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Publications en exclusivité (3146)

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Promenade au bord de la Hoegne

 

 

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Adyne Gohy

 

 

Forestière

 

Bruissement d'une rivière,

Au bord d'une clairière,

Miroir perlé,

Coeur de rosée...

 

La brume du matin

A déposé, cristallin,

La sérénité sous les pas

De deux promeneurs béats.

 

Devant tant de beauté réunie,

L'automne est magie.

Crissement des feuilles

Se tapit le chevreuil.

 

De longs souvenirs d'enfance

Me reviennent et balancent

Leurs feuilles en voltige

Sur quelques brins de nostalgie.

 

 Sandra Dulier 

Un partenariat
Arts
 
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Lettres

 

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Ce samedi 1er mars, sur la RTBF-La Première, je dialoguerai avec Jacques Lemaire à propos de mon livre " Le Dit d'Ariane" Paris, éd. Orizons. Il sera question des mythes antiques, de leur réécritures contemporaines, de l'amour et de la liberté, du deviens qui tu es nietzschéen, hier et aujourd'hui.

Où ? Quand ?,;;; Dans l'émission radiophonique La Pensée et les Hommes du 1/03/2014, RTBF-1, vers 19:05. ou sur podcast dans les jours qui suivent la diffusion de l'émission. Bonne écoute !  

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administrateur théâtres

play_349_closer-2707_-_copie.jpg?width=563             « Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir.» Louis Jouvet

 

 « Closer » est une comédie incandescente, mêlant de façon surprenante sentiments, érotisme et humour mordant. Un chassé-croisé amoureux où le sexe, la séduction, la jalousie et le mensonge composent une carte du Tendre  fort amère. À l’instar du roman de Milan Kundera, « L’Insoutenable légèreté de l’être », cette pièce évoque à la fois le plaisir et la douleur d’aimer. Créée au National Theatre de Londres en 1997, puis à Broadway, la pièce  de Patrick Marber est rapidement devenue un succès international joué dans le monde entier. Elle obtint le Laurence Olivier Award, le Critic’s Circle Award, le Evening Standard Award et le Time Out Award. Suivra un film en 2004, dont Patrick Marber signera le scénario. Le théâtre Le Public accueille ce soir de 2014 la splendide production du POCHE GENÈVE sous l’intelligente direction de Françoise Courvoisier.

 

Dans un rythme très tranchant, fait d’éblouissements et de noirs profonds, le miroir de notre société a volé en éclats. Françoise Courvoisier signe une mise en scène élégante et clinique, construite en forme de staccatos en crescendo, comme une formidable partition musicale sans aucune fausse note, terminée par  le point d’orgue d’une danse macabre.   Douze débris de miroir et de temps différents  qu’il va falloir réassembler pour comprendre l’histoire complexe des chassés croisés de ce quatuor  de jeunes trentenaires-quarantenaires insupportables.  Ils ont tous un  esprit caustique et une  force de jeu très précise et expressive, époustouflante de vérité et de modernité. Square-dance d’un type particulier, les quatre personnages se poursuivent  dans une complexité d’émotions haute gamme. Si le langage fort branché est parfois très explicite, la charge émotionnelle inouïe qui siège derrière chaque phrase courte et vive du texte comme un galet brûlant, empêche la vulgarité.  On oscille entre  la subtilité des « Liaisons dangereuses », version moderne, et  celles du « Jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux.

play_349_closer-2685_-_copie.jpg?width=150Dan, un écrivain raté, journaliste nécrologique, a sauvé d’un grave accident sur la chaussée, la jeune et séduisante Alice dont  il tombe amoureux dans la salle d’attente de l’hôpital où travaille Larry, le beau mâle. Quelques mois plus tard, une séance de photos avec la photographe d’art Anna (divorcée et dépressive) relance chez Dan une série d’irrésistibles vibrations sexuelles alors qu’il vit avec Alice et en a fait son héroïne de roman. Entre-temps, rejeté par Anna et se faisant passer pour une femme, Dan se lance dans une séance de chat amoureux torride sur internet  avec le beau docteur Larry, dermatologue et caïd sexuel, à qui il donne rendez-vous à « l’Aquarium » le lendemain. C’est Anna qui arrive au rendez-vous et, se remettant rapidement de la méprise, elle lui tombe dans les bras. Le square-dance infernal peut commencer.

 Patrick Marber semble être désenchanté par l’amour et ne croire qu’à la luxure et à  la volatilité de la relation. Il met  imperturbablement en scène la rencontre, la crise et l’inévitable rupture. Dans la pièce il confronte même deux scènes de ruptures  concomitantes! C’est admirablement joué et interprété par ce quadrille de comédiens totalement investis dans leurs rôles.  Une merveilleuse et très convaincante  PATRICIA MOLLET-MERCIER joue la jeune Alice, à la fois oiseau libre et creuset de souffrance et de charme  entre VINCENT BONILLO et JUAN ANTONIO CRESPILLO. Blackbird Fly! A la dernière semaine de répétitions, notre comédienne belge,  FRANCE BASTOEN a accepté de  remplacer au pied levé le rôle d’Anna. Un rôle qu’elle épouse avec une présence et  une sincérité extraordinaires. play_349_closer8523.jpg?width=260

 

« Honesty’s the best policy ? »  De trahisons, en  abandons, en  revirements, la vérité est  tour à tour une arme et une preuve d’amour, et le plus souvent, un besoin compulsif de demande ou d’octroi de pardon.

DAN.- Je l’aime.

LARRY.- Hé oh, moi aussi.

Ce n’est pas Anna que vous aimez, c’est vous.

DAN.- Vous vous trompez, je ne m’aime pas.

LARRY.- Mais si, et je vais vous dire quelque chose : c’est vous, les égoïstes, qui avez raison, vous êtes les plus forts et le monde est à vous.

Elle est revenue vers vous parce qu’elle ne peut pas supporter de vous voir souffrir, vous le savez. Et ne me parlez pas d’égoïsme, ce n’est pas Anna que vous voulez. Vous voulez votre revanche.

DAN.- Vous lui ferez du mal. Vous ne lui pardonnerez jamais.

LARRY.- Mais si je lui pardonnerai ; je lui ai déjà pardonné. Sans pardon, on est des sauvages.

 On est néanmoins dans des rapports de force, au lieu de ceux de l’amour. Larry-the-winner-takes-it-all a un penchant effréné d’exigence de vérité qu’il habille des traits de l’amour.Tandis que Dan, le loser, genre anti-héros de Woody Allen, frustré et pénible, a du mal à comprendre qu’il faut parfois pardonner sans vouloir fouiller dans des explications qui font mal. Les deux mâles, mus par un égoïsme également affirmé, veulent surtout garder le contrôle à tout moment, quels que soient leurs « sentiments ».

play_349_closer-7024_-_copie.jpg?width=250Le talent de chacun des partenaires pour attirer l'autre n’est dépassé que par leur besoin de posséder ceux qu'ils prétendent aimer. Dans la quête de l’autre il y a un net  penchant pour l’appropriation, … à cause du dépit de ne pas fort s’aimer soi-même, sans doute. Quelle comédie humaine !  Devant la jalousie et le  furieux besoin « d’avoir », la confiance joue les abonnés absents entre victimes ou bourreaux consentants. Portrait incisif d’une société basée sur le défi et le mensonge. "Love and sex are like politics: it's not what you say that matters, still less what you mean, but what you do."

CLOSER

http://www.lepoche.ch/upload/cms/dp_closer.pdf

CLOSER

de PATRICK MARBER. Adaptation Pierre Laville
Mise en scène: Françoise Courvoisier Avec: Vincent Bonillo, Juan Antonio Crespillo, Patricia Mollet-Mercier et France Bastoen.

DU 25/02/14 AU 05/04/14

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=349&type=1

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administrateur théâtres

12272995485?profile=originalLa fée Musique avait  sûrement touché le calendrier jeudi soir lors des “Flagey Piano Days” qui accueillaient  jeudi soir dans son magnifique Studio 4 un programme rutilant, triste et beau à mourir, interprété par  la crème de la crème des artistes.  

Paul Dukas, L' Apprenti sorcier
Edward Elgar, Concerto pour violoncelle en mi mineur, op. 85
Maurice Ravel, Concerto pour piano en sol majeur 
Maurice Ravel, Daphnis et Chloé

Par le Brussels Philharmonic, Michel Tabachnik, Steven Isserlis, Boris Giltburg

http://www.flagey.be/fr/program/14113/brussels-philharmonic-symfomania-workshop-kids-10-/michel-tabachnik-steven-isserlis-boris-giltburg

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 Quelques propos de Boris, le superbe et l’infiniment humble artiste devant la fée Musique :

 Avant le concert : «  Me voilà de retour dans la grande salle de Flagey (où les éliminatoires et les  demi-finales du Concours Reine Elisabeth ont eu lieu en mai dernier). Que de souvenirs!  Tout de suite deux choses  - la salle paraît toute petite à côté du souvenir que j’en garde et  il me  semble mille fois plus agréable  d’y jouer aujourd’hui! Conclusion : ne  jamais  baser ses impressions d'une salle sur les souvenirs d'une activité qui a nécessité une très, très haute tension psychologique!


Je vais y jouer dans le cadre des Journées Piano Flagey le Concerto en sol de Ravel avec le Philarmonic de Bruxelles et Michel Tabachnik. Nous avons eu notre première répétition aujourd'hui et je suis très impatient en attendant la répétition générale avant le concert de demain soir.   Le programme est superbe : L'Apprenti Sorcier de Dukas, et le concerto pour violoncelle  d'Elgar ( joué par Steven Isserlis, que j'ai eu le plaisir de rencontrer aujourd'hui et que je vais enfin entendre en direct demain), et Daphnis et Chloé pour terminer en beauté.»

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Après le concert : « Quelle bonne surprise hier soir à Flagey ! L’accompagnement  et le jeu superbe du Brussels Philharmonic, une salle qui joue à guichets fermés, la musique de Ravel, un piano de rêve - tout s'est bien passé et ce fut une sacrée expérience. Je ne me suis plus senti aussi vivant depuis  longtemps ! Le Ravel était pour moi l'équivalent musical d'une boisson énergétique (ou  de dix, si vous voulez !) C'était bouillonnant et pétillant, effervescent même, tellement vivifiant ! Et puis, bien sûr, le deuxième mouvement, avec son interminablement triste, douce et  belle mélodie ! ...  Comme mon Ravel était dans la seconde moitié du concert,  je n’ai malheureusement pas pu  suivre la performance de Steven Isserlis du concerto d'Elgar, mais je l'ai écouté à la répétition générale - un récit très personnel, profondément touchant. Steven a une sorte de simplicité affectée dans son phrasé qui m'a touché très fortement, sans parler de ses sonorités ! Qu’est-ce que cela devait être le soir du concert! Inouï!  Nous avons fait une interview conjointe sur FM Brussel ( http://bit.ly/1f2dgaY ). Et aussi   une très belle interview sur TV Brussel ( http://bit.ly/1f2e0gt ). C’est  juste dommage qu’ils m’ont interviewé avant ma première répétition à Flagey, j’aurais montré beaucoup plus d’enthousiasme pour cette magnifique salle!  C’est ma deuxième merveilleuse rencontre avec Bruxelles. Demain, je pars au Japon, allant d'abord à Nagoya, pour interpréter le 2e concerto de Brahms que j’adore. Sous la direction de Martyn Brabbins avec le Nagoya Philarmonic.»

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Tout commence  donc avec la  musique inoubliable  de l’Apprenti-sorcier de Paul Dukas construite en crescendo fantastique avec le côté répétitif et obsessionnel du Boléro de Ravel. Un morceau d’orfèvrerie musicale sous la baguette inspirée de  qui brille de tous ses feux. C’est la fête des flûtes enchanteresses qui soulèvent les voiles du mystère, celle des cuivres et des percussions qui déchaînent le paroxysme organisé. Tabachnik confère une puissance inégalée au morceau d’à peine 11 minutes, fait fuser des sonorités de haute définition dans tous les registres, belles à couper le souffle malgré l’atmosphère apocalyptique. Les accents épiques de l’orchestre sont impressionnants et la finale suscite des applaudissements de fin de soirée alors que l’on n’en est seulement qu’aux débuts.  

12272996259?profile=originalLe Concerto pour violoncelle en mi mineur, op. 85  d’Edward Elgar clôture la première partie du concert. En T shirt noir - il  dit avoir oublié sa veste - Steven Isserlis s’excuse. Mais c’est une star d’envergure mondiale. Si la célèbre Jacqueline Du Pré  fut l’interprète privilégiée et la plus sensible de cette œuvre nostalgique et poignante, Steven Isserlis n’a rien à lui envier. Sa musicalité est intense, empreinte de ferveur et de dévotion  brûlante. On le suit avec émotion dans toutes ses fluctuations de tempo et de couleur de ton. Il transforme son violoncelle en harpe, lui inflige de violents pizzicati, produit des accélérations fulgurantes, débordantes de chagrin et tantôt des sonorités délicates de chants d’oiseaux.  Dans l’Adagio, il exprime toute la langueur du compositeur Edward Elgar et  son désir d’infini et de paix. L’orchestre joue à la façon d’un chœur antique, répétant les phrases du discours héroïque et le ponctuant de notes syncopées  et de son acquiescement symbolique, signe d’une profonde et mutuelle compréhension. On acclame Tabachnik et son imposant orchestre débordant presque sur les escaliers latéraux, et surtout, l’illustre artiste qu’est Steven Isserlis dont on adore la profondeur et la simplicité.

Puis voici notre autre orfèvre et alchimiste musical dont la passion ferait presque exploser le clavier. Boris Giltburg dans le Concerto pour piano en sol majeur de Maurice Ravel.  Il  manie les trilles affolants, les frémissements de harpe, passe de la présence ludique à la concentration méditative. Particulièrement dans sa cadence qui met les larmes aux yeux lorsqu’il diffuse l’élixir mystérieux de sa profonde communion avec la musique. Il sculpte le noyau profond de son être sur son Steinway et fait jaillir de généreuses  galaxies de notes à clarté  stellaire. Le public s’abandonne devant une telle magie et fixe avec passion un clavier effervescent  qu’il sculpte comme un corps vivant. Il incarne aussi le feu de Prométhée, la griffe du diable et de l’esprit malicieux. Il écoute et transfigure sur son clavier le génie accompagnateur d’un orchestre que l’on ne regarde plus, tant le pianiste fascine... C’est lui, le grand cœur  palpitant de l’être vivant que constitue cette musique fabuleuse de Ravel. De prodigieuses acclamations le saluent et il nous offre en bis, l’une des 2 valses pour Piano en Do majeur de Gershwin. Nous avons reçu ce soir de ce jeune artiste,  une rivière de diamants.  

Non moins étincelante, la dernière œuvre jouée sur le mode fantastique : Daphnis et Chloé de Maurice Ravel. Du ravissement sonore chuchoté des flûtes au tapis de scintillements à la surface de la mer - Egée sans doute - Tabachnik soulève les respirations marines. Et parfois une vague qui semble atteindre le ciel. Les flûtes et cors ont trouvé leur point d’union charnelle. L’orchestre célèbre la fête romantique avec un  premier violon très lyrique et deux harpes vibrant à l’identique. Mais l’orchestre entre dans un rythme infernal, joue  l’évanouissement des illusions, du bonheur ? C’est la mise à mort implacable et brutale par des percussions qui ont pris le pouvoir. Voici les grondements de tonnerre et une nouvelle fin du monde.  Des citations de Shéhérazade de Rimsky Korsakov semblent flotter dans les archets, c’est l’apparition d’êtres fantastiques ahurissants, tapis dans l’ombre ou fracassants ? Une œuvre peu bucolique et forte d’émotion qui renoue presque avec l’effroi  suscité par l’œuvre de Dukas du début du programme !  Qui, d’un bout à l’autre, a été un vrai feu d’artifice.

Samedi, toujours au Studio 4 rendez-vous avec:

Flagey Piano Days

Anna Vinnitskaya étonne par sa poésie et joue la carte d'une sensualité virtuose et puissante. Le feu qui l'anime s'associe à merveille avec le romantisme à fleur de peau des ballades de Chopin, contrebalancées par l'équilibre construit, plus sophistiqué des rapsodies brahmsiennes.

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Flagey Piano Days
En voilà deux qui aiment se retrouver ensemble sur scène, et une association qui marche, pour le plus grand plaisir du public. Entre Frank Braley et Gautier Capuçon, deux musiciens incontournables, c’est la rencontre de l’intériorité presque débordante du premier et de la fougue du second, dans un dialogue toujours souverain.
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administrateur partenariats

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Grain d'or –

D'après le tableau "Les Fleurs du Mal" de Liliane Magotte

 

Dans la vallée aux flancs,

Couverts de passiflores

Le maitre du champs blanc,

A semé un grain d'or.

 

Que germe ce grain,

Au centre de la toile

Qu'elle soit son écrin !

Comme le ciel aux étoiles.

 

Et explose en tous sens,

Sans autre turpitude

Que sa seule florescence,

Conjure la solitude.

 

Léger comme le vent ;

Le pinceau à l'épreuve,

Du "sang rouge et vivant

Dont la toile s'abreuve".

Alexandre Lansmans

Février 2014

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Québec

Au retour d’un voyage à Québec, je garde de cette ville la douceur de vivre. Le bonheur de se promener dans les rues donnant parfois l’impression d’être dans un autre siècle.  Le Vieux Québec ne m’a pas déçu. J’aime  y retourner et revisiter ces beaux quartiers sous un ciel limpide.

Dehors, au détour d’un monument,  sur un escalier, un joueur de violon comme beaucoup de grandes villes possèdent. Une musique divine sort de son instrument et un frisson me parcourt comme si j’étais tombée dans le sublime.

Ne voyant pas le musicien, je tourne la tête et qq marches plus haut, un homme joue, joue avec plaisir, frénésie. Sa musique est belle, magnifique.

Sur cet escalier en plein air, la musique se confond avec l’atmosphère que je respire  et je n’arrive plus à poursuivre mon chemin.  Ce musicien n’est pas de face, on dirait qu’il se cache. Je vois son épaule et son bras faisant vivre son archet.

La musique se fait de plus en plus languissante, lascive et je reconnais rapidement de beaux extraits de musique, le matin de Grieg,  la valse triste de Sibelius et d’autres encore.

Les passants ne s’arrêtent pas, trop pressés par le travail, ou de vivre leur vie à toute allure. Ils passent, montent, descendent cet escalier en pierre sans le voir. Certains tournent la tête.

La nuit tombe sur Québec et un froid sec nous enveloppe. La musique continue et l’archet joue, joue encore. Un rayon de lumière se pose sur l’instrument et seul celui-ci est maintenant visible. Dans la nuit de cette ville, sur ces marches, la beauté de la musique, le talent d’un musicien est au rendez-vous. 

Est-ce un endroit pour reconnaître l’aptitude d’un artiste, sa dextérité, sa beauté d’interprétation.  Dans ce contexte inattendu, peu de personnes s’arrêtent pour savourer le bonheur particulier que donne la musique. Les oreilles sont fermées et ne reconnaissent rien ou ne veulent pas entendre..

Si les hommes n’écoutent pas cette musique, à quoi d’autres sont-ils attentifs si ce n’est qu’à leur propre vie, soucis et autres. A coté de combien de choses exceptionnelles passent-ils inconsciemment sans regret, ni remord.  La vie est ainsi faite, nous mettons parfois trop d’intérêts sur des choses qui ne le valent pas et trop peu sur d’autres parfois essentielles.

Au bout d’un instant, je m’aperçois que je ne suis pas satisfaite d’entendre une telle musique sans voir la personne qui joue. Cette aubade, ce récital me parait alors  incomplet.  Et je n’ai toujours pas réussi à voir le visage de ce musicien d’exception.

 Dans la nuit tombée, lâchant le petit groupe d’amis,  mes jambes font qq pas et je me retrouve presque face à face avec ce musicien qui est toujours en retrait derrière son halo de lumière posé sur son instrument.

L’Ave Maria de Caccini me fait reculer.  Bouleversée, les yeux plein de larmes, je me sens mourir d’effroi, d’incompréhension.  Une telle musique venant de cet homme me parait soudain céleste et offerte pour rapiécer ce visage détruit, ravagé, dévasté, d’une laideur peu commune.  Mon esprit est pris de panique et toute la beauté que j’entends vient de disparaître en qq secondes. Je suis horrifiée  par ce que je vois.

Ce musicien sait sa disgrâce et connait les réactions des hommes. Pourtant chaque jour, il vient se poser sur cet escalier et sort son violon pour jouer, pour exister.

De l’archet de sa laideur sort la beauté, l’éclat de sa musique.  Son aspect repoussant s’efface et en qq secondes, il redevient l’homme qu’il est.

Les jours suivant, je suis allée m’assoir, pas très fière, à qq mètres de lui pour l’écouter jouer avant de rentrer en Europe.

 Je garde en moi cette vilaine réaction que je n’ai pas pu contrôler et qui me pèse encore à ce jour. J’ai toujours la blessure  de ce musicien au fond du cœur.

 

 

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Jane-Sylvie Van Den Bosch nous livrera une "Causerie sur le verre" en date du samedi 22 février 2014 (19H) à l'Espace Art Gallery, 35 rue Lesbroussart, Bruxelles.  (Entrée libre)

 

Elle nous entretiendra des sujets suivants:

  1. Histoire 

 

D’où vient le verre ?

La légende du feu sur la plage

La Perse, puis l’Italie

Les verriers de Murano (familles, compo, complots)

les Gentilshommes verriers (et la mort des forets)

Le verre de Bohême, les Anglais, les Belges

 

Résumé : Initialement, une matière inventée et travaillée par des praticiens, tel un art. La fascination qu’exerce celui-ci (comme la peinture ou la sculpture) est revendiqué comme il se doit par les puissants et les puissances à travers le monde, qui en se l’appropriant se parant de sa force, de sa beauté et de sa gloire.

 

 

  1. 2.      Le verre, qu’est-ce que c’est ?

 

Le sable à l’origine

Au-delà de 1000° cela coûte cher

Les fondants (soude, natron, fougère, chaux, plomb etc) : l’ère des alchimistes

De la non mixité des mélanges (cf peinture)

Les couleurs c’est de l’or !

La taille et les opérations à froid : on reparle d’argent

Les premières industries - l’ère des chimistes

 

Résumé : Une « compo » équivaut à une recette de cuisine. D’où les secrets, la notoriété, les légendes verrières… Léopold et le Val St Lambert (le verre coule, se dissout dans l’eau, les émaux et grisaille, l’atanaor )

 

 

  1. Le mouvement Studio Glass

 

Edigio Constantini – L’Italien visionnaire – la Fournaise des Anges et Peggy Gugenheim

Harvey Litleton – L’Américain a les moyens et l’école

Erwin Eish – L’Allemand à l’usine de cristal

Les Tchèques de Novy Bor et les premiers symposiums

Le verre Belge contemporain : l’Ika de Malines (Miloslava/Koen/Panin)

Louis Leloup et les joyeux lurons

 

 

  1. Le travail de Jane

 

D’abord le dessin, la peinture, le staff

La teinture masse dans les composites

La gravure d’overlay pour un tiers

La première fois que j’ai vu « la maison » de feu

Mon travail s’appuie sur un continuum espace-temps (on n’invente pas la roue)

Les difficultés liées à l’apprentissage (langue, psychomotricité, chaleur, poids)

Le retour de l’alchimie comme exemple

La graine, les mondes en gestation

Le travail vous transforme

La courbe qui donne vie

Et après… les Arkhoides ?

 

 

Questions – Réponses

Verre de l’amitié offert par le Réseau Arts et Lettres et l’Espace Art Gallery

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VOULOIR...

Vouloir s'offrir instant parfait...

Ou mieux encore moment saveur!

Quelques secondes de petits bonheurs

Renier enfin tout regret!

Vouloir transformer l'horizon

Regarder bleu derrière nuages

Aborder à d'autres rivages

Retrouver le goût des chansons!

Vouloir oublier tout passé

Et se fixer sur le présent...

De vivre prendre enfin le temps

Et conjuguer le verbe Aimer!

Vouloir garder au fond de nous

Comme un trésor si bien caché...

Quelques pépites d'éternité...

Pour embaumer un amour fou!

Vouloir aller, oui, jusqu'au bout

Dans un chemin de doux partage...

Et donner le cœur en otage

Pour être... un petit peu fier de nous!

J.G. 

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administrateur théâtres

Pianodays @ Flagey 19 > 23.02 2014

Flagey Piano Days 

FLAGEY PIANO DAYS 19 > 23.02

 

 Les Piano Days du mois des amoureux est le nouveau festival concocté par le  pôle musical  Flagey.  Les amateurs de musique classique seront comblés par  une concentration exceptionnelle de talentueux pianistes avec des musiciens de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth ( dont on fête cette année le 75ème anniversaire),  Boris Giltburg,  premier lauréat du Concours Reine Elisabeth 2013, Jean-Philippe Collard et pour le marathon du samedi, Jean-Frédéric Neuburger, Anna Vinnitskaya et Frank Braley. Le dimanche, ce sera au tour de Rémi Geniet, le jeune pianiste français, deuxième lauréat du Concours Reine Elisabeth 2013, de renouer avec le podium du Studio 4.

 

Les festivités se sont ouvertes hier soir dans une atmosphère chaleureuse offrant un programme exceptionnellement vivant, brillant et pétillant.

Frank Braley ouvrait ces  cinq jours de liesse musicale en dirigeant et en interprétant au piano une œuvre (inachevée) de Mozart qu’il a en même temps dirigée : Le Concerto pour piano et violon en ré majeur, KV. Anh. 56 (Mannheim,1778).Un festival de légèreté orphique. On perd un peu de la sonorité du piano qui est sans couvercle, tandis que Frank Braley dirige et joue, dos au public. Par contre, les envols gracieux de la  soliste violoniste en dialogue avec le clavier sont empreints d’énergie solaire. A la fin du premier mouvement, il y a cette note belle comme le premier perce-neige, qui annonce la lumineuse brillance du final. Le deuxième mouvement est serti par le toucher de plume du pianiste qui souligne les splendides legatos des violons. De cristallines, les notes du clavier deviennent farceuses. Cela scintille. Le troisième mouvement  vit la joie dansante des cuivres complices, soulignant la virtuosité aérienne des solistes. Un très beau ralenti,  bien amené avant le final. Elina Bushka,  l'exquise violoniste lituanienne de 23 ans, est vigoureusement applaudie et par le public, et par son chef d’orchestre. Depuis septembre 2011, elle étudie à la Chapelle Musicale Reine Élisabeth sous la direction d'Augustin Dumay.  Elle a su créer une atmosphère d’ivresse musicale avec un orchestre de Chambre de Wallonie très en forme. L’ORCW est le complice régulier du Concours Musical International Reine Elisabeth. 

Mais la révélation de la soirée nous est venue avec ce jeune pianiste, Julien Brocal.  Il a débuté l’apprentissage du piano dès l’âge de 5 ans et montait deux ans plus tard seulement, sur la scène de la salle Cortot à Paris. Formé l’Ecole Normale de Musique de Paris Alfred Cortot, il  a décroché le prestigieux diplôme de concertiste, à l’unanimité. A la Chapelle Musicale Reine Elisabeth il devient l’élève de Maria-Joao Pires, une grande dame qui lui ouvre les portes de l’imaginaire musical. Les sonorités qu’il tire de son instrument  dans le Concerto pour piano en do majeur n° 21, KV. 467 sont parfaites, fruitées et lumineuses, d’une intime sensibilité.  Le jeune musicien vit sa musique intensément, il est raffiné dans les nuances, son ravissement musical est très communicatif et l’orchestre à l’écoute est prêt à bondir à ses moindres suggestions. La matière qu’il offre est palpitante, depuis les tendres épanchements jusqu’aux bouillonnements de plaisir. Le corps orchestral l’écoute, subjugué, dans ses splendides cadences. Un moment passionnel le décolle du tabouret pour finir le premier mouvement, sage et mesuré. Frank Braley imprime douceur et majesté au deuxième mouvement: voici les souffles profonds des cuivres langoureux. Le monde est dans la main gauche de Frank, le pianiste se baigne dans la lumière orchestrale.  Le thème revient à l’unisson avec les cors avec l’intensité d’une prière ou d’une  insistante supplique. Le doux tangage des pizzicati berce l’ensemble. La croisière musicale s’achève dans un final royal. Le concerto a été pétillant d’un bout à l’autre et on  a pu en a savourer les moindres bulles.  

 

C’est toujours sans podium et  avec merveilleuse simplicité que Frank Braley dirigera la deuxième partie du concert : La Symphonie n° 5 en si bémol majeur, D. 485 de Franz Schubert. Vivacité et élégance sont au rendez-vous. Il traque l’énergie de toutes parts. Le premier mouvement s’achève sur deux beaux crescendos, pleins de panache. Le deuxième mouvement ressemble furieusement à du Mozart. Le chef d’orchestre porte l’orchestre avec souplesse. Des flûtes  fuse l'émotion rare, et on pénètre dans les méandres de l’intériorité avant la reprise  joyeuse du thème principal.  L’orchestre est tellement enthousiaste que le chef doit calmer les  pupitres. Une belle phrase emphatique  et puissante, très contrastée,  rappelle une certaine gravité dans tout ce bonheur  rêvé et  revient identique mais jamais la même, après chaque reprise du thème. Une musique qui scintille, qui respire et resplendit.  

 

frankbraley_-c-_king_records.jpg?width=240Mercredi 19.02 | 20:15

Orchestre Royal de Chambre de Wallonie

Frank Braley, direction, piano

Julien Brocal, piano

Elina Bushka, violon

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Concerto pour piano en do majeur n° 21, KV. 467

Concerto pour piano et violon en ré majeur, KV. Anh. 56

Franz Schubert (1797-1828) Symphonie n° 5 en si bémol majeur, D. 485

 

Le programme complet de ces rendez-vous prestigieux se trouve ici :  

http://www.flagey.be/fr/programme/genre/musique/piano-days

Le site de Julien Brocal: http://www.julienbrocal.com

 A ce soir?  avec Boris Giltburg!

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administrateur partenariats

Florilège de la deuxième saison des partenariats:

« La Fureur de vivre »

Sur un poème de Jacqueline Gilbert

et une peinture de Liliane Magotte

https://storage.ning.com/topology/rest/1.0/file/get/12272973293?profile=original

Fureur de vivre

Enfuie dans le souvenir...

Elle était pourtant là,

Se devait de sortir

Avec un brin d'éclat!

Cette fureur en soi

N'a certes, rien d'anormal

Un jour sortir l'émoi,

Mais oui, devient vital !

C'est alors que le pinceau

Va chercher la couleur

Et trouve le rouge beau

pour dévider son cœur

Suivant tempérament

les formes sont diverses

Mais de mêmes tourments

Sur les toiles se déversent!

Un jour coïncidence

effleure l'amitié

Et voilà qu'on se lance

Pour vous les divulguer...

Nos "Fureur de vivre"

Jacqueline Gilbert

Poète et peintre sur Arts et Lettres

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" Les éditions masquées "

Poème de Claudine Quetrinmont inspirépar une peinture

de Alain Rolland

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" Trinité "

Poème de Rolande Quivron inspiré par une peinture

de Robert Pirschel

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" Féerie matinale"

Aquarelle de Adyne Gohy sur un poème de Gil Def

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"Requiem"

de Joelle Diehl et "Sonate d'automne" de Chantal Longeon

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" Fabienne sur Scène" et "Eugénie"

Musique et aquarelle Fabienne Coppens et Adyne Gohy

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"La mer est coquillage"

Sandra Dulier et Chantal Roussel

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« Feuilles d’or automnales « ,

Jacqueline Nanson et Claudine QUERTINMONT

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" La jeune fille et la mer"

de Gil Def et "Juste un bol d'air" d'Adyne Gohy

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« Les fruits de l'automne »

Jacqueline Nanson, Liliane Magotte et Michel Lansardière

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" Fureur de vivre "

Jacqueline Gilbert et Liliane Magotte.

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Les partenariats d'

Arts

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Lettres

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administrateur théâtres

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                     "Les géants de la montagne", texte de Pirandello

                                      "The stuff dreams are made of"

 

Préparez-vous  au  lâcher-prise car l'histoire n'en est pas vraiment une et on pénètre avec ce spectacle poétique  dans le monde de l’occulte et de la folie. Cartésiens, abstenez-vous !  Mais au bout de la construction Pirandelesque inachevée, on aura compris l'essentiel. Le credo de Pirandello  proclame  qu'une société sans les Arts deviendrait une chose monstrueuse, dirigée par des géants gloutons et dévoreurs. Pirandello affirme la puissance de l'imaginaire qui anime l'homme et le définit. Sans l'imaginaire, le rêve, l'homme trahit sa nature profonde  et devient un géant grotesque.  

Ilse, comtesse et comédienne, est dans un trouble profond. Sa troupe a été huée, le public a rejeté "La Fable du fils changé", le texte du poète. Le poète s'est suicidé car elle a rejeté son amour pour poursuivre son art de comédienne. Les comédiens décimés parcourent les routes et arrivent sur le flanc de la montagne où ils sont recueillis dans la Villa par le magicien Cotrone entouré d’êtres fantasmagoriques surprenants. Celui-ci déploie devant leurs yeux interdits, les merveilles de son monde magique où l'imagination crée tout. De toutes parts fusent des bribes d'explications à propos du rêve, de la poésie, des cauchemars, de l'esprit versus la matérialité du monde réel.                                                                                             

  
Ilse pour sa part,  tient à représenter en public La Fable du fils changé en hommage au poète disparu ou presque, car le revoilà, fruit de l’imagination, tenant sa corde à la main ! La preuve, non ? Il suffit d'imaginer.  Ils donneront la représentation lors d'une noce, chez les Géants invisibles. Cette pièce  est pathétique ressemble à un authentique cauchemar et se termine par la mise à mort de la Poésie. En ce, entendez : tous les Arts. Puisque vous en supprimez un, et les autres s’évanouissent également  étant tous faits de l’étoffe des rêves. Supprimez le rêve et vous tombez dans la brutalité.

Dans une sorte de transe inoubliable dictée par la peur, Ilse (une éblouissante Hélène Theunissen) voit les dernières paroles de son plaidoyer déchirant pour la survie de la Poésie, tranchées par le  couperet infernal du sombre rideau de fer qui sépare le théâtre de la vie. Le monde d'Edgar Poe.


Mais qui sont ces géants? Générateurs de peur, ils n'apparaissent jamais dans la pièce mais sont une menace perpétuelle. Ils représentent toutes nos dérives mortifères, les nôtres et celles de l'histoire de l'humanité.  Ils représentent notre monde  du matérialisme pur et dur,  le monde du « vrai », du fonctionnel, de l’utile et de la grande mécanique. Ce réel palpable et surtout monnayable à l’envi,   sera  omniprésent dans « Le meilleur des mondes »  de Huxley où  seront proscrits les Arts et la Religion. Et si ces géants n'étaient que les ombres du mythe de la caverne? Et si le Magicien et ses acolytes étaient vrais eux? Habillés de couleurs et de lumière? Et si devant nous, nous avions une troupe de comédiens tous plus fabuleux les uns que les autres qui donnent corps à leur rêves et leurs émotions ? Sous la baguette mystérieuse du Magicien, le maître d'œuvre, le créateur, l'Artiste. Un être frêle et menu, débordant de faconde.

 C'est Jaoued Deggouj, l'artiste qui joue ce rôle de soixantenaire ou plus, à la manière d'un jeune premier. Souple et plein d'entrain il dégage face à la tragique comtesse (Helène Theunissen)  une énergie extraordinaire. Tous deux et leurs compagnons font de ce spectacle pas toujours très accessible, une prestation théâtrale baroque et étonnante de brio!  La mise en scène de Danièle Scahaise oscille entre l'onirique, le burlesque, le maléfique et l'angélisme. Les comédiens de l'affiche de rêve de Théâtre en liberté jouent haut et sans filets, émergeant de  trappes et disparaissant tout à coup  par des portes dérobées dans le miroir noir de l'histoire. L'émotion est grande devant la  fragile  et généreuse résistance de la troupe  complice et son immense investissement théâtral. On entend le pas lourd  de l'ombre des géants à travers lequel  s'égrène le texte, avec ses zones d'ombre et ses éclairs de lucidité folle, qui nous préviennent contre  la montée du géantisme !

Mise en scène : Daniel Scahaise Avec Maxime Anselin, Barbara Borguet, Toni D’Antonio, Isabelle De Beir, Gauthier de Fauconval, Jaoued Deggouj, Daniel Dejean, Dolorès Delahaut, Karen De Paduwa, Christophe Destexhe, Bernard Gahide, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Bernard Marbaix, Laure Renaud Goud, Sylvie Perederejew,  Hélène Theunissen

Du 6 février 2014 au 15 mars 2014 au Théâtre de la place des Martyrs

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administrateur théâtres

En ce moment, au Centre Culturel d'Auderghem, la très  joyeuse troupe de "l'Opéra en fête" From Paris, of course!

Un spectacle musical de Raphaëlle FARMAN & Jacques GAY

Mise en scène : Raphaëlle FARMAN et Jacques GAY

Avec Raphaëlle FARMAN,

Frédérique VARDA, Jacques GAY, Franck CASSARD, Fabrice COCCITTO

Un Karaoke bien tempéré

On adore les surprises, surtout quand elles vous prennent si gentiment par le  cœur. Voici un spectacle totalement inédit, une brillante fantaisie musicale  née aux Deux Ânes à Paris qui se polit comme un galet parfait depuis bientôt trois ans  devant  une foule de bienheureux spectateurs qui ne se seront jamais autant amusés. Le monde appartient à ceux qui se couchent … tard et vous ne pourrez pas résister à aller bavarder avec les commis de « l’Opéra en fête » (c’est le nom de la troupe) accueillis par des chaleureux applaudissements au bar, après le spectacle.   Le cocktail est particulier et explosif : les plus timides donnent de la voix et les habitués des concerts de Patrick Bruel voudraient sortir leur briquet…

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 L’histoire racontée est celle du Sieur et Dame Dugosier de la Glotte et leur cher fils (qui ne s’appelle pas Tanguy). Ils revisitent avec émotion  l’histoire familiale depuis le temps des cavernes jusqu’à nos jours. Contant heurs et malheurs dignes de la succulence  des livres de Goscinny, le  fil conducteur suit des pépites chansonnières les plus drôles et les plus inattendues. Le pastiche amène des bouffées incontrôlables de rire et vous-même finissez par suivre les traces du chansonnier. Digne des grandes scènes d’opéra ce spectacle lyrique cause  une franche admiration, et la comédie porte haut la  jouissance du mot bien dit. La cadence bien tempérée permet de jouir de chaque minute comme si on respirait profondément les parfums de la musique. L’écriture enlevée du spectacle où règne le bel esprit  fourmille d’allusions très  plaisantes, tout comme  la mise en scène d’ailleurs, signée par les auteurs du spectacle, Raphaëlle Farman et Jacques Gay.

En filigrane vous y verrez l’évolution des mœurs, le rapport homme-femme, les rapports de force dans la société, de la Carmagnole au Temps des cerises…  et bien sûr  mille et une broderies sur l’amour (…et l’argent). A chaque époque - prononcez "magnifailleque" - les voix magnifiques  des quatre comédiens chanteurs entonnent les tubes mythiques de l’opéra. Fermez les yeux, vous y êtes. La passion, la puissance, les vibratos, les legatos enchanteurs, les couleurs, le miel et le cuivré de la voix, tout y est, que ce soit  chez la Duchesse de Gerolstein, à la Péricole, au Pays du sourire, à la Vie parisienne… Mais vous vibrerez bientôt vous-même, de la tête aux pieds, en osant poser vos propres trémolos sur  les Carmina Burana, le Choeur des esclaves  de Nabucco ou Plaisir d’amour.  Sans compter le scintillement ininterrompu d’anachronismes savoureux qui passe en revue des musts de la chanson française (ou presque).                                                                                                                                                                                            Fabrice Coccitto, le malicieux pianiste comédien est  d’ailleurs extraordinaire et s’emploie à créer les atmosphères comme ces Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau joués dans une lumière tamisée. Pendant qu’il joue devant des spectateurs subjugués, c’est un ballet de changement de costume accéléré qui se passe en coulisse, et puis sur scène débarquent la splendide diction de Raphaëlle Farman (soprano), digne de la Comédie française, le bagou tinté de Belmondisme de Jacques Gay (baryton), les duo de domestiques délicieux et farceurs (Frédérique Varda et Frank Cassard), la chorégraphie d’une esthétique de grands maîtres ou de grands surréalistes, à vous de choisir. Après tout, on est à Bruxelles, n’est-il pas! Qu’il est donc  doux de se laisser enchanter par tant de qualité vocale!  Et on les adore, ces Brigands du théâtre et du chant lyrique!

http://www.cc-auderghem.be/index.php/component/redevent/details/206.html

 

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Les Editions masquées.

 

Le masque a pris la plume pour écrire aux carnavals,

L’œil  percé  d’écriture  surgie  d’un  autre  monde,

Où  l’on  tue  les  énigmes  à  la  fin  du  festival.

Le masque  a pris la plume pour écrire aux carnavals,

Et  venger  le  martyre  de  l’enfant  moribonde,

Succombant sous le talent des traits de la faconde,

Le masque  a pris la plume pour écrire aux carnavals,

L’œil  percé  d’écriture  surgie  d’un  autre monde.

 

La plume  s’est   faite  épée, a  saigné  furibonde,

De  mots  d’un  coupe-gorge,  exécuté  son  rival,

Dans le sang de ses écrits, à sa façon immonde,

La  plume  s’est  faite  épée, a saigné  furibonde.

Sous un vil déguisement s’est enfuie sur son cheval,

Pour glisser dans le jaune et noir du salon médiéval,

La plume s’est  faite épée, a  saigné  furibonde,

De  mots  d’un coupe-gorge, exécuté  son  rival.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES

Je ne suis pas coupable

 

Un partenariat

Arts

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Lettres

 

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administrateur théâtres

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Un air de Famille


Mise en scène : Olivier Leborgne 

Avec Olivier Cuvellier : Philippe
Marie-Line Lefebvre : La mère
Julien Lemonnier : Denis
Frédéric Lepers : Henri
Cécile Van Snick : Yolande
Stéphanie Van Vyve : Betty

« A force de préciser sa pensée, on en arrive à très peu de mots pour le dire. J’aime beaucoup le dialogue, j’éprouve un vrai plaisir à le faire, à trouver ce qui est le plus juste. La gageure était d’écrire très parlé et de dire des choses. »


Du 11 au 28 février 2014 au Théâtre Jean Vilar : Un air de Famille, la pièce d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri*


Le pitch : Chaque vendredi soir, la famille Mesnard se réunit au bar-restaurant « Au père tranquille », tenu par l’un des fils, Henri (Riri). L’autre fils, Philippe, vient de passer à la télévision régionale et son épouse Yolande va fêter son anniversaire. Betty, la sœur qui marche sur ses trente ans, vient, quant à elle, d’avoir une sérieuse altercation avec leur chef commun, Benito Massolini.  Le cher Philippe (aux airs de tueur) est incarné par Olivier Cuvellier,  à la perfection. On attend en vain Arlette, l’épouse d’Henri, pour aller dîner mais elle tarde... Lorsqu’elle se décide enfin à appeler de chez sa copine, c’est pour annoncer à Henri "qu’elle ne reviendra pas ce soir". Elle doit « réfléchir ! »"Paraît que j'ai pas de considération pour elle!" Mais que va dire la sainte famille?


Henri, le patron des lieux est l’imbécile de la famille: le jeu de Frédéric Lepers est parfait. Il  a de la tendresse pour les joueuses de tennis en jupette et dit qu'il l'aime, son Arlette. Il nourrit sa conversation de dictons, ce qui irrite prodigieusement Betty. Il est l'enfant maudit de la reine-mère et a pour  riche conversation, ses apartés avec son clebs arthritique. "On est comme on est, on change pas, j'te dis! " 


  Une époustouflante Marie-Line Lefebvre, ou peut-être votre propre belle-mère, bien-pensante et vieux-jeu en diable, interprète Madame Mère en plein délire. Elle se plaint à répétitions de son mari défunt qui manquait tellement de tout et surtout, d'ambition.Tandis que Philippe.... Tout en ne perdant jamais une occasion d'asticoter sa fille Betty.


Cécile Van Snick est une inénarrable YoYo, drôle à souhait, la femme soumise de Philippe et  le pendant féminin de RiRi. Elle voudrait juste « un peu vivre », partir à deux en voyage ...et reçoit comme cadeau d’anniversaire du tandem mère-fils un collier de chien et le chien qui va avec.  N.B. de la même race que la pauvre ruine appelée Caroso qui jappe dans  son panier au fond de la salle. Pour énerver son frère, Betty pousse sa belle-sœur à boire Suze sur Suze. Denis, le serveur, beau à en tomber, met le jukebox "C'est son anniversaire Non? " Ils dansent. Le craquant Denis, écoute, ne juge pas, lit des livres au coin d’une table et astique avec philosophie sa pompe à bière. C'est Julien Lemonnier , sortit de IAD en 2009.


Et enfin Betty la fille pas tranquille du tout, est un paquet craquant de charme, « mal fagoté » débordant de vitalité et de rébellion, qui n’offre rien aux anniversaires et crache sur tous les règlements. Elle a dit son fait à Benito le jour même et - simple question de justice -  fera de même avec Philippe et sa mère!   Une authentique garce que l’on adore car elle fonctionne au Vrai, passionnément !


Olivier Leborgne ("Sois belge et tais-toi", "Sur la route de Montalcino") adapte cette œuvre avec beaucoup de doigté à la situation d’une famille résolument belge qui veut faire bonne figure mais a tout raté, question communication. Sans avoir jamais l’air d’y toucher, Denis, lui, l'intrus, écoute, compatit, remonte le moral, conseille et charme. Le public l'adore.

Le très beau décor mis au point par Lionel Lesire et Jean-François Viot est une véritable contraction temporelle. Il réussit à projeter l’action au temps de …MATHUSALEM ? Une action qui se déroule dans les années 90 - Dieu que c’est loin ! - avec un décor totalement  rétro des années 70, qui donne à son tour la tentation  de plonger dans les années 50 !  Toute une vie, quoi ! Mais les relations entre les personnages n’ont pas pris une ride, ni leur parler. Il y a une sorte d'immortalité.  C’est du vécu pour chacun d’entre nous, au quotidien… en 2014, tout comme dans la mythique famille Duraton  du feuilleton radiophonique des années 50! Du théâtre de conversation où se révèle une image satirique de  la société avec son lot de rivalités, d'hypocrisies, de malentendus et d'incommunicabilité.  

Lorsque la dynamique de la férocité familiale s’enclenche, personne ne sait où cela va s’arrêter! La réunion  hebdomadaire de famille tourne au cauchemar. Les interprétations de chaque personnage sont succulentes: des plats cuisinés de typologies hypertrophiées qui ont le don de faire rire à chaque tournant de phrase ou de non-dit! Du théâtre intelligent et sensible, une présence en scène fabuleuse pour chacun des personnages, une gestuelle merveilleusement étudiée… jusqu’à celle du pauvre clebs ! Et par-dessus tout, la splendide diction, le charme, la jeunesse et la finesse de notre comédienne préférée : Stéphanie Van Vyve !

A vos agendas! http://www.atjv.be/

http://www.atjv.be/Un-Air-de-famille

*La pièce  d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri créée en 1994 au Théâtre de la Renaissance à Paris, qui obtint l’année suivante  deux Molières et fut  adaptée au cinéma par Cédric Klapisch  rafla trois Césars en 1997.

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administrateur théâtres

images?q=tbn:ANd9GcRGUN7RmAaOyeuJyWiK0vXmKAIMmH4_NwhJpHperVLI7bR4790M12272993885?profile=originalCeci n’est pas une pomme

Griserie verbale, théâtrale, musicale et chorégraphique à la première ce soir à la Clarencière! Theatregoers! Go for it! You won't regret! Somptueuse anthologie de textes et chansons : des misérables aux désirables! Un trio de comédien et comédiennes époustouflant qui revisite et le surréalisme poétique belge, et la Lost Generation... et les années 20 à Paris! Sublime spectacle, mû par l’amour de la culture! Diction parfaite, langue merveilleuse, les trois comédiens Laurence Briand, Rosalie Vandepoortaele et Laurent Laigneaux (le musicien-comédien)  partagent un inimitable pouvoir de suggestion.

Dès les premières secondes, on se sent aspiré par le souffle puissant de l’histoire littéraire du début du XXe siècle qui revit soudain à la lueur d’antiques lanternes. 2014 : Anniversaire du centenaire, me direz-vous ? Les personnages nous happent, nous attirent et nous fascinent.

Voici un défilé de textes soigneusement choisis par Rosalie Vandepoortaele  qui a composé une véritable anthologie vivante, dense et documentée où l’on retrouve tour à tour, sertis dans un écrin musical approprié LA VICTOIRE DE LA MADELON - PAUL NOUGE - CAMILLE GOEMANS - BLAISE CENDRARS -E.L.T MESENS - PHILIPPE SOUPAULT - HENRI MICHAUX - ROBERT DESNOS - R. RADIGUET - ANNA DE NOAILLES - PARLEZ-MOI D'AMOUR - GERTRUDE STEIN - F. Scott FITZGERALD - LOUIS ARAGON - ANTONIN ARTAUD - EN DOUCE - MARCEL LECOMTE - MAX JACOB avec des clins d’œil appuyés au peintre MAGRITTE ! Un enchaînement bourré d’intelligence et de finesse! C'est elle qui avait  fait la mise en scène du spectacle "Le Chat noir," l'an dernier. Elle aime les textes de qualité.

« Selon ma doctrine » il est défendu (sous peine d’imbécillité) de rien prévoir. Ce que je ferai dans tous les domaines est imprévisible tout autant que l’apparition d’une réelle image poétique. » « Etre surréaliste, c’est bannir de l’esprit le « déjà vu » et rechercher le pas encore vu » Magritte

Entre ombres et lumière, les mots et la poésie transfigurent les corps et les visages des comédiens. La bouche et les sourires sont ceux de trois muses théâtrales apprivoisées et offertes à un public reconnaissant. Chaque mouvement est fascination:

 Rosalie :

Ma bouche qui bouge

devant vous

n'est pas habitée de paroles

ordinaires

 

Laurence :

Ma bouche ce soir est habitée

de paroles qui ne sont

pas à moi

de paroles qui ne sont pas des

chansons ni des charmes

 

Rosalie :

mais balles de fusils

 

 On ne peut assez se répandre en louanges et vouloir partager tout le plaisir que l’on reçoit avec les spectateurs qui nous entourent. Applaudissements nourris, « bravos » qui fusent en plein spectacle, rires, grognements de bonheur ou de révolte partagée. Tout le monde a envie d’exprimer bruyamment son ravissement. Le lieu s’y prête d’ailleurs parfaitement  et  les vagues de bonheur se répandent avec candeur…  Et de remercier autour d’un verre après le spectacle  de la façon la plus tangible ces comédiens généreux qui nous ont offert une  prestation hors pair. Quelle sensibilité, quelle subtilité, quel jeu, quelle présence et quelle dramaturgie éblouissante de la metteuse en scène Isabelle Nasello ! Ceci n’est pas seulement un Bijou, c’est tout un univers. Cheers!

Welcome to les Années Folles
Dans le cadre de la St Valentin


Interprétation : Laurence Briand, Rosalie Vandepoortaele et Laurent Laigneaux
Mise en scène : Isabelle Nasello
Montage original : Ropsalie Vandepoortaele
Conception décor : Kaernunos ASBL
Production : Toc toc Art

www.toctocart.com/Welcome_to_the_annees_folles.html">http://www.toctocart.com/www.toctocart.com/Welcome_to_the_annees_folles.html


au théâtre de la Clarencière! 


http://www.laclarenciere.be/

Cover Photo

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Patrimoine: La Maison d'Erasme à Bruxelles

La Maison d'Erasme et le Béguinage sont deux des plus anciens musées communaux de Belgique. Avec la Collégiale des Saints Pierre et Guidon ils forment un ensemble historique de qualité qui rappelle le passé glorieux de la Commune d'Anderlecht qui connut un développement important au Moyen Age grâce au culte de Guidon, saint protecteur du bétail, et à sa situation sur la route du grand pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle. C'est en 1252, grâce à une donation d'un chanoine, qu'un petit béguinage de huit personnes s'implanta, à l'ombre de la Collégiale.

Alentour de la Collégiale on trouvait une série de maisons d'importance dans lequelles résidaient les chanoines du chapitre d'Anderlecht (parmi lequel on compta un pape, Adrien VI en 1522). C'est dans une de celles-ci que vint le grand humaniste Erasme de Rotterdam en 1521 rencontrer son ami le chanoine écolâtre (chargé de l'enseignement), Pieter Wijchmans.

Anderlecht était à l'époque un tout petit village, à la campagne, dans lequel habitaient seulement 300 âmes, c'est pourquoi Érasme écrivit à son ami français Guillaume Budé, qu' il avait suivi son conseil en venant à Anderlecht, car lui aussi voulait se mettre à jouer au paysan ! Bien que son séjour fut bref, il marqua profondément les esprits, puisque au xviie siècle, on venait déjà en "pélerinage" voir la maison "où avait vécut le grand Erasme". Aujourd'hui, cette maison abrite à la fois un musée qui conserve des œuvres anciennes (des tableaux de primitifs flamands, des sculptures, des meubles) et un centre d'études riche de milliers de livres précieux dans lequel de nombreux chercheurs y poursuivent l'oeuvre scientifique d'Erasme.

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La Maison d'Érasme organise aussi avec la librairie Quartiers Latins des promenades en français sur le thème "Érasme à Bruxelles" avec le conférencier Emmanuel Dekoninck.



La Maison d'Erasme abrite également des Sociétés savantes

-FNRS, Groupe de contact Histoire de l'humanisme et des réformes
Bruxelles-Liège
Le Groupe de contact réunit des chercheurs universitaires travaillant en Belgique. Il organise deux fois par an une journée, alternativement, autour d'un thème humaniste ou d'une problématique religieuse.
Présidente: Marie-Élisabeth Henneau (ULg), Vice-Président: Franz Bierlaire (ULg), Secrétaire: Alexandre Vanautgaerden (Maison d 'Érasme)



-FISIER
La Maison d'Erasme abrite le site de la Fisier (Fédération internationale des sociétés et instituts pour l'étude de la Renaissance) dont le but est d'encourager, de promouvoir et de coordonner, sur un plan international, les études et recherches scientifiques sur la période de la Renaissance sous tous ses aspects. Président Philip Ford (IANLS), Trésorier Catherine Magnien (SFDES), Secrétaire Alexandre Vanautgaerden (Maison d'Érasme).

-Institut interuniversitaire d'Histoire de la Renaissance (IHR)
Bruxelles
La Maison d'Érasme abrite le site de l'Institut interuniversitaire d'Histoire de la Renaissance qui réunit des membres du corps professoral des deux universités bruxelloises, francophone (ULB) et néerlandophone (VUB), et des chercheurs seiziémistes affiliés à cet institut. Président Arnout Balis.

 


Voir également:


L’Eloge de la folie, message clandestin d'une culture qui va fonder l'homme sur le refus ou l'amour

Un billet sur un livre traitant de la Maison d'Erasme

 

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administrateur théâtres

Propos très vrais… à propos de l'Art du Mensonge!

Il y a quelques temps, on jouait  à la Comédie Claude Volter « Si tu mourais » une autre  pièce de Florian Zeller d’une très belle facture. Et déjà, le mensonge n’était pas une vérité en l’air ! Aujourd’hui, au théâtre des Galeries la nouvelle pièce de Florian Zeller « La Vérité » qui est encore une comédie sur le mensonge, est  résolument moderne. C'est l'histoire d'un menteur … à qui tout le monde ment. Sa femme sa maîtresse, son meilleur ami. Cette pièce légère et très cohérente est admirablement servie par un quadrille de comédiens chevronnés, tous plus justes (vrais?) dans leur interprétation les uns que les autres. Remarquez, on s’en doutait un peu, car la distribution cinq étoiles ne peut pas faillir. MARIE-PAULE KUMPS, MARIE-HELENE REMACLE, MICHEL PONCELET et PIERRE PIGEOLET (qui s’appelle Michel) réalisent un sans-faute pour interpréter magistralement, la vitalité et le charme piquant des dames, et le contraste entre l’honnête homme et le mufle, du côté hommes. Des personnages humains et attachants, même celui de Michel qui nous tend son miroir grossissant !

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Le spectateur suit l’évolution de l’intrigue l’œil amusé car c’est à lui de deviner la vérité. Pour une fois, contrairement aux ressorts habituels du théâtre de boulevard, les personnages sur le plateau tournant ne sont jamais sérieux. Tout est faux ! Seriously ? Une pièce poisson d’avril avant l’heure… et une réflexion véritable sur l’approche Voltairienne du mensonge : « Le mensonge n'est un vice que quand il fait mal. C'est une très grande vertu quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment, et toujours. Mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai à l'occasion. » Une phrase en exergue de la pièce dans l’édition de chez Flammarion en 2011.

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Mais ce qui frappe surtout, c’est la peinture du monstrueux égocentrisme du personnage de Michel, surjoué à dessein par PIERRE PIGEOLET afin que nul n’en n’ignore. Cette masse d’égocentrisme pervers est tellement déferlante et irritante qu’elle contribue à faire accepter encore plus facilement la théorie de Voltaire ! Alors que le personnage de Michel utilise le mensonge uniquement à des fins personnelles. Sous le couvert du mensonge, cette pièce nous dit donc la vérité sur le plus grand défaut de l’homme. No kidding !


Cette comédie dont la mise en scène est signée Patrice Mincke amuse vraiment et pose en filigrane la question du mensonge sous toutes ses formes dans notre société.   Comme le dit très bien George Orwell : "A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire." ...Et dans les relations intimes,  connait-on jamais la vérité de l'AUTRE?


THEATRE ROYAL DES GALERIES, Galerie du Roi 32 1000 Bruxelles, Infos Réservations: 02 / 512 04 07

http://www.trg.be/saison-2013-2014/la-verite/en-quelques-lignes__4585

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Le Discours de la servitude volontaire

12272728454?profile=originalIl s’agit d’un essai d'Étienne de La Boétie (1530-1563), publié à Genève chez Simon Goulart en 1576 dans les Mémoires des Estats de Finance sous Charles Neufiesme.

 

Rédigé, d'après Montaigne, en 1548, le texte fait d'abord l'objet d'une circulation restreinte. Montaigne, qui publie en 1571 les oeuvres poétiques de son ami disparu, veut réserver au Discours une place digne de leur amitié, et en faire la pièce centrale du livre I des Essais. Il est malheureusement pris de vitesse par les idéologues calvinistes, qui publient une édition partielle du Discours en 1574, sans nom d'auteur, puis une édition complète sous le nom de La Boétie, 1576, et avec pour titre Contr'un. Le Discours connaît alors une certaine audience, avant de tomber dans un oubli relatif. Il faut attendre le XIXe siècle, et l'humanitarisme démocratique de Lamennais ou de Pierre Leroux, pour que le texte soit redécouvert et analysé en profondeur.

 

Le Discours s'ouvre sur une question énigmatique: comment est-il possible que le plus grand nombre obéisse à un seul homme? La servitude est un fait d'autant plus étrange que le peuple est lui-même artisan de son oppression: il montre une "opiniastre volonté de servir", qui témoigne de la méconnaissance de ses droits naturels. La liberté n'est-elle pas l'aspiration fondamentale de tout être vivant? C'est l'accoutumance, au premier chef, qui est responsable de cette dénaturation de l'homme: "Ils disent qu'ils ont esté toujours subjets; que leurs pères ont ainsi vescu; ils pensent qu'ils sont tenus d'endurer le mal [...]." Les tyrans s'entendent admirablement à "abestir leurs subjets" par divers moyens - jeux, fêtes, manifestations grandioses - qui leur ôtent le goût et jusqu'au souvenir de la liberté.

 

Mais le principal "ressort" et "secret de la domination", c'est de faire en sorte qu'un grand nombre d'hommes y trouve son intérêt: ainsi "le tyran asservit les subjets les uns par le moyen des autres", et fait d'eux des "tiranneaus", qui "s'amassent autour de lui et le soustiennent pour avoir part au butin". Un tel régime politique n'est qu'une assemblée de "meschans" qui "s'entrecraignent"; un tyran et ceux qui l'entourent ignoreront toujours le "nom sacré de l'amitié", qui signifie estime réciproque, et confiance en l'intégrité de l'autre.

 

Il est possible, comme l'ont soutenu plusieurs historiens, que le Discours ait été écrit sous le coup de la répression impitoyable qui suivit, en 1548, la révolte des communes de Guyenne contre la gabelle. Ce serait néanmoins réduire la portée du texte que d'en rendre compte par des circonstances sociales et politiques: la radicalité même du problème soulevé par La Boétie - qu'est-ce que l'essence de la domination? - suppose chez l'auteur une entière liberté intellectuelle, capable de s'arracher à d'étroites déterminations historiques.

 

Cette liberté rend d'ailleurs malaisée l'approche du texte, qui ne se laisse pas enfermer dans un genre particulier: il est tour à tour pamphlet, harangue et réflexion politique, comme si la difficulté de la question exigeait une grande plasticité rhétorique. Le début se présente comme un discours à la première personne: le "je" y dénonce avec véhémence le scandale de la tyrannie, en même temps qu'il amorce une analyse critique de la domination. Au bout de quelques pages, le "vous" surgit brusquement dans une apostrophe: "Pauvres et misérables peuples insensés, nations opiniastres en vostre mal et aveugles en vostre bien!" L'écrit devient parole, vivante injonction: "Soiés résolus de ne servir plus, et vous voilà libres..." L'apostrophe, néanmoins, s'efface aussi vite qu'elle a surgi, cédant la place à un "nous" ("Cherchons donc par conjecture [...] comment s'est ainsi si avant enracinée ceste opiniastre volonté de servir") dont la signification n'apparaît que plus tard: il regroupe les hommes qui, "aians l'entendement net et l'esprit clairvoiant", ne sauraient supporter la perte de la liberté. Il n'y a rien de hasardeux dans ces glissements pronominaux: le "je" suscite le "vous" pour mieux dramatiser le propos, mais cette harangue, adressée à un "gros populas" aliéné par la servitude, ne peut avoir qu'une faible efficacité; il faut donc que le "je" établisse un pacte d'amitié avec le lecteur lucide, pour que commence, dans le "nous", un effort commun de déchiffrement.

 

C'est que la domination d'un seul sur la multitude s'offre d'abord comme énigme scandaleuse: "Mais o bon Dieu, que peut estre cela? comment dirons-nous que cela s'appelle?" La servitude, c'est "ce que la langue refuse de nommer". Cet échec de la nomination voue le discours à inventer sa propre voie, hors du langage commun et des conceptualisations rassurantes: il se donne la tâche de penser l'impensable. C'est pourquoi il rejette d'emblée les facilités du causalisme psychologique - la servitude ne viendrait que de la lâcheté - pour forger une image neuve de l'homme opprimé, aussi scandaleuse que la question qui l'a suscitée: la servitude, dit-il, n'existe que parce qu'elle est volontaire. Rien de plus contradictoire en apparence que cette affirmation, puisqu'elle associe à l'état de passivité l'exercice d'une éminente faculté humaine. La contradiction s'atténue, néanmoins, si l'on prend acte de la profonde dénaturation de l'homme opprimé: c'est lui-même "qui se coupe la gorge", incapable de voir que celui "qui [le] maîtrise tant n'a que deus yeulx, n'a que deus mains, n'a qu'un corps"; c'est l'opprimé, en s'abandonnant à une image fantasmatique du pouvoir, qui produit à chaque instant sa propre oppression. Étrange scission du sujet, qui lui fait oublier et étouffer la liberté consubstantielle à son être premier: dans cet état de déchéance, les hommes deviennent "traîtres à eux-mêmes".

 

A cette intériorisation de la servitude s'ajoute un second ressort psychologique: le désir de chacun de s'identifier au tyran, en se faisant le maître d'un autre. Ce n'est pas à cause de ses moyens répressifs que la tyrannie perdure: c'est parce qu'elle libère la "meschanceté" des hommes, et qu'elle permet à chacun, même au plus opprimé, d'exercer son oppression sur un plus petit que lui. Si le Discours est un remarquable essai de psychologie politique, c'est qu'il brouille les images trop claires et distinctes. L'état de domination, semble dire La Boétie, ne met pas simplement face à face des dominants et des dominés: chacun, dans cette structure socio-politique, est à l'origine de sa propre aliénation et de l'asservissement d'autrui.

 

C'est en vain qu'on chercherait dans le Discours les moyens de briser cette dialectique du serf et du tyran. A l'oppression politique, La Boétie ne répond ni par un éloge du tyrannicide, ni, comme pourrait s'y attendre un lecteur moderne, par une apologie du républicanisme et de la démocratie: il prône, dans les dernières pages, le "nom sacré de l'amitié", et la "mutuelle estime" qu'elle suppose entre les hommes. Conclusion déconcertante, que l'on aurait tort de prendre pour une échappatoire ou un simple épilogue rhétorique: la cohérence du Discours est en réalité remarquable. Il ne saurait être question, pour La Boétie, d'opposer à la tyrannie un "bon" régime politique: n'a-t-il pas montré, dans les pages précédentes, que la typologie traditionnelle n'était guère valide à ses yeux, et que "toujours la façon de régner est quasi semblable"? Les institutions peuvent changer, l'essence de la domination reste identique. Ce pessimisme politique est peut-être discutable, il n'en explique pas moins que La Boétie déplace la question du plan politique au plan éthique: ce n'est pas une doctrine qu'il faut opposer à la tyrannie, c'est une forme de vie, une exigence qui fasse renouer l'homme avec son humanité. L'amitié n'est sans doute pas une arme qui renversera les despotes, mais elle est un ferment et une garantie: l'égalité qu'elle suppose entre les hommes entretient l'idée de liberté, même dans les pires moments d'oppression.

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administrateur théâtres

Dans un rythme d’enfer, sortir du cadre!

Je danse donc je suis…

Bob'Art et Pop art, Béjart et Béchart, Danse et Pense : jusqu’où iront les jeux de mots ? Voici un spectacle rebelle très fignolé, monté avec un dynamisme de feu et l’énergie salvatrice du rire. Sortir du cadre : imaginez des cascades de corps sur des miroirs, des tableaux de maître au murs qui s’animent, les faux –semblants d’un cocktail de vernissage, une parodie du boléro de Ravel a capella, et quatre hommes et une femme bobstyle, coiffure au carré, dans un même bateau.

156226_536581049686198_109301172_n.jpg?width=180Ils sont tous animés par la flamme artistique et se connaissent depuis qu’ils ont quitté l’école. Up and down, ils dansent sur l’eau ! C’est leur quatrième spectacle qui se joue actuellement à bureau fermé au théâtre Marni. Les 5 danseurs sont issus de la compagnie mondialement connue que le très regretté chorégraphe français Maurice Béjart fonda à Lausanne, en Suisse, en 1987, lorsqu'il quitta Bruxelles et le Théâtre de la Monnaie, mettant ainsi un terme au prestigieux Ballet du XXe siècle. Jeunes, débordants de talent et d’idées, ces danseurs ont choisi de créer leur propre compagnie il y a trois ans : Opinion Public.

Audacieux plongeon dans l'inconnu, ils ont fait le choix de développer leur propre style, dans un cadre où les danseurs se sentent responsables de toute la production: musique, texte, chorégraphie, lumières... Avec beaucoup de brio ces jeunes artistes, quatre hommes une femme, décortiquent la vanité et les hypocrisies de la société dans ce dernier spectacle. On est éclaboussé par le surréalisme d’une histoire de chat qui danserait sur l’eau en portugais - mais les mimiques font mouche - et le spectacle traduit avec grande sensibilité corporelle l'inquiétude devant la manipulation de nos vies. Ne veut-on pas bientôt d’abord savoir ce que l’emploi de demain réservera à nos jeunes, avant de dispenser l’indispensable enseignement de notre culture ?

Corps à corps en accords et désaccords, rotations et glissages vertigineuses au sol, retour à la vie au fil de l'eau. Les corps flottent et se conduisent comme des chevelures. Abandons et envols. La souplesse vitale suspendue par le fil d’un vêtement ! Esquives étreintes, violences, prises improbables, les couples éphémères dansent leurs batailles sur des crescendos musicaux et dans des creux de silence. Les changements de costumes sont émaillés de confidences : « le bonheur est enterré au fond du jardin! » Des groupes de pingouins, morses, phoques, et autres grenouilles se dandinent sur la noire banquise du plateau. Les voilà qui roulent leur miroir et cela devient un travail de percussions à la chaîne ou une Parodie de clowns sur chaises musicales…. Les grimaces snob sont artistiquement décapées par une attitude poétique très perceptible dans la chorégraphie et dans les mouvements en canons. A la fin c'est le corps humain dans toute sa sacralité qui a le dernier mot.

Cela se passait il y a quelques soirs  au Théâtre Marni:

http://www.theatremarni.com/spip.php?page=detail_event&date=2014-02-05

http://www.opinionpublic.be/BOBART.html

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