Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16169)

Trier par

Liège, provocante et fêtarde comme il se doit

« L’Art de l’Irrévérence » : jusqu'au 28/08/2011

12272747881?profile=original

L’exposition "L’Art de l’Irrévérence" est ouverte gratuitement au grand public jusqu’à fin août. Les œuvres exposées jettent un regard percutant sur l’irrévérence et son influence sur des artistes de tous horizons. Pour l’illustrer, sont mis en exergue des travaux de plasticiens belges francophones, des précurseurs aux créateurs émergents.

 

Volontiers frondeurs et insolents, les Liégeois cultivent de longue date une forme d’humeur rosse qui s’apparente tantôt à l’humour noir, tantôt à l’humour vache, étant entendu que l’humour est souvent, à Liège comme ailleurs, la politesse du désespoir…


Coup de projecteur sur une vingtaine d’artistes incontournables, réputés pour leurs provocations spectaculaires, et qui ont éclos ces trente dernières années. Elle réunit une vingtaine d’artistes contemporains vivant en province de Liège, qui usent des moyens d’expression de toutes disciplines : installation, vidéo, performance, photographie, peinture, sculpture. Dans une joyeuse mêlée intergénérationnelle, elle croise notamment les propos distanciés ou irrévérencieux de : Roland Breucker, Dominique Castronovo et Bernard Secondini, Ronald Dagonnier, Messieurs Delmotte, Eric Duyckaerts, Jacques Charlier, Laurent Impeduglia, Pierre Kroll, Sophie Langohr, Jacques Lizène, Capitaine Longchamps, Thomas Mazzarella, Werner Moron, Benjamin Monti, Johan Muyle, Jean-Louis Nyst, Phil, André Stas, Pol Pierart et Marie Zolamian. A lire en complément de l’exposition, un chouette abécédaire "Petit Guide de l'Irrévérence au Pays de Liège", sous la direction d’Alain Delaunois.

 

Produite par le Centre Wallonie-Bruxelles, organisée par le Centre wallon d'art contemporain La Châtaigneraie à Flémalle et le Service Culture de la Province de Liège, l'exposition ‘L'Art de l'Irrévérence' réunit une vingtaine d'artistes contemporains vivant en province de Liège usant des moyens d'expression de toutes disciplines : installation, vidéo, performance, photographie, peinture et sculpture.

 

La partie festive de cette manifestation a été confiée à d'Une certaine gaieté.

 

Espace Saint-Antoine, du 30/06 au 28/08/2011

Accessible du mardi au dimanche : de 9h30 à 18h

Entrée gratuite



Voir en plein écran
Lire la suite...

SI J'ETAIS LE MONDE

 

Je crois que  dans un premier temps  je serais découragé. La cruauté , les armes, les insultes font  tant de bruit . Alors abasourdi, assourdi,   je serais rétréci, effondré , trempé de larmes  La mer , les rivières déborderaient de mon chagrin .

 

Mais  le monde ne peut accepter de se noyer !

 

Un peu plus tard  j’entendrais enfin  les murmures des sources  , des fleurs balancées par le vent, des oiseaux chantant  à l’unisson avec les feuilles caressées dans les arbres.

 

Puis je verrais  une mère bercer son enfant , aider un aveugle à traverser la rue .  Jeunes et vieux danser  pendant une fête foraine , des animaux en liberté dans un village pas encore tout à fait envahi par la mécanique, et aussi beaucoup plus loin  le sourire satisfait d’une  femme  parce qu’elle a  pu sécher son linge en une heure et  partir se promener en ville pour voir les lumières de Noël .

 

Tous ces bruits infimes,   je les  réunirais en puzzle bariolé  et il couvrirait le bruit des bombes,  des hurlements de  dictateurs sanguinaires . 

 

Resteraient malheureusement  la musique lancinante  et  insupportable des plaintes

 

Je saurais bien  pourtant que même en étant le monde lui-même je ne peux rien contre la méchanceté de certains animaux  fussent-ils des hommes  dotés paraît-il d’intelligence .

 

 Que  ces hommes ces animaux et aussi ces fleurs ces oiseaux ces enfants ces femmes et le vent et la mer et la rivière   font partie de moi-même .

 

 J’apprendrais , effaré  que je suis,  à la fois beauté et laideur , douceur et violence

 

Alors pour l’accepter  j’aurais envie de dicter  de la poésie au vent du large.

Lire la suite...

Au parc Graton, l'immense lac

 

Le vent dans les cheveux, le soleil sur le corps,
Je suis à contempler la beauté du décor.
Des collines boisées en rempart verdoyant,
Entre le bleu céleste et son reflet brillant.

L'eau de glace du lac déconcerte d'abord
Mais se décourager, ce serait avoir tort.
Je vois s'y divertir de très jeunes enfants,
Leur bien-être paraît tout à fait évident.

Se déplacer dans l'eau sans aucune contrainte,
Flotter comme un bouchon sans éprouver de crainte,
Se sentir caressé, délices infinis!

Solitaire entourée, j'existe pleinement,
Prends ma part de bonheur dans l'éblouissement,
Dans l'harmonie parfaite .Un autre lieu béni!

3/7/2004

Lire la suite...

Affaiblie, retenue au lit

Affaiblie, retenue au lit

 

Le soleil, jouant à coucou,
Me rapporte une joie d'enfant,
Dans le vent qui fait le grand fou
Qui l'agresse et qui le pourfend.

Pour se camoufler, il pâlit
Le gris un long moment triomphe.
Mes rideaux en semblent salis,
Ils se reculent et se gonflent.

Le soleil revient, tout à coup,
Sans doute armé contre les flèches,
Et radieux, il fait la roue.
Il a la couleur d'une pêche.

Lors le vent, demeuré rageur,
Le chasse au loin et le harcèle.
M'en reste un rayon intérieur,
Au goût de mer, d'algue, et de sel.

Mon ami va faire le tour,
Et reviendra sans crier gare,
Éblouissant dans ses atours,
Changeant en jeu cette bagarre.

Montréal 18/2/1961

 

Lire la suite...

sous les caresses de la pluie

Les baisers de la pluie, délicates caresses,

Haut perché sur un fil, un oiseau les reçoit.

Ses plumes imbibées semblent faites de soie.

Il s’expose, ravi, à l’humide tendresse.

 

Haut perché sur un fil, un oiseau les reçoit,

Se secoue vivement et me semble en liesse.

Il s’expose, ravi, à l’humide tendresse,

Je l’observe, amusée, partageant son émoi.

 

Se secoue vivement et me semble en liesse.

Peut-être dérangé lorsqu’il m’aperçoit.

Je l’observe, amusée, partageant son émoi,

Sans trop réaliser mon indélicatesse.

 

Peut-être dérangé lorsqu’il m’aperçoit,

Il s’envole soudain à très grande vitesse.

Sans trop réaliser mon indélicatesse,

Je le vois disparaître au-dessus de mon toit.

 

20 août 2006

 

 

Lire la suite...

Ceux qui s'aimaient vraiment

Doux ami,

Les morts ne sont pas seuls à ne répondre pas.
Des vivants que l'on aime, on attend les messages,
Peu importe où ils sont et quel que soit leur âge.
On espère avec foi, souvent en vain, hélas!

Sont-ils devenus sourds ou bien indifférents?
Difficile d'admettre l'extrême lassitude.
L'oubli est ressenti en une peine rude,
Qu'il puisse demeurer durable nous surprend.

On persiste à penser qu'on est resté les mêmes,
Que sont toujours intacts nos goûts et nos penchants,
Or soudain on entend distinctement un chant
Qui prétend que la vie sépare ceux qui s'aiment.

Cela est souvent vrai. Pour ceux restés vivants,
Défiant la durée et le poids de l'absence,
Dans cette nostalgie qu'engendre le silence,
Quand ils s'aimaient, vraiment, ils s'aiment tout autant.

28/4/2005

Lire la suite...

Alvéoles - Premiers pas

Voici les premières pages de mon roman, dont vous pouvez découvrir la critique par deashelle sur ce site (groupe "dis-moi ce que tu lis" ou sur le site critiqueslibres.

 

L'homme achevait lentement son ascension. Il avait surestimé le poids de son fardeau : finalement il s'acquitterait de sa mission bien avant le lever du soleil.

Sa lampe frontale hasardait un halo gris entre broussailles et cailloux. À partir de cet endroit, le chemin se raidissait pour aboutir quelques dizaines de mètres plus haut, juste au col.

C'est là qu'il se débarrasserait de son chargement. Il le sortirait de son sac à dos, le déposerait sur le sol, ajusterait avec patience les trois pieds pour stabiliser l'appareil en position horizontale. Un niveau d'eau intégré au toit plat de la forme – un cylindre obèse qui lui rappelait vaguement un aspirateur – l'aiderait pour cette opération, puis il rebrousserait chemin.


Il devrait s'éloigner assez vite après avoir amorcé le système. Sa présence pouvait perturber l'établissement de la communication avec le satellite – surtout, lui avait dit son commanditaire, s'il disposait d'un téléphone portable.

À l'approche du col, les reflets rosés de l'aube baignaient déjà une bonne partie du ciel. Quelques caresses de vent frais accueillirent le grimpeur. Lorsqu'il entamerait sa descente, l'air serait déjà étouffant. Une fois de retour au village, ce serait une vraie fournaise. Vivement un bon orage.


Les instructions étaient simples : poser, amorcer, s'en aller. Le reste était automatique. Interdiction formelle de revenir sur les lieux avant la fin de l'expérience. Quelqu'un d'autre reviendrait rechercher l'engin.

De temps à autres au cours de sa marche, le randonneur avait eu l'impression de percevoir comme une vibration dans son dos. Peutêtre y avait-il quelques pièces en mouvement dans son étrange matériel.

Il posa son sac et l'ouvrit. La petite bulle d'air entourée de cercles concentriques constituant le niveau d'eau lui firent fugitivement penser à un viseur. Il se souvenait en avoir vu un jour, fixé sur une mitrailleuse, au musée de l'armée.

En deux temps trois mouvements, l'appareil fut installé. Le métal de sa paroi bombée était brossé comme celui de certains appareils électroménagers. Il ajusta rapidement les pieds, vérifia la stabilité de l'ensemble, jeta un dernier coup d'oeil : tout était prêt.


Il était temps de partir. Il appuya sur le bouton dissimulé au bord inférieur de l'appareil. Un « bip » discret se fit entendre. Sans plus attendre, il ramassa son sac à dos et descendit en contrebas du col.

En marchant d'un bon pas, il serait de retour au village juste pour l'ouverture du bar-tabac. Il pourrait attendre son commanditaire – et l'argent promis – en savourant un café serré.

Une sympathique balade nocturne, somme toute bien rémunérée.


Ce que l'homme ignorait, c'est qu'en cette fin de nuit, dix-neuf autres personnes avaient déjà répété les mêmes gestes dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres.


banner_alveoles_atine_600x106.jpg

Lire la suite...

Le culte de la rose


À mon amie Anne Brunelle

 

Célébrant une fleur, c’est un hymne à la femme

Que Bécaud a chanté avec toute son âme.

Suscitant le désir, elle engendre la vie,

Quand, semblable à la rose, elle s’épanouit.

 

Déesse de l’amour, fascinante et féconde,

Elle est indispensable à la survie du monde.

Èros, dieu puissant qui incarnait l’amour

Agit, différemment, sans doute, de nos jours.

 

Cette splendide fleur que l’on appelle rose,

Doit être protégée, en bouton ou éclose.

Des hommes la célèbrent et vantent ses attraits,

Pour vénérer la femme en des rites secrets.

 

La rose est l’important, nous affirma Bécaud

Il honora la fleur symbolique, tout haut.

Elle nous apparaît reine par sa beauté

Et déesse accomplie de la fécondité.

 

24 avril 207

Lire la suite...

UN JARDIN EXTRA-ORDINAIRE.

 

Voyez-là tout au fond ce saule , ses branches s'écartent en bras protecteurs pour consoler vos pleurs, mes pleurs...

Voyez-la ces roses, certaines sont déjà fanées, d'autres ont trop d'épines, d'autres sont encore en bouton...

Voyez-là ces violettes , elles disent ' Ne m'oubliez-pas' .Non je ne vous oublie pas, je ne m'oublie pas ...

Voyez-là,ces délicates et fragiles clochettes blanches, symbole d'un porte-bonheur ...

 

Mais voici, les plus belles fleurs du jardin ......

Elles ont toutes un prénom : Tendresse, Caline, Confiance, Patience, Tolérance ...

Ce sont des pensées et  leur nom de famille est 'AMOUR'.

 

Oui, j'aime le jardin de mon coeur, son essence au mille senteurs parfume ma vie ...

Lire la suite...

ATTENTE...

Petit texte inspiré ...(Et bien je ne sais plus de qui ...)

J'ai fait le compte de mes attentes ...l'attente aux feux rouges, l'attente aux caisses des super-marchés, l'attente d'un résultat, l'attente d'une lettre , l'attente d'un coup de fil ...

Et je me suis scandalisée ..

Un jour ,je t'ai croisé et tu m'as dit 'Nous nous sommes déjà rencontrés '

Etonnée, j'ai répondu ' Je ne crois pas '

Mais tu as insisté ' Si, si ...'

Ah bon ! ' Dis- moi , où...'

Tu as souri...et répondu ' Dans une salle d'attente .'

Oh ! me suis exclamée ...'Et tu ne t'y es pas ennuyé? '

En éclatant de rire tu m'as répondu ' Et bien non, puisque je t'y attendais !'

Lire la suite...

L'art d'être grand-père

12272747088?profile=original«L'art d'être grand-père» est un recueil poétique de Victor Hugo (1802-1885), publié à Paris chez Calmann-Lévy en 1877.

 

Derniers vers de Victor Hugo (les Quatre Vents de l'esprit, publiés par la suite, furent écrits auparavant), ce recueil apparaît comme son testament poétique. Conçu avec la naissance de Georges et Jeanne, les enfants de Charles Hugo, apparition survenue dans le vide créé par la mort de l'épouse de Victor, celle de ses fils et l'internement de sa fille Adèle, cet ensemble fut trop souvent réduit à quelques poèmes un peu mièvres pour anthologies thématiques. Il redistribue pourtant les thèmes développés dans les Châtiments et les Contemplations. Composé de 18 sections comprenant de une à douze pièces où Hugo utilise une grande variété strophique, le recueil développe l'art du grand-père, soit celui d'«obéir aux petits». Loin du sentimentalisme familial chevrotant, il s'agit de rendre évidente la complicité des âges extrêmes dans leur relation avec l'au-delà. Naissance et mort sont deux aurores et le grand-père apparaît parfois comme un vieux gamin vaguement anarchiste, dispensateur de dons, ceux de la lune ou de friandises. Hugo donne le monde à ses petits-enfants.

 

Le cycle du «Jardin des Plantes» (IV) raconte de nouveau la Genèse. Dans ce microcosme de la Création, où se définit l'immanence divine, le bien compose avec le mal. Cet ancien Jardin du roi, devenu Muséum national d'histoire naturelle, allégorise à sa façon l'Histoire et se peuple de misérables. Enfin, il s'y mêle l'«infiniment grand» et l'«infiniment charmant» dans l'unité de la variété libre, cet ordre véritable. Infini et néant, mixte d'idéal et de chimère, esthétique du labyrinthe: le Jardin des Plantes rassemble enfer et paradis et laisse entrevoir une «lueur dans l'énorme prison». «Pêle-mêle de branchages augustes», le poème du "Jardin des Plantes", où la Genèse se combine aux fables de La Fontaine ou au matérialisme philosophique, rassemble la pensée hugolienne sur la nature et l'Histoire. Passé et présent s'y fondent, annonce de l'avenir.

 

A ce don poétique de l'univers s'ajoute celui de l'écoute: «Le babil des marmots est ma bibliothèque» (XV, 7). C'est que les enfants parlent une langue d'avant Babel, bégaiement d'avant la poésie, comme «les Griffonnages de l'écolier» (VIII) le sont du dessin. Ces arabesques figurent les combinaisons de l'infini. Le rapport à l'enfance s'énonce dans «Grand âge et bas âge mêlés»

(VI). Relation privilégiée, cette complicité de la sagesse et de l'innocence conduit à rejeter tout autant le républicanisme athée que le cléricalisme obscurantiste. De là le refus de la dure loi des pères et de l'écrasement par le péché originel («l'Immaculée Conception», VII). Il faut en finir avec Satan. En attendant le triomphe des petits, le grand-père poète chante «l'Épopée du lion» (XIII), «Enfants, Oiseaux et Fleurs» (X), «Deux Chansons» (XVI) et le «Laus puero» (XV). Au-delà des contradictions et des antithèses, un chant d'amour et d'espérance se construit, reprenant les accords des harmonies poétiques précédentes: confiance dans les pouvoirs illimités de la poésie et éclosion de la lumière dans les ténèbres.

 

La dernière partie, «que les petits liront quand ils seront grands», conclut et ouvre. Si le progrès boite, si le poète est humilié en ces temps d'imposture, le jour succédera à la nuit, et il faudra bien accepter l'aurore. La justice, c'est-à-dire la pitié, triomphera, et le pardon à venir se lit dans l'ordre du monde: l'âme est «à la poursuite du vrai» (XV, 5).

 

Lire la suite...

VICTOIRE.

Chaque jour vous étiez là pour me torturer l'esprit, m'écorcher le coeur ...

Chaque nuit vous veniez hanter mes rêves pour qu'ils restent cauchemars...

A chacun de mes pas , vous vous accrochiez m'empêchant d'avancer sans vous ..

Ma mémoire vous faisait vivre ...vous nourrissait .de doutes, de peurs , de larmes ...

 

Mais un jour de grand soleil, j'ai décidé de vous combattre.

J'ai levé une armée de guerriers invincibles : Courage, Force, Confiance ,Pardon ,Amour ...

Sans répit, sans vous accorder la moindre trêve , j'ai lutté contre vous,

J'ai pleuré, crié, hurlé ...mais je vous ai tous anéantis ,vous les mauvais ...mauvais souvenirs de mon passé

je vous ai fait trépasser.

 

Ma plus belle Victoire !  La liberté de mon âme !

Lire la suite...

Dans la lumière éblouissante

 

Je suis en perte de vitesse,
Lambine à regret, isolée.
Sans désirs et sans allégresse,
Je m'ennuie à m'en désoler.

Rien, en ce jour, ne m'émerveille.
Je vais et viens, à pas perdus,
Dans mon jardinet qui sommeille,
Où les gazouilleurs se sont tus.

Dans la lumière éblouissante,
J'appelle la mélancolie.
Je la devine réticente;
Aucune cause ne nous lie.

La noble dame passagère,
Qui m'a fidèlement donné,
Me laisse seule à mes affaires,
Surprise d'être abandonnée.

Or sans intérêt, pas d'action.
Mon esprit, las, fait une pause.
Épargné de vive émotion,
Mon coeur, à l'abri, se repose.

 

Lire la suite...

À chacun sa morale

La Fontaine nous dit qu'une femme fidèle,
Devenue veuve, alors qu'elle était jeune et belle,
Ne resta dans le deuil que le délai décent,
Son chagrin s'étant fait, bien tôt, évanescent.

Le conteur ironise, sur ce, allègrement,
Mais nous paraît déçu par ce comportement.
Il faut se souvenir que, souvent grands seigneurs,
Messieurs les moralistes étaient pour la rigueur.

Ils avaient du talent, des lettres, de l'esprit
Et passèrent leur vie, le nez dans leurs écrits.
Ils rapportaient les vices et les crimes cachés,
Que l'on ne sait comment, ils avaient dénichés.

Les moeurs évoluent,les moralistes aussi.
Peu de dérèglements leur causent grands soucis.
La censure, abolie irréversiblement,
Ne dénonce plus rien. Lors, moins souvent, l'on ment.

Les travers des humains tentent les humoristes,
Et inspirent aussi des caricaturistes.
Ils provoquent le rire, ce qui peut, quelques fois,
Suggérer à certains de faire d'autres choix.

17 /3/2004
Inspiré de la fable « La jeune Veuve. »

Lire la suite...

Le célibat

 

Le célibat est un état
Que, souvent, l'on n'a pas choisi
On sait qu'on a besoin d'amis
Cela dès les tout premiers pas.

Aimé, on est valorisé,
On ressent le besoin de plaire
Et l'on essaie de satisfaire
Ceux dont on est favorisé.

De l'admiration naît l'amour,
Qui a certes ses exigences.
On ne conçoit plus l'existence
Coupé de l'autre un mauvais jour.

On renonce à sa liberté
Et l'on s'en remet à la chance.
On savoure un bonheur immense
Dans l'harmonie et la beauté.

Survient l'abandon, ou la mort,
On est soudain célibataire,

Demeuré seul face à son sort,
Porteur de joies et de misères.

25/1/2005

Lire la suite...

Ls pensée et l'intelligence


Chaque fois que je me repose,
J'aspire à ne penser à rien.
Mon regard caresse les choses,
Je contemple ce qu'il advient.

Lors ma pensée, avec douceur,
M'apporte des réminiscences,
Me fait sortir de ma langueur,
Sème des mots dans le silence.

Quand éveillée, l'intelligence,
Accueille une pensée soudaine,
Elle cherche sa provenance,
Qu'elle soit claire ou incertaine.

Elle peut alors l'occulter,
Quand elle parait sans substance
Et trouble la tranquillité,
Ou lui trouver de l'importance.

Notre esprit, souvent à propos,
S'adresse à notre intelligence
Et la tire de son repos.
Réfléchir fait que l'on avance.

14 mars 2009

Lire la suite...

Enigme d'un visage

 

 

Est-ce que la nuit a des portes
quand la lune ronde fuit les orages
le tonnerre gronde doucement
saigne sans effort dans le jour tournant

C’est lourd le mâchefer
l’embûche sous nos pas
la circulation de l’eau
les odeurs chimiques et organiques
au milieu des décombres
sous les doigts avides on se donne rendez-vous

L’air pesant sur les épaules fait partie des errants
le vol des abeilles autour de nos corps cesse
tout s’arrête sur le tapis vert
il est temps de lancer les dés
dans un brouillard de plomb
pour combattre la violence des êtres

Le ciel s’appuie contre un ballon gonflé d’hélium
d’en bas je ne vois pas la vie
les sourires masqués près de la bouche
c’est l’océan que j’entends
écoute ! ses sabots résonnent

L’été se noie comme l’énigme d’un visage
et se referme
encore une saison s’efface
suit la ligne indécise de nos pensées

 

Nous aimerions ne pas porter la haine
mais l’orage gronde si fort galopant
sans courage se rabat dans l'ornière
suspendues au grain de ses coups
les mains se croisent et se décroisent

 

 

B – 03-08-2011

 

 

 

Lire la suite...

Des goûts et des couleurs.

Des goûts et des couleurs, …

Jean-Jacques est parti hier soir. Pas parti pour faire un tour, ni pour aller s’acheter un paquet de Gauloises. Non, parti, point final. Il a poussé sa brosse à dent, son tube de dentifrice, son rasoir et son peigne dans un petit sachet, ne l’a pas saluée et est sorti en claquant la porte du palier. Point final.

En temps normal, Anna n’est pas gourmande. Elle veille même à équilibrer ses menus, comptant les calories, dosant les vitamines, proportionnant les fibres, les sels minéraux, les sucres lents, les féculents, bref, tous les éléments si possible naturels qui procurent une alimentation saine.
Mais quand Anna se trouve confrontée à un chagrin d’amour, elle perd toute mesure. Cœur et estomac ne sont pas très éloignés dans l’anatomie humaine. Et chez elle, quand le cœur souffre, c’est l’estomac qui trinque. Il se contracte douloureusement, gémit, va même jusqu’à se tordre pour prouver son mécontentement. Il veut, il réclame, il exige ; il manifeste par de petits bruits incongrus et intempestifs ; il glougloute comme un dindon malpoli ; il enfle, il se rétracte ; il suce, il pompe, il aspire ; il veut manger. Et manger des sucreries. Pas n’importe lesquelles ! Des sucreries grasses, caloriques, dégoulinantes de miel ou de confiture, saturées de crème, nappées de chocolat, tapissées de fruits confits, additionnées de colorants, d’édulcorants, d’émulsifiants repérés E quelque chose sur les emballages. Le cœur souffre ? L’estomac en veut sa part ! Il réclame des nourritures bien indigestes, qui lui procureront des spasmes, des nausées, des haut-le-cœur et des aigreurs.
Alors, Anna court à la pâtisserie du quartier dévaliser les Saint Honoré, les mille-feuilles, les Paris-Brest, les religieuses au chocolat. Elle écume les rayons du supermarché voisin et en repart avec un caddie plein de paquets de gaufrettes, de galettes bretonnes, de petits beurres, de cookies, de madeleines. De retour chez elle, elle enfourne précipitamment ces aliments pour vite calmer son estomac qui manifeste sa rage. Anna mange, engloutit, dévore. Jusqu’à ce que l’organe se calme, qu’il se taise, qu’il crie grâce.
Et pendant tout ce temps, Anna pleure le départ de l’être aimé. 

Dieu sait qu’elle en a connu, des chagrins d’amour ! Depuis qu’elle est en âge de connaître l’amour, précisément… Elle en a connu, des petits amis : Jacques, Christian, Bernard, Jean, Louis, Jean-Louis,… On ne va pas tous les citer, cela n’a pas d’importance puisque aucun d’entre eux n’est resté. Ils l’ont tous quittée un jour pour des raisons variées. Qui ne présentent pas d’intérêt. Seul le résultat compte : Anna pleure et engouffre des sucreries. Anna pèse quatre-vingt-huit kilos pour une taille d’un mètre cinquante-huit. Les hommes ne lui réussissent guère.

Jean-Jacques est parti hier. La soirée a été rude et longue, la nuit mauvaise, le réveil pénible, la mise en route laborieuse. Et c’est justement le samedi où Anna a promis à ses copines de les accompagner en « promenade découverte- initiation photo- thème : les couleurs de l’automne ». Dans son état, elle doute de voir autre chose que du noir et blanc, avec prédominance du noir, d’ailleurs. Qu’irait-elle faire dans un groupe de joyeuses luronnes sinon exhiber ses yeux gonflés, son ventre gargouillant et sa nausée de vivre ? Pas question, elle n’ira pas !
Elle se faisait une joie de cette sortie, elle avait même acheté un nouvel appareil photo ultra perfectionné, que Jean-Jacques l’avait aidée à choisir et lui avait appris à utiliser. Au souvenir de cette passionnante soirée où ils s’étaient mutuellement photographiés sous tous les angles, où ils avaient beaucoup ri de leurs grimaces délibérées et où ils avaient partagé le plaisir de découvrir un nouveau hobby, les larmes d’Anna se remirent à couler et elle enfourna successivement deux éclairs au chocolat, un chou à la crème et un paquet de biscuits à la cuillère.
Au fond, cette sortie tombait peut-être au bon moment. Si elle restait enfermée chez elle, elle allait tourner en rond, ruminer son chagrin toute la journée et engloutir des tonnes de sucreries. Il était préférable de partir retrouver les copines et d’essayer de profiter au mieux de cette journée de loisir qui s’annonçait d’ailleurs bien ensoleillée. Anna prépara un petit sac à dos avec une bouteille d’eau, quelques mouchoirs « au cas où », le fameux appareil photos et, héroïquement, refusa délibérément d’y ajouter le moindre élément sucré. Du saucisson, oui ; du fromage, oui ; du pain, oui. Des gâteaux, non.

-Anna, ma poule ! Que je suis contente de te voir !
-Tu es venue ! C’est merveilleux ! Déjà que Lucie et Bernadette ont
décommandé la sortie!
-Si tu nous avais lâchées, nous t’en aurions voulu.
-Et Jean-Jacques, il n’a rien dit ?
-Il est chouette de te laisser partir sans lui. Il est moins jaloux que mon Robert qui m’a fait une scène hier soir !
-Attends, on va te présenter Monsieur Sébastien qui a gentiment accepté de nous prodiguer quelques rudiments de l’art photographique.
-Monsieur Sébastien, tu connais ? Nous étions allées au vernissage de sa dernière exposition.
Excitées comme de fougueuses adolescentes, les copines chahutaient et pépiaient joyeusement sans voir le regard éteint d’Anna. Ou en feignant de ne pas le remarquer, par charité ou par lassitude. Cela lui arrivait tellement souvent…

Le soleil éblouissant de l’été indien illuminait les couleurs de la campagne quercynoise de ses rayons encore obliques lorsque la compagnie débuta sa promenade. Chacune armée de son appareil, les filles étaient prêtes à traquer le moindre lieu où prendre sa première photo. L’occasion leur en fut bientôt fournie lorsque Monsieur Sébastien s’arrêta devant un champ d’où l’on découvrait une vue magnifique sur le village qu’elles venaient de quitter. Et de mitrailler sous tous les angles, à qui mieux mieux, dans toutes les positions, pour capter l’image qui allait sûrement leur valoir le prix de la meilleure photo de l’année. Monsieur Sébastien refroidit assez vite leur ardeur.
-Vous voyez, le soleil éclaire le paysage de face. Vos yeux captent une vue superbe, mais si vous photographiez d’ici, vous n’obtiendrez qu’une image plate, sans relief. Vous n’avez aucune ombre qui vienne rehausser votre photo. Ce que vos yeux perçoivent n’apparaîtra pas nécessairement sur la pellicule. Il y a quelques règles de base que je vais essayer de vous transmettre aujourd’hui.
Un peu déçues et surtout bien vexées, elles écoutèrent religieusement les conseils du maître.
S’avançant d’un pas flâneur à travers les splendeurs d’un automne flamboyant, elles buvaient les instructions distillées par l’initiateur.

-Tournez autour de l’objet que vous voulez photographier. Observez sous quel angle il ressortira le mieux. Vous serez surprises des différences que vous pourrez constater suivant que la lumière sera de face, de dos ou de profil. Choisir le bon angle, c’est ça l’art de la photographie.
Et toutes de se mettre à tourner autour de la moindre brindille, des cailloux du chemin, des arbres aux frondaisons empourprées, des branches précocement dénudées.
-Prenons cette gariote comme exemple. Le mieux est d’en faire d’abord une vue de loin. Regardez : si vous vous placez ici, vous aurez des branches en avant-plan. Si vous allez là-bas, vous aurez des hautes herbes qui donneront un bel effet à la photo. Puis, rapprochez-vous. Cherchez l’angle sous lequel le bâtiment ressortira le mieux. Rapprochez-vous encore et guettez le détail, une fissure, une pierre, un végétal, qui méritera d’être photographié.
Les copines se mirent à l’œuvre avec tellement d’ardeur qu’une dispute faillit éclater entre celles qui cherchaient le bon angle et celles qui, scrutant le détail, se retrouvaient dans le champ de vision des premières.
-Hé, vous là-bas, poussez-vous un peu ! On ne voit que vous ! Ou alors, cachez-vous à l’intérieur : il doit y avoir de belles photos à prendre, à l’intérieur !

Anna suivait machinalement le mouvement. Elle faisait les mises au point automatiques, appuyait sur le déclencheur, déplaçait les objets dans le viseur, tournait autour de ses cibles comme ses amies. Mais son esprit n’était pas à la création de chefs d’œuvre artistiques. Son esprit était entièrement axé sur son estomac.
Seigneur ! Que les cailloux moussant sur le bord du chemin suggéraient une crème chantilly dressée fièrement sur une salade de fruits ! Que cette branche morte ressemblait à un bâton de réglisse ! Et la tige bien verte d’une plante vivace à un morceau d’angélique confite ! Et la fleur d’un trèfle tardif à un bonbon délicatement parfumé à la violette ! Et tous ces érables, roussissant outrageusement dans un ciel parfaitement bleu, tous ces érables arrogants dans leur flambeur automnales, tous ces érables qui la narguaient en lui titillant les papilles de la saveur si connue de leur sirop étalé sur une galette chaude ! Et l’odeur de sucre d’orge évoquée par le jaune
orangé d’un tournesol oublié en bordure de champ ! Et l’arôme du cuberdon* paraissant jaillir d’une baie écarlate isolée sur un rameau dénudé ! L’estomac d’Anna se tournait, se retournait, tentait de se détourner de ces évocations sucrières. Mais en vain. Chaque fois qu’Anna cadrait un sujet possible de photo, son estomac privé de ses douceurs consolatrices interprétait les odeurs, les couleurs et les formes en fonction de son appétit féroce.
Pour détourner autant que possible ses idées de l’organe récriminateur, elle repensait aux doux moments passés avec Jean-Jacques. Tout semblait pourtant différent avec lui. Leur entente, leur complicité, lui avaient laissé entrevoir une possibilité de durée dans leur relation. Grande naïve, elle s’était même permis de rêver. Peut-être était-ce le bon, cette fois-ci ? Peut-être pourraient-ils penser à se marier ? Avoir des enfants, qui sait ? Peut-être finiraient-ils leur vie ensemble ? Des idées de midinette, soit. Mais qu’il était bon de les ressasser avec délice quand elle le contemplait endormi sur le coussin jumeau du sien!
Et pour une bête histoire de chaussettes égarées dans la machine à laver, le ton était monté, ils s’étaient disputés, puis engueulés, puis déchirés, et Jean-Jacques était parti, comme les autres, comme tous les hommes de sa vie. Et cette fois-ci, ça faisait plus mal, bien plus mal que les autres fois. Parce que Jean-Jacques, il fallait qu’elle finisse par se l’avouer. Autant que ce soit au milieu des bois, parmi la splendeur éclatante qu’ils semblaient entasser autour d’elle, sous ses pas, sur sa tête et partout où son regard pouvait porter, qu’Anna confesse enfin que son Jean-Jacques, cela ressemblait furieusement à de l’Amour avec un grand A, le sentiment qu’elle lui portait !
Elle s’assit quelque temps sur une souche, un peu à l’écart des copines, pour encaisser le choc reçu avec la révélation. Son estomac lança alors un rugissement indécent qui lui laissa présager des lendemains pénibles en tête à tête avec un organe qui réagissait aussi péremptoirement à l’annonce d’un grand amour. Il est vrai que le grand amour s’était déjà envolé hier soir et, quand elle réalisa l’étendue du désastre, ce furent toutes les tripes d’Anna qui se mirent à tirebouchonner dans son ventre. Avec l’estomac qui donnait la cadence à grand renfort d’appels de détresse !
Faisant preuve d’un courage héroïque comme le poilu qui se force à repartir pour un nouvel assaut sous le feu de la mitraille ennemie, Anna se redressa et retourna vers ses compagnes de toujours.
-Je ne me sens pas bien, les filles. Je crois que je couve un mauvais rhume. Je vais rentrer chez moi et me mettre au lit avec deux aspirines.
-Hou ! La lâcheuse !
-C’est pourtant vrai que tu es toute pâlotte.
-Tu ne nous cacherais pas quelque chose, dis donc ?
-Veux-tu que je te raccompagne ?
-Non, merci, ça va aller ! J’ai juste besoin de mon lit.
S’extirpant admirablement du piège de la sollicitude encombrante de ses amies de toujours, elle put enfin regagner sa voiture et rentra chez elle aussi vite que possible.

Tiens, elle avait oublié de fermer sa porte à clé ? Cela ne lui ressemblait pourtant pas, elle qui était obsédée par la peur des cambrioleurs ! Il lui sembla entendre du bruit venant de l’appartement.
Soudain, la rage s’empara d’elle. Ce n’était vraiment pas le moment ! Sur le même week-end, connaître un grand chagrin d’amour et, en plus, se faire cambrioler, c’était vraiment trop pour une pauvre fille comme elle ! Pénétrant à pas de loup dans l’entrée, elle s’empara doucement d’un gros marteau qu’elle avait laissé traîner sur la commode et s’avança lentement dans le couloir. « On » voulait la cambrioler ? Et bien, « on » allait voir de quoi était capable une faible femme en état de légitime défense !
Un nouveau bruit provint du fond du corridor. « On » se trouvait dans la salle de bains. Dans la salle de bains ? Qu’est-ce qu’ « on » pouvait espérer voler dans une salle de bains ? « On » était tordu, peut-être même fétichiste voire sadique ? Et bien, raison de plus pour passer un mauvais moment face à une femme armée et déchaînée. « On » n’avait qu’à bien se tenir.
Anna entrouvrit silencieusement la porte de la salle d’eau.
-Ben,… Qu’est-ce que tu fais là ?
Jean-Jacques déposa le rasoir sur la tablette de verre au dessus du lavabo.
-Tu vois, j’ai été trop malheureux, hier soir. Tu ne peux pas savoir combien tu m’as manqué !
-C’est vrai ?
-J’ai réalisé que ma place était ici, près de toi. Alors, si tu veux encore de moi, je reviens vivre avec toi. Pour de bon. Pour ne plus jamais te quitter. Dis, je peux rester ?
-Toute la vie, si tu veux !



Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles