Viens
dit le silence
abandonne-toi
au creux de mes bras
Viens
dit la lenteur
marche au rythme
de mes pas
Viens
dit l’oiseau
offre-toi
un peu de légèreté
ne prête pas attention
aux larmes
des nuages
Martine Rouhart
Viens
dit le silence
abandonne-toi
au creux de mes bras
Viens
dit la lenteur
marche au rythme
de mes pas
Viens
dit l’oiseau
offre-toi
un peu de légèreté
ne prête pas attention
aux larmes
des nuages
Martine Rouhart
Genre ...GOOGLE déjanté
Un monde qui grince, un monde qui pleure et qui rit. Spectacle de déraison et de dérision, iconoclaste et subversif, artistique en diable, le diable aux corps. Radiguet se retourne dans sa tombe ! Pourtant on est loin du Bal du comte d’Orgel !
Le spectacle est sur scène avec les cocardiers moqueurs et dans le public prêt au carnage : image de notre K.O. contemporain désordonné, mais en toute musicalité car les orchestrations et les voix sont magnifiques, même quand elles grincent à dessein, même quand elles se bloquent dans les impasses de la souricière ou qu’elles trébuchent, soudain rendues au néant, because...The show must go on !
"Parlez-vous franglais ?" de M. Etiemble date de 1964... "Astérix chez les Bretons" fut publié à 900 000 exemplaires en août 1966, voici aujourd’hui "Les Franglaises". On n’a pas fini de fêter le cinquantenaire des trente glorieuses ! Ils sont à Louvain-La-Neuve pour un 27 septembre en folie. L’occasion est trop belle pour stigmatiser la vacuité immense des plus beaux tubes planétaires qui ont fait les riches heures de la pop Music depuis plus d’un demi siècle ! Juste pour savoir ce que l'on, chante vraiment sous la douche...
On remonte les Golden sixties, on va jusqu’à l’Hotel California en passant par New York, New York et on vous livre le mode d’emploi. Emballé, c’est pesé. Avec son pesant d’anachronismes, autre ressort comique éprouvé par le temps, ses mimes et ses tribulations clownesques. Mais surtout, vivent les éclats de rires générés par la traduction littérale de Sky my husband, Ciel mon mari ! Et vas-y donc, à la va comme je te pousse, que ça rigole ! Comme avec les traductions made in GOOGLE ! Et la morale de l’histoire, c’est qu’on aime encore plus le multilinguisme! Vive Babel et les bonnes gens qui sont dedans!
Projos sur la vie d’artiste: on galère mais on s’amuse et le maître de cérémonies a bien du mal à gérer l’équipage toujours à deux doigts de la mutinerie! Il a sous la main des Spicegirls impertinentes et une brochette de crooners complètement sauvages pire que des wild cats. Seul son amour pour Philip le tient debout dans un spectacle où tout s’écroule y compris le décor, où tout explose, y compris le public, lui c’est de rire. Habillage : Claire Djemah, géniale!
Running time : "Depuis 2011, ils sillonnent les scènes françaises...". Le spectacle est porté par des comédiens amateurs finalement devenu professionnels grâce à ce spectacle ultra vivant et créatif. "Nous avions commencé à jouer dans la rue, pour atterrir à Bobino en passant par l’Olympia et bien d’autres salles." Et ils ont ramassé le Molière du Musical en 2015. Entendez : théâtre de comédie musicale!
Courez-y ! Ready, Steady, Run ! "NO ! I regret nothing !" Edith Piaf.
Dans la programmation de l'Atelier Théâtre Jean Vilar, Aula Magna Louvain-la-Neuve
Mise en scène Quentin Bouissou
Direction musicale Philippe Lenoble
Avec Saliha Bala, Benjamin Carboni, Yoni Dahan, Fabien Derrien, William Garreau, Stéphane Grioche, Marsu Lacroix, Philippe Lenoble, Roxane Terramorsi, Daphnée Papineau, Romain Piquet, Laurent Taieb
Coup de foudre retentissant pour les pères (Benoit Van Dorselaer et Thierry Janssen), les fils (Mickey Bocar et Julien Besure), les valets (Simon Wauters et Othman Moumen) et les donzelles (Brigitta Skarpalezos et Laure Godisiabois)! Le spectacle est démentiel... rebelle, sexy, inventif et hippie! Tous à la plage, la galère s'amuse, la pièce sera jubilatoire! Voici Scapin 68 - une adaptation des plus réjouissantes des bien-nommées « Fourberies de Scapin » signées Jean-Baptiste Poquelin dit Molière en 1671 - …ou quand la jeunesse en mini-jupes et en pattes d’eph toise l’ordre établi et les interdits.
Les deux pater familias, Argante (Thierry Janssen) et Géronte (Benoit Van Dorselaer) en costume cravate vont se faire l’un et l’autre moquer, rosser, vilipender, soutirer de l’argent, comme au théâtre du Grand guignol et dans la tradition de la Commedia dell’arte. Cette pièce qu’écrivit Molière en forme de récréation après le Don Juan, L’Avare, Le Misanthrope et le Tartuffe met en scène Octave (Julien Besure), fils d’Argante qui a épousé derrière le dos de son père Hyacinthe (Brigitta Skarpalezos), une jeune fille pauvre de naissance inconnue, et Léandre (Mickey Bocar), fils de Géronte qui s’est épris d’une jeune Égyptienne, Zerbinette (Laure Godisiabois) . Pour contrecarrer l’autorité paternelle, tous deux se trouvent forcés de recourir au savoir-faire ingénieux de deux domestiques maîtres-du-jeu : Scapin et son complice Sylvestre (Simon Wauters). Tour de passe-passe du dramaturge, les jeunes amoureuses se révéleront à la fin, être celles même que les pères destinaient à leurs fils comme épouses. All is well that ends well! L’intrigue n’est pas complexe mais qu’est-ce qu’on s’amuse! Quel sens de la fête, quelle glorieuse farce divinement mise en scène par Thierry Debroux !
OCTAVE.- Oui, belle Hyacinte, et ces nouvelles m’ont donné une atteinte cruelle. Mais que vois-je ? vous pleurez ! Pourquoi ces larmes ? Me soupçonnez-vous, dites-moi, de quelque
infidélité, et n’êtes-vous pas assurée de l’amour que j’ai pour vous ?
HYACINTE.- Oui, Octave, je suis sûre que vous m’aimez ; mais je ne le suis pas que vous m’aimiez toujours.
OCTAVE.- Eh peut-on vous aimer, qu’on ne vous aime toute sa vie ?
HYACINTE.- J’ai ouï dire, Octave, que votre sexe aime moins longtemps que le nôtre, et que les ardeurs que les hommes font voir, sont des feux qui s’éteignent aussi facilement qu’ils
naissent.
OCTAVE.- Ah ! ma chère Hyacinte, mon cœur n’est donc pas fait comme celui des autres hommes, et je sens bien pour moi que je vous aimerai jusqu’au tombeau.
HYACINTE.- Je veux croire que vous sentez ce que vous dites, et je ne doute point que vos paroles ne soient sincères ; mais je crains un pouvoir qui combattra dans votre cœur les tendres sentiments que vous pouvez avoir pour moi. Vous dépendez d’un père, qui veut vous marier à une autre personne ; et je suis sûre que je mourrai, si ce malheur m’arrive.
Les Moliérophiles ne seront nullement déçus, pas une virgule ne manque au texte qui est projeté dans une intelligence parfaite. La mise en scène vintage années soixante-huit est une déferlante de bonheur théâtral, plastique et musical. Ready, Steady, Act ! Les comédiens ont reçu un thème: la plage, rapport à la phrase : « Sous les pavés, la plage ! » Donc, voilà une maison à colombages en bord de mer, le cri des mouettes, et l’imagination de tous ...au pouvoir! Un sacré coup de pouce pour nos générations de jeunes assoupis...
Tout s’enchaîne dans un délire de trouvailles autour des serviettes et fauteuils de plage, jeu de boules en plastique, bouées, costumes et bonnets de bain rétro, sans oublier, au large, …la fameuse galère. La musculature parfaite et la souplesse de chat frémissant d’Othmane Moumen, beau comme un plagiste, qui voltige de balcons en réverbères et autres escarpolettes, a déteint sur tous les comédiens qui eux aussi, sautent, rebondissent, jaillissent de trappes improbables et mènent un jeu d’enfer délirant autour du texte, comme si tous avaient fumé la moquette et siroté des breuvages multicolores! Et quand une inénarrable scène de rire inextinguible s’empare de Laure Gaudisiabois et de Benoit Van Dorselaer, la salle ne se tient plus. On est dans un sommet de l'excellence théâtrale où le corps est roi et on applaudirait bien en cours de route, comme à l’opéra! Car d’ailleurs de la musique - des tubes anglo-saxons absolument légendaires - il y en a … avant, pendant et après, mais on n’en dira pas plus, car franchement, on ne peut manquer un tel spectacle auquel, on ose attribuer 5 étoiles, tant c’est bien fait, vivant, inédit et décoiffant. Quant à la morale « Il est interdit d’interdire » : on adore, pas vous?
Mise en scène Thierry Debroux Avec Julien Besure, Mickey Boccar, Laure Godisiabois, Thierry Janssen, Othmane Moumen, Brigitta Skarpalezos, Benoît Van Dorslaer, Simon Wauters Scénographie et costumes Thibaut De Coster, Charly Kleinermann Maquillages Urteza Da Fonseca Lumières Alain Collet Décor sonore David Lempereur Assistanat mise en scène Catherine Couchard
Crédit Photos: Zvonock Light Knight
Une coproduction du Théâtre Royal du Parc, de l’Atelier Théâtre Jean Vilar, du Théâtre de Liège et de DC&J Création
Jusqu’au 26 octobre au Théâtre du Parc (Bruxelles). Du 6 au 16 novembre au Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve). Les 23 et 24 novembre à Wolubilis (Woluwe-Saint-Lambert). Du 28 novembre au 7 décembre au Théâtre de Liège.
De fin août à juin inclus, les Rencontres Littéraires de Bruxelles, vitrine de l'édition littéraire belge, nous convient à découvrir, chaque dernier mardi du mois dès 19h à l'Espace Art Gallery, 83 rue de Laeken, trois auteurs de qualité, un drink de la convivialité concluant la Soirée, également au menu de celle-ci une lecture libre de leurs propres textes par quatre participants et une séance de signatures de leurs ouvrages par les trois auteurs sous les projecteurs, Robert Paul étant l'initiateur de cet événement mensuel devenu incontournable, Gérard Adam, auteur prolixe et directeur des éditions M.E.O. l'animateur passionné des Rencontres, Jerry Delfosse le directeur chevronné de l'Espace Art Gallery accueillant les entretiens.
Ce mardi 28 août, pour la reprise, le thème à l'honneur: "Publier un premier roman", mais pas seulement, les auteurs invités nous parlant de leurs "bébés": Annick Walachniewicz de "Il ne portait pas de chandail", Lorenzo Carola de "Le dieu des pierres", Elodie Wilbaut de "Le Voisin de la Cité Villène", Gérard Adam nous présentant sans détour l'acte créateur telle une pulsion profonde, énigmatique bien des fois - "Je ne sais pas pourquoi j'écris mais j'écris" -, une projection vers la lumière d'un regard intérieur, soulignant en clôture la maîtrise des auteurs sur leurs romans joliment structurés.
Un record d'affluence, une atmosphère sereine et conviviale, des auteurs réfléchis, qui nous captent, un Gérard Adam jovial, investi, des lectures d'extraits des trois romans présentés par un Daniel Simon inspiré, fidèle à lui-même, des sourires et des rires particulièrement avec Lorenzo Carola, l'enregistrement de la rencontre par Radio Air Libre 87.7 FM (qu'on se le dise!), ont été les ingrédients, parfaitement dosés, de la réussite de cette soirée, le trio d'auteurs...à la hauteur!
"Il ne portait pas de chandail", Annick Walachniewicz: patchwork, assemblage de brefs fragments de vie, la jeunesse d'un père déporté en 1943, de significatifs épisodes de la vie de la narratrice en Wallonie, une autoanalyse poétique, un secret stupéfiant révélé à l'origine du roman, des bribes d'informations récoltées sur son père ayant permis à l'auteure d'en démarrer l'écriture. Annick est posée, claire, une belle diction, et nous la sentons émue, quoi de plus normal, les souvenirs affluant. Et une famille se retrouve minée par le secret. Le tabou? La résilience? Des thématiques majeures, à prendre en considération. Un second roman? En cours, affaire à suivre...
"Le dieu des pierres", Lorenzo Carola: revenu à Naples pour accompagner son père dans ses derniers moments, le narrateur se remémore une nuit vécue, très particulière, à la clé une confidence, essentielle, sur sa vie, sur son passage de l'adolescence à l'âge adulte. La découverte de la sensualité, la sexualité, l'illusion, profonde subtilité et catharsis initiatique en chemin, à l'origine du roman un atelier d'écriture et cette petite phrase toute simple: "Il était toujours en retard". Une écriture sur sept ans, exploration de la relation père-fils avec détour par les maisons de passe, confidences, chocs et flashes "on the road". Un second roman? Plusieurs projets en chantier...
"Le Voisin de la Cité Villène", Elodie Wilbaut: entre 1985 et 1994, des enfants ont été abusés par un pédophile; devenus adultes, ils portent plainte, c'est alors le début d'un procès... Une belle qualité de narration pour un récit dépassant le simple cadre de vie, à l'origine de l'écriture la participation de l'auteure à un procès suivi par seulement trois personnes, un parcours du combattant en procédures, enquêtes multiples, un véritable engrenage mis au jour, émotion dans le public, une Elodie touchante. "L'emprise existe bel et bien dans la relation...". Un second roman? Des "choses" sur le plan de table...
Au final? Quelques jolies interactions avec l'auditoire, le point de vue affirmé de Daniel Simon sur deux des ouvrages présentés et un drink animé où les paroles pétillaient autant que les bulles... Prochaines Rencontres? Le dernier mardi de septembre où nous parlerons de nos anciens profs...
(Thierry-Marie Delaunois auteur, chroniqueur, membre Arts et Lettres, 29 août 2018)
Je regarde la mer
marcher vers moi
comme je regarde
le temps passer
Je lui crie
d’attendre
de suspendre son pas
mais ma voix se brise
contre les vagues
Un peu de moi
est emporté
un peu de moi
renaît à marée basse
Martine Rouhart
Nous eûmes des sauts de tendresse
Autant d'amour toi et moi
Mirifiques et intimes promesses
En nos murmures nos furtifs émois.
Nuits câlines à nos allègres ferveurs
Nous eûmes des pluies de soupirs
Unissant à nos jouissives douceurs
En averses nos délicieux plaisirs.
Ravis dans nos ébats fusionnels
Nous eûmes des élans vertigineux
Plein de soleil dans notre joli ciel
Et la chaleur sur nos jours heureux.
Nous eûmes des joies vives et frivoles
Des mots, des lambeaux de silence
Mais dans chacune de nos paroles
S'immisçaient douces confidences.
En l'étreinte chérissant nos âmes
Nous eûmes sourires larmes aussi
Toujours renaissait la flamme
Sur nos sentiments qui étaient unis.
Nous eûmes des printemps des hivers
Des automnes des étés triomphants
Seuls, nous nous aimions sur la terre
Fidèles comme des amants.
Lucide au moment flamboyant
Aussi au regard impatient
Timide jamais, et pourtant...
Aucune certitude vraiment.
La vie réserve tant de surprises
Comment échapper à l'emprise?
Même si la rigueur est de mise,
Folie est belle, qu'on se le dise...
La pudeur n'est point dans la pose
Pour vivre, il faut pouvoir dire : j'ose!
Et trouver juste l'exacte dose,
Afin de cueillir quelques roses...
Et si s'est cachée l'épine
Bien sûr, je la savais en prime!
Tristesse surgit, bonheur s'affine
Comment ne pas frôler l'abîme?
Neige ou soleil, grêlons ou pluie
Avec saison certes je fuis...
Mais le sourire n'est pas fortuit
C'est par lui que je vous séduis!
Lucide au moment flamboyant
Aussi au regard impatient!
Timide jamais, et pourtant...
Aucune certitude vraiment.
J.G.
« Mais un homme qui a fait une fois un bond dans le paradis, comment pourrait-il s'accommoder ensuite de la vie de tout le monde ? »
Cheveux longs et idée courtes… Voici un Grand Meaulnes brossé court comme les jeunes écoliers ruraux de l’époque, incarné par Laurent Renard, que dirige avec brio l’auguste Danielle Fire dont on salue la remarquable adaptation et la mise en scène méticuleuse. C'est qu' Augustin dit le grand Meaulnes en donne long à penser, à rêver et à revenir sur les premiers émois de nos adolescences, le pays perdu...
Bleues bien sûr, les portes de l’imaginaire par-dessus les planches élastiques et ma foi un peu bruyantes du théâtre de la Comédie Claude Volter car cela roule, cela virevolte, cela bouge, cela danse la bourrée paysanne, cela n’arrête pas de séduire le spectateur ébaubi de voir transformée pour la scène, la substantifique moelle du roman onirique d’Alain Fournier publié en 1913, cet écrivain mort à 28 ans au champ d’honneur le 22 septembre 1914 près de Verdun.
Le spectacle s’est donné huit fois sous les étoiles de notre été incandescent cet été, au château! Une première mondiale en plein air, au château-ferme des Goffes à Pailhe, un petit village du Condroz entre Modave et Havelange.
Le temps et la vie des trois amis, François Seurel, Augustin Meaulnes et Franz le châtelain défilent dans un rythme soutenu : vive la France et les chansons d’antan, la rudesse du terroir, l’adolescence, l’aventure, la quête de l’absolu et l’imaginaire. Respect pour l’école de village ou règne la délicatesse, honnie soit la ville et ses vices. Si seulement si… Valentine, par triste manque d’amour pour elle-même, n'avait pas refusé la main généreuse qui se tendait vers elle! Que de souffrances évitées...
Les trois personnages ne sont-ils d’ailleurs pas les facettes du jeune écrivain qui écrit un roman autobiographique pudique et intense qui relate l'échec du rêve? L’Yvonne de Gallais n’est-elle pas le double mystérieux d’Yvonne de Quièvrecourt, jeune fille brièvement entrevue par l'écrivain le jour de la Pentecôte 1905, autour de laquelle l’amour s’est cristallisé. Et Valentine, la fiancée de Franz qui s’enfuit à quelques heures des noces, c’est Jeanne Bruneau, avec qui l’écrivain eut une relation houleuse et brûlante. L’exquise Margaux Laborde se partage avec charme, élégance et raffinement les deux rôles. La voilà, image romantique en robe de dentelle blanche sous l'ombrelle, reflétée dans l'eau du bassin :
« Avec quel émoi Meaulnes se rappelait dans la suite cette minute où, sur le bord de l'étang, il avait eu très près du sien le visage désormais perdu de la jeune fille ! Il avait regardé ce profil si pur, de tous ses yeux, jusqu'à ce qu'ils fussent près de s'emplir de larmes. Et il se rappelait avoir vu, comme un secret délicat qu'elle lui eût confié, un peu de poudre restée sur sa joue...
A terre, tout s'arrangea comme dans un rêve. Tandis que les enfants courraient avec des cris de joie, que les groupes se formaient et s'éparpillaient à travers bois, Meaulnes s'avança dans une allée, où, dix pas devant lui, marchait la jeune fille. Il se trouva près d'elle sans avoir eu le temps de réfléchir :
« Vous êtes belle », dit-il simplement. » Ce sont les mots du coup de foudre. Ceux de l’amour sublimé, de l’illumination, de l'harmonie. L’image de la beauté, de la pureté, de la perfection.
Le spectacle est construit comme une symphonie pastorale, avec une campagne croquées avec humour et truculence par de joyeux saltimbanques dont deux terribles bacouettes au langage coloré et malicieux : Isabelle Roelandt pour Moinette (Madame Seurel et la tante), Catherine Cornet pour Adèle (et Madame Meaulnes) avec Maximilien Delmelle et Serge Zanforlin dans les rôles masculins. Personne ne se perd, la magie des costumes, des lumières et des postures opère. François Seurel (Jonas Claessens) est à croquer, tour à tour comédien et narrateur. Il est terriblement attachant, délicat, passionnant, généreux. La nostalgie qui l'habite émeut au plus profond des fibres… Pour souligner la quête de l’absolu, Bruno Smit aux lumières et au son a choisi des extraits musicaux exaltants: La sicilienne ; Les berceaux, Elégie de Gabriel Fauré, Le prélude de César Franck, La fille aux cheveux de lin - ce n’est pas un hasard - de Debussy. Le tout est brodé au petit point de phrases coup de foudre... . Danielle Fire aux commandes. Sacred Fire? Du feu et du jeu.
du mardi au samedi à 20h15, dimanche à 16h
Durée du spectacle : 2h entracte compris
Avec Catherine CONET, Margaux LABORDE, Isabelle ROELANDT, Jonas CLAESSENS, Franck DACQUIN, Laurent RENARD, Abel TESCH, Serge ZANFORLIN & Maximilien DELMELLE
Adaptation et mise en scène : Danielle FIRE
Régie : Bruno SMIT
http://www.comedievolter.be/le-grand-meaulnes/
« Beau comme un opéra »: c’est la rumeur qui a circulé comme une traînée de poudre le soir de la fabuleuse première à la Comédie Claude Volter le 18 avril 2018. « l’Eveil du printemps » ,une pièce de l’auteur allemand Wedekind (1881), a été croisée avec une mise en page émouvante d’extraits du « Sacre du Printemps » d'Igor Stravinsky (1913). Le résultat est convaincant. Dans cette toute nouvelle perspective, la mise en scène est franchement créative et engagée. Dominique Serron évoque avec tact … infini et écoute profonde, les échos du « cimetière de la jeunesse » de ce héros, Melchior, revenu des années plus tard, sur les lieux du crime …collectif, n'est-ce pas?
Le métissage littéraire et musical de la « Kindertragödie » se transforme en même temps, en un manifeste moderne, qui dénonce les maltraitances rampantes que peuvent parfois infliger des parents en mal de communication avec leurs enfants. Les raisons abondent: dans une société brutale, formatée et imperméable aux sentiments, sont-ils victimes de leur époque? Eux-mêmes, sont-ils trop jeunes pour assumer ou répètent-ils des comportements qui ont traversé plusieurs générations sans remise en question? Sont-ils frustrés par des peurs et des souffrances indicibles? Enivrés de pouvoir parental? Bloqués pour mille et une autres raisons honorables - ils en ont sans doute de très bonnes - comme de ne jamais avoir lu Françoise Dolto, et se trouvent dans l'impossibilité chronique de gérer les premiers émois amoureux de leur progéniture, ou même, de leur expliquer sereinement et ouvertement « les choses de la vie ». Mais l’époque de l’Allemagne de Bismarck est-elle pour autant révolue?
Par souci de multiplicité esthétique, le travail de création de Dominique Serron associe un troisième volet. Il a été élaboré au sein de diverses écoles bruxelloises, par de jeunes adolescents et adolescentes. Ce sont des capsules vidéo de lyrisme muet, réalisées in situ ou dans les environs immédiats de l’école …y compris le cimetière d’Uccle. Il suffit d'observer: chaque mouvement des personnages filmés colle impeccablement au tempo de la musique! C’est prodigieux. Les jeunes, confrontés au texte et à la musique sont devenus acteurs, au propre et au figuré, au lieu d’être de simples récepteurs. Bel objectif éducatif s'il en est! Ils se sont mis à rêver l’action, ils ont réagi avec authenticité et dansé leur ressenti aigu et spontané face au suicide, face à la violence parentale, à la pression scolaire, à la castration du désir, à une société blessante et inhumaine. Leurs regards, leurs visages, et leurs postures sont bouillants d’interrogation et aussi d’accusation silencieuse. Chacun d'eux porte les marques de l’intensité vibrante de leur implication dans le projet. Ces séquences filmées rythment le spectacle comme une respiration inédite entre chaque scène. Les chorégraphies émouvantes, nées à la croisée de la théâtralité et de la musique, ont l’avantage de pouvoir faire apprécier la contemporanéité du propos. L’ensemble devient un tout admirablement monté, fruit d’un travail de création original et audacieux, dans le droit fil de ceux auxquels nous a habitués la pétulante et infatigable metteuse en scène pour qui, le travail corporel des comédiens se doit d’être toujours avant-coureur du verbe, ce qui donne un relief extraordinaire au propos...
A chaque spectateur de relever des détails poignants qui le touchent personnellement… La liste sera longue. Juste quelques exemples… Le bruit des parapluies refermés avec brutalité sue le bord de la tombe, une fois les « formalités accomplies »… Ce décor unique et polyvalent, mais essentiel : un immense comptoir bourré de tiroirs. Ceux d’une morgue ? Ceux de notre société cloisonnée faite de trappes et de placards? Posés sur un immense buffet de cuisine, de furtifs souvenirs de Dead Poets Society ou ceux de James Dean (A Rebel Without a Cause) ? Cette idée effrayante que le jeune Moritz s’est tué « par amour pour ses parents »? Ce geste désespéré de mère impuissante qui donne sa médaille à son fils à défaut de pouvoir le défendre contre un père tyrannique… Ces chaussures abandonnées que l'on ramasse, l'air de rien. L'ignoble phrase entendue: «Cet enfant n'était pas de moi! » Cette citation glaçante d'Othello: «As-tu fait ta prière, Desdémone?» Ce sac d’où émergent des aiguilles à tricoter, qui font froid dans le dos! …Et surtout le talent fou et l'énergie débordante de toute la production!
Texte original : Frank WEDEKIND
Musique originale : Igor STRAVINSKY
Traduction : Jacques de DECKER
Conception, Adaptation & Mise en Scène : Dominique SERRON
Adaptation musicale & création sonore : Line ADAM
Ingénieur son : Colin BURTON
Scénographie & Costumes : Renata GORKA
Création vidéos : Nadia BENZEKRI
Création lumière : Xavier LAUWERS
Crédits photos : Pierre Bolle
...Hélas, seulement jusqu'au 6 mai 2018, précipitez-vous pour réserver!
Du 18 avril au 6 mai à la Comédie Claude Volter. Informations et réservation: www.comedievolter.be ou 02 762 09 63
En octobre 2018 à l’Atelier Théâtre Jean Vilar
Nous qui vivons, passants en voyage,
Nous cultivons les déserts sauvages,
Les montagnes arides.
Le peuplier s’affole devant la tempête.
Toujours souvenons-nous
Que les mélodies dans nos doigts
Nous guérissent de bien des maux.
Les feuilles où tu écris les notes de musique
Regardent les touches du piano,
Les cordes des violons,
La peau des timbales,
Les contours d’une flûte, d’un hautbois
Ou d’une contrebasse.
à Brest le 13 septembre 2018, Julien Boulier
poème déposé Sacem code oeuvre 3441359611
Quelques éclats de voix
Pour se sentir vibrer
Rien qu'entre toi et moi
On peut bien voyager...
Quelques éclats qui disent
Combien on est heureux
Faut pouvoir lâcher prise
Quand on est amoureux!
Quelques éclats de voix
Pour dire qu'on est en vie
Y mettre de la joie
Sauvegarder nos envies!
J.G.
Dimanche prochain 16 septembre, le choeur grégorien européen chantera la Messe ainsi que l'Office des Nocturnes en l'Abbaye de Fontenay à l'occasion du 900ème anniversaire de sa fondation.
Bienvenue et au plaisir de rencontrer des membres d'Arts & Lettres.
Une valse de cristal, le soir.
La clarté de tes mains.
Ailleurs, une averse inonde la pupille de tes yeux.
Ne perds pas de vue que le merveilleux des éléments
Frappe à la porte tous les jours.
Sourions pour apaiser les maux.
Eprouvons notre mémoire
Jusqu’aux visages les plus lointains.
Le combat de nos âmes envahit les terres lointaines
Jusqu’à affronter nos espoirs.
A Brest, le 07 septembre 2018
Julien Boulier
poème déposé Sacem code oeuvre 3441160011
Je signale qu'à partir du 1er octobre je n'accepterai plus que les liens sécurisés HTTPS sur le réseau
Très chère existence,
Si frêle humanité,
L’eau des sources et la force des éléments.
Nos visages s’élancent à peine perdue
Contre le temps.
Ton corps danse jusqu’à devenir l’été.
Sous l’apparence d’un tableau fragmenté,
Multiples miroirs et le décor apparaît.
La nuit et le jour,
Cent mille fois mis à distance,
Au cœur des forêts sombres et éclairées.
Julien Boulier,
A Brest, le 02 septembre 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3440969911
Maintenant sur le sommet des pierres,
j’entrevois des idylles.
J’entends marcher les lunes et les soleils.
Dans tes mains, l’âme des fougères
repeuple notre regard.
Ta voix m’attire au cœur des sphères.
Une seconde et je vouvoie ton allure.
Respirons l’heure où tu navigues,
habillée de plantes et de fils de soie.
Julien Boulier,
A Brest, le 31 aout 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3440945011
Il vient
dans un bruit d’ailes
le temps
des pluies de feuilles
des arbres rouges
des souvenirs qui consolent
il vient
sur la pointe des pieds
marquer
chaque chose
chaque être
d’une encoche
..........................
Martine Rouhart
Minutes à soi.
Vivre à l’ombre des étoiles.
Les neiges fondent sur les sommets.
Dessiner la lumière en commençant par ses rayons.
Devant soi, des fragments de tableaux.
Des couronnes de genêts sont venues habiller nos rochers.
Le vent avec ses boucles
vient soulever les branches.
Des poèmes où l’ombre franchit l’espace
et gravite autour de vitraux translucides et colorés,
leurs phrases entourant de leurs bras
les mouvements qui dansent dans les airs.
A Brest, le 29 aout 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3440868011