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La Thébaïde est considérée comme une oeuvre de jeunesse, mais la beauté et la force des vers de Racine sont déjà là. Le sous-titre de cette tragédie, "Les frères ennemis", désigne Etéocle et Polynice, qui se battent pour le trône de Thèbes sous le regard éploré de leur mère Jocaste. Antigone n'occupe pas le premier plan, mais n'en demeure pas moins un personnage marquant. Quand les vertus de la réconciliation  sont ...bafouées. Présenté au Théâtre des Martyrs.

Première pièce de Jean Racine représentée et publiée en 1664, il a alors 24 ans et marche contre la guerre. Dans son introduction, Racine écrit : « La catastrophe de ma pièce est peut-être un peu trop sanglante. En effet, il n’y paraît presque pas un acteur qui ne meure à la fin. Mais aussi c’est la Thébaïde, c’est-à-dire le sujet le plus tragique de l’antiquité. »

Il explique aussi que l’amour, qui d’ordinaire prend tant de place dans les tragédies, n’en a que très peu dans la sienne et touche plutôt des personnages secondaires. Ce qui l’occupe c’est bien la haine viscérale profonde que se vouent les deux frères ennemis, Etéocle et Polynice condamnés par un destin implacable, à s'entre-tuer.

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« De tous les criminels, vous serez les plus grands –Silence– »

Les personnages:

ÉTÉOCLE, roi de Thèbes.

POLYNICE, frère d’Étéocle.

JOCASTE, mère de ces deux princes et d’Antigone.

ANTIGONE, sœur d’Étéocle et de Polynice.

CRÉON, oncle des princes et de la princesse.

HÉMON, fils de Créon, amant d’Antigone.

OLYMPE, confidente de Jocaste.

ATTALE, confident de Créon.

UN SOLDAT de l’armée de Polynice.

Gardes. 

La scène est à Thèbes, dans une salle du palais royal.

Cédric Dorier, le metteur en scène ne ménage pas son public. Point de toges antiques, de gracieuses couronnes, de colonnades dorées par le soleil au milieu de champs couvert de coquelicots rappelant pourtant le sang des Atrides sous l’immensité bleue d’un ciel d’Attique… Non, nous sommes conviés aux premières loges d’un huis-clos dont les couleurs glauques sont habitées par l’esprit de 1984, Ninety-eighty Four, la tragédie humaine la plus noire que l’on puisse lire, inventée par George Orwell en 1948. Et dont, jour après jour nous voyons les sombres prédictions se réaliser. Tout autour de ce QG militaire, où règne encore le bon sens de la très attachante Jocaste, on perçoit les bruits du monde dominés par la guerre. A chaque ligne du texte, Jocaste, aidée d’Antigone se dépense corps et âme pour sauver la paix avec une volonté farouche et un instinct de vie incandescent. Saurons-nous écouter ses prières et ses imprécations ? Le texte est envoûtant. Le rythme en alexandrins est un berceau où le verbe fait tout pour sauver du glissement vers les Enfers. Le verbe peut-il sauver ? Les mots feront-ils la différence ? Les femmes, en évoquant l’amour et l’innocence, réussiront-elles à inverser le sort, à juguler la trinité de mal représentée pat Créon, Etéocle et Polynice, tous habités par la haine et la vengeance? 

Le duo des frères ennemis est incarné par Romain Mathelart et Cédric Cerbara qui jouent la mise à mort comme des gladiateurs de théâtre romain, tant dans le verbe et le discours que dans l’affrontement physique. Une scène totalement inoubliable, surtout pour le public scolaire invité. Julie Lenain, en Antigone, Sylvie Perederejew en Olympe, complètent agréablement le trio du Bien et de la lumière.

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Jocaste (IV,3) 
« Ne vous lassez-vous point de cette affreuse guerre ?
Voulez-vous sans pitié désoler cette terre ?
Détruire cet empire afin de le gagner ?
Est-ce donc sur des morts que vous voulez régner ? »

La soif de puissance de Créon, doublée d’immense fourberie et de manipulation machiavélique est chez Racine effrénée et absolument abominable. Elle dénonce le totalitarisme rampant de nos sociétés.  Brillant comédien, Stéphane Ledune met la puissance d’évocation à son comble. L’orgueil du personnage est un sommet rarement atteint. Même au bord de son dernier geste fatal, Créon menace encore! Que n’écoutons-nous la sagesse grecque antique, pour qui l’hubris est la pire des choses aux yeux des Dieux. Cette mise en scène fait penser que notre monde en serait peut-être à Minuit moins deux minutes sur l’horloge de la fin du monde. En effet, depuis le 25 janvier 2018, l’horloge affiche minuit moins deux minutes (23 h 58) en raison de l’« incapacité des dirigeants mondiaux à faire face aux menaces imminentes d’une guerre nucléaire et du changement climatique ». Si Cédric Dorier voulait par sa mise en scène, dépeindre un enchaînement apocalyptique de rebondissements tous plus destructeurs les uns que les autres, il y parvient pleinement.

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Non seulement le texte est porteur – bien que souvent, hélas peu audible, passé le troisième rang, et …qu’entendre, au fond de la salle ? – mais la modernité, les jeux de lumière, de musique et l’appropriation chorégraphique de l’espace se font de manière magistrale pour épouser le propos de manière organique.

Dommage tout de même, que l’on n’ait pas pu disposer, comme à l’opéra, d’un dispositif défilant le texte. Cela aurait particulièrement aidé les jours où, Hélène Theunissen que l’on adore, jouait en dépit d’une laryngite aiguë. Il est apparu, néanmoins qu’elle n’était pas la seule à capter le dépit, le désespoir ou la colère dans le registre des murmures les plus inaudibles… Ceux-ci font sans doute partie d’un parti pris esthétique et émotionnel très conscient du metteur en scène, mais que l’on a du mal à admettre quand on a résolument pris rendez-vous avec la si belle langue d’un auteur du 17e siècle, surtout lorsqu’il s’agit de chants si désespérés et si beaux!. Ou bien, faut-il avoir relu la pièce avant la représentation ?

Mais, grâce aux vertus cathartiques de la tragédie, il est certain que l’ on est amené, une fois le rideau tombé à questionner notre monde et à repousser ses pulsions mortifères par la raison et le questionnement lucide. Une production brillante et ...désespérante à la fois.

MISE EN SCÈNE
Cédric Dorier
COPRODUCTION Les Célébrants (Lausanne, Suisse), Théâtre en Liberté

JEU Cédric CerbaraStéphane LeduneJulie LenainRomain Mathelart, Sylvie PerederejewHélène TheunissenLaurent TisseyreAurélien Vandenbeyvanghe 

Photos : Isabelle De Beir

RÉSERVER
UNE
PLACE

Grande salle

08.11 > 30.11.18

INFOS & RÉSERVATIONS
02 223 32 08 - http://theatre-martyrs.be/

Dominique-Hélène Lemaire

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administrateur théâtres

8555da713372d980b593aa9a73a38d63.jpg?width=400Recréation ou récréation ?  A la veille de la date  anniversaire du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, nous avons eu le plaisir de retrouver dans un cadre prestigieux et  solennel,  un univers musical où règnent véritablement la paix, le rêve et  la quête de sens. Une pause salutaire au cœur de l’esthétique, puisque l’on dit que  la beauté sauvera le monde !  Tout est dit dans les quatre dernières phrases du « Chant des Esprits des Eaux » poème de Goethe mis en musique par Franz Schubert :

Seele des Menschen,
Wie gleichst du dem Wasser !
Schicksal des Menschen,
Wie gleichst du dem Wind !

Âme de l’homme,
Comme tu ressembles à l’eau !
Destin de l’homme,
Comme tu ressembles au vent !

…une œuvre quintessence de musique romantique, qui clôturait ce splendide concert.

Raphaël Fey, violoncelliste et chef d’orchestre, est au pupitre. Il est  lauréat des Conservatoires Royaux de Musique de Bruxelles, de la Hochschule für Musik «Felix Mendelssohn-Bartholdy» de Leipzig et de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Il  a participé récemment à plusieurs retransmissions de concerts pour les radios Musiq 3 et Klara. Avec l’orchestre « Les Métamorphoses » qu’il a créé avec Camille Feye, il vient d’enregistrer un cd consacré à Haydn, Lipatti et Mozart le label EPR avec le pianiste Julien Libeer. Il  est également diplômé en Histoire de la Musique. Son  dernier projet de recherche  a débouché sur ce concert exceptionnel et  la recréation du « Requiem » de François-Auguste Gevaert (1853) dont on a pu découvrir pour la première fois  la version originale avec l’Ensemble Vocal de Bruxelles, dirigé par Philippe Fernandez Cruz. Un ensemble dont on avait déjà pu apprécier la magnifique prestation lors des journées de Singing Brussels le 6 mai dernier à Bozar. Avec l’Ensemble ‘Les Basses de Bruxelles’, cela se passait à la Chapelle Royale Protestante de Bruxelles le 10 novembre 2018. Et comme il est bon et agréable  de découvrir des chefs d’œuvre inconnus de notre patrimoine artistique belge!

Composé en 1853, le Requiem (Missa Solemnis pro defunctis) s’inscrit dans la tradition des Messes des morts écrites par de nombreux compositeurs européens depuis la Renaissance. Contrairement à Mozart, Michael Haydn, Gossec ou encore Berlioz, Gevaert choisit d’écrire pour un choeur d’hommes, un quintette de cuivres et un ensemble de violoncelles et de contrebasses. Par son écriture orientée vers les graves, cette œuvre annonce le célèbre Requiem que Gabriel Fauré composera quelques années plus tard.

L’ensemble vocal masculin en deux rangs encerclant   les cordes,   violoncelles et  contrebasse et le quintette de cuivres placé dans la galerie supérieure formaient une trinité musicale exaltante où circulaient librement toutes les énergies de la polyphonie, favorisant au mieux le sentiment d’élévation.  Tout au cours de l’écoute  on  retrouve   de riches consonances inscrites dans nos  souvenirs,  que ce soient vers les  belles sonorités vibrantes  des  polyphonies corses,  oui les chants grégoriens ou le patrimoine orthodoxe slave. Le Kyrie est empreint de voix caressantes et éthérées. L’orchestre souligne à peine   des voix a capella d’une grande pureté. Le Dies Irae bascule dans le vrombissement des violoncelles, les cuivres sont au balcon, ponctuant le texte de façon majestueuse. Quand les solistes sont à l’œuvre, ce sont des gouttes d’or des cuivres qui semblent fondre dans le texte. Cuivres cordes et voix se joignent dans les scintillements et la sérénité dont on se sent au fur et à mesure rassasié. . Domine Jesu Christe libera nos in obscurum projette de magnifiques couleurs. Le Sanctus, radieux,  avec les cuivres seuls est une progression crescendo majestueuse qui tient de l’ivresse. Et le subtil Pie Jesu Domine dona eis requiem est un élixir de douceur. Les cordes deviennent  quasi inaudibles, flotte,   juste, la voix humaine. L’Agnus dei est l’affaire de tutti, un andante  sous le poids des péchés du monde, il  resplendit de  cette Beauté qui sauvera le monde…  Et le Lux aeternam parachève  en forme  une berceuse pleine d’humanité. From womb to tomb… we are but frail humans seeking Light!

Dans un cadre d’humilité extraordinaire, véritables caresses de l’âme, les harmonies contrastent d’intensité, traduisent les souffrances humaines, et se greffent avec confiance lumineuse et grave  sur la miséricorde divine. Le texte religieux  est interprété avec vénération dans une atmosphère chargée de respect profond et de mystère. Pour d’aucuns, cette partition aux grandes qualités esthétiques   conduit vers  la  véritable rencontre  de notre être profond ou avec « l’être de la vie plus large ».

Il faut savoir que  François-Auguste Gevaert avait une réelle vénération pour Bach et Haendel et portait en lui une vie spirituelle intense.  Deux figures musicales auxquelles il a tenu à rendre un  hommage  particulier lors de la création de la salle du Conservatoire de Bruxelles, un salle qui devait attirer les plus grands musiciens du monde  pour  servir d’exemple aux élèves du Conservatoire.

A l’ouverture du  programme on a pu entendre une  pièce très intéressante écrite en néerlandais : De Nornen (Les Parques) de Gevaert qui met en scène le fil de la vie et  réveille les bruissement de l’âme, et en deuxième partie du programme, la première des Quatre petites prières de Saint François d’Assise de Poulenc dédiée à la Vierge Marie,  ainsi que  le Concerto pour violoncelle de Schumann avec Justus Grimm, musicien de chambre passionné, en soliste, pour conclure enfin  sur le sublime Chant des Esprits sur les Eaux de Schubert… redonné  avec grâce en bis très émouvant et  infiniment intériorisé.

Photo de Bernard Fierens Gevaert.

Programme :

François-Auguste Gevaert :   De Nornen (Les Parques) / Requiem (1853)

pause

Robert Schumann : Concerto pour violoncelle en la mineur op.129 (1850) version de Richard Klemm / soliste: Justus Grimm, violoncelle

Francis Poulenc : Les quatre petites prières de Saint François d’Assise, pour choeur d’hommes

Franz Schubert : Der Gesang der Geister über den Wassern/ Le Chant des Esprits sur les Eaux (1821) pour choeur d’hommes à huit voix

 

 

https://www.concertschola.be/concerts/2018-11-10

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Instantané...

L'hiver est à la porte

Et le ciel d'un bleu dur

Si les feuilles sont mortes

les couleurs sont... d'or pur!

La pelouse s'est couverte

D'une cape changeante...

La rouille sur mousse verte

Douce caresse, mouvante.

Sur le banc qui verdit

deux écureuils grignotent

Et les yeux éblouis

A la beauté clignotent...

Au chaud derrière la vitre

Âme et sens apaisés

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Au bonheur d'exister!

J.G.

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En refermant le livre de Jean-Jacques Nanot « Comment, je suis devenu le fils d’Henri Nanot », je n’avais qu’une idée en tête, celle de hurler sur la place publique que rien ne peut justifier que l’on refuse d’entendre les appels du filscouv1-jjn.png d’Henri Nanot. 

Si j’en crois les écris de Jean-Jacques Nanot (et rien ne m’autorise à remettre ces derniers en question) il est temps de débattre si oui ou non Henry Nanot mérite la réhabilitation. 

Le silence en réponse aux appels, sollicitations et pétitions ne fait qu’accentuer l’impression d’injustice.  Pourquoi personne ne réplique aux cris désespérés de Jean-Jacques Nanot ainsi que de tous les poètes, écrivains, sympathisants qui l’entourent ?  S’agit-il d’indifférence ou d’une malsaine volonté d’étouffer l’histoire par peur, peut-être, que des mains que l’on croyait si blanches se dévoilent couvertes par la honte des éclaboussures indélébiles?

Il n’est certainement pas de mon ressort ni de ma volonté de remettre en cause le système judiciaire Français. Je n’ai pas non plus l’habitude de passer sous silence ce qui ressemble à l’une des plus grandes injustices mises en œuvre par un pays qui porte dans sa constitution trois mots très simples par la prononciation, mais qui résonnent grâce aux valeurs de la démocratie.  S’il fallait les prononcer pour mémoire je vous les offrirais avec honneur ; liberté, égalité, fraternité.

Écrivons le sans faux semblant, je n’ai pas en ma possession toutes les pièces du puzzle ni l’intelligence rhétorique de ce que l’état pourrait mettre en exergue comme étant un secret indispensable à son bon fonctionnement.  Je ne puis me targuer du titre de juriste ni même de spécialiste en droit ou en investigation.  Je ne suis rien et ce rien, justement, frissonne devant ce qui ressemble à l’arrogance d’un  homme assoiffé de pouvoir qui abusera de son vivant de son privilège et sa fonction pour éliminer un poète à la plume trop acerbe.

 L’étendard de la manipulation porte atteinte à l’état lorsqu’il a pour toute motivation le mirage de l’ambition.  Non, il m’est impossible de me taire, le faire serait ce que les anciens nommaient, la résignation, une forme de collaboration à la destruction d’un monde, d’une civilisation pour laquelle je ne puis que me battre par les seules armes en ma possession ; la plume et l’encre de mes espoirs.

Si j’osais paraphraser Zola j’écrirais : « J’accuse ».  Mais peut-on accuser sans preuve ?  Des preuves il en existe, du moins des éléments suffisamment troublants qui engrainent la suspicion là ou la justice devrait apporter sérénité.

Pourquoi ?  Pourquoi ce silence assourdissant devant les suppliques d’une famille à qui l'on a volé l’honneur ?   Pourquoi ne pas apporter l’ombre d’une réponse malgré les années écoulées ?  La honte n’est jamais d’écouter, de remettre en question son jugement à la lumière d’éléments nouveaux non, la honte est de refuser la réhabilitation d’un paysan poète qui s’est battu pour la liberté.  Pourquoi ? Parce que le verbe lui était nécessaire au même titre que « la vérité ».

Henri Nanot s’est retrouvé damné par ceux qui n’avaient rien compris à ce que le mot égalité signifie en son entier.  Si j’en crois les documents que l’on m’a montrés, Henri Nanot sera sacrifié pour que fleurissent la félonie, l’ambition sans limites, l’orgueil machiavélique d’un homme qui n’a pu supporter le verbe d’un poète engagé.

Dreyfus s’est vu brisé par le comportement de quelques-uns et malheureusement, Nanot prendra sa suite, emprisonné, bafoué, humilié jusqu’à périr  par la main de ses bourreaux.

Screenshot_2015-04-12-10-24-34-1.png?width=182Torturé il l’a été, lui l’ancien résistant, battu comme un chien puis, enfermé, caché aux yeux du monde pour arriver à prouver que la folie est sa compagne et qu’il faut pour cette raison l’abrutir jusqu’à l’aboutissement : la mort sous la torture. 

Ses accusateurs ont  prétendu qu’il aurait posé une bombe et ce motif ne trouvera de preuve, au contraire, les témoignages sont contradictoires et les rapports semblent apporter plus de suspicions sur la neutralité des enquêteurs en lieu et place de sérénité.  Trop de zones d’ombres, trop de contradictions pour ne pas s’interroger sur les prétextes de son arrestation.  Coupable ou innocent ?  Seule la justice a le pouvoir de répondre légalement à cette question, mais, pour ce faire, elle se doit de rouvrir un dossier qui agonise sous la poussière des doutes.

Justice, je crie ton nom, je le crie parce qu’il est nécessaire à la survie de la démocratie.  Certes, nous ne sommes que des humains et par cette faiblesse, sujet à l’erreur.  N’y a-t-il plus crédible que d’oser se remettre en question sous la lumière de l’Histoire ?  Faut-il que Nanot devienne un martyre pour que l’on écoute enfin la voix de son fils ?  Alors il est temps, car martyr, Henry Nanot l’est déjà aux yeux d’un nombre de plus en plus croissant.  Faudra-t-il attendre la fureur d’un fleuve qui s’emporte sous l’effet d’une crue ?  Si le but est de faire oublier Henri Nanot par lassitude, je crains que l’on se trompe, la vérité attend son heure, la vérité s’appelle patience.

Justice, je crie ton nom, je le crie parce que crois encore à la beauté de nos démocraties.  Justice j’ai foi en toi et pour cette raison, l’humanité a besoin que tu t’éveilles.  Justice, ne vois-tu pas ces visages qui te regardent ?  Ne vois tu pas qu’ils attendent non pas de l’humanité, ce n’est pas ton rôle, mais d’offrir la possibilité de réhabiliter un homme à la lumière des éléments que porte son fils, Jean-Jacques Nanot, et qui n’apporte pour toute réponse que des interrogations.  L’honneur mérite que l’on s’arrête.  L’honneur qui touche les puissants ou le plus insignifiant des êtres ne peut être méprisé même si l’on ne parle ni d’homme de pouvoir ni d’homme possédant fortune, car s’il en était autrement qui pourrait prétendre au bien-fondé de nos institutions ?

La requête de Jean-Jacques Nanot me semble fondée.  Il ne demande pas grand-chose en comparaison des années volées à son père, que l’on réhabilite la victime au vue des éléments qui sont en sa possession.  Que l’on rouvre le dossier pour qu’enfin la lumière soit faite sans qu’aucune ombre ne vienne fausser les jugements et qu’enfin une âme retrouve sa liberté apaisée par la reconnaissance des hommes et le pardon légitime de sa nation.

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TENDRESSE...

Je perçois la tendresse comme une écharpe douce

Qui réchauffe la peau et la tristesse repousse

Un cadeau de la vie, ô combien apprécié...

Une pause bénie, comme un rêve éveillé!

Pour mieux s'en imprégner fermons donc les paupières

et l'esprit étonné, savourons le mystère

Bercés de sa promesse et quand le soir s'endort...

Dans la nuit étoilée, emporter ce trésor...

J.G.

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Qu’est-ce qui lui a pris ?  C’est à approximativement ce que fut le fond de ma pensée en découvrant le livre admirablement écrit par « Catherine Blanjean ». 

Honnêtement, je dois bien avouer que j’ai laissé trainer ce livre plus que de raison.  Pourquoi ? Peut-être qu’il fallait trouver l’instant approprié afin d’écouter les mots vibrer tel qu’ils le méritent.  C’est le metteur en scène et comédien Benoit Postic qui m’en avait parlé.  

Le téléphone qui vous réveille et à peine le temps de décrocher que ce dernier me lance sans préhanbule: Ce livre, tu verras, c’est tout simplement génial !  Je me méfie de ce genre d’appel téléphonique.  Les amis, on essaye de ne pas les blesser, mais s’il fallait les écouter on ne parlerait plus que des copains et good bye la déontologie.  Pourtant ce Benoit ne me téléphone pas souvent et j’aurais dû l’écouter au lieu de me voiler d’un orgueil déplacé.  Il avait raison, ce livre mérite d’être auréolé en première place dans les vitrines de toutes les librairies de la francophonie.lettres-a-la-poetesse-chinoise-liu-xia-en-residence-surveillee-depuis-huit-ans_6060894.jpg

Afin de ne pas dévoyer la qualité du sujet, je me permettrai de vous retranscrire quelques mots de la préface (interdite) rédigée par Liao Yiwu, prix de la paix des libraires allemands en 2012.

« À ma connaissance, vous vous trouvez en face du premier livre jamais écrit au sujet de Liu Xia sur cette terre…

…Catherine Blanjean, qui appartient à la fois au monde du théâtre et de la musique, est parvenue, grâce à son instinct, à ressentir la situation de Liu Xia . »

Mais qui est Liu Xia ?  Elle serait peut-être femme anonyme ou encore, si ses œuvres avaient eu la chance d’être remarquées, poétesse à renom ou peut-être photographe incontournable.  Mais le destin de Liu Xia ne rejoindra la lumière qu’à travers le regard de ses geôliers.  Assignée à résidence, soumise à contrôle policier, elle sera condamnée pour avoir proposé de représenter son mari, « Liu Xiaobo » pour la remise du prix Nobel de la paix en 2010.

Catherine Blanjean, l’une des pierres angulaires du centre Culturel « La ferme de la Dîme » situé au cœur de la campagne Wallonne (Wasseiges) nous offre par cet ouvrage la force que peut apporter une plume au service de la compréhension.  Catherine, en apprenant le sort réservé à Liu Xia se met à lui écrire.  Catherine n’est pas dupe, elle sait que ses lettres n’arriveront probablement jamais  à destination et pourtant…  Avec détermination l’auteure tente de comprendre comment une femme peut tenir dans les conditions de semi-détention, une quarantaine que peut d’entre nous serait capable d’endurer.  Comment comprendre les liens indestructibles qui lient les époux grâce à la force d’un amour inconditionnel ?

Ainsi, portée par la volonté de cerner ce couple hors du commun, Catherine a mené son enquête auprès des rares personnes capables d’évoquer Liu Xia.

Le livre aurait pu n’être qu’une banale narration, c’est ce que je craignais.  Il n’en est rien.  Par la simplicité des mots, l’auteure nous offre un témoignage poignant, une sorte de photographie d’une époque, la nôtre, dans laquelle les dés jouent avec les destinées.

J’aime le regard que porte Catherine Blanjean sur la Chine et son régime.  Comme le révèle admirablement le quatrième de couverture, « Il en ressort le portrait bouleversant d’une femme  interdite »  

J’avais envie d’écrire qu’il serait faux de croire que l’ouvrage serait un plaidoyer à charge d’une société souvent méconnue par nos coutumes occidentales.  J’aurais ajouté, à tors, qu’il y a une forme de neutralité portée grâce ou à cause de la narration de l’auteure.  Ce ne serait pas honnête, car même si certaines questions pourraient nous le faire croire, il n’en reste pas moins que l’auteure hurle en lieu et place d’une autre femme.  J’en ai la tête qui résonne et qui le fait en harmonie sans ignorer que contre la loi du plus fort on ne peut rien, bien que ?  Nos plumes et nos voix sont quelquefois assourdissantes pour ceux qui se veulent furtifs aux yeux du monde.  Se faufiler en toute discrétion pour assouvir sa soif de pouvoir en aliénant l’individu pour le bien du plus grand nombre.  Quelle superbe contradiction quand on sait que le pouvoir n’est partagé que par une minorité qui a toutes les raisons de faire taire les voix discordantes mêmes si, et surtout si, elles sont porteuses de vérité.

Mais s’il n’y avait que le fond, le lecteur se lasserait peut-être.  Soulignons la qualité d’écriture, la fluidité des mots.  Une sorte de petit ruisseau qui fait voguer le verbe au rythme des approches de l’autre.

Oui Catherine Blanjean j’ai aimé votre ouvrage.  Je l’ai aimé pour de nombreuses raisons.  Oserais-je ajouter que vos lettres adressées à votre correspondante ressemblent à s’y méprendre à des lettres d’amour ? Me tromperais-je vraiment ?

Rendez-vous est pris, je me rendrai à Wasseiges pour y rencontrer l’auteure.  Je ne manquerai pas de saluer la scène de ce théâtre dans lequel il semblerait que le destin me réserve d’agréables surprises.  Comme le veut la tradition, je vous réserverai la suite.

 

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UNE VIE...

Une vie c'est long... c'est court!

C'est juste un petit détour...

Et le hasard s'amuse

Il use et il abuse...

De nos désirs intenses

De nos chagrins immenses...

Il n'en a rien à faire

Il ne cherche pas à plaire

Car il n'est que lui-même...

Le sourire ou la peine

Pour lui c'est bien pareil

A nous d'être en éveil!

Une vie c'est long... c'est court

Au gré de nos amours...

J.G.

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Vent de feuilles

Le vent
couleur de pluie
couleur de feuilles
efface les chemins
qui ne mènent
nulle part
emporte dans ses bras
les mots
les pensées
les regrets
inutiles
qui n’appartiennent
qu’à la nuit
..............................

Martine Rouhart

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administrateur littératures

La thématique de cette nouvelle rencontre? "L'amour-piège". Car il peut l'être. Clair-obscur. Savoureux mais dangereux. Loyal mais infernal... Les auteurs et livres en présentation?

Françoise Lalande avec "La séduction des hommes tristes", roman-histoire d'amour entre deux blessés, à l'écriture fine et nuancée: "Elle appartient à la masse des indiennes luttant pour la survie, il fait partie de la foule des exilés, elle croit que sa vie va changer, il attend la vieillesse et la mort..."

Claude Donnay avec "Un été immobile", roman à la lecture aisée, aux jolies formules poétiques, une atmosphère Mer du Nord: "Chaque matin, sur une plage déserte, Amelle vient nager tandis que Jésus-Noël, au risque de passer pour un voyeur, l'observe au lieu d'écrire...".

Patrick Lowie avec "Le rêve de l'échelle", un étrange ouvrage galerie de rêves marquants, éphémères, dignes du cinéma surréaliste: "Deux hommes sont couchés dans l'herbe de l'autre côté du fleuve bleu, ils ne font rien, mangent des sushis, fument des joints, lisent, dorment,...". Dix-huit rêves révélés et classés.

Sourires, rires, confidences, sensibilité et humour - bien présent - sont au rendez-vous de cette rencontre, Françoise Lalande inspirée et joviale, Patrick Lowie posé et serein, Claude Donnay attentif et convivial, les lectures d'extraits des ouvrages en présentation étant assurées par Daniel Simon. Autour de la table, les interactions sont vives, nombreuses, avec un Gérard Adam en maestro hors pair menant adroitement les protagonistes sur des chemins où l'amour se présente tantôt saveur tantôt ravageur.

Avec quinze à vingt livres à son actif, le premier datant de 1983, Françoise Lalande nous relate des rapports au monde difficiles. L'homme de son récit est cassé, il a vu son amour brisé, il vit à présent tranquillement au Mexique mais notre gringo fait la connaissance d'une jeune indienne... L'auteure nous apprend qu'ils ont tous deux des histoires et parcours très différents. L'amour-piège, le côté militant en faveur des exploités de Françoise Lalande se révélant au coeur de son roman. La tristesse est-elle séduction? C'est à voir, plutôt à lire, coups de théâtre en perspective...

Egalement autour de quinze ouvrages au compteur, Patrick Lowie nous livre quant à lui un récit gigogne où habilement se mêlent rêves, réalité et fiction: ses deux personnages principaux font quasiment les mêmes rêves et ils les racontent. Quelles sont les clés de cette oeuvre ou s'agit-il en fait d'un pur délire poétique? "Le rêve de l'échelle" apparaît comme l'élément central mais que pourrions-nous en tirer? Chacun sa perception en fait! Une anecdote au passage? Ce propos de l'éditeur: "C'est beau mais je n'ai rien compris!" (Rires) L'ouvrage aurait-il pu s'intituler "De rêves et d'extases poétiques"? Au lecteur d'en juger, la sensation de l'amour parfois "d'un ridicule" non exempte.

Avec tout autant de publications à son actif, Claude Donnay nous propose de son côté un second roman plutôt bien ancré dans le réel: Jésus-Noël est intrigué, fasciné par Amelle, cette femme énigmatique qui vient tous les jours nager à proximité. L'addiction s'installe, se pose avec le temps, et quand Amelle soudain disparaît, un sentiment d'inachevé l'investit, nous investit. Une autre femme, Mireille, plus âgée et plus sensuelle, l'aidera dans ses recherches jusqu'à la découverte d'un lot de carnets. De cahiers qui contiennent d'importantes clés... Qui est Amelle? L'amour-piège fascination et dépendance inéluctables...

Cette rencontre avec trois belles personnalités marquantes de notre littérature se clôturera par une réflexion pertinente d'un Daniel Simon lucide et philosophe. Les mots-clés de cette soirée? Probablement destinées et fatalité. L'amour, quand on l'aborde, peut devenir marathon...peut-être une future citation si l'on se met un jour à parler du chroniqueur de ces rencontres (clin d'oeil).

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UNE CHOSE...

 Une chose intemporelle, flotte dans l'air du temps...

Elle nous rend fol, nous trimballe, occupe nos instants.

Cette chose vous la donnez, même sans y penser...

Et un matin, violement, elle va manquer!

Cette chose dont on parle et qu'on veut ignorer!

Qui se sent tellement mieux quand on peut la cacher...

Elle fait tourner les têtes et aussi le monde

Et vous aimeriez l'emporter outre tombe!

Elle semble parfois dérisoire mais jamais futile

On ne peut pas l'apprendre, elle est bien trop subtile...

En avez-vous au travers de ces mots l'idée?

Avez-vous la chance  d'être par elle concernée...

Elle porte un nom si doux aux contours de velours

Un nom que l'on se perd à murmurer : amour...

J.G.

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administrateur théâtres

Créé six ans après Les Noces de Figaro,  cet opéra de Cimarosa est  entré dans la légende pour avoir été entièrement bissé le soir de sa création à Vienne à  la demande de l’Empereur Léopold II. Une curiosité : Stendhal était amoureux fou de cet opéra qu’il avait découvert à Ivrée (Italie) le 1er juin 1800 au cours de la seconde campagne d’Italie à laquelle il participait comme “cadre administratif” puis comme sous-lieutenant de dragons. Ensuite, parcourant l’Europe à la suite de la Grande Armée napoléonienne, il n’a jamais manqué de le revoir partout où il a pu être donné, notamment à Dresde le 28 juillet 1813, alors qu’il était intendant de la province de Sagan, peu avant la formidable défaite de Leipzig. « Je ne trouve parfaitement beaux que les chants de deux seuls auteurs : Cimarosa et Mozart » En attendant Rossini, sans doute, puisque cette œuvre de Cimarosa  se situe  comme un trait d’union entre Mozart et l’opera buffa de  Rossini.

L’image contient peut-être : intérieur

Critique sociale et miroir du 18e siècle comme l’étaient la série de six peintures intitulées « Mariage à la Mode » par William Hogarth,  l’intrigue est très simple, légère et réaliste. Comme nos Musicals modernes? Il Signor Geronimo, négociant en drap,  souhaite marier sa fille aînée Elisetta au comte Robinson. Mais lors de la première rencontre, celui-ci tombe éperdument amoureux de sa plus jeune soeur Carolina, aussi méprisée par sa  prétentieuse sœur aînée qu’une Cendrillon.   Carolina  est amoureuse et mariée secrètement avec Paolino, un humble employé doué de belle intelligence. Ils espèrent secrètement que l’organisation du  mariage d’intérêt de la sœur aînée suffira pour que  les amoureux soient pardonnés. Le père, sourd et aveugle aux choses de l’amour, a  en effet  une  préoccupation principale, celle d’anoblir sa maison et de veiller à sa cassette, quitte à envoyer sa cadette au couvent.   Il porte le syndrome, les habits et les manières  du Bourgois gentilhomme de Molière… Patrick Delcourt, formidable dans ce rôle, entouré de ses laquais qui vaquent docilement, pliés en deux pour mieux courber l’échine.  La chasse au mari est ouverte et la tante Fidalma (on découvre avec bonheur Annunzita Vestri)  ne se prive pas de fantasmer sur Paolino !   A la fin, une fois les amoureux découverts, la journée folle se termine par  les noces de trois couples bien assortis,  grâce à la bonté d’âme du Comte qui voit le bonheur de celle qu’il aime avant le sien et se résout à épouser Elisetta dont le caractère et les traits du visage s’adoucissent  miraculeusement. Même  Fidalma la duègne aux  bons offices  … trouve chaussure à son pied.  All is well that ends well! L’alternance de sentiments et de comique donne à l’ensemble une  force  théâtrale extrêmement porteuse. … En attendant Feydeau, comme  ceux dirigés par George Lini, un maître tailleur dans le  genre Humour et Sentiments.  Le deuxième acte est fait d’un délire de portes qui claquent. Succulente mise en scène de Stefano Mazzonis Di Pralafera… dans un décor à la fois sobre et brillant de Jean-Guy Lecat.

Bouleversante, cette scène où Le Comte, campé par un Mario Cassi tout de suite attachant, déclare sa flamme  prima vista à une Carolina  abasourdie  devant l’énormité de l’imbroglio qu’il va  falloir démêler… C’est une exquise Céline Mellon, pleine de fraîcheur et de tendresse.  La musique qui sous-tend   la scène tient , elle aussi, de l’évocation des éblouissements du  coup de foudre. Comme si une union d’esprit particulière liait secrètement   Mario Cassi et le jeune chef d’orchestre, Ayrton de Simpelaere, dans  une déclaration d’amour faite  à la fois avec tous les accents de vérité et les pétillements de l’humour. Notons que le comique est partout. Des citations  en situation au clavecin émaillent la partition, et produisent une source supplémentaire de comique … musical et spirituel,  avec des allusions à Aïda ? La chevauchée des Walkyries ?  La marche nuptiale?  La 5e de Beethoven… Tout fait farine au moulin des amoureux!

Inoubliable et  renversante de drôlerie, cette  magnifique scène où  Le Comte  décline  à Elisetta (Ah ! Sophie Junker) toutes ses mauvaises habitudes, son sale caractère et ses pires défauts, espérant qu’elle le rejettera afin qu’il puisse épouser Carolina, mais Elisetta, bien sûr, reste  de glace. Il avoue enfin qu’elle lui est insupportable et quitte les lieux! Aussi cette course-poursuite au son des cors de chasse! Le rire est dans la salle. Les maquillages, c’est du pur Permeke! Les éventails en prime !

Un "maestro" est né.

…With flying colours

Mais revenons à ce jeune chef que les médias encensent  à chaque occasion, depuis qu’il a pris son envol à Moscou lors de la demi-finale piano du « Concours international Tchaikovsky » en 2015 où il a dirigé les « Solistes de Moscou ». Nous avons eu le plaisir de le voir diriger avec brio l’opéra participatif Jeune Public «  la flûte Enchantée » de Mozart en début d’année, et une création : « Folon » de Nicolas Campogrande , en mars dernier. Lors de cette première  de  l’opéra « Il matrimonio segreto », Ayrton de Simpelaere a pleinement réussi le défi qu’on lui offrait,  faisant preuve d’une grande maîtrise de la balance, d’une concentration et d’une précision extraordinaires dans son interprétation musicale. … Une habitude ancrée dans l’exigence personnelle.  Dès l’ouverture,  les  dynamiques se créent comme par  enchantement, le velouté des vents raconte les effusions de joie, la finesse des cordes est omniprésente, les accents, les legatos, s’enchaînent avec grâce. Le grain de la musique est lisse et lumineux.  Une  ouverture avec trois mesures de Flûte enchantée et le reste est bonheur.    Flying colours aussi pour la direction des solistes dont la diction est un véritable délice.  La palette de ses couleurs orchestrales aligne chaque nouveau climat sur les couleurs et les voix  rutilantes des personnages. Les costumes  18e siècle, y compris les coiffures monumentales,   déclinent elles aussi toutes les nuances du bonheur:  du vert tilleul pour Elisetta, les safrans  épicés de Vidalma, les shocking blue du Comte, les ors et gris du marchand, les  flamboyantes lueurs de braises de Paolino au bras de la délicate Carolina, une symphonie de sentiments délicats bordés de rose rouge. Le développement des très nombreux morceaux d’ensemble, harmonieux malgré les différences  très  intenses de sentiments,  dynamisent la partition et sont savourés par un public conquis par une mise en scène et des éclairages distingués ( signés Franco Marri) , un sens de la beauté, qui n’est  jamais  gommé par la bouffonnerie du genre. Oui, même la caricature est plaisante. Bon, les tenues que  l’on découvre sous les peignoirs et les bonnets de nuit à la fin du deuxième acte, ont  de quoi surprendre, une dernière estocade du comique de situation?  Peut-être pas du meilleur goût, on oublie!

Dominique-Hélène Lemaire, pour Arts et Lettres

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, personnes sur scène et mariage

 

https://www.operaliege.be/spectacle/il-matrimonio-segreto/ 

 “ IL MATRIMONIO SEGRETO “ (Le mariage secret)

  • COMPOSITEUR : Domenico Cimarosa (1749-1801)
  • LIBRETTISTE : Giovanni Bertati
  • ANNÉE DE CRÉATION : 1792
  • LIEU DE CRÉATION : Vienne
  • NOMBRE D'ACTE : 2
  • LANGUE ORIGINALE : Italien
-  A LIEGE, Opéra Royal de Wallonie-Liège : Ve. 19 Octobre 2018, Di. 21 Octobre 2018, Ma. 23 Octobre 2018, Je. 25 Octobre 2018, Sa. 27 Octobre 2018
-  Au Palais des Beaux-Arts de Charleroi :  le mercredi 7 novembre 2018 à 20h.
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A FLOTS...

A flots en moi, coulent les mots...

Introuvables et trouvés

Ils arrivent à petit trot

Et parfois incontrôlés!

Pourquoi diable me direz-vous

Sont-ils donc... nécessité?

Arrivent-ils à faire de vous

Un humain enfin léger...

La question est pertinente

La réponse est mal aisée!

Ecoutez plutôt s'ils chantent

et si votre âme est touchée?

J.G.

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administrateur littératures

Bienfaits et saveurs de la lecture

Lire... L'on sait que tout le monde n'aime pas lire...et il y a lire et lire! Entre se plonger dans un roman et lire une recette, par exemple, il y a une énorme différence! Pourtant on peut accorder autant d'attention à l'un comme à l'autre, c'est selon! L'intérêt de l'un n'est pas forcément celui de l'autre. Qui se forcerait à lire quelque chose qu'il n'a pas vraiment envie de lire...à moins qu'il ne s'agisse du mode d'emploi d'un nouveau gadget électronique? Celui, ou celle, qui ne lit jamais une seule ligne ne sait pas ce qu'il, ou elle, rate car la lecture, à long terme, a des effets quasi miraculeux sur la personne qui la pratique avec régularité.

De nombreux bienfaits surgissent, que la lecture soit silencieuse ou publique et qu'il s'agisse d'un roman, d'un poème, d'une nouvelle ou de tout autre genre littéraire, certains sont bien connus tandis que d'autres le sont moins, passant inaperçus mais pourtant bien là. Réels.

Le saviez-vous? Tout comme la construction d'un puzzle ou une partie d'échecs, la lecture stimule notre cerveau, l'active, faisant fonctionner nos neurones, ralentissant du coup l'apparition éventuelle de la maladie d'Alzheimer ou de la démence grâce à une activité cérébrale régulière. Réfléchir, c'est bon pour la santé...mais pas trop!

La lecture diminue aussi la tension, le stress, l'anxiété, l'avez-vous expérimenté? Si un article se révèle intéressant, même captivant, nous décrochons du reste, concentrés sur notre seule lecture. Avec un roman dont l'écriture est maîtrisée et la construction solide, nous pouvons atteindre une autre dimension, un univers parallèle, à condition d'aimer cela bien sûr. Lire, c'est réellement bon pour la santé!

Un autre bienfait reconnu et non le moindre, c'est l'amélioration considérable de nos connaissances: notre savoir s'élargit, s'étend, nous devenons des experts, des érudits, des personnes plus que cultivées, chose utile et même indispensable pour les Salons de thé et autres que nous fréquentons...si nous en fréquentons! Et qui dit nouvelles informations pense souvent nouveaux défis. Supermen et superwomen en puissance, nous accroissons aussi notre vocabulaire. Des mots nouveaux pour le langage quotidien, c'est un fameux atout et la confiance en soi s'en trouve renforcée, nos écrits s'améliorant dans la foulée et le champ des possibilités s'étend pour faire notamment carrière dans un secteur où les mots s'avèrent primordiaux. Essentiels et indispensables.

Nos connaissances et notre vocabulaire s'améliorent, nous venons de le mentionner, mais aussi notre mémoire: pour bien comprendre ce que nous lisons, il nous faut souvent retenir beaucoup de noms, entre autre, et nous nous solidifions le cerveau, de nouvelles synapses se créant et effet régulateur sur l'humeur également garanti! C'est vraiment excellent pour la santé, la lecture!

Est-ce que tout aurait été dit? Non, la lecture a encore d'autres atouts: elle ne manque pas de développer nos capacités d'analyse, nos aptitudes critiques et analytiques. Découvrir qui est le coupable avant la fin? Cela arrive et c'est bon signe! Intuition, clarté et raisonnement au rendez-vous de nos neurones, l'attention et la concentration sur l'intrigue accrues! Vingt minutes minimum de lecture ont, paraît-il, un effet très positif sur la productivité ultérieure. Lire, c'est réellement la santé!

Au fait, avons-nous déjà mentionné que la rédaction s'en trouve améliorée? Succinctement! L'écrit se perfectionne, le style se fluidifie, la cadence de moins en moins heurtée par l'utilisation abusive d'adjectifs et d'adverbes en fin de compte inutiles. C'est souvent lors de la relecture que l'on prend vraiment conscience du superflu: des "donc", des "en fait", des "en effet" alors disparaissent...pour le meilleur!

Tranquilliser l'esprit? Encore un bienfait de la lecture synonyme ici de relaxation, générant une agréable paix intérieure mais c'est fonction des thèmes abordés. Un roman au scénario de film-catastrophe n'aura pas les mêmes effets que la lecture d'un roman plus intimiste ponctué de réflexions existentielles.

Un divertissement? La lecture peut aussi l'être, l'existence de médiathèques, de bibliothèques et de sites de téléchargement en facilitant l'accès qui est souvent gratuit, une aubaine pour le portefeuille! Enfin convaincu de l'utilité - façon de parler - des auteurs et écrivains? Si ce n'est toujours pas le cas, essayez et trouvez ce qui vous convient le mieux par des lectures sporadiques pour débuter, sans jamais vous décourager. Et le saviez-vous? Il existe, pour chaque personne aimant et sachant lire et écrire, un genre littéraire qui captera davantage son attention et activera son imagination. Vous doutez toujours de l'efficacité de la lecture sur votre bien-être? Vous courez alors le risque qu'un jour vous ne ferez plus que lire les notices des médicaments que l'on vous a prescrits. A bon entendeur!

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administrateur théâtres

L’image contient peut-être : 1 personne, assis, table et intérieur« Choisir sa vie ?  »  …You can do it ! Cela se passe à la Comédie Claude Volter avec la magnifique mise en scène de la célèbre pièce de 1980 de Willy Russell,  «  Educating Rita  »  dans une nouvelle version adaptée par l’auteur en 2003 pour en rendre le propos plus universel. La  très soigneuse mise en scène signée  Michel Wright respecte le  délicieux cadre British et l’accent  populaire de Liverpool de la jouvencelle   se change en  un  plongeon dans la modernité francophone  grâce  à laquelle nos ados se sentiront aimés et transportés. Stéphanie Moriau fait absolument merveille dans cette tendre comédie politico-philosophique !

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 Prénommée  Suzan, issue d’un milieu populaire telle une bonne âme de Sichuan,  la jeune  héroïne se sent vide et sans avenir,  sauf de rester coiffeuse, assister à des match de foot ou de karaoke,  pondre des gosses, et n’avoir  de choix  que la poudre à lessiver.  Sur ce, elle  prend ses ciseaux mythiques pour dépecer sa vie totalement insignifiante. Couper, changer – devise des coiffeurs -   et commence par changer  de prénom pour s’appeler l’étudiante  RITA, et rêver d’un avenir où enfin, elle aurait le choix.

 Car c’est ce mot magique   « Change » comme les pétitions en ligne  bien connues… qui  la  fait rêver!  Son intuition lui fait comprendre que seul  le  changement intérieur fait avancer et vivre plus pleinement.  Son arme pour faire d’elle même une « self-made woman »  sera l’éducation, la culture, l’appropriation d’un discours construit et argumenté. Elle ne veut pas  mourir et être enfermée comme sa mère  dans une chanson sans espoir, sans horizon.  Elle a capté que seule l’éducation est porteuse d’avenir. Elle suit la morale de Trainspotting : Choose Life! Elle ne veut pas être un ectoplasme qui se suffit de fumées, de pain et de jeux.

images?q=tbn:ANd9GcQaa8pO91HK_RRt02sgboOv4m5ydvxDvmHjdC582zTM5z9VkliYDonc elle s’inscrit à un cours… universitaire avec un très émouvant Michel de Warzée qui  joue Frank, le  professeur bordélique qui se console régulièrement de la vie et de ses espoirs avortés de devenir  poète avec des bouteilles disséminées dans son imposante bibliothèque ou trône un nu érotique. Au départ fort peu enthousiaste à être dérangé, il est finalement  ravi de cette bouffée d’air inespérée. Il  lui donnera tout, comme le sculpteur Pygmalion amoureux  sa statue Galatée… avec les risques du métier! Un personnage complexe à interpréter, se partageant avec grande délicatesse  entre le personnage du professeur adulé et son attachement émotionnel et sexuel grandissant pour son étincelante protégée. Ah! les  « Métamorphoses » d’Ovide!  

 Et quel potentiel, Stéphanie Moriau!  Elle « fait » à peine  les  29 ans de la jeune délurée. Elle  navigue  comme une cascadeuse entre les désespoirs et les rires, jongle avec  les  défis culturels,  brûle les étapes pour se faire naître à la personne dont elle rêve.  Et quel exemple pour les jeunes inconscients calés  dans leur apathie et leur confort consumériste!

Frank, le prof, est abasourdi et se met à réveiller ses propres affects, et à caresser son rêve d’écriture retrouvé.   La jeune effrontée débarque  comme une bombe spirituelle chez lui et fait voler ses routines en éclats, ouvre les fenêtres, donne de l’air, pourfend ses amertumes accumulées, change dix fois de coiffure, de tenues, de styles, se cherche avec une opiniâtreté qui finit par énergiser chaque spectateur à la suivre dans son itinéraire de changements. On ne peut pas changer le monde, mais soi-même, bien sûr que oui ! La connaissance de soi passe par l’art et la littérature.   Shake it ! Elle reçoit et apprend tout de son tuteur, se met à faire des liens, découvre avec stupeur et ravissement une image du monde où tout est lié,  va au théâtre, tombe amoureuse de Shakespeare, et revient,  quand la culture l’a métamorphosée,  à son prénom originel!  Dans le personnage intense et explosif de Rita, Stéphanie Moriaux  assume pleinement le Credo du changement et du libre choix, galvanise un public  invité à faire fondre à son tour, ses peurs, ses limites, ses  barrières. Pari gagné!

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 Cette superbe pièce de Willy Russel est aussi indispensable que le sel dans les pommes de terre, précipitez-vous, et dégustez ce remontant tonique si votre moral est au pessimisme et à la grisaille. L’humour de la midinette intelligente au moral d’acier est décapant, côté rénovation elle en connait un brin ! Voyez-le comme une cure salutaire de jouvence. Que vivent donc  les métamorphoses et non les sinistroses! Comme disait mon grand-père normand: « Debout les crabes, la marée monte! »

 

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La Culture comme arme sociale !

http://www.comedievolter.be/leducation-de-rita/

 

L’EDUCATION DE RITA
Willy RUSSELL
Traduction de Catherine Marcangeli

 

 

Mise en scène : Michel WRIGHT
Décor  Yann BITTNER
Régie & Éclairages : Bruno SMIT

Animations scolaires : Stéphanie MORIAU

du 10 au 28 octobre 2018

du Mardi au Samedi à 20h15, dimanche à 16h

www.comedievolter.be

 

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Silence nocturne

Nous avons été jeunes sous tes frondaisons, ô forêt.

Je me souviens de tes clairières mystérieuses et des lacs bleus sous la lune.

Les branches entremêlées de tes arbres étaient plus noires que la nuit et de curieux oiseaux traversaient  le néant en appelant la mort.

Parfois, la brise s’élevait dans le grand bois sonore et c’était là une musique étrange, comme venue d’un autre monde.

Dans l’obscurité, nous parlions à demi-mots de choses impossibles, t’en souviens-tu mon amour ?

Nous avions cet âge où l’on croyait encore qu’une caresse sur une peau nue pouvait ouvrir les portes de l’impossible. Ta voix était douce et inquiétante comme celle de la forêt, pleine des mystères de ta féminité.

Ta voix était la nuit et depuis toutes ces années j’en cherche encore le chemin.

Par les sentiers sinueux, j’erre en vain, troublé à l’idée qu’un soir, peut-être, je te retrouverai là, assise en silence au bord du lac bleu. Sur tes épaules nues la lune tracera la marque de l’au-delà et moi je me cacherai dans l’ombre pour mieux contempler celle que j’ai tant aimée et que je n’ai jamais revue.

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La Poétesse par TINA NOIRET

épisode 1 : Harmonie du soir - Charles Baudelaire  

                  

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867) Les Fleurs du Mal Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir. Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige, Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ; Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige. Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir, Du passé lumineux recueille tout vestige ! Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige... Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! Lecture et analyse : Tina Noiret

A suivre

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