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Passion de printemps

Un nouveau jour se lève

Des cieux à perte de vue

Le printemps fait son sacre

Moineaux et merlettes entonnant  un chant

Vent bruissant d’une joie sauvage

Habillées d’un Jaune safrané

Les  fleurs de pissenlits

Parsemant l’herbe de mille et un petits soleils

Deux visages inondés de lumière royale

Nous cheminons libres et gais

Ivres de bonheur

Oui, la vraie vie est ici

où je me fais câline

Tu me prends contre ton cœur

Tu joues de mon petit corps

Comme d’une guitare

Je garde ta main d’amour dans la mienne

Je remercie le Ciel de cet instant de brève éternité

Faisant de nous des amants éblouis

Nada

09/04/2017

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Proverbes flamands de Pieter Brueghel

Les proverbes constituent le genre le plus paradoxal de la littérature orale. L'un des plus anciens, sans doute, mais aussi celui qui a le mieux résisté à l'érosion du temps. Difficile à cerner, investi comme il est, en amont, par les dictons, les lieux communs, les «expressions proverbiales» et les locutions populaires (savoureuses mais engagées dans les manières de dire du moment et vite vieillies) et, en aval, par les adages, les sentences, les maximes et les jeux de société de la culture savante, le proverbe populaire reste malgré tout reconnaissable. Sa brièveté, les images sidérantes qu'il impose, ses inventions stylistiques (métaphores, périphrases, antithèses, rapprochements imprévus, jeux de mots, rimes, assonances, etc.) l'impriment dans la mémoire.

À la fois évident et énigmatique, c'est une oeuvre d'art en miniature qui fait les délices du peuple et l'admiration des créateurs. Autre paradoxe: sa concision fait de lui le genre le plus souvent collecté, illustré, expliqué, développé et aussi, suivant les époques, méprisé et combattu.

Quelques repères historiques. De la Bible à Érasme

Les civilisations archaïques et préchrétiennes, aussi bien au Moyen-Orient qu'en Asie et en Europe, véhiculent toutes des proverbes dont la vétusté est encore soulignée par une référence explicite aux aïeux («les Anciens disaient») et par des archaïsmes dans l'expression. Il est tentant de les rapprocher des lois ou des textes religieux, d'autant qu'un des livres de la Bible est justement intitulé Livre des Proverbes. Toutefois le mot hébreu traduit ainsi (Meshalim) signifie plutôt poèmes et désigne en fait un exposé de morale religieuse. Rien à voir avec les proverbes populaires dont le ton apparemment péremptoire est toujours tempéré par l'humour, et dont les métaphores énigmatiques renvoient à l'ambiguïté du réel. Pareillement, dans le Nouveau Testament, certaines paraboles, à cause des images simples et fortes qu'elles contiennent (le chameau qui pourrait passer par le chas d'une aiguille, la parure des lys des champs), font penser aux proverbes, mais le contexte leur donne un sens catégorique, alors qu'un proverbe populaire reste hypothétique dans la mesure où il appartient à un ensemble qui le nuance («Tel père, tel fils»; «À père avare fils prodigue»). Plutôt que lois ou dogmes, note P. Boratav dans son exégèse des vieux proverbes turcs, les proverbes entendent transmettre une expérience ancienne, avec respect certes, mais sans s'interdire de jouer avec la polysémie d'images enracinées dans la réalité de chaque région.

La civilisation gréco-romaine met en évidence le lien des proverbes avec les autres genres de la littérature orale, particulièrement avec les contes d'animaux. Très souvent, dans les fables d'Ésope par exemple, le récit s'achève par une formule lapidaire qui résume l'histoire et propose une moralité. Cette formule peut prendre son indépendance; l'image surprenante qui fait son charme renvoie à une histoire connue de tous qu'il n'est pas nécessaire d'expliciter. À noter que le terme grec paremia qui désigne ces formules lapidaires est toujours utilisé de nos jours; les recherches sur les proverbes relèvent d'une discipline qui s'est donnée le nom de parémiologie.

Les sophistes à Athènes, les rhéteurs à Rome confirment l'intérêt de la culture savante pour les proverbes populaires. Dérive très visible chez Pline, Sénèque et Quintilien, moins apparente chez Lucrèce, Virgile ou Horace qui, par leur souci de concision et leurs recherches stylistiques, recréent ou créent des expressions proverbiales. Ainsi se constitue un trésor de proverbes, d'origine généralement populaire, mais souvent aussi réélaborés par la culture savante.

Les proverbes sont omniprésents dans la littérature du Moyen Âge. Au-delà de ce constat, une analyse plus précise révèle qu'ils reflètent les rapports de forces, les tensions et les conflits de la société féodale. «L'argent ard gens» (du verbe ardre qui signifie brûler) est un adage à la fois savant et populaire; en revanche, «Oignez vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra» est l'exemple d'un proverbe répandu, mais d'inspiration antipopulaire. D'autres proverbes évoquent des rivalités très anciennes entre villages et régions: «Niais de Sologne qui ne se trompe qu'à son profit», ou «Quatre-vingt-dix-neuf moutons et un Champenois font cent bêtes».

Autre trait remarquable des proverbes que l'étude de cette époque met en évidence: leur malléabilité. Les clercs qui les utilisent les réélaborent sans cesse. Orientation très fréquente chez les grands créateurs des XVe et XVIe siècles qui procèdent soit par simple juxtaposition de proverbes faisant, pour ainsi dire, voler leur sens en éclats (Ballade des proverbes, de Villon), soit par accumulation qui mélange proverbes authentiques et proverbes inventés de toutes pièces (Rabelais, Gargantua, XI), soit encore par des commentaires provocateurs (Montaigne et Cervantès). Ces «détournements» ne sont ni fortuits ni innocents. La brièveté du proverbe l'oriente tout naturellement vers l'énigme; un des secrets de son efficacité, c'est son pouvoir d'interroger, d'inquiéter l'interlocuteur, de lui faire admettre que toute vérité comporte une marge d'erreur. Le caractère raffiné et énigmatique des proverbes est parfaitement perçu par les grands collecteurs de la Renaissance, en particulier par Érasme qui les définit comme d'«anciens témoins connus de tous, restes de l'ancienne philosophie [...] taillés comme des pierres précieuses, langage que le peuple partage avec les lettrés». Il publie et commente à partir de 1500 plusieurs volumes d'Adages. Étienne Pasquier (1529-1615), dans Recherches de la France, pose le problème de la transformation des proverbes en recherchant et en expliquant les adages anciens devenus incompréhensibles.

 

Mise à mort et résurrection

 

Autre caractère fondamental des proverbes: leur lien avec la paysannerie. Les soulèvements populaires du XVIIe siècle vont obliger les intellectuels, intermédiaires culturels, à prendre parti pour ou contre leur emploi. Cette option n'est pas évidente dans le Trésor de la langue française (1605), dictionnaire de Nicot qui s'ouvre sur une suite de cent vingt proverbes, ni dans La Comédie des proverbes de Monluc de Cramail (1623), mais elle est déjà très perceptible dans Les Curiosités françaises de César Oudin (1640) qui classe les proverbes ou expressions proverbiales en catégories: familières, vulgaires, basses, triviales. Les proverbes seront aussi, jusqu'à la fin du règne de Louis XIII, le support d'un jeu qui fait fureur dans les salons parisiens et les collèges: saynètes improvisées ou non, énigmes simples dont «le mot» est précisément un proverbe. Mais après la grande peur de la Fronde (1648) et la sanglante répression qui la suit, les proverbes, pourtant connus et utilisés dans toutes les couches sociales -comme en témoigne le succès des «proverbes illustrés» de Lagniet (1657)-, deviennent la cible favorite des écrivains «pensionnés» par LouisXIV. Ils sont raillés et assimilés aux quolibets. Le dictionnaire de Furetière (1690) adopte à leur égard la même attitude que celui de l'Académie (1694). Racine, dans Les Plaideurs, fait parler par proverbes les personnages bornés et ridicules. Perrault, dans L'Oublieux (1691), les pastiche méchamment en les réduisant à des truismes stupides. Attitude plus nuancée chez Molière qui a compris que le «détournement» entre dans la notion même de proverbe: Harpagon, après avoir loué la sagesse de «Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger», s'embrouille et inverse l'énoncé. La Fontaine, à contre-courant, admire les proverbes, en fait la trame de ses fables et n'hésite pas à en citer quelques-uns en langues vernaculaires comme dans «Le loup, la mère et l'enfant» (Fables, IV, 16) qui s'achève par un savoureux proverbe picard.

Paradoxalement, même après la Fronde, le jeu des proverbes et les pièces intitulées «Proverbes» restent à la mode, non seulement dans les salons de province, mais aussi à la cour et jusqu'au XVIIIe siècle (avec Collé, Carmontelle et Berquin). Mme de Maintenon en fera représenter à Saint-Cyr, mais ces saynètes s'articulent sur des maximes savantes plutôt que sur des proverbes populaires.

Le puissant éveil des nationalités et le romantisme vont remettre à la mode les contes et, à leur suite, les proverbes. Dans le sillage des collectes à visée philologique et nationaliste des frères Grimm (1812-1823) s'effectuent, en France, les premiers recensements systématiques: entre beaucoup d'autres, celui de La Mésangère (1827) et, quasi exhaustif et devenu classique, le Livre des proverbes français, en deux volumes, d'Antoine Leroux de Lincy (1840, 2e éd. augmentée 1859). Cette vogue produit plusieurs oeuvres originales où la culture populaire semble régénérer l'art salonnier: Quitte pour la peur (1833) d'Alfred de Vigny et surtout On ne badine pas avec l'amour (1834) et Comédies et proverbes (1840) d'Alfred de Musset. Ce genre sera redécouvert au XXe siècle par le cinéma; entre autres par l'auteur-réalisateur Éric Rohmer qui, entre 1981 et 1988, regroupe un ensemble de six films sous le titre général de Comédies et proverbes.

La révolution industrielle et le progrès des communications, entre le second Empire et la guerre de 1914-1918, vont menacer et en même temps protéger la littérature orale. Les contes, les chansons populaires, les proverbes, érodés et contaminés par l'imprimé, trouvent des défenseurs obstinés et prestigieux: Gérard de Nerval, Duparc, Vincent d'Indy. Les collectes sur le terrain se multiplient, quadrillant les régions les plus éloignées des grandes voies de communication: Millien en Auvergne, Arnaudin dans la Grande Lande, ou Bladé en Agenais.

Dans l'entre-deux-guerres, les collectes de proverbes sur le terrain se raréfient en France, au profit de recueils qui s'efforcent de les classer par régions ou par thèmes, dans des catalogues plus ou moins raisonnés, amorce d'une recherche sur la structure et la fonction des proverbes. Parallèlement, les collectes sur le terrain se développent dans les colonies et les pays du Tiers Monde, en liaison avec l'aspiration de nombreux peuples à l'identité nationale et à l'indépendance.

 

Les proverbes aujourd'hui

 

Après la Seconde Guerre mondiale, avec l'essor des sciences humaines et avec le progrès de l'interdisciplinarité, la «parémiologie» s'efforce de devenir une science et d'analyser, par exemple, la structure interne des proverbes ou la fonction qu'ils ont exercée ou exercent encore dans telle ou telle société. Ainsi, en partant d'une perspective morphologique proche de celle de Propp, Permiakov, en 1968, conclut que tous les proverbes collectés ne sont que les variantes d'énoncés correspondant à une centaine de situations qui peuvent être classées selon quatre «invariants» qu'il considère comme «logico-sémantiques». S'il y a A, il y a B; si A a la qualité x, il a la qualité y. Si B dépend de A et si A a la qualité x, B aura la qualité x. Si A a une qualité positive et si B ne l'a pas, A est meilleur que B. Cette classification est bien entendu précédée d'une classification linguistique (présence ou absence d'une métaphore, existence d'une opposition binaire, etc.) et complétée par une étude du registre auquel appartient l'image employée, critère de type ethnologique.

M. Kuusi, qui appartient à l'école des grands folkloristes finlandais, propose, en 1972, vingt et un schèmes sémantiques fondamentaux reposant sur l'opposition de l'un à deux, à beaucoup ou à tous. En partant de la dialectologie, C. Barras dans sa recherche sur les proverbes de la Suisse romande (1984) conclut, elle aussi, à l'existence de moules, mais souples et perméables. En France, A.J. Greimas, en 1970, à partir d'observations sur la dénotation et la connotation des énoncés, d'une confrontation systématique des métaphores, images et périphrases (loi de cooccurrence), propose d'étudier les proverbes non plus séparément mais comme des ensembles de sens, de systèmes cohérents de représentations. Autre recherche importante, au confluent de la linguistique et de l'informatique: celle de P. Richard qui essaie de traduire le langage naturel des proverbes en langage symbolique, préalable indispensable à la compréhension de cet ensemble cohérent, donc à toute typologie des proverbes.

La recherche la plus ambitieuse - et la plus réussie - de type anthropologique est celle que F. Loux - en collaboration avec P. Richard - a consacrée aux proverbes concernant le corps, la santé, la maladie, la vie et la mort. Elle les a replacés non seulement dans l'histoire de la médecine traditionnelle ou savante et des pratiques thérapeutiques, mais aussi dans l'évolution des mentalités. F. Loux insiste également sur la valeur symbolique des images et des métaphores utilisées dans les proverbes qui suggèrent un rapport essentiel entre le corps et l'univers. C'est là une utilisation féconde de la psychanalyse qui nous aide à comprendre sur quoi se fonde la cohérence interne des «sagesses du corps».

L'univers des proverbes n'est donc pas un «code gnomique» (R. Barthes) établi une fois pour toutes, clos sur lui-même et révolu. C'est aux ethnologues, aux historiens, aux sociologues de nous dire comment il s'est élaboré et transformé dans la longue durée: «Oeil pour oeil, dent pour dent» a pu représenter un progrès par rapport à un adage antérieur du genre «Oeil pour dent». Et il coexiste avec d'autres proverbes qui conseillent la compréhension et même l'indulgence: «Faute avouée est à moitié pardonnée» et «À tout péché miséricorde». Ces proverbes, qu'on pourrait croire contradictoires, explorent en fait toutes les attitudes possibles devant la déviance. Déposées en strates, elles se présentent à nous simultanément mais elles ont, selon toute vraisemblance, correspondu à des civilisations successives. Le discours proverbial, dans ses antinomies apparentes, résume sans doute l'histoire de l'humanité.

 

Les «petites phrases»

 

La révolution industrielle, l'apparition de nouveaux médias et l'explosion démographique obligent les spécialistes à vulgariser leurs découvertes. Chaque savoir cherche à se diffuser le plus possible par des formules chocs. Dans le secteur de la réflexion politique et sociale, ces formules à l'emporte-pièce deviennent vite des «slogans»; par exemple: «Liberté, égalité, fraternité», des révolutionnaires de 1789; «La propriété c'est le vol», de Proudhon; «La religion est l'opium du peuple», de Marx. La structure de ces slogans est encore améliorée et simplifiée dans les mots d'ordre des manifestations de masse, qui, comme les proverbes, se caractérisent par une certaine indépendance grammaticale: «Pas de canons, des écoles»; «Des sous, Pompon» (Pompidou). Le libéralisme propose, lui aussi, ses «petites phrases»: «Laisser faire, laisser passer (Quesnay), «Enrichissez-vous» (Guizot), etc.

Parallèlement, la société de consommation s'efforce de récupérer les techniques des proverbes, considérés comme des modèles de messages efficaces (en particulier par leur créativité stylistique, rimes internes, assonances, choc de phonèmes ou d'images, laconisme, etc.) dans le «marketing» de ses «produits», industriels ou politiques: «Dubo, Dubon, Dubonnet». «I Like Ike», «La force tranquille», orientation qu'on retrouve dans les campagnes médiatiques de prévention: «Les parents boivent, les enfants trinquent»; «Un verre ça va, trois verres, bonjour les dégâts»; «Auto macho, auto bobo». Mais il s'agit de formules inspirées en général par la recherche du profit et popularisées plutôt que véritablement populaires.

Le peuple continue pourtant à créer des proverbes, mais ils affleurent et se répandent essentiellement en période de crise, par exemple lorsqu'un groupe social ou une nation opprimée se trouvent obligés d'affirmer leur identité et leur force: «Dieu parle une langue étrangère» (Ovambo), «On ne pisse pas contre le typhon» (îles Fidji). Ce n'est sûrement pas un hasard si les plus beaux proverbes français de notre temps sont apparus sur les murs de la faculté de Nanterre en mai 1968: «Métro, boulot, dodo» (Pierre Béarn) et «Sous les pavés, la plage».

Autre caractéristique de notre époque, le détournement systématique d'expressions proverbiales et de proverbes, à la fois sur le plan phonétique et sémantique, ce qui mène à des «métaproverbes» qui ironisent sur les slogans publicitaires et sur les principes mêmes de notre société: «On a souvent besoin d'un plus petit que soi, pour lui casser la gueule» (P.Perret) ou Les Proverbes d'aujourd'hui de Guy Béart.

Ces analyses permettent une hypothèse sur l'élaboration des proverbes et sur leurs auteurs. Ceux qui les inventent, qu'ils soient ou non d'origine populaire et qu'ils restent ou non anonymes, sont des créateurs à part entière. Leurs formules, parce qu'elles expriment les contradictions de l'époque en termes brefs, neufs et drôles, font mouche et chacun se les approprie au point que le nom de l'auteur finit par se perdre. Chaque usager devient coauteur, ce qui est finalement le but et le sens de l'art véritable.

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Soliloque sur les menaces de mort

Avant de commettre un assassinat, généralement un meurtrier n'a pas averti sa victime de sa volonté de la tuer. Souvent au contraire, il a établi avec elle des liens de confiance. Lors que doit-on penser des menaces de mort?

En France, les menaces de mort contre les personnes sont prévues et réprimées par l'article 222-17 du code pénal. Cette infraction est classée dans la catégorie des délits. Elle est punie de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende.

Recevoir une telle menace cause un odieux désarroi. On ne peut pas savoir s'il s'agit d'un chantage ou de l'avertissement d'un drame à venir.
L'envie de commettre un crime est souvent abandonnée car le châtiment encouru est dissuasif.
Certes la peine de mort a été supprimée dans les pays des bien-pensants mais l'emprisonnement demeure redoutable.

En acceptant cette réalité on devrait pouvoir se tranquilliser tout en faisant preuve d'une grande prudence. Mais ce qui rassure surtout est la foi en l'efficacité des forces qui permettent de retracer et de rendre inoffensifs des suspects dangereux.

Nul ne peut vivre paisiblement dans un pays où abondent les délinquants de toutes espèces.
Le chef d'un état est responsable de la sécurité de chacun. Les lois pénales doivent être rigoureuses et la police vigilante.

8 avril 2017

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      DE L’ORDINAIRE COMME ESTHETIQUE : L’ŒUVRE DE YVONNE MORELL

Du 30-03- au 30-04-17, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), vous présente une exposition intitulée UNE VIE ORDINAIRE….MAIS EXTRAORDINAIRE, centrée sur l’œuvre de Madame YVONNE MORELL, une excellente artiste peintre suissesse qui a fait de son monde intérieur le théâtre de sa peinture.

Quand l’art fait office de socle à l’humour, il faut s’attendre à toutes les surprises. Et encore…on est toujours surpris du résultat ! En réalité, le titre de l’exposition est très éloquent quant à l’interprétation de l’œuvre de l’artiste.

L’ordinaire pris dans une dimension, non pas sacralisante comme le ferait le surréalisme, mais bien dans le repos de sa musique quotidienne. L’humour est ce que le visiteur entrevoit quand son regard parcourt les scènes d’une vie aussi quotidienne qu’extraordinaire dans son expression.

De longues figures filiformes, figées dans leur stylisation se serrent, l’une contre l’autre, pour atteindre une unicité spatiale à l’intérieur du cadre. L’œuvre baigne dans une intemporalité nostalgique. Les personnages, principalement féminins, même contemporains de l’artiste puisqu’il s’agit presque toujours de personnes proches, donnent le sentiment de provenir d’un ailleurs fabuleux. L’œuvre se concrétise également par une fausse « inertie » provoquée par le visage, figé dans une immobilité expressive agrémentant le statisme des personnages. Leurs visages sont proches des masques dans leur traitement. Tandis que leur rendu physique fait penser à certaines figures filiformes de l’expressionnisme allemand des années ’30 : AU MUSEE (40 x 50 – acrylique sur toile).

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Le dialogue corporel des personnages s’inscrit dans le langage du regard.

LE PRINTEMPS DANS L’AIR (60 x 60 – acrylique sur toile)

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La conception des visages n’est pas sans évoquer les masques de James Ensor, lequel annonce d’ailleurs l’avènement de l’expressionnisme. Le chromatisme des vêtements assure l’unité picturale de l’ensemble : le brun foncé des robes se détache nettement des autres éléments chromatiques. Ils se posent en ligne de démarcation entre l’avant et à l’arrière-plan. Le blanc des écharpes assure la transition entre le brun des robes, l’irruption des visages et l’arrière-plan, composé d’arcades également de couleur blanche.

Les deux sacs, à mi-hauteur des corps, assure la continuité de la couleur avec l’avant-plan du tableau, composé de fleurs.

Toujours dans le registre de l’humour, SOUVENIR D’ENFANCE (60 x 50 – acrylique sur toile)

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est la seule œuvre qui fasse, en quelque sorte, faux bond avec l’esthétique qui sous-tend son œuvre. La femme se présente de façon absolument inattendue. Le visiteur doit-il chercher à deviner son visage ? Considérons le fait que le personnage portraituré est en réalité la grand-mère de l’artiste. Cette œuvre affirme la confidence unissant le peintre à ses sujets. Ce qui frappe c’est la posture de cette femme. La seule chose qui saute au regard c’est son postérieur apparaissant de façon colossale, voire cyclopéenne. Il domine non seulement la composition mais aussi le sujet dans son identité sociale. Il s’agit de la représentation de la « femme au foyer », penchée sur son four. Elle apparaît comme un ballon gonflé à l’hydrogène qui enfle, au fur et à mesure qu’elle se penche sur son travail. Dos et postérieur, même unis dans une entité plastique, sont séparés par un cordon de couleur blanche.

Un trait notable de son écriture réside dans le fait qu’elle donne un côté « serré » tant à ses personnages qu’au traitement par lequel elle conçoit la ville, par le biais de la rue où les maisons s’ « entassent » les unes contre les autres, provoquant un certain déséquilibre dans leur élongation.

SORTIE EN VUE (60 x 80 – acrylique sur toile)

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donne une belle illustration de l’expression du corps dans l’exigüité du cadrage. Ramassées à l’intérieur d’un espace totalement enveloppant, les trois femmes offrent une esquisse du mouvement grâce au traitement des jambes (en plan). Chaque paire présente une ligne directionnelle particulière appuyée par les contorsions des têtes. A l’instar des jambes, chacune d’elles assure la rotation qui est la sienne. L’espace, souligné par l’importance de la couleur, trouve ici sa fonction enveloppante : le jaune des coussins enveloppe les trois femmes. Le brun clair des finitions boisées enveloppe le divan et le brun foncé de l’arrière-plan enveloppe la totalité de l’espace, à l’exception des extrémités, gauche et droite, desquelles se profile une zone grise signifiant le parquet sur lequel repose une petite table avec un abat-jour.

L’artiste se pose une question à l’honnêteté déconcertante, à savoir quel est son style ?

Vous l’aurez peut-être remarqué, nous évitons d’utiliser le mot « style » à tout bout de champ. Comme le disait Céline dans sa dernière interview peu avant sa mort, il n’y a en réalité qu’un ou deux « styles » par siècle. Nous préférons donc parler d’ « écriture », histoire d’y voir plus clair. Car elle est « personnelle » par rapport au « style », souvent trop galvaudé, voire copié. Mais s’il fallait se risquer à déterminer chez elle un « style », le côté « art brut » pourrait venir à l’esprit. Cela est dû à l’apport d’objets en métal sur certaines de ses toiles : des lunettes posées sur les yeux du personnage de gauche de INSEPARABLE (40 x 50 – acrylique sur toile)

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ainsi que des vélos flanqués contre les façades des maisons comme pour EN VILLE (95 x 95 – acrylique sur toile).

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Précisons aussi que les formes qui habitent ses personnages sont inspirées d’anciennes sculptures que l’artiste a réalisées dans le courant de son parcours. Leur morphologie filiforme témoigne d’une influence de la sculpture du 20ème siècle. On pense, notamment, à Giacometti même si l’artiste ne s’est jamais inspirée directement de lui. Néanmoins, la verticalité des personnages témoigne du résultat issu d’une interprétation picturale de la sculpture. Il est fort dommage, d’ailleurs, que l’artiste n’ait pas songé à présenter certaines de ses pièces sculptées lors de son exposition. Car le lien plastique entre ses personnages tout en matière friable et ceux conçus en matière liquide saute aux yeux comme une évidence.  Espérons qu’un beau jour, elle nous fera le plaisir de les exposer avec ses toiles. Nous avons évoqué, plus haut, l’empreinte expressionniste. L’artiste peut donner le sentiment de « flirter » en quelque sorte avec des noms qui ont jalonné l’histoire de l’Art du 20ème siècle. Néanmoins, si elle flirte, c’est à son insu car elle connait mal l’évolution des principales écoles du siècle dernier, ce qui lui évite de se plonger dans l’œuvre d’un artiste jusqu’à s’en imprégner totalement. A titre d’exemple, il y a chez elle une manière de façonner les corps qui peut rappeler, à certains égards, Egon Schiele, à cette différence près que Schiele compose des toiles permettant un élancement total des corps dans l’espace, tandis qu’YVONNE MORELL déploie ses formes dans un cadrage comprimé. Néanmoins, la plastique des membres, la coloration des chairs n’est pas sans évoquer l’esthétique de Schiele. La réalisation des coiffures se retrouve dans l’œuvre du peintre autrichien : la forme n’existe que par la présence hypertrophiée du volume.

Nous avons souvent noté que chez certains artistes, la présence d’un champ créatif, non alimenté par une culture encyclopédique, tire sa puissance dans une forme d’intuition artistique laquelle perçoit, dans les tréfonds de la pensée, les possibilités infinies de la création.  

Il n’y a aucune référence « classique » dans sa peinture. La perspective y est globalement absente.

Y a-t-il un côté « art naïf » dans son écriture ? A première vue, l’on aurait tendance à répondre : « non ». Mais, en y réfléchissant bien, peut-être y a-t-il, concernant le terme « naïf » un prolongement interprétatif que l’on pourrait donner à ce style. Est-ce le graphisme qui est « naïf » ? Est-ce, à la fois la simplicité du sujet représenté ainsi que l’évocation du souvenir suscité chez le visiteur qui l’est ? Cela reste, pour le moment, encore à définir.   

Nous avons évoqué, plus haut, la proximité entre l’artiste et ses sujets. Cette proximité trouve son ciment dans le souvenir comme dénominateur commun déployé dans tous ses aspects.

L’artiste explore, notamment l’expérience olfactive, récurrente dans certains de ses tableaux comme pour l’évocation de sa grand-mère, affairée devant son four.

L’odeur de la polenta est également un personnage de la toile. Il s’infiltre entre les couleurs pour titiller le visiteur qui se crée un souvenir imaginaire.

Le thème de l’amitié se concrétise par le biais de la solidarité, plastiquement exprimée précisément par ce côté « serré » que nous évoquions plus haut.

Tout est « serré » dans son œuvre, autant les personnages que les édifices. L’expression de l’unité implique hommes et femmes à l’intérieur de la ville, représentée par la coupe d’une rue. Et, au-delà de la rue, c’est le Monde que l’artiste invoque. La ville est typique des Pays-Bas, reconnaissable à son architecture de style flamand. 

L’artiste, qui utilise principalement l’acrylique, est passée maître dans la restitution du relief qu’elle réalise, non pas par un apport de matière traitée au couteau mais bien par des collages extrêmement fins réalisés par des papiers très résistants, augmentant de ce fait, le côté charnel de l’œuvre d’apparence étonnamment lisse. Au fur et à mesure que le regard se rapproche, la matière se révèle dans une granulosité maîtrisée. 

YVONNE MORELL a fait ses académies dans différentes écoles d’art. Elle organise aujourd’hui des cours de peinture pour enfants et adultes, tout en participant à des expositions. La quotidienneté de la vie associée à ses humeurs se révèle être l’âme de son art.

L’humour, mentionné plus haut, devient la sève qui donne vie à chacune de ses compositions où l’innocence devient la force vitale de l’expression. Il s’agit ici d’un humour discret, voire réservé qui se libère en associant le visiteur à son propre quotidien devenu souvenir, parfum et nostalgie. L’ordinaire devient ainsi extraordinaire par la vision qu’elle offre de l’instant joyeux cueilli dans sa simplicité.

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Yvonne Morell et François Speranza: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(29 mars 2017 photo Jerry Delfosse)

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Signature d'Yvonne Morell

                   12273217878?profile=original            Exposition  Yvonne Morell à l'Espace Art Gallery en mars et avril 2017 - Photo Espace Art Gallery

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Dadaïstes et troubadours

Propos

J'avais cru que les dadaïstes,
Voulant s'affirmer à tout prix,
Avaient certes seuls entrepris
De mettre l'ineptie en piste.

Pour distraire le roi de France,
Des chantres et troubadours
Qui se présentaient à sa cour
Participaient à sa brillance.

Pour le faire rire, en ce temps,
Ils composaient des fatrasies,
Qui créaient une fantaisie,
Un gai babillage d'enfant.

Leurs dires n'étaient pas débiles;
Ces poètes talentueux
Étaient, toujours, respectueux
D'une forme et fort habiles

Je l'ai bien compris en lisant
Les plus connues de ces comptines
Qui pourraient sembler enfantines

Fatrasie de Baudet Herene


La chose va très mal

Où point n'a de justice

La chose va très mal

Dit un veau de métal

Au front d'une génisse,

Qui en un orinal

Buta un cardinal,

Qui faisait sacrifice

De l'oeil d'une écrevisse

En un four de cristal,

Pour ce que sa pelisse

Tenait état royal

Où n'a point de justice.

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Dadaïstes et troubadours

Propos

J'avais cru que les dadaïstes,
Voulant s'affirmer à tout prix,
Avaient certes seuls entrepris
De mettre l'ineptie en piste.

Pour distraire le roi de France,
Des chantres et troubadours
Qui se présentaient à sa cour
Participaient à sa brillance.

Pour le faire rire, en ce temps,
Ils composaient des fatrasies,
Qui créaient une fantaisie,
Un gai babillage d'enfant.

Leurs dires n'étaient pas débiles;
Ces poètes talentueux
Étaient toujours respectueux
D'une structure et fort habiles

Je l'ai bien compris en lisant
Les plus connues de ces comptines
Qui pourraient sembler enfantines
Si l'art n'y était pas présent.

5 janvier 2017

Fatrasie de Baudet Here


La chose va très mal

Où point n'a de justice

La chose va très mal

Dit un veau de métal

Au front d'une génisse,

Qui en un orinal

Buta un cardinal,

Qui faisait sacrifice

De l'oeil d'une écrevisse

En un four de cristal,

Pour ce que sa pelisse

Tenait état royal

Où n'a point de justice.

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Dadaïstes et Troubadours

Propos

J'avais cru que les dadaïstes,
Voulant s'affirmer à tout prix,
Avaient certes seuls entrepris
De mettre l'ineptie en piste.

Pour distraire le roi de France,
Des chantres et troubadours
Qui se présentaient à sa cour
Participaient à sa brillance.

Pour le faire rire, en ce temps,
Ils composaient des fatrasies,
Qui créaient une fantaisie,
Un gai babillage d'enfant.

Leurs dires n'étaient pas débiles;
Ces poètes talentueux
Étaient, toujours, respectueux
D'une forme et fort habiles

Je l'ai bien compris en lisant
Les plus connues de ces comptines
Qui pourraient sembler enfantines
Si l'art n'y était pas présent.

5 Janvier 2017

Fatrasie de Baudet Herene


La chose va très mal

Où point n'a de justice

La chose va très mal

Dit un veau de métal

Au front d'une génisse,

Qui en un orinal

Buta un cardinal,

Qui faisait sacrifice

De l'oeil d'une écrevisse

En un four de cristal,

Pour ce que sa pelisse

Tenait état royal

Où n'a point de justice.

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Le rire blâmable

                                                     Propos


Des humoristes, fréquemment, se permettent de se moquer, sans aucune méchanceté, des manies de gens bien connus. Ceux-ci ne leur en veulent guère; tout au contraire peuvent en rire.

Durant des manifestations, il arrive qu'un malappris déclenche une joie collective. Il sait que le culot fait rire. Lors, à l'improviste, voulant le rendre ridicule, il fait subir un entartage à un personnage important. Le résultat se réalise.

Mais comment trouver du plaisir face à une semblable agression?
Étant ministre, Mannuel Walls avait fermement déclaré toute violence inadmissible.
Or ma surprise fut grande quand je vis le comportement de François Fillon, indignement enfariné, opter pour faire de l'humour. Quel respect a-t-il pour lui-même?
Le monde est au courant de tout et sans doute doit s'étonner de l'attitude des Français dont était loué le bon goût.
Puisque leur pays est en marche, il est probable qu'ils arrivent dans un espace de détente, propice aux saines réjouissances, où les rires seront tendresse.

7 avril 2017

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LE VIEUX PRUNIER.

Qu'il est beau le prunier

Au bord de l'agonie

Fait rêver à l'été

Aux fruits qui font envie...

Il est vieux mais vaillant

Sa splendeur est flagrante

Il fait chanter le printemps

Sa quête est émouvante...

Sans égards et sans soins

Il survit hors du temps

Il fleurit son chemin

C'est l'envie au présent!

J.G.

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administrateur théâtres

1800918208.jpg SHAKESPEARE s'empare de la mythologie grecque pour nous emmener d'emblée à Athènes où le Duc Thesée prépare ses noces, mais très vite, il nous plonge dans une forêt féerique et enchantée sortie tout droit de la mythologie celtique et nous donne à voir, au clair d'une lune toujours présente, une nature bien débridée. Le visible flirte avec l'invisible, le réel avec l'illusion, le rêve avec le cauchemar, la farce avec la gravité, l'été avec l'hiver, l'ordre avec le désordre, le désir avec l'amour. Dans ce monde surnaturel et chaotique, d'étranges mutations abondent: les jeunes Lysandre et Demetrius sont victimes des renversements de leurs sentiments pour Hermia et Helena; Bottom, le tisserand, se transforme en âne à l'insu de lui-même; Puck, le lutin, devient air ou brouillard; les artisans–acteurs se métamorphosent en Pyrame et Thisbé et tout cela, sous le regard d'Obéron, qui règne en maître sur cette nature féerique et désordonnée.

IsabelleDeBeir-LeSongeD'UneNuitD'Ete13.jpg 07.04 > 08.04.17

Vite! Il ne  reste  que deux jours pour apprécier cette pièce complètement débridée et pourtant totalement domptée par l'artiste responsable de la mise en scène!

Le Théâtre en Liberté présente "Le songe d'une nuit d'été" Avec: 

 Maxime Anselin (Snug), Chris Baltus (Snout), Alexandre Croissiaux (Toile d’Araignée), Toni D'Antonio (Quince), Isabelle De Beir (Philostrate), Lucie De Grom (Fleur des Pois), Claire Frament (Graine de Moutarde), Bernard Gahide (Puck), Jeremy Grynberg (Démétrius), Elsa Guénot (Hermia), Stéphane Ledune (Bottom), Julie Lenain (Helena), Éléonore Peltier (Phalène), Sylvie Perederejew (Hippolyta et Titania), Fabrice Rodriguez (Thésée et Obéron), Laurent Tisseyre Égée et Starveling), Benjamin Vanslembrouck(Flûte), Valentin Vanstechelman (Lysandre),  en alternance: Jadyson Betebe, Akandima Itin, Clément Lekefack et Siya Tisseyre (L’enfant)

3648456912.jpg

Voici les facéties de Cupidon moquées par le plus grand des dramaturges. Éloge de la folie, de l'amour aveugle, des amours contrariées, du grain de sable qui brise nos vies, de la comédie humaine, de la force du destin, de la folie des apprentis sorciers, des arbres et forêts mystérieuses, de la gloire antique et de la mythologie celtique. Grains de folie, cousus main dans un texte hilarant, qui dit sa foi dans l'oeuvre humaine par excellence: le théâtre. Il rassemble les sentiments, les tourments, les injustices, les coups du sort, les rêves épars et conjure les malédictions! Il se pique même d'autodérision!  Le seigneur des théâtreux du monde entier, est un Prométhée qui a volé la sagesse divine et l'a partagée avec ses frères humains! Il est presque trop tard pour que vous alliez vous abreuver de mystère, de doutes et de farce dans cette belle comédie humaine, mais allez-y, sortez vos antennes de l'invisible, courrez-y ventre à terre! C'est une nuit où tout est permis!  Dixit Le Grand William, farceur et iconoclaste! La lune elle-même se transforme en boule à facettes!  Dans une mise en scène stupéfiante et éblouissante d'Hélène Theunissen qui a tout compris!

 « Le songe d’une nuit d’été » est comme une boule à facettes qui offre des miroirs de perspectives et des niveaux de lectures à l’infini. Tout y est contraste. Tout y est possible. Tout y est mystère. Tout y est réel. Tout y est imaginaire.

754429456.jpg

Un spectacle dédié à la mémoire de l’exceptionnel comédien Jaoued Deggouj, décédé il y quelques mois.

ADAPTATION : Maxime Anselin

SCÉNOGRAPHIE Sabine Theunissen

PEINTURES Anaïs Thomas

CRÉATION DES COSTUMES Astrid Michaelis

RÉALISATION DES COSTUMES Astrid Michaelis & Anne Compère

MAQUILLAGES Djennifer Merdjan

COIFFURES Laetitia Doffagne

CRÉATION SONORE Daniel Dejean

CRÉATION LUMIÈRES Philippe Sireuil

Retrouvez ici le teaser du spectacle

THEATRE DES MARTYRS

Place des Martyrs 22 - 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 223 32 08


http://theatre-martyrs.be/

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Adrien Candiard, Quand tu étais sous le figuier...
Adrien Candiard, Quand tu étais sous le figuier...

Adrien Candiard, Quand tu étais sous le figuier... Propos intempestifs sur la vie chrétienne, Les Editions du Cerf, 2017

Dominicain vivant au couvent du Caire, Adrien Candiard est l'auteur notamment de En finir avec la tolérance ? Différences religieuses et rêve andalou, Paris, PUF, 2014, Veilleur où en est la nuit ?, Paris, éditions du cerf, 2016, Comprendre l'islam, ou plutôt : pourquoi on n'y comprend rien, Paris, Flammarion, 2016

Quatrième de couverture :

"Qui est cette personne assise, dans l'Evangile, sous un figuier ? C'est vous, c'est moi, c'est chacune, chacun d'entre nous rêvant enfin notre vie en plénitude.

Mais à quelle existence Dieu appelle-t-il Nathanaël ? En quoi l'accomplira-t-il en suivant Jésus ? Qu'est-ce qu'une vocation ?

Nos vies sociale, intellectuelle, amoureuse ne sont jamais que la recherche et la poursuite de la vie véritable. Jusqu'à la lumineuse évidence que la vie que nous désirons et la vie que Dieu veut pour nous ne sont qu'une.

Explorant comme jamais le fil anodin de la quotidienneté anonyme, Adrien Candiard en délivre ici le miroitement secret au regard de l'éternité.

Une grande leçon, sans leçon, de spiritualité simple et haute. Un livre pour se jeter sur la voie, après l'avoir lu et dévoré."

Extrait du chapitre I :

"Le lendemain, Jésus résolut de partir pour la Galilée, et il trouve Philippe. Jésus lui dit : "Suis-moi !" Philippe était de Bethsaïde, le ville d'André et de Pierre.

Philippe trouve Nathanaël et lui dit : "Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l'avons trouvé ! C'est Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth." Nathanaël lui dit : "De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?" Philippe lui dit : "Viens et vois." Jésus vit venir Nathanaël vers lui et il dit de lui : "Voici un véritable fils d'Israël, en qui il n'y a pas de ruse." Nathanaël lui dit : "D'où me connais-tu ?" Jésus lui répondit : "Avant que Philippe ne t'appelle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu." Nathanaël reprit : "Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël." Jésus lui répondit : "Parce que je t'ai dit : "Je t'ai vu sous le figuier", tu crois ! Tu verras des choses bien plus grandes." Et il lui dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme" (Jean 1, 43-51)

C'est ce récit mystérieux qui servira de fil conducteur aux réflexions qui vont suivre, que je destine aussi bien au chrétien convaincu engagé à la suite du Christ qu'à celui qui hésite à prendre cette voie, aussi bien à la jeunesse qui s'interroge sur sa vocation qu'à l'âge mûr qui n'a jamais fini de chercher... C'est que je crois ce récit suffisamment riche pour parler à tous de notre vocation, c'est-à-dire du sens de la vie chrétienne. Peut-être parce qu'elle est fascinante, cette vocation, avec, planté en son centre, ce figuier mystérieux qui nous couvre de son ombre protectrice et nous chatouille de son parfum sucré. Ce figuier incompréhensible, cette vocation si incompréhensible, car vue de l'extérieur, une vocation authentique est toujours incompréhensible. C'est presque un critère de discernement..."

Mon avis :

"Avant que Philippe ne t'appelle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu". J'étais là quand tu as senti l'appel de l'infini, j'étais là quand Dieu a cessé d'être une chose abstraite et vague, une suite de concepts cohérents mais sans vie, et qu'il a commencé à habiter en toi sous la forme d'un désir ardent." (p.114)

Je ne remercierai jamais assez Jean-Claude Martin d'avoir choisi ce livre comme prochain sujet de notre émission "Prétextes" sur RCF en Berry, ainsi que Guy Colrat, responsable de la librairie La Procure, à Bourges, de me l'avoir "procuré".

Goethe a dit que la vérité est éternelle, mais qu'elle se révèle dans le temps à chaque homme, selon ses capacités et son degré d'avancement. Je ne me sens ni très avancé, ni très "capable", mais ce livre est arrivé pour moi à point nommé et m'a aidé, non pas à maîtriser complètement le sens de ces textes inépuisables (qui le pourrait ?), mais à croquer dans la Parole pour en mieux goûter la saveur de datte, de pomme sucrée, de figue fraîche, de cédrat confit et de grenade juteuse.

L'auteur, le père dominicain Adrien Candiard applique la méthode herméneutique des Pères de l'Eglise, des yeschivas et du "tawil" à un épisode mystérieux de l'Evangile de Jean (Jean 1, 43-51) : la rencontre entre Nathanaël et Jésus, avec l'idée chère aux Pères de l'Eglise que l'Ancien testament (la Torah) et le nouveau (L'Evangile) ne font qu'un, le nouveau se référant constamment à l'ancien et l'ancien annonçant le nouveau. Comme le dit le pèlerin d'Emmaüs dans Luc, 24,32 : "Notre cœur n'était-il pas tout brûlant à l'intérieur lorsqu'il nous expliquait les Ecritures".

"Quand tu étais sous le figuier" est un fragment du dialogue entre de Jésus et Nathanaël : "Nathanaël lui dit : "D'où me connais-tu ?" Jésus lui répondit : "Avant que Philippe ne t'appelle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu."

Il se trouve que j'ai toujours été fasciné par ce passage, ainsi que par un autre, tiré de la Torah : la lutte de Jacob avec l'ange au gué de Yabboq.

Ces deux récits, selon l'auteur, doivent être mis en perspective, ainsi que l'épisode des noces à Cana qui suit immédiatement celui de la rencontre entre Nathanaël et Jésus.

De même qu'il convient, selon lui, de faire le lien entre cette rencontre et le songe de Jacob (la révélation), la lutte de Jacob avec l'ange (la prière), la rivalité avec son frère Esaü (le péché) et la réconciliation entre Jacob et Esaü (le pardon).

Le fil conducteur du livre est l'affirmation que l'Evangile est une promesse de bonheur, non pas dans l'au-delà, mais dès ici-bas, un bonheur au parfum aussi "mystérieux et insaisissable" que celui du figuier.

"Le bonheur est notre vocation", nous sommes appelés au bonheur, "la vie chrétienne, c'est d'avoir le courage de ne pas renoncer à la joie" (p.14), une vocation "personnelle et unique" , "concrète et singulière" qui relève de l'aventure.

La vocation de Nathanaël est "sinueuse, traversée de soupçons, de questions, d'échanges incompréhensibles et d'enthousiasme sans retenue" (p.19), elle est précédée par la vocation de Philippe car "nous ne sommes pas devenus chrétiens sans que d'autres chrétiens nous précèdent" (p.21), elle est un face à face avec Dieu qui a vu chacun d'entre nous "sous le figuier".

La vocation suppose un isolement temporaire, une prise de distance et une insatisfaction ; elle est toujours "dérangeante" car elle nous conduit à l'amour véritable qui n'est pas un long fleuve tranquille.

Les deux questions, "qui est Dieu ?" et "qui suis-je ?" ne sont pas concurrentes, mais complémentaires car seul Dieu peut nous révéler à nous-mêmes.

Selon Jésus, Nathanaël est "un vrai Juif, un juif authentique, un observateur de la Loi comme Dieu les aime", mais il faut aller chercher plus loin. Il faut aller chercher du côté de Jacob, dont Nathanaël est le fils, comme tous les juifs et dont nous sommes aussi les fils par adoption.

"Jacob... ce petit-fils d'Abraham n'est pas le plus célèbre des patriarches, ni probablement le plus saint, mais c'est incontestablement le plus rusé." (p.41). L'auteur fait allusion à l'échange du droit d'aînesse d'Esaü contre un plat de lentilles et au vol de la bénédiction d'Esaü dans le Livre de la Genèse.

Au cours du mystérieux épisode du gué de Yabboq, Jacob va recevoir un nouveau nom que porteront tous ses descendants : "Israël" qui signifie "fort contre Dieu".

Selon l'auteur le rapprochement entre Jacob de Nathanaël s'impose car la rencontre entre Nathanaël et Jésus ressemble aussi à un combat, un combat à l'issue duquel Nathanaël est conquis.

L'auteur rappelle l'interprétation des Pères de l'Eglise selon lesquels la lutte de Jacob avec l'ange (ou avec Dieu) est une métaphore de la prière. La prière est donc un combat et d'abord un combat contre nous-mêmes : "Le premier enjeu, peut-être le seul enjeu, c'est d'être là, d'être vraiment là, de ne pas envoyer quelqu'un d'autre prier à notre place." (p.47).

"Etre un véritable fils d'Israël, c'est passer Yabboq avec lui. C'est ne pas reculer devant ce combat difficile de la prière où, même quand le combat est aride, même quand il est désespérant d'ennui, nous avons déjà gagné, car en combattant, nous sommes avec Dieu. Car la prière n'est pas autre chose que le désir de la présence de Dieu." (p.52)

"Parce que je t'ai dit : "Je t'ai vu sous le figuier", tu crois ! Tu verras des choses bien plus grandes." Et il lui dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme." (Jean 1, 43-51).

L'auteur rapproche ce passage de l'Evangile de Jean du songe de Jacob dans la Livre de la Genèse (28, 11-19) : « Jacob quitta Beer-Sheva, et s'en alla vers Haran. Il arriva en ce lieu et y resta pour la nuit car le soleil s'était couché. Prenant une des pierres de l'endroit, il la mit sous sa tête et s'allongea pour dormir. Et il rêva qu'il y avait une échelle reposant sur la terre et dont l'autre extrémité atteignait le ciel ; et il aperçut les anges de Dieu qui la montaient et la descendaient ! Et il vit Dieu qui se trouvait en haut [ou à ses côtés] et qui lui disait : « Je suis Dieu, le Dieu d’Abraham et le Dieu d’Isaac ton père ; la terre sur laquelle tu reposes, je la donnerai à toi et à tes descendants ; et tes descendants seront comme la poussière de la terre, et ils s’établiront vers l’ouest et vers l’est, vers le nord et vers le sud ; et par toi et tes descendants, toutes les familles sur la terre seront bénies. Vois, je suis avec toi et te protégerai là où que tu ailles, et je te ramènerai à cette terre ; car je ne te laisserai pas tant que je n'aurai pas accompli tout ce dont je viens de te parler. » Jacob se réveilla alors de son sommeil et dit : « Sûrement Dieu est présent ici et je ne le sais pas. » et il était effrayé et dit : « Il n’y a rien que la maison de Dieu et ceci est la porte du ciel. »

Nathanaël s'étonne que Jésus l'ait vu sous le figuier et Jésus lui répond qu'il verra des choses bien plus grandes, aussi grandes, sinon plus que les choses qu'a vues Jacob. Selon l'auteur, nous manquons d'ambition (ou d'espérance, c'est tout comme), nous avons tendance à demander trop peu à Dieu, lui qui peut nous donner la terre promise, la paix et la Joie parfaite qu'annonce le parfum suave et sucré du figuier.

La Torah est remplie de conflits entre frères, depuis Caïn et Abel jusqu'à Joseph vendu par ses frères, en passant par Jacob et Esaü. L'auteur montre l'omniprésence de la rivalité fraternelle dans la Bible, la difficulté d'aimer son prochain et la nécessité de le faire quand même, car l'amour de Dieu, l'amour de soi-même et l'amour du prochain ne font qu'un. Jacob nous montre la voie : la fuite loin de sa patrie d'origine, la révélation de la verticalité, le combat contre l'Ange le conduisent à la connaissance de lui-même, au repentir et à la réconciliation avec Esaü.

L'auteur affirme "qu'il n'y pas de vie communautaire possible, comme il n'y a pas de vie de couple, comme il n'y a pas de vie chrétienne, sans pratique du pardon authentique", mais que le pardon "passe toujours par la vérité".

Dieu n'est pas un "philanthrope" ; il n'aime pas l'humanité en général, mais "il connaît chacun personnellement, aime chacun personnellement. Il n'aime pas l'humanité, il aime chaque homme et chaque femme, un par un." (p.71)

Nous devons nous accepter comme nous sommes, avec nos talents et nos défauts parce que c'est ainsi que Dieu nous a créés et qu'il nous aime. L'auteur attire notre attention sur la rivalité et la jalousie qui ont égaré Caïn, ainsi que les frères de Joseph.

"Être véritablement fils ou fille d'Israël peut (donc) signifier encore davantage que de supporter dignement les autres. Cela veut dire aussi qu'il faut apprendre à aimer."

L'auteur nous met en garde contre une conception idéaliste de l'amour et contre la dichotomie entre "éros" (l'amour charnel) et "agapè" (la charité) : "aimer à la Jacob, sans doute en n'ayant pas quatre femmes ou quatre maris, mais en ne distinguant pas trop entre les formes d'amour. Car il n'y a qu'un amour." (p.81)

Le chemin de l'amour est long et douloureux ; on peut se tromper, s'égarer. Mais le pire est de ne pas se mettre en chemin : "Va, quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père !" (Genèse, 12,1)... "Etre amoureux, tomber amoureux (les Québécois disent joliment "tomber en amour") est une expérience qui fait toujours sortir de soi." (p.85)

"Être amoureux est toujours une expérience de la faiblesse" (p.88), "Je me retrouve du jour au lendemain à la merci de quelqu'un." (ibidem). Cette impossibilité ontologique et éthique de se suffire à soi-même est symbolisé par la création d'Eve à partir de la côte (ou plus exactement du côté) d'Adam. Cependant, il y aura toujours du manque : "La vie de couple ne guérit jamais complètement la blessure au côté." (p.91)

L'auteur souligne l'importance du temps, de la maturation, du "processus", dans la vie de Jacob, dans celle de Nathanaël, dans celle de chacun d'entre nous, comme pour les grands vins (l'auteur a un faible pour le Corton-Charlemagne !). Nous cheminons vers le Royaume avec nos défauts et nos faiblesses : "Le saint prie avec son espérance et le pécheur avec son péché." (p. 102). Le repentir n'est pas l'enfermement dans la culpabilité qui "empêche de retirer le bénéfice du péché". (p.103)

Nous ne devons pas idolâtrer les grâces passées : "Dieu ne nous redonnera pas la grâce passée. Pas parce qu'il est radin, mais parce qu'il a mieux à nous proposer. Ce que Jésus rappelle à Nathanaël, c'est qu'avec Dieu, le meilleur est toujours à venir." (p.134)

L'auteur reprend à la fin du chapitre 10 une distinction de Jacques Derrida entre le futur et l'avenir : "le futur, ce sont nos projets, c'est l'avenir organisé, prévu, ordonnancé, balisé auquel nous sommes préparés. L'avenir, à l'inverse, c'est ce qui va venir, pas ce que nous avons préparé."... "On ne sait jamais ce qui va naître de la vie. Avec une pierre, au moins, on est fixé." (p.139)... "L'espérance ne peut prendre racine que dans l'avenir, car il s'agit d'accueillir le Royaume qui vient." (ibidem)

Le songe de Jacob révèle l'importance spirituelle du sommeil : "Dieu comble son bien-aimé quand il dort" (Psaume 126)... "Dieu vient se révéler dans le lieu où nous dormons." (p.145) ... La foi, c'est ce qui permet de dormir (!) (p.147)

Le dernier chapitre médite sur les noces de Cana qui fait suite, explique l'auteur, à la rencontre entre Jésus et Nathanaël (la division de la Bible en chapitres date du Moyen-Âge), c'est-à-dire au récit d'une vocation. Nous sommes appelés à la joie parfaite, à la vie surabondante, à l'ivresse des noces.

L'auteur souligne l'importance de l'humour dans la vie spirituelle : "on ne peut servir deux maîtres à la fois, prendre Dieu au sérieux et se prendre au sérieux"... Le diable est trop orgueilleux pour avoir de l'humour... Et de même qu'il n'y a pas deux formes d'amour, mais un seul amour, il n'y pas deux formes de joie et rapporte pour finir cette belle anecdote :

"Au XIIIème siècle, alors que l'ordre dominicain vient de naître, le Maître de l'ordre, Jourdain de Saxe, est en voyage avec un groupe de novices. Alors qu'ils prient, eux aussi, l'office de complies, un fou rire gagne les jeunes gens (...) ; les gestes agacés d'un autre frère, s'efforçant d'y mettre fin, n'ont d'autre résultat que de faire redoubler leur hilarité. Le Maître de l'ordre finit par intervenir pour réprimander, non les novices, mais ce frère qui veut les faire taire. Se tournant vers les novices, il leur dit au contraire : "Vous avez bien raison de rire ! Riez, parce que vous êtes à l'aise pour vous sentir chez vous dans la maison de Dieu ! Riez, parce que vous vous aimez assez pour ensemble vous amuser d'un rien ! Riez, parce que vous avez en vous cette légèreté joyeuse qui doit porter les ailes des anges au paradis ! Riez, parce que vous êtes sauvés ! Riez, parce que le Royaume de Dieu est tout proche de vous !"

 

 

 

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Lorenza Foschini, Le manteau de Proust

Lorenza Foschini, Le manteau de Proust
Lorenza Foschini, Le manteau de Proust

Lorenza Foschini, Le manteau de Proust (Il cappotto di Proust), Histoire d'une obsession littéraire, traduit de l'italien par Danièle Valin, La Table ronde, 2016

Née à Naples en 1949, Lorenza Foscini vit à Rome. Journaliste et écrivain, elle a été présentatrice du journal télévisé TG2. Fervente lectrice de Proust, elle a traduit du français Retour à Guermantes, un recueil d'inédits proustiens.

Préambule :

"Ceci n'est pas un récit imaginaire. Tout ce que j'ai écrit s'est réellement passé, les personnages de cette histoire ont réellement existé. En la reconstituant, en lisant les documents, en approchant au plus près ceux qui l'ont vécue, j'ai découvert l'importance de l'infime, des objets sans valeur, des meubles d'un goût douteux, et même d'un vieux manteau élimé. Car ces choses les plus communes peuvent se révéler des scenarios de passion insoupçonnée."

"En discutant avec le costumier de Luchino Visconti, Lorenza Foschini apprend l'existence, au fond d'une caisse du musée Carnavalet, d'une relique hors de prix pour les passionnés de Proust : son manteau, ce grand habit noir dans lequel l'écrivain s'est emmitouflé toute la fin de sa vie, et qui reste un des détails les plus souvent rappelés par ceux qui, comme Cocteau et Morand, ont honoré sa mémoire après sa mort. Elle apprend aussi que c'est Jacques Guérin, grand amoureux de la Recherche et collectionneur fortuné, qui en a fait don au musée peu avant sa mort. La découverte de cette trace si concrète de l'existence de Proust décide la journaliste à se lancer dans une enquête sur une autre enquête, celle de Jacques Guérin. Ce dernier, grâce au contact qu'il avait noué avec le docteur Robert Proust, frère de Marcel, est parvenu, de fil en aiguille, à rassembler une inestimable collection : le lit de Marcel, son bureau, des lettres et des notes sur des morceaux de chiffon et, surtout, son manteau." (source : babelio)

Citations :

"Mais comment donc ce manteau vous est-il parvenu, monsieur ?" lui demanda-t-il alors. Et l'homme de raconter son extravagante histoire..." (p.24)

"(...) Werner le conduit au fond du hangar. Guérin lui emboîte le pas avec l'excitation qui le gagne lorsqu'il est sur le point d'acquérir un livre désiré, un manuscrit rare, quelque chose qui possède ce mystère latent que détiennent les objets des autres, quand ils ont été aimés et tenus pour précieux. Se les approprier signifie peut-être retenir une étincelle de cet amour, de ce plaisir, et se sentir enfin comblé ; mais il y a plus : le sentiment qui l'anime n'est pas celui du collectionneur, c'est celui du sauveur." (p.96)

"Jacques est persuadé qu'une force étrangère à sa volonté l'a conduit à sauver ces meubles d'une fin misérable à laquelle ils étaient destinés ; il a été désigné pour accomplir une tâche à laquelle il ne pouvait se soustraire, et lorsqu'il contemple cette chambre solitaire, il a l'impression que le lit, le bureau, la bibliothèque, de même que les objets personnels ne représentent pas un décor funèbre, mais qu'ils possèdent au contraire une mystérieuse vie intérieure." (p.99)

"Quand je ferme les yeux et pense à Proust, je le vois enveloppé dans son manteau foncé, tel que le décrivent la plupart de ceux qui l'ont connu. De même, en lisant La Recherche, je ne peux m'empêcher de l'imaginer emmitouflé dans son manteau doublé de loutre." (p.103)

Mon avis :

Ces dialogues de sourds entre le parfumeur et collectionneur passionné par Proust Jacques Guérin, héros de ce livre, soldat inconnu de la bataille contre le vandalisme et l'oubli, et Marthe Dubois-Amiot, la belle-soeur de Proust, que rapporte Lorenza Foschini en disent long sur l'incompréhension dont souffrit l'auteur de La Recherche du temps perdu au sein de sa propre famille :

"Madame, murmura-t-il d'un ton déférent, permettez-moi de vous dire quelle a été ma joie lorsque, au cours de ma visite dans son cabinet, votre mari  m'a accordé le privilège de voir les cahiers manuscrits de son frère que j'admire tant."

Et comme la dame l'écoutait sans répondre avec un sourire figé, il insista :

"Vous devez posséder une immense quantité de manuscrits, de lettres, de papiers de votre beau-frère. Comme cela doit être passionnant !"

La voix nasillarde, presque stridente, de Marthe s'éleva au-dessus du bourdonnement du salon :

"Ne m'en parlez pas, cher monsieur ! Nous sommes envahis de papiers en tout genre. Mais mon mari et moi sommes en train de mettre un peu d'ordre dans ce fatras de lettres, de cahiers, de billets... Nous brûlons... nous brûlons tout ! Sur ce, satisfaite d'elle-même, un sourire froid aux lèvres, elle se tut." (p.53)

"Mais enfin, Madame, votre beau-frère était un génie. Est-il possible que vous n'ayez jamais eu le désir de lire son roman ?"

Et Marthe, retrouvant sa voix stridente d'autrefois, répondit du ton sec et ferme de la bourgeoise bien élevée qui ne doute jamais des devoirs de sa condition : "Allons, Monsieur Guérin ! Il n'y est écrit que des mensonges !" (p.117)

"A Philippe Kolb, qui consacra une bonne partie de sa vie à recueillir la somme des lettres de Marcel, Madame Proust exprime d'une manière tout aussi sèche et éclairante l'idée qu'elle se fait de son beau-frère (...) : "Monsieur, mon beau-frère était un être bizarre." Il n'aura pas droit à un mot de plus. " (ibidem)

"L'homosexualité de Proust, selon l'auteur, explique cette histoire d'incompréhensions familiales, de silences, de papiers déchirés et de meubles abandonnés. Un mur invisible mais infranchissable. Dans le dédale des rapports entre parents et enfants, entre frères, entre beau-frère et belle-soeur, entre oncle et nièce, au détour des phrases où se détachent les mots non-dits, on finit toujours par se heurter à ce mur menaçant et insurmontable. Les silences se transforment alors en rancoeurs, les incompréhensions en geste de vandalisme." (p.81)

Quant au fameux manteau, détail sans importance qui se révèle déterminant, comme dans les romans d'Agatha Christie, retrouvé par Jacques Guérin en possession d'un certain Werner, brocanteur de son état, puis redécouvert par l'auteur dans les réserves du musée Carnavalet, il est comme un double de Proust - "objets inanimés, avez-vous donc une âme ?" -, mais il fut aussi, après la mort de Proust, le "bouc émissaire" de l'aigreur qui, au fil des années, s'était transformée en haine, non seulement contre Marcel, à cause de sa "bizarrerie", mais aussi contre son frère Robert, le mari de Marthe, pour des raisons que connaissait Marcel et auxquelles il fait allusion dans la Recherche.

Faut-il connaître la vie d'un écrivain pour comprendre son oeuvre ? Sur ce point, Lorenza Foschini semble donner tort à Proust et raison à Sainte-Beuve en montrant que chez Proust, les deux sont inséparables et aussi passionnantes l'une que l'autre..

"Ce qui nous rend le corps des poètes translucide et nous laisse voir leur âme, ce ne sont pas leurs yeux, ni les événements de leur  vie, mais leurs livres où précisément ce qui de leur âme, dans un désir instinctif, voulait se perpétuer, s'est détaché pour survivre à leur caducité." (Marcel Proust, cité p.34-35)

Oui, bien sûr. Mais comment Proust aurait-il pu prévoir que la lutte pour la sauvegarde des objets qui l'entouraient : ses vêtements, son manteau,  ses photographies, ses lettres, ses papiers, ses manuscrits... deviendraient le sujet d'un livre sur un thème proche de celui de la Recherche : la lutte contre l'indifférence et l'oubli, la résurrection du passé ? 

 

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Les mots sont des cris

Les mots sont des cris
Qui traduisent nos maux
Des prières

Qui se jettent à l'eau
Dans ce monde pas toujours beau
Les mots sont des partages
Qui doivent voyager
De page en page
Comme mille petites veilleuses
Qui peuvent changer le cours des choses
Quand de notre plume on ose
Au-dessus de la souffrance Overdose
Hurler les douleurs de nos jeunes
Dans un monde trop factice
Pour être juste...

Pascale;le 9 novembre 2015
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Ce renouveau, en ma vieillesse


Il y aura certes des fleurs
Et des oiseaux en ce printemps.
Or fade est son commencement,
Il n'engendre pas de ferveur.

L'instant s'écoule sans brillance,
M'offre l'image de la paix.
L'équilibre semble parfait;
Le garde intacte le silence.

Ma rue reste imbibée de pluie.
Volatile ma pensée erre.
Sans intérêts, la laisse faire.
Je ne ressens aucune envie.

Ne me manque pas la tendresse,
Qui m'arrive très fréquemment,
D'un rayonnant ruissellement,
Se posant sur moi en caresses.

Lors où en est ma joie de vivre?
Ai reçu mon lot de bonheur,
L'ai savouré dans la candeur.
Paraît loin le vent qui enivre.

6 avril 2017

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LA VAGUE

une aquarelle

d'Adyne Gohy

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a été inspirée par

MISCELLANEA

un poème

de

Raymond Martin

Oraison funèbre oubliée par le temps,

Paroles envolées au champs d’honneur apatride,

Heurte la tête vide du soldat laboureur.

Fleurissantes marguerites piétinées en chemin.

 

Ivresse, ivresse, ô ivresse mon amie,

Dans la nuit divine tu m’apportes la vie

Par sa peau si soyeuse d’un avenir certain,

Au contour d’un sein et du phare de ses yeux.

 

Au passage de la vie sous le sceau de la scie

Minuit a sonné le festin du destin

La messe fut dite et le calice amère car,

Satan, saperlipopette, ne fut pas de la fête.

 

Trou noir béant dans l’éventail rougeâtre,

Découvre l’oeil pétillant d’une Carmen d’albâtre,

Andalouse enflammée par le sang, réclame

La juste récompense pour taureau héroïque.

 

A tort ou à raison, les choeurs à l’unisson

Egrainent sans cesse des paroles singulières et

Imprimées sur les pages jaunies et fanées

Pour qu’un regard étonné s’y pose et les lise.

 

Etrange parchemin où des dessins suggèrent

Un regard fripon aux perles irisées,

Insistant à la balade sur le contour de lèvres

Embaumées par un ciel bleu d’été.

 

La douce chaloupée de la chaloupe en dérive

Prend des allures chaotiques sous le ciel étoilé.

Du creux de la vague à la crête des flots,

L’immensité profonde gagnera de la vie.

 

Courtisant à quatre pattes, perruque farinée

Soucieux que de lui on ne se raille,

Sous une bagatelle, courbe l’échine

A la vue de Madame cheminant à Versailles.
Raymond Martin

 

 

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Vague à l'âme face à la nuit

L'espace est devenu très noir.
J'aurais plaisir à recevoir
Une bouffée de poésie.
L'instant manque de fantaisie.

Je sais que les êtres s'activent,
Croient aux forces évolutives.
Ils avancent bon gré, malgré
Et participent au progrès.

Venue d'une tout autre époque,
Me tiens des propos équivoques.
Je n'arrive pas à conclure
Pourquoi un chagrin ne perdure.

Par son pouvoir, la providence
Délivre de sa persistance.
Quand de l'oubli, il resurgit,
Le transcende la poésie.

5 avril 2017

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administrateur théâtres

Stabat Mater dolorosa, 
La mère douloureuse se tenait debout

juxta crucem lacrimosa, 
Au pied de la croix en larmes. 

dum pendebat filius 
Tandis qu’on y suspendait son Fils. 

Cujus animan gementem, 
Dont l’âme gémissante 

contristatam ac dolentem, 
désolée et dolente

per transivit gladius 
fut transpercée par le glaive

O quam tristis et afflicta, 
O Combien triste et déchirée

fuit illa benedicta 
fut cette âme bénie

Mater Unigeniti
de la Mère du Fils unique 


Quae mœrebat et dolebat, 
Elle gémissait se désolait

et tremebat dum videbat 
et tremblait à la vue 

nati pœnas incliti 
des angoisses de son Fils divin 

Quis est homo qui non fleret, 
Quel homme n’aurait pleuré

Christi Matrem si videret, 
en voyant la Mère du Christ

in tanto supplicio 
subissant un tel supplice. 

Quis non posset contristari 
Qui aurait pu sans être consterné

Christi Matrem contemplari 
contempler la Mère du Christ

dolentem cum Filio ? 
gémissant avec son Fils ?

Pro peccatis suæ gentis, 
Pour les péchés de la race humaine

vidit Jesum in tormentis 
elle vit Jésus dans les tourments 

et flagellis subditum 
subissant la flagellation 

Vidit suum dulcem natum 
Elle vit son doux enfant 

Morientem desolatum 
dans la désolation 

dum emisit spiritum 
à l’heure où il rendit l’esprit 

Eia mater, fons amoris, 
Mère source d’amour,

me sentire vim doloris 
fais que je partage ta douleur

Fac ut tecum lugeam 
et tes pleurs 

Fac ut ardeat cormeum, 
Fais que mon cœur s’enflamme

in amando Christum Deum 
pour l’amour du Christ-Dieu

Ut sibi complaceam 
afin que je lui complaise 

Sancta Mater, istud agas, 
Sainte Mère, fais aussi 

Crucifix fue plagas, 
que mon cœur s’unisse

cordi meo valide 
aux souffrances du Crucifié 

Tui nati vulnerari,
A ton enfant meurtri

Tam dignati pro me pati,
que je suis digne de m’unir

Poenas mecum divude 
afin qu’il partage avec moi ses peines

Fac me vere tecum flere 
Permets qu’avec toi je pleure

Crucifixo condolere 
pour souffrir avec le Crucifié

Donec ego vixero
et cela tant que je vivrai.

Juxta crucem tecum stare 
Permets qu’au pied de la Croix près de toi

te libenter sociare
je m’associe à toi

in planctu desidero 
au plus fort de ta douleur. 

Virgo virginum prœclara
Vierge entre toutes choisie

mihi jam non sis amara 
qu’à moi jamais douleur aussi amère 

Quis non posset contristari 
ne me soient infligée près de toi. 

Fac ut partem Christi mortem 
Fais que je porte en moi la mort du Christ

passionis fac consortem 
qu’associé à sa passion 

et plagas recolere 
je revive ses souffrances

Fac me plagis vulnerari
Fais que blessé de ses blessures 

Cruce hac inebriari
je sois enivré de sa croix 

Et cruore Filii 
et du sang versé par ton Fils 

Inflammatus et accensus
Pour que je ne brûle point des flammes éternelles

Per te,Virgo, sim defensus 
ô vierge protégé,

in die judicii par toi, 
je sois au jour du jugement 

Fac me cruce custodiri 
Christ lorsqu’il me faudra sortir de ce monde 

Morte Christi prœmuniri
permets que conduit par ta mère j’accède

Confoveri gratia 
à la palme de la victoire 

Quando corpus morietur 
Quand mon corps mourra

Fac ut animae donetur 
fais que soit donné à mon âme

Paradisi gloria 
la gloire du Paradis.

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Le Stabat Mater de Pergolesi, part à la rencontre de cette méditation extraordinaire sur la douleur de Marie devant le supplice et la mort de son fils, composée par le moine franciscain Jacopone da Todi au XIIIe siècle. Cette œuvre ne cesse de vous mettre encore et toujours les larmes aux yeux… huit siècles plus tard. Dans sa mise en musique, J.B Pergolesi nous donne à scruter nos consciences et à envisager toute chose qui dépasse l’humain et le délivre de son orgueil insensé. C’est en 1736, à l’âge de 26 ans et tuberculeux que Pergolesi composa cette dernière œuvre dans un monastère près de Naples, avant d’y mourir.

 Quis est homo qui non fleret,

Matrem Christi si videret

in tanto supplicio?

Quel homme sans verser de pleurs

Verrait la Mère du Seigneur

Endurer si grand supplice ?

Un texte et une musique poignants mis délicatement en chant choral par Anthony Vigneron avec ses solistes professionnels qui composent l’Ensemble Vocal de l’abbaye de la Cambre. Des voix délicieuses... Julie CalbeteCoenjaerts Marie-Laure Gilles Thomas et Anne Hélène Moens que nous avons découverte à l'occasion de ce concert, puisqu'elle y tenait le rôle de soliste principale.

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L’orchestre nous est venu de Budapest: le Concerto Armonico.  Ce sont de jeunes étudiants, qui jouent sur instruments d’époque et qui n’hésitent pas à démontrer par mille œillades de connivence, qu’ils s’amusent franchement lorsqu’ils jouent ensemble. Une très bonne chose d'ordinaire, mais là, l'allégresse n'avait rien de spirituel. Il semblait que le premier violon était particulièrement porté sur la badinerie avec des comparses dans la salle … Une hilarité tout de même assez dérangeante devant la douleur humaine qu’exprime cette belle œuvre de Pergolesi. Il en était de même -  et de façon encore plus évidente -  hors de la surveillance d’Anthony Vigneron, lors les deux cantates de Bach qui ont précédé le Stabat Mater: "Ich habe genug" BWV 52 et" Non sa che sia dolore" BWV 209.  Celles-ci illustraient bien  la joie intense de cette victoire éclatante sur la mort qui imprègne l’antienne du Laetare de l’office du dimanche précédent, ainsi que l'avait souligné le père Tanguy en début de concert. Ce qui n’est quand même pas une raison suffisante pour …presque chahuter en jouant de vos violons, chers musiciens de Budapest !

Tout comme le Stabat Mater, le texte de Bach est lui aussi empli de profondeur: "Aber dort, werd ich schauen süssen Friede, stille Ruhe!" "Da entkomm ich aller Not, die mich noch auf der Welt gebunden". Le texte italien n'est pas moins poignant: "Non sa che sia dolore chi dall' amico suo parte e non more. "

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes debout

Soulignons tout de même l’admirable et exquise exécution à la flûte de Jean Michel Tanguy, élève de Jean Pierre Rampal, lauréat de Genève, ancien soliste de l’Orchestre National de Belgique et professeur à la Hochschule de Mannheim, qu’il nous a été donné d’écouter aux côtés du claveciniste très inventif …Miklos Spanijl qui dirigeait l’orchestre pendant ces très belles cantates de Bach.

520498981.jpg?width=300Un événement exceptionnel avec l'orchestre Concerto Armonico Budapest et l'Ensemble Vocal de l'Abbaye de la Cambre sous la direction d'Anthony Vigneron Au programme: Stabat Mater Œuvre musicale de Giovanni Battista Pergolesi Cantates de J.S Bach Ich habe genug BWV 82 Non sa che sia dolore BWV 209

Les photos d'Arts et Lettres:

 https://www.facebook.com/pg/plusde500billetsdeDHL/photos/?tab=album&album_id=1190678201059378

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À la recherche du plaisir

                                                    Propos

 

La joie de vivre s’alimente aux sources des plaisirs. L’homme n’étant ni ange ni bête, doit satisfaire les besoins de son corps et ceux de son esprit. Pour se sentir joyeux, il part à la recherche de sensations agréables ou exaltantes si possible.

Je conçois mal cette pensée de Proust qui a écrit: on est impuissant à trouver du plaisir quand on se contente de le chercher. Je crois, au contraire qu’il est fort aisé à trouver en allant à sa rencontre. La vue d’une fleur nous est une caresse et celle d’un coucher de soleil

un délicieux émoi.

La beauté simple ou envoûtante ne peut laisser indifférent quelle que soit la forme qu’elle prend. Elle surgit dans la nature, partout et en toute saison.

L'art permet de capter l'essence des instants de grâce. Ils se renouvellent  car la nature se transforme en restant éternellement la même.

Dans le travail ou les loisirs, la joie ressentie a un effet énergétique.

Pascal pensait que l’homme suit sa raison en se donnant du plaisir. Elle permet d’apprécier ce qui est profitable ou à craindre.

Les libertins blasés se renfermaient maussades. Du plaisir, toujours du plaisir, n’est plus du plaisir selon la sagesse populaire. Mais est-ce vrai?

Il y a des plaisirs qui restent ignorés des pauvres et d’autres dont les gens riches n’ont même pas l’idée.

 Les bons vivants sont d’un commerce agréable. Ceux qui semblent bouder le plaisir ne nous stimulent guère.

Le corps a des pulsions et l’esprit des aspirations. Les plaisirs sont de natures différentes et causent des émois qui varient en intensité.

Chacun essaie de combler ses envies. Nul ne peut échapper à sa nature. Ceux qui se mortifient satisfont leur orgueil.

L’on ne devient que ce qu’on est. Il est sage de s’accepter, n’éprouvant aucune honte quand on cherche à se faire plaisir, en dépit du jugement des bien pensants souvent hypocrites.

Chaque plaisir qui se présente spontanément est une grâce.

 

 

 

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Un éclat de rire

Le cerisier en fleurs
un éclat de rire
un langage lumineux
qui ne laisse pas le choix,
une joie passagère
à saisir dans l'instant
les grappes neigeuses
à la grâce nonchalante
sont si tôt dispersées,
la faute au vent à la vie
au temps qui passe

(Martine Rouhart)

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