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musique classique (2)

administrateur théâtres

Seventh Heaven… at Classissimo!

37 degrés à l’ombre ? Au Théâtre Royal du Parc, on a trouvé mieux que des ventilateurs. Classissimo y fête ses vingt ans. La Musique, le plus beau des remèdes, à la canicule !

Du 5 au 11 août, Classissimo vous convie à sept soirées thématiques qui invitent au voyage. Sous l’impulsion de son directeur artistique, le flûtiste Marc Grauwels, le festival reste fidèle à l’esprit de son fondateur, Georges Dumortier : faire de la musique classique une fête ouverte à tous, chaleureuse, accessible et résolument vivante.

Dans ce festival bruxellois, la mise en avant de la jeunesse est primordiale : fidèle à l’esprit des « Jeunes Solistes », le festival offre une vitrine majeure aux jeunes virtuoses belges et internationaux, qui partagent la scène avec des musiciens confirmés.

En effet, point de hiérarchie entre les grands maîtres et les jeunes interprètes. La transmission est le véritable fil rouge du festival. Les artistes se rencontrent, dialoguent, partagent la scène avec une générosité qui rappelle que la musique de chambre est d’abord un art de l’écoute. Chaque concert est un temps de conversation vivante où les instruments vont respirer ensemble. La transmission est une réalité palpable qui se joue sous les yeux du public, dans la complicité des regards, des souffles et des archets.

Place aux croisements insolites, l’essence de la créativité. Et une programmation sans frontières ; Mozart, Gounod, Brahms, Verdi, Bizet et Carl Orff côtoient Astor Piazzolla. Le baroque français dialogue avec les musiques d’Espagne et d’Amérique latine. Un Sonico Quintet fait vibrer le tango, tandis que le glassharmonica, le cymbalum ou les castagnettes apporteront des couleurs originales et envoûtantes.

Tout cela dans un de nos lieux préférés de la scène bruxelloise : le théâtre à l’italienne du Théâtre Royal du Parc, avec sa belle acoustique et le charme désuet du velours rouge pour que chaque concert devienne une parenthèse hors du temps. 19e, 20e, 21e siècles ? Who knows! On s’y retrouve pour écouter, s’émerveiller, respirer… se rafraîchir le cœur et les méninges.

À quinze euros en prévente, gratuit pour les moins de dix-huit ans et les étudiants, Classissimo prouve qu’un festival d’excellence se doit d’être un festival de partage :

« …la Musique est un bien commun.

Georges, ce festival est le tien. Que les notes qui résonneront cette semaine s’élèvent vers toi en un infini remerciement. Nous poursuivrons ton œuvre avec la même passion. »

 

J1. Ouverture : Grand concert réunissant toutes les générations autour de Mozart, Gounod et des puissants Carmina Burana de Carl Orff.

J2. Baroque français, Élégance en diable. Une soirée intimiste dédiée au grand répertoire historique francophone.

J3. Le Soleil du Sud : Un voyage musical passionnant naviguant entre l’Espagne et l’Amérique latine.

J4. Musique de chambre : Œuvres de Mozart et Brahms portées par Valère Burnon (récent lauréat belge du Concours Reine Élisabeth) flanqué de jeunes virtuoses.

J5. Nuit à l’Opéra : Extraits célèbres de Verdi, Bizet ou Weber, sublimés par la participation insolite de 21 flûtistes.

J6. Tango : Une immersion vibrante dans l’univers d’Astor Piazzolla grâce au groupe spécialisé Sonico Quintet.

J7. Clôture : Un final envoûtant mariant l’orchestre de chambre aux sonorités magiques du glassharmonica.

Day 7 ? …Go to Heaven !

Du mercredi 5 août 2026 au mardi 11 août 2026, les concerts ont lieu chaque soir à 20h00 au Théâtre Royal du Parc

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

Tarifs et Infos Pratiques 2026

  • Gratuité totale : L’accès est entièrement gratuit pour les moins de 18 ans et les étudiants (sur présentation d’un justificatif), une mesure forte pour inciter la jeunesse à pousser la porte du théâtre.
  • Tarifs adultes : Le billet est fixé à 15 € en prévente (18 € sur place). Un Pass Festival complet pour les 7 soirées est proposé à 68 €.
  • Horaires : Ouverture des portes du théâtre à 19h30, début des représentations à 20h00 précises.

https://www.classissimo.brussels/fr/about?

 

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Concerts

Aimez-vous Brahms? Un trio à Rixensart

Depuis plusieurs saisons déjà, la Balade musicale de Rixensart fait rayonner la musique classique au cœur du Brabant wallon. Un rendez-vous devenu précieux pour les mélomanes : intime, chaleureux, exigeant. Partie intégrante d’une recherche. Au sens proustien? Et pourquoi pas!

La saison touche à sa fin… et quelle finale en perspective : le 19 mars, la 13e édition du festival refermera son écrin sonore avec une ultime soirée qui promet d’être aussi élégante qu’émouvante. Elle accueillera à l’Église St Sixte l’Orchestre de la Fondation Arthur Grumiaux sous la direction de Luc Dewez avec des artistes confirmés :  Pauline Van der Rest, violon ; Eugeniusz Wawrzyniak, orgue; Cécile Lastchenko, mezzo. Ce sera un ultime chapitre de cette belle et heureuse traversée musicale. Après une soirée qui s’annonce intense, nul doute que le public de Rixensart reviendra la saison prochaine, y rechercher encore et encore, ces moments privilégiés où la musique semble parler la langue de nos plus secrètes émotions.

Mais revenons un instant à l’extraordinaire soirée du 19 février dernier. Cette avant-dernière escale musicale avait des allures de constellation.

Trois compositeurs: Rachmaninov, Anton Arensky, et Brahms.

Trois interprètes: Valère Burnon, piano; Hawijch Elders, violon, Joao Pedro Gonçalves, violoncelle.

La violoniste Hawijch Elders déploie un violon lumineux et intensément expressif. Son archet respire avec la phrase musicale, tantôt fougueux, tantôt d’une tendresse presque murmurée. À ses côtés, le piano de Valère Burnon structure l’espace sonore avec une intelligence musicale impressionnante : tour à tour architecte et poète, il fait jaillir les couleurs du clavier avec naturel et profondeur. Quant au violoncelle de João Pedro Gonçalves, il apporte au trio cette voix chaude et profonde qui ancre la musique dans une humanité vibrante….

Et entre eux, tout l’esprit du romantisme, et ce miracle si rare en musique de chambre : une cohésion absolue alliée à une expression individuelle éclatante. Beau paradoxe, n’est-ce pas ! Dans ce trio affirmé, la musique est dialogue d’égal à égal : les voix se croisent, s’écoutent, se répondent. Quel souffle. Quelle énergie partagée dans une salle qui écoute ce trio plein de caractère et  savoure le plaisir des yeux et des oreilles.

Dans la première œuvre du programme , Le trio élégiaque N° 1 en sol de Rachmaninov, les retours du thème principal agissent comme un apaisement. Les légères frictions des archets du violon laissent au piano toute sa substance. Les sonorités enflent, crescendo. On dirait que l’humain s’accroche viscéralement à la vie… avant que ne sonne une sorte de glas…L’atmosphère se fait sombre, puis soudain lumineusement sereine. Et la salle d’exploser en applaudissements.

La seconde œuvre: Le trio N°1 en rémineur op.32 d’Anton Arensky déploie d’abord des arabesques joyeuses, presque comme dans les comptines enfantines. Mais très vite surgissent les questionnements de l’adolescence, ses bouillonnements et ses élans. Quelques phrases musicales glissent même vers un humour malicieux.

La violoniste expose d’abord les émotions. Le violoncelle les recueille. Le piano les déploie dans un jeu lumineux. La fougue devient intense, presque nostalgique. On pense alors à l’Ode to a Skylark, ce poème romantique anglais de Shelley,  où la joie pure, l’ivresse de vivre, frôlent la mélancolie.

Soudain le scherzo fait danser la musique, avec impertinence ,comme au carnaval. Puis surgissent des sonorités inattendues : une valse moqueuse, des accents espiègles, on pense à Gershwin. Mais l’émotion atteint son sommet dans l’Adagio, sortez vos mouchoirs. Le pianiste insiste sur un thème douloureux tandis que les cordes se font discrètes. Le violon reprend la ligne mélodique, puis le violoncelle la recueille avec une hésitation poignante. Et c’est lui qui aura le dernier mot. C’est de toute beauté.

La suite éclate comme un cri. Fracassant. Guerrier. Le violon devient presque paroxystique. Le trio semble se révolter.

Puis soudain s’ouvre un paysage bucolique, plein de grâce et de lumière. Le thème principal revient apaiser les tensions. Les dernières mesures respirent la joie retrouvée.

Après la pause voici le dernier trio: Le trio N° 1 en si majeur op.8 de Brahms.

La musique devient alors véritable storytelling. Tout commence par une berceuse douce, pleine de langueurs et d’amour. Peu à peu, cette douceur se transforme en profession de foi : une humanité qui ne se laisse pas abattre. Le thème initial revient alors, brûlant de confiance et de liberté.

Un instant suspendu. Peut-être la fameuse note bleue. Le mouvement suivant plonge dans une tendresse absolue. Les cordes semblent pleurer doucement tandis que le piano fait flamboyer des accords sombres. Le tempo se ralentit presque à l’extrême. La musique devient une lente construction de rêverie, ou d’une prière secrète.

Il y a vraiment de l’infini dans ce trio.

Puis vient le retour sur terre : un rythme syncopé exulte et peint une joie de vivre éclatante. L’élégance des artistes s’accorde à une vitalité presque aventurière. Éblouissant le final.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

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