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L'île de Sein

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Inspirée d' une photo de Raymond Martin

Sur L'île de Sein

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Une aquarelle d'Adyne Gohy

En concordance avec une poésie

de Raymond Martin

Suite en Ré des Pics

Peindre avec le verbe, l'encre est vigoureuse,

 Page froissée, feuille jaunie aux lignes raturées,

Plume d'espoirs inassouvis au sein de la strophe rêveuse,

Accrochée à la rime embaumée d'un éternel été.

 

Le frêle esquif, attentif à l'anneau amarré,

 Frémit dans l'espoir d'une aventure prochaine.

Froide rectitude du recteur de l'Ile de Sein désœuvré,

 Troublé et incertain, face à l'appel de la sirène.

 

Ré, Sein, quels sont les mots pour décrire à souhait ces perles,

 Océaniques aux beautés profondes, désirées et antiques,

Raides face au vent vengeur et à l'onde qui déferle,

Telle une armée puissante au glaive machiavélique.

 

 

Ré, note de musique lignée à la portée d'un Do,

Résonance de l'accord mineur du clavier de la mer,

Sein, habitée de korrigans, ludiques lutins protecteurs des bateaux,

Seins, exaltés aux caresses amoureuses des baisers volontaires.

 

Pics élevés en harmoniques, de l'Armorique émeraude,

Silence de la mer calmée, jeux des guifettes grivoises,

Sur les rochers acérés que le sel érode.

Et le souffle divin, envoûtant, s'étendit sur la mer d'Iroise.

Partenariat Arts 
12272797098?profile=originalLettres

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Au bout du silence........

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                                               Je voudrais apprendre à éteindre tous les mots,

                                                tous les bruits , toutes les voix .

                                                Je voudrais ne plus bouger du tout

                                                 pour danser lentement dans ma tête.

                                                 Je voudrais fermer très fort les yeux

                                                  pour découvrir la lumière de la nuit.

                                                  Je voudrais aller jusqu'au bout de la nuit

                                                   Je voudrais aller jusqu'au bout du silence

                                                    pour entendre sa toute petite musique .

Dédié à Robert Paul  .

                                                                                                                                                   Chantal Roussel

                                                                                                                                   (  texte et huile sur toile , 2014 )

    https://www.youtube.com/watch?v=dTCNwgzM2rQ&feature=share&list=FLCahrsgMM6ON_TAbJIv3b9g&index=8                                               ;

                                                 

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Philosophia Perennis

L'Esprit et la raison

Le Permanent est supérieur au périssable,

La constance au changement

Et l'Eternel au temporel;

L'Esprit est la Cause de la matière

Et la raison sa perte.

De Cause à effet

La Cause est permanente

Et l'effet transitoire

Et exister, c'est se

Tenir hors de sa cause

Car nécessairement

L'action fait disparaître

Et oublier la Cause.

Charitas

Ordre et mesure en tête, être sa propre loi;

Charitable rigueur rend justice pléniére

Et réajuste l'ordre humain au divin Ordre

Car le Juste est sans loi, hormis la Charité.

Orélien des SOURCES.

( écrit sous le pseudo: ANONA )

Tiré de mon livre: " La Poétique de l'En-Soi " - épuisé -

 

 

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administrateur partenariats

Une immense prairie où pommiers en fleurs invitent à la rêverie, des fermes et bocages entourant de nombreux villages de petites dimensions dont plusieurs font partie des‘Plus Beaux Villages de Wallonie’,… bienvenue au Pays de Herve.

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Au fil des siècles, les prairies et les nombreux vergers sont naturellement devenus l’atout majeur du Pays de Herve, qui en ont fait la réputation gastronomique que l’on connait. Citons le fromage de Herve (AOP – Appellation d’Origine Protégée), le sirop, le cidre, la bière, etc.

12273007467?profile=originalLe pommier de mon jardin

paré de ses plus belles fleurs...

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Au travail !

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Et l'aquarelle !

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Ceci est ma première aquarelle sur le motif cette année,

et mon premier arbre fleuri à l'aquarelle.

Ne soyez donc pas trop exigeant !

Le principal était de reprendre le pinceau et de retrouver

ce plaisir inégalable de la peinture en plein air.

Liliane

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Comment séduire un éditeur?

 

Des êtres astucieux inventent

Des façons fort inattendues,

Quand des causes jugées perdues

Leur offrent un défi qui les tente.

Des avocats, certes brillants,

Purent gagner certains procès

Car ils surent oser penser

À des secours peu évidents.

Les astuces sont comme des clés,

Elles peuvent ouvrir des portes.

L'impossible parfois l'emporte,

Faudrait franchir des barbelés.

Charmer permet de faire admettre,

En provoquant des coups de coeur.

Comment séduire un éditeur

Auquel on ne peut rien soumettre?

Il n'accueille pas les poètes.

Doivent aller chanter ailleurs.

Cela reste leur choix d'ailleurs.

N'ont pas d'avenir mais s'entêtent.

23 mai 2014

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administrateur théâtres

 Magistral, flamboyant et austère à la fois. La Maria Stuarda du compositeur lyrique italien Donizetti est un des plus beaux exemples du Bel Canto, technique préférée  dans l'opéra européen jusqu’au milieu du XIXe siècle. Las, il fut censuré par ses contemporains pour des raisons de contenu irrévérencieux pour l’époque.  Et il faudra attendre que l’ombre du Wagnérisme s’estompe pour que la  renaissance du Donizettisme s’opère (vers les années 1970) et que le public renoue avec cette œuvre lyrique empreinte de romantisme brûlant que La Malibran  interpréta en 1835. Depuis lors, c’est l’engouement et du public et des chanteurs pour des partitions défiant la technique vocale.

Dans le rôle de Marie Stuart, Martine Reyners  s’arme de  splendides légatos, de vocalises divines. A elle, l’amplitude des nuances, les trilles,  les roulades, les belles cadences a capella …et des pianissimi de rêve. Ses duos avec Leicester, Talbot et  sa nurse sont particulièrement émouvants.   Mais Elisa Barbero, qui  incarne la Reine Elisabeth I face à  sa cousine Marie Stuart, ne doit en rien la jalouser. Les deux soprani prime donne sont complémentaires et explorent à fond  les replis passionnels de l’âme féminine. Toutes deux armées de timbres très  contrastés pour la première et très riches pour la seconde, réalisent des interprétations dramatiquement impeccables.

  Leur virtuosité va de pair avec une grande justesse dans l’expression des sentiments. Le point culminant du drame,  c’est le finale de l’acte II, lors de la rencontre des deux reines. Elisa Barbero donne libre court à son hostilité vis-à-vis de sa cousine. Elle chante en aparté «  E sempre la stessa, superbaorggliosa, coll’alma fastosa, m’ispira furor ! » avant que les fameuses imprécations  injurieuses  de Marie Stuart ne scellent sa sentence de mort. La réalité historique, il est vrai, a été un peu adaptée : jamais les deux reines ne se sont affrontées pour remporter le cœur d’un même amoureux, le comte Robert Leicester. Mais la tentation romantique était grande pour Donizetti de suivre de près l’intrigue de la pièce originale de Schiller où la jalousie féminine et les intrigues de cour sont une source inépuisable de drame qui  mène souvent à un destin funeste. Le tout est doublé ici d’une intrigue politique sanglante de grand format. 

Reine d'Ecosse à l'âge de six jours, en 1542, puis reine de France à dix-sept ans par son mariage avec François II, Marie Stuart est un des personnages les plus romanesques de l'histoire. Veuve du roi François II de France, elle  rentre en Ecosse où elle impose la tolérance religieuse entre catholiques et protestants et épouse sur un coup de tête lord Henri Darnley. Par malheur, celui-ci organisa l'assassinat du principal conseillé de la Reine, un italien nommé Riccio qu'il suspectait d'être devenu son amant. C’est le début  de complots cruels et de trahisons successives. Déçue par  son mariage, elle devient la maîtresse du comte Bothwell. Lorsque ce dernier assassine à son tour Darnley, elle est arrêtée et jetée en  prison. Elle s’évade et demande asile à Elisabeth … qui finit par la placer en résidence surveillée pendant 19 ans, craignant pour sa propre couronne. En effet, l’avènement d’Elisabeth I  prêtait à contestation  auprès des catholiques qui rejetaient  une  reine issue  de l’union  illégitime entre Heny VIII et Anne Boleyn. Danger! Marie Stuart, « la reine aux trois couronnes » pouvait revendiquer le trône d'Angleterre. L’action se place donc au moment où Elisabeth, poussée par ses partisans,  va  faire condamner à mort la prisonnière en sursis.  Dans le deuxième acte, Marie prend tout l’espace, son courage  devant le supplice la métamorphose en une martyre de l’amour et de la foi catholique...

 De la pièce de Schiller il ne reste que 6 personnages et deux actes. Mais quel concentré de génie ! Du début jusqu’à la fin, l’atmosphère est électrique et chargée de maléfices alors que Marie Stuart se pose de plus en plus en ange pur et  lumineux. Malgré l’enfermement, elle  trouve à se ressourcer dans la nature bienveillante et à s’adresser à Dieu en direct !

Le décor très nu est d’Italo Grassi.  Des grilles de geôle à gauche du plateau et le  profil   anthracite de la Tour de Londres à droite évoquent bien l’étroitesse de l’enfermement  tragique de la passion et du pouvoir.   La  sobriété  permet aux  éclairages de Daniele Naldi particulièrement bien réussis d’évoquer  successivement la salle du trône, la prison, la forêt, le ciel, la lumière divine, la sentence mortelle ou le sanglant échafaud.    Cette austérité  - mais qu’attendre d’autre dans une prison ?  - est aussi largement compensée par de magnifiques mouvements scéniques des chœurs et des parties chorales très ardentes. Le Chef des chœurs est Marcel Seminara. Leur présence très cérémonielle est soulignée par la magnificence de somptueux costumes élisabéthains (de Francesco Esposito). Ce n’est pas l’Italie que l’on voit sur scène mais du Shakespeare qui vibre devant vos yeux, au cœur de l’intensité harmonique de la musique. Le personnage tendre d’Anna (Laura Balidemaj), la nurse et fidèle confidente de Marie, renforce encore cette impression. Marie Stuart s’appellerait presque Juliette !

     

Les personnages masculins ont peut-être moins d’épaisseur que le trio féminin, mais le ténor Pietro Picone, un Leicester divisé  par les deux femmes, est très touchant et fort convaincant dans ses duos avec Marie et magnifique lorsqu’il implore vainement la clémence d’Elisabeth. La scène de confession de Marie avec le prêtre Talbot (Roger Joakim) est  un bijou d’intériorité et  d’effusion  mystique. Quant au grand trésorier, Cecil, il attise la haine d’Elisabeth d’une voix de basse très impressionnante (Yvan Thirion) et annonce la sentence à Marie avec une perversité très évidente. Les parties instrumentales sont menées avec beaucoup de sensibilité par une direction d’orchestre (Aldo Sisillo) équilibrée, théâtrale, attentive aux chanteurs et haute en couleurs, qui rend parfaitement les ambiances psychologiques lugubres ou passionnelles  et souligne avec grandeur l’apparat de la puissance royale.

  Mais le moment qui reste gravé dans l’oreille est cette espèce de requiem soutenu par les cuivres et la timbale qui incarne les proches de Marie Stuart au début de la scène finale dont la vérité et la chorégraphie sont exceptionnellement poignantes.

 

  

http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/maria-stuarda

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12273006687?profile=originalOmbres, lumières et quelques craquelures (Chercheur d'or, tintype, ca 1856/60)

Charlot et "La ruée vers l'or" continue de s'inscrire dans notre mémoire vive. Charlot, "Une forme blanche et noire imprimée dans les sels d'argent de l'orthochromatique", tel que le définissait André Bazin.

Une silhouette dont Chaplin lui-même voulait "que tout fût en contradiction : le pantalon exagérément large, l'habit étroit, le chapeau trop petit et les chaussures énormes."

"La ruée vers l'or" fut donc présentée en avant-première mondiale le 26 juin 1925, puis à New-York le 16 août. Et, comme pour la ruée de 98, la nouvelle fit le tour du monde, Londres, Paris, Berlin, partout le film triomphalement acclamé.

12273007462?profile=originalA la pelle du destin (jeunes chercheurs posant fièrement avec leurs outils, tintype, ca 1856-1860).

Mais tout dans le tournage ne fut pas tissé de lin et de fils d'or...

12273007657?profile=originalChacun cherche sa veine (tintype au format "carte-de-visite", ca 1865).

Outre la durée et les conditions de tournage (voir chapitres précédents), la réalisation fut compliquée par la relation ambigüe entre Chaplin et Lita Grey.

On le sait, Lita Grey devait avoir le principal rôle féminin et dut être remplacée par Georgia Hale.

Chaplin avait déjà engagé Lillita MacMurray en 1920 pour "The kid" (1921), après une première séance de photos, un petit rôle, celui de "l'ange de la Tentation", elle avait douze ans. On peut penser à Lewis Carroll photographe, ou à Lotta (Charlotte Crabtree), la gamine infernale de l'Ouest du temps de la ruée vers l'or en Californie, la protégée puis rivale de Lola Montès. Chaplin lui donna son nom de scène : Lita Grey. Lita au pays des merveilles.

12273008458?profile=originalUne vue fantaisie, fantasmée, d'une chercheuse d'or, une "Gibson girl",1905,

un certain idéal féminin véhiculé par un célèbre magazine du temps, prélude à la pin-up.

Suivit une petite figuration, avec maman Lillian, dans "Charlot et le masque de fer" (The Idle Class, 1922), puis le contrat signé pour un an fut clos.

Une audition pour le principal rôle féminin de "La ruée vers l'or", Lita se présenta pour un essai, joue sa carte et est engagée.

12273008290?profile=originalStrive to be happy (Chantal Roussel, huile sur toile, 2011).

Elle a quinze ans, mais est vieillie de quatre pour le communiqué de presse.

En septembre 1924, pendant le tournage, elle se retrouve malencontreusement enceinte. Le film est interrompu.

12273008878?profile=originalCrayonné pour un Charlot 'double-vision" (C. Roussel).

Chaplin, épouse Lita le 25 novembre (Chaplin s'était marié avec Mildred Harris en 1918, mais celle-ci avait demandé le divorce "pour cruauté mentale" en avril 1920, qu'elle obtint en novembre), la remplace par Georgia Hale et reprend le tournage, oubliant sa femme.

Charles Jr. nait le 9 mai 1925, moins d'une semaine avant la fin du tournage. Un petit embarras qui fut vite résolu puisque officiellement Junior fut mis au monde le 28 juin (le certificat de naissance fut falsifié).

Mais la situation perturbe Chaplin dans son travail, les époux se disputent et se rabibochent momentanément. Sydney Earl, leur second enfant, nait le 30 mars 1926. Lita quitte le domicile conjugal le 30 novembre avec leurs deux enfants et demande le divorce le 10 janvier 1927. Divorce qu'elle obtint le 19 août.

12273009094?profile=originalEbauche pour un tableau d'un Charlot double-vision (Chantal Roussel).

Un mariage bref et orageux... dont on dit qu'il inspira le "Lolita" de Nabokov...

Lola, Lotta, Lita, Lolita, troublante filiation.

12273009474?profile=originalDeux chercheurs d'or revenus des terrains pouilleux d'or, Gros-Jean comme devant

("Fossickers on the War Path", Australie, 1907).

Acteur, scénariste, réalisateur, producteur, compositeur, Chaplin, génie complet du 7e art, qui par "son rôle inestimable ]fit[ que le cinéma soit reconnu comme l'art de ce siècle" comme le proclamèrent ses pairs lors de la remise de son "Oscar d'honneur" en 1972.

Malgré toute l'admiration que j'ai pour Chaplin, je n'ai pas voulu faire de lui un portrait hagiographique, mais orthochromatique peut-être, en remontant aux sources de son inspiration, en décrivant les conditions de réalisation de son film le plus emblématique. Il n'en reste pas moins vrai que son oeuvre est monumentale et que son film "La ruée vers l'or", un des films majeurs du 7e art. Celui par lequel "je veux que l'on se souvienne de moi", aussi j'espère qu'il serait content de cet hommage.

Je remercie Chantal Roussel de m'avoir laissé puiser dans ses carnets, croquis et ébauches.

Même si je pourrais encore écrire beaucoup sur ce film qui à jamais m'a marqué, il faut savoir...

The End

Michel Lansardière

(texte, photos, documents, sauf mention contraire)

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administrateur théâtres

Insolite compagnie Biloxi ? Ou comment dynamiser, révéler et amplifier par une mise en scène et une scénographie étourdissantes, les textes les plus riches et les plus …insolites !  Ajoutez à cela,  la présence  magnétique  d’un Pietro Pizzuti immense dans  son  feu d’artifice d’affects à fleur de peau ...et vous aurez une idée de ce qui se passe sur scène, lors de la représentation du « Roi se meurt » d’Eugène Ionesco  au  théâtre des Martyrs en cette fin de saison. Très dommage d’ailleurs que ce spectacle ait été programmé si tard dans l’année car les sorties scolaires  autorisées  par les directions  d’écoles s’arrêtent souvent après  les vacances de Pâques!

 

Le texte est un tissu de thèmes, tous plus  satyriques  les uns que les autres. Il vise   la fragilité de la planète sur laquelle nous vivons, la relation à L’Autre,  les abus du pouvoir absolu et  les questions existentielles universelles. Ionesco, au seuil de la mort écrivit  cette pièce dans l’urgence pour tenter d’apprivoiser celle-ci. Il met en scène  le roi Bérenger qui règne depuis quelques  siècles et refuse formellement   d’accepter  l’annonce de sa fin prochaine, prévue dans une heure trente ici,  dans la salle du trône glaciale  de ce plateau, lui dit-on. Il se débat furieusement contre la fatalité et veut  s’accrocher aux quelques bribes de ce royaume qui s’amenuise de minute en minute, sous nos yeux. La vie, notre royaume ? La vie n’est-elle qu’un rêve ? Ou un catalogue de catastrophes naturelles dirigées par les astres ou par l’orgueil humain? « Il était une fois un roi très vieux et très puissant, qui commandait aux astres et aux hommes, qui avait fondé toutes les villes, inventé toutes les machines, écrit toutes les œuvres, et qui était si occupé qu’il avait fini par croire qu’il était immortel. » Au lieu d’un roi décrépi en barbe blanche, nous avons devant les yeux un comédien traversé par  une énergie solaire, les pulsions et les passions  qui est soudainement frappé à mort. Il rend son agonie est plus poignante que le solo d’un danseur de chez Béjart. Torse, nu, pieds nus et en jeans, il nous emmène dans une lutte paroxystique pour retenir la vie et échapper aux boues de la mort pour ensuite nous engager dans une inoubliable catharsis lorsqu’il accepte de plonger dans le fleuve de l’oubli.  

 

 Deux femmes qui l’aiment différemment lui prodiguent conseils et encouragements. L’une, la reine Marie (Anaïs Tossings), sa seconde épouse lui rappelle sans relâche son attachement amoureux  inconditionnel et les jeux futiles de l’amour, des bals et des plaisirs  dont il est si friand.  L’autre, la reine Marguerite, l’admoneste vertement et l’accuse de ne s’être jamais préparé à l’inévitable. Le jeu de l’actrice donne le frisson, au point de se demander si ce n’est pas la femme du diable ou carrément la mort qui règne sur la scène. Elle se fait profondément détestable et est accompagnée d’un ange de la mort non moins redoutable : une femme médecin et bourreau - exécutrice. Mystérieuses déesses de la mort, toutes deux conjurent pour qu’il accepte enfin la fatalité et se déleste enfin de ses illusions, une par une, lui indiquant sous leur doigts habiles et caressants le chemin de la raison et de la sérénité. Deux formidables comédiennes: Valérie Bauchau et Catherine Decrolier.  LE ROI SE MEURT - Compagnie Biloxi 48 -4.jpg

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On peut  aussi voir cette pièce aussi comme l’angoisse de la création pour l’écrivain qui, ne trouvant pas l’inspiration, s’endort et rêve qu’il meurt. Catharsis du lâcher prise et du renoncement, il se réveille …au paradis ?  Un paradis qui le fait se remettre joyeusement à écrire devant son ordinateur, entouré de ses livres et de sa chaîne HiFi , ayant  osé regarder en face  toutes ses chimères et ses angoisses.  

 

Dans Le roi se meurt, « Ionesco décrit une expérience intime et douloureuse : son agonie à la suite d’une longue maladie, à 53 ans. Écrite dans l’urgence en une dizaine de jours, la pièce a eu sur lui un effet thérapeutique. Drôle, sublime, profondément humain, cet inclassable chef-d’œuvre illumine tout le théâtre d’Ionesco par son étrange onirisme qui réussit à transmettre le choc intolérable de l’annonce d’une mort prochaine. Un texte aux résonances universelles.» Un texte porté par une splendide distribution et une mise en scène (Christine Delmotte) incontestablement riche de signifiés et toujours débordante d’une multitude de  détails inventifs qui transforme le comique en tragique immensément tragique.

Autour de PIETRO PIZZUTI : Béranger 1er, le Roi

Valérie Bauchau : La Reine Marguerite,  première épouse (morte ?) du roi Bérenger 1er

AnaïsTossings : La Reine Marie  deuxième épouse du roi Bérenger 1er

Catherine Decrolier : la doctoresse, chirurgienne, astrologue et bourreau de justice

Les manants:

Flora Thomas : Juliette  femme de ménage et Fabian Finkels, le garde

Jusqu’au 25 mai 2014 au


 THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS


Place des Martyrs 22  - 1000  Bruxelles


Infos Réservations : 02 / 223 32 08 

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administrateur théâtres

12273023857?profile=original12273024068?profile=originalDu 24 avril au 24 mai 2014 au théâtre du Parc

Made in China de Thierry Debroux

 Par ordre alphabétique : Sophie DESCAMPS (Lisa), Eric DE STAERCKE  (Jean-Pierre), Itsik ELBAZ(Philippe), Fanny DUMONT(Sophie), Adrien DRUMEL (Nicolas), tous excellents.

Cinq dégustations étoilées de comédiens confirmés attendent le spectateur dans  la création de Thierry Debroux, une pièce d’une écriture provocante et d’une facture très enlevée et à la fois, très proche du vécu : C’est « Made in China ». In China seulement ? Ou globalement,  pour l’ensemble de la planète ? N’attendez  nulle  générosité,  ou convivialité : les personnages évoluent « dans un livre qui a commencé à être écrit en Europe et dont le dernier chapitre s’écrit en Chine. » C’est une analyse sans concessions de l’évolution contemporaine du capitalisme et de son implacable dérive, à moins que  nous ne corrigions cette évolution.

12273024464?profile=originalLa voie du Milieu, le Tao devrait être  celle de la sagesse, mais qui, à l’heure actuelle, se préoccupe encore d’être sage ? Ici c’est la rage arriviste qui prévaut à tous niveau, le péché capital de  convoitise ; GREED, disent les anglais. Thierry Debroux met en scène une société irresponsable et déréglée qui fait fi de l’humain, seule sa productivité sans bornes importe. Même les sages préceptes de Confucius sont mis à profit et détournés de leur vérité.  Une  femme glaciale et blonde. Lisa « call me Lisa » totalement maîtresse du jeu, va organiser une véritable guerre des nerfs. Elle  annonce à trois cadres supérieurs qu’ils vont être soumis à  une semaine de tests  individuels et collectifs afin de choisir celui qui, possédant « les meilleurs qualités d’adaptation au changement et à un monde inconnu », occupera un poste  fort convoité à Shanghai. Les trois hommes ont PEUR et d’hommes libres, ils vont devenir esclaves.12273025081?profile=original

Il y a Nicolas, un jeune loup aux dents longues, Philippe, un stressé de la mort (qui tue) et Jean-Pierre, « un homme qui n’a jamais fait son âge », pourvu d’une grande expérience. Les personnages sont  à la fois très typés et  bien nuancés, au sein d'une intrigue socio-économique d’une cruauté  qui n’est pas sans rappeler le film « On achève bien les chevaux *». Le suspense est omniprésent, tout autant que le traitement paradoxalement multi-comique, de la situation. Un procédé qui  a pour effet de rehausser le caractère  tragique du ballet qui va se dérouler.

Parfois la révolte gronde mais les  lâchetés, trahisons, bassesses en tout genre, ou les  hypocrites soumissions, sont les piètres moyens utilisés par ces hommes affolés pour accéder à la reconnaissance et à la promotion. La trouille fait accepter n’importe quoi. Sophie DESCAMPS incarne  magnifiquement  Lisa, le personnage de DRH dont  les méthodes  participent du  harcèlement moral et/ou sexuel...  On assiste, effarés,  au broyage méticuleux  des candidats, enfermés  dans le piège de la compétition. Par d’hypocrites flatteries ou de pénibles dévalorisations, Lisa les déstabilise  avec un cynisme débridé et les  manipule les uns après les autres. Ses chantages successifs ont toutes les chances de réussir  car elle connait tout de leur vie privée, exploitant chaque faille à la limite du sadisme. Elle a engagé pour la seconder, leur collègue et amie Sophie qui connait tout d’eux, ou presque. Sophie, heureuse d’éviter le licenciement virant totalement de bord, se calibre sur Lisa et va noter scrupuleusement paroles, faits et gestes de chaque candidat. Le personnage est très bien étudié et ...l’histoire se complique. A vous d’aller l’apprécier, cela vaut vraiment le détour ! La mise en scène et la scénographie, très intelligentes,  sont signées Peggy THOMAS et Vincent BRESMAL.

«* They shoot horses, don’t they ? »

http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2013_2014_005

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Si vous parcourez les différents évènements répertoriés par le site du Ministère de la Culture, vous y découvrirez mon intervention au musée d’archéologie de Montrozier (voir cette page ici), un moment unique et inattendu, que je réserve à tous les visiteurs de ce bel « espace archéologique » de 14 h à minuit samedi prochain.
Ce sera pour la « Nuit européenne des musées » qui fête son dixième anniversaire cette année, et qui aura lieu en même temps que la Journée internationale des musées, dans la nuit du 17 au 18 mai 2014.
Cette importante manifestation, sous la houlette du Ministère de la Culture, offre des découvertes parfois exceptionnelles aux visiteurs des musées concernés, avec souvent d’étonnantes surprises, comme l’accès aux « fantasmagories de Robertson » au Musée des Arts et Métiers dans le 3ème arrondissement à Paris.
Je reviendrai dans un futur billet sur le lieu de grand intérêt où j’interviens moi-même, géré par le Conseil Général de l'Aveyron sous la houlette de la très férue et dynamique Conservateur Départemental Madame Aline PELLETIER, secondée avec talent pour ce musée par Philippe GRUAT directeur, et Alain SOUBRIE l’un des principaux animateurs.
Je tiens d’ailleurs ici à les remercier tous pour l’accueil qu’ils m’y ont réservé, et l’attrait, l’efficacité et l'envergure de leur action concernant la mise en valeur et la pérennisation de notre patrimoine.

"Les sentinelles" Acrylique et sable dolomitique sur toile, l'une de mes peintures que découvriront dans l'obscurité et à la torche les visiteurs de l'Espace Archéologique de Montrozier pour La Nuit Européenne des Musées" 2014..."Les sentinelles" Acrylique et sable dolomitique sur toile,
l'une de mes peintures que découvriront dans l'obscurité et à la torche,
les visiteurs de l'Espace Archéologique de Montrozier
pour La Nuit Européenne des Musées" 2014...

Alors, si vous êtes (ou passez) en Aveyron ce samedi après-midi (ou en soirée), préparez dès maintenant votre soirée au musée archéologique de Montrozier : vous serez surpris de ce qui vous y attend !
D’abord, vous découvrirez les « gestes de la préhistoire » présentés par un préhistorien aveyronnais exceptionnel : Georges BORIES, aussi doué pour tailler le silex que pour nous initier à la vie de nos lointains ancêtres du paléolithique, une rencontre et un moment passionnants pour tous, car c’est aussi en famille que vous êtes attendus (es).
Ensuite, en ce qui concerne ma propre intervention, je vous laisse lire ci-dessous ce qu’en écrit La Dépêche du Midi dans un article d’avant-hier, je pense qu’il résume assez bien l’esprit qui animera les quelques heures que je passerai en compagnie des visiteurs, dont peut-être vous, si vous passez par-là :
« …Animation, surprenante et inédite, celle concoctée par Alain Marc à Montrozier, sur la préhistoire et le monde souterrain.
Son exposition sera à découvrir dans l'obscurité, munie de lampes torches qui seront distribuées à l'entrée. «Il s'agit de confronter l'interprétation et l'imaginaire face à la réalité scientifique», indique l'artiste.
«Depuis mon enfance, je me suis toujours intéressé à la préhistoire et au rôle de la muséographie dans notre monde contemporain», poursuit le même.
Outre son travail d'aquarelliste qui témoigne de choses et de lieux qui ont un rôle important dans la quête de notre identité, son travail porte aussi sur la problématique du regard, sur le questionnement de ce qu'il restera de nous dans les siècles à venir.
«Que nous laissent du passé ces traces durables sur l'origine de nos civilisations et de l'humanité ? », s'interroge Alain Marc dont l'orientation créatrice était toute tracée depuis des découvertes archéologiques majeures dans sa jeunesse.
«La découverte de ses œuvres à la lampe torche, plus facile à voir qu'à la lumière du grand jour, sera un moment fort de cette Nuit des musées», commente Bernard Saules.
L'artiste dédicacera aussi son livre intitulé «L'Aven aux merveilles». Parallèlement, une paroi de grotte sera reconstituée pour l'occasion afin que chacun puisse s'exprimer. «Chaque participant pourra remplir ce mur d'art pariétal», explique Alain Soubrié de Montrozier, sans oublier la visite de la nouvelle expo du musée sur le néolithique.
Montrozier sera ouvert de 14 heures à minuit, Salles-la-Source de 20 h 30 à 23 heures, et Espalion de 19 heures à 22 heures, le 17 mai. »
(Je précise pour « L’Aven aux Merveilles » que j’y écoulerai là le dernier carton qu’il me reste de cet ouvrage, car l’édition a été épuisée à sa parution en moins de 5 semaines).
Et si cela vous intéresse, je vous reparlerai à la lumière de cette « Nuit des Musées », de la finalité de mon travail pictural et des questions qu’il pose (sachant que dans les précédents articles où je l’ai déjà abordé, je n’ai jamais encore dévoilé le sens premier de ma démarche)…

12273012868?profile=originalL'affiche départementale de La Nuit Européenne des Musées 2014

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C'est du grand Art, assurément.

Et voici une vidéo des "expériences" et "recherches" pratiquées à l'Université des arts de Zurich.

Remarquez le (prodigieux !) ventilateur qui fouette les cheveux en arrière, et la souplesse de l’adolescent déployée afin de ne pas se scratcher dans les pâturages ?

L’on attend avec impatience les versions guerrières de ces expériences.

Cette belle « installation d’art » n’est qu’une prémice de ce que l’on réserve comme expériences éducatives à vos enfants.

Et voila ce que cela peut donner comme résultats:


Quand le casque "Oculus Rift" fait hurler de peur by Le Monde.fr

Ces matériels, développés par Oculus Rift, ont séduit tout de suite Marc Zuckerberg qui n’a pas pris plus d’une heure à se décider pour racheter Oculus en jetant deux milliards de dollars sur la table pour embarquer la jeunesse dans ces aventures de lavage de cerveau.

Et à l’échelle planétaire, s’il vous plaît : il est prévu de "séduire" au moins un milliard de jeunes dans ce genre d’élucubration.

Les milliards de dollars sont peu de choses, du moment que le lavage de cerveaux d’un milliard d’adolescents se passe sur facebook. Et que penseriez-vous d'organiser cela dans la chambrine de votre enfant?

Devant de telles dérives, que pèseront encore les leçons des poètes, des artistes, des éducateurs, des professeurs? Aux yeux du patron visionnaire de Facebook qui prépare son grand oeuvre, la "réalité virtuelle" semble bien plus enrichissante, du moment que de faramineux dividendes se dessinent à l'horizon

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 Le printemps est annoncé

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d'ADYNE GOHY

en concordance avec

Le printemps déjà là

Cerisiers en fleurs avant l'heure,

un bijou blanc dans un jardin,

sous le léger châle de l'hiver encore,

devenu impuissant,

tout en haut, une tenture toute bleue, lisse,

printemps trop tôt tombé du ciel,

mars sans la pluie;

déboutonnage d'un blanc corsage,

dentelle grège, chaude neige;

nuage végétal, trouble!

lèvres rouges ébahies,

s'égaie l'arborescence embaumée et pastelle;

blanche comme neige, tourterelle!

Cerisiers en fleurs, avant l'heure,

un bijou blanc dans un chemin,

sous le léger châle de l'hiver encore,

devenu impuissant,

tout en haut, une tenture toute bleue, lisse,

nos mots orangés, audacieux,

parfum citron,

senteur de limonade dans l'air,

baptême au dessus de la terre,

sans pluie, sans bruit;

ensoleillement inouï et bleu!

de NINA

Les partenariats d'

Arts12272797098?profile=originalLettres

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Recul

 

Meuniers de Ploegsteert rubaniers de Comines

pêcheurs de crevettes lourds brasseurs de houblon

métalos liégeois débardeurs des Ardennes

ketjes bruxellois carolos de quatorze

 

et les jazzmen de blues joueurs de cornemuse

les suçeurs d'érable nos trois cents congolais

moins que rien au grand coeur les goumiers marocains

les chasseurs soudanais les zouaves à chéchia

 

dans nos prés de Flandre où Saint Victor fait pousser

les ailes des anges dans leurs gueules cassées

militairement morts encore mis au pas

fleurissent en bouquets de pierres toutes blanches

 

pions à baïonnettes mais frères dans le sang

alliés par contrainte ennemis allemands

dans de mêmes boyaux mais sous d'autres drapeaux

s'ils se tiraient dessus s'embrassaient à Noël

 

 

Mais comment éprouver leurs corps torches volant

leurs poumons exfoliés leur honte du miroir

la gangrène montant à bord de leurs vingt ans

avant que l'hypérite ait viré à l'orange

 

 

La guerre qui mina mon père dès quarante

me sort des oreilles tant il me fit bouffer

à chaque plat du jour dans un même verjus

du Schleu du Bougnoule du Jap et du Rital

 

moi j'aime la choucroute autant que le couscous

les pâtes all'dente les nems et la moambe

l'or du Rhin de Wagner la Tosca de Verdi

et le théâtre Nô et l'esprit d'Avicenne

 

 

Aujourd'hui le sarin l'anthrax la dioxine

et tout ce qu'on nous cache en Syrie ou ailleurs

Toujours la même histoire en constantes redites

Ypres Nagazaki racines d'amnésie

 

S'enfumer la mémoire et retourner vaquer

choisissant avec soin où déposer les yeux

tant qu'il en est certains qui poussent haut nos cris

pareils à des ballons à mourir dans l'espace

 

Le fou de pouvoir est fossoyeur d'hirondelles

Je ne cultive pas le goût des cimetières

Mais comme grand'père put le faire en dix huit

sans en rien effacer voudrais tourner la page 

 

 

le 11 avril 2014

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Je suis dorénavant disponible pour chatter avec les membres du Réseau, mais aussi avec les non membres du réseau Arts et Lettres. Je serai cependant  très sélectif quant aux demandes d'accès: seu

Le chat peut se faire via votre ordinateur ou via l'application smartphone twoople.

Vous pouvez vous procurer gratuitement l'application pour votre smartphone via google play ici:  https://play.google.com/store/apps/details?id=com.twoople.twoopleme

Pas besoin d'inscription: vous tapez mon adresse twoople qui est 

 

twoople.com/art


dans la barre d'adresses internet et nous sommes en communication..

C'est hyper simple

 

Ma disponibilité pour la conversation chat est indiquée sur chaque page du réseau dans le haut de la colonne de droite

Robert Paul

Vous pouvez aussi cliquer sur le logo bleu de twoople pour être en mode discussion direct avec moi.:

Live chat with

   Robert Paul with:

     Twoople me

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Hier, demain, l'étrange affaire!

 

Soliloque

Les plaisirs les plus exaltants

N'ont qu'une durée éphémère.

Or j'aimerais, de temps en temps,

Tenir pour vrai l'imaginaire.

Je reçois un ami, ce jour.

Il est assis à cette place,

Comme jadis, en L'An de grâce

Quand chez moi, il fit un séjour.

Je ferme les yeux, aucun doute!

J'ai en l'oreille ses propos

Et non loin de moi ses cadeaux,

Pourtant il a repris sa route.

On dit que l'oubli est voleur,

Soustrait des moments délectables.

Certains le trouvent secourable,

Un bon remède à la douleur.

Hier, demain, l'étrange affaire!

On ne s'émeut fort qu'au présent.

Le passé offre un trou béant,

La mémoire y fouille et déterre.

8 mai 2014

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PROMENADE?

Au fond du lit, fenêtre ouverte

J'écoute doucement la pluie tomber.

Le jour se lève, la plaine est verte

Il fera gris toute la journée!

Pourtant cette eau est bienfaisante

Les petits oiseaux sont à l'abri...

Dans la mémoire est bien présente

Une chanson faite sur la pluie!

Alors surgit une autre averse

Dégoulinante de sentiments!

Car tout ce temps que l'on traverse

A besoin de rafraîchissement!

L'air est si doux, fredonne l'été...

Promenade sonne comme aventure!

Les rues luisantes sont désertées

Est-ce un défi qu'elles nous murmurent?

J.G.

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"Je vous tiens pour la mémoire contemporaine d'un coin de terre qui est surtout un carrefour de vies et d'âmes dans un cadre somptueux.

Vous incarnez à vous seul, que vous le vouliez ou non, l'expression véritable d'une poésie particulière qui se passe de clichés.

Tout en vous est respect, élégance et générosité.

Merci à tous les temps, passé , présent et avenir".

Serge Le Vaillant
- France Inter -

 

Et son actualité, sa biographie, sa discographie...

 

 

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De la permissivité

Propos

« Qui aime bien, châtie bien! » me semble être une vérité. On a vu de tendres enfants devenir vraiment décevants, leurs parents les ayant gâtés.

Enfin adulte, chacun décide ce qu'il veut. Selon les cas, il est plus ou moins permissif envers les siens ou bien lui-même.

Sa liberté n'est pas complète, il doit se conformer aux lois. En outre, la société, en certains lieux, impose une morale rigoureuse. Dans les pays civilisés, elle se montre libérale et ne se mêle plus de rien, elle se fie au Droit pénal.

On accueille la liberté, débarrassé des préjugés, et en ignorant les scrupules, on sert ses envies avant tout.

Présentement, l'individu est concerné par son bonheur, celui des siens est secondaire.

Il fait souffrir sans le vouloir mais bien souvent sans compassion. La tendresse lui semble insipide, il a besoin de coups de coeurs.

Il ne construit rien de durable, n'améliore pas, démolit.

Les erreurs ne l'instruisent guère. La sagesse n'arrive que tard.

Finalement la solitude, et les regrets, sont le lot de ceux qui ont fait, d'une permissivité perverse, un privilège dans leur vie.

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LES PÂQUERETTES...

En observant les pâquerettes

Se répandre avec luxuriance...

Il me souvient de cette gloriette

Dans les promenades de mon enfance;

Aussi loin que je pouvais voir

S'étendait tapis de blancheur!

Que de questionnement et d'espoir

Dans leurs corolles et dans mon cœur!

Sur la pelouse où elles foisonnent,

Ajoutent un peu d'esprit sauvage!

Et quand la tondeuse résonne

Avec regret on tourne la page.

Un peu de pluie, même de rosée

et les voilà qui resurgissent!

c'est que par la vie agacée

Pourtant jamais ne s'assagissent!

Alors me viennent ces quelques vers...

Et tout à coup je m' sens...sourire!

Peu importe les petites misères

L'espoir jamais ne veut finir!

J.G.

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Les trois amies

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Alger "La Blanche"

Pour Marie

Mars 1962


J’ai 8 ans.
Je suis sortie du lycée Delacroix avec Isabelle et Mounia.
Petites disputes, petite larme ;
mais non, tu es ma meilleure amie!
Petit cœur dessiné sur le dos de ma main;
cœur bleu à l’encre du même bleu que nos jupes.
Cartable sur le dos, il fait chaud.
Il fait toujours chaud à Alger à 11 heures 30 et les escaliers de la rue Jean Macé sont bien raides.
Au coin de la rue Serpaggi je me sépare de mes amies.
La boutique de papa et le petit thé à la menthe qu'il me prépare, accompagné d'une "corne de gazelle", n'est pas loin.

Isabelle et Mounia s’éloignent de moi en souriant vers le café des Aurès.
Quelques joueurs de carte au panama vissé sur la tête, des anisettes, l’Echo d’Alger déplié ;
Ahmed essuie une table;
Youssef vends ses beignets.
Les quelques marchands de fruits couvrent leur étal.
Un dernier verre et tout le monde va rentrer chez soi pour la sieste.

Le chant flûté du "Ganga" dans les platanes. Frôlement des babouches sur les pavés.

Et l’éclair.

La rue Serpaggi s’allume, fulgurante, tonnante, toute de fracas. Un tonnerre que je n’entends qu’un instant, je tombe en arrière, une musique atroce et cotonneuse dans les oreilles.
Le nuage de feu rouge, orange, noir grandi devant moi et les chaises, tables, bras, têtes, pastèques, panamas, mes amies, Youssef, tout vole devant mes yeux, noirci, brisé, désarticulé et retombe en masse informe, lambeaux de chair. Qu'est-ce qui se passe?
Du sang, partout, sur moi, le mien ?, mes jambes pèsent des tonnes, des cris, des hurlements.

J’ai mal.
La nuit, le jour.
Où est le soleil et l'azur?

1 mois d’hôpital,
le sourire de papa et maman.
Encore 1 mois dans ma chambre réchauffée par la douce chaleur que laissent entrer les persiennes entre-ouvertes.

Mai 1962, je retourne au lycée Delacroix.


Isabelle et Mounia ne sont plus là.

1992


Je travaille aux « Assedic » à Ivry. Ils m’ont engagé avec un statut d’invalide. Mal voyante, mais j'y arrive!
Depuis trente ans je ne mange plus de viande...
Je ne mange plus de viande…plus de viande!
Plus de viande !

© Philippe Vandenberghe, le 11 mars 2011

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