A mort le pourri
Qui a pris vos vies
Qui se délecte de vos souffrances
Et bafoue votre enfance
A mort ce pourri
A cause de qui j'ai vomi
Ce monde en rouge sang
Qui tue trop d'innocents
Il promettra c'est certain
De ne plus recommencer
Plaidera sa vie malheureuse
Oubliant les pauvres captives
Que tu as tuées vives
Comment peut-on devenir ce monstre
Comment est-ce possible?
Le monde a raté quelque chose
On nourrit l'immonde bête du vice
Et de la bêtise
A tous ces enfants sacrifiés
Je veux promettre
Que justice enfin sera faite
Prévention et punition
Sont les seuls remèdes
D'une société malade
Innommable...
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Quand tu touches à la chair de ma chair
Quand tu me le prends
Mon enfant
Comment veux-tu que je vive
Sans mon petit?
Tu voulais me mettre à terre
Et tu en es fier
De ma douleur tu te réjouis
Comme un chien jouit
Il manque un membre à mon corps
Il reste au creux de moi
Mais ma chair est à vif
Pourtant tu vois je vis
Je crée,j'écris
Je chante le manque que j'ai de lui
Tu te caches
Tu le caches
Que fais-tu de lui
Que lui dis-tu?
Où est-il?
C'est mon cri
Je remue ciel et terre
Je crie ma misère
Mais je suis plus forte que toi
Je plie mais ne romps pas
Tu ne me verras jamais à tes genoux
Mais je rêve chaque jour
Qu'on te mette au trou
Et de serrer à nouveau
Mon enfant
Contre mon cœur
Contre ma peau...
Pour Isabelle...
Solilloque
Chacun pense aimer sa patrie,
C'est une chose naturelle.
On vivrait démuni loin d'elle
L'âme souvent endolorie.
L'amour provoque des besoins,
Dont celui de se rendre utile.
Cela n'est pas toujours facile.
On s'y consacre plus ou moins.
Les chercheurs ne désespèrent
D'enrayer les pires des maux.
Les mérites de leurs travaux
Ouvrent des zones de lumière.
Un petit pays sort de l'ombre
Quand un juste apparaît présent,
Porteur d'un remède apaisant
En dépit de torts en grand nombre.
Dans chaque patrie des personnes
Par des exploits l'ont honorée.
D'autres, s'exposant éplorées,
Croyaient que le peuple pardonne.
25 avril 2017
"Ce soir, Pasqualone est un homme heureux. La quarantaine bien tassée, il a su gérer sa carrière de notaire dans une ville en pleine expansion. Ses comptes débordant de devises, il envisage une retraite anticipée et pense enfin à se marier. À la fleur de l’âge, il se sent une âme de Don Juan et a repéré çà et là quelques gentilles jeunes filles dont il pourrait s’amouracher. L’homme se trouve place Navone, au sein de la Cita Serenitas, d’où il contemple la Terre."
Premières lignes de "La Révolution des Ténèbres" qui réinvente la vie de Caravage en l'envoyant sur la Lune...
Samedi 29 avril à 10h :
Visite de l’exposition commentée par l’artiste Irene Barberis.
28 04 > 15 06 : L’exposition Tapestry of Light à la cathédrale est ouverte tous les jours en dehors des offices liturgiques.
ARS IN CATHEDRALI - TAPESTRY OF LIGHT – Vernissage de presse
Le Mercredi 26 avril à 11h
Première mondiale à la Cathédrale des Saints Michel et Gudule
Exposition de la tapisserie monumentale sur le livre de l’Apocalypse (du 28.04 au 15.06)
10 ans de préparation
36 m de long, 3 m de haut
22 chapitres de l’Apocalypse
14 tapisseries
240 couleurs différentes de fils
3 éclairages différents
En présence de l’artiste australienne Irène Barberis et de l’aumônier des artistes de la cathédrale Alain Arnould
Jusqu’au 15 juin, la cathédrale de Bruxelles accueille en première mondiale la Tapestry of Light de l’artiste australienne Irene Barberis.
Sur 36 mètres, c’est tout le livre de l’Apocalypse qui est évoqué en 14 pièces tissées en Belgique. Cette tenture est le résultat de plus de 10 ans de recherche technologique et artistique.
Art, science et design
Le livre de l’Apocalypse est impressionnant, et parfois effrayant. De tout temps, il a hanté les chrétiens : Annonce-t-il la fin du monde ? Et pour quand ? Comment comprendre ce langage chiffré ? Recèle-t-il un message d’espoir ? La gigantesque tapisserie illuminée a été fabriquée à partir de fibres incandescentes et de fils de lumière spécialement fabriqués à l'aide de la technologie des nanoparticules, développée au RMIT Design Research Institute (Université de Melbourne). La cathédrale de Bruxelles se veut pleinement en phase avec l’époque et sa modernité en misant sur l’art contemporain.
L’artiste Irene Berberis
Enseignante de dessin à la Royal Melbourne Institute of Technology, ayant exposé dans de nombreux musées et galeries en Australie et en Europe, Irene Barberis s’est totalement impliquée dans cette œuvre colossale « Tapestry of light ». Tout en s’inspirant de la tenture médiévale de l’Apocalypse d’Angers, elle a choisi de lui donner des formes contemporaines en utilisant les progrès technologiques importants que l’art de la tapisserie s’est approprié ces dernières années. Ainsi, la dimension de lumière et d’espérance du dernier livre biblique est mise en avant. C’est aux ateliers de tissage du Flanders Tapestry Workshop que ce travail d’envergure a été confié.
Son éternelle écharpe rouge et son élégance mélancolique sont encore présents dans les mémoires. Professeur dans plusieurs académies et écoles des Beaux-Arts, chargé par le Ministère de la Culture, après mai 1968, de la mise en place de la réforme des enseignements artistiques, historien de l'art, rédacteur en chef et directeur du dictionnaire des artistes, le fameux Bénézit, pionnier et animateur des grands salons d'après-guerre, Jacques Busse est un "contemporain considérable". Dans le cercle finalement restreint des créateurs authentiques, il fait partie des "valeurs sûres". Il exposait régulièrement en groupe et personnellement, aussi bien en France qu'à l'étranger. Élève d'Emile-Othon Friesz et co-fondateur du Groupe de l’Échelle en 1942, Jacques Busse nous a quittés le 22 août 2004, à l'âge de 82 ans.
Il puise à ses débuts son inspiration dans les constructions "métaphysiques" de Claude-Nicolas Ledoux, les villages de Haute-Provence et les carrières des Beaux. Les rocs chaotiques, les violents contrastes et les trouées profondes ne cessent de le hanter depuis sa première visite en 1956. Peintre non figuratif, il se réfère cependant constamment au monde sensible. Jacques Busse sacrifie délibérément le "joli" qui menace la peinture depuis qu'elle est devenue "abstraite". Il n'aime pas non plus la peinture à deux dimensions. Il fuit enfin celle qui se complaît dans la couleur. Chez Busse, en effet, la couleur, toujours discrète est au service des formes, comme les formes sont au service de la lumière. Busse affectionne les formes géométriques : quadrilatères, cubes, arcs de cercle. Cette peinture d'apparence fuguée, presque musicale, traduit par ses rythmes un élan lyrique, une violence calculée, une force sans cesse maîtrisée.
Voyager à l'intérieur de la peinture
Dans une première période, ses peintures procèdent d'une recherche de rythmes statiques, puis, au début des années cinquante, il fait retour au néo-cubisme de Juan Gris. Enfin, à partir de 1954, il se tourne vers l'abstraction. Comme il le déclare lui-même, Jacques Busse a préféré "l'intérêt et le plaisir de voyager à l'intérieur de la peinture à l'obligation qu'exige le marché de l'art de s'en tenir à la répétition d'une seule et même manière identifiable. "La constante, précisait-il cependant, c'est la construction rythmique de la toile." Autres constantes : le sens de l'équilibre, l'élégance du geste, l'économie des moyens, l'adéquation des matériaux, la parfaite maîtrise de son art. "Il ne perdait jamais son temps à chercher l'inspiration. Le tableau était déjà dans sa tête."
Humaniste et homme de culture, ce qui n'était pas rare chez les artistes de sa génération, Jacques Busse a entretenu un dialogue fertile avec des poètes comme Raymond Queneau ou Christian Morgenstein. Il a traduit de la langue allemande les Chansons du Gibet. D'André Frénaud, il a illustré le recueil La sorcière de Rome. Jacques Busse a également publié un ouvrage théorique sur l'impressionnisme et un petit livre à l'humour grinçant Propos d'ivrogne, publié aux éditions Obsidiane.
Parce qu'il fut, justement, un homme de culture, Jacques Busse a toujours refusé de prendre au sérieux les émules sans humour de Marcel Duchamp, le terrorisme intellectuel des théoriciens impuissants de "la mort de l'art" et la dictature des inconditionnels des "installations" et autres "vidéos". Loin des jeux stériles et des modes intellectuelles, le peinture fut pour lui une aventure totale, sensuelle, physique et mentale.
Nulle complaisance romantique, nul goût du pittoresque, nulle nostalgie dans la série des Thermes (Carracala et Zaghouan). Il n'y a rien derrière ces façades aveugles. On dirait que l'homme s'est absenté définitivement de ces constructions qu'il a pourtant conçues, comme s'il ne savait plus les habiter. "L'architecture tend vers l'inhumain, la Tour de Babel", semble avertir le peintre à travers ces "Leçons de Ténèbres". On est frappé dans un premier temps par une certaine froideur, mais un examen plus attentif montre que la rigueur n'exclut pas une certaine liberté, ne serait-ce que dans la trace du geste qui reste visible.
"Si je voulais par le langage, figurer à la fois la fougue et la réserve de ce peintre, je bannirais les adjectifs, a dit de lui le poète Jean Tardieu. Adieu pigments, perfides attraits ! Je ne garderais que les verbes, l'acte pur. Ainsi le geste d'écrire percerait sans délai les "noirs desseins des choses."

« N’oubliez pas l’Art tout de même. Y a pas que la rigolade, y a aussi l’Art ! » C’est écrit dans le texte impertinent de Raymond Queneau le Normand, puisqu’il est né au Havre! Et l’art de la mise en scène et de l’adaptation est au top, dans ce merveilleux spectacle présenté au Parc pour clôturer la saison. Miriam Youssef signe un véritable feu d’artifice.
Tonique comme Alice au pays des merveilles, Zazie, la petite donzelle en visite à Paris, découvre le monde. C’est un vent de fraîcheur, des couleurs acidulées, la liberté des choix, de l’humour noir à travers des personnages hauts en couleurs et en parodie. Partout comme des pastilles à sucer, les vues de Paris telles des points sur les i. Les illustrations sont de Jean Goovaerts et Sébastien Fernandez. Avec Miriam Youssef, ils n’y sont pas allés de main morte, chamboulant les modes et les codes, fabriquant avec leur splendide équipe comme faite sur mesure, une œuvre théâtrale poétique et percutante autour du personnage délirant et lucide de Zazie, une fille au répertoire épicé, aux réparties souvent ponctuées de « Mon Q »! Du grand art!
Jeune provinciale sortie d’un milieu familial plus que compliqué, la voilà jetée, elle l’espère, dans le ventre de Paris pour une première libre exploration du monde, avec sur les lèvres des questions aussi étourdissantes que tyranniques. Fraîchement arrivée, elle hurle sa déception comme un enfant gâtée : le métro est fermé pour cause de grèves. Elle découvre aussi un oncle « gardien de nuit » qui fait le plus souvent la tante: Gabriel à la ville, Gabriella au Mont-de-Piété! Le radieux Stéphane Fenocchi. Pleins feux sur la sexualité d’une drôle de famille d’accueil, les questions essentielles de l’enfant obstinée « déjà formée » (elle insiste !) …mais pas formatée, dérangent! Même pas peur, elle fugue de nuit et s’élance vers la liberté. These boots are made for walking… Elle ne lâche pas ses bottes jaune citron quand elle quitte son effarant tutu rouge, pour enfiler les « bloudjinnzes » de la liberté! « Tu causes, tu causes et c’est tout ce que tu sais faire ! », claironne Laverdure, le perroquet des tenanciers du bar d’endsous! Quelqu’un doit lui avoir tordu le cou : le squelette dudit perroquet trône sur l'épaule de Turandot, le tenancier grimmé comme un pirate, secondé par la craquante Mado P'tits-Pieds, la serveuse... De savoureux personnages brillamment joués par Luc Van Grunderbeeck et François Regout.
En tout état de cause, c’est avec son langage détonnant que Zazie se défend et affirme son identité et sa liberté, toute vulgarité vaincue. Pure magie, Julie Deroisin interprète l’héroïne à la perfection, argot y compris. Elle enchaîne les « Hormosessuel qu’est-ce que c’est?». La jeune effrontée en a vu d’autres, et pas des plus délicates, dans sa campagne natale… Queneau nous conduit dans un rêve en boucle. « Paris n’est qu’un songe… » La réponse de Zazie, rendue furtivement à sa mère par la douce Marcelina inopinément transformée en jeune Marcel, sera énigmatique: « Alors, t’as vu le métro ? Non j’ai vieilli ! » En à peine deux nuits! En 1959, dans la France d’après-guerre, Queneau entend dénoncer la stigmatisation sociale de l’homosexualité, la bêtise profonde des français de souche qui conspuent les étrangers, le recours à la culpabilisation, les accusations non fondées des bien-pensants, les manières fortes de la police bleu-blanc-rouge et le pouvoir des apparences. Voilà, sous un jour poétique, le Paris des déshérités libérés des conventions sociales et des lourdeurs mondaines…
L’éclatante et jeune équipe sous la conduite de l’infatigable metteuse en scène capte les reflets de la société dans une indiscutable verve scénique. Les costumes de Thibaut De Costeret et Charly Kleinermann sont eux aussi de véritables œuvres d’art réalisées par Elise Abraham et Sarah Duvert. Même compliment pour les maquillages et coiffures d'Urteza Da Fonseca. Le décor, lui aussi, joue aux œuvres d'art: fait de pièces cubistes genre Optical Art en équilibre sur la pointe du cœur, on l'enverrait bien faire un tour au Musée Vuitton avec ses lignes Mondriaan et ses éclairages couleurs oiseau des tropiques, ou "Jungle Arc" de l’artiste américain Ray Burggraf. Du rêve, quoi ! C'est Geneviève Péria au pinceau, Alain Collet aux lumières. Vertigineux, ce décor: il fourmille de trappes secrètes, d’escaliers, de rampes dissimulées, de plans inclinés instables où opère l’inénarrable et vénéneux équilibriste qu’est le Satyre, Pedro-Surplus, Trouscaillon le policier, Bertin Poirée et enfin Aroun Arachide, vrais et faux en série, admirablement incarnés par John-John Mossoux.
On ne sait si le bus de touristes allemands cherche de la choucroute ou la Sainte-Chapelle. Le métro, même s’il est en grève, sort de terre. Sa grille fermée se tord de rire et laisse échapper ce grand échalas, style poireau sans chapeau, cité plus haut. Personnage énigmatique, magnifiquement interprété par John-John Mossoux qui joue les métamorphoses. Un individu multiforme, transfuge sans foi ni loi, un œil vissé sur l’Autre, prédateur en diable, qui ne sait même plus à la fin qui il est! Voilà, pour le côté thriller. Et puis il y a une séquence pure poésie et les musiques rêvées d'Isabelle Fontaine... et une veuve sentimentale, la veuve Mouaque (Pierre Poucet) qui mourra en Gavroche ! La faute à Voltaire, la faute à Rousseau !
On adore bien sûr le couple angélique formé par Stéphane Fenocchi et Sébastien Schmit. Et tout autant, la tendre histoire d’amour entre l’ami Charles, le taximane au pittoresque tacot et Mado P’tits pieds, jouée par le duo Jean-François Rossion et François Regout.
...Voir tant de talents se correspondre et fleurir entre les pavés, et donc, applaudir à tout rompre, voilà du vrai bonheur et du grand art!
Soliloque
Ceux qui éprouvent de l'amour,
Souvent, sont les seuls à connaître
Les causes aux effets persistants
Les tenant liés à un être.
Face à des couples heureux,
On ne voit rien pouvant surprendre.
Émeuvent certes les plus vieux
Dont les gestes demeurent tendres.
Lors, c'est exceptionnellement
Que l'on s'étonne et s'interroge.
En voulant s'aimer librement,
Certains aux usages dérogent.
Henri II - Diane de Poitiers.
Il avait vingt ans de moins qu'elle.
Lui fut toute sa vie fidèle,
Son amour demeura entier.
La correspondance des âmes
A de persistantes racines.
Diane fut une grande dame.
Sa personnalité fascine.
24 avril 2017
Un lever de soleil éblouissant, éclatant et la journée commence dans la joie. Petite, assisse sur le muret de chez grand-mère, je m’installais et concevais le monde à ma manière. J’imaginais ce qu’allait être demain. Ce futur plus ou moins proche qui me donnerait l’aisance, la désinvolture de mes découvertes, de mes envies. J’étais libre dans cet univers nouveau qu’un rayon de soleil rendait si agréable. J’allais, chaque jour, parcourir le monde.
Grand-mère, lors d’un de ses voyages, m’avait ramené un planisphère déjà usagé mais convenable. Il me plaisait et était devenu mon ami. Pour mieux en profiter secrètement, rangé sous une armoire du grenier, j’allais le consulter régulièrement et mon esprit s’en imprégnait. J’emmagasinais les noms les plus fous et visitais en pensée chaque endroit de ce planisphère extraordinaire.
Il est resté longtemps cet unique objet, ce trésor caché que j’épluchais avec tant de ravissement.
Mon imagination partait dans tous les sens, Amérique, Asie, Inde, Afrique. J’étais ravie de pouvoir songer à ces contrées et aux aventures que j’imaginais et qui s’offraient à moi.
Avec le temps, j’avais étoffé mes recherches et grand-mère y participait. Elle ramenait à chaque occasion de nouveaux livres qui me comblaient. A cette époque, ce n’était pas de la littérature mais bien des livres de voyages, savamment illustrés de photos magnifiques.
J’avoue qu’à cet instant, l’Afrique était une destination étrange, inconnue même et offrait le cadre parfait à des aventures et à des rencontres ahurissantes pour une enfant curieuse et singulière. Je vivais des heures palpitantes avec ces photographies inattendues, ces gravures étonnantes, voir surprenantes.
Grand-mère me ramena ma première bande dessinée d’un certain Hergé. Et là, tombant de plaisir, raffolant de ces dessins, je m’imprégnais également de ce monde dessiné avec tant de beauté, de poésie. Que d’aventures j’ai vécues et rêvées. J’en garde encore le plaisir.
Le temps est passé et tous ces souvenirs sont restés gravés dans ma mémoire bonheur. J’ai traversé l’adolescence avec un esprit déjà bien émoussé, rempli de péripéties, de rêves écrits que je lisais sans fin.
Grand-mère m’a quittée un jour de pluie. Elle me laisse les plus beaux souvenirs de ma jeunesse, des pensées inouïes parsemées de tendresse et cet amour inconditionnel pour l’inconnu, pour la vie.
Heureux temps de l’enfance.
En ce jour de vote des Français
Soliloque
Si j'avais à définir ce séduisant aristocrate qui porte un prénom hébraïque j'aurais la tentation de dire que la grâce qui est en lui a des effets providentiels. Ce qui s'est passé récemment relève certes d'un mystère puisqu'il s'est trouvé investi d'une mission exceptionnelle au service de sa patrie et sûr de la mener à bien.
J'avais écrit à son sujet quelques vers disant mes espoirs.
Ce jour j'éprouve de la joie, car il a convaincu des justes.
24 avril 2017
Une chance providentielle
En hommage à Emmanuel Macron.
Devraient jubiler les Français
Qui attendent sans espérance
Que soit équitables les chances.
Leur sort les rend insatisfaits.
Ceux devant servir de modèles,
Par leurs concitoyens choisis
Pour bien gouverner le pays,
Souvent minables se révèlent.
Dans leur monde de privilèges,
Tout paraît leur être permis
Et même de grave délits.
Leur complicité les protège.
Quand un appétit les motive
Ils peuvent quitter sans retour
Des enfants nés d'un bel amour.
Leurs envies les y autorisent.
Un homme élégant, vertueux,
Rayonnant de vive allégresse,
Possédant savoir et sagesse,
Voudrait voir les Français heureux.
Lors, il les invite à s'unir.
Il est doué d'une éloquence
Communiquant la confiance.
Et semble vouloir les bénir.
17 décembre 2016
Du 11 au 14 mai 2017, entre 11h00 et 19h00, idée de ballade et d'atterrissage à l'exposition internationale au château de Franc-Waret, rue du Village 50, 5380. En médaillon, zoom sur "Horizon 07", JD, huile 80x100, 2016. Bonne visite
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Il s'agit d'un ouvrage historique de Jacques Bainville (1879-1936), publié en 1935. On ne trouvera point dans ce livre d'étude politique approfondie de la dictature et de l'évolution de ses formes à travers les siècles. Il s'agit d'une oeuvre de vulgarisation: l'auteur se contente de raconter la vie des dictateurs, laissant au lecteur le soin de méditer sur les similitudes qui rapprochent les tyrans de l'antiquité et les monarques absolus du siècle classique des dictateurs de 1935. L'argument du livre est que la dictature est le fruit naturel de la démocratie, qu'elle apparaît dans l'histoire des régimes démocratiques selon une sorte de "loi de retour éternel" (ce sont les mots mêmes de Bainville). La dictature n'est pas une mode: elle peut répondre à des nécessités, à l'exigence des faits, et c'est pourquoi, par exemple, les Romains l'avaient légalisée en certaines circonstances. Les causes immédiates de son apparition peuvent être néanmoins très diverses: nécessité de salut public, pour parer à une invasion étrangère, -réaction contre l' anarchie et la ruine, -mouvement de défense sociale contre le communisme: ou bien encore, la dictature peut être la forme extrême et violente prise par la démocratie égalitaire pour vaincre ses adversaires. A Athènes, dans l' antiquité, ce sont, avec l'accroissement des richesses, l'élévation de la bourgeoisie et l'abaissement de la classe pauvre, les luttes sociales acharnées qui introduisent la dictature: les deux partis, épuisés, prenaient l'habitude de s'en remettre à un tiers pour juger leurs différends. Le dictateur est alors surtout un légiste. Mais on voit aussi, avec Pisistrate, apparaître le "tyran" plus proche de nos dictateurs modernes, car il prétend toujours s'appuyer sur le peuple et n'assure son pouvoir que par la démagogie et la violence. A Rome, le sénat, aristocratique, craignait par dessus tout l'élévation trop rapide d'un homme politique: cependant, voulant corriger les défauts de la République par l'autorité, le sénat avait prévu et légalisé la dictature au nom du salut public en cas de guerre extérieure ou civile.
Le moyen âge ignore la dictature et celle-ci, ce qui confirme la thèse de Bainville, ne reparaît qu'en Angleterre, précisément pays de système parlementaire, avec Cromwell. En Europe continentale, avec le "ministériat" de Richelieu et la dictature royale d'un Louis XIV, on est en présence, au XVIIe siècle, d'un système autoritaire absolu, mais ces dictatures, sont dominées, animées, réglées par l'idée royale et nationale. Le "despotisme éclairé" est une sorte de dictature "dictatique" et "pédagogique": il s'agit, renforçant le pouvoir royal, d'imposer de vive force les "lumières" à la masse du peuple, et, pour cela, de briser les résistances des vieux "préjugés" et de leur citadelle, la religion... La dictature de Robespierre, qui rappelle la dictature romaine car elle est exercée au nom du "salut public", s'apparente aussi à ce "despotisme éclairé": car il s'agit bien d'une dictature "pédagogique" (comme sera plus tard également la dictature soviétique) où la Révolution est identifiée à un homme et à un bureau politique. Les dictatures napoléoniennes nous découvrent une constante de la politique française: les 18 brumaire ne sont possibles en France qu'à ceux qui détiennent déjà une part du pouvoir.... Après avoir envisagé rapidement les diverses dictatures de l' Amérique latine, Bainville en arrive aux dictatures contemporaines: celle d' Ataturk qui rappelle le "despotisme éclairé" d'un Pierre le Grand ou d'une Catherine II et qui a mis au service du mimétisme occidental toutes les ressources du despotisme oriental; le fascisme, pour lequel Bainville nourrit une certaine sympathie, et dont il condamne ici les pseudo-imitations françaises que préparaient alors certains. Dans le fascisme, Bainville voit autant un mouvement de réaction contre l' anarchie que l'ultime règlement de compte entre les "interventionnistes" et les "neutralistes" de 1915, ces derniers étant restés au pouvoir, malgré l'entrée en guerre de l'Italie et la victoire. S'il s'attaque vivement à Hitler, Bainville montre au contraire la plus grande sympathie pour la dictature de Salazar, au Portugal.
Notons, pour conclure, que si Bainville considère avec une certaine satisfaction les dictatures d'avant-guerre comme une revanche des systèmes d'autorité que les hommes de Versailles avaient prétendu bannis à tout jamais par le "progrès", il voit cependant plus loin et s'efforce de montrer que les dictateurs ne sont point des sauveurs, mais bien les expressions les plus féroces et les plus dégénérées du gouvernement "démocratique" qu'il a toujours vivement critiqué et combattu.
La légende de Baudelaire
Doit son originalité
À la puissance imaginaire
Qui lui permettait d'inventer.
Se trouvant face à une image,
Il absorbait son énergie,
Pénétrait dans un personnage,
Porté par un courant de vie.
Il se donnait souvent un rôle
Qui révélait sa cruauté,
En actes et aussi en paroles.
Or, à l'évidence, il mentait.
Pour ne pas accueillir l'ennui,
Il méditait face aux nuages.
Lors envisageait des voyages
Qu'il poursuivait durant la nuit.
Citadin, il dit son amour
Pour Paris, ville déroutante.
Il en connut tous les détours
Et la poésie enivrante.
22 avril 2017
Né le 10 décembre 1948 à Angers, Gilles Auger vit à Bourges depuis 2015. Il se réclame de l'art brut, de Picasso, de Jean Dubuffet et du surréalisme.
Gilles Auger expose à Bourges dans les locaux de l'ancienne chambre des métiers du Cher, rue Moyenne, jusqu'au 27 avril 2017, des toiles et une installation autour du thème des Pleurants de Bourges.
Pourquoi "Les Pleurants ?"
Gilles Auger : "J'ai été touché et inspiré par ces sculptures du XIVème siècle qui, originellement, se trouvaient à la Sainte-Chapelle de Bourges, avant d'être déplacées dans la crypte de la cathédrale et qui décoraient le tombeau du duc de Berry.
On peut voir une reproduction du tombeau du duc de Berry au palais Jacques Coeur, à Bourges. Les originaux se trouvent à Bourges, au musée du Berry, à Paris, au musée du Louvre, à New York, ainsi qu'à Saint-Petersbourg, au musée de l'Ermitage.
L'an dernier, deux "Pleurants" ont été mis en vente chez Christie's pour la modique somme de 4 000 000 d'euros. Ils ont été préemptés par le musée du Louvre.
Comment avez-vous traité ce thème ?
C'est une évocation historique et mystique, mais je la réactualise, à ma manière, sous une forme contemporaine, tout en cherchant à conserver la force émotionnelle de ces sculptures qui rejoignent mes thèmes de prédilection : la lumière et les ténèbres, l'or et le sang, la douleur et la l'espérance, la vie et la mort.
Quels matériaux avez-vous utilisés ?
J'ai choisi la toile de jute et la peinture acrylique.
Pourquoi la toile de jute ?
C'est un matériaux assez rustique qui évoque les robes de bure que portaient les moines.
Avez-vous des projets ?
J'ai l'intention de poursuivre mon travail sur ce thème et plus globalement sur les magnifiques sculptures qui ornent le portail de la cathédrale de Bourges. J'ai l'impression qu'elles sont vivantes et qu'elles vont se mettre à parler. C'est très étrange. Elles sont incroyablement présentes et touchantes.
J'ai fondé une Entreprise de création artistique et je souhaite promouvoir et commercialiser mon travail sur les marchés de l'art asiatique, chinois en particulier. Je cherche des investisseurs pour contribuer au dynamisme artistique, culturel et économique de Bourges et de la région et je cherche également des jeunes spécialistes de l'expérience client et de l'innovation qui seraient intéressés pour participer à la promotion de mon travail.
Chute libre vers la liberté?
Elles jouent sur un plan incliné entre les étoiles.
Dominique : Pourquoi êtes-vous entrée chez moi ?
Anna : La porte était ouverte.
Dominique : Pourquoi êtes-vous entrée dans l’immeuble ?
Anna : La porte était ouverte.
Dominique : Et vous cherchez quoi ?
Anna : Je cherche rien.
Dominique : Vous avez froid ?
Anna : Non.
Dominique : Vous avez faim ?
Anna : Non.
Dominique : Vous avez peur ?
Anna : On a tous peur.
Que se passerait-il si un beau jour, disons, un très beau soir, vous retrouviez dans votre appartement ou dans votre maison, une personne inconnue qui vient de s’éveiller sur votre moquette ? L’exercice de style que Fabrice Gardin prend par les antennes, germe en un dialogue extraordinaire entre absurdité et réalités. Il démontre la puissance et l’urgence de la curiosité qui tous nous anime, malgré les barrières érigées par la société. Curiosité de soi et des autres. Voyage en huis clos. Présence à l’Autre.
Dominique : Tu viens de quelle planète ?
Anna : Celle du cœur.
Dominique : Tu vas me faire souffrir longtemps ?
Anna : Ça dépend de toi.
Dominique : Tu ne serais pas un démon quelquefois ?
Anna : C’est quoi, ta définition du démon ?
Dominique : Un machin qui dit des vérités et force les gens à se regarder dans un miroir.
Marie-Noëlle Hébrant… incarne Celle du dedans: une jolie femme mûre – surtout pas vieille – bien sapée dans une ample robe moirée à godets rehaussée d’une veste moulante dans le même tissu. Elle est blonde, coiffure au carré, et porte des souliers corail à talons confortables. Plus que tout, elle est restée fixée en admiration pour son défunt père qui lui a filé son immense fond de culture. « Je crois qu’on décide pour vous, dans la vie… » Elle a fait vaillamment tout le parcours de combattante jusqu’au doctorat en histoire de l’art et a gagné la reconnaissance des pairs. Elle voyage, prisonnière de l'engrenage, elle est plusieurs fois commissaire d’expositions, vit dans les musées, mais regarde rarement au fond d’elle-même. S’aime-telle même ? Qui aime-t-elle? Quelqu’un l’aime-t-elle ? Et où se cache son cœur?
Camille Dawlat… incarne Celle du dehors: une intruse, très curieuse elle aussi… Une Shéhérazade à l’écoute. Mais où est le sac ? Elle n’en n’a pas. Elle porte des bas en résille noirs, des bottines ouvertes, une robe courte en dentelle indigo et une veste polaire noire mangée par une immense chevelure de sirène Sicilienne piquée d’une rose pourpre. Elle est du genre grand tournesol, au sourire de braise coiffé d’yeux flamboyants. En robe blanche, et le cœur sur les lèvres, elle a des intentions d’ange.
Mais bien sûr les travaux d’approche diffèrent autant que les dehors et les dedans… Les « tu » et les « vous » se mélangent entre les quelques blancs. Les verres trinquent. Le texte s’allume, brille, frémit, rougeoie, poudroie, reprend, s’enflamme, resplendit et s’évanouit dans l’énigme la plus profondément obscure. La vie ne sera plus jamais la même après cette nuit d’étranges soleils et de rencontre brûlante. Il suffit d’une fois, sur toute une vie… de boire de ce vin-là, pour sourire à vie!
Dans ce spectacle beau comme un impromptu, ouvert comme un livre, fertile comme une poignée de graines, le public s’est passionné pour tout ce dévoilement d’humour, d’ironie et de vérités en filigranes exposées avec tant d’ardeur et de pudeur, à travers un jeu très subtils d'interrogations, de regards, de silences et de postures magnifiquement étudiées.
DESTIN de FABRICE GARDIN
Du 20/04 au 06/05 - Du mercredi au samedi
THEATRE DES RICHES-CLAIRES
Rue des Riches-Claires 24 - 1000 Bruxelles
Infos Réservations : 02 / 548 25 80
Avec: Camille Dawlat & Marie-Noëlle Hébrant
Scénographie et costumes : Lionel Lesire
Lumières : Félicien van Kriekinge
Décor sonore : Laurent Beumier
Ecriture et mise en scène : Fabrice Gardin
Il y fera soleil
Ou, pourquoi pas grisaille?
Des parfums en éveil
Un orage, comme une faille!
Ou, ce sera l'hiver?
La neige au rendez-vous...
La médaille à l'envers
La pluie, et puis c'est tout!
Peut-être quelques larmes
Des regrets exprimés...
Auront baissé les armes
Le vide à explorer!
Alors de son nuage
Indulgent et léger...
Délivrée de sa rage
L'âme pourra s'envoler!
J.G.
Obsédés textuels, garez-vous! Quand les metteurs en scène se mettent en scène... tout peut arriver! Voici un jeu de massacre organisé: dès le départ, c’est foireux ! C’est dans le texte. Tâchons donc de mettre de l’ordre dans les personnages. Yvette ARTHUR, qui joue Miss Clacket, c’est la débordante femme de charge interprétée avec cœur par Perrine Delers, amatrice invétérée de sardines absurdes qu’elle sème partout.
Suzy RIMBAUD qui joue Vicky c’est un brin de fille en ébullition, reine des coulisses et de La Revue qui fait perdre la tête à toute la compagnie : Maria Del Rio en alternance avec Mélissa Rousseaux. Elle est flanquée de Gérard YOUNG qui joue Roger Tramplemain : le comédien qui rappelle tant Bourvil et se nomme Bruno Georis, quel bellâtre!
Denyse DUCREUX qui joue Flavia Brent, c’est Cécile Florin, la seule qui a un peu les pieds sur terre, capable de relativiser tout événement paranormal, co-propriétaire de cette maison dite française, hantée par les bizarreries les plus folles. Ferdinand FOUQUET joue Philippe Brent, son mari, « un obsédé sexuel » selon les dires de certains, sans projection aucune : un torride Benjamin Torrini ! Pour la France , ils n'existent plus, mais ils vivent dans la hantise du Fisc, car ils se sont expatriés en Espagne et sont là juste par hasard!

On espère que vous ne perdez pas patience et que vous suivez toujours! Ce n’est pas fini. Il y a POITOU le poivrot qui joue le Cambrioleur : c’est Pascal Racan qui, à l’époque (Novembre 2012, avec le même décor), mis en scène par Daniel Hanssens, jouait le metteur en scène Louis Le CORREGE, joué actuellement par Marc Weiss. Un détestable omniscient qui se prend pour Dieu lui-même on and off stage, ordonne le monde, les entrées les sorties et accessoirement les états de corps et d’âme de ses comédiens aux docilités très variables. Malgré sa feinte sollicitude et son monstrueux égocentrisme, il arrive à faire échouer la répétition de sa pièce qui, de répétition technique, en générale, en première et dernière s’avère totalement avortée! Et vous voudriez que tous se rangent sous la bannière « And the show must go on ! »? Ah! il y a aussi, Mimie de la PATELIERE, assistante à la régie : c'est Joséphine de Renesse chargée de calmer le public et de souffler le texte quand tout foire! Avec Jean-Paul LEBRUN, régisseur général et accessoirement garçon de courses et cambrioleur: Emmanuel Guillaume.

Quel générique pour une pièce en trois coups ! Au 1er ACTE, le public découvre la répétition générale de cette troupe d’acteurs hétéroclites, dans son décor, face à un texte insipide et une histoire fort improbable. Le 2e ACTE permet d’assister à la représentation de cette pièce, vue des coulisses, à l’arrière du décor. Difficile de suivre à la fois la soit-disant première d'un côté et les ahurissantes scènes de cinéma muet de plus en plus sanglant qui se déroulent à l’insu des spectateurs imaginaires mais devant nos yeux! Et voilà la raison du titre de l’opus : "Silence en coulisses!" car cela déménage!

Le 3e ACTE se joue côté scène de théâtre, avec la dernière énergie. Dans un paroxysme d’aigreurs et d’amertume, d’actes manqués, de bévues, de texte lacunaire ou en lambeaux, il décrit en live, sous forme de pièce dans la pièce, la catastrophe annoncée par les deux premiers actes. Avec un nouveau tire: "Sans dessous dessus", soustitré "la nouvelle comédie de Robin Housemonster. Le désarroi est total, c’est l’effondrement final d’un monde insensé, surexcité par les jalousies, les rancœurs ravalées et la folie des égoïsmes furieux. Il (lisez: le texte ou le monde) n’a plus rien à voir avec la création originelle. Dont acte! Qui n’en sortirait pas consterné? Est-ce ainsi que l’on s’accroche à l’illusion de la vie? Glaçant, malgré les très beaux dessous de Lady Suzy et l'acidité de l'autodérision...
SILENCE EN COULISSES
DE MICHAEL FRAYN, ADAPTATION DE JOHN THOMAS, jusqu'au 14 mai 2017
THÉÂTRE ROYAL DES GALERIES
| Location : | Galerie du Roi 32 - 1000 Bruxelles. 02 / 512 04 07, de 11h à 18h, du mardi au samedi. |
http://www.trg.be/saison-2016-2017/silence-en-coulisses/en-quelques-lignes__7070
Avanti!
Une suite somptueuse avec balcon royal au cœur de Rome, vue sur la basilique Saint-Pierre sert d’écrin à ce vaudeville pétillant et polisson. Francis Huster joue le rôle de l’américain tranquille, Georges Ben Clairborne, en quête du cadavre du père décédé dans un malencontreux accident de voiture l'année précédente. Il a promis de le rapatrier aux Etats-Unis. C’est vrai qu’il a du mal à ne pas trahir l’affaire, par son jeu si diablement français… Ingrid Chauvin joue à la perfection le rôle d’une ravissante comédienne anglaise de clips publicitaires, Alison Miller, en mal de retrouver elle aussi un cadavre, celui de sa mère morte dans le même accident. Pur hasard?

L’Italie, où se confondent vice et vertu et vice versa sera le philtre magique qui les fera tomber amoureux. Un Eden particulier sans la moindre notion de bien ou de mal… où l’on passe quatre jours sur un nuage en plein ciel totalement bleu avant de retomber sur terre, le cœur en compote de part et d’autre. Mais l’issue est perceptible d’avance : c’est l’efficace combinazione 100% américaine de la femme haïssable dudit Monsieur, Diane Clairborne, qui, ambitieuse et glaciale, remettra les horloges à l’heure de l’argent, du pouvoir de celui-ci, et du pouvoir tout court. Alice Carel épouse parfaitement le rôle de la sorcière mal-aimée à qui on ne peut dire que « Oui, ma chérie ! » pour avoir la paix. Elle sonnera très calmement le glas de l’historiette romano-napolitaine! Et tout se déroulera selon ses augustes désirs… A peu de choses près, puisque l’histoire ne fait que se répéter, de générations en générations!
Il ne faut pas écouter les mauvaises langues qui soufflent que cette pièce est légère et insipide! On a mis le pied dans une jolie Commedia Del Arte, version moderne, jouissive et tellement rafraîchissante par sa joie de vivre intense ! Le spectacle est enlevé, porté par des comédiens exceptionnels dans une mise en scène de Steve Suissa, ma foi typique des grands boulevards, mais quoi? Est-ce vraiment une tare?

Mais rien ne se ferait bien évidemment, sans le sublime et malicieux Baldassare Pantaleone dit Baldo qui convoque la magie théâtrale! Voilà une mouche du coche bienfaitrice qui sape les plus grandes timidités. Un étrange dieu Cupidon, ange gardien, assistant incontournable des affaires … amoureuses, prêt à offrir ses services d’amant à qui veut, ou servir tout simplement d’entremetteur de la Cause. Avec un flair et une versatilité surprenants, Thierry Lopez danse ce rôle à ravir et séduit la salle entière par ses 1001 tours de passe-passe. Hommes, femmes, enfants, tous se rendent à l’évidence du triomphe des graines d’amour semées à tout vent, face aux fétides vases de l’argent et du pouvoir! On ressort de ce spectacle, sorte de Vivre Pour Vivre à l'italienne, gavé de rires et de bonne humeur!

A voir cette semaine au Centre Culturel d'Auderghem,
Boulevard du Souverain 183, 1160 Bruxelles
02 660 03 03
AVANTI! une pièce de Samuel TAYLOR
Mise en scène : Steve SUISSA
Avec Francis HUSTER, Ingrid CHAUVIN, Thierry LOPEZ (nommé aux "Molières 2016"), Alice CAREL, Romain EMON et Toni LIBRIZZI
Adaptation Dominique PIAT
Décors Ivan MAUSSION
Costume(s) : Hervé DELACHAMBRE
Lumières Jacques ROUVEYROLLIS
Musique : Maxime RICHELME





