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"Le prénom" : gastronomie théâtrale étoilée

Présentée à Paris en 2010, la pièce de Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, jeunes et brillants scénaristes parisiens, est  un triomphe renouvelé chaque soir à Bruxelles, au théâtre des Galeries, plein hier soir jusqu’aux tréfonds des deuxièmes balcons.

12272889453?profile=originalUne gageure, quand on sait que le rôle de Vincent était joué par Patrick Bruel. Le belge Stéphane de Groodt n’a rien à lui envier.  Elisabeth et Vincent, frère et sœur très unis, sont  bien installés dans la vie. L’une, plutôt  intello de  gauche et l’autre, plutôt entrepreneur, caviar et vins millésimés. Lors d’un dîner avec leurs conjoints respectifs Pierre et Anna, une discussion carillonnante, juste pour rire, met le feu aux poudres devant leur vieil ami, Claude, resté célibataire. La mixologie est haute en saveurs : perles qui éclatent en bouche (Vincent), gels alcoolisés (Pierre, le péroreur invétéré, magnifiquement  joué par Steve Driesen), mousses aériennes (la délectable Anna jouée par Chistel Pedrinelli). Dérapage très peu contrôlé vers un déballage vertigineusement  caustique et acéré  de ressentis des deux couples qui ravage le loft peuplé de livres, photophores et objets d’art. Le décor très réussi de Lionel Lesire est remarquable.  Jongleries verbales, « body language » éloquent, silences lourds de sens, mots qui en disent long,   alliances éphémères aux cinq coins de l’étoile des convives qui ne se mettent jamais à table. Le huis-clos nerveux est un lieu où tout fait rire.  Comme il se doit, Elisabeth, centre vital,  gère la cuisine, les enfants, sa mère qui est veuve et accessoirement son métier, elle qui s’est tapée les recherches pour la thèse de l’éminent mari. Vincent ne peut ouvrir la bouche sans feinter, grimacer et provoquer toute âme qui vive en particulier son beau-frère. Anna, ravissante créature installée dans le monde de la mode ne touche pas terre et arrive bien en retard, lorsque l’atmosphère est déjà incandescente.

12272889690?profile=original Elle se jette dans la mêlée avec la  féminité redoutable et fascinante de la jeune parturiente. Au nom de quoi ose-t-on se mêler du choix du prénom de leur futur rejeton? Débat houleux mais pétillant sur les prénoms rares.  

 

12272889891?profile=original L’ami Claude, tromboniste de métier qui a débarqué en habit de concertiste ravit par son calme. Nicolas Buysse donne à son personnage  les atouts d’un  lac suisse jusqu’à ce qu’il s’arme  soudainement d’un redoutable canif du même nom  et éventre  un sac familial  bourré de  secrets et de déclarations maléfiques. Il y en a des cadavres dans le placard, y compris celui d’un pauvre caniche nommé Moka!

12272890653?profile=originalLes conflits tous azimuts agitent dangereusement  la vague de fond domestique, retenue jusqu’alors.  Qui répond au téléphone ? Qui ouvre la porte ? Qui cuisine et dessert tout en courant recoucher les enfants réveillés par la montées des flots de  décibels?   A force de jouer à la dispute, les griffes de la discorde se plantent dans le corps familial qui subit peu à peu  un dépeçage méthodique.  Déferlante  de contentieux  qui se suivent et virevoltent à en perdre haleine. Le problème – que la sensible Elisabeth (Catherine Claeys) est finalement  la seule à identifier, est ce jeu puéril de Touché-Coulé sans merci ni pardon dont tout le monde raffole pour faire de l’esprit à tout prix.  Heureusement que le genre de la pièce (noire à souhait) reste celui d’une comédie houleuse délicieusement  hilarante. La mise en scène raffinée  de Martine Willequet est réglée jusqu’au dernier grain de sel. De la haute cuisine moléculaire.

 12272891063?profile=original Le jeu des comédiens belges, tous aussi étincelants dans leur rôles explosifs, est si assumé, si subtil et  si bien développé qu’il renvoie le spectateur aux déjà-vus de sa propre vie. Celui-ci, pris dans la tourmente des sentiments humains, reconnait les messages qui tuent,  les intonations assassines, la passion pour la prise à rebours systématique, la perfidie et la richesse du  théâtre quotidien entre quatre murs et entre quatre-z-yeux. La mise à nu, par la vertu du rire, est osée et lucide!

http://www.trg.be/

Seulement jusqu'au 14 avril!

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LES CAPRICES DES MOTS !

Moi, qui depuis si longtemps jongle avec les mots

Pourquoi les ai-je perdu en compagnie parfois?

C'est qu'ils sont fatigués à vivre sans écho!

Leur saveur s'est glacée, ils ont perdu l'émoi!

De tant de phrases vaines qui jalonnent un parcours

Ne reste au bout du compte qu'un blocage inconscient!

Sur le papier pourtant ils s'expriment toujours

L'entente peut se flétrir, l'esprit reste vivant!

L'expérience passée a pu plomber les jours

Il faut garder dans l'âme une bouffée d'espoir!

Les mots qui nous habitent sont le choix d'un détour...

S'ils ont un jour connu la merveille d'"un amour!

Et le poète en moi laissant tomber les armes

transcrit en lettres noires les vérités premières...

Des mots redécouverts tout à coup me désarment

Puisque par chance je m'y retrouve toute entière!

J.G.

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LA NUIT ETOILEE

12272877869?profile=originalJ’avais courbé le front sous le feu d’Aïthra
Plus vide qu’un pantin abandonné des songes
Je savais la sagesse immense et le mensonge
L’éclair faux des rubis dont se pare Mithra



L’horizon qu’un titan foudroyé me montra
Grillait carcasse pourpre au soleil qui s’allonge
Les castels sidéraux que l’or des lacs prolonge
M’ouvraient leur portail noir couvert de sombre drap



L’eau morte reflétait la lune en décroissance
Le manteau de la Nuit portait l’or des absences
A jamais et le sol saignait noir sous mes pas



C’était un crépuscule aux lueurs de trépas
Villes croulantes, Feux, Cris sourds, Corps qu’on abat
L’univers étendait devant moi son silence

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   VERONICA BARCELLONA : VARIATIONS SUR UNE DEMARCHE EMPIRIQUE

 

Du 20-03 au 10-04-13, l’ESPACE ART GALLERY (Rue lesbroussart, 35, 1050, Bruxelles) nous propose les œuvres de Madame VERONICA BARCELLONA, une artiste Italienne dont les œuvres, de par leur originalité et leur pertinence, ne manqueront pas de vous interpeller.

L’œuvre de VERONICA BARCELLONA résulte d’un regard sur l’absurdité du monde contemporain. « La démarche n’est pas nouvelle ! » direz-vous. En effet, elle n’est pas nouvelle. Néanmoins, par sa persistance à dénoncer, l’Art démontre qu’il est en pleine vitalité ! Si l’on se donne la peine d’apporter un regard rétrospectif, on remarquera que les œuvres les plus singulières, du moins en Histoire de l’Art, participent d’un discours dénonciateur. Que ce soit dans la peinture réaliste du 19ème siècle au regard du registre social, montrant par exemple des indigents aux pieds sales, comme dans LES BAIGNEUSES de Gustave Courbet (1853) (l’œuvre avait scandalisé la société de l’époque parce que la saleté corporelle était assimilée à la saleté morale), en passant par l’URINOIR de Duchamp, par rapport à la perception esthétique, l’œuvre d’art porte en son sein le germe de la dénonciation, parce qu’il charpente la pensée sociale. Il la rend contemporaine. Il lui apporte un signifié qui s’inscrit dans l’imaginaire, c'est-à-dire dans l’expression la plus tangible de la culture individuelle et collective.

Pour illustrer notre propos d’un exemple significatif, VERONICA BARCELLONA  refuse d’utiliser le terme de « sculpteur » ou de « peintre » afin de se définir pour utiliser celui d’ « artiste plasticienne », plus total à ses yeux pour inscrire son œuvre dans sa démarche. Elle va même jusqu’à pousser le défi en utilisant le terme d’anartiste (inconnu jusqu’à aujourd’hui) pour mettre mieux en exergue son discours créateur. Ce néologisme personnel, l’artiste le déploie jusqu’à la perception de l’œuvre mise au monde : elle ne parle pas de « création » mais bien d’expérience. Là, elle rejoint le discours philosophique dans ce qu’il a d’ultime concernant la définition même de l’Homme, en ce sens que le terme « expérience » est, de nos jours, extrêmement galvaudé. En effet, ce terme est aujourd’hui bien souvent usité pour définir un parcours à l’intérieur duquel nous nous trouvons toujours, sans l’avoir jamais quitté.

En réalité, une « expérience » est une étape de notre vie dans laquelle nous entrons, dans laquelle nous évoluons et de laquelle nous sortons, précisément pour la raconter. Dès lors, une prise de distance critique s’avère nécessaire entre nous-mêmes et l’objet auprès duquel nous avons vécu une « expérience ». 

Autre détail d’ordre philosophique, l’artiste aborde son discours de façon « cynique », au sens grec du terme, à savoir par une emphase volontaire du propos dans le but d’en dégager son absurdité. Cette absurdité est stigmatisée par le paraître en masquant le réel par le futile, d’où une mise en scène de l’œuvre, exposée (suspendue, à proprement parler) au bout d’un fil tel un mannequin au jugement du regard social.

Elle structure ses thématiques non pas par des « séries » mais par des collections qu’elle illustre plastiquement par des exemples articulant son discours.

NE M’ACCOSTE PAS, JE PIQUE ! (sculpture sur papier de soie et résine – 120 x 52 x 25 CM)

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est une œuvre « mobile ». Un corps pendu et perclus de dards dans une attitude d’évitement humain. Cette oeuvre a ceci de paradoxal, à savoir qu’elle aborde un sujet grave tout en l’ornant d’une agressivité ludique. Car l’œuvre de VERONICA BARCELLONA est avant tout ludique ! Sa force consiste dans le fait qu’elle baigne dans une profonde joie de vivre. Le chromatisme de ses créations (de ses expériences!) le confirme. Cette sculpture fait partie de la collection : APPELLATION D’ABSURDITES CONTROLEES. On peut en savourer la qualité du millésime !

 

Parmi les collections présentées, ETRES PAS SI BETES est centrée sur les rapports entre humains et animaux.

LA NATURE DU SCORPION (100 x 100 cm – technique mixte et résine - 2013)

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est une étude très intéressante sur la forme. Mieux, sur son évolution. On peut comprendre cette œuvre comme une mosaïque où chaque tesselle annonce la suivante vers une progression spatiotemporelle, évoluant à l’intérieur du cadre, aboutissant à la forme achevée.

 

L’HEGEMONIE DE L’ELEPHANT (69 x 63 x 41 cm

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– technique mixte et résine) nous démontre le talent de l’artiste plasticienne en tant que sculpteur.

Ses sculptures ont ceci de particulier qu’elles demandent au regard d’évoluer autour d’elles pour en saisir chaque aspect du volume. Ses formes sont ramassées, concentrées sur l’essentiel, méthodiquement déployées et mises en exergue pour en recueillir l’essence primitive de l’animal.  Mais pour saisir tout cela il importe que le visiteur tourne autour de la pièce dans un dialogue partagé autour d’un même espace.

Avec FOLLIA CROMATICA (100 x 100 cm – technique mixte et résine – 2012)),

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nous assistons à un rapport dialectique entre « ordre » et « désordre ». Rationnel et irrationnel. Le rationnel se manifeste par la rigueur géométrique à souhait de la forme. L’irrationnel, lui est exprimé par un cadre « composé » par l’étalement dans l’espace de cette même forme.

 

INUTILICONES (80 x 80 cm - 2009)

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est une œuvre, en quelque sorte « interactive » composée d’un ensemble de cubes multicolores, à l’intérieur d’un carré tenant lieu de cadre. Chaque cube est amovible. Ce qui permet au visiteur de les interchanger à sa guise. INUTILICONES est une œuvre « cinétique » dont le but est à la fois d’embrouiller le regard du visiteur tout en lui faisant prendre conscience du danger des « applications » en Informatique, c'est-à-dire de ces petites « icônes » que l’on trouve notamment dans les ordinateurs, les gsm et les IPAD, lesquelles sont souvent payantes, dont le but est à la fois de tout savoir sur les utilisateurs pour les inciter à consommer au maximum. INUTILICONES est donc l’adéquation lexicale entre l’ « inutilité » et l’ « icône », considérées comme moyen de pression psychologique pour inciter l’individu à la consommation. L’artiste s’exprime ici dans la voie de l’engagement politique en « dépolluant » l’esprit d’une des (trop) nombreuses souillures que nous infligent le Capitalisme et la Mondialisation.  

 

VERONICA BARCELLONA a une formation en Arts Plastiques. Elle est éducatrice et travaille dans le socioculturel, notamment dans la réalisation d’ateliers créatifs à destination des jeunes.

Cette plasticienne s’est engagée dans la liberté totale pour vivre une expérience et la produire à la conscience du visiteur dans un voyage introspectif, baigné de couleurs ludiques.

Cette expérience est un segment de vie partagé entre la plasticienne et le visiteur dans lequel l’on entre pour en savourer la lucidité magique.

On ne peut en sortir que grandi, c'est-à-dire conscient de la fragilité du Monde.

François L. Speranza.  

Arts 
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N.-B.: 

Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, administrateur général d'Arts et Lettres

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Une merveilleuse complicité

 

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Je revis des instants charmants,

Étalant des dessins d'enfants,

Petits tableaux soignés, aimables,

D'un style étant inimitable.

  

Quand je présentais un poème,

Parfois porteur d'humour qu'ils aiment,

À des enfants qui m'écoutaient,

Peu après, chacun méditait. 

 

C'est qu'alors, je leur demandais

D'en faire un dessin sans tarder.

Ayant fait le choix du partage,

Je montre souvent leurs images.

  

Il est certain qu'elles révèlent

Leur sensibilité réelle.

Ils répondaient spontanément,

Toujours au mieux de leur talent.

  

En recevant de l'allégresse

Ils y mêlaient de la tendresse,

Et en choisissant des couleurs,

Créaient la grâce, la ferveur. 

 

Ier avril 2013

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Pâques.

 

Pour mon amie Rébecca Terniack, ainsi que pour tous les enfants de L’oiseau lyre.

Les  cloches  du  printemps sonnent  depuis  Rome,

Font  tinter  leur  battant  pour  fêter le renouveau,

Qui  chante  dans  les  bois  et  parmi  les  hommes,

Les  cloches  du  printemps sonnent  depuis  Rome,

Répandent leurs trésors sous les grands pieds-de-veau,

Ou  dans  les  pelouses  pour  la  joie  du  hameau,

Les  cloches  du  printemps sonnent  depuis  Rome,

Font  tinter  leur  battant  pour fêter  le renouveau.

 

Les grands lapins de Pâques ont beaucoup à faire,

Pour  cacher  les  poules  dans  leur  petit  panier,

Rempli  de  chocolats,   c’est  toute  une  affaire.

Les grands lapins de Pâques ont beaucoup à faire,

Pour  servir  les  enfants,  même  le  petit dernier,

Qui  fait  la  course  aux  œufs  avec  le  cuisinier.

Les grands lapins de Pâques ont beaucoup à faire

Pour  cacher  les  poules  dans  leur  petit  panier.

 

Les poules aux œufs dorés volètent en pondant,

Par-dessus  les  grilles  des  jardins  clôturés,

Caquètent de  plaisir  au  soleil  ascendant.

Les poules aux œufs dorés volètent en pondant,

Des  bonbons  en  sucre, et  lapins  peinturés,

Qui tombent en fondant chez monsieur le curé,

Les poules aux œufs dorés volètent en pondant,

Par-dessus  les  grilles  des  jardins  clôturés.

 

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

ENSEMBLE LARGE - PACQUES   

 

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administrateur partenariats

Message pour les peintres qui souhaiteraient recevoir des poèmes inspirés de leurs oeuvres.

Les partenariats qui se créent sont spontanés, poètes et peintres communiquent , se découvrant au fil du temps à travers les commentaires échangés lors de leurs publications. 

Au fil du temps, des affinités se dessinent, les idées sugissent peu à peu...

Elles se concrétisent, résultat d'une complicité forgée à travers les échanges et les partages.

Les duos pinceau-plume et plume-pinceau sont le fruit de l'assiduité dans le partage, ils ne peuvent s'improviser .....

 

Bien amicalement....

 

Lilane Magotte

 

Administrateur

partenariats d'

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Poète et romancier, Francis Jammes ne quittera jamais son Béarn natal, et il y trouvera les sources de son inspiration. Après des études à Bordeaux, il s'installe à Orthez auprès de sa mère ; travaillant comme clerc de notaire, il mène la vie paisible d'un provincial en harmonie avec la nature et les hommes. Il se promène dans la montagne, discute dans les salons et écrit des poèmes. Sans aucun artifice de style, il dit la vie quotidienne et les menus incidents qui en modulent le cours. Il publie quelques plaquettes que Mallarmé et Gide remarquent, et le Paris littéraire commence à s'intéresser à ce poète qui, au déclin du symbolisme, exprime son amour pour la vie et pour la nature, sans redouter d'être désuet et presque en affectant de l'être. En 1895, Gide publie dans le Mercure de France  son poème Un jour  et provoque la mode du «jammisme». Mais Jammes lui-même ne se laisse pas aller à la recherche de cet effet de simplicité où, à Paris, on voit son originalité. Et le recueil de ses vers, De l'angélus de l'aube à l'angélus du soir  (1898), illustre surtout la liberté de son inspiration poétique. Il évoque son enfance, ses rêves d'aventure avec une ingénuité et une ironie insolites, il emprunte aux symbolistes le vers libre qui convient à son exubérance. Mais d'aucuns diraient que sa naïveté représente un parti pris d'enfantillage, que son vers-librisme est avant tout une prosodie complaisante. Cependant, le charme de ses premiers poèmes ne peut venir que d'une sincérité et d'une sensualité heureuses, sans qu'elles aient besoin de s'organiser en un art poétique de la gaucherie. Le Deuil des primevères  (1901) accentue parfois les aspects de ce lyrisme discret, au point que la gaieté semble quelque peu appuyée et narquoise.

Dans les nouvelles de cette période apparaissent d'ailleurs une préciosité et une mélancolie qui nuisent à la fraîcheur de son inspiration. A la suite de sa conversion, il trouve dans Clairière dans le ciel  (1906) plus de gravité pour exprimer sa foi. Sa vie intérieure n'aura jamais la profondeur ni l'originalité de celle des grands poètes chrétiens : Claudel, qui a obtenu sa conversion, ou Péguy. Les Géorgiques chrétiennes  répondent à un développement de sa foi, mais la constante présence de la terre et du monde paysan ne les sauve pas de la sécheresse et du didactisme. Il abandonne le vers libre au profit de l'alexandrin, forme classique pure, seule capable d'exprimer sa dévotion. Son sens de la musicalité et son plaisir des mots se retrouvent alors dans ses contes et récits en prose. Après la guerre, d'autres mouvements prennent le relais de l'avant-garde poétique, et les libertés de Jammes semblent alors bien modérées, d'autant plus qu'il s'érige à présent en censeur sévère des formes nouvelles. Le Livre des quatrains  (1923-1925), De tout temps à jamais  (1935) sont de longs poèmes narratifs écrits en décasyllabes, où se développe une sorte de dialogue avec la nature et avec un Dieu paternel et bienveillant ; ils n'évitent pas toujours la monotonie. Cependant, la fraîcheur et l'originalité de ses premières oeuvres leur gardent un charme certain.

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De l'angélus de l'aube à l' angélus du soir.

C'est le grand recueil de poèmes de Francis Jammes (1868-1938), publié en 1898. Le poète s'adresse à Dieu et lui confie les rêves les plus chers de son âme contemplative: il souffre, mais ne cesse d'aimer son créateur à travers les splendeurs de la nature. La vie des humbles, la vie de tous les jours est le sujet de son inspiration: elle cèle ses trésors au profane, mais les révèle à celui qui sait voir la vérité avec des yeux purs. Notre journée est une aventure qu'il faut considérer selon la foi divine: chaque geste s'insère dans la vie universelle et confère aux sentiments, aux aspirations, la certitude d'une réalité. Dieu seul peut nous donner la faculté de connaître la vie: dans la paix du monde, le plus sûr moyen d'y parvenir est la prière. Les voies du Seigneur sont parsemées de bienfaits: si l'homme sait approcher les choses de la création avec un coeur sincère,

il en connaîtra les secrets. Il est deux miracles quotidiens dans l'existence du chrétien: l' aube, si douce dans sa splendeur, si tendre sous les premiers rayons de soleil, et le crépuscule où le bleu du ciel fait place à la clarté lunaire et au silence de la nuit. Les fleurs, les plantes, les lacs, les prés, les glycines, les glaïeuls et les lilas exhaltent une douce mélancolie. Tout est miracle pour qui sait contempler les choses avec innocence: un simple animal ("J'aime l' âne..."), la pensée de la mort et le souvenir de la femme aimée ("Lorsque je serai mort..."), même la vue du logis et de ceux qui nous sont chers ("La maison

serait pleine de roses..."). Le poète évoque la rencontre d'une pauvre malade qui attend vainement un miracle ("J'allai à Lourdes"); il pense à des mots d'amour entendus ("Que je t'aime"); il admire la vie subtile de la nature qui, par une loi unique, transforme sans cesse toute chose ("Une feuille morte tombe..."). Bien d'autres poèmes révèlent toute la douceur élégiaque de Jammes; on trouve même une petite comédie symbolique, en vers, sur "La naissance" et "La mort du poète", cet être qui possède le don de comprendre l'univers. Ce recueil découle d'un seul motif: l'amour de la nature. Il éternise les thèmes poétiques de Francis Jammes et le caractère agreste de sa muse.

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PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES

Lorsqu'il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites 
que ce soit par un jour où la campagne en fête 
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas, 
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira, 
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles. 
Je prendrai mon bâton et sur la grande route 
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis : 
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis, 
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu. 
Je leur dirai : " Venez, doux amis du ciel bleu, 
pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreille, 
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles." 
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes 
que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête 
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds 
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié. 
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles, 
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques 
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.
 

 

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administrateur théâtres

le jeudi 28 mars 2013

Les Arts Florissants

Le Jardin des Voix

William Christie direction - Daniela Skorka soprano - Emilie Renard mezzo - Benedetta Mazzucato contralto - Zachary Wilder ténor - Victor Sicard baryton-basse - Cyril Costanzo basse -  Les Arts Florissants , Solistes du Jardin des Voix
Michel Pignolet de Monteclair, œuvres de Jean-Philippe Rameau, Œuvres de Antoine Dauvergne, Oeuvres de Nicolas Racot de Grandval, Oeuvres de Christoph Willibald Gluck, Œuvres de André Campra, Œuvres de
William Christie achève sa résidence bruxelloise avec son Jardin des voix, et nous présente en primeur les talents de demain. Pour sa sixième édition, cette véritable pépinière d’artistes fait escale au Palais et nous promet un moment de musique chatoyant et raffiné. Le maestro franco-américain a en effet l’art de débusquer les jeunes chanteurs les plus doués et de les mettre en valeur par un répertoire sur mesure, pour la plus grande joie des mélomanes curieux.

 

 

 

Quand les muses se donnent la main, bel exemple d'harmonie...

Jour pour jour, du 28 janvier au 28 mars 2013, il s’est passé trois mois  qui ont  fait vivre le Palais des Beaux- Arts de Bruxelles à l’heure du Peintre  Antoine Watteau (1684-1721). Que Monsieur William Christie, le grand horloger de l’exposition et le maître de musique soit chaleureusement remercié ici.

 

Ce soir, il emmenait joyeusement  sur la scène de la salle Henry Le Bœuf les Arts Florissants, la compagnie qu’il dirige,  dédiée à la jeunesse et à son amour de la musique ancienne et ainsi  clôturait brillamment  le cycle de concert associés à l’exposition. Quelle connivence avec ses artistes ! Tout   comme s’il recevait  lui-même dans le salon de Pierre Crozat ! L’avant-scène très dégagée permettait aux six jeunes chanteurs d’évoluer gravement, de parader pour l’amour, de faire des révérences grand siècle, et de s’affaler voluptueusement près du clavecin d’époque dans des divans imaginaires, la mélodie toujours aux lèvres.

« Watteau, peintre idéal de la fête jolie, ton art léger fut tendre et doux comme un soupir, Et tu donnas une âme inconnue au désir, en l’asseyant aux pieds de la mélancolie. Tes bergers fins avaient la canne d’or au doigt ; Tes bergères, non sans quelques façons hautaines, promenaient, sous l’ombrage où chantaient les fontaines, Leurs robes qu’effilait derrière un grand pli droit... » Ces mots du poète Albert Samain disent bien cette atmosphère 18e qui a su faire fondre  un public  engoncé dans l’hiver et la morosité du jour. Car c’est tout l’art de vivre à la française qui a déferlé sur le plateau, sublimé par la musique orchestrale raffinée  et les chants. Le libertinage d’un Silvandre rêveur (le baryton Victor Sicard et ses sortilèges), le marivaudage de dames éprises de l’amour plus que de leur amant, la célébration du plaisir se sont glissés sous la peau radieuse des six jeunes chanteurs enthousiastes, madame de Staël en témoignerait !  La basse, Cyril Costanzo émeut. Foin des meubles précieux, des grands lustres royaux,  et des étoffes rutilantes et soyeuses : les souvenirs des peintures de Watteau sont suffisamment dans notre imaginaire pour compléter le tableau joyeux présenté par ces artistes du 21e siècle en  simples habits de soirée.

Ils sont six seulement mais font flamboyer le lieu du concert en accordant leurs voix et leurs mimes, et en s’occupant du gigantesque jardin à la française de Rameau, de l’Arcadie mythique et des contemporains Rameau qui participèrent à une fête aux allures presque estudiantines. Histoires de bergers : le ténor Zachary Wilder  chante avec ferveur : «  Et l’amour avec la houlette marqua la cadence à la voix ..!»   (Rires)  Benedetta Mazzucato, la mezzo dans sa robe bleu symbolique, lâche son émotion par la chaleur de sa voix et ses mélodies empreintes de nostalgie : « En vain, d’aimables sons font retentir les airs,  je n’ai que  soupirs   pour répondre aux concerts dont ces lieux enchantés viennent m’offrir les charmes ! »

  Tout un  florilège étincelant façon pot-pourri nous ravit le cœur car les morceaux de compositeurs différents s’enfilent adroitement  comme s’il s’agissait d’une guirlande de fleurs, galantes et harmonieuses il va de soi ! Entre deux rires et bulles musicales imitatives des oiseaux, rivières, troubles, tremblements et  bourrasques de toute sorte,  on tombe d’un compositeur à un autre, comme dans  carnaval de musique pour raconter les rêves de l’amour et la déception chronique du peintre.  Là est bien la question : la volatilité de l’amour…  « Monstre affreux ( …à vous de choisir lequel ! ) Monstre redoutable, ah l’amour est encore plus terrible que vous ! »  Le cri du cœur du peintre désabusé !

 

  Levez donc  le masque : Qui êtes-vous ? Antoine Dauvergne ?  Michel Pignolet  de Mont Clair ?  Christoph Willibald Gluck ? Nicolas Racot de Grandval ? Parodique parfois : « Vois ces jeunes tourterelles se baiser sous les ormeaux, le battement de leurs ailes en agitant les rameaux ! .. » L’irrésistible  chanteuse Emilie Renard en fourreau noir bordé de dentelles,  plus cabotine que jamais,  prend le public à témoin et corrige immédiatement : «   le jardin de Rameau, bien sûr ! » Rires.  Levez ce masque André Campra, L’Europe galante 1697 ! Mais qui donc va pouvoir dominer l’Europe ? (rires)  La poésie ?  La danse ? La musique ? Comment s’entendre ? Choisissons donc un canon a capella (que murmure le chef d’orchestre, incapable de se taire car soit il s’amuse, soit  il taquine…)   « Réveillez-vous, dormeur sans fin ! » Rameau (1722).

 

Revoici Rameau, prémonitoire et inquiet : « Fuis fier Aquilon, ton bruit, ton horrible ravage cause trop de frayeurs sur ce rivage. Fuis, laisse-nous goûter après l’orage, d’un calme heureux les flatteuses douceurs ! »  Un appel indigné et une lueur d’espérance.   Mais voici les conseils de Vénus en personne ( la belle et lumineuse Daniela Skorka  dans sa très féminine robe rouge ), une icône de bonheur : « Riez, riez sans cesse, pendant la jeunesse ; que la raison attende sa saison ! » une jeune devise,  donnée en « bis de bis » gracieux,  radieuse, comme il convient.

Après Bruxelles ce concert s'embarque pour ... Paris, salle Pleyel, puis Metz et enfin New York. Et de faire un vrai travail d’ambassadeur d’une France éternelle. Qu’ils nous reviennent, vite, pour partager leur vivacité ! Car l‘empire de la beauté désarme la fierté et triomphe de la gloire.   

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Au théâtre de la Vie, Un Rêveur sombre dans la raison

 « C’était une nuit de conte, ami lecteur, une de ces nuits qui ne peuvent guère survenir que dans notre jeunesse. Le ciel était si étoilé, le ciel était si clair que lorsque vous leviez les yeux vers lui, vous ne pouviez, sans même le vouloir, que vous demander : Est-il possible que, sous un ciel pareil, vivent toutes sortes de gens méchants et capricieux ? »

Le monde appartiendrait-il aux rêveurs ?  On le souhaiterait  bien sincèrement ! Le tout jeune metteur en scène Olivier Lenel  rêve lui d’un renouveau théâtral. Il entre en compagnie de la traductrice Katia Vandenborre  dans le vif du  texte russe  du roman, sans passer par une traduction figée par des droits d’auteur. De concert, poétiquement soutenus par la création pianistique de Julien Lemonier et Félix Ulrich,  ils transposent ensemble l’essence  russe du roman en dialogues scéniques vivants, étonnamment modernes. Cela implique un gommage de l'esthétique romantique de la traduction existante, et la capacité de renouer avec  la puissance et la force des mots bruts. Réinventer une ponctuation syncopée  qui colle à cette tragi-comédie et  fabriquer une oralité étourdissante.  Entrer dans les représentations mentales des personnages, les pousser à bout et les faire exploser comme cela explose les nuits de printemps…

 C'est l'histoire d'un homme qui se surnomme le Rêveur. Une nuit, il se souvient. Il rencontre la bondissante Nastenka (Marie du Bled) qui lui raconte sa réclusion sous le toit d’une grand-mère abusive, son attente fiévreuse d’un fiancé, son rêve de bonheur inaccessible. Ému pour la première fois de sa vie, le rêveur se laisse aller au rêve de l’amour et finit par se déclarer quand ledit fiancé ne revient pas le jour dit.  Faute de mieux, Nastenka, affolée de ne pas voir revenir le chevalier de ses rêves, vire de bord et accepte la déclaration d’amour du Rêveur. Un amour désintéressé, idéal,  qui célèbre le total oubli de soi et le bonheur de l’autre. Fugace instant de béatitude : le Rêveur et Nastenka soudain se rejoignent, le bonheur est presque là, parfait comme dans un rêve.  Puis la réalité fracasse soudainement ces minutes d’éternité  car la capricieuse Nastenka s’est jetée dans les bras du fiancé venu enfin la rechercher. Nastenka, cruelle et inconsciente, ingénue et égoïste daigne garder son amitié pour le Rêveur éconduit.

 Le Rêveur alors doit choisir : s’installer dans la minute rêvée ou accepter de vivre avec la réalité. Il est reconnaissant qu’un  moment de grâce ait illuminé sa vie. Life is but a dream, “a dream within a dream” dirait Edgar Poe. La réalité beaucoup moins belle et beaucoup plus triste a réveillé l’artiste rêveur en sursaut mais au fond de lui, il garde son trésor. « Petit poucet rêveur, j’égrenais dans ma course… des étoiles. » La jeune dame exaltée a fui vers son inaccessible étoile, sera-t-elle heureuse pour autant ? Le rêveur a laissé couler les grains d’or dans ses mains et garde, par l’écriture, le souvenir de son éblouissement.

Les scènes, oniriques et sombres,  sont d’un  réalisme étonnant vu le contexte  et l’absence de décor, à part le mur de briques où va s’écraser le rêve en question. Les émotions s’enchaînent comme dans une partition musicale. Les confessions chaotiques  commencent tout doucement et s’enflent en paroxysmes fantastiques. Plusieurs interprètes du Rêveur, modulent de soir en soir le texte du Rêveur autour de la jeune ingénue. Nous avons vu Vincent Huertas, fascinant par la mobilité de ses émotions et la variété de son jeu. Les débordements de l’imagination sont un ferment de bonheur. Foin de romantisme lourd et lent, le texte est haletant, rythmé, saccadé par les émotions. Les crises de larmes et les trépignements d’impuissance, l’hypersensibilité et l’immaturité de la jeune fille, sonnent juste aux oreilles  de l’an 2000. La musicalité française de la langue capte les émotions et les projette comme des claques.  Le Rêveur sera frappé de stupeur. Le spectateur aussi, par la dernière scène bouleversante et la théâtralité de la mise en scène. C’est grave  pour un cœur formidablement  enthousiaste, de devoir ravaler son rêve. Que le rêve soit russe ou qu’il soit autre.

"Les nuits blanches"   Création d'après Dostoïevski. Adaptation & mise en scène : Olivier Lenel

au Théâtre de la Vie Théâtre de la vie asbl
rue traversière 45
1210 Bruxelles http://www.theatredelavie.be/ 

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12272887474?profile=originalLes deux gentilshommes de Vérone de W. Shakespeare au théâtre le Public

 

Fraîcheur In Tenebris, avec délices. Les ténèbres du temps ou  les ténèbres de l’époque, c’est selon. Un bord de scène  vaste et ensablé comme un bord de mer, protégé par la rampe d’une digue, et des vagues  qui mugissent dans la belle lumière méridionale. Serait-on dans une Bruges-la-morte italienne ? Ou « seulement » dans l’imaginaire fantaisiste du jeune Shakespeare ?  Au bord de la plage surréaliste,  rien d’autre qu’un lit en fer forgé pour représenter  trois lieux : Vérone, Milan et les bois de limitrophes de Mantoue entouré de vagues.  La mer, la plage sont le creuset naturel de l’éclosion des sentiments d’amour chez les  jeunes adolescents …et les jeunes comédiens que l’on croirait à peine sortis du Conservatoire s’y ébattront  devant nos yeux étoilés, avec  délices.

Les comédiens promènent leurs allures  désinvoltes et enjouées de  jeunesse éternelle. Eternelle surtout dans le sens où, que ce soit le XVIème siècle ou le nôtre,  toutes les marques de  vitalité, de  sensualité et d’ingéniosité et de frivolité adolescente sont présentes. Voici un spectacle efficace, dynamique et assumé. On semblait au début  flotter agréablement  dans le rêve de bonheur,  une sorte d’âge d’or, de paradis, où l’amour est loi et où la trahison n’a jamais lieu.  Sauf que - c’est SHAKESPEARE qui nous le dit -  : le ver est dans le bouton de rose, et rien n’y fait, c’est le lot de la condition humaine.  C’est aussi sans compter avec l’inconstance masculine.  L’exquise Julia, délaissée par Proteo son amoureux parti rejoindre son ami Valentin (Julien Vargas) à la découverte du monde et des richesses à Milan, devra se déguiser en page et tenter avec retenue et sagesse, de renouer l’amour perdu. Un thème qui peut sembler familier à beaucoup.   Détail piquant que celui de la jeune femme débordante de féminité qui doit s’habiller en homme. C’est une  première dans le théâtre Elisabéthain. Et quel bout de femme direz-vous ! C’est la même comédienne éblouissante que l’on a vu jouer récemment dans « l’Eveil du printemps » au théâtre le Public sous la direction de Jasmina Douieb. Sherine Seyad explose de vie, d’enthousiasme et de générosité.  « Croquez la Vie  à belles dents ! » semble-t-elle dire en vous regardant! Dans le texte, elle s’exclame sans honte : « Il est bien moins honteux pour une femme de changer d'habit, qu'il ne l'est pour un homme de changer d’âme ». Et elle a raison. La tendresse vivifiante a raison. Elle a raison, de préférer le pardon aux invectives délétères.

Mais il y a toute une bande de jeunes fauves aussi craquants et butineurs autour de Julia et de sa servante sulfureuse (Aurélie Trivillin). A commencer par le Proteo (Baptiste Blampain) qui rejoint son ami Valentin au palais du duc et  tombe éperdument amoureux de Silvia. L’amour est aveugle, il va tenter sans vergogne de l’enlever à ses deux admirateurs : Valentin (qui avait pourtant juré de ne jamais tomber amoureux) et Thurio   le galant un peu idiot et de triste compagnie choisi par le père un peu guindé (Philippe Vuilleumier). Le prétendant grotesque  est admirablement campé par l’excellent Vincent Sauvagnac. Et il y a l’impayable  couple de serviteurs bouffons des deux gentlemen, Launce et Speed. Speed : on ne peut pas faire plus moderne (Alexis Julemont). Launce (Real Siellez)  est le maître humoristique absolu - pecking order oblige !-  d’un chien mal léché et malappris qui moque à grands renforts de pitreries  les grands de ce monde. Des moments où la salle entière bouillonne de vagues de  rires. Il y a des brigands masqués et il y a la grande Sylvia (Jeanne Kacenelenbogen), décidément une grande dame : « Pourquoi n'aimez-vous point celle qui vous aime? Repense à ta Julia ! Tu lui dois mille serments. Tu n’as plus de parole, à moins que tu n'en aies deux, ce qui est pire que de ne pas en avoir. Quand la foi est double, il y en a une de trop. N'as-tu pas trahi ton meilleur ami? » Le texte modernisé au passage, garde quelques succulents subjonctifs imparfaits et reste jubilatoire comme il se doit. La comédie bat son plein. On repart de là ayant fait le plein d’un lavis intense de  bonheur de jeu  et d’accords de guitare.  

Robert Bouvier est le metteur en scène passionné, aidé de la très belle  distribution suivante :

Baptiste Blampain | Protée

Mirko Dallacasagrande | Le musicien

Alexis Julemont | Speed, Eglamour, brigand Mario

Jeanne Kacenelenbogen | Silvia

Gilles Masson | Le musicien, brigand Beppe, Pantino

 Vincent Sauvagnac | Thurio, Pantino

Sherine Seyad | Julia

Real Siellez | Launce, brigand Lino

Aurélie Trivillin | Lucette, Gina, brigand Moïse

Julien Vargas | Valentin

 Philippe Vuilleumier | Duc de Milan, Antonio

Scénographie, costumes Cécile Balate, Delphine Coërs, Lumières Jonas Bühler, 

Musique Mirko Dallacasagrande, Aureliano Marin, Stéphane Roethlisberger,

Univers sonore Julien Baillod

Coproduction Compagnie du Passage – Neuchâtel / Théâtre Le Public – Bruxelles

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=323&type=1

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administrateur théâtres

12272880100?profile=originalJe l'ai écoutée hier soir au théâtre du Parc, je transmets avec sa permission:

Journée Mondiale du Théâtre 2013 / Message national d’Anne-Marie Loop

 

Chaque année, depuis 1962, le 27 mars est célébrée la Journée mondiale du Théâtre. L’ITI demande, pour l’occasion, à une personnalité du monde du Théâtre de proposer un message international.

En 2012, le Centre IIT Wallonie-Bruxelles a décidé de demander à une personnalité du théâtre Belge de rédiger également un message national. Après Jean-Marie Piemme, l’IIT a demandé à Anne-Marie Loop de s’adresser à nous cette année.

Voici son texte:

Raconter des histoires encore et toujours

Il se pourrait bien que le mot progrès, qui résume à lui seul notre désir d’avenir, qui sous-entend une amélioration nécessaire, continue et sans limites de la condition humaine, n’ait été inventé que pour nous consoler de la fuite du temps. C’est le philosophe Francis Bacon, au 17e qui déploie, dans son ouvrage Du progrès et de la promotion des savoirs, la conception moderne du progrès, imaginé comme un développement sans fin du savoir, un accroissement du pouvoir de l’homme sur la nature et une progression vers le bonheur. Il encourage le savoir et le règne de l’homme sur la nature. Car savoir, c’est pouvoir. Cinq cents milliers d’années ont séparé l’invention du feu de celle de l’arme à feu, mais six cents ans ont suffi pour passer de l’arme à feu au feu nucléaire. Et aujourd’hui, qu’il s’agisse d’outils, d’ordinateurs ou de voitures, les nouveautés sont vite mises au rebut, et rares sont les fabricants qui ne proposent pas chaque année une nouvelle génération de leurs produits. Ainsi, porté hors de lui-même par cette ivresse chronique, notre monde échappe à toute forme d’arrêt et de repos.  Il y a, sans doute, progrès, systématiquement, mais nous ne savons plus ni le désigner ni même le reconnaître. Cette angoisse latente nous pousse parfois à affirmer que le progrès est une idée, non pas déclinante, mais tout simplement morte. A cette seule éventualité, nous sommes pris de vertige et angoissés plus encore.

12272880663?profile=originalNous vivons dans de bien sombres temps.  Nous entendons si souvent des discours inquiets et lancinants, on peut toujours avancer des facteurs objectifs, ils sont partout constamment commentés : disparition des repères stables, fin des certitudes, mort des idéologies, crise du lien social, isolement et individualisme, inégalités grandissantes, tyrannie de la technique et mondialisation, régression de la pensée…Ceux-ci contribueraient-ils à l’angoisse qui délabre nos humeurs, qui englue nos espérances et engrisaille le présent ? Du coup, la pensée se porte-elle sombre ? Comme toute question, on peut simplement essayer de la cerner, de ressentir ce qui lui donne sa force, sans jamais, jamais, lui chercher une réponse toute faite. Les réponses sont toujours un peu ridicules... Partout des politiques de restriction et d’austérité comme piste débattue, critiquée mais appliquée, pour sauvegarder les finances publiques. Les cibles sont là, à portée de main, en apparence démunies dans leur totale dépendance à la subvention publique. Les secteurs n’émanant pas de la logique du quantitatif, comme l’enseignement, la recherche, les travailleurs sociaux, les soins de santé et, bien entendu, la culture sont touchés de plein fouet. Cette dernière est fortement mise à mal et, par voie de conséquence, la place de la créativité dans notre société est remise en question.

Le spectacle est un phénomène social universel. Il a été conçu comme un service public. C’est une exigence de dépassement qui arrache l’homme à sa mesquinerie. C’est peut-être là qu’on trouve un moment d’arrêt et de repos ? Un temps suspendu. Comment la culture va-t-elle pouvoir encore s’exercer dans notre monde en crise ? Va-t-elle accroître l’ignorance ou augmenter le savoir ?

Nos burlesques dans les années 1920 nous faisaient tellement rire quand ils avançaient précautionneusement pour ne pas chuter. Quand ils luttaient contre le vent et les tempêtes, quand ils s’échappaient par une porte dérobée. Ils tentaient de trouver l’équilibre dans quelque chose qui est instable. Ils nous présentaient une image d’un homme, un moins que rien, inadapté, au monde moderne. Ils inventaient des stratégies pour se sortir de ces coups du sort incessants. Ils trébuchaient bien sûr, mais par une série de moulinets, ils arrivaient toutefois à se maintenir debout. Comment être debout aujourd’hui ?

Le théâtre raconte des histoires, ce n’est, bien entendu, pas une religion.  Cet art qui présuppose la coprésence physique, concrète, d’acteurs et de spectateurs dans un même espace-temps est un outil de regard. Ce qui fait le spectacle, c’est le regard. « La plus grande révolution humaine, c’est peut-être le théâtre » a dit un jour Tadeusz Kantor. Parce qu’un jour et l’on ne sait pas quel jour, quelqu’un et l’on ne sait pas qui, est venu devant les autres et a dit : « Je me suis levé et je me suis mis en face de vous. J’ai une tête, deux bras, deux jambes, un sexe, comme vous et je suis là pour vous raconter des histoires. Parce que vous qui êtes dans la salle, vous allez peut-être reconnaître la vôtre, celle de vos voisins, celle de vos ancêtres et, en voyant l’histoire, à distance, vous allez peut-être mieux la comprendre, mieux l’analyser… Pour se transformer et, en conséquence, transformer le monde ou du moins, modifier, complexifier, échanger, bouleverser, agiter, réviser, altérer, renouveler, ranimer, déranger, la perception que l’on en a. » Comment se lever aujourd’hui ?

Depuis bientôt, oh ! fort longtemps, je travaille à raconter des histoires. Que ce soit comme actrice, enseignante ou directrice d’acteurs, dans les théâtres dit de « répertoire », des créations (collectives ou non) de jeunes compagnies, dans le théâtre pour l’enfance et la jeunesse… que les histoires soient celle du roi Lear ou d’un groupe de femmes de la Louvière, je veux encore et toujours participer à cet acte déraisonnable, qui consiste à se lever du cercle des hommes pour leur raconter leurs histoires. J’espère ainsi contribuer à combattre et à interroger l’ignorance, l’apathie, l’anesthésie, la brutalité et la barbarie des hommes oublieux de leur sensibilité et de leur intelligence. Je désire faire du théâtre pour que l’homme soit une aide pour l’homme. Nous avons besoin d’îlots de résistances, nous avons besoin d’imaginaire collectif. Nous avons besoin de créativité.

Anne-Marie Loop Février 2013

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administrateur théâtres

12272880087?profile=original

 

D'abord le livre:

Syngué Sabour : La pierre de patience                    de Atiq Rahimi

La parole libérée

Une femme veille sur son mari, dans le coma. Nous sommes en Afghanistan et cet homme est un combattant, blessé non au combat mais dans une rixe entre personnes du même bord. Cette veille va être pour elle l’occasion de parler pour la première fois avec son mari d’habitude trop figé dans son autorité et son machisme pour s’ouvrir à sa femme. Ce monologue va lui permettre de régler ses comptes avec ces hommes, ceux qui l’ont abandonnée après le coma de son mari, son père brutal, plus attentionné pour ces « cailles de combat » que pour ses filles, qui l’a vendue pour une dette de jeux. Et ce mari, héros de guerre absent pendant les combats, tout juste plus présent quand il rentre à la maison. A ce mari, elle dira tout, ses lourds secrets les plus cachés et les vérités les plus crues. Atiq Rahimi donne ici un roman intense, au parti pris formel fort, tout le roman est décrit depuis la seule pièce où repose le corps de l’homme. Un parti pris réussi.


« Quelque part en Afghanistan ou ailleurs ….

« Quelque part en Afghanistan ou ailleurs …. », cette imprécision géographique, jointe à une imprécision chronologique et à l’absence d’informations sur l’identité de la femme et du mari confère au roman un intérêt qui dépasse celui de la simple histoire d’une famille . Ce huis clos dans un lieu coupé de la vie extérieure qui ne se manifeste que par des bruits ou  par des images perçues selon un angle très restreint, condense l’attention sur la condition de la femme dans tout pays musulman intégriste où elle est réduite à ruser ou mentir,  à n’ être que mère reproductrice ou repos du guerrier, et sur la difficulté d’entretenir avec l’homme des rapports libres et francs.
A la lenteur du temps qui s’écoule marquée par la narration au présent , les psalmodies, le goutte à goutte et le parcours de l’ombre et du soleil , s’oppose la violence  de certaines  scènes  où la confidence  devient  aveu, le chuchotement  cri et  la douceur  violence , où la femme se croit démone, possédée par le mal . Une œuvre marquante dont la puissance vient paradoxalement de son écriture minimaliste. Les phrases dépouillées, sèches et concises résonnent comme en écho dans l’esprit du lecteur  qui est amené alors à ressentir tout le non-dit du récit .
Un ouvrage qui restitue au corps de  la femme toute la place que le vêtement féminin afghan vise à occulter .

Alma

Et maintenant le film, une pure merveille!

Une pure merveille écrite par l'auteur, avec respect, amour et sens de la beauté.

Un plaidoyer sans appel contre l'homme qui ne sait que faire la guerre et pas l'amour.

C'est l'horreur d'une ville au soleil baignée de sang, de bombardements et de guerre. C'est le bruit sec et lourd du tchador que la femme rabat brutalement à la moindre sortie en dehors de sa maison. Une femme vivante comme une bourrasque erre sur les remparts d'une ville de Troie mise à sac par la folie les hommes.
Et pourtant ses pas courent sur la terre brûlante pour chercher du sérum pour soigner le mari. Ils se font d'une légèreté d'ange sur les ornières de la désolation.

Ce sont des militaires universellement assoiffés de vengeance et de cupidité et leurs victimes abandonnées pour l'exemple.

Ce sont ces deux fillettes vêtues de tissus chamarrés, la tête encore nue, pas encore écrasées par la honte de leur condition féminine, qui sautillent autour de leur mère disloquée par la peur et si audacieuse à la fois.

C'est une femme, belle comme un mythe palpable qui se permet de naître par la parole à côté de l'homme, souche muette et roide, sur le visage duquel pas la moindre contraction de sentiment n'est visible. Juste la totale indifférence d'un Dieu absent.

Mais rien ne peut tuer l'instinct de vie de la femme.

C'est une icône faite de corps voluptueux et de mains qui caressent lavent et soignent le pire ennemi.

C'est un symbole de grâce par son regard infini entre ses cils de femme du désert, qui vous prend à la gorge, car vos larmes ne sont pas loin. C'est l'image de la femme éternelle, mère, épouse, et compassion, sous un voile de beauté.

C'est l'un des plus beaux films que l'on puisse imaginer à propos de la Femme. Seul espoir de l'homme après Dieu. Et si ce film, créé par une main masculine exceptionnelle devenait lui aussi pierre de patience magique et faisait éclater par son langage particulier la libération de toutes les femmes du monde? C'est le rêve des rêveurs. Et heureusement qu'ils existent!

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12272886487?profile=originalHAMLET

D'après William Shakespeare, mise en scène de Michel Dezoteux.

Du 12 au 30 mars 2013 à 20h30, les mercredis à 19h30.

 

Un vent de folie plane sur le Varia !

« Ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit
Réveille en toi le tourbillon d'un-vent-de-foliiiiie…. ».

 

Chacun cultive sa propre folie : « Le monde est fou, fou, fou Voyez-vous... ». Ebouriffée, iconoclaste, voici une variation très  musicale et très moderne de l’Hamlet de Shakespeare, conçue par Michel Dezoteux. Charivari insensé…

Apparence du départ : le très  classique appartement cossu dont l’angle droit  à voilures blanches  ouvre l’œil du public. Changement d’angle : ABBA , le  groupe mythique débarque, c’est le choc ! Les personnages vont à contre-courant de notre imaginaire. La belle Ophélie qui flottait paisiblement  au fil de l’eau, bercée par une rivière en fleurs comme dans la célèbre toile du peintre britannique John Everett Millais, a sombré  dans les ténèbres de l’histoire. Elle est maintenant gringalette, grimée comme un clown, junkie en robe « mais il est où le soleil ? » A la fin, les morts attendus, s’entassent après une course folle entre des gratte-ciels où palpitent des squelettes radiographiés, rouge sang !

Nous voici donc au début dans un lounge au mobilier tape-à-l’œil, moitié laqué blanc 18e, moitié New-York 20e,  pour nous faire un coup au cœur. Car le spectacle est palpitant. Hé oui, la pièce de l’illustre écrivain a été re-sculptée - certains regretteront sans doute ce menu allégé - autour de la folie, thème principal de l’ouvrage. Cette création aux agencements spectaculaires  n’en est pas moins émouvante. Un comédien coulisse entre rampe et clavier, entre rêve et réalité.  L’alliage des dialogues et du soutien musical live est extrêmement ciselé.  Ophélie (Fanny Marcq ) s’envole  avec aisance du bord du micro au  haut de la galerie,  « Encore une chanson ? .

 Mais  surtout, ce qui est drôle pour une tragédie, ce spectacle est  D R Ô L E. Le roi Claudius apparemment  le frère jumeau d’Othello (Denis Mpunga)  est atteint d’amour fou, en plus de sa folie dictatoriale. Folie simplificatrice de l’épuration ? Une foule de personnages de Shakespeare ont disparu. Un  pastiche du médecin fou de la « comédie des illusions », jouée au théâtre du Parc récemment, incarne Pollonius (Blaise Ludik), le père d’Ophélie et de Laerte. Drôle, un fossoyeur sort du terroir ardennais pour confirmer qu’ « un drôle » (prononcez « droll ») rime avec troll et est parfois porteur de sagesse! La reine Gertrude névrosée (Candy Saulnier) ressemble très ironiquement à Blanche-Neige. Le comique désopilant de l’acteur-traître en lunettes de soleil  qui joue sur deux tableaux…séduit.  Il est à se demander si Michel Dezoteux ne joue pas lui-même la folie… comme il joue lui-même du saxo ! C’et paraît-il son propos puisque ce spectacle fait partie d’un triptyque sur la folie, …source de création. La brutalité de l’instinct et des pulsions conduit à l’art, dit « brut » ! dixit Michel Dezoteux. (A suivre !)

Il est évident que le public, massivement jeune, a ri aux éclats et que les spectateurs plus âgés ont applaudi aussi frénétiquement que les jeunes, à la dynamique de cette mise en scène osée, baroque et sulfureuse. Fanny Marcq et Karim Barras sont fabuleux. L’inventivité dans l’utilisation du décor plaît. Les costumes à la David Bowie et surtout l’orchestration musicale très souple, à droite de la scène, ourlent parfaitement les propos. Un micro ….insigne moderne du pouvoir est planté là, au  beau milieu du plateau. Ouf !Le très touchant Hamlet  (Karim Barras ) s’adresse régulièrement au public, de façon plus que sensée et gagne son adhésion, malgré sa « folie » très, très  feinte.  On reconnait que  le texte du Grand William n’arrête pas de donner des frissons, même émietté par le metteur en scène.

COMPOSITION MUSICALE : Rosario Amedeo, MUSICIENS : Rosario Amedeo aux claviers, Michel Dezoteux aux saxophones et Sonny Troupé à la batterie.

SCENOGRAPHIE : Marcos Vinãls Bassols, LUMIERE : Marc Lhommel.

CREATION MAQUILLAGE : Jean-Pierre Finotto, MAQUILLEUSE : Laura Lamouchi.

CREATION COSTUMES : Odile Dubucq,  REALISATION : Odile Dubucq, Isabelle Airaud, Sarah Duvert, Sylvie Thevenard, Chandra Velut.

MISE EN SCENE: Michel Dezoteux. AVEC:             Rosario Amedeo, Karim Barras, Blaise Ludik, Fanny Marcq, Denis Mpunga, Candy Saulnier, Baptiste Sornin et Sonny Troupé à la batterie.

http://www.varia.be/fr/les-spectacles/hamlet7/

Jusqu'au 30 mars

 

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administrateur théâtres

Jusqu'à ce que la mort nous sépare  de REMI DE VOS  au théâtre le Public

Mise en scène : Valérie Lemaitre Avec trois comédiens de choc Françoise Oriane, Flavia Papadaniel et Vincent Doms. Petite Salle - Création -

"Suite à la mort de sa grand-mère, Simon, la trentaine, retourne dans la maison de sa mère, après des années d'absence et de dissensions. Mais quand il retrouve Anne, sa petite amie d'enfance, l'intensité de leurs retrouvailles provoque un incident aux conséquences inattendues : l'urne avec les cendres de la grand-mère se brise en mille morceaux ! Pris entre la jeune femme qu'il a aimée, sa mère et les cendres de sa grand-mère dans un sac en plastique, Simon navigue désespérément jusqu'à l'absurde dans les méandres d'un sauvetage plus qu'improbable. Mensonges, quiproquos, inventions les plus farfelues sont déployées par Simon pour cacher l'impossible vérité à sa mère. Une comédie noire, rythmée, haletante. L'auteur nous plonge au coeur des rapports délicats de l'homme aux femmes qui jalonnent sa vie. Si vous ne le connaissez pas encore, Rémi De Vos est certainement un auteur à découvrir. Intrigue presque vaudevillesque, la pièce est un petit trésor de théâtre contemporain, récompensée en France par le prix Théâtre 2006 de la Fondation Diane et Lucien Barrière."

De la Farce du Cuvier à celle de l’Urne… !

Comme dans la farce originelle, tout fait rire dans ce morceau de comique à la fois belge par l’auteur et les comédiens  et universel quant à la teneur, attendu que, tout conduit à une prise en mains très peu fantasmée de la société par … les femmes!

Pour le comique, considérez : Les mines d’enterrement des personnages en habits de deuil et la musique guillerette de l’entrée en scène. La taille et la prestance de la maman minuscule et celles de l’amie majuscule ! Le terrible accent maternel, sa cuisine-salon-salle-à-manger défraîchie et maniaco-rangée et le sac de courses  à roulettes Burburry appelé à être un personnage à lui tout seul. Il y a de toutes façons un  autre sac appelé à se vider! Considérez les mots maladroits  qui s'entre-choquent quand on se revoit après des années et qu’on s’embrasse au risque de faire éclater une bombe funéraire. Regardez cet autre sac  de plastique qui met le feu aux poudres.  Ecoutez ce qui est dit de la grand-mère  mourante que l’on emmène en ambulance et qui espère voir la mer. Riez de bon coeur devant la nervosité  maladive du fils, toujours pris en flagrant délit de mensonge auto-protecteur, devant  les syncopes à répétition de la fiancée, et  l’empilement  baroque de répliques improvisées pour cacher des catastrophes, à une mère qui n’est nullement dupe ! Et en finale songez au rappel de la  fameuse fable du pot de terre et du pot de fer...   

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 Pour le fond, considérez : la réalité, fiction ou non,  de la plainte éternelle  des mères à qui on « vole» leur fils dès six ans… Ecrasé par cet amour féroce, le fils a grandi dans l’anxiété, l’immaturité affective et la culpabilité,  toute émotion verrouillée. Il a dû un moment  couper le cordon et se réfugier dans la haine. La future belle-fille, quelle qu’elle soit, ne peut pas trouver grâce à ses yeux de mère, à moins d’être  « adoptée » par la mamma à toutes fins de conserver, non pas l’urne… mais le fils ! Savourez les excuses et mensonges à dormir debout qui permettent la délivrance d’un joug  et méditez cette réplique  qui vient, paraît -il, du Talmud : « Sans une femme, un homme n’est pas une créature humaine! »  Et vous aurez le tableau final de la dernière scène qui vous reconduit, en ligne directe, à la Farce du Cuvier. Du Woody Allen  à la belge.  

Enfin, pour la qualité du spectacle, considérez le jeu scénique des trois participants à cette tranche de « vie ou de mort» de haine et /ou d’amour qui vaut le déplacement!Il est d’une justesse inouïe.  Que ceux qui ont peur de rire s’abstiennent car ils  n’y échapperont pas. Ah le comique de répétition! Irrésistible.  Le spectacle est  peut-être édité en mots simples mais absolument farceurs!

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=325&type=2

 

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"L'âne culotte" est un roman d'Henri Bosco (1888-1976), publié à Paris chez Gallimard en 1937.

 

Constantin Gloriot, le narrateur, raconte l'aventure qui lui est arrivée lorsqu'il avait douze ans. A cette époque, dans le village de Provence où il vit avec ses grands-parents, un âne mystérieux, surnommé l'âne Culotte par les enfants parce qu'il porte des braies en hiver, intrigue les habitants. On sait qu'il vient d'une ferme de la montagne, et sert un certain M. Cyprien dont les villageois ne parlent qu'avec crainte et méfiance. Un jour, Constantin, malgré l'interdiction de sa grand-mère, décide de suivre l'âne, qui le mène jusqu'à son maître. Il découvre alors un véritable "paradis", un verger poussé en pleine montagne, où les animaux charmés vivent sans crainte. M. Cyprien le charge de porter une branche d'amandier en fleurs au curé du village, l'abbé Chichambre. Mais, menacé par une petite fille du village, Anne-Madeleine, Constantin se voit obligé d'aller couper une seconde branche d'amandier. Il est surpris par M. Cyprien, qui lui apprend qu'il ne faut pas toucher au paradis. Dès lors, les événements se précipitent. Par Hyacinthe, la petite servante de ses grands-parents, qui connaît aussi le "paradis", Constantin découvre que, depuis sa faute, M. Cyprien a disparu, jusqu'au jour où celui-ci revient en secret et emmène avec lui Hyacinthe, qu'on ne reverra plus. Le journal de M. Cyprien, découvert et annoté par l'abbé Chichambre, et lu beaucoup plus tard par le narrateur, vient compléter l'histoire: M. Cyprien, ancien navigateur et magicien, a voulu recréer le paradis sur terre qu'il avait connu dans une île. Il devait léguer son pouvoir sur les animaux et les plantes à Constantin. Mais la faute de celui-ci l'a convaincu de l'omniprésence du mal, et l'a poussé à repartir, pour créer un nouveau paradis en compagnie d'Hyacinthe à qui il transmettra son savoir.

 

On a souvent classé Henri Bosco parmi les écrivains "régionalistes". Cette désignation hâtive rend bien peu compte de l'atmosphère de conte étrange qui est celle de l'âne Culotte. Certes, c'est toute la Provence, avec ses moeurs surannées - comme la messe dite à l'occasion des premières neiges -, ses animaux et ses plantes aux noms oubliés, qui est la véritable héroïne du roman. Mais on aurait du mal à y retrouver l'image simple et bon enfant qui en est souvent présentée dans la littérature française. Cette Provence est une  terre surnaturelle, où se fondent l'héritage folklorique et païen, et les légendes chrétiennes, comme en témoignent les dictons prononcés par la Péguinotte, la vieille servante des grands-parents de Constantin, mêlant conseils sur les récoltes et antiques superstitions. L'histoire de l'âne Culotte et de son maître M. Cyprien rappelle à la fois l'âne d'or d'Apulée, puisque l'animal est manifestement décrit en termes anthropomorphiques, et la Confession de saint Cyprien de Lucien, qui décrit le repentir du magicien qui croyait s'adonner à des pratiques divines alors qu'il servait le diable. On peut penser aussi à toutes les légendes proches du mythe d'Orphée, comme celle du "Charmeur de rats", puisque c'est au moyen d'une flûte magique, la Syrinx, que Cyprien exerce son étrange pouvoir sur les animaux. Cependant, à cela s'ajoute la dimension chrétienne de l'aventure: c'est le dimanche des Rameaux que l'âne Culotte emmène chez son maître M. Cyprien le jeune Constantin juché sur son dos à l'instar du Christ entrant dans Jérusalem. Mais l'enfant, loin d'annoncer un nouveau règne du paradis, est celui-là même qui, en cédant aux menaces d'Anne-Madeleine, et à un obscur besoin de violer la loi, introduit le désordre dans le domaine préservé de M. Cyprien.

 

Du reste, ce paradis n'était-il pas déjà vicié, condamné d'avance? De façon miraculeuse, l'enchanteur d'animaux avait réussi à attirer et à apprivoiser le serpent lui-même, qui vivait dans son verger. Un seul animal, comme nous l'apprend le journal de M. Cyprien, résistait à son pouvoir magique, et continuait à tuer: le renard. Dès lors le pari de M. Cyprien se heurtait à l'éternelle interrogation sur le mal: devait-il tuer le renard pour protéger les autres animaux? Constantin, en trahissant M. Cyprien, déchaîne les forces maléfiques, et celui-ci ne peut résister au désir d'égorger le renard. Il n'était qu'un pauvre magicien, et non un envoyé du Ciel.

 

Ainsi le roman apparaît-il clairement comme un roman d'initiation, fondé sur une quête du bonheur. Comme l'affirme Constantin, commentant le journal de M. Cyprien: "Nous voulons tous le paradis sur terre, et l'homme se croit né pour le bonheur." Sans doute est-ce une faute que de vouloir créer un Éden humain que nul Dieu ne garde. Mais si les promesses du Ciel sont les plus belles, elles sont annoncées par les dons de la Terre, célébrés en termes lyriques tout au long du roman comme les signes mêmes de la présence divine.

 

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Perdre ou ne pas….

 

Sur les marches du ciel  la passion s’enflamme,

Et  baisse  son  regard  candide  et  ignorant,

Des choses de son  cœur que l’amour réclame,

D’un brasier clandestin  qui se fait dévorant.

 

Les  ailes  de  l’Ange  guident  son  embarras,

Loin du danger des corps pour protéger l’Esprit,

Sa rose  hésite à flétrir  ses milliers de  carats,

La  paix  de  son  âme  n’a  pas valeur de  prix.

 

Préserver pour l’Eden la communion des sens,

Virginaux  encore,  quoique  sollicités,

Dans la vie s’éclairer en sens ou contresens,

Monter ou descendre dans l’infinie vacuité.

 

Sur les marches du ciel  la passion s’enflamme,

Et  baisse  son  regard  candide  et  ignorant,

L’aura  de  la  Vertu  brandit  son  oriflamme,

En lettres d’or écrit  des mots  purs scintillants.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

Danse enflammée   


Danse enflammée : photo ajoutée par Solen Eve Lemonnier.

 

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ADMINISTRATEUR GENERAL

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 20/03 au 07/04 l’exposition  événement des artistes suivant : Jonathan Bermudes (Fr) photographies, Françoise Clercx (Be) peintures et Véronica Barcellona (It) peintures, sculptures et installation.

 

Le VERNISSAGE a lieu le 20/03 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120

 

Jonathan BERMUDES (Fr)

« RETROSPECTIVE »

 

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Jonathan Bermudes, est un artiste contemporain français.

C'est un artiste complet, qui a su brillamment passer de la musique à la photographie en gardant toute sa sensibilité et son naturel.

Cet artiste talentueux nous présente ses œuvres tout en couleurs ou il joue avec succès la superposition des images, ou sont représentées les icônes de ce siècle, et fait revivre à travers ses photos des légendes du 3ème art.

 

A travers tous les thèmes qu'il propose, il nous emporte vers son univers, les couleurs sont vives uniques et accrocheuses, et ne nous laissent pas indifférentes.

L'artiste a exposé ses œuvres à travers le monde toujours avec un grand succès -vente arsep Christie’s, Paris

-Art Basel, Miami

-Art Miami Gallery Art + Miami Beach

-Gallery Art Design District, Miami Beach

-Galery Adler, Paris

-Palmbeach3, Palm Beach

-11ème, Pavillon des Arts, Paris

-Fine Art Fair, Moscou

-Orexpo, Paris

-Galerie Adler, Paris

Les photographies sont proposées en plusieurs dimensions, 80cm/106 cm, 166cm/125 cm, 186 cm/144 cm, 192 cm/ 240 cm. Chaque photo est tirée à 6 exemplaires plus 1 épreuve d'artiste.

Les œuvres sont des photographies avec face monté sous diasec et un châssis au dos en aluminium pour la solidité de la photo, et son accrochage, le tout arboré par une caisse américaine qui donne l'effet d'un tableau.

 

Françoise CLERCX (Be)

« Détails et fascination »

 

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Les symboles, la volonté d'abstraction, la ligne décorative contrastent entre réflexion et inconscient.

Un besoin d'évasion dans un monde où le matériel est "la valeur absolue" et la quête d'une réalité métaphysique pour dénouer les forces de l'inconscient avide de révélations.

L'usage de la photo permet de s'abstraire du sujet pour ne s'intéresser qu'à sa forme géométrique et lui donner une autre vie.

Reprenant Kandinsky: "Prendre le sujet comme élément abstrait en préférant les lignes, les couleurs et les volumes."

Peindre des sensations, rythmes, vibrations comme lorsqu'on crée de la musique. Recherche d'harmonie: trouver la relation entre des sujets apparemment étrangers.

"La peinture est un poème qui se voit" Léonard de Vinci

 

Véronica BARCELLONA (It)

« WELCOM TO MY REAL WORLD »

 

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Artiste plasticienne

 

Nom d’artiste : VERONICA BARCELLONA

 

EXPOSITIONS (dernière mise à jour Octobre 2012)

 

Août – Septembre 2012

Du 28 Août au 25 Septembre, exposition collective : « Maximus of Matrix » AMSTERDAM WHITNEY GALLERY, CHELSEA (NEW-YORK) (USA)

Mai 2012

Du 1er Mai au 19 Mai, exposition collective, PUSH ARTSHOP

GALERIE, MONS (BELGIQUE)

Avril 2012

Le 16 Avril, obtention du Titre d’Officier et de la Médaille d’Argent pour la section Arts, par l’ACADEMIE DES ARTS - LETTRES –

PHILOSOPHIE, TOULON (FRANCE)

Janvier 2012

75009, PARIS (FRANCE)

Novembre 2011

Du 02 Novembre au 23 Novembre, exposition collective: « Pathway to Abstraction », AGORA GALLERY, CHELSEA (NEW-YORK.) (USA)

Avril 2011

Du 01 Avril au 03 Avril, solo, collection : « La dérision de

Véronica déride Mademoiselle Barcellona », JURBISE (BELGIQUE)

Le 26 Janvier, vente aux enchères Salle VV - 3, rue Rossini

Novembre - Décembre 2010 Du 1er Novembre au 31 Décembre, exposition collective, l’Atelier11, CANNES (FRANCE).

Juillet 2010

Du 13 Juillet au 17 Juillet, exposition solo, METIS gallery Montreux Jazz Festival., MONTREUX (SUISSE) GALLERY, 44

Avril 2010

Du 02 Avril au 05 Avril, exposition collective, collection : « Appellation d’Absurdités Contrôlées », JURBISE (BELGIQUE)

Octobre 2009

Du 09 Octobre au 18 Octobre, exposition collective, collection : « Appellation d’Absurdités Contrôlées », RESIDENCE D’ARTISTES DU PAYS DES COLLINES », FLOBECQ (BELGIQUE)

 

   PROJETS A VENIR EN 2013

 

Janvier 2013 - Mars 2013 :

Du 24 Janvier au 09 Mars, exposition solo, collections : « Des Appellations d’Absurdités Contrôlées à la Dérision de Véronica déride Mademoiselle Barcellona. », BIBLIOTH7QUE PROVINCIALE DE LA LOUVIERE, LA LOUVIERE (BELGIQUE)

 

Mars 2013 – Avril 2013 :

Du 20 Mars au 07 Avril, exposition collective : « Welcome to my real world », ESPACE ART GALLERY, BRUXELLES (BELGIQUE)

 

Mai 2013- Juin 2013 :

Du 11 Mai au 22 Juin, exposition collective : « International

Contemporary Masters Volume VII », WORLD WILD ART BOOKS, SOUTHERN NEVADA MUSEUM OF FINE ART, LAS VEGAS (NEVADA) (USA)

 

Juin 2013:

Du 4 Juin au 20 Juin exposition collective: “Revelations in

Reality”, CREATIVE CONCEPT INC, SUMMER ART FAIR SEASON, NEW-YORK (USA)

 

 

Et à titre d’information voici les cinq prochaines expositions:

 

-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie.

Vernissage le 20/03/2013 de 18h 30 à 21h 30 en la galerie même.

Exposition du 20/03 au 30/06/2013 à l’Espace Art Gallery II.

 

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 10/04 au 28/04/2013 l’exposition  événement d’un collectif familial Russe à Bruxelles : Alexandre Semenov (Rus), Elena Gorbachevski (Rus) et Irina Semenova (Rus) peintures.

 

-Titre : « Others »

Artistes : Elena Gorbachevski (Rus) peintures.

Vernissage le 10/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 10/04 au 28/04/2013.

&

-Titre : « Three days and toys  »

Artistes : Alexandre Semenov (Rus) peintures.

Vernissage le 10/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 10/04 au 28/04/2013.

 

-Titre : « Glass and Painting Fantasy  »

Artistes : Irina Semenova (Rus) peintures.

Vernissage le 10/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 10/04 au 28/04/2013.

 

-Titre : « Collectif de la galerie »

Artistes : Jean-Luc Labat (Fr) peintures et Francis Willm (Fr) peintures.

Vernissage le 10/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 10/04 au 28/04/2013.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                        Jerry Delfosse

                                                        Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                        Voir:      http://espaceartgallery.be

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

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administrateur littératures

Souvent, je me penche sur les titres en tête des ventes, ce dans différentes librairies dont la Fnac, constatant que bien souvent les thématiques les plus "riches" sont: la violence, la corruption, le sexe, les meurtres... Brrr! Frissons, angoisse, désespoir de votre serviteur. Je ne citerai pas de noms d'auteur mais... où sont donc passés les beaux sentiments? Amour, amitié,... Ah oui! Seconde étagère, un peu plus bas, à l'écart des best-sellers et des autres promotions! Quand même!

Si un auteur n'écrit pas une histoire forte qui dérange, interpelle nos âmes, nos coeurs, nous fait bondir, sera-t-il lu? Apprécié à sa juste valeur? Oui, il faudrait sans doute être déjà un auteur bien connu pour pouvoir attirer l'attention sur une histoire plus légère, exaltant les bons sentiments seuls ou les valeurs qui font la différence. Non?

Et les prix littéraires? Ne vont-ils souvent vers des oeuvres quasi traumatisantes pour un coeur fragile? En un monde où règnent bien des noirceurs de toute ordre, n'est-il pas bon et agréable de lire parfois, ou plus souvent, une histoire bourrée de ces choses qui nous font rêver, planer, changer d'air, compensant l'agressivité que nous avons peut-être vécue en journée, jouant un rôle de baume bénéfique pour notre coeur ou notre esprit?

Oui, on en trouve encore des récits magiques, féériques mais on les compte annuellement sur les doigts d'une main. Non? Pas d'accord? Personnellement j'aime écrire pour apporter à mon lecteur de la fantaisie, de l'humour, des sentiments à la portée de tous, de la poésie à travers mon style. A bon entendeur... car pour certains il faut du sang, de la traque, de la perversité...

Ce billet, je ne l'ai pas préparé, il est totalement improvisé, sorti tout droit de mon coeur, de mes tripes. Merci à ceux et celles qui m'ont accordé leur attention. 

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Entretien avec Stéphane Hessel :

«Je suis un survivant, donc un responsable»

 

Article publié dans l'Hebdo du 1er Décembre 2011,

Par Christophe Passer - Mis en ligne le 30.11.2011 à 14:51

 

 

Né en 1917 à Berlin, sa famille émigre en France en 1925. Combattant de la France libre, déporté à Buchenwald, il devient, après la guerre, secrétaire de la commission rédigeant la Déclaration universelle des droits de l’homme, avant d’entamer une belle carrière de diplomate. Indignez-vous!, paru fin 2010, le met dans la lumière.

 

PHÉNOMÈNE. Le triomphe mondial de l’Indigné en Chef, qui passe la semaine prochaine en Suisse romande pour deux conférences événements, raconte aussi une autre manière d’engagement: généreux et poétique. Rencontre.

Ce qu’il dit de la petite rue Antoine-Chantin, où il habite dans Paris, c’est qu’y vécurent autrefois Jean Vilar, seigneur du théâtre, et Pierre Jean Jouve, poète admiré. Ce qu’il dégage lorsqu’il ouvre la porte, dans ce populaire XIVe arrondissement, c’est bien autre chose que la fragilité bonhomme d’un très vieil homme: une force, une flamme, des choses immédiates de ce genre, impressionnantes et très émouvantes.

 

Ce qui apparaît dans l’entrebâillement et la poignée de main heureuse, c’est un homme aux mines de bibliothèque debout. Hessel est un roman du siècle, avec au visage un sourire de farceur. Car quel bon coup, pas vrai? Indignez-vous! opuscule de 32 pages, sorti fin 2010, s’est écoulé à plus de 2 millions d’exemplaires, rien qu’en France. En Suisse, des dizaines de milliers de copies se sont aussi arrachées. Et il y a, à ce jour, 38 traductions dans le monde: Espagne ou Japon, Corée du Sud ou Australie, Allemagne ou Etats-Unis. Partout, le livre triomphe, étonne, interroge l’époque. Et pousse peut-être d’autres Indignés dans les rues,de la Puerta del Sol à Liberty Square. Il sait bien que dans ce terme d’«indignés», on met tout et n’importe quoi. Il affecte de s’en inquiéter un peu.

 

Chez lui, il s’assied dans un petit fauteuil d’angle. Alentour, des volumes de poésie. Au mur, de la peinture moderne. Par exemple un beau tableau de Frank Chabry, le frère de son épouse Christiane, née à Lausanne. Elle est à côté, Christiane Hessel Chabry. Elle en a marre des journalistes. Elle essaie de protéger un peu son mari de toute cette folie.

 

Voilà un homme qui demandait simplement à ses lecteurs de ne pas oublier quelques valeurs simples de la Résistance, de croire en leur influence sur le destin, de chercher du courage. Rien de bien méchant, mais il a touché juste, il a touché pile au coeur du cynisme contemporain. Alors il en profite, Hessel, il s’abreuve sans vanité à cette jouvence si inattendue des questions et de l’admiration des plus jeunes. Il a 94 ans, il est encore vivant car il a dansé avec le siècle et croit en la vie. Il parle de poésie, de sa mère et de la dignité des hommes.

 

-Stéphane Hessel, vous avez peur de la mort? 

 

Non, pas du tout. Il serait, bien sûr, absurde de dire que je souhaite mourir au plus vite, car je suis très content de vivre encore. D’un autre côté, je souhaite à tout prix mourir avant d’être complètement dégradé. Tant que je suis dans mon état actuel, je demeure heureux d’être là, encore une année ou deux.

Je considère que quand on a eu une vie aussi longue, et dense, que la mienne, on peut aussi être content qu’elle ait une fin. Comme tout un chacun, je n’ai pas envie de souffrir. Mais si je pouvais faire comme Danielle Mitterrand qui, deux jours avant son décès, écrivait encore pour sa fondation, et qui est partie ensuite pour l’hôpital où elle s’est endormie, ça m’irait.

 

-Vous regardant, on a envie d’arriver à 94 ans aussi en forme que vous. 

 

J’ai une santé solide. Je vois. J’entends. Ma mémoire n’a pas flanché. J’apprécie moins qu’avant les longues marches ou la natation. J’ai aussi la chance d’avoir une épouse qui a dix ans de moins que moi. Nous sommes tous deux un peu comme Philémon et Baucis, nous soutenant mutuellement.

Ma malchance, c’est que je ne fais pas que cela, gérer le succès d’ Indignez-vous! Depuis 2009, je suis en même temps l’un des parrains du Tribunal Russell sur la Palestine. Or, cette institution vient de tenir sa troisième et avant-dernière session au Cap, en Afrique du Sud, à treize heures d’avion d’ici. Ça ne peut pas durer indéfiniment comme cela. Pour le moment, je tiens.

 

-Comment avez-vous vécu la résonance du livre, partout dans le monde? 

 

Ce qui m’ennuie, c’est que l’on me prenne désormais pour quelqu’un qui a transformé la situation, une sorte de repère. C’est agaçant. Je suis seulement un brave vieux bonhomme qui n’a pas cette prétention. Mais j’exprime, avec simplicité, sans la rhétorique habituelle, le fait qu’il n’est pas possible de continuer ainsi. Nous avons besoin de cette métamorphose, d’un nouveau paradigme. D’une réforme radicale de la façon dont notre société devenue globale, est devenue dangereuse pour les nouvelles générations.

Indignez-vous! est aussi tombé dans un contexte: paru le 20 octobre, trois mois avant les révolutions en Tunisie, puis en Egypte, en Libye, en Syrie. Donc, un parallèle s’est fait. On constatait qu’il s’agissait de faire bouger les choses. L’essentiel n’est cependant pas seulement de dire, mais de faire.

 

-L’époque est au catastrophisme. Quelle est la part de l’optimiste qui demeure en vous, dans ce succès? 

 

Un livre qui dirait que tout va mal, et qu’il faut s’indigner n’aurait pas de succès. Si l’on dit qu’il y a moyen de s’en sortir, qu’il nous appartient d’être aussi vigilants à l’égard des problèmes d’aujourd’hui que ma génération le fut face aux drames d’hier, c’est autre chose. Voilà le message essentiel: indignezvous, mais aussi engagez-vous. Dans Le chemin de l’espérance, le livre écrit avec Edgar Morin, c’est un aspect décisif: ne vous laissez pas décourager, il existe un chemin, prenons-le d’urgence. Il y a une description de ce qui va mal; mais aussi l’idée qu’il n’y a pas de raison de ne pas croire à la sortie possible. Ce que nous disons est au fond banal. Nous n’inventons rien. Il n’y a pas dans nos propos, à Morin ou moi, une grande idée inattendue. Nous rappelons seulement quelques valeurs de la Résistance.

Résister, c’est créer. Et créer, c’est résister. Il ne faut pas se laisser intimider par les difficultés, mais les comprendre. Et alors, construire un univers plus juste, plus stable, redevient possible. Reprenant une citation de Verdi, Régis Debray me disait il y a quelque temps: «Tournons-nous vers le passé, ce sera un progrès.» J’ai repris ce mot dans Tous comptes faits... ou presque. Car je suis conscient que ce qui autorise aussi d’avoir une certaine autorité, une influence, c’est d’être très vieux. Les premiers mots d’Indignez-vous!, ce sont «93 ans». Quelqu’un qui a vécu pareil siècle a quelque chose à transmettre aux plus jeunes. L’expérience de certaines situations graves, la Seconde Guerre mondiale, l’apartheid, la décolonisation, le stalinisme, etc.: voilà qui permet d’avoir un message crédible. A 30 ans, je n’aurais pas pu écrire cela.

 

«Je suis conscient que ce qui autorise d'avoir une certaine autorité, c'est d'être très vieux.»

Stéphane Hessel

 

-D’où vous est né cet optimisme? Il semble vous accompagner dès la guerre, alors que tout le monde pensait le malheur inéluctable. 

 

Par ma mère. Je suis l’enfant de la mère. Mon frère, plus âgé que moi, c’était l’enfant du père. Nous nous sommes partagé le monde. Lui, c’était la musique. Moi c’était la poésie. Ma mère Helen fut une femme un peu exceptionnelle, qui écrivit un journal qui inspira son amant, Henri-Pierre Roché, pour son roman devenu un film fameux, Jules et Jim.

Elle a eu une énorme influence sur moi. Tout au long de ma jeunesse, c’est elle qui m’a vraiment guidé. Le message que je garde toujours d’elle, c’est qu’il faut être heureux pour rendre les autres heureux. Très jeune, par elle, je suis passé de Berlin à Paris. J’ai connu aussitôt deux langues, deux espaces humains. Très vite, je me suis senti comme quelqu’un qui avait confiance dans la vie, qui était persuadé qu’il allait avoir une très belle vie.

Mon frère, en revanche, a mal ressenti la situation décrite, de façon très romancée, dans Jules et Jim. Mais il y avait tout de même cette opposition entre mon père et l’amant de ma mère. Mon frère en voulait à cette dernière d’avoir cédé à ce Roché, il aurait voulu que mon père réagisse. Au contraire, j’ai toujours pensé que mon père avait été admirable de reconnaître qu’il ne faut pas faire obstacle à une grande passion, qu’il faut même l’encourager. Ma mère avait choisi ainsi celui qui lui paraissait l’homme de sa vie.

De tout cela, j’ai tiré le sentiment que les choses prenaient le cours qu’elles devaient prendre, que c’est comme cela que ça devait aller. Ce qui m’a naturellement blessé, ensuite, c’est la dispute entre Roché et ma mère. Mais c’est venu plus tard. Dans ma première enfance, c’était plutôt un élément de force. Grâce à Henri-Pierre Roché, j’ai aussi été introduit dans les milieux les plus nouveaux, les plus passionnants de l’art et de la culture en France: Marcel Duchamp, André Breton. Pour un petit garçon, Brancusi, c’était une découverte. Tout cela m’a permis de construire un moi modeste – je ne crois pas avoir été orgueilleux – mais avec une espèce de manière de dire oui à la vie.

 

-Et oui, surtout, à la poésie? 

 

Absolument. Partout. La poésie est encore advenue par ma mère. Elle avait une passion pour Edgar Poe. Elle m’avait appris un poème de lui, alors que je ne savais pas encore l’anglais, en me disant: «Tu vas voir, le son de ce poème est tellement joli.»

Que représente, dans la vie d’un homme, son rapport à la poésie? 

C’est une façon de vivre avec des langues. Quand on en connaît trois, c’est intéressant de les vivre dans ce qu’elles apportent de poétique. Parler l’anglais ou l’allemand, c’est utile. Mais vivre la poésie anglaise ou allemande, française, c’est donner à la parole un sens qui transcende la vie matérielle. C’est l’imaginaire. Le passage de la parole qui commande à la parole qui imagine, et cela m’a toujours paru très important.

Savoir réciter des poèmes, même à moi tout seul, même quand je m’ennuie, même quand j’étais en difficulté dans les camps de concentration, fut et demeure un formidable apport. Dans la récitation d’un poème qu’on aime, on vit quelque chose qui est autre. Pour les croyants, la prière joue, à mon sens, un rôle comparable à la poésie. C’est aussi un texte que l’on dit, qui est sublimé, qui n’est pas la vie courante. Mais je n’ai jamais prié.

 

-Vous êtes un humaniste pour le XXIe siècle, Stéphane Hessel ? 

 

C’est peut-être vers quoi je tends. Je me considère, au vu des expériences de la vie, comme un survivant, donc comme un responsable. Pour moi, la notion d’homme et celle de responsabilité se combinent. C’est pourquoi la religion m’a paru une façon de renoncer à cette responsabilité. Si Dieu fait tout, il n’y a plus qu’à croire. Or, l’homme est celui qui peut délier les cordons du devenir.

Je suis profondément démocrate: le peuple peut amener les sociétés à changer. Il faut assumer cette responsabilité humaine, ne pas s’en décharger. De cette manière-là, on peut me considérer comme un humaniste. Je ne me suis jamais pris ni pour un sage ni pour un prophète, juste comme quelqu’un qui a vécu une histoire. Et dans laquelle les droits de l’homme furent le combat principal. Humains, soyons sensibles à l’humain.

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"Déclarons la paix ! Pour un progrès de l'esprit"

professait ici ce grand Homme à deux voix avec le Dalaï lama ...

Puissent ces nobles âmes nous inspirer !

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