti la voix de sa femme? Magie musicale et affective s’emmêlent, on est en plein conte de fées !  Les voilà qui chantent à trois l’espoir radieux retrouvé !  Léonore a offert du pain au prisonnier qui ne l’a pas encore reconnue sous son lourd manteau. Lorsque Pizarro descend pour le tuer, Léonore dévoile son identité de femme, s’interpose et le menace de son pistolet.

 

_dsf6888__b_.jpgLe bon ministre Don Fernando (Laurent Kubla) est arrivé, Pizzaro emmené par des gardes. C’est Leonore qui libèrera son mari des entraves. « O Gott, welch ein Augenblick ! » « Liebend ist es mir gelungen, dich aus Ketten zu befrei´n».  La lumière emplit l’espace et inonde le plateau qui avait pris l’apparence d’un pénitencier moderne. Dans le final  resplendissant qui  s’apparente à la thématique de l’Hymne à la joie - long moment inoubliable - toutes les femmes suivent l’exemple de Léonore et enlèvent les fers des pieds de leur mari, les jetant avec dégoût au bord de la scène. On est très loin de la moralité bourgeoise! Il s'agit plutôt d'une morale héroïque.  On ressort du spectacle, l’amour de la liberté fiché dans le cœur. On a entendu un émouvant manifeste pour l’amour conjugal, dans sa profondeur et sa vérité, l’accomplissement du devoir moral et l’affranchissement de toute dictature.

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Fidelio

Direction musicale :  Paolo Arrivabeni
Mise en scène :  Mario Martone
Chef des Chœurs :  Marcel Seminara
Artistes :  Jennifer Wilson, Zoran Todorovich, Franz Hawlata, Cinzia Forte, Yuri Gorodetski, Thomas Gazheli, Laurent Kubla
Du vendredi, 31/01/2014 au mardi, 11/02/2014
http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/fidelio
Opéra Royal de Wallonie
Place de l'Opéra
4000 Liège - Cité
Téléphone +32 (0)4221 47 22
location@orw.be
www.operaliege.be

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               Nautilus. Navigating Greece  24.01 > 27.04.2014 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

12272991896?profile=originalDepuis quelques années le bassin méditerranéen constitue  le centre d’intérêt de plusieurs expositions initiées par BOZAR. En 2012, Mapping Cyprus. Crusaders, Traders and Explorers faisait la lumière sur le royaume franc des Lusignan. À l’automne 2014, l’exposition Storie di Siena portera sur l’influence de la peinture byzantine sur l’école siennoise de peinture. En ce début d’année 2014, le Palais des Beaux-Arts organise un programme pluridisciplinaire axé sur la Grèce, à l’occasion de la Présidence hellénique du Conseil de l’Union européenne.

La nouvelle exposition qui s’est ouverte le 24 janvier 2014 au  Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, rassemble une centaine d’œuvres et d’objets historiques, esquissant la culture et la civilisation grecques à travers les siècles. Une exposition, réalisée en collaboration avec les ministères grecs des Affaires intérieures, de la Culture et du Sport.

À cette collection exceptionnelle, dont bon nombre d’objets n’ont jamais quitté la Grèce, s’ajoutent 23 œuvres d’art contemporain, toutes liées au thème de la mer. L’historien français Fernand Braudel a décrit de manière  très vivante la diversité incroyable et la vitalité de la mer Méditerranée :

12272992255?profile=original≪ La Méditerranée est mille choses en même temps. Pas seulement un paysage, mais d’innombrables paysages. Elle n’est pas juste une mer, mais une chaine de mers. Pas seulement une civilisation, mais plusieurs civilisations ... La Méditerranée est un carrefour séculaire. Pendant des milliers d’années, tout a convergé sur cette mer, troublant et enrichissant son histoire ≫.

 

Lors de ce  dialogue poétique entre le patrimoine culturel et la création contemporaine sept thèmes sont abordés et font voyager le visiteur à travers les siècles  pour renouer avec la riche civilisation hellénique, berceau de  notre civilisation européenne. L'exposition illustre l'interaction entre la nature, la culture, l'identité, l'aventure, le commerce, l’immigration, la politique, la religion et la mobilité sous toutes ses formes. Elle comprend une petite centaine d’œuvres et d’objets historiques (sculptures en bronze et en marbre, poteries…) provenant de 29 musées grecs et  datant de l’art cycladique (3 000 av. J.-C.) jusqu’à l’époque gréco-romaine, en passant par les périodes minoenne, mycénienne, archaïque et classique.

Rencontre de l’antiquité et de la modernité : 20 artistes grecs contemporains (Nikos Alexiou, Alexandra Athanasiadis, Lizzy Calliga, Vlassis Caniaris, Giorgis Gerolympos, Stratos Kalafatis, Katerina Kaloudi, Afroditi Liti, Nikos Markou, Sokratis Mavrommatis, Aemilia Papafilippou, Rena Papaspyrou, Eftichis Patsourakis, Mary Schina, Marios Spiliopoulos, Spyros Staveris, Leonidas Toumpanos, Stratis Vogiatzis, Manolis Zacharioudakis et Opi Zouni) ajoutent leur perception de la culture grecque aux pièces historiques exposées.   

org_14253_img1.jpg Clay rhyton (ritual vessel) from the Palace of Phaistos, 1500-1450 B.C., Archaeological Museum of Herakleion (Inv. P 5832). Courtesy: Hellenic Ministry of Culture and Sports/General Directorate of Antiquities and Cultural Heritage/Archaeological Museum of Herakleion

 

Un voyage à travers le temps

On circule lentement dans cette exposition faite d’étroits corridors comme si la scénographie voulait rappeler le labyrinthe légendaire du roi Minos construit par l’architecte Dédale. « La recherche du Minotaure au fond du labyrinthe  est une épreuve initiatique visant à détruire le monstre bestial qui se cache en chacun de nous? » Cette exposition va-t-elle déboucher  sur une réflexion amenant tolérance, ouverture d’esprit et curiosité de la part des visiteurs ? On ressent en filigrane que la rencontre entre les peuples est indispensable et que l’unité européenne trouve son fondement dans la diversité. On ressent aussi peut-être chez tous ces jeunes artistes grecs la hantise d’un Minotaure néolibéral qui servirait "l'abolition de l'État, le démantèlement des structures sociales", tandis qu’ils essaient, chacun à leur niveau, de tracer un nouveau chemin  vers la reprise économique et la reconstruction d’une société florissante.

images?q=tbn:ANd9GcTe-Mz2Fm1cDamnuBDJLXBdgIqDwWkhAfos3pViT6qmD5WTtj5B4w La première salle s’appelle « Genèse » et comporte  une subtile installation d’Aemilia Papafilippou qui met en scène un utérus mystérieux  représentant l’origine de la vie :  "Sea Testament - Chess Continuum ". La disposition singulière de fils lumineux fait penser inévitablement au fil  conducteur d’Ariane qui, à travers la fluidité perpétuelle, serait comme un acte créatif éternel…une chaîne chromosomique?

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Ensuite, le thème de l’écologie est détaillé et l’accent est mis sur l’interaction entre l’homme et l’environnement, illustrée par des œuvres de l’époque cycladique et par celle de Katerina Kaloudi. Eprise de son pays, l’artiste voyage dans les Îles Cyclades et y photographie des détails de rochers et de pierres. Ses agrandissements, qui font penser à des forêts fossilisées, interrogent la relation complexe entre l’homme et la nature. 

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 Une salle intitulée «Routes maritimes » plonge le visiteur dans l’époque minoenne et mycénienne. La mobilité des populations, des produits et des idées grâce aux routes maritimes y est centrale. C’est une problématique dont Stratis Vogiatzis est très proche. Ces quatre dernières années, il a voyagé en Grèce et à travers la Méditerranée en photographiant le monde dans lequel vivent les pêcheurs. Il y a découvert un univers particulier, où les hommes tentent de dompter la mer et où « les gens de la mer », comme disait Proust, tentent d’aller au-delà de leurs faiblesses.  

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La période archaïque est représentée par le mythe naval de l’Odyssée. La volonté d’explorer les mers, de trouver un nouveau monde et de commencer une nouvelle vie est née il y a des millénaires, mais les photos de Leonidas Toumpanos démontrent qu’elle est toujours d’actualité. Toumpanos a ainsi photographié, dans l’aéroport d’Athènes, des immigrés originaires du Pakistan, du Bangladesh et du Maroc  résolus à abandonner leur vie en Grèce et à s’envoler pour le retour au pays natal.  La légendaire Athènes, source de pouvoir et de richesse, est confrontée aux sculptures d’Alexandra Athanasiadis  qui a travaillé des morceaux de bois, récupérés de naufrages et rongés par le sel, contrastant avec les torses en marbre de jadis. Ah les beaux chevaux!

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 Après le thème de « l’Hégémonie », celui de l’intégration politique et culturelle, la salle « Ecumène », est consacrée à la Macédoine et Alexandre le Grand. L’une des œuvres les plus frappantes est sans doute celle d’ Eftichis Patsourakis. L’artiste recrée l’image du monde en juxtaposant des paysages marins de peintres anonymes et en constituant ainsi un seul horizon. Sa création est une réflexion sur les concepts du collectivisme et du mélange interculturel.  Dans l’Antiquité, les Grecs considéraient la Méditerranée comme un pont entre les peuples qui vivent sur son pourtour.  A chaque escale, les artistes contemporains de cette exposition viennent compléter les perspectives historiques, jeter eux aussi un pont vers un passé commun que l’on tend de plus en plus à ignorer. Les thèmes tels que la mobilité, la migration, la communication et l’écologie  sont omniprésents. Nikos Markou braque son objectif sur le navire échoué au large d’Eleusis.

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Enfin, le visiteur retrouve toutes les périodes confondues dans la salle dédiée à la religion, aux rites et aux mythologies maritimes. Marios Spiliopoulos donne une version moderne des croyances des marins de Syros qui écrivaient des  prières et des vœux dédiés au panthéon maritime  sur les rochers de l’île avant de monter à bord. L’œuvre de Spiliopoulos mélange des inscriptions antiques avec des inscriptions byzantines du 13ème siècle reprenant différentes façons de nommer Dieu devant l’image de l’infinité de la mer lorsqu’il contemple le Divin.

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12272991296?profile=originalA l’heure de l’asphyxie lente mais inexorable de la culture humaniste et gréco-romaine  dans les écoles de nos pays, il est fort utile d’aller se plonger dans cette exposition qui exalte ces pépites précieuses de notre civilisation parées d'un parfum d’éternité tandis que des artistes modernes courageux offrent leur sensibilité et jettent une lumière à la fois  nostalgique et heureuse sur une culture qui a fait la nôtre. L'héritage gréco-romain est la matrice de toutes les langues et littératures de nos contrées européennes. Retour à la salle 1, nommée « Genèse ».

12272992087?profile=originalLe 14 janvier 2014, la Présidence hellénique était officiellement inaugurée avec Armonia Atenea, un concert sous la direction de George Petrou. Cette fois un pont était jeté entre des œuvres de  musique baroque sur des thèmes mythologiques par des artistes extraordinairement brillants et juvéniles. Le message du  ministre grec de la culture Panos Panagiotopoulos « La crise économique et tout ce qui s’est passé et continue de se passer nous fait nous sentir plus Grecs, plus Européens et finalement plus citoyens du monde » traduit certes la nécessité d’un esprit de solidarité globale.

Ce programme de musique autour du XVIIIe européen mêlant Händel, Hasse, Gluck et Vivaldi  a été pris en charge par un ensemble athénien fondé en 1991, Armonia Atenea, reconnu sur la scène internationale depuis de nombreuses années pour sa virtuosité et ses couleurs exceptionnelles. À sa tête, le jeune chef grec, George Petrou, considéré comme l’un des plus grands chefs händéliens. Une découverte !

 

Armonia Atenea

George Petrou direction

Myrsini Margariti soprano

Mary-Ellen Nesi mezzo

Irini Karaianni mezzo

Georg Friedrich Händel Ouverture (Alessandro, HWV 21), Aria "Se nel bosco" (Arianna in Creta, HWV 32), Recitativo & aria "Dove son - qui ti sfido" (Arianna in Creta, HWV 32)

Johann Adolf Hasse Sinfonia (Artemisia)

Johann Christian Bach Aria "Ch'io parta" (Temisctocle)

Giovanni Paisiello Recitativo & duet "E mi lasci cosi ? Ne giorni tuoi felici" (L'Olimpiade), Terzetto "Sciogli oh Dio le sue catene" (L'Olimpiade)

Jean-Baptiste Lully Suite (Phaeton)

Antonio Vivaldi Aria "Vedro con mio diletto" (Il Giustino, RV 717), Aria "Siam navi" (L'Olimpiade, RV 725)

Christoph Willibald von Gluck Dance of the blessed spirits - Dance of the furies (Orphée), Recitativo & aria "Ma fille, Jupiter" (Iphigénie en Aulide)

http://www.bozar.be/activity.php?id=14292&selectiondate=2014-01-14

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https://www.rtbf.be/culture/galeries/detail_rtbfculture_expos_nautilus?albumId=19114

http://www.bozar.be/activity.php?id=14253&lng=fr

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administrateur partenariats

"La Trinité"

de Robert Pirschel

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Trinité

Un brasier de Lumière au creux de la Beauté

Profondément inscrite au secret de notre âme

Lave brûlant d'Amour, danse de Trinité,

Tu es l'eau jaillissante où s'épuisent nos flammes.

Un donjon bleu plein de Lumière

Elève ses tours vers le ciel

Avec au centre une prière

Chantée par deux êtres irréels.

Ils irradient dans la chaleur

D'un rayon couleur de miel

Où glissent Amour et Bonheur

Au-delà d'un monde cruel.

L'immensité qui les entraîne

Danse pour eux l'Eternité

Car l'étoile dans sa beauté

Lance au lointain sa jolie traîne.

Le Chevalier que l'on devine

Indiquera le long chemin

Vers l'astre sacré du destin

Au coeur de la Beauté Divine.

La Danse de Feu illumine

Car ils sont unis dans l'Amour

De trois personnes et pour toujours

l'Etoile de Paix se dessine.

Rolande Quivron

30 janvier 2014

Un partenariat

Arts

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Lettres

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administrateur théâtres

12272995464?profile=originalMercredi 29.01.2014 > Dimanche 25.05.2014

Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles vient d’ouvrir ses portes à un génie du siècle d’or espagnol surnommé « le Caravage espagnol ». L’exposition durera quatre mois. C’est la première fois en Belgique que l’on consacre une monographie à Zurbaran. A part une toile présentée lors de Europalia 1985 consacrée à l’Espagne, on ne possède aucune œuvre de ce grand maître sur notre territoire.

Zurbaran est né en 1598 dans le village de Fuente de Cantos en Estrémadure, une région située entre Madrid et Lisbonne. Son père est marchand de tissus, boutiquier aisé d’origine basque. Très jeune il s’installe à Séville, capitale andalouse où il forge sa carrière et son style. Il reçoit de nombreuses commandes des ordres monastiques.

C’est l’artiste qui a le mieux représenté la religiosité de la Contre-Réforme de l’église espagnole du 17ème siècle, suite au concile de Trente. Elle est imprégnée de l’esprit des écrits mystiques de sainte Thérèse d’Avila et de saint Jean de la Croix. En effet, l’œuvre du peintre qui comme Velázquez et Murillo représente l’âge d’or de la peinture espagnole est un outil spirituel, un moyen de rechercher la grâce divine, de transcender le réel et d’accéder à la sérénité. L’acte pictural est un moment privilégié de création et rencontre une émotion de type divin. La création artistique est un instrument de connaissance et d’émotivité qui relie le peintre au Créateur. Le dépouillement est la caractéristique principale de ces œuvres. Tout le décorum et la mise en scène médiévale ont été gommés, on revient à l’essentiel dans le plus pur esprit du renouveau religieux. Cela passe par la simplicité, le naturalisme et la création de formes transcendées et pures comme si elles étaient dictées par la révélation d’un art poétique pictural. L’écrivain néerlandais Cees Nooteboom (Zurbarán. œuvres choisies 1625-1664) décrit l’œuvre de Zurbarán comme « un essai sur les rapports entre la lumière, la couleur et la matière comme on n’en reverra plus avant Cézanne » (Le Labyrinthe du pèlerin. Mes chemins de Compostelle).

L’approche coloriste de l’artiste est très innovante. Elle est faite de contrastes délicats, d’éclairages subtils, de cadrages précis, et de grande sobriété qui range cette production artistique auprès de nos peintres modernes. Le rendu des textures et des tissus, lins, draps brocards, drapés, peaux de mouton, chevelures ont une plastique presque tactile mais divine aussi car c’est Dieu qui semble s’immiscer dans la matière. Une des marques de son originalité est son intérêt pour la vie quotidienne et des objets qui semblent posséder une âme. En effet dans ses tableaux on retrouve souvent des petits ensembles de natures mortes qui ont une puissance symbolique évidente. La tasse remplie d’eau pure qui s’imprègne de lumière, l’assiette d’étain – une image de la planète qui reflète la lumière, encore vue comme un plateau dans l’univers ? – la rose qui renvoie à la virginité de la vierge et à la nativité, des fruits et des flacons…isolés ou regroupés pour suggérer le dénuement humain, l’humilité et la ferveur. Le tout, loin des canons de l’époque qui célèbrent la munificence, la richesse et l’esprit de conquêtes.

Les tableaux de cet artiste mettent en lumière la vie des saints, de martyrs et de moines qu’églises et convents lui ont commandés. Contemporain de Rubens, il ne montre aucun intérêt pour les portraits mondains ou les nus voluptueux inspirés de la mythologie.

12272994271?profile=originalLe spectateur moderne est touché par la modernité de l’approche et son intemporalité. La frontière entre le sacré et le profane est mince et la lumière joue un rôle crucial dans le dialogue entre les deux dimensions. L’homme est à l’image de Dieu ou dieu fait à l’image de l’homme par le regard humain semble nous dire la toile du « Christ en croix contemplé par saint Luc, ca 1655, Madrid Museo Nacional del Prado ». Il semble que c’est le peintre lui-même qui s’est glissé dans le vêtement intemporel du saint. Le visage du saint en extase est inondé de lumière, une lumière intérieure faite du miracle de sa spiritualité intense, sa palette et ses pinceaux offerts en hommage. L’espace est vide et découpe la forme sculpturale du Christ dont le visage humain est presque plongé dans les ténèbres alors que son corps semble illuminé par une lumière venue d’ailleurs. Le fond neutre du Golgotha souligne la solitude de l’homme et le caractère austère et humble du dialogue.

12272994090?profile=originalL’exposition est divisée en 12 sections, chacune consacrée à un contexte spécifique suivant un cheminement à la fois chronologique et thématique. Dans la première salle, on peut admirer Saint Grégoire, vêtu richement certes car il est pape, mais bombardé sur un fond neutre. Il tient dans ses mains gantées le livre sacré dont la tranche est du même rouge presque fluorescent que les gants, un message explicite dont on ne peut détourner le regard. Au bas de son étole, on retrouve Saint Pierre, en hommage à la filiation avec le fondateur de l’Eglise catholique romaine. Le visage naturaliste du lecteur est illuminé par l’intensité de la rencontre spirituelle. Dans la même salle on est tout de suite confronté à l’extrême vitalité et au caractère humain très dynamique des personnages. Supplément d’âme ou supplément de vie ? Les deux. Le rendu des mouvements est extraordinaire, que ce soit pour « La guérison miraculeuse du bienheureux Réginald d’Orléans » guéri par la Vierge grâce à l’intervention de saint Dominique ou pour le « Saint Dominique à Soriano », une peinture illustrant le moment où la Vierge accompagnée de deux saintes apparaît à un moine pour lui remettre une image de saint Dominique. Un miracle très particulier dans lequel une peinture participe même à l’acte fondateur d’un ordre religieux. La légende raconte qu’en 1510, inspiré par saint Dominique, le frère Vicente de Cantazano arriva à Soriano pour y fonder un couvent. Dans la nuit du 15 septembre Frère Lorenzo da Grotteria, le sacristain reçut l’apparition de la Vierge accompagnée de Marie-Madeleine et Catherine et reçut d’elle une toile montrant l’image de saint Dominique qu’il fut chargé d’accrocher au-dessus de l’autel pour remplacer l’image fruste peinte au mur. Cette salle est en effet consacrée aux nombreuses commandes des Dominicains, cet ordre de prédicateurs hélas liés à l’Inquisition.

Dans la deuxième salle les commandes émanent de l’ordre des Mercédaires (couvent de la Merci Chaussée) où l’artiste et tout son atelier se sont installés pendant la réalisation de leurs commandes. Ces œuvres illustrent des scènes de vie de saint Pierre Nolasque, fondateur de l’ordre. La composition soignée des œuvres, en formes triangulaires ou pyramidales, visent toujours à l’essentiel. Elles sont de véritables mises en scène où le céleste et le terrestre se retrouvent côte à côte dans un souci de proximité du religieux pour l’homme. La maîtrise picturale des tissus est à nouveau très subtile, particulièrement les vêtements blancs et contribue à donner l’impression d’illumination divine.

La salle 3 présente « Saint François » (ca 1635), une œuvre de grand format prêtée par le Milwaukee Art Museum. Le saint apparaît en pied, se détachant sur un fond indéfini plongé dans la pénombre. La lumière sur l’habit franciscain produit un effet sculptural comme si la figure était une projection tridimensionnelle impressionnante. Le visage bistré, barbu, plongé dans l’ombre de la cagoule franciscaine, contraste avec les mains et les pieds nus fortement éclairés. Le message mystique est évident. Le poids et la texture du vêtement de bure brunâtre et le crâne tenu dans les mains engagent à une méditation sur la mort. La vie contemplative, la solitude monastique, l’austérité, le mysticisme et l’importance de la prière sont présentes dans ce tableau et justifient le succès du peintre auprès des ordres monastiques.

12272994072?profile=originalDans la salle 4 on rencontre les natures mortes. Mais le sont-elles vraiment ? Fortes et expressives, ces œuvres sont des objets de méditation pour mettre le spectateur en relation avec Dieu. On est au cœur de l’intime et des questions métaphysiques. Les « bodegones » désignent les scènes de genre et les natures mortes des maîtres espagnols. Deux œuvres du maître illustrent la simplicité, l’ascétisme et la rigueur sans pour autant y mettre de la sévérité. On retrouve la tasse remplie d’eau, l’assiette d’étain, la rose … Deux autres natures mortes, moins dépouillées sont attribuées à son fils, Juan, peintre également.

12272994081?profile=originalLa salle 5 est centrée sur la passion et la mort du Christ. Un « Agnus Dei » est représenté, isolé sur fond sombre et neutre, pattes entravées, symbole d’innocence, d’humilité et de compassion. Au-dessus de sa tête prête à être immolée, flotte une délicate auréole. Ce symbolisme qui préfigure la passion du Christ est annoncé dans Isaïe (Is 53,7).

12272994868?profile=originalSalle 6. Année 1634 : grand tournant : Zubaran est appelé à la cour pour une campagne de décoration du salon des royaumes au palais Buen Retiro à Madrid, siège du pouvoir royal de Philippe IV. Il est appelé à peindre des scènes des travaux d’Hercule, le héros de la mythologie considéré comme fondateur mythique de la monarchie espagnole. On retient deux œuvres très fortes, (visionnaires?), celle d’Hercule affrontant le lion de Némée et celle de La mort d’Hercule, le corps prisonnier d’un manteau de flammes.

12272994881?profile=originalLa salle 7 rassemble des scènes de la vie quotidienne de l’Enfant Jésus très touchantes et pleines de symboles prémonitoires de la passion du Christ. Le quotidien de la vie commune à tous les hommes et les femmes de toute époque se voit ici sacralisé dans les scènes de l’enfant à Nazareth. Marie, grande figure pyramidale, est représentée comme l’image même de la mélancolie : elle a interrompu son ouvrage de broderie et, main appuyée sur sa joue avec une larme qui coule, elle semble plongée dans une rêverie accablée : son fils de dix ans vient de se piquer le doigt à une épine. La Vierge enfant endormie (ca 1655-1660) est tout aussi émouvante. Le visage est inondé de lyrisme mystique, et invite à la réflexion intellectuelle. Le livre que la jeune enfant endormie sur sa chaise tient dans la main et le tiroir de la table entr’ouvert rappellent que l’histoire est en marche et que la vérité est écrite dans le livre.

On retrouve des images de La Vierge dans les salles 8 et 9 qui célèbrent le culte marial et l’Immaculée Conception. Zurbaran cultive la représentation d’une vierge très jeune, sans tache, animée de pureté et de candeur enfantine. On retrouve ici principalement une construction verticale, des vues de la ville de Séville, des fonds dorés comme dans les icônes, le bleu céleste, des allusions au Cantique des cantiques… le cyprès, le palmier, le puits, le jardin, etc. s’observent aisément dans les premières versions et se confondent plus tard avec le fond, avant de disparaître entièrement.

12272994853?profile=originalLa salle 10 emmène le spectateur vers le nouveau monde. Les commandes de monastères se sont taries et le peintre cible une clientèle plus lointaine. Il va exporter vers l’Amérique mais sera rarement payé pour sa peine car les pirates affluent et les œuvres atteindront rarement les commanditaires du Pérou ou de l’Argentine. C’est dans cette salle également que l’on peut admirer « Sainte Casilde » (ca 1635) une sainte vénérée pour avoir été rebelle à son père et avoir nourri secrètement des prisonniers. Ainsi ses doigts innocents transformèrent en fleurs  les pains qu’elle transportait. C’est la toile qui fait l’affiche de l’exposition et la couverture de son splendide catalogue. Le tissu de la robe d’une rare beauté et les bijoux resplendissants symbolisent l’élection divine.

La salle 11 présente des œuvres baignées de lumière, aux tonalités douces. Zubaran s’est installé définitivement à Madrid – la peste de Séville de 1649 a emporté son fils Juan – et il peint dans ses dernières années  en majorité des œuvres mettant en scène la Sainte famille (La Vierge à l’Enfant et le petit saint Jean ca 1658), saint Jean-Baptiste… et un fameux Saint François en extase (ca 1658-1660).

La salle 12 est dominée par ce splendide Christ en croix contemplé par Saint Luc (ca 1655) une œuvre de dévotion privée, qui nous vient du Prado et qui met en scène tout le mystère de la Création dans une réelle virtuosité de lumières et de palette. Un testament artistique et spirituel absolument poignant.


 Sous le Haut Patronage de Sa Majesté la Reine Paola

Commissaire: Ignacio Cano
Conseillé: Gabriele Finaldi

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Introspection d’après le principe de l’anaphore, « écrire, c’est… »

 

 « Créer, voilà la grande délivrance de la souffrance,

voilà ce qui rend la vie légère.[1]»

Friedrich Nietzsche

 

 

Écrire, c’est exercer une mission de cœur, avec une ferveur comparable à celle du mystique entrant en religion, faisant de ses failles un atout majeur, sacerdoce qui parfois peut vous conduire jusqu’à éprouver un état d’exultation indescriptible, surtout si l’on est convaincu que la formule imaginée est judicieuse, embrassant l’idéal du père de la « Fabrique des mots » et de «La révolte des accents » :

« Le bonheur de l’écrivain, c’est le mot juste, l’adéquation miraculeuse entre la pensée encore vague et l’expression qui la fait venir au jour. Il s’agit d’une vraie naissance, avec la part de surprise, d’émerveillement et de découverte qu’implique toute naissance. »[2]

 

Écrire, c’est faire fi d’un savoir faire au profit d’un savoir être, c’est ôter les oripeaux préfabriqués encombrants de l’artifice en lieu et place de l’authentique, de la « substantifique moelle » chère à François Rabelais, s’efforçant d’adopter ce conseil éminent :

 « il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n'est pas pareil [...][3] »

 

Écrire, c’est consentir à un certain abandon, c’est être animé du trouble obsessionnel, compulsif que suppose sa genèse, en adéquation de toute œuvre créée avec ferveur et loyauté. Et ce n’est certes pas Jean Grenier, intime d’Albert Camus, qui me démentirait, lui, le géniteur de ce pertinent aphorisme : 

« Écrire, c’est mettre en ordre ses obsessions. »

Et c’est, faisant montre de semblable profession de foi, avouer sa vulnérabilité, son hyperesthésie, c’est s’autoriser à se laisser submerger par la griserie engendrée par cette action lorsqu’elle se révèle féconde et à l’opposé, c’est également admettre la tourmente délétère, les heures fades et creuses qui nous semblent stériles mais dont « les racines avides travaillent les déserts »[4]…

 

Écrire, c’est répondre à un désir irrépressible de pérégrination, d’échappatoire de l’entendement, en adéquation de la devise colettienne suivante : « Le voyage n'est nécessaire qu'aux imaginations courtes » ; c’est méditer dans sa cellule de recueillement, loin de l’agitation factice, violente et vaine, à laquelle se prête notre multitude humaine ; c’est d’abord s’attacher à penser isolément, à fleur de chair, puis à fleur d’encre confidentielle, limpide ou chaotique[5], comme si les aiguilles de l’horloge étaient frappées d’arrêt, dégagé, dans l’idéal, du « commerce  de la séduction » que présume l’offrande à un hypothétique liseur, vœu un brin chimérique, concédons-le, assumant autant que faire se peut, notre propension aux musardises de l’esprit, riches d’enseignements, de vertus nutritives à nulle autre pareille, à l’instar d’une certaine « vagabonde[6] »…

 

« Écrire ! Pouvoir écrire ! cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient ; les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tache d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu'à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé de papillon-fée […].

Écrire... C’est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l’encrier d’argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu’une bienheureuse mort glace sur le papier la main qui écrit. Cela veut dire aussi l’oubli de l’heure, la paresse aux creux du divan, la débauche d’invention d’où l’on sort courbatu, abêti, mais déjà récompensé, et porteur de trésors qu’on décharge lentement sur la feuille vierge, dans le petit cirque de lumière qui s’abrite sous la lampe...

Écrire ! Verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite que parfois la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide... et retrouver, le lendemain, à la place du rameau d’or, miraculeusement éclos en une heure flamboyante, une ronce sèche, une fleur avortée... »

 

Écrire, c’est faire « l’éloge du rien [7]» autant que de l’essentiel ; c’est encore s’épancher en confidences, revêtant, il est vrai, une forme d’impudeur, tant la subjectivité, l’engagement sous-jacent de l’auteur, y affleurent, le tout sans préméditation destinée à servir nos intérêts, sans songer en amont, qu’un lecteur pourrait un jour pénétrer le raisonnement énoncé, au risque de le déflorer par une interprétation erronée, et donc de trahir notre perception :

 

 

« Mais tu sais je suis pauvre, et mes rêves sont mes seuls biens

Sous tes pas, j'ai déroulé mes rêves

Marche doucement car tu marches sur mes rêves. »

 

nous adjure William Butler Yeats[8] …

12272988683?profile=originalRéflexion d'Odilon Redon



[1] : Aphorisme tiré d’ « Ainsi parlait Zarathoustra » 

[2] : Axiome signé Erik Orsenna

 

[3] : Conseil reçu de la plume de Christian Bobin provenant de « La plus que vive », coll. L'un et l'autre chez Gallimard

 

[4] : Libre adaptation de vers issus de « Palme » de Paul Valéry (recueil « Charmes », 1922) dont l’origine est : Ces jours qui te semblent vides/Et perdus pour l'univers/Ont des racines avides/Qui travaillent les déserts. Pour se reporter au texte entier : http://www.lesarbres.fr/index.php?page=texte-valery2.php

 

 

[5] : En référence à ce si évocateur adage de Christian Bobin : « Ecrire, c'est se découvrir hémophile, saigner de l'encre à la première écorchure, perdre ce qu'on est au profit de ce qu'on voit. »

[6] : Allusion au titre de l’ouvrage de Colette dont est issu l’extrait mentionné, roman datant de 1910, publié chez P. Ollendorff.

[7] : Allusion à un titre d’œuvre de Christian Bobin

[8] : Vers traduits du recueil « He Wishes For The Cloths Of Heaven ».

 

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Introduction personnelle :

 

Il y a déjà quatre ans de cela, venait au monde, le 31 Janvier 2010, un quintette d’attendrissants  museaux de babies cats, fruits des nobles amours on ne peut plus légitimes, de Dame Chana d'Angora'mour de L'Arc de Lune et de Messire Cyrano dit Le Magnifique, ayant convolé en justes noces pour le plus grand plaisir de certains humains reconnaissants...

Or, reconnaissants, oui, il y a vraiment de quoi l'être, puisque de cette union chattesque "assistée",  notre protégé, le Farfadet Florestan est né, accompagné de sa "quasi jumelle", Princesse Fantine, "ma filleule", qu'il me fut offert pendant un temps précieux de fréquenter, avant qu'elle n'élise domicile, hélas, en terres de chouannerie !

Voici donc maintenant trois ans et demi, que notre adorable "Petit Prince", "Prince Charmant" et charmeur de la gent féline nous a rejoint, nous accordant la joie de sa tendre présence rayonnante,  s'acclimatant en un rien de temps à ses nouveaux compagnons, le vénérable "Oncle Cyrus" de Sainte Sophie de Constantinople des Rives du Bosphore de la Vallée ligérienne, avec lequel il n'a de cesse d'échanger maintes chatteries et son cadet de quelques semaines, le "Petit Poucet", Lord Finley du Domaine d'Elgar, déraciné du pays de Freyja la blonde ; mais de ces trois  Mousquetaires à longues vibrisses partageant notre quotidien, dont chacun d'entre-eux possèdent ses traits de caractère propres, nul doute, que le plus tendre, le plus expressif, devrais-je préciser, est bien notre héros du jour, placé sous la constellation du verseau !

 

Et quel modèle d'équilibre sur le plan du caractère : est-il seulement possible de trouver plus doux ? Oh, certes pas du côté "mouvement physique", non ! Car alors, là, le joli-cœur en demande perpétuelles de cajoleries, aimant aussi s'épancher en "roucoulant", ponctuant le moindre de ses actes, par des commentaires, et n'aimant rien tant que de conquérir  le visiteur venu déposer ses hommages et faire allégeance aux pattes de velours gantées d'un fourreau ébène, en lieu et place d'être un modèle de "gymcat" accompli, se meut en gros pataud, détenteur d'une force ... de Brutus, charpente de ses abattis oblige !

 

Aussi, gare à vous, amis, qui foulez le seuil des pénates de ces messieurs ; ne vous avez-je pas prévenu et conseillé de vous munir d'une armure isolante, si vous ne vouliez point que la chair de votre chère anatomie soit griffée non pas Christian Lacroix, mais de notre petite terreur aux antipodes d'un poids plume, doté d'une appétence gargantuesque, de surcroit, malgré les repas diététiques que nous lui concoctons sur mesure !

C'est bien l'unique reproche que l'on puisse formuler à son encontre, tellement notre irrésistible bête s'ingénie à déployer à  notre égard de touchants témoignages .

 

Gageons que notre aristochat nous réserve le privilège de couler encore de longues heures sereines, parmi sa famille composée de bipèdes et de quadrupèdes, et que semblablement au poète Torquato Tasso, dit le Tasse, nous puissions nous exclamer : 

 

"Je me tourne,
Ô beau chat, vers tes prunelles sacrées
Et il me semble que j'ai devant moi deux étoiles."

Félinement vôtre,

Valériane d'Alizée,

le 31 Janvier 2014,

heureux jour de naissance du Farfadet Florestan.

 

Le CHAT de THÉODORE DE BANVILLE.

 

Tout animal est supérieur à l'homme par ce qu'il y a en lui de divin, c'est-à-dire par l'instinct.

Or, de tous les animaux, le Chat est celui chez lequel l'instinct est le plus persistant, le plus impossible à tuer. Sauvage ou domestique, il reste lui-même, obstinément, avec une sérénité absolue, et aussi rien ne peut lui faire perdre sa beauté et sa grâce suprême. Il n'y a pas de condition si humble et si vile qui arrive à le dégrader, parce qu'il n'y consent pas, et qu'il garde toujours la seule liberté qui puisse être accordée aux créatures,c'est-à-dire la volonté et la résolution arrêtée d'être libre. Il l'est en effet, parce qu'il ne se donne que dans la mesure où il le veut, accordant ou refusant à son gré son affection et ses caresses, et c'est pourquoi il reste beau, c'est-à-dire semblable à son type éternel. Prenez deux Chats, l'un vivant dans quelque logis de grande dame ou de poète, sur les moelleux tapis, sur les divans de soie et les coussins armoriés, l'autre étendu sur le carreau rougi,dans un logis de vieille fille pauvre, ou pelotonné dans une loge de portière,eh bien ! tous deux auront au même degré la noblesse, le respect de soi-même, l'élégance à laquelle le Chat ne peut renoncer sans mourir.

 

En lisant le morceau si épouvantablement injuste que Buffon a consacré au Chat, on reconstruirait, si la mémoire en était perdue, tout ce règne de Louis XIV où l'homme se crut devenu soleil et centre du monde, et ne put se figurer que des milliers d'astres et d'étoiles avaient été jetés dans l'éther pour autre chose que pour son usage personnel. Ainsi le savant à manchettes, reprochant au gracieux animal de voler ce qu'il lui faut pour sa nourriture, semble supposer chez les Chats une notion exacte de la propriété et une connaissance approfondie des codes, qui par bonheur n'ont pas été accordées aux animaux. "Ils n'ont,ajoute-t-il que l'apparence de l'attachement ; on le voit à leurs mouvements obliques, à leurs yeux équivoques ; ils ne regardent jamais en face la personne aimée ; soit défiance ou fausseté, ils prennent des détours pour en approcher,pour chercher des caresses auxquelles ils ne sont sensibles que pour le plaisir qu'elles leur font." O injuste grand savant que vous êtes ! est-ce que nous cherchons, nous, les caresses pour le plaisir qu'elles ne nous font pas ?Vous dites que les yeux des Chats sont équivoques ! Relativement à quoi ? Si tout d'abord nous n'en pénétrons pas la subtile et profonde pensée, cela ne tient-il pas à notre manque d'intelligence et d'intuition ? Quant aux détours,eh ! mais le spirituel Alphonse Karr a adopté cette devise charmante : "Je ne crains que ceux que j'aime," et, comme on le voit, le Chat, plein de prudence, l'avait adoptée avant lui.

 

Sans doute, il se laisse toucher, caresser, tirer les poils, porter la tête en bas par les enfants,instinctifs comme lui ; mais il se défie toujours de l'homme, et c'est en quoiil prouve son profond bon sens. N'a-t-il pas sous les yeux l'exemple de ce Chien que le même Buffon met si haut, et ne voit-il pas par là ce que l’homme fait des animaux qui consentent à être ses serviteurs et se donnent à lui sans restriction, une fois pour toutes ? L'homme fait du Chien un esclave attaché,mis à la chaîne ; il lui fait traîner des carrioles et des voitures, il l'envoie chez le boucher chercher de la viande à laquelle il ne devra pas toucher. Il le réduit même à la condition dérisoire de porter les journaux dans le quartier ; il avait fait du Chien Munito un joueur de dominos, et pour peu il l'aurait réduit à exercer le métier littéraire, à faire de la copie, ce qui,pour un animal né libre sous les cieux, me paraîtrait le dernier degré de l'abaissement. L'homme oblige le Chien à chasser pour lui, à ses gages et même sans gages ; le Chat préfère chasser pour son propre compte, et à ce sujet on l'appelle voleur, sous prétexte que les lapins et les oiseaux appartiennent à l'homme ; mais c'est ce qu'il faudrait démontrer. On veut lui imputer à crime ce qui fit la gloire de Nemrod et d'Hippolyte, et c'est ainsi que nous avons toujours deux poids inégaux, et deux mesures.

 

En admettant même que l’univers ait été créé pour l'homme, plutôt que pour le Chat et les autres bêtes, ce qui me paraît fort contestable, nous devrions encore au Chat une grande reconnaissance, car tout ce qui fait la gloire, l'orgueil et le charme pénétrant de l'homme civilisé, il me paraît l'avoir servilement copié sur le Chat. Le type le plus élégant que nous ayons inventé, celui d'Arlequin, n'est pas autre chose qu'un Chat. S'il a pris au Carlin sa face vicieuse, sa tête noire, ses sourcils, sa bouche proéminente, tout ce qu'il y a de leste, de gai,de charmant, de séduisant, d'envolé, vient du Chat, et c'est à cet animal caressant et rapide qu'il a pris ses gestes enveloppants et ses poses énamourées. Mais le Chat n'est pas seulement Arlequin ; il est Chérubin, il est Léandre, il est Valère ; il est tous les amants et tous les amoureux de la comédie, à qui il a enseigné les regards en coulisse et les ondulations serpentines. Et ce n'est pas assez de le montrer comme le modèle des amours de théâtre ; mais le vrai amour, celui de la réalité, celui de la vie, l'homme sans lui en aurait-il eu l'idée ? C'est le Chat qui va sur les toits miauler,gémir, pleurer d'amour ; il est le premier et le plus incontestable des Roméos,sans lequel Shakespeare sans doute n'eût pas trouvé le sien ?

 

Le Chat aime le repos,la volupté, la tranquille joie ; il a ainsi démontré l'absurdité et le néant de l'agitation stérile. Il n'exerce aucune fonction et ne sort de son repos que pour se livrer au bel art de la chasse, montrant ainsi la noblesse de l'oisiveté raffinée et pensive, sans laquelle tous les hommes seraient des casseurs de cailloux. Il est ardemment, divinement, délicieusement propre, et cache soigneusement ses ordures ; n'est-ce pas déjà un immense avantage qu'il a sur beaucoup d'artistes, qui confondent la sincérité avec la platitude ? Mais bien plus, il veut que sa robe soit pure, lustrée, nette de toute souillure.Que cette robe soit de couleur cendrée, ou blanche comme la neige, ou de couleur fauve rayée de brun, ou bleue, car ô bonheur ! il y a des Chats bleus !le Chat la frotte, la peigne, la nettoie, la pare avec sa langue râpeuse et rose, jusqu'à ce qu'il l'ait rendue séduisante et lisse, enseignant ainsi en même temps l'idée de propreté et l'idée de parure ; et qu'est-ce que la civilisation a trouvé de plus ? Sans ce double et précieux attrait, quel serait l'avantage de madame de Maufrigneuse sur une marchande de pommes de la Râpée,ou plutôt quel ne serait pas son désavantage vis-à-vis de la robuste fille mal lavée ? Sous ce rapport, le moindre Chat surpasse de beaucoup les belles, les reines, les Médicis de la cour de Valois et de tout le seizième siècle, qui se bornaient à se parfumer, sans s'inquiéter du reste.

 

Aussi a-t-il servi d’incontestable modèle à la femme moderne. Comme un Chat ou comme une Chatte,elle est, elle existe, elle se repose, elle se mêle immobile à la splendeur des étoffes, et joue avec sa proie comme le Chat avec la souris, bien plus empressée à égorger sa victime qu'à la manger. Tels les Chats qui, au bout du compte, préfèrent de beaucoup le lait sucré aux souris, et jouent avec la proie vaincue par pur dandysme, exactement comme une coquette, la laissant fuir,s'évader, espérer la vie et posant ensuite sur elle une griffe impitoyable. Et c'est d'autant plus une simple volupté, que leurs courtes dents ne leur servent qu'à déchirer, et non à manger. Mais tout en eux a été combiné pour le piège,la surprise, l'attaque nocturne ; leurs admirables yeux qui se contractent et se dilatent d'une façon prodigieuse, y voient plus clair la nuit que le jour,et la pupille qui le jour est comme une étroite ligne, dans la nuit devient ronde et large, poudrée de sable d'or et pleine d'étincelles. Escarboucle ou émeraude vivante, elle n'est pas seulement lumineuse, elle est lumière. On sait que le grand Camoëns, n'ayant pas de quoi acheter une chandelle, son Chat lui prêta la clarté de ses prunelles pour écrire un chant des Lusiades. Certes,voilà une façon vraie et positive d'encourager la littérature, et je ne crois pas qu'aucun ministre de l'instruction publique en ait jamais fait autant. Bien certainement, en même temps qu'il l'éclairait, le bon Chat lui apportait sa moelleuse et douce robe à toucher, et venait chercher des caresses pour le plaisir qu'elles lui causaient, sentiment qui, ainsi que nous l'avons vu, blessait Buffon, mais ne saurait étonner un poète lyrique, trop voluptueux lui-même pour croire que les caresses doivent être recherchées dans un but austère et exempt de tout agrément personnel.

 

Peut-être y a-t-il des côtés par lesquels le Chat ne nous est pas supérieur ; en tout cas, ce n'est pas par sa charmante, fine, subtile et sensitive moustache, qui orne si bien son joli visage et qui, munie d'un tact exquis, le protège, le gouverne,l'avertit des obstacles, l'empêche de tomber dans les pièges. Comparez cette parure de luxe, cet outil de sécurité, cet appendice qui semble fait de rayons de lumière, avec notre moustache à nous, rude, inflexible, grossière, qui écrase et tue le baiser, et met entre nous et la femme aimée une barrière matérielle. Contrairement à la délicate moustache du Chat qui jamais n'obstrue et ne cache son petit museau rose, la moustache de l'homme, plus elle est d'un chef, d'un conducteur d'hommes, plus elle est belle et guerrière, plus elle rend la vie impossible ; c'est ainsi qu'une des plus belles moustaches modernes, celle du roi Victor-Emmanuel, qui lui coupait si bien le visage en deux comme une héroïque balafre, ne lui permettait pas de manger en public ;et, quand il mangeait tout seul, les portes bien closes, il fallait qu'il les relevât avec un foulard, dont il attachait les bouts derrière sa tête. Combien alors ne devait-il pas envier la moustache du Chat, qui se relève d'elle-même et toute seule, et ne le gêne en aucune façon dans les plus pompeux festins d'apparat !

 

Le Scapin gravé à l'eau-forte dans le Théâtre Italien du comédien Riccoboni a une moustache de Chat, et c'est justice, car le Chat botté est, bien plus que Dave, le père de tous les Scapins et de tous les Mascarilles. A l'époque où se passa cette belle histoire, le Chat voulut prouver, une fois pour toutes, que s'il n'est pas intrigant, c'est, non pas par impuissance de l'être, mais par un noble mépris pour l'art des Mazarin et des Talleyrand. Mais la diplomatie n'a rien qui dépasse ses aptitudes, et pour une fois qu'il voulut s'en mêler, il maria,comme on le sait, son maître, ou plutôt son ami, avec la fille d'un roi. Bien plus, il exécuta toute cette mission sans autres accessoires qu'un petit sac fermé par une coulisse, et une paire de bottes, et nous ne savons guère de ministres de France à l'étranger qui, pour arriver souvent à de plus minces résultats, se contenteraient d'un bagage si peu compliqué. A la certitude avec laquelle le Chat combina, ourdit son plan et l'exécuta sans une faute de composition, on pourrait voir en lui un auteur dramatique de premier ordre, etil le serait sans doute s'il n'eût préféré à tout sa noble et chère paresse.Toutefois il adore le théâtre, et il se plaît infiniment dans les coulisses, où il retrouve quelques-uns de ses instincts chez les comédiennes, essentiellement Chattes de leur nature. Notamment à la Comédie-Française, où depuis Molière s'entassent, accumulés à toutes les époques, des mobiliers d'un prix inestimable, des dynasties de Chats, commencées en même temps que les premières collections, protègent ces meubles et les serges, les damas, les lampas antiques, les tapisseries, les verdures, qui sans eux seraient dévorés par d'innombrables légions de souris. Ces braves sociétaires de la Chatterie comique, héritiers légitimes et directs de ceux que caressaient les belles mains de mademoiselle de Brie et d'Armande Béjart, étranglent les souris, non pour les manger, car la Comédie-Française est trop riche pour nourrir ses Chats d'une manière si sauvage et si primitive, mais par amour pour les délicates sculptures et les somptueuses et amusantes étoffes.

 

Cependant, à la comédie sensée et raisonnable du justicier Molière, le Chat qui, ayant été dieu, sait le fond des choses, préfère encore celle qui se joue dans la maison de Guignol,comme étant plus initiale et absolue. Tandis que le guerrier, le conquérant, le héros-monstre, le meurtrier difforme et couvert d'or éclatant, vêtu d'un pourpoint taillé dans l'azur du ciel et dans la pourpre des aurores, l'homme,Polichinelle en un mot, se sert, comme Thésée ou Hercule, d'un bâton qui est une massue, boit le vin de la joie, savoure son triomphe, et se plonge avec ravissement dans les voluptés et dans les crimes, battant le commissaire,pendant le bourreau à sa propre potence, et tirant la queue écarlate du diable; lui, le Chat, il est là, tranquillement assis, apaisé, calme, superbe,regardant ces turbulences avec l'indifférence d'un sage, et estimant qu'elles résument la vie avec une impartialité sereine. Là, il est dans son élément, il approuve tout, tandis qu'à la Comédie-Française, il fait quelquefois de la critique,et de la meilleure. On se souvient que par amitié pour la grande Rachel, laplus spirituelle parmi les femmes et aussi parmi les hommes qui vécurent de l’esprit, la belle madame Delphine de Girardin aux cheveux d'or se laissamordre par la muse tragique. Elle fit une tragédie, elle en fit deux, elle allait en faire d'autres ; nous allions perdre à la fois cette verve, cetesprit, ces vives historiettes, ces anecdotes sorties de la meilleure veine française, tout ce qui faisait la grâce, le charme, la séduction irrésistible de cette poétesse extra parisienne, et tout cela allait se noyer dans le vague océan des alexandrins récités par des acteurs affublés de barbes coupant la joue en deux, et tenues par des crochets qui reposent sur les oreilles.

 Comme personne ne songeait à sauver l'illustre femme menacée d'une tragédite chronique, le Chat y songea pour tout le monde,et se décida à faire un grand coup d'État. Au premier acte de Judith, tragédie,et précisément au moment où l'on parlait de tigres, un des Chats de la Comédie-Française (je le vois encore, maigre, efflanqué, noir, terrible,charmant !) s'élança sur la scène sans y avoir été provoqué par l'avertisseur,bondit, passa comme une flèche, sauta d'un rocher de toile peinte à un autre rocher de toile peinte, et, dans sa course vertigineuse, emporta la tragédie épouvantée, rendant ainsi à l'improvisation éblouissante, à la verve heureuse,à l'inspiration quotidienne, à l'historiette de Tallemant des Réaux merveilleusement ressuscitée, une femme qui, lorsqu'elle parlait avec Méry,avec Théophile Gautier, avec Balzac, les faisait paraître des causeurs pâles.Ce n'est aucun d'eux qui la sauva du songe, du récit de Théramène, de toute la friperie classique et qui la remit dans son vrai chemin ; non, c'est le Chat !

 

D'ailleurs, entre lui et les poètes, c'est une amitié profonde, sérieuse, éternelle, et qui ne peut finir. La Fontaine, qui mieux que personne a connu l'animal appelé : homme,mais qui, n'en déplaise à Lamartine, connaissait aussi les autres animaux, a peint le Chat sous la figure d'un conquérant, d'un Attila, d'un Alexandre, ou aussi d'un vieux malin ayant plus d'un tour dans son sac ; mais, pour la Chatte, il s'est contenté de ce beau titre, qui est toute une phrase significative et décisive : La Chatte métamorphosée en femme ! En effet, la Chatte est toute la femme ; elle est courtisane, si vous voulez, paresseusement étendue sur les coussins et écoutant les propos d'amour ; elle est aussi mère de famille, élevant, soignant, pomponnant ses petits, de la manière la plus touchante leur apprenant à grimper aux arbres, et les défendant contre leur père, qui pour un peu les mangerait, car en ménage, les mâles sont tous les mêmes, imbéciles et féroces. Lorsqu'à Saint-Pétersbourg, les femmes, avec leur petit museau rosé et rougi passent en calèches, emmitouflées des plus riches et soyeuses fourrures, elles sont alors l'idéal même de la femme, parce qu'elles ressemblent parfaitement à des Chattes ; elles font ron-ron, miaulent gentiment, parfois même égratignent, et, comme les Chattes, écoutent longuement les plaintes d'amour tandis que la brise glacée caresse cruellement leurs folles lèvres de rose.

 

Le divin Théophile Gautier, qui en un livre impérissable nous a raconté l'histoire de ses Chats et de ses Chattes blanches et noires, avait une Chatte qui mangeait à table, et à qui l'on mettait son couvert. Ses Chats, très instruits comme lui, comprenaient le langage humain, et si l'on disait devant eux de mauvais vers, frémissaient comme un fer rouge plongé dans l'eau vive. C'étaient eux qui faisaient attendre les visiteurs, leur montraient les sièges de damas pourpre, et les invitaient à regarder les tableaux pour prendre patience. Ne sachant pas aimer à demi, et respectant religieusement la liberté, Gautier leur livrait ses salons, son jardin, toute sa maison, et jusqu'à cette belle pièce meublée en chêne artistement sculpté, qui lui servait à la fois de chambre à coucher et de cabinet de travail. Mais Baudelaire, après les avoir chantés dans le sonnet sublime où il dit que l'Erèbe les eût pris pour ses coursiers si leur fierté pouvait être assouplie à un joug, Baudelaire les loge plus magnifiquement encore que ne le fait son ami, comme on peut le voir dans son LIIe poème,intitulé : Le Chat.

 

Dans ma cervelle se promène,

Ainsi qu'en son appartement,

Un beau Chat, fort, doux et charmant.

Quant il miaule, on l'entend à peine,

 

Tant son timbre est tendre et discret;

Mais, que sa voix s'apaise ou gronde,

Elle est toujours nette et profonde.

C'est là son charme et son secret.

 

Cette voix qui perle et qui filtre

Dans mon fond le plus ténébreux,

Me remplit comme un vers nombreux

Et me réjouit comme un philtre.

 

Loger dans la cervelle du poète de Spleen et idéal, certes ce n'est pas un honneur à dédaigner, et je me figure que le Chat devait avoir là une bien belle chambre, discrète,profonde, avec de moelleux divans, des ors brillants dans l'obscurité et de grandes fleurs étranges ; plus d'une femme sans doute y passa et voulut y demeurer ; mais elle était accaparée pour jamais par ces deux êtres familiers et divins : la Poésie et le chat, qui sont inséparables. Et le doux être pensif et mystérieux habite aussi dans la plus secrète solitude des cœurs féminins,jeunes et vieux. Dans l'École des Femmes de Molière, lorsqu'Arnolphe revient dans sa maison, s'informe de ce qui a pu se passer en son absence et demande anxieusement : "Quelle nouvelle ?" Agnès, la naïveté, l'innocence,l'âme en fleur, encore blanche comme un lys, ne trouve que ceci à lui répondre: "Le petit Chat est mort." De tous les évènements qui se sont succédés autour d'elle, même lorsque le rusé Amour commence à tendre autour d'elle son filet aux invisibles mailles, elle n'a retenu que cette tragédie :la mort du petit Chat, auprès de laquelle tout le reste n'est rien. Et connaissez-vous un plus beau cri envolé que celui-ci : "C'est la mère Michel qui a perdu son Chat !" Les autres vers de la chanson peuvent être absurdes, ils le sont et cela ne fait rien ; en ce premier vers sinistre et grandiose, le poète a tout dit, et il a montré la mère Michel désespérée,tordant ses bras, privée de celui qui dans sa vie absurde représentait la grâce, la caresse, la grandeur épique, l'idéal sans lequel ne peut vivre aucun être humain. Tout à l'heure elle était la compagne de la Rêverie, du Rythme visible, de la Pensée agile et mystique ; elle n'est plus à présent qu'une ruine en carton couleur d'amadou, cuisant sur un bleuissant feu de braise un miroton arrosé de ses larmes ridicules.

 

Le Chat peut être représenté dans son élégante réalité par un Oudry, ou de nos jours par un Lambert ; mais il partage avec l'homme seul le privilège d'affecter une forme qui peut être miraculeusement simplifiée et idéalisée par l'art, comme l'ont montré les antiques égyptiens et les ingénieux peintres japonais. Le Rendez-vous de Chats d’Édouard Manet, donné par Champfleury dans son livre, est un chef-d'œuvre qui fait rêver. Sur un toit éclairé par la lune, le Chat blanc aux oreilles dressées dessiné d'un trait initial, et le Chat noir rassemblé,attentif, aux moustaches hérissées, dont la queue relevée en S dessine dans l'air comme un audacieux paraphe, s'observent l'un l'autre, enveloppés dans la vaste solitude des cieux. A ce moment où dort l'homme fatigué et stupide,l'extase est à eux et l'espace infini ; ils ne peuvent plus être attristés parles innombrables lieux-communs que débite effrontément le roi de la création,ni par les pianos des amateurs pour lesquels ils éprouvent une horreur sacrée,puisqu'ils adorent la musique !

 

La couleur du poil, qui chez le Chat sauvage est toujours la même, varie à l'infini et offre toute sorte de nuances diverses chez le Chat domestique ; cela tient à ce que, comme nous, par l'éducation il devient coloriste et se fait alors l'artisan de sa propre beauté. Une autre différence plus grave, c'est que le Chat sauvage, ainsi que l'a observé Buffon, a les intestins d'un tiers moins larges que ceux du Chat civilisé ; cette simple remarque ne contient-elle pas en germe toute la Comédie de la Vie, et ne fait-elle pas deviner tout ce qu'il faut d'audace,d'obstination, de ruse à l'habitant des villes pour remplir ces terribles intestins qui lui ont été accordés avec une générosité si prodigue, sans les titres de rente qu'ils eussent rendus nécessaires ?

 

Le CHAT par THÉODORE DE BANVILLE.

 (1823-1891) , pièce datant de (1882).

Un couple de tourtereaux de Susan Herbert

Un couple de tourtereaux capté dans l'intimité de leur idylle

de Susan Herbert

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administrateur théâtres

12272986495?profile=original12272987082?profile=original12272987684?profile=originalLes bavards


Le public et les amis du Lions Club en tenues de soirée et tenues de ville, se sont pressés dans la salle du Centre Culturel de Woluwe Saint-Pierre le 18 janvier dernier pour applaudir un spectacle débordant de bonne humeur et de vitalité. En effet le spectacle de Gala de la section 112C célébrant le jumelage avec la section du Lions de Paris présentait  le charmant opéra bouffe « Les bavards » de Jacques Offenbach.


 Une soirée placée bien évidemment  sous le signe de la générosité puisque les bénéfices vont intégralement  à Cap 48 que le Lions Club soutient depuis maintenant 9 ans. « Les bavards », un petit chef-d’œuvre musical aux accents mozartiens fut créé aux Bouffes Parisiennes en 1862. Il fut  écrit pour le théâtre à Bad Ems, une station estivale à la mode, où les riches touristes côtoyaient la  noblesse lors de leurs séjours aux sources thermales.  Offenbach lui-même y cherchait la guérison ou le soulagement  de ses accès de goutte chronique. Lors de ses séjours, ce toxicomane de la roulette a également  perdu plusieurs fortunes sur les tables de jeu de ce charmant lieu de villégiature.

 L'action des  « Bavards »  met en scène un jeune poète noble mais impécunieux, amoureux bien sûr  et  que la volubilité de  parole hautement vertigineuse servira  pour le rhabiller de pied en cape, lui faire gagner un pari et remettre ses finances à flot. En prime, une façon élégante de s’introduire chez la belle à l’insu de son oncle Sarmiento. Il a  promis à celui-ci de réussir à  faire taire l’irrépressible  bavardage de  sa femme Beatrix (une impérieuse Pati Helen-Kent).  Et voilà le vieux barbon (joué brillamment par  le  très réputé Chris De Moor)  affublé de deux bavards invétérés dans sa maison! Qu’importe, après une série d’intrigues et une scène de silence extravagante où la salle entière n’en peut plus de rire, Roland sera enfin récompensé par le tuteur et une fois réargenté (!) obtiendra la main de la jeune fille!

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Cette œuvre musicale se doit d’être jouée avec brio, élégance et vivacité. Le tout jeune chef d’orchestre Ayrton Desimpelaere a saisi la balle au bond et nous a conçu une mise en musique limpide et élégante. Il allie un grand sérieux et une connivence naturelle  avec les solistes et le chœur. Tout est joué avec précision extrême et justesse de ton : du lyrique au comique  il y a ce qu’il faut d’humour pour les scènes où le ridicule fait rire le spectateur aux éclats. Usant d’une gestique sobre, il souligne  avec délicatesse les tranches de bavardage, le bruit argentin des sous, les coups de théâtre et la  vie passionnée de Christobal, l’alcade de la ville et  de son greffier.  L’aspect farce  satirique  n’empêche pas une exquise légèreté.  Et, sensualité parfois.   Ce jeune chef  en herbe d’à peine 23 ans  réussit à donner une très belle musicalité dans une salle habillée de  moquette qui pourrait en assourdir les sonorités.  L’œuvre musicale est prise à bras le corps, les dialogues avec les comédiens-chanteurs sont subtils et finement ciselés.  C’est le plus souvent la richesse des mélodies qui séduit et le rythme enjoué de l’ensemble. Malgré la légèreté du propos, pas l’ombre d’un ennui ou d’un bâillement devant cette œuvre qui pourrait nous sembler dater quelque peu par les accents misogynes d’une autre époque. La fraicheur extrême de l’interprétation a séduit et a fait de cette petite fantaisie théâtrale une source d’émerveillement moderne. La comparaison des époques étant déjà en soi une source naturelle d’hilarité! 


Le décor et la mise en scène sont aussi responsables du succès du spectacle: ils sont  aussi volubiles et pittoresques que le texte. On a devant les yeux le bouillant folklore de la rue animée, le palais orgueilleux et tous les accessoires de la chaude Espagne passionnelle. Il y a la grande richesse scénique d’un opéra où le chœur très présent évolue selon une chorégraphie bien huilée et où des danses de  flamencos torrides virevoltent sur les parties instrumentales. La distribution étincelante est dirigée par la chorégraphe, danseuse, chanteuse, professeur de danse et metteuse en scène : Maria Angela Gonzales Sanchez. Elle a signé la chorégraphie de la « Mélodie du bonheur » avec Ars Lyrica au PBA de Charleroi, Bruxelles, Cirque Royal et Forum de Liège.

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Lionel Couchard a interprété le rôle de Roland, le jouvenceau, avec beaucoup d’à-propos et d’intelligence. Sa voix chaude, son énergie primesautière et sa présence scénique donnent une réelle envergure à l’ensemble. On le retrouvera dans le rôle-titre de « Orphée aux enfers » d’Offenbach présenté en février 2014 pour la ville de Neuilly.  Cécile Lastchenko est également passionnée par le chant lyrique et se produit régulièrement à L’opéra  Royal de Wallonie. Nous l’avons applaudie dans le rôle de Susanna dans « les noces de Figaro «  de Mozart au théâtre royal du Parc. Le rôle d’Ines qu’elle interprète dans « Les bavards » est  pure gourmandise. Malicieuse comme chez Molière, elle conquiert le public dès la première scène galante avec Roland. Elle traite sa tante et son oncle avec une savoureuse dose d’humour et d’impertinence. On sait tout de suite que la jeunesse et la joie de vivre auront le dernier mot.  Mais la plus belle voix est  sûrement celle du greffier qui flanque le seigneur de la ville. Elle épouse avec éclat  leurs ardents ébats amoureux aussi drôles qu’emphatiques. Il s’agit de  Joanne Deom, soprano  vive,  puissante et sensuelle qui donne une réplique sidérante  à Cristobal, l’excellent  baryton Marco Zelaya. … C’était Lopez de la Plata dans l’opéra « L’amant Jaloux » de Grétry l’été dernier, un rôle qui lui allait aussi à ravir! Bref un spectacle de Gala qui regorge de vitalité et de fraîcheur fort bienvenues.


L’ensemble Pizzicato dirigé par Ayrton Desimpelaere est un orchestre de 13 musiciens pétulants issus des Conservatoires royaux de Belgique. La première représentation des « Bavards » a eu lieu au château de Marcilly sur Maulne en juillet 2013. Une pépite à haut potentiel?

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www.crescendo-magazine.be/author/adsimpelaere/‎

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Bonsoir, Bonjour, 

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Alors accueillez nos meilleurs voeux avec tendresse, et surtout soyez en Joie !

Et n'oubliez pas : "Sans la Musique, la Vie serait une erreur"...

A tout bientôt en Musique. Bien entendu.

Peio

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administrateur partenariats

" Les quatre saisons ",

blogs d'interprétations poésie, peinture, et photo, entre les membres d'Arts et Lettres,

qui fut inauguré par  " L'automne est un chant de couleurs "

s'enrichira ce vendredi 31 janvier

d'un blog hivernal présenté sur un beau partenariat issu  d'un poème de Joelle Diehl,

inspiré par une peinture de Nicole Duvivier .

Invitation à tous.

Liliane

Les partenariats

Arts

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Lettres

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Colette vous parle ».

(Chronique pour la TSF – 12 mai 1940)

 

Est-ce que vous saviez que la Pentecôte s’appelait « la fête des 1ers fruits » il y a très très longtemps chez les anciens Hébreux ? En tous cas je ne le savais pas, moi.

J’ai tant de plaisir à apprendre une chose que j’ignore et j’ignore tellement de choses que je suis assurée de ne jamais manquer de ce plaisir-là.

 

Nous célébrons donc aujourd’hui, sans fruits, la fête des 1ers fruits   …

Pentecôte est beaucoup moins joli à l’œil et à l’oreille, et tout anguleux de son origine grecque. Pentecôte n’est un joli mot que lorsqu’il devient le nom populaire d’une orchidée sauvage,mauve, qui fleurit les prés humides.

 

Il est bien rare que les noms populaires des plantes n’aient pas, chacun, leur poésie particulière.

Je n’ai jamais voulu connaître, de la botanique, que son intimité rustique, et son vocabulaire le plus familier. La fleur des prés, en forme d’étoile blanche et verte, qui s’ouvre quand le soleil est au plus haut, qui se ferme lorsqu’un nuage s’interpose entre elle et son astre bien-aimé, ne venez pas me dire que la science la nomme Ornithogale !Tant qu’il y aura des enfants, des paysans et des poètes, elle s’appellera« la Dame de onze heures »

 

Je n’admets pas que le printemps,enfin éclos, s’exprime en grec ou en latin !

Avouez qu’au lieu d’Alchemilla vulgaris, le nom de « Mantelet des dames », dépeint mieux une feuille veloutée, en forme de cape ? Et que vous aimez bien cueillir la« marguerite rosée » et non la Bellis perennis ?

Et qu’est-ce qui nous resterait du délicieux muguet, si nous le traitions de Convallaria maialis ?                                                                                                                                              

 

J’ai l’air de vous promener dans un jardin hérissé, jonché exprès de syllabes épineuses. Peut-être le fais-je un peu exprès, en effet. Les autres années, pour la Pentecôte, loin ou près, j’étais hors de Paris. Mais les autres années, il n’y avait pas la guerre …

Beaucoup d’entre vous, chères femmes qui m’écoutez, n’avaient pas le souci d’écouter la T.S.F., les autres années, à cette heure-ci.

 

Mais les autres années… ce n’était pas cette année-ci …

Solitaires, vous n’avez pas le cœur à rire. Combien d’entre vous se sont refusé, aujourd’hui, un divertissement que pourtant j’aurais été la première, pour la bonne hygiène du cœur et du corps, à vous conseiller ?

 

Mais vous ne voulez accepter, aujourd’hui, demain, que la solitude, et la fidélité.

Vous avez, enfermées avec un souvenir et ses images, contemplé, dehors le peu qui se découvre de votre fenêtre, et dedans, les murs, les meubles, le décor élus avec amour par l’amour …

 

Il y a beaucoup de chances pour que cette contemplation finisse dans une sorte de satiété. La vue de votre jolie commode galbée vous donne des bâillements nerveux, et vous tournez le dos à la table-bureau qui, tout d’un coup, comme ça, sans raison, vous soulève le cœur. Dégoûtée de ce qui vous plut, vous allez vous jeter sur le lit, le nez au mur,- et dans le dessin du papier de tenture, vous retrouvez les mauvais petits démons qu’il enfanta pendant certains jours de fièvre et de maladie … Tout est gâté, perdu. Une chambre d’hôtel serait moins maléfique. Oui, oui, j’ai connu de pareilles heures, où tout ce qui vous porta secours fermente et vous devient nausée morale. Vos lettres, chères femmes, m’en font la multiple confidence.C’est que vous passez un dur moment où la nature entière chuchote de renaître,d’étreindre, de se parer, de changer, de partir … Eh bien, n’hésitez pas,changer ! Vous à qui tous les liens, y compris la gêne matérielle,imposent l’immobilité, changez, déménagez. Déménagez sans rien dépenser, partez sans bouger. Je l’ai essayé vingt fois, et jamais sans succès.

 

Vous qui vivez dans un intérieur dont vous avez, seule ou aidée de votre raison de vivre, élaboré les détails, depuis combien de temps respectez-vous vos décisions désuètes? Les deux fauteuils confortables, la petite table à tout faire qui les sépare, est-ce qu’ils n’ont pas pris racine, là où ils sont ? La bibliothèque ? Je vous entends d’ici :

« Oh c’est bien simple, la bibliothèque, on  ne peut pas y toucher,il n’y a pas dans l’appartement d’autre panneau assez large pour elle ! »

 

Et le lit, donc ! Vous en avez dépensé, de la logique géométrique et décorative, avant de le caser !

Et ce gentil petit arrangement du coin, le coin bien féminin, petit bureau, ou table basse à ouvrage, lampe,T.S.F., quelques livres à portée de la main… J’en ai honte pour vous, tant sa négligence étudiée est immuable depuis votre emménagement ! Et … et tout le reste !

Retroussez vos manches,mesdames ! A vous la blouse de ménage, et fichez-moi tout ça en l’air ! la bibliothèque d’abord ! Elle ne tient pas dans le panneau d’en face ? Mettez-la dans l’antichambre, on n’en parlera plus, et la pièce qu’elle opprimait devient, du coup, immense et aérée.

 

Votre coin  si féminin, secouez-le un peu, mettez-y le bureau qui fera sérieux, sur lequel vous écrirez à l’aise de longues lettres à M. Quelque-part-en-France. La table à ouvrage ? Oui, c’est agréable, une table à ouvrage en merisier. Amenez-la donc où nos mères et nos grands-mères la mettaient, en pleine lumière de la fenêtre. Et quant à la jolie commode,fourrez-la dans la chambre à coucher. Une commode, c’est un meuble intime. Là,ça va !

 

A moins que … Attendez, j’ai une idée : si vous mettiez la chambre dans le salon, et inversement ?

Comme ça vous auriez le soleil sur votre lit en vous éveillant. Et quant à la salle à manger … Comment, vous avez une salle à manger ? Mais c’est un luxe complètement inutile ! La meilleure pièce du logis consacrée à vos repas de 10 minutes ?  Vous allez faire cadeau de la salle à manger à vos 2 enfants. Leur table de travail, leurs jouets, leurs livres,cantonnez-moi tout ça là-dedans, et peut-être même leurs 2 petits lits. Ils vivront là, ils goûteront là, ils y satisferont l’instinct de propriété (qui est très vif chez les enfants), et ils vous laisseront la paix chez vous, dans cette sorte de garçonnière de 2 pièces que je suis en train d’aménager avec vous dans l’appartement conjugal.

 

Je vous en prie, n’attribuez à ce remue-ménage aucun caractère définitif. Essayez. Secouez la poussière, et les microbes de l’ennui et de la neurasthénie qui s’étaient établis chez vous. 

Prenez chaud, tapez-vous sur les doigts avec le marteau. Couchez-vous en contemplant votre œuvre, éveillez-vous complètement perdue. Si, au bout de 8 jours de villégiature dans un logis inconnu, vous voyez que ça ne se tasse pas, eh bien ! Vous recommencerez.De ce cataclysme en cataclysme, vous arriverez à un arrangement idéal – provisoirement idéal, bien entendu – et à la permission de l’absent. Ici, nous entrons dans l ’incertain… Qu’est-ce qu’il dira, l’absent ? Il n’a guère le choix. Ou bien il criera au miracle, ou bien il va jurer et sacrer, ou bien il prendra un air méditatif et il dira :

 

« Ce n’est pas mal, mais … mais ce n’est pas encore ça…J’ai une idée, viens donc m’aider … »

Alors il tombera la veste, roulera ses manches de chemise, et tout sera à recommencer, et ça, soyez tranquille, ça sera très amusant !

 

Colette

Prose issue de Paysages et Portraits

Transmise par Solange Boulanger,
comédienne
...

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L'Été de  Galileo Chini

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administrateur théâtres
AU théâtre Poème: François Emmanuel était l'invité de Pascale Seys dans Le Grand Charivari sur Musiq'3 ce samedi . Pour l'écouter ou le réécouter : http://www.rtbf.be/radio/player/musiq3?id=1886891
"Joyo ne chante plus", notre 2ème spectacle de François Emmanuel - avec Gwen Berrou dans une mise en scène de Pascal Crochet, commence ce jeudi !! Pour les plus curieux, il y  a eu même une avant-première mardi 21 à 14h ! Réservation souhaitée : reservation@theatrepoeme.be ou 02/538 63 58

Courir au théâtre Poème pour se baigner dans la musique des mots, ce que l’on adore. Entendre une voix qui les caresse, les exalte, les consume, les fait frétiller, les adule, les capte et les relance dans l’univers. C’est du moins ce que l’on attendait du spectacle de mots créé par le texte de François Emmanuel, un personnage bien sympathique entr’écouté sur nos ondes récemment.

Et ressortir du spectacle la gorge feutrée d’inconfort, de malaise et de frustration de n’avoir rien compris. Avoir rencontré l’auteur, François Emmanuel, et lui avoir conté, complètement catastrophés, le malheur de n’avoir été ni émus, ni touchés par cet étalage répétitif de solitude ou de folie. Dites-moi où sont les codes d’accès ? Y a-t-il des clefs ? On est désemparés. Le but du jeu est-il de causer le désarroi du spectateur ? Lui confier aussi que l’on s’est presque endormis, par trois fois. Que ouf, le texte est dans la boîte que l’on tient sous le bras et que l’on va prendre le temps de le ré-appréhender chez soi, par une lecture attentive, l’esprit prêt à la découverte. Dommage ! Une phrase de Nietzche a été malheureusement prononcée : « L’art n’est pas pour tout le monde ». On a discuté avec ce même professeur de cinéma qui explique : "Dans ce spectacle il n’y a rien à comprendre, rien à emporter. Ne croyez pas que vous avez un prêt à consommer, all inclusive ! Il faut rassembler les fragments (du long caquetage proposé) - vous me suivez ? - et faire son tissage personnel." Cheminer en solitaire, c’est là tout l’intérêt de cette nouvelle approche cocasse du théâtre. C’est le spectateur qui est mis à contribution et qui doit se référer à lui-même, à son vécu personnel et ainsi partir en voyage… Bonne chance !

Le décor est morne et triste à mourir : un deux-pièces suranné, chichement meublé, couleur terres. Lumières aussi faiblardes que la voix. Au début, la comédienne semble surgir d’une muraille des grottes de Lascaux et, dans sa robe sans manches droite et courte, figure des lents gestes d’échassier. A un autre moment le jeu de lumières donne l’illusion d’une longue table couverte de pièces comme un immense échiquier – la terre vue de l’univers ? - Il s’avère que ce n’est qu’une mince étagère couverte de figurines grossières en terre cuite. Hommes ? Oiseaux ? Epars et renversés à la fin du spectacle. La gestuelle est d’une lenteur exaspérante, la voix est sèche, monocorde, infra-communicative sauf pour l’impression de tristesse et d’exclusion du monde ou celle de folie désespérante. Joyo ? Il ne s’agit ni de l’albatros de Baudelaire, encore moins de l’oiseau bleu de Maeterlinck ou de l’oiseau de Junon ou d’Athéna. Les oiseaux à connotation sexuelle de Miro ? Peut-être. On cherche vainement à se raccrocher à quelque chose ! Qu’on me donne une branche ! L’oiseau dont on parle pourrait tout aussi bien être un chat, un chien ou un cochon d’Inde. La femme qui joue pourrait être un homme…

L’histoire, s’il y en a une, après en avoir rassemblé les débris épars est un fait divers. Une femme encore jeune, triste et sévère à mourir, se prépare à faire une cérémonie d’enterrement de son oiseau sans cage, qu’elle vient de perdre. Elle est excédée par les bruits divers de ses voisins et surtout le martèlement des talons aiguilles de sa voisine du dessus. Elle est harcelée par des huissiers qui vont bientôt procéder à son expulsion. Elle s’adresse à plusieurs reprises à un juge imaginaire et singe à merveilles le jargon judiciaire. Qui sait… des références à Kafka ? C’est tout. Le détail intéressant : si le spectateur en quête de clefs va voir dans la boîte à cigares où elle a enfermé l’oiseau avant de le conduire au bûcher, il y a (on le savait) des photos de jeunesse, quelques fils à broder et 6 fonds de montres anciennes ayant perdu leurs aiguilles que l’on aurait pu prendre, vus de loin, pour des hosties. Cela, aucun des spectateurs ne l’aura deviné. Sauf les très curieux qui ont osé poser la question après.

Loin de nous l’idée de mettre à mal l’excellente comédienne Gwen Berrou. Elle a eu bien du courage de se mesurer à un texte aussi dilaté et soporifique ! C’est une mission impossible de construire un jugement critique pour quelque chose qui ne vous parle pas et que l’on ne comprend pas. Donc, donnons juste …le bénéfice du doute ! Il faut sans doute avoir lu le texte avant d’aller au spectacle !

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administrateur partenariats

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La Chapelle de Tancrémont

Près de Theux,  construite en 1895, lieu de pèlerinage,

elle abrite un Christ en bois,

une statue découverte dans un champ voisin en 1830.

De nombreuses légendes circulent sur ce Christ aussi appelé

" Vieux-Bon-Dieu "

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Des analyses scientifiques (au carbone 14 ) le date du IXe siècle (entre 810 et 965 ).

Tancrémont est aussi célèbre pour sa Tarte au riz,

la spécialité verviétoise bien connue.

De nombreux touristes n'hésitent pas à venir goûter la Tarte au riz

et ne repartent pas sans emporter un quartier du non moins célèbre " Vaution ",

fait de beurre, cannelle, de sucre croquant et fondant, sans compter les roues immenses

de tartes aux fruits de nos vergers du pays de Herve.

Mais...

 

Qui sont ces deux artistes ?

Bravant pluie et orage, telles des pêcheurs patients,

attendant les éclaircies célestes, munies d'un objet des plus précieux en Belgique...

Adyne et Liliane,

envers et contre tout !

 

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Voilà !

Une petite chapelle, croquée par des aquarelles qui auront eu

le mérite de rendre quelques couleurs à ce sobre édifice !

Nous continuerons nos aventures près d'un lac,

où nous étudierons les reflets de l'eau...

A bientôt donc !

 

Liliane et Adyne

 

Un partenariat

Arts  12272797098?profile=originalLettres


 

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- 1) Désignation des Administrateurs de groupes:

 

J'ai désigné Deashelle comme administratrice des groupes suivants:

-Groupe "Théâtre"

-Groupe "Musique classique"

-Groupe "Dis-moi ce que tu lis"

-Groupe "Cinéma"

En tant qu'Administratrice de ces groupes, Deashelle en assure la gestion et la politique éditoriale

 

 

J'ai également désigné Liliane Magotte comme Administratrice du groupe "Partenariats Arts et Lettres".

En tant qu'Administratrice de ce groupe, Liliane Magotte en assume l'administration et la politique éditoriale.

J'ai également désigné Liliane Magotte comme Administratrice du groupe "Peinture en plein air".

En tant qu'Administratrice de ce groupe, Liliane Magotte en assume l'administration et la politique éditoriale.

 

 

 

- 2) En dehors des désignations d'administrateurs de groupes:

J'ai également confié la tâche d'administrer les Partenariats officiels du Réseau à Liliane Magotte.

 

Elle en assure principalement le suivi de la qualité et de la cohérence éditoriale des communications des membres. C'est là une besogne délicate et ardue. Nous nous devons lui être gré de s'en charger. Pour que cette ligne éditoriale soit suivie avec cohérence, il est nécessaire de lui soumettre au préalable -par message privé- un brouillon de votre projet, pour qu'elle puisse vérifier si les grands thèmes de partenariats proposés par le réseau ne subissent pas de détournements de sens, comme cela s'est déjà vu. 

 

Pour ma part je me charge de la décision  finale d'octroyer le sigle officiel des Partenariats proposés par les membres.

 

Les partenariats d'

Arts 
12272797098?profile=original

Lettres

 

Donc, seuls les partenariats munis du sigle officiel d'approbation de qualité seront diffusés largement à travers le réseau via de multiples partages dont Liliane Magotte assume personnellement la tâche.

Exemples de diffusion:

Une sélection des beaux partenariats d'Arts et Lettres

Florilège des partenariats poésies-peintures d'Arts et Lettres

 Livret contenant l'ensemble des partenariats,

(La diffusion de certaines communications à l'ensemble des membres du réseau est une prérogative exclusive du Fondateur du Réseau)

 

- 3) Quant à la tâche de vérifier si les partenariats ont bien suivi les règles du protocole des partenariats,  je la confie à Mina Zen, intervenante systémique du Réseau.

 

A ce sujet, je rappelle donc que l'essence même du partenariat étant l'échange,  il est indispensable de consulter et d'obtenir préalablement l'accord du créateur d'une  oeuvre , que ce soit poésie, prose,  photo, peinture  sculpture ou musique et chant avant de publier  un travail inspiré de cette oeuvre.

La création d'un blog réunissant les deux  créations doit donc se faire en toute complicité.

Ce protocole a été instauré, vu quelques soucis  rencontrés ces derniers temps par des oeuvres  empruntées sans consentement  par certains membres.

Je chargerai donc Mina Zen du contrôle du bon suivi de cette règle et prendrai toute décision qui s'avérera nécessaire à l'encontre de membres qui n'observent pas ces règles de bon usage des partenariats.

J'ai également demandé à Adyne Gohy de m'aider à la tâche du choix des oeuvres mises en vedette.


Ce billet de blogue est communiqué à tous les membres du Réseau.

Robert Paul

Fondateur et administrateur général du Réseau Arts et Lettres

 

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