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La colère des impécunieux.

Opulents en trésors, panses ils rôtissent,

Sur le pont de leur yacht, sur la mer de soleil,

Pendant que pieds dans l’eau crasse ils subissent,

L’âpreté sans merci des marchands de sommeil.

 

Corps rondelets rosis d’héritages des loups,

Se privent, mangent sous caviar des coupe-faim.

Impécunieux, durci dès l’enfance des coups,

Visages creux, estomacs crispés par la faim.

 

Dans leurs porsches au design d’enfer demeurent,

Le temps d’étaler leurs vices à la vertu.

Sous le porche de la misère, ils meurent,

Du froid distant de n’être rien que fiers rebuts.

 

Les uns Dame Fortune borde de satin,

De velours cramoisi nappe leurs chaumières.

Des autres Dame Malchance dès le matin,

Pousse au vent leur infortune coutumière.

 

Gloire aux vieux, cursus d’études à bon sort,

Les hissent au sommet des fières victoires.

Pauvres, ont ingéré le temps des risque-mort,

Pour survivre, sans sombrer dans leurs déboires.

 

Le charme des vies de nuit dans les boîtes,

Côtoie les délices gâtés dans l’outrance.

Pour gênés, rues coupe-gorges étroites,

Disette, pénombres mal famés, errance.

 

La fureur des rues gronde dur au soleil,

Prend la vie des bouseux et des cousus d’or.

La révolte a répandu son sang vermeil,

Démocratie gérée par les veaux d’or.

 

Dictature douce, le pouvoir des nantis,

Se joue insidieuse des impécunieux.

Toujours pauvres, dans la rue anéantis,

Bouges de brimades, sont toujours des pouilleux.

 

Il en est ainsi, dans tous les coins du monde,

Le fer contraint toujours les cruches en terre,

Qui braillent aux cieux leur nouvel air de fronde,

Les blâment en priant d’être vers sur terre.

 

 

 

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L'agonie de la culture

Dans la "Confession d'un enfant du siècle", Alfred de Musset s'exprimant sur l'état de la société après la chute de l'Empire, tient à peu près ce langage: le monde d'hier n'est plus tout à fait là. Le monde de demain n'est pas encore tout à fait arrivé. La maison d'hier est à moitié détruite, celle de demain est à moitié construite. Quand on foule le sol, on ne sait jamais si l'on marche sur des semences ou sur des débris.

 

Le Monde diplomatique en publiant le numéro 19 de sa collection "Manière de voir" intitulé l'Agonie de la culture? (1), rassemblait en septembre 1993 quelque trente articles publiés dans ses colonnes pendant trois années et traite précisément, dans le domaine de la culture, des semences et des débris. L'ensemble est un vrai cadeau de pensée, en ce sens qu'il constitue un travail exigeant d'élaboration et d'interrogations dialogiques sans fuite en avant comme sans frilosité. C'est une contribution à la véritable "problématique vivante" qu'est la culture aujourd'hui. C'est une façon de se démener pour que l'industrie établie de la culture et les institutions fossilisées n'étouffent pas le désir du divers. Il y a souvent dans cette livraison des auteurs qui savent se libérer de "leurs crampes mentales", pour reprendre une expression de l'incommode et immense musicien que fut Luigi Nono.

 

Il faut retenir plus particulièrement cinq articles symbolisant bien l'ensemble de la démarche, avec en leur centre une époustouflante réflexion de Félix Guattari: "Refonder les pratiques sociales". Partant du constat que l'humanité "tient d'autant plus à se rassurer que plus rien n'est assuré" et "reste hébétée, impuissante, devant les défis auxquels elle est confrontée", Guattari s'interroge un peu à la manière d'Angelopoulos dans son film le Pas suspendu de la cigogne: "Par quels mots-clefs pourrait-on faire vivre un nouveau rêve collectif?"; pour aussitôt dire: "Il ne s'agit pas seulement d'agiter les menaces, il faut passer aux réalisations pratiques." Et de traiter du monde machinique à repenser, du monde machinique conduisant à une mutation de la subjectivité, d'une démocratie machinique, d'une "démocratie écosophique" avec, en son coeur, l'option d'autrui, le recollement du corps avec la tête, un choix de responsabilités pour les générations à venir, une régulation de nature géopolitique et écologique, une nouvelle éthique de la différence conduisant à une politique des désirs des peuples. Comme beaucoup, il s'interroge sur la crise du sens, mais il la traite comme le jeune philosophe Yves Clot dans sa thèse "Le travail entre activité et subjectivité": c'est plutôt un sens en souffrance, un sens suspendu, la perte de sens comme autre face d'une anticipation. Car c'est bien de cela qu'il s'agit: Félix Guattari silhouette les nouveaux liens sociaux.

 

Voilà qui est très important au moment où ils se décousent, comme l'écrit, avec profondeur et finesse, Alain Bihr en traitant de l'absence d'un ordre symbolique et de sa conséquence, "l'homme de ressentiment", dont on s'explique l'existence, mais qui n'a jamais rien construit. Donnée constante, notamment de l'histoire de France, que pointait déjà le 25 juillet 1789 Gracchus Babeuf dans une lettre à sa femme après avoir vu le premier défilé avec des piques portant des têtes. "Ma chère petit femme, écrivait-il, j'ai eu comme un malaise à cette manifestation. Regardant ces têtes, je me disais: Enfin, elles ne feront plus de mal; puis aussitôt je pensais qu'il avait fallu qu'il soit grand le mal qu'elles avaient fait pour que nous soyons amenés à en faire autant." Babeuf lançait là une idée rare encore aujourd'hui mais combien précieuse, celle d'écarter la culture de ressentiment.

 

Refuser la médiocrité comme destin

 

AUTRES articles de deux auteurs, véritables "skieurs au fond d'un puits" (Henri Michaux), le Français Armand Mattelart et l'Américain Herbert I. Schiller.

 

Le premier traite de la diplomatie des réseaux, de la société globale et de leurs débouchés, de la "liberté d'expression commerciale", et revendique un espace public transnational (pas supranational) dépassant à la fois le repli nationaliste et le marché monde.

 

Le second réfléchit sur la toute-puissance des marchands s'accaparant les nouvelles technologies, déréglementant tout et répandant le virus du consumérisme, conduisant à une société de surveillance, toutes réflexions capitales en ces temps où les grandes affaires veulent identifier culture et marchandise et substituer à la qualité du divers l'uniformité de la quantité. Comme si un fleuriste ne vendait qu'une fleur... Pas plus que Mattelart, Schiller ne succombe à l'impuissance démissionnaire et conclut: "Aussi dominant soit-il, le monde des affaires ne pourra maintenir indéfiniment sous sa coupe la créativité de l'homme."

 

Précisément Eduardo Galeano, dans "Etre comme eux", se demande "si le seul rêve désormais permis aux citoyens du Sud serait le cauchemar d'un développement qui méprise la vie et adore les choses". L'écrivain uruguayen nous donne envie d'écrire rapports Sud-Nord au lieu de rapports Nord-Sud. En juillet 1988 à Santiago encore sous Pinochet, j'ai écouté ce même homme dire à "Chile crea" (états généraux de la culture du Chili): "Refusons la médiocrité comme destin. Il faut nous compromettre avec la personne humaine." Mots splendides, osés, sous la dictature Pinochet, et qui contribuèrent à la faire chuter. Je me souviens aussi du peintre José Balmès, qui eut le premier l'idée de "Chile crea" et qui, devant les hésitations compréhensibles de quelques-uns de ses amis, leur déclara: "Si ce n'est pas moi, alors qui? Si ce n'est pas maintenant, alors quand?". Et si ici chacune, chacun faisait de même contre les injonctions du GATT, ce vieil organisme déjà bâtard à sa création en 1948, voulant imposer aux oeuvres culturelles les règles du "marché des marchandises" "sans conscience ni miséricorde" (Octavio Paz) et tentant ainsi de mettre un verrou à l'avenir!

 

Ce dossier du Monde diplomatique auquel il manque peut-être un ou deux articles d'un Michel Verret comme "Où en est la culture ouvrière aujourd'hui" ( Sociologie du travail, n° 1, 1989) ou comme "Les alphabets de la culture" ( Elan, cahiers n° 1-2, janvier-février 1990), est de la belle munition riche de pensées-passerelles pour l'en-commun des hommes, l'essence même de la culture.

 

(1) "L'Agonie de la culture?", Manière de voir n°19, septembre 1993.

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12272746858?profile=original"Le voyage du condottiere" est un récit en trois parties d'André Suarès (1868-1948), publié à Paris chez Cornély en 1910 ("Vers Venise") et chez Émile-Paul en 1932 ("Fiorenza" et "Sienne la bien-aimée").

 

Vers Venise. A trente-trois ans, Jan-Félix Caërdal, le Condottiere de la beauté, se passionne pour l'Italie. Son besoin d'action s'accomplit dans la contemplation esthétique. Musicien des âmes, il découvre dans l'art l'expression de sa double postulation pour l'héroïsme et la sainteté. Après Bâle, où Holbein trahit son athéisme accompli, Milan grouille d'une vie pleine d'énergie. Léonard de Vinci transfigure la réalité par le symbole: chez lui, la forme donne vie à l'être. Les villes italiennes expriment les passions de tout un peuple: berceau de Monteverdi, l'ardente Crémone s'enivre de mélancolie; la chartreuse de Pavie dresse son décor compliqué; Parme et son monotone Corrège, infidèles à l'esprit de Stendhal, et la sombre Mantoue déçoivent. Passé Vérone, emplie du souvenir de Juliette, c'est Padoue et saint Antoine, terrible ascète; Venise arachnéenne, figure de son désir! Plénitude de Saint-Marc! Ravenne la Byzantine concentre des joyaux de lumière et ouvre les portiques des pins vers l'Adriatique. Franchir le Rubicon, posséder la terre... Le voyage est action, comme l'homme: saisi par une insatiable fureur de vivre, le Condottiere mène campagne dans le monde de la beauté.

 

Fiorenza. Gênes la magnifique, Pise l'irréelle incarnée, Lucques... Toutes ces villes s'ouvrent comme des livres merveilleux à qui connaît leur histoire. Florence inspire une émotion épurée. Que de génies! Donatello féconde les formes, Fra Angelico invente une beauté surnaturelle, Vinci approche l'absolu, Botticelli crée des lignes exquises. Et Giotto, et Michel-Ange, éternel titan... Mais Machiavel et son naïf système, Dante et son adulation aveugle de la Rome antique l'ennuient. Florence semble un musée, un roman où l'on cherche ses enfants; adieu, donc. Quel mérite y aurait-il à tout admirer?

 

Sienne la bien-aimée. Tous deux natifs d'Ombrie, le peintre Piero della Francesca incarne le Verbe et saint François d'Assise dispense un amour empreint d'une charité adorable. Enfin le voyageur atteint l'objet de son désir, Sienne, la parfaite, qui prend la forme de son attente. Plus ancienne que Florence dans la quête de la beauté, elle touche au sublime dans l'équilibre des proportions. Catherine s'y brûla dans une foi ardente. Guido Riccio enseigne au Condottiere l'"ardente sérénité" et l'accomplissement dans le silence: la suprême beauté naît de l'harmonie entre soi et le monde. C'est ici que la beauté comble l'attente de l'amour. En quittant Sienne, le Condottiere emporte avec lui une ville dont il ne sera jamais absent.

 

Le Voyage du Condottiere témoigne d'une immense culture artistique, héritée de nombreux voyages en Italie et mise au service de l'initiation à la beauté et, par voie de conséquence, à l'absolu. Le narrateur évoque la quête du condottiere moderne, double de lui-même: au travers de la contemplation passionnée des oeuvres d'art, il épuise le patrimoine culturel du quattrocento et du cinquecento italiens pour aller vers la connaissance de soi. Reniant l'héritage de Rome, sa démesure vulgaire, il tente d'approcher le spirituel au travers de la sublimation des formes: l'art invente une harmonie suprême, miroir des âmes, accomplissement de l'idée. Aussi le voyage en Italie s'impose-t-il comme un prétexte à la quête de soi. Du multiple, il conviendra d'extraire l'essence de la beauté: le Condottiere la trouve à Sienne où l'esthétique renonce à toute emphase et exprime l'amour épuré de tout narcissisme. Florence, Venise, Sienne constituent la trinité secrète, les trois pôles de son désir; il s'y promène comme il étreindrait un corps de femme et de cette union, de cette symbiose du corps et de l'esprit, naît la conviction d'une prédilection pour la cité ombrienne. Puisque les villes expriment l'âme d'une époque et d'un milieu, le choix de l'une d'elles révèle les déterminations inconscientes du héros: tel un nouveau Pâris, le Condottiere décerne le prix de la beauté à Sienne, sublimation du projet esthétique. Il y rencontre son maître le condottiere Guido Riccio, qui, aux armes préféra l'accomplissement de soi dans la passion.

 

Ce projet métaphysique ne peut se réaliser qu'au terme d'une investigation complète de toutes les formes d'art. Musique, poésie, architecture, sculpture, peinture: toutes les Muses sont convoquées pour retracer l'itinéraire d'une Italie transformée en un immense musée vivant. Dans un style classique qui ne répugne pas à l'exaltation mais qui sait frapper par ses formules, l'auteur explore avec minutie et exhaustivité tous les musées, toutes les églises, tous les hauts lieux touristiques pour les constituer en témoins d'une humanité pensante. Le passé s'impose comme la source d'une compréhension intime du présent; il se confond avec lui et lui donne sa richesse, car Suarès mène de front les études de moeurs et les analyses esthétiques. Aussi, à chaque pas, les vieux murs évoquent-ils une figure disparue, des personnages historiques fixés dans l'imaginaire collectif par la légende comme saint Antoine de Padoue, saint François d'Assise, sainte Catherine de Sienne; des artistes sublimes dont la science d'un auteur esthète restitue le visage, l'histoire et la technique, au travers d'évocations très fouillées de leurs créations... Ainsi, saisie entre son passé et son présent, l'Italie vit d'une existence à part entière sous la plume de Suarès, dont le héros de fiction incarne le conquérant des temps modernes, l'esprit à la recherche d'une beauté vivante. Il faut épuiser le champ de tous les possibles pour atteindre l'absolu. Certes, le lecteur éprouve souvent quelque lassitude, comme accablé par les descriptions incessantes des trésors italiens, et l'impression diffuse de compulser un guide touristique relevé par les notations très justes d'un exceptionnel amateur d'art. Mais, l'ensemble demeure un témoignage singulier d'un amour total pour une humanité en quête d'elle-même au travers d'un dépassement du réel. Décrivant l'Italie, Chateaubriand y projetait sa propre figure. Stendhal évoquait l'Italie qu'il rêvait. Suarès tente de convoquer toutes les figures du génie pour alimenter le feu de sa passion.

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L'arbre (La même source d'inspiration)

 

 

                           L'ARBRE

 

La rue descend au loin, elle a un aspect sale,

Elle est pleine d'enfants, mais tous venus d'ailleurs

Qui au printemps s'égaient, déguenillés et pâles

Sur les pavés luisants de douteuses lueurs.

 

Mais là, tranchant sur la tristesse des murs gris,

Un bel arbre, tout vert, met une tache claire.

Par-dessus la clôture il chante et il sourit

Car de toutes ses branches jaillit une lumière.

 

Soudain dans le ciel bleu, par-dessus les toits noirs,

Passe un nuage blanc  tout chargé de beaux rêves,

Et les petits enfants y mettent leurs espoirs

D'un avenir meilleur et d'une vie moins brève ...

 

Que la blanche sève qui coule doucement

Dans le bel arbre vert qui au loin resplendit,

Mais pour un temps très court, un printemps seulement,

Dans un ciel pur et clair ....

 

au-dessus des murs gris.

 

Quivron Rolande (E.L. Delmeira)

Extrait du recueil "Parallélismes" Altenloh1970

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Caniveau

 

 

 

   CANIVEAU

 

Il pleut

 

Pourriture du caniveau

Dedans, un chien crevé.

 

Des enfants oiseaux pépient,

remontent la rue :

"Eh ! Regardez .... un chien crevé"

 

Plane un silence

La rue devient attentive

Des enfants, sagement,

en rang par deux

se tiennent par la main

s'égrènent lentement.

                

Des enfants migrateurs

 

Ils grandissent

Enfants de rue

Enfants poubelles

Poubelles du caniveau.

 

 

Ils grandissent

Se bousculent

Rêvent ....

"Atteindre le POUVOIR ?"

                                      POUVOIR MOUROIR

 

IL PLEUT

 

La rue s'épanouit

 

Pourriture du caniveau

Dedans ... un chien humain.

 

"Eh ! Regardez, un chien humain ... il crève"

 

Ils passent sagement, en rang par deux

se tenant par la main.

 

Les yeux de la rue deviennent souffrance.

 

SILENCE

 

Rolande Quivron (E.L. Quivron-Delmeira)

 

(Paru dans la Revue du Grenier Jane Tony "N° 264") Modifications le 29.O7.2011

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ESPACES TEMPORELS

12272748674?profile=originalLe très beau Haïku de Raymond Martin  se retrouve à mes yeux dans cette esquisse imaginaire très personnelle, que je vous livre une fois encore en partie  qu'il me pardonne l'amputation des autres Vers

"Au de - delà d'ici

Horizon déchaîné  vie

vagues à lames"

 

"Nuages bleutés

 Des espaces temporels

Tant de temps perdus"

Raymond Martin

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administrateur théâtres

12272749893?profile=original17-31 Juillet 2011. MUSICA MUNDI  n’est plus à présenter, mais rappelons tout de même à ceux qui ne connaissent pas encore ce fleuron international de la vie musicale belge,  les grandes lignes de ce projet fantastique, créateur de chance pour des jeunes talents musiciens sous la houlette de plus grands noms.  

 C’est donc la 13e édition d’un stage et festival de musique de chambre international ouvert aux jeunes talents âgés de 10 à 18 ans. Il a été créé dans le but, d’une part, de développer le talent de ces jeunes musiciens à la personnalité unique, et d’autre part, de leur permettre de rencontrer d’autres musiciens qui ont déjà acquis une certaine renommée. Les lieux de rencontre sont prestigieux : le Château du Lac à Genval, le Château de la Hulpe, le Concert Noble et l’hôtel Lido à Rixensart, où sont logés gracieusement les jeunes talents.

Parmi les artistes qui ont honoré de leur présence les précédentes éditions du stage et festival de musique de chambre international Musica Mundi citons, entre autres : Maxim Vengerov, Mischa Maisky, Gidon Kremer, Ivry Gitlis, Katia & Marielle Labèque, Heinrich Schiff, Leif Ove Andsnes, Paul Badura-Skoda, Itamar Golan, les King’s Singers, le Petersen string quartet, le Talich string quartet, et le St.Petersbourg string quartet.

 

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Dans le cadre du festival de Musica Mundi au château du Lac à Genval, nous sommes allés écouter  hier avec ravissement Christian Zacharias.

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"Je suis né le 27 avril 1950 à Jamshedpur en Inde, d'un père ingénieur, Friedrich-Wilhelm Zacharias, et de sa femme Susanna, née Haase. Mon père, originaire de la Prusse de l'Est, émigra rapidement à l'étranger et c'est ainsi qu'il passa près de vingt ans de sa vie en Inde, où il épousa ma mère, originaire de Danzig. En 1952, ma famille qui compte encore ma soeur Katarina, retourna en Allemagne et s'installa à Karlsruhe. Là, je commençais l'école et reçu mes premiers cours de piano à l'âge de sept ans. Mon maître de musique au Gymnase, qui reconnut et soutint très tôt mon don, me facilita l'entrée à l'école supérieure de musique de Karlsruhe, où, dès 1961, j'étudiai avec Irène Slavin, une russe exilée. J'obtins, parallèlement à mes études scolaires, les diplômes des branches théoriques musicales (harmonie, contrepoint, analyse, orchestration, composition), si bien qu'en 1969, une année seulement après ma majorité, je pus achever mes études musicales avec les diplômes de professeur de musique et de pianiste de concert. Suivirent des études auprès de Vlado Perlemuter à Paris et ma participation à divers concours de musique, dont Genève et Van Cliburn aux Etats-Unis, où j'obtins le Deuxième Prix, et au concours Ravel à Paris où je reçus le Premier Prix. Depuis 1975, je pus vivre de mon activité de concertiste indépendant et dès lors, ma carrière m'a mené à pratiquement tous les orchestres et centres musicaux importants dans le monde."

 

Voici le  magnifique programme qu’il nous a présenté :

C.P.E. Bach : Sonate en la mineur
C.P.E. Bach : Sonate-Rondo en ut mineur
Brahms : Quatre Klavierstücke opus 119
Beethoven : Sonate pour piano n°31 en la bémol majeur opus 110
Brahms : Sonate pour piano n°3 en fa mineur opus 5

D’aucuns disent « Il comprend tout, il voit tout !... Et lorsque Christian Zacharias joue, c'est clair, net, précis, limpide... il arrive même à nous faire supposer que l'œuvre est facile... et lorsque j'ai la chance de pouvoir aller l'entendre, aucune note ne m'échappe... et ces notes-là, elles sont belles !... » Nous ne pouvons qu’acquiescer car nous avons assisté à un festin musical.

 

Dans la  salle grandiose de l’hôtel du Lac il y a cette fenêtre qui, à la façon chinoise s’ouvre sur une chute d’eau silencieuse, des bambous de différentes espèces, des roches  et des mousses. Recueillement.  Le piano à queue trône devant cet espace poétique du jour qui décroît cependant que s’allument des  illuminations  nocturnes discrètes. Discrète aussi, l’arrivée du pianiste dont le jeu léger des pièces de C.P.E Bach fait penser à des gouttelettes frémissantes, des bruissements d’ailes, de la délicatesse, des annotations cristallines. Il y a des quintes et des trilles humoristiques, des ricochets farceurs, un ballet de pattes de souris. Dans le second morceau les babillages de notes contrastent avec des accords nets et denses d’une magnifique sonorité.  Sous des dehors O combien austères, le pianiste développe toute la finesse de la musique de façon presque juvénile. Une vraie dentelle ancienne.

Avec l’opus 119 de Brahms c’est la confidence qui prime, la douceur et même la langueur, tout en ne se départant jamais de cette légèreté lumineuse du début du concert. Le deuxième mouvement s’accélère, une danse ou une berceuse ? Flots de  romantisme et cela se termine comme  le rayon vert à la surface de la mer ou l’observation attendrie d’une respiration endormie. Le 3eme mouvement emporte dans des rêves ou des chimères lâchées comme un troupeau joyeux. Le final reprend passionnément les thèmes de l’ouverture.

 

On aurait pu penser que pour Beethoven, le pianiste oserait une certaine violence de sentiments. Au contraire, ses doigts sont des étoiles filantes, les notes, des cascades de voie lactée… Une musique de grande légèreté encore qui semble évoquer l’innocence pure de l’enfant. La main droite énonce des notes claires tandis que la gauche étouffe sa puissance. Puis les portes claquent, un adolescent découvre la fermeté d'accords rebelles.  Le troisième mouvement devient sombre, empreint de mélancolie. L’âge d’or révolu ? La perte de l’insouciance. Sous ses doigts on assiste à la naissance d’accents très profonds soudains révélés au monde. Méditation. Puis il a ce retour au thème principal : temps retrouvé ? Crescendo de bonheur, élan de tendresse, plénitude même. Et malgré des accords écrasants aux accents de Fatum, le final est un jaillissement de notes joyeuses débordantes et libres. Le public est sous le charme. Autant de douceur, des mains de ce grand homme viril étonnent. Une fabrique de bonheur et de beauté.

La sonate en 5 mouvements de Brahms démontre toujours autant d’aisance et de maîtrise. Jouerait- il    ici son moreau de prédilection ? Une fougue nouvelle s’empare du pianiste. Mais celle-ci s’oppose à nouveau avec des intermèdes ruisselants de douceur où  le musicien semble presque s’évanouir. Voltiges ralenties, plaisir musical évident. Une légèreté presque féminine s’empare des deux mains. On pense à la fragilité de fleurs de cerisier, à des  pétales de délicatesse. Les derniers grains quittent le sablier à regrets, c‘est le retour de tons graves, la concentration est extrême, jusqu’à l’épuisement des basses avant une ultime caresse finale. Le troisième mouvement s’emporte. Le jeu est vif et brillant, sonore et frappé. Mais le 4e renoue avec « cette douceur avant toute chose », comme si son but était d’effacer coûte que coûte, note par note toute la violence et la misère du monde. Musique et douceur se confondent.  Il s’enivre de la saveur de la musique comme d’un parfum entêtant. C’est tout juste si  on ne voit pas tomber des plumes de cygne sur le pianiste et son instrument. Ces instants sont magiques.  Le dernier mouvement est un   bouquet d’été : monumental,  royal, tout en camaïeux riches et exubérants.
 Un bis bien sûr : «  Les arabesques » de Schumann. Il  virevolte une fois de plus entre le Ying et le Yang, de façon savante et décontractée. Ce festival de saveurs douces et lumineuses a fait lever la salle entière à la dernière note  pour applaudir à tout rompre l’art poétique de ce musicien extraordinaire.  

Il vous reste un dernier soir pour vous joindre à cette atmosphère  envoûtante très particulière  de têtes blondes et cheveux gris et c’est la soirée de gala :

«  Course and Festival GALA Concert   »  le 31 juillet à 19 heures au château du Lac.                      (Black tie)

 

http://www.musicamundi.org/fr/index2.htm

 

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L'INOUBLIABLE !...

Qu'est-ce donc l'inoubliable?

Ce jaune rare d'un bouquet d'iris?

Des mots tendres qui frémissent?

Se sentir inestimable!

 

Un regard incontournable...

Des mains douces qui se glissent

Pour l'amour et ses délices...

N'être plus que désirable!

 

Qu'est-ce donc l'inoubliable?

Ce long cri qu'on a rentré

Pour garder sa dignité

Quand on n'est que misérable!

 

Puisque c'est inéluctable

Cet adieu dans un sourire

Pour nous éviter le pire

N'être jamais détestable!

 

Qu'a-t-il donc d'inoubliable?

Ce sursaut de la volonté

Pour le mal apprivoiser

Et que la vie soit buvable!

 

Non, bien sûr l'inoubliable!

Qu'on respire et qu'on attend...

C'est cet amour dans le temps

C'est ce qui est impalpable!

J.G.

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While my guitar gently weeps

Vifs remerciements à Jacqueline, Lindsay et Dominique Lefevre ainsi qu' à tous les participant(e)s

de la Jam session du dimanche 24 juillet 2011, un agréable moment de partage et de complicité musicale

et merci pour la photo.

 

Michel Marechal

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Salon d'été des Artistes de l' Espace Art Gallery

VERNISSAGE le 03/08 de 18 h 30 à 21 h 30

Exposition  du 03/08/2011 au 31/08/2011

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Les artistes de la galerie présents pour ce Salon d’ensemble sont par ordre alphabétique :

 

Adriaenssens Freddy – Pierre (Belgique), Artin (France), Bal Alain (France), Bodin Jean – Paul (France), Boica Grace (Portugal), Calleja Sara (Espagne), Cavagnac Marie – Claude  (France), Cayet Muriel (France), Challier Christophe (France), Chanon (Hollande), CHIOCCA (France), Christophle Sandrine (France), De Grave Alexandra (Belgique), Delfosse Jerry (Belgique), DENI alias Danijela Gasparovich (Croatie), de Sagazan Patrick (France), de Verdal Louis (France), Duffour Carole (France), Gillet Marie-Anne (Belgique), Gillis Jérémie (France), Guillaumond Yves (France), heSBé (France), Hirt Gilles (Suisse), Ju Chou (Corée du Sud), Kahiani Nugzar, (Lettonie), Kej alias Mullier Christian (France), Lapassouze Emma (France), Litou Philippe (France), Lorillot Didier (France), Machuel Dominique (France), Marot Donato (Espagne), Masson Yannick (France), Maurin Michèle (France), Mejias Alvaro (Venezuela), Merviel Philippe (France), Mery Bernard (France), Misyats Igor (Ukraine), Montelet Dan(France), MUSIKA (France), Nasca alias Ferron Christelle (France), Ophalvens Lieve (Belgique), Passani Pierre (France), Piu Adriano (Italie), Raghad (France), Riguidel Bertrand (France), Rochet Marie – Hélène (France), Rocskay Jay (France), Ruiz-B Monika (France), Sabot Arnaud (France), Savreux Catherine (France), Serre – Combe Nathalie (France), Soufflet Pierre (France), Tauss Sophie – Mathilde (France), Thys Daniel (Belgique), Turpin André (France), Vanhoebroeck Benoît (Belgique), Van Ryswyck Kristeen (France), Veloso César (Espagne), Venet Isabelle (France), Vilanova Patricio (Portugal), Wilson Corinne (France).

 

Tous les artistes soulignés sont des sculpteurs. Au total 60 artistes qui viennent de France, Hollande, Italie, Espagne, Portugal, Suisse, Croatie, Lettonie, Ukraine, Venezuela, Corée du Sud et de Belgique… 

 

Les 12 œuvres présentes sur l’affiche sont de : Adriaenssens Freddy – Pierre, Bal Alain, Bodin Jean – Paul, Cayet Muriel, Chanon, Christophle Sandrine, Hirt Gilles, Ju Chou, Kahiani Nugzar, Lapassouze Emma, Turpin André et Van Ryswyck Kristeen.

 

A voir du 03/08/2011 au 31/08/2011 au 35 rue Lesbroussart à 1050 Ixelles.

Ouvert du Mardi au Samedi inclus de 11 h 30 à 18 h 30.

Et sur rendez-vous le dimanche.

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Il fait gris encore et encore

 

 

Il n’y a pas de soleil sur les ombres

il n’y a que des poupées de chiffon noircies

des cheveux monochromes arrachés

quand une nouvelle saison se lève

 

 

Notre corps est un livre

on déchire la souffrance

les morts ne volent pas

les morts ne salissent pas

 

 

On déplie son corps encastré dans le vide

à l’angle des raies de lumière

on relève la tête

on enfourne ses doigts dans la bouche

hors d’haleine on en extirpe les mots

les morts ne parlent pas

 

 

Rien qu’un verre d’eau pour laver le linge

de l’eau sucrée-salée

rien qu’une épaule pour expulser le froid

une main sur le ventre

on lui lave les pieds

on lui lave le sexe

la toilette faite on le caresse

 

 

L’escalade des doigts pousse les heures

il n’y a que les corps vivants

les armes au poing

qui se souviennent

 

 B 

 

 

 

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La Troisième Fille

 

 

La Troisième Fille

 

Rosy était enceinte pour la deuxième fois. Comme la première fois tout était normal, on lui avait prédit une fille, une sœur pour sa grande âgée de trois ans. Elle était satisfaite, dans quelque temps elle pouponnera à nouveau,  son mari souriait àl’idée de trois femmes a la maison. 

 

Rosy a un petit ventre rond qu’elle caresse tendrement, l’enfant bouge en elle. Assise confortablement elle murmure une vielle berceuse, elle s’assoupit, une chaleur entre les jambes la réveille, la peur, l’ambulance, la salle d’opération, le noir. 

 

Le réveil, sa mère et son mari  la consolent, elle veut voir sa fille, on baisse la tête, impossible.

 

Deux ans plus tard une belle petite fille vient compléter le tableau familial. La famille les amis ont oublié l’incident, pourtant elle, elle sent le vide, le manque de cette Troisième Fille.

 

Les années passent, avec des petits et grands drames, comme dans chaque famille. Les filles grandissent, Rosy sent toujours ce manque,  elle voudra connaître la raison de la perte et regrette ne pas avoir vu le bébé.

 

Rosy a cinquante ans, les filles sont indépendantes, elles sont loin. Un article nouvel âge  lui donne un aperçu sur les enfants avortés naturellement. Cela la  fait réfléchir. Et si cela était vrai ?

 

 

Son mari est décédé brusquement. Le jour des obsèques, elle sent une troisième présence prés d’elle, elle a peur elle se croit au bord de la folie…

 

 

Pour son soixantième anniversaire ses filles lui offrent un voyage en Italie. L’Italie lui fait oublier partiellement sa tristesse.

 

Un dernier café avant l’embarquement pour le retour à la maison. Un regard sur la serveuse, ses yeux, le vertige, les yeux aux longs cils tellement semblables à ceux de son défunt mari et de sa deuxième fille, le sourire, la fossette sur la joue gauche, est-ce possible ? Elle demande un verre d’eau, gentiment elle questionne la jeune serveuse, oui elle habite Rome, sa mère et médecin d’enfants son père avocat….

 

Elle embarque, la tête appuyer contre la vitre du hublot elle pense, si la philosophie nouvel âge était vraie ? Si sa Troisième Fille avait choisie d’autre parents, un autre genre de vie.

 

Ses deux filles la reçoivent à l’aéroport avec des fleures, la Troisième la soutient invisiblement par le bras….  

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HAÏKUS pour Nouzha

                         Haîkus

 

 

           Oiseau de pluie d'or

           Transparence du ciel bleu

           Lune dans l'eau soir

 

               Marguerite prés

               Pétale blanc tombé au sol

               Fourmis rieuses

 

           La pointe du raz

           Chaussée par les vagues vertes

           Celtiques  démons

 

              Au-delà d'ici

              Horizon déchainé  vie

             Vagues à lames

 

        Nuages bleutés

        Des espaces temporels.

        Tant de temps perdus   

 

            Raymond Martin   28.07.2011

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La Chartreuse de Parme de Stendhal

12272747453?profile=originalStendhal dit avoir eu le 3 septembre 1838 "l'idée" de la Chartreuse de Parme; à cette même époque, il écrit un récit de la bataille de Waterloo. Le 4 novembre, installé rue Caumartin, à Paris, il dicte à un secrétaire la totalité de son roman en l'espace de sept semaines. Sans doute son éditeur lui a-t-il demandé d'en abréger la fin. La Chartreuse de Parme, qui paraît en deux volumes au début d'avril 1839, connaîtra un honnête succès; elle sera surtout saluée par un long article de Balzac paru dans la Revue parisienne du 25 septembre 1840.

 

Livre I. L'armée française entre à Milan le 15 mai 1796. Deux ans plus tard, au château de Grianta, naît Fabrice del Dongo, héros de l'histoire (chap.1). Sa tante Gina, devenue veuve du comte de Pietranera, vient s'installer à Grianta en 1814; elle se croit, à trente ans, au seuil de la vieillesse. Apprenant le retour de Napoléon de l'île d'Elbe, Fabrice court combattre à ses côtés (2). Il participe, avec la bravoure de l'inexpérience, à la bataille de Waterloo, où il aperçoit le général d'A..., que la marquise del Dongo avait hébergé à Grianta alors qu'il n'était que le lieutenant Robert. Sur la route du retour, il croise la toute jeune Clélia Conti, arrêtée par des gendarmes en compagnie de son père (3-5). Gina épouse le duc de Sanseverina, un homme âgé et discret, qui mourra bientôt; elle s'installe à Parme, où se trouve le comte Mosca, amoureux d'elle et futur Premier ministre (6). Elle y est rejointe par Fabrice, dont la tendre intimité avec sa tante rend Mosca fou de jalousie (7). Fabrice va pourtant s'éprendre, mais par caprice, de la petite actrice Marietta. Puis, au risque de se faire arrêter (son frère aîné ayant dénoncé aux autorités autrichiennes son équipée à Waterloo), il retourne en cachette à Grianta voir le vieil abbé Blanès, son père spirituel, qui lui a jadis enseigné l'astronomie et qui lui prédit la prison (8-10). Attaqué par Giletti, l'amant de Marietta, Fabrice le tue et doit s'enfuir à Ferrare, puis à Bologne, où il retrouve Marietta. Par jeu, il courtise une cantatrice, la Fausta, et blesse grièvement son rival (11-13).

 

Livre II. La Sanseverina menace le prince de quitter la cour de Parme, dont elle fait tout le charme, si Fabrice est inquiété, mais Mosca, par esprit courtisan, fait échouer cette opération de chantage. Condamné à douze ans de forteresse sous prétexte qu'il a tué Giletti, mais en réalité pour des raisons politiques, Fabrice est incarcéré dans la tour Farnèse; il a pu, en y pénétrant, apercevoir Clélia Conti dont le père est désormais gouverneur de la citadelle. Clélia s'apitoie sur le sort de ce jeune prisonnier, qu'elle croit - comme tout le monde - l'amant de sa tante (14 -15). En dépit de ses efforts pour fléchir Rassi, le ministre de la Justice, Mosca subit la rancune de la Sanseverina. Dans sa prison, Fabrice connaît un étrange bonheur. Il observe bientôt, de sa fenêtre, Clélia qui vient tous les jours nourrir ses oiseaux (16-18). D'abord effarouchée par les signes joyeux du prisonnier, Clélia, cédant à la pitié, accepte de correspondre avec lui (19). Fabrice risquant d'être empoisonné, la Sanseverina a préparé son évasion avec l'aide de Ferrante Palla, poète de génie, fou amoureux d'elle; mais il faut l'intervention énergique de Clélia pour que Fabrice accepte ce projet qui le privera de voir de la fenêtre de sa cellule celle dont il est devenu éperdument amoureux (20-21). L'évasion réussie, la duchesse donne à Ferrante Palla le signal de l'exécution du prince, tandis que Clélia est rongée par le remords d'avoir comploté contre son père. Le prince est exécuté. Inconsolable de ne plus voir Clélia, Fabrice passe désormais ses journées en face de la citadelle, et finit par se constituer de nouveau prisonnier (22-24). Follement inquiète des dangers qui le menacent, Clélia s'introduit dans sa cellule et se donne à lui, mais elle fait voeu à la Madone de ne plus jamais le voir. La Sanseverina, de son côté, a promis ses faveurs au nouveau prince s'il fait libérer Fabrice. Fabrice libéré, Clélia, devenue à son corps défendant marquise de Crescenzi, demeure fidèle à son voeu (25-26). Ayant acquitté sa dette envers le prince, la Sanseverina quitte à jamais Parme et va s'établir à Naples où elle épouse Mosca. Fabrice, à qui a été promis l'archevêché de Parme, s'est mis à prêcher; le chagrin l'a rendu méconnaissable et ses sermons bouleversent les foules (27). Clélia, qui s'est rendue à l'un de ses sermons, lui donne un rendez-vous dans l'obscurité et, trichant avec son voeu, reprend avec lui de tendres relations. Ils ont un fils, Sandrino, dont la mort précoce apparaît à Clélia comme un châtiment céleste. Clélia meurt; Fabrice, retiré à la chartreuse de Parme, ne lui survit qu'un an; la Sanseverina elle-même ne survit que peu de temps à ce neveu qu'elle adorait (28).

 

Pour écrire en un temps aussi bref une oeuvre aussi longue, il faut l'avoir longuement mûrie. Ayant perdu sa mère à l'âge de sept ans, Henri Beyle se laissa persuader par sa grand-tante Élisabeth Gagnon que sa patrie maternelle se situait de l'autre côté des Alpes. A dix sept ans,franchissant le Saint-Bernard, il la découvre à la suite de Bonaparte. Milan, Cimarosa, l'amour fou pour Angela Pietragrua, "catin sublime à l'italienne": ces souvenirs se pressent en foule quand il les détaille dans la Vie de Henry Brulard, en 1835. Environ à la même époque, il découvre de vieux manuscrits qui lui fourniront la matière des Chroniques italiennes. L'un de ces manuscrits, qui relate les amours tapageuses de Vandozza Farnèse avec son neveu Alexandre Farnèse (futur pape Paul III), le passionne au point qu'il projette d'en faire un romanzetto. Quant au récit de la bataille de Waterloo, rédigé à la fin de l'été de 1838, il s'inscrit dans la lignée de ses incessantes tentatives d'écrire un Napoléon. La Chartreuse de Parme naît ainsi à la croisée de ces trois oeuvres; elle permet à Stendhal de donner libre cours à une imagination qu'il s'efforçait de brider ailleurs.

 

L'Italie de la Renaissance lui a donc fourni le principal motif du roman. Mais, transposant l'histoire de la famille Farnèse au début du XIXe siècle, il va prêter à l'équivoque Alexandre, métamorphosé en Fabrice del Dongo, sa propre passion pour Napoléon et une vraie pureté d'élans amoureux. Les Italiens qu'il eut l'occasion de côtoyer au moment où il fut nommé consul à Civita-Vecchia, en 1830, ne répondaient pas toujours à l'image qu'il s'était, depuis l'enfance, fabriquée de sa patrie d'élection. De l'époque de la Renaissance, les héros de la Chartreuse vont conserver (en particulier la Sanseverina, en qui on verra volontiers une Angela Pietragrua idéalisée) une énergie qui ne recule pas devant le crime. Mais leur tendresse, leurs naïvetés, leur égotisme prolongent les confidences et les aspirations répétées par Stendhal dans ses récits de voyage, ses oeuvres intimes ou encore dans De l'amour. Par égotisme, que Stendhal emploie parfois dans un sens péjoratif, on entendra ici un culte du moi qui permet de faire fructifier le meilleur de soi-même tout en respectant le moi des autres - il faut savoir s'aimer pour aimer vraiment.

 

Dans un "Avertissement" où, pour écarter tout rapprochement avec des événements contemporains, il prétend que son roman a été écrit en 1830, Stendhal multiplie les masques: le narrateur est censé raconter une histoire qui s'est réellement passée à Parme du temps où "la duchesse [Sanseverina] y faisait la pluie et le beau temps". Cette histoire serait le produit d'un récit oral, dû au neveu d'un chanoine aujourd'hui décédé, et d'annales que celui-ci détenait. Déclarant "blâmables" les actions de la duchesse, le narrateur épouse ironiquement la mentalité du bourgeois français que choqueront les excès où mènent les passions. Au début du récit, il semble qu'il tienne les faits du lieutenant Robert (chap. 1), mais sa perspective se rétrécit au point de vue de Fabrice lors de la bataille de Waterloo, dont le récit fragmentaire épouse la naïveté et l'inexpérience du héros (chap. 3); d'autres épisodes seront vus par ses yeux, notamment son évasion (chap. 23), même si Stendhal attribue à un "magnifique sonnet" écrit par Ferrante Palla la connaissance de l'événement (mais faute de savoir écrire un sonnet, il choisit d'y faire seulement allusion...). L'histoire, pourtant, sera vécue aussi bien à travers les émotions de la Sanseverina: "Je ne sais si elle se trompait", dit d'elle le narrateur (chap. 2), avant d'écrire des pages où ses réflexions sont mêlées au monologue de l'héroïne. Ce sont des monologues aussi librement conduits qui nous feront partager les espérances et les tourments jaloux du comte Mosca, l'évolution des sentiments de Clélia, mais également, de façon très épisodique, les pensées de tel ou tel personnage très secondaire, comme Rassi ou l'archevêque Landriani. Bref, le point de départ du récit et à plus forte raison l'"Avertissement" sont oubliés: demeure d'un bout à l'autre un narrateur héritier de la tradition du roman anglais du XVIIIe siècle (Fielding, Richardson) qui intervient fréquemment pour s'excuser auprès du lecteur de hâter le cours de l'intrigue, laisser entendre qu'il pourrait fournir mille autres détails (ainsi est maintenue l'illusion que nous lisons non une histoire inventée, mais une chronique), ou intervenir en faveur de "notre héros" pour faire pardonner son esprit superstitieux ("Oserons-nous dire qu'il voulait consulter l'abbé Blanès?", chap. 8) ou sa peu reluisante conduite auprès de la Fausta (chap. 13).

 

Ce récit comporte un point (relativement) obscur: la naissance de Fabrice. Au vrai, le lecteur a deviné que le lieutenant Robert, hébergé au château de Grianta lors de l'occupation de l'Italie par les troupes françaises, est le vrai père du héros - ainsi Stendhal, qui s'est toujours voulu bâtard par haine de son père, réalise-t-il magiquement son voeu. Il comporte aussi des incohérences. Fabrice ne saurait voir d'une prison située à Parme le magnifique spectacle de la chaîne des Alpes (chap. 18), et quand, de la fenêtre de sa cellule, il entre en conversation avec Clélia au moyen d'un alphabet grossièrement confectionné, Stendhal oublie les conditions du dialogue pour faire longuement discuter les amants et leur permettre de "s'écrier" (chap. 19). Ce n'est pas la première fois que, préoccupé de traduire les pensées d'"âmes sensibles", il oublie les conditions matérielles de la fiction. Mettra-t-on au compte de sa distraction les variations d'âge de la Sanseverina? Les lecteurs de Rome, Naples et Florence et de De l'amour savent que dans le coeur des Italiens la passion se moque des années...

 

Quant aux infidélités à l'Histoire, elles tiennent surtout aux origines complexes de l'intrigue. S'il est vrai que le roman commence à la manière d'une chronique soigneusement datée, où l'auteur n'exagère qu'à peine la liesse des Italiens accueillant les libérateurs français, on ne cherchera pas dans les annales qui concernent la période cette principauté de Parme que Stendhal a choisie assez peu marquante pour ne pas indigner les adeptes du "roman historique". Ce genre avait fait école en France au début du siècle grâce aux romans de Walter Scott; il suppose que la fiction ne contrarie pas les données essentielles de l'Histoire. Du moment où il se laisse guider par les élans de coeur de ses héros et s'amuse à charger jusqu'à la caricature ceux qui leur font obstacle, Stendhal ne met aucun frein à sa fantaisie. Quant aux lieux qui sollicitent le plus l'imagination du lecteur, ceux où naît et meurt Fabrice, on ne les trouvera pas sur une carte: il n'existe pas de château de Grianta sur les rives du lac de Côme, en face de la villa Melzi, et sans doute Stendhal pensa-t-il à la chartreuse de Pavie, voire à celle qu'il connut enfant près de Grenoble, pour donner un terme à son roman, dont le titre ne prend curieusement sens qu'aux toutes dernières lignes.

 

"Notre héros", suivant l'expression répétée maintes fois par le narrateur, c'est évidemment Fabrice del Dongo. Ce jeune homme dont l'ascendance est, à l'image de celle de Beyle (si l'on en croit la grand-tante Gagnon), à la fois française et italienne, a hérité les grâces refusées à son créateur. Pour voler au secours de Napoléon, lui aussi franchit les Alpes - quoique en sens opposé. Mais sa beauté, sa hardiesse, sa spontanéité lui valent tous les succès. A l'inverse de Julien Sorel (le Rouge et le Noir), il doit aux avantages de la naissance de penser que le bonheur est naturel. On le croirait, jusqu'au séjour à la tour Farnèse, aussi impuissant à se sentir amoureux que l'était Octave à en fournir les preuves (voir Armance); mais ce retard montre que, au contraire de ceux qui modèlent leurs sentiments sur des mots, Fabrice a su attendre pour faire parler librement son coeur. Au plus l'épisode de la Fausta (chap. 13), qui le voit s'essayer à l'amour-pique (voir De l'amour, I, 38), trahit-il peut-être le penchant français de son tempérament pour la vanité. On notera pourtant que l'étrange bonheur qui le saisit au moment où, dans la tour Farnèse, il se croit à jamais prisonnier, ne doit rien à l'amour, mais aux seules ressources de son moi profond; plus qu'une condition nécessaire du bonheur, l'amour deviendra chez lui une manière privilégiée d'en saisir les nuances.

 

Le bonheur, tel est le vrai sujet du roman. "Est-ce donc au commencement de la vieillesse [...] que le bonheur se serait réfugié?", se demande la Sanseverina (chap.2) devant le lac de Côme où elle se retrouve pour communier avec Fabrice dans l'amour des beaux paysages et de la liberté - ce lac "sublime", écrit Stendhal, parce que les mots tout simples marquent chez lui la limite de l'émotion. Il est vrai que pour la duchesse plus que pour Fabrice, la"chasse au bonheur" passe d'abord par l'amour. Si elle est en harmonie avec ses passions, autant dire avec elle-même, défiant jusqu'au crime un pouvoir haï, elle est heureuse seulement dans les moments de complicité avec son neveu. Seuls les happy few à qui le roman est dédié ont en partage cette aptitude au bonheur. Mais le bonheur est fragile. Fabrice ne survivra pas à Clélia, non plus que la duchesse à Fabrice, même si Stendhal s'ingénie à user d'euphémismes pour apprendre au lecteur, aux dernières lignes, la fin de ses héros. Le comte Mosca leur survit. Lui aussi est engagé, comme Stendhal la cinquantaine passée, dans une inlassable chasse au bonheur. Serviteur zélé d'un pouvoir exécrable, il pratique l'égotisme, mais de manière suspecte: celle qui consiste à envisager le monde comme une comédie dans laquelle on peut se compromettre sans entamer l'essence de son moi. Follement amoureux de la Sanseverina, il est toujours sur le point de tout abandonner pour elle. Sa disponibilité ne lui permet pourtant pas d'égaler les vrais héros du roman, qui mettent leur esprit de renoncement en pratique jusqu'à la mort. Cette histoire où Fabrice et la duchesse ne cessent de jeter l'argent à pleines poignées avant de finir dans la pauvreté se conclut sur l'immense fortune du comte. Stendhal ne pouvait plus clairement situer celui-ci en retrait dans la hiérarchie de ses happy few.

 

Homme de coeur et d'esprit malgré tout, Mosca sert sans trop de remords un tyran, tandis que Fabio Conti, qui veut la mort de Fabrice, appartient au clan des libéraux. Fabrice récite, quand on l'en prie, le bréviaire de l'aristocratie avec lequel il a été formé. Si l'on évoque la belle figure de Ferrante Palla, poète républicain et régicide, il faudra atténuer la portée de ses idéaux politiques en rappelant qu'il tue le prince par amour pour la duchesse. Les représentants du peuple ont des manières sympathiques et leur courage est au-dessus de tout soupçon: ainsi de Ludovic, dévoué à la Sanseverina. Il paraît même que l'énergie qui distinguait les Italiens de la Renaissance s'est mieux perpétuée dans les classes modestes que parmi la "race comique" des courtisans (chap. 28); mais les rapports de la duchesse avec ses gens gardent un caractère singulièrement féodal. On demeure perplexe, en somme, devant le message politique de ce roman écrit par un partisan des Jacobins. Il faut se souvenir, pourtant, que Stendhal n'en était pas sur ce chapitre à une contradiction près. Lui qui aimait le peuple n'aurait pu, à l'image de Fabrice, vivre parmi lui. Il observa souvent que la tyrannie d'un prince servait de rempart contre la tyrannie de l'opinion, qui rend les régimes démocratiques insupportables. La Chartreuse de Parme, enfin, est un roman de l'individu, où l'élévation de l'âme n'a que faire des étiquettes politiques.

 

Balzac, dont le compte rendu paru dans la Revue parisienne est très élogieux, reprochera à Stendhal de n'avoir pas commencé son récit par "sa magnifique esquisse de la bataille de Waterloo", quitte à revenir en arrière pour évoquer ensuite le début de la vie de Fabrice. Mais Stendhal a pour habitude d'aller de l'avant, improvisant au fur et à mesure (un critique a heureusement comparé le déploiement de la Chartreuse à celle d'un chorus de jazz). L'ouvrage, observe encore Balzac, "ne perdrait rien à ce que l'abbé Blanès disparût entièrement". C'est méconnaître, cette fois, l'un des caractères principaux du roman. Les prévisions de l'abbé inscrivent les événements, du moins ceux de la vie de Fabrice, dans une destinée. Ainsi Stendhal, longtemps anticlérical et irréligieux, se conforme-t-il par sympathie pour ses héros aux superstitions de l'âme italienne. Ainsi encore Clélia peut-elle tricher avec son voeu de ne jamais revoir Fabrice en le rejoignant dans l'obscurité: cet accommodement ne suscite aucune ironie de la part du narrateur. Si Stendhal prit en haine le catholicisme et particulièrement les jésuites, c'est parce qu'après la mort de sa mère la religion s'incarna à ses yeux dans l'affreuse tyrannie de son précepteur, l'abbé Raillane. En lui restituant magiquement la patrie maternelle, la Chartreuse absout les péchés de la religion et lui rend les couleurs de l'innocence.

 

La Chartreuse de Parme est, avec Armance et le Rouge et le Noir, l'un des trois romans achevés de Stendhal. Il est vrai que la narration se hâte curieusement, aux dernières pages, vers son dénouement. Les exigences de l'éditeur ne suffisent sans doute pas à expliquer cette rapidité. Stendhal fournit-il un indice en confiant qu'il avait en vue, quand il a écrit la Chartreuse, la mort de Sandrino, le fils de Fabrice et de Clélia? Mais celle-ci est si rapidement évoquée à l'avant-dernière page qu'elle renforce plutôt le soupçon que la fin de l'histoire n'a pas eu l'ampleur que Stendhal prévoyait de lui donner. On se résigne mal, pourtant, à l'idée qu'il ait écourté l'intrigue pour de simples raisons commerciales. On verra volontiers la vraie fin du roman, avec Jean Prévost, dans le "Entre ici, ami de mon coeur" prononcé par Clélia (chap. 28). Quand les amants ont atteint un impossible bonheur, il reste à Stendhal à le défaire pour que l'histoire atteigne au tragique. De la lumière des premiers chapitres, le roman a viré au noir (chapelle de marbre noir où se retrouvent les amants, à laquelle se serait ajoutée une "chartreuse noire" si Stendhal s'était tenu à cette idée qui l'effleura en cours de rédaction ). "On ne peut pas apercevoir distinctement la partie du ciel trop voisine du soleil", disait-il dans la Vie de Henry Brulard (chap. 47) avant d'interrompre son récit. A l'inverse, il abrège la Chartreuse quand celle-ci s'est revêtue de teintes trop sombres. Pour l'essentiel, le récit a pris, à en croire Stendhal lui-même, les couleurs des tableaux du Corrège, dont les "grandes ombres, [...] nécessaires à faire valoir les clairs, [...] ont par elles-mêmes des grâces charmantes et qui jettent dans une douce rêverie" (De l'amour, chap. 31).

 

Il accueille avec une vraie joie l'article de Balzac. "Je n'avais jamais songé à l'art de faire un roman", avoue-t-il. Ce n'est pas feinte modestie, puisqu'il entreprend aussitôt de retoucher son style. Ces corrections, qui figurent sur l'exemplaire Chaper (détenteur du manuscrit), ont été reprises, mais en notes, par toutes les bonnes éditions critiques; parfois elles corrigent une obscurité, plus souvent elles alourdissent le trait et confirment que l'art de Stendhal est fait d'abord de liberté et de spontanéité.

 


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"Enfance" entre mémoire et oubli de Nathalie Sarraute

12272747290?profile=original"Enfance " est un récit autobiographique de Nathalie Sarraute (née en 1902), publié à Paris chez Gallimard en 1983.

 

Un écrivain vieillissant, riche d'une oeuvre importante, s'apprête, guidé par un interlocuteur anonyme, à "évoquer des souvenirs d'enfance". Dès les premières pages, le ton est donné: "C'est encore tout vacillant, aucun mot écrit, aucune parole ne l'ont encore touché, il me semble que ça palpite faiblement... hors des mots... comme toujours... des petits bouts de quelque chose d'encore vivant... je voudrais, avant qu'ils disparaissent... laisse-moi..." Ce récit de son enfance restera informel, discontinu, incomplet, et tentera de saisir, d'éclaircir, loin des "beaux souvenirs d'enfance", les moments clés, les sensations les plus importantes de sa vie de petite fille. Se juxtaposent ainsi toute une série de scènes courtes, d'impressions retrouvées grâce au dialogue avec cet interlocuteur omniprésent, qui recomposent, à partir de ces jalons essentiels, marquants quoique hésitants, l'enfance de Natacha Tcherniak. Une enfance déchirée entre deux pays et deux langues (la France et la Russie tsariste), deux familles (celle que forme son père avec sa seconde femme, Véra et leur bébé, Hélène; et sa mère qui choisit de la laisser à son père pour rester avec Kolia, son second mari, en Russie). Une enfance sauvée par la lecture et le goût de l'étude. Une enfance comme les autres, dont on retient un jeu, un jouet, une amitié, une bêtise; mais une enfance unique, où les mots et les sensations prenaient parfois une importance démesurée, d'où l'innocence semble absente, dont des pans entiers s'enfoncent dans l'ombre où tient à les laisser dormir, par peur de les trahir, la narratrice.

 

Cette autobiographie de Nathalie Sarraute renvoie sans doute davantage à l'ensemble de son oeuvre littéraire qu'aux modèles autobiographiques traditionnels. Le choix de l'autobiographie s'accompagne en effet d'un recul immédiat que prend la narratrice par rapport à son récit, recul non seulement introductif (voir les hésitations des trois premières pages), mais jalonnant l'oeuvre, la structurant véritablement. Cette narratrice, active et critique, adopte comme principe architectural du texte - ce qui en fait l'originalité première - une discussion actualisée dans et par la forme dialoguée du récit, laquelle organise en définitive, plus qu'un échange: une dialectique.

 

Le dialogue souligne que la mémoire n'a d'autre champ que l'incertitude. L'introduction de la voix d'un interlocuteur (qui oscille entre l'ignorance et un savoir égal, voire supérieur à celui de la narratrice) matérialise le doute, le scepticisme, la fragile frontière où s'installe le monologue de la narratrice, entre la mémoire et l'oubli, et qu'illustre la métaphore de l'émergence et du surgissement que l'on rencontre à plusieurs reprises. L'expression de cette incertitude, qui l'emporte sur les repères sûrs (nom de lieux, de rues, de personnes, dates), passe par le recours à la modalisation sous toutes ses formes (démonstratifs neutres, adjectif indéfini "quelque", adverbes de modalisation, "peut-être", "probablement") dans un récit dont la ligne thématique directrice est celle du flou et de l'ombre où l'auteur s'efforce d'isoler quelques éclats lumineux. Modalisation qui ne surprend guère le lecteur familier de l'oeuvre de Nathalie Sarraute, pas plus que ne le surprennent les phrases inachevées, l'usage des points de suspension, les réajustements progressifs qu'opèrent les mots pour se rapprocher de l'"impression" intacte, de la sensation originelle, au lieu de récapituler du "tout-cuit", "donné d'avance".

 

L'incertitude marque jusqu'à la chronologie du récit: s'organisant selon le principe de la juxtaposition de scènes privilégiées - et donc de l'ellipse, de la discontinuité temporelle -, il tait autant qu'il dit. Sa cohérence est d'ordre interne: les scènes peu à peu se répondent, s'interpellent, se modulent, et donnent ainsi une sorte d'autonomie à un monde qui se clôt sur lui-même. Certes, quelques indications chronologiques apparaissent çà et là, mais incomplètes ou imprécises souvent. Le livre s'arrête où la certitude des dates, de la chronologie, de l'Histoire, va commencer. Car le propos de l'auteur n'est pas de se livrer à une herméneutique de l'individu, d'une personnalité, mais à chercher l'être qui existe hors des mots, lesquels ne sont qu'un leurre, qu'un piège. On retrouve bien là tout le propos de l'auteur de Disent les imbéciles, roman auquel il est d'ailleurs fait allusion à deux ou trois reprises dans le récit.

 

De même le dédoublement, ou plutôt redoublement, de la voix narrative fait écho aux recherches de Nathalie Sarraute qui ne s'attache jamais à un personnage ou à une histoire, mais aux relations entre plusieurs personnages, elles seules permettant l'émergence des "tropismes" que son écriture se donne pour unique but de capter et de mettre au jour. La forme dialoguée souligne donc ici la démultiplication nécessaire de toute voix narrative dans l'autobiographie: l'interlocuteur déjoue les pièges de la langue, d'un mot, d'une image, et montre qu'on ne peut raconter sa vie sans se dédoubler entre celui que l'on a été et celui que l'on est devenu, qui raconte, tire les leçons, simplifie, explique, critique. Le dialogue signale l'ambiguïté de l'identité d'un narrateur, à la fois auteur et personnage. L'autobiographie de Nathalie Sarraute se caractérise ainsi par un double morcellement: celui de son histoire personnelle et celui des voix qui se chargent de la transmettre. Elle se signale aussi par sa tonalité, qui allie lyrisme et théâtralité. La langue adopte un mouvement de flux et de reflux, de progression par vagues, fondé sur la récurrence des images et des harmonies incantatoires, et berce le lecteur dans la poésie de son rythme. D'autre part le "récit d'enfance" est théâtralisé à l'extrême. Certes, les personnages sont rarement désignés (surtout l'interlocuteur dont le visage, le physique sont inexistants), jamais décrits. Le cadre de leurs échanges est passé sous silence: aucune "didascalie", aucun décor; l'immobilité est de rigueur. Mais l'action n'existe pas en soi, ni hors des mots ni au-delà des voix; elle n'est que cela, cet échange entre les protagonistes; elle est dans cette émergence du mot, dans l'éclaircissement du rapport des mots aux faits du passé, que seul le dialogue autorise. La voix l'emporte sur l'écriture: points de suspension, d'interrogation ou d'exclamation, phrases hachées, incomplètes sont l'empreinte d'une voix plus que celle d'une main.

 

L'écriture de Nathalie Sarraute s'écarte donc avec vigueur de l'écriture autobiographique traditionnelle et de son sens: celui d'une expérience herméneutique. Elle n'adopte les codes de l'autobiographie que pour les détruire de l'intérieur, mettre en évidence leurs limites, leur impuissance à dire l'authenticité d'un individu et de son histoire. L'enfance, telle qu'elle nous livre ici la sienne, existe d'abord par ses zones d'ombre, ses résistances à une expression raisonnée, lucide, linéaire. Enfance n'est pas un "récit d'enfance", mais l'incapacité de réduire l'enfance au récit.

 

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Le regard bleu

Douce lumière effleurant l'eau verte de l'étang

Deux oies sauvages s’envolent haut dans le ciel

Déchirant le silence d’un baiser alangui

Joues fardées de tendresse à la douceur opaline

L’homme que j’aime au regard bleu

Laissant ma bouche bourgeonner entre ses lèvres câlines

Ses mains vagabondes autour de ma silhouette fine

L’azur bénit nos cœurs d’une averse diamantine

 28/07/11

Nada

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brouillon james ensor

ENSOR James
Ostende 1860 - Ostende 1949


Peintre pré-expressionniste, dessinateur, aquafortiste et lithographe de paysages, marines, intérieurs, natures mortes et compositions fantastiques. Est surtout réputé pour ses scènes satiriques. Reçoit sa première formation artistique auprès des peintres ostendais E. Dubar et M. Van Cuyck. Etudie ensuite aux Académies d'Ostende (1876) et de Bruxelles (1877-80, J. Stallaert et J. Portaels) où il rencontre W. Finch, F. Khnopff, G. Vogels et Dario de Regoyos. Fréquente alors, grâce au critique d'art Th. Hannon, les milieux artistiques et intellectuels. Revient à Ostende en 1880. Ne la quittera plus, sinon pour quelques incursions aux Pays-Bas, en Angleterre et en France. Débute au dernier salon de La Chrysalide* en 1881. Participe en tant que co-fondateur (1883) au premier Salon des XX* (1884). Commence dans la mouvance impressionniste, prêtant une attention particulière à l'atmosphère sans négliger pour autant les réalités formelles et le rendu des matériaux. Pratique alors une facture généreuse où la pâte est appliquée au couteau. Abandonne cette facture réaliste, plutôt sombre, en 1885. Opte pour une peinture empreinte de lumière immatérielle, quasi irréelle. La couche s'amincit, posée dorénavant au pinceau. Dès 1886, le fantastique émerge dans ses toiles. Réalise L'Entrée du Christ à Bruxelles en 1888, tableau refusé un an plus tard au Salon des XX* et considéré aujourd'hui comme son chef-d'oeuvre. L'affaire constitue un tournant dans sa carrière artistique. S'ouvre alors la période des masques, avec des hommes-masques déshumanisés, la mort et les démons dans un monde de fiction. La peinture est épaisse, combine des couleurs vives, très contrastées. Après 1896, sa créativité le porte vers des natures mortes et des marines poétiques. S'oppose au pointillisme, défendu par certains membres des XX*, ainsi qu'à l'admission de J. Whistler, ce qui entraîne sa marginalisation. Participe à la première exposition de La Libre Esthétique* en 1894. Sa première exposition individuelle n'a lieu qu'en 1898, à Paris, et est organisée par la revue La Plume, qui sort un numéro Ensor (1899). Sur le plan de l'eau-forte, Ensor occupe une place de premier plan, malgré une carrière d'aquafortiste plutôt courte (1886-1904): en moins de deux ans, il grave 45 eaux-fortes; en moins de vingt ans, 129 eaux-fortes, dont une vingtaine sont qualifiées par E. Rouir de pièces magistrales. C'est le collectionneur allemand J. von Garvens-Gervensburg qui en publie le premier catalogue en 1910. D'autres terrains attirent également Ensor. Ainsi, il compose le ballet La Gamme d'Amour en 1911 et crée costumes et décors. La Gamme d'Amour sera éditée sous forme d'album lithographique en 1929. De même, il entame la série de lithographies Scènes de la Vie du Christ en 1912. La Galerie Georges Giroux* la publiera en 1921. Est anobli en 1930. Membre e.a. de La Chrysalide* (1881), L'Essor* (1882), la Société des Aquafortistes belges*, Vie et Lumière* (1904) et de Kunst van Heden* (Art Contemporain, 1905). Membre de l'Académie royale de Belgique (1925). Rétrospectives importantes de son vivant en 1920 (Galerie Georges Giroux*), 1929 (PBA, Bruxelles) et 1946 (National Gallery, Londres). D'autres suivront à partir de 1951 (MRBA, Anvers), en Belgique, à Anvers (1983), comme à l'étranger, à Stockholm (Nationalmuseum, 1970), Chicago (1976), New York (1977), Zürich (1983), Paris (Petit Palais, 1990). Rétrospective prestigieuse en 1999-2000 (MRBA, Bruxelles). Oeuvres aux Musées d'Anvers, Bruxelles, Gand, Liège, Ostende, Saint-Nicolas, Amsterdam, Otterlo, Zürich, Tel Aviv, New York (Modern Art) et à Los Angeles (Musée Paul Getty où est conservée L'Entrée du Christ à Bruxelles).

 

 

 

 

 

Biographie

La Famille

Sidney James Ensor (Ostende, le 13 avril 1860 à 1819 Novembre 1949) était le fils d'un père anglais (James Frédéric) et d'une mère belge (Maria Catharina Haegheman). Avec un oeil sur l'obtention du titre de baron, seulement en 1929 n'a Ensor demander la naturalisation. Jusqu'à ce moment il a conservé la nationalité de son père. La famille exploite une boutique de souvenirs et de curiosité à Ostende et arraisonné chambres aux invités d'été. Les jeunes Ensor a fréquenté le Collège de la Sainte Vierge à Ostende.

Illustration: photo Ensor dans la boutique

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Voir Grand d'Ostende (KMSKA 2706)

 

1876-1880: l'éducation

En 1876, Ensor a suivi des cours de dessin à l'école de dessin locales. Pendant les mois de printemps et d'été, il peint la nature des douzaines d'études sur les petits cartons roses. De 1877 jusqu'en 1880 il a étudié à l'Académie de Bruxelles. Il a reçu les leçons du directeur, Jean Portales, entre autres. Fernand Khnopff, Théo Van Rysselberghe, Willy Finch et autres futurs membres des associations d'exposition,L'Essor et Les Vingt , ont été parmi ses condisciples. A Bruxelles, il rencontre le poète et critique d'art Théo Hannon, qui lui fait découvrir les cercles libéraux de Ernest Rousseau, professeur à l'Université Libre de Bruxelles, et son jeune époux, le caractère d'experts Mariette Rousseau Hannon. La maison du couple Rousseau était un lieu de rencontre pour l'élite artistique, littéraire et scientifique de l'époque. Les contacts que Ensor s'il n'y avait-où il a probablement rencontré Félicien Rops et Eugène Demolder et d'autres-stimulé son développement artistique et intellectuel. À l'époque de 1886-1889, Ensor aurait retravailler un certain nombre de ses pièces dans des productions académiques grotesque.

Illustrations: Photo Le jeune Ensor, la peinture d'Ensor à son chevalet (KMSKA 2809)

 

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Willy Finch peinture (MSK Gent 1986-AH)
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Portrait de Théo Hannon (KMSKA 1854)

 

1880-1884: débuts

En 1880, Ensor installé un studio dans le grenier de la maison de ses parents à Ostende, où il allait travailler chaque maintenant et puis, en compagnie de Willy Finch. Bien qu'il ait vécu à Ostende jusqu'à sa mort, il séjourne régulièrement à Bruxelles et a participé activement à la vie artistique de la capitale. À l'exception de quelques excursions à Londres, en Hollande et à Paris, Ensor guère voyagé.

En 1881, il a fait ses débuts avec le cercle de Bruxelles progressive d'art, La Chrysalide . Il est devenu qucikly reconnu par amis et ennemis ressemblent comme l'un des artistes de renom de l'époque. Ses marines, natures mortes, des morceaux chiffre naturaliste et tableaux de la vie de la jeune femme bourgeoise moderne, comme le célèbre Le mangeur d'huîtres à partir de 1882, incontestablement appartenir à des œuvres majeures de l'Réalisme européen et Plein Aire mouvements.

En 1883, Ensor, avec un peu d'élèves plus âgés de Bruxelles 'académie, serait de prendre congé de l'association d'artistes L'Essor . Ils ont établi l'association d'artistes Les Vingt . Cela jouera un rôle important dans la diffusion de diverses organisations internationales d'avant-garde des mouvements.

 

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Le mangeur d'huîtres (KMSKA 2073)
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L'après-midi à Ostende (KMSKA 1852)

 

 

 

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Le nuage blanc (KMSKA 2175)

 

1885-1890: expérimentation

Entre 1885 et 1888, Ensor l'attention s'est surtout pour le dessin et la gravure. Sous l'influence de Rembrandt, Redon, Goya, gravures sur bois japonaises, des images et des parodies Brueghelian contemporain, Ensor développé une iconographie très personnelle et le design. Il a rejeté l'impressionnisme français et de symbolisme et s'est prêté aux qualités expressives de la lumière, ligne, la couleur et les motifs grotesques et macabres comme les masques de carnaval et des squelettes, dont il a rendu dans des tableaux massifs comme dans la série Les auréoles du Christ ou les sensibilités de la Lumière (1885-1886). Ces métamorphoses grotesques aboutir à Ensor plus connu et le masque de tableau monumental: L'Entrée du Christ à Bruxelles (1888-1889, huile sur toile, à Los Angeles, The J. Paul Getty Museum).

 

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Photo Ensor à son piano playor en face de la Joyeuse entrée du Christ à Bruxelles
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Gravure L'Entrée du Christ à Bruxelles (MSK Gent 1998-B-114-1)

 

Les femmes dans la vie d'Ensor

Vers 1888 Ensor répondrait Bogaerts Augusta avec qui il a entretenu une relation à vie, mais sans jamais vivre ensemble avec elle. Après la mort de son père en 1887, Ensor a souvent été chargée de s'occuper de sa mère, son live-in tante Mimi, sa soeur divorcée Mariette (ou Mitche) et sa fille Alexandrine, ainsi que la gestion de la boutique familiale, la plus importante source de revenus.

Premiers succès

En 1893, Ensor vainement se dressant contre la dissolution de l'art cercle Les Vingt. Octave Maus, secrétaire de Les Vingt , a fondé l'Association de l'exposition de La Libre Esthétique . Ensor a été régulièrement courtisé par La Libre Esthétique . Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale de Bruxelles a acheté un grand nombre de gravures en 1893, suivi un an plus tard par le Musée Kupferstichkabinett de dessins et estampes de Dresde et en 1899 par Albertina de Vienne. La rumeur selon laquelle en 1893 Ensor avait offert en vain de vendre la totalité du contenu de son atelier pour 8.500 francs belges (BEF) n'a jamais été documenté et semble peu probable au vu de son succès commercial croissant. En 1895, Ensor sollicité avec succès le ministre des Affaires intérieures pour l'achat de lampes Le (1880, huile sur toile) pour le Musée National (l'actuel Musée-journée Royale des Beaux Arts de Belgique à Bruxelles). Ensor demandé 2.500 BEF pour le travail. En 1897, il a de nouveau demandé au gouvernement succès ville d'Ostende à l'achat d'une peinture pour le musée de la ville. Ostende versé 2.000 BEF pour le réchauffement Misérable malade lui-même (1882, huile sur toile, détruit en 1940).Ensor a participé plus activement à la vie artistique locale à Ostende et est devenu président du Cercle des Beaux-Arts , dont il établi.

Ensor rajeunissement artistique a été remarqué par des artistes allemands et les critiques autour de 1900. Alfred Kubin, Paul Klee, Emil Nolde, Ernst Ludwig Kirchner, Georg Grosz, Herbert von Garvens-Garvensburg ou Wilhem Fraenger entendu que « le peintre des masques des ' (la peinture de masques) radicalement rompu avec les classiques d'Europe occidentale des valeurs et des traditions artistiques .

Il a également été reconnu en Belgique comme l'un des pionniers de l'art moderne. François Franck et les admirateurs qui étaient membres de l'Association de l'Exposition d'Anvers L'art contemporain serait de promouvoir avec succès l'œuvre d'Ensor, tant au pays qu'à l'étranger.

 

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L'intrigue (KMSKA 1856)
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L'étonnement de l'Wouse Masque (KMSKA 2042)

 

À partir de 1896, Ensor était déjà lui-même plus la promotion comme un écrivain. Franz Hellens, qui en 1974 a écrit l'avant-propos de l'une des éditions duÉcrits , a parlé de «folles mots" et a indiqué que cette «est la vraie Ensor [...] le maniant l'épée et mielleux Ensor, mordant et irrévérencieux, naïve et cynique. Le plus grand enfant terrible de la peinture ait jamais connu, un enfant dans toutes les connotations véritable et terrible de la parole ».Principalement sur ​​l'art Ensor publié dans les journaux Le Coq Rouge et La Ligue artistique . Plus tard, il a été demandé de plus en plus comme un haut-parleur occasionnels et il a profité de cette occasion pour attirer l'attention sur la division des dunes de sable, de l'architecture moderne et la vivisection.

Le Musicien

 Dans un certain nombre de discours Ensor s'est appelé un précurseur du luminisme, fauvisme, le cubisme, l'expressionnisme, le futurisme et le surréalisme. Ensor a également accordé une importance particulièrement grande sur ses productions musicales. En 1911, il écrit le livret et compose la musique d'un ballet intitulé La Gamme d'amour . Pour cette pantomime il a également développé le décor et les costumes. En 1924, ce ballet a été réalisée dans la maison d'Anvers opéra. En 1917, Ensor s'installe à la maison dans la Flandre Vlaanderenstraat / Rue de qu'il avait hérité de son oncle. Aujourd'hui, le musée James Ensor est logé ici.

 

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Musique sur la rue de Flandre (KMSKA 2330)

 

Enregistrement sonore unique

En 2003, un enregistrement sonore unique a été découvert dans les archives de la radio de la VRT. Sur cet enregistrement, avec d'autres Flamands Ouest bien connu, Ensor a été interviewé en 1936 à l'occasion de la «Journée de la mer». Ensor parle parfaitement dans le dialecte d'Ostende dans cette interview. Ostende a été plus que sa ville natale, il a été sa muse. Il l'a appelé 'Ostende, chers petite fleur de couleur, «eaven de la mer».

Auteur: Todts Herwig, les contributions par Catherine Verleysen et Robert Hoozee

 

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Sensiblement présent

 

Doux ami, tu m’as dit que tu quittais ce monde,

Alors que j’ignorais ton état de santé.

Je me sentis perdue, ne pouvant accepter

L’adieu définitif que me portaient les ondes.

 

Désormais au repos dans ta patrie lointaine,

Tu es exonéré de toutes les souffrances.

Tu as vécu heureux, ayant eu de la chance

Et savais partager, avançant les mains pleines.

 

Au cours des ans, tu m’as confessé tes pensées,

Révélé tes envies, tes émois et tes rêves,

J’étais, inconsciemment devenue ton élève.

Charmée, je me laissais souvent influencer.

 

Ma vie soudainement, me semble décevante,

Par manque d’énergie, de joies et d’intérêts.

Les choses que j’aimais ont perdu leur attrait.

Je n’envisage rien qui me rendrait fervente.

 

La mort, le douze avril, prit ton corps et ton âme.

Tu gis sans existence, exilé de chez toi.

Tes lettres ont capté l’énergie d’autrefois,

Tu réfléchis, racontes, et souvent, tu t’enflammes.

 

J’ai vers toi, chaque jour, un élan de tendresse,

En voyant ta photo que je croise en passant.

Tu es dans ma maison sensiblement présent.

Je t’entends me parler, tu chasses la tristesse.

 

27 juillet 2011

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Flo monomaniaque

Les têtes surgissent de nulle part venues , juste ici une pensée à la série des monomaniaques de Géricault. Ces portraits poursuivent mon inconscient.

 Je ne peux rien dire d'autre.

flo du 25 juillet 120x120 acry et marouflage sur toile

gegout©

flo 25 july

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L’enfant perdu


L’enfant perdu

Elle adorait aller acheter des livres à la bibliothèque avec sa mère. 

Le bâtiment de la bibliothèque était situé sur le grand boulevard,  quatre étages de livres, le sous sol était la section enfants, sa mère doctorante en physique achetait ses livres aux troisième étage. Une liste d’achat de livres et de brochures à la main, sa mère finissait  ses achats en un clin d’œil; alors le vrai plaisir commence, la descente au sous sol avec l’ascenseur vieillot, l’entrée dans ce monde de livres d’enfants multicolores, les tables basses, les tabourets inconfortables, l’odeur des livres, ah !! Ces odeurs qui lui donnent le vertige, et surtout la superbe vendeuse très vieille est très douce.  

Ce jour là tout avait commencé comme d’habitude, troisième étage et descente au sous sol, la vendeuse qui l’aimait bien lui proposa les nouveaux arrivages, les yeux brillants de bonheur elle s’installa sur un tabouret elle devait décider quel livre acheter aujourd’hui.

Le portable de sa mère  résonna avec  son drôle de carillon, il était défendu de parler au téléphone, sa mère lui fit signe qu’elle sortait pour quelques minutes, surtout qu’elle ne bouge pas, la vendeuse était occupée pas loin de la….

Trois minutes, la mère revient, le tabouret est renversé elle a disparu avec les livres, on la cherche, tout le monde la cherche,  dans tous les coins, sous toutes les étagères, la panique s’empare, le portier ne se souvient pas l’avoir vue sortir, la police arrive, plus tard les chiens, son père est là, il aide aux recherches. Rien. Sa photo est diffusée dans la presse, à la TV. Rien.  

Le temps passe, on l’oublie, sa mère avec l’aide de nouveaux anti-dépresseurs arrive à surmonter son malheur, son manque d’elle. Son père  boit de plus en plus.

Les livres numériques remplacent les livres imprimés, la bibliothèque doit être renouvelée et s’adapter au progrès. Les travaux commencent, on abat des murs, on renouvelle les meubles, des centaines de PC sont branchés avec connections internet, la section enfants est maintenant au deuxième étage, les tabourets sont remplacés  par des chaises  spéciales pour enfants, les PC posés sur un pupitre moderne.

Le jour de l’ouverture, la bibliothèque renouvelée est plein d’invités, le  jeune directeur dans quelques instants donnera le signal et tous les PC seront à la disposition des clients.

Clic, les écrans s’allument, elle est la belle jeune fille, un livre numérique à la main, l’autre posée sur le bras de la super vendeuse tellement douce…… 
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