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RENCONTRE : FRANÇOISE VAN HERREWEGHE

RENCONTRE : FRANÇOISE VAN HERREWEGHE

Françoise Van Herreweghe a suivi un cursus artistique avant de s’installer à Paris. Depuis bientôt quarante ans, elle y réside, travaille dans un musée et rédige de la poésie, dont deux recueils ont fait l’objet d’une publication. Des livres qui nous invitent à regarder l’univers au travers de ses manifestations profondes, étranges et symboliques. Ce prisme sensible laisse percevoir une vision où des mondes sont créés, ceux que nous pouvons dans notre imaginaire baigner de forces vives. Rencontre.

 

Quelle est votre formation ?

J’ai terminé mes études dans l’apprentissage du dessin à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles au milieu des années 1980. Les cours généraux étaient assurés, notamment, par Pascal Vrebos, alors fort jeune professeur de sémantique et pas encore vedette à la télévision belge, ainsi que par Guy Gilsoul, critique pour l’hebdomadaire Le Vif/L’Express, chargé des cours d’histoire de l’art et d’esthétique. Les ateliers étaient assurés, entre autres, par les peintres Marianne Dock et Charles Szymkowicz. Une solide formation ! Ensuite, je suis montée à Paris pour suivre des cours d’art dramatique et vivre un nouveau chapitre.

 

Que lisiez-vous étant jeune ?

J’ai commencé par la Comtesse de Ségur avec Les mémoires d’un âne, auteure qui avait le don de mettre en place des histoires qui parlent aux enfants, avec des personnages attachants. On l’oublie aujourd’hui mais, à l’époque, tous les jeunes connaissaient et aimaient ses ouvrages, qui étaient régulièrement adaptés pour le cinéma et la télévision. Plus tard, je me suis nourrie de Balzac, Stendhal et Flaubert, des classiques qu’il faut lire au moins une fois dans son existence. Ensuite, il y a eu la découverte de Patrick Modiano, dont je peux dire que j’ai lu tous les livres. Pour moi, il est l’auteur du temps qui passe et ses romans dégagent un fort sentiment de mélancolie traversé de nostalgie. Je n’oublie pas de citer Françoise Sagan avec Bonjour Tristesse, une femme exceptionnelle au destin tragique, et une poignée d’écrivains dont l’importance reste majeure : François Mauriac. Georges Duhamel, Julien Green, Ernest Hemingway, Somerset Maughan et ses nouvelles, Henry James et Arthur Rimbaud, le voyant par excellence, le grand novateur dans le domaine de la poésie, celui à qui toutes celles et tous ceux qui font de la versification doivent énormément.

 

Jean Cocteau et Serge Gainsbourg vous ont toujours fascinée.  De quelle manière vous nour-rissent-ils ?

J’ai découvert Jean Cocteau très jeune avec le film La Belle et la Bête, un long métrage magique dont le succès doit énormément au jeu de Jean Marais et Josette Day. Une réalisation en noir et blanc de toute beauté, inventive, intemporelle et qui m’a marquée pour longtemps. Puis, sont venus ses livres.  Il s’est imposé à moi par son univers décalé, irrationnel et sa poésie qui ne fait jamais joli ou touchant, mais qui se révèle âpre. En cela, il rejoint les surréalistes, tout en demeurant une personnalité inclassable. Je l’ai toujours considéré comme faisant partie de ma famille. A part La Belle et la Bête, plusieurs de ses autres films m’ont fascinée par leur esthétique singulière et leur découpage. Je retiens particulièrement Orphée et Le Testament d’Orphée, ainsi que Les Enfants Terribles. Des créations portées par une liberté absolue de style. Admirer un artiste ne s’explique jamais ou presque jamais. Quant à Serge Gainsbourg, il m’a accompagnée au cours des années 80, durant lesquelles je découvrais ses chansons des années 70 que j’adore toujours, en passant aussi par ses musiques de film. Comment se lasser du mythique Melody Nelson, album concept à l’époque incompris, et de L’Homme à la Tête de Chou ? Son écriture m’a beaucoup influencée, lorsque j’ai commencé à écrire quelques chansons vers quatorze ans. Cela devenait comme une école. Son exemple m’a appris l’exigence, la musicalité et la combinaison des mots. Surtout la recherche du mot exact comme il disait et j’ai toujours eu cette volonté de cibler une exigence. Tous deux continuent de m’inspirer et font partie de ma vie. Ils seront toujours là ! Présents et distants. Ils ne m’envahissent pas, mais sont près de moi comme des ombres tutélaires.

 

Pourquoi avoir emménagé à Paris au milieu des années 80 ?

J’ai toujours su depuis l’enfance que je ne resterais pas en Belgique. Mystère de l’intuition. Et Paris apparaissait telle une évidence ! On y parle le français, puis cette ville se singularise par son côté paillette, son Histoire et ses promesses. Comme si je retrouvais quelque chose de familier là-bas ! Une ville, c’est une rencontre. Elle est aussi celle du cinéma, où tous les vieux films que j’ai vus avaient été tournés. Mes attentes n’ont pas été déçues et je suis encore éblouie par Paris ! Je passe et repasse par les mêmes endroits avec la même admiration intacte. Bruxelles est mon enfance, mes parents, ma famille. Un rivage lointain, des souvenirs !

 

Avez-vous quelques anecdotes sur votre arrivée à Paris ?

Le jour de mon départ, le 4 janvier 1987, tout était figé par la neige et les trains ne pouvaient pas assurer le transport des voyageurs. Il a fallu partir en car. Ma mère m’avait accompagnée et m’avait regardée partir. Je vivais beaucoup plus l’instant présent qu’aujourd’hui. Seulement plus tard, on mesure les actes. J’allais dormir chez un ami, colocation, études de théâtre au Cours Florent, jobs occasionnels et promenades sur les quais de la Seine avec les premiers walkmans à cassettes de l’époque.  Et j’écoutais quoi ? Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Etienne Daho !

 

A l’époque, les Belges n’étaient pas encore des vedettes dans l’Hexagone. Quel regard les Parisiens portaient-ils sur eux ?

Oui, il y a une belle évolution des Belges à Paris ! Très tentant pour les acteurs francophones d’émigrer là-bas. Pour faire carrière, rien ne vaut cette capitale, qui peut ouvrir les portes du septième art, de la pop et des théâtres pour les gens talentueux. Ce qui représente la Belgique plaît maintenant beaucoup. Mes compatrio-tes possèdent une espèce de singularité presque exoti-que pour les Français, une sorte de surréalisme typique et un sens de l’autodérision qu’on rencontre fort peu ailleurs. Nous sommes voisins, si proches et, cepen-dant, tellement différents. En ce qui concerne les artistes qui ont réussi à Paris, ma préférence va à Benoît Poelvoorde et à Cécile de France.

 

Dans votre vie active, vous avez sans cesse cherché un rapport avec l’art. Quels métiers avez-vous exercés ?

J’ai beaucoup travaillé avec Virgin, grand distributeur dans le domaine des loisirs avec de la musique, du cinéma et des livres. Une émulation naît forcément dans ces lieux vibrants et énergiques, où l’on peut faire des rencontres étonnantes avec des artistes. Les mu-sées ont toujours été pour moi des lieux de prédilection où, parfois, on peut presque se recueillir comme on le fait dans une église. Actuellement, je travaille aux Archives Nationales, un endroit ayant appartenu à certaines grandes familles de la noblesse au XVIIIème siècle. Il s’agit d’un lieu à la fois de transmission et patrimonial, où l’on guide les gens vers une connaissance de l’archive depuis le début du XIXème siècle sous Napoléon 1er. Des grands salons baroques accueillent le public en plein centre du Marais, où ont vécu les princes de Rohan-Soubise.

 

A quel moment avez-vous cherché à vous faire publier ?

En 2013, je me suis lancée dans l’autoédition pour Opus Focus. Ensuite, en 2018, pour la seconde version de ce livre, j’ai été acceptée aux Editions Unicité. Ma poésie n’est pas en vers et, même si je conserve le principe des strophes, elle dégage une grande liberté dans les rimes, que je ne veux pas trop régulières ni répétitives. Disons, alors, de la poésie en prose ! J’aime aussi les sonorités heurtées et les associations incongrues. Je m’éloigne du lisse. Disons que je privilégie les aspérités !

 

A quel type de mouvements rattachez-vous votre poésie ?

Elle se trouve en résonance avec le symbolisme et le surréalisme, une frontière floue entre le visible et l’invisible, pour frôler le mystère autant que les jeux d’ombres et de lumières. L’inconscient y règne en maître, l’enfant chéri des surréalistes !

 

Cherchez-vous à faire passer des messa-ges ?

Non, surtout pas et je détesterais ça ! C’est toujours un peu présomptueux, les messa-ges. Je ne souhaite pas expliquer quoi que ce soit et chacun est libre de trouver telle ou telle signification à laquelle il peut s’amu-ser à faire référence. Une fois publié, mon recueil passe librement entre les mains de chacun, qu’il aime ou non.

 

En quelles circonstances, le comédien Jean-Claude Dreyfuss a-t-il déclamé votre recueil ?

Je l’ai rencontré lors d’une de ses représen-tations au Théâtre Rive-Gauche, où il jouait avec Francis Huster La trahison d’Einstein. J’ai trouvé un lieu qui s’appelait “Le Caba-ret du Néant“, l’ancêtre d’un cabaret du même nom fondé en 1892 sur le boulevard de Clichy, où ont trôné les célèbres cafés baptisés “L’Enfer“ et “Le Paradis“. Je me suis dit que cette adresse lui correspondrait bien et, pour ma part, il était dans la veine surréaliste. Jean-Claude Dreyfuss a dit les poèmes et ne les a pas déclamés. La déclamation est une expression du texte qui est forcée, emphatique et vue, aujourd’hui, comme péjorative. J’en garde un souvenir ébloui et, en même temps, ce moment ne m’a pas semblé réel. Je me sentais trop à distance de ce qui était en train de se passer. Sinon, je conserve une très grande reconnaissance pour le public qui est venu découvrir mon travail et envers Jean-Claude Dreyfuss qui s’est montré d’une belle générosité à mon égard.

 

De quoi parle Opus Focus ?

Opus Focus est un défilé de tout ce que j’ai écrit, avec des textes parfois très anciens, dont quelques-uns ont été retravaillés et corrigés. Ce livre parle énormément de la nature, la principale inspiratrice, et aussi de tous ces arrière-mondes qui habitent souvent l’écriture. Le titre signifie musique et image.

 

Il y a un autre ouvrage intitulé The Speed of the Horses. Pourquoi la langue de Shakespeare ?

The Speed of the Horses, que je traduis littéralement par La vitesse des chevaux, est à ce jour mon deuxième opus littéraire publié. Le cheval est un symbole d’énergie et de force dans la mythologie. Je crois qu’il fait partie des animaux psychopompes aussi, capables de conduire les âmes des morts vers leur destination. Petit clin d’œil aux Rolling Stone, ces textes en anglais sont des chansons inspirées par la pop anglaise des années 70 et 80, mais nés de leur musique et non de leurs lyrics, à l’exception de The Pink Floyd, David Bowie et Jim Morrison. Ces trois-là possèdent un univers très singulier, sombre et lumineux. Ils ont osé écrire des textes irrationnels, loin de toute histoire narrative. On trouve également dans ce recueil quelques adaptations de mes textes en français. Adapter et non traduit car, en poésie, il est pratiquement impossible de respecter le sens ou la sensation si on s’attache à traduire mot à mot. Surtout dans la langue de Shakespeare, qui est par nature plus abstraite que le français et donc plus évasive !

 

Entretenez-vous encore des liens avec Bruxelles ?

Evidemment, car elle reste la capitale de ma naissance, de mon enfance et de ma scolarité. Les racines restent très fortes même si j’ai rêvé de m’en éloigner. J’y possède encore un reste de famille et quelques connaissances. Quand j’y reviens, j’ai la sensation d’un retour en eau froide, parfois aussi ! La vitalité y est tellement différente de celle qui anime Paris et de ce que j’y vis !

 

Retrouvez Françoise Van Herreweghe sur le site www.editions-unicite.fr

Propos recueillis par Daniel Bastié (article publié dans Bruxelles Culture)

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C'est ainsi

Naître, vivre, mourir, encore et toujours,
Rien de compliqué pour nous tous et pourtant,
Ce qui est simple devient langage de sourd,
Le mot " ainsi " s'avérant très insuffisant !


GCM
Pensée du jour.23/6/2025

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Les feuilles

Les feuilles

 

Toutes les feuilles volent des branches ou des carnets

Et les mots de la vie un jour sont détachés,

Le temps de la mémoire restera dans nos cœurs,

Notre arbre enraciné porte en lui cette ardeur

 

Toutes les feuilles volent et leurs traces d’amour

Tourbillonnent aux saisons, au tempo des toujours,

Les modes tourneront, tout recommencera

En éternel refrain et ça continuera

 

Toutes les feuilles volent, emportées par le vent,

Il fait tourner les robes, pousse les goélands,

Changer d’âme les mouches, trouver un autre amant,

Flirter sur les réseaux jusqu’à faire des enfants

 

Toutes les feuilles volent et dans tous les pays

La toile est d’araignée cueillant des graffitis,

Certains regrettent ces vagues, redoutant la marée,

Notre terre est fertile et tient bien la forêt

 

Le 15-4-2025

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Se revoir

Quand frères ou soeurs longtemps vivant éloignés,
A la courte vie s'y voient confrontés,
S'appellent, ont envie de se retrouver,
Et rejouer rires, éclats du temps passé !

GCM
Pensée du jour.16/6/2025

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Le sérieux

Le sérieux

 

Rien n’est vraiment sérieux,

Là je suis très sérieux,

Ni la mort, même Dieu,*

Ne sois plus malheureux

 

Décroche donc tes masques,

Rôdant dans ta volière,

Surtout le tien qui braque,

Il n’a plus de mystères

 

Rien n’est vraiment sérieux,

L’univers, l’infini,

Tu en as plein les yeux

Et ce beau paradis ?

 

Surtout pas cet argent

Qui fait courir les gens,

Ne cherche pas non plus

A être reconnu

 

Rien n’est vraiment sérieux,

Ni ton père, ni ta mère,

Ils sont déjà au cieux,

Qui en parle sur terre ?

 

Profite de l’instant,

A l’horizon terrasse

L’oiseau de l’inconscient

T’a trouvé une place

 

Rien n’est vraiment sérieux

A part ton goéland,

Il est ton âme et Dieu

Celle de toi enfant

 

le 16-5-2025

 

*Le vieux barbu

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Chers artistes, amies, amis, collectionneurs et habitués de notre galerie,

Cette fête afin de remettre gracieusement les deux derniers volumes, nouvellement parus, aux artistes ayant bénéficiés d’un article d’art sur leurs expositions en 2023/recueil n° 12 Tome I & II. Ainsi que les six diplômes d’art aux artistes sélectionnés par un jury de professionnel.

La collection « États d’âmes d’artistes » reprend ainsi dans 14 volumes 164 artistes peintres, sculpteurs et photographes ayant exposés dans la galerie entre 2012 et 2023 et publié par « Les Éditions d’Art EAG » !

 

Lien de l’annonce de la remise des recueils 2025 :

https://www.espaceartgallery.eu/la-8e-fete-de-remise-des-publications-2023-relatives-au-travail-de-fond-de-la-galerie-aura-lieu-le-samedi-31-mai-2025-de-18h-30-a-22h-00/

Lien du reportage photos sur la remise des recueils 2025 :

https://www.espaceartgallery.eu/la-galerie-a-le-plaisir-de-vous-presenter-son-reportage-photos-lors-de-sa-8e-fete-de-remise-des-recueils-et-diplomes-du-31-mai-2025/

 

Lien vers la page événements actuels et à venir :

https://www.espaceartgallery.eu/category/evenements/

Lien vers la présentation des espaces et des artistes :

https://www.instagram.com/espace.art.gallery/

 

Lien vers le plus grand Rooftop d’Europe !

https://www.58.brussels/

Situé au cœur de Bruxelles, entre le célèbre quartier Sainte-Catherine et celui de la Bourse, et à deux pas de la Grand-Place, le plus grand bar/restaurant et espace événementiel d’Europe, ouvert toute l'année, en extérieur comme en intérieur, sera ravi de vous accueillir pour offrir à vos invités une vue à 360° sur Bruxelles avant ou après votre visite !

Lien vers cette plateforme touristique où la galerie est présente :

« autres activités » +  https://www.kayak.fr/Brussels.32869.guide

Lien vers le nouveau Centre d’art dans le quartier :

https://cloudseven.be/home-of-frederic-de-goldschmidt-collection/

Situé au centre-ville dans le quartier bruxellois de la mode et du design. 

Lien vers Bruxelles bouge comme le prouve cet article :

https://www.visit.brussels/en/professionals/news-articles-insights/why-brussels-is-your-mice-destination

 

Bien cordialement,

Jerry Delfosse

Galeriste

*

Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,

Les Éditions d’Art EAG & EAG Studio’s

Co-fondateur et propriétaire du réseau Arts et Lettres 3.0

Administrateur général

Président de jury pour décerner un diplôme d’art

Membre d’un jury international à Corsica Art Fair

*

Rue de Laeken, 83 à B 1000 Bruxelles - Belgium

GSM: 00.32.497. 577.120

eag.gallery@gmail.com

https://www.espaceartgallery.eu/

https://artsrtlettres.ning.com/

https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu

https://www.instagram.com/espace.art.gallery/

https://www.linkedin.com/in/jerry-delfosse-espace-art-gallery/

Lien pour visionner les 225 vidéos et 99.000 vues sur YouTube

https://www.youtube.com/@espaceartgallery4966

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J'aimerais vous parler d'une découverte, ou plutôt, d'une redécouverte, grâce au bel article de Véronique Bergen : "La littérature ou l'infini de la Baleine blanche ", article consacré au livre de Myriam Watthee-Delmotte : " Indemne . Où va Moby Dick ?" et paru dans "Le carnet et les instants", le 22mai 2025. "Au travers d'Ishmaël  le témoin, écrit l'autrice, au travers de la voix de celui qui est l'indemne - et non l'innocent ou l'intact , souligne-t-elle, les dix-sept chapitres interrogent sur la place de la littérature dans nos existences, ses sortilèges, les puissances, les affects qu'elle nous lègue"

Je parlais de redécouverte...Moby Dick , comme d'autres "classiques" a fait partie des découvertes ,des lectures, dès mon enfance.  Non pas grâce à une édition "Jeunesse",mais parce que  le livre était là, dans la bibliothèque familiale et qu'il nous était raconté, le soir, avant de dormir....Contrairement au "Merveilleux voyage de Nils Olgersson à travers la Suède" , qui se trouvait à deux pas et qui me faisait rêver, je trouvais cette histoire sombre et dangereuse. Achab était un personnage de conte, entre l'Ogre et Barbe bleue et, la Baleine blanche, un monstre issu des profondeurs, comme le poulpe géant de "Vingt mille lieues sous les mers"...D'autant plus que les illustrations que nous appelions "images" étaient , paraît-il, réalisées à l'encre de Chine, la Chine du "Lotus  bleu" et de " je- vais- vous-couper-la -tête", ce qui ajoutait au mystère, à l'inquiétude...

Comme dit si bien Herman Melville :" J'ai voyagé entre les océans et les bibliothèques".

Depuis les éditions complètes jusqu'aux éditions expurgées ou adaptées , depuis les déboires, les découvertes, les rencontres et les commentaires  d'Ishmaël, en passant par les cartons poussiéreux de l'oubli ou de l'indifférence et les moments passés en servant de cale-meuble ou de piédestal, le livre d'Herman Melville traverse les époques, traverse la vie, nous fait part de ses réflexions et de ses états d'âme... Enfin, son havre de paix, inconnu et inattendu, hors de toutes cartes, se trouve être , à la fois,un endroit de rencontres, de dialogue et de repos. 

Ishmaël doit sa survie en mer  au cercueil de son ami, auquel il s'est accroché :" Les requins ,paisibles,glissaient à mes côtés et les aigles sauvages de la mer avaient le bec au fourreau...".Il est le seul témoin, il s'auto-investit d'une mission. Et, comme le dit si bien Véronique Bergen :" Tout témoin a besoin d'un témoin. Le mousse du Pequod a besoin du mousse d'un navire nommé littérature. Myriam Watthée-Delmotte est ce mousse dont Herman Melville n'a pas écrit la partition".

  " Avez-vous terminé ? demanda doucement don Sebastian                                                                                                                                                                                                            Oui senor                                                                                                                                                                                                                                                                                 Alors, dites-moi, je vous prie , si,  en votre for intérieur, vous êtes bien convaincu que cette histoire est vraie pour l'essentiel.  . Elle est si extraordinaire, la tenez-vous d'une source sûre, pardonnez-moi si j'ai l'air d'insister" .                                                                                        

- " La littérature ou l'infini de la Baleine blanche"  - Véronique Bergen. "Le carnet et les instants", 22mai 2025.                                                                                                                       

-" INDEMNE   Où va Moby Dick ?"        - Myriam Watthee-Delmotte  -Illustration de couverture Christophe Chabouté  . - ACTES SUD 2025. 

-"Moby Dick ou le cachalot " - Quatro GALLIMARD.

-" Moby Dick" - Herman Melville.   GF Flammarion.

.

                                                                                

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

                             "

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Train de nuit

Train de nuit

 

Comme un train dans la nuit

A emporté ma vie

Sur les rails des envies,

Brûlant mes utopies

 

Au tempo de mon cœur,

A des deux cents à l’heure,

En reflet mes mémoires

Sous un tunnel, trou noir

 

Comme un train dans la nuit

Dans les étoiles du ciel,

Il sonne déjà minuit,

Amour et septième-ciel

 

Au fond de ma couchette

Rires stridents des mouettes,

Je suis en bord de mer,

Seul dans cet univers

 

Ce beau collier serpente au cou,

Roulant autour de mille feux,

Pierres enflammées, éclats de fou,

Elle rejoint mon songe bleu

 

Comme un train dans la nuit,

Ce serpent qui s’enfuit,

Roulant aux alentours

Où se lève le jour

 

A travers les villages,

Le soleil, les nuages,

Je roule après ma vie

Jusqu’à mes paradis

 

Ce beau collier serpente au cou,

Roulant autour de mille feux,

Pierres enflammées, éclats de fou,

Elle rejoint mon songe bleu

 

le 21-4-2025

 

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Dans la rue de l'amour

Dans la rue de l’amour

 

Dans la rue de l’amour il y a la douceur

Des mots, des graffitis, très souvent en couleurs,

Les fenêtres ouvertes sur les enfants jouant

Et des personnes âgées assises sur un banc

 

Dans la rue de l’amour il y a du printemps,

Avec des robes claires et les yeux des amants,

Un accordéoniste qui aspire le tempo,

Tous les jours de marché des rires à pleines dents

 

Dans la rue de l’amour il y a le soleil

Sur la mer et la plage, dans la marelle du ciel

Et des rondeurs partout jusque dans le sommeil

Et le cœur explosant, comme s’il partait au ciel

 

Dans la rue de l’amour l’handicapé revit,

L’aveugle enfin les voit ses désirs, ses envies,

Les animaux nous parlent de leurs émois profonds,

Nous somment un peu leur dieu, eux aussi ils le sont

 

Dans la rue de l’amour sont tous nos paradis,

Ils sont si personnels qu’on ne veut leur avis,

Que personne n’imagine lequel est le plus beau,

Alors on dort en paix, do ré mi ré mi do

 

le 12-4-2025

 

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JOSÉ DUCHANT, PROFESSION PICKPOCKET (livre)

Dans l’univers du spectacle, les artistes brillent par leur voix, leur gestuelle ou leur humour. Puis, il y a ceux qui étonnent par leur adresse. José Duchant fait partie de cette deuxième catégorie. Artiste belge singulier, il a débuté comme magicien, avant de devenir le roi des pickpockets de scène. Un art délicat qui mêle théâtre, prestidigitation, psychologie et sens aigu de l'observation. Fort vite remarqué, il développe une fascination pour cette technique et enthousiasme le public qui n’en revient pas.  Rien ne lui résiste. Bagues, colliers, pochettes, paquets de mouchoirs, portefeuilles ou lunettes, tout est subtilisé en une fraction de seconde ! Mieux, il comprend que pour captiver les spectateurs, il ne suffit pas d’être habile. Il importe aussi de faire preuve d’élégance, de drôlerie et de respect. Les producteurs se l’arrachent et le voilà parti pour un tour du monde des enseignes les plus prestigieuses. L’occasion de se lier d’amitié avec les vedettes de l’époque : Annie Cordy, Lucienne Boyer et bien d’autres. Ses exploits scéniques résident dans la manière, jamais brusque et toujours fluide, de s’emparer d’un objet comme s’il avait quitté son propriétaire de son plein gré. À la fin du numéro, tout est évidemment restitué sous les rires et les applaudissements. Sa recette tient dans l’art de tromper les gens tout en créant de la complicité. Là où le citoyen lambda se verrait condamné par la justice, notre artiste accueille les ovations de toutes parts. Parler de sa trajectoire consiste à cadrer le rétroviseur en direction de sa petite enfance, dans un milieu catholique assez strict qui ne voyait pas l’un d’entre eux embrasser le métier de saltimbanque et s’exhiber sur les planches. Tout cela allait bien sûr sans tenir compte de l’avis du principal intéressé. A savoir, le petit José qui se passionnait littéralement pour la magie et … les miracles des Evangiles ! A force d’obstination, il a tenu la barre en cherchant à se perfectionner davantage. Pour réussir, il devait être l’égal des meilleurs, voire les surpasser ! Michel-Guy retrace le cheminement d’un champion dans sa catégorie. L’un des trois pickpockets au monde à être capable de se produire sous les projecteurs sans l’aide d’un comparse. A travers ce récit renaît la vie nocturne de Bruxelles des années 60, 70 et 80, avec ses nombreux cabarets aujourd’hui disparus autant que leurs vedettes.

Ed. Servranx – 246 pages

Daniel Bastié

Article paru dans 13564153457?profile=RESIZE_180x180Bruxelles Culture de juin 25

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The world of Bansky

EXPOSITION : THE WORLD OF BANSKY

Banksy, l'artiste énigmatique dont l'identité demeure un mystère, a marqué le monde de l'art contemporain par son style distinctif et son engagement social. Ses œuvres, souvent politiquement chargées, se manifestent à travers des graffitis, des peintures murales et des installations provocantes. En dépit de son succès mondial, Banksy reste dans l'ombre, se cachant derrière le voile de l'anonymat. Son talent artistique transcende les frontières conventionnelles, fusionnant l'art de la rue avec une critique audacieuse de la société. Ses images emblé-matiques, telles que la fillette relâchant un ballon en forme de cœur ou le manifestant jetant un bouquet de fleurs, sont devenues des symboles de la contestation pacifique et de la quête de justice sociale. Banksy utilise l'art comme moyen de communication, mettant en lumière des questions cruciales telles que les inégalités sociales, les conflits politiques et les méfaits environnementaux. Ses œuvres transmettent souvent un message puissant, incitant le spectateur à réfléchir sur le monde qui l'entoure. L'artiste se sert de l'espace urbain comme supports, transformant des murs gris en toiles vibrantes qui suscitent la réflexion. Sa renommée mondiale n'a pas émoussé son engagement envers l'anonymat. Sa capacité à rester incognito malgré la célébrité témoigne de son désir de focaliser l'attention sur ses créations plutôt que sur sa personne. Cette mystérieuse aura entourant sa personne alimente le mystère et l'intrigue, renforçant l'impact de ses œuvres dans le monde entier. Bien que certaines critiques considèrent son travail comme purement subversif, d'autres louent son ingéniosité et son audace. Son influence sur le street art contemporain est indéniable, ouvrant la voie à de nouveaux dialogues sur la place de l'esthétique dans l'espace public et son pouvoir de provoquer des changements sociaux. The World of Banksy propose une exposition qui rassemble le plus grand nombre d’œuvres murales grandeur nature de cet artiste. Ces œuvres reconstituées à la perfection, ainsi que d’autres pièces relatant la riche carrière de Banksy, ont été installées dans les locaux mythiques d’une ancienne maison de tissus au cœur de la ville de Bruxelles. On le sait, la plupart des travaux exposés et reconstitués à l’identique d’après des photographies ont disparu. Une occasion unique de faire connaissance avec la figure la plus énigmatique du monde de l'art moderne ! Voyez tous les détails pratiques sur le site www.theworldofbanksy.be

Rue de Laeken, 28 à 1000 Bruxelles

Sam Mas (Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25)

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Exposition/ Projection : ALICE GUY - PREMIÈRE CINÉASTE AU MONDE

Née en 1873, Alice Guy a marqué de son empreinte l’histoire du cinéma en devenant la première cinéaste au monde. Dès ses débuts chez Gaumont au début du XXe siècle, elle s’est illustrée par son audace et sa créativité. À une époque où le cinéma était encore balbutiant, elle a rapidement perçu le potentiel narratif de ce nouvel art, devenant une des premières à concevoir des films comme des œuvres de fiction plutôt que de simples captations de la réalité. Alors que le cinéma ne parlait pas encore, elle a réalisé plus de six cents films, couvrant une variété de genres et de styles. Ses œuvres allaient du court-métrage au format plus long, témoignage de son adaptabilité face aux contingences. Parmi ses créations marquantes, citons La Fée aux Choux (1896), souvent considéré comme le premier film de fiction, et Falling Leaves (1912), un drame qui illustre son talent pour raconter des histoires complexes avec une grande sensibilité. En 1910, Alice Guy franchit l’Atlantique pour s’installer aux États-Unis, où elle fonde sa propre société de production, Solax. Basée à Fort Lee, alors capitale du 7e art américain, sa compagnie lui permet de conserver une liberté artistique totale. Solax devient rapidement un acteur important de l’industrie cinématographique, produisant des films novateurs aussi bien sur le plan technique que narratif. Alice Guy n’était pas seulement une artiste, elle était également une pionnière du féminisme. En un temps où les femmes étaient rarement reconnues dans les métiers artistiques, elle a ouvert la voie en prouvant qu’une femme pouvait non seulement travailler, mais exceller dans ce domaine. Sa carrière est devenue un modèle d’indépendance et de détermination. Malgré ses accomplissements, Alice Guy a très vite été oubliée par l’histoire du cinéma, éclipsée par des figures masculines comme Georges Méliès ou les frères Lumière. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que des chercheurs et des cinéphiles ont commencé à exhumer son travail. Depuis, elle a progressivement été reconnue comme une figure essentielle dans le domaine.  L’exposition au Centre Jules Verne propose un regard dans l’univers de cette cinéaste d’exception. Elle retrace son parcours, depuis ses débuts en France jusqu’à ses années aux Etats-Unis. Les visiteurs peuvent découvrir des affiches de films, des photographies, des extraits de ses œuvres et des documents d’archives rares. Cet événement reste accessible aux visiteurs du 26 mars au 29 juin 2025. Un rendez-vous incontournable pour les passionnés de cinéma et les curieux désireux de découvrir une figure méconnue mais essentielle. Alice Guy, bien qu’ayant traversé des décennies d’oubli, reprend enfin la place qui lui revient : celle d’une pionnière et d’une visionnaire ! Voyez les informations pratiques sur le site officiel de l’organisateur www.julesverne.brussels

Chaussée de Neerstalle, 63-67 à 1190 Bruxelles

Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25

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Fête de la Musique

FÊTE DE LA MUSIQUE 2025

Organisée depuis 1985 et coordonnée par le Conseil de la Musique, la Fête de la Musique est un événement incontournable en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle est l'occasion pour des milliers de personnes de célébrer chaque année, aux quatre coins de notre communauté, le début de l'été et l'ouverture de la saison des festivals. Elle a pour vocation de mettre en valeur les nombreux artistes de la scène musicale belge et leur offrir une vitrine le temps d’un ou deux concerts. On le sait, les talents sont nombreux chez nous et, trop souvent, ils manquent de soutien tant du côté des médias que des politiques. Ne pas laisser se racornir les artistes et les aider à sortir de leur sphère pour toucher un vaste public, l’idée méritait d’être pensée ! Depuis trois décennies, chaque commune s’investit concrètement en dressant une scène ou un podium sur une place, dans un parc ou à un carrefour.  L’édition 2019 sera fêtée du jeudi 19 au dimanche 22 juin avec de quoi faire le plein de mélodies pour plusieurs semaines. Comme d’habitude l’accès à tous les événements est 100% gratuit. Découvrez la programmation complète, commune par commune, sur le site www.fetedelamusique.be

Sam Mas (Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25)

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