Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Publications en exclusivité (3151)

Trier par
administrateur littératures

Bienfaits et saveurs de la lecture

Lire... L'on sait que tout le monde n'aime pas lire...et il y a lire et lire! Entre se plonger dans un roman et lire une recette, par exemple, il y a une énorme différence! Pourtant on peut accorder autant d'attention à l'un comme à l'autre, c'est selon! L'intérêt de l'un n'est pas forcément celui de l'autre. Qui se forcerait à lire quelque chose qu'il n'a pas vraiment envie de lire...à moins qu'il ne s'agisse du mode d'emploi d'un nouveau gadget électronique? Celui, ou celle, qui ne lit jamais une seule ligne ne sait pas ce qu'il, ou elle, rate car la lecture, à long terme, a des effets quasi miraculeux sur la personne qui la pratique avec régularité.

De nombreux bienfaits surgissent, que la lecture soit silencieuse ou publique et qu'il s'agisse d'un roman, d'un poème, d'une nouvelle ou de tout autre genre littéraire, certains sont bien connus tandis que d'autres le sont moins, passant inaperçus mais pourtant bien là. Réels.

Le saviez-vous? Tout comme la construction d'un puzzle ou une partie d'échecs, la lecture stimule notre cerveau, l'active, faisant fonctionner nos neurones, ralentissant du coup l'apparition éventuelle de la maladie d'Alzheimer ou de la démence grâce à une activité cérébrale régulière. Réfléchir, c'est bon pour la santé...mais pas trop!

La lecture diminue aussi la tension, le stress, l'anxiété, l'avez-vous expérimenté? Si un article se révèle intéressant, même captivant, nous décrochons du reste, concentrés sur notre seule lecture. Avec un roman dont l'écriture est maîtrisée et la construction solide, nous pouvons atteindre une autre dimension, un univers parallèle, à condition d'aimer cela bien sûr. Lire, c'est réellement bon pour la santé!

Un autre bienfait reconnu et non le moindre, c'est l'amélioration considérable de nos connaissances: notre savoir s'élargit, s'étend, nous devenons des experts, des érudits, des personnes plus que cultivées, chose utile et même indispensable pour les Salons de thé et autres que nous fréquentons...si nous en fréquentons! Et qui dit nouvelles informations pense souvent nouveaux défis. Supermen et superwomen en puissance, nous accroissons aussi notre vocabulaire. Des mots nouveaux pour le langage quotidien, c'est un fameux atout et la confiance en soi s'en trouve renforcée, nos écrits s'améliorant dans la foulée et le champ des possibilités s'étend pour faire notamment carrière dans un secteur où les mots s'avèrent primordiaux. Essentiels et indispensables.

Nos connaissances et notre vocabulaire s'améliorent, nous venons de le mentionner, mais aussi notre mémoire: pour bien comprendre ce que nous lisons, il nous faut souvent retenir beaucoup de noms, entre autre, et nous nous solidifions le cerveau, de nouvelles synapses se créant et effet régulateur sur l'humeur également garanti! C'est vraiment excellent pour la santé, la lecture!

Est-ce que tout aurait été dit? Non, la lecture a encore d'autres atouts: elle ne manque pas de développer nos capacités d'analyse, nos aptitudes critiques et analytiques. Découvrir qui est le coupable avant la fin? Cela arrive et c'est bon signe! Intuition, clarté et raisonnement au rendez-vous de nos neurones, l'attention et la concentration sur l'intrigue accrues! Vingt minutes minimum de lecture ont, paraît-il, un effet très positif sur la productivité ultérieure. Lire, c'est réellement la santé!

Au fait, avons-nous déjà mentionné que la rédaction s'en trouve améliorée? Succinctement! L'écrit se perfectionne, le style se fluidifie, la cadence de moins en moins heurtée par l'utilisation abusive d'adjectifs et d'adverbes en fin de compte inutiles. C'est souvent lors de la relecture que l'on prend vraiment conscience du superflu: des "donc", des "en fait", des "en effet" alors disparaissent...pour le meilleur!

Tranquilliser l'esprit? Encore un bienfait de la lecture synonyme ici de relaxation, générant une agréable paix intérieure mais c'est fonction des thèmes abordés. Un roman au scénario de film-catastrophe n'aura pas les mêmes effets que la lecture d'un roman plus intimiste ponctué de réflexions existentielles.

Un divertissement? La lecture peut aussi l'être, l'existence de médiathèques, de bibliothèques et de sites de téléchargement en facilitant l'accès qui est souvent gratuit, une aubaine pour le portefeuille! Enfin convaincu de l'utilité - façon de parler - des auteurs et écrivains? Si ce n'est toujours pas le cas, essayez et trouvez ce qui vous convient le mieux par des lectures sporadiques pour débuter, sans jamais vous décourager. Et le saviez-vous? Il existe, pour chaque personne aimant et sachant lire et écrire, un genre littéraire qui captera davantage son attention et activera son imagination. Vous doutez toujours de l'efficacité de la lecture sur votre bien-être? Vous courez alors le risque qu'un jour vous ne ferez plus que lire les notices des médicaments que l'on vous a prescrits. A bon entendeur!

Lire la suite...
administrateur théâtres

L’image contient peut-être : 1 personne, assis, table et intérieur« Choisir sa vie ?  »  …You can do it ! Cela se passe à la Comédie Claude Volter avec la magnifique mise en scène de la célèbre pièce de 1980 de Willy Russell,  «  Educating Rita  »  dans une nouvelle version adaptée par l’auteur en 2003 pour en rendre le propos plus universel. La  très soigneuse mise en scène signée  Michel Wright respecte le  délicieux cadre British et l’accent  populaire de Liverpool de la jouvencelle   se change en  un  plongeon dans la modernité francophone  grâce  à laquelle nos ados se sentiront aimés et transportés. Stéphanie Moriau fait absolument merveille dans cette tendre comédie politico-philosophique !

Image associée 

 Prénommée  Suzan, issue d’un milieu populaire telle une bonne âme de Sichuan,  la jeune  héroïne se sent vide et sans avenir,  sauf de rester coiffeuse, assister à des match de foot ou de karaoke,  pondre des gosses, et n’avoir  de choix  que la poudre à lessiver.  Sur ce, elle  prend ses ciseaux mythiques pour dépecer sa vie totalement insignifiante. Couper, changer – devise des coiffeurs -   et commence par changer  de prénom pour s’appeler l’étudiante  RITA, et rêver d’un avenir où enfin, elle aurait le choix.

 Car c’est ce mot magique   « Change » comme les pétitions en ligne  bien connues… qui  la  fait rêver!  Son intuition lui fait comprendre que seul  le  changement intérieur fait avancer et vivre plus pleinement.  Son arme pour faire d’elle même une « self-made woman »  sera l’éducation, la culture, l’appropriation d’un discours construit et argumenté. Elle ne veut pas  mourir et être enfermée comme sa mère  dans une chanson sans espoir, sans horizon.  Elle a capté que seule l’éducation est porteuse d’avenir. Elle suit la morale de Trainspotting : Choose Life! Elle ne veut pas être un ectoplasme qui se suffit de fumées, de pain et de jeux.

images?q=tbn:ANd9GcQaa8pO91HK_RRt02sgboOv4m5ydvxDvmHjdC582zTM5z9VkliYDonc elle s’inscrit à un cours… universitaire avec un très émouvant Michel de Warzée qui  joue Frank, le  professeur bordélique qui se console régulièrement de la vie et de ses espoirs avortés de devenir  poète avec des bouteilles disséminées dans son imposante bibliothèque ou trône un nu érotique. Au départ fort peu enthousiaste à être dérangé, il est finalement  ravi de cette bouffée d’air inespérée. Il  lui donnera tout, comme le sculpteur Pygmalion amoureux  sa statue Galatée… avec les risques du métier! Un personnage complexe à interpréter, se partageant avec grande délicatesse  entre le personnage du professeur adulé et son attachement émotionnel et sexuel grandissant pour son étincelante protégée. Ah! les  « Métamorphoses » d’Ovide!  

 Et quel potentiel, Stéphanie Moriau!  Elle « fait » à peine  les  29 ans de la jeune délurée. Elle  navigue  comme une cascadeuse entre les désespoirs et les rires, jongle avec  les  défis culturels,  brûle les étapes pour se faire naître à la personne dont elle rêve.  Et quel exemple pour les jeunes inconscients calés  dans leur apathie et leur confort consumériste!

Frank, le prof, est abasourdi et se met à réveiller ses propres affects, et à caresser son rêve d’écriture retrouvé.   La jeune effrontée débarque  comme une bombe spirituelle chez lui et fait voler ses routines en éclats, ouvre les fenêtres, donne de l’air, pourfend ses amertumes accumulées, change dix fois de coiffure, de tenues, de styles, se cherche avec une opiniâtreté qui finit par énergiser chaque spectateur à la suivre dans son itinéraire de changements. On ne peut pas changer le monde, mais soi-même, bien sûr que oui ! La connaissance de soi passe par l’art et la littérature.   Shake it ! Elle reçoit et apprend tout de son tuteur, se met à faire des liens, découvre avec stupeur et ravissement une image du monde où tout est lié,  va au théâtre, tombe amoureuse de Shakespeare, et revient,  quand la culture l’a métamorphosée,  à son prénom originel!  Dans le personnage intense et explosif de Rita, Stéphanie Moriaux  assume pleinement le Credo du changement et du libre choix, galvanise un public  invité à faire fondre à son tour, ses peurs, ses limites, ses  barrières. Pari gagné!

Résultat de recherche d'images pour "educating rita comédie claude Volter"

 Cette superbe pièce de Willy Russel est aussi indispensable que le sel dans les pommes de terre, précipitez-vous, et dégustez ce remontant tonique si votre moral est au pessimisme et à la grisaille. L’humour de la midinette intelligente au moral d’acier est décapant, côté rénovation elle en connait un brin ! Voyez-le comme une cure salutaire de jouvence. Que vivent donc  les métamorphoses et non les sinistroses! Comme disait mon grand-père normand: « Debout les crabes, la marée monte! »

 

Affiche_2018-19.jpg?width=420

La Culture comme arme sociale !

http://www.comedievolter.be/leducation-de-rita/

 

L’EDUCATION DE RITA
Willy RUSSELL
Traduction de Catherine Marcangeli

 

 

Mise en scène : Michel WRIGHT
Décor  Yann BITTNER
Régie & Éclairages : Bruno SMIT

Animations scolaires : Stéphanie MORIAU

du 10 au 28 octobre 2018

du Mardi au Samedi à 20h15, dimanche à 16h

www.comedievolter.be

 

Lire la suite...

Silence nocturne

Nous avons été jeunes sous tes frondaisons, ô forêt.

Je me souviens de tes clairières mystérieuses et des lacs bleus sous la lune.

Les branches entremêlées de tes arbres étaient plus noires que la nuit et de curieux oiseaux traversaient  le néant en appelant la mort.

Parfois, la brise s’élevait dans le grand bois sonore et c’était là une musique étrange, comme venue d’un autre monde.

Dans l’obscurité, nous parlions à demi-mots de choses impossibles, t’en souviens-tu mon amour ?

Nous avions cet âge où l’on croyait encore qu’une caresse sur une peau nue pouvait ouvrir les portes de l’impossible. Ta voix était douce et inquiétante comme celle de la forêt, pleine des mystères de ta féminité.

Ta voix était la nuit et depuis toutes ces années j’en cherche encore le chemin.

Par les sentiers sinueux, j’erre en vain, troublé à l’idée qu’un soir, peut-être, je te retrouverai là, assise en silence au bord du lac bleu. Sur tes épaules nues la lune tracera la marque de l’au-delà et moi je me cacherai dans l’ombre pour mieux contempler celle que j’ai tant aimée et que je n’ai jamais revue.

Lire la suite...

La Poétesse par TINA NOIRET

épisode 1 : Harmonie du soir - Charles Baudelaire  

                  

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867) Les Fleurs du Mal Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir. Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige, Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ; Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige. Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir, Du passé lumineux recueille tout vestige ! Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige... Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! Lecture et analyse : Tina Noiret

A suivre

Lire la suite...
administrateur théâtres

« Les poissons vert pâle » est un spectacle absolument croquignolet comme se plaît à dire le Routard, alors qu’il est supposé décrire les pires affres  de la vie familiale quand tout bascule… Envoyez musique et paroles! L’écriture théâtrale de Valéry Bendjilali,  riche, enlevée, joyeuse et intense se  greffe sur la nouvelle éponyme de Katherine Kreszmann Taylor qui fait partie de son opus « Ainsi mentent les hommes » (1953). On connait surtout cette auteure américaine, première femme nommée professeur titulaire à L’université de Gettysburg (Pennsylvanie)  par son premier roman : «  Inconnu à cette adresse » (1938), un récit de portée universelle.

L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes souriantes, personnes debout et plein air

L’image contient peut-être : 1 personne, chaussures et intérieurIl s’agit d’une famille très ordinaire. L’envoi est donné le jour des funérailles de la mère du narrateur (un exquis Valéry Bendjilali) , lorsqu’il  met en pratique une expérience proustienne,  où le goût acidulé d’une tarte aux cerises réveille tout à coup  dans  le cœur de l’adulte de quarante ans, une foule de souvenirs familiaux enfouis dans sa mémoire émotionnelle. Ces souvenirs éclatent comme des bulles de réminiscences douces-amères,  au fil de la remémoration de la jeunesse révolue et des occasions d’aimer évanouies dans le fleuve de la vie.  Le spectateur est franchement ébloui par l’immense justesse des perceptions, la grande pudeur des propos rassemblés dans une histoire sans doute filtrée à  travers le prisme d’une certaine idéalisation du passé. Boris Cyrulnik n’a pas tort quand il dit que l’on finit par caraméliser le passé pour  en contenir et exorciser les souffrances. Cette écriture engage le spectateur à réfléchir à la beauté véritable du pardon, à la vertu de la communication, à l’observation bienveillante du monde. Des vertus en fait instillée par sa mère adorée… une source inépuisable d’amour.

42045305_1991075590935866_8699165600431210496_n.jpg?_nc_cat=108&oh=a61e55fb3530af9abcc4b523f1efcdd2&oe=5C1632A0&width=400  La mise en scène perfectionniste de Patrice Mincke  (Le Noël de Monsieur Scrooge, L’Avare, Le portrait de Dorian Gray pour n’en citer que trois) fait évoluer deux  merveilleux musiciens de jazz ( Nicholas Yates et Antoine Marcel) et leur moelleuse contrebasse et leur émouvante trompette  aux côtés des trois comédiens : Valéry Bendjilali, Bénédicte Chabot, Benoît Verhaert pour en faire un quintet d’une belle complicité qui cisèle les sentiments  avec  délicatesse pour aboutir à un bijou de théâtre intimiste et raffiné dans lequel le rire est loin d’être absent, malgré la violence de toutes les  blessures familiales perpétrées souvent par pure maladresse et  inconsciemment.

L’image contient peut-être : 3 personnes

Bénédicte Chabot interprète  le tendre  personnage de la mère qui porte en elle la lumière  et le charme des reflets  nacrés de la perle, liés à  une féminité et une humilité souriante et apaisante d’une autre époque. Avec ses robes  signées  National Geographic années 50, elle fait preuve de douceur angélique et d’indulgence  face à Charles, ardent commis voyageur, distributeur de frigidaires,   admirablement joué par Benoit Verhaert. C’est un être violent, insatisfait,  durci par les déceptions de la vie, un  mari bourru, occupé uniquement de lui-même, ancré  dans ses urgences et ses visées matérielles, injuste dans ses relations avec ses deux fils Gordon et Ricky - qu’il s’évertue à appeler Dick par mépris -  et qu’il se plaît à mettre sans cesse en compétition, semant allègrement  autour de lui  les graines de l’envie et de la jalousie. Le héros de l’histoire -  ah!  la  terrible quête de reconnaissance et de fierté paternelle! -  fuira le milieu devenu toxique, malgré la douleur qu’il inflige à la personne au monde qu’il aime le plus… Nombre de  problèmes familiaux ne  se rapportent-ils pas au besoin d’être reconnu, d’être aimé ? Cela vaut pour tout le monde dans cette famille...

L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes assises

Ainsi valsent au gré de l’histoire, les sous-entendus, les petites phrases assassines, les non-dits, les charges émotionnelles, les explosions de colère, les silences révélateurs, et finalement, la fuite salvatrice, la culpabilité. Chacun peut repérer dans le miroir de la représentation  telle ou telle bribe de vérité qui percute notre histoire personnelle. L'empathie du public s’installe tellement fortement au cours du spectacle, l’onde de transmission est tellement puissante, l’imaginaire est tellement bien sollicité par la conjonction des tableaux et de la musique, que l'on en vient à  faire émerger en soi,  des choses que la mise en scène n'y avait sans doute  pas mises intentionnellement! C’est dire la richesse et la magie  de la mise en  œuvre du très poétique texte original.

Et finalement, cette constatation heureuse et universelle que oui, la beauté et l'amour de la nature peuvent nous sauver… Y compris la beauté de l’écriture du jeune Valéry Bendjilali.  

L’image contient peut-être : 1 personne, sur scène

 © Isabelle De Beir

Louvain-La-Neuve, Théâtre Blocry, jusqu’au 6/10. Infos et rés.  : 0800.25.325. - www.atjv.be.

 Au  Théâtre de la Vie à Bruxelles du 9 au 20/10 Infos et rés.  : 02.219.60.06. – www.theatredelavie.be   

 

 d'après Kathrine Kressmann Taylor

Adaptation Valéry Bendjilali

Mise en scène Patrice Mincke

Avec: Valéry Bendjilali, Bénédicte Chabot, Benoît Verhaert

Musiciens Antoine Marcel, Nicholas Yates

Décors et costumes Anne Guilleray

Lumières Philippe Catalano

Coach vocal Daphné D'Heur

Assistante à la mise en scène Sandrine Bonjean

Une coproduction de L’Autre Production, de l’Atelier Théâtre Jean Vilar, du Théâtre de la Vie et de DC&J Création. 

https://www.atjv.be/Les-Poissons-vert-pale

https://www.theatrezmoi.be/les-poissons-vert-pale

http://www.theatredelavie.be/spectacle.asp?id=%7B4812DD46-9B36-462C-959B-331C6F0553D3%7D

 

 

Lire la suite...

A L'ENCRE DE MA VIE...

 A l'encre de ma vie, j'ai exploré les mots

J'y ai mis la douceur, une forme de repos...

Et puis cette passion qui fait marcher le monde

Elle sait donner raison aux âmes vagabondes...

Derrière guerres et misères qui font rougir l'humain

Il fallait que je trouve des raisons à demain!

Laisser parler la vie et chanter les oiseaux

Et dans l'air respiré, humer quelques cadeaux!

A l'encre de ma vie j'ai dessiné l'amour

En lui mettant des ailes pour oublier les jours...

D'une force fragile, créer... la légèreté

Car tout est plus facile quand on en est bercé.

L'automne a des reflets à nul autre pareil

Le vert, le rouge et l'or au soleil font merveille!

Pour accepter l'hiver et l'encre qui se gèle

Juste laisser quelques mots qui feront la vie plus belle!

J.G.

Lire la suite...

UTOPIA

Qu'on soit petit, ou qu'on soit grand,

Quand on n'a pas vingt balles en poche,

On se sent seul, c'est pas marrant,

D'avoir du vent dans ses valoches.

Alors on fait comme les oiseaux

Qui planent l'aile sous le vent,

Comme le poisson dessous la roche

Qui laisse glisser le courant.

Je rêve d'un monde sans monnaie

Ou le Dollar deviendrait rose

Lilas, pensée ou bien bleuet.

Un monde en fleur, pas en Euro.

L'amour ne serait plus payant

Car c'est lui même qui jaillirait,

Des sources pures, des torrents,

C'est vrai, on peut toujours rêver.

Et quand les hommes vivront de paix,

Que la bête aura disparu,

Quand tous les voiles seront tombés, 

Que les fusils se seront tus,

C'est que les hommes sauront comment

Être des sages, pas des prophètes,

En glissant l'aile sous le vent,

Comme l'oiseau dans la tempête.

...

Écrit en août 1999, presque 20 ans et pas une ride.

Lire la suite...
administrateur théâtres

CE QU’EN DIT LA PRESSE

« Le rythme est époustouflant, l’inventivité chorégraphique scotchante, les artistes formidables et les chansons d’Yves Montand, toujours aussi belles. Un régal. » Télérama

« Tout simplement jubilatoire ! Accompagnés d’un accordéoniste, quatre superbes comédiens et chanteurs font vivre avec une énergie communicative, son épopée, sans artifice ou presque. Un très beau spectacle dont on ressort le cœur empli d’allégresse. » Le Parisien

 play_552_ivo_livi_-jm_michelangeli_ld_-credit_fabienne_rappeneau_-_copie.jpg

Bon tout est dit, mais on va en rajouter… Car on a adoré  la  production de Ki M’aime me suive! Ecoutons d’abord  Ali Bougheraba et Cristos Mitropoulos, les créateurs-comédiens metteurs en scène : « Raconter l’histoire d’Yves Montand nous est apparu instantanément comme une évidence. La force du personnage, la période historique qu’il traverse et les rencontres qui jalonnent sa vie sont au-delà de l’imagination. Ne disait-il pas lui-même : « Les meilleurs scénaristes s’inspirent de la vraie vie ». Le destin d’Ivo Livi nous plonge dans la grande histoire, celle du XXe siècle, du fascisme en Italie, de l’occupation en France, de la guerre froide et du communisme. L’histoire d’un migrant, qui poussé par la passion du cinéma et du music-hall devient un artiste hors norme.

Un artiste qui a su parler à toutes les couches sociales de son pays. Du prolétariat à la bourgeoisie en passant par les grands intellectuels de sa génération, le monde entier a été conquis par ce phénomène. Un artiste de la mondialisation donc, bien avant l’heure, puisqu’il fut le premier à importer le concept de one-man-show et qu’il fût aussi bien applaudi à Paris qu’à Tokyo, Moscou, New York etc. Nous souhaitons développer une narration singulière, sans artifice, inviter le public à se projeter avec nous, à tout faire exister avec rien. »

 

C’est exactement ce qui se passe sur le plateau du théâtre Le Public.  Les cinq joyeux saltimbanques, comédiens-chanteurs-danseurs vêtus d’ensembles marron,  ne cessent d’éblouir par leur virtuosité et leur vitalité. En trois temps, trois mouvements on passe de l’Italie de Gigi l’Amoroso à l’Italie fasciste où règne la terreur  au moment de  la naissance du  futur Yves Montand. Treize heures d’accouchement, faites chauffer l’eau des pâtes, et soufflez madame, la star est née sous les chants des partisans communistes.  La pétulante mamma italienne est mâtinée de mère juive explosive ! L'avenir est dans les claques. et dans le bilinguisme:  Ivo,  Monte! Ivo, vai su! 

Le récit démultiplié et facétieux se développe comme une mosaïque, comme un kaléidoscope sans cesse renouvelé,  chaque artiste faisant l’Artiste à son tour… Avanti popolo ! Rafles, xénophobie, la famille décide de fuir vers l’Amérique de … Dicaprio ! Pitreries de Lucky Luke,  Bonjour les anachronismes, pourquoi pas !  Las ! A l’ambassade, no more visa, Basta !

play_552_ivo_livi_1_ld-credit_fabienne_rappeneau_-_copie.jpg

Installation forcée  et vie pauvre mais pittoresque dans les bas-fonds de Marseille, tous solidaires. Quelle tendresse, quelle  résilience, quel exemple de solidarité, ces familles de réfugiés! Un salon de coiffure pour la sœur dans le garage, Ivo est la coqueluche des vieilles dames… Il  rêve d’une seule chose,  les planches et le spectacle. Il adore Fred Astaire:  « I’m in heaven, dancing cheek to cheek !»

 

Et le public, lui aussi est au septième ciel devant tant de créativité, d’inventions, de bonne humeur qui ne cesse de traverser  le quotidien tragique d’une vie légendaire et d'une carrière artistique fulgurante. Que d’humanité déposée avec le sourire  dans notre imaginaire gourmand de belles et vraies histoires. On est sans cesse à l’affût dans cette chasse au bonheur,  alors que pour tout décor il n’y a qu' ampoules électriques à incandescence, deux chaises et deux praticables… et un accordéon. Humour et tendresse vont et viennent, même des coups de foudre...  On a devant les yeux et dans l’oreille  un  incessant torrent  de talents chorégraphiques et musicaux généreux qui créent l'allégresse et entraînent  le spectateur émerveillé vers les sommets du plaisir théâtral. Tout cela, dans l’esprit même de notre ami Yves pour qui « le devoir d’une femme et d’un homme de scène, c’est de se faire assez plaisir pour pouvoir le communiquer aux autres. » Le rythme trépidant, les mimes et les mots  s’arrêtent soudain  avec l’arrêt cardiaque de l’Artiste en pleine gloire et une salle comble se lève sans hésiter, émue aux larmes par un tel chef d’œuvre de scène qui  a  su rendre à Yves Montand un si vivant et si chaleureux hommage. Cinq étoiles. 

play_552_ivo_livi_3_ld-credit_fabienne_rappeaneau_-_copie.jpg

IVO LIVI OU LE DESTIN D'YVES MONTAND

De Ali Bougheraba et Cristos Mitropoulos
Mise en scène : Marc Pistolesi

Avec : Ali Bougheraba (en alternance), Matthieu Brugot, Camille Favre-Bulle, Jean-Marc Michelangeli (en alternance), Cristos Mitropoulos et Olivier Sélac.

https://www.theatrelepublic.be/season.php?type=1

DU 04/09/18 AU 27/10/18

UNE PRODUCTION DE KI M’AIME ME SUIVE. AVEC LE SOUTIEN DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE. Photo affiche © Johann Hierholzer. Photos spectacle © Fabienne Rappeneau.

    

Lire la suite...
administrateur théâtres

Une mise en scène qui dérange…

« Nous ne sommes pas en train de fabriquer un autre univers idéal, mais de faire face à la réalité de notre propre monde, avec toute sa joie et sa tristesse. » Ce sont les mots de Patricia Kinard, une artiste-peintre  belge contemporaine qui a une faculté particulière de ressentir l’invisible à travers ses sublimes peintures qui déclinent toutes les nuances de bleus. Elle cite Akong Rimpoche. Des mots qui nous parlent quand on repense à la mise en scène dérangeante de Romeo Castellucci dans « sa » Flûte Enchantée de Mozart.  Voici le texte complet : "L'important, c'est de changer notre attitude. Cela nous donnera la liberté. La liberté a l'attitude d'accueillir tout ce qui nous arrive. C'est aussi simple que ça. En tant qu'êtres humains, nous sommes vivants. Être en vie, nous aurons toujours des expériences, qui que ce soit ou quoi que ce soit. Si nous nous félicitons de tout, le manque de liberté n'est pas un problème. Nous ne sommes pas en train de fabriquer un autre univers idéal, mais de faire face à la réalité de notre propre monde, avec toute sa joie et sa tristesse. Nous développons une maîtrise de nos circonstances afin de ne pas être limité par les vieilles habitudes de pensée, de sentiment et de comportement." Serait-ce une morale partagée par Romeo Castellucci?

https://www.arte.tv/fr/videos/082237-000-A/la-flute-enchantee-dans-une-mise-en-scene-de-romeo-castellucci/

La Monnaie a laissé carte blanche à Romeo Catellucci qui greffe sur sa Flûte une approche  des plus personnelles et engagée. Chapeau quand même, d’oser mettre en scène  ce qu’il considère comme l’envers de la Flûte enchantée, à la façon d’une « Böse Fee» qui, en plein 21e siècle, se met à dénoncer l’absolutisme du pouvoir masculin de la tradition franc-maçonne du XVIII siècle. Sacrilège!  Il réhabilite la Reine de la Nuit, qu’il nomme mère-protectrice, lieu géométrique de tendresse universelle, dont le lait est source d’humanité. Comme celui de la Vierge à l’enfant, dépeinte aussi couronnée d’étoiles et foulant aux pieds l’immonde serpent… Maintenant, les images qu’il donne à voir sur scène de cette symbolique sont plutôt perturbantes à regarder, car les  trois mères-laitières semblent faire partie d’une épouvantable  ferme humaine ! On vous passe les détails.

https://www.rtbf.be/ouftivi/video/embed?id=2401553&autoplay=1

 Romeo Catellucci insiste sur la souffrance de la Reine de la Nuit: « Zum Leiden bin ich ausgekoren ! » lorsqu’elle  évoque l’enlèvement de sa fille… Mais contrairement à la Vierge, « Der Hölle Rache » la vengeance infernale  devient  son destin, que l’on peut lire en « mort et désespoir ». Son cœur de mère, « Mutter Herz » est dévasté. Quelle lecture inédite de l’opéra de Mozart !  Romeo Castellucci va plus loin, il donne la parole aux mots écrits par sa propre  sœur en lui offrant une large fenêtre au beau milieu de la fête des lumières, où les facéties bienveillantes de Papageno et de Papagena ont été réduites au strict minimini-mum… . Il projette au contraire et concentre dans cette fenêtre la souffrance de l’amour aveugle (?)  vécu par des femmes malvoyantes qu’il met en lumière, et la souffrance d’hommes écorchés et brûlés accidentellement, qu’il installe dans la souffrance de la fournaise. Ou bien, sont-ils les victimes des flammes de l’amour qui brûle dès le premier coup de foudre?  Ensuite, chacun de ces  groupes,  les femmes au service  de la Reine de la Nuit, les hommes  à celui de  Sarastro, sert d’écrin de rites initiatoires. Les femmes entourent de leurs soins  Tamino, tandis que  les hommes accueillent  Pamina. Au terme de cette initiation, tous deux sont comme décapés de leur souffrance. On finit par leur ôter leur perruque de scène. Ils retrouvent ainsi leur être intérieur et leur véritable chevelure…  source de force secrète et mystérieuse.  

Si la souffrance est une initiation pour les chrétiens,  une absurdité et un scandale pour Camus, à nous de choisir,  pourquoi pas, une troisième voie : celle qui conduit à regarder le monde sans complaisance, regarder en face la réalité avec toute sa joie et sa tristesse. Sans jugement. Dans l’accueil de l’autre qui est  toujours, tellement … « autre », chacun avec sa propre réalité! Il est un fait que la production de Romeo Castellucci donne sur la scène prestigieuse de la Monnaie, un accès public aux handicapés, aux déshérités et  aux  éclopés de toute origine.  Voici, au 21e siècle, exposée, la réalité des aveugles de Breughel le visionnaire,  et la chute d’Icare.  Tout cela se passe au beau milieu d’un décor à l’inverse intégral du rêve étincelant de blancheur présenté au premier acte fait de costumes XVIIIe, de masques, de  coiffures et  de maquillages parfaits et resplendissants de lumière dont aurait pu rêver la reine Marie-Antoinette. D’une ode à la perfection de la symétrie sans faille, sans défaut, sans paroles,  on passe insensiblement à une esthétique de logiciel arbitraire et omnipotent. Néanmoins, la  munificence évoque pour certains, la beauté légendaire des cérémonies des rois du Siam, les ballets de plumes d’autruche évoque les palmes, les oiseaux, l’envol vers des réalités chimériques… On ne peut pas échapper à la beauté de la réalisation. Mais Romeo Castellucci nous fait retomber au deuxième acte sur terre, et la chute fait mal…  

 

 Dès lors, on peut  aussi comprendre  la révolte de spectateurs qui, choqués par l’extrémisme naturaliste de la mise en scène du deuxième acte et son allongement intempestif par des « textes qui n’y ont rien à faire », outrés par la rébellion du metteur en scène contre l’esprit des lumières dont il veut exorciser «  l’imposture », blessés, dans le droit fil de leur patrimoine de traditions artistiques, sont ressortis fâchés et heurtés par cette mise en scène iconoclaste, criant … à l’imposture.  

Le premier acte, en tout cas, malgré l’éviction complète des parties parlées du livret de Schikaneder est  un bouquet magistral de musiques et de beauté esthétique incluant des installations étourdissantes sur plateaux tournants. C’est bluffant. Mais surtout, la finesse et sensibilité extrême  du moindre mouvement d'Antonello Manacorda , le chef qui initie voix et instruments, sont en soi  plaisir et  délices. Il cisèle  la moindre nuance, apporte une galaxie de variations dynamiques, nous donne à entendre une mystérieuse voie lactée musicale. La direction musicale du maître Antonello Manacorda est plus que brillante et  la distribution foisonne de belles voix  qui  excellent dans la prononciation allemande, ce que l’on ne peut pas dire pour l’anglais maltraité par les figurants du deuxième acte, où apparaît un accent flamand très prononcé, dérangeant, lui aussi. On aurait au moins préféré que les textes italiens de la sorella aient été traduits directement en flamand et en français… Qu’est-ce que l’anglais vient faire dans cette galère? On regrette aussi les voix de fausset des jeunes garçons. Est-ce intentionnel, par esprit de dérision? Les instruments semblent de mèche... Mais, tant Jodie Devos que Sabine Devieilhe interprètent une Reine de la Nuit d’une humanité poignante tandis que  les autres artis deux productions  font également merveille. On est certes pleinement charmé par le ravissant trio de dames : Tineke Van Ingelgem, Angélique Noldus et Esther Kuiper. 

Avec en alternance Ed Lyon et Reinoud Van Mechelen comme superbe Tamino, Georg Nigel comme Papageno et  sa rayonnante  compagne Papagena, Elena Galitzkaya.  Gabor Bretz /Tijl Faveyts comme Sarastro. L’exquise Pamina, c’est en alternance Sophie Karthäuser et Ilse Eerens.

Que voilà un  beau rassemblement d’étoiles dans la nuit, sous la baguette d’Antonello Manacorda, le  chef lumineux, ovationné  dans un feu d’applaudissement sans oublier les chœurs si  émouvants et invisibles de Martino Faggiani. 

 


Architecture algorithmique MICHAEL HANSMEYER
Collaboration artistique  SILVIA COSTA
Dialogues supplémentaires CLAUDIA CASTELLUCCI
Dramaturgie PIERSANDRA DI MATTEO, ANTONIO CUENCA RUIZ
Chef des chœurs MARTINO FAGGIANI

DIE ZAUBERFLÖTE

W. A. Mozart, R. Castellucci, A. Manacorda, B. Glassberg
Du 18 septembre au 04 octobre 2018 | 12 rep. | Bruxelles | Palais de la Monnaie


https://www.lamonnaie.be/fr/program/831-die-zauberflote 

Danseurs
STÉPHANIE BAYLE, MARIA DE DUENAS LOPEZ, LAURE LESCOFFY, SERENA MALACCO, ALEXANE POGGI, FRANCESCA RUGGERINI, STEFANIA TANSINI, DANIELA ZAGHINI, TIMOTHÉ BALLO, HIPPOLYTE BOUHOUO, LOUIS-CLÉMENT DA COSTA, EMMANUEL DIELA NKITA, AURÉLIEN DOUGÉ, JOHANN FOURRIÈRE, PAUL GIRARD, NUHACET GUERRA, GUILLAUME MARIE, TIDIANI N’DIAYE, XAVIER PEREZ

Comédiens amateurs
DORIEN CORNELIS, JOYCE DE CEULAERDE, MONIQUE VAN DEN ABBEEL, KATTY KLOEK, LORENA DÜRNHOLZ, JAN VAN BASTELAERE, MICHIEL BUSEYNE, JOHNNY IMBRECHTS, YANN NUYTS, BRECHT STAUT

Comédiens
SOPHY RIBRAULT, CINZIA ROBBIATI, MICHAEL ALEJANDRO GUEVARA, GIANFRANCO PODDIGHE, BOYAN DELATTRE / AMOS SUCHEKI

Zauberflöte at La Monnaie, directed by Romeo Castellucci

https://www.facebook.com/ARTEConcert/videos/2265681350326666/

Orchestre symphonique et chœurs de la Monnaie
Académie des chœurs et chœurs d’enfants et de jeunes de la Monnaie s.l.d. de Benoît Giaux

La presse en parle: 

Deux articles dans Crescendo magazine, la référence en musique classique! 

http://www.crescendo-magazine.be/a-la-monnaie-la-flute-dejantee-de-castellucci-questionne-mozart/

http://www.crescendo-magazine.be/la-flute-enchantee-a-la-monnaie-peut-on-tout-se-permettre-avec-mozart/

  

 

 

Lire la suite...
administrateur théâtres

2018 voit naître la  première édition du Brussels Cello Festival

42374604_1906876672725885_3803130280034697216_n.jpg?format=1500w&width=400Pour sculpter la musique, aucun instrument ne dépasse le violoncelle, dont on dit qu’il a voix humaine… Un instrument sensuel et charnel, à la fois par ses formes proches d’un corps humain mais aussi par la manière dont les violoncellistes enlacent leur instrument les yeux souvent fermés,  et font corps et âme avec lui. Et puis, par rapport à la sculpture,  pour   le son et  l'expressivité,  c'est moins salissant que la glaise et la pierre! Entre tous les classiques  favoris consacrés au violoncelle, sautent immédiatement  à l’esprit:  Les Suites pour violoncelle de J.S. Bach, le concert pour deux violoncelles en sol mineur de Vivaldi, la  Sonate pour violoncelle et piano "arpeggione" en La mineur D 821 de Schubert,  le Concerto n°1 en mi bémol majeur op.107 de Dmitry Shostakovich, …et tant d’autres! Un répertoire immense qui parle en direct aux émotions grâce à un instrument tout en passion, onirisme, finesse et subtilité.  

A Bruxelles, le 3 juin 2017, le jeune violoncelliste français, Victor Julien-Laferrière était proclamé 1er lauréat de la première édition du Concours Reine Elisabeth consacré au violoncelle. Le musicien a été élu soliste de l'année aux Victoires de la Musique classique 2018.

De 2014 à 2017, le violoncelliste américano-coréen  Han Bin Yoon  se produit en tant que soliste à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth en Belgique. Il a été présenté en solo, notamment au Music Chapel Festival de Beethoven (Flagey, Bruxelles) en collaboration avec la pianiste Maria Joao Pires, au Festival musical du Brabant wallon (Château de La Hulpe), au Centre culturel coréen de Belgique et au BOZAR de Bruxelles. Lauréat de plusieurs concours, Han Bin remporte en 2013 le second prix du Young Concert Artist International Auditions 2013, ainsi que le 3ème prix et un prix spécial de la meilleure interprétation d’une œuvre chinoise,  au premier concours International Schoenfeld String Competition de Hong Kong. Il interprète le concerto pour violoncelle de Dvorak avec le Thornton Symphony, sous la direction du chef d’orchestre James Conlon. En 2012, il donne une série de récitals ainsi que des conférences et des master-classes en Californie.

Depuis septembre 2014, il se perfectionne à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, en Belgique, sous la direction de Gary Hoffman. Han Bin joue avec le violoncelle Tanguy Fraval prêté par la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.

 Ainsi, dans une perspective de diversification de l’offre musicale, pour provoquer la création, pour développer l’accessibilité de la musique classique à un   public toujours plus curieux et plus large et encourager les jeunes à venir goûter aux émotions qui la traversent, voici une nouvelle initiative soutenue par Musiq 3 qu’est la  première édition du Brussels Cello Festival dont Han Bin Yoon est l’âme organisatrice et artistique. Il a le soutien  majeur de Bernard Fierens-Gevaert qui est une figure de la vie musicale belge engagée de longues dates dans le soutien aux jeunes talents. De nombreux concerts privés ont été organisés pour que ce projet puisse voir le jour et par le bouche à oreille,  attirer un public curieux et enthousiaste. De nombreux mélomanes et amis de la musique se sont engagés à soutenir ce beau projet artistique et musical.

Le festival organisé par l'ASBL Belgium Cello Society,  se tiendra du 12 au 14 octobre 2018. Il présentera des solistes, des concertos, des masterclasses et des ensembles de musique de chambre convoquant les meilleurs violoncellistes de Belgique et du monde entier.

Parmi les artistes invités figurent des solistes internationalement réputés  tels que Gary Hoffman, Marie Hallynck, David Cohen, Alexandre Buzlov, Roel Dieltens, Anne Gastinel, Paul Katz, Jakob Koranyi, Pieter Wispelwey et Bin Yoon.

                                         Retrouvez ici le programme complet des festivités.

Des professeurs et étudiants  issus des différents conservatoires belges (Bruxelles, Anvers, Gand, etc.) participeront aux masterclasses et au concert de clôture, clôturant la première édition avec un son de violoncelle de masse jamais entendu en Belgique!

37112118_2089745024679816_6852915350661496832_o.jpg?_nc_cat=101&oh=beed838db1def91fa8d33eff496b538c&oe=5C193139&width=400

Rendez-vous donc  le week-end du 12 au 14 octobre 2018 dans le quartier du Sablon à Bruxelles

                   
Opening Concert - Complete Six Bach Cello Suites
Eglise Notre Dame Du Sablon, Bruxelles
€13.78 - €22.17
FRI, OCT 12                8:00 PM
Schubert Cello Quintet
Conservatoire de  Bruxelles
€10.63 - €16.92
SAT, OCT 13           4:00 PM
Épinglons aussi   l'après-midi de récital donné par certains des meilleurs violoncellistes d'aujourd'hui qui présenteront leurs interprétations spéciales des sonates de Brahms, y compris une transcription unique de Pieter Wispelwey des deux sonates de clarinette de Brahms!

Sonate no. 1 en mi mineur (Op. 38) Jakob Koranyi, violoncelle - David Selig, piano Sonate no. 2 en fa majeur (Op. 99) Gary Hoffman, violoncelle - David Selig, piano - pause - Sonate pour clarinette et piano en fa mineur (Op. 120, n ° 1) Sonate pour clarinette et piano en mi bémol majeur (Op. 120, n ° 2) Violoncelliste Pieter Wispelwey, violoncelle

Pour conclure, Le gala du samedi 13 octobre: 37081329_2088862864768032_2713117788477587456_o.jpg?_nc_cat=102&oh=7bd7a29e27892945a1f5fcb88bc832da&oe=5C1BFAC9&width=500

Avec Gary Hoffman, Aurélien Pascal • Cellist, Han Bin Yoon,Marie Hallynck, Ella van Poucke - cellist, Alexander Buzlov et David Cohen.

https://www.brusselscellofestival.com/support/

Lire la suite...

Pour Monsieur Paul

Quand le jour
s’enfoncera dans l’ombre
quand seront défaites
ses lueurs

ce sera l’heure
intime
grise et bleue

un duvet de brume
des fantômes d’oiseaux
dans les branches
le mouvement
irréversible
un peu plus lent
de la vie

et c’est tout
...........................
Martine Rouhart

Lire la suite...

Buzet sur Baïse ne fait pas partie des capitales répertoriées sur les cartes du monde et si l'on considère le nombre d'habitants au mètre carré, peut-être que quelques nombrilistes afficheraient un sourire dédaigneux.  Ce serait une erreur, cette petite ville de « province » est géante par son rayonnement.

Buzet sur Baïse est une ville que l’on devrait « peut-être » montrer en exemple par le fait  que la Culture en son sein est invitée nécessaire, une complémentarité à l’enseignement.

Un engouement certes mais qui ne serait possible sans la mobilisation de quelques bénévoles qui portent les projets en toute discrétion.  Puisque mon rôle est de parler de littérature, je ne puis résister au plaisir de saluer la petite équipe entourant Chantal Garez qui a mis sur pied un Salon littéraire des plus originaux grâce à l’agent littéraire, Marika Daures à l’origine de l’idée. 

Porter la littérature à bout de bras, voici un pari risqué si l'on considère qu'un essoufflement médiatique semble tourner le dos à ce qui pourtant offre la grandeur de nos civilisations.  Ne l’oublions pas, sans littérature, sans Art en particulier, la mémoire de notre « raison d’être » risque de s’étioler.

Le projet littéraire de Buzet sur Baïse a ceci d'original qu'elle débute son salon par la projection d'un film en présence de personnalités surprenantes.  L'opportunité d'offrir un débat. (En 2017 Joseph Joffo pour « Un sac de billes », en 2018 le réalisateur Eric d'Agostino pour « La nef des fous »)

Un tapis rouge déroulé pour ses habitants, voici qui devrait mobiliser les foules mais, combien de Buzéquais sont conscients que depuis 2017 un événement à résonance internationale a vu le jour en leur honneur ?

Ce vendredi 28 septembre dernier, le cinéma de « Aiguillon » accueillait le scénariste et réalisateur Belge Eric d’Agostino. L’événement peut sembler anodin et pourtant !

Eric d’Agostino et son co-réalisateur Patrik Lemy  s’enfermèrent pour une période de deux ans dans l'annexe psychiatrique de la prison Belge de Saint Gilles. Les images que nous découvrirons n'ont laissé personne indifférent.  Le sujet est pénible et nous renvoie une image déplorable de ce que nos sociétés construisent pour étouffer ce qui ne lui convient pas.  Le film est révélateur, dur, mais pas insoutenable.  Il porte le mérite d’interroger nos consciences en dépassant le déni collectif qui s’identifie à une forme d’omerta.  Après tout, cette chape de silence semble arranger pas mal de monde.

Pour avoir assisté à la projection et aux débats qui ont suivi, bien que le réalisateur ait répondu sans détour aux questions du public, j'ai comme une impression fugace que le film ne l'a pas épargné.  Eric d'Agostino semblait épuisé, plus exactement, il n’est pas improbable que cette expérience l'a profondément marqué.  Rien ne vient étayer cette constatation, juste une impression, une forme de prémonition.

Sur la scène, le réalisateur était accompagné par celui que l'on pourrait définir comme étant le fil rouge du document : Chef Jean.  

12273293057?profile=originalGardien Chef de l’annexe, ce dernier a partagé ses impressions et ses révoltes face à ce qui a été nommé comme étant, je cite, « les poubelles de nos sociétés ». Chef Jean qui apportera tout au long de sa carrière le maximum d’empathie à ces hommes enfermés parfois au nombre de trois.  Trois humains parqués dans une cellule de quelques mètres carrés, trois malades confrontés à la pathologie de ceux qui partagent la même cellule.  Inutile d’être expert pour comprendre que c’est une bombe à retardement mise en place par un système derrière lequel les acteurs cachent leurs responsabilités.

A sa sortie, le film fit forte impression au point qu'en Belgique le parlement se saisit du débat.  Les choses ont changé sans toutefois répondre au besoin de conscience collective.

C'est la seconde année que Buzet sur Baïse fait le pari de fusionner cinéma et littérature.  Pari difficile à tenir puisque nous savons que les budgets de la Culture ne répondent malheureusement pas aux besoins de la demande. C'est la raison pour laquelle j'ai envie de me lever, d'applaudir une poignée de passionnés qui mobilisent temps et énergie pour le plaisir de ceux qui ont répondu à cette invitation.

Restons honnête, si la première projection destinée aux élèves des écoles avoisinantes a récolté un franc succès, la projection destinée aux adultes ne fut pas ce que l'on pourrait appeler un grand cru. La question est posée, que faut-il faire pour que le public réponde présent ? Je n'ai aucune réponse à cette question, peut-être faudrait-il un peu plus d'engouement de la part des acteurs Politique ? Voici un événement qui porte le nom de la ville, de la région, à briller sur les affiches de l'international en a t'on prit conscience ? En vérité le nom des organisateurs devrait être gravé pour la postérité.

Que ne faut-il pas déployer d'énergie pour arriver à porter un tel événement ? Beaucoup de frustrations, d'impondérables qu'il faut résoudre parfois au dernier instant.  L'espoir ne subsiste que parce qu’une poignée de bénévoles osent prétendre qu'un rêve peut devenir réalité.  J’avoue avoir été étonné par l’absence d’élus à la salle de projection, n’y avait-il personne de disponible pour assister à l’évènement ?  J’ose comprendre que dans cet état d’esprit, les citoyens ne se soient pas déplacé en nombre, c’est dommage, les organisateurs méritent beaucoup mieux. 

Deux projections suivies d'un salon littéraire.  La qualité était sans conteste au rendez-vous. Impossible de citer tous les auteurs, nous risquerions de commettre un impair. Nous saluerons toutefois Juliette Nothomb marraine de l'édition, venue en droite ligne de Lyon. J'adore Juliette pour l'avoir rencontrée à de nombreuses reprises dans le cadre de mes chroniques. En dehors de Juliette Nothomb, la Belgique fut largement représentée malgré une grève annoncée au sein d'une célèbre compagnie aérienne.  Cette grève obligea les plus tenace à parcourir plus de 2000 kilomètre sur un W.E..  Bou Bounoider, Anne Libotte et j'en passe, furent le temps de quelques heures les ambassadeurs de la littérature Belge.

Ainsi, par cette ouverture d’esprit, le salon du livre de « Buzet sur Baïse » ouvre la porte à la culture sans frontière.  C’est important pour les artistes de savoir qu’un tremplin existe au rayonnement de leurs créations en dehors du cercle intime et donc limité de leur terroir.

La langue Française mérite d'être cultivée, c’est un héritage qui porte notre mémoire, le rendez-vous des souvenirs sauvegardés. Comme le disait si justement une élue d'un département voisin : « L'un des premiers gestes que fait un tyran quand il prend le pouvoir c'est de brûler les écrits ».  Par nos regards et notre intérêt nous permettons aux auteurs de percevoir un minimum de reconnaissance pour un travail étalé parfois sur plusieurs années.  Rien que pour cela, l’effort d’être curieux mérite que l’on se déplace.

En conclusion j'écrirai que le Salon du livre de Buzet sur Baïse fait partie des incontournables. L'organisation est admirable malgré quelques détails insignifiants à améliorer,  qui peut se vanter d'être parfait ? Si les organisateurs acceptent ma présence, je n'aurai aucune hésitation à me joindre à la prochaine édition. Je vous l'écris, je le signe et le fais avec enthousiasme, si la vie me le permet, en 2019 je serai présent et heureux de l’être.  Petit mot encore pour saluer les vignerons de Buzet qui offrent un breuvage généreux, un apperçu de paradis.  Un petit faible pour le restaurant "Le Gougeons qui frétille" dans lequel je me suis régalé et fait trembler le chef par mes blagues de potache.  C'est que dans la région on porte le sourire au dessus du verbe et c'est cadeau. 

Lire la suite...

TOUT FAUX !

Et vous pensez que je suis forte?

Certes, l'idée est séduisante...

Alors, le sourire je le porte

Et décide croire la vie plaisante.

Quand matin en ouvrant les yeux

M'agresse ma lucidité

Que mon regard se fait peureux

Garder encore l'envie de jouer!

Pour moi, bien sûr tout est facile...

Et mon chemin est fait de fleurs!

Pourtant ces fleurs combien fragiles...

Elles ont poussé sur mes langueurs.

Oui, penser faux, c'est penser court

En s'attachant aux apparences!

Sachez, qu'avec un brin d'amour

On peut apaiser nos souffrances...

J.G...

Lire la suite...

Jour et nuit

Je souhaite
que mes mots
ne ferment jamais
leurs ailes
surtout
qu’ils ne s’endorment pas

je leur donne déjà
mes jours
faudra-t-il aussi
que je leur laisse
mes nuits?

............................
Martine Rouhart

Lire la suite...

Verset 44 de Patrick Chemin

VERSET 44

L’orage antique sur les temples
la solitude en versets de foudre
Il faudra vivre mille ans

…

Le frai des foules sur la berge
Tu devrais remonter la rivière
mais plus aucun saumon ne te connaît

Et tu dois composer tout ce temps
avec la fable de l’absence
Il faudrait un miracle

Et l’ange vient qui sait ton nom
l’exil est suspendu
et l’abandon

Tes yeux de vierge apocryphe
ouvrent le manuscrit
de nos initiations

Et puis trouver le gué
dans cette pluie mythique
qui figure le fleuve des contres

Eprouver l’ébauche des corps
toucher par le verbe le plus simple
à la grammaire des complexes

Il manque un souffleur inspiré
dans ce théâtre ciel sans Dieu
le désir est coupé du texte

La lumière du jour
la fatigue est solaire
qui épuise le tranchant

Je voudrais la paix du verbe
un autre possible
une écluse

Mais l’ange est loin déjà
intransigeant avec la frustration
la précision du chagrin

Je te sens duelle
je nous sens duel
au premier sang

Nous sommes au bord
tout au bord
j’aimerais tomber encore

Pas de seconde chance
il faudra vivre mille ans
avec

Le temps est un Dieu pervers
qui reprend sa foi
inconsolable

Nous ne sommes pas au monde
les fées se sont retirées du berceau
des surnuméraires

Quelle est la promesse des cendres
où est le bûcher de la perfection
l’accouplement du subtil

Aimer c’est donner à la douleur
la franchise de se consumer
en nommant le feu

Descendre par le chemin du thé
l’Asie des couleurs
sur un éléphant doré

Crémations sous le ciel safran
sollicitudes et résiliation
le corps est toujours ailleurs

Calligraphier le jade
sur la peau de l’autre
étoile perdue sur palimpseste

Un sentiment de perte imminent
comme à la genèse de l’amour
quand tout est possible même le néant

Et la mère crache sur l’enfant
qui vient à la vie par le masculin
la mauvaise porte des anges

Il y a tant de ciels sous le ciel
et la vie se doit de vivre
même avec un sang corrompu

Et mille femmes pour un seul baptême
je suis né par la bouche
à même la peau calligraphe

Naître ne suffit pas pour naître
il faut naître encore et encore
mourir enfin désiré

Je vais ce soir perdre mon âme
vendre au diable le minerai
la poussière des caresses

Et pour épuiser le déclin du chagrin
confier à Saturne le sanskrit du désir
ne plus vouloir traduire ce qui est trahi

Tout ce qui constitue l’éternité
la beauté terrible de l’instant
qui seule accompagne nos cendres

Perdre tout ce qui est aimé
dans le ruisseau antique
la main du sage sur les yeux

© Patrick Chemin (2002)
Extrait du livre « Ruches »

Lire la suite...

Les montagnes qui volent vers vous


Me rappellent ces oiseaux quand ils planent.


La sève, les lumières, sous-tendent leur vol.

Au fur et à mesure que leur chant s’élance,

Quelques notes givrent.

Les ailes sur les portées

Et leur chemin au gré des accords.

Présages sur les hautes pierres.

Je t’écris au bord de ces rivières

Qui jalonnent les routes escarpées.

Elégie pour vous, pour toi.

Et les fenêtres s’ouvrent, un matin,

Sur les pentes enneigées.

A Brest, le 15 septembre 2018 Julien Boulier

poème déposé Sacem code oeuvre 3442055111

Lire la suite...
administrateur littératures

25 septembre 2018: une nouvelle fois, les Rencontres Littéraires de Bruxelles orchestrées par Robert Paul et animées par Gérard Adam tiennent leurs promesses, l'intérêt et la convivialité au rendez-vous des échanges, quelques confidences à la clé et Radio Air Libre sur le pont, micros et prise de son de précision pour l'enregistrement de ces Rencontres vitrine de l'édition belge. Rappelons au passage que Radio Air Libre est une radio associative d'expression et d'éducation permanente subsidiée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, mettant en valeur nos Lettres. Bonheur.

Thématique de ce soir: "Des nouvelles de nos anciens profs", les auteurs conviés: Françoise Houdart, Michel Ducobu et Michel Voiturier. F.Houdart avec "Dieu le potier et quelques autres", un recueil de nouvelles aux tonalités variées. Nous voltigeons ici du sombre au clair, de la joie à la peine, de l'enfance au grand âge, souvenirs au menu, du fantastique on ne peut plus quotidien en filigranes, parfois même davantage. M.Ducobu avec "Un Belge au bout de la plage", également un recueil; y règne la profondeur, les destinées diversifiées: un professeur se donne la mort pour s'être ridiculisé devant ses élèves, une femme victime d'abus sexuel provoque des collisions, un piéton impénitent part en guerre contre l'incivisme des automobilistes,... M.Voiturier avec "L'Escaut de-ci, de l'eau", à nouveau un recueil de nouvelles sous différents tons, au fantastique diffus et le mystère à nos portes, dans des lieux avoisinant l'Escaut. Le présent malmené par l'économique, un passé qui resurgit dans un futur contraignant, sensibilité et émotions en chemin.

D'entrée de jeu, Gérard Adam, spirituel et le propos aisé, nous prévient que nous sommes en présence d'écrivains chevronnés à l'écriture maîtrisée et de haut vol. Pourquoi se sont-ils lancés dans l'écriture de nouvelles, genre littéraire véritable condensé notamment de psychologie trouvant son origine au Moyen-Âge et nous présentant des récits ou histoires relativement courtes? Françoise Houdart nous confie que pour elle c'est écrire autrement. C'est tel un éveil ou réveil, l'attention à maîtriser son sujet étant ici plus accrue que pour l'écriture d'un roman où parfois l'on disserte ou diverge, cela dépend bien sûr des auteurs, du cheminement de leurs pensées. Ses recueils, elle ne les écrit point en un seul jet. Michel Ducobu lui nous avoue que des raisons d'ordre pratique le guident, la genèse d'un roman nécessitant plus de temps, et notre auteur aime saisir au passage les événements de sa vie dignes d'être relatés ou susceptibles d'être à l'origine d'une histoire véritablement prenante. Michel Voiturier évoque lui aussi cette question du temps, également son envie à "ne pas raconter trop long"!

Tous profs - qui le sont ou l'ont été -, nos trois auteurs sont invités par notre animateur bien-aimé à s'exprimer sur leurs ouvrages, donc sur eux-mêmes, l'émotion - mot-clé de cette chronique - jamais loin. Droit, convivial, Michel Voiturier se caractérise par "le décalage" et sa qualité d'écriture, son recueil descendant l'Escaut au fil des nouvelles, un grain de sable en chemin enrayant soudain la mécanique, la sensualité point en reste avec son récit "Sens unique", une touche de fantastique - autre mot-clé de cette chronique - ponctuant son oeuvre, les extraits choisis en lecture nous dévoilant aussi un bel humour. Sourires et rires. Avec sensibilité, Françoise Houdart nous livre ses mots-clés à elle: vieillesse et mémoire, des gens et du terroir, passion en demi-teinte, une gamme d'émotions comparable aux nuances de l'arc-en-ciel, au passage également des souvenirs tels que l'évocation de son grand-père, le fantastique - encore lui - dans l' apparemment ordinaire présent. Subitement, un edelweiss nous est raconté... Souriant, Michel Ducobu nous parle de la vie suite d'accidents heureux et malheureux, des profs en scène dans son recueil mais qui se suicident, l'inattendu, les contingences, l'adaptation au coeur de son ouvrage, ses nouvelles la plupart philosophiques nous menant à prendre conscience qu'il faut toujours s'attendre à tout, la jubilation n'étant point absente avec son histoire de chiens entre autre. Attention et sourires.

Les lectures qui ont suivi? Contrastées etjoliment applaudies, la soirée se concluant par un drink chaleureux en rouge ou blanc. Au choix. Une réussite? Une fois de plus!

Lire la suite...

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles