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Pharisiens ou patriciens ?  ... Peu de différence!

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Quand on a 18 ans, on  se sent  un héros. Aveuglé par l’amour, on ne supporte pas le monde tel qu’il est, on se révolte contre la mort, on est prêt à faire tout seul la révolution contre tous les jougs. On se sent gonflé de la puissance quasi divine, prêt  à faire tabula rasa de tout le passé, de toutes les hypocrisies de tous les mensonges et on est prêt à tous les crimes de lèse-majesté, quelle que soit la chute. On se sent libre, lucide, logique. On a des ailes. On crache sur les dieux qui autorisent la souffrance. On veut la Lune. Le rêve de l’impossible. Mais quand Caligula enclenche sa logique, c’est sa propre mort qu’il signe.

Il est jeune, il est beau, il est éphémère... comme Gérard Philippe en 1948. Il est humain, il est exalté et charismatique,  il va jusqu’au bout de la folie, comme Itsik Elbaz, en 2018. Le jeu est mené de main de maître-tailleur de pièces iconoclastes, par Georges Lini. Le spectacle?  Une machine infernale. « Il s’adressera aux gens d’aujourd’hui avec les moyens d’aujourd’hui, dans une scénographie qui sera une machine à jouer, de manière à ramener le propos de Camus à la lumière et exposer sa richesse contemporaine. « L’insécurité ! Voilà ce qui fait penser ! »  Je vais faire tomber quelques gouttes de poison dans l'intimité de chaque spectateur et faire en sorte qu'il assume entièrement ce poison.   C’est  l'expérience de la tragédie moderne, à laquelle toute l’équipe vous convie. »  La distribution de "Belle de nuit", la compagnie de Georges Lini est éblouissante. La scénographie, les costumes (Renata Gorka), résolument modernes se trouvent sous la houlette de  Patrick de Longrée. 

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 « Reconnaissons au moins que cet homme exerce une indéniable influence. Il force à penser. Il force tout le monde à penser. L'insécurité, voilà ce qui fait penser. Et c'est pourquoi tant de haines le poursuivent

La pièce s’ouvre sur le  mot « rien » (nihil). On ne peut esquiver la vérité essentielle que l’on va tous mourir. Avec la mort de sa sœur, le jeune Caligula  prend conscience de  cette finitude, de la condition mortelle de l’homme promis au néant. Les dieux sont morts. Le ciel est vide.   Crise existentielle : le bonheur est impossible quand on est conscient de cette finitude.  Dans  un accès de lucidité mélancolique, la lune devient pour lui le symbole de l’immortalité et du bonheur. « J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément, peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde… »  Qu’on la lui apporte ou l’on sera châtié !  Innocent condamné à mort, il se révolte. « Rien ne va plus. Honnêteté, respectabilité, qu'en dira-t-on, sagesse des nations, rien ne veut plus rien dire.»  Il se sent libre  au point de verser dans  une  paranoïa hallucinante. Ultra-moderne dérive: provocation, démesure, cruauté.    

L’œuvre contient à la fois l’impossible rêve de l’impossible, et les très réels bruits de bottes redoutés par Albert Camus lors de son écriture de la pièce en 1938. Le public à la fois spectateur et acteur parmi la foule, stupide, docile, lâche et manipulée, se cabre d’horreur devant les épouvantables meurtres en série décidés par le pouvoir absolu. La spirale de violence est alors sans fin et jusqu’à la nausée. L’image sanglante de la fin rappelle les derniers mots de George Orwell dans « Animal Farm » …en bien plus tragique encore.   

Caligula-05-DEL-Diffusion-Abbaye-Villers-la-Ville.jpg?width=430  Le choix de Georges Lini de présenter l’œuvre iconoclaste au cœur des pierres de l’Abbaye de Villers-la-Ville dans le silence des ruines n’est pas fortuit. Pour mieux prouver les silences de Dieu ? Le malaise est palpable. Pour mieux  souligner le  constat désenchanté et angoissant de l'absurde?   Pour mieux confondre le joug de la tyrannie et confondre ceux qui, de nos jours, usent et abusent, au mépris de tous les honnêtes gens? Pour stigmatiser tous azimuts le pouvoir absolu ?  L’actualité du propos fait mouche.  Le personnage de Caligula porte à la fois la semence du rêve  et sa contradiction qui  va du meurtre au suicide consenti. Certes, les patriciens sont … tout sauf des poètes. comme le chante Jacques Brel,« Ces gens-là, ne pensent pas » le poète  doit être  exécuté !  Certes, le monde a besoin de se réveiller mais, condition humaine oblige, Caligula n’échappe pas à son destin comme dans les grandes tragédies grecques. Par sa folie meurtrière il se condamne sciemment. Il sombre consciemment quand la folie du pouvoir s’empare de lui, au mépris de tout ce qui n’est pas lui. 

  Et Itsik Elbaz fait merveilles dans l’interprétation magistrale et  saisissante de dignité du  personnage de Caligula. Mais il n’y a pas que lui dans l’équipe de Belle de Nuit. France Bastoen,   fulgurante complice,  joue  Caesonia, le pôle féminin de Caligula, rôle qu’elle interprète avec passion, dévotion et  immense justesse, à la façon de l’Ismène d’Antigone, mais parée de la violence radicale de notre époque. A l’instar de Caligula elle ironise sans cesse, tout en invoquant la foi en l’amour et l’espoir de voir son amant guérir de son cynisme. Le Scipion de Damien De Dobbeleer est tout aussi juste. Bien que Caligula ait fait mourir son père, le jeune poète comprend trop bien Caligula pour le haïr et ose lui dire les choses en face. Il lui présente un miroir sans concessions. Stéphane Fenocchi en Hélicon, ancien esclave affranchi par Caligula, et son serviteur le plus dévoué est  particulièrement convainquant et splendidement campé. Il se dit ironiquement « trop intelligent pour penser »… mais vomit, comme Caligula, la lâcheté et l’hypocrisie des patriciens. Didier Colfs fait le poids en jouant Cherea, prodigieux personnage, cultivé et intelligent,  qui tutoie Caligula,  et ne désespère pas de le ramener à l’humanisme…au nom des autres et en homme soucieux de l’avenir de Rome. S’il prend la direction du complot, ce n’est pas pour venger les petites humiliations de patriciens vexés c’est pour le bien commun, en homme intègre qui refuse de rentrer dans la logique nuisible de Caligula. « Il faut que tu disparaisses. D’autres que moi me remplaceront et je ne sais pas mentir ! » :  la voix d’Albert Camus ?  Thierry Janssen se plait à interpréter un Lepidus angoissé, pathétique, plus vrai que nature. La scène du poison jouée par Jean-François Rossion en Mereia est un moment dramatique qui atteint des sommets de théâtralité et d’intensité. Tout bascule.  L’absurdité vous saisit à la gorge.  Michel Gautier et la danseuse  Hélène Perrot à la limite de la transe,  qui jouent  le couple Mucius, complètent remarquablement ce jeu de massacres, teinté en continu par  le soutien musical dynamisant ou nostalgique de François Sauveur et Pierre Constant  à la guitare électrique. A  eux seuls, un chœur antique?  

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Mise en scène : GEORGES LINI

Costumes : RENATA GORKA
Scénographie : PATRICK de LONGRÉE
Création musicale : FRANÇOIS SAUVEUR et PIERRE CONSTANT
Éclairages : CHRISTIAN STENUIT
Assistante à la mise en scène : NARGIS BENAMOR

Avec


ITSIK ELBAZ (Caligula) – FRANCE BASTOEN – DIDIER COLFS – DAMIEN DE DOBBELEER – STÉPHANE FENOCCHI – MICHEL GAUTIER – THIERRY JANSSEN – HÉLÈNE PERROT – JEAN-FRANÇOIS ROSSION – LUC VAN GRUNDERBEECK – FRANCOIS SAUVEUR

Produit par RINUS VANELSLANDER et PATRICK de LONGRÉE

ABBAYE DE VILLERS-LA-VILLE

http://www.deldiffusion.be/prochaine-production

 

Liens utiles: 

https://www.rtbf.be/info/regions/detail_un-caligula-tres-contemporain-au-coeur-des-ruines-de-villers-la-ville?id=9974555

http://www.levif.be/actualite/magazine/tous-les-chemins-menent-a-villers/article-normal-865341.html

 

 

 

 

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administrateur théâtres

­­­­­­­­­­12273287074?profile=originalDernier spectacle de la saison 2017-2018, voilà un Macbeth  de Verdi bouleversant hier soir à l’Opéra de Liège dans une mise en scène très inspirée de Stefano Mazzonis di Pralafera. A la fois une somptueuse conclusion de saison,  gratifiée d’un déluge de  costumes - les créations belles à couper le souffle de Fernand Ruiz - et une  réflexion  forte  sur le monde. Comme si dans la moitié du monde déjà dans l’ombre,  la soif  effrénée de pouvoir avait ouvert ses ailes obscures et se mettait à dévorer l’humanité entière, d’Ouest en Est… Glaçant. Rien n’a changé entre l’Ecosse du Moyen-Age et le monde d’aujourd’hui. « Alla corona che m’offre il fato La man rapace non alzerò ». Vers la couronne que me tend le destin je ne tendrai pas une main avide!  Hélas, ...Wishful thinking!    12273287473?profile=original En parallèle avec  l’ambition dévorante de Lady Macbeth,  on est percuté,  par une  spirale vertigineuse de vengeance meurtrière et d’orgueil démesuré. Et pire encore, c’est Verdi qui le dit, il y a le rôle clé du surnaturel  et   du très néfaste recours  à la nécromancie pour  forcer le destin.  C'est lui qui déclenche la débâcle finale faite de trahison, de meurtres,  de solitude et de folie sans retour.

Dès  le prélude dramatique (roulements de tambours, éclats de cuivres, staccatos vibrants, marche déjà funèbre)  où glissent inexorablement  les figures jusqu’à l’échec et mat, l’histoire est transposée  sur un échiquier présenté en miroir, dans un décor de Jean-Guy Lecat.   Cloches fatidiques… la beauté a des côtés sombres et le reste est chaos.

Véritable  vase d’expansion d’émotions denses  et  de climat dramatique,  l’orchestre  irradiant soutient l’ouvrage sous l’ample baguette de Paolo Arrivabeni, un chef déterminé et précis. Il  sensibilise aux  moindres replis de l’âme exaltée et machiavélique de Lady Macbeth. Il enlumine les ballets, de bois et de timbres  grinçants. Il danse le sabbat avec  les sorcières aquatiques et cornues en voiles turquoise sous la voûte étoilée, tandis qu’elles  ne cessent  de tirer les fils du destin et d’emmailloter les victimes comme dans une  gigantesque toile. Il anime les larges coups de ballets où revient en force l’esprit démoniaque…signés brillamment par Rachel Mossom et la fabuleuse  Compagnia Del Centro di danza Baletto di Roma.  Il  développe une tension théâtrale constante à travers de magnifiques cuivres, les tissages soyeux de violons d’une grande finesse, et les amplifications musicales prodigieuses des  sentiments exacerbés.

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Le chœur spectaculaire sous la direction de Pierre  Iodice « ouvre les portes de l’enfer et engloutit la terre ! » et  préfigure  l’amplitude de celui de Nabucco… C’est tout dire! Le "Patria oppressa" déborde de larmes.  ​

Si Verdi souhaitait une « Lady laide, méchante qui dispose d’une voix rauque, étouffée, caverneuse… », la scène liégeoise accueille une star d’une  présence incomparable, d’une agilité rythmique d’un autre monde  et une voix de tragédienne accomplie. Tatiana Serjan dans  son rôle de Lady  Macbeth, connaît un succès foudroyant. Elle  a chanté ce rôle depuis Turin en 2002 plus de 300 fois,   fréquentant les scènes les plus prestigieuses : la Scala de Milan, à l’Opéra de Rome, au Teatro Comunale de Bologne, au Mai musical florentin, au Teatro Regio de Parme, au Teatro Massimo de Palerme, au Festival d’opéra de Ravenne, à la Staatsoper de Bavière (Munich), à la Deutsche Oper de Berlin, au Teatro Real de Madrid, au Liceu de Barcelone, au Théâtre national de São Carlos de Lisbonne, à l’Opéra de Zurich, à l’Opéra de Dallas, au Lyric Opera de Chicago, à la Staatsoper de Vienne ou encore aux festivals de Bregenz et Salzbourg, et maintenant, à L’Opéra de Liège. Son entrée en scène pour convoquer les forces du mal, est puissante, incantatoire  et pleine de feu et de profondeur. Sa grande scène de somnambulisme est un suspense déchirant. Cela commence sotto voce,  la lanterne à la main, parcourant un à un les carré lumineux de l’échiquier comme lors d’une descente aux enfers,  va-t-elle percevoir l’horreur de ses crimes ? Ou la folie obscurcit-elle totalement son cerveau, elle qui essaie vainement de se débarrasser des taches de sang sur ses mains? En contraste saisissant quelle pureté de voix dans le duo qui l’observe, le médecin et la suivante : Roger Joachim et Alexise Yerni…  Elle est aux côtés de l’impressionnant baryton Leo Nucci, 76 ans, véritable légende du chant verdien, qui interprète Macbeth de façon héroïque et terriblement humaine,  formant avec elle un ensemble fantastique et triomphant. Le poignard vibre, Macbeth résonne jusqu’au fond des cœurs et soupire: « Je meurs haï du ciel et de la terre, Vile couronne ! »  

À leurs côtés, l’on remarquera le ténor Gabriele Mangione en Macduff et la basse Giacomo Prestia en Banco.

La distribution est  brillament complétée par Papuna Tchuradze (Malcolm), Alexise Yerna (Dama di Lady Macbeth) et Roger Joakim (Medico & Sicario). 

 ma.12, je. 14, me. 20, sa. 23, ma. 26 juin 2018 | 20h > di. 17 juin 2018| 15h

Opéra Royal de Wallonie-Liège Place de l’Opéra - B-4000 Liège

 Infos/réservations : +32 (0) 4 221 47 22 | www.operaliege.be

 En direct le je. 14 juin à 20h30 sur culturebox.francetvinfo.fr

Suivez la diffusion sur  Culturebox, disponible en replay, du spectacle Macbeth de Verdi à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège. 
Avec Paolo Arrivabeni à la direction musicale, dans une mise en scène de Stefano Mazzonis Di Pralafera, avec Leo Nucci, Tatiana Serjan, Gabriele Mangione, Giacomo Prestia, Basso, Papuna Tchuradze, Alexise Yerna, Roger Joakim, Dominique Detournay, Ludivine Scheers, Marc Tissons 

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administrateur théâtres

La quinzième édition du Lille Piano(s) Festival débute ce vendredi soir. Une soixante d'artistes, deux orchestres : L'Orchestre National de Lille et l'Orchestre de Picardie , deux chefs, Jean-Claude Casadesus et Arie Van Beek , proposent une série de concerts extraordinaires pendant trois jours, jusqu'à dimanche soir. Les rendez-vous sont courts, une heure, en journée comme le soir, ce qui permet d'apprécier les multiples ressources du roi des instruments: le Piano dans tous ses états. Un , "instrument magique", comme le qualifie le directeur artistique du Lille Piano(s) Festihgval, Jean-Claude Casadesus, chef fondateur de l'Orchestre national de Lille.

Quelques vidéos de « mise en bouche » :
https://www.youtube.com/watch?v=gbvtXF02T6I
https://www.youtube.com/watch?v=r4t76VtBhfE
https://www.youtube.com/watch?v=TxETxEnCeBA
les artistes se dévoilent…
https://www.youtube.com/playlist?list=PLjt12Zt-aSM2-MsrIZE3ov6w2t8srCXrE

"C'est un festival voyageur" affirme cette année Jean-Claude Casadesus. "Il va nous conduire dans plusieurs continents : toute l'Europe, bien sûr, notamment les Balkans, l'Amérique latine... J'ai souhaité que ce soit un kaléidoscope de pays et de musiques, du passé ou de notre temps".

Accueil dans un nouveau lieu: à l'abbaye de Vaucelles

 le festival voyage aussi dans les lieux : à Lille, le traditionnel Nouveau Siècle, mais aussi la gare Saint Sauveur, la maison natale du général de Gaulle, le conservatoire, le Palais des beaux arts... Dimanche vous avez rendez-vous à l'abbaye de Vaucelles, dans le Cambrésis, où Debussy sera à l'honneur. 

Suivez-nous! http://lillepianosfestival.fr/2018/

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administrateur théâtres

Chanter et raconter, s’indigner et rire, jouer et dire, écrire et danser to the end of Love,  c’est  transmettre : une idée fixe chez Thierry Debroux  à chaque fois qu’il signe le miracle de la mise en  scène d’une nouvelle adaptation scénique dont il a le secret. Celles-ci  ne cessent d’émerveiller tous les âges,  du plus innocent au plus endurci et   on   finit par  prédire que chacun de ses  spectacles sera un nouveau couronnement.

Avec l’adaptation du Livre de la Jungle, de Kipling (1894-1895)  et non  de Walt Disney, il s’agit ici d’un hommage particulier, dédié à son institutrice de maternelle, Madame Christine qui fut, grâce à cette histoire de Mowgly,  l’instigatrice de toute sa carrière théâtrale, alors qu’il était haut comme trois pommes. Thierry Debroux, en homme reconnaissant,  pose publiquement  un acte de gratitude vis-à-vis d’une femme qui a su lui insuffler la passion qui a conduit toute sa vie… C’est quelque chose de rare dans notre monde pressé d’en finir ou  de courir après chimères et  idoles…sans jamais jeter un regard en arrière.   

Dans cette adaptation scénique irradiante, il jongle avec les mises en abîme  en réveillant ses souvenirs des personnages les plus intenses de Kipling,  tout en  évoquant  ses souvenirs d’enfance. Madame Christine  resurgit à tout moment,  du début à la fin …comme quelqu’un qu’il a vraiment aimée.

 

31 représentations de rêve, du 19 avril au 19 mai 2018

Et un retour prévu en décembre 2018...

Au cœur du récit, il y a  Mowgly, l’enfant loup  recueilli par la forêt  et une  mère humaine affolée  par sa disparition. Au travers du conte musical initiatique, on suit toutes les questions existentielles de l’enfant qui grandit, le questionnement de son appartenance au clan malgré sa différence,   le  respect ou non des  loi, la liberté de choix, le rôle parental… et l’incroyable volonté de pouvoir de  ceux qui se rêvent puissants…

Pour la forme, il y a l’écriture tellement truffée d’allusions humoristiques ou culturelles, des images fugaces des périls de  notre société, captés dans un jeu savant de sonorités et de bulles poétiques. Et des compositions musicales signées Philippe Tasquin  accessibles  sur  CD vendu à l’entracte ou après le « pestacle ».    

Les décors graphiquement parfaits tiennent de l’épure et reviennent comme des leit motivs. De la mise en scène émane un récit percutant. La « forêt qui soigne » se superpose aux palmes tropicales, les arbres bougent comme dans Shakespeare, le rocher de consultation populaire est une pyramide faite d’alvéoles comme la ruche des abeilles. L’île aux plaisirs, pardon, le repère des singes profiteurs est un nid de décadence. L’image contient peut-être : une personne ou plus A bons entendeurs, salut!   Le village lui-même voyage à travers le monde.  Ne se  retrouve-t-on pas soudain carrément  chez les Indiens d’Amérique, à voir le costume de la chef de village ? Clin d’œil du jeune Thierry Debroux à Kipling voyageur qui  lui aussi parcourut, étant jeune homme,  les terres d’Amérique?

Les  enfants frappants de dynamisme et de vitalité qui interprètent Mowgly font du jeune héros un personnage attachant et intelligent comme le veut Kipling. Les trois enfants qui se relaient,  Andrei Costa, Dario Delbushaye et Issaïah Fiszman semblent décoder par leurs fines postures et leur regard intense   les moindres arnaques, les hypocrisies et la violence du monde qui les entoure… On se réjouit de la fraîcheur de leur « sagesse innée» et leurs très belles voix qui émeuvent aux larmes portent des chansons bouleversantes. En miroir, les personnages mi-humains, mi-animaux,  entretiennent continuellement la dualité  de Mowgly et ses interrogations.  Les yeux des spectateurs se posent sur des masques qui semblent respirer et dire chaque réplique comme s’ils étaient vivants. Un tour de force et un art consommé des comédiens. Daphné D’Heur campe une séduisante  Bagheera et Messua, la villageoise éplorée devant la disparition de son enfant tandis que la deuxième très belle  voix féminine appartient à Rashka, une  mère-louve pleine d’empathie et de noblesse de cœur jouée avec brio par Jolijn Antonissen aux côtés d’un Akela très digne: Gaétan Wenders. Aucun texte alternatif disponible. Baloo joué par Emmanuel Dell'erba séduit par son entrain et sa … légèreté. Très farceur et transposé dans un mode plutôt comique, Kaa (Philippe Taskin) semble avoir été créé avec jubilation par l’adaptateur du récit,  qui n’a vraiment que faire de l’anathème jeté sur son engeance. Réhabilité comme un serpent sympathique, il ne lui manque que les bras pour qu’on l’aime vraiment. Le duo de mauvais bougres est maléfique à souhait, c’est Pierre Bodson pour Shere Kahn et Fabian Finkels – who else ? - pour le jeune loup aux dents longues.  Le narrateur, Gaëtan Wenders donne la réplique à Madame Christine (Anne-Marie Cappeliez).

L’image contient peut-être : une personne ou plus

Photos : ZVONOCK

Avec : Jolijn ANTONISSEN,
Pierre BODSON,
Anne-Marie CAPPELIEZ, 
Didier COLFS ,
Emmanuel DELL’ERBA ,
Daphné D’HEUR ,
Fabian FINKELS,
Antoine GUILLAUME ,
Philippe TASQUIN ,
Gaëtan WENDERS. 
Mowgli, en alternance : Andrei COSTA, Dario DELBUSHAYE, Issaïah FISZMAN. 
Les petits Loups, en alternance : Alexandre ANDERSEN , Baptiste BLANPAIN , Ava DEBROUX ,
Arthur FRABONI , Martin GEORGES, Laetitia JOUS ,
Julia ORENBACH, Andrea SCHMITZ, Ethan VERHEYDEN. 

Durée : 
2h entracte compris 

THEATRE ROYAL DU PARCRue de la Loi, 3, 1000 BRUXELLES   Billetterie : 02/505.30.30 

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Fête des mères

Si, Maman Si...

Il aurait suffi d'une courroie

De transmission ...ou d'un bas nylon,

Pour sauver meubles et attelage. 

Mais, cette peur du licou...

 Suffi d'une mouche du coche 

Un peu sotte

Ou grenue, qui, piquant au bon endroit,  

 Réfute les angoisses,

Encourage l'équipage...

Danse la cadence, 

Enchante l'été...

Qui l'eût cru? Un travail de fourmi

Eut dénudé les non-dits, 

Secoué les ravages,

Aboli les terreurs de l'ennemi,

Contré les carnages, 

Mouillé toutes vos  larmes taries 

Par l' immense fierté.

Poisons toxiques explosés,

Et la machine serait repartie 

Pour  cent ans peut-être,

De cette vie de chèvre 

Savourant sa montagne violette

Et la voûte étoilée...

Fatiguée de la vie, cernée par le chagrin, 

Elle a dit, à l'aube je m'envole, 

 Plutôt que me laisser dévorer par le loup

Aux babines d'amadou...

Elle est avec ceux que j'aime,

Dans les bras de l'amour divin,

Où s'éteignent les amers souvenirs,

S'effacent les luttes intestines, 

Se meurent les violences consenties,

Et où coule maintenant la sérénité.    

 

DH Elle

Résultat de recherche d'images pour "l'enfant chèvre peintre pol ledent"

 Artist: Pol Ledent "Girl with Goat Fall Colours".

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administrateur théâtres

L'amour en surprise

Je vous aime terres lointaines de l'Orient

Et la poule rousse dans le jardin

Exposé plein Nord. Dans le parc voisin

Le chant des fleurs bruissantes d'abeilles

Qui soulage les âmes blessées.

La perle noire qui défait le désespoir,

Les photos du passé qu' électrisent les cœurs.

L'âme sœur libre et vaillante, flamme bondissante

Par dessus les couleuvres et les  sombres marais,

L'insondable beauté noire de l'univers.

Les myosotis en fête

L'amour en sursis? 

Non celui en surprise, 

Qui respire et palpite...

DH Elle

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administrateur théâtres

LES VOIX DU CHANGEMENT UN PROGRAMME POUR GRAND CHŒUR, CHŒUR DE JEUNES ET VOCES8 AVEC LA PARTICIPATION DU PUBLIC, SOUS LA DIRECTION DE PAUL SMITH

12273277483?profile=original Chanter au sein d’un chœur est une activité communautaire au pouvoir incroyable qui embellit notre vie tout en étant, de surcroît, gratuite pour tous.

 Je suis enchanté d’annoncer que cette année a vu le taux de participation à Singing Brussels grimper. Au fil de sessions de travail organisées à BOZAR depuis l’automne dernier, de nombreux groupes se sont préparés au grand concert participatif de cette année. Des chanteurs venus des quatre coins de Bruxelles forment deux grands chœurs – l’un ayant appris la musique d’oreille et l’autre par le biais de partitions. Nous accueillons également quelques chœurs d’adultes bruxellois, deux chœurs d’enfants et deux fabuleux chœurs de jeunes – BEVocaL et Waelrant, qui représentent la Belgique sur la scène internationale.

Ce soir, le son qui émanera de la scène vous donnera la chair de poule. Outre ces nombreux chanteurs, nous avons aussi invité un groupe de jeunes compositeurs bruxellois qui ont créé une œuvre spéciale inspirée par leurs années bruxelloises et par d’autres œuvres inscrites au programme de ce soir. Je suis évidemment impatient d’inviter VOCES8 à se produire à nouveau à nos côtés.

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 En outre, nous avons l’honneur d’être rejoints par l’excellent compositeur et pianiste Jonathan Dove, qui est actuellement le compositeur en résidence de VOCES8 et qui accompagnera au piano son œuvre The Passing of the Year.

The Sound of Change

Ce programme explore « le son du changement » par le biais d’un large éventail d’œuvres musicales d’hier et d’aujourd’hui. Nous nous intéressons aux évolutions sonores et musicales qui marquent nos foyers et ceux qui nous sont proches. Nous nous attardons sur les sociétés anciennes et modernes, et sur l’évolution des comportements dans le monde qui nous entoure. Enfin, nos chants évoquent le monde naturel et le passage des saisons. Tous ces univers expriment le changement à leur manière tout en présentant de nombreuses similarités.

 Le programme de ce soir inclut des versions célèbres de negro spirituals et des circle songs tirées de mélodies traditionnelles. Des œuvres de musique du monde encadreront le concert, sans oublier Stravinsky, Bach, Tormis et Bruckner ainsi qu’une nouvelle œuvre de Paul Smith pour grand chœur intitulée A New World et The Passing of the Year de Jonathan Dove. À travers une sélection de negro spirituals, nous découvrons des mélodies qui parlent d’espoir au beau milieu de la nuit. La profondeur de ces pièces traitant de l’esclavagisme leur a valu d’être connues dans le monde entier.

Que pouvons-nous apprendre en observant le monde à travers les yeux de ceux qui ont vécu à l’époque de la Rome antique ? De la Première Guerre mondiale, deux mille ans plus tard ? De chaque côté du conflit israélo-palestinien ? Que nous racontent les évolutions naturelles et le passage des saisons, les chants des esclaves en quête de leur salut, les mélodies des amants, des guerriers, des philosophes, des politiciens et des poètes ? Dans A New World, nous explorons les concepts de nationalité, de guerre, d’éducation et d’amour. Nous étudions la relation entre l’individu et la nation, la discorde personnelle et les manières dont l’amour et l’espoir survivent quand tout semble perdu.

Cette œuvre, écrite spécialement pour ce concert à BOZAR et pour La Folle Journée 2018 en France, est créée ce soir en Belgique. Lauliku lapsepõli, de l’Estonien Veljo Tormis, a été composée en 1966. La pièce évoque un « thème récurrent dans le folklore estonien » : le parcours d’un homme devenant chanteur. La mélodie simple et répétitive repose sur un fondement harmonique intentionnellement minimal. « L’évolution de mon travail créatif a été influencée par mon intérêt profond pour le destin de mon petit pays natal et pour ma culture à travers les époques », écrivait Tormis. Le célèbre motet de Bruckner, Locus iste, est très apprécié et connu des chœurs à travers le monde. Prêtez une attention particulière à la magnifique introduction « mozartienne » et à l’unique et très long mélisme que contient cette œuvre exclusivement syllabique. Le célèbre compositeur exilé Stravinsky avait longtemps vécu en France avant de quitter la Russie pour s’installer en Suisse en 1914, fuyant l’imminence de la Première Guerre mondiale. La Révolution russe qui a suivi a rendu impossible son retour dans sa patrie, qu’il ne reverra pas avant 1962. L’une des œuvres maîtresses de Bach, Singet Dem Herrn ein neues Lied (Chantez au Seigneur un chant nouveau), sera interprétée par VOCES8, rejoint pour le deuxième mouvement par le grand chœur. Johann Sebastian Bach est certainement l’un des compositeurs ayant eu la plus grande influence sur la musique classique occidentale, et cette pièce est généralement considérée comme l’un de ses motets les plus exigeants pour double chœur. Au beau milieu de ces considérations humaines, nous nous tournons vers le cycle annuel de la nature et notre place dans le monde avec The Passing of the Year, véritable voyage débutant dans le froid hivernal et se clôturant, après un soleil d’été brûlant, au son des « cloches sauvages » triomphantes du Jour de l’An. « Les sept poèmes que j’ai mis en musique dans « The Passing of the Year », explique Dove,  forment trois "mouvements" ».  Le premier attend l’été et commence par une ligne de William Blake (« O Earth, O Earth return! »). The Narrow Bud vient de To Autumn de Blake, bien qu’il s’agisse en fait d’une description de l’été. Dans Answer July, les questions rapides suggèrent l’accélération sensorielle, l’excitation du retour de la vie et l’arrivée triomphante de l’été. La deuxième section suit le passage de l’été. Elle commence dans une chaleur étouffante avec une chanson de la scène d’ouverture de David and Bethsabe (« Hot Sun, Cool Fire ») : une fille se baigne dans une source et ressent le pouvoir et le danger de sa beauté. La section se termine par la mortalité apportée par l’automne : « Adieu! Farewell Earth’s Bliss », de Summer’s Last Will and Testament, qui annonce la mort de l’été. Le cycle se clôture en hiver, le Jour de l’An, avec un passage du poème In Memoriam d’Alfred Tennyson.

Comment une libération ou un retour d’exil permettent-ils l’expression libre de la musique, de la joie ? Interaction, spontanéité et exaltation sont les mots clés autour desquels nous rassemblons des œuvres de différentes régions du monde – notamment la chanson Freedom is coming pour clôturer ce programme par un déchaînement d’émotions humaines à l’état brut. Le changement ne s’opère pas en ligne droite mais sous forme de spirale. Dans quel sens voyageons-nous dans cette spirale ? Grâce au pouvoir de la voix humaine, ce programme explore le son du changement.

Paul Smith

Crédit photo:  Royalbroil - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56393842

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https://www.bozar.be/fr/activities/126873-singing-brussels-celebration-weekend

 

L'an dernier... https://www.bozar.be/fr/activities/128589-voces-8

Notre chorale:  http://www.internationalchorale.com/

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administrateur théâtres

Donné à La Clarencière, en route vers Avignon, 2018

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"La Grande Veuve", un spectacle minéral: dur et  brillant. Rien à voir avec la Guillotine ou une cuvée de champagne. C'est ainsi que  Thomas Mann appelait  Alma Mahler, née Schindler à Vienne le 31 août 1879 et morte à New York le 11 décembre 1964. Une artiste peintre et  compositrice surnomée « La Fiancée du vent» par Kokoshka ! Sans doute pas celle d’une  brise légère  mais celle d’un vent de rafales amoureuses violentes et passionnelles. Elle est AEIOU ... Ambitieuse, Égocentrique, Insoumise, Orgueilleuse, Utile… à la cause des femmes  mais décrite par ses contemporains avec une bonne dose de fiel.

Sculpturale, intelligente, indépendante d'esprit, Alma est courtisée  par le  Tout-Vienne et  devient successivement l'épouse du compositeur Gustav Mahler, de l'architecte Walter Gropius et du romancier Franz Werfel. Ses relations de couple sont truffées d’infidélités conjugales tumultueuses qui  lui donnent l’espoir de compenser ses propres aspirations artistiques en musique et en peinture qu’elle  s’est vue  forcée d’abandonner  en vertu du mariage. Alcoolique en plus ! Pour faire « homme ? » Comme  Georges Sand et  son cigare ? L’époque nie la femme et négocie la féminité comme valeur marchande mais Alma est ravageuse.

En 2018, c’est un homme - Jean-Claude Humbert -  qui la joue, ainsi que la valse des noms prestigieux de ses amants:   Gustav Klimt, Kokoschka… dont elles aime les étreintes et la soumission.  Signe des temps ? C’est un homme encore, le même Jean-Claude Humbert, qui a écrit et composé cette biographie passionnée de "La Grande Veuve". Signe de nouvelle sensibilité?  Signe que les rôles deviennent interchangeables? Que l’art est le ferment qui change les époques?

 Et la voix, qui chante les lieder qui interceptent les maux et la couleur des mots, c’est celle de la  mezzo  Sophie de Tillesse en robe de paillettes noires et les yeux en étoiles, très présente, douée d'une remarquable diction et  dotée d'  belle puissance vocale. Tour à tour, bucolique, romantique, ingénue bien sûr,  et aussi impressionnante avec sa tessiture large et impérialement gérée, qu’ait pu l’être le personnage d’Alma Mahler,  la croqueuse  d’hommes à qui on a intimé de privilégier sa « vie sociale » et au diable « la compositrice »! Parfois, réfugiée dans ses fantasmes ou  fascinée, le regard tourné vers l’intérieur des douleurs.

Bref, la théâtralité et la connivence bien réglée  des deux comédiens  ont de quoi épater. Comédiens?  puisque le masculin que l'on prétend neutre l’emporte, ainsi le veut la grammaire!    Le spectacle bien ficelé invite au voyage dans  univers de la musique et du romantisme allemand et appelle  à la rencontre des artistes  d'une époque bouleversante de créativité et de changements, mais révolue. Éprouve-ton une certaine noces-talgie  pour le  Sehnsucht allemand, un creuset infaillible d'émotions? Sûrement.  … Face à  notre époque délirante de consommation sans transmission… voici une belle ivresse où  la musique  et les  planches font excellent ménage.

Mise en scène : Daniela de La Hoz Production : Théâtre Hall - Genève.

Texte original: Jean-Claude Humbert 

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administrateur théâtres

Élève du soleil

La bulle désir de croquer le monde

S'échappe entre les lèvres du soleil

Le Marronnier en fleurs resplendit

Mille chandelles tendues vers le ciel

La balade des magnolias cède

Le pas aux façades historiques

On embrasse la vieille ville

Théâtres antiques bordés d'iris

La course au bonheur visite le cœur,

Des fleurs et boutures de papyrus

Chantent  un nouveau 

Temps de vivre, respirer et aimer.

Élève du soleil,

Sœur de ciel.  

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administrateur théâtres
« Ils prennent le thé en face sans nappe ! » Théâtre tentation et amour du théâtre. A La Clarencière. What else ? Voici réunis sous le titre « Moulin à paroles », trois femmes de noir vêtues, jouées avec feu  par

la pétillante  comédienne Ariane Thymour Smith dans une mise en scène de Carole Baillien. Elle explore tour à tour  la folie de la solitude, le voyeurisme,  la vengeance,  les pulsions criminelles, la sensualité tantôt brimée ou tantôt explosive, à travers trois destins  de femmes  tout aussi noirs que l’anthracite que l’on s’épuisait  encore à arracher  manuellement de la terre à cette époque … Elles appartiennent au répertoire anglais. Le dramaturge, romancier, scénariste, réalisateur et acteur Alan Benett a écrit une première  série de « Talking heads » pour la BBC dans les années 80. Humour anglais omniprésent, sens aigu de la nouvelle incisive et bien construite, petits bijoux d’écriture dans la lignée de Roald Dahl.

Mon premier a comme titre original : "A Lady of Letters". Le premier tableau met en scène Irene
Ruddock, une femme
célibataire vivant près de Bradford qui n'a pas sa langue
dans sa poche et passe sa vie à écrire des lettres vindicatives
à son député,
à la police, au pharmacien , à tout le monde
pour remédier aux maux sociaux qu'elle dénonce sans ambages.

Après un trop grand nombre d'accusations qui frisent la calomnie, Irene se
retrouve en prison - où, pour la première fois de sa vie, ironiquement, elle se sent
vraiment …Vous verrez bien quoi!

Mon second"Her Big Chance" est farci d’humour de style libertin, autant que les

sketches de Nabila/Stéphane Degroodt! Lesley est une actrice en herbe, qui,
après une série de rôles secondaires à la télé peu prometteurs,s’imagine
qu’elle va enfin « percer » grâce à la
rencontre de l'aventureux Travis dans un nouveau film pour le marché du soft porn
ouest-allemand. Tongue twisters à l’appui, on n’en dira pas plus,
censuré pour les mois de 12 ans!

 

Mon troisième a pour titre original :"Bed Among the Lentils". Le troisième tableau
transforme la pimpante pipelette en femme de pasteur de caractère. Susan est alcoolique
et doit se rendre à Leeds pour faire ses secrètes provisions de liqueur à cause des dettes
contractées avec le commerçant local. Elle se détourne insensiblement de son raide et ambitieux
et mari encensé par ses ouailles
et noue une voluptueuse affaire extra-maritale avec un épicier indien Ramesh Ramesh.
Some like it hot !
Va-elle découvrir quelque chose à propos de Dieu ou se convertir
aux Alcooliques anonymes? Love me do… The Beatles

Mon tout est une soirée récréative, plaisante et distrayante, ponctuée
de jolis souvenirs des Beatles ou de Mrs. Robinson
que l'on écoute dans le noir.Toute une époque !
Nostalgie, quand tu nous tiens!





La Clarencière Du 19 au 21 avril 2018
Rue du Belvédère, 20 1050 IxellesContacthttp://www.laclarenciere.be
fabienne.govaerts@skynet.be
02/640.46.76

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administrateur théâtres
Le sacre et l'éveil? Une révélation, ce spectacle ! Il est  poétique, musical et si chorégraphique! Bravo à Dominique Serron,  entourée d’un cast de  comédiens exaltants : Paul-Henry Crutzen, Abdel El Asri, Florence Guillaume, Vincent Huertas, Luc Van Grunderbeeck, Félix Vannoorenberghe, Laure Voglaire, Line Adam, Renata Gorka, Nadia Benzekri, Xavier Lauwers et toute l'équipe de L' Infini Théâtre.

« Beau comme un opéra »: c’est  la rumeur qui a circulé comme une traînée de poudre le soir de la fabuleuse première à la Comédie Claude Volter   le 18 avril 2018.   « l’Eveil du printemps »  ,une pièce de l’auteur allemand Wedekind (1881),  a été  croisée avec une mise en page émouvante d’extraits  du « Sacre du Printemps » d'Igor Stravinsky (1913). Le résultat est convaincant. Dans cette  toute nouvelle perspective,  la  mise en scène est franchement  créative et engagée. Dominique Serron évoque avec tact … infini et écoute profonde, les échos du « cimetière de la jeunesse »  de ce héros, Melchior, revenu des années plus tard,  sur les lieux du crime …collectif, n'est-ce pas?

 

  Le   métissage littéraire et musical de la « Kindertragödie » se transforme  en même temps, en  un  manifeste moderne,  qui dénonce les maltraitances rampantes que peuvent parfois infliger des  parents en mal de communication avec leurs enfants. Les raisons abondent: dans  une société brutale, formatée et imperméable aux sentiments, sont-ils victimes de leur époque? Eux-mêmes, sont-ils trop jeunes pour assumer ou répètent-ils des comportements qui ont traversé plusieurs générations sans remise en question?  Sont-ils frustrés par des peurs et des souffrances indicibles?  Enivrés de pouvoir parental? Bloqués pour mille et une autres raisons honorables - ils en ont sans doute de très bonnes - comme de ne jamais avoir lu Françoise Dolto, et  se trouvent  dans l'impossibilité chronique  de gérer les  premiers émois amoureux  de leur progéniture, ou même, de leur expliquer sereinement et ouvertement « les choses de la vie ». Mais l’époque de  l’Allemagne de Bismarck est-elle pour autant révolue? 

 

 Par souci de multiplicité esthétique, le travail de création de Dominique Serron associe  un troisième volet. Il a été  élaboré  au sein de diverses écoles bruxelloises,  par de jeunes adolescents et adolescentes. Ce sont  des capsules vidéo de lyrisme muet, réalisées in situ ou dans les environs immédiats de l’école …y compris le cimetière d’Uccle. Il suffit d'observer: chaque mouvement des personnages  filmés colle impeccablement au tempo de la musique! C’est prodigieux. Les jeunes, confrontés au texte et à la musique  sont devenus acteurs, au propre et au figuré, au lieu d’être de simples récepteurs. Bel objectif éducatif s'il en est!  Ils se sont mis à  rêver l’action, ils ont réagi avec authenticité et dansé leur ressenti  aigu et spontané face au suicide, face à la violence parentale, à la pression scolaire, à la castration du désir, à une société blessante et inhumaine. Leurs regards, leurs visages, et leurs postures sont bouillants d’interrogation et aussi d’accusation silencieuse. Chacun d'eux porte les marques  de l’intensité vibrante de leur implication dans le projet. Ces  séquences  filmées rythment le spectacle comme une respiration inédite entre chaque scène. Les chorégraphies émouvantes, nées  à la croisée de la théâtralité et de la musique,  ont l’avantage de pouvoir  faire  apprécier la contemporanéité du propos.  L’ensemble devient  un tout admirablement monté,  fruit d’un travail de création original et audacieux, dans le droit fil de  ceux auxquels  nous a habitués la pétulante et infatigable  metteuse en scène pour qui,  le travail corporel des comédiens se doit d’être  toujours avant-coureur du  verbe, ce qui donne un relief extraordinaire au propos...

 A chaque spectateur de relever des détails poignants qui le touchent personnellement… La liste sera longue. Juste quelques exemples… Le bruit des parapluies refermés avec brutalité sue le bord de la tombe, une fois les « formalités accomplies »…  Ce décor unique et polyvalent, mais essentiel : un immense comptoir bourré de tiroirs. Ceux d’une morgue ? Ceux de  notre société cloisonnée faite de trappes et de placards? Posés sur un immense buffet de cuisine,  de furtifs souvenirs de Dead Poets Society ou ceux de James Dean (A Rebel Without a Cause) ?  Cette idée effrayante que le jeune Moritz s’est tué « par amour pour ses parents »? Ce geste désespéré de mère impuissante qui donne sa médaille à son fils à défaut de pouvoir  le défendre contre un père tyrannique… Ces chaussures abandonnées que l'on ramasse, l'air de rien. L'ignoble phrase entendue: «Cet enfant n'était pas de moi! » Cette citation glaçante d'Othello: «As-tu fait ta prière, Desdémone?»  Ce sac d’où émergent des aiguilles à tricoter, qui font froid dans le dos! …Et surtout le talent fou et l'énergie débordante de toute la production!

 

Texte original : Frank WEDEKIND

Musique originale : Igor STRAVINSKY

Traduction : Jacques de DECKER

Conception, Adaptation & Mise en Scène : Dominique SERRON

Adaptation musicale & création sonore : Line ADAM

Ingénieur son : Colin BURTON

Scénographie & Costumes : Renata GORKA

Création vidéos : Nadia BENZEKRI

Création lumière : Xavier LAUWERS

Crédits photos :  Pierre Bolle

...Hélas, seulement jusqu'au 6 mai 2018, précipitez-vous pour réserver!

Du 18 avril au 6 mai à la Comédie Claude Volter. Informations et réservation: www.comedievolter.be ou 02 762 09 63

En octobre 2018 à l’Atelier Théâtre Jean Vilar  

https://artsrtlettres.ning.com/events/le-sacre-et-l-eveil

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administrateur théâtres

A La Monnaie: LE « LOHENGRIN » DE RICHARD WAGNER

                                                             Alljährlich naht vom Himmel eine Taube,
                                                             um neu zu stärken seine Wunderkraft:
                                                        Es heißt der Gral, und selig reinster Glaube
                                                              erteilt durch ihn sich seiner Ritterschaft.

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« Une légende médiévale à propos d’un mystérieux Chevalier au cygne, une réflexion sur le véritable amour qui jamais ne doit poser de question, mais surtout : trois heures et demie d’une musique transcendante, qui vous emporte, comme sous hypnose, au cœur du romantisme allemand. LE « LOHENGRIN » DE RICHARD WAGNER est une expérience totale de l’opéra. » Et un foisonnement de questions…


« Pour cette nouvelle production à la Monnaie, le chef d’orchestre Alain Altinoglu  à la tête de l’Orchestre symphonique et du Choeur de la Monnaie, se replonge dans la brillante partition qu’il a déjà dirigée à Bayreuth. Le metteur en scène Olivier Py se lance le défi d’égaler le succès rencontré avec Dialogues des Carmélites. »

 
                                                                             NOUVELLE PRODUCTION


                                                                           Première 19 avril 2018 - 18:00
                                                                       20*, 24*, 26 & 27* avril 2018 – 18:00
                                                                                22 & 29 avril 2018 – 15:00
                                                                                   2* & 4 mai 2018 – 18:00
                                                                                       6* mai 2018 – 15:00
 
                                                                                                       

                                                                         THÉÂTRE ROYAL DE LA MONNAIE

 

 

« Hélas, c’en est fait de notre bonheur ! » «  Der Tod ist ein Meister aus Deutschland » Le palais du Reichstag est en ruines après la bataille de Berlin lancée le 16 avril 1945 par les Soviétiques… La ville  effondrée. Les plaies de la guerre.  Des images familières de la Syrie actuelle surgissent sans peine dans le subconscient contemporain. Tout peut toujours recommencer. A cause de l’Hubris, disent les grecs anciens. Orgueilleuse curiosité versus orgueilleuse cupidité… Rien n’a changé.  En dépit des  braves et purs chevaliers blancs du Graal et des protections divines. Malgré leurs reliques : le cor, l’épée, l’anneau.  Malgré, ou à cause, des dieux… ?

 « Nie sollst du mich befragen… » Tu ne devras jamais me questionner ... La transgression est inscrite dans la condition humaine, dans toutes ses mythologies. Les liens entre la politique et le sacré sont-ils néfastes? Que vont faire les survivants après la chute? Tout recommencer… Que peut-on faire de différent ?  Quel est le nom du temple ? Le pouvoir hégémonique? L’argent ? Tous les temples ne sont-ils pas faits pour être détruits?   Que faire des antiques valeurs ? De la pureté idéale?   De la  foi infaillible ? …Ou de la Loi, s’interroge-t-on. Toutes ces choses, le rêve de la confiance absolue, existent- elles, ou sont-elles pures chimères? C’est le mystère profond  qui inonde cette merveilleuse œuvre de Wagner et qui propose à chacun de se  formuler les questions qui le hantent. Faut-il détruire pour rebâtir ? La question du bien et du mal,  sa banalité. Le violent désir de vengeance et sa putride vanité. L’amour indéfectible? L’absolue confiance en l’amour est-il un leurre, l’amour absolu est-il de ce monde ou d’un autre?   

Chaque minute de la polyphonie wagnérienne - et elle dure  trois heures 1/2 heures sans les entractes -  est,  en soi, un pur joyau offert par Alain Altinoglu qui polit chaque intervention d’instrumentiste comme autant de capsules musicales jetées à la face de l’univers. Chaque facette est faite des palpitations vivantes. Pas une minute d’ennui ou de lassitude, on est au cœur du merveilleux, dans une grotte de splendeurs où brillent mille feux! Et tantôt les plages symphoniques d’une puissance émotionnelle stupéfiante dont il compose et recompose sans cesse le bouquet pour créer une musique expressive sans cesse renouvelée. Le talent du chef d’orchestre est tellement humain lorsqu’il traite de cette musique … surhumaine, quel beau et vivant  paradoxe !

 

Et quelle victoire sur le mal, puisque la musique efface littéralement la haine, comme on le voit si bien à la fin de l’acte 2. Mais l’art, y contribue aussi. En particulier celui de la mise en scène signée Olivier Py. Il nomme les choses, il écrit les mots sur les murs. Il verbalise. Tout est vivante balise… Particulièrement le magnifique chœur et son coryphée qui transmet l’esprit de la tragédie grecque, celle d’Euripide, la plus humaine. La plus fantastique, ici,  sur cet amas de ruines. Chacun dignement vêtu de sobriété, debout face au public, les choristes sont emportés par la scène tournante comme de lointains échos portés par les vents. Ils sont aussi assis aux fenêtres des immeubles  dévastés, fondus dans une identité de survivants de catastrophe  mondiale. Spectateurs de tragédie, commentateurs empathiques, sagesse empirique. Le chœur est un ensemble puissant comme un océan de vibrante humanité. Et  tranchante comme des éclats de verre aperçus sur les façades,  contemplez l’image du  revers de la médaille  qui fustige le  philistinisme bourgeois dans toute sa raideur.

 

Et sur l’île déserte du troisième acte, qu’ont les amants emporté ? …Les noms des  illustres auteurs allemands qui ont fait l’Allemagne: Goethe, Novalis, Hegel, Hölderlin, Schiller, Heinrich Heine… Et pour chacun, une œuvre d’art,  symbole beau comme une poterie millénaire exposée dans une bibliothèque de bronze vert.  Le temps et ses aiguilles, le cygne, la lyre d’Apollon,  un cheval de Troie qui a séjourné au fond de la mer, un navire de guerre, des hégémonies disparues et  la place et la responsabilité des artistes dans la société contemporaine.L’image contient peut-être : plein air 

 

 

 

Hélas, au pied de l’écriteau nommant  le conteur Grimm, reste juste une souche d’arbre séculaire. Le puissant chêne des dieux germaniques, le bel arbre de vie, celui où se rend la justice,  a été raccourci à un mètre du sol et ne protège plus les amants  dont le rêve va mourir. Le rêve avorté du Printemps des peuples en 1848 à travers l’Europe?  Le glaive est là, Le blanc chevalier s’est vêtu de noir. Arracher les aiguilles du temps n’a servi à rien pour arrêter le désastre. L’amour va mourir. C’est la condition humaine. Quant à la promesse de renaissance du jeune frère…  ne serait-ce pas le pire, que l’utopie disparaisse?  Il reste que chacun peut se battre pour faire triompher la vie…

L'opéra romantique de Wagner exige des comédiens qui  puissent  véritablement habiter leurs rôles, et  c'est exactement ce qu’ils font tous.  Un cast de rêve pour cette   prodigieuse première.  Est-il possible pour un chevalier du Saint-Graal de paraître plus envoûtant, noble et pur qu’Eric Cutler ?   Quelle infinie délicatesse dans son phrasé de « eine Taube », les mots les plus fragiles de l’opéra!  Pas étonnant que l’exquise  Elsa – Ingela Brimberg – ait eu pour lui  le coup de foudre, même en son sommeil ! Au fur et à mesure, on s’éprend de l’innocence virginale de son  personnage, mais aussi de la jeune femme  si passionnée et si réelle. Et la noire démence va tellement bien à la mezzo-soprano russe Elena Pankratova (et la mezzo-so­prano allemande Sabine Hogrefe en alternance) qui interprète  Ortrud  la monstrueuse sorcière qui accuse Elsa et Lohengrin d'utiliser la magie pour pervertir le jugement de Dieu.  Son interprétation de feu la transfigure et laisse le public pantois!

La Monnaie  présente donc cette nouvelle production de Lohengrin avec deux très belles distribu­tions en alternance. La basse hongroise Gábor Bretz débute à la Monnaie dans le rôle du roi Heinrich der Vogler, Henri L’oiseleur. Royal, auguste, puissant et  superbe. Deux grands ténors font leurs débuts dans le rôle du chevalier Lohengrin, l’Américain Eric Cutler et le Canadien Joseph Kaiser*. Eric Cutler s’est avéré fascinant, en voix, en charme, en  théâtralité et en  émotions.  Pour interpréter Friedrich von Telramund lors de cette fabuleuse première, Andrew Foster-Williams, baryton-basse,   a formé avec Elena Pankratova un duo parfait d’entente et de fourberie. Thomas Jesatko* est en alternance.

Depuis Salome (Strauss) en 1992, Werner Van Mechelen est revenu régulièrement à la Monnaie. Il incarne le très indulgent  personnage de Heerrufer. Les Nobles sont chantés par Zeno Popescu, Willem Van der Heyden, Bertrand Duby, les femmes par Raphaële Green (MM Laureate), Isabelle Jacques (MM Soloist), Virginie Léonard (MM Soloist) en Lisa Willems. La presse, debout ; une salle en ébullition ;  des  salves bruyantes d’applaudissements terminent les presque cinq heures de spectacle.

 

 

 

https://www.lamonnaie.be/fr/program/429-lohengrin

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lohengrin_(op%C3%A9ra)

https://www.opera-online.com/items/works/lohengrin-wagner-wagner-1850

 

https://www.lamonnaie.be/fr/long-reads/928-olivier-py 

Aucun texte alternatif disponible.

 

 

Diffusion sur Klara & Musiq3
26.05.2018

en live sur ARTE Concert
26.04.2018

streaming sur
www.lamonnaie.be/fr/streaming
22.05 > 11.06.2018

Plus D'infos

 

 

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administrateur théâtres

Pour Epal

Accords perdus, vous les retrouverez,

Prévenez la milice poétique

A la recherche dans le mille-feuille.

La marée du siècle a mangé la dune, 

Oyats têtes en bas, racines aux vents,

Sur la grève, des milliers de couteaux


Et dire que l'on cherchait des fossiles !

Mais les grains de café, oh grand bonheur...

Se réveilleront dans la vitrine.

Cristaux et porcelaines du temps passé,

Fleurs et images dans les missels jaunis,

L'été, les Noces et les parfums sublimes.

 La vie renaît, Opiniâtre marée.  

DH Elle

L’image contient peut-être : océan, ciel, eau, nuage, plein air et nature

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administrateur théâtres

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes deboutJuste ce qu’il faut d’atmosphère sensuelle et méridionale des palais de l’Andalousie du XVIIIe siècle et au bout…. Le bonheur !

 Envoûtés par la qualité de la musique et  celle de la distribution éblouissante réunie sur le plateau de l’Opéra de Liège,  les spectateurs  participent, à  une  folle journée (le sous-titre même  de la pièce  Le Barbier de Séville  de Beaumarchais) vécue par Figaro, valet du Comte et Suzanne,  camériste au service de la Comtesse Almaviva, habitant une belle demeure à Séville.

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Après une ouverture fulgurante,  augurant le caractère ludique de l’opéra et de son issue heureuse,  les deux amoureux préparent leurs noces, mais  le Comte, un coureur impénitent, a juré  d’exercer son « droit de cuissage » sur Suzanne, la   jeune  et séduisante  fiancée. Mis au courant, Figaro, jure de déjouer les plans de son maître.  «  Se vuol ballare signor contino » déborde d’énergie  combattante et annonce un personnage de haute voltige.   Mais  Figaro se heurte  à de nombreux écueils :  Don Basilio (Enrico CASARI), le maître de musique, qui joue le douteux rôle de l’entremetteur pour le Comte,  Marcellina ( une ébouriffante Alexise YERNA), soutenue par maître Bartholo (Julien VÉRONÈSE) , qui,  après avoir prêté de l’argent à Figaro contre promesse de mariage, espère bien se faire épouser, mais finit  par découvrir qu’elle est sa mère, ce qui résout la question! Et aussi, parmi les gêneurs,  l'adolescent craquant et adorable, Cherubino,  amoureux de « sa marraine », la Comtesse, mais aussi  amoureux de toutes les femmes à la ronde.

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Judith VAN WANROIJ,  La Comtesse,  loin d’être une personne figée et compassée, vit dans l’opulence  mais elle est désabusée par les frasques  de son mari volage, par ailleurs "Grand d'Espagne!". Elle se révèle  être d’une  vive et belle intelligence et d’une humanité touchante, comme dans son air «  Porgi Amor », un vrai coup de cœur.  Tout ce qu’elle chante porte un relief extraordinaire.   Elle est restée la Rosine pétulante, enlevée jadis par le Comte et partage l’esprit rebelle et critique de son impertinente  compagne, Suzanne. Ensemble elles vont tramer des pièges pour faire ... entendre raison!  Ainsi ce   merveilleux duo « Sull'aria » où la comtesse dicte  le billet donnant rendez-vous au comte. Une merveille d’harmonies féminines.  

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Surprises, déguisements, quiproquos, situations embarrassantes, rebondissements dignes de vaudeville émaillent donc l’histoire  dans un  tempo vif et enjoué, jusqu’à ce que tombent les masques au quatrième acte. Le tout est ciselé avec finesse, saveur et jubilation par le maître de musique: Christophe Rousset,  titulaire de deux rôles.  D'une part, instrumentiste délicat et talentueux, au piano forte qui illumine l'ouvrage, et de l'autre,  incomparable chef  de l’architecture musicale de l'opéra.  Il a un don extraordinaire pour mettre  les choses en musique : révélations, surprises et revirements... Il narre cette histoire hautement ludique avec brio  et  intercepte  la  multitude  des états psychologiques  tout en faisant mystérieusement  ressortir  le regard critique  de Mozart sur de l’Ancien régime, par des modes burlesques. Il pénètre inlassablement l’arrière des masques et déjoue les singeries sociales, questionnant avec humour les rapports homme-femmes. Avec une préférence pour les femmes? 

En dehors du plaisir intense de la musique, la réussite de ce spectacle tient  particulièrement à la mise en scène d’une pureté dé(?)concertante! Signée Emilio Sagi.  Cela dit beaucoup!  Les décors et les costumes en élégantes teintes pastel ou sable, sont  comme  - idéalisés -  et jouent avec de belles  luminosités et la subtile blancheur du palais, jusqu’au dernier acte - le plus fou et où la musique a atteint un niveau quasi charnel -    qui se déroule, lui  dans un  luxuriant jardin semi-tropical, un paradis où ne peut qu’advenir le pardon, indissociable compagnon de l’amour véritable.

Mais la réussite parfaite de cette production tient  bien sûr surtout  à la qualité de ses interprètes.  Aux côtés de la  Comtesse  pleine de charme, de noblesse  et  de profondeur, Jodie DEVOS met sa voix claire et naturelle ainsi que  sa malicieuse théâtralité au service du  fougueux personnage de Suzanne, plus maîtresse que suivante!  Elle est le centre de tous les duos qu’elle mène sans faiblir…avec la vaillance musicale  intrépide que l’on lui connaît.  L’exquise Raffaella MILANESI  est le jeune Chérubin: du vif-argent éveillé à l’amour qui gambade sans la moindre retenue, tel un jeune dieu, libre, farceur, tendre, passionné, possédé par l’énergie grisante et urgente  de son personnage.  Quant au Comte Almaviva, il est superbe,  tellement déterminé et sûr de lui dans son inconstance toute masculine.  Il  est interprété par un  Mario CASSI tout-à-fait solaire. Sa tessiture semble rayonner et vibrer, caressant les plafonds et les  fenêtres du palais, continuant à jouer  de splendides couleurs de parade masculine,  même si  ...c’est finalement  Suzanne qu’il découvre dans le placard à la place du jeune amant qu’il brûlait de surprendre  à l'acte II, ou  même s’ il ...se  fait piéger par Suzanne et la Comtesse à l'acte IV,  et apparaît  comme un personnage plutôt ridicule.

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Délicieuse Julie MOSSAY dans  Barbarina, qui elle aussi décline une des facettes de l’amour dans sa belle cavatine de l'Acte IV  … et un jardinier râleur et intempestif à souhait, très bien campé sous les traits de Patrick DELCOUR.    Mais la palme revient sans doute  au chatoyant  Figaro,  le jeune baryton Leon KOŠAVIC à l’élocution parfaite. Un homme de caractère,  qui n’a rien à envier à son maître en termes de voix masculine  affirmée, héroïque et radieuse, et  à travers lequel on perçoit  un  brûlant de désir de construire un nouveau monde, rêvant pour  celui-ci,  de  plus d’amour,  plus de  justice et de  plus  de liberté. La densité et la musicalité du  final est un  sorte d’aboutissement heureux, de fusion parfaite du comique et du sérieux du livret, le moment  où s’arrête enfin  le tourbillon de ces personnages illustrant si bien l'esprit du XVIIIe siècle, celui  où le regard et l’oreille se trouvent confondus d’admiration devant l’esthétique de la  mise en scène  et  la  qualité  sonore  de la production.

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 En Italien DIRECTION MUSICALE : Christophe Rousset MISE EN SCÈNE : Emilio Sagi CHEF DES CHŒURS : Pierre Iodice  ARTISTES : Mario Cassi, Judith Van Wanroij, Leon Kosavic, Jodie Devos , Raffaella Milanesi, Julien Véronèse, Alexise Yerna, Julie Mossay, Enrico Casari,Patrick Delcour  

NOMBRE DE REPRÉSENTATIONS : 5 DATES : Du vendredi, 06/04/2018 au samedi, 14/04/2018

 

Avec L’Orchestre et Chœurs de l’ Opéra Royal de Wallonie-Liège, nouvelle production

Vous trouverez ici des Ressources  à propos de  la biographie de Mozart.

 

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administrateur théâtres

CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR,  MILLENIUM ORCHESTRA Cappella Mediterranea, continuo  & LEONARDO GARCÍA ALARCÓN, direction

 VALER SABADUS, Évangéliste

 FRANCISCO JAVIER MAÑALICH RAFFO, Christ

 PHILIPPE FAVETTE, Ponce Pilate

Dans :

GAETANO VENEZIANO 1656 - 1716 Passio del Venerdì

Santo ANTONIO NOLA 1642  > 1715 In manus tuas Domine / Stabat Mater

                             Attirer le public pour lui faire entendre des raretés, voici le défi que proposait dernièrement Leonardo García Alarcón, découvreur de  musiques anciennes,  le 28 mars 2018, à Bozar, lors d’un  exceptionnel concert d’harmonies  méditatives sans pause. D’emblée très complice et plein de bonhommie avec son public, Leonardo García Alarcón, propose de ne pas applaudir entre les morceaux,  pourtant de compositeurs différents, pour préserver une unité de temps, de lieu et de sens. Il a en effet choisi de relier du même fil trois œuvres différentes afin de concevoir la prestation comme un tout. « In illo tempore  egressus est Jesu cum discipulis suis… » débute l’Evangile selon saint Jean dans la version de Gaetano Veneziano,   se poursuit par « In manus tuas Domine» d’Antonio Nola,  et aboutit dans  un  dramatique « Stabat Mater » du même compositeur.

                             Leonardo García Alarcón rêve de partager sa passion pour l’écriture musicale mais surtout sa passion pour les Ecritures. Ainsi les partitions qu’il  exhume sont rares,  jamais encore jouées et entendues.  A la manière de deux testaments, il veut relier anciennes et nouvelle transmission  dans la fraîcheur d’une éclosion contemporaine inédite, incarnée avec passion par le Millenium Orchestra et le chœur de chambre de Namur.

                             Le premier manuscrit retrouvé nous donne à entendre une œuvre fervente,  la Passio del Venerdì Santo écrite à 20 ans vers 1685  par Gaetano Veneziano (1656-1716), élève d’élection de Francesco Provenzale  et organiste à la Chapelle Royale de Naples dès 1678, à  l’époque, sous domination espagnole. Presque toutes lumières éteintes, la salle  a tout de suite baigné de l’atmosphère particulière du triduum pascal.  Contemporaine de celle de Scarlatti, c’est  une musique sensuelle et dramatique à la fois, écrite pour solistes, double chœur et cordes, « suivant un parcours « d’une extrême » cadence (en sol# mineur sur « crucifigeret ») à l’autre (« Consummatum » en si bémol mineur) ». 

                             La voix éthérée de l’évangéliste qui a tenu  le public en émoi d’un bout à l’autre du concert  est celle de Valer Sabadus, contre-ténor. Elle est  d’une clarté et d’une douceur sublimes… Plaisir captivant, que cette voix émouvante  et sensible  aux  atmosphères narratives, un évangéliste au timbre profondément  chaleureux  et qui, à la manière d’un conteur d’antan, séduit  l’audience à ses pieds. Aucune grandiloquence, aucune forfanterie, de la belle et pure simplicité,  dans  une tessiture irréprochable. Un admirable maître de quenouille musicale,   qui a su filer en continu,  un  chant  lyrique mélodieux et poétique imaginé par Leonardo García Alarcón, sans que jamais  ne retombe l’intérêt. Roumain d’origine, il a grandi en Allemagne, célébré pour sa « voix dramatique de cristal clair » (Süddeutsche Zeitung), il a été révélé en France par ses remarquables prestations  à Versailles avec notamment « Didone abbandonata » de Hasse. Ses deux derniers albums, sortis en 2017, sont « Duetti Sacri », réalisé avec Nuria Rial et le Kammerochester Basel, et « Händel goes Wild » avec Nuria Rial, Christina Pluhar et l’ensemble L’Arpeggiata.

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                                          Le  récit  est entrecoupé par les interventions de Jésus, le  très mélancolique ténor Francisco Javier Mañalich Raffo qui joue les couleurs de la passion avec immense tendresse et  profondeur, et celles  de Ponce Pilate, sorte d’honnête homme cohérent et  intègre, juste prisonnier du destin, qui ne rêve que d’équité et de justice bien rendue. La théâtralité et la vitalité dramatique  sont superbement portées par Philippe Favette, baryton-basse. Celui-ci  s’est produit sous la direction de chefs tels que  Patrick Davin, Leonardo García Alarcón, Ton Koopman, Sigiswald Kuijken, Christophe Rousset, Jean Tubéry ou encore Jordi Savall. Mais il y a surtout, les impeccables interventions de la foule (Turbae) -  d’habitude créature populiste jalouse, avide, querelleuse, multitude vociférante, qui ne reflète pas, la vindicte sauvage qu’on lui connaît,  mais qui ici fait plutôt preuve de réactivité rhétorique. Cette foule,  peu  nombreuse mais très « puissante » est incarnée par un chœur qui privilégie la froide image des riches pharisiens avides de pouvoir et celle des docteurs de la Loi, les grands prêtres  qui n’ont pas  pu supporter l’éviction brutale des marchands du temple par Jésus et la critique de leurs lois.  De manière étonnante, la musique qui entoure les épisodes ou soutient les ariosos n’a rien de lugubre, c’est comme s’il y transparaissait l’Amour, bien que l’orchestre à certains moments  en profite pour souligner à coups de cordes les couleurs des flagellations, les épines, le manteau pourpre, les gifles… tandis que Pilate garde son sang-froid : « Ecce Homo », voici l’homme…

                                            Par trois fois, Ponce Pilate,  est désespéré de faire comprendre qu’il n’y a rien à reprocher à Jésus : « ego nulla invenio in eo causam ». Mais la « foule » insiste : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi, il doit mourir ! » Tant d’hypocrisie et de vanité ! Il n’y a bien sûr à leurs yeux,  aucune place pour la loi de l’amour… Et où sont donc restées les femmes ?  Celles qui devraient selon les écritures, découvrir les premières  que la mort avait enfin été vaincue et Jésus ressuscité? On les retrouvera , éplorées mais confiantes, dans le « Stabat Mater ».  Une évidence pour Leonardo García Alarcón, après avoir remis  Jésus, «  aux mains  de Dieu ».

                                            Cette merveille d’écriture musicale, est traversée par l’esprit des Ecritures… pour une nouvelle lecture. Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ! « Quod scripsi, scripsi,» insiste Pilate qui a fait écrire au haut de la croix INRI  «  Jesus Nazarenus, Rex Judaeorum » malgré les remontrances de la foule! Comme si une même dynamique optimiste inéluctable  semblait s’imposer à travers la musique,  pour signifier que la passion du Christ est l’étape  indispensable à la disparition de la mort,  et à la rédemption de l’humanité.

https://www.bozar.be/fr/activities/124228-choeur-de-chambre-de-namur

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administrateur théâtres

12273273076?profile=originalZoom sur …Rossini

 

Nous voici  à un Gala très bruissant de belles personnalités. Sa Majesté le Roi ALBERT II  et la Reine  PAOLA,  figure emblématique du soutien qu’apporte la famille royale depuis des décennies,   à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, sont dans la loge royale à Bozar, en  ce vendredi 23 mars, veille de semaine sainte. Après une première partie  très bien réglée d’un récital de brillants airs de musique profane de  Mozart ( La Clémence de Titus, les Noces de Figaro, La flûte Enchantée…) où l’on a pu apprécier particulièrement  le  charme intense et la fraîcheur de Julia Szproch, soprano, la superbe musicalité de l’intense Katarina Van Droogenbroeck,mezzo-soprano et la très  affirmée Cécile Lastchenko, soprano, ce sont les mélodies sacrées de Rossini qui vont emplir les voûtes de la Belle salle Henry… comme si on était dans une cathédrale! Mélodies Sacrées par leur beauté incandescente, et Sacrées par leur contenu. Rutilantes par leur qualité et en avant-première du Temps Pascal.

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 Voici que dès les premières mesures du Stabat Mater de Rossini, on donne la main en pensée, aux inquiétudes du Requiem de Mozart avec la couleur sombre de l’introduction, les solistes qui semblent se relever d’une flagellation, et traduisent la puissance de la douleur abasourdissante.  Néanmoins, en filigrane du terrible  « Dum pendebat filius » «  Où son pauvre enfant était suspendu ».  On perçoit déjà un désir  joyeux de transfiguration, il est  introduit par les violons.

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Cependant, nous ne sommes pas au théâtre, nous sommes au cœur de la Passion. Bart Van Rijn, prince de la musique,  projette l’énergie du jeune Orchestre d’Anvers tous azimuts. Les instruments sont d’époque. Il y a une fraîcheur, une lumière et une justesse de timbre incroyables.  Les cuivres, brillent plus, les fils d’or des violons scintillent, les  hautbois et les bassons  donnent de la lumière, les trombones et les contrebasses sculptent le drame.

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Un superbe moment de gloire et de jeunesse radieuse est interprété par le très solaire  ténor Pierre-Emmanuel Roubet. Nous voici inondés de félicité comme à l'Opéra. Le Cujus animam est  dans la foulée des  airs du Barbier de Séville ou de Guillaume Tell. La générosité et la vitalité absolue de  l’interprète  sont soudain recueillies par des accords sombres et dramatiques de l’orchestre.

 

Qui est homo… Sophie Sproch et Cécile Lastchenko, l’une des chanteuses belges sélectionnées pour le Concours Reine Elisabeth 2018,  vont livrer la tristesse et l’affliction de toutes les mères et les pères  devant  la perte d’un fils ou d’une fille. La dimension humaine est égale à la dimension sacrée.  Dans le duo  l’admirable mezzo-soprano Sophie Koch, maître de chant à la Chapelle –   qui a interprété récemment le rôle de Mère Marie de l’Incarnation dans Dialogues de Carmélites à la Monnaie–  se montre palpitante,  dramatique, profonde et souple, empreinte d’immense modestie, laissant endosser à   la frémissante soprano Cécile Lastchenko, non seulement les racines de la vie, mais son épanouissement.    Ensemble elles vont ramener la vie dans la mort.   Le chef d’orchestre dirige avec fermeté les pleurs discrets des concertistes. Le deux femmes  soudées par la beauté de la musique,  concluent  par des accords a capella, puis l’orchestre livre  à son tour   l’ampleur de empathique son émotion. 

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Trois frémissements de timbales annoncent les tempi implacables du destin écrit dans le ciel, pour  la superbe basse, Bertrand Duby,  qui donnera le frissonPro peccatis suae gentis Pour les péchés de sa nation « Vidit Jesum in tormentis » – Elle le voit, dans sa Passion « Et flagellis subditum »– Sous les cinglantes lanières…. Le cœur des mystiques bondit de compassion,   et la tendresse musicale fuse en crescendo. Mais à travers l’ivresse de la douleur, l’œuvre fait  fleurir la sérénité. Comme chez Fauré. Du Beau et du Sublime éthéré et diaphane à la fois, greffé sur la douleur humaine et son absolue dignité.

 

Eja, mater, fons amoris, le  solo basse et chœur a cappella  sont pathétiques, suaves, harmonieux, d’une mélancolie touchante, langoureux, allant jusqu’aux larmes,  par la pureté de l’interprétation. On touche l’extase de l’amour.

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Le moment absolu,  Fac ut portem  s’avère d’une architecture éblouissante « ut sibi complaceat », dans un jeu d’échos vivants et magnifiques. On est au cœur du message biblique. Seul l’Amour sauve.    Puis suivront des adresses à la Vierge enflammées comme de l’encens, l’humanité implore sur tapis de pizzicati. Le souffle épique se mêle au religieux, les accents sont brûlants et  finissent par se consumer sur des gestes  apaisants : les caresses du chef d’orchestre. Et après chaque très  beau moment, des bribes d’applaudissements incoercibles s’échappent de mains de spectateurs indociles,  innocents  lampions dans la nuit…

 

On arrive à la fin. L'Inflammatus, où le chœur accompagne la soprano solo déchaîne les  flammes.  Ils sont  dans l’acceptation d’un sacrifice démesuré, la douleur devient ivresse au pied de la croix, lieu de renaissance. Quando corpus morietur… bouleverse au-delà de toute expression.   Prière vibrante, vivante, immortelle. L’Octopus Choir développe à la perfection la pureté et  la dimension céleste.  L’Amen  incarne une fête totale de l’esprit et des sens, avec des rafales successives d’illumination et une élévation vers l’immensité de l’infini…. L’Amour?    L’urgence ou le devoir de  vivre ?  

Music Chapel
Gala Concert – 23.03.2018 – Bozar

Concert d’Anvers
Octopus Choir
Bart Van Reyn, conductor
Sophie Koch, mezzo-soprano
Cécile Lastchenko, soprano
Julia Szproch, soprano
Katarina Van Droogenbroeck, mezzo-soprano
Pierre-Emmanuel Roubet, tenor
Bertrand Duby, bass

Musical Program Gala 2018  

 Le programme offre une très émouvante traduction du texte latin, …dont on aurait d’ailleurs bien aimé avoir pu disposer ! C’est une retranscription romantique du poète flamand Guido Gezelle: 

 

Naast het kruis, met weenende oogen, stond de Moeder, diep bewogen, daar, gegalgd, heur kind aanhing.
Dwers door ‘t midden van heur herte, vol van zuchten, leed en smerte, ‘t scherpe zweerd der droefheid ging.
Ach’ hoe droef, hoe vol van rouwe, was die zegenrijke vrouwe, moeder van dat eenig kind!
Ach! hoe treurde zij, hoe kreet zij, ach! wat boezem pijnen leed zij naast Hem, die zij zoo bemint!
Wie die ook niet weenen zoude, zoo hij ‘t bitter leed aanschouwde dat Maria’s ziel verscheurt’
Wie kan zonder medelijden, Christus Moeder zoo zien lijden, daar zij met haar Zoon hier treurt?
Om de schuld van onze zonden, ziet zij Jesus vol van wonden, heel doorgeeseld, overal!
Ziet zij ‘t dierbaar Kind in ‘t strijden, met de dood, verlaten lijden, eer, eilaas, het sterven zal
Moeder, liefde doet u kwijnen; geef mij deel in al die pijnen, dat ik met u mede ween.
Laat mijn herte nimmer staken, God mij aangenaam te maken, vlammende voor hem alleen.
Maagd der Maagden, mijn gebeden, hoort ze, zonder bitterheden; helpt mijn medelijdend hert
Door de wonden die Hem schonden, Moeder, en aan ‘t kruishout bonden, deele ik zijn pijn en smert
Mocht ik klagen al mijn dagen mocht ik met u smerten dragen, eer mijn sterfdag voorenviel
Mij bij ‘t kruis met u vereenen! met u sterven, met u weenen!is het wenschen mijner ziel
Maagd, der maagden roem en zegen! werk mij in dien wensch niet tegen; gun mij dat ik met u klaag.
Mochte ik eens in Christus’ wonden, zijn verborgen, zijn verslonden,’k ware in ruste: och, hoor mijn vraag!
Mocht ik Christus’ kruise dragen, hebben daarin mijn behagen, heel doordronken zijn, voortaan!
Dan zal Jezus mijns ontfermen, en Gij Maagd, zult mij beschermen, als ik zal voor ‘t oordeel staan.
Laat in Christus’ dood en lijden op dien dag mijn hert verblijden, herontwekken mijne jeugd.
En, als ‘t lichaam komt te sterven,laat mij dan voor eeuwig erven ‘s Hemels weergalooze vreugd. – Amen

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Stabat Mater dolorosa
Iuxta crucem lacrimosa
Dum pendebat Filius

1

Debout, la Mère douloureuse

Au pied de la croix, en larmes

Où son enfant était suspendu

Cuius animam gementem
Contristatam et dolentem
Pertransivit gladius

2

Et dans son âme gémissante

Inconsolable, défaillante

Un glaive aigu s'enfonçait.

O quam tristis et afflicta
Fuit illa benedicta
Mater unigeniti!

3

O comme elle était affligée, anéantie

La mère bénie

Du fils de Dieu

Quae moerebat et dolebat,
Et tremebat cum videbat
(Pia Mater, dum videbat)
Nati poenas incliti

4

Elle gémissait et soupirait

Et tremblait lorsqu’elle voyait

Les souffrances infligées à son enfant

Quis est homo qui non fleret,
Christi Matrem si videret
In tanto supplicio?

5

Quel homme ne pleurerait pas

En voyant la mère de Dieu

Endurer un tel supplice ?

Quis non posset contristari,
Piam Matrem contemplari
Dolentem cum Filio?

6

Qui pourrait sans tristesse

Contempler la pieuse Mère

Souffrant avec son fils

Pro peccatis suae gentis
Vidit Iesum in tormentis,
Et flagellis subditum.

7

Pour toutes les fautes humaines

Elle vit Jésus livrés aux tourments

Et meurtri par les fouets

 

Vidit suum dulcem natum
Moriendo desolatum
Dum emisit spiritum

8

Elle vit son enfant si doux

En train de mourir dans la désolation

Et rendre son dernier souffle

Eia Mater, fons amoris
Me sentire vim doloris
Fac, ut tecum lugeam

9

O Mère, source d’amour

Fais-moi ressentir la violence de tes douleurs, Fais que je pleure avec toi

Fac, ut ardeat cor meum
In amando Christum Deum
Ut sibi complaceam

10

Fais que mon cœur s’embrase

D’amour pour le Christ mon Dieu

Afin que je puisse lui plaire

Sancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
Cordi meo valide.

11

Exauce-moi, ô sainte Mère

Pose  les  plaies du Crucifié

Dans mon cœur, profondément

Tui nati vulnerati,
Tam dignati pro me pati,
Poenas mecum divide.

12

  De ton  Fils, couvert de plaies

Qui a tant souffert pour moi,

 Partage avec moi  les tourments

Fac me vere tecum flere,
(Fac me tecum, pie, flere)
Crucifixo condolere,
Donec ego vixero.

13

Laisse-moi pleurer comme toi auprès du Crucifié

Tant que je vivrai

Iuxta crucem tecum stare,
Te libenter sociare (Et me tibi sociare)
In planctu desidero

14

Laisse-moi me tenir auprès de la Croix et m’associer pleinement à ton deuil

Virgo virginum praeclara,
Mihi iam non sis amara
Fac me tecum plangere

15

Ô Vierge des vierges,

Ne sois pas amère avec moi

Laisse-moi pleurer avec toi

Fac, ut portem Christi mortem
Passionis eius sortem,
(Passionis fac consortem)
Et plagas recolere.

16

Fais que je puisse porter la mort du Christ, partager ses souffrances  Et vénérer ses  blessures

Fac me plagis vulnerari,
Cruce hac inebriari,
(Fac me cruce inebriari)
Ob amorem Filii
(Et cruore Filii)

17

 

Et que ses propres plaies me blessent

Et que la Croix me remplisse d’ivresse Par amour pour lui

Inflammatus et accensus
(Flammis ne urar succensus)
(Flammis orci ne succendar)
Per Te, Virgo, sim defensus
(Per Te, Virgo, fac, defendar)
In die iudicii.

18

Si je suis brûlé et consumé,

Par toi Ô Vierge que je sois défendu

Au jour du Jugement

 

 

Fac me cruce custodiri
(Fac me cruce sublevari)
Morte Christi praemuniri
(Morte Christi conservari)
Confoveri gratia
(Cumulari gratia)

19

Fais que la Croix me protège

Que la mort du Christ me prémunisse,

Et me remplisse de Grâce

Christe, cum sit hinc exire,
Da per Matrem me venire
Ad palmam victoriae

19a

Christ, quand le temps sera venu de quitter ce monde, donne-moi de venir auprès de toi  par la grâcede ta Mère et d’embrasser les palmes de la victoire 

Quando corpus morietur,
Fac, ut animae donetur
Paradisi gloria. Amen.

Sempiterna saecula.  

Et quand mourra mon corps

Accorde à mon âme la gloire du paradis. Amen Pour les siècles des siècles.  

https://www.stabatmater.info/french/

 

 

 

 

 

 

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administrateur théâtres

Le 21 mars, il y a 333 ans,  naissait Jean-Sébastien Bach (1685-1750), est-ce pour cette raison que Bernard Foccroulle  présentait une magnifique programme à l’orgue ce dimanche après-midi à la philharmonie de Liège? D’aucuns disent que c’est le 31 mars, son anniversaire, d’après le  nouveau calendrier grégorien! Directeur du Festival d’Aix-en-Provence, ancien directeur du Théâtre Royal de La Monnaie, professeur d’orgue du Conservatoire Royal de Bruxelles, Bernard Foccroulle revient à ses premières amours avec un récital entièrement consacré à Jean-Sébastien Bach, dont il a enregistré l’intégrale pour orgue chez Ricercar.


Si tout musicien ne cesse de revenir à Bach, c’est que ce dernier a porté à son plus haut degré d’accomplissement toutes les formes de son temps  : cantates, préludes, chorals, sonates, fantaisies, fugues. Très jeune  le musicien prodigue  se grise d’une fougueuse exubérance musicale que l’on retrouve dans « Le prélude et fugue en mi mineur BWV 533 » majestueux qui ouvre le concert d’après-midi. Dès l’entrée, une construction brillante et ferme : des récitatifs dramatiques – il s’agit de la mise au tombeau du Christ -  des accords staccattos, de l’agilité dans les jeux de pédalier et un panneau central polyphonique lumineux. La deuxième œuvre de jeunesse présentée par Bernard Foccroule est une œuvre que Bach compose quand il avait à peine 20 ans,  un cantique de la résurrection, rapide et bondissant, aux vocalises ascendantes qui défient la mort,  pour terminer dans une glorieuse majesté. C’est la  Fantasia sopra « Christ lag in Todesbanden » BWV 718.

Ensuite on écoutera 5 des 45 chorals de « l’OrgelBüchlein » (1713-1716), des compositions de plus en plus personnelles, très courtes, centrée sur le développement d’une seule idée. Epinglons particulièrement le numéro 24 «  O MENSCH, BEWEIN DEIN SÜNDE GROSS BWV  622 » «Ô homme, pleure tes grands péchés. » Une pièce très expressive pleine de  la contrition du pécheur qui a causé la passion du Christ. Cette contrition sincère se transforme déjà en lumière et pardon même si la dernière phrase ressemble à un ultime Mea Culpa, tout-à-fait  dans l’esprit évangélique  luthérien. Et le numéro 30, « ERSTANDEN IST DER HEIL’GE CHRIST BWV 628 » « Il est ressuscité, le saint Christ. »  Ce choral est animé de la douceur de la supplication et du tutoiement de notes d’espoir, un flux de croches joyeuses. On est frappé par la souplesse, les appels dansant répétés,  l’expression d’une foi naïve qui tourne à l’exaltation joyeuse alors que la vie triomphe sur la mort.

«  La Passacaille et fugue en do mineur BWV 582 (VERS 1715) » composée de 20 variations et d’une fugue est colossale et sublime – d’après Bernard Foccroulle lui-même, qui commente le concert. Le visage de l’orgue est évidemment impassible, même illuminé du rouge de la passion, mais les sonorités ont réveillé les consciences. On se sent aspiré vers les hauteurs. On est ébloui par la splendeur musicale libérée, on participe à une Rencontre vibrante. Le rayonnement divin se mêle à une tempête d’amour. Pieds et mains  du musicien en action bourlinguent sur l’Infini. Immense et tragique. 

 Poursuivons le parcours: à Leipzig, la musique de Bach devient de plus en plus intériorisée et résume  toue la richesse de la musique depuis le Moyen-Âge. On reconnaît tout de suite les premières mesures de  « WACHET AUF, RUFT UNS DIE STIMME BWV  645 » «Réveillez-vous, la voix du veilleur nous appelle. » Il est tiré des  Chorals de Schübler (1746-1749) (BWV 645-650). Confiance, innocence dansante, tempo précis animent cette pièce emplie de légèreté. Par opposition, «  ACH BLEIB BEI UNS, HERR JESU CHRIST BWV 649 ». «Ah! Reste près de nous, Seigneur Jésus Christ. »  est parcouru de palpitations sombres, d’inquiétudes et de frissons face au crépuscule qui descend.

L’avant dernière pièce jouée par Bernard Foccroulle est « VOR DEINEN THRON TRET ICH HIERMIT » BWV 668 « Devant ton trône je vais comparaître »un choral dépouillé, sorte de testament spirituel, sérieux et méditatif,  empli  de grande sérénité où coulent les harmonies adressées à  Dieu. Il ne manque que les anges.

Le concert se clôture par la « Fantaisie et fugue en sol mineur BWV 542 (VERS 1720) » un chef-d’œuvre grandiose, où le compositeur exprime sa colère et son chagrin,  son incompréhension et son égarement devant le décès de sa première femme Maria Barbara, laissant quatre jeunes enfants.  Mais  la fugue brillante  lui fait retrouver son unité avec Dieu. On ne respire plus, on participe à une autre dimension, dans une sorte d’étourdissement spirituel. Il manque juste ici, les profonds échos des grandes cathédrales! 

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                     "Mon seul but a toujours été d'établir une musique religieuse bien réglée en l'honneur de Dieu..."

Bach : repères chronologiques 


1685. Naissance à Eisenach, en Thuringe, le
21/31 mars.
1703 (18 ans). Organiste de l’Église neuve
d’Arnstadt, il s’est déjà familiarisé avec les
compositeurs des Flandres et de l’Allemagne
du Nord, et les maîtres français.
1707 (22 ans). Organiste de l’Église Saint Blaise
de Mühlausen, il s’y affirme comme
expert en facture d’orgues et écrit ses
premières cantates.
1708 (23 ans). Organiste de la Chapelle
ducale et musicien de la Chambre de la cour
de Weimar, il bénéficie d’une réputation
d’incomparable virtuose, d’expert exigeant,
de pédagogue et de compositeur de la plus
haute qualité. Il découvre et adopte l’art des
Italiens et réalise une synthèse des styles de
son temps. C’est surtout de Weimar que date
une grande partie de ses œuvres pour orgue.
1717 (32 ans). Konzertmeister de la petite
cour de Coethen, il compose de nombreuses
œuvres de musique instrumentale.
1723 (38 ans). Cantor de Saint-Thomas et
Director Musices de la ville de Leipzig, l’un
des postes les plus importants de l’Allemagne
après celui de Hambourg, où officie son ami
Telemann. Il enseigne la musique aux élèves
de l’école, gère entièrement la musique
dans les quatre églises principales de la
ville et à l’Université (son travail consiste
à écrire ou choisir les œuvres, en trouver
et former les exécutants, les faire répéter,
etc.). Il se constitue un répertoire de quelque
300 cantates, élabore des œuvres majeures
comme L’Art de la fugue, L’Offrande musicale,
les Variations Goldberg, le 2e
Livre du Clavier
bien tempéré, les Variations canoniques…
1750 (65 ans). Meurt à Leipzig, le 28 juillet.

"Le but de la musique devrait n'être que la gloire de Dieu et le délassement des âmes."

Dimanche 18 mars 2018 - 16h00 
Durée
Env. 75'
Lieu Salle Philharmonique  Boulevard Piercot, 25-27   4000  Liège

Bernard Foccroulle

Séries
Orgue

https://www.oprl.be/fr/concerts/bernard-foccroulle#program

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Un concert hors gabarit : Oser le rêve !

16

MARS
20:00 - 23:30

Le Klara Festival a exhumé  des partitions fortes pour son édition 2018. Le thème était l’imagination. On sera comblés au-delà de toute mesure par ce concert d’une puissance stupéfiante donné à Bozar le 16 mars dernier.  Prefatory Action to Mysterium (1903-1915) de Scriabine, comme il est dit dans le programme, était une œuvre qui allait surpasser tout ce qui s’était fait jusqu’alors dans l’histoire musicale. Une œuvre visionnaire, radicalement messianique qui devait changer le Monde! Le rêve de Scriabine  interrompu par sa mort (1915)  fut rattrapé par le compositeur russe Alexandre Nemtin (1936-1999) qui y travailla pendant trente ans pour  le compléter en polir les innombrables facettes.

Alexander Scriabin, Mysterium

Stanislav Kochanovsky, conductor
Vadim Tsibulevsky, Konzertmeister 

Scriabine vit dans ce que l’on appelle l’automne culturel de la Russie tsariste. L’art symboliste répond au matérialisme croissant de son époque, par une nostalgie des valeurs spirituelles  et de l’unité perdue entre esprit et matière. Il y a deux mondes, comme le pensait Platon : le monde sensible que nous expérimentons, et le monde métaphysique idéal qui se cache derrière lui : là où règne le Beau, le Bien, le Vrai. En allant plus loin, le philosophe russe Vladimir Soloviev exprime l’idée que la vraie beauté née d’une idée et d’une matière qui s’interpénètrent est une force qui peut améliorer la réalité !  Ce pouvoir actif, les russes le nomment « théurgie » … Et nous : « good vibes ? », ces ondes greffées dans la beauté qui inondent et transforment ? La force transformatrice de l’art ! Et en allant plus loin encore, voilà que Scriabine est touché par les idées enracinées dans l’hindouisme, selon lesquelles, la conscience du corps matériel évolue vers l’esprit universel… Ainsi, il conçut son Mystère comme un accélérateur de transformation cosmique. Ainsi, Scriabine, très conscient de son utopie, pense que « L’Acte préalable »  sera un premier pas dans la bonne direction. La musique, comme chemin de révélation? Son rêve est d’impliquer le plus de participants possible. Serait-il, en 1910, créateur d’Art Multimedia? Un moteur de métamorphoses?   

“There will not be a single spectator. All will be participants. The work requires special people, special artists and a completely new culture. The cast of performers includes an orchestra, a large mixed choir, an instrument with visual effects, dancers, a procession, incense, and rhythmic textural articulation. The cathedral in which it will take place will not be of one single type of stone but will continually change with the atmosphere and motion of the Mysterium. This will be done with the aid of mists and lights, which will modify the architectural contours."  

Lors de la production du Klara Festival, l’œuvre devient un gigantesque  jeu de sons et lumières d’une époustouflante densité.  Non seulement les sons mais les couleurs balayent la salle et le plateau. Voici le premier acte : l’Univers.  Le pianiste  russe se fait entendre à travers les agissements puissants des cuivres et le fracas du tonnerre créateur. Dans l’exploration de l’univers en formation, le bleu fuse avec les vents, les échos se multiplient, le clavier ordonne et les violons frissonnent. Des suites s’organisent et se rassemblent. Assiste-t-on à la création de l’univers ou à celle des premiers chromosomes vivants ?  Pourvu que rien ne vienne geler la vie frémissante.   Il faut reconnaître l’espoir insensé qui se gonfle sur les cordes, repérer le chant léger et aigu d’un duo de hautbois et de violon, bientôt absorbé par une marche de géants aux percussions. Le piano renaît. Avec lui l’intelligence des violons  et la lumière entre dans la caverne.  Une flûte écrirait-elle le mot liberté dans l’espace ? Le pianiste a recueilli le message en trilles colorées de douceur. Un flot de vocalises descendantes se heurte aux vagues tumultueuses de percussions sourdes, le chœur se lève. Le cri déchire l’espace. Les percussions disent  un  Big Bang  visionnaire suivi d’une longue onde de silence. Le chœur rêve d’éternité et s’organise en une éclosion lente et spectaculaire. Les cuivres sonnent à la perfection tels  des voix d’outre ciel. Le piano répond avec des gazouillis d’infini. On a reconnu quatre notes primordiales qui ne cesseront tout au long de l’œuvre de phosphorer, au sens étymologique du terme.

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  Comment capture-t-on l’essentiel ? Il faut se laisser porter, accueillir la grâce. Se laisser emporter par le thème, un aphorisme répété mille fois. Se laisser rêver sur les changements de faisceaux de lumières colorées qui épousent les sonorités et les voix, entrer  dans  l’alchimie secrète des ondes sonores et lumineuses, sonder l’univers et l’humanité en marche.   N’est-ce pas ainsi que maintenant on étudie les étoiles, grâce au jeu des spectrographes?

Le deuxième acte décrit dans une sorte d’ivresse musicale la chute  nécessaire de l’humanité, ses douloureuses blessures,  son combat et sa route difficile vers une vision de réconciliation et de pardon. Sa quête de l’harmonie spirituelle. Le troisième acte est une transfiguration  très bien décrite décrit dans les notes de Nemtin :  « La coda s’ouvre avec une sorte de transfiguration. Au climax commence un rite doux, avec le son de cloches et d’un chœur. Presque tous les motifs mélodiques des trois parties sont répétés. À la fin, le chœur chante à l’unisson le motif de quatre notes de la mort. Cela ne ressemble pas à la mort, mais semble plutôt une étape vers un autre niveau de la vie. Au début – quand les cloches sonnent –, les quatre notes résonnent fort, puis s’éteignent et tout disparaît, se dissout. C’est précisément, il me semble, ce qui se passe à la fin. L’univers qui fuit dans toutes les directions commence à se rassembler sur une seule note – fa dièse, la note que Scriabine aimait tant. L’Acte est terminé. »

Dans cette troisième partie on est touché au plus profond par des effets grandioses du tuba, la douceur des hautbois, les jeux de sonorités fruitées, les charges bruyantes. Les quatre notes sont déclinées à l’infini par tous les pupitres comme des mantras en forme  ascendantes et chromatiques. L’orgue a fait son apparition : à la fois rayonnement incandescent et un éclat d’une extrême délicatesse. Le mystère s’empare des cordes qui jouent de façon presque invisible. Du  bercement  régulier des arpèges,  apparaît le beau grain de  voix de la soprano qui produit de larges vocalises,  stables et pleines, sorte d’élixir de sérénité fascinant. L’imaginaire est large comme le rêve d’Icare, sauf qu’il n’y aura pas de chute!  A chaque retour des quatre notes fondamentales, débarque une caravane de lourds parfums capiteux, du sable mou  et chaud, un résumé de l’Univers. Le pianiste réveille l’énergie, l’orchestre amplifie les mouvements,  décuple les forces en présence, Le chœur de 60 choristes de la radio Hongroise est debout. Avec la soprano, l’ensemble ressemble à un gigantesque mandala,  on ne sait plus d’où viennent les émotions. On assiste à une sorte de transfiguration de flux passionnels, de joie créative, de scansions et de pulsions impensables. Du Beau, du Vrai, du Bien sûrement,  en gestation perpétuelle… ad libitum. La saga fantastique est fascinante, on ne voudrait surtout pas que cela s’arrête ! Une plume vole et se laisse choir avec délices. Comment ne pas être transportés ? On a vu des milliers de flocons de lumière tomber paisiblement sur le Monde.  On a entendu le carillon de noces terrestres.  On a accompagné la soprano s’élevant vers le ciel et disparaissant dans un point lumineux et on s’est laissé ensorceler dans l’apothéose du final, avec du bleu strident jeté sur les spectateurs. Voilà une expérience inoubliable par sa force poétique. Voilà ce que peut faire l’art quand il nous bouleverse.

Rue Ravensteinstraat 23, 1000 Brussels, Belgium

https://www.facebook.com/klarafestival/videos/1976647999025705/?t=25

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 UN AMOUR QUI NE FINIT PAS. Comédie d'André Roussin (1911-1987)  Du 3 au 22 mars 2018

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Par la Comédie de Bruxelles

Avec Laure Godisiabois, Christel Pedrinelli, Pierre Pigeolet, Daniel Hanssens. Mise en scène : Daniel Hanssens

 

C’était les années 60-70 !  « Au théâtre ce soir », qui se souvient ? La dynamique, ravissante et élégante Juliette reçoit des lettres d’amour  flamboyantes et savoureuses d’un quidam rencontré lors d’une cure à Divonne-les-Bains.  Bien sûr, Roger,  son mari grille de jalousie devant le charme désuet et romantique des propos fleuris qu’il a découverts !  Pour protéger l’honneur de sa femme, il  s’en  ira porter lui-même le paquet litigieux à son expéditeur dès qu’on aura élucidé l’adresse. Pierre Pigeolet pousse le rôle sanguin  jusqu’au burlesque.  

 Jean est le mari coupable qui est allé innocemment en cure et a rencontré …une jeune-fille ? Sa mère ?  Une femme ? Un rêve, qui lui a fait passer 12 jours délicieux, loin de sa femme Germaine une dame de fer  plutôt castratrice qui est passée maître des  interrogatoires serrés et infantilisants. Jouée à merveille par  Laure Godisiabois,  A chacun de leurs échanges, on déterre la hache des dialogues de sourds : du comique verbal  de très  haut vol,  qui n’est pas sans rappeler l’humour de Raymond Devos  dans  sa logique implacable!  De véritables  morceaux d’anthologie ! S’il ne veut pas particulièrement mentir à sa femme, il ment mal! Avec une intuition toute féminine et un raisonnement implacable, elle a tôt fait de  reconstituer les pièces manquantes au scénario et peut se faire une idée assez précise de la traîtrise en cours, qui n’a rien à voir avec les incartades habituelles du mari et lui paraît d’autant plus dangereuse!  Tout se corse, bien sûr,  quand les deux jaloux, Germaine et Roger font alliance!

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Du côté Juliette-Roger, c’est Juliette :  Christel Pedrinelli, éblouissante de charme  et  d’effervescence qui,  sertie dans des robes de rêve,  crie au scandale, puisque son mari semble ne plus avoir confiance en elle ! Or, elle n’a strictement rien fait de mal ! « On verra plus tard pour la paix ! », lance-t-elle, piquée au sang !  La voilà qui entend avoir voix au chapitre, et  qui sait,  changer le cours des choses! On vous laisse évidemment déguster la suite de l’histoire…

L’ironie et les sarcasmes déferlent dans le salon Jean-Germaine, mais aussi la confession émouvante et lumineuse de Jean /  Daniel Hanssens qui  hisse celui-ci,  au-delà de la comédie, lorsqu’il évoque l’Amour hors gabarit. Humainement,  il réclame cette part secrète indispensable, ce jardin virtuel extraordinaire  où se cultiverait l’amour qui ne finit pas. Un amour  qui ne nécessite pas de  composantes sexuelles, qui vit de son contenu poétique et exalté. Celui qui échappe à la routine, aux contingences, aux frictions, aux désaccords,  où l’explosion verbale devient bouquet de caresses, où il  appelle « son infante et sa principessa »  une belle inconnue qui ne lui doit rien! Dans une adresse à Juliette, un nom  dont la connotation n’échappe à personne, il ose clamer que l’amour est « la fantaisie de Dieu».  Il prétend avec humour  « ne pas permettre à son mari de lutter avec Dieu, sur ce chapitre ! » … tandis que Germaine, prénom bien choisi  lui aussi, croira élaborer un plan infaillible avec Roger pour « tuer le bonheur  dans l’œuf !» et assouvir leurs  secrets rêves de pouvoir.

Dans la mise en scène, on passe d’un salon à l’autre. Aux murs, de tendres couleurs pastel lilas, champagne et tilleul mettent en valeur de hautes fenêtres lumineuses.  Chez Germaine, des meubles genre Roche Bobois et un bouddha qui ne la décoince pas, chez Juliette, des meubles de style, plus collet monté  et un téléphone qui sonne régulièrement pour les amoureux des belles lettres. Au fond,  chacun sa radio 'TSF' vintage, question d'époque! 

Image associée

Ni Jean, ni Juliette n’ont besoin de « protection » lointaine ou rapprochée. Ils ont besoin de respirer…  Ils ne supportent pas l’amour prédateur qui finit par étouffer. Il y a  ces deux monologues parallèles  bouleversants où chacun réclame seulement le droit de rêver. Jean  rêve d’un «  Un bonheur qui ne blesse personne, qui donne au  lieu de recevoir, qui vénère au lieu de séduire… » Ce sont ces moments précieux qui font dire à André Roussin que la bonne comédie est très proche du drame.

Paul Léautaud  ne donnait-il pas comme définition du bon théâtre : « C’est le rire, la fantaisie, l’imagination, la répartie vive, le trait prompt et pénétrant, tout à la fois l’irréel et la vérité, l’observation qui se répand en traits comiques, le mouvement, la farce, au besoin même la bouffonnerie…» Tout y est !  Amateurs de bon théâtre et de langue grisante, réjouissez-vous ! Ce spectacle pétillant qui tourne autour de l’Amour tout court,  est franchement bien joué de façon virtuose et  récréative, et dévoile  des profondeurs  inattendues, même si la fin laisse un goût de nostalgie!

We loved it!  

Crédits photos © Gregory Navarra

         

 Après le Centre Culturel d'Auderghem, plus que quelques jours au Centre Culturel d'Uccle  

 

 

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12273270890?profile=originalDernièrement a eu lieu un festival européen au cœur de l’Europe, le festival EuropArt.  « Si tu veux devenir international chante ton pays…! c’est Beethoven qui le dit ! Et le fondateur de ce festival,  c’est … Guillaume Grignard, pianiste, détenteur d'un master en science politique, Directeur Artistique du festival EuropArt, fondateur de Musique en Liberté ASBL, actuellement aspirant chercheur FNRS dans le domaine des sciences politiques. 

Pianiste né en 1987, Guillaume Grignard est diplômé du Koninklijk Conservatorium Brussel, dans la classe de Piet Kuijken. Il s’est formé avec de nombreux pédagogues réputés comme Roberte Mamou, André de Groote ou Jan Vermeulen. Il est également diplômé de l’académie de musique de Péruwelz où il obtient plusieurs distinctions comme élève le plus méritant de son académie. Enfin, il s’est distingué dans certains concours en étant notamment lauréat du concours Charlier. Passionné par le répertoire de musique de chambre, il s’est formé auprès de la violoncelliste Vivianne Spanoghe et du pianiste Thomas Dieltjens. Avec ses partenaires, il s’est produit régulièrement en concert en Belgique et en France. Parallèlement à cela, Guillaume Grignard s’intéresse à l’improvisation. Dès l’âge de douze ans il exécute ses premières compositions et au conservatoire il a pu se perfectionner avec Helmut de Bakker et Boyan Vodenicharov, ce qui a considérablement élargi ses compétences en la matière. Esprit bouillonnant et superactif,  Actuellement, Guillaume Grignard est aspirant chercheur FNRS en science politique…

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La vocation de ce festival européen est de convoquer des  jeunes artistes des quatre coins de notre belle Europe et de constituer une Europe musicale. Les pièces de concert ont un dénominateur commun, être moins connues du grand public et représenter un pays qui nous est moins connu.

 

Le 3 mars dernier, au concert d’ouverture de la 7e édition de ce festival EuropArt,  c’était la république tchèque, la France et l’Allemagne qui étaient au rendez-vous au Musée des instruments de Musique. Ensuite Autriche, Bulgarie Pologne se retrouvaient  à l’abbaye de Forêt.  22 autres pays ont  été représentés sur différentes scènes bruxelloises.   Le 8 mars dernier, le théâtre Mercelis accueillait  le jeune Florian Noack, piano, et le Quartz Ensemble, un quintet à vents qui fête ses 26 ans.

Au programme:

Carl Nielsen (1865-1931) : Quintette à vent (1922)

Blaž Pucihar (1977) : Prima Sonata pour flûte et piano (2003)

Georges Enescu (1881-1955) : Cantabile et presto pour flûte et piano (1904)

Francis Poulenc (1899-1963) : Trio pour piano, hautbois et basson (1926)

Francis Poulenc (1899-1963) : Sonate pour deux clarinettes (1918)

Francis Poulenc (1899-1963) : Sextuor pour piano et quintette à vent (1932)
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Le Quintette à vent, op 43 de Carl Nielsen (1922) pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson donné en ouverture du concert a été une découverte.  Une œuvre sereine et paisible où s’enchainent 11 variations sur un même thème. On est frappés par des sonorités rutilantes, un cor et un basson généreux, une clarinette primesautière, de beaux duos,   des rythmes de violons invisibles gonflés de rires. La clarinettiste nous offre d’ailleurs quelques gloussements farceurs.  Le thème fait penser à une  marche accablante sous le soleil, remplacé furtivement  par des balbutiements futiles de la clarinette, puis  des sarcasmes excentriques,  sur  tempo pressé,  puis se  reconstitue en toute sérénité à la fin du morceau.

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 Partons  à la découverte de la première Sonate pour flûte et piano de Blaz Pucihar (1977). Florian Noack démarre sur un rythme jazzy, le spectateur est tout de suite fasciné par son jeu de  mains sublime. La flûte est toujours aussi farceuse, Notes et trilles acides, douceur et badinerie, Florian Noack fait résonner son instrument.  Le Cantabile et presto pour flûte et piano de Georges Enescu,(1881-1955) enflamme le pianiste, entre l’ardeur d’une narration et la douceur d’une romance. Les mélanges de sonorités avec la flûte  se produisent: ces moments de fusion rares où l’oreille est séduite mais ne connait plus la source…  Après la pause c’est Francis Poulenc (1899-1963) qui tient l’affiche.   

Le trio pour hautbois basson et piano est enjoué, bienveillant et élastique. On passe d’une ample rêverie à des rythmes de films muets bourrés d’humour. Les dialogues sont moelleux, « Deux n’étions et n’avions qu’un cœur… ! » avec des développements mélodiques plein d’esprit. Florian scande la musique avec grande complicité, il a l’humilité nécessaire de l’accompagnateur qui encadre sans écraser. On se laisse gagner par l’émotion si généreusement partagée. Après: La sonate pour deux clarinettes de Poulenc, sorte de parade aviaire décontractée, dont on écoute les hululements nocturnes les yeux fermés.

Ce concert se referme sur Le Sextuor pour piano, flûte, hautbois, clarinette,  basson  et cor, ( 1932). Rivalité de sautillements et de torpeurs langoureuses, les instruments diffusent fumées et alcools,  le pianiste fait naître des notes innocentes avant  que la partition ne plonge dans une effervescence libre de toute contrainte. C’est ludique en diable. Le pianiste ne fait qu’appuyer les vents, se distingue à peine par quelques notes, un glas déguisé, une nostalgie… Un être est solitaire quelque part et pleure en silence. En musique, les larmes sont belles et pourtant, pas un violon à l’horizon !

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Et puis, un bis d’adieu, pur élixir de romantisme sous les doigts de Florian Noack:  le Nocturno de Vadim Petrov, qu’il joue le sourire aux lèvres… et dont il respire le rythme. Nous voilà au coucher de soleil, à Prague, sur le pont Charles?  Ah! Le charme des villes européennes et leurs musiques!

Florian Noack, piano - Ensemble Quartz

https://europart.brussels/festival/

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