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violon (25)

administrateur théâtres

Concerts

Aimez-vous Brahms? Un trio à Rixensart

Depuis plusieurs saisons déjà, la Balade musicale de Rixensart fait rayonner la musique classique au cœur du Brabant wallon. Un rendez-vous devenu précieux pour les mélomanes : intime, chaleureux, exigeant. Partie intégrante d’une recherche. Au sens proustien? Et pourquoi pas!

La saison touche à sa fin… et quelle finale en perspective : le 19 mars, la 13e édition du festival refermera son écrin sonore avec une ultime soirée qui promet d’être aussi élégante qu’émouvante. Elle accueillera à l’Église St Sixte l’Orchestre de la Fondation Arthur Grumiaux sous la direction de Luc Dewez avec des artistes confirmés :  Pauline Van der Rest, violon ; Eugeniusz Wawrzyniak, orgue; Cécile Lastchenko, mezzo. Ce sera un ultime chapitre de cette belle et heureuse traversée musicale. Après une soirée qui s’annonce intense, nul doute que le public de Rixensart reviendra la saison prochaine, y rechercher encore et encore, ces moments privilégiés où la musique semble parler la langue de nos plus secrètes émotions.

Mais revenons un instant à l’extraordinaire soirée du 19 février dernier. Cette avant-dernière escale musicale avait des allures de constellation.

Trois compositeurs: Rachmaninov, Anton Arensky, et Brahms.

Trois interprètes: Valère Burnon, piano; Hawijch Elders, violon, Joao Pedro Gonçalves, violoncelle.

La violoniste Hawijch Elders déploie un violon lumineux et intensément expressif. Son archet respire avec la phrase musicale, tantôt fougueux, tantôt d’une tendresse presque murmurée. À ses côtés, le piano de Valère Burnon structure l’espace sonore avec une intelligence musicale impressionnante : tour à tour architecte et poète, il fait jaillir les couleurs du clavier avec naturel et profondeur. Quant au violoncelle de João Pedro Gonçalves, il apporte au trio cette voix chaude et profonde qui ancre la musique dans une humanité vibrante….

Et entre eux, tout l’esprit du romantisme, et ce miracle si rare en musique de chambre : une cohésion absolue alliée à une expression individuelle éclatante. Beau paradoxe, n’est-ce pas ! Dans ce trio affirmé, la musique est dialogue d’égal à égal : les voix se croisent, s’écoutent, se répondent. Quel souffle. Quelle énergie partagée dans une salle qui écoute ce trio plein de caractère et  savoure le plaisir des yeux et des oreilles.

Dans la première œuvre du programme , Le trio élégiaque N° 1 en sol de Rachmaninov, les retours du thème principal agissent comme un apaisement. Les légères frictions des archets du violon laissent au piano toute sa substance. Les sonorités enflent, crescendo. On dirait que l’humain s’accroche viscéralement à la vie… avant que ne sonne une sorte de glas…L’atmosphère se fait sombre, puis soudain lumineusement sereine. Et la salle d’exploser en applaudissements.

La seconde œuvre: Le trio N°1 en rémineur op.32 d’Anton Arensky déploie d’abord des arabesques joyeuses, presque comme dans les comptines enfantines. Mais très vite surgissent les questionnements de l’adolescence, ses bouillonnements et ses élans. Quelques phrases musicales glissent même vers un humour malicieux.

La violoniste expose d’abord les émotions. Le violoncelle les recueille. Le piano les déploie dans un jeu lumineux. La fougue devient intense, presque nostalgique. On pense alors à l’Ode to a Skylark, ce poème romantique anglais de Shelley,  où la joie pure, l’ivresse de vivre, frôlent la mélancolie.

Soudain le scherzo fait danser la musique, avec impertinence ,comme au carnaval. Puis surgissent des sonorités inattendues : une valse moqueuse, des accents espiègles, on pense à Gershwin. Mais l’émotion atteint son sommet dans l’Adagio, sortez vos mouchoirs. Le pianiste insiste sur un thème douloureux tandis que les cordes se font discrètes. Le violon reprend la ligne mélodique, puis le violoncelle la recueille avec une hésitation poignante. Et c’est lui qui aura le dernier mot. C’est de toute beauté.

La suite éclate comme un cri. Fracassant. Guerrier. Le violon devient presque paroxystique. Le trio semble se révolter.

Puis soudain s’ouvre un paysage bucolique, plein de grâce et de lumière. Le thème principal revient apaiser les tensions. Les dernières mesures respirent la joie retrouvée.

Après la pause voici le dernier trio: Le trio N° 1 en si majeur op.8 de Brahms.

La musique devient alors véritable storytelling. Tout commence par une berceuse douce, pleine de langueurs et d’amour. Peu à peu, cette douceur se transforme en profession de foi : une humanité qui ne se laisse pas abattre. Le thème initial revient alors, brûlant de confiance et de liberté.

Un instant suspendu. Peut-être la fameuse note bleue. Le mouvement suivant plonge dans une tendresse absolue. Les cordes semblent pleurer doucement tandis que le piano fait flamboyer des accords sombres. Le tempo se ralentit presque à l’extrême. La musique devient une lente construction de rêverie, ou d’une prière secrète.

Il y a vraiment de l’infini dans ce trio.

Puis vient le retour sur terre : un rythme syncopé exulte et peint une joie de vivre éclatante. L’élégance des artistes s’accorde à une vitalité presque aventurière. Éblouissant le final.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

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administrateur théâtres

Trois siècles de musique en une soirée à Bozar

La rentrée flamboyante de l’Orchestre National de Belgique à Bozar

 Le vendredi 12 septembre, l'Orchestre national de

Belgique faisait sa rentrée à Bozar avec un programme couvrant trois

siècles de musique. La soirée a débuté par "La Fontaine de

Jouvence" de Julia Wolfe, suivie du "Concerto pour

violon" d'Antonín Dvořák, interprété par le jeune soliste Augustin

Hadelich, puis s’est conclue avec les "Danses

symphoniques" de Sergueï Rachmaninov. L'orchestre était dirigé par le

chef hollandais d’origine Antony Hermus,

dont l'énergie débordante a enflammé et conquis

la salle entière.

Balayant trois siècles de création musicale, sous la baguette pétulante de son chef Antony Hermus, l’Orchestre National de Belgique a offert un voyage contrasté – entre incandescence contemporaine, lyrisme romantique et grandeur crépusculaire.

Le bal s’ouvrait avec Fountain of Youth (2019) de Julia Wolfe, artiste en résidence à Bozar cette saison. Depuis des millénaires, la quête de la fontaine de jouvence fascine les imaginaires : eau miraculeuse, jeunesse retrouvée, éternité rêvée…Elle existe, paraît-il en Floride, à St Augustine, depuis le début du 16e siècle.  Pour Julia Wolfe, la source n’est autre que la musique. Sa partition s’élance comme une mécanique enfiévrée, faite de roulements, de raclements, de trémolos vibrants et de percussions cliquetantes. Le magma sonore évoque tour à tour la frénésie d’insectes tropicaux et le bouillonnement intérieur de la vie. Les cuivres hurlent, percent la texture, puis un long crescendo débouche sur une aube radieuse, où tout se dilue en lumière. Jazzy, syncopée, achevée sur un double   silence abyssal, la fresque de Julia Wolfe interroge autant la vitalité du corps que l’élan de l’esprit. Une pièce puissante, qui a cueilli la salle à bras-le-corps, entre surprise, bouleversement et fascination.

Vint ensuite le Concerto pour violon en la mineur de Dvořák (1879), écrit pour Joseph Joachim et porté ce soir par l’incomparable Augustin Hadelich. L’orchestre et le soliste entrent en matière avec une fougue immédiate, puis s’ouvrent à des phrases d’un lyrisme ample, baignées d’une lumière tchèque aux sonorités folkloriques des contrées de l’Est.  Dans l’Adagio, le violon sublime devient confidence, urgence, rêverie suspendue, émotion vibrante et soutenue, si tant est que le soliste finit par   serrer l’instrument littéralement contre son cœur avant de repartir dans ses volutes. Le finale, vif et dansant, convoque toute la tradition populaire de Bohême : cascades de double notes, archet fulgurant, joie exultante. La partition exigeant une grande virtuosité ne lui aura laissé que peu de répit, et son final, un sommet de difficulté technique, est grandiose.  La salle, captivée, ne laisse pas partir l’artiste : cinq rappels, un long bis jazzy, rutilant, pétillant…d’humeurs variées au cœur même du romantisme. La salle rugit en le saluant ! L’artiste est comblé. Quel formidable adieu !  

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En seconde partie, Les Danses symphoniques (1940), ultime chef-d’œuvre orchestral de Sergueï Rachmaninov, plongent le public dans une fresque aux allures de testament. Trois mouvements comme trois moments de la journée, comme trois visages du compositeur en exil : jeunesse évanouie, nostalgie douloureuse, lutte entre ténèbres et lumière. L’ouverture mêle rythmes entraînants et éclats cuivrés posés sur un tapis de cordes bruissantes de souvenirs de jeunesse, avec la voix inattendue du saxophone alto. Le deuxième mouvement, valse fantomatique, résonne comme une danse macabre, traversée de larmes discrètes de la harpe et de regrets fatalistes de sa Russie perdue. Les douze cloches finales du dernier mouvement   matérialisent la fuite du temps et la maladie de l’artiste, mais la tension laisse place à des vagues d’espoir et de lumière car le final convoque le Dies irae et un chant orthodoxe victorieux : combat entre mort et résurrection, tension extrême avant l’apaisement lumineux. Hermus insuffle vigueur et vérité à cette marche triomphale, où l’on entend presque résonner le mot de T. S. Eliot : « Ma fin est mon commencement ». Choose life !

Voilà bien une rentrée orchestrale éclatante, où l’énergie contemporaine, le romantisme ardent et la gravité crépusculaire se sont unis dans un même jaillissement. Et où, plus que jamais, la musique s’est révélée… fontaine de jouvence sous le soleil de septembre.

 Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

https://www.bozar.be/fr/calendrier/belgian-national-orchestra-hermus-hadelich

 

Pour en savoir plus sur les danses symphoniques de Rachmaninov

 

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administrateur théâtres

Andrei Irimia à l’Église Notre-Dame de Laeken : un pèlerinage sonore entre ombre et lumière

Le 22 septembre 2025, l’Église Notre-Dame de Laeken accueillera le retour à Bruxelles du pianiste et compositeur roumain Andrei Irimia, figure montante de la scène néoclassique européenne. Après un premier passage en 2024 qui avait séduit un public curieux et attentif, l’artiste propose aujourd’hui un nouveau chapitre de son itinéraire musical avec un concert intitulé Lights & Shadows. Pendant près de soixante-dix minutes sans entracte, l’auditeur est invité à se laisser guider dans un univers sonore qui marie la délicatesse du piano minimaliste, la profondeur des cordes et la subtilité des textures électroniques.

Une rébellion en douceur

Dans un monde saturé d’images, de bruit et d’agitation, Andrei Irimia choisit la voie de la retenue. Sa musique se déploie comme un espace intérieur, une respiration qui échappe aux classifications rapides. Elle est à la fois intime et universelle, puisant dans l’émotion personnelle pour créer des paysages où chacun peut se reconnaître. Cette « rébellion tranquille » contre le vacarme contemporain ne se manifeste pas par la rupture, mais par la recherche d’une beauté dépouillée, d’un équilibre fragile entre tension et apaisement.

Formé en Roumanie, Irimia a très tôt éprouvé le besoin de dépasser les frontières académiques de l’interprétation pianistique. Son langage se nourrit de la tradition classique tout en dialoguant avec les influences contemporaines, qu’il s’agisse de la musique minimaliste, des atmosphères électroniques ou de la sensibilité néoromantique. Il en résulte un style immédiatement reconnaissable, à la fois ancré dans une écriture raffinée et ouvert à l’improvisation poétique.

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Des paysages émotionnels

Le titre Lights & Shadows résume bien sa démarche : explorer les contrastes de l’âme humaine et mettre en lumière ce qui, d’ordinaire, reste enfoui. « La musique, explique-t-il, devient un instrument pour créer des paysages à partir des fragments de l’existence. Les véritables trésors ne se trouvent pas en surface, mais dans les espaces cachés que l’on découvre seulement par la contemplation. »

Sur scène, Andrei Irimia ne sera pas seul. Il partagera l’espace sonore avec deux complices de choix : le violoniste Răzvan Paun, dont la finesse de jeu illumine les lignes mélodiques, et le violoncelliste Thibault Solorzano, qui apporte à l’ensemble une profondeur chaleureuse. Ensemble, ils forment un trio où chaque timbre dialogue et se complète, créant une alchimie subtile entre l’épure du piano, la clarté du violon et la densité du violoncelle.

Une esthétique néoclassique contemporaine

Depuis une dizaine d’années, la mouvance néoclassique attire un public toujours plus large, en quête de musiques instrumentales capables de conjuguer émotion directe et sophistication formelle. Dans ce paysage, Andrei Irimia s’impose comme une voix singulière. Là où certains choisissent la répétition hypnotique ou l’effet atmosphérique, lui privilégie la construction narrative, chaque pièce étant conçue comme un itinéraire émotionnel.

Ses enregistrements récents – Anao Marva, Fragments ou encore son concert Berlin – Live témoignent de cette volonté de bâtir des œuvres qui sont moins des morceaux isolés que des fragments d’une fresque plus vaste. Son écriture, volontairement épurée, ménage des silences éloquents, comme autant d’espaces laissés à l’auditeur pour compléter l’expérience par sa propre intériorité.

Un lieu à la mesure de la musique

L’Église Notre-Dame de Laeken, chef-d’œuvre néogothique bruxellois, offre un cadre idéal à cette musique. La résonance naturelle de l’édifice sacré amplifie les harmoniques du piano et des cordes, créant un halo sonore propice à l’immersion. La solennité du lieu, associée à la densité poétique du programme, transforme le concert en véritable pèlerinage intérieur, où l’on quitte pour un instant le tumulte du quotidien.

Une invitation au voyage

En s’adressant à Bruxelles, ville cosmopolite par excellence, Andrei Irimia poursuit son ambition : toucher le plus grand nombre par la force de la musique instrumentale. Son parcours illustre la vitalité d’une génération d’artistes européens capables de réinventer les traditions et de bâtir des ponts entre les cultures. Lights & Shadows ne se contente pas d’être un concert : c’est une invitation au voyage intérieur, une expérience partagée où chacun est convié à découvrir les lumières et les ombres de sa propre sensibilité.  

crédit photo: https://andreiirimia.com/photos/

https://linktr.ee/andreiirimiamusic

 Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

 


Informations pratiques

  • Concert: Lights & Shadows

  • Artistes: Andrei Irimia (piano), Răzvan Paun (violon), Thibault Solorzano (violoncelle)

  • Date : 22 septembre 2025

  • Lieu : Église Notre-Dame de Laeken, Bruxelles 18H30! 

  • Durée : 70 minutes sans entracte

  • Liens & infos : www.andreiirimia.comEPK & médias

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administrateur théâtres

Centenaire de Camille Saint-Saens à L'Aula Magna

SPECTACLES

A l’ombre de Saint-Saens

10/10. Au lendemain de l’anniversaire de la  naissance de Camille Saint Saens,  c’était rien moins que l’âme de  Camille qui  voletait ce soir du 10 octobre  2021 dans l’Aula Magna,  lors d’une splendide  fantaisie musicale et poétique  présentée  par l’Atelier Jean Vilar  et le Festival Musiq3 Brabant Wallon.  C’était  la dernière étape de la tournée  du  magnifique spectacle au programme des festivals de Wallonie :

« L’OMBRE DE SAINT-SAENS » 


  Le formidable Camille Saint Saens  a rendu son dernier souffle et ne veut pas quitter la vie intense et libre qu’il  a menée.  L’octogénaire  se rhabille une dernière fois et son âme,  ivre de musique et de désir, virevolte devant nos yeux  nous dévoilant ses derniers feux et ses dernières ardeurs.

  Le compositeur est ressuscité dans une  une mise en scène  simple et pleine d’adresse.  Elle est signée Sylvie Wilson et convie sur le plateau  poésie, rêve et créativité. Avec un lustre, deux cadres de peinture de grands maîtres et un fauteuil de cuir, le tour est joué.  Nous suivons avec curiosité toute  une grammaire de théâtre   d’ombres  qui dévoile les  passages secrets entre  présent et passé. Mais  en premier lieu, question de nous replonger dans la magie de l’enfance, ce sont les ombres  chinoises  faites main Philippe Beau qui nous invitent au voyage imaginaire.

Traquant  les moindres frissons de son âme  si   bavarde, le compositeur   attrape enfin une tache de soleil sur l’écran, et  tout revit  soudainement en dizaines d’éclats lumineux. Il  danse et embrasse ses émotions,   déroulant devant nos yeux  tout  l’invisible de  sa vie passionnée. La grande salle est  plongée dans un silence respectueux et parfait.  Mais son alarme de la mort est  si glaçante  qu’elle prend à la gorge :   où est le soleil ? où sont les fleurs ? C’est la fin, le froid et l’implacable solitude. On veut essuyer les pleurs de l’homme qui nous quitte.  L’artiste qui interprète ce rôle prodigieux est Thierry Hellin. Textes de Sylvain Coher.   

  On a tous aussi  bien sûr la magie de la musique avec dans  l’oreille au moins l’un de ses  nombreux « tubes » : le célèbre Carnaval des animaux, la Danse macabre, la Troisième symphonie avec orgue, ou la Bacchanale de Samson et Dalila, et c’est  le magnifique ensemble Kheops qui peu à peu, traverse les miroirs du temps,   se révèle à nos yeux et dialogue avec le compositeur. Une merveille. De même que les costumes (Caroline Sanvoisin),  dignes de grands maîtres de la peinture qui  habillent  Marie Hallynck au violoncelle, Ayako Tanaka au violon , les deux partenaires du célèbre  Muhiddin Dürüoglu,  maitre des arrangements musicaux au piano.

Compositeur le plus joué de son vivant, Camille Saint-Saëns a composé près de 600 œuvres, il s’est illustré dans tous les genres musicaux, il est l’auteur de 13 ouvrages pour la scène lyrique dans l’ombre de Samson et Dalila, mais il a composé la première musique de film de l’histoire du cinéma.   Il a été le témoin des créations de Faust, de Carmen, de Louise, de Pelléas et Mélisande et du Sacre du Printemps,  il  a  rencontré Berlioz et Rossini, il  a survécu à  Debussy, il est là quand  Ravel ou Stravinsky arrivent sur le devant de la scène. Il est l’un des plus grands pianistes de son temps, un interprète à la virtuosité et à la mémoire inégalées dont chaque apparition sur scène est un événement. Il est aussi un organiste prodigieux – le meilleur du monde, selon Liszt. Durant près de 80 ans d’une carrière ininterrompue. Saint-Saëns  voyage de Buenos Aires au Caire donne des  milliers de concerts, dirige des orchestres, assiste aux répétitions de ses œuvres scéniques et ne cesse de composer. Il est partout, et donc on comprend sa sainte colère quand on ne semble retenir de lui  que Le carnaval des animaux. Juste fureur de celui à qui on enlève la fureur de vivre !

 Illustre  voyageur à l’esprit curieux et à l’oreille attentive, il se veut  passeur de culture entre sphère latine et germanique, entre Orient et Occident, entre musique du passé et de l’avenir . ll est libre … Max !  Et c’est le souffle de cette liberté qui enchante tout au long du spectacle.


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Dominique-Hélène Lemaire

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administrateur théâtres

Hommage à Philippe Herreweghe

 

02.05.2017 — 20:00
La Grande Salle Henry Le Bœuf accueille la célébration
des 70 ans de Philippe Herreweghe,
une toute grande
figure de notre scène musicale belge.
 
Le Collegium Vocale Gent, l’Anvers Symphony Orchestra, Bozar,
deSingel AMUZ et Outhere Musique:
avec qui ce prince de la musique a toujours eu une relation étroite et privilégiée
ont uni leurs  talents pour mettre sur pied ce soir, en son honneur,
un festival d'un soir, plein d’humour et de poésie...

 

 Les artistes :

Christoph Prégardien direction & chant
Collegium Vocale Gent  choeur
Patricia Kopatchinskaja violon
Steven Isserlis  violoncelle
Marie-Elisabeth Hecker  violoncelle
Andreas Brantelid  violoncelle 
Damien Guffroy contrebasse ​
Martin Helmchen piano

Edding Quartet
Christoph Schnackertz 
piano 


Le programme
Bartok (1881-1945) Sonate pour violon seul Sz. 117, BB 124, ∙ extrait (1944)  
Schumann (1810-1856) Fantasiestücke, op. 73 
Ravel (1875-1937) Sonate pour violon et violoncelle, ∙ extrait (1922)
Schubert (1797-1828) Lieder ∙ sur des poèmes de Johann Wolfgang Goethe Schubert Quintette à cordes, en ut majeur, D. 956, ∙ extrait (1828)  
Dvořák (1841-1904) Ze Šumavy, op. 68
Schubert An die Sonne D 439 ∙ sur un poème de Johann Peter Uz (1816)
Mendelssohn-Bartholdy(1809-1847) Psalm 'Warum toben die Heiden' 
Schubert Die Geselligkeit 'Lebenslust'

Ce sont  tous de jeunes instrumentistes, chanteurs et chef d’orchestre  qui  sont là pour  rendre à  Philippe Herreweghe un hommage musical particulièrement  vivant et chaleureux. En effet, la violoniste Patricia Kopatchinskaja et le pianiste Martin Helmchen ont tous deux signé des enregistrements à ses côtés. La jeune violoncelliste au toucher délicat, Marie-Elisabeth Hecker, s’est également illustrée sous sa baguette, de même que le contrebassiste Damien Guffroy, membre de l’Orchestre des Champs Elysées. Steven Isserlis, violoncelliste proche du Gantois, partage avec ce dernier une véritable passion pour Schumann. L’Edding Quartet a enregistré deux albums pour le label Phi ; il se joint à Andreas Brantelid dans le très touchant Quintette de Schubert, pièce maîtresse de ce concert, très émouvante dans ses timbres et ses couleurs. Merveilleuse institution de Herreweghe, le Collegium Vocale Gent est aussi présent et se place pour chanter, en cette occasion si particulière, sous la direction de Christoph Prégardien, avec Christoph Schnackertz au piano  une partition surprise. Il s’agit du  Happy Birthday pour piano, cordes et voix d’Arnold Bretagne (1976) un ensemble humoristique de variations sur le thème bien connu. La salle entière ne se fera pas prier pour participer et ensuite acclamer Philippe Herreweghe qui n’a pas pu résister à sauter sur scène pour remercier l’assemblée, égrenant en quatre langues quelques historiettes savoureuses sur le temps qui passe sans rider l’âme ni le coeur…

 
En 1970 Philippe Herreweghe, encore étudiant, fondait le chœur du Collegium Vocale Gent. Ce fut le début d'un itinéraire fascinant  pour le chef et son ensemble acquérant une renommée mondiale et  exerçaient une  de nouvelles approches par  leurs interprétations de Bach. Herreweghe a fondé ensuite d'autres ensembles, tels que  la Chapelle Royale de Paris (1977) et l'Orchestre des Champs-Élysées (1992). Il est aussi la cheville ouvrière de divers festivals de  musique, comme  celui de Saintes en France et le  Collegium Vocale Crete Senesi en Italie. Depuis 1997, Philippe Herreweghe a joué un rôle actif à  l’Antwerp Symphony Orchestra en tant que chef d'orchestre invité principal. Herreweghe est maintenant considéré comme l'un des plus grands chefs de sa génération. Il a maintes fois été  convié comme Chef d'orchestre invité à l’étranger pour des formations prestigieuses telles que  le Concertgebouw d'Amsterdam, l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig ou même l'Orchestre de chambre Mahler.

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Un très beau livre-programme a été édité à  l’occasion des 70 ans de l’artiste.
Et les fans du compositeur et chef d’orchestre, se hâteront de se procurer le tout nouveau coffret de 5 CD label φ
(PHI) qui revient sur la magnifique carrière du gantois. La compilation de 5 CD est constituée d’extraits des plus
grands compositeurs tels que Lassus, Schein, Bach, Beethoven, Mahler, Dvořak ou Stravinsky. Philippe Herreweghe
y livre ses réflexions musicales et personnelles à travers une série d’entretiens réalisés par Camille De Rijck,
regroupés dans le livre-CD. Une iconographie d’archives à découvrir pour le plaisir des yeux et une biographie
réactualisée. En effet, au fil des ans Philippe Herreweghe a construit une importante discographie de plus de 100
enregistrements commencée en 2010 avec son propre label φ (PHI) pour préserver toute sa liberté artistique
au travers d’un catalogue riche et varié.
 

Cette soirée du 2 mai 2017 à Bozar ouvrait  par la même occasion le festival Bach Heritage, dont le commissaire n’est autre que... Philippe Herreweghe. Des musiciens de talent, parmi lesquels Herbert Schuch et Jean Rondeau, et des ensembles renommés se succèderont pour célébrer le Cantor de Leipzig et son immense contribution à l’histoire de la musique. Magnifique programme en perspective, le dimanche 7 mai à 20h, on retrouvera Philippe Herreweghe en compagnie de l'Orchestre des Champs Elysées retransmis en direct depuis la salle Henry Le Boeuf de Bozar, avec Christine Gyselings  qui commentera ce concert, intitulé "L'art de la fugue".  À l’occasion de ce festival,

                                                            (02 MAI ’17 — 21 MAI ’17)

 BOZAR LITTERATURE a demandé à quelques poètes d'écrire un poème portant sur Bach pour la publication "Thirteen Ways of Looking at J.S. Bach".

 

http://www.bozar.be/fr/activities/108706-bach-heritage-festival

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administrateur théâtres

 Un  très grand moment flambant de musique, de rencontres et d’émotions 

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Dimanche 18 septembre 2016 au Château d'Argenteuil : une découverte. C’est  Le 21e Festival Mozart. Cette année, c'est une version promenade d’un jour qui nous est offerte, avec  4 superbes concerts  d’ensembles  d’excellence. La coutume voulait que se réunissent et interagissent une  trentaine  de musiciens  talentueux  internationaux  que l’on accueillait en résidence à Waterloo  en répartissant  leurs prestations sur deux semaines de liesse musicale. Cette édition-ci est un véritable élixir.  

Small is beautiful : le public, nullement retenu par  la Journée sans voiture à Bruxelles,  a investi les salles de concert et a pu apprécier l’intensité de  cet événement ramassé sur un jour,  se délectant du  ressenti  des artistes  donné avec tant de talent et de générosité. Dès l’entrée, les participants  étaient accueillis avec le sourire de jolies élèves du Conservatoire, toutes coréennes ou japonaises, servant boissons et  collations sucrées-salées. On  a  aussi rencontré la fondatrice de l’événement, Dalia Ouziel qui a fait une visite guidée des lieux. Elle  nous confie : «  La fondation du festival, c’était il y a 21 ans dans l’église Saint-Paul de Waterloo, une initiative de mon mari  et moi,  le duo   Rubenstein-Ouziel. La liste des participants aux 20 premières années, réunissant des artistes  tous de haut vol était plus qu’impressionnante quand on y pense. Cette journée unique a été préparée avec feu par notre  fils, Daniel Rubenstein, violoniste. C’est lui  qui prend la relève et a organisé cette fête musicale  qui nous tient tant à cœur ».

Journée d’émerveillement donc. Dès 12h15 le château d'Argenteuil résonnait  de vents et  cordes  avec la complicité de  la violoniste Tatiana Samouïl, lauréate du Concours Reine Elisabeth 2001, qui jouent le Quatuor pour flûte N°3 en Ut K.285b de Mozart et le Quintette pour clarinette et cordes opus 115 de Brahms.  

C’est ensuite le Quatuor Danel qui investissait les lieux en  interprétant successivement  Dissonance, le Quatuor à cordes n ° 19 de Mozart (K. 465), puis le Quatuor N°6 en fa mineur op. 60 de Mendelssohn. Marc Danel comme à l’accoutumée, joue de son instrument avec tout son corps, comme assis sur un nuage musical dont il s’envole par moments, tordant les phrasés avec l’énergie du désespoir, tandis que le violoncelliste Yovan Markovitch lutine son instrument le sourire dans l’archet. Des quatre tailleurs de bois précieux, émergent des  figures aux visages sacrés. Le public est subjugué.  L’expression est intense, audacieuse, et vibrante. Le Mendelssohn aux sonorités étranges est puissant et galvanisé par la passion et la douleur. On est au seuil d’une musique d’épouvante.  Les musiciens ne jouent pas pour passer le temps mais pour  le cueillir, insaisissable, du bout de l’archet. L’Adagio évoque  certes des souvenirs heureux, mais que peut donc évoquer d’autre que la révolte,  la mort prématurée d’une sœur ou d’un frère? Outcry! Le pied frappe le sol pour écraser les malédictions du ciel avant les dernières mesures qui évoquent une résistance courageuse.  

 Mais le charme de la Journée opère,  et l’on se dit que cette Journée  n’est pas sans rappeler la convivialité d’un autre festival belge,  hélas aujourd’hui disparu : Les concerts à l'Orangerie du Château de Seneffe  dont la dernière édition s’est tenue en juillet 2015. En invité de choix on y rencontrait Lorenzo Gatto, Jean-Claude Vanden Eynden, Eliane Reyes, le quatuor Danel, l’altiste Vincent Hepp, la violoncelliste Sarah Dupriez… que de merveilleux souvenirs! Et  qui retrouve-t-on brusquement en train de répéter près d’une colonnade si ce n’est Vincent Hepp en  personne!

Il nous donne rendez-vous avec l’Ensemble Mendelssohn à 17h 15 à la Chapelle pour écouter  Le Sestetto concertante en mi bémol majeur K 364 (dans sa transcription de 1808) de Mozart et le Quintette à cordes N°2 en si bémol majeur op. 87 de Mendelssohn. Superbe rythmique, charme et justesse. L’alto (Vincent Hepp) produit des sonorités larges, jubilatoires. Les crescendos sont enveloppants. La musique vient à déborder comme une corne d’abondance. Le violon de Daniel Rubenstein chante avec une pureté, une lumière et une chaleur extraordinaire dans ce lieu qui rassemble les mélomanes de l’après-midi, toutes fenêtres ouvertes.    Tout se termine, trop vite,  sur un rythme Marcato, tonifiant. Le tempérament  intense, c’est la résilience. Les dernières mesures  évoquent une résistance courageuse. On quitte le concert avec une consigne : ne jamais abandonner!

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 Et  puis le soir, c’est l’apothéose,  avec Eliane Reyes et Jean-Claude Vanden Eynden. Eliane Reyes, l’élève de Jean-Claude Vanden Eynden vient de recevoir une très haute distinction. En effet, elle a reçu les insignes de Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres attribués à des personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde. Eliane Reyes est la première pianiste belge à être ainsi honorée.  Face à face, professeur et ancienne élève vont développer avec chaleur et complicité  sur deux pianos imbriqués comme le yin et le yang les magnifiques harmonies du  Concerto pour 2 pianos N°1 en mi bémol majeur K.V. 365 de Mozart. La direction de l’orchestre - une toute nouvelle aventure à suivre, celle du Nco Orchestre -  a été confiée au  jeune chef  prometteur que l’on a pu entendre diriger Mozart  au festival de Moscou l’an dernier.  Il s’agit d’Ayrton Desimpelaere.  En première partie du concert de 20h15, Ayrton Desimpelaere a dirigé la création toute récente de  Nicolas Bacri: Cosi Fanciulli, allusion au Cosi Fan Tutte de Mozart  et L’Adagio en mi majeur pour violon et orchestre K.V261 de Mozart avec Daniel Rubenstein, violon soliste.

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Une journée  enfin sous le signe de l’art de vivre : Bertolt Brecht  ne disait-il pas que  "Tous les arts contribuent au plus grand de tous les arts : l’art de vivre". Car Marie  Chimkovitch  veille avec ses pinceaux. L’artiste-peintre, une « live art performance painter », croquait  sur le vif et avec  douceur et poésie les musiciens à l’œuvre, transportant son exposition improvisée d’une salle de concert à l’autre. Ravie, elle dépose sa palette et conclut : «  La journée fut un feu d'artifice d'émotions fortes : le bonheur de peindre en musique, la musique elle-même, les musiciens, les rencontres, la gentillesse, l'amitié ... Le Festival Mozart cette année fut mini, mais quelle densité ! »

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Tableau réalisé dans le cadre du Festival Mozart 2016 : Eliane Reyes, Jean-Claude Vanden Eynden et le Namur Chamber Orchestra sous la direction d’Ayrton Desimpelaere dans le concert pour 2 pianos n°1 K365 de Mozart, huile sur toile (sur carton), 50x70cm, Château d’Argenteuil à Waterloo, le 18.09.2016.

http://www.festival-mozart.be

 

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administrateur théâtres

12273135069?profile=originalA star on stage ! Or maybe two ! Le festival de musique coréenne s’est terminé mercredi  14 octobre dans la salle Henry Leboeuf, en accueillant la jeune violoniste Ji Young Lim, première lauréate du Concours Reine Elisabeth 2015 et son jeune partenaire pianiste, coréen lui aussi,  Da Sol Kim. Au programme : l’allégorie  d’une  jeunesse resplendissante et créative, la fraîcheur et la spontanéité alliée à une technique virtuose hors pair. On peut regretter que la salle ne soit pas comble, pour les absents et pour les artistes qui ont donné  toute leur âme,  dans une générosité aveugle. Les spectateurs  auront été  comblés, eux,  par la maturité de jeu, l’équilibre du programme, et l’envol vers une musique authentiquement ressentie qui trouve sa source dans l’élan vers l’infini.

Une progression  dans l’initiation à la passion, depuis le Rondo brillant pour violon et piano en si mineur D895 de Franz Schubert, suivi du Duo pour violon et piano en la majeur D574, en passant par la Sonate pour violon et piano n°2 en la majeur de Johannes Brahms,  pour  aboutir dans  la Fantaisie brillante pour violon et piano op.3 n°3 de Jenö Hubay sur des thèmes de l’opéra Carmen.

Une promenade élégante qui mène de la musique de salon aux  sommets du romantisme hongrois !

12273124254?profile=originalDans le Rondo brillant, la violoniste apparaît comme une personnification des quatre saisons, tour à tour une aurore aux doigts de roses, la stridence de cigales célébrant un été invincible, pour passer à l’abondance mordorée de l’automne et terminer en neige étincelante. Précision, fougue, mouvement perpétuel sous l’archet et sur les planches, la virtuosité est à toute épreuve, avec cette fluidité naturelle qui lui est propre, sans cesse relancée dans le firmament musical par le pianiste qui l’accompagne.  Le Duo révèle toute son élégance teintée d’humour, une grande légèreté et des phrasés délicats. Parmi les effets volcaniques naissent des explosions soudaines de douceur chantante. Après le scherzo bien syncopé, le sentiment est à fleur de trilles et le ton passe  aux  confidences intimes avec le pianiste. Des rythmes  flirtant avec de la valse appellent des touches de candeur dansante, presque mozartienne dans sa pureté et sa générosité solaire. Le Brahms accueille le vagabondage libre et gracieux. Un thème automnal se dessine : valses et rondes de feuilles au gré du vent. On retient son souffle. La fantaisie brillante est jouée sans partitions. Le piano se fait harpe, Carmen toute sensualité dehors, se rit du toréador. Des cascades de  rire et de liberté déferlent sous l’archet et les sonorités himalayennes. Il y aura un  bis, bien sûr : le Banjo and Fiddle de Kroll, pas l’humoriste, on s’en doute ! Un  Adieu piquant et joyeux. On prie pour que cette exquise violoniste garde à jamais toute la fraîcheur de son âme et sa belle connivence avec ses partenaires ! Et l' on remercie  les  organisateurs de ce premier  Festival de musique Coréenne d’avoir invité des artistes  aussi  brillants.  

Korean Cultural Center Brussels
Korean Embassy & Mission to the EU
4, Rue de la Regence, 1000 Brussels, Belgium
Tel: + 32(0)2 274 2988
GSM: +32(0)498 518 998
brussels.korean-culture.org

http://brussels.korean-culture.org/navigator.do?siteCode=null&langCode=null&menuCode=201311210014&promImg=&menuType=BG&subImg=&action=VIEW&seq=61389

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administrateur théâtres

12273129470?profile=original CONCERT EN HOMMAGE AUX HÉROS ET VICTIMES DE LA GUERRE 14-   18 "Avant-première mondiale de la Symphonie le Chemin des Dames"

Bruxelles, jeudi 8 octobre à 20H à la Cathédrale Saint Michel et Gudule

 

 « Bien chers Mère, Frères et Sœurs,

Il est déjà quatre heures du matin, l’heure de notre mort est proche. Avec Alfred et Aloïs, nous sommes réunis dans la même cellule. Nous avons passé la nuit à prier, chanter et deviser. La messe va commencer, puis en route pour le tir national, pleins de force et de courage. Allons, maman chérie, bon courage.

Je vous donne de loin un dernier baiser. Adieu.

Votre cher fils Gustave qui  va mourir pour la Patrie »

Gand, le 10 août 1916 : dernière lettre de Gustave Mus à sa famille.

C’est  avec la lecture de cette lettre tragique que débutait samedi dernier un magnifique hommage AUX HÉROS ET VICTIMES DE LA GUERRE 14-18  à la Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, Bruxelles. Au programme,

LA TROISIÈME SYMPHONIE de Saint-Saëns op.78

Le  CONCERTO POUR VIOLON ET ORCHESTRE de Mendelssohn op.64

LA SYMPHONIE "LE CHEMIN DES DAMES" de Jacques Alphonse De Zeegant sur un poème de Marguerite de Werszowec Rey

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L’univers simple et essentiel du jardin est accroché aux chapiteaux, les arches prient, les lumières de la ville s’invitent à travers les vitraux,  les grandes statues de saints  de  pierre blanche veillent sur une foule nombreuse, venue assister comme chaque année, à un concert exceptionnel organisé par  "Les Amis de la Cathédrale Saint Michel et Gudule", associés cette année  avec "le Hulencourt Art Project". L’intégralité des  bénéfices du concert sera consacrée à la restauration du vitrail du " Jugement Dernier "qui éclaire l’immense nef gothique abritant, depuis tant de siècles, des millions de fidèles et de visiteurs.

  

L’écrivain belge Philippe Marchandise accueille le public assistant à cette grande rencontre musicale, avec des mots vibrants  invitant à être en communion avec ceux qui ont donné leur audace ou leur vie pour la Liberté et la démocratie dans notre pays.  Il évoque les soldats au front, les prisonniers, les victimes de la guerre et surtout « ces femmes désemparées, qui ont perdu leur raison de vivre puis leur raison tout court. » Et c’est une femme,  Marguerite de Werszowec Rey qui a écrit le poème qui a inspiré la symphonie contemporaine  "Le chemin des dames" au musicien Jacques-Alphonse De Zeegant*. Elle le lira devant l’assemblée avant  son interprétation musicale. Cette œuvre,  inspirée par les champs de bataille de la Marne, est évocation, prière et appel à la paix, elle transcende les lieux et le temps. Elle a stupéfié, bouleversé, enflammé le public lors de sa création à la cathédrale de Laon  le 30 août 2014. L’émouvante  mezzo-soprano argentine Alicia Nafé a prêté sa voix avec les chœurs de l’Union Européenne pour l’interprétation de  la symphonie.  L’actrice Caroline Veyt, présentatrice en mai 2014 du Concours Reine Elisabeth,  introduit chaque  œuvre musicale.

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 Né en 1955, Alphonse De Zeegant compositeur belge  au parcours peu commun, a étudié au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. Il fut l’élève du pianiste André Dumortier (lauréat du concours Eugène Isaye) et du pianiste Valéry Afanassiev (1er lauréat du concours Reine Elisabeth 1972). Depuis une dizaine d’années, Jacques-Alphonse De Zeegant s’est engagé dans les coulisses de la création, laissant courir son inspiration, librement, sans se soucier des modes et des courants esthétiques de notre époque. Jacques-Alphonse De Zeegant souhaite en effet  assurer la transition, entre musique classique et musique contemporaine.

12273131097?profile=originalIl est  le premier compositeur invité en  résidence auprès du Hulencourt Soloists Chamber Orchestra (HSCO) qui  rassemble chaque année la crème de jeunes talents internationaux afin de promouvoir la musique classique et offrir à de nouveaux publics une expérience directe et intime de la musique de chambre et d’orchestre.  Au programme,  une dizaine de concerts prestigieux de très haut niveau  dans des lieux réputés, comme cette fois,  le cadre exclusif de la Cathédrale Saint Michel et Gudule.  La recherche de l’excellence est le maître mot. Les artistes, musiciens solistes professionnels  qui jouent comme solistes et poursuivent leur propre carrière musicale au sein d’orchestres nationaux ou dans des ensembles reconnus, sont conviés aux quatre coins de l'Europe, à participer au programme selon leurs disponibilités. Ils se réunissent au Golf Club d’Hulencourt, un endroit de prestige et de calme situé en pleine nature,  pour les sessions de préparation des concerts et des tournées. Rencontre de 19 nationalités.

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Xavier Deprez, organiste de la cathédrale, et Augustin Dumay, violoniste de la Chapelle Musicale et futur directeur musical de l’orchestre  HSCO en 2016 ont tenu à s’associer à cette grande commémoration et prière pour les soldats de la guerre de 1914, en interprétant avec l’orchestre de solistes de chambre de Hulencourt sous la direction de Benjamin Ellin deux œuvres poignantes de Camille Saint-Saëns et de Felix Mendelssohn. Nous avons vécu une expérience musicale inoubliable,  authentique et unique,  ainsi que la  rêve, le directeur de l’Hulencourt Art Project: Palmo Venneri.

* www.dezeegant.com

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En savoir plus :

^Un haut lieu de souffrance

« Quand j’ai accepté de composer une symphonie sur le Chemin des Dames, je souhaitais y intégrer un texte, j’ai demandé à Marguerite de Werszowe Rey, avec qui j’ai souvent collaboré, de m’écrire un texte ou un poème », explique Jacques-Alphonse De Zeegant. Ce poème évoque la vie des soldats dans les tranchées mais il est aussi un appel à la paix. « Le texte mêle le français et l’allemand, mais on y retrouve aussi toutes les langues des peuples qui ont combattu sur le Chemin des Dames. » Cette voie, autrefois royale qui est devenue un haut lieu de souffrance, le compositeur l’a beaucoup arpentée avant de coucher ses émotions sur une partition. « Des amis me l’ont fait découvrir, j’ai été très marqué par la souffrance qui s’en dégage encore. Un gigantesque drame humain s’est déroulé ici, on sent bien que la terre n’a pas fini de digérer ses morts. »

En une trentaine de minutes, Le Chemin des Dames évoque les soldats, leurs souffrances, les coups de fusil, « la Chanson de Craonne apparaît en filigrane tandis que le 5 e  mouvement se transforme en danse macabre, poursuit le musicien. Ce qui compte pour moi ce n’est pas la beauté, mais l’émotion qui se dégage de l’ensemble. » Pour ceux qui seraient un peu inquiets, le compositeur se veut rassurant : « Ma musique est accessible à tous, elle est au service du texte, et reste un hommage aux souffrances des soldats qui ont combattu, il y a cent ans. »

^ http://gite-chemindesdames.fr/litterature.html

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administrateur théâtres

12273124254?profile=originalLa    ¡¡¡ C O R E E ¡¡¡    à l’honneur en Belgique! Le festival se termine le 14 octobre, au Palais des Beaux-arts de Bruxelles! 

 

 Le Centre Culturel Coréen de Bruxelles organise en collaboration avec BOZAR le 1er Festival de Musique Coréenne du 23 septembre au 14 octobre. Entre Bruxelles (BOZAR et Ancienne Belgique) et Anvers (Amuz),  sept concerts invitent à découvrir quelques-unes des multiples facettes musicales de la Corée, partie intégrante de la culture coréenne.  Invitation à embarquer pour un périple musical dans une contrée lointaine aux sons aussi étonnants qu’envoûtants.

 

Le  thème du Festival, Echo & Création, évoque cet aller-retour permanent, métissage assumé entre tradition et modernité :

 

Tradition : AHN Sook-sun, figure emblématique du pansori, l’art traditionnel coréen du récit chanté, est l’invitée d’honneur du Festival.

Nouvelle tradition : Une nouvelle génération d’artistes, comme Geomungo Factory et SU:M, font résonner les sons d’instruments traditionnels au rythme de leurs créations modernes.

Classique : Deux invités de marque, le grand pianiste Kun-woo Paik et la violoniste Ji-young Lim, récente lauréate du Concours Reine Elisabeth, nous plongent au coeur de la musique classique.

Contemporain : De l’Indie pop à l’Electro, la Corée montre son effervescence avec Sunwoo JungA et Sioen, à mille lieues du célèbre Gangnam Style.

 

La musique en Corée, hier et aujourd’hui : La musique traditionnelle coréenne, appelée Gugak, illustre les épisodes douloureux de l’histoire du pays. Une histoire marquée par un fort sentiment de tristesse lié à la séparation du Nord et du Sud. Dès le VIIe siècle la pratique musicale se divise en deux courants : la musique de Cour et la musique folklorique.

 

À la Cour royale, le Gugak est utilisé lors de rituels, cérémonies, services religieux et autres événements importants. Dansé et chanté, il fait l’éloge des rois du passé. Lors des événements officiels, son format strict prend le pas sur le contenu. Le jeu des instruments peut alors prendre la tournure de simple démonstration symbolique.


À cette musique du pouvoir répond celle du peuple, la musique folklorique dont le Pansori est l’un des fiers représentants. Il s’agit d’une chanson narrative traditionnelle souvent associée { l’opéra pour le caractère épique de ses récits. Classé au patrimoine immatériel de l’UNESCO, cet art du peuple a ensuite été adopté par l’aristocratie. Les histoires bien que jalonnées d’épisodes douloureux, présentent en général une issue heureuse. Le chant du Pansori est très expressif, son discours stylisé est servi par des gestes et des mimiques marquées. Traditionnellement une vocaliste est accompagnée d’un percussionniste.


En Corée, la chanson folklorique, littéralement chanson du peuple, s’inspire de la vie quotidienne. Elle accompagne travaux aux champs et aux rizières, crie le départ de l’être aimé, exorcise les petits et grands soucis de la vie. On y retrouve l’émotion douce et amère des coréens. L’Arirang, chanson utilisée comme symbole de la Corée et de sa culture, représente la quintessence des chansons populaires. Chaque région possède sa propre version. C’est un chant d’adieu, teinté de regret et de mélancolie.


Aujourd’hui, en marge de l’immense succès de la K-Pop, véritable fusion de dance-pop, hip-hop, R&B, électro, pop-ballad et rock reconnue par le Time comme l’exportation la plus rentable de Corée du Sud, se développent de nouveaux courants musicaux. Parmi eux, on trouve de jeunes artistes souhaitant redonner un nouveau souffle aux instruments traditionnels en leur imprimant le rythme d’écritures plus contemporaines. Geomungo Factory, qui participe au Festival, mêle ainsi au Geomungo (une cithare traditionnelle coréenne à 6 cordes apparue au IVe siècle et jouée à l’aide d’un plectre en bambou permettant de pincer ou gratter les cordes) des pulsations contemporaines en intégrant des sons de notre monde interconnecté. 

    LES TROIS DERNIERS CONCERTS DU FESTIVAL:

Geomungo Factory

BOZAR-Studio le 07/10 à 19h, coproduction du Bozar et du Centre Culturel Coréen de Bruxelles

Festival de Musique Coréenne: Geomungo Factory

Le Geomungo est une cithare traditionnelle coréenne  à 6 cordes jouée { l’aide d’un plectre en bambou. Factory fait lui référence aux ateliers Warholiens. L’ensemble Geomungo Factory se compose de 3 joueurs de geomungo et d’un joueur de gayageum (également de la famille des cithares, il comprend 12 cordes de soie et une caisse en bois de paulownia). Formé en 2006, le groupe souhaite écrire des morceaux originaux tout en redonnant un écho à la musique traditionnelle coréenne. Ses membres ont introduit plusieurs instruments modernes afin de populariser le geomungo auprès d’un public plus large.

En 2012, après des années à peaufiner leur art, à travailler leur écriture tout en rénovant d’anciens instruments, leur travail est reconnu à travers leur sélection officielle au showcase du World Music Expo (WOMEX), plus grand marché d’art au monde. Geomungo Factory a tourné à travers sept pays européens et est devenu un véritable ambassadeur de cet instrument millénaire.

https://www.youtube.com/watch?v=pv6PK4hG_n8 ; 

 

SU:M

BOZAR-Studio le 14/10 à 20h, coproduction du Bozar et du Centre Culturel Coréen de Bruxelles

Festival de Musique Coréenne: SU:M

Leur philosophie ? « Un minimum de membre pour un maximum d’effet ». Exprimer l'essence de la vie. Leur musique est un savant mélange d’imagination et de légèreté. SU:M est né en 2007 sous la houlette de Jiha Park, joueuse de Piri, Yanggeum et de Saengwang, trois instruments traditionnels coréens, et de Jungmin Seo, interprète de Gayageum. Le duo a souhaité inaugurer une nouvelle ère de la musique traditionnelle coréenne. Leur  musique narrative colorée tente d’éclairer la vie moderne en partant de leurs émotions musicales et de leurs expériences de vie quotidienne.

Suite à la sortie de son 1er album Rhythmic Space : A Pause For Breath en novembre 2010, SU:M est sélectionné au Mulhae Arts Plus (MAP) et remporte le prix de l’Esprit expérimental au Concours ‘Projet Musical Coréen du XXIe siècle’. On les entend lors du showcase officiel du WOMEX en 2013 à Cardiff. Ils sortent l’année suivante un second opus.

Composant leur propre répertoire, les deux artistes créent une musique aux sonorités cristallines, sans accessoires ni effets artificiels. Leurs instruments ancestraux donnent vie à des sons qui respirent la liberté et la nature, faisant de leurs concerts une expérience particulièrement singulière. Leur concert au BOZAR s’inscrit au sein d’une tournée en Belgique.

https://www.youtube.com/watch?v=r6l5qfuaxYI Communiqué de presse réalisé par le Centre Culturel Coréen septembre 2015

 BELGA/AFP/File / Nicolas Maeterlinck
Lim Ji Young of South Korea celebrates after winning Belgium's Queen Elisabeth Violin Competition on May 30, 2015

Ji-Young Lim

 Ji-Young Lim

BOZAR-Salle Henri Le Boeuf le 14/10 à 20h, coproduction du Bozar et du Centre Culturel Coréen de Bruxelles

Jeune violoniste de 20 ans, Ji-Young Lim revient sur la scène du Bozar où elle a remporté en mai dernier le Concours Reine Elisabeth 2015.

  • First Prize: Ji Young Lim, 20, South Korea
  • Second Prize: Oleksii Semenenko, 26, Ukraine
  • Third Prize: William Hagen, 22, United States
  • Fourth Prize: Tobias Feldmann, Germany
  • Fifth Prize: Stephen Waarts, 18, United States/Holland
  • Sixth Prize: Fumika Mohri, 21, Japan

Accompagnée au piano de Da Sol Kim, elle clôture le Festival de Musique Coréenne.

Rondo brillant pour violon et piano, op. 70, D 895 Franz Schubert
Sonate pour violon et piano, op. 162, D 574 Franz Schubert
Sonate pour violon et piano n° 2, op. 100 Johannes Brahms
Carmen: fantasie brillante, for violin and piano, op. 3, no. 3 Jenö Hubay

  Après une formation à l’Université Nationale des Arts de Séoul auprès de Nam-Yun Kim, la jeune musicienne remporte plusieurs compétitions dont l’Ishikawa Music Award en 2012 au Japon, la Compétition Concerto du Festival International des Grandes Montagnes en Corée, puis la Compétition Internationale Eurasiatique de Musique au Japon et le prix MIMC de la Compétition Internationale de Musique d’Indianapolis en 2014 où elle reçoit aussi le prix spécial Mozart. Depuis 2011, elle s’est produite en concert à Lichtenberg, Séoul, Munich, Montréal, Indianapolis.

BELGA/AFP/File / Nicolas Maeterlinck<br />Lim Ji Young of South Korea celebrates after winning Belgium's Queen Elisabeth Violin Competition on May 30, 2015

http://www.violinist.com/blog/laurie/20155/16815/

http://cobra.be/cm/cobra/projecten/kew2015

https://www.youtube.com/watch?v=qCmTyZ0vkQw

 

Centre Culturel Coréen de Bruxelles

Rue de la Régence, 4 - 1000 Bruxelles

0032 (0-2-274.29.80 – info@kccbrussels.be

Ouverture : lundi au samedi de 9h à 17h

http://brussels.korean-culture.org

Infos et contacts

▶ Sook-sun Ahn Pansori, Voix traditionnelle

23 Septembre 2015, mercredi | 20:00 | BOZAR, Studio | 12 €

▶ Kun-woo Paik Récital Piano

30 Septembre 2015, mercredi | 20:00 | BOZAR, Hall M | 12 €

▶ Korean & Belgian Ensemble Concert suivi du violoniste Roby Lakatos

2 Octobre 2015, vendredi | 20:00 | Amuz (Antwerp) | 17 €

▶ Sunwoo JungA et SIOEN

3 Octobre 2015, samedi | 19:00 | Ancienne Belgique, AB Club | 7 €

 

Geomungo Factory Nouvelle Tradition

7 Octobre 2015, mercredi | 20:00 | BOZAR, Studio | €12

SU:M Nouvelle Tradition

14 Octobre 2015, mercredi | 20:00 | BOZAR, Studio | €12

Ji-young Lim Récital Violon

14 Octobre 2015, mercredi | 20:00 | BOZAR, Henry Le Boeuf Hall | 10~42 €

 

BOZAR

Ticket Shop: Bozarticket - Ravensteinstraat 23 Rue Ravenstein, 1000 Brussels

Mardi>Samedi - 11:00>19:00 et 1h avant chaque performance

Téléphone: +32 (0)2 507 82 00 / Mardi>Vendredi 11:00>19:00, Samedi 13:00>19:00

http://www.bozar.be

 

 

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administrateur théâtres

  Le 12 novembre dernier nous découvrions avec bonheur l’existence du HULENCOURT SOLOISTS CHAMBER ORCHESTRA  qui  se produisait lors d’un  prodigieux concert  à Flagey avec l’illustre Nelson Freire comme invité d’honneur.   Nous avions écouté avec immense bonheur un programme très éclectique avec  la marche slave de Tchaïkovski, le concerto romanesque de Ligeti, le concerto n°2 de Chopin et la symphonie fantastique op.18 de Tchaïkovski. La soirée était au profit de l’association caritative Sun Child dont l’objectif est de donner des aides sociales,  financières, morales et individuelles à des enfants atteints de cancer, de leucémie ou de maladies chroniques sévères.  Les musiciens de cette académie privée sont tous très jeunes et proviennent de 19 nationalités différentes, c’est une entité européenne unique en Belgique. Mais quel souffle artistique et quelle chaleur humaine traversent leurs interprétations fougueuses !

                    12273071061?profile=originalC’est un tout autre genre qu’a programmé l’Hulencourt Art Project pour la Saint-Valentin. Nous sommes dans les salons de l’hôtel Bristol Stéphanie pour un dîner gastronomique ornementé de musique tzigane. L’invité d’honneur est cette fois le virtuose incomparable Roby Lakatos  et son ensemble. Né en 1965 à Budapest il mélange toutes les musiques des pays slaves, la musique n’a pas de frontières. Il  puise ses racines dans une dynastie de violonistes remontant à János Bihari.  Sa versatilité stylistique est exceptionnelle. Survivant d'un autre siècle, il brasse toutes les époques et tous les genres en  passant par des compositions  originales et des improvisations vertigineuses. Il a joué dans les plus grandes salles et les plus grands festivals à travers l'Europe, l'Asie et le continent américain.

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12273072099?profile=originalLes amateurs de csárdás et de musique gitane ont été ce soir de la saint Valentin 2015, au comble du bonheur : d’abord le concert présenté pendant le dîner suivant une programmation intéressante mélangeant les tourbillons du jazz, des accents pop et la tradition tzigane, ensuite une promenade romantique envoûtante saluant chaque table en particulier.  On observe avec attendrissement  les couples ou les tablées d’amis rendues muettes par l’émotion de  la magie musicale, bouleversés par la proximité et la sentimentalité des artistes et de leurs instruments.  Et on attend son tour le cœur battant et se demandant quel sera le nom du grand classique musical offert lors de cette carte blanche qui semble ne jamais  se tarir.

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En entrée du concert Roby Lakatos  présentait sa nouvelle composition du dernier album : « Alliance », suivi de « Papa, Can You Hear Me? » composé par Michel Legrand, Piazzola, la chanson russe traditionnelle, Le temps  des fleurs…. Alias: Those were the days! Aussi, the « Fiddler on the roof » et le rêve mouvant de Charles Trenet qui chantait quand nous n’étions pas nés ! Des bribes de paroles reviennent au creux de la mémoire comme « un souvenir qui me poursuit sans cesse, un vieux clocher, un paysage, bien caché, un cher visage de mon passé. » Vous l’aurez deviné, c’est « Que reste-t-il de nos amours! » 12273074096?profile=originalAu centre du concert, il a  accueilli avec enthousiasme une  jeune violoniste coréenne, Sunok Lee  dont le talent suscite l’admiration dès les premiers coups d’archet. Son premier morceau célèbre  « l’Amour ». Rien de plus simple et de plus profond à la fois: une  longue complainte asiatique qui efface Bruxelles de votre vision  pour vous enchaîner après ce voyage inattendu et tendre, à une Chaconne de Bach! La csárdás de Monti termine l’exploit musical qui laisse la salle entière sous le charme !  Lakatos revient sur scène avec Kalinka, et ses passions inépuisables.

12273074272?profile=originalCe grand homme qu’est Lakatos a collaboré avec Vadim Repin et Stéphane Grappelli. Les plus grands comme Yehudi Menuhin admirent  son jeu. En mars 2004, Lakatos jouait au festival Genius of the Violin du London Symphony Orchestra, aux côtés de Maxim Vengerov. Plusieurs jours après, on est encore, sous le charme !

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Il y aura un bientôt un nouveau  concert organisé par l’Hulencourt Art Project, c’est le 30 mars 2015 au Conservatoire royal de Bruxelles. Le thème : La Musique face à la guerre.

Lundi 30 Mars 2014 - Conservatoire Royal de Bruxelles
THOMAS ZEHETMAIR, NELSON GOERNER ET LES SOLISTES D'HULENCOURT

Les œuvres dirigées par Thomas Zehetmair à la tête des Solistes d’Hulencourt résonnent de conflits historiques : l’« Héroïque » de Beethoven qui évoque les guerres napoléoniennes. Si le Concerto pour piano de Franz Liszt N1 est d’un brio plus serein magistralement interprété par le pianiste Nelson Goerner, la nouvelle œuvre de Aaron Copland interpreté par le clarinettiste Vladimir Pavtchinskii promet d’explorer d’autres résonances du genre!

Programme :
Aaron Copland : Concerto for Clarinet
Franz Liszt : Piano concerto Nr. 1
Ludwig van Beethoven : Sinfonie Nr. 3 Es-Dur op. 55 ´´Eroica´´

http://www.arthulencourt.eu/

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administrateur théâtres

12273060870?profile=original12273060700?profile=originalMusic, a second home ! Hier soir, à la salle M du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, c’était la fête de l’amitié, de la joie et de l’espoir. Trois valeurs magnifiquement véhiculées par  un jeune  ensemble musical  exceptionnel, en provenance de Jérusalem, accueilli avec chaleur par le directeur général de Bozar,  Paul Dujardin, lui-même. Marc Weisser, président  d’honneur de la Maison de la Culture Juive à Bruxelles et l’instigateur de ce concert, avait rencontré ce petit groupe à Londres il y a un peu plus d’un an. Il fut frappé par leur humanité, leur qualité musicale et leur sens aigu de la  poursuite de l’excellence.  Ils ont de …13 à 19 ans, et ont été sélectionnés par leur école - unique au monde - Le Conservatoire Hassadna de Jérusalem.

 

 

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Cette institution scolaire de 650  enfants et jeunes adultes dirigée par l’extraordinaire musicienne Lena Nemirovsky entourée d’une équipe de 100 professeurs éminents, dont certains sont de renommée internationale, possède un merveilleux projet pédagogique et artistique.  Le Conservatoire Hassadna de Jérusalem fut fondé il y a 40 ans par le musicien et pianiste Amalia Reuel, qui professait l’idée généreuse que tout enfant, indépendamment de la capacité physique ou mentale, le niveau socio-économique, l'origine ethnique ou l'appartenance religieuse, devrait pouvoir avoir l'occasion de faire l'expérience d’une éducation musicale haute gamme. Il leur est courant d’intégrer des enfants présentant des handicaps moteurs ou mentaux et d’offrir des bourses pour aider les plus démunis. Ainsi,  ce qui caractérise le plus cette école unique au monde, ce sont les principes d’égalité et d'intégration qui sont les valeurs fondamentales de cette institution. Elle est ouverte aux enfants motivés qui veulent se consacrer à l’art musical et prêts à y consacrer tout leur énergie. Ils bénéficient alors d’un enseignement hautement individualisé et sont plongés dans un milieu largement ouvert et pluraliste qui veut transcender les différences et refléter toute  la mosaïque humaine. Les programmes d'éducation sont  stimulants et équilibrés, mettant en œuvre des méthodes pédagogiques de pointe, dans un esprit  innovant et créatif, maximisant le  meilleur développement artistique et personnel de chaque enfant. Prenons la peine de citer Jacques Revah, ambassadeur d’Israël en Belgique et au Luxembourg : «  une chose est certaine : Hassadna contribue depuis des décennies non seulement au rapprochement le plus inattendu entre les membres de la société en général, mais aussi dans une mesure non négligeable à l’esprit de paix tant attendue dans la Ville de la Paix.»

 

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Au programme éclectique et joyeux de cette soirée entièrement tournée vers l’humanisme et l’universalisme de la musique,  il y avait Bach, Philippe Gaubert, Ysaye, Edward Elgar, Mendelssohn, Fritz Kreisler, Carl Maria Von Weber, Ernest Bloch, Alexandre Scriabin, Chopin et Brahms.  Des instruments phares : violon, piano, basson et flûte traversière et l’impression sur scène d’une  fabuleuse connivence et d’un festival de bonheur car la musique crée des liens extraordinaires et indéfectibles.   

 

Une mention spéciale va tout de suite au jeune violoniste éthiopien de 15 ans, Avraham Terifa qui a ravi tous les cœurs,  revenant jouer de nombreux morceaux et acclamé par un public enthousiaste. On se souvient de la finesse et la fragilité émouvante de ses notes aigues, la profonde maîtrise de l’instrument, la plénitude  des sonorités et des couleurs, et surtout son visage empli de grave sérénité quelle que soit la complexité de l’architecture musicale.  En particulier dans son Concerto pour violon en mi mineur de Mendelsohn, ses filaments de notes aigues captives de tempi échevelés  avaient  la brillance de l’or musical. Et il nous a comblés avec son interprétation de « Nigun » d’ Ernest Bloch.

 

images?q=tbn:ANd9GcRgq14utuA9KxcAyVUZBIBMfIXdLRZtZfYabGwQ-cA-TiEZesQlHQ La flûte traversière, un fleuve d’émotions diverses : brillantes, voluptueuses, bucoliques et sombres parfois, revenait à Schmouel Allouche, 17ans. Il a joué en soliste avec l’Orchestre de  Chambre d’Israël, et en concert  à Toronto en 2009 et à Londres en 2010. Le basson était dans les mains du talentueux Ziv Wainer, 16 ans,  premier basson solo dans l’Orchestre à Vents de Hassadna qui a remporté le Premier Prix au Festival des Orchestres à Vent au Carnegie Hall de New York en 2014. De l’humour, de la verve musicale et de l’ampleur.  

 

Venons-en à deux autres artistes en herbe, l’une très jeune (13 ans), Alex Pirsky qui fut choisie pour jouer en duo lors du 90ème anniversaire du Président Shimon Peres, en présence de Bill Clinton et de Tony Blair, et l’autre, Rinat Erlichman (18 ans), une des jeunes violonistes les plus prometteuses d’Israël, premier violon dans le Quatuor à cordes du Conservatoire ainsi que de l’Orchestre de Chambre et qui participa à un concert privé, en 2012, chez Murray Perahia. Leur performance lors de cette soirée au palais des Beaux-Arts de Bruxelles a été un sommet de concentration et de virtuosité. Deux jeunes prodigues, à l’avenir certainement fort prometteur.

 

 images?q=tbn:ANd9GcRrH5xjZK1NzCrncqQCgJPhLdsayoek8Xti5r5lSA9NRo9Oz5fgEt pour terminer, quelques mots élogieux  pour la jeune pianiste Karin Yusim,  qui a séduit le public par sa technique rigoureuse et son charisme. Son  jeu très sûr  dégage des émotions pleines et crée un climat où domine la  confiance en la Vie. Particulièrement dans son interprétation sans failles des 5 préludes op 11 de Scriabin. Sous la houlette de leur incomparable égérie, la musicienne Lena Némirovsky, qui  les accompagne au clavier comme dans la vie, tous ces jeunes prodiges extrêmement doués  ont donc  donné le meilleur d’eux-mêmes: une musique dansante pour l’âme.

Le Programme:
Johann Sebastian Bach – Concerto pour deux violons en ré mineur BWV 1043 (premier mouvement)
Philippe Gaubert – Nocturne et Allegro Scherzando
Ernest Bloch – ‘Nigun‘ extrait de “Baal Shem”
Sergei Prokofiev – Sonate n° 3 en la mineur, op. 28
Ysaye/Saint-Saëns – Etude en forme de valse op. 52 n° 6

Entracte:
Carl Maria von Weber – Trio en sol mineur, op. 63, allegro moderato
Felix Mendelssohn – On Wings of Song
Edward Elgar – Romance op. 62
Felix Mendelssohn – Concerto pour violon en mi mineur
Johannes Brahms – Scherzo en do mineur

 

 

liens utiles:

http://fetedesmusiquesjuives.wordpress.com/

http://maisondelaculturejuive.be

http://www.cclj.be/

http://www.bozar.be/activity.php?id=15530&selectiondate=2014-11-19

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administrateur théâtres

Cette année marque la commémoration de la mort du plus illustre enfant de Liège : André GRETRY.  Le concert d’ouverture de la saison de l’OPRL commence par une longue suite d’extraits de son opéra « la Caravane du Caire ».  Le soliste, Marc Bouchkov,  prévu pour ce concert , n’a pas pu pour des raisons de santé, jouer le Concerto n° 5 de Vieuxtemps, autre valeureux compositeur liégeois qui était au programme Par chance, le célèbre violoniste Boris Belkin, fidèle ami de l’Orchestre, a accepté de prêter son archet en dernière minute  pour remplacer  le violoniste, moyennant un changement de concerto, compte tenu de l’urgence. Boris Belkin se retrouve donc ce soir aux côtés de Christian Arming et de l’OPRL, pour nous interpréter  le 1er concerto pour violon de Max BRUCH. C’est la Symphonie héroïque de Beethoven qui clôturera ce splendide concert.

 

12272947277?profile=originalEntrons donc par l’imaginaire...

...dans  cette nouvelle saison 2013-14 qui s’annonce très orientale, avec des extraits de la Caravane du Caire. L’accueil des hautbois est particulièrement festif. Et tout de suite le spectateur entre dans le jeu de Christian Arming, jeune chef d’orchestre pétulant à l’extrême. Quand on dit s’identifier aux personnages d’un roman, cela semble une banalité et on imagine peu que l’on puisse s’identifier à un chef d’orchestre! Mais c’est le cas pour ce concert.   Christian Arming aurait-il fait un détour par l’Actors Studio, que l’on n’en serait nullement surpris car il tire avantage d’une identification physique, affective et psychologique totale au personnage, pardon, à la musique !  Folâtre, il  caresse tour à tour la vaillance, l’humour et la légèreté. Ses tranches de musiques sont impétueuses, presque au bord du pastiche de la musique de cour, tous siècles confondus. On accueille tantôt le pittoresque de danses villageoises tambourins à l’appui, tantôt la gravité et la solennité d’une procession envoyée  par les percussions mêlées aux vents et aux cuivres secs. C’est le désert et les caravanes, n’oublions pas! Le chef d’orchestre conduit la Caravane de l’arrondi des poignets, aux pointes des genoux. Un long crescendo orchestral  très bien amplifié s’arrêtera brusquement. Juste encore quelques accords joyeux pour l’arrivée au point d’orgue.

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Boris Belkin nous plonge dans un romantisme mordoré aux accents slaves. Son premier solo est repris avec une puissance dramatique exceptionnelle par l’orchestre  (percussions, cors majestueux, hululement des bassons) dont on oublie le chef pendant de longues minutes, tant Boris mobilise l’attention. Le violon seul respire l’émotion et palpite de virtuosité. L’orchestre ondoie sous les rubatos. Détresse humaine, sanglots sont soudainement éteints par quelques coups de maillets, de la douceur du duvet. Mais l’orchestre reprend. Le sentiment débouche sur la passion et  on n’a toujours d’yeux que pour le violoniste. Ses notes aiguës : plus pures que le cristal ? Non ! Des jets de lumière. Aux longs murmures de l’orchestre succède le thème, à son apogée. Le sourire du violoniste flotte sur l’amplitude de l’Adagio incandescent. Le chef d’orchestre a quitté une conduite que l’on croyait sage. C’est le déchaînement.  Il cueille au sol les arabesques et courbes musicales et  le reste n’est que flamboiements.

 

Dans  la Symphonie héroïque de Beethoven, la conduite de Chris Arming se fait  féline et athlétique. Il y a des effets grandioses et des retenues délicates et frêles. Il mélange Vulcain à sa forge et la grâce du troubadour. Il dessine avec intelligence un réseau de dynamiques complexes. Des grésillements secs de violons sculptent le silence entre chaque envolée lyrique. Les cuivres séducteurs s’interposent entre les coups du Destin et les avalanches de cordes. Une mélodie presque tendre s’échappe de l’ensemble guerrier. La première violon est la passion personnifiée et le reste de l’orchestre est rutilant comme l’armure homérique d’un guerrier grec. Dire que ce n’était que le premier mouvement ! La vision lugubre de champs de bataille envahit le deuxième mouvement. Chris Arming  par  mimiques labiales, provoque tour à tour le fracas puis le fait  taire. Les violons esquissent un tempo de valse, des larmes plein les archets. Les cymbales sonnent des avertissements mais les violons retrouvent leur motif encore plus adouci et immatériel. Les cors tiennent de  longues notes comme si des  vies étaient  en train de s’échapper à regret. Christian Arming conduit devant et  derrière lui, de face et de côté. Son expressivité est exceptionnelle, sa coiffure sage d’English schoolboy virevolte au vent musical.  Le thème revient dix fois, en échos dansants comme un fil d’or précieusement retrouvé. Des violons magiques fleurissent autour de ce fil ténu: celui de la vie, celui de la liberté ? Cela se métamorphose en chant victorieux et ovations enthousiastes du public.  

 

Christian Arming direction - Boris Belkin violon -  Orchestre Philharmonique Royal de Liège
André-Modeste Grétry, La caravane du Caire, extraits Max Bruch, Concerto pour violon et orchestre n° 1, op. 26 Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 3, op. 55, "Eroica"

 http://www.bozar.be/activity.php?id=13165&selectiondate=2013-09-26 

 

 

Ce vendredi 27 septembre à 20h, à l'occasion des Fêtes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Musiq'3 a diffusé en direct ce concert d'ouverture de l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège.

 Vous pouvez donc réécouter ce concert! Ici: http://www.rtbf.be/radio/player/musiq3?id=1856832

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administrateur théâtres

12272921300?profile=originalPetit concert croquignolet  comme dirait le Routard, organisé l’autre soir au Musée du Transport Urbain Bruxellois… Nous l’avions annoncé dans le groupe Musique d’Arts et Lettres. Les jeunes et talentueux interprètes  (Thomas Maillet et  Gayané Grigoryan), nous les avions rencontrés au Festival de musique de Chambre de l’Orangerie de Seneffe la semaine précédente.

Une heure de très  belle musique joyeuse précédée par une fort intéressante visite muséale par Jean-Louis Mottet, aimable bénévole du musée. Ils sont tous prêts à recommencer vers septembre octobre, car la formule et le programme sont bien au point. 12272921488?profile=original  

Les deux musiciens ont le sens du merveilleux et de la douceur. Paganini souvent évoqué comme étant le plus grand violoniste jamais connu,  avait un grand amour pour la guitare. Sa grande symphonie concertante fut jouée par le compositeur en joute musicale, activité très courante à l’époque, en 1816.  Thomas Maillet à la guitare et Gayané Grigoryan au violon se partagent le duo romantique très réussi. Les accords sont nets, le rythme entraînant, le dialogue enjoué. Aux sonorités  très profondes de la guitare, correspond la pureté du violon de Gayané Grigoryan. Les derniers accords pleins de moelleux de la guitare traversent le rythme bourdonnant du violon cependant que, silencieuse, glisse la vie de l’autre côté des petits carreaux des baies de l’entrepôt. Vient ensuite  un émouvant Adagio et une ronde de conciliabules. Le violon guilleret est repris une octave plus bas par les pétales de la guitare et cela se termine par un joyeux effeuillement de la musique applaudi avec chaleur par un public peu nombreux mais enchanté.12272922091?profile=original

Les œuvres choisies dans le répertoire de Manuel de Falla ont été transcrites pour la guitare par Thomas Maillet. L’une est issue de  son opéra « la vie brève » et l’autre de « l’amour sorcier » , une gitanerie. Une joute musicale pour évoquer le folklore espagnol mais dont on ne sait si c’est Thomas ou Gayané qui sort vainqueur.

Des deux côtés un jeu incisif, dense et subtil où les instrumentistes se livrent à un concours d’aiguës entre virtuosité et insouciance.

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Ils termineront par les œuvres de Piazzola, bourrées de variations, de tendresse langoureuse, de jeux de camaïeux et de dégradés sonores. Le morceau intitulé « Café 1930 » devient une danse lascive où les deux instruments sont liés intimement dans une étreinte vivante. Le bis est un air populaire du Brésil, chantant et joyeux.

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administrateur théâtres

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Concerts au 15ème festival de musique de chambre de Musica Mundi 2013

Hagit et Leonid Kerbel, fondateurs de Musica Mundi, respirent le bonheur ! Ce 15 juillet dernier, ils ouvraient le traditionnel festival Musica Mundi  pour la quinzième fois, dans la salle Argentine du Château du lac, à Genval. Musica Mundi a reçu le haut patronage de la princesse Mathilde, maintenant Reine des Belges.  Parmi le public bourdonnant d’excitation, il y a, à droite de la scène, les partenaires et  les généreux mécènes du stage, l’ensemble des  nombreux sponsors, tous, «amis de la famille de Musica Mundi », à gauche toute la classe 2013 de plus de 60 élèves qui s’installent par ordre de taille, et aussi les parents de jeunes élèves de toutes nationalités, et de nombreux amis fidèles de la musique et des jeunes talents. Un public branché, chaleureux et enthousiaste, qui croit fermement au fier concept européen « United in diversity »… In varietate concordia, souligne Hagit, l’impeccable organisatrice de ce festival. Mais bien sûr, c’est  le stage de musique de chambre - réservé aux musiciens en herbe,  entre 10 et 18 ans –  qui est le cœur de cet événement estival belge et international. Il est associé à une série de concerts tantôt prestigieux, tantôt teintés d’humour, de musiques passionnées aux accents tziganes  et à la virtuosité enflammée, mais toujours de grande sensibilité.  Des artistes de réputation internationale comme l’ardent Vladimir Perlin, l’Orchestre symphonique de Biélorussie, le Trio Maisky, le Quatuor Danel, ou l’exceptionnel pianiste tranquille Rudolf Buchbinder, ont été cette année les grandes rencontres qui nous ont embrasé le cœur et charmé l’oreille lors de fougueux récitals. A la fin de chaque concert, beaucoup participent à la réception où l’on se parle, se photographie et se fabrique des souvenirs inoubliables. Un lieu où se tisse le lien inaltérable du bonheur musical. Où l’on côtoie le comte Jean-Pierre de Launoit, le violoniste israélien Ivry Gitlis…. et  Stéphanie, la fille de Martha Argerich et son petit-fils. On chuchote que Maxime Vengerov sera l’ambassadeur d’un projet  de qualité : la  création d’une école primaire et secondaire pour jeunes musiciens... le rêve !

 

12272748692?profile=originalChaque année,  les concerts se donnent aussi au Concert Noble à Bruxelles. C’est là que nous avons entendu le Quatuor Danel qui faisait partie de l’équipe en résidence cette année. A l’entracte, il y a toujours des récitals de jeunes prodiges musicaux qui arrêtent vos pas vers les rafraîchissements du bar. Des minutes  de pure émotion, ces grappes de notes savoureuses, ces bouillonnements  de sève musicale juvénile quand on voit la candeur et la talentueuse interprétation des jeunes instrumentistes en route vers un avenir prometteur. Revenons quelques instants au quatuor Danel.  Basés à Bruxelles, français d’origine sauf, Vlad Bogdanas,  l’altiste né à Bucarest,  conquérants certainement,  ces quatre jeunes instrumentistes surréalistes parcourent l’Europe et le monde dans tous les sens et sont particulièrement friands des nuits blanches de la Finlande. Et ils enseignent.  Ce ne sont pas des musiciens de salon, ils ont du caractère et une forme d’enfer. Passionnés ou espiègles, Ils font preuve d’une force expressive stupéfiante, d’un humour au vitriol, d’une fonte habile et soudée des instruments,  raffolent des touches fauves, des sonorités rutilantes,  des silences à mystères,  des coups de couteau et des plages de flegme apparent. Ils créent une musique pleine de substance  mais le  travail semble se faire dans l’apesanteur !

Dans « the Joke » de Haydn, Marc Danel se détache presque de son tabouret, levant presque en même temps les pieds au ciel. L’expressivité est intense et torturée tandis que le deuxième violoniste, Gilles Millet joue dans la zenitude. Contraste farceur s’il en est ! Quant au violoncelliste, Guy Danel, il est  totalement pince sans rire, …not a Joke ! C’est fini ? Non on reprend par blague,  la première phrase de l’œuvre qui risque de ne pas s’éteindre, comme une bougie magique. Leur quatuor N° 30 de Tchaïkovski et son funèbre Andante sera démonstratif. Le buste entier de Marc Danel se retrouve face au public dans un accès de vaste douleur. Les mouvements paroxystiques démesurés s’opposent aux jeux de sourdine absolue. Fermez les yeux, vous entendez quelque chose ? Et la réponse est affirmative, un filet de vie, un filet d’âme répond dans un dernier souffle au miroir ! La fin se caractérise par  un jeu pétaradant de bacchanale violonistique, les quatre monstres sacrés se sont égayés entre les colonnades de l’auguste tapisserie à l’arrière-plan, parmi les divinités gréco-romaines. Les augustes feuillages en tremblent. Pomone et Flore ont couru se cacher!

Le bis est un des favoris du Quatuor Danel qui a publié l’intégrale des 17 quatuors de  Mieczyslaw Weinberg, compositeur russe d'origine juive polonaise, contemporain de Chostakovitch, mis à l’index sous Staline, et dont le  nom a presque disparu des concerts et des enregistrements.  C’est le troisième mouvement du 5e quatuor du compositeur  qui a donné une ambiance du feu de Dieu au Concert Noble car la classe entière des jeunes prodigues de Hagit et Léonid s’est soulevée  pour relancer une ovation générale.    

 

Ce soir, la soirée de Gala clôturait le festival! Une immense bouffée de bonheur comme celle qui vous vient lors des feux d’artifices.   Grandiose et émouvante, tant la fraîcheur et la sensibilité des jeunes artistes mêlées aux grands virtuoses d’envergure internationale sont touchantes. Le point culminant de cette odyssée musicale, s’il faut en choisir un dans cette longue soirée commencée à 19 heures, est certes l’interprétation palpitante d’une  œuvre de R. Vaughan Williamstous les musiciens du stage, du plus petit - ils sont 12 cette année, à avoir moins de douze ans - au plus grand (devinez qui…) ont uni leur musicalité sous la direction de Leonid Kerbel, le véritable animus de la soirée.

 

Ambiance : un océan de cordes, le souffle d’un Poséidon possédé par la musique et l’amour de ses élèves conduit les flots, vole la vedette à Eole et calme les vents. Tout tremble et vibre comme un gigantesque orgue marin. Mugissements salés, l’esprit du large envahit les musiciens et une audience muette d’attention. Beaucoup de musiciens jouent et écoutent les yeux fermés. Naissance marine : la premier violon inondée de grâce est souple comme des voiles de soie. Réponse empathique et lyrique de la deuxième violon et duo plein de profondeur  recueilli par un violoncelle attentif. Les harmoniques merveilleuses sont lâchées,  la baguette de Leonid Kerbel écoute et esquisse des gestes tendres d’une douceur infinie. On prie pour que la grâce musicale ne quitte jamais ces êtres dévoués au langage universel. Le flot musical enfle, remplit la salle Argentine de confiance et d’amour. Quel modèle de respect et d’écoute mutuelle créatrice d’harmonie absolue. On rêve… « Quand le pouvoir de l’amour sera plus fort que l’amour du pouvoir, le monde… » . Suivent  deux,  trois, quatre accords vibrants qui lancent de longs frissons, viennent de sombres et profonds pizzicati et voici les violons qui chevauchent une mélodie remplie d’espoir. On flotte en apesanteur. Le cœur bat plus vite et voici enfin le retour de la vague de fond qui porte sur sa crête les violons vainqueurs ! Rien n’est plus fort que l’amour.

Au Château du Lac (Genval), à l’Hôtel Le Lido et au Château de La Hulpe. Du 15 au 28 juillet. Infos : 02.652.01.01 ou 0495.200.595 ou www.musicamundi.org

 

 Ayez la patience de regarder le diaporama jusqu'au bout! il y a une surprise!

http://secure.smilebox.com/ecom/openTheBox?sendevent=4d7a63304e7a59774d54493d0d0a&sb=1

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administrateur théâtres

Les intermezzi musicaux des Midi-Minimes… Eté 2013

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Les intermezzi musicaux des Midi-Minimes… Eté 2013

L’une des plus belles œuvres de musique de chambre, le quintette  en Ut majeur de Schubert a été composé peu après sa dernière symphonie durant l'été 1828, deux mois avant la mort du musicien. Il a été créé bien plus tard, en 1850, au Musikverein de Vienne et publié en 1853. Il nous a été servi comme une  7e merveille de la musique par l’émouvant Quatuor Alfama au Conservatoire Royal de Bruxelles, lors d’un de ces midi-minimes inoubliables de la cuvée 2013. On y a couru à cause de Camille Thomas, rencontrée au festival Musiq 3 2013 et on y a découvert une violoniste exquise: Elsa De Lacerda Setas.  On reste longtemps sous l’impression d’avoir voyagé au cœur d’un rare cristal musical hier midi! Une merveille!

Dès les premières notes on est happé par un long appel strident  joué par le Violon ensuite repris par le timbre profond du premier Violoncelle. Si le premier mouvement évolue longuement  dans les contrastes de registres aigus et sombres, on arrive vite dans une explosion de mouvements impétueux,  dont la puissance est garantie par la voix chaleureuse des deux violoncelles unis. Cascades émouvantes du Violon vers les graves, déferlement avant une gamme ascendante  qui s’élance à l’assaut du bonheur. Mélodie en duo des deux Violoncelles qui s’entrelacent: serait-on au paradis ? Au cœur d’un cristal musical où les pans sonores miroitent de tous leurs feux. 

 Et voici que vient la beauté surnaturelle dans ce chef d’œuvre de l’humain : l’Adagio.  Au recueillement en  volutes pointées  du Violoncelle, répond en échos attentifs  la voix du  sublime Violon par des pizzicati  délicats du même registre. Le jeu de l’écoute est passionnant, comme si les doigts du Créateur tendaient la main à l’homme de la Chapelle Sixtine.  Il est Petit mais à l’image de Dieu. Les grondements des autres cordes tissent une mélodie tragique cueillie par les accords graves du Violoncelle. Les vagues sombres semblent être soulignées par le passage de nuages par-dessus la verrière du Conservatoire. Des silences haletants ponctuent de  longs accords et redonnent la vie au jeune Violon qui ose fleurir sur un terroir de tristesse. On se berce dans la pureté de son de l’instrument, qui ressemble beaucoup à la respiration vivante d’une extase. La douceur atteint des summums avant le retour des pizzicati du début, sous la conduite du Violon cette fois. La lumière musicale et apollinienne inondent l’assemblée qui entoure les musiciens ; un  ultime crescendo souple et poignant soutient l’émotion jusqu’à la dernière note, tenue avec immense respect. Le sentiment  nostalgique d’un  dernier rayon de l’astre solaire vous étreint brièvement avant de plonger dans le troisième mouvement.

Le scherzo sera sautillant ! Back to Earth ! Le Violoncelle prend des allures de grand seigneur qui tournoie joyeusement… Réapparaissent les notes sombres de la perte de la joie. Les larmes perlent sous l’archet de la violoncelliste Le mal à l’âme se déplie et atteint tous les instruments mais une extrême douceur subsiste au cœur de la gravité. Retour versatile à la volubilité intense du début, et touches délicates encadrées d’appels que l’on imagine ceux de cors au fond des bois. Des appels, encore, de nature royale !

Applaudissements intempestifs, tellement la plastique de l’œuvre est intense et superbe. L’ensemble musical peu surpris  en profite pour se réaccorder et lance l’Allegretto jubilatoire, toute peine bue. Effeuillée la tristesse, restent les pétales joyeux,  un calice aux vertus musicales, à boire ad libitum. Des pieds légers et juvéniles touchent à peine le sol à moins que ce ne soient ces mystérieux papillons qui accompagnent souvent l’âme dans son élévation. Peut-être comme semble dire la musique, qu’ils retombent  en longs poudroiements fertiles et sans cesse renaissants.  

Ovation (f)estivale pour ce quatuor Alfama et ses jeunes  instrumentistes extraordinaires.

 

Atmosphère: cliquez ici: http://secure.smilebox.com/ecom/openTheBox?sendevent=4d7a63304e444d7a4d6a453d0d0a&blogview=true&campaign=blog_playback_link&partner=commissionjunction

« D’année en année, les artistes des Midis-Minimes forment une communauté plus large et plus créative, où les personnes se rencontrent, où les genres se décloisonnent, où les croisements s’opèrent. Grâce à la confiance établie avec le festival, ceux qu’on a entendus en quatuor, se retrouvent à l’opéra, le théorbiste a fondé son ensemble, la lauréate du concours Reine Elisabeth a troqué son archet contre la baguette, le hautboïste tâte du doudouk, tous poursuivent, en solitaire ou en bande, leur recherche du bel et insaisissable objet musical, rejoints par d’autres musiciens où l’on notera, cet été, de nouveaux et brillants internationaux. 
Le moteur de cette effervescence et de ces audaces ? L’écoute ! Votre écoute, celle d’un public incroyablement ouvert, concerné, actif, authentique partenaire artistique du concert. Merci à vous.»
 Besoin d’un petit coup de pouce à votre curiosité ? Voici le lien pour aller glaner un programme qui vous plaît  et vivre l’été autrement cette année : http://www.midis-minimes.be/fr/calendrier.php

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administrateur théâtres

12272833660?profile=originalAmandine Beyer

Amandine Beyer violon
Johann Sebastian Bach Partita pour violon n° 3, BWV 1006, Sonate pour violon n° 2, BWV 1003, Partita pour violon n° 2, BWV 1004
BOZAR MUSIC accueille l’une des violonistes baroques les plus douées de sa génération, dans un programme en solo. Amandine Beyer sera sur la scène du Conservatoire dans un programme de sonates et partitas de Bach, sans conteste l’un des sommets de la musique virtuose pour violon seul. L’occasion de découvrir ou de réentendre cette musicienne d’exception, dont la technique et la musicalité transcendent l’écoute.

Un électron libre investit le parquet et les  boiseries craquantes du plateau du Conservatoire de Bruxelles, immensément vide. Vêtue de noir, sourire aux lèvres, une fleur  de soie piquée dans les cheveux courts, et dans les mains,  le violon  blond et minuscule qu’elle va faire chanter dans un instant, voici Amandine Beyer.  Elle  sourit furtivement  à l’espace et au temps avant de glisser sa première mesure. Elle est au centre de l’épure extrême du décor : le vide. Ecrin austère pour la musique complexe de Bach dont rien ne doit distraire. Approche bouddhiste ? Il faut vider la tasse de thé  avant de la remplir? Pour interpréter, il faut d'abord se mettre à la disposition du maître en mettant de côté ses propres perceptions pour accueillir la spiritualité musicale de Jean-Sébastien.

Courage et finesse d’entrée de jeu dans le prélude aigrelet de la Partita n°3. La  magie  de l’archet opère. C’est vif et printanier, puis cela glisse dans la flânerie musicale et les débordements maîtrisés dans le second mouvement. Quelques sourires aigus et l’on verse dans la gavotte sautillante bien connue. La construction est délicate, le bonheur plisse les joues de l’artiste, l’oreille dans la confidence du galbe de l’instrument. La musicienne fait réellement prolongement avec lui. Les sonorités se font plus graves dans les courts menuets mais sont  d’une extrême légèreté. La  souplesse de jeu  parcourt les octaves comme de grands frissons. La bourrée se gave d’échos joyeux, tel un vol de papillon qui butine de fleur en fleur. Gigue finale: écho accéléré de la gavotte. On peut enfin applaudir.

 La sonate N° 2 change la posture de la joueuse. Le soliloque est grave et habité. D’où vient le souffle ? Tout coule et s’enchaîne sans la moindre respiration. Cela donne l’illusion d’un temps en boucle. La fugue démarre après un sourire épanoui, l’œuvre de la musique sans doute. Envols gracieux et descentes élégantes malgré une tension soutenue. L’andante déballe avec patience des papiers de soie car la sonorité a perdu un peu de sa vigueur. L’allegro revient avec des sonorités claires et vives. La virtuosité et le rythme soutenu donnent l’impression d’une conversation à plusieurs voix dans la magistrale solitude.

12272833494?profile=originalC’est évidemment le dernier mouvement,  la chaconne de la partita N°2 qui fascinera pendant plus de 15 minutes. C’est majestueux. Les sons sont pleins, la musicienne joue les yeux fermés. On dirait qu’elle attendait ce moment précis pour consommer ce mouvement avec gourmandise. Les arpèges vibrants montent, descendent le long de la gamme chromatique. Puis il y a cette rupture de rythme, comme pour pénétrer dans le saint des saints d’un lieu accessible à quelques élus seulement. Mais elle nous a ouvert la porte et avec elle on pénètre dans le mystère. La dernière note soutenue est  longue et chaleureuse. Un dernier moment de partage advient avec trois bis programmés. D’abord Matteis. Un mouvement coulé avec une basse continue invisible, où Amandine Beyer se laisse bercer par la mélodie. Puis le 3e mouvement de la sonate en do majeur de Bach : un soliloque ailé, riche d’accents,  d’enchaînements presque  flûtés. Le troisième bis n’aura pas lieu. On ne pouvait sans doute pas faire mieux…

  

http://www.bozar.be/activity.php?id=12128&selectiondate=2012-10-05

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Les concerts de Chambre de l’Orangerie de Seneffe12272747075?profile=original

 

                         Ils se donnent chaque été dans le domaine du Château de Seneffe. La session 2012 a commencé à bureau fermé, c’est dire le succès remporté par cette festivité de charme et de beauté musicale. Le jeudi 19 juillet, « Brillant et Virtuose » a réuni  des compositeurs et des interprètes prodigieux. Fauré, Saint-Saens et Beethoven avec rien moins que Lorenzo Gatto et Jean-Claude Vanden Eynden. Le lendemain « Fêtes Nocturnes »  réunissait Schubert, Brahms, Michel Lysight - une première mondiale - et Martinu avec six artistes d’exception. Les sons du violon et du piano se sont invités avec leurs comparses dans les cœurs qui  ont vibré sous l’archet dynamique de la  talentueuse de Véronique Bogaerts et gémi avec la violoncelliste extraordinaire Marie Hallynck. La créative Sophie Hallynck nous a joué de la harpe d’une  façon innovante et inoubliable. Les musiciens masculins  n’étaient pas en reste avec le jeu subtil au piano de l’impétueux Muhiddin Dürrüoglu, la clarinette pleine de verve de Ronald Van Spaendonck et Vincent Heppe, alto aux modulations élaborées tantôt romantiques, tantôt mutines.

Mais le morceau qui a retenu particulièrement notre attention est cette pièce composée en 2010 par notre compatriote Michel Lysight appelée « Oxymores ». Une musique qui remplirait d’aise Claude Debussy qui trouve que la musique « doit chercher humblement à faire plaisir au public ». Le premier mouvement débute dans des gazouillis qui s’affrontent et se font des pieds-de-nez, clarinette vs violoncelle. Le piano intervient pour remettre un peu de sérieux sur scène. Rappelée à l’ordre, le violoncelle bascule dans une complainte jusqu’aux tréfonds de la gravité. Bien sûr la clarinette prend le contrepied ! Fâcherie syncopée du piano, moquée aussitôt par les deux instruments de mèche. Gloussement indigné du piano et chacun joue ensemble et tout seul. L’oxymore dans toute sa splendeur. Silence assourdissant du public, créativité muette du compositeur.  Le deuxième mouvement change de tempo car le piano a pris les rênes d’une mélodie triste, doucement musée par la clarinette puis par le violon. Les instruments s’entendent sur la tristesse. Le thème lancinant produit de purs soupirs. Un canon à trois voix émerge mais les dissonances sont dans l’air. L’air de rien, ils s’écoutent et des pizzicati en forme de gong scandent le diminuendo. Le troisième mouvement est fait de bulles sèches (oxymore, tu nous tiens !) au piano puis à la clarinette et enfin sous les doigts de Marie Hallynck. Les notes pointées s’accordent avec humour et frénésie. L’interaction  subtile de la partition, des interprètes et du public forme un moment musical inoubliable. Et des applaudissements nourris saluent cette première mondiale. Le compositeur Michel Lysight qui est présent est sans doute ravi.

« Fêtes Nocturnes » (1959), de Bohuslav Martinu est une pièce non moins intéressante et réunit les six artistes. « Yavait-t’une ville » de Nougaro s’insinue dans l’introduction. De subtils mélanges de timbres piano et harpe chatouillent l’imagination tandis que les cordes font superbement bande à part à la façon d’un antique folklore Ecossais ou Irlandais. La clarinette s’insinue dans les pauses et le piano a ri, d’une seule dent. Au deuxième mouvement la harpe sonne le glas, les violons gémissent la clarinette succombe. Puis la harpe se transforme en guitare, Fêtes Galantes ? Les ondes du piano s’y mêlent. C’est Beau. Place aux autres : les  cordes. Un vent s’engouffre par toutes les fenêtres et fait voler les mousselines. On est décidément dans le Lake District avec Keats. Mélancolique, son dernier souffle peut-être. Le troisième mouvement est fantastique, de la berceuse à l’appel au clairon… de la harpe. Souvenirs de boléro de Ravel, Sophie Hallynck, la harpiste frappe les cordes avec un battoir. C’est un mode de Niebelungen ou de Little People façon Murakami (1Q84) qui pirouettent devant un public médusé. Le dernier mouvement rejoué en bis entraîne encore plus d’applaudissements. Une nocturne musicale hors du commun, venez donc  emprunter cette sente magique l’an prochain ! Le plaisir durera jusqu’au dimanche et peut-être au-delàs. 

Préparez-vous à venir écouter les concerts « Classics &Classics »  organisés aussi par L’Orangerie asbl. Ils  se déroulent pendant tout l’automne à Bruxelles  dans la  D’ieteren Gallery. Ils proposent de découvrir des chefs-d’œuvre musicaux et de caresser des yeux  les très belles carrosseries du temps passé.

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Il était une fois une Sonate  en trois mouvements : Allegro appassionato, Moderato cantabile et Orlando furioso. Ou la construction en  trois parties de ce mémorable concert donné à la salle Henry le Bœuf , salle comble, devant la famille royale en conclusion du prodigieux concours de violon Reine Elisabeth 2012 dont c’est la 75e édition. Trois concurrents extraordinaires: une Amazone Coréenne bleue, un Prince Japonais et un Titan de Russie. Jouer c’est se surpasser. C’est ce que les trois jeunes artistes ont fait, tenant en haleine un public captivé. Trois concerti monumentaux sous la baguette virevoltante de Michel Tabachnik, musicien éclairé débordant de vitalité. Au Programme :

- Concerto Nr 1 en sol mineur op 26 de Max Bruch, soliste: Shin Hyun Su, troisième lauréate

- Concerto  en mi mineur opus 64 de Félix Mendelssohn, soliste: Narita Tasuki, deuxième lauréat

- Concerto  en ré majeur opus 35 de Tchaikovsky,  soliste: Andrey Baranov, premier lauréat

Allegro Appassionato 

Shin Hyun Su assume un phrasé incisif qui tranche avec le puissant murmure de l’orchestre que Michel Tabachnik conduit avec une  souplesse virevoltante. Le voilà, tempérant les cors anglais, insufflant du  recueillement avant la vague passionnelle qui précède le premier solo de la tragi-musicienne. Celle-ci, Tantôt extrait des intonations salées comme des larmes de son instrument, tantôt et offre un déferlement de musicalité. Dans l’Adagio, elle sait aussi faire sourdre tout en finesse, comme un ruisseau invisible, des modulations romantiques de son archet. Les commentaires de l’orchestre se nourrissent de gravité une pluie de pizzicati évoque les tressaillements d’une invisible harpe. La musique, serait-ce faire ressortir l’invisible? Les quatre cors et les deux trompettes jettent soudain une amplitude de tonalités qui repoussent au loin tous les horizons. Le rêve et la sérénité lumineuse se sont installés. Le moment de grâce se termine sur deux petites notes descendantes. L’Allegro energico porte bien son nom : jeu subtil de  l’exultation victorieuse. L’Amazone bleue est en parfaite symbiose avec l’orchestre dont le cœur bat la chamade. Les percussions scandent un final glorieux. Tout est dans le geste du dernier coup d’archet.   

Moderato cantabile

Narita Tasuki émeut par sa grâce, son élégance et sa virtuosité tranquille. Un seigneur de la musique qui explore la partition avec aisance et maîtrise. Le duo avec les vents est empreint de tendresse et de générosité. Le musicien produit des respirations lentes  et des sommets délicats. La transparence de la porcelaine. Sa créativité artistique s’imprime dans la flexibilité  de son corps. Se prend-il pour un roseau dansant au gré du ruissellement des clarinettes ? Deux cors et deux trompettes brillantes soudain se liguent pour préparer l’écrin du monologue  extraordinairement émouvant du soliste. Son  babillage intime se dépose aux pieds de l’orchestre sous le charme. Dans le mouvement suivant, les plaintes sonores et douloureuses de l’orchestre seront bientôt couvertes par la volubilité juvénile du jeune artiste. Les répétitions en force du cadre dramatique de l’œuvre forcent le soliste à exprimer la chose qui meuble toute son interprétation : l’harmonie. Alors les violons glissent imperceptiblement dans des couleurs bienveillantes. La fin du deuxième mouvement  est une construction séraphique du plaisir. Le troisième se termine dans l’allégresse, la légèreté et l’intensité. Vivacité à l’état pur, perlée de hautbois avant l’estocade finale.

 Et deux splendides bis: le  caprice Nr 1 de Paganini et ...une perle japonaise.

Orlando furioso

La vie est un combat sans merci. Contre le malheur qui imprègne toute chose,  Andrey Baranov forge des sonorités d’une puissance incomparable. Cet athlète musical entraîne l’orchestre dans le dépassement absolu. Ses soli de virtuose sont mouvementés et douloureux. Transfiguré par la musique, il ferait chanter un morceau de marbre ! Paroxystique dans la douceur comme dans la  force. On est dans de l’expressionisme fantastique. Un Titan, dont la concentration est phénoménale et l’expressivité, celle de toutes les Walkyries réunies. Slaves,  bien sûr ! Mystère : la finale égrènera des étoiles.    

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administrateur théâtres

 

12272812890?profile=originalCe soir, sous la baguette de l’immense AUGUSTIN DUMAY, trois des six lauréats du Concours Reine Elisabeth nous offrent leur rêverie musicale  lors du prestigieux CONCERT DES LAUREATS.

Au programme :

 - Concerto Nr 5 en la majeur KV 219 de Wolfgang Amadeus Mozart, soliste :  Tseng Yu Chien

 - La sonate « Le trille du Diable » en sol mineur de Giuseppe Tartini, soliste : Esther Yoo

- Tzigane (arr. David Walter) de Maurice Ravel, soliste :  Artiom Shishkov

- Poème opus 25 d’Ernest Chausson, soliste : Artiom Shishkov

- Fantaisie sur des thèmes de Carmen de Franz Waxman, soliste : Esther Yoo

Tsen Yu-Chen, 5e lauréat, voltige tranquillement dans les parfums du  concerto de Mozart, cisèle de très belles sonorités. C’est un morceau de bravoure, exécuté avec finesse et maestria. Il alterne intimité et vaillance. Son adagio est plein de légèreté et  il se laisse parfois prendre à la confidence avec le Chef d’Orchestre avant de développer son dernier solo à la façon d’un hommage à la jeunesse éternelle… et invincible ? Même les cors ont été convaincus ! On ressent une sollicitude profonde dans la conduite enveloppante d’AUGUSTIN DUMAY qui entraîne les solistes par-dessus son épaule, comme un premier de cordée puis les laisse à leurs soli avec le respect profond qu’il éprouve pour les jeunes talents.  Bonheur de magister.

L’apparition d’Esther Yoo, 4e lauréate,  dans sa divine robe de  mousseline rouge Carmen cause des remous. La sonate pour violon  de Tartini  qu’elle présente est tout de suite habitée par ce qui fait la beauté et l’intelligence à la fois.  Joyeuse,  elle s’échappe dans des acrobaties ludiques. Le deuxième mouvement mélange majesté et tendresse. Sa virtuosité pétulante emballe des rythmes pressés pour se fondre à nouveau dans des vagues ralenties qui semblent chercher le sens intime des choses. Plusieurs reprises aussi vivantes que  des poissons volants alternent avec la houle romantique profonde, brodée de Ralentandi très étudiés. L’intention poétique est présente, ce qui caractérise un grand violon.  Et la fin est une dentelle d’écume suspendue à la vague qui virevolte en solo devant un public subjugué.

Voici enfin Artiom Shishkov, 6e lauréat dans Tzigane de Ravel. La première phrase est une longue incantation pathétique énoncée… passionnément. Elle se termine sur un souffle qui jette aussitôt des murmures  dans la harpe sertie au cœur de l’orchestre. Reprise tendre qui a tout des souffrances du jeune Werther. Dans la douceur exquise d’une nuit musicale s’élève un chant d’oiseau grave. La harpe aussitôt fait naître une forêt enchantée. Il y a l’apparition de danses autour du feu des violons. Le soliste rend son couplet plus festif. Celui-ci s’éclate en pizzicati miroitants. La joie est communautaire et le violon-étoile, pris de joie, se livre au bonheur de la musique. Le public exulte.

 Après la pause, c’est encore Artiom Shishkov qui joue le  Poème opus 25 d’Ernest Chausson.   Il attend que les profonds roucoulements de cordes repris à l’octave s’estompent pour nous emmener dans une complainte vibrante, reprise par les respirations profondes du tapis de violons. Multes modulations s’enchaînent avant le premier accord. Etonnant. Puis le soliste reprend son chant rhapsodique qui se répercute en mille éclats de sonorités lumineuses. Le plateau musical gonfle comme un gâteau vivant. Cela tremble du côté des violoncelles pendant la progression ascensionnelle du thème. Libération de la mélodie qui s’élève vers des cimes … et plane. C’est tout. C’est beau.

 Acclamée encore, Esther Yoo revient pour interpréter les envolées de Carmen. Le visage  concentré à l’extrême, c’est tout à la fois:  la  fièvre de l’exaltation personnifiée, la facétie, la versatilité, la détermination splendide, le tonus musical et le sentiment d’immortalité. … invincible Jeunesse ?

"La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée" disait Platon.

Une pensée pour vous donc, MADAME qui fêtez ce jour vos 84 ans en même temps que la jeune lauréate, et le 75e anniversaire du concours Reine Elisabeth. Vous, fidèle à la Belgique, fidèle à vos engagements culturels et sociaux. Vive la reine cinquième des Belges ! Coïncidence ou rêverie ? C’est ce soir qu’Esther Yoo fête aussi ses dix-huit ans.  L’orchestre entonne le « Happy Birthday » de circonstance,  repris par le public et, cerise sur la magnifique pièce montée qu’est ce concert, voici Navarra suite espanola, dédié tout particulièrement à la Reine. Les trois lauréats se retrouvent sur l’avant-scène et joignent leurs violons, jouant  à l’unisson. L’orchestre ajoute le souffle chaud de l’Espagne et  de mystérieuses castagnettes. C’est la feria ! Tous debout, les cœurs et les mains se joignent dans des applaudissements généreux et la Reine rejoint la liesse, du bord de sa loge royale.  

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administrateur théâtres

12272799258?profile=originalSolistes de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth

BOZARSUNDAYS

Dimanche 18.03.2012 11:00

Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

 Chaque année, dans un idéal d’excellence, et le rêve d’une carrière assurée,  des étudiants de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth participent au Concours musical international Reine-Élisabeth-de-Belgique. La Chapelle est soutenue par de nombreux mécènes culturels. Elle participe au perfectionnement de jeunes talents du monde entier dans plusieurs disciplines musicales. Dans chacune des quatre disciplines, les étudiants de la Chapelle sont suivis personnellement par un Maître en résidence: Violon (Augustin Dumay), Piano (Abdel Rahman El Bacha), Violoncelle (Gary Hoffman)(nouvelle classe), Chant (José Van Dam), Musique de chambre (Quatuor Artemis)

Ce dimanche matin, la salle Henry Le Bœuf du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles  accueillait trois jeunes talents qui nous ont offert un programme de choix:

Christia Hudziy piano - Noëlle Weidmann violoncelle

Edvard Grieg, Sonate pour violoncelle et piano, op. 36, 1er mouvement
Leos Janacek, Pohadka

Harriet Langley violon - Dana Protopopescu piano

César Franck, Sonate en la majeur

L’une d’entre elles, qui a travaillé à la Chapelle depuis six ans, est une jeune fille de 19 ans. Elle s’appelle Harriet Langley, elle  est australienne, de mère coréenne. Elle a déjà parcouru le monde entier et  va présenter le concours Reine Elisabeth de violon ce printemps 2012. Non seulement elle a l’occasion grâce à cette formation de développer sa personnalité musicale aux côtés d’un très grand maître prêt à lui transmettre tout son savoir faire, mais elle est très reconnaissante, ainsi que ses collègues artistes  que la Chapelle - cas unique dans la formation musicale en Europe -  leur permette de se produire sur de nombreuses scènes prestigieuses y compris à l’étranger. Après le concert nous les avons rencontrées, toutes trois  aussi charmantes, et amoureuses de la musique.  

Christia Hudziy au  piano et Noëlle Weidmann (dont c’est la première année à la Chapelle)   au violoncelle nous ont joué la Sonate pour violoncelle et piano, op. 36, 1er mouvement d’Edvard Grieg.  Ce n’est pas une mince affaire que de convoquer l’intérêt musical un dimanche matin à 11 heures quand dehors sonnent les cloches d’une superbe matinée de printemps. Ce duo féminin très accompli  a réussi à capter toute notre concentration. Sensibilité et vigueur étaient au rendez-vous tandis que dans le second morceau, Pohadka de Leos Janacek, l’inventivité  et les surprises fusaient des cordes du violoncelle. Le début commence comme un véritable conte de fées. Une voix semble nous souffler «  Il était une fois… Pohadka, a fairy tale ». Et c’est le cas,  vérification faite, Pohadka veut dire en tchèque « conte polulaire… » C’est dire si l’interprétation était suggestive !   On se demande comment Christia et Noëlle, qui jouent en se tournant le dos ont tant de connivence musicale et de bonheur complice. Le double chant qu’elles tressent dans le dernier mouvement  est enchanteur.

 

César Franck, Sonate en la majeur. Le duo avec Dana Protopopescu au piano était sublime. Harriet, la violoniste boit des yeux les mains de la pianiste et lui renvoie une  sculpture musicale  complexe et passionnée. La fougue croisée des deux instruments se complaît dans les notes graves, la violoniste souligne les accents marqués en fin de phrase par un geste d’accompagnement ferme et gracieux. L’archet semble se libérer et grimper vers des notes de plaisir estival. Puis des ondes de retour vers l’intériorité retombent en cascades.

 Il y a au cœur de l’œuvre un récitatif joué les yeux fermés, un chef d’œuvre pour

qui veut se recueillir. Il semble que toute la misère du monde soit envoyée vers le ciel, avec l’espoir enfermé  comme  dans une bouteille à la mer. Et ce message, on est sûr que Dieu l’aura entendu. Les lignes mélodiques sont pures, escortées avec délicatesse par les  arpèges au  velouté très mélodique de la pianiste.  La tendresse et le romantisme du début se mutent en  volonté de faire exploser la joie de vivre.  

C’est au tour du public d’exploser de bonheur, quand dehors, en plein midi, sonnent les cloches d’une superbe matinée de printemps.

 

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