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Rythmé, savoureux et haut en couleurs... "Scapin 68" d'après Molière, au Théâtre du Parc, du 13 /09 au 26/10 2018

            L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein airCoup de foudre  retentissant pour les pères (Benoit Van Dorselaer et Thierry Janssen), les fils (Mickey Bocar et Julien Besure), les valets (Simon Wauters et Othman Moumen) et les donzelles (Brigitta Skarpalezos et Laure Godisiabois)! Le spectacle est démentiel... rebelle, sexy, inventif et hippie! Tous à la plage, la  galère s'amuse, la pièce sera jubilatoire!  Voici Scapin 68 - une adaptation des plus réjouissantes des bien-nommées « Fourberies de Scapin » signées Jean-Baptiste Poquelin dit Molière en 1671 -  …ou quand la jeunesse en mini-jupes  et en pattes d’eph toise l’ordre établi et les interdits.

              Les deux pater familias, Argante (Thierry Janssen) et Géronte (Benoit Van Dorselaer) en costume cravate vont se faire l’un et l’autre moquer, rosser, vilipender, soutirer de l’argent, comme au théâtre du Grand guignol et  dans  la tradition de la  Commedia dell’arte. Cette pièce  qu’écrivit Molière en forme de récréation après le Don Juan,  L’Avare, Le Misanthrope  et le Tartuffe met en scène Octave (Julien Besure), fils d’Argante qui a épousé derrière le dos de son père Hyacinthe (Brigitta Skarpalezos), une jeune fille pauvre  de naissance inconnue, et Léandre (Mickey Bocar), fils de Géronte  qui s’est épris d’une  jeune Égyptienne, Zerbinette (Laure Godisiabois) . Pour contrecarrer l’autorité paternelle, tous deux  se trouvent forcés de recourir  au  savoir-faire ingénieux de deux domestiques maîtres-du-jeu : Scapin et son complice Sylvestre (Simon Wauters). Tour de passe-passe du dramaturge, les jeunes amoureuses se révéleront  à la fin, être celles même  que les pères  destinaient à leurs fils comme épouses. All is well that ends well!  L’intrigue n’est pas complexe mais qu’est-ce qu’on s’amuse! Quel sens de la fête, quelle glorieuse farce divinement mise en scène par Thierry Debroux 

 OCTAVE.- Oui, belle Hyacinte, et ces nouvelles m’ont donné une atteinte cruelle. Mais que vois-je ? vous pleurez ! Pourquoi ces larmes ? Me soupçonnez-vous, dites-moi, de quelque 
infidélité, et n’êtes-vous pas assurée de l’amour que j’ai pour vous ?
HYACINTE.- Oui, Octave, je suis sûre que vous m’aimez ; mais je ne le suis pas que vous m’aimiez toujours.
OCTAVE.- Eh peut-on vous aimer, qu’on ne vous aime toute sa vie ?
HYACINTE.- J’ai ouï dire, Octave, que votre sexe aime moins longtemps que le nôtre, et que les ardeurs que les hommes font voir, sont des feux qui s’éteignent aussi facilement qu’ils 
naissent.
OCTAVE.- Ah ! ma chère Hyacinte, mon cœur n’est donc pas fait comme celui des autres hommes, et je sens bien pour moi que je vous aimerai jusqu’au tombeau.
HYACINTE.- Je veux croire que vous sentez ce que vous dites, et je ne doute point que vos paroles ne soient sincères ; mais je crains un pouvoir qui combattra dans votre cœur les tendres sentiments que vous pouvez avoir pour moi. Vous dépendez d’un père, qui veut vous marier à une autre personne ; et je suis sûre que je mourrai, si ce malheur m’arrive.

             Les Moliérophiles ne seront nullement déçus, pas une virgule ne manque au texte qui est projeté dans une  intelligence parfaite. La mise en scène  vintage années soixante-huit est  une déferlante de bonheur théâtral, plastique et musical. Ready, Steady, Act ! Les comédiens ont reçu un thème: la plage, rapport à la phrase : « Sous les pavés, la plage ! » Donc, voilà une maison à colombages en bord de mer, le cri des mouettes, et l’imagination de tous  ...au pouvoir! Un sacré coup de pouce pour nos générations de jeunes assoupis...

  Tout  s’enchaîne  dans un délire de trouvailles autour des serviettes et fauteuils de plage,  jeu de boules en plastique, bouées, costumes et bonnets de bain rétro, sans oublier, au large,  …la fameuse galère.  La musculature parfaite et la souplesse de chat  frémissant d’Othmane Moumen, beau comme un plagiste, qui  voltige de  balcons en réverbères et autres escarpolettes, a déteint sur tous les comédiens qui eux aussi, sautent, rebondissent, jaillissent de trappes improbables et mènent  un jeu  d’enfer délirant autour du texte,  comme si tous avaient fumé la moquette et siroté des breuvages multicolores!   Et quand  une inénarrable scène de rire inextinguible s’empare de Laure Gaudisiabois et de Benoit Van Dorselaer, la salle ne se tient plus. On est dans un sommet de l'excellence théâtrale où le corps est roi  et on applaudirait bien en cours de route, comme à l’opéra!  Car d’ailleurs de la musique - des tubes anglo-saxons absolument légendaires - il y en a … avant, pendant et après, mais on n’en dira pas plus, car franchement, on ne peut manquer un tel spectacle auquel, on ose attribuer 5 étoiles, tant c’est bien fait, vivant, inédit et décoiffant. Quant à la morale « Il est interdit d’interdire » : on adore, pas vous?

Du jeudi 13 septembre 2018 au vendredi 26 octobre 2018 au théâtre Royal du Parc 

http://www.theatreduparc.be/index.php?mact=Agenda,cntnt01,DetailEve...

 

Mise en scène Thierry Debroux Avec Julien Besure, Mickey Boccar, Laure Godisiabois, Thierry Janssen, Othmane Moumen, Brigitta Skarpalezos, Benoît Van Dorslaer, Simon Wauters Scénographie et costumes Thibaut De Coster, Charly Kleinermann Maquillages Urteza Da Fonseca Lumières Alain Collet Décor sonore David Lempereur Assistanat mise en scène Catherine Couchard

Crédit Photos:  Zvonock Light Knight 

Une coproduction du Théâtre Royal du Parc, de l’Atelier Théâtre Jean Vilar, du Théâtre de Liège et de DC&J Création

Jusqu’au 26 octobre au Théâtre du Parc (Bruxelles). Du 6 au 16 novembre au Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve). Les 23 et 24 novembre à Wolubilis (Woluwe-Saint-Lambert). Du 28 novembre au 7 décembre au Théâtre de Liège.

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Commentaire de Deashelle le 17 octobre 2018 à 16:39
Publié le 7 octobre 2018
C'est le même interprète fétiche du théâtre du Parc qui assuma et assume brillamment les deux rôles dans deux productions* qui resteront dans les mémoires des fidèles abonnés. Mais ne peut-on voir également une continuité dans ces personnages, surgis tous deux de la rue: Scapin est, aussi, le champion des "gags", de la poursuite bondissante, de la malice ingénieuse, des pirouettes, des bons tours joués à l'autorité, des attitudes poético-comiques...

Que veut dire ce titre: "Scapin 68" ? Il s'agit bien de la pièce de Molière "Les Fourberies de Scapin" mais transposée en 1968. Dans le beau bâtiment classé de la rue de la Loi (face au fameux n°16 officiel), il est assez piquant, là aussi comme dans d'autres lieux théâtraux, de voir honorer un cinquantenaire célèbre cette année ! Une petite mise en condition musicale assurée par deux artistes de la distribution: Brigitta Skarpalezos et Mickey Boccar, permet au spectateur entrant dans la salle de faire le retour en arrière vers cette année mythique. Hippie Birthday !

A la mode 68: pour le décor (villa vintage en bord de mer), les costumes et les accessoires, pour établir comme un parallèle - éternel et universel - entre la jeunesse avide de vivre à fond, d'aimer de même et de se rebeller contre les contraintes de l'Autorité. Elle est personnifiée par les deux paternels égoïstes, radins et ridicules. Deux générations s'affrontent. On pourrait même établir un autre parallèle: les deux jeunes gens nantis mais encore timorés s'assurant l'aide de leurs valets comme les étudiants de mai 68 relayés par les ouvriers...

Il est question de "pistoles" et d'"écus" car le texte célèbre n'a pas subi de modifications mais il "passe" très bien, et c'est là où l'on peut admirer son intemporalité, son universalité.

De ruse en ruse...

Il est communément admis d'étiqueter "farce" ces "Fourberies..." et certes l'esprit farcesque est bien là, s'inscrivant dans une tradition mais sur cette nouvelle version souffle un vent de contestation et l'on oublierait presque que l'action se déroule à Naples, chez ces Italiens chers à Molière pour leur commedia dell'arte. On pense au burlesque avec l'emploi d'accessoires anachroniques tels ces jouets de plage... Et l'ensemble est mené allegretto par le metteur en scène Thierry Debroux justifiant ainsi que l'on puisse apercevoir la fameuse galère turque...

La scénographie, elle, montre quelques écarts... de langage en affichant les slogans soixante-huitards sur un décor à surprises, tout comme les costumes, coiffures, attitudes...: Thibaut De Coster et Charly Kleinermann s'en sont donné à coeur joie et le Scapin d'Othmane Moumen s'est fait le look de Jimi Hendrix. Tous: Julien Besure, Mickey Boccar, Laure Godisiabois, Brigitta Skarpalezos et Simon Wauters lui emboitent le pas ou plutôt les poursuites et acrobaties sauf, bien sûr, ces pères aux grands airs: Thierry Janssen et Benoît Van Dorslaer, qui en feront les frais.

Et de ce nouvel habillage, Molière s'en trouve grandi, texte rajeuni sans qu'il subisse de mauvais traitement ! Les années soixante furent particulièrement riches visuellement et musicalement, on en retrouve, aussi, l'esprit. Et, une fois de plus, "la fourberie" aura eu le dernier mot.

Commentaire de Deashelle le 12 octobre 2018 à 12:22
Commentaire de Deashelle le 12 octobre 2018 à 12:00
Commentaire de Deashelle le 12 octobre 2018 à 11:58

Lorsque la ville de Bruxelles propose aux différents lieux culturels de la capitale de se pencher sur les cinquante ans de mai 68, c'est l'évidence, pour Thierry Debroux, directeur du théâtre du
Parc et metteur en scène, ces "Fourberies de Scapin" qu'il rêve de monter avec Othmane Moumen dans le rôle principal vont répondre parfaitement au projet : c'est bien l'histoire de jeunes-gens qui, en l'absence de leurs pères, se sont lâchés, se sont même mariés ! Ils sont moins courageux que les jeunes des barricades, et c'est Scapin qu'ils envoient au combat !
Il est dans notre studio, Scapin 68, alias Othmane Moumen, pour nous en parler !
Jusqu'au 26 octobre au théâtre du Parc on retrouve Les fourberies de Scapin de Molière à la mode de 1968 dans une mise en scène de Thierry Debroux et avec, dans le rôle principal, notre invité Othmane Moumen.

Commentaire de Deashelle le 12 octobre 2018 à 11:58

"Lorsque la ville de Bruxelles propose aux différents lieux culturels de la capitale de se pencher sur les cinquante ans de mai 68, c'est l'évidence, pour Thierry Debroux, directeur du théâtre du
Parc et metteur en scène, ces "Fourberies de Scapin" qu'il rêve de monter avec Othmane Moumen dans le rôle principal vont répondre parfaitement au projet : c'est bien l'histoire de jeunes-gens qui, en l'absence de leurs pères, se sont lâchés, se sont même mariés ! Ils sont moins courageux que les jeunes des barricades, et c'est Scapin qu'ils envoient au combat !
Il est dans notre studio, Scapin 68, alias Othmane Moumen, pour nous en parler !
Jusqu'au 26 octobre au théâtre du Parc on retrouve Les fourberies de Scapin de Molière à la mode de 1968 dans une mise en scène de Thierry Debroux et avec, dans le rôle principal, notre invité Othmane Moumen."

Commentaire de Deashelle le 12 octobre 2018 à 11:57

https://rcf.fr/culture/livres/othmane-moumen-est-scapin-au-theatre-...

....  Lorsque la ville de Bruxelles propose aux différents lieux culturels de la capitale de se pencher sur les cinquante ans de mai 68, c'est l'évidence, pour Thierry Debroux, directeur du théâtre du
Parc et metteur en scène, ces "Fourberies de Scapin" qu'il rêve de monter avec Othmane Moumen dans le rôle principal vont répondre parfaitement au projet : c'est bien l'histoire de jeunes-gens qui, en l'absence de leurs pères, se sont lâchés, se sont même mariés ! Ils sont moins courageux que les jeunes des barricades, et c'est Scapin qu'ils envoient au combat !
Il est dans notre studio, Scapin 68, alias Othmane Moumen, pour nous en parler !
Jusqu'au 26 octobre au théâtre du Parc on retrouve Les fourberies de Scapin de Molière à la mode de 1968 dans une mise en scène de Thierry Debroux et avec, dans le rôle principal, notre invité Othmane Moumen.

Commentaire de Deashelle le 25 septembre 2018 à 16:33

Dès le mardi 06 novembre au Théâtre Jean Vilar https://www.atjv.be/Scapin-68  Jusqu'au vendredi 16 novembre 2018

Si vous êtes abonné: http://www.lalibre.be/culture/scenes/scapin-68-ou-moliere-version-p...

Diablement jouissif. (...) Toute la force et la magie de la pièce : faire (re)découvrir au public un classique du répertoire théâtral français, tout en lui faisant oublier qu’il a été écrit en prose du XVIIe siècle !
La Libre, S. B., 21/09/2018

4 étoiles dans le Mad pour Scapin 68 !

http://www.lesoir.be/179004/article/2018-09-18/scapin-68-sous-les-p...

Othmane Moumen compose un Scapin incendiaire, plus explosif qu’un concert de Woodstock à lui tout seul. (...) En une heure et demie, le rythme ne retombe pas une seconde.
Le Soir****, C. M., 18/09/18

Thierry Debroux imagine des Fourberies de Scapin version Mai 68. Résultat : Molière flirte avec les Beatles, les costumes sentent le patchouli et le théâtre prend des airs de Woodstock. Dans le rôle de Scapin, Othmane Moumen est à la comédie ce que Jimi Hendrix est à la guitare électrique. Même le décor donne le ton, tagué de slogans que n’aurait pas reniés Daniel Cohn-Bendit. L’intrigue reste celle du grand Poquelin avec une mise en scène sur un mode déjanté.

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On dit que le déclencheur de Mai 68 fut une protestation des jeunes étudiants de Nanterre frustrés de ne pouvoir fréquenter le dortoir de leurs collègues féminines. On connaît la suite : patchouli, fleurs dans les cheveux et amours libres.

Mais on oublie que, 300 ans plus tôt, Molière célébrait déjà la liberté d’aimer de la jeunesse envers et contre le conservatisme patriarcal. Thierry Debroux a bien saisi cette filiation à travers les époques puisqu’il met en scène Les fourberies de Scapin dans une version Mai 68.

Dès le départ, le décor annonce la couleur avec des slogans que n’aurait pas reniés Daniel Cohn-Bendit : Il est interdit d’interdire, La police vous parle tous les soirs à 20 h, etc. Quant au fameux Sous les pavés, la plage, la mise en scène s’en empare plus littéralement puisque l’action se passe en bord de mer.

On craignait une adaptation classique simplement habillée de pantalons pattes d’eph et chemisiers fleuris, mais l’équipe de Scapin 68 va beaucoup plus loin que cette garde-robe psychédélique pour jouer Molière comme Jimmy Hendricks grattait sa guitare : avec des riffs complètement fous et un rythme branché sur 10.000 volts.

L’intrigue reste celle du grand Poquelin : deux fils de bonne famille ont fait la bringue pendant que leur père était parti et se sont entichés de demoiselles jusqu’à les marier. Au retour des patriarches, il faudra toute l’astuce du valet Scapin pour déjouer leur fureur, leur extorquer l’argent nécessaire pour sauver une des amoureuses des griffes de gitans et même les amener à bénir les épousailles.

Coupe afro, lunettes à la John Lennon et pantalon plus moulé qu’un Johnny Halliday à la grande époque, Othmane Moumen compose un Scapin incendiaire, plus explosif qu’un concert de Woodstock à lui tout seul. Avec ses déhanchés lascifs, ses acrobaties sur le décor, son assurance charismatique, il emporte la salle dans un souffle comique implacable. Assurément, le Théâtre du Parc tient là le talent le plus comique de Belgique.

Dans le rôle du deuxième valet, Simon Wauters est lui aussi irrésistible, donnant pareillement de sa personne dans des pirouettes sportives et hilarantes. Le reste de la distribution s’avère tout aussi déjanté, notamment Thierry Janssen et Benoît Van Dorslaer en pères colériques et naïfs.

En une heure et demie, le rythme ne retombe pas une seconde, soutenu par moult inventions fantaisistes : plants de cannabis, bar à cocktails, canard gonflable géant et allusions cinématographiques (Good morning Vietnam, Massacre à la tronçonneuse, etc.). Toute la pièce a l’air d’avoir été créée sous LSD mais le public, lui, n’a clairement besoin d’aucun psychotrope pour planer devant ce Scapin 68. All you need is love, et un peu de Molière aussi, peut-être.


Commentaire de Deashelle le 25 septembre 2018 à 16:08

CRITIQUE. « SCAPIN 68 » d’après Molière - mise en scène : Thierry Debroux – Théâtre Royal du Parc à Bruxelles, jusqu’au 26/10/2018.

SCAPIN 68, la liberté d’aimer, avec 297 ans d’écart… Thierry Debroux épate !

Le public n’est pas encore installé dans la très belle salle de ce mythique Théâtre Royal du Parc, que déjà, devant le rideau pas encore levé, deux acteurs-chanteurs transportent le public des années en arrière en chantant les succès des années ’60, et ils le font participer ! Entre Armstrong et les Beatles ou encore les Rolling Stones, et j’en passe, le couple joyeux fait déjà rire et applaudir les spectateurs. C’est avec cette citation de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, que le spectacle va commencer: « C’est grâce au changement que la vie prend tout son sens ».

La comédie :
Octave, fils d’Argante, est amoureux d’une jeune fille pauvre, Hyacinthe, qu’il vient d’épouser sans le consentement et en l’absence de son père. Léandre, fils de Géronte (en voyage), s’éprend de la jeune Zerbinette. De retour chez lui, Argante est bien décidé à marier son fils Octave, ignorant que ce dernier l’est déjà. Octave a peur d’annoncer à son paternel qu’il a une épouse, et de plus, il est à court d’argent et va donc avoir recours à Scapin, le valet de Léandre, en l’implorant de l’aider.

Léandre est, quant à lui, reçu vertement par son père Géronte -également de retour de voyage- suite à une indiscrétion de Scapin que lui a rapporté Argante. Furieux de cette trahison, Léandre veut corriger son valet mais se ravise aussitôt, car pour pouvoir vivre son idylle avec Zerbinette il doit payer une rançon à une communauté de gitans ayant enlevé la belle. Voilà donc Scapin supplié de lui venir en aide.

Imaginatif à souhait, entre stratagèmes et fourberies, un tantinet vengeur, notre Scapin est bien décidé à extorquer aux deux géniteurs les sommes souhaitées par Octave et Léandre, tout en défendant leur cause auprès des deux hommes en colère. Scapin arrivera-t-il à ses fins ? Et que dire des rebondissements jusqu’à la fin ! Aux spectateurs de le re/découvrir au goût du jour.

***

Qui ne connaît « Les fourberies de Scapin » de Molière, alias Scappino, personnage de la commedia dell’arte que le célèbre dramaturge parisien fait représenter pour la première fois au Théâtre du Palais-Royal en 1671 ? Et si au fil du temps, cette comédie, drôle à souhait, a été reprise et rejouée encore et encore, imaginez-vous-la en 1968 ! Jubilatoire ! Osé et franchement réussi.

C’est, en effet, dans le cadre du 50ème anniversaire de mai 68, que le Théâtre Royal du Parc propose Scapin 68, brillamment mis en scène par Thierry Debroux. Si le texte de Molière n’est pas changé pour un sou, il s’adapte parfaitement aux évènements de mai 68 : la révolte des jeunes contre leurs parents ; soif de liberté et d’indépendance. Un choix de comédiens judicieux et intelligent, dans un décor très inspiré, des tenues et musique qui nous ramènent quelques bonds en arrière. Génial.

S’il est vrai que toute la troupe relève le défi haut la main et fait rire le public, on ne peut qu’être séduit par l’excellent Othmane Moumen dans le rôle de Scapin. Entre acrobatie, attitude zen et disjonctée, le public suit tous ses mouvements, il l’adore ! C’est bien simple, Scapin et Moumen, ne font qu’un ! Un Othmane que l’on ne présente plus tant ses casquettes sont nombreuses tout autant que ses rôles (le célèbre Passepartout, Arlequin, Puck, Ariel, le docteur Watson, Chaplin dans le « Kid », etc. ; on se souvient aussi de  » Moutoufs  » -voir critique BDO). Et que dire de Benoît Van Dorslaer (Géronde), jubilatoire sur scène, plus vrai que nature, comédien, doubleur, jouteur, metteur en scène sans compter ses rôles au cinéma et sur la célèbre série « La Trêves » (voir aussi Botala Mindele, critique du BDO). Laure Godisiabois (dans le double rôle de Zerbinette et Nérine) qui a foulé bien des planches des théâtres belges, premier prix d’art dramatique en 2002 (rappelez-vous aussi  » les Faux British « , critique BDO). Le jeune français Julien Besure (Octave), nominé au prix de la critique dans la catégorie meilleur espoir 2016 ; Thierry Janssen (Argante) ose tout sur scène, jusqu’à la tenue ridicule, pour le bonheur des spectateurs (c’est d’ailleurs lui qui prête sa voix à Audiolib, le Seigneur de  » Tolkien « ) ; Léandre joué par le jeune Bruxellois Boccar Mickey, également musicien, multiples instruments, a déjà foulé les scènes de nombreux pays. Brigitta Skarpalezos qu’on croirait tout droit sortie d’une machine à remonter le temps tant elle est bluffante dans son rôle de Hyacinthe 68. Et enfin, Simon Wauters, Silvestre, que tout le monde bouscule et à qui tout arrive, craquant.

Le rythme, rapide et très soutenu durant tout le spectacle, est ouvert à tout public, déjà à partir de 6 ans. Il sera présenté jusqu’au 26 octobre 2018. Et franchement, si vous ne l’avez pas déjà vu, allez-y ou retournez-y et régalez-vous. À ne rater sous aucun prétexte.

Julia Garlito Y Romo

Distribution : assistant à la mise en scène : Catherine Couchard ; avec : Othmane Moumen (Scapin), Benoît Van Dorslaer (Géronde), Thierry Janssen (Argante), Simon Wauters (Silvestre), Julien Besure (Octave), Laure Godisiabois (Zerbinette et Nérine), Mickey Boccar (Léandre), Brigitta Skarpalezos (Hyacinte)

À noter, très réussi : Scénographie et costumes, confection des costumes, peinture et décor : Thibaut De Coster et Charly Kleinermann

https://lebruitduofftribune.com/2018/09/25/scapin-version-1968-moli...

Commentaire de Deashelle le 19 septembre 2018 à 18:47

Commentaire de Deashelle le 19 septembre 2018 à 18:46

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LES COULEURS HUMAINES DE MICAELA GIUSEPPONE


MARC JALLARD : DU GROTESQUE A L’ESSENTIEL


JULIANE SCHACK : AU SEUIL DE L’EXPRESSIONNISME MYSTIQUE


ROSELYNE DELORT : ENTRE COULEUR ET SOUVENIR


BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS

XAVI PUENTES: DE LA FACADE A LA SURFACE : VOYAGE ENTRE DEUX MONDES

MARYLISE GRAND’RY: FORMES ET COULEURS POUR LE TEMPS ET L’ESPACE

MARCUS BOISDENGHIEN: ETATS D’AME…AME D’ETATS : EMOTIONS CHROMATIQUES

 

JUSTINE GUERRIAT : DE LA LUMIERE

 

BERNADETTE REGINSTER : DE L’EMOTION A LA VITESSE

 

ANGELA MAGNATTA : L’IMAGE POUR LE COMBAT

 

MANOLO YANES : L’ART PASSEUR DU MYTHE

 

PIERRE-EMMANUEL MEURIS: HOMO LUDENS

 

MICHEL MARINUS: LET THE ALTARS SHINE

 

PATRICK MARIN - LE RATIONNEL DANS L’IRRATIONNEL : ESQUISSES D’UNE IDENTITE

 

CHRISTIAN VEY: LA FEMME EST-ELLE UNE NOTE DE JAZZ?

 

SOUNYA PLANES : ENTRE ERRANCE ET URGENCE

 

JAIME PARRA, PEINTRE DE L’EXISTENCE

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

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