A Flagey, un festival en décembre (5-8 /12/18)
Move to Music and Movies
Flagey en fête en avant-fêtes avec la Chapelle musicale Reine Elisabeth? Il s’agit de la 9e édition du Music Chapel Festival qui a lieu du 5 au 8 décembre 2018. Le festival s’intéresse aux liens du cinéma et de la musique. L’occasion de participer à une intense immersion au sein du laboratoire artistique de la Chapelle musicale, en résidence pendant ce festival Flagey, explique Bernard de Launoit, le CEO de la Chapelle.
Les événements ont débuté avec un concert digne de l’appellation Mozartiade. Un concert de prestige au studio 4 en deux parties qui a rassemblé autour de Frank Braley et du clarinettiste et chef d’orchestre, Paul Meyer, les jeunes artistes en résidence pour un programme très attendu consacré à Mozart et les chefs d’œuvre d’Hollywood avec l’ORCW.
On ne présente plus Frank Braley qui gagna à 22 ans à peine le premier prix du Concours Reine Elisabeth en 1991, un exploit qui lui a ouvert les portes de la direction de l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie depuis 2014.
Dans le Concerto pour violon et orchestre n° 5 en la majeur KV219 qui ouvre la soirée, la violoniste Julia Pusker offre un violon de rêve et soulèvera d’emblée de grands bravos. Paul Meyer imprime de belles images aux pupitres de l’orchestre de chambre. Les cadences de la violoncelliste sont emplies de confidences et de grâce, elle produit de superbes aiguës, des trilles ciselés, mêlés d’accès de passion. Le deuxième mouvement lui fait convoquer des paysages de douceur et de délicatesse. Elle accompagne les mouvements orchestraux, de légers hochements de tête témoins de l’intériorité qui l’habite. Sa seconde cadence évoque la sérénité d’un jardin d’émotions paisibles au travers d’un éloge de la beauté. Mais elle peut aussi rugir et donner la clef du thème avec conviction et clarté. On en vient à se demander ce que ce concerto venait faire dans le film de M.Caton Jones, Basic Instinct II, 2006… sans doute une respiration indispensable !
C’est Frank Braley qui sera le pianiste et le chef d’orchestre du Concerto pour piano no 9 en mi bémol majeur, dit Jeune homme, K. 271.Tout de suite les tonalités lutines et farceuses parcourent l’ensemble. Il sculpte les courbes avec panache, entretient les trilles comme s’il jardinait une vigne sacrée. A moins que ce ne soit son feu sacré qui multiplie les flammes comme feux follets en liberté. Dans sa cadence il se plaît à alterner questions lourdes et réponses joyeuses. Les sombres cordes de l’Andantino se chargent de douleur intense,aussitôt magnifiées en forme d’offrande par le clavier hypersensible de Frank Braley. Dès que le soleil se lève sur les cordes, le pianiste regorge de bienveillance, l’espoir se ranime. Et l’orchestre respire. Les jeux d’échos pulsatiles entre le pianiste et l’ensemble vibrent avec émotion. La nouvelle cadence se charge d’interrogations poignantes. Au cœur de l’humilité extrême, un cœur d’artiste bat et vit.Les contrastes orchestraux reflètent le doute aussitôt balayé par les thèmes ressuscités avec brio par les trilles éblouissants et légers du soliste. Un bain de bonheur et de nouveauté que ce concerto pourtant entendu mille fois! …Et dans Five Easy pieces, 1971 de B.Rafaelson.
La Mozartiade vespérale se poursuit avec Le Concerto pour violon no 4 en ré majeur KV. 218 dirigé par Frank Braley, infatigable et l’éblouissante violoniste Hyeonijn Jane Cho. Des allures de diva, une présence passionnante, une puissance passionnée. On remarque la fermeté des coups d’archets, la projection ensorcelante de sonorités les plus raffinés et de couleurs les plus variées Les phrasés semblent s’enchaîner les uns aux autres sans lisière visible. Les cadences présentent tour à tour, finesse d’exécution, charme, colère, douceur. Les fameux sanglots longs, les crises, les extases peuplent tous les registres. On est devant une performance miroitante entre soliste exceptionnelle et orchestre grâce à la baguette de son chef d’orchestre. Le Menuetto est habité, l’Allegretto ouvre la porte sur l’insouciance, le sens de la fête, le goût du jeu et de l’innocence….On assiste à des épousailles d’artistes avec la belle candeur du chef d’orchestre – such a wonderboy – et B.de Palma, Passion, 2012.
Mozart disait que la clarinette était son instrument préféré. C’est elle qui plane par-dessus un orchestre offrant une matière musicale généreuse, sonore, vibrante dans le Concerto pour clarinette en la majeur K 622, composé par Mozart quelques mois avant sa mort. Les bois plaintifs sont couronnés par les sonorités rondes du clarinettiste Paul Meyer qui dirige l’orchestre tout en jouant, placé debout, au centre, et face au public. Il se tourne alternativement vers ses différents pupitres pour les inviter à la danse. Ses parties solistes sont faites d’élans,de dégringolades joyeuses, accompagnées de quelques larmes vite étouffées. Mais il se fait aussi discret quand il accompagne l’orchestre de trilles fabuleux, rythmant le tempo vif et enjoué. On revoit bien sûr Out of Africa (1986), l’élixir d’infini, les vagues de sentiments qui exaltent. Des violons presque « off » soutiennent le motif léger de la clarinette. Les dynamiques sont tout en retenue, au bord des larmes essuyées, en empathie totale avec l’orchestre. Au deuxième mouvement, la clarinette se détache comme une apparition de lumière au-dessus de l’orchestre Il y a-t-il de la flûte enchantée dans l’air, par deux fois ? L’assurance du soliste est princière, ses sons sont fruités et il jongle avec les aiguës et les basses. Les échos successifs de l’orchestre résonnent de gammes elles aussi, enchantées avant un bouquet final, peu bavard, net et assumé.
Et le lendemain, à Flagey, on jouera encore Mozart! Quant au vendredi soir, pour cette 9e édition du Music Chapel Festival, consacrée aux compositeurs de musique de films, c’est l’OPRL et Nir Kabaretti qui mettront à l’honneur le Concerto pour violon de Korngold en compagnie de Kerson Leong, jeune artiste canadien en résidence à la Chapelle Musicale Reine Élisabeth. Gary Hoffman, violoncelliste accompli qui a participé récemment au premier festival pour violoncelle organisé cet automne à Bruxelles, enseigne au sein de la même institution et fera vibrer son magnifique instrument dans une oeuvre mythique du répertoire de violoncelle: le Concerto d’Elgar ( Lorenzo’s Oil, Hilary and Jacky, August Rush). Le mode concert permet bien sûr de déployer la fulgurance de ces magnifiques œuvres symphoniques et d'en révéler à un public conquis, les immenses trésors chatoyants.
Retrouvez le programme complet de cette splendide 9e édition ici et là.







Pour le reste, mise en scène et décors - et n’y a rien à redire sur cette heureuse réutilisation - ce sont ceux de Claire Servais, utilisés en 2014 lors de la première représentation de cette œuvre à L’opéra Royal de Wallonie. Faits de quelques marches d’escalier, de lignes épurées et sobres, ils sont balayés de jeux de lumières et de clair-obscur très ciblés dont la réalisation est signée Olivier Wéry. Encore une fois, c’est une habitude à l’Opéra Royal de Wallonie, les somptueux costumes d’époque apparaissent comme de véritables bijoux surgissant de façon très graphique de ce cadre très porteur.
















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« Choisir sa vie ? »



Il s’agit d’une famille très ordinaire. L’envoi est donné le jour des funérailles de la mère du narrateur (un exquis Valéry Bendjilali) , lorsqu’il met en pratique une expérience proustienne, où le goût acidulé d’une tarte aux cerises réveille tout à coup dans le cœur de l’adulte de quarante ans, une foule de souvenirs familiaux enfouis dans sa mémoire émotionnelle. Ces souvenirs éclatent comme des bulles de réminiscences douces-amères, au fil de la remémoration de la jeunesse révolue et des occasions d’aimer évanouies dans le fleuve de la vie. Le spectateur est franchement ébloui par l’immense justesse des perceptions, la grande pudeur des propos rassemblés dans une histoire sans doute filtrée à travers le prisme d’une certaine idéalisation du passé. Boris Cyrulnik n’a pas tort quand il dit que l’on finit par caraméliser le passé pour en contenir et exorciser les souffrances. Cette écriture engage le spectateur à réfléchir à la beauté véritable du pardon, à la vertu de la communication, à l’observation bienveillante du monde. Des vertus en fait instillée par sa mère adorée… une source inépuisable d’amour.












Running time : "Depuis 2011, ils sillonnent les scènes françaises...". Le spectacle est porté par des comédiens amateurs finalement devenu professionnels grâce à ce spectacle ultra vivant et créatif. "Nous avions commencé à jouer dans la rue, pour atterrir à Bobino en passant par l’Olympia et bien d’autres salles." Et ils ont ramassé le Molière du Musical en 2015. Entendez : théâtre de comédie musicale!
Coup de foudre retentissant pour les pères (Benoit Van Dorselaer et Thierry Janssen), les fils (Mickey Bocar et Julien Besure), les valets (Simon Wauters et Othman Moumen) et les donzelles (Brigitta Skarpalezos et Laure Godisiabois)! Le spectacle est démentiel... rebelle, sexy, inventif et hippie! Tous à la plage, la galère s'amuse, la pièce sera jubilatoire! Voici Scapin 68 - une adaptation des plus réjouissantes des bien-nommées « Fourberies de Scapin » signées Jean-Baptiste Poquelin dit Molière en 1671 - …ou quand la jeunesse en mini-jupes et en pattes d’eph toise l’ordre établi et les interdits.



