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Le moi est haïssable

 

Pascal avait conclu: le moi est haïssable.

Or j’essaie de savoir le pourquoi du propos.

Parler de soi pourrait même sembler louable.

Si l’on demeure vrai, ce n’est pas un défaut.

 

Pourtant cette assertion fait que je me questionne.

J’emploie souvent le je, ramenant tout à moi,

Quand j’écris pour capter ce qui soudain m’étonne.

J’aime aussi partager mes plus troublants émois.

 

Certes, nombreux poètes ont révélé leur âme,

Se parlant à eux-mêmes, en un premier moment.

Éprouvant un bonheur ou subissant un drame,

Ils employaient le je, alors spontanément.

 

Pour satisfaire l’envie de se mettre en valeur,

Parfois des ennuyeux nous content leurs mérites.

S’ils n’ont aucun talent, leurs dires sans saveurs,

Nous semblent agaçants, mais sans qu’ils nous irritent.

 

Durant un temps fort long, je suis restée secrète,

Ne lisant mes écrits qu’à ma mère ou mes soeurs.

Or, gagnée par la mode, je devins indiscrète,

Libérant à tous vents mes ardents coups de coeur.

 

J’ai gagné des amis sensibles et courtois.

Ils m’ont trouvée sincère, innocemment aimable.

Mais je n’ai pas cessé de rechercher pourquoi

Le moi devrait paraïtre, en tout temps, haïssable.

 

13 août 2011

 

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Solitude de la pitié

12272749083?profile=original"Solitude de la pitié" est un recueil de nouvelles de Jean Giono (1895-1970), publiées à Paris dans l'Intransigeant de 1928 à 1932, et en volume chez Gallimard en 1932.

 

L'ordre d'apparition des vingt textes dans le recueil correspond à peu près à celui de leur rédaction. Ils figurent parmi les premières productions de Giono, qui les écrit, pour certains, parallèlement à Naissance de l'Odyssée et les considère comme des «récréations d'Ulysse», tant en raison de leur forme brève - deux à trois pages le plus souvent - que de leurs sujets, plus proches que l'Antiquité à laquelle l'écrivain consacre son premier long récit.

 

Dans «Solitude de la pitié», un curé n'offre que «dix sous» de récompense à un vagabond qui, au péril de sa vie et pour nourrir son compagnon malade, est descendu dans le puits du presbytère pour le réparer. Les villageois de «Prélude de Pan», sous l'influence d'un mystérieux individu, entrent soudain dans un état de transe qui dure toute une nuit. Dans «Champs», un paysan raconte comment un beau Piémontais lui a ravi l'amour de sa femme et tout son bonheur. «Ivan Ivanovitch Kossiakoff» relate une amitié intense mais brève durant la guerre de 1914. «La Main» est le récit des amours d'un aveugle. Annette, dans «Annette ou Une affaire de famille», a été placée à l'orphelinat car personne, dans sa famille, n'a voulu s'occuper de l'enfant. Le narrateur d'«Au bord des routes» rend visite à Gonzalès, son ami aubergiste, et tous deux causent de leur vie. Le vieux Jofroi («Jofroi de la Maussan») meurt peu après avoir vendu son verger dont il n'a pu supporter que les arbres soient abattus. Dans «Philémon», on est contraint d'égorger un cochon malade le jour même de la noce de la fille de la ferme. Le vieil homme de «Joselet» explique au narrateur sa conception de l'existence. Dans «Sylvie», le narrateur aime en secret la fille de ferme, revenue au pays après avoir fui la ville avec un amant. La bergère de «Babeau» conte le suicide de Fabre, dont elle a été le témoin passif. «Le Mouton» décrit un paysage à travers l'image d'un animal vivant que l'homme domine et torture. «Au pays des coupeurs d'arbres» évoque la vie passée d'une ferme désormais en ruine. Le narrateur de «la Grande Barrière» veut réconforter une hase qui agonise, mais il s'aperçoit que sa présence cause à l'animal une horreur plus terrible que la mort. «Destruction de Paris» offre une vision à la fois satirique et compatissante de la vie du Parisien, alors que «Magnétisme» montre que les habitués du café d'un petit village connaissent le vrai sens de la vie. «Peur de la terre» évoque la terreur de l'homme face à la nature et «Radeaux perdus» l'expérience de la mort dans les villages reculés. Enfin, dans «le Chant du monde», le narrateur songe à un livre qu'il souhaite écrire et qui porterait ce titre.

 

En dépit de la diversité des nouvelles qui le composent, le recueil comporte certains traits récurrents qui fondent son unité. Ainsi, tous les récits, à l'exception du premier, émanent d'un narrateur qui parle à la première personne et que bien des aspects invitent à confondre avec l'auteur: il s'appelle Giono dans «Ivan Ivanovitch Kossiakoff» et, dans plusieurs nouvelles, il répond au prénom de Jean. Certes, les deux instances demeurent distinctes, mais Giono se plaît à les rapprocher, comme pour lester de réalité les fictions qu'il relate et pour matérialiser dans les textes la genèse de l'acte créateur. Le «je», disponible, sait accueillir les multiples histoires qui viennent à lui et trouver la voix (le ton des récits est en effet plutôt celui de l'oralité) propice à leur restitution. Le cadre rural des nouvelles est également un facteur d'unité et annonce le climat de nombre d'oeuvres futures.

 

Le titre du recueil allie deux notions d'une manière a priori énigmatique. La nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage et l'inaugure présente la solitude de celui qui connaît la pitié comme une conséquence de la cruauté du monde. Rares en effet sont ceux qui ont d'autres motivations que leur propre égoïsme, et le curé lui-même, censé, par sa fonction, pratiquer la charité, est incapable d'apercevoir autre chose que son intérêt et son confort. Cette postulation constitue le fondement du recueil: «Celui qui s'abstrait de l'égoïsme de la masse est seul capable de pitié», explique Giono (entretien avec P. Citron, avril 1969), mais chaque nouvelle propose une mise en rapport singulière des deux notions du titre.

 

La tonalité d'ensemble de l'oeuvre est pessimiste, dans la mesure où la pitié est peu souvent présentée comme positive et efficace. Le syntagme «solitude de la pitié» signifie alors que sujet et objet de la pitié ne sauraient se rejoindre: celui qui éprouve la pitié et celui qui l'inspire demeurent le plus souvent radicalement seuls. Ainsi, dans «la Main», la pitié est inutile parce qu'elle est le fruit d'un malentendu; l'aveugle Fidélin conclut sa poignante histoire par une étrange formule qui semble lui retirer sa crédibilité: «Il faut bien dire quelque chose pour rire.» Dans «Jofroi de la

Maussan» et dans «Sylvie», l'être qui inspire la pitié est incapable de s'en apercevoir car il est coupé du reste du monde, muré dans une idée fixe ou des illusions: Jofroi, qui ne pense qu'aux arbres qu'il a plantés et qu'on veut détruire, ne voit pas la patience et les efforts dont les autres font preuve à son égard; Sylvie, perdue dans des souvenirs idéalisés, ignore l'amour vrai et profond qu'elle inspire à son confident de tous les jours. «La Grande Barrière» montre que la pitié peut être une torture et non un réconfort: «La bête mourait de peur sous ma pitié incomprise; ma main qui

caressait était plus cruelle que le bec du freux.»

 

Dans ce recueil, bien des existences se croisent sans parvenir à se rencontrer, bien des personnages sont voués à une destinée qui demeure énigmatique, du fait notamment que les nouvelles n'en captent que des instantanés et ne dévoilent ni leur passé ni leur avenir. L'incommunicabilité qui, dans bien des récits, sépare les personnages est d'autant plus poignante pour le lecteur que lui-même, faute d'informations suffisantes, est confronté à des êtres qui restent opaques, qui le touchent au vif sans qu'il puisse totalement les déchiffrer. C'est alors à sa propre solitude qu'est renvoyé le lecteur, invité à méditer sur son appartenance à l'universel égoïsme et sur les limites de sa propre faculté de compassion.

 

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LES TROIS AMIS

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Trois amis se trouvent en harmonie

Le Pin

associé à la pierre se tient durant des milliers d'années dans la chaleur et le froid gardant la même couleur  c'est la Fidélité

Le Bambou

Endurance et force spirituelle il ploie mais ne se casse pas

Le Prunier

Pureté d'esprit et de coeur , peindre les fleurs du prunier comme on dessine l'ombre des fleurs c'est "esquisser l'idée "

 

Esquisse AA  huile sur papier fort ,d'après une encre de Zho Mengjian (1189 -1264)Le grand livre de la peinture chinoise

 

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L'écho

 

 

 

Le ciel porte-il un nom au dessus de la conversation ?
la terre porte-t-elle un nom dans le bac à sable ?
angoisse pétunias et myosotis
j'ai écrasé un moustique contre le barreau de la chaise
ce bruit qui efface l’écriture
dans le reflet des vitres

Prends garde à toi
il reste la table où nous sommes si nombreux
les fleurs et les miettes
sous les ongles bat l’horloge contre la peau
le bruit de l’eau et les yeux vagabonds

Le long de l’archet
l’araignée tisse sa toile
me tranche la gorge
claque et se rétracte prisonnière de la nappe

Que reste-il des livres écrits ?
que reste-il du silence ?
une tasse de porcelaine livrée aux fourmis
des airs de musique
chauve-souris
yeux de chouettes et noctambules
petites cuillères à dormir debout
dans le sucre glace

Entends-tu les montagnes dans le ciel
l'écho des trottoirs vides
poursuivis par les ombres
les pelouses sèches au fond du cimetière
le sel le poivre sont orphelins
la rose blessée se pose à genoux

Petite flamme il est minuit
les aiguilles restent à la verticale
ébréchées



B – 12-08-2011

 



 

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12272747484?profile=originalIl s'agit des mémoires de Charles Alexis Clérel de Tocqueville (1805-1859), publiés à Paris chez Calmann-Lévy en 1893.

 

Écrits en 1850-1851 par un homme essayant de mettre de l'ordre dans ses impressions au sortir de la tourmente de la révolution de 1848, ces Souvenirs expliquent l'itinéraire de Tocqueville. A l'évident intérêt historique de ces pages, s'ajoutent les éminentes qualités d'écriture déployées par un écrivain au sommet de son art. Se rapprochant des Mémoires de Retz, ces Souvenirs politiques analysent un rôle et une expérience personnels en même temps qu'ils proposent une vision éclairante des événements, de leurs modalités, de leurs causes et de leur inscription dans une Histoire plus large.

 

 

Les trois parties de l'ouvrage (comprenant 5, 11 et 4 chapitres), avec leurs commentaires, notes infra-paginales et marginales, sont consacrées à la révolution de 1848. Des journées de Février à octobre 1849, date à laquelle Tocqueville quitte le ministère des Affaires étrangères du fait de la démission du gouvernement Odillon Barrot, se déroule dans l'ordre chronologique la suite événementielle des dix-huit mois de référence (Février, élections, fête de la Concorde, journées de Juin, etc.). Au récit s'ajoutent des jugements (II, 1), la relation de la candidature de Tocqueville dans la Manche, la description de la vie parlementaire et de ses leaders, celle de l'activité de l'écrivain au sein de la commission de Constitution, la présentation du cabinet auquel il appartient à partir du 3 juin, enfin un panorama de la politique étrangère.

 

 

Frappe d'abord l'art du portrait. Ainsi, exemplaire, celui de Louis-Philippe: "Sa conversation prolixe, diffuse, originale, triviale, anecdotière, pleine de petits faits, de sel et de sens, procurait tout l'agrément qu'on peut trouver dans les plaisirs de l'intelligence quand la délicatesse et l'élévation n'y sont point"; ou celui de Louis Napoléon: "Sa dissimulation, qui était profonde comme celle d'un homme qui a passé sa vie dans les complots, s'aidait singulièrement de l'immobilité de ses traits et de l'insignifiance de son regard." Férocité du trait, précision des mots, élégance de la phrase: le regard de Tocqueville se révèle impitoyable dans sa sérénité. Cette attitude désabusée ne s'explique pas seulement par son éloignement du pouvoir. Elle relève aussi d'un jugement général sur les hommes, victimes des événements et du cours des choses, en quelque sorte irresponsables et dépassés par leur rôle.

 

Quoique rétrospective, l'écriture de Tocqueville maintient l'illusion de la chronique, rédigée au jour le jour par un témoin ou par un journaliste supérieurement informé et clairvoyant. Tout est digne de mention: menus incidents, rencontres, conversations, retenus au nom d'une "âpre curiosité". Les Souvenirs mettent en scène cette passion de voir, dont l'une des marques est la récurrence d'expressions comme "Je descends aussitôt", "Je sentis aussitôt"... Cette boulimie se trouve favorisée par les nombreux déplacements pédestres, promenades autant qu'explorations, à la fois reportages et investissement du lieu parisien auxquels se livre un infatigable arpenteur.

 

Oeuvre de sociologue autant que d'homme politique, les Souvenirs accumulent les observations. Certes, on peut regretter la quasi-absence de notations sur les réalités économiques, pourtant décisives dans l'évolution de ces quelques mois. Pour Tocqueville, c'est la société, "assiette de la vie politique", qui commande tout. La monarchie de Juillet fut bien le triomphe des classes moyennes, mais, par leur impérialisme, elles détruisirent l'équilibre de cette société, et Louis-Philippe fut l'"accident qui rendit la maladie mortelle". Mais Tocqueville ne croit pas que "le gouvernement républicain [soit] le mieux approprié aux besoins de la France", et l'irruption de la violence le range encore plus du côté de l'ordre, contre un "malade, méchant et immonde", Blanqui, ou un Ledru-Rollin "dépourvu de principes et à peu près d'idées". La dernière partie du livre voit la métamorphose du témoin en acteur. Plus politicienne et apologétique (il s'agit de montrer comment Tocqueville reste fidèle à sa ligne de conduite: servir les intérêts essentiels du pays en s'accommodant d'une situation difficile), elle est aussi plus directement idéologique, et intéresse l'historien, sans perdre pour autant ses qualités littéraires. S'il reste avare de confidences sur son rapport personnel au pouvoir, ses charmes et ses poisons, Tocqueville nous offre une analyse qui, sur le plan politique, soutient la comparaison avec les pages que Marx a consacrées à la même période.

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Ma maisonnette

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                                                             Je la vois qui vieillit en même temps que moi

Mais je ne l’aide pas à paraître plus jeune.

Je l’aime autant qu’avant, davantage peut-être.

  

Elle garde à l’abri, et toujours accessibles,

Mes trésors personnels concrets ou invisibles.

Je suis comblée de joie quand son jardin fleurit.

   

Inévitablement et sans l’avoir voulu,

Je partirai un jour, la laissant dépourvue.

Alors disparaîtra, subitement, son âme.

  

 

 

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Au son des violons, un message de vie.

- Si la mélancolie t’incite à la paresse,

Lève les bras, balance les épaules et danse.

 

Avec ton âme danse, sous la voûte céleste.

Léger, en liberté dans la pleine lumière,

les bras levés, les épaules mouvantes, danse.

 

Laisse monter en toi la vibrante énergie.

Puis, restant en éveil, accueille le silence,

Pour les choses du coeur et de l’intelligence.

 


19/8/91


 

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FLO à Genève et Annecy

 Juste vous rappeler les "lieux d'arts" ou vous pouvez voir mon travail récent. Pendant tout l'été:

escalier calvin 

A Genève dans la vieille ville:  4 rue Calvin  galerie ouverte 4 jours par semaine ou sur rendez vous.  tél:+41 22 735 10 00

A Annecy. Galerie "au delà des apparences" Vieille ville Rue de la Filaterie.

ouvert du mardi au samedi de 14 à 19h.

voir lien link.


Et bientôt dès le 22 septembre à Paris.

 "Salon 109" cité internationale des arts hôtel de ville 18eme

 Belle fin d'été à vous et merci de votre regard. 



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Blondine aux grands yeux clairs elle étendait,

Ses ailes au vent étoilé de sa fraîcheur,

Pour étonner son crédo elle se hissait,

Dans ses absurdités, doux songes aguicheurs.

 

Beau, le prince charmant courait avec elle,

Dans les blés aux épis gorgés d’or pour ravir,

Un baiser soupiré, quête irréelle,

Refusé par badinage de fol plaisir.

 

Aventures étranges, amours exaltés,

Des poissons d’argent ondoyaient dans son ventre.

Les bons indiens, des cow-boys, scalpaient leurs fiertés,

Et douce marquise dansait du bas-ventre.

 

Avide de savoirs, Blondine grandissait,

Dans les ouvrages gloutons de connaissances,

Les contes et durs savoirs, elle apprenait,

De lignes en pages  les réjouissances.

 

Les vacances étaient liberté des oiseaux,

Pour marauder dans les vergers couleurs de fruits,

Grimper aux arbres, revêtue d’oripeaux,

Pour atteindre le larcin, sans faire grand bruit.

 

L’adolescence la mena aux fiers combats,

Du vice et de la vertu dans un cloître,

L’oiseau aimait sa cage des surs célibats,

Entourée de corbeaux, dans la paix, croître.

 

Les jardins étaient loin, y volait son âme,

Qui s’affirmait, tâtait la vie claustrale.

Se purifiait l’aura, de la foi qui pâme,

Plongeait dans la tempérance sidérale.

 

La vie va chercher au nid qui veut la fuir,

Entraîne dans l’errance de son sillage,

Qui voudrait se dérober mais ne peut s’enfuir,

Berné, vivre avec ou sans maquillage.

 

Les décades d’erreurs ont glissé sur le temps,

Les ravines ont creusé leurs sillons plissés,

Aux coins du gouffre des yeux flétris entre-temps,

Les larmes ont coulé leurs fins fils angoissés.

 

Vieille et raidie, elle court maintenant,

Dans le vent léger, jouvence de ses contes.

Sa souche s’est perdue, carême-prenant,

Parmi le passé controuvé de sa honte.

 

Défunte de peu, apaisé dans la brise,

L’antan dort et brûle dans le feu affamé,

Son corps se consume dans la cendre grise,

S’éparpille dans le bref discours proclamé. QC.

 

 

 

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Alvéoles - Le voyage de Judith (5)

 

Judith avait été comme aspirée vers le haut. La rivière noire n'était plus qu'une ombre qu'elle devinait derrière une brume légère et tiède. Elle sentait la main de son mari tout autour de la sienne, chaude, protectrice. C'était sa main qui l'avait rendue légère, qui lui avait porté secours. Mimmo lui parlait doucement, et même s'il lui était difficile de tout suivre, Judith sentait au ton de son homme que quelque chose avait changé. De toute évidence, il avait dépassé le stade de la simple culpabilité.

Son homme était préoccupé par elle, mais il y avait quelque chose de nouveau. Quelque chose qu'il ne comprenait pas, mais dont Judith savait déjà qu'il ne pourrait s'en débarrasser tant qu'il n'aurait pas été au bout des choses. Méprisant la menace noire dont elle s'était éloignée – pour combien de temps, voilà qui restait à deviner – elle se concentra sur la voix de son homme.

— Ces soit-disant sociétés n'ont aucune réalité, dit Mimmo. Leur site web n'a existé que durant quelques jours. Tout ceci a été orchestré à grande échelle. J'ai trouvé pas moins de cent sites provisoires, qui présentent tous un contenu identique aux autres. Rien qu'en France.

Judith perçut dans sa voix la même détermination qu'il avait manifesté lorsqu'ils s'étaient rencontrés. La même curiosité dévorante, aussi. Si à cette époque, Mimmo n'était pas entré dans la maison de Judith par effraction, jamais il n'aurait pu la sauver de la noyade. À cette idée, Judith sentit la rivière noire enfler, loin sous elle, mais toujours menaçante. Elle renonça à penser  davantage à cet épisode.

— Je vais tenter d'en savoir plus avec les moyens du bord, mon amour. J'ai besoin de comprendre tout ça.

Le jeune femme se sentit basculer. Elle connaissait son mari : s'il le fallait, il s'éloignerait d'elle, pour chercher, poser des questions, réfléchir, agir. Et, d'expérience, les moyens du bord tels que Mimmo les concevait pouvaient être parfois bien ambitieux. Elle ne se sentait pas assez forte. S'il partait, son corps serait plus lourd à nouveau, il glisserait sous la brume et s'approcherait une fois encore de la rivière noire, jusqu'à la toucher. Et elle se perdrait.

Judith décida de fuir ce décor où elle se sentait bien trop seule et revint vers la chambre d'hôpital où elle était allongée.

— Je veux pouvoir tout te dire, tout t'expliquer. Je veux trouver ceux qui organisent tout ça. Ceux qui détruisent des essaims par milliers. Qui les font fuir, qui les affolent et les rendent dangereux. Je veux savoir qui a osé s'attaquer à... nous.

À ces mots, Judith sentit la chaleur de ses mains la pénétrer plus avant. Il venait de le dire : c'était à leur couple que l'on avait porté atteinte. Pas à elle seule, pas à son corps allergique, pas à son métabolisme imprévisible, non : à eux. Le couple qu'ils étaient jusqu'au tréfonds de leur âme et de leur corps. Elle sentit toute son âme s'orienter vers Mimmo, comme une évidence, lui envoyer tant et tant de signaux mentaux, mais une fois encore, Judith se heurta aux limites de son corps inerte : ni sa respiration, ni son rythme cardiaque ne se modifièrent.

Elle aurait voulu hurler sa rage et déception, lui dire comme elle regrettait de ne pas pouvoir l'aider, mais au lieu de cela, son esprit continua à rebondir aux murs capitonnés de son coma. Je suis là, Mimmo ! Merde, pourquoi ma voix ne peut-elle t'atteindre ? Je suis vivante ! Je t'entends, je te comprends ! Ma main dans la tienne, je la sens ! Dis-moi que tu sens cela aussi, je t'en prie !

— Je suis sûr que tu ferais la même chose, à ma place, poursuivit Dominique. Je n'accepte pas qu'on menace notre couple. Et toi non plus, j'en suis sûr.

Non, mon amour, je ne l'accepte pas.

— Judith... Les médecins peuvent dire ce qu'ils veulent, mais moi, je sais que tu es là. Je le sens.

C'est ma main dans la tienne, Mimmo.

— Je tiens ta main.

On ne se lâche pas.

— On se bat ensemble. Toi dedans, moi dehors. On ne se quitte pas, on ne se lâche pas.

Toujours. Je voudrais tant t'aider, Mimmo.

— Je suis sûr que si tu le pouvais, maintenant, tu ferais n'importe quoi pour m'aider. J'imagine ta frustration si tu entends tout ce que je dis. Ne te laisse pas aller, Judith. Promis ?

Je vais faire de mon mieux. Oh mon Dieu, si tu pouvais encore me dire des choses qui me font croire que tu m'entends un peu ! Parle-moi, Mimmo, donne-moi de l'espoir !

— Tu te souviens de ce que tu m'as dit, au fond de notre petite maison de pierre ? Après avoir envoyé valser la bouteille de Limoncello au pied de notre lit ?

J'étais en toi.

— Tu m'as dit que tu étais « en moi ».

Nous n'étions qu'un seul.

— C'est aussi ce que j'ai ressenti.

Je reste en toi. Où que tu sois. Tu entends ce que je pense. Faustine va arriver.

— Je reviens un peu plus tard. Je dois encore poser quelques questions à mon seul témoin. Je ne serai pas long. Je t'aime.

Moi aussi je t'aime. Qu'est-ce que je viens de dire ?

— À tout à l'heure. Tiens bon, ma petite alpiniste.

Judith sentit les doigts de son homme glisser sur son poignet, puis sur sa paume. La caresse provoqua une vague de chaleur dans sa colonne vertébrale, mais comme elle s'y attendait, rien ne fit changer la mélodie artificielle des instruments de mesure. Mais pour Judith ce n'était plus l'essentiel.

Quelques instants plus tard, de grands frissons – était-ce un léger courant d'air ? – la parcoururent toute entière, et soulevèrent à nouveau tous les poils de son corps, au moment où elle entendit la voix de son homme dire tout bas :

— Votre mari dort ? Non ? Tant mieux. J'aimerais lui parler, j'ai d'autres questions à lui poser. Et j'appellerai Louis, si vous croyez que je peux le déranger à cette heure. Oui, oui, entrez, c'est gentil à vous. Parlez-lui. Beaucoup.

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Sur les chemins de Compostelle ...

 

16 juillet 2011.

 

Onze heures dix.

 

Quelle émotion, ce matin, à Grandchamp, quand j'ai quitté le gîte. Le couple et les deux filles pour me faire signe, me dire au r'voir, juste devant la porte ...

 

Elle est belle, la halle, à Wasigny.

 

Entre temps, dans les champs, j'ai aperçu un lièvre. Comme hier, à peu près au même endroit.

 

Les p'tits oiseaux, sur les fils, se posent et s'envolent en série.

 

Destination finale, aujourd'hui : Château-Porcien. C'est gratuit, là-bas, le gîte. Faut juste passer par un bistrot, où quelqu'un a la clé.

 

Dans la rue, à Wasigny, des p'tites vieilles refont le monde.

 

On continue. Paraît qu'il faut faire un kilomètre à peu près, passer devant l'ancienne gare et un silo, tourner à gauche, à un moment donné où y a un calvaire.

Champs de blés.

Et ... sur le terrain, le temps venu de tourner à gauche (comme l'indique le dépliant), pas de calvaire. Mais bien ... un camion et deux messieurs. Le plus âgé vient à ma rencontre, me demande si je ne me suis pas perdu. Et il m'explique que ... le calvaire n'est plus à sa place. Oui, y a une trace blanche sur le sol, quand on regarde. Le gars me tend ensuite un chewing gum.

 

Midi trente.

 

Village de Justine-Herbigny.

 

Je m'arrange, à chaque village où je passe, pour trouver un banc et m'accorder un quart d'heure de pause ... plus qu'académique.

 

Un peu de pluie, sur la route, à un moment donné.

 

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Grandchamp, le matin : voici l'heure du réveil

 

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ah ! les tenanciers du gîte dorment encore ... d'autres propriétaires sont déjà bien bien levés (comme moi)

 

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au moment de partir ; on appose un cachet sur le "Credencial"

 

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Wasigny : la halle

 

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Les champs de maïs portent-ils la barbe ?

 

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encore un village franchi : Justine-Herbigny

 

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barbeblés ?

 

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deux petits bonshommes annoncent une pluie passagère

 

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on va se perdre un peu

 

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l'ombre de Charles Trenet se manifeste dans mes écouteurs

 

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fin d'après-midi : déjà à Château-Porcien, destination finale du jour ... faudra repérer le "Longchamp", sur une grand'route

 

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au gîte municipal, je ne serai pas seul ... Jean-Baptiste, venu tout droit de Forest (Bxl), m'y attendra ... nous passerons un très très bon moment (malgré l'eau froide)

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Octobre, sublime requiem

 

En hommage à Paul Éluard, dit Jean Amy, poète de la résistance

 

Les vers déchirants d’un poème,

Sur une page de cahier.

Couvrant ses faces quadrillées,

Des mots d’une souffrance extrême.

 

Sur une page de cahier,

D’un être, seul avec lui-même

Des mots d’une souffrance extrême,

Certes impossible à oublier.

 

D’un être seul avec lui-même,

Dans la douleur et indigné,

Certes impossible à oublier,

Des vers d’une force suprême.

 

Dans la douleur et indigné

Qui, cependant, dans le vent sème

Des vers d’une force suprême,

Religieusement alignés.

 

Qui cependant dans le vent sème,

Pour éveiller les épargnés,

Religieusement alignés,

Les paroles d’un requiem.

 

7 septembre 2008

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LA POESIE...

La poésie au jour le jour

Passe par les couleurs du temps

Elle peut pousser des cris d'amour...

Ou s'égarer au gré des vents!

 

La poésie met dans nos vies

Des épices sur nos sentiments...

Elle se ballade dans nos envies

Et nous aide à rester vivants!

 

La poésie, c'est comme la rose

C'est un parfum que l'on respire...

C'est la ferveur qui veut dire j'ose

Pour le meilleur ou pour le pire!

 

La poésie au fil des temps

Se fait obscure ou plus légère...

Elle veut toujours aller de l'avant

Et glisser sur les atmosphères...

J.G.

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Hommage admiratif

 

Dans une fonction naturelle,

Sans parachute ni paire d’ailes,

L’homme-araignée grimpe mains nues

Collé aux vitres grands miroirs

D’un édifice à vingt étages

Revêtu d’immenses images

Et pour le croire, il faut le voir.

 

Les passants figés dans la rue,

Mentons levés se tiennent cois

Jusqu’au moment, où sur le toit,

Comme le ferait un acteur,

Il salue ses admirateurs

Qui applaudissent en liesse

Tout au bas de la forteresse.

 

Mais des policiers sur la scène,

Bientôt l’assaillent et l'emmènent.

La sanction dépend du pays

Où il a commis son délit.

À Montréal on a de l’humour et du coeur

Il est libéré en vainqueur.

Connaissez-vous l’homme araignée?

 

Il n’a que deux mains et deux pieds,

Un sourire empreint de gaieté

Une noble simplicité,

Semble fragile et ordinaire,

Mais son courage téméraire

En fait un merveilleux héros.

Alain Robert, mille bravos!

 

10/11/1998

 

 

 

 

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Cartes postales

Mon ami lointain pense à moi,

M’envoie une carte postale,

Lieu où l’ a mené son voyage.

Je m’ imprègne du paysage, couleurs et formes.

Je m’ imagine le contemplant à ses côtés,

Et j’y étais par sa pensée! Cette idée me remplit de joie.

 

Sa soif de circuler me paraît admirable.

C’est un touriste infatigable!

Or pour ma part, je trouve les choses qui me charment,

Sans aller les chercher ailleurs

Et je me désaltère à de petits bonheurs,

Sans me dépayser, mais sans cartes postales .

 

8/6/98

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Ma rue

 

D’amour ou de mélancolie,

Ma rue a tendrement pleuré.

Les arbres sont d’un vert mouillé,

Et les fenêtres sont en larmes.

 

Pas de parapluies colorés,

Pas de passants qui s’y attardent.

Personne pour la regarder.

Le soleil la consolera

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De tendres souvenirs

.

De tendres souvenirs me mènent à la rime,

Au bijou travaillé, à la pierre qu’on lime,

À ces mots émouvants trouvés dans chaque phrase

D’un poème élégant et dépourvu d’ emphase.

 

Je donne à mes élans, à ma mélancolie,

À l’ombre d’un chagrin, parfois, les jours de pluie,

Des espaces à meubler d’espoirs ou de regrets,

En des arrangements candides et discrets.

 

Je chante mon bel âge comme une délivrance

Des efforts inutiles et des vaines souffrances.

Je chante la quiétude empreinte d’allégresse,

Et la sérénité que donne la sagesse.

 

Je chante le bonheur de conserver la vie

Et la douceur que j’ai à servir mes envies.

Je chante a cappella la beauté que je vois,

Quand je me laisse aller à répandre ma joie. 

11/11/1989

 

 
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L’histoire des chambres sans portes*

Antonia Iliescu

Je viens vous dire l’histoire

Des chambres sans portes et

Des montagnes sans montée.

Écoutez l’histoire
Du possible impossible

Et je survivrai parmi
Toutes ces choses mortes.

                        Ombres dans le jardin

                        Ombres dans les allées

                        Mon immense secret

                        Tu n’le sauras jamais.

Ainsi disait la lune

Un jour d’avril pur et blanc

Quand tu as baisé ma main.

J’ai gardé ton amour,

Ce possible impossible

Et je survivrai parmi
Toutes ces choses mortes.                  

                        Dans le sombre jardin,

                        Dans les sombres allées

                        Non vue se glisse l’ombre

                        De ma main glacée.

__________________________

* (texte de la chanson « Povestea camerelor fãrã usi », auteur compositeur interprète : Antonia Iliescu)
                        .

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Alvéoles - Le voyage de Judith (4)

C'était une voix de femme.

Judith avait sursauté. Elle avait failli lâcher prise. Elle s'imaginait glisser le long de la paroi de granit, sa chute s'accélérer, son corps fondre à la rencontre des ténèbres. Et en même temps Judith s'entendait aussi, immobile sur son lit, accrochée à ses appareils de mesure, sa poitrine se soulevant paresseusement au rythme du respirateur. Judith mélangeait tristesse et colère, car la panique intérieure provoquée par cette voix inconnue n'avait pas modifié son rythme cardiaque d'un iota.

— Je m'appelle Faustine. C'est ma voix que vous avez entendue tout à l'heure. Vous vous imaginez bien pourquoi je suis là, n'est-ce pas ?

(— Où est Mimmo ? C'est sa voix que j'ai envie d'entendre, pas la vôtre.)

— J'ai parlé à votre mari.

Judith se raidit, et une fois encore, déplora que rien dans les sons électroniques qui l'entouraient, ne manifeste une quelconque trace de sa réaction.

— Il se sent terriblement coupable. Il a du mal à trouver les mots, tant il croit avoir tout gâché. Et moi je vous dois des excuses. Je ne sais pas si je suis pour quelque chose dans votre réaction en salle de soins intensifs, mais voilà, je vous demande de me pardonner.

(— Répondez à ma question. Où est mon mari ?)

— Votre mari est allé récupérer sa voiture. Il va faire un saut chez un ami, qui pourra peut-être l'aider à comprendre ce qui s'est passé.

Judith orienta ses pensées vers Dominique, sans toutefois qu'elle puisse le sentir près de lui. Instantanément, elle sentit la masse des ténèbres enfler sous elle. Judith prit peur et se recroquevilla autour de ses prises mentales.

— Accrochez-vous. Il sera bientôt de retour. D'ici là je reste près de vous.

Faustine lui prit la main. Judith en absorba la chaleur avec avidité.

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La mariée mouette!

La mariée mouette. La mariée mouette faisait la noce avec toute sa grande famille sur la plage de l'île. Au cri d'un convive, la mariée s'éleva au-dessus des eaux comme pour sauter au cou du marié pour l'embrasser. Elle redescendit aussitôt, sans baiser, dans un bruit de tintamarre. On aurait dit l'auto des mariés humains à l'arrière de laquelle les fêtards avaient accroché quelques boîtes de métal vide.

Elle s'élança à nouveau, suivie de toute la horde des autres mouettes piailleuses. Comment peut-elle faire seule tout ce tapage bizarre. Je la regardai plus attentivement pour y apercevoir un fil retenant des objets à une de ses pattes.

La pauvre ne pouvait voler bien loin ni bien longtemps. J'aurais voulu l'aider mais en vain; je n'étais pas plus habile que les autres mouettes, ses amies. Impossible de l'attraper! Blessée dans son corps comme dans son orgueil, elle fuyait comme la peste tout ce qui l'approchait.

Mais qu'y vois-je? Un hameçon avec des cuillères dont les pêcheurs se servent comme appâts! C'était là le boulet qu'elle traînait au pied et qui lui enlevait toute liberté. La laissant sans ressources ni piste de solution, le mariage était en fait bien triste, tout comme le spectacle des petits miséreux affamés des pays pauvres en temps de grande sécheresse qu'on regarde sans savoir comment les secourir.

La mouette me fit une moue que seule une mouette appâtée pouvait faire!
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