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L'adieu du pauvre

L'ADIEU DU PAUVRE

 

Toi,  chouette , tu es seule à me voir .  Alors écoute :

La nuit ouvre tes yeux et j'attendais la nuit.

tu m'observes et je sais tu devines

tu devinais déjà quand tu m'as vu grimper.

 

Pas très fou  pensais tu,  ton regard est si large

Alors pourquoi venir se perdre dans ce bateau perdu

 

Saurait-il ?

Oui.   J'avais entendu

Ils ont dit  : " Construisons une nef pour les fous

Envoyons les se perdre vers la Narragonie.

Tous ces clones de rois de seigneurs  prétentieux

Ces ivres de pouvoir ne pensent qu'à leur ventre. "

 

Et de charger  la nef de poulets, de cerises,

d'alcool , de miel , de gras , de sirops indigestes.

 

"Ils n'arriveront pas  . Oubliés de l'histoire.

ne pourront que se taire .  Leur panse éclatera . "

 

Moi l'oublié, le pauvre , le maigre , le poète ,

je sens l'odeur du diable

Mais j'avais espéré.

Le moine  en sa capuche,  la religieuse noire

eux sauront résister,  jeûner quand il le faut .

Mais leur tête a brisé son sceau au son des luths

Vois !  Le monde agonise même sur ce bateau .

 

Alors ?

Etre  affamé  et  seul en la Narragonie ?

seul pour dire, crier , convaincre , raconter ?

Ma voix  est bien trop faible.

ils ne m'entendront pas , ne pensent qu'au plaisir

leurs yeux  sont égrillards , autre leur gourmandise.

 

Je voulais leur parler ils ne me voient qu'à peine

sont noyés en  leurs sexes 

perdus   au son du luth

Ah loi de chasteté !

oublies -tu l'interdit , ce moteur du désir ?

libres sur ce bateau ils ont oublié Dieu .

 

L'eau est verte.   J'y trouverai  mon espérance

Oui je veux oublier la sombre déchéance.

l'air pue les détritus et les laideurs de l'âme

les abysses m'appellent et ma mort sera douce

mes illusions m'embaument et je rêve de bleu

d'eau salée,  de fraîcheur , ablutions salutaires

allez souris Chouette , tu sais que j'ai raison

mes cheveux sont trempés,  mon sourire  se noie

...

Adieu .

( d'après la nef des fous  de Jérôme Bosch )

 

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"Même soleil", avec ou sans lui

C'est pendant tout l'été à Divonne -les -Bains. Une façon originale de découvrir la riviève qui traverse la ville thermale ; Le circuit commence à l'office du tourisme et se termine devant l'Esplanade; Tout au long de la "Divonne" des œuvres d'arts , peintures et photos reproduitent sur des bâches de grand format.Tous les artistes invités par le "komissaire Kaviiik" présentent 2 œuvres . A vous de les découvrir en levant les yeux sur l'itinéraire bucolique de la "Divonne"

kaviiik et moi gessien

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CHAVIRER CHASTE

(pour ceux qui adorent les chats... et rire un peu)

 

Juchée sur le machicoulis

Minaude

miaule un tantinet

Mate le  ce minou belle chatte

qu'ondule  ton pelage

En patte de velours va…

fais la chattemite

 

Miaule une chanson 

danse le tcha-tcha-tcha

 

Il est câlin le croc  de mon malin matou

va ronronner sous les petits coussins caressants  de ses pattes

niche toi

 

Il  les mâchonnera ton pelage

ton cou

 

Mais ne tangue pas trop et feule doucement, Chut !

 

Enchevêtrés au creux de la gouttière .

prenez garde au roulis

Choisissez

de chuter sur la jonchée de feuilles

 

C'est chouette une nuit chaude où chouchoutent les chats

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un poète savoyard Jacques ANCET

Note de lecture

 

Jacques ANCET  L’identité obscure  (2010 Lettres vives )

Prix Apollinaire 2009

 

note de l’éditeur « L’Identité obscure » est un poème, un chant intérieur où souffle et intensité, lenteur et accélération, concentration et expansion, méditation et vision, se heurtent, se croisent et se confondent.

 

C’est un recueil très construit.  Composé de treize chants de 76 ( 7+6=13) ou 85 (8+5=13) vers de treize syllabes , une contrainte stylistique pour parler de l’égarement de l’être, du débordement, ces impressions que soi est autre sans qu’on n’arrive pourtant à l’exprimer... De plus, on ne remarque aucun point dans les treize chants qui composent le recueil, comme un souffle qui divague. C’est un roman philosophique profond.

 

***

La poésie de Jacques Ancet est la matérialisation d’une présence  son leit-motiv :

«c’est là».

 

On ne le sent pas seul, il est en compagnie  du « Je » l’ autre de Rimbaud ; un autre qui ne lui est pas étranger et qui nous fait ressentir  un souffle  pas étranger à nous non plus 

Lire sa poésie  nous met en présence de notre propre « je » qui accompagne  notre

« moi »

C’est vivre  une intimité, une tiédeur, une voix secrète c’est entrer dans un pays de résonances.

 

Le recueil vers lequel  je retourne le plus souvent est « Dialogue de l’arbre  et des saisons » la vie d’un arbre en compagnie  d’un poète  dans sa cuisine  où on l’imagine très bien ;  comme si on était proche d’un rideau entrouvert. 

 

Il a, il me semble, des secrets à révéler. Je ne regrette pas d’avoir fait l'effort de le découvrir. Il m’a ouvert  les portes de la poésie espagnole et en même temps bien entendu celles de l'âme de ce peuple riche et passionné. Il habite près d'Annecy où il a enseigné l'espagnol dans les classes préparatoires aux grandes écoles.au Lycée Berthollet  Il a introduit en France l'œuvre de plusieurs poètes comme Luis Cernuda, Vicente Aleixandre, José Angel Valente, Xavier Villarutia., entre autres.

 

            Son écriture  surprend peut être un peu  au début  en ce sens qu'elle se présente comme une poésie faite pour conduire le lecteur aux limites de l'être. On peut la première fois, dans les livres de prose, être déconcerté par ces longs paragraphes, privés des repères habituels ( noms et liens de parenté des personnes)   qui accompagnent dans le récit des histoires humaines. La ponctuation n'étant marquée que par des virgules sans rien qui puisse signifier le début et la fin d'une histoire. Cependant je ressens maintenant la ressemblance de ce fleuve de paroles avec mon propre fleuve intérieur et je commence à y retrouver un chemin familier.

 

Cette poésie invite à un voyage déconcertant, parfois, surprenant toujours.

 

La première œuvre que j'ai eue entre les mains a été « La tendresse » . J'ai été surprise et émerveillée de découvrir comment un homme pouvait ressentir avec autant de profondeur les émotions vécues par une mère en attente et en découverte de son enfant.

 

 En voici un passage

 

"Tu n'as pas de visage et sans doute est-ce pourquoi mes mots s'en vont vers toi cherchant à cerner l'ombre que tu es, un chien aboie, des voix parlent, le silence est toujours si fragile, cette solitude où pour la première fois tu viens au monde, où peut être tu pourras aussi, je ne te connais pas, tu n'es rien que l'obscur de ma phrase, cet appel soudain, au volant, conduisant sur une route en pente, le soleil à gauche éclairait les collines et j'ai su que de quelque façon tu devais exister, ombres, visage négatif, tu était là sans corps, sans nom en moi ce présent [...] Je regarde la femme que j'aime [...] mais c'est toi qui parle maintenant, le sang, la bouche d'ombre, intermittent tu clignotes entre les mots [...]

 

Ce recueil est le  quatrième volet d'un cycle comprenant: L'incessant, La mémoire des visages et Le silence des chiens  J’imagine un être qui poserait face à lui pour mieux les regarder,  les émotions,  l'amour, comme des objets fascinants  et après une observation précise, profonde, aurait été capable de se les approprier. Est ce l'émerveillement de cette sorte de dédoublement qui a lui rendu l'écriture nécessaire ? Ce fardeau merveilleux a-t-il fait déborder son âme jusque sur le papier?  Quand Malherbet ajoute que l'expression de Jacques Ancet est celle d'un être désirant, qui le sait, et qui ne veut pas perdre l'objet de son désir, la nécessité de son écriture  me devient évidente.

 

On lit dans Silence corps chemin : " Écrire c'est être traversé " Et je suis là à me demander si à force de s'approprier les poètes espagnols qu'il aime il n'aurait pas acquis ce don d'emporter en lui tout objet d'amour qu'il soit attendu, présent ou mort.

 

          Qui est ce poète qui dit " La poésie c'est le bruit que fait le monde quand je parle" et encore: " soudain la littérature ce n'est plus parler (écrire) avec la distance que supposent narration, description ou expression, mais c'est être. On n'est plus en face ou à côté : on est à l'intérieur, dans la peau de l'autre. Et on découvre que c'est la sienne"

De son activité de traducteur, Jacques Ancet dit qu'elle est au service du poète et de la poésie; qu'il n'a pas traduit les poètes espagnols seulement pour les faire connaître mais surtout pour se les approprier en les faisant revivre dans sa langue: " je ne traduis pas d'abord parce que je suis hispanisant mais parce que je suis un écrivain français et que je crois ma langue capable de tout "

 

            J'ai rencontré Jacques Ancet plusieurs fois. C'est un être silencieux, très discret. Un être à découvrir. Une feuille qui frémit au moindre souffle de vie Il me semble que dans sa discrétion il vit plus intensément que nous tous.

 

                                                                                                  Hélène SORIS

 

 

Pour en savoir davantage : http://www.blogg.org/blog-55642.html 

 

 

 

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Mon mari, "Dieu"... et moi là-dedans?

Je ne sais pas encore utiliser ce site qui me plaît bcp!


Je viens d'être éditée et je cherche à partager mon travail. Ce n'est pas pour des raisons futiles de vanité mais pour suivre l'injonction de mon guide : écrire pour faire connaître mon cheminement et transmettre les enseignements reçus.

En effet, comme prof de philo, ma vie est une recherche de réponses aux épreuves de la vie, à travers les religions, la spiritualité et l'ésotérisme. Je désire transmettre ce que j'ai collecté pour aider ceux qui rencontrent les mêmes questions : pourquoi le mal, la souffrance ou la perte d'un être aimé?
La réincarnation est (pour moi) la seule juste explication de nos épreuves. J'ai eu la chance de faire une NDE (expérience de mort imminente) qui m'a donné la certitude de l'Amour et de la Lumière. Et il m'a été donné de rencontrer le grand amour : mon âme-compagne!

Ce livre est un dévoilement d'une partie de ma vie à partir de mes journaux intimes, exposant les réponses que j'ai trouvées aussi bien dans les livres que dans des rencontres fabuleuses d'êtres de lumière (comme Anne et Daniel Meurois -Givaudan, Swami MuKtananda, Ma Suryananda Lakshmi...)
Mon livre n'est qu'en apparence une autobiographie, il se veut d'être un livre-compagnon pour proposer des clés et donner un sens à la vie.
J'ai suivi le conseil de l'Initié : "Il vous est donné d’idéaliser la souffrance et d’en offrir le fruit au monde... Que ce soit une consolation pour vous de sentir que, de votre chagrin, du bien sortira pour les autres." 

 

4e de couverture

 


Katia Coeur eut la chance de vivre une NDE : Rencontre avec La Lumière. Vie illuminée.

C'est une passionnée, amoureuse des livres, de la Nature et du Divin, et de son âme-compagne!

Un amour fou et interdit les réunit dans un lycée, elle est Professeur de Philosophie, il est élève. Ils franchirent bien des obstacles unis dans la même recherche du Divin. Mais son papillon de mari partit. D'où un questionnement permanent : pourquoi retrouver son âme-compagne... et la perdre ? Pourquoi des millions d’enfants souffrent-ils ? Pourquoi le « mal »? Pourquoi la guerre?

 

Katia Coeur a suivi l’enseignement d’êtres d’exception : Swami Muktananda, Ma Suryananda Lakshmi et Anne et Daniel Meurois-Givaudan. Elle trouva ainsi la force de vivre, d’enseigner et d’oeuvrer 20 ans dans une association de parrainage d’enfants défavorisés..

A la retraite, elle peut suivre l'injonction de son Guide : tu as une mission. Ecris !

 

Katia Coeur propose simplement le fruit de ses découvertes pour aider ceux qui rencontrent douleurs physiques, morales et métaphysiques. Témoigner de ses luttes et de ses victoires, partager ses certitudes, transmettre les enseignements reçus.

Elle suit le conseil de l’Initié :

Il vous est donné d’idéaliser la souffrance et d’en offrir le fruit au monde... Que ce soit une consolation pour vous de sentir que, de votre chagrin, du bien sortira pour les autres. 

 

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Après les lichens, la pluie..!

"Rain"  après "lichen"

  Cette peinture qui fut très remarquée lors de mon expo en Suéde va rejoindre un intérieur ou il ne pleut pas..

 Cette peinture comme d'autres interpellait les amateurs venus voir mon travail.

 Le fait de mettre une peinture dans la peinture avait un aspect magique pour beaucoup de visiteurs.

 En parlant de visiteurs, je dois dire que malgré la part importante de touristes baillants devant les oeuvres, j'ai rencontré de vrais et touchants amateurs d'art.

 Les suédois comme la plupart des Nordiques sont plus ouverts à l'art contemporain que les Français figés dans leur clichés traditionnels

rain 120x120

 "Rain" acry et marouflage sur toile. 120x120 gegout©adagp2011

 Longue vie à elle. 

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Les Lèvres du Silence

 

 

        LES LEVRES DU SILENCE

 

Silence des forêts

Silence des rivières

Silence des désirs

au soleil de minuit.

 

Les lèvres du silence scellent l'âme des morts.

 

Les belles du sommeil

réveillent le silence

et l'on entend parfois

sur le Chemin des Dames

La voix des fantassins.

 

Ils nous crient en silence :

 

"Je suis un fantassin

et je marche

       je marche."

 

LA VOIX

 

"Il reste dans mes yeux

des traces d'espérance

Il reste dans mes yeux

des souvenirs d'errance

Mais je garde en mon âme

un récit de lumière

où lévite le corps

décharné de l'oubli

avant de m'endormir

AU SOLEIL DE L'AMOUR."

 

Après une visite au Chemin des Dames

et à la Caverne du Dragon dans l'Aisne le 4/10/2003, Jour

anniversaire de la bataille de 1917 (Pure coïncidence)

 

En hommage aux oubliés du temps et aux victimes de nos stupides guerres.

 

Rolande Quivron (E.L.Quivron-Delmeira)

 

 

Ce poème a paru dans la Revue du Grenier Jane Tony.

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Guerre

                                                                  

 

                                                                        

 

GUERRE

 

L'ombre dessus les cases absorbe le silence

Tout stagne, tout pourrit sous Ton Indifférence

Des enfants muets, blêmes,

tremblent d'effroi suprême

   Et l'odeur de la mort plane, rôde sur l'immense plaine.

 

Des cris, halètements des hommes en furie,

Quand donc cesseront-ils

de tuer des enfants ?

Mais qu'a-t-il mérité ce peuple plus qu'un autre

Pour vivre en croupissant puis mourir de la sorte ?

 

Faudra-t-il toujours qu'il y ait sur la terre

Des hommes en folie

bardés de cris de guerre

Et des petits enfants tremblants, muets d'effroi,

Qui Vous tendent les mains en demandant "Pourquoi" ?

 

                                                                                 Quivron Rolande (E.L. Quivron-Delmeira)

             Extrait du recueil "Parallélismes" Ed. B. Altenloh  1970

 

 

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INSTANT FUGITIF

12272749688?profile=originalAprès la lecture d'un texte , devant un paysage , un tableau ,l'écoute d'une musique ,L e coeur soudain se gonfle d'une joie spacieuse "JE SUIS BIEN "Bref instant éphémère d'aucun dirait Etat de Grâce   , Illumination  cet instant fugitif Qui par sa brusque absence induit le désir

François Cheng parle du Vide Médian

"Nous  sommes l'instant

En nous jaillit le jour

Chaque fois pour la première fois

En nous l'instant

En nous le lieu

Nous consentons à être Le jour dans la nuit

Pour toutes une fois "

(Livre du vide Médian )

Toi Ami qui passe qu'en penses-tu ?

 AA( Huile sur carton 50 X60 )

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post mortem


  • Et voici que, ironie du sort..
    Lucian Freud se fait voler le "prime time" par un obscur Norvégien en quête absolue de célébrité.
    J'ose dire que nous serons confrontés à ce type d'événement extrême de plus en plus souvent.
    Pourquoi ? peut-être parce que la "poésie"de l'aventure humaine n'est plus suffisante pour combler certaines frustrations.
    Lucian Freud mettait dans son exercice de la chair mise en avant toute la détresse de l'être humain, détresse et fascination.
    Je pense à Monet paignant les reflets de la lividité post mortem sur le visage d'une de ses proches
    Bacon et tant d'autres ont exploré ce qui me fascine moi aussi.
    Je veux dire que l'acte de peindre et dans ce cas là aussi dans  le plaisir de faire.
    portrait-de-dieu.jpgbon-dos-de-face.jpgEtude pour un corps livide 100x80 gegout©adagp
    portrait en pied de dieu 145x110 gegout 2009©adagp
    La chair.. sublimée par notre regard sans passer par la mitraille, le carnage qui relève d'une frustration
    que les artistes peuvent contourner. Même si les pulsions sont parfois aussi fortes, 
    le fameux passage à l'acte se fera de façon détournée, pourtant la violence est là rampante..


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administrateur théâtres

« Nous ne  s o m m e s  pas toute la misère du monde ! »

 

 Joué devant des dizaines de milliers de spectateurs en Europe, au Canada, à la Guadeloupe…  et en Afrique, le spectacle «  UN FOU NOIR AU PAYS DES BLANCS » a dépassé les 1500 représentations. L’Européen a coutume de dire : « on ne peut quand même pas accueillir toute la misère du monde ! »  Pie Tshibanda rétorque courageusement :

« Nous ne  s o m m e s  pas toute la misère du monde ! » Et de nous conter avec verve son histoire personnelle, celle de son pays, celle de son exil, celle de sa réussite …Et de nous prouver que le genre humain  est à la fois unique et multiple. Que les attitudes xénophobes ne tiennent pas l’analyse rationnelle. Voici un spectacle tout en humour et en finesse conté avec une volubilité généreuse et sans failles. C’est l’occasion de réviser nos jugements à priori, de mettre à la poubelle certains stéréotypes tenaces.  C’est un spectacle qui fait mouche car il est fort toxique pour nos  attitudes sécuritaires et notre repli habituel sur nous-mêmes. 

 

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Il a des armes : de la ténacité, la conscience d’exister malgré toutes les rebuffades, un sourire touchant, une façon d’oser aborder l’autre sans brusquer, convainquant l’autre de ses bonnes intentions et de sa bonne foi. Une pépite d’humour dans le cœur, il désarmera nombre de citoyens Belges majoritairement hostiles à l’arrivée des sans-papiers. Il a aussi une bonne étoile.

Et il est intarissable.

 

Il va démêler avec tendresse  les  questions cruciales posées par son fils : « Papa, pourquoi sommes-nous les autres ? » «  Papa pourquoi t’es tout seul ?  » En Belgique il a découvert ce que c’était d’être « noir », de ne pas être d’abord « un homme ».  Il va démonter les causes lointaines de son exil, les rapports viciés Nord-Sud, les guerres tribales qui faisaient rage en 1992. Ce qui nous est donné à entendre est atroce et effarant. Et si on se bouchait les oreilles?

 

Il va prouver que la misère est dans les villages désertés,  là où il n’y a plus de boulangerie, plus d’emploi  et plus personne qui parle avec les autres.

A l’accusation courante de « Vous venez manger notre pain », il répond finement « Pourquoi pas ? ». Du pain, il en a donné, il a créé une école des devoirs à Court St Etienne, sa maison est ouverte à tous,  il a même créé des emplois.  Si on ajoute un couvert au réveillon, est-on plus affamé, ou bien y a-t-il un peu moins dans la poubelle ?  

 

Un petit détour par Wikipedia nous rassure : ce n’est pas un sorcier, ce n’est pas un funambule, encore moins un fou… En résumé, la famille de Pie Tshibanda est originaire du Kasaï et fait partie des nombreux Congolais amenés au Katanga pour y travailler dans les mines.

Après des études de psychologie à l’université de Kisangani, de  1977  à  1987, il est  professeur en humanités, conseiller d’orientation scolaire et directeur des études dans divers établissements scolaires du Katanga. Il est  enfin psychologue d’entreprise à la Gécamines (Union Minière) à Lubumbashi.

Mais en 1992 une épuration ethnique à l’encontre des Zaïrois originaires du Kasaï se met en place  au Katanga. Mobutu ferme les yeux. Les Kasaïens qui échappent aux massacres, après avoir tout perdu, se trouvent parqués durant des semaines dans des conditions épouvantables dans divers lieux dont la gare de Likasi, en attente d’évacuation. Un train de l’infortune doit ramener les rescapés. Il faut un mois pour couvrir les 1000 km qui les séparent du Kasaï d’origine. Les décès sont journaliers.   Pie Tshibanda nous conte son vécu sans aucun  pathos, avec une dignité remarquable. Néanmoins il estime devoir dénoncer les massacres dont il a été témoin. Il réalise un film vidéo, publie une bande dessinée et écrit plusieurs articles. Devenu un témoin gênant, Pie est contraint d’abandonner sa famille  et le Congo où il est en danger de mort. Il obtient finalement l’asile politique en Belgique.

Il y a « les gens respectable et les bousculables » Nouvelles humiliations et tribulations tout aussi angoissantes. Existe-t-il seulement ? Il en arrive à se poser la question. D’intellectuel estimé, le voilà passé au statut de réfugié. A 44 ans, il se trouve alors confronté à l’exil et à la solitude, aux problèmes de communication et aux différences culturelles apparemment insurmontables. Mais, intrépide, il surmonte  les difficultés, fait  venir son épouse et ses six enfants et fait reconnaître ses diplômes. La suite, c’est sur les planches, devant des milliers de spectateurs stupéfiés, la réconciliation et la générosité brandies en étendard !

 

Pie n’a rien d’Hamelin, il a tout de l’humain. Il est la très belle voix des sans-voix.

 

http://www.bruxellons.net/founoir.html

 

Spectacle présenté dans le cadre du festival « Bruxellons » au château du KARREVELD, le 23 juillet 2011, malgré la pluie !

http://www.tshibanda.be/

 

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administrateur théâtres

Festival de l' Orangerie du Château de Seneffe

12272746871?profile=originalCette année, au Festival de L'Orangerie, Véronique Bogaerts et Patricia Raes ont invité tous leurs amis solistes pour un feu d'artifice musical au cœur de l’été.

… Et si le troisième et le quatrième  soir se rapportent au deuxième, ce festival de musique de chambre est la perle des hôtes de ces bois ! L’orangerie du Château de Seneffe a vécu un 22 juillet étincelant, vibrant, convivial et raffiné. Une soirée consacrée au piano dans tous ses états.  

 

MMM ... : merveilleux moments musicaux!

Un festival de doigts  - de 5 à quarante -  parfois tous sur le même clavier. Des interprètes de  renommée mondiale : Dominique Cornil, Muhiddin Dürrüoglu, Philippe Raskin, Jean-Claude Vanden Eynden, quatre pianistes … deux pianos… et des œuvres allant crescendo dans l’implication du nombre de mains : Scriabine, Ravel, Stravinsky, Czerny, Ligeti,  Rossini, Beethoven, Elgar, Schumann, Chopin. Ce  répertoire fait de  12 joyaux de la musique puisant tant dans le classique que dans le contemporain a enchanté le public enthousiaste massé dans la longue salle de l’orangerie du château.  Mais ce concert extraordinaire véhiculait surtout une ambiance  de joie, de connivence et  de partage. L’ espièglerie des quatre artistes s’ingéniait véritablement à séduire le public tout en s’amusant follement entre eux et avec leur instrument. C’est la transmission de  la joie profonde de la musique qui menait le jeu. Demandez à Muhiddin Dürrüoglu! Et le séduisant Philippe Raskin est toujours aussi craquant! Un contraste frappant dans le climat plutôt morose qui a envahi la Belgique depuis plus de 400 jours. Parole de J-C Van de Eynden qui préfère l’hymne à la vie, l’ode à la beauté, la création du bonheur partagé.

 

 

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Epinglons une interprétation extraordinaire de Dominique Cornil du célèbre Nocturne opus 9 de Scriabine pour main gauche seule … à 5 doigts donc. L’autre main reposant tranquillement sur le genou droit. Mais cette musique est loin d’être tranquille, elle est enflammée, romantique en diable,  éblouissante. Dominique Cornil, sous des dehors sérieux si pas sévères, nous livre des sonorités retentissantes, en force et en nuances. On ne voit qu’une main, on en dirait trois! Cette pièce de musique d’une  prodigieuse subtilité devient d’une expressivité fascinante sous ces cinq doigts à la fois de fer et de velours. Sans compter le jeu invisible des pédales… 

 

Le public ose à peine  respirer quand ces Quatre Mousquetaires de la musique s’attaquent ensemble  à l’Ouverture de Guillaume Tell,  à 40 doigts, sur deux pianos.  Si tout commence dans une ambiance plutôt bucolique et élégante, l’attaque du thème principal est délirante et les 4 artistes ont presque du mal à se retenir de rire et personne ne perd les pédales. Véronique Bogaerts tourne tranquillement les pages, pendant que les artistes s’amusent.

 

Mais le plus frappant dans ce concert c’est l' interprétation fracassante du Sacre du Printemps, fauve et colorée par Jean-Claude Vanden Eyden et Dominique Cornil. L’ambiance est tribale. Il n’y a que deux pianos, quatre mains et c’est tout un orchestre que l’on entend. Mais ici avec un détail, une clarté, une définition musicale intense. Tour à tour se projettent la trépidation de la vie, le bouillonnement, l’apaisement, le renoncement même. Une vraie frénésie contraste avec des éclats de lumière. Cette musique emporte comme un fleuve démonté qui charrie tous les objets de la création. Panta Rhei. Tout coule, tout passe avec rage et déferlement, mais les artistes restent. Radieux. Et c’est l’ovation !

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Des tas d’autres  surprises ludiques ornent ce concert. Signalons ces trois mages penchés de leurs six mains de lumière sur le même clavier, gobant les notes de Czerny – Les trois Amateurs - de leurs mimiques expressives, de leurs œillades complices, anticipant le rire de Mozart, révélant son élégance. Le trio magique se délecte et est délectable. Le final est majestueux et la joie des compères, contagieuse ! C’est comme si on avait déjà bu le champagne ! Sourire massif du public.

 

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Le dernier morceau : « Pomp and Circumstance » de Edward Elgar, l’incontournable des Proms,  sera inoubliable pour les participants que se sont levés, inspirés par J-C Van de Eynden.  Les artistes sont ovationnés et le public se met à chanter à la paix et à la sérénité à retrouver ! Land of Hope and Glory !  Bis très émouvant, le public se lâche. 

Puis c’est la réception comme à chaque concert, dans la verrière de l’Orangerie.

 

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Consultez le programme la fête continue ce soir et demain soir encore!

Samedi 23 juillet 2010 – 20h00  

«Sextuors à cordes de Straus & Brahms – Souvenir de Florence de Tchaikovsky»         

France Springuel, Sarah Dupriez (violoncelle), Véronique Bogaerts & Frédéric d’Ursel (violon), Thérèse-Marie Gilissen & Vincent Hepp (alto)

Programme :

R. Strauss                         Sextuor à cordes extrait de Capriccio

J. Brahms                         Sextuor n° 1

P. Tchaikovsky                Souvenir de Florence

 

Dimanche 24 juillet 2011 – 17h00

« Octuor de Schubert & C° »

Véronique Bogaerts & Elisabeth Wybou (violon), Vincent Hepp (alto),  France Springuel (violoncelle), Christian Vanden Borght (contrebasse), Alain Cremers (basson),Jean-Luc Votano (clarinette), Jeroen Billiet (cor)

Programme :

C. Stamitz                        Trio pour cor, violon et violoncelle

Anonyme 1750                Trio pour cor, violon et bason

F. Schubert                      Octuor

 

 

Lieu des concerts : Orangerie du Château de Seneffe – rue L. Plasman – 7180 Seneffe

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La magie de la pluie

Profitez de l’aubaine,

Fermez vos parapluies,

Oubliez toutes vos peines,

Cueillez ces perles de pluie.

 

Ce sont des gouttes d’amour

Qui tombent en abondance

Elles invitent toujours

À entrer dans une danse.

 

Celle qui rend le cœur gai

Et fait naître l’amour

Dans l’être qui est vrai

Et ne joue pas de sales tours.

 

Petites gouttes précieuses

Glissant le long de la peau,

Perles d’eau merveilleuses

Offrant ce qui est beau.

 

La pluie qui tombe du ciel,

Elle est source de vie.

Quand elle est arc-en-ciel,

Elle produit cette magie.

 

Deneyer Viviane 23/07/2011

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CHANSON BRISEE

 

 

Ils étaient gais parfois les va-t-en guerre, le premier jour

marchaient au pas de l’illusion

blanche encore en sa perspective de bleu

 

Le soleil  y  fondait à foison  des foulées d’espérance

 

Quand  le flanc  de la montagne s’est empourpré soudain.

ils ont cru que le ciel  d’ouest traçait une annonce  de fuhn

ou de tramontane peut être

 

Une brume  enfumée  déjà montait à l’assaut du monastère

alors ils ont compris que feu et sang envahissaient la terre.

 

On n’a plus vu

que leurs chevelures courbées

 

Ne résonnait  plus

que la  note trop longue d’ une ritournelle

 

Brisée

 

 

 

 

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LE ROSIER...

Le rosier sur la façade

Eclatait dans un rouge sang

Son parfum était nomade

Si léger et si pénétrant!

 

Le rosier avait grand âge

On ne comptait plus ses ans

Il nous prenait en otage

De son charme envahissant!

 

Le rosier n'est pas bien sage

Tout simplement exhubérant

Il se veut être le présage

D'un bonheur omniprésent!

 

Le rosier me donne en gage

Ses pétales odorants

Je les glisse entre les pages

Du recueil des sentiments

J.G.

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Depuis le 1er septembre 2009 jusqu'au 21 juillet 2011, le nombre de pages consultées du Réseau Arts et Lettres s'élève à 2 598 595 Pages vues.

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Mes remerciements aux membres actifs du Réseau.

Robert Paul


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SABRE DE MEMOIRE

 

Dans un champ

 

les hommes de Somme

ont creusé des sillons

Ils y dorment encore

sous les éclats de rire ennemi des obus

 

Dans l'herbe,

où le soleil crache l'aube

dans les roses généreuses de l'oubli

que couperont les amants à midi,

 

Sous l'arbre au front courbé

j'ai grandi

j'ai joué

reposé quand la nuit était tiède .

respiré les fleurs empoisonnées.

 

Un matin,

j'étais assise sous le front lourd de l'arbre .

mon sang a coulé

écrivant sur la terre une première ligne.

 

Souvenir rouge de ces âmes

qui hurlent  dans une herbe en pleurs.

 

J'ai lu l'enfant des fleurs coupées .

 

Demain

je voudrais la semer la graine de l'histoire

que soit tranché pour toujours

ce calque des années absurdes

jusqu'aux racines de la bêtise

 

D'un coup de sabre de mémoire.

 

 

 

 

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