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Les regards sont fixes, pour laisser le corps s’exprimer dans ses moindres gémissements. Les costumes sont taillés dans le ricanement et la parodie : cinq femmes portant survêtement de jarretelles côtoient cinq hommes nichés dans des cols de fourrure. Ils  apparaissent et se frôlent, sans vraiment se toucher.  La lenteur et le silence sont le prélude à une dramaturgie théâtrale intense qui  va recréer la dramaturgie musicale de la musique la plus sublime au monde : La Messe en si de Jean-Sébastien Bach revisitée en théâtre musical par  Ingrid von Wantoch Rekowski, une virtuose pour qui le Sacré est aussi indissociable du corps, que pour Jean-Sébastien Bach. «Et incarnatus est».


Un long trait de lumière posé au sol  attire les comédiens comme des papillons de nuit ou des hirondelles perchées sur un fil télégraphique. Ainsi se met en place un chœur mi antique, mi avant-gardiste, installé au bord du vide ou du néant. La cohésion qui se crée par le rassemblement des corps à corps fait imaginer une sorte de créature puissante et vivante en forme d’arabesque. La condition humaine qui ne cesse de chercher l’Absolu dans le mouvement et le chant ?  L’étrange et langoureuse bacchanale va naître  sur le Kyrie à la manière d’une improvisation et puis s’envoler au gré des autres prières de la liturgie. Celles-ci sont réinventées librement sur l’étoffe de la partition de Bach. Dans un déséquilibre constant ils s’efforcent généreusement de mettre leur corps et leurs voix au service du texte chanté, murmuré, scandé, vibré! Une renaissance perpétuelle de tableaux vivants, comme des cellules en harmonie s’offre au public au fil des incantations universelles perlant sur des gestes familiers et des attitudes quotidiennes. Esprits en union ou union d’Esprit ?  Au milieu du chaos apparent, les déplacements et les  voix des danseurs et danseuses deviennent au fur et à mesure sidérants d’harmonie et de précision. Et pourtant on les croit toujours tous, prêts à tomber, comme dans un château de cartes.


Ils sont dix, comme à leurs débuts, il y a dix -sept ans:Pascal Crochet, Daphné D’Heur, Isabelle Dumont, Bernard Eylenbosch, Hélène Gailly, Dirk Laplasse, Pietro Pizzuti, Annette Sachs, Candy Saulnier, Luc Schillinger.Très efficace, ce théâtre décaphonique de frères humains exaltants forme une installation en mouvement perpétuel et conduit  le spectateur à une méditation émaillée d’éclats de rires.  Angoisses et extases s’entrechoquent dans une communion de gestes. Chacun dispose d’une clochette pour faire tourner les pages et les changements d’humeurs de la célébration. L’appel vaut mieux que la baguette. Et puis, la clochette peut servir à tout, même se transformer en rasoir, dans les mains de Pietro Pizzuti... Les dissonances et les harmonies somptueuses tiennent en équilibre fragile le monde de fiel et celui du septième ciel. En se calibrant secrètement  les uns aux autres,  les voix  émettent une musique incantatoire innovante et subtile, qui s’adresse au cœur avant le cerveau. Les corps des danseurs-acteurs, tels des pantins de chair et de sang  tenant eux-mêmes les ficelles, sont-ils en perpétuelle recherche de la lumière ? Ad Lucem ?

De l’ensemble se dégage l’impression d’une œuvre polyphonique mobile parfaitement aboutie. Dans l’enchaînement de propositions, où chacun finit toujours par trouver sa place, émerge une œuvre de solidarité artistique vibrante. Alors qu’affleurent régulièrement des égocentrismes, des regards dédaigneux, voire hostiles, des gestes malencontreux, des bavures, des actes manqués, les personnages se serrent frileusement les uns contre les autres.   Et la  voix intérieure de chaque artiste finit toujours par fuser librement à travers les paroles redécoupées avec humour,  en se  calibrant  sur celle de ses voisins pour enfanter la chaleur universelle. Sublime.

Dominique-Hélène Lemaire


Du 18 au 22 décembre 2018 au théâtre des Martyrs

In H-Moll a reçu le prix de la recherche «Michèle Fabien» en 2001. Réalisatrice: Ingrid von Wantoch Rekowski Avec:
Pascal Crochet, Daphné D’Heur, Isabelle Dumont, Bernard Eylenbosch, Hélène Gailly, Dirk Laplasse, Pietro Pizzuti, Annette Sachs, Candy Saulnier, Luc Schillinger, Costumes: Christophe Pidré Éclairage: Jan Maertens Production: Lucilia Caesar, Polimnia, Les Brigittines en coproduction avec le Théâtre Martyrs, Musica Strasbourg, Bouffes du Nord, Teatro Due Parma, soutenues par la Fédération Wallonie-Bruxelles et Nadine / Brussels
Crédit photos: Eric Legrand

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TOUJOURS ELLE...

Imperturbable envers le temps

A la fois sage, incontrôlable...

Elle se peaufine au fil des ans

Est de plus en plus désirable...

La tendresse...

Elle accompagne nos envies

Sans rien forcer, elle sait gagner

Grand Dieu! Elle embellit la vie

Son succès ne peut étonner...

La tendresse...

Parfois on tente la définir

En parente pauvre de l'amour

Pourtant elle seule pourra le guérir

Quand il se mettra à pâlir...

La tendresse...

Dans sa douceur je m'abandonne

Les soirs où ton regard l'éveille

Une musique en moi résonne

C'est tellement bon, que c' est merveille!

La tendresse...

J.G.

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Dépasser le murmure

Laissons parler
l’intime
donnons-lui
la chance
de dépasser
le murmure

et refaisons chaque jour
ce voyage

remonter les fleuves
de nos paysages
trouver la source

ce ruisseau souterrain
limpide
complètement libre
qui coule au fond de nous

...........................................
Martine Rouhart

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Une autre année...

Il y a des Noël Joyeux

Aussi parfois des Noël "sans"...

quoiqu'il soit pour vous cette année

Toujours, il sera triomphant!

Rangé parmi les beaux souvenirs

Heureux, qu'il soit enfin passé...

Ce qu'on pourra en retenir

Mais oui, c'est qu'il... aura été!

Le temps, cette chose intemporelle

Une fois de plus aura gagné!

Et nous partirons de plus belle

Vers la promesse d'un autre été.

Pour celle année qui se profile

A tous, je voudrais souhaiter

D'oublier que les jours défilent

De simplement en profiter!

Je vous souhaite une douce année...

J.G.

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12273298085?profile=originalCeux qui suivent nos chroniques, se souviendront peut-être que nous avions abordé le premier roman de Patricia Fontaine « Cape Verte » avec l’enthousiasme des découvertes intéressantes.  C’était, pour un premier roman, une œuvre qui offrait la promesse d’une plume en devenir.  Vous m’auriez demandé s’il fallait parier sur l’avenir de cette écrivaine Brançonne, j’aurais probablement refusé de répondre.  Cette hésitation repose sur le fait que l’écriture d’un second roman est souvent plus difficile pour de multiples raisons. 

En découvrant « Pile et Face » il ne m’a pas fallu longtemps pour entrer en résonnance avec un ouvrage que je n’hésiterai en aucune façon à souligner comme étant un « coup de cœur ». 

Bien que les sujets abordés ne soient pas anodins, le lecteur aura beaucoup de peines à se détacher du récit. 

L’écriture est fluide, intéressante, passionnante.

La première impression que nous offrent le début de lecture, c’est que l’humour semble nous porter vers une écriture à la « Legardinier ». 

Accroche habilement construite pour nous entrainer progressivement vers le thème central.  La gravité du sujet n’en est pas moins respectée, l’auteur surprendra le lecteur par une approche originale.

Nous voici plongés au cœur de l’histoire du Chili.AVT_Patricia-Fontaine_3019.jpeg

C’était un risque, celui de basculer dans le discours moralisateur d’un(e) Occidental(e) en recherche de sensationnalisme.  Il n’en est rien, au contraire, la sensibilité de l’auteure ose poser les questions fondamentales sur l’orientation que prennent les destins quand ils sont confrontés à l’extrême.

« Clarisse » est contrainte de fuir au Chili.  Elle y rencontre, manœuvrée par un personnage trouble  appelé « La fouine brune », une dénommée Marta.  Ensemble elles vont relire les pages brulantes de l’histoire façonnée par la dictature du Général Pinochet.

Si je vous ai parlé de "coup de cœur", c’est que je n’ai pu me détacher du roman.  Intelligemment construit, il porte la marque des sensibilités à fleur de peau tout en basant le fil de l’intrigue sur les fondations d’une documentation fournie. 

L’écrivain ne s’en cache pas.  La préparation de cet ouvrage a débuté par la recherche de témoignages, de lectures et un séjour à Santiago et dans le désert d’Atacama.

Patricia Fontaine ne fait pas partie de ceux qui publient un ouvrage chaque année.  Elle prend son temps, forge ses écrits et le résultat est à la hauteur de nos attentes.  Comment ne pas souligner la qualité et le talent qui transpire de cet ouvrage ?  Comment ne pas la remercier d’aborder un thème aussi grave en essaimant l’humour le temps que le lecteur reprenne sa respiration.

Si j’ai aimé « Cape Verte », bien que nous nous attendions et espérions une suite, « Pile et Face » ne ressemble en rien à son ainé.  Ce dernier roman  mérite d’être placé en première place dans les vitrines de nos bibliothèques.  « Pile et Face » pourrait être abordé dans nos écoles, ouvrir les débats, être une référence peut-être ?  Quoi qu’il en soit, Patricia Fontaine vient d’acquérir ses lettres de noblesse dans le monde difficile de la littérature.

Rappelons que Patricia Fontaine recevra en 2017, "le prix roman" au Salon International de Mazamet (Tarn - France).

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administrateur théâtres

« Don Pasquale »

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La première de « Don Pasquale » de Donizetti à Paris en 1843 signait aussi  la fin de la tradition de l’opéra buffa du 19e siècle.

 Alors que l’ « Elixir d’Amour » reste la plus succulente des comédies de Donizetti, cette œuvre qu’il écrivit quelques mois avant sa mort fait preuve d’une sagesse bienveillante et heureuse vis-à-vis de la vieillesse, qu’il traite avec une belle dose humour et d’humanité. Il y a dans cet opéra une touche dramatique extrêmement  émouvante, admirablement interprétée par le personnage principal très travaillé, Don Pasquale, ah! le sublime Michele Pertusi!

L’histoire. Ernesto (Joel Prieto) veut épouser sa bien-aimée Norina, mais son oncle, Don Pasquale, veut qu’il prenne une femme plus noble, de sorte qu’il n’ait plus à prendre soin d’un neveu plutôt flemmard qui se promène en pyjamas. Mais Ernesto refuse. Sur quoi, Don  Pasquale décide de prendre femme pour produire son propre héritier et ainsi se délier de toute obligation  vis-à-vis du neveu impénitent. Le Docteur Malatesta, sacrement corrosif,  propose de le présenter à  une sœur putative qui n’est autre que Norina. Une fois dans les lieux, celle-ci met tout sens dessus dessous. Ce qui est magnifiquement exprimé par la mise en scène du Français Laurent Pelly qui applique la notion à la lettre, en apôtre fidèle de la façon d’écrire de l’Ecume des jours, …dans ses passages cruels et capture  à la perfection l’esprit  opera buffa. On se souvient de son « Don Quichotte » en 2010 et du « Coq d’Or » il y a deux ans, beaucoup plus poétiques.

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Décor de Chantal Thomas, et lumières de Duane Schuler qui  oppose les nuances de gris murailles aveugles avec l’invasion  flamboyante de la dame des lieux quittant sa voilette  ton sur ton,  pour un tutu théâtral solaire or et orange.  La féroce Sofronia/Norina est la reine des pestes et se lance dans des dépenses somptuaires, traite son mari - il y a un faux notaire (Alessandro Abis) – en bien pire que  toutes les soubrettes du Bourgeois Gentilhomme, Avare et Malade  Imaginaire confondues. Un sympathique corps des balais de tout âge  produit un moment de respiration  pleine de verve rebelle vis-à-vis  de l’insupportable maîtresse. Un chœur joyeusement  mené par Martino Faggiani.  On adore ! The house‘s on fire. Le pauvre Don Pasquale, cherchant un moyen pour s’enfuir du chaos créé par sa femme, appelle le divorce de ses vœux. Cherchant conseil auprès de Malatesta, son fidèle docteur,  solidement  campé par un  Lionel Lhote moustachu, intrigant et cynique,  Pasquale  s'aperçoit qu'elle a une affaire secrète. Il brûle de la  découvrir en flagrant délit dans le jardin. Lorsque  Pasquale confronte sa femme  qui  se révèle être Norina, à qui l'amoureux a apporté la lune,   il est ravi de ne pas être marié, et souhaite dans une pirouette bienvenue, bon vent aux deux jeunes amants. Plus faucons que tourtereaux. 

 

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Cet opéra regorge de passages musicaux célèbres allant de l'aria d'ouverture de Norina au duo entre Malatesta et Norina, en passant par «Cercherò lontana terra» d'Ernesto, sa célèbre sérénade et le duo d'amour «Tornami». Dans le cast du 14 décembre nous n’avons pas eu le bonheur de  nous  délecter de l’adorable star Danielle de Niese  remplacée alors qu’elle avait chanté la veille dans l’autre distribution par la soprano belge  Anne-Catherine Gillet, une langue de feu qui n’hésite pas à chanter dans les positions les plus extravagantes. Mais le moment le plus pétillant de  l'opéra est le soi-disant «duo Patter» dans lequel Malatesta et Pasquale ont l'intention de révéler l'infidélité de Sofronia.  On demande aux deux hommes de chanter à grande vitesse des passages extrêmement rythmiques dans un tempo effréné. Cela conduit  bien sûr à l’hilarité générale. Avec cela, moult claquements de portes émaillent l’histoire, on ne sait jamais de quelle trappe sortiront les personnages… Et le chef d’orchestre extraordinaire, Alain Altinoglu, sur lequel les yeux se posent à de nombreuses reprises, est le grand régisseur du rire musical et du comique de scène.   La nouvelle déco sarcastique  du salon du pauvre hère ressemble à  bientôt à des pierres tombales et des  fleurs de cimetière… C’est drôlement féroce,  mais n’allez pas croire que cette production soit revisitée par Feydeau en personne, même si le metteur en scène est français. Pour la fin d’année, la Monnaie nous offre donc un humour un peu grinçant, emballé dans un cube en tranches de vie qui n’ont rien de très réjouissant, et l’on se prend à compatir avec un Don Pasquale au bout de son rouleau, qui de mari ridicule passe finalement pour une victime solidement égratignée par une jeunesse égoïste et sans états d’âme et qui ne  réussit à s’en sortir … qu'à un cheveu.  

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Direction musicale  ALAIN ALTINOGLU
Mise en scène et costumes  LAURENT PELLY
Décors  CHANTAL THOMAS
Éclairages  DUANE SCHULER
Chef des chœurs  MARTINO FAGGIANI

Libretto di Giovanni Ruffini e Gaetano Donizetti, tratto dal Ser Marcantonio di Angelo Anelli

Don Pasquale  MICHELE PERTUSI
PIETRO SPAGNOLI (11, 13, 18, 20, 23)


Dottor Malatesta LIONEL LHOTE
RODION POGOSSOV (11, 13, 18, 20, 23)


ErnestoJOEL PRIETO
ANICIO ZORZI GIUSTINIANI (11, 13, 18, 20, 23)


Norina DANIELLE DE NIESE
ANNE-CATHERINE GILLET (11, 13, 14, 18, 20, 23)


Un Notaro ALESSANDRO ABIS

Orchestre symphonique et chœurs de la Monnaie
Académie des chœurs de la Monnaie s.l.d. de Benoît Giaux

Production SANTE FÉ OPERA (2014), GRAN TEATRO DEL LICEU (BARCELONA, 2015)
Présentation DE MUNT / LA MONNAIE

VENDREDI 21 DÉCEMBRE À 20:00 SUR MEZZO LIVE HD (EN DIRECT)

Dominique-Hélène Lemaire

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administrateur théâtres

« En attendant Bojangles » au Centre Culturel d’Eau de Gemmes

Hélène, puisque c’est d’elle que l’on parle, jamais  ne sera  la vieille accroupie de Ronsard… Jouée par Anne Charrier, aux côtés de Didier Brice, elle rayonne dans un spectacle enchanteur et enchanté et …terriblement courtois. Je parle de l’amour, bien sûr!  L’enfant, source de bonheur, joué par Victor Boulenger est-il décrié, sous son  nom vulgaire d'enfant-roi? Certes, non, c'est tout le contraire!  *Coup de foudre  donc  pour cette famille-enfant au triangle parfait, dessinant le visage joyeux du bonheur. 

 

Page après page, Le père a la parole et la loi de l’amour sous sa plume. Il transmet le roman de l’intranquilité de la vie et de sa miroitante fantaisie pour  ceux qui y croient.

L’enfant rebelle adoré reconstitue le puzzle de l’amour et se nourrit de son histoire comme s’il buvait du lait. Il parle fort, comme si déjà ses géniteurs avaient rejoint les esprits myrteux de l’ami Ronsard. Il est donc adulte.  …Et vous?  Dans ses mains – et dans les nôtres – un bouquet de mimosas et la poésie dont a été tissée toute son enfance. Un talisman, une aubaine, pour qui sait la voir, une musique sacrée qui donne les clefs du paradis sur terre, pour qui sait l’être!  Jamais le Néant! 

La femme aux mille et un prénoms, qui jamais ne sera une vieille accroupie, véhicule toutes les intentions de bonheur et leur réalisation et pourchasse  routines vermoulues et  fonctionnaires vert-de-gris. Elle met le feu aux avoirs, illustre la folie de la passion qui  ira jusqu’à la mort.  Et dans sa sagesse infuse, elle  prend la langue au pied de la lettre, telle une vestale de l’humour. Contrevenante des marées noires, elle choisit de fixer les étoiles, même dans un divan endormie, et flotte sa vie jusqu’au bout, entraînée par l’amour. Et lui, la suit,  bien sûr, comme dans l’Eté Indien. 
« On ira
Où tu voudras, quand tu voudras
Et on s’aimera encore Où tu iras…»
 


L’auteur de ce conte a retrouvé les accents succulents de Boris et de l’écume des jours. Il célèbre la communion de la folie amoureuse et signe …Olivier Bourdeaut. Victoire l’a saisi en plein vol et signe l’adaptation théâtrale et la mise en scène dans des décors de Caroline Mexme. 

Le spectateur se laissera séduire dès le premier son de cloche qui célèbre des noces profondes, celles qui se veulent absolues, quelles que soient les contingences, les noces des serments éternels qui ne verront jamais les amants désunis. Colin/Georges envisage Chloé/ Constance et les autres, comme un arbre magique, celui de notre éternel ami, Georges qui aimait tant Suzon? « Tu sais, fiston, Suzon a beaucoup d’imagination, elle joue avec tout, même avec sa filiation. Mais dans notre arbre généalogique, ta Maman, ce sont les racines, les feuilles, les branches et la tête en même temps, et nous, nous sommes les jardiniers, nous allons faire en sorte que l’arbre tienne debout et qu’il ne finisse pas déraciné. »

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes, personnes qui dansent et personnes debout

La critique emballée n’en dira pas plus, si ce n’est pour  se réjouir de la langue musicale follement bien habitée par le délicieux triangle  des comédiens, leur diction ravissante, leurs émotions à fleur de plume, leurs mouvements souples comme dans les rêves.   On se souviendra d’une mise en scène alerte, raffinée, subjugante même, puisqu’on entre de plein pied dans la danse foisonnante et volatile du texte,  malgré où grâce à l’économie de moyens. Le décor, c’est avec les mots et les gestes qu’il est planté  avec grâce infinie.  Bref, cette mise en scène est stupéfiante de puissance évocatrice. Il faut souligner que la musique et les choix de la bande sonore signée Pierre-Antoine Durand pavent l’histoire triste et belle de sublimes clair-obscurs.  La bande lumière (Stéphane Baquet) ,  de son côté  s’occupe de faire taire  le malheur… et d’ auréoler les instants joyeux.    Le choix des costumes ( de Virginie Houdinière)  s’emboîte dans l’histoire avec candeur. Les éclats de rire en mode majeur ou mineur surviennent comme autant de bulles de saveur partagée.  L’ensemble, très équilibré, et sans faute de goût,  vous insuffle un bonheur aussi bien apprivoisé que l’oiseau, Mademoiselle Superfétatoire, une grue demoiselle de Numidie, que Maetelinck aurait sûrement vêtue de bleu. Cette pièce à vol d’oiseau,  jouée entre Paris et Bruxelles, villes de douce connivence, est donc un bijou inclassable et irrésistible sauf à le classer dans la Voie lactée …parmi les étoiles.​ On remercie le Centre Culturel d’Auderghem  pour cette charmante   mise en chef-d’oeuvre théâtral.


Une pièce d’après le roman d’Olivier BOURDEAUT (300.000 exemplaires vendus)« En attendant Bojangle »
Mise en scène : Victoire Berger-Perrin 
Avec : Anne Charrier, Didier Brice et Victor Boulenger
Adaptation : Victoire Berger-Perrin
Décors : Caroline Mexme
Costume(s) : Virginie Houdinière
Lumières : Stéphane Baquet
Musique : Pierre-Antoine Durand
Assistant(e) mise en scène : Philippe Bataille. Chorégraphie Cécile Bon. Collaboration artistique Grégori Baquet
Durée : 1h30

Centre Culturel D’Auderghem

Boulevard du Souverain 183, 1160 Bruxelles 02 660 03 03

Du 11 au 16 décembre 2018

  

*GEORGES (au public la mère immobile, le temps arrêté) « J’étais donc arrivé à ce moment si particulier où l’on peut encore choisir, ce moment où l’on peut choisir l’avenir de ses sentiments. Je me trouvais désormais au sommet du toboggan, je pouvais toujours décider de redescendre l’échelle, de m’en aller, fuir loin d’elle. Ou bien je pouvais me laisser porter, enjamber la rampe et me laisser glisser avec cette douce impression de ne plus pouvoir rien décider, confier mon destin à un chemin que je n’avais pas dessiné, et pour finir, m’engloutir dans des sables mouvants, dorés et ouatés. Je voyais bien qu’elle n’avait pas toute sa tête, que ses yeux délirants cachaient des failles secrètes, que ses joues enfantines dissimulaient un passé d’adolescente meurtrie, que cette belle jeune femme, apparemment drôle et épanouie, devait avoir vu sa vie passée bousculée et tabassée. Je m’étais dit que c’était pour ça qu’elle dansait follement, pour oublier ses tourments, tout simplement. Je m’étais dit bêtement que ma vie professionnelle était couronnée de succès, que j’étais presque riche, plutôt beau mâle et que je pouvais aisément trouver une épouse normale, avoir une vie rangée, tous les soirs prendre un apéritif avant le dîner et à minuit me coucher.»  


Dominique-Hélène Lemaire

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12273296875?profile=originalDiego Rivera
Portrait d’Adolfo Best Maugard
(huile sur toile, 1913)
İ Que viva Mexico !
Adolfo Best Maugard (1891-1964), surnommé Fito Best, était un peintre et réalisateur mexicain, ici portraituré par Diego Rivera dans une approche cubiste où il exprime le mouvement, l’élan vers l’avenir, sa foi dans le modernisme.

      J’ai brièvement évoqué, dans l’article consacré au peintre bulgare Teofan Sekorov (cf. https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/teofan-sokerov-et-les-myst-res-de-la-foi-un-monstre-de-la ), les peintres muralistes mexicains. Bien que ne m’étant pas rendu au Mexique, deux expositions, qui se sont respectivement déroulées au Grand Palais à Paris pour la première (« Mexique 1900-1950. Diego Rivera, Frida Kahlo, José Clemente Orozco et les avant-gardes. ») et, pour la seconde, au Musée des Beaux-Arts de Lyon (« Los modernos. Dialogues France/Mexique »), me donnent ici l’occasion d’y revenir et d’approfondir un peu ce sujet. Sans oublier la formidable rétrospective qui eut lieu à Lille en 2004, « Mexique-Europe, Allers-Retours, 1910-1960 », dont le catalogue fait toujours référence.
       Los Tres Grandes, est le qualificatif que l’on a rapidement accolé aux trois grands initiateurs de la peinture murale au Mexique, à savoir Diego Rivera (1886-1957), José Clemente Orozco (1893-1949) et David Alfaro Siqueiros (1896-1974).

      Fierté. Telle est la première impression laissée par leurs œuvres. Des peintres fiers de leur pays, de leurs racines, de leurs habitants et de leur travail.

12273297064?profile=originalDiego Rivera
La molendera

(huile sur toile, 1924)
Penchée sur sa metate* cette paysanne pile le maïs, la base même de l’alimentation mexicaine.

      Ces peintres veulent se libérer de l’influence européenne, s’affirmer en tant que créateurs d’un art spécifiquement mexicain, compréhensible, à la portée de tous. Un art qui puiserait tant aux sources indiennes, précolombiennes, qu’au caractère mexicain en général afin de rendre au peuple toute sa dimension nationale et de pleinement l’intégrer dans la modernité.
Ils suivirent en cela l’exemple des peintres yankees régionalistes qui voulaient un art typiquement américain, et selon la théorisation exprimée par le poète Walt Whitman (1819-1892), dont ils semblent avoir écouté eux-aussi l’injonction/exhortation.

« O Liberté, tourne-toi, car la guerre est finie,
D’elle et tout désormais t’épandant, sans plus douter,
résolue, embrassant le monde,
Détourne-toi des pays restés face en arrière
à recueillir les témoignages du passé,
Des chanteurs qui chantent dans le sillage des gloires du passé,
Des poèmes du monde féodal, triomphes des rois, servitudes, castes,
Tourne-toi vers le monde des triomphes en réserve et à venir.
…
Vers ce monde où le futur,
plus grand que tout le passé,
Prompt et sûr, se prépare pour toi. »

Car il faut bien un creuset et se confronter au monde bien sûr, comme l’exprima le poète mexicain Octavio Paz (1914-1998) « toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations. » Un métissage qui donnera cet expressionnisme à la fois tragique et grandiose.
Et un élan qui, après la Révolution de 1910, fut donné par le secrétaire de l’Education publique José Vasconcelos Calderόn (1882-1959) qui, en 1921, passa commande de fresques glorifiant la culture nationale, et ce au moment où Diego Rivera faisait son retour au pays.

      On peut certainement distinguer, dans les débuts de la peinture mexicaine contemporaine, trois périodes, les deux premières sous influences, la troisième proprement américaine.
       Paris d’abord. Paris, capitale des Arts, son ambiance, ses quais, ses brumes, sa bohème.

12273297266?profile=originalDiego Rivera
Quai des Grands-Augustins

(huile sur toile, 1909)

Paris continuant d’exercer une influence majeure, ou plutôt s’exerça une émulation réciproque entre Paris et Mexico, avec un va-et-vient incessant d’artistes entre les deux pays (Antonin Arthaud, Philippe Soupault, André Breton…).

12273297291?profile=original Diego Rivera
Les vases communicants (Hommage à André Breton)
(gravure sur bois, 1933)

      Le cubisme ensuite, et, dans une moindre mesure, le futurisme italien, avec deux figures majeures de cette rupture narrative, Georges Braque et Pablo Picasso. De cette rencontre une avant-garde mexicaine naîtra en 1921, avec son mouvement propre, le stridentisme. Puis le trentetrentisme (le İ 30-30 ! étant la Winchester fétiche des révolutionnaires) en 1928, jusqu’à la Ruptura.

12273297698?profile=originalDiego Rivera
Portrait de Ramόn Gόmez de la Serra, 1915

      Le muralisme enfin, mouvement né aux Amériques, qui a grandi au Mexique, enfant rebelle fier de ses origines, propagateur de l’idéologie révolutionnaire, qui a son tour secouera l’avant-garde européenne.
On peut y ajouter une touche, quoique moins raide, de constructivisme soviétique. Le muralisme mexicain paré d’idéalisme alors se teinte d’un réalisme politique puissamment figuratif.

12273298088?profile=originalDavid Alfaro Siqueiros
Etude pour la fresque « Le Christ », 1965

      Et si un homme à lui seul est bien emblématique de ces différentes vagues, c’est bien Diego Rivera.
Et si une œuvre pouvait résumer ce bouillonnement intellectuel c’est probablement celle-là, flux et reflux, avers et revers révolutionnaires.

12273297098?profile=original Notre-Dame de Paris (verso, 1913)

Huile sur toile, deux œuvres recto, ci-dessous, et verso ci-dessus :

12273298490?profile=originalPaysage zapatiste (recto, 1915)

Sarape, le tissu de laine multicolore, fusil y sombrero, sur un fond volcanique, tous les symboles du Mexique sont ici réunis. Et  İ Viva Zapata !, sombre héros de la Révoluciόn popular.

      L’art, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, s’en retrouverait sens dessus dessous. Et le Mexique, comme en France Picasso, verrait en Rivera son atlante.
Pour faire suite à cette présentation, un triptyque sera consacré aux Tres Grandres, un panneau pour chacun de ces artistes. A commencer par Rivera, des années de formation et de bohème à la pleine maturité.

Michel Lansardière (texte et photos)

* Pierre à moudre d’origine aztèque, la metate servait aussi à broyer les fèves de cacao, ce chocolat, boisson sacrée des Aztèques, qui fut servi pour la première fois à Hernan Cortès (1485-1547) par l’empereur Moctezuma II dans une coupe en or. Ce dernier en boira la lie jusqu’au calice.

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Danse : ALLEIN ! Nouvelle création de Erika Zueneli.

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C’est en 2008 qu’Erika Zueneli installe à Bruxelles sa compagnie « Tant’amati ». Prix de la critique du meilleur spectacle de Danse en 2014 pour son travail sur le couple, elle tente une approche de recherche de langage différente avec « Allein », une performance soutenue par trois interprètes : elle-même, chorégraphe-danseuse, Jean Fürst, chanteur-performeur et Rodolphe Coster, compositeur-musicien. Aidé par Laurence Halloy aux effets lumière, ils se livrent à un jeu de conjonctions ouvrant à des interprétations hypothétiques, un jeu d’inspirations et d’hésitations sur une page blanche à remplir. Présenté au festival de danse Fais d’Hiver début 2018, ce spectacle sobre et envoutant a occupé la scène des Brigittines avant d’arriver au Varia.

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Les artistes ont participé à un bord de scène après la représentation du 12 décembre au petit Varia dont voici les grandes lignes.

Rodolphe, comment avez-vous composé cette musique ?

Rodolpe Coster (Sabam award 2016 en composition musicale pour les arts de la scène) : Je suis musicien de formation, violoniste classique. J’aime essayer l’expérimental. Ici, on fait avec peu de moyens. Je me suis aussi récemment lancé dans la création musicale pour la danse. (Il a composé la musique du spectacle Stroke, duo interprété et créé par Louise Michel Jackson). Lors de la préparation de la création aux Brigittines, on avait écouté des morceaux de groupes anglais et aussi de Virginia Woolf pour faire un projet sur la réception de la musique.

Et l’idée du spectacle, comment est-elle venue ?

Erika Zueneli : Avec mes partenaires que je connais depuis longtemps, je voulais explorer d’autres pistes sur la perception musicale et visuelle et aussi sur la mémoire individuelle et collective.
Je voulais chercher autrement que d’habitude en vue de toucher quelque chose de frontal.

Rodolphe : On voulait créer à partir d’un concert. En termes de jeu, on a exploré les années 70 sans avoir envie de jouer sur les images de ces années-là. L’idée était d’avoir une voix, un chant, qui corresponde aux idées contemporaines plus le new wave des années 70 pour donner une force particulière à nos personnalités, à nos frottements.
Il y a aussi des sons pré-enregistrées (comme l’avion que l’on entend au début) et puis il y a des moments où le jeu est démultiplié comme un instrument de musique, les échos de la voix de Jean par exemple sont pitchés.

Et le titre, pourquoi « Allein » ?

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Erika : On a beaucoup cherché et on a bien eu dix titres différents.
« Allein » car dans une de nos premières résidences, on a travaillé sur une chanson de Nina Hagen : « Heute bin ich allein ». C’est aussi la question de la solitude du performeur.
Ce titre m’a semblé résumer pas mal de questions et laisser place à une certaine angoisse.

Le rapport avec le punk ?

Rodolphe : La musique punk est morte avec Lester Bangs qui avait aussi bien compris qu’il était seul. En tant que musicien, je n’aime pas les choses simples. J’aime ce qui est lié à la mort plus qu’à la vie. Même si la musique de Hagen en tant que musicien, ne m’inspire pas, elle a sa légitimité dans le spectacle.

Avez-vous recherché un style ?

Rodolphe : La musique, à mon niveau, ce n’est pas du maniérisme. Cette musique-là me ressemble. J’ai écouté beaucoup de baroque, le classique m’interpelle aussi. On n’est pas ici pour proposer une esthétique. J’ai un groupe et notre musique ressemble à la celle de la fin du spectacle.
Nous sommes restés vrais et honnêtes. C’est la première fois que je travaille dans une création en partage et en triangulation.

Comment avez-vous opéré les choix de fragments de textes du spectacle ?

Erika : On a cherché les sens et il y avait des mots qu’on avait envie d’insérer. On a voulu ouvrir des pistes plutôt que de recourir à des chansons précises. On a privilégié des bribes, des mots ouverts, universels. Et puis, on est passé par des textes dadaïstes. Quand on parle de punk, c’est plutôt d’une idéologie, inspirée du futurisme et du dadaïsme. Ces mots, on a voulu les utiliser à notre guise. Je me suis intéressée aux anarchistes italiens des années 80 que mes parents appréciaient et qui parlaient de liberté et on a replacé les mots dans un spectacle qui parle de présent et du futur.
J’aurais voulu faire un discours sur le futur mais comme je le dis à la fin, je n’ai rien à dire car le futur est une page blanche. Il est devant nous, à remplir.

La musique comme réflexion de départ a-t-elle aidé à positionner l’exercice global ?

Erika : Le spectacle aurait dû émerger de la vibration musicale mais cela ne s’est pas passé comme cela. Il s’est construit tout seul même s’il reste quelque chose de cette idée.

Combien de temps avez-vous travaillé sur cette création ?

Erika : On a mis beaucoup de temps. Nous avons commencé en 2016 et fini en 2018 mais nous avons travaillé sporadiquement selon les disponibilités de chacun. En continu, je dirais un mois et demi.

Erika, où situez-vous cette création dans votre parcours ?

Erika : J’ai derrière moi une dizaine de pièces et j’avais envie d’une cassure, de jouer autrement. Mais cela n’a pas été évident du tout. La scénographie n’est pas apparue d’emblée… Même s’il y a des prises d’espaces et des synchronies très écrites. Mais il y eu cet intérêt de la recherche de quelque chose de différent.

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Palmina Di Meo

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http://theatre-martyrs.be/saison-2018-19/un-pied-dans-le-paradis/A1834563-117B-4922-E240-C33BA0373CFA/

C’est du vrai théâtre que nous offre Virginie Thirion, celui qui a un goût de nostalgie et de bonheur, où les situations les plus sombres se colorent, où le délire se rit de la morale.

Pas de tristesse mais un appétit féroce de vivre dans le quotidien tragique de ces trois sœurs qui se retrouvent après une longue séparation dans la maison familiale que Madeleine l’aînée, n’a jamais quittée. Immeuble vétuste, cet ancien cinéma de quartier n’a pas survécu au passage du temps.
La joie des retrouvailles et les souvenirs d’une enfance heureuse ne suffisent pas à calmer les estomacs qui grondent après plusieurs jours de jeune. D’autant que l’expropriation est désormais imminente.

Soudées, les trois combinardes vont imaginer mille petites escroqueries qui leur permettent à peine de s’offrir un ou deux repas par semaine. Sans intention de faire du mal à quiconque, elles inventent les stratagèmes de survie les plus incohérents qui vont les conduire au plus macabre, bouffer du cadavre ! Arnaqueuses arnaquées, la fin justifie les moyens. C’est justement la créativité et l’imagination des petits escrocs qui a inspiré le thème de cette comédie douce-amère à Virginie Thirion.

Une pièce sombre sauvée par la tendresse, immense, contagieuse, héritée d’un Charlie Chaplin ou d’un Totò lorsqu’il vend la fontaine de Trévise aux touristes américains. Si elles touchent le fond, le fantasque et l'imaginaire les préservent du sordide.

C’est surtout un moment magique que nous passons avec ce trio hors pair que forment France Bastoen, Delphine Bibet et Laurence Warin. Une plongée microcosmique dans un monde à la dérive, où la joie de l’instant présent se moque de la misère. Une interprétation touchante avec un vague à l’âme un peu rétro et des références cinématographiques qui ouvrent la porte au rêve.

Palmina Di Meo

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Je laisse couler l'eau,
en la fixant,
et j'ai envie de rire,
je ris mais pas un petit rire, un rire énorme,
Je ne sais même plus si je ris ou si je pleure,
Je sais que je reste seulement là à fixer l'eau,
à la humer,
la contempler...
Comme une conne.

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Journaliste d’investigation et mère de deux enfants (une fille, Vera, et un garçon, Ilia), Anna Politkovskaïa a dénoncé à plusieurs reprises les violations des droits de l'Homme par les forces fédérales russes en Tchétchénie ainsi que la dégradation des libertés publiques et la corruption.
2001 : Anna Politkovskaïa est détenue par les forces russes en Tchétchénie lors d’une enquête contre les conditions de détention pour avoir « enfreint les règlements en vigueur pour les journalistes ».Elle reçoit des menaces de vengeance de la part d’un officier qu’elle avait accusé d’avoir commis des atrocités contre les civils. Les charges sont abandonnées et elle se réfugie en Autriche. Elles seront reprises en 2005 et il sera condamné à 11 ans d’emprisonnement.
2002 : Elle participe aux négociations lors de la prise d’otages au théâtre de la rue Melnikov à Moscou

2004, elle est empoisonnée dans l’avion qui l’amenait pour négocier avec les preneurs d’otages de l’école de Beslan. Les analyses du poison sont détruites « par mégarde ».

« Douloureuse Russie », son dernier ouvrage parait en septembre 2006 aux éditions Buchet-Chastel.
7 octobre 2006, jour de l’anniversaire de Poutine, Anna Politkovskaïa est assassinée dans la cage d'escalier de son immeuble à Moscou au moyen une arme couramment utilisée par les forces de l'ordre. Elle avait été filée et mise sur écoute par le service fédéral de sécurité.

Dans une interview, elle se confiait sur le dédain dont elle était victime dans les milieux journalistiques russes : « Je suis journaliste, et ça m’est un peu égal, comment on m’appelle, et comment on me traite. Je dois raconter ce que j’ai vu. Mon problème est de faire comprendre à mon gouvernement ce qu’il se passe réellement en Tchétchénie, maintenant je ne sais pas par quel biais agir. Si par exemple à travers mes livres l’opinion publique occidentale et notamment les Français comprennent ce qui se joue là-bas et font des pressions sur Poutine que, paraît-il, le gouvernement français adore... Que grâce à cela Poutine comprenne ce qui se trame, eh bien je considérerais que ma mission est accomplie. Je ne me fâche pas facilement, je suis une personne adulte et endurcie, tout ça ne compte pas. Ce qui compte, c’est qu’il faut arrêter cette guerre. [...] Tôt ou tard, il y aura un avenir, les temps changeront, il y aura une révision des événements de la seconde guerre tchétchène et je pense que mon travail aura joué un rôle et sera respecté."

En 2007, Stefano Massini crée la pièce Donna non rieducabile. Memorandum teatrale su Anna Politkovskaïa (Femme non- rééducable) adaptée à l’écran en 2009 par Felipe Cappa.

Traduite par Pietro Pizzuti et créée au Marni en avril 2010 dans une mise en scène de Michel Bernard avec Angelo Bison en autres, la pièce et la personnalité d’Anna Politkovskaïa continuent de fasciner le public.

http://www.theatrepoeme.be/programmation/femme-non-reeducable-memorandum-theatral-a-propos-de-anna-politkovskaia/

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C’est une version à deux qui est proposée aujourd’hui avec Andrea Hannecart. La pièce se présente comme un récit ?

Angelo Bison : Il y a eu une première version avec beaucoup de monde. Mais en Belgique, cela devient difficile à vendre. Le Poème 2 est une salle de grande proximité qui convient particulièrement à ce texte. Il ne s’agit pas de militantisme. Il s’agit d’un exposé des faits.

Ce texte, vous le défendez depuis 2010, avec la même passion, qu’est-ce qui vous motive ?

Angelo : Au-delà de l’acte qu’Anna Politkovskaia a osé, celui de donner sa vie pour la liberté d’expression, c’est encore une femme, ne l’oublions pas ! Une femme qui bouge. Le mouvement Me Too, je trouve cela formidable. Anna Politkovkaia a donné sa vie pour défendre la liberté, notre liberté. Encore récemment, on a vu Jamal Khashoggi, un éditorialiste du Washington Post se faire dissoudre dans de l’acide au consulat saoudien à Istanbul où il se rendait pour des démarches en vue de son mariage avec une Turque. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’Anna Politkovskaia est Russe, pas Tchétchène et en étant Russe, elle ose dire que les Russes commettent des horreurs en Tchétchénie même si cela lui fait mal au cœur car c’est sa patrie.. Elle est considérée comme traître à sa patrie. Or, ce qu’elle dénonce, c’est le silence. Ce que je raconte dans ce spectacle, c’est le silence des politiques. Vous ne trouvez pas qu’en Arabie Saoudite après ce qui s’est passé, c‘est toujours le silence ? Vous avez vu Trump dire : «Maintenant, c’est terminé ! » ou la Belgique dire : « Nous ne leur vendrons plus jamais d’armes après l’acte qu’ils ont commis de dissoudre un journaliste » ? C’est de l’hypocrisie. Politkovskaia, elle dit : « Si nous acceptons cet état de choses, nous sommes complices ». Qui a dénoncé ce qui se passait en Tchétchénie ? Anna Politkovskaia. Et avez-vous vu des réactions de la part de l’Europe, de l’Italie de la Belgique, de la France ?

Une peur européenne des Russes ?

Angelo : Une peur européenne de ne plus faire des affaires avec les Russes, avec les Américains, avec l’Arabie Saoudite. Cela représente des millions et des centaines d’emplois et vous voulez qu’on supprime ces centaines d’emplois pour un journaliste qui a été dissout dans d’acide ?
J’ai envie de dire que ces gens qui se sont fait assassiner ont donné leur vie pour rien ! Car c’est un argument massue, les emplois. C’est le chantage abominable qu’on nous propose.
Je pense qu’il faut qu’il y ait des gens comme Anna Politkovskaia. Je suis pour une vraie révolution de la pensée, de notre façon d’agir et d’être au monde. Et les choses inacceptables, il ne faut jamais les accepter même au nom de la realpolitik.


Elle est journaliste aussi…

Angelo: Oui mais elle peut aussi s’en laver les mains comme Ponce Pilate ! Ce qui se passe en Italie avec Salvini, on peut le voir un peu partout. On essaye de bâillonner la presse. La Repubblica en Italie, on essaye de la faire taire complètement parce que c’est une boite dissidente. Les journalistes italiens ont de plus en plus de mal à s’exprimer au sein même de l’Europe sans parler des pays de l’Est et même en Belgique attention, on ne peut pas dire n’importe quoi en Belgique. C’est le danger et c’est ce que nous dit ce spectacle. Anna Politkovskaia va jusqu’au bout, elle va jusqu’à mourir alors qu’elle a des enfants et qu’elle sait très bien qu’elle va laisser tout cela et moi personnellement, je suis admiratif. Si on oublie trop vite, alors on a tout perdu. J’ai travaillé beaucoup de textes d’Ascanio Celestini qui nous parle de la mémoire. C’est facile d’oublier…

Michel Bernard, le texte de Massini vous l’avez réadapté pour ce spectacle ?

Michel Bernard : C’est le texte tel quel de Massini, traduit par Pietro Pizzuti qui a aussi traduit Lehman Trilogy du même auteur. On a juste réorganisé quelques passages et surtout on a demandé l’avis d’Aude Merlin qui est une spécialiste du Caucase et de la politique post-Union soviétique et aussi professeur à L’ULB et traductrice d’Anna Politkovskaia dont elle était une amie. Comme elle parle le russe couramment, elle a contrôlé le texte et donc on peut affirmer que tout ce qui est dit ici est la vérité. On a supprimé certaines affirmations dont elle a dit : « Je pense que c’est exact mais ce n’est pas prouvé. Donc si vous voulez être rigoureux dans votre travail, il faut les supprimer. »

Il n’y a pas d’apports de Massini aux textes de Politkovskaia ?

Michel Bernard : La grande difficulté avec Massini, c’est qu’il a une écriture très poétique et singulière. Tout matériau (interviews, vidéos, articles concernant Anna Politkovskaia, ou la Tchétchénie) sera transfiguré par sa propre écriture. C’est un problème qui peut poser quelques droits d’auteur. On est face à une matière dont on peut prouver les sources mais portée par une langue, par une ligne d’écriture. Chaque fois qu’il construit des séquences, il y a un cadre qui déborde de son écriture. Il ne se borne pas à rester journaliste, il sait que pour pouvoir travailler une séquence, il va devoir apporter une forme théâtrale, un rythme. Il met en poésie ce qu’Anna Politkovskaia a relaté et qui a été confirmé par Aude Merlin.

Angelo Bison, vous aimez cette salle du Poème 2 et vous préparez déjà un prochain spectacle que vous jouerez ici…

Angelo Bison : Ce sera une petite bombe. Un spectacle sur André Baillon, un auteur belge, qui s’appelle « Un homme si simple ». Un texte où il raconte sa confession à la Salpetrière. Baillon est marié avec Jeanne mais elle ne suffit plus alors arrive Claire qui n’est pas sa maîtresse mais son amie, sa muse. Et donc, il vit avec Jeanne et Claire qui a une petite fille de quatre ans. Mais la petite va grandir et soudain Baillon a des pulsions. Mais il est intelligent. Il ne nie pas les pulsions. Mais pour ne pas les assouvir, il va se faire interner. Il a écrit cinq confessions d’une beauté et d’une drôlerie… C’est un personnage fascinant.

Propos recueillis par Palmina Di Meo

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“Le vin, c’est divin”, voici le titre d’une nouvelle qui a de la bouteille et où l’on ne cherche point en vain une bonne bouteille! L’auteur? Gaëtan Faucer, dramaturge, aphoriste, poète et nouvelliste surtout inspiré par le théâtre, dont plusieurs pièces ont déjà été jouées. Citons au passage “L’Héritage”, Ed. l’Arlésienne, 2017.

Et ça démarre fort: “Un jeune homme est étalé à même le sol, sur un parterre froid et humide, les mains nouées dans le dos…” Que fait-il là? D’où vient-il? A-t-il tenté de pénétrer par effraction dans la villa de Maya et son père? Les protagonistes sont au nombre de trois, dans un décor relativement austère, calme et serein, pour une singulière confrontation tournant autour du vin rouge, un jéroboam trônant au sommet du cellier, d’un somptueux repas de fête et de la lune aux reflets se condensant sur un morgon et un bourgueil: nous avons le père, très attentif, qui occupe un canapé d’une place, un verre de rouge à la main, qui vient de tirer de la cave le jeune homme encore tout étourdi de se retrouver là, parmi eux, Maya, la très belle Maya, fierté de son père, qui prépare avec soin le repas, la nuit déjà tombée, et le jeune captif libéré (?) que le père fait asseoir seul à la grande table. Etrange!

Faut-il s’attendre à une confrontation digne d’un Simenon? Tous s’observent, le silence alternant avec d’austères échanges, le père principalement préoccupé par la valeur de son cellier, la très belle Maya préparant un plateau de zakouskis avec une parfaite minutie. L’entrée avant le plat principal probablement…

Invité à boire, le jeune homme se retrouve bientôt à moitié ivre...mais quel est le but en fin de compte? “Atmosphère, atmosphère,...” nous aurait clamé cette célèbre actrice et le lecteur se demande ce qu’il va se passer car, forcément, quelque chose devrait se produire. “La scène semble grotesque, presque impensable”. Mystère, des questions en suspens, des incertitudes et une fin de nouvelle que le poète Philippe Leuckx compare à un tableau de Caravage. Pour quelle raison? Découvrez avec cette nouvelle que le vin n’est pas que divin !

Thierry-Marie Delaunois

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administrateur théâtres

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Move to Music and Movies

Flagey  en fête en avant-fêtes avec la Chapelle musicale Reine Elisabeth?  Il s’agit de la 9e édition du Music Chapel Festival  qui a lieu du 5 au 8 décembre 2018. Le festival s’intéresse aux liens du cinéma et de la musique. L’occasion de participer à une intense immersion au sein du laboratoire artistique de la Chapelle musicale, en résidence pendant ce festival Flagey, explique Bernard de Launoit, le CEO de la Chapelle.

Les événements ont débuté  avec un concert digne de l’appellation Mozartiade. Un concert de prestige au studio 4 en deux parties qui a rassemblé autour de Frank Braley et du clarinettiste et chef d’orchestre, Paul Meyer, les jeunes artistes en résidence pour un programme  très attendu consacré à Mozart et les chefs d’œuvre d’Hollywood avec l’ORCW.

On ne présente plus Frank Braley qui gagna à 22 ans  à peine le premier prix du Concours Reine Elisabeth en 1991, un exploit qui lui a ouvert les portes de la direction de l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie depuis 2014.

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Dans le Concerto pour violon et orchestre n° 5 en la majeur KV219  qui ouvre la soirée, la violoniste  Julia Pusker offre un violon de rêve et soulèvera d’emblée de grands bravos. Paul Meyer imprime de belles images aux pupitres de l’orchestre de chambre. Les cadences de la violoncelliste sont emplies de confidences et de grâce, elle produit de superbes aiguës, des trilles ciselés, mêlés d’accès de passion. Le deuxième mouvement lui fait convoquer des paysages de douceur et de délicatesse. Elle accompagne les mouvements orchestraux, de légers hochements de tête témoins de l’intériorité qui l’habite. Sa seconde cadence évoque la sérénité d’un jardin d’émotions paisibles au travers d’un éloge de la beauté. Mais elle peut aussi rugir et donner la clef du thème avec conviction et clarté. On en vient à se demander ce que ce concerto venait faire dans le film de M.Caton Jones, Basic Instinct II, 2006… sans doute une respiration indispensable !    

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C’est Frank Braley qui sera le pianiste et le chef d’orchestre du Concerto pour piano no 9 en mi bémol majeur, dit Jeune homme, K. 271.Tout de suite les tonalités lutines et farceuses parcourent l’ensemble. Il sculpte les courbes avec panache, entretient les trilles comme s’il jardinait une vigne sacrée. A moins que ce ne soit son feu sacré qui multiplie les flammes comme feux follets en liberté. Dans sa cadence il  se plaît à alterner questions lourdes et réponses joyeuses. Les sombres cordes de l’Andantino se chargent de douleur intense,aussitôt magnifiées   en forme d’offrande par le clavier  hypersensible de Frank Braley. Dès que le soleil se lève sur les cordes, le pianiste regorge de bienveillance, l’espoir se ranime. Et l’orchestre respire. Les jeux d’échos pulsatiles entre le pianiste et l’ensemble vibrent  avec émotion. La nouvelle cadence se charge d’interrogations poignantes.  Au cœur de l’humilité extrême, un  cœur d’artiste bat et vit.Les contrastes orchestraux reflètent le doute aussitôt  balayé par les thèmes ressuscités avec brio par les trilles éblouissants et légers du soliste. Un bain de bonheur  et de nouveauté que ce concerto pourtant entendu mille fois! …Et dans Five Easy pieces, 1971 de B.Rafaelson.

La Mozartiade  vespérale  se poursuit avec Le Concerto pour violon no 4  en ré majeur KV. 218 dirigé par Frank Braley, infatigable et l’éblouissante violoniste  Hyeonijn Jane Cho. Des allures de diva, une présence passionnante, une puissance passionnée. On remarque la fermeté des coups d’archets, la projection ensorcelante de sonorités les plus raffinés et  de couleurs les plus variées Les phrasés semblent s’enchaîner les uns aux autres sans lisière visible. Les cadences présentent tour à tour, finesse d’exécution, charme, colère, douceur. Les fameux sanglots longs, les crises, les extases  peuplent tous les registres. On est devant une performance miroitante entre soliste exceptionnelle et orchestre grâce à la baguette de son chef d’orchestre. Le Menuetto est habité, l’Allegretto ouvre la porte sur l’insouciance, le sens de la fête, le goût du jeu et de l’innocence….On assiste à des épousailles d’artistes avec la  belle candeur du chef d’orchestre – such a wonderboy –  et B.de Palma, Passion, 2012.

Mozart disait que la clarinette était son instrument préféré.  C’est elle qui plane par-dessus un orchestre  offrant   une  matière musicale  généreuse, sonore, vibrante dans le Concerto pour clarinette en la majeur K 622, composé par Mozart quelques mois avant sa mort. Les  bois plaintifs sont couronnés par les sonorités rondes du clarinettiste Paul Meyer qui dirige l’orchestre tout en jouant,  placé  debout, au centre, et face au public. Il se tourne alternativement  vers ses différents pupitres pour les inviter à la danse. Ses parties solistes sont faites d’élans,de dégringolades joyeuses, accompagnées de quelques larmes vite étouffées. Mais il se fait aussi discret quand il accompagne l’orchestre de trilles fabuleux,  rythmant  le tempo vif et enjoué. On revoit  bien sûr Out of Africa (1986), l’élixir d’infini, les vagues de sentiments qui exaltent. Des violons presque « off » soutiennent le motif léger de la clarinette. Les dynamiques sont tout en retenue, au bord des larmes essuyées, en empathie totale avec l’orchestre. Au deuxième mouvement, la clarinette se détache comme une apparition de lumière au-dessus de l’orchestre Il y a-t-il de la flûte enchantée dans l’air, par deux fois ? L’assurance du soliste est princière, ses sons sont fruités et il jongle avec les aiguës et les basses.  Les échos successifs de l’orchestre résonnent de gammes elles aussi, enchantées avant un bouquet final, peu bavard, net et assumé.


Et le lendemain, à Flagey, on jouera encore Mozart! Quant au  vendredi soir, pour cette 9e édition du Music Chapel Festival, consacrée aux compositeurs de musique de films,  c’est l’OPRL et Nir Kabaretti  qui mettront à l’honneur le Concerto pour violon de Korngold en compagnie de Kerson Leong, jeune artiste canadien en résidence à la Chapelle Musicale Reine Élisabeth.  Gary Hoffman, violoncelliste accompli qui a participé récemment au premier festival pour violoncelle organisé cet automne à Bruxelles,  enseigne au sein de la même institution et fera vibrer son magnifique instrument dans  une oeuvre mythique du répertoire de violoncelle: le Concerto d’Elgar ( Lorenzo’s Oil, Hilary and Jacky, August Rush). Le mode concert permet bien sûr de déployer la fulgurance de ces magnifiques œuvres symphoniques et d'en révéler à un public conquis,  les immenses trésors chatoyants.     

Retrouvez le programme complet  de cette splendide  9e édition ici et  là. 


Dominique-Hélène Lemaire

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administrateur théâtres

47470925_2301927433185472_4004422108569403392_n.jpg?_nc_cat=109&_nc_eui2=AeFHMTUFEG4OjRIVmM9mLon6vdbN37ieQ8PP2JNfaXGOdplEnsIPhW7-50fQiQ7Rtog8rqtN8X6xOZ-mP7tbolMO8kqInXLts0H-rTKkafuepA&_nc_ht=scontent.fbru2-1.fna&oh=7964ea23c6c4e06fa89d5fdf098460e6&oe=5C9A3374&width=400Cinquante ans déjà… ou presque! A la fin de l’envoi , on entendait : « Décor de Roger HARTH,  Costumes de Donald CARDWELL… » et les noms des prestigieux  comédiens parisiens suivaient dans le générique.  Pendant plus de 20 ans, des dizaines de millions de spectateurs francophones applaudissaient les  pièces enregistrées pour l’ORTF puis TF1 dans l’émission « Au théâtre ce soir » qui diffusa pas moins de 411 pièces de 300 auteurs soigneusement choisis par Pierre Sabbagh.  André Roussin, était de la partie.

                                                                             Le mari la femme et la MORT

                                                                         

C’est l’histoire très banale basée sur un fait divers, d’une  jeune femme  très peu fréquentable qui  a épousé pour l’argent un paysan avare, qu’elle imagine être dans un état critique.  Si elle le chasse, c’est qu’elle sait qu’il a gagné le gros lot et qu’il est au seuil de la Mort. La tuberculose, cela ne pardonne pas, non?  Trois ans se passent, et le  canard est toujours vivant. Le mari va,  bon teint bon œil, très porté sur la chose. Impatientée, elle a décidé de  le faire tuer, ni vu ni connu, je t’embrouille, pour recueillir la somme rondelette qui fait tant briller ses yeux.  Car la dame au cœur sec a un idéal, tenez-vous bien ! En épouser un autre, jeune et beau,  vivre  confortablement,  entourée d’enfants joyeux et bien élevés…La direction artistique ne recule devant aucun sacrifice et Stéphanie Moriau semble adorer son rôle !

 Affiche-le-mari-la-femme-et-la-mort-web-212x300.jpg C’est de la comédie de mœurs bien satirique et bien huilée qui joue à la frontière de l’absurde et sur le fil  des pirouettes.  Mais la Mort se rebelle, on ne la manipule pas comme on veut !  Malgré toutes les combinaisons qu’elle échafaude, Arlette  s’épuise en crises de nerfs révélatrices et rate la  Mort du sieur, toujours assis sur son magot. C’est là que le rire est  souverain et fait du bien. Un conseil cependant,  n’allez pas mourir de rire! Pas sûr qu’il y ait un médecin dans la salle! 

 Crooks together, crooks  for ever! Aux côtés de la conspiratrice à deux balles, il a deux  excellents comparses, grinçants à souhait. Ils ne valent pas tripette : un frère qui a fait de la tôle, et pas loin derrière, un joueur invétéré toujours en manque,  incapable de résister à la valse des billets. C’est Franck Dacquin qui vaut le déplacement !  Un personnage gondolant, à la souplesse et la  gestuelle redoutable, encore plus racoleur que le frangin si bien campé par Jonas Classens.    Le bougre de mari finira par s’inquiéter et découvrir le pot aux chrysanthèmes ? Chassera-t-il l’ignoble  prédatrice de sa maison si joliment décorée par  ses soins ? Ou  le mari, plus candide, ou  plus réfléchi que jamais, lui offrira-t-il un bouquet de roses? A perfidie, perfidie et demi! Un Michel de Warzée au mieux de sa forme, tantôt en bretelles, tantôt en cravate à petits pois.  

Ce qui frappe dans ce fait divers qui a inspiré cette comédie grinçante d' André Roussin, c’est la construction de l’engrenage de la convoitise qu’il devient impossible d’enrayer. Du suspense, on passe aux  sensations fortes. Ce ne sont pas les portes qui claquent mais les explosions d’amour terre-à-terre du paysan, de haine de la mécréante, de balles perdues lors des passages à l’acte. Effets divers de burlesque bien construit, dont on pressent la suite sans y croire. La dynamique est infernale. La comédie conjugale est  sertie comme un diamant maléfique dans le décor ultra bourgeois réputé tranquille. Les  mœurs humaines sont  dépiautées au scalpel,  sans frontières, ni dans le temps ni dans l’espace : de l’éternel humain, fait des pires bassesses. Il n’y a pas de policier pour reconstituer les scènes de crime, mais une voisine à langue de vipère, aux rires fatidiques, aux  noirs desseins déguisés en bonnes intentions qui  finit par  présider aux manœuvres. Une stupéfiante Amélie Saye l'incarne.  Est-ce  la voisine,  ou la Mort  en personne, qui débarque en fichu  tablier  et plumeau à la main pour se rire des desseins absurdes des hommes et les piéger dans leurs méfaits les plus mesquins et leurs attentats si royalement ratés? Est-ce  l’élixir de l’amour qui finalement aura le dernier mot, toute honte bue? 

...Souveraine critique des vanités de l’avoir.

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avec Michel de Warzée et Bruno Smit, à Claude Comédie Volter.

http://www.comedievolter.be/le-mari-la-femme-et-la-mort/

Avec : Stéphanie MORIAU, Michel de WARZEE, Amélie SAYE, Franck DACQUIN & Jonas CLAESSENS / Mise en scène : Danielle FIRE / Scénographie : Francesco DELEO / Création lumière & Régie : Bruno SMIT & Sébastien COUCHARD

 

 Jusqu'au 31 décembre 2018

Réservations : http://www.comedievolter.be

  

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administrateur littératures

Suspense, tension...et questionnement!

Les Ardennes, une villa un peu isolée, un grand jardin, une forêt lugubre, des dangers que l'on ne peut imaginer pour une petite famille...

Fanny, seule et divorcée, laisse tranquillement jouer ses filles, des jumelles de huit ans, dans le jardin. Mélanie l'intrépide et Stéphanie la sage...

Soudain, le silence. Intriguée, Fanny sort vérifier ce qu'elles font mais elles ont en fait disparu! Où sont-elles? Ont-elle été kidnappées?

Une nouvelle de 45 pages parue dans la collection Opuscules aux éditions Lamiroy, par Thierry-Marie Delaunois auteur et chroniqueur membre de l'Association des Ecrivains Belges de langue française.

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Défi...

A deux pas du néant

Profiter de l'instant

Et crier haut et fort

Que l'amour n'est pas mort!

Une attitude de fou...

Mais du tréfonds de nous

Investir le bonheur

Et ignorer la peur!

Quand nous serons défunts

Laisserons ce parfum

Au bout de nos ivresses

D'une éternelle jeunesse...

J.G.

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administrateur théâtres

PETROUCHKA & L’OISEAU DE FEU au théâtre Royal du Parc jusqu’au 15 décembre 2018

93b56f7f69a9662403fbd7830db88839--strawberry-juice-picasso-paintings.jpgAvec : Joris BALTZ, Léonard BERTHET-RIVIÈRE, Mylena LECLERCQ, Vojtěch RAK,   Lisard TRANIS,  et, en alternance, Nolan DECRETON, Maxence LORENTZ ou Tom VAN DE WEGHE.

Du jeudi 15 novembre 2018 au samedi 15 décembre 2018

« Finalement je n’aime pas la sagesse. Elle imite trop la mort. Je préfère la folie – pas celle que l’on subit, mais celle avec laquelle on danse. » ~ Christian Bobin

 Surprise,  Thierry Debroux accueille cette fois, la création d’un chorégraphe, José Besprovany et sa Compagnie de danseurs acrobates au théâtre Royal du Parc. Une aventure inédite mêlant le nouveau cirque, la danse et la musique de Stravinsky, des propositions aussi poétiques que surréalistes. Une folie créatrice.  Surprise,  une dame bon chic bon genre a choisi  justement ce spectacle entre tous, pour y fêter avec  ses nombreux  amis, ses 80 printemps et offrir un vin d’honneur à l’issue d’un  spectacle qui rappelle en tous points le cinéma muet! Surprise  encore, vous pensez vous faire conter l’histoire de Petrouchka, suivie de celle de l’Oiseau de feu ?  Balivernes, il s’agit d’une re-création libre et audacieuse par le  maître d’œuvres,  qui s’est débarrassé de l’héritage slave où l’on vénère ces deux contes comme des icônes. Un spectacle fascinant ***** Une réflexion sublime sur la question: What is the truth? (Ponce Pilate l’avait déjà posée… ) Et le corps, au service de la réponse.

Le chorégraphe mexicain, installé depuis de nombreuses années en Belgique  explique : °°° Ici, une technique de câblage scénique sophistiquée est utilisée afin que le danseur acrobate devienne une marionnette humaine. Ses mouvements évoquent ceux d’une marionnette à fil, telle une poupée pouvant être soulevée, déplacée par une force extérieure à elle. °°°  Tels les fils des inflexibles  Parques ?  Ces êtres mythologiques, plus puissantes encore que le Destin , symbole antique de l’évolution de l’univers, des changements qui commandent aux rythmes de la vie et qui imposent, tour à tour, l’existence et la fatalité de la mort ?

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes assises et chaussures

Tout d’abord, dans Petroutshka, on retrouve un serviteur,  l’homme-oiseau, incarné par Joris Baltz  qui découvre le livre qui raconte son histoire dans une palette  de costumes tous déclinés en triangles  gris, rouges et noir. Le maître rebondi et le serviteur agile vivent  prisonniers l’un de l’autre, sans se préoccuper du monde. …A nous de nous demander, en les regardant évoluer ensemble, qui manipule qui.

 Le maître (Léonard BERTHET-RIVIÈRE)  fatigué et imperturbable a  bien décidé de ne plus jamais se lever de sa couche,  même si dans une autre vie il  fut un danseur étoile du kazatchok. Le fidèle serviteur, lui, veille jalousement sur le livre.  Jusqu’au jour où deux nouveaux personnages, de  savoureuses caricatures d’espions,  ressuscitant nos souvenirs de guerre froide apparaissent de chaque côté de la scène.

                                                                                         Guerre d’idéologies ayant le même but ultime?  L’un vient  de l’Est, (Vojtěch RAK) et l’autre de l’Ouest, (Mylena LECLERCQ). Tous deux déploient une art consommé du mime et de la théâtralité à travers leur langage corporel.  Tous deux doivent dérober le mystérieux livre,  avec mission de  le détruire. On entre de plein fouet dans un jeu de machinations, autour du sieur reposant sur son divan. Des facéties, toutes aussi  burlesques, qu’absurdes et infructueuses. Qui dupera l’autre? « Il sait que je sais qui il est! » s’inquiète l’ardente envoyée  des services secrets britanniques déployant force de charmes pour brouiller les pistes.

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes assises, chaussures et salon

 Mais, les voilà finalement  contraints de collaborer ensemble,  per amore o per forza… . Or,  à force d’unir  leurs diapasons,  ne vont-ils eux-mêmes tomber dans les filets d’une machination suprême,  celle de l’amour ?  Quant à l’homme-oiseau, va-t-il réussir à  protéger le livre essentiel sans perdre le fil de la vie? La surprise théâtrale viendra du maître qui,  se levant enfin de son séant,   accomplit un suprême geste de  compassion vis-à-vis du serviteur. Illusion ou vérité?  Les deux espions finalement  convaincus de l’absurdité de leur tâche,  vont-ils filer à l’anglaise vers des horizons joyeux ?   Ce premier volet semble déjà emporter  l’adhésion  d’un  public mi-perplexe, mi-mystifié,  mais bien  prévenu  dès le départ par la présentatrice  qu’on ne lui offrirait qu’une illusion de Petruchka!  En revanche,  la musique de Stravinsky jouée pour piano seul,  est, elle,  infaillible.  

Le deuxième volet de la proposition, l’Oiseau de feu, dans une version orchestrale, finira par consumer  nos moindres réticences. C’est d’abord du bleu intense et un labyrinthe de néons flottants très près du sol : autant de barrières que la bête fauve (Lizard Tranis) qui y séjourne, puissante, charnelle, séduisante,  ignore superbement. Un nouveau Minotaure ? Ses multiples  évolutions gracieuses et fascinantes sont félines. Le tigre de William Blake?   L’espèce d’employé de banque lambda siégeant en mezzanine s’est métamorphosé en dompteur grâce à un chapeau magique. Ses dossiers sont devenus des plumes de rêve.  Lâchant la première  plume, l’animal s’en saisit. La plus belle,  une plume de feu prométhéen ? Le dompteur apprivoise peu à peu l’animal,  dans un ballet de plumes multicolores. Plus besoin de texte de cinéma muet, on absorbe l’histoire comme beauté absolue de  chorégraphie et de postures. On fait partie du jeu.  Le maître va jusqu’à apprendre à l’animal quadrupède à  se redresser,   ensuite à voler… Ce que lui-même ne sait pas faire!  Chacun est guidé par le dépassement de soi, l’amour de la perfection.  La beauté des figures du ballet aérien happe l’imaginaire, emporte dans un univers inconnu où l’on rejoint les artistes. Pendant un moment de grâce,  instructeur et apprenant sont au diapason parfait.  Las,  nous ne sommes pas des dieux, voilà la chute!

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes sur scène, personnes qui dansent, nuit, chaussures et intérieur

Une relation amour-haine  s’installe subrepticement,  mouvement après mouvement, laissant le public  dans  cette expectative anxieuse où l’on retient son souffle.   L’homme s’enivre de son pouvoir,  passe au registre de la cruauté. La scène de rêve fait place à une  scène de domestication presque insoutenable. Peuples à genoux… Mais l’homme s’endort. C’est alors que le danseur prométhéen, le feu, la plume entre les dents,   danse  audacieusement pour  son  pur bonheur sur   des  échelles mobiles.  Il voltige dans les airs, il joue haut et sans filets,  se balance en solo, offrant au public cloué par la surprise,  une ode à la beauté de l’homme pendant que le maître est endormi. La suite vous conduira  encore,  de surprises en surprises, avec,  pourquoi pas,  une allusion au mythe du phénix et un enfant radieux sur fond de soleil rouge. Voulez-vous un ballon?        

Au sortir de la deuxième proposition artistique, malgré ou à cause de sa secrète et parfois douloureuse gravité,  par l’offrande de  sa beauté extraordinaire,  on se  retrouve tout d’un coup au diapason avec le créateur du spectacle.  Un  spectacle de force, courage et persévérance  qui  expose la beauté de l’homme lorsqu’il joue les Icare face au soleil.   On se sent tout d’un coup  meilleur, tant la plénitude que dégage la deuxième partie réussit à  vous  procurer des ailes. Pour planer soi-même,retrouver l’innocence (encore William Blake, décidément… )  et se réconcilier avec le monde. 

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« Pour moi, un cirque est un spectacle magique qui apparaît et disparaît comme un monde. Un cirque est dérangeant. C’est profond Ces clowns, ces cavaliers et ces acrobates se sont mis à l’aise dans mes visions. Pourquoi? Pourquoi suis-je si touché par leur maquillage et leurs grimaces? Avec eux, je peux avancer vers de nouveaux horizons. Attiré par leurs couleurs et leur maquillage, je peux rêver de peindre de nouvelles déformations psychiques. C’est un mot magique, cirque, un jeu de danse intemporel où larmes et sourires, le jeu des bras et des jambes prend la forme d’un grand art. »  Marc Chagall

Dominique-Hélène Lemaire

Réservations sur place au Théâtre du Parc, via le site ou par téléphone au 02 505 30 30 – du mardi au vendredi  – ouvert de 12h à 19h.

 
Création José BESPROSVANY (Mise en scène et chorégraphie) ; Laurent BRANDENBOURGER (Scénario), François PRODHOMME (Scénographie) ; Benjamin VANSLEMSBROUCK (Assistant artistique) ; Bert MENZEL (Costumes) ; Marco FORCELLA (Lumières) .Une production d’IDEA asbl, en coproduction avec le Théâtre Royal du Parc, l’Atelier Théâtre Jean Vilar, Charleroi Danse et DC&J
Création https://www.atjv.be/Petrouchka-et-L-Oiseau-de-feu  Du 7 au 13 février 2019  à l’Aula Magna

Photos de Lander LOECKX

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administrateur littératures

Non, ce n'est pas mon exceptionnelle absence à cette soirée de rencontres qui pourrait m'empêcher de vous présenter les auteurs et ouvrages en présentation ce soir-là! Voici donc!

Thématique de la Soirée: "Belgique-Afrique, heurs et malheurs d'une rencontre" avec Jean-Claude Kangomba présentant notamment "Le ver est dans le fruit" de Anselme Nindorera, Claudine Tondreau son "Paspalum" et Jean-Marie Dubetz "Le rire du jeune crocodile".

"Le ver est dans le fruit" se déroule avant et pendant le second conflit mondial, le Burundi soumis aux réquisitions de bétail gérées par la tutelle coloniale belge, les césures antérieures se ravivant au sein de la collectivité. Ce roman relate la vie quotidienne de personnes ordinaires dans les collines pastorales, à l'écart des centres urbains.

Jean-Claude Kangomba, né le 11 mai 1955, est chercheur, conférencier, romancier, nouvelliste, docteur en langues et Lettres de l'Université de Liège, et attaché scientifique aux Archives et Musée de la Littérature (AML) et Anselme Nindorera est un auteur né au Burundi, licencié en philologie romane ayant fait carrière au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture.

"Paspalum" est le récit d'une enfance africaine, Paspalum étant le nom d'une plante robuste qui tapisse les jardins des Tropiques, aux racines rampantes, symbole de résistance mais aussi de possession des terres. Il s'agit ici d'une claire observation de la nature au travers du regard d'un enfant qui, du haut de son arbre, quitte le monde...

Claudine Tondreau a suivi une formation en arts plastiques et en secrétariat médical, elle est une auteure se partageant entre l'écriture romanesque et les ateliers d'écriture.

"Le rire du jeune crocodile" nous conte une enfance au Congo Belge s'étalant de 1950 à 1960. Le récit d'une odyssée se déroulant un peu avant l'Indépendance de ce qui va devenir le Congo RDC. Une histoire de vie, de voyage, d'initiation et de révélations de Elisabethville (en amont) à Moanda (en aval). Le rite de passage de l'enfant avant de prendre le Grand Bateau des Blancs qui le mènera en Belgique.

Jean-Marie Dubetz a été éducateur, enseignant, détaché pédagogique, animateur, médiateur et rédacteur. C'est un familier "du monde des grands comme des petits".

L'atmosphère de cette soirée? Témoignage: "...il y a eu plus de monde que la fois précédente et il y a eu de fructueux échanges d'avis parfois divergents mais toujours constructifs. C'était un sujet difficile où les avis étaient partagés. Autrement le public était fort attentif aux différentes approches des trois écrivains", propos de Jerry Delfosse directeur de la galerie. Gageons que l'émotion était bien présente ce soir-là, la thématique ne pouvant que l'éveiller.

Merci à tous et rendez-vous en 2019!

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