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ADMINISTRATEUR GENERAL

Chères amies, amis, collectionneurs et habitués de notre galerie,

Les artistes présents pour cet événement d’août sont :

Véronique Gaudin (Fr) peintures à l’acrylique, Françoise Bousquet (Fr) peintures, Guilin (Fr) art numériques, Harwan Red (Ma) peintures, Michel Peretti (Fr) sculpture sur pierre, Maïa Commère (Fr) art miniature et St. Ghor (Sn) sculptures UBUNTU. Et les artistes Alicja Polechonska (Pol) peintures et Ulrike Gamst (De) peintures via le magazine Bruxelles Culture.

 

Vernissage le jeudi 07 août de 18h 30 à 21h 30.

Finissage le 30 & 31 août de 11h 00 à 18h 00.

 

Lien vers l’annonce visuelle de l’exposition du 07 août :

https://www.espaceartgallery.eu/espace-art-gallery-vous-presente-son-prochain-vernissage-du-07-08-2025-et-son-agenda-culturel/

Lien du reportage photos sur le vernissage du 07 août :

https://www.espaceartgallery.eu/la-galerie-a-le-plaisir-de-vous-presenter-le-reportage-photos-lors-de-son-vernissage-du-07-aout-2025/

Lien vers la page événements actuels et à venir :

https://www.espaceartgallery.eu/category/evenements/

Lien vers la présentation des espaces et des artistes :

https://www.instagram.com/espace.art.gallery/

https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu

https://www.linkedin.com/in/jerry-delfosse-espace-art-gallery/

Lien pour visionner les 227 vidéos et 100.000 vues sur YouTube

https://www.youtube.com/@espaceartgallery4966

 

Lien vers le plus grand Rooftop d’Europe !

https://www.58.brussels/

Situé au cœur de Bruxelles, entre le célèbre quartier Sainte-Catherine et celui de la Bourse, et à deux pas de la Grand-Place, le plus grand bar/restaurant et espace événementiel d’Europe, ouvert toute l'année, en extérieur comme en intérieur, sera ravi de vous accueillir pour offrir à vos invités une vue à 360° sur Bruxelles avant ou après votre visite !

Lien vers cette plateforme touristique où la galerie est présente :

« autres activités » +  https://www.kayak.fr/Brussels.32869.guide

Lien vers le nouveau Centre d’art dans le quartier :

https://cloudseven.be/home-of-frederic-de-goldschmidt-collection/

Situé au centre-ville dans le quartier bruxellois de la mode et du design.

Lien vers Bruxelles bouge comme le prouve cet article :

https://www.visit.brussels/en/professionals/news-articles-insights/why-brussels-is-your-mice-destination

 

Bien cordialement,

Jerry Delfosse

Galeriste

*

Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,

Les Éditions d’Art EAG & EAG Studio’s

Co-fondateur et propriétaire du réseau Arts et Lettres 3.0

Administrateur général

Président de jury pour décerner 3 diplômes d’art EAG

Membre d’un jury international à Corsica Art Fair

Membre d’un jury pour décerner 2 diplômes d’art A&L

*

Rue de Laeken, 83 à B 1000 Bruxelles – Belgium

GSM: 00.32. (0)497.577.120

eag.gallery@gmail.com

https://www.espaceartgallery.eu/

https://artsrtlettres.ning.com/

 

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administrateur théâtres

Texte et image du jour

Cette célèbre icône russe du XVe siècle représente la Dormition (l'endormissement) de la Vierge Marie. Le Christ retire son âme pure de son corps tandis que les Apôtres se rassemblent du monde entier pour dire adieu à la vie terrestre de Marie.
Il est dit que son corps fut emporté au ciel trois jours plus tard. Le saint apôtre Thomas, absent lors des funérailles, se rendit plus tard au tombeau. Dans sa tristesse, le tombeau fut ouvert à sa demande pour qu'il puisse lui faire ses adieux tendres et respectueux, et on découvrit alors qu'il était vide. Ainsi, cette icône représetne à la fois la mort terrestre de Marie mais aussi son élévation au ciel par son fils qui vient à elle...

Le texte du jour de  ma grande  amie invisible
(mais on ne voit bien qu’avec le cœur) Isabelle Debiève, amie de feu Robert Paul

15 août 2025

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Peut être une image de la Basilique du sanctuaire national de l’Immaculée Conception et texte

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administrateur théâtres

Ce 12 août,  au festival  Classissimo, le tango nuevo d’Astor Piazzolla s’est glissé entre les murs accueillants du Théâtre Royal du Parc avec "de vrais musiciens dans l’âme".

L'ensemble Astoria a fait vibrer ce lieu jusqu’aux larmes, entre étreinte et vertige, offrant un vaste bouquet de vibrations des tropiques venant d'outre-mer, un mélange de rock, latino, Groove et jazz exhalant des sonorités et des rythmes uniques et inimitables. Astoria a ainsi ouvert pour nous les portes de El Mundo de Piazzolla (1921-1992), et le bandonéon de Christophe Delporte a su trouver tout de suite le chemin de nos cœurs.

Peut être une image de 2 personnes

Le programme débute avec une saison chargée de mélancolie, l’automne, Ottono porteno – Savourez ! Rien a-à voir avec Vivaldi ! Il est des concerts qui vous laissent un goût de sel sur les joues, sans que l’on sache si c’est la mer d’Argentine ou la mer intime de nos émotions qui l’y a déposé.

Astor Piazzolla, né à Mar del Plata en 1921 de parents italiens, façonné par New York, amoureux de son bandonéon et génie du tango nouveau, bouscule les frontières musicales en y mêlant le classique, le jazz, le rock et la mélodie populaire argentine. Plus on l’écoute, plus cette musique se fait intense et dramatique, elle chavire l’âme comme une étreinte soudaine et imprévue.

Astoria c'est Christophe Delporte (bandonéon, accordéon), Isabelle Chardon (violon), Dino Anglani (piano), Adrien Tyberghein (contrebasse) et ce soir, une jeune chanteuse, la soprano Fany Julien. Ensemble, ils ont incarné ce souffle musical nouveau de Buenos Aires, rarement représenté sous nos frais climats mais réchauffement bienvenu des cœurs. On se sent très vite happé par une énergie qui flirte avec des transes inconnues. C'est toute la magie du spectacle vivant !

Bien sûr il y a l’alchimie Astoria à la clef ! Depuis 2004, Astoria adapte et transcrit l’œuvre de Piazzolla en conservant ses sortilèges rythmiques et mélodiques, tout en lui donnant l’ampleur de la salle de concert. La rigueur classique se marie à l’instinct du tango : précision millimétrée, mais cœur palpitant à chaque mesure. En prime, lors du spectacle, cet humour incoercible et débordant qui anime Christophe Delaporte, le meneur de jeu, à chaque interstice du programme. Le rire généré dans le public est tellement désarmant que l’ensemble n’a plus qu’à cueillir nos âmes friandes d’émotions. Ou comment rendre une soirée inoubliable. Invierno –, encore une saison, s’est envolée avec des échos de Pachebel ! Enfin, le très attendu Libertango – (1974), dans un arrangement pour le bandonéon, emplit la salle de cette tension particulière, entre urgence et retenue. C’est beau comme une prière. Et c’est l’ovation. Et puis… Christophe Delporte enchaîne avec une surprise : Oblivion – (1984), joué de manière bouleversante sur un acordina, sorte de petit clavier dans lequel on souffle chacune de ses émotions. L'artiste à nu, a ôté ses lunettes et offre une sorte de valse lente … à pleurer. Life is short, but so beautiful!

La Voix. À chacune de ses apparitions, l’invitée, Fany Julien (jeune talent Imep), a offert sa voix, avec une sincérité presque crue, donnant à Piazzolla la présence et l’éclat d’une splendide et mystérieuse étoile. On la découvre avec Sera que estoy llorendo – et Regreso el Amor – deux chants splendides et merveilleusement habités. Et pour se remettre des émotions, pas d’entracte, bien sûr…  Il faut bien une pause : Seul tout Seul –, avec le duo Contrebasse et Accordéon. Enfin, La Milonga sin Palabras – suspend véritablement le temps avec le pur ruisseau et la magnifique fraîcheur vocale de la chanteuse. Il est fait de vocalises de berceuse, de roucoulements, de presque silences, de vibratos envoûtants posés comme par un heureux hasard sur la Contrebasse et la respiration du Bandonéon.

Côté instrumental, c'est l'heure de gloire de Leonardo Anglani, l’infatigable pianiste qui explore son clavier sur toutes ses facettes. C’est brillant, vigoureux et débordant d’énergie, ponctué parfois de vertigineux coups de balayage du clavier pour la finale. Le seul à utiliser des partitions papier ?

Le violon d’Isabelle Chardon, violoniste soliste à l’Orchestre National de Belgique et chargée d'enseignement à l'Imep, s’est livré à des miaulements de toit brûlant, des plages de tendresse, de piquantes envolées expérimentales. Tantôt pleurant comme une mémoire ancienne, ou chantant comme une espérance nouvelle, Isabelle Chardon, danse sa passion sur son siège et ses ensorcellements entortillent l’oreille !

L’immense contrebasse d’Adrien Tyberghein (diplômé du prestigieux Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris et de l’école Didier Lockwood.) a déroulé des tapis de velours sombre, elle a fait bourdonner ses pizzicati tantôt farceurs, tantôt douloureux. Son archet a parcouru des mélodies du plus pur romantisme, alors que le formidable bandonéon respire tout comme une puissante et tragique voix humaine. Au fait, si Christophe joue les yeux fermés, a-t-il vraiment besoin de partitions ?

Le public se voit totalement transporté dans leur Concerto pour Quintet–, lancinant, beau et incantatoire avec ces quatre musiciens full colours ! L’ailleurs était partout sur scène, pour se fondre ensuite dans un soupir. Silence.

Mais c’est avec le tango Adiós Nonino – (1969) la composition la plus célèbre de Piazzolla que les yeux n’obéissent plus et se remplissent de larmes. Les nombreuses variations de tempo contiennent l'irréparable perte de son père lors d'un accident de bicyclette subie en 1959 et la terrible puissance du destin. Chaque note semble embrasser l’amour perdu, mais évoque aussi la fierté et la colère. Un fil invisible relie le musicien à ceux qui l’écoutent.

Des bars enfumés de la rue au théâtre, sans rien perdre, a réussi l’exploit de ne pas trahir l'âme charnelle de Buenos Aires. Chaque respiration, chaque accent, chaque silence a un poids et une raison. On voyage d’un faubourg de tango à une salle de bal rêvé, du cri du bandonéon au murmure du violon. Ce soir, Piazzolla n’est plus une légende lointaine : il était là, assis parmi nous, jouant à travers les interprètes de son œuvre et on sort de la salle émerveillée, avec l’étrange impression d’avoir été embrassée par la musique. Yo soy Maria – a conclu la chanteuse !

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 Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Astoria

MARDI 12.08.25 - 20:00

El Mundo de Piazzolla

Christophe Delporte, bandonéon, accordéon

Isabelle Chardon, violon

Dino Anglani, piano

Adrien Tyberghein, contrebasse

Invitée: Fany Julien, chant (Jeune talent )

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Ily a des oiseaux

Il y a des oiseaux

 

Il y a des oiseaux qui tracent des couleurs

Dans le ciel de nos vies, la porte du bonheur,

Écoute les vibrer dans la prunelle de l’âme,

C’est juste à ce moment que s’ouvre le sésame

 

Dans la fleur où tu entres, la gamme t’accompagne,

Les tons sont accordés, car la douceur est là,

L’horizon du plus grand égale le petit,

Vibration d’hologramme de notre paradis

 

Il y a des oiseaux dans le piano de l’art,

Menuet de Chopin ou suite de Mozart,

Dans l’arc de Cupidon qui a visé ton cœur,

Nous sommes foudroyés dans le contre-ut des chœurs

 

Les entends-tu leurs mots en nos songes harmonieux,

Montant comme des orgues dans les vitraux de Dieu

Et ce petit silence de création suprême,

Sous la baguette magique dont ce lien est l’emblème

 

Il y a un oiseau qui ne vit que pour toi,

Il n’est pas que virtuel, étant venu des bois,

Créé par Spinoza, il est ton essentiel,

C’est lui qui guidera pour t’emmener au ciel

 

le 6-2-2024

 

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administrateur théâtres

09 août 2025.  Avec Gluck, un invisible Victor Hugo, et Mozart réunis dans la même soirée, sans compter Schubert et Verdi, on a de quoi faire battre le cœur de n’importe quel mélomane. A night at the Opera?  Merci au maître de musique, Marc Grauwels de nous avoir concocté des rencontres musicales aussi foisonnantes et surprenantes lors du festival Classissimo.  

Silence religieux. Les Champs-Élysées de Gluck s’ouvrent sur un menuet: danse pure, aérienne, d’une flûte radieuse et de la pianiste qui l’accompagne. Chemise à fleurs (même stylisées) oblige, le flûtiste, Marc Grauwels en Gauguin de la musique, y fait flotter chaque note comme une respiration suspendue. La scène est à lui, il se balance comme roseau au vent. Comment séparer musique et danse?

Ensuite vient la plainte noble et poignante de Marie-Juliette Ghazarian, mezzo-soprano, en longue robe de soirée, vert forêt noire. Rien n’est égal à mon malheur, « J’ai perdu mon Eurydice » — un cri d’amour éperdu, soutenu par la sobre tendresse du piano de Marie Datcharry.

Aussi vêtue d’une longue robe vert pastoral, la soprano Marion Bauwens se drape dans Schubert: Der Hirt auf dem Felsen. Se déploie alors un dialogue à trois voix : soprano, clarinette et piano. La clarinette de Ronald Van Spaendonck, d’abord ombre discrète, se fait de plus en plus volubile, même, carrément dansante elle aussi. La pianiste se berce dans les accords insistants percutés avec régularité et vigueur. Un magnifique solo de la clarinette précède la joie du berger ,heureux de s’élancer vers le printemps … éternel! Quel regard sur l’infini dans les dernières notes printanières de  cette ravissante soprano!

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Et, surprise! Marc Grauwels, rompant le charme, annonce subitement une pause pour la voix! Les chanteuses ont disparu! Il explique qu’une flûte peut très bien imiter tout un orchestre ! En témoignent ces fameuses fantaisies brillantes, souvent jouées dans les salons au 19e siècle, surtout tellement prisées par ceux qui ne pouvaient pas se payer l’opéra! Ce sera un vrai défi de virtuosité et de précision pour qu’une flûte puisse imiter tout un orchestre et même une voix! Mais la maestria et l’humour font tout et le public aurait presqu’envie de … d’accompagner et de chanter La Traviata! Pendant l’exercice ! Magique, cette flûte traversière et bourrée d’esprit!

Après l’entracte, ce que les chanteuses vont faire est inouï! Nous faire imaginer un ins-tru-ment, car cette fois c’est la flûte qui est invisible!

Marion nous présente en effet  «  Une flûte invisible» ,œuvre de Camille Saint Saens pour voix, flûte et piano. Sur un poème de Victor Hugo. La soprano porte la tendresse d’un message d’amour invisible, la flûte en est l’écho invisible et mystérieux.

Une flûte invisible soupire,

Et, par instants, un chant léger

Semble, dans l’air qu’on croit respirer,

S’élever comme un vague sourire.

Ce doux charme qui vous attire

Vient-il de loin ou de si près ?

Est-ce une voix dans l’air discret,

Ou n’est-ce qu’un souffle qui expire ?

 Puis, c’est au tour de Marie-Juliette Ghazarian de flirter avec l’invisible. Sur le même poème, dans une amplification musicale d’ André Caplet, ce favori des jeunes pianistes… Le timbre est plus sombre, élégamment voilé, avec l’impression que la voix vient du lointain, comme  le parfum d’un souvenir.  

Ensuite, Marie-Juliette, toujours soutenue par la flûte traversière, bien présente celle-ci, et  la fidèle  pianiste ,enchaîne les cœurs avec « La flûte enchantée». Clin d'œil, c’est une mélodie pour voix et orchestre de Maurice Ravel sur des vers d'un artiste des années 1900, Tristan Klingsor

Enfin, le jeu des imitations instrumentales reprend. C’est au tour de la clarinette de tenter l’expérience de mimer la voix absente. Avec Louisa Miller, de Verdi.

Puis les deux compères, sans doute galvanisés par l’aventure, se piquent de remonter… Rigoletto! Rien de plus drôle cette Dona e mobile! Il y a de quoi se tordre de rire! On espère même que ce sera le Bis! Les instruments remplacent la voix lyrique. Sans paroles, mais avec phrasé et respiration, ils redonnent aux airs de Verdi toute leur vitalité dramatique. Marc Grauwels a même du taire les applaudissements pour se livrer à ce programme de haute voltige, toujours soutenu avec sourire par la fidèle Marie Datcharry au piano.

L’apothéose de la soirée? Un final Mozartien, l’accord parfait. Les deux chanteuses se réunissent en duo de sylphides en voiles verts, pour interpréter avec beaucoup d’allant deux joyaux de Mozart :  "Ah perdona al primo affetto" (La Clemenza di Tito) et "Via resti servita madama brillante" (Les Noces de Figaro)

Des dialogues vif-argent, bien joués, comme à l’opéra,  où voix et instruments se mêlent, comme pour sceller cette amitié musicale née sous la coupole du Théâtre Royal du Parc. Ce soir, Flûte et Voix se sont échangé leurs âmes devant un public à la fois médusé et heureux. Tantôt suppléantes, tantôt indissociables, elles racontaient la même vérité : que la musique est toujours une histoire d’amour.

@Festival Classissimo Du 07 au 13 août 2025

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

   

 

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administrateur théâtres

MOMO – Une farce… qui vous serre la gorge

On croyait s’installer à Genval, sur l’herbe ou dans les chaises longues sur les copeaux de bois pour une soirée légère, on est ressorti, ayant bien applaudi, le cœur partagé entre éclats de rire et pincements à l’âme.

 Momo, au Théâtre de la Toison d’Or (en collaboration avec le festival Il est temps d’en rire à Genval), c’est ce genre de pièce qui vous prend par surprise : d’abord joyeuse absurdité, explosions de rires, puis glissement insensible vers des zones plus sombres, plus poignantes.

La situation, déjà, est un bijou de surréalisme : un couple sans enfants voit débarquer chez lui un jeune homme qui parle bizarrement mais affirmant après bien des tâtonnements vocaux, être leur fils.  Il finit par annoncer qu’il va se marier, invite chez eux la petite amie pour les présentations aux « parents », à la façon d’un thriller surréaliste, tout semble concourir à prouver qu’il dit vrai. Absurde ? Oui. Mais aussi terriblement troublant. Car derrière la farce, c’est notre rapport aux liens, au sang, et même à la mémoire qui vacille.

Explosion de rires donc, grâce à des dialogues acérés et à des situations qui ne cessent de flirter avec le boulevard… mais le comique est comme une peinture posée sur une façade malade. un vernis posé sur la coque d’une barque fendue et alors apparaissent les tragédies humaines que chacun porte. Le texte de Sébastien Thiery (déjà comparé par certains à un Koltès en goguette) tisse ce trouble avec un art consommé.

Et puis, il y a l’équipe : une Hélène Theunissen magistrale, virtuose de toutes les féminités, Thibault Packeu, un Benoît Van Dorslaer absolument parfait et Aurianne Servais, tous au sommet de leur engagement de comédiens. Chacun apporte sa couleur : exubérance, tendresse, colère, comique, sérieux,  folie douce… Le metteur en scène Thibaut Neve avoue : « Il y a des textes qu’on porte en soi sans savoir pourquoi, jusqu’au jour où des comédiens vous révèlent la clarté du mystère. » On comprend mieux en voyant la précision avec laquelle il cadre l’absurde, sans jamais le laisser déborder en pur non-sens.

Si l’on devait trouver un bémol, il serait peut-être dans ce balancement : certains spectateurs voudront rester du côté du rire pur et se sentiront déstabilisés par les teintes plus graves qui s’installent. Mais c’est justement ce qui fait la force du spectacle : cette sensation d’être entré dans une comédie, et de ressortir de cette incroyable fable humaine, un peu échevelé. Fils de personne, enfant de tous, Momo nous rappelle que l’absurdité, parfois, c’est la plus belle façon de parler au cœur. Et, au diable les puristes des  filiations de sang !

 

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Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

🎭 Infos & réservations : ilesttempsdenrire.be 

 

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Harwan Red expose à Espace Art Gallery

EXPOSITION : HARWAN RED

Dans une société où les images se galvaudent, Harwan Red invite à la sincérité. De retour à Bruxelles pour une nouvelle exposition, il propulse le public dans un univers pictural où chaque toile devient un miroir tendu vers notre humanité fragmentée. Cet artiste en pleine ascension se distingue par une approche radicalement sensible, où l’émotion brute s’infiltre dans les moindres recoins. D’un tableau à l’autre, il ne s’agit pas simplement de visages qu’il peint, mais d’âmes qu’il dévoile et de vérités qu’il effleure. Loin de s’apparenter à un masque, les traits faciaux deviennent une fenêtre, parfois embuée ou fissurée, sur ce qui palpite à l’intérieur de chacun. Ses œuvres ne se contemplent pas, elles se ressentent. La forme y devient langage, la couleur émotion. Rouge, bleu, ocre, vert, jaune, les teintes éclatent ou se confondent dans une danse viscérale qui évoque aussi bien la confusion identitaire que la quête de sens. La texture, souvent épaisse, ajoute à la densité du propos. On y ressent le geste, l’urgence de dire et l’élan d’un plasticien qui cherche moins à séduire qu’à révéler. Ce qui frappe tient dans sa volonté de créer un lien organique avec le public. Il ne peint pas pour lui, ni pour flatter un marché de l’art parfois hermétique. Il créé avec une intention de partage. Ses toiles agissent comme des révélateurs. Elles décapent le vernis social, le ronron du quotidien et laissent affleurer l’ensemble de ce que nous dissimulons. A savoir, la douleur, la joie, l’échec, le doute ou l’amour. La force de son geste artistique réside dans cette capacité à rendre l’abstraction profondément humaine. Il ne s’agit pas ici de formes froides et d’exercices conceptuels. Tout devient profondément vivant, incarné et vibrant. Ses visages, bien qu’informels, nous fixent et nous interrogent. Ils se déconstruisent devant nous pour mieux rebâtir quelque chose de plus essentiel. À l’heure où l’on célèbre souvent l’art pour sa technicité ou son potentiel de spéculation, Harwan Red nous ramène à la fonction première de tout plasticien, qui consiste à éveiller, à troubler ou à émouvoir. Chaque toile s’inscrit dans cette tentative d’exprimer l’indicible, chaque trait se métamorphose de facto en une phrase non formulée et chaque couleur se charge d’une pulsion retenue trop longtemps. Il serait facile de cataloguer cet artiste parmi les peintres expressionnistes contemporains. Son travail ne s’ancre dans aucun carcan et va à contre-sens des écoles actuelles, des influences et des courants. Sa pratique relève à la fois de l’intime et de l’universel, du personnel et du collectif, du sensible et du réfléchi. Voilà sans doute les raisons de son impact ! Cet accrochage est à découvrir du 5 au 28 Septembre 2025 à Espace Art Gallery. Voyez les détails pratiques sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

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administrateur théâtres

En mode… ravissement molto precioso !

 

On s’est retrouvé, ce jeudi 7 août, dans la magnifique salle du Théâtre royal du Parc à Bruxelles pour l’ouverture de la 19e édition du festival Classissimo, sous la houlette de Marc Grauwels, flûtiste et directeur artistique du festival.  Une promesse de belle qualité… Alors, qu’en sera-t-il pour la 20e ?

 

Le festival démarre en beauté avec l’Orchestre de chambre de Waterloo, dirigé par Guy Van Waas au clavecin et à l’orgue, dans un programme sans entracte entièrement consacré à Pergolèse.  Le point d’orgue sera un Stabat Mater à couper le souffle.

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Côté voix, on découvre la jeune soprano Aline Giaux, pour la première fois aux côtés du contre-ténor d’exception Logan Lopez Gonzales. Deux voix qui se conjuguent avec grâce, se projettent et rencontrent l’âme des spectateurs.

 

Lui, en élégante tenue de soirée noire. Elle, pleine de grâce, en longues manches d'un blanc immaculé,  qui lui donnent des allures d’ange. Tous deux séduisent d’emblée, par leur image autant que par la sensibilité musicale qu’ils déploient. Pas à pas, vocalise après vocalise, ils nous entraînent dans une ascension vers une transfiguration de l’œuvre. Leur maîtrise vocale est impeccable, souple, nuancée, jamais affectée. Dans une forme de dépouillement habité, la beauté de leur timbre va droit à l’essentiel : nous inviter à la contemplation du Beau, du Bon, du Vrai. C’est tout simplement saisissant.

 

On flotte, librement, dans le courant des émotions. La jeune mère est éplorée, certes. Le monde gronde. Mais tout semble baigné de plus en plus de lumière et d’espérance. La souffrance sera dépassée. Le lien mère-fils est si fort, si absolu, qu’au 7e tableau, on croit voir apparaître un Christ jeune et resplendissant, venu rassurer sa mère sur l’éternité de l’amour partagé. Entre chaque tableau de ce chemin vers la joie, la salle retient son souffle. On écoute, en empathie profonde, cette musique qui nous touche au cœur. Car seul l’amour sauve.

 

Et ce qu’on a vécu ce soir-là ne se vit pas en écoutant un CD, même le meilleur.

 

Le concert avait débuté dans une belle cohérence, une fluidité souriante, avec l’ouverture de La Serva Padrona et le Concerto en sol pour flûte et orchestre de Pergolèse, interprété dans un tempo allegro spirituoso. Un peu de joie avant les larmes de la Vierge! La flûtiste Kalliopi Bolovinu, armée de son piccolo, nous a emmenés avec fermeté, douceur et délicatesse dans des champs et des vergers peuplés d’oiseaux ivres de bonheur.

 

C’est ça, le paradis ?

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Notre moi

Notre moi

 

Derrière notre rideau il y a le mystère,

La vie, la mort, l’amour, celui de notre mère,

Il y a le bon Dieu, la science et le hasard,

Quelles sont leurs importances, dans l’espoir-désespoir

 

Il y a les premiers, ceux qui prennent le pouvoir

Et ceux qui doivent donner et toujours sans retard

L’église l’a montré et son inquisition,

Nous étions enfermés et puis la confession

 

Derrière notre rideau, on a caché le moi,

Avec les catéchismes, prisons de l’au-delà,

Toutes concentrations, à l’armée, à l’écolen

Travail, famille, patrie, plus d’ailes pour l’envol

 

Maintenant la chapelle est au creux des réseaux,

Folowers ou suiveurs, le nez dans les vitraux

Et puis les transhumances, au soleil sur la plage,

Blabla des selfies, l’égo à tous les âges

 

Derrière notre rideau, où est notre inconscient,

Alors entrons en scène, jouons dès à présent

Le Molière de son moi, celui si différent,

Sans avoir peur du monde, de l’environnement...

 

le 30-4-2024

 

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administrateur théâtres
Y’a d’la... Y’a d’la voix !

Sachez que La v o i x va bientôt régner en majesté, au Théâtre Royal du Parc. Du  7 au 13 août, le festival de musique Classissimo revient, comme chaque année, dans son lieu de prédilection, au cœur de la ville, avec une 19e édition fort prometteuse consacrée simplement à la v o i x. Espérons qu’après l’expérience, c’est nous qui serons …sans voix !

Une thématique aussi vaste qu’intime, lors de  huit  soirées où elle se fera tour à tour prière, émotions tragiques, dramatisation, mémoire, engagement ou pure jubilation musicale et auditive. Miroir de l’âme.

Y’a d’la voix ! accueillera aussi bien des artistes chevronnés qu’une jeunesse dynamique, bâtisseuse d’avenir.

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Les programmes sont éclectiques : des pages sacrées de Pergolèse, aux polyphonies du monde, au riche répertoire lyrique, à l’engagement,  à des  œuvres de Piazzola ; le festival abolit les frontières esthétiques tout en restant fidèle à ses exigences artistiques. Et tant pis si le mot “éclectique” est devenu parfois un cliché journalistique : ici, il n’est pas galvaudé. Il est vécu avec fierté.

 Dans le large choix du florilège, voulez-vous que je vous propose trois rendez-vous majeurs à ne pas manquer ?

 Je dirais tout de suite, le Stabat Mater de Pergolèse qui ouvre le Festival le 7 août. Il s’annonce comme un sommet d’émotion et de beauté de l’époque baroque. Ce chef-d’œuvre de la musique sacrée est une méditation poignante sur la douleur de la Vierge, agenouillée au pied de la Croix, où elle voit mourir son fils. Cette œuvre sera portée par de très belles voix soprano et  contre-ténor, et un ensemble instrumental  pétillant. Une œuvre qui a « l'effusion lyrique de l'opéra et la profondeur spirituelle de l’oratorio ». Un Chemin de Croix en 12 stations bouleversantes où les spectateurs, confortablement assis dans le cadre feutré du théâtre, ne pourront que retenir leur souffle, sans aucun … bâillement !

 Autre moment fort : le concert avec de jeunes et talentueux "graduates" de l'école internationale de Musica Mundi (le 10 août), qui réunit de jeunes  musiciens  venus du monde entier, pour faire leurs études musicales dans notre pays. C’est, à l’évidence, l’esprit généreux du dialogue interculturel qui préside dans cette école. Deux de leurs lauréats, âgés d'à peine 20 ans, Ilke isi Tunker(TU)violon et Dobromir Dobrev(BU)piano  viennent de recevoir  une bourse d'étude pour la prestigieuse école supérieure de musique Royal College of Music of London. Ces jeunes talents proposeront un programme Beethoven et Ravel  avec toute la fraîcheur et l’intensité dont ils sont les garants. Heureux qui communique ! Et ce, dans le langage artistique le plus universel qui soit. Heureux ceux qui  peuvent recevoir ce cadeau ! On sera à l’affût de cette tension  encore adolescente qui, parfois, fait voler les partitions. Comme on se réjouit ! Mais ce n'est pas tout, vous irez à la rencontre de l'immense citoyenne du monde, née en Belgique, Joëlle Srauss:  à elle seule, tout un laboratoire musical! Surprise, surprise. Parole de Condor! 

 Enfin, les amoureux d’art lyrique seront comblés avec la soirée “ A Night at the Opera” (le 9 août), où de grandes voix belges et internationales se retrouveront pour interpréter des pages frissonnantes du répertoire, condensées en une soirée d’initiation pour les uns, de plaisir raffiné pour les autres, à l’écoute d’un choix d’airs célèbres et de duos emblématiques, servis par des artistes, jeunes  ou  confirmés, ..passionnés. Consultez le site pour tous les détails.

 Bref, un festival ouvert, curieux et chaleureux, mu par une ferme volonté de transmission. Un idéal de vie !

Sans compter que chaque soirée est présentée de façon vivante et enthousiaste par le flûtiste et directeur musical, Marc Grauwels.  Tantôt concert pour familles, parfois formules plus serrées et courtes, invitations au dialogue entre les genres, tout est pensé pour que chacun – mélomane aguerri ou auditeur novice – y trouve … d’la joie !  Cela s'adresse à un public, sans doute…fort éclectique, lui aussi.

En clôture de ce festival, le mercredi soir 13 août, un fantastique hommage à l'Ukraine par trois artistes, deux sopranos et un pianiste: "Ne me demande pas, pourquoi mes yeux pleurent". Accents de nostalgie, de peine amoureuse, de profond attachement à la terre natale mais aussi, force d'âme indomptable et fierté vibrante des origines. Dans un Programme varié, mêlant Haydn, Mozart des compositeurs italiens, Fauré, Bernstein et ... tout le folklore ukrainien!  

Alors, prêts à vous laisser ravir ? Le Théâtre Royal du Parc cet été ? Transformé en un véritable laboratoire vocal : un lieu où la voix, sous toutes ses formes, s’élève, émeut, bouleverse et enchante.

 

https://www.classissimo.brussels/ Accueil

 
 
 
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Instant

Instant

 

Retrouver cet instant en bribes de mémoires,

Comme une découverte au fond d’un vieux tiroir,

Tu es dans ta piscine, tout à coup ce jardin

Et cette plénitude, la douceur en chemin

 

Retrouver cet instant, juste un certain parfum

De feuilles et de buisson à portée de ta main,

Ce parc de Cherbourg où tu te trouvais seul,

Hors du champs des horreurs te couvrant d’un linceul

 

Retrouver cet instant et un rire te vient,

Aux éclats étouffés, les yeux mouillés en coin,

Une joie inconnue car tu n’y avais droit,

Enfermé dans un être, il était loin de toi

 

Retrouver cet instant au chœur de cathédrale,

Lever les yeux aux cieux et découvrir le Graal,

Le grand jour de ta vie, une vie sans un voile,

Celui de la souffrance recouvrant les étoiles

 

Retrouver cet instant, le peindre sur des toiles,

Des milliers de jouissances qui pour toi se dévoilent,

Des pointillés d’amour pour tout ce t’entourant

Et tu découvres tout comme un petit enfant

 

le 18-7-2025

 

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administrateur théâtres

Spectacles

Un beau spectacle déambulatoire et …baroque : Le Bossu de Notre-Dame

  Quatrième année. Après les succès de La Guerre des boutons – Made in Belgium, La Belle et la Bête et Alice au pays des merveilles au Château de Rixensart, le nouveau spectacle de Damien De Dobbeleer, librement inspiré de l’œuvre de Victor Hugo, devient un conte moderne, plein de fosses et bosses, à la fois édifiant et moqueur. Une distribution pleine d’allant y croise quelques sillages inattendus d’humour belgo-belge plutôt rafraîchissant. Et bien sûr, quelques flambées d’anachronismes. Certains tableaux s’inscrivent même dans l’esprit des œuvres satiriques de James Ensor.

 

Le Bossu de Notre-Dame du 8 juillet au 9 août 2025

Trois hommes tombent donc en extase devant Esmeralda, la libre bohémienne, et c’est bien là, l’origine de leur tourment : Phoebus, prêt à renier, malgré une déclaration passionnée en langue d’Elvis, Fleur-de-Lys et ses bruyantes copines d’enterrement de vie de jeune fille. Frollo, cette figure fort trouble, juge, censeur, prêtre, assassin ? Et cet être difforme, ce Quasimodo, créature solitaire abandonnée à la naissance, qui appelle tout de suite à la compassion.

Les thèmes sont clairs : haine, vengeance, jalousie, orgueil, cruauté, mépris… mais aussi la solidarité, la compassion, l’écoute. Un véritable kaléidoscope de sentiments humains.

L’échafaudage narratif est parfois un peu branlant, mais il y a de l’audace dans la démarche, du courage dans les intentions. Les traits d’humour critiquent sans détour les dérives de notre société et frappent juste. Il y a aussi quelques lenteurs, certes, mais les messages circulent dans une atmosphère tout-à-fait bon enfant. Après tout, c’est l’été — et le public vient pour s’amuser.

 Les enfants, c’est la surprise. Ils participent au spectacle avec une énergie magistrale. Si jeunes, et déjà si déterminés : ils déclament, jouent, bondissent, s’approprient le texte avec brio et naturel. Trois jeunes rois mages ? Peut-être. Mais surtout une source de lumière, d’espoir, et de joie de vivre.

Pause. Et si…

Si ce spectacle était une nourriture ?

Ce serait une planche apéro.

Un animal ? Une fourmi.

Une musique ? Le chant des misérables.

Un pays ? Celui où l’on n’arrive jamais.

Une plante ? Les simples du cloître.

Une boisson ? Le verre d’eau rafraîchissant.

Un véhicule ? Les ailes du désir.

Une addiction ? Les champignons.

Une fleur ?  La fleur-de-lys rouge.

Une cloche ? Celle du bonheur.

Et fi donc !  des m'atuvus, des tribunaux ecclésiastiques, des policiers en mal de puissance, des surtouristes en visite guidée dans la Cathédrale, de l’anglais de bâtons de chaises du latin de cuisine ! La critique est omniprésente, et c’est tant mieux.

Continuons. Le Bossu de Notre-Dame résonne comme un hymne sincère à la différence. Merci les tambourins !

C’est aussi une fresque cruelle et sombre où la bonté est rare. Quasimodo, reclus difforme, mais au cœur immense, émeut plus qu’il ne suscite le rejet. Hélas ce n’est pas son âme que l’on juge, mais son apparence. On l’a méchamment hissé en roi grotesque, on l’a célébré comme une figure de foire en folie… avant de le rejeter comme un monstre qui dérange. Car, dès le début, ce carnaval cruel – cette inversion institutionnelle des normes – révèle avec brutalité le cœur insensible d’une société qui préfère le spectacle à la vérité, la norme à la nuance.

Et pourtant… tout au long du spectacle une main païenne ne cesse de se tendre. Celle d’Esméralda, libre et lumineuse, elle qui reconnaît en Quasimodo un frère d’exclusion et ne rêve que de Justice, condamnant avec force trucages et autres mascarades ! Marginalisée elle aussi, traquée pour ses origines, elle incarne la résistance. L’insoumise. Celle qui défie les hypocrisies.

Au diable les champignons ! Face à Frollo, incarnation glacée de l’ordre implacable, Esméralda danse et devient flamme et lumière. Elle sauve Phoebus avec ses herbes, elle ne sauve pas Quasimodo mais dans une scène inoubliable, par sa voix, son chant et sa danse, elle l’humanise, pour lui-même et aux yeux du monde. Le vrai miracle qui passe peut-être inaperçu.

En fin de compte même ce vrai roi titubant, ce maigre roi Louis XI, ce fondateur du royaume de France, haï par son propre peuple, appelle, lui aussi à notre compassion. La mise en scène souligne son air perdu et désespéré ! Quel triste sire, si fragile, sous le poids de sa gigantesque couronne ? Écrasé par sa fonction ? Qu’il est pathétique, le pouvoir en quête d’absolutisme ! Et si tristes, ses guerres ravageuses…

Mais si drôles les apparitions du piaffant cheval gris perle ! Les enfants …adorent !

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

vu le 25 juillet 2025

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INFOS PRATIQUES

Distribution

PRODUCTION, ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE : DAMIEN DE DOBBELEER
PRODUCTION ET COLLABORATION ARTISTIQUE : MELISSA LEON MARTIN
COLLABORATION DRAMATURGIE : SELMA ALAOUI
COLLABORATION ÉCRITURE : GERNOT LAMBERT
ASSISTANTE ARTISTIQUE / PRODUCTION : ROMANE GAUDRIAUX

ACTEUR.ICE.S : SARAH BER (ESMERALDA), BENJAMIN BOUTBOUL (QUASIMODO), DIDIER COLFS (FROLLO), NICOLAS KAPLYN (PHOEBUS), ERICO SALAMONE (LE ROI), AURELIE FRENNET (EDMONDE), PHILIPPE Brion, EDOUARD DIONNET, SEBASTIEN FILIPOZZI, EMILIE GRECO, RAPHAËL MEDARD, MARGAUX MONARD, MATTEO SALAMONE (JEHAN), MARIE TECK, Elise Villance

DANSEUSES : ARMELLE EYENGA, MAYLIS VITRAC
ACTEUR.ICE.S ENFANTS : ZAIA BOUTBOUL, THEA DE BOECK, OSCAR FRANEAUX-LEROY, MARGOT LARUEL-WEBER, JOANNE MARTENS, Tibère de Wilde d’Estmael

SCÉNOGRAPHIE CONCEPT : BENJAMIN MUZART, JULIA RENAUDOT
SCÉNOGRAPHIE RÉALISATION : CAROLINE LUMIA, Anatole Edelsztein, melissa Gaurat, louise Dupont

COSTUMES, MASQUES ET ACCESSOIRES : MARIA SPADA & AURÉLIE WEBER
ASSISTANT COSTUMES, MASQUES, ET TISSU SCÉNOGRAPHIE : BAPTISTE ALEXANDRE
STAGIAIRES COSTUMES : CLOVIS BRENEZ, NATHALIE VIALARION

CONSTRUCTION TECHNIQUE : PIERRE DURDUR, PHILIPPE BREMS
MAQUILLAGE : INÈS INFANTI, Florence Jasselette.
CRÉATION LUMIÈRES : JEROME DEJEAN
CRÉATION SONORE : LAURENT BEUMIER

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Marguerite Matisse : Livre

MARGUERITE MATISSE

Certaines existences se déploient dans la pénombre des projecteurs, à la lisière du génie et du silence. Marguerite Matisse, fille aînée d’Henri Matisse, appartient à cette constellation discrète et méconnue dont l’influence, pourtant essentielle, demeure souvent reléguée aux marges des histoires officielles de l’art. Muse, assistante et héritière, elle demeu-re l’exemple même de ces femmes invisibilisées par leur proximité avec un nom illustre. Pourtant, sa vie, tissée de dévouement, de culture et de blessures, mérite toute notre attention critique. Née en 1894, elle vient au monde lorsque son père se réinvente peintre. Enfant mélancolique à la chevelure sombre, elle apparaît dans de nombreux portraits, souvent grave, presque hiératique. Au-delà du rôle de modèle, une relation rare s’installe entre l’artiste et sa fille. Marguerite devient son regard, sa mémoire et son archiviste. Dans les années 1920, alors que son papa s’impose comme un maître du fauvisme, Marguerite participe de plus en plus activement dans la gestion de son patrimoine. Elle transcrit, organise et inventorie. Ce rôle d’assistante d’atelier ne se cantonne pas à cette fonction fille de. En 1943, dans la France occupée, elle entre dans la Résistance et rejoint le réseau Combat, sert d’agent de liaison et participe à plusieurs missions à haut risque. Arrêtée par la Gestapo en 1944, elle subit de tortures atroces et ne parle pas. Libérée in extremis, elle doit la vie sauve à ses compagnons d’armes. L'armistice la voit revenir aux affaires artistiques. Elle continue à veiller sur l’œuvre de Matisse, particulièrement après sa mort en 1954. Grâce à elle, de nombreux projets d’exposition voient le jour. Marguerite n’a jamais cherché la gloire, n’a jamais publié de mémoires et n’a jamais rien revendiqué. Isabelle Monod-Fontaine et Hélène de Talhouët dressent une biographie qui lui rend hommage. Un ouvrage qui contribue surtout à une meilleure compréhension de l’œuvre de son père.

Ed. Grasset – 384 pages

Paul Huet

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les secrets de la Mer Rouge : livre

LES SECRETS DE LA MER ROUGE

Réédité avec une préface éclairante de Loïc Finaz, ce texte emblématique retrouve sa vigueur et son pouvoir d’évocation. À la fois témoignage, roman d’apprentissage et chronique des marges, il relate le parcours d’un homme qui, à trente-deux ans, quitte une existence terne à Djibouti pour embrasser le tumulte d’une vie vouée aux flots, aux trafics et aux mystères d’une époque trouble. Il faut saluer cette initiative qui redonne souffle à une œuvre fondatrice de la mythologie maritime française. Henri de Monfreid n’écrit pas pour plaire. Il raconte, confesse et partage sans fioritures l’étrange destinée qui a été la sienne. Son style, sans être littéraire au sens académique, s’anime d’une sincérité brute, presque féroce, d’où en découle toute la force. La mer Rouge, personnage à part entière, impose sa loi. Elle se révèle tour à tour amante, ennemie et confidente. Elle accueille tempêtes, chasses à l’homme, marchés interlopes et trahisons.  Empreint d’une ambivalence permanente, le récit fait de l’auteur à la fois un hors-la-loi et un homme d’honneur, un contrebandier et un poète. Il se faufile dans des territoires où l’éthique vacille, sans toutefois verser dans le cynisme. Au contraire, une forme d’humanisme parcourt son écriture. Il observe, écoute et comprend.  À ce titre, son regard, bien que forgé dans un contexte colonial, échappe souvent à l’ethnocentrisme ambiant. Il ne s’agit pas ici d’un Occidental qui décrit les indigènes, mais l’homme qui vit avec d’autres hommes, dans une fraternité de circonstance née de l’aventure partagée. Constat qui modifie grandement les rapports ! Certains se souviennent encore de la série télévisée adaptée de son ouvrage, avec Pierre Massimi dans le rôle principal et soutenue par la partition du regretté François de Roubaix, disparu à trente-six ans.

Ed. Grasset – 400 pages

Daniel Bastié13670310095?profile=RESIZE_180x180

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Les nouvelles

Les nouvelles ne cessent de se succéder,
Parfois sources de joie, souvent de chagrins,
Il n'y a pas d'endroit sûr pour les éviter,
Fermer portes et fenêtres ne sert à rien !


GCM
Pensée du jour.26/7/2025

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administrateur théâtres

Le "Dragon " du théâtre du Parc part en voyage!

A vos agendas pour Le Vilar en 2026!

...Et en ce moment, au Festival de Spa!

"Hier soir, c’était la dernière du 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵 à Spa (01 > 17.08.2025)

Un conte aux allures fantastiques, un dragon à trois têtes, un chevalier, un chat qui parle… et derrière la magie, une charge puissante contre toutes les formes de tyrannie.
Ce spectacle est une douce claque, comme une alerte déguisée en fable.
Toutes les représentations ont affiché complet - un record d’audience sur un même spectacle dans l’histoire du Royal Festival. Mais au-delà des chiffres, ce sont vos messages et commentaires qui nous ont bouleversés. Le spectacle laissera une trace dans vos vies… C’est pour ça qu’on fait ce métier.
Parce que l’art nous aide à penser sans désespérer, à rêver sans fuir le réel. Parce que 𝑳𝙀 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵, écrit en 1943, parle aussi de nous, ici et maintenant.
Et parce qu’un enfant peut s’y émerveiller, frissonner, rire aux éclats, tandis qu’un adulte en capte les résonances plus sombres… c’est là toute la puissance d’un spectacle comme 𝑳𝙀 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵 🐉
Oui, la culture est essentielle. Elle nous rassemble, nous éclaire, nous remue. Et c’est à travers vos regards, vos émotions, qu’elle prend tout son sens.
 
 
 Prochaines représentations au Vilar à Louvain-la-Neuve, du 7 au 17 janvier 2026 🎯
 
 
Place Rabelais 51, Louvain-la-Neuve, Belgium
010 47 07 00
info@levilar.be
levilar.be
 
Le Dragon au mois de mai 2025, au théâtre royal du Parc 

Adaptation de Benno BESSON revue par Mireille BAILLY

Pour ce 1er mai, voici un brin de littérature jeunesse qui vaut la cueillette. A l’origine, « Le Dragon » une pièce fantastique, grave et burlesque, écrite en 1943 contre le totalitarisme et l’asservissement par l’écrivain russe Evguéni Schwartz.  Une création pour le théâtre Royal du Parc, réalisée par Axel De Booserré et Maggy Jacot, assistés par Julia Kay.

Vous allez voir ce que vous allez voir, c’est du pur cirque, du Grand guignol, une farce politique dont certains tableaux sont aussi monstrueux que les créatures de Jérôme Bosch… Une fantaisie héroïque ? C’est une féerie inversée, un cauchemar, certes, mais qui s’ouvre fort heureusement sur la lumière. C’est comme cela dans les contes. Et nous voici rassurés sur la nature humaine.

Comme dans le théâtre symbolique de Maeterlinck dans « L’oiseau bleu », une chatte au regard acéré prend la parole. Quel est son regard ? Serait-elle la seule à échapper au despotisme absolu qui semble régner depuis 400 ans sur ce pays imaginaire dirigé par un implacable Dragon ? Magnifique sous toutes ses formes, le regard qui tue, celui-ci se repait chaque jour de taureaux qui lui sont sacrifiés et chaque année, d’une jeune fille totalement résignée   dans l’accomplissement de son devoir. On pense à l’histoire du Minotaure, monstre dirigé par ses pulsions et ses instincts, mais vaincu enfin par le héros grec Thésée.

Avide de pouvoir et destructeur, ce Dragon n’a bien sûr rien des qualités protectrices que lui attribuaient les guerriers nordiques, rien des pouvoirs mythiques du prestigieux Dragon fêté par les cultures asiatiques … ni même la force et le courage du serpent à trois têtes, peint sur le bouclier d’Agamemnon.

Ce Dragon, décrit par l’auteur russe, incarne plutôt le Dracu roumain, tellement présent dans l’imaginaire de ce peuple, et cause évidente de tout mal. Nommer les choses aide parfois à les supporter. Utiliser la parole, c’est finalement déjà, un début de sagesse pour réussir à s’échapper d’un monde concentrationnaire, cimenté par la haine, l’oppression et la peur, et partant, privé de tout espoir de bonheur.

Dès le début du spectacle on se trouve au cœur de la menace de murailles mouvantes qui écrasent comme dans les mondes de Kafka ou d‘Edgard Poe. Des effets sonores et lumineux terrifiants vous remplissent d’effroi. Une prodigieuse bande sons, voix, lumières et vidéo est issue d’une équipe de choc : Gérard Maraite, Guillaume Istace et l’indispensable Allan Beurms qui mènent l’enfer dans un rythme oppressant.   Le but sera atteint, si ce dernier spectacle de la saison du théâtre du Parc, nous fait réfléchir à l’horreur du pouvoir absolu et du culte de la personnalité.

 De nouveaux despotes sont là et nos sociétés risquent même l’asservissement volontaire. Ecrivain de livres pour la jeunesse, E. Schwartz, rapidement censuré par l’administration de Staline, utilisait les vertus du conte pour critiquer le nazisme, afin de stigmatiser l’effroyable pouvoir stalinien.

Sur scène, les femmes empaquetées dans des tenues de Matriochka, mère et fille, telles des forteresses sur roulettes font frémir d’horreur.  Elles sont interprétées par Mireille Bailly et Elsa Tarlton, toutes deux, saisissantes de vérité. Les caricatures des différents personnages grimaçants évoquent un univers Ensorien: un bourgmestre ébouriffé et fou (l’incomparable Othmane Moumen), Henri, un fils absolument laid et fourbe, au service du fameux Dragon, prêt à sacrifier sa fiancée pour plaire à son maître. Ce même personnage endosse d’ailleurs de façon glaçante le rôle d’une espèce de Big Brother projeté sur écran, responsable d’une communication nauséabonde et de la propagande du pouvoir. Joué avec excellence par Thierry Janssen. Costumes, coiffures, maquillages, chorégraphie, tout se tient pour caricaturer l’atroce tyrannie.

Le seul humain qui nous ressemble est ce merveilleux Lancelot (Marvin Schlick), d’une beauté éternelle, intrépide, léger comme une plume libre, agile comme David… qui a décidé d’abattre la bête immonde.

On attend avec impatience la métamorphose de la jeune fille grâce à l’amour.  On revient à la vie devant l’aide providentielle de Dame Nature et des esprits de la forêt. Voilà le merveilleux de notre cher Maeterlinck à nouveau à l’œuvre dans un jeu de décors inoubliables. Sans doute que nos artistes belges transportent cet esprit dans leurs veines… Un vrai ravissement.

Mais l’histoire est loin d’être réglée après l’épuisante victoire du héros professionnel… Attendez-vous au pire du pire…

Comprenez que le pire c’est la parole définitivement confisquée, et cette ville entière qui s’est prosternée devant ce Dragon. Un assoiffé du pouvoir qui a réussi à s’imposer comme bienfaiteur de l’humanité grâce à la manipulation maléfique de la langue et autres détournements de la vérité. Une langue assez simpliste véhicule ce spectacle, illustrant d’ailleurs les terribles avertissements de Georges Orwell. Mais pour réellement accrocher le spectateur, ne faudrait-il pas un discours encore plus mordant, pour ne pas rater la cible historique du crime stalinien?

Heureusement la distribution flambante est là, toutes griffes dehors pour faire du spectacle une croisade contre l’ensauvagement de notre monde. Les grands favoris de la scène du Parc sont fidèles au rendez-vous : en tête, le très méphistophélique  Fabian Finkels dans le  formidable rôle du Dragon,  avec l’insaisissable Julien Besure  tantôt le Chat, tantôt un citoyen, et  l’effarante comédienne de talent légendaire,  Karen De Paduwa, tour à tour ministre des prisons, Berthe, l’amie d’Elsa, une artisane et l’enfant citoyen.

 

Dans le miroir tendu, chacun peut y voir tout ce qu’il veut y voir : toute une monstruosité en marche, ou une fiction pour la jeunesse pour leur faire aimer le théâtre …. C’est selon, mais une œuvre vraiment utile en nos temps d’absurdité profonde et de libertés insidieusement assassinées.

 

Dominique-Hélène Lemaire , Deashelle pour le réseau Arts et lettres 

Photo@Aude Vanlathem

LE DRAGON – Théâtre Royal du Parc

Théâtre Royal du Parc
Rue de la Loi, 3
1000 Bruxelles
02 505 30 30

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administrateur théâtres

Ténébreuse Rebecca sous le ciel bruxellois

Spectacles

On se souviendra de Rebecca à Bruxellons! 2025

Été 2025. Rebecca, roman bouleversant de Daphné du Maurier (1938), s’incarne dans la cour du château du Karreveld en un thriller musical psychologique flamboyant… daté de 1925. cela fait juste juste 100 ans… Comme pour un envoûtement!

La Belle Époque en version cauchemar ?  Véritable coup de maître, cette création mondiale en français, est la pièce de résistance du 27e Festival Bruxellons!. Elle est portée par un collectif de 21 artistes hors du commun.

Rebecca, c’est l’histoire centenaire d’un fantôme. Et comme tous les bons fantômes, elle ne se montre jamais — mais hante chaque espace, de Monte-Carlo à Manderley, lieu mythique des Cornouailles.

Comme un opéra. La partition puissamment évocatrice de Sylvester Levay et le livret de Michael Kunze, adaptés avec finesse en français par Stéphane Laporte, s’unissent dans une narration à la fois élégante et glaçante. De la fine gastronomie pour les gourmands de musique et de suspense.

Coup de foudre. Une jeune femme sans nom, au propre comme au figuré — cheveux courts et soulier léger, dame de compagnie de son état — séduit par son innocence et épouse Maxim de Winter, veuf énigmatique de Manderley. Mais la défunte Rebecca, mystérieuse première épouse au pouvoir despotique, semble bien décidée à ne pas quitter les lieux — ni les cœurs. Surtout celui de sa gouvernante, figée dans la haine du changement. Mrs Danvers.

L’orchestration, magistrale – mais où sont-ils donc ? Protégés de la pluie? – est dirigée par Laure Campion et fait vibrer le décor. Comme le souffle puissant de la mer qui bat les récifs du domaine maudit.

L’esprit du large…Une mise en scène portée avec grandeur par Marina Pangos et Jack Cooper qui dessinent avec passion un récit visuel et dramatique d’une intensité rare. Les changements de décor et de scènes s’enchaînent, tels des feux d’artifice. On passe de surprise en surprise à travers une série de tableaux que l’on rêve de photographier. Il y a ce ballet perpétuel de  dizaines de personnages en mode chantant. Ils dansent, virevoltent, flamboient et chantent tout à la fois en jonglant avec leurs accessoires. Avec une insatiable énergie et une précision millimétrée. De la beauté scénique en mouvement qui résonne avec la puissance d’un chœur d’opéra. Et quels costumes ! À chaque instant, de la magie. Merci Jack ! Ils sont signés Béatrice Guilleaume.

Le décor de Sylvianne Besson évoque bien sûr les falaises romantiques, lieux de vertige et de destin, sur lesquelles s’adossent les portes de l’enfer-Manderley : pilastres rouge sang, lambris aux airs mauresques, perspectives brisées… De part et d’autre, deux grandes volées d’escaliers : rêve ou cauchemar ? Elles semblent tour à tour surgir ou disparaître tant l’action au centre de la scène capte le regard ! Et surtout, tout en haut de l’ouvrage, il y a cet immense portrait, lacéré, celui de Rebecca, suspendu comme une malédiction au-dessus du grand escalier. Quel couteau a osé le crime ?

Les jeux de lumière de Laurent Kaye dissèquent l’action comme un entomologiste, toujours en phase avec cette chorégraphie obsessionnelle et sublime de Kylian Campbell. Sommes-nous au centre d’un cerveau torturé ? D’un envoûtement? L’action est un labyrinthe… Y aura-t-il une issue ? Une métamorphose ?

Un univers de personnages fantastiques. Jeremy Petit donne à l’âme tourmentée de Maxim de Winter des contours de vase brisé. Sa douleur, retenue mais très palpable, esquisse une humanité blessée, dans la plus pure tradition romantique. Sa voix est sculptée par le rôle. Et pourtant, l’or pour recoller ces profondes fissures est là, à portée de voix, à deux pas…

Cheveux courts et plats, Laura Tardino, en tenues fluides pastel, incarne l’héroïne sans prénom avec une justesse  émouvante : de l’effacement initial à la lumière reconquise. Un « je » fragile, qui apprend à se conjuguer dans les abandons, les silences, et les révélations. Mais c’est l’illustre plante vénéneuse qui fascine : Liesbeth Roose, en Mrs Danvers. Toute vêtue de noir d’Espagne, la sombre duègne s’empare de la scène comme une ombre maléfique. À chacune de ses apparitions, le temps se fige, les dos se courbent. La voix étrange et pleine distille la peur, la menace, l’obsession.  Magnétique, son solo « Rebecca » est un cri glacé d’adoration morbide. Suspense entre beauté et terreur.

Au sein du casting affûté, on trouve encore une série de rôles admirablement ciselés.

 Extravagante,Marie-Aline Thomassin, en comédienne de boulevard, fait de Mrs Van Hopper une caricature grandiose, burlesque et jubilatoire. Quel bonheur, l’exagération épique !

Nathan Desnyder incarne Jack Favell pourtant interdit de séjour au château. Manipulateur en diable, jusqu’à l’absurde – avec son costume de soirée orange final. Un hasard ? Escroc flamboyant et décomplexé ? Miroir des péchés capitaux ? Make Mandalay great again ! Cynique, il ne souffre d’aucune honte.

  Enfin, un peu de bon sens, avec Damien Locqueneux et Raphaëlle Arnaud. Ils forment le duo apaisant de Béatrice et Frank dans ce fabuleux tumulte. Du même ordre, ces deux pépites de l’art des planches – à la justesse de ton remarquable- qui complètent à souhait cette superbe comédie humaine: Mathias Fleurackers (Ben) et Laurent Kiefer (le colonel Julyan). Ainsi, le bonheur est dans la salle. Pardon, sous le ciel estival de Molenbeek.

Cette version Bruxellons! très illustrative de l’esprit du roman, est aussi renversante que les flammes d’ Autant en emporte le vent. Mais de surcroît, la métaphore scénique célèbre les identités effacées, les amours figées, les maisonnées hantées par les non-dits, les traumatismes savamment enfouis Et quand la scène s’embrase – littéralement – on comprend que Rebecca a en fait le dernier mot… un mot désespéré et rageur de vraie sorcière.

La porte de l’enfer s’ouvre enfin. Vers la mer. Vers les libres horizons. Ensemble ? Allez, On embarque ?

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

vu le 22 juillet 2025

Rebecca Mise en scène de Jack Cooper et Marina Pangos
Direction musicale de Laure Campion – Chorégraphies de Kylian Campbell
Une Coproduction de Bulles Production, de Cooper Production et du Théâtre Le Public
Avec l’autorisation de Vereinigte Bühnen Wien
25 représentations  A partir du 11 juillet 2025 

Avec Bruxellons!

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Dans une main

Dans une main

 

Dans une main il y a toi,

Faisant un signe de ton moi

Vers ce miroir, ne jouant pas,

Il est sans teint, direct et froid

 

Dans une main un au revoir,

Disant adieu au dérisoire,

Encore raté ce dernier train,

Désorienté, pas très malin

 

Dans une main ton avenir,

A l’horizon de tes désirs,

Désirs d’enfant, marelle en croix,

Sautant la corde, avec ta foi

 

Dans une main tu tiens ta canne,

Un peu Charlot, un peu Dali,

C’est l’addition de mes survies,

Je suis vivant, un peu en panne

 

Dans une main ce petit point,

Un grain de sable, un petit rien,

Combien de temps pour le connaître,

Comment, pourquoi, qui l’a fait naître

 

Dans une main, dans nôtre main,

Nous en sommes un dans l’univers,

Dans chaque main un petit lien

Avec sa mère et puis son père

 

le 19-6-2025

 

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