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Qu'aimeriez-vous que l'on vous offre?

 

 Propos

 

Le sort est muet, sans promesses,

N'annonce peine ni liesse.

Or nul n'entendra une voix

Lui proposant de faire un choix.

La nature abonde en mystères.

On aurait tort de faire taire

L'espérance qui crée des voeux

Et fait croire que tout se peut.

Merlin, l'illustre magicien,

Distribuait, dit-on, des biens

À ceux qui rêvaient de richesses

Et non pas de simple tendresse.

Qu'aimeriez-vous que l'on vous offre?

Près de moi, il y a un coffre

Qui contient des instants de vie

Emplis de douce poésie.

Vous avez le droit d'y puiser;

Cela vous paraîtra aisé.

La poésie, même naïve,

Est source d'énergie active.

29 avril 2014

 

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 I) Résumé de ma "causerie" du Vendredi 23 Mai 2014 :

 

Je vous transmets que j'aurai le plaisir de saluer la mémoire de la figure féminine prépondérante d'Anne de Bretagne, pour son action en faveur des arts, en ce millésime 2014 commémorant sa disparition, par une causerie- conférence d'un genre historico-littéraire « inédit », puisque la poésie y sera conviée, outre des chroniques de l’histoire source de l’odyssée botanique .

La manifestation se déroulera le 23 mai prochain, au cœur de son fief des domaines d'Amboise, du Clos-Lucé au château Gaillard, et comme, naturellement, certains d'entre-vous brûlent, n’en doutons pas, d'en connaitre le thème, le voici :

 « Évocation de la flore à l’aube de la Renaissance

 ou

Promenade dans un Jardin des Délices retrouvé

sous la guidance de la reine-mécène Anne de Bretagne »...

Pour la circonstance, je m’appuierai en l’occurrence, sur ce splendide manuscrit signé du peintre enlumineur Jean Bourdichon, qui nous offre un témoignage incomparable d'espèces végétales acclimatées en val de Loire, ce « Jardin de la France », ancré au cœur du pays  de rabelaisie, mais pas seulement, étant donné que les coutumes florales héritées du Moyen-âge y sont aussi célébrées, telle la fameuse fête de Mai.

L'une des miniatures,folio7r du manuscrit représentant le mois d'Avril, dépeint entre-autres, la reine Anne de Bretagne au cœur de l’un de ses enclos castraux, s'adonnant à l'art de tresser un « chapel de flors » (chapeau entremêlé de fleurs) passe temps significatif de l’art courtois, fort prisé sous la période médiévale des « gentes dames et gentils seigneurs », parure portée en couvre chef, confectionnée ici des mains de la reine, de roses vermeilles et blanches...

Quel est mon dessein ? Tout simplement de jouer un rôle de passeuse, suscitant l’intérêt en faveur d'une assemblée curieuse, amoureuse du beau et de messages à « décrypter ».Bref, il me tient à cœur, de parler d'un monde disparu riches de traditions florales et poétiques, en ayant le moins de frontières, de cloisonnements possibles, et tout en conservant à l'esprit de « vulgariser »mon propos, au sens noble du terme, afin de le rendre accessible sans pour autant le dénaturer !

À l’intention de ceux qui auraient donc, le loisir de rejoindre ce Colloque portant sur l'Art des Jardins, faisant intervenir une pléiade de personnalités qui ont toutes comme dénominateur commun d’œuvrer pour le patrimoine ligérien, veuillez trouver ci-joint le pré-programme de ce dernier, dans l’attente de vous communiquer le programme complet.

Je me ferai un grand plaisir de vous y retrouver, réservant le meilleur accueil à vos interrogations d’auditeurs qu’elles soient érudites ou néophytes…

Mais, j’entends déjà les préparatifs des réjouissances sonner le carillon, soit, qu'il me faut me recueillir dans ma tour d'ivoire, afin de commencer à composer ce texte, et vous dis ainsi peut-être à bientôt.

 

Valériane d’Alizée

 

II) Premier jet du Programme de la journée

COLLOQUE : «  HONNEUR À L’ART DES JARDINS »

VENDREDI 23 MAI 2014

organisé

 

par l’association la Ligérienne du patrimoine

(Président Carol Geoffroy guide conférencier)

 

sous le haut patronage des propriétaires du Clos Lucé (François Saint Bris)

et de château Gaillard (Marc Lelandais)

 

THÈME DU COLLOQUE 

ARCHITECTURE VERDOYANTE

ET CULTURE DES LIEUX DE PLAISANCE EN VAL DE LOIRE :

SOUVENIRS ANTIQUES ET RENAISSANCE

 

CHATEAU DU CLOS LUCE DE 10H15 A 12H00

 

10h15 : Introduction par François Saint Bris, propriétaire du château du Clos Lucé.

10h20 : Le substrat antique : aspects artistiques et religieux, par Jean Nicolas Corvisier,

professeur d’histoire à l’université d’Arras.

10h50 : « Une renaissance des jardins et une restitution réussie au château de Chamerolles »,

par Florence Vassal, responsable de ce Château

11h20 : Léonard et la nature : création des jardins de Léonard au Château du Clos Lucé,

par François Saint Bris.

 

CHATEAU GAILLARD DE 14H15 A 17H30

 

14h15 : Introduction par Marc Lelandais, propriétaire de château Gaillard 

14h20 : Évocation de la flore à l’aube de la Renaissance ou Promenade dans un jardin des délices retrouvé

sous la guidance de la reine-mécène Anne de Bretagne,

par Valériane d’Alizée, créatrice-passeuse de verbes et d’Arts.

14h50 : Apport de l’exotisme méditerranéen dans l’espace ligérien par Pacello da Mercogliano :

Château Gaillard : un laboratoire à ciel ouvert, par Marc Lelandais

15h20: :Questions suivies d’une pause  

15h 45: La touche personnelle de Pacello de Mercogliano dans les jardins du roi et de la reine

au château de Blois, par Pierre Gilles Girault, conservateur adjoint du château de Blois 

16h15 : Villandry, histoire d’une double renaissance, par Henri Carvallo, propriétaire de ce château.

 

17h15 : DÉBAT AVEC LE PUBLIC

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES :

CES DEUX CHÂTEAUX SONT SÉPARÉS DE SEULEMENT 300 MÈTRES

TRÈS IMPORTANT : PRIÈRE D’EFFECTUER LES  RÉSERVATIONS

UNIQUEMENT PAR TÉLÉPHONE : AU 06. 33. 51. 58. 18

ou me contacter personnellement en message privé via ce réseau.

 

APRÈS CONFIRMATION DE VOTRE VENUE, RENDEZ-VOUS POUR

REJOINDRE LA RENCONTRE DE L’APRÈS-MIDI SE DÉROULANT A CHÂTEAU

GAILLARD, DEVANT LE PORTAIL DU DOMAINE DU CLOS-LUCÉ À 13H45 PRÉCISE.

Lien vers un condensé historique de Château Gaillard, résidence royale :

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Ch%C3%A2teau-Gaillard_%28Amboise%29

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Au cœur de hautes murailles castrales abritant un jardin secret protégé, une suivante de la reine,

cueille au dessus de la palissade de treillages en bois rehaussés d’or, roses « candides et vermeilles »

destinées à être confectionnées en couronne, tandis qu’en compagnie de sa dame de parage,

Anne de Bretagne, s’adonne à l’art raffiné de tresser un « chapel de flors » reposant sur un tapis verdoyant

semé de mille et une flourettes  auprès d’une banquette d’herbe tendre…

 

Le Mois d'Avril, folio 7r, issu des« Grandes Heures d'Anne de Bretagne »

de Jean Bourdichon (1457 ou 1459-1529)

manuscrit enluminé réalisé entre 1503et 1508 sur commande de la reine

par le« peinctre et valet de chambre ordinaire du roy » officiant sous les règnes successifs de Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier.

 

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12273004466?profile=originalProspectors returning to camp. 62 degrees below zero, Alaska (photo B. L. Singley, 1900).

"Le grand thème de la vie, c'est la lutte et aussi la souffrance. Instinctivement, toutes mes clowneries s'appuyaient là-dessus.",

Charles Chaplin.

12273004673?profile=originalLe dégel de la "boue payante" à l'eau chaude, Alaska  (photo Frank H. Nowell, 1903).

"Il fut si content, quand le film de Charlie Chaplin "La ruée vers l'or" fut tourné, de voir venir à lui les producteurs pour des photographies de cabanes en bois, de toute cette neige et cette glace, de congères et des gens, afin de pouvoir bâtir des décors authentiques.",

Dorothy Helling,

fille du grand photographe du Yukon et de l'Alaska Frank H. Nowell (1864-1950)*.

Car Chaplin, en perfectionniste qu'il était, tenait à ce que son film sonne vrai.

12273003684?profile=originalPorteurs dans l'ascension du col de Chilkoot (photo E. A. Hegg, 1898).

Les repérages à Truckee (Californie) eurent lieu du 20 au 24 février 1924 (Buster Keaton y avait déjà tourné "Malek l'esquimau" en 1922), puis le tournage lui-même avec plus de six cents figurants dans ce décor naturel, si semblable au col de Chilcoot, jusqu'au 26 avril 1924.

Le reste fut réalisé en studio avec notamment un cyclorama, une longue toile de fond sur roulettes pour simuler les scènes de tempêtes de neige, et la fameuse cabane, une maquette lorsqu'elle est suspendue dans le vide, et une autre, grandeur nature, actionnée par des câbles et des poulies. Et des effets spéciaux, une double exposition pour le poulet géant se substituant à Big Jim McKay (Mack Swain), le compagnon d'infortune de Charlot.

12273005296?profile=originalMort ou vif ? Prospecteur campant sur la piste de l'Alaska (photo Nowell & Rognon, ca 1900).

"... Rien que la neige et un idiot meurtri

Tranquille et endormi, il sera bientôt matin..."

Extrait de Lost  in Ballads of a Cheechako, Robert W. Service, 1909).

Les dernières prises eurent lieu les 14 et 15 mai 1925 avec la mort de Black Larsen (Tom Murray) sous une avalanche (la scène finale sur le bateau, celle de la version initiale, le fut elle en avril, sur "The Lark", un vrai navire).

Si l'on regarde le film image par image (ce que j'ai fait !), on peut lire sur une tombe "Here lies Jim Surdough", scène émouvante, rencontre spectrale dans le brouillard. Mais aussi jeu de mot. Le sourdough, littéralement "petit pain aigre", c'est le vétéran, le vieux de la vieille, le dur-à-cuire, capable de survivre dans le blizzard pour peu qu'il lui reste un bout de pain dans la poche. Il s'oppose au jeunot, au pied-tendre, au cheechako, un vrai charlot (ces deux termes sont spécifiques de l'argot des mineurs participant à la ruée du Klondike).

12273006084?profile=originalThe morgue, after the snowslide, april 3rd, 1898, Sheep camp, Alaska (photo B. L. Singley, 1898).

Dix-sept mois d'un tournage épique.

Une avant-première eut lieu au Forum Theatre le 28 mai 1925, suivie de la première mondiale le 26 juin au Grauman's  Egyptian Theatre à Hollywood.

Une sortie, un triomphe.

En 1942, Chaplin reprit le film, en changeant la fin. Dans la version d'origine, Charlot et Big Jim, fortune faite, retrouvent Georgia (Georgia Hale) sur le bateau et s'en retournent vers le monde civilisé et les lendemains qui chantent. Happy end.

La nouvelle version offre une fin plus équivoque avec les deux personnages qui s'éloignent...

Les sous-titres, trop datés, sont remplacés par une "voix off" et une musique composée par Chaplin. Le nouveau texte narré par Chaplin s'inspire de Robert W. Service (1875-1946), "le poète du Klondike" dont "La piste de 98" fut portée à l'écran en 1929 par Clarence Brown.

12273006668?profile=originalRobert W. Service devant sa cabane en rondins (1909).

Nouveaux effets, nouveau succès.

12273007100?profile=original"Il y a l'or, et il vous hante, vous hante,

Il me tourmente encor et encor ;

Encor n'est-ce pas tant l'or qui m'aimante

Que la découverte de l'or.

Les vastes horizons, au loin, tout là-bas,

Les forêts où le silence a droit de cité ;

La beauté qui m'emplit de ses appas,

La minéralité qui m'emplit de paix."

Robert W. Service

(traduction M. L., document ca 1910 avec de vraies paillettes d'or du Klondike).

"La ruée vers l'or", reste aujourd'hui encore une des plus belle pépite du cinéma mondial. Inoubliable.

A suivre...

Michel Lansardière (texte, photos et documents originaux).

* citation extraite de "Photographers of the Frontier West" de Ralph W. Andrews, 1965. Traduction L. M.

Note additionnelle:

12273002858?profile=originalCe billet, traduit en anglais (via google traduct, il s'agit donc d'une traduction machine)

Robert Paul

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"C'est le film par lequel je veux que l'on se souvienne de moi",

Charles Chaplin (1889-1977).

12273000053?profile=originalChercheurs d'or à l'assaut du col de Chilkoot, Alaska (photo B. L. Singley, 1898).

Quelques scènes-clés d'abord du film The gold rush (1925) :

http://youtu.be/4x8pXJx4uOI

"La ruée vers l'or" : un projet pharamineux qui s'avéra être la comédie la plus longue et la plus coûteuse de l'époque. Tournée dans la douleur, et à plus d'un titre. Conditions de tournage, coûts astronomiques, déboires sentimentaux, changements d'acteurs principaux... tout concourait pour aboutir à un fiasco.

L'histoire d'abord s'inspire de deux faits historiques dramatiques :


La Donner party en 1846, au tout début de la conquête de l'Ouest.

12272999899?profile=originalUn convoi d'émigrants en route pour l'Ouest (photo sur papier albuminé, ca 1860).

Un convoi parti d'Independance (Missouri), et même avant puisque les familles Reed et Donner firent leurs malles à Springfield (Illinois) pour se regrouper à Independance, pour arriver au Fort Sutter (actuelle Sacramento) en Californie au printemps 1847. Enfin, pour ceux qui survécurent...

Cinq familles, les Breen (Patrick et Margaret et leurs 7 enfants de 14 à 1 an), les Reed (James et Margaret, belle-maman Sarah Keyes, 70 ans, et 4 enfants de 12 à 4 ans), les Graves (Franklin et Elizabeth, 9 enfants de 21 à 1 an), les frères Donner, Jacob, sa femme Elizabeth, leurs 7 enfants (14 à 3 ans) et George, le chef du convoi, son épouse Tamsen et 5 enfants (13 à 3 ans), plus John Snyder, le fiancé de Mary Ann Graves. Auxquels s'agrégèrent quarante-trois autres émigrants au gré du périple et deux guides indiens Miwoks.

12273000699?profile=originalHommes, femmes, enfants : Go West !

Quoi qu'il en soit cinq sont déjà morts avant d'atteindre la Sierra Nevada, dont John Snyder abattu par James Reed qui sera lui banni, et trente-six périrent dans les neiges du côté de Truckee, au pied du mont Summit. Et ceux qui en réchappèrent le durent au fait d'avoir mangé leurs morts...

12273000485?profile=originalPlaque de projection pour lanterne magique (dessin, ca 1850).

La ruée vers l'or du Klondike ensuite, avec notamment le terrible col du Chilkoot, le passage quasi-obligé pour atteindre les champs d'or. Un col particulièrement difficile à franchir et à plusieurs reprises pour monter la lourde charge exigée par les autorités (soit une tonne par personne de vivres et de matériel !), cette mauvaise passe marquant la frontière entre l'Alaska et le Canada.  Et la police montée veillait ! Puis le Klondike, une région quasiment vierge et couverte d'or, au coeur de laquelle battait Dawson, la frénétique.

12273001263?profile=originalMineurs et porteurs grimpant la piste de "l'escalier doré"

(photo B. L. Singley, 1898).

L'idée du film vint à Chaplin lors d'une réunion avec Douglas Fairbanks et Mary Pickford (United Artists) lorsqu'ils visionnèrent des photos stéréoscopiques de la ruée des "Klondikers", le nom que l'on donnait alors aux chercheurs d'or. Ces milliers d'hommes affamés d'or (parmi lesquels un certain Jack London) venus de tous pays.

Une fièvre, un gold rush, que l'on nomme ici stampede, provoquée par la découverte de quelques pépites le 17 juillet 1896...

12273001862?profile=originalPréparatifs avant la montée de l'escalier doré et la piste de Peterson, col de Chilkoot, Alaska (Keystone View Company, ca 1900).

Tous auraient "bien voulu voir quelque chose de cette ville de l'or, où la poussière d'or abondait comme l'eau, et s'amuser dans des cabarets où la musique et la danse offriraient des plaisirs sans fin", Jack London.

Le tournage fut également épique. Même si une grande partie du film fut tournée en studio, où l'on mobilisa des tonnes de matériel (notamment de sel, farine et confettis pour la neige), plateaux mobiles, énormes ventilateurs pour le chinook, ce vent chaud et puissant comme un alcool qui vous monte à la tête et vous pousse dans tout le Nord-Ouest américain pour mourir au Klondike... la crédibilité du film doit beaucoup aux scènes tournées en extérieur.

Où ?... au mont Summit près de Truckee (Nevada), là même où la Donner party fut bloquée par la neige et le blizzard. La scène étant censée se dérouler au fameux Chilkoot pass, le passage mythique de la ruée vers le Klondike sur le Chilkoot trail qui marque la frontière entre l'Alaska (Etats-Unis) et le Yukon (Canada), mobilisant des centaines de figurants.

Deux scènes furent finalement réalisées en extérieur, le coût du tournage comme la fièvre qui gagnait acteurs et techniciens s'élevaient de façon vertigineuse. Mais celle de la montée du col reste la scène d'anthologie du cinéma muet.

12273002461?profile=originalEn route pour les champs d'or du Klondike et le col du Chilkoot

(photo B. L. Singley, 1898).

Au final le tournage s'étira sur dix-sept mois ...

A suivre...

Michel Lansardière (texte, photos et documents).

Note additionnelle:

12273002858?profile=originalCe billet, traduit en anglais (via google traduct, il s'agit donc d'une traduction machine)

Robert Paul

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Triomphe sur l'inexistence

 

Soliloque

Enduits d'une encre indélébiles,

Mes poèmes dans le courant,

Sont déplacés au gré des vents.

Ils y séjournent peu fragiles.

Parmi leurs incertaines prises,

Des pêcheurs, en quête d'émois,

En attrapent plusieurs parfois,

Bien satisfaits de ces surprises.

Sincèrement, ils remercient;

Ils m'adressent des commentaires,

Une aimable façon de faire,

Dont j'avoue que je me soucie.

Nombreux me lisent assidûment,

Sans me révéler leur présence.

Anonymes dans le silence.

Ils suscitent mon étonnement.

N'ai pas vaine mon insistance

À partager ce que j'écris.

J'ai fait le point et je souris:

Triomphe sur l'inexistence!

12 avril 2014

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administrateur littératures

Mais à quoi sert la littérature?

  A méditer sur la condition humaine? Pleuvent les coups du sort et les traumatismes de la vie pour cela, la littérature foisonnant de récits authentiques déguisés bien des fois en fiction, délivrant des messages tour à tour clairs ou subliminaux, l'auteur transposant sa propre histoire, ne fût-ce qu'un pan, au travers de l'un de ses personnages. C'est courant, parfois même galopant d'effroi; on pense: "Pauvre auteur!" mais cela va parfois si loin qu'on se met à douter. Coup médiatique? Stratégie commerciale? On n'est pas toujours dupe, on n'apprend pas également à un vieux singe à faire la grimace d'une certaine manière, et la grise masse achète...Jackpot!

  La littérature, urgence sociale? Reflet de mentalités souvent façonnées dans un esprit notamment nationaliste (France et Allemagne, avant-guerre), elle tente de justifier ou plutôt sert à justifier certaines nécessités dont celle de guerre lorsque le Grand Conflit éclata...

  La littérature, mensonge? Textes héroïsants et clichés de bravoure abondent, un exemple parmi d'autres, s'éloignant de la vraie réalité parfois trop horrible à conter. Rétablir la Vérité, dénoncer les impostures? Bien sûr, même si l'on aboutit une nouvelle fois au coup médiatique. Les témoignages, rien de tel, n'est-ce pas? Jackpot!

  La littérature, urgence psychologique? Ecrire permet, même imparfaitement, de mettre des mots sur les non-dits, des bassesses notamment, résultat: une masse d'écrits personnels généralement non destinés à la publication. Le besoin de vérité conduit, voire contraint, à écrire, besoin de mesurer, toujours mesurer, la réalité et les réalités...

  La littérature, urgence familiale et transgénérationnelle? Clairement: la société subit des traumatismes, poser des mots sur les souffrances et les désespoirs: une nécessité ici aussi! Songeons à Albert Camus qui, dans "Le Premier Homme", décrit l'émotion ressentie par des élèves à la lecture de "Les Croix de Bois" de Dorgelès.

  La littérature mémoire vive? Certes! Un travail de mémoire et de sensibilisation par la fiction (?), une fiction informée et enrichie par les progrès de l'historiographie et des sciences humaines, et le roman dit familial. Dénoncer vérités et mensonges officiels parfois? A nouveau le coup médiatique est proche, à s'y perdre.

  Mais, en fin de compte, à quoi sert la littérature? Elle sert, tout simplement, voire à comprendre le pourquoi... Merci de votre attention!

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La Côte d'Opale

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d'Adyne Gohy

Inspirée du poème de Gil Def

Je t'offre mon Nord

      En bleu, en vert en sang et or

      Veux-tu connaître mon pays?

      C'est au nord, tout en haut, ici

         

      Je sais, on dit qu'au nord le ciel est gris

       Que le plat pays se perd sous la pluie

       Que les canaux se meurent d'ennui

      Mais vois comme la plaine tremble le blé

      Quand le vent mûrit au sud en été

      Viens chez moi, mon pays va chanter

      Je sais, on dit qu'au nord c'est noir charbon

      Zola a pleuré la misère dans les corons

Germinal a écrit et filmé les gueules noires

Mais viens voir les terrils changer leur histoire

En sang et or des ailes à Lens y décollent

Ecoute Renaud rimer des drôles de paroles

Je sais, on dit qu'au nord c'est le brouillard

Qui noie les marais et les quais de gare

Et cache souvent le côtes d'Angleterre

On prend le tunnel si tu as le mal de mer

Mais, je préfère un car)ferry par temps clair

On part de Calais on part en croisière

Je sais, on dit aussi que la mer du Nord

En tempête hurle dans le détroit trop fort

Pourtant tu sais le vent est un vrai trésor

Fait rire les enfants avec les cerfs volants

Regarde voguer toutes les voiles du présent

Et tourner les ailes d'un nouveau temps

Je sais aussi que le nord n'a pas de montagnes

Mon horizon t'offre la mer et la campagne

De beaux clochers en mâts de cocagne

Et les Deux-Caps qui respirent le grand air

Sur des sentiers qui parlent en bleu en vert

Et retrouvent l'amitié avec des fruits de mer

Je sais, on dit qu'au nord les villes figent le temps

Un passé trop lourd pèse sur le présent

Tu sais les vieilles pierres sont la fierté des gens

Les citadelles ont résisté à tant de tourments

Le nord est bien vivant et Boulogne te surprend

Avec un cheval blanc et les trésors des océans

Je sais, on dit que les routes vont en enfer

Sur des pavés qui reviennent d'avant-guerre

Entre Paris et Roubaix on ira une année

Toucher la légende qui voit des forçats pleurer

On applaudira ces champions qui en plein effort

Au carrefour de l'arbre veulent triompher du sort

Veux-tu connaître mon pays?

C'est mon nord, tout en haut, ici

Je sais, on dit que les gens du nord

N'ont pas souvent le soleil dehors

Mais ils l'ont toujours dans le coeur

Et le public rappel le chanteur

Sens tu tous ces parfums de fleurs

De ces jardins qui ont semé le bonheur

Je sais, on dit que les filles sont plus jolies

Sous les caresses du soleil du midi

Mais au pays toutes les filles au printemps

Sourient comme Isabelle au prince charmant

Elles sont si belles un samedi pour se marier

En dentelle de Calais, je veux te voir danser

Je sais, on dit qu'au nord les années sont grises

Et que le dur labeur n'aime pas les surprises

J'ai déjà mis des croix sur notre calendrier

Des 14 juillet plusieurs fois dans l'année

Une plage de sable fin des moules frites en été

Une braderie des manèges une ducasse en juin

D'autres dates viendront écrire nos demains

Je sais, on dit qu'au nord le rire n'est pas roi

Surtout en hiver avec le vent noroit

Alors au carnaval chez Jean Bart tu seras avec moi

Dans le chahut je t'assure tu n'auras pas froid

La bière coulera en patois tu ne comprendras pas

Dans la bande ti riras et personne ne te reconnaîtra

Je sais, on dit qu'au nord la fête est triste

Depuis que le grand Jacques à quitté la piste

Et aussi Raoul après leur dernier salut d'artiste

Mais le pays des géants invite l'accordéoniste

A respirer encore et plus fort encore

Sur toutes les musiques sur tous les accords

Viens vite, je t'invite dans mon nord

Je garderai pour toi tous ces trésors

En bleu, en vert, en sang et or

Je t'attends dans mon nord

Je t'offrira mon nord

Tout là haut, chez moi

Tout en joie, pour toi

Pour toi

Gil Def

Un partenariat
Arts
 
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Lettres

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Soliloque sur l'espérance

 

Ce que l'on nomme l'espérance

Est une certaine énergie.

Elle ravive la confiance

Quand celle-ci semble assaillie.

Les vrais bienfaits de l'espérance

Ne peuvent être contestés.

Elle apporte la délivrance

Face à des faits qu'on redoutait.

On personnifie l'espérance

Et l'on s'en fait une alliée.

Perdurera cette croyance,

Car à la joie, elle est liée.

La chance engendre l'espérance,

L'inverse semble aléatoire.

Le bien dépend de nos efforts,

Mieux vaut ne pas cesser d'y croire.

7 avril 2014

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Aphorismes sur le bonheur

 

Bonheur:

Le bonheur est un composé d' S.L.C.(santé, liberté et confort)

Bonheur:

En voulant du bonheur à tout prix, on prend parfois le risque de s'en offrir un faux.

Bonheur:

Le bonheur pour rester stable, ne doit pas être dérangé.

Bonheur:

Pour s'assurer un bonheur accessible, il faut se réserver des joies à portée de la main.

Bonheur:

On reçoit rarement le bonheur en paiement de l'indu ce qui nous autorise à en jouir sans avoir

à rendre des comptes

Bonheur

Savoir se rendre heureux c'est savoir se mijoter de petites joies quand le besoin s'en fait sentir.

Bonheur:

Le bonheur est un équilibre précaire que l'on risque de rompre en voulant le parfaire.

Bonheur:

Ce qui nous ensoleille est de la joie, le beau-fixe peut être du bonheur.

Bonheur:

Quand on a le goût de chanter, jour après jour, et même par temps gris, c'est qu'on vit du bonheur.

Bonheur:

Avoir apporté du bonheur ne garantit nullement qu'on en recevra une part.

Bonheur:

Ceux qui ont compris que le bonheur est de n'avoir pas à endurer de grands ou de légers malheurs, distribués à tous inévitablement, se sentiront sans doute heureux.

Bonheur:

Le bonheur de l'humanité viendrait d'un vent généreux, agissant partout à la fois, ce qui est contraire aux lois de la circulation des courants d'air.

 

( Extraits de « Mots dites-moi! »  de Suzanne  Walther-Siksou

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Hommage et gratitude

À tous les états concernés.

Des catastrophes innombrables

Surviennent ponctuellement,

Meurtrissent des milliers de gens,

Privés d'un secours concevable.

L'apprenant, sans aucun délai,

Font tout ce qui peut être fait

Des états ayant des ressources.

La souffrance impose une course.

Face à la solidarité,

Chacun se sent réconforté

Et accueille ému la croyance

Qu'on peut vaincre l'indifférence.

Je ressens de la gratitude

Envers ceux qui ont l'habitude

De décider sans hésiter,

D'agir avec humanité.

24 mars 2014

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administrateur partenariats

Chers amis,

Depuis la création des partenariats poésie- peinture sur Arts et Lettres en décembre 2012,

de nombreuses publications ont émaillé le quotidien du fil d'actualité.

Les échanges et la convivialité se sont renforcés,

les poètes et les peintres

n'ont pas ménagés leurs forces créatives.

Les photographes également ont prêté leurs précieux clichés

aux textes offerts, souvent se commentant eux-même, ils ont toutefois éveillé la créativité en

conviant les pinceaux à une inspiration réussie !

Ce blog leur rend hommage.

Il reprend les liens vers les blogs de partenariats poésie et peinture

ayant été initiés au départ d'une photo.

12272999678?profile=original"Crépuscule", l'âme au coeur.

Interprétations peinture-poésie entre les membres d'Arts et lettres.

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« Les fruits de l'automne », une photo de Michel Lansardière,

un pastel de Liliane Magotte et une aquarelle de Jacqueline Nanson, une histoire…

Les liens seront déposés progressivement.
Pour débuter, un beau souvenir, celui du premier blog d'interprétations " Crépuscule"

Un partenariat 

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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C'est un autre printemps

 

Doux ami,

J’ai caressé mes joues,

jusque sous les cernes des yeux,

attendrie, j’ai souri.

Il n’y coulera plus de larmes

ou alors des larmes de joie,

quand le rire est devenu fou.

J’ai caressé mes joues,

attendrie, j’ai souri.

C’est au printemps que je rends grâce,

en hommage à la vie,

qui chaque année s’y renouvelle.

J’ai reçu le don d’innocence,

j’accueille la beauté,

dans un élan de joie.

Un autre printemps,gloria!

21/3/90

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Le temps de nouvelles grâces

 

Pendant quelques mois, il s’absente.

Éblouissant, il reviendra.

Dans les jardins, il répandra

De tendres couleurs odorantes.

Éblouissant,, il reviendra,

Dans un flot d’énergie vibrante,

De tendres couleurs odorantes.

Le poids des ans s'allègera.

Dans un flot d’énergie vibrante,

La joie partout se répandra

Le poids des ans s'allègera

Ô les surprises exaltantes!

La joie partout se répandra,

On entendra la vie qui chante.

Ô les surprises exaltantes

Et l'énergie rajeunissante.

17 mars 2014

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Lettre d’Emile Zola à la Jeunesse (1897)


- Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, étudiants, qui courez en bandes par les rues, manifestant au nom de vos colères et de vos enthousiasmes, éprouvant l'impérieux besoin de jeter publiquement le cri de vos consciences indignées ?

Allez-vous protester contre quelque abus du pouvoir, a-t-on offensé le besoin de vérité et d'équité, brûlant encore dans vos âmes neuves, ignorantes des accommodements politiques et des lâchetés quotidiennes de la vie ?

Allez-vous redresser un tort social, mettre la protestation de votre vibrante jeunesse dans la balance inégale, où sont si faussement pesés le sort des heureux et celui des déshérités de ce monde ?

Allez-vous, pour affirmer la tolérance, l'indépendance de la raison humaine, siffler quelque sectaire de l'intelligence, à la cervelle étroite, qui aura voulu ramener vos esprits libérés à l'erreur ancienne, en proclamant la banqueroute de la science ?

Allez-vous crier, sous la fenêtre de quelque personnage fuyant et hypocrite, votre foi invincible en l'avenir, en ce siècle prochain que vous apportez et qui doit réaliser la paix du monde, au nom de la justice et de l'amour ?

- Non, non ! Nous allons huer un homme, un vieillard, qui, après une longue vie de travail et de loyauté, s'est imaginé qu'il pouvait impunément soutenir une cause généreuse, vouloir que la lumière se fasse et qu'une erreur soit réparée, pour l'honneur même de la patrie française !

Ah, quand j'étais jeune moi-même, je l'ai vu, le Quartier latin, tout frémissant des fières passions de la jeunesse, l'amour de la liberté, la haine de la force brutale, qui écrase les cerveaux et comprime les âmes. Je l'ai vu, sous l'Empire, faisant son oeuvre brave d'opposition, injuste même parfois, mais toujours dans un excès de libre émancipation humaine. Il sifflait les auteurs agréables aux Tuileries, il malmenait les professeurs dont l'enseignement lui semblait louche, il se levait contre quiconque se montrait pour les ténèbres et pour la tyrannie. En lui brûlait le foyer sacré de la belle folie des vingt ans, lorsque toutes les espérances sont des réalités, et que demain apparaît comme le sûr triomphe de la Cité parfaite.

Et, si l'on remontait plus haut, dans cette histoire des passions nobles, qui ont soulevé la jeunesse des écoles, toujours on la verrait s'indigner sous l'injustice, frémir et se lever pour les humbles, les abandonnés, les persécutés, contre les féroces et les puissants. Elle a manifesté en faveur des peuples opprimés, elle a été pour la Pologne, pour la Grèce, elle a pris la défense de tous ceux qui souffraient, qui agonisaient sous la brutalité d'une foule ou d'un despote. Quand on disait que le Quartier latin s'embrasait, on pouvait être certain qu'il y avait derrière quelque flambée de juvénile justice, insoucieuse des ménagements, faisant d'enthousiasme une oeuvre du coeur. Et quelle spontanéité alors, quel fleuve débordé coulant par les rues !

Je sais bien qu'aujourd'hui encore le prétexte est la patrie menacée, la France livrée à l'ennemi vainqueur, par une bande de traîtres. Seulement, je le demande, où trouvera-t-on la claire intuition des choses, la sensation instinctive de ce qui est vrai, de ce qui est juste, si ce n'est dans ces âmes neuves, dans ces jeunes gens qui naissent à la vie publique, dont rien encore ne devrait obscurcir la raison droite et bonne ? Que les hommes politiques, gâtés par des années d'intrigues, que les journalistes, déséquilibrés par toutes les compromissions du métier, puissent accepter les plus impudents mensonges, se boucher les yeux à d'aveuglantes clartés, cela s'explique, se comprend. Mais elle, la jeunesse, elle est donc bien gangrenée déjà, pour que sa pureté, sa candeur naturelle, ne se reconnaisse pas d'un coup au milieu des inacceptables erreurs, et n'aille pas tout droit à ce qui est évident, à ce qui est limpide, d'une lumière honnête de plein jour !

Il n'est pas d'histoire plus simple. Un officier a été condamné, et personne ne songe à suspecter la bonne foi des juges. Ils l'ont frappé selon leur conscience, sur des preuves qu'ils ont cru certaines. Puis, un jour, il arrive qu'un homme, que plusieurs hommes ont des doutes, finissent par être convaincus qu'une des preuves, la plus importante, la seule du moins sur laquelle les juges se sont publiquement appuyés, a été faussement attribuée au condamné, que cette pièce est à n'en pas douter de la main d'un autre. Et ils le disent, et cet autre est dénoncé par le frère du prisonnier, dont le strict devoir était de le faire ; et voilà, forcément, qu'un nouveau procès commence, devant amener la révision du premier procès, s'il y a condamnation. Est-ce que tout cela n'est pas parfaitement clair, juste et raisonnable ? Où y a-t-il, là-dedans, une machination, un noir complot pour sauver un traître ? Le traître, on ne le nie pas, on veut seulement que ce soit un coupable et non un innocent qui expie le crime. Vous l'aurez toujours, votre traître, et il ne s'agit que de vous en donner un authentique.

Un peu de bon sens ne devrait-il pas suffire ? A quel mobile obéiraient donc les hommes qui poursuivent la révision du procès Dreyfus ? Écartez l'imbécile antisémitisme, dont la monomanie féroce voit là un complot juif, l'or juif s'efforçant de remplacer un juif par un chrétien, dans la geôle infâme. Cela ne tient pas debout, les invraisemblances et les impossibilités croulent les unes sur les autres, tout l'or de la terre n'achèterait pas certaines consciences. Et il faut bien en arriver à la réalité, qui est l'expansion naturelle, lente, invincible de toute erreur judiciaire. L'histoire est là. Une erreur judiciaire est une force en marche : des hommes de conscience sont conquis, sont hantés, se dévouent de plus en plus obstinément, risquent leur fortune et leur vie, jusqu'à ce que justice soit faite. Et il n'y a pas d'autre explication possible à ce qui se passe aujourd'hui, le reste n'est qu'abominables passions politiques et religieuses, que torrent débordé de calomnies et d'injures.

Mais quelle excuse aurait la jeunesse, si les idées d'humanité et de justice se trouvaient obscurcies un instant en elle ! Dans la séance du 4 décembre, une Chambre française s'est couverte de honte, en votant un ordre du jour « flétrissant les meneurs de la campagne odieuse qui trouble la conscience publique ». Je le dis hautement, pour l'avenir qui me lira, j'espère, un tel vote est indigne de notre généreux pays, et il restera comme une tache ineffaçable. « Les meneurs », ce sont les hommes de conscience et de bravoure, qui, certains d'une erreur judiciaire, l'ont dénoncée, pour que réparation fût faite, dans la conviction patriotique qu'une grande nation, où un innocent agoniserait parmi les tortures, serait une nation condamnée. « La campagne odieuse », c'est le cri de vérité, le cri de justice que ces hommes poussent, c'est l'obstination qu'ils mettent à vouloir que la France reste, devant les peuples qui la regardent, la France humaine, la France qui a fait la liberté et qui fera la justice. Et, vous le voyez bien, la Chambre a sûrement commis un crime, puisque voilà qu'elle a pourri jusqu'à la jeunesse de nos écoles, et que voilà celle-ci trompée, égarée, lâchée au travers de nos rues, manifestant, ce qui ne s'était jamais vu encore, contre tout ce qu'il y a de plus fier, de plus brave, de plus divin dans l'âme humaine !

Après la séance du Sénat, le 7, on a parlé d'écroulement pour M. Scheurer-Kestner. Ah oui ! quel écroulement, dans son coeur, dans son âme ! Je m'imagine son angoisse, son tourment, lorsqu'il voit s'effondrer autour de lui tout ce qu'il a aimé de notre République, tout ce qu'il a aidé à conquérir pour elle, dans le bon combat de sa vie, la liberté d'abord, puis les mâles vertus de la loyauté, de la franchise et du courage civique.

Il est un des derniers de sa forte génération. Sous l'Empire, il a su ce que c'était qu'un peuple soumis à l'autorité d'un seul, se dévorant de fièvre et d'impatience, la bouche brutalement bâillonnée, devant les dénis de justice. Il a vu nos défaites, le coeur saignant, il en a su les causes, toutes dues à l'aveuglement, à l'imbécillité despotiques. Plus tard, il a été de ceux qui ont travaillé le plus sagement, le plus ardemment, à relever le pays de ses décombres, à lui rendre son rang en Europe. Il date des temps héroïques de notre France républicaine, et je m'imagine qu'il pouvait croire avoir fait une œuvre bonne et solide, le despotisme chassé à jamais, la liberté conquise, j'entends surtout cette liberté humaine qui permet à chaque conscience d'affirmer son devoir, au milieu de la tolérance des autres opinions.

Ah bien, oui ! Tout a pu être conquis, mais tout est par terre une fois encore. Il n'a autour de lui, en lui, que des ruines. Avoir été en proie au besoin de vérité, est un crime. Avoir voulu la justice, est un crime. L'affreux despotisme est revenu, le plus dur des bâillons est de nouveau sur les bouches. Ce n'est pas la botte d'un César qui écrase la conscience publique, c'est toute une Chambre qui flétrit ceux que la passion du juste embrase. Défense de parler ! Les poings écrasent les lèvres de ceux qui ont la vérité à défendre, on ameute les foules pour qu'elles réduisent les isolés au silence. Jamais une si monstrueuse oppression n'a été organisée, utilisée contre la discussion libre. Et la honteuse terreur règne, les plus braves deviennent lâches, personne n'ose plus dire ce qu'il pense, dans la peur d'être dénoncé comme vendu et traître. Les quelques journaux restés honnêtes sont à plat ventre devant leurs lecteurs, qu'on a fini par affoler avec de sottes histoires. Et aucun peuple, je crois, n'a traversé une heure plus trouble, plus boueuse, plus angoissante pour sa raison et pour sa dignité.

Alors, c'est vrai, tout le loyal et grand passé a dû s'écrouler chez M. Scheurer-Kestner. S'il croit encore à la bonté et à l'équité des hommes, c'est qu'il est d'un solide optimisme. On l'a traîné quotidiennement dans la boue, depuis trois semaines, pour avoir compromis l'honneur et la joie de sa vieillesse, à vouloir être juste. Il n'est point de plus douloureuse détresse, chez l'honnête homme, que de souffrir le martyre de son honnêteté. On assassine chez cet homme la foi en demain, on empoisonne son espoir ; et, s'il meurt, il dit : « C'est fini, il n'y a plus rien, tout ce que j'ai fait de bon s'en va avec moi, la vertu n'est qu'un mot, le monde est noir et vide ! »

Et, pour souffleter le patriotisme, on est allé choisir cet homme, qui est, dans nos Assemblées, le dernier représentant de l'Alsace-Lorraine ! Lui, un vendu, un traître, un insulteur de l'armée, lorsque son nom aurait dû suffire pour rassurer les inquiétudes les plus ombrageuses ! Sans doute, il avait eu la naïveté de croire que sa qualité d'Alsacien, son renom de patriote ardent seraient la garantie même de sa bonne foi, dans son rôle délicat de justicier. S'il s'occupait de cette affaire, n'était-ce pas dire que la conclusion prompte lui en semblait nécessaire à l'honneur de l'armée, à l'honneur de la patrie ? Laissez-la traîner des semaines encore, tâchez d'étouffer la vérité, de vous refuser à la justice, et vous verrez bien si vous ne nous avez pas donnés en risée à toute l'Europe, si vous n'avez pas mis la France au dernier rang des nations !

Non, non ! les stupides passions politiques et religieuses ne veulent rien entendre, et la jeunesse de nos écoles donne au monde ce spectacle d'aller huer M. Scheurer-Kestner, le traître, le vendu, qui insulte l'armée et qui compromet la patrie !

Je sais bien que les quelques jeunes gens qui manifestent ne sont pas toute la jeunesse, et qu'une centaine de tapageurs, dans la rue, font plus de bruit que dix mille travailleurs, studieusement enfermés chez eux. Mais les cent tapageurs ne sont-ils pas déjà de trop, et quel symptôme affligeant qu'un pareil mouvement, si restreint qu'il soit, puisse à cette heure se produire au Quartier latin !

Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s'ouvrir ! Cent ans après la Déclaration des droits de l'homme, cent ans après l'acte suprême de tolérance et d'émancipation, on en revient aux guerres de religion, au plus odieux et au plus sot des fanatismes ! Et encore cela se comprend chez certains hommes qui jouent leur rôle, qui ont une attitude à garder et une ambition vorace à satisfaire. Mais, chez des jeunes gens, chez ceux qui naissent et qui poussent pour cet épanouissement de tous les droits et de toutes les libertés, dont nous avons rêvé que resplendirait le prochain siècle ! Ils sont les ouvriers attendus, et voilà déjà qu'ils se déclarent antisémites, c'est-à-dire qu'ils commenceront le siècle en massacrant tous les juifs, parce que ce sont des concitoyens d'une autre race et d'une autre loi ! Une belle entrée en jouissance, pour la Cité de nos rêves, la Cité d'égalité et de fraternité ! Si la jeunesse en était vraiment là, ce serait à sangloter, à nier tout espoir et tout bonheur humain.

Ô jeunesse, jeunesse ! Je t'en supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain, qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de vérité et d'équité, posés par le siècle finissant. Nous, les vieux, les aînés, nous te laissons le formidable amas de notre enquête, beaucoup de contradictions et d'obscurités peut-être, mais à coup sûr l'effort le plus passionné que jamais siècle ait fait vers la lumière, les documents les plus honnêtes et les plus solides, les fondements mêmes de ce vaste édifice de la science que tu dois continuer à bâtir pour ton honneur et pour ton bonheur. Et nous ne te demandons que d'être encore plus généreuse, plus libre d'esprit, de nous dépasser par ton amour de la vie normalement vécue, par ton effort mis entier dans le travail, cette fécondité des hommes et de la terre qui saura bien faire enfin pousser la débordante moisson de joie, sous l'éclatant soleil. Et nous te céderons fraternellement la place, heureux de disparaître et de nous reposer de notre part de tâche accomplie, dans le bon sommeil de la mort, si nous savons que tu nous continues et que tu réalises nos rêves.

Jeunesse, jeunesse ! Souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre, pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure. Si tu te sens indépendante, si tu peux aller et venir à ton gré, dire dans la presse ce que tu penses, avoir une opinion et l'exprimer publiquement, c'est que tes pères ont donné de leur intelligence et de leur sang. Tu n'es pas née sous la tyrannie, tu ignores ce que c'est que de se réveiller chaque matin avec la botte d'un maître sur la poitrine, tu ne t'es pas battue pour échapper au sabre du dictateur, aux poids faux du mauvais juge. Remercie tes pères, et ne commets pas le crime d'acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l'intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux. La dictature est au bout.

Jeunesse, jeunesse ! Sois toujours avec la justice. Si l'idée de justice s'obscurcissait en toi, tu irais à tous les périls. Et je ne te parle pas de la justice de nos codes, qui n'est que la garantie des liens sociaux. Certes, il faut la respecter, mais il est une notion plus haute, la justice, celle qui pose en principe que tout jugement des hommes est faillible et qui admet l'innocence possible d'un condamné, sans croire insulter les juges. N'est-ce donc pas là une aventure qui doive soulever ton enflammée passion du droit ? Qui se lèvera pour exiger que justice soit faite, si ce n'est toi qui n'es pas dans nos luttes d'intérêts et de personnes, qui n'es encore engagée ni compromise dans aucune affaire louche, qui peux parler haut, en toute pureté et en toute bonne foi ?

Jeunesse, jeunesse ! Sois humaine, sois généreuse. Si même nous nous trompons, sois avec nous, lorsque nous disons qu'un innocent subit une peine effroyable, et que notre coeur révolté s'en brise d'angoisse. Que l'on admette un seul instant l'erreur possible, en face d'un châtiment à ce point démesuré, et la poitrine se serre, les larmes coulent des yeux. Certes, les gardes-chiourme restent insensibles, mais toi, toi, qui pleures encore, qui dois être acquise à toutes les misères, à toutes les pitiés ! Comment ne fais-tu pas ce rêve chevaleresque, s'il est quelque part un martyr succombant sous la haine, de défendre sa cause et de le délivrer ? Qui donc, si ce n'est toi, tentera la sublime aventure, se lancera dans une cause dangereuse et superbe, tiendra tête à un peuple, au nom de l'idéale justice ? Et n'es-tu pas honteuse, enfin, que ce soient des aînés, des vieux, qui se passionnent, qui fassent aujourd'hui ta besogne de généreuse folie ?

- Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, étudiants, qui battez les rues, manifestant, jetant au milieu de nos discordes la bravoure et l'espoir de vos vingt ans ?

- Nous allons à l'humanité, à la vérité, à la justice !

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Auguste Scheurer-Kestner
"...lui regardait la vie dans les yeux"
Georges Clemenceau

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