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"L'âne culotte" est un roman d'Henri Bosco (1888-1976), publié à Paris chez Gallimard en 1937.

 

Constantin Gloriot, le narrateur, raconte l'aventure qui lui est arrivée lorsqu'il avait douze ans. A cette époque, dans le village de Provence où il vit avec ses grands-parents, un âne mystérieux, surnommé l'âne Culotte par les enfants parce qu'il porte des braies en hiver, intrigue les habitants. On sait qu'il vient d'une ferme de la montagne, et sert un certain M. Cyprien dont les villageois ne parlent qu'avec crainte et méfiance. Un jour, Constantin, malgré l'interdiction de sa grand-mère, décide de suivre l'âne, qui le mène jusqu'à son maître. Il découvre alors un véritable "paradis", un verger poussé en pleine montagne, où les animaux charmés vivent sans crainte. M. Cyprien le charge de porter une branche d'amandier en fleurs au curé du village, l'abbé Chichambre. Mais, menacé par une petite fille du village, Anne-Madeleine, Constantin se voit obligé d'aller couper une seconde branche d'amandier. Il est surpris par M. Cyprien, qui lui apprend qu'il ne faut pas toucher au paradis. Dès lors, les événements se précipitent. Par Hyacinthe, la petite servante de ses grands-parents, qui connaît aussi le "paradis", Constantin découvre que, depuis sa faute, M. Cyprien a disparu, jusqu'au jour où celui-ci revient en secret et emmène avec lui Hyacinthe, qu'on ne reverra plus. Le journal de M. Cyprien, découvert et annoté par l'abbé Chichambre, et lu beaucoup plus tard par le narrateur, vient compléter l'histoire: M. Cyprien, ancien navigateur et magicien, a voulu recréer le paradis sur terre qu'il avait connu dans une île. Il devait léguer son pouvoir sur les animaux et les plantes à Constantin. Mais la faute de celui-ci l'a convaincu de l'omniprésence du mal, et l'a poussé à repartir, pour créer un nouveau paradis en compagnie d'Hyacinthe à qui il transmettra son savoir.

 

On a souvent classé Henri Bosco parmi les écrivains "régionalistes". Cette désignation hâtive rend bien peu compte de l'atmosphère de conte étrange qui est celle de l'âne Culotte. Certes, c'est toute la Provence, avec ses moeurs surannées - comme la messe dite à l'occasion des premières neiges -, ses animaux et ses plantes aux noms oubliés, qui est la véritable héroïne du roman. Mais on aurait du mal à y retrouver l'image simple et bon enfant qui en est souvent présentée dans la littérature française. Cette Provence est une  terre surnaturelle, où se fondent l'héritage folklorique et païen, et les légendes chrétiennes, comme en témoignent les dictons prononcés par la Péguinotte, la vieille servante des grands-parents de Constantin, mêlant conseils sur les récoltes et antiques superstitions. L'histoire de l'âne Culotte et de son maître M. Cyprien rappelle à la fois l'âne d'or d'Apulée, puisque l'animal est manifestement décrit en termes anthropomorphiques, et la Confession de saint Cyprien de Lucien, qui décrit le repentir du magicien qui croyait s'adonner à des pratiques divines alors qu'il servait le diable. On peut penser aussi à toutes les légendes proches du mythe d'Orphée, comme celle du "Charmeur de rats", puisque c'est au moyen d'une flûte magique, la Syrinx, que Cyprien exerce son étrange pouvoir sur les animaux. Cependant, à cela s'ajoute la dimension chrétienne de l'aventure: c'est le dimanche des Rameaux que l'âne Culotte emmène chez son maître M. Cyprien le jeune Constantin juché sur son dos à l'instar du Christ entrant dans Jérusalem. Mais l'enfant, loin d'annoncer un nouveau règne du paradis, est celui-là même qui, en cédant aux menaces d'Anne-Madeleine, et à un obscur besoin de violer la loi, introduit le désordre dans le domaine préservé de M. Cyprien.

 

Du reste, ce paradis n'était-il pas déjà vicié, condamné d'avance? De façon miraculeuse, l'enchanteur d'animaux avait réussi à attirer et à apprivoiser le serpent lui-même, qui vivait dans son verger. Un seul animal, comme nous l'apprend le journal de M. Cyprien, résistait à son pouvoir magique, et continuait à tuer: le renard. Dès lors le pari de M. Cyprien se heurtait à l'éternelle interrogation sur le mal: devait-il tuer le renard pour protéger les autres animaux? Constantin, en trahissant M. Cyprien, déchaîne les forces maléfiques, et celui-ci ne peut résister au désir d'égorger le renard. Il n'était qu'un pauvre magicien, et non un envoyé du Ciel.

 

Ainsi le roman apparaît-il clairement comme un roman d'initiation, fondé sur une quête du bonheur. Comme l'affirme Constantin, commentant le journal de M. Cyprien: "Nous voulons tous le paradis sur terre, et l'homme se croit né pour le bonheur." Sans doute est-ce une faute que de vouloir créer un Éden humain que nul Dieu ne garde. Mais si les promesses du Ciel sont les plus belles, elles sont annoncées par les dons de la Terre, célébrés en termes lyriques tout au long du roman comme les signes mêmes de la présence divine.

 

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Perdre ou ne pas….

 

Sur les marches du ciel  la passion s’enflamme,

Et  baisse  son  regard  candide  et  ignorant,

Des choses de son  cœur que l’amour réclame,

D’un brasier clandestin  qui se fait dévorant.

 

Les  ailes  de  l’Ange  guident  son  embarras,

Loin du danger des corps pour protéger l’Esprit,

Sa rose  hésite à flétrir  ses milliers de  carats,

La  paix  de  son  âme  n’a  pas valeur de  prix.

 

Préserver pour l’Eden la communion des sens,

Virginaux  encore,  quoique  sollicités,

Dans la vie s’éclairer en sens ou contresens,

Monter ou descendre dans l’infinie vacuité.

 

Sur les marches du ciel  la passion s’enflamme,

Et  baisse  son  regard  candide  et  ignorant,

L’aura  de  la  Vertu  brandit  son  oriflamme,

En lettres d’or écrit  des mots  purs scintillants.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

Danse enflammée   


Danse enflammée : photo ajoutée par Solen Eve Lemonnier.

 

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ADMINISTRATEUR GENERAL

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 20/03 au 07/04 l’exposition  événement des artistes suivant : Jonathan Bermudes (Fr) photographies, Françoise Clercx (Be) peintures et Véronica Barcellona (It) peintures, sculptures et installation.

 

Le VERNISSAGE a lieu le 20/03 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120

 

Jonathan BERMUDES (Fr)

« RETROSPECTIVE »

 

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Jonathan Bermudes, est un artiste contemporain français.

C'est un artiste complet, qui a su brillamment passer de la musique à la photographie en gardant toute sa sensibilité et son naturel.

Cet artiste talentueux nous présente ses œuvres tout en couleurs ou il joue avec succès la superposition des images, ou sont représentées les icônes de ce siècle, et fait revivre à travers ses photos des légendes du 3ème art.

 

A travers tous les thèmes qu'il propose, il nous emporte vers son univers, les couleurs sont vives uniques et accrocheuses, et ne nous laissent pas indifférentes.

L'artiste a exposé ses œuvres à travers le monde toujours avec un grand succès -vente arsep Christie’s, Paris

-Art Basel, Miami

-Art Miami Gallery Art + Miami Beach

-Gallery Art Design District, Miami Beach

-Galery Adler, Paris

-Palmbeach3, Palm Beach

-11ème, Pavillon des Arts, Paris

-Fine Art Fair, Moscou

-Orexpo, Paris

-Galerie Adler, Paris

Les photographies sont proposées en plusieurs dimensions, 80cm/106 cm, 166cm/125 cm, 186 cm/144 cm, 192 cm/ 240 cm. Chaque photo est tirée à 6 exemplaires plus 1 épreuve d'artiste.

Les œuvres sont des photographies avec face monté sous diasec et un châssis au dos en aluminium pour la solidité de la photo, et son accrochage, le tout arboré par une caisse américaine qui donne l'effet d'un tableau.

 

Françoise CLERCX (Be)

« Détails et fascination »

 

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Les symboles, la volonté d'abstraction, la ligne décorative contrastent entre réflexion et inconscient.

Un besoin d'évasion dans un monde où le matériel est "la valeur absolue" et la quête d'une réalité métaphysique pour dénouer les forces de l'inconscient avide de révélations.

L'usage de la photo permet de s'abstraire du sujet pour ne s'intéresser qu'à sa forme géométrique et lui donner une autre vie.

Reprenant Kandinsky: "Prendre le sujet comme élément abstrait en préférant les lignes, les couleurs et les volumes."

Peindre des sensations, rythmes, vibrations comme lorsqu'on crée de la musique. Recherche d'harmonie: trouver la relation entre des sujets apparemment étrangers.

"La peinture est un poème qui se voit" Léonard de Vinci

 

Véronica BARCELLONA (It)

« WELCOM TO MY REAL WORLD »

 

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Artiste plasticienne

 

Nom d’artiste : VERONICA BARCELLONA

 

EXPOSITIONS (dernière mise à jour Octobre 2012)

 

Août – Septembre 2012

Du 28 Août au 25 Septembre, exposition collective : « Maximus of Matrix » AMSTERDAM WHITNEY GALLERY, CHELSEA (NEW-YORK) (USA)

Mai 2012

Du 1er Mai au 19 Mai, exposition collective, PUSH ARTSHOP

GALERIE, MONS (BELGIQUE)

Avril 2012

Le 16 Avril, obtention du Titre d’Officier et de la Médaille d’Argent pour la section Arts, par l’ACADEMIE DES ARTS - LETTRES –

PHILOSOPHIE, TOULON (FRANCE)

Janvier 2012

75009, PARIS (FRANCE)

Novembre 2011

Du 02 Novembre au 23 Novembre, exposition collective: « Pathway to Abstraction », AGORA GALLERY, CHELSEA (NEW-YORK.) (USA)

Avril 2011

Du 01 Avril au 03 Avril, solo, collection : « La dérision de

Véronica déride Mademoiselle Barcellona », JURBISE (BELGIQUE)

Le 26 Janvier, vente aux enchères Salle VV - 3, rue Rossini

Novembre - Décembre 2010 Du 1er Novembre au 31 Décembre, exposition collective, l’Atelier11, CANNES (FRANCE).

Juillet 2010

Du 13 Juillet au 17 Juillet, exposition solo, METIS gallery Montreux Jazz Festival., MONTREUX (SUISSE) GALLERY, 44

Avril 2010

Du 02 Avril au 05 Avril, exposition collective, collection : « Appellation d’Absurdités Contrôlées », JURBISE (BELGIQUE)

Octobre 2009

Du 09 Octobre au 18 Octobre, exposition collective, collection : « Appellation d’Absurdités Contrôlées », RESIDENCE D’ARTISTES DU PAYS DES COLLINES », FLOBECQ (BELGIQUE)

 

   PROJETS A VENIR EN 2013

 

Janvier 2013 - Mars 2013 :

Du 24 Janvier au 09 Mars, exposition solo, collections : « Des Appellations d’Absurdités Contrôlées à la Dérision de Véronica déride Mademoiselle Barcellona. », BIBLIOTH7QUE PROVINCIALE DE LA LOUVIERE, LA LOUVIERE (BELGIQUE)

 

Mars 2013 – Avril 2013 :

Du 20 Mars au 07 Avril, exposition collective : « Welcome to my real world », ESPACE ART GALLERY, BRUXELLES (BELGIQUE)

 

Mai 2013- Juin 2013 :

Du 11 Mai au 22 Juin, exposition collective : « International

Contemporary Masters Volume VII », WORLD WILD ART BOOKS, SOUTHERN NEVADA MUSEUM OF FINE ART, LAS VEGAS (NEVADA) (USA)

 

Juin 2013:

Du 4 Juin au 20 Juin exposition collective: “Revelations in

Reality”, CREATIVE CONCEPT INC, SUMMER ART FAIR SEASON, NEW-YORK (USA)

 

 

Et à titre d’information voici les cinq prochaines expositions:

 

-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie.

Vernissage le 20/03/2013 de 18h 30 à 21h 30 en la galerie même.

Exposition du 20/03 au 30/06/2013 à l’Espace Art Gallery II.

 

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 10/04 au 28/04/2013 l’exposition  événement d’un collectif familial Russe à Bruxelles : Alexandre Semenov (Rus), Elena Gorbachevski (Rus) et Irina Semenova (Rus) peintures.

 

-Titre : « Others »

Artistes : Elena Gorbachevski (Rus) peintures.

Vernissage le 10/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 10/04 au 28/04/2013.

&

-Titre : « Three days and toys  »

Artistes : Alexandre Semenov (Rus) peintures.

Vernissage le 10/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 10/04 au 28/04/2013.

 

-Titre : « Glass and Painting Fantasy  »

Artistes : Irina Semenova (Rus) peintures.

Vernissage le 10/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 10/04 au 28/04/2013.

 

-Titre : « Collectif de la galerie »

Artistes : Jean-Luc Labat (Fr) peintures et Francis Willm (Fr) peintures.

Vernissage le 10/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 10/04 au 28/04/2013.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                        Jerry Delfosse

                                                        Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                        Voir:      http://espaceartgallery.be

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

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administrateur littératures

Souvent, je me penche sur les titres en tête des ventes, ce dans différentes librairies dont la Fnac, constatant que bien souvent les thématiques les plus "riches" sont: la violence, la corruption, le sexe, les meurtres... Brrr! Frissons, angoisse, désespoir de votre serviteur. Je ne citerai pas de noms d'auteur mais... où sont donc passés les beaux sentiments? Amour, amitié,... Ah oui! Seconde étagère, un peu plus bas, à l'écart des best-sellers et des autres promotions! Quand même!

Si un auteur n'écrit pas une histoire forte qui dérange, interpelle nos âmes, nos coeurs, nous fait bondir, sera-t-il lu? Apprécié à sa juste valeur? Oui, il faudrait sans doute être déjà un auteur bien connu pour pouvoir attirer l'attention sur une histoire plus légère, exaltant les bons sentiments seuls ou les valeurs qui font la différence. Non?

Et les prix littéraires? Ne vont-ils souvent vers des oeuvres quasi traumatisantes pour un coeur fragile? En un monde où règnent bien des noirceurs de toute ordre, n'est-il pas bon et agréable de lire parfois, ou plus souvent, une histoire bourrée de ces choses qui nous font rêver, planer, changer d'air, compensant l'agressivité que nous avons peut-être vécue en journée, jouant un rôle de baume bénéfique pour notre coeur ou notre esprit?

Oui, on en trouve encore des récits magiques, féériques mais on les compte annuellement sur les doigts d'une main. Non? Pas d'accord? Personnellement j'aime écrire pour apporter à mon lecteur de la fantaisie, de l'humour, des sentiments à la portée de tous, de la poésie à travers mon style. A bon entendeur... car pour certains il faut du sang, de la traque, de la perversité...

Ce billet, je ne l'ai pas préparé, il est totalement improvisé, sorti tout droit de mon coeur, de mes tripes. Merci à ceux et celles qui m'ont accordé leur attention. 

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Entretien avec Stéphane Hessel :

«Je suis un survivant, donc un responsable»

 

Article publié dans l'Hebdo du 1er Décembre 2011,

Par Christophe Passer - Mis en ligne le 30.11.2011 à 14:51

 

 

Né en 1917 à Berlin, sa famille émigre en France en 1925. Combattant de la France libre, déporté à Buchenwald, il devient, après la guerre, secrétaire de la commission rédigeant la Déclaration universelle des droits de l’homme, avant d’entamer une belle carrière de diplomate. Indignez-vous!, paru fin 2010, le met dans la lumière.

 

PHÉNOMÈNE. Le triomphe mondial de l’Indigné en Chef, qui passe la semaine prochaine en Suisse romande pour deux conférences événements, raconte aussi une autre manière d’engagement: généreux et poétique. Rencontre.

Ce qu’il dit de la petite rue Antoine-Chantin, où il habite dans Paris, c’est qu’y vécurent autrefois Jean Vilar, seigneur du théâtre, et Pierre Jean Jouve, poète admiré. Ce qu’il dégage lorsqu’il ouvre la porte, dans ce populaire XIVe arrondissement, c’est bien autre chose que la fragilité bonhomme d’un très vieil homme: une force, une flamme, des choses immédiates de ce genre, impressionnantes et très émouvantes.

 

Ce qui apparaît dans l’entrebâillement et la poignée de main heureuse, c’est un homme aux mines de bibliothèque debout. Hessel est un roman du siècle, avec au visage un sourire de farceur. Car quel bon coup, pas vrai? Indignez-vous! opuscule de 32 pages, sorti fin 2010, s’est écoulé à plus de 2 millions d’exemplaires, rien qu’en France. En Suisse, des dizaines de milliers de copies se sont aussi arrachées. Et il y a, à ce jour, 38 traductions dans le monde: Espagne ou Japon, Corée du Sud ou Australie, Allemagne ou Etats-Unis. Partout, le livre triomphe, étonne, interroge l’époque. Et pousse peut-être d’autres Indignés dans les rues,de la Puerta del Sol à Liberty Square. Il sait bien que dans ce terme d’«indignés», on met tout et n’importe quoi. Il affecte de s’en inquiéter un peu.

 

Chez lui, il s’assied dans un petit fauteuil d’angle. Alentour, des volumes de poésie. Au mur, de la peinture moderne. Par exemple un beau tableau de Frank Chabry, le frère de son épouse Christiane, née à Lausanne. Elle est à côté, Christiane Hessel Chabry. Elle en a marre des journalistes. Elle essaie de protéger un peu son mari de toute cette folie.

 

Voilà un homme qui demandait simplement à ses lecteurs de ne pas oublier quelques valeurs simples de la Résistance, de croire en leur influence sur le destin, de chercher du courage. Rien de bien méchant, mais il a touché juste, il a touché pile au coeur du cynisme contemporain. Alors il en profite, Hessel, il s’abreuve sans vanité à cette jouvence si inattendue des questions et de l’admiration des plus jeunes. Il a 94 ans, il est encore vivant car il a dansé avec le siècle et croit en la vie. Il parle de poésie, de sa mère et de la dignité des hommes.

 

-Stéphane Hessel, vous avez peur de la mort? 

 

Non, pas du tout. Il serait, bien sûr, absurde de dire que je souhaite mourir au plus vite, car je suis très content de vivre encore. D’un autre côté, je souhaite à tout prix mourir avant d’être complètement dégradé. Tant que je suis dans mon état actuel, je demeure heureux d’être là, encore une année ou deux.

Je considère que quand on a eu une vie aussi longue, et dense, que la mienne, on peut aussi être content qu’elle ait une fin. Comme tout un chacun, je n’ai pas envie de souffrir. Mais si je pouvais faire comme Danielle Mitterrand qui, deux jours avant son décès, écrivait encore pour sa fondation, et qui est partie ensuite pour l’hôpital où elle s’est endormie, ça m’irait.

 

-Vous regardant, on a envie d’arriver à 94 ans aussi en forme que vous. 

 

J’ai une santé solide. Je vois. J’entends. Ma mémoire n’a pas flanché. J’apprécie moins qu’avant les longues marches ou la natation. J’ai aussi la chance d’avoir une épouse qui a dix ans de moins que moi. Nous sommes tous deux un peu comme Philémon et Baucis, nous soutenant mutuellement.

Ma malchance, c’est que je ne fais pas que cela, gérer le succès d’ Indignez-vous! Depuis 2009, je suis en même temps l’un des parrains du Tribunal Russell sur la Palestine. Or, cette institution vient de tenir sa troisième et avant-dernière session au Cap, en Afrique du Sud, à treize heures d’avion d’ici. Ça ne peut pas durer indéfiniment comme cela. Pour le moment, je tiens.

 

-Comment avez-vous vécu la résonance du livre, partout dans le monde? 

 

Ce qui m’ennuie, c’est que l’on me prenne désormais pour quelqu’un qui a transformé la situation, une sorte de repère. C’est agaçant. Je suis seulement un brave vieux bonhomme qui n’a pas cette prétention. Mais j’exprime, avec simplicité, sans la rhétorique habituelle, le fait qu’il n’est pas possible de continuer ainsi. Nous avons besoin de cette métamorphose, d’un nouveau paradigme. D’une réforme radicale de la façon dont notre société devenue globale, est devenue dangereuse pour les nouvelles générations.

Indignez-vous! est aussi tombé dans un contexte: paru le 20 octobre, trois mois avant les révolutions en Tunisie, puis en Egypte, en Libye, en Syrie. Donc, un parallèle s’est fait. On constatait qu’il s’agissait de faire bouger les choses. L’essentiel n’est cependant pas seulement de dire, mais de faire.

 

-L’époque est au catastrophisme. Quelle est la part de l’optimiste qui demeure en vous, dans ce succès? 

 

Un livre qui dirait que tout va mal, et qu’il faut s’indigner n’aurait pas de succès. Si l’on dit qu’il y a moyen de s’en sortir, qu’il nous appartient d’être aussi vigilants à l’égard des problèmes d’aujourd’hui que ma génération le fut face aux drames d’hier, c’est autre chose. Voilà le message essentiel: indignezvous, mais aussi engagez-vous. Dans Le chemin de l’espérance, le livre écrit avec Edgar Morin, c’est un aspect décisif: ne vous laissez pas décourager, il existe un chemin, prenons-le d’urgence. Il y a une description de ce qui va mal; mais aussi l’idée qu’il n’y a pas de raison de ne pas croire à la sortie possible. Ce que nous disons est au fond banal. Nous n’inventons rien. Il n’y a pas dans nos propos, à Morin ou moi, une grande idée inattendue. Nous rappelons seulement quelques valeurs de la Résistance.

Résister, c’est créer. Et créer, c’est résister. Il ne faut pas se laisser intimider par les difficultés, mais les comprendre. Et alors, construire un univers plus juste, plus stable, redevient possible. Reprenant une citation de Verdi, Régis Debray me disait il y a quelque temps: «Tournons-nous vers le passé, ce sera un progrès.» J’ai repris ce mot dans Tous comptes faits... ou presque. Car je suis conscient que ce qui autorise aussi d’avoir une certaine autorité, une influence, c’est d’être très vieux. Les premiers mots d’Indignez-vous!, ce sont «93 ans». Quelqu’un qui a vécu pareil siècle a quelque chose à transmettre aux plus jeunes. L’expérience de certaines situations graves, la Seconde Guerre mondiale, l’apartheid, la décolonisation, le stalinisme, etc.: voilà qui permet d’avoir un message crédible. A 30 ans, je n’aurais pas pu écrire cela.

 

«Je suis conscient que ce qui autorise d'avoir une certaine autorité, c'est d'être très vieux.»

Stéphane Hessel

 

-D’où vous est né cet optimisme? Il semble vous accompagner dès la guerre, alors que tout le monde pensait le malheur inéluctable. 

 

Par ma mère. Je suis l’enfant de la mère. Mon frère, plus âgé que moi, c’était l’enfant du père. Nous nous sommes partagé le monde. Lui, c’était la musique. Moi c’était la poésie. Ma mère Helen fut une femme un peu exceptionnelle, qui écrivit un journal qui inspira son amant, Henri-Pierre Roché, pour son roman devenu un film fameux, Jules et Jim.

Elle a eu une énorme influence sur moi. Tout au long de ma jeunesse, c’est elle qui m’a vraiment guidé. Le message que je garde toujours d’elle, c’est qu’il faut être heureux pour rendre les autres heureux. Très jeune, par elle, je suis passé de Berlin à Paris. J’ai connu aussitôt deux langues, deux espaces humains. Très vite, je me suis senti comme quelqu’un qui avait confiance dans la vie, qui était persuadé qu’il allait avoir une très belle vie.

Mon frère, en revanche, a mal ressenti la situation décrite, de façon très romancée, dans Jules et Jim. Mais il y avait tout de même cette opposition entre mon père et l’amant de ma mère. Mon frère en voulait à cette dernière d’avoir cédé à ce Roché, il aurait voulu que mon père réagisse. Au contraire, j’ai toujours pensé que mon père avait été admirable de reconnaître qu’il ne faut pas faire obstacle à une grande passion, qu’il faut même l’encourager. Ma mère avait choisi ainsi celui qui lui paraissait l’homme de sa vie.

De tout cela, j’ai tiré le sentiment que les choses prenaient le cours qu’elles devaient prendre, que c’est comme cela que ça devait aller. Ce qui m’a naturellement blessé, ensuite, c’est la dispute entre Roché et ma mère. Mais c’est venu plus tard. Dans ma première enfance, c’était plutôt un élément de force. Grâce à Henri-Pierre Roché, j’ai aussi été introduit dans les milieux les plus nouveaux, les plus passionnants de l’art et de la culture en France: Marcel Duchamp, André Breton. Pour un petit garçon, Brancusi, c’était une découverte. Tout cela m’a permis de construire un moi modeste – je ne crois pas avoir été orgueilleux – mais avec une espèce de manière de dire oui à la vie.

 

-Et oui, surtout, à la poésie? 

 

Absolument. Partout. La poésie est encore advenue par ma mère. Elle avait une passion pour Edgar Poe. Elle m’avait appris un poème de lui, alors que je ne savais pas encore l’anglais, en me disant: «Tu vas voir, le son de ce poème est tellement joli.»

Que représente, dans la vie d’un homme, son rapport à la poésie? 

C’est une façon de vivre avec des langues. Quand on en connaît trois, c’est intéressant de les vivre dans ce qu’elles apportent de poétique. Parler l’anglais ou l’allemand, c’est utile. Mais vivre la poésie anglaise ou allemande, française, c’est donner à la parole un sens qui transcende la vie matérielle. C’est l’imaginaire. Le passage de la parole qui commande à la parole qui imagine, et cela m’a toujours paru très important.

Savoir réciter des poèmes, même à moi tout seul, même quand je m’ennuie, même quand j’étais en difficulté dans les camps de concentration, fut et demeure un formidable apport. Dans la récitation d’un poème qu’on aime, on vit quelque chose qui est autre. Pour les croyants, la prière joue, à mon sens, un rôle comparable à la poésie. C’est aussi un texte que l’on dit, qui est sublimé, qui n’est pas la vie courante. Mais je n’ai jamais prié.

 

-Vous êtes un humaniste pour le XXIe siècle, Stéphane Hessel ? 

 

C’est peut-être vers quoi je tends. Je me considère, au vu des expériences de la vie, comme un survivant, donc comme un responsable. Pour moi, la notion d’homme et celle de responsabilité se combinent. C’est pourquoi la religion m’a paru une façon de renoncer à cette responsabilité. Si Dieu fait tout, il n’y a plus qu’à croire. Or, l’homme est celui qui peut délier les cordons du devenir.

Je suis profondément démocrate: le peuple peut amener les sociétés à changer. Il faut assumer cette responsabilité humaine, ne pas s’en décharger. De cette manière-là, on peut me considérer comme un humaniste. Je ne me suis jamais pris ni pour un sage ni pour un prophète, juste comme quelqu’un qui a vécu une histoire. Et dans laquelle les droits de l’homme furent le combat principal. Humains, soyons sensibles à l’humain.

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"Déclarons la paix ! Pour un progrès de l'esprit"

professait ici ce grand Homme à deux voix avec le Dalaï lama ...

Puissent ces nobles âmes nous inspirer !

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administrateur théâtres

" La meilleure musique est celle qui est capable de procurer la plus grande somme de bonheur. "

 En effet hier soir nous clôturions la journée internationale du bonheur avec la joie de venir écouter Les Talens lyriques de Christophe Rousset et s’émouvoir devant  la compagnie des Fêtes Galantes dirigée par Béatrice Massin,  chorégraphe.

Les Talens Lyriques & les Fêtes galantes

Terpsichore

Christophe Rousset direction - Béatrice Massin chorégraphie - Eugénie Warnier Erato (soprano) - Marianne Beate Kielland Apollon (alto) - Paul Crémazy ténor - Jussi Lehtipuu basse -  Les Talens Lyriques , Les Fêtes galantes
Jean-Fery Rebel La Terpsicore (1720), Les plaisirs champêtres (1734), Les Eléments, extr. Georg Friedrich Händel, Opéra-ballet Terpsichore - Acte de ballet (1734)
Le Palais des Beaux-Arts accueille Christophe Rousset et Béatrice Massin pour un spectacle de danse unique en son genre. Le point commun entre le ballet Terpsichore de Händel et Les plaisirs champêtres de Rebel ? C’est la figure emblématique de Marie Sallé, la plus célèbre et plus talentueuse danseuse française de son temps. Séjournant à Londres en 1734, elle y acclimate les ballets de Rebel et y éblouit le maître saxon...

Une première sur la scène de la salle Henry Le Bœuf que de jucher l’orchestre et les solistes munis de petites veilleuses en haut d’une série de gradins au pied de l’orgue et de garder tout le plateau libre pour les évolutions de six danseurs.  Les talens Lyriques nous ont livré des sonorités sculptées, bondissantes,  des rythmes enjoués ou graves mais surtout des solistes exceptionnels  à la voix d’une pureté inouïe. Une Musique d’excellence qui contente l’âme et le cœur, et y installe, pour une petite heure, l’allégresse de l’harmonie.  

Ce spectacle est un hommage  non déguisé à la  danseuse  rebelle du temps de Haendel. En effet Marie Sallé est française. Elle est née vers 1707  et fait ses premiers pas à 14 ans à l’Académie royale de musique. Lorsqu’elle s’en va danser à Londres en 1725 elle est fort remarquée par Haendel. Jusqu’à sa retraite en 1740, elle obtiendra plusieurs congés pour se produire régulièrement à Londres. Surnommée « la Vestale » en raison de ses mœurs irréprochables, elle développe une danse gracieuse, expressive et ciselée. Tout le propos de Béatrice Massin est d’utiliser les matériaux baroques pour réaliser un spectacle contemporain. Marie Sallé fut la première danseuse dans l’histoire de la danse qui dansa  costume de ville et sans masque, révolutionnant la pratique traditionnelle. Ses idées furent accueillies avec chaleur de l’autre côté de la Manche où elle osa paraître « sans panier, sans jupe, échevelée et sans aucun ornement sur la tête; elle n’était vêtue, avec son corset et un jupon, que d’une simple robe de mousseline tournée en draperie, et ajustée sur le modèle d’une statue grecque ! ».

                                La chorégraphe nous a dit avoir voulu se relier à la superbe exposition Watteau actuellement en cours aux Beaux-Arts de Bruxelles et souligner par la danse et la musique le parallèle avec les peintures du grand maître. En effet, le vide des grandes scènes pastorales invitant au rêve est ourlé de grandes draperies noires simulant les arbres la nuit.Il est symbolisé par un écran de lumière où se projettent les ombres des danseurs. La musique jouée par l’orchestre est aussi ciselée et détaillée que les instruments de musique omniprésents dans les toiles de Watteau.

Le ballet s’est  déroulé en deux phases.Deux phases identiques à  la technique employée par le peintre, à savoir faire d’abord une esquisse croquée sur le vif à la mine qu’il reproduit ensuite sur la toile avec l’ajout de couleurs chatoyantes et de tissus aux textures les plus sensuelles. Le même procédé préside au ballet. En effet les tailleurs bleutés bien  cintrés et surpiquées d’un trait bordeaux feront place au cours du concert à des sortes de  menuets  de danseurs déguisés en  fleurs printanières aux tons éclatants. Gravité et codification des mouvements, comme dans un salon. Mais les couleurs éclatantes de la jacinthe, de primevère et de la tulipe rendent hommage à la vie et soulignent  les correspondances  étroites entre les muses. Voyez ce couple idyllique qui a mis tant de temps à se chercher et à se trouver : La muse de la danse porte … une simple robe de mousseline couleur jonquille tourné en draperie et ajustée sur le modèle d’une statue grecque ». ...Retour à la case départ: Marie Sallé, la muse de la danse au 18e siècle.

La musique et le mouvement forment un alliage naturel. Le geste du danseur amplifie la théâtralité du propos. Si la pastorale antique et mythologique n’offrent  pas beaucoup d’intérêt à des spectateurs actuels,  le rapport entre le 18ème siècle et le 21ème semble  être un point d'ancrage intéressant. Une vérité nourrie de nostalgie et de beauté semble jaillir du ballet.  Notre imaginaire  peut  ainsi  se figurer la fluidité et le caractère éphémère des choses mais aussi la solitude des scènes galantes de Watteau.  Les danseurs épousent la musique avec des gestes arrondis, se frôlent de loin sans oser se toucher ni se regarder. Les femmes et les hommes sont perdus dans leur rêverie,  chacun sur leur orbite. Le regard presque vide ou tourné vers l’intérieur tandis que la musique tourbillonne.  Le douloureux ego  est sanglé dans le costume, malgré le désir de fête.  Il faut attendre la sarabande pour qu’enfin des mains se nouent, par derrière le dos, et que les esquisses d’approches se concluent par un regard.

 

 

 

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Un tout petit bonheur

Il faut distinguer entre LE bonheur et un bonheur, comme entre L'Amour et un amour.LE bonheur et l'Amour ont une portée universelle, ils se rapportent à l'humanité; un bonheur et un amour sont du domaine individuel. L'humanité est       souffrante et vit, à maints endroits, de véritables tragédies. C'est pourquoi LE bonheur me dérange. Il n'est pas possible pour certains que les évènements mondiaux  bouleversent - bien qu'ils ne soient pas personnellement concernés - de se sentir heureux. Mais voici :                             

                                                                  

     Un tout petit bonheur

Il faut s'enfoncer dans la ville, profondément,

dans les rues boiteuses d'avoir trop vécu,

à petites fenêtres et portes étroites,

si étroites 

que le bonheur ne peut y entrer,

trop large pour le corridor,

trop haut pour la toiture qui s'incline.

Seule, la misère,

longue et sinueuse comme une couleuvre

va se glisser là

et se tortiller d'aise

entre les murs humides

humides comme si les larmes

les avaient éclaboussés des années durant.

Les hommes, leur science en poche,

ne peuvent-ils déloger la bête ?

Et sur la table déposer un soleil

qui sécherait les pleurs des murs

et la plaie des coeurs ?

Laissez-moi entrer !

J'ai pour vous un bonheur

qui ne demande pas d'espace.

Un tout petit bonheur

chauffé dans ma poitrine

à déposer

entre vos mains accablées. 

                                                                                                           Barbara  Y. Flamand

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La partie de sucre

 

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A la fin du mois de mars, n’oublions pas la campagne,

quand c’est la fête à la cabane.

Allons voir les érables,

qui donnent leur sève goutte à goutte.

Savourons l’odeur du sirop

qui s’épaissit dans la chaudière.

Sur de longs tréteaux, ce sera

la dégustation sans façon,

du sirop figé sur la neige,

en un délicieux caramel.

Gourmands, nous le ramasserons

Avec des languettes de bois.

Le soir, il y aura des danses,

avec violons pour orchestre.

De la joie, pour petits et grands!

 

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administrateur théâtres

12272878490?profile=original« Ca c’est bien. Questionnez. Questionnez toujours ! »

 Contrastes : Le temps s’est arrêté à 5h 35,  à la mort de la  femme du vieux professeur Mashkan (Alexandre von Sivers). L’horloge de la bibliothèque rococo a de singuliers traits communs avec celle du bâtiment central du plus célèbre des camps de la mort. Les barbelés et les bruits d’univers concentrationnaire  surgissant régulièrement sur la toile de fond du décor sont une sorte de mise en abîme, si l’on peut dire. La dignité du vieux professeur et sa passion retrouvée en présence d’un unique élève cache mal sa pauvreté pécuniaire et un passé indicible.

 Voyage initiatique dans le temps : Stephen Hoffman,  (Jean-François Brion), un  jeune américain adulé est envoyé par son père en Autriche pour surmonter un  blocage soudain  et inexplicable dans sa  brillante carrière de pianiste prodige. Une condition : qu’il fasse œuvre de mémoire  en allant visiter Dachau. Mais arrivé à Vienne, il va devoir affronter un  professeur inattendu et grognon aux propos souvent  antisémites. Dès son entrée en scène le jeune pianiste triple A est arrogant, agressif  et agité par une nervosité fébrile. Il est clair qu’il ne veut pas repartir à zéro par le chant…. C’est un affront à son talent ! Les leçons démarrent tant bien que mal… 

12272878894?profile=originalCe qui  fait la beauté du spectacle n’est pas seulement le décor de l’équipe bien rôdée de Marc Cocozza, un décor aussi soigné que celui d’une antique boîte à biscuits, c’est la superposition extraordinaire de niveaux d’écoute qui rendent l’œuvre universelle et en font une leçon de vie et une leçon de mémoire.  Et quelle polysémie dans cette complexité symphonique ! S’opposent sur le plateau l’allemand et le français,  l’ancienne Europe et les Etats-Unis avant-gardistes, la  réflexion et l’émotion, la jeunesse et la maturité, le maître et l’élève, le père et le  fils, le piano ou le chant et la poésie, la dépression et l’exaltation,  le devoir de  mémoire et le pardon… et la liste n’est pas close!   Plusieurs thèmes bouleversants forment l’armature de la pièce: la controverse de l’élection de  Waldheim élu président de la République d'Autriche 8 juillet 1986,  le déni général du passé nazi de l’Autriche. La transmission et  le devoir de mémoire. Mais aussi le pouvoir de rédemption de l’amitié et de l’art,  l’importance de de l’appartenance à une culture donnée, allemande en l’occurrence, Heinrich Heine. Tout ceci est traversé par  l’utilisation de la dérision et de l’humour comme protection, voici un savoureux festival d’humour juif.   

Ce n’est pas fini.  Le cycle de chansons de Schumann : Dichterliebe constitue  autant de volets …bénéfiques  à l’articulation de la pièce. Des paroles de désir et de volupté se greffent sur la mélancolie de la musique : de la beauté pure, à en croire le profeseur de musique ! Ces volets  illustrent à la perfection la  belle phrase de Bertold Brecht: « La qualité d’un homme se révèle à travers ce qu’il pleure et la manière dont il le pleure » Le langage universel de Liszt, Beethoven, et des variations Goldberg de l’Aria de Bach seront également de la partie… Détail intéressant : en fin de tableau, tandis que Mashkan joue un morceau, une version enregistrée survient, parfaitement alignée sur la musique jouée, jusqu’à ce qu’elle soit interrompue par le premier accord  qui ouvre la  nouvelle scène, comme par magie ! Un procédé  où lumières, musique et comédiens sont  orchestrés à la seconde près... Travail millimétré ! 

Ceci  nous mène évidemment à parler du travail  gigantesque du metteur en scène,  Jean-Claude Idée. In illo tempore, il nous a dit avoir reçu des mains de Jean Piat la traduction de la pièce « Old Wicked songs » à l’affiche de Broadway plus de 200 fois en 1996… Une des œuvres de  Jon Marans, auteur New-Yorkais. Le titre se réfère à la dernière chanson du cycle de Schumann « « Die alten, bösen Lieder ».  Jean-Claude Idée  laissa fermenter le projet pendant dix ans. Il est en effet très malaisé de monter un tel spectacle qui, sans être une comédie musicale, marie le verbe, le roi des instruments de musique,  et le chant sur scène. Le tout en traduction française avec des passages en allemand. C’est finalement l’adaptation très fluide de  Thomas Joussier de 2010 qui a été retenue pour la qualité de la version française. Mais surtout, Jean-Claude Idée  a  fini par trouver  en Alexandre von Sivers et en Jean-François Brion, les  deux fabuleux interprètes qu’il attendait.

Ceux  qui savent mettre des sentiments  à la fois sur un clavier, des mots et des paroles. Des comédiens qui savent d’instinct trouver la gestuelle adéquate quand les mots se dérobent et que l’indicible apparaît.

Du 19 au 29 mars 2013 Rencontre avec les artistes : le 28/3 Au Théâtre Jean Vilar

0800/25 325

http://www.atjv.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=501

 Une production de l'Atelier Théâtre Jean Vilar et du Festival Royal de Théâtre de Spa.

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administrateur littératures

  Il n'y a pas à dire mais de plus en plus de gens écrivent, parlant des autres et d'eux-mêmes, de tout et de rien, évoquant des sujets profonds ou plus superficiels, faute au "part time" et au chômage causé par de nombreux facteurs qui parfois nous échappent. Romans, essais, traités, recueils et biographies fleurissent aux quatre coins du globe (peut-être ailleurs aussi) dans le secret des chaumières et, au bout du compte, l'auteur en herbe se dit: "Mais pourquoi ne pas tenter de me faire publier au final? J'ai pondu là un futur best-seller, j'ai du style, me semble-t-il. Pourquoi mon oeuvre resterait-elle à l'état de manuscrit?" L'idée mise en pratique, le manuscrit, dit sauvage car non sollicité par un éditeur, part alors sur les chemins, à l'aventure, pour aboutir dans une importante maison d'édition traditionnelle qui a pignon sur rue, et finalement être déballé. Entre-temps, l'auteur commence à frémir, à patienter, puis à s'énerver, à s'impatienter quand soudain, 4 à 6 mois plus tard, stupeur: une lettre de refus lui parvient, et c'est l'incompréhension. Le choc. "Pourquoi, mais pourquoi?"

  Penchons-nous sur quelques chiffres datant de 2005 mais toujours d'actualité: les grandes maisons d'édition, qui en France sont presque toutes parisiennes, publient un manuscrit sur 500 reçus et si par bonheur vous êtes publié, votre premier livre risque toujours, 3 fois sur 5, d'être mort-né: dont la vente ne sera pas poussée et dont les ventes plafonneront au bout d'un an entre 15 et 20% du tirage. Moche! Les éditeurs de taille moyenne, souvent constitués sous forme de sociétés anonymes ou SARL, recevant entre 500 et 1000 manuscrits par an, sont des maisons où votre chance d'être un heureux élu tourne autour de de 5 pour 1000. L'horreur pour le candidat non préparé! Quant aux plus petits éditeurs dont l'éternel casse-tête reste la diffusion des livres, chez eux votre fortune varie entre 2 et 5% par rapport aux manuscrits reçus.

  Comment cela se fait-il? Comment se pratique la sélection? Celle-ci est-elle rigoureuse, soumise à des critères précis, ou la sélection se fait-elle au petit bonheur? Le candidat à l'édition recevant une lettre-type de refus, souvent sèche, songera vite "Ils m'ont jeté sans m'avoir lu" ou encore "Ce n'est pas juste, je suis bon." Et il jettera la pierre au comité de lecture, l'invectivant intérieurement de tous les mots - qui peuvent être nombreux. A tort ou à raison?

  Le comité de lecture d'une maison d'édition a pour fonction de détecter parmi les manuscrits reçus ceux qui sont intéressants et seront peut-être édités, le lecteur d'un tel comité étant un lecteur "légitimant": tout manuscrit accepté entraîne de facto une reconnaissance de l'écriture, de la pensée, du dire de l'auteur. La fonction écrire de l'auteur est même légitimée deux fois, par le comité de lecture puis par l'éditeur qui prend un risque financier,voilà pour le rôle réel et symbolique de l'éditeur. Les critères de sélection? Dans l'édition traditionnelle entrent en compte la qualité littéraire, le style, l'intelligence et l'originalité des idées, et la conformité à la politique générale de la maison, ces critères permettant de donner la "note littéraire", la "note commerciale" demeurant le fait du Prince. Chez les vrais éditeurs, le taux de refus des auteurs débutants varie entre 99 et 99,9%. Pourquoi?

  Visons le fonctionnement, souvent en trois étapes: le déballage, au cours duquel les manuscrits non conformes aux genres publiés et les manuscrits "manuscrits" aboutissent sur la pile des retours; l'écrémage, où l'oeuvre est lue en diagonale, quelques pages par-ci par-là, par un lecteur qui en cinq minutes se fera une opinion; enfin la lecture approfondie des 5% de manuscrits survivants. Oui, 5%, et si les délais sont longs, c'est que les éditeurs sont surchargés et qu'il est bon de faire patienter les candidats amateurs. Source: AUDACE, l'annuaire à l'usage des auteurs cherchant un éditeur, de Roger Gaillard, L'Oie plate, 2005.

  Mais...tout cela est-il toujours bien respecté? Ce fonctionnement est-il toujours d'application, offrant une chance égale à chaque candidat? Débordé, parfois saturé, le comité n'a-t-il pas parfois tendance à écarter d'office les nouveaux venus? Personnellement, en tant qu'auteur, j'ai presque mis six ans à me faire accepter par un éditeur professionnel à compte d'éditeur, quatre manuscrits ayant tourné en vain parcourant les routes de France et de Belgique, tandis qu'en tant que lecteur, j'ai parfois découvert de petites perles de style et de profondeur chez des éditeurs moins importants par comparaison à des oeuvres éditées bien plus populaires d'une écriture moindre, que j'ai lues. Ici pas de noms d'auteurs ni de maisons d'édition afin d'éviter le coup de griffe de Merlin le chat-peauté. Et si l'on tient compte des critères économiques de plus en plus sévères, la sélection ne devient-elle pas finalement une sorte de grande lessive injuste pour un auteur qui n'écrit pas en dilettante, espérant faire carrière? Le débat est ouvert, et vous avez peut-être deviné le fond de ma pensée. Non?

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administrateur théâtres

12272873460?profile=originalOn s’attend peut-être à un spectacle morbide, bourré de jérémiades convenues sur le temps qui passe. A 20h 15, on pénètre dans la salle des Voûtes, transformée en bonbonnière rose et bleu pastel. C’est l’immense lit, version impériale, installé au milieu du plateau qui a revêtu les couleurs  pêche de l’aube. Les fauteuils de style  sont  assortis. Au fond, une lucarne dans les murs bleus, qui regarde  le ciel ?

Extinction des feux  puis le tableau s’éclaire sur trois femmes assises dans les fauteuils. L’une, magistrale, faisant salon, l’autre, divine,  cousant une couverture en patchwork, l’autre, sérieuse à en mourir,  s’affairant dans un dossier, genoux serrés.  Trois âges bien mensurés : 90 /50/30.   Trois perruques à boucles et crans,  dignes des photos de National Geographic années 50. Toutes trois, savamment maquillées, teint clair, regard profond,  le rouge à lèvre s’articulant autour des mots avec gourmandise. Une mise en bouche parfaite.

 L’espace mis en scène par Véronique Dumont diffuse une tension extraordinaire. Il invite à la fois à la confrontation et à la confidence, il n’y a rien d’autre à faire  pour ces dames que de causer en boucles dans ce huis-clos où fusent les absurdités. On apprend tout sur la vie glorieuse de l’irrésistible vieille et sur les tracas de sa vie présente. Toutes trois sont joyeusement cyniques – ah! quels beaux masques – sur ce que l’on devient, hommes ou femmes avec l’âge, cet intrus. La vielle dame, vêtue d’un déshabillé de satin bordé d’un voluptueux renard règne, despotique et lucide, malgré ses colères désespérées contre la nature qui défaille. Elle « nous » confiera tout sur ses moments de honte, de plaisir, de regret et satisfaction et sa relation avec les hommes. « Ils nous mentent tous ! »   Un voile pudique referme la première partie.  

Assez de l’imposture du théâtre de représentation! La deuxième partie fait magistralement voler le temps en éclats et découvre ce qui se passe dans l’âme de ces femmes.   Il reste une seule femme, ou son double, - allez savoir-  ligotée par l’espace de ce lit immense, démultipliée en trois âges façon Picasso. Voici la Force, faite Femme. C’est surréaliste, c’est intelligent, c’est d’une justesse psychologique surprenante.  Les visages ont perdu leurs couleurs et leurs artifices, la vérité joue à cache-cache avec les grandes questions sur le bonheur. Les pronoms « je » lancinants du début  ont fait place à un « nous », pluriel de majesté ou celui du « nous » qui rassemble toutes les femmes, ou simplement le « nous » du trio féminin. Les différents Visages ont trouvé une douce architecture qui révèle des  vérités intérieures déchirantes.

Sans âge, elles virevoltent autour du lit, à dire leurs attentes, à retrouver leurs  GRANDS moments de bonheur pour croiser enfin une vérité qui apaise.  Le jeu de Jeanine GODINAS, comédienne que l'on admire, n’a pas pris une ride. Le personnage qu’elle interprète se sent invulnérable. A-t-elle trouvé le bonheur ? Elle a séduit, a été riche. Elle a tout vendu, même ses bijoux, mais elle regrette de  ne se souvenir que de ses souvenirs. Elle laisse la parole à la plus jeune (Isabelle DEFOSSE), si inquiète de trouver le bonheur, si touchante dans ses souvenirs de l’innocente  première communion. Telles des pythies bienveillantes les deux autres femmes expliquent  à la plus jeune comment on change, inexorablement. Isabelle Defossé alors s’insurge avec une violence juvénile contre la perte d’innocence qu’elle entrevoit. Contre la méchanceté qui fait place à l’amour, contre  l’incapacité de pardonner. Contre  vents et marées: « Je ne deviendrai pas toi ! Je te renie. » Et moi donc! de renchérir la presque centenaire! « Je vous renie toutes autant que vous êtes !»  Au temps que vous êtes... Quel écho! Une scène extraordinaire. Non moins que ces tirades passionnées, aussi houleuses que celles d’une chatte sur un toit brûlant, de Marie-Paule KUMPS, transfigurée par son rôle de femme conservatrice qui a renié son fils gay, parti de la maison à 18 ans.  

 Revenons à Janine Godinas, le socle absolu de la pièce. Très contradictoire, touchante, irritante, pathétique parfois, mais si digne et forte d’elle-même. Elle, une femme, aura le dernier mot. Trois femmes. Trois grandes femmes pour un seul lit. Le  vaste lit du fleuve de  la Vie qui s’enfuit.

Trois grandes comédiennes. On sort de là comme lavés...dans  un bain de Jouvence.

TROIS GRANDES FEMMES

de EDWARD ALBEE* adaptation très réussie  de Isabelle Anckaert

Mise en scène (géniale) : Véronique Dumont    

   Avec trois stars : Janine Godinas, Marie-Paule Kumps, Isabelle Defossé (et Simon Thomas).

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=324&type=1

DU 14/02/13 AU 06/04/13

*l'auteur de Qui a peur de Virginia Woolf ?

Sur le plan personnel et privé, c'est dans des circonstances bien différentes de celles que connut Genet qu'Albee s'assume comme figlio-di-nessuno (fils de personne). Il est connu qu'il fut adopté par une famille qui avait fait fortune dans le monde du spectacle, qu'il fut élevé dans le luxe des Rolls-Royce et des leçons particulières, et qu'il lui fallut bien du talent pour se retrouver malgré tout, à vingt-deux ans, sur le pavé de New York, à gagner sa vie comme garçon de courses, vendeur ou barman, dans la meilleure tradition du self-made man. Il faudra une crise dépressive, résultant de la cassure avec ce mode de vie, pour qu'Albee se mette à écrire une pièce, Zoo Story, montée à Berlin en 1959 avant de l'être off-Broadway, en 1960, par Alan Schneider. (la suite sur: http://www.universalis.fr/encyclopedie/edward-albee/1-l-introduction-de-l-absurde-aux-etats-unis/ )

 

 

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administrateur théâtres

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KANDINSKY & RUSSIA, Du 8 mars au 30 juin 2013 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

 

Scène russe, Dimanche (Vieille Russie), 1903 - 1904 Tempera sur carton, 23 x 54,7 cm Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris Legs Nina Kandinsky, 1981© Adagp, Paris

 

C’est la première fois que cette collection de 150 œuvres sera montrée en Belgique. Elle témoigne de la complexité d’un artiste habité à la fois par le courant symboliste russe, la culture grecque, la métaphysique allemande, la spiritualité orthodoxe et l’ésotérisme.

De double ascendance mongole et slave, Kandinsky  est né à Moscou en 1866 et passe son enfance au sein d’une  une famille aisée à Odessa. Il suit des cours de musique, d’allemand, achète ses premières couleurs…voyage.  En 1886 il choisit  des études de droit et d’économie politique. En  1889, il participe à un voyage d’étude dans la province de Vologda, à 500 Km de Moscou, pour étudier les coutumes relatives au droit paysan. C’est là qu’il a  son premier éblouissement  artistique en visitant une isba. 

 

« Jamais dans ma mémoire je n’oublierai les grandes isbas de bois à deux étages avec leur samovar brillant à la fenêtre… »

Kandinsky évoquera ce voyage plus tard dans ses Rückblicke (Regards sur le passé): « Je n’oublierai jamais les grandes maisons de bois couvertes de sculptures. […] Elles m’apprirent à me mouvoir au sein même du tableau, à vivre dans le tableau. Je me souviens encore qu’entrant pour la première fois dans la salle, je restais figé sur place devant un tableau aussi inattendu. La table, les coffres, le grand poêle, qui tiennent une place importante dans la maison du paysan russe, les armoires, chaque objet, étaient peints d’ornements bariolés étalés à grands traits. Sur les murs, des images populaires, les représentations symboliques d’un héros, une bataille, l’illustration d’un chant populaire. […] Lorsqu’enfin j’entrai dans la pièce, je me sentis environné de tous côtés par la peinture dans laquelle j’avais pénétré. […] C’est à travers ces impressions vraisemblablement, et non autrement, que prit corps en moi ce que je souhaitais, le but que je fixai pour mon art personnel. »

Il a  pu contempler en face le miracle de la spiritualité qui émerge de la vision qu’il a eue. Le coin rouge  dont le nom signifie  en russe « bel angle rouge » était rempli d' icônes, d’images accrochées peintes ou imprimées. Une petite lampe rouge brillant fidèlement pour le recueillement.  Il décide alors que ses tableaux devront recréer la même impression magique qu’il a ressentie dans l’isba  le jour de cette visite mythique. Un vibrant appel spirituel semble fuser des icônes à fond doré qui peuplent sa vie intérieure. Il s’agit d’un regard vivant qui semble être enchâssé dans la forme.

En 1896 il refuse une chaire de droit en Russie et commence  des études de peinture à l’âge de 30 ans à Munich où il étudie à l’Académie des Beaux-Arts.

 Pendant l'été 1911, Kandinsky a l'idée de constituer un recueil de textes sur l'art moderne avec ses amis artistes à Munich. Avec Franz Marc  il choisit le titre : Der blaue Reiter. En effet  les deux artistes adorent  le bleu. C’est la masculinité, et la spiritualité. Tous deux sont à la recherche de l’être absolu.  Marc aimait les chevaux, et lui les cavaliers. Kandinsky aimait beaucoup la figure du chevalier et en particulier celle de Saint-Georges terrassant le dragon, héritage du Saint-Empire romain germanique. Pour Wassily, le cavalier représente  l’artiste libéré du passé et du carcan des traditions. Le cheval représente le talent de l’artiste. Il porte le cavalier avec impétuosité et vitesse, mais  c’est au cavalier de guider sa monture.  L'artiste doit apprendre à connaître de mieux en mieux ses compétences et repousser ses limites  comme le cavalier le fait avec son cheval. Ces artistes voudraient imaginer un art qui ne connaîtrait « ni peuple, ni frontière, mais la seule humanité.»

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 C’est en 1911 que Kandinsky peint « Tableau avec cercle » (Bild mit Kreiss) un tableau  en provenance du Musée des Beaux-arts de Tbilissi en  Géorgie. Un cas isolé dans la production d’alors mais néanmoins la première peinture à l’huile abstraite de l’art européen.  L’œuvre porte au dos  l’inscription « première peinture non objective ». Kandinsky est mal à l’aise avec cette œuvre qui rompt avec toute forme et n’est que jaillissement de mouvements et de couleurs. L'avènement d'un nouvel âge, celui de l'esprit pur? Sorte d'apocalypse joyeuse qui transformerait l'ensemble de l'Univers.  Une expérience de l’artiste initié proche de l’expérience du shamanisme. L’objectif de l’art est d’avoir une compréhension élargie du monde où nous vivons.  

12272875298?profile=originalLa toile « Saint Georges II » (1911) s’inscrit dans les débuts de la période abstraite, au moment de la création simultanée des « Improvisations » et des « Compositions ». L’Improvisation trouve ses sources dans des souvenirs épars, des impressions de la « nature intérieure », c’est-à dire inconsciente et spontanée. L’Impression trouve son origine dans l’impression directe de la nature et la Composition est une création consciente souvent précédée de nombreuses études. L’artiste rompt totalement avec la représentation mimétique des objets. Explosions de formes, contrastes éclatants de couleurs, arcs puissants, énergie impétueuse. Dissonances presque musicales, à l'instar de celles de Schönberg.   Dans  son manifeste « Du spirituel dans l’art » Kandinsky comparait «  l’état d’âme en train de s’éveiller à  un point de lumière qu’elle entrevoit dans un immense cercle noir. »

Ci-dessous, « Improvisation 11 » 1910

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L’exposition rassemble environ cinquante « œuvres perdues », provenant du Musée d’Etat de Saint-Pétersbourg, de musées  provinciaux russes et de collections privées ainsi que du Centre Pompidou. Elle recouvre la période comprise entre les années 1901 et 1922, quand Kandinsky quitte définitivement la Russie Soviétique après avoir été un partisan dans les premières années de la révolution. L’ombre totalitaire plane sur les artistes et son rêve de fraternisation s'écroule car il appartient à une bourgeoisie en voie d'éradication. De cette époque (1918) datent quelques  ravissantes peintures sur verre,  illustrant des contes et légendes.  Des petits bijoux romantiques au charme désuet de style Biedermeier: « Nuage blanc», « Amazone dans la montagne », « Nuage doré »  sont en provenance du Musée Russe de Saint-Pétersbourg.   Il se trouve en porte à faux avec les révolutionnaires, alors qu'il est commis à la réorganisation des musées. Il accepte donc  la charge qui lui est offerte en Allemagne par Walter Gropius: enseigner au Bauhaus aux côtés de Paul Klee. A la fermeture du Bauhaus, taxé « d’art dégénéré »  par les nazis en 1933, il émigre alors en France et y vit le reste de sa vie, acquérant la nationalité française en 1939. Il s'éteint à Neuilly-sur-Seine en 1944, laissant derrière lui une œuvre fantastique.12272875476?profile=original

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L'exposition consacre une section fascinante aux racines visuelles et conceptuelles qui forment la base de l'œuvre de Kandinsky, l’univers des objets du folklore scythe, l’univers des contes (animaux mythiques, sorcières chevaliers et princesses) et de la musique russe (Rimsky Korsakov). Kandinsky est intimement attaché à la tradition culturelle russe et l’intériorise particulièrement lors de son exil définitif. L’orthodoxie de l’icône chevauche la fiction littéraire des contes et légendes de la grande Russie et constituent la fabrique de son imaginaire.   Cette section   regorge d'objets rares appartenant au shaman ou à la vie paysanne.

En conclusion, l’exposition retrace tout  le cheminement artistique de Kandinsky avec comme point de départ les peintures conçues dans l’ambiance symboliste et poursuit avec celles de la période de Murnau (Munich)… Ci- dessous deux : « Murnau, Paysage d'été » , 190912272876899?profile=original

12272876688?profile=originalavant l’explosion de l’abstraction.  Sont exposées également des œuvres de Gabriele Munter, Alex Jawlensky, Marianne Werefkin et Arnold Schönberg). Sans oublier d’autres compatriotes russes comme Mikhail Larionov, Natalia Gontcharova, Kazimir Malevitch, Nicholas Roerich, Mikhail Vroubel et Ivan Bilibine. Une mine d’or de L’ART RUSSE  et une  large main tendue vers L’EUROPE.

12272877477?profile=originalAnonyme, « Icône du Mandylion »  (Sainte Face) XVIe siècle12272878299?profile=original

« Composition sur fond blanc » 1920

Pour finir, Les Musées royaux des Beaux-Arts n’oublient pas leur public jeunesse. Les trente premiers numéros de l’audioguide sont destinés aux enfants de 6 à 12 ans (et plus, pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant!) afin de mieux apprécier les œuvres ...exposées à leur hauteur ! De la musique russe de l’époque de Kandinsky et des contes merveilleux y ont été intégrés avec bonheur.  On vous recommande l'histoire du Tsar Saltan. Le magnifique catalogue, très attrayant et informatif est un outil précieux à celui qui veut se plonger dans les racines de l’art abstrait en Europe.

Détails utiles : 02 508 32 11 – www.fine-arts-www.museum.be

  • lieu: 3 rue de la Régence - 1000 Bruxelles
  • dates et heures: Du 8 mars au 30 juin 2013 (fermeture  le 1er mai)
  • Du mardi au dimanche de 10h à 18h30  (dernière entrée à 17h), avec des nocturnes les mercredis de 18h30 à 20h (dernière entrée à 18h30)

et aussi

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130308_002  où vous pouvez trouver une  charmante vidéo faite le jour de la conférence de presse par un jeune  journaliste canadien.  

 


 

 

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administrateur théâtres

12272877053?profile=original     Angélique ou Maléfique ?

Un grand plancher vide est cerné de rideaux noirs. Sommes-nous au centre d’un catafalque ? Peut-être. Angélique, dont on ne dit pas une seule fois le nom dans la pièce, n’existe pas. Ses parents l’ont accordée en mariage à  un rustre, Georges DANDIN que l’on a affublé en échange de son argent, d’une particule clinquante. Le voilà devenu « Georges de la Dandinière ». Mais la jeune épouse a le sentiment étouffant d’avoir été enterrée vivante, mariée contre son gré.

Rebelle et victime, elle écume de colère de ne pas pouvoir profiter de sa jeunesse et d’avoir été jetée dans les bras du vieux barbon. Soit dit en passant : le rôle fut  interprété à l'époque par la propre femme de Molière ! Ce soir, c’est Harmonie Rouffiange qui s’en charge.  Dès les premières répliques,  elle écrase de ses paroles glaciales  tout son entourage, sauf Claudine (Héloïse Gimondi ) sa servante poursuivie des assiduités de Lubin (Frédéric Mosbeux),  l’entremetteur de Clitandre. Mépris dont elle peine  même à se défaire, dans  les scènes d’amour avec son amant.  On lui doit néanmoins de magnifiques tirades piquantes sur l’urgence de la libération de la femme, car elle sait bien parler. C’est le seul instant où elle semble sympathique, …ce qui ne devait pas trop être le cas quand Molière interprétait le mari! 12272877273?profile=originalQuant à ce  vieux barbon, il n’est pas si rébarbatif que cela. C’est un personnage tragique, intemporel, complexe et extrêmement bien travaillé par un  Jean Knepper avec moustache! Mais il est impuissant et seul contre les manipulations fatales de la société qui l’entoure. De là, toute son humanité. « George Dandin, George Dandin, vous avez fait une sottise, la plus grande du monde. » (scène 1, acte I) persifflent les monstres bien-pensants. Même son serviteur Colin lui fait faux bond (François Makanga). On assiste  à son humiliation croissante qui va le précipiter vers une fin tragique. Retour à la case paysannerie : il est le véritable dindon de la farce, victime des maléfiques pouvoirs de manipulation d’une femme sans scrupules. Il est  pourtant  le seul dans la pièce à avoir de la noblesse de cœur. Enlevez le « s » à Georges et il  ressemblera à un parfait gentleman anglais. Il personnifie «  l’honnête homme », idéal du 17e siècle, être de vertus et d’équilibre à l’opposé du courtisan hâbleur. Hélas,  la situation dans laquelle il s’est mis est aussi bancale que la porte qui ouvre sur sa maison prête à s’écrouler. Il est dans son bon droit et le voilà régulièrement moqué  et dupé par tous, sans compter les gnomes monstrueux échappés à tout moment des rideaux, qui raillent sa folie d’ascension sociale, lors de ses  douloureux apartés.

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 Tout aussi monstrueux, Monsieur et Madame de Sotenville, les beaux parents sont d’ignobles marionnettes géantes et sadiques qui stigmatisent l’appât du gain, les préjugés, l’hypocrisie et l’absence d’amour. Ce qui est extraordinaire, au point de vue de la théâtralité,  c’est la vie et l’esprit qui s’empare brusquement de l’énorme bouche des pantins par l’entremise des deux comédiens impassibles  qui jouent deux rôles à la fois. Jeu fascinant d’Héloïse Gimondi et Frédéric Mosbeux!

 L’amoureux secret, le gentilhomme libertin, Clitandre, on le sent, malgré ses boucles, n’a sans doute pas l’étoffe d’un séducteur irrésistible mais sert à entretenir les rêves d’évasion de la triste fée du logis. Pascal Dandoy joue le rôle à merveilles.  La langue de Molière est délicieusement perlée d’humour et de belles intonations, le jeu scénique est d’une irrésistible drôlerie et d’une belle vivacité. Les poursuites dans le noir et les histoires de porte rivalisent avec les jeux de cache-cache dans les sous-bois que l’on retrouvera chez Marivaux. L’ironie de la situation est à son comble dans l’acte III où Dandin après avoir été forcé une nouvelle fois de présenter des excuses, n’a vraiment plus qu’à se jeter à l’eau. 12272876481?profile=original Nous avons affaire dans ce spectacle, à du Molière  tout simplement sublimé. Une entreprise osée, mais fort réussie par l’inventive metteuse en scène Marie Gaüzère Lesueur … dont c’est la première production.

La distribution:

George Dandin :Jean Knepper

Angélique: Harmonie Rouffiange

Clitandre : Pascal Dandoy

Claudine et Madame de Sotenville : Héloïse Gimondi

Lubin et Monsieur de Sotenville :Frédéric Mosbeux

Colin : François Makanga

Mise en scène, scénographie : Marie Gaüzère Lesueur

Chargée de communication : Héloïse Gimondi

 

 

 http://www.laclarenciere.be/

Tout public : Les mercredi 13, jeudi 14, vendredi 15, samedi 16, Les mardi 19, mercredi 20, jeudi 21 et vendredi 22 mars 2013 à 20h30

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administrateur théâtres

Balance-moi,  choses qui émeuvent un huit mars,

Un drame qui nous balance, du rire aux larmes,  de et avec Dorothée Schoonooghe

Camille Limbourg est une trentenaire de taille et de corpulence moyenne. Elle est le type de fille « classique ». Bien sûr elle se trouve grosse, et laide, et inutile, et incompétente, et… elle cherche le grand amour. Mais surtout, elle consomme tous les « fast-food » de notre société.

« C’est quoi ta vie ? Acheter des produits light, vivre sur ta balance, passer ton temps à faire régime alors que les trois quarts de la planète crèvent de faim ? »

Aux Ecuries de la Maison Haute (Bruxelles) les 14, 15, 16 mars 2013 à 20h30 | Réservations

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We will, we will rock you!

Lumineuse, Camille Limbourg sort d’une des quatre cabines d’essayage (tiens-donc !) qui constituent le seul décor de « Balance moi ». La sobriété absolue des quatre cadres protégés par un rideau aux transparences minutées, n’empêche pas le spectateur d’attendre avec gourmandise le prochain lever sur l’intimité peinte en rose de la comédienne. Les jeux de lumières sont d’une rare beauté, mais cette femme, n’est-elle pas, lumineuse en elle-même ?   

Il est même difficile de faire la part des choses : où se situe la part de comédie et la part personnelle dans ce spectacle toute en tendresse et en authenticité ? Le  seul en scène de  Dorothée Schoonooghe  est une abondante moisson dramatique des états de la Femme, très  loin ou à rebrousse-poil  des stéréotypes que les médias et la société  nous imposent.

Lucide, elle ne cherche pas à « avoir » mais à « être »   Elle est la version féminine de l’anti-héros et n’a rien à voir avec la Femme des années 80, revisitée ou non, par le chanteur bien connu.  Clameurs,  gloussements et rires accueillent ses répliques et ses postures imaginatives, sa totale vulnérabilité et sa résilience. Voici un spectacle qui fait du bien et qui dilate le cœur. On trinque avec elle joyeusement (au propre et au figuré) et on participe avec bienveillance  à toutes ses ratées ingénues qui font sa succulente humanité et qui mettent en scène la totale générosité du savoir être.

L'écriture de Dorothée Schoonooghe  est plurielle. Elle s’est faite en  collectionnant au fil du trottoir des témoignages authentiques de la «  res femina ». Justement le sujet proposé par la Vénerie dans son festival « Les Venus de Mars » dont le premier volet était « Le monde de Luce et ses extases ». Un troisième volet sur les planches intitulé « La Mécanique des Femmes» est prévu les 28/29/30 mars aux Ecuries de la Maison Haute, sur un texte ambigu et puissant de Louis Calferte.

Mais, pour en  revenir à la mosaïque de femmes « all-in-one »  évoquées dans « Balance-moi », on constate que la joie de vivre, la ténacité devant les défaites amoureuses ou professionnelles n’entament aucunement la belle humeur de la comédienne. Si son visage et son corps se flétrissent au moindre vent de tragédie, elle retrouve son sourire radieux instantanément, se séchant (les larmes entre autres) … à une vitesse vertigineuse ! Vous reviendrez même, comme d’autres spectateurs, plusieurs fois, vous inonder de ce bonheur de scène, qui produit un bienfaisant effet de jouvence en ce frileux mois de mars.  

Camille Limbourg, drôle et attachante, incarne une foule de personnages qui traversent sa vie dans un manège très maîtrisé. Les quatre cabines d’essayage s’ouvrent comme des boîtes à surprises sur quatre situations burlesques et ses états d’âme en évolution. Frustrations, désirs, heurs et malheurs, tout  passe par une volubilité naturelle que même une séance de yoga n’arrive pas à endiguer. Tout passe par des silences plus que comiques  qui subjuguent un spectateur presque étourdi, quand lui-même n’est pas  sommé d’être partie du spectacle.  On est dans la salle du centre sportif, on est la mère de la mariée, le lâcheur qui part avec une autre,  on est aux entretiens d’embauche et dans tous les petits boulots, on est solidaire de tous les artistes, on est dans la solitude du supermarché,  on est seul en Inde, et derrière le révolver.

« C’est quoi ta vie ? Acheter des produits light, vivre sur ta balance, passer ton temps à faire régime alors que les trois quarts de la planète crèvent de faim ? »

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administrateur théâtres

12272872270?profile=originalLe Chat Noir n’est pas mort ce soir !

 

A la Bastille, Nini peaud’chien…. Ça vous dit quelque chose ? Nous voici à Montmartre avec Aristide Bruant, Toulouse Lautrec, les bocs de bière, le vacarme des chansonniers, les jupes friponnes qui se soulèvent et les gorges offertes.  Au Chat Noir, entre deux récitations lyriques, Jules Jouy se met au piano et entonne des chansons naturalistes. Poètes et public mêlent leurs clameurs. La poésie et les maximes d’Alphonse Allais  sont omniprésentes. Verlaine au grand cœur, de ci …. de là. Nous sommes au Chat Noir  version 2013. La poésie, quelle mauvaise herbe ! "Du chiendent", vous dites ! Elle  passe la tête en ce début de printemps,  entre les pavés de la rue du Belvédère, chez Fabienne, au théâtre de la Clarencière, théâtre littéraire. Que ce mot, de grâce ne  vous arrête pas, vous allez être totalement séduits.  

 

Une revue des chansonniers du Chat Noir, relue, revisitée et réarrangée avec astuce et doigté  par Rosalie Vandepoortaele plonge le public d’un soir dans une  pure atmosphère 19eme et intemporelle à la fois. Ce spectacle est un vrai bijou. Le choix des textes est un pur bonheur. La poésie transcende le noir. L’interprétation parfaite des comédiens est  un festival théâtral.  Tout y est : esprit, humanité, sensualité, émotion, humour et rire virevoltent au travers de comédiens joyeux, grandeur nature - on est à leurs pieds - et  professionnels en diable.  A cause du Chat sans doute.

 

 Le rythme du spectacle ne vous lâche pas. Un musicien exquis, Laurent Laigneaux. Alexis Van Stratum, un comédien pur belge et ...si français de ton et d’entrain. Et deux délicieuses dames vêtues de chemisier en dentelle à col monté serti dans des jupes de soie faites de l’or de la vigne. C’est tout. Un Lampadaire, deux tabourets blancs,  trois caisses vides de bouteilles de vin pour la résonnance et le spectacle vous emmène dans la galaxie poétique. Le  brillant quatuor met en scène l’invisible et l’indicible.  Ils bougent, ils  dansent en long,  en large et en travers sur la scène minuscule de la Clarencière. On se croirait au centre d’une volière.  On n’aurait bien d’yeux que pour la belle Laurence Briand au  regard étincelant et à la féminité gourmande. Mais la connivence qu’elle entretient avec Maya Boelpaepe son alter ego… est     contagieuse et le duo bien connu de  « Sense and Sensibility » fait que le temps s’arrête. Merci Jane Austern ! Oui le temps repart en arrière même et  vous cloue de bonheur fou. Celui du Verbe. Fou comme chacun sait.

 

Car Fabienne Goovaerts qui vous accueille au seuil de sa grande et vieille maison étrange au milieu de ses chats (plutôt « gris parce que les hommes sont saouls », et c’est dans le texte), dirige Le Verbe Fou, cette troupe belge  qui pavoise à Avignon chaque année.

 

Et tous, public et artistes vous chanterez en chœur : Je cherche fortune, Autour du Chat Noir, Au clair de la lune, A Montmartre ! Je cherche fortune Autour du Chat Noir, Au clair de la lune, A Montmartre, le soir, … pour empêcher le spectacle de finir !

http://www.laclarenciere.be/SAISON_2012_2013/trismestre2.htm

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administrateur théâtres

12272875861?profile=originalUN TANGO EN BORD DE MER fut créé le 6 août 2010 au Festival Royal de Théâtre de Spa. Depuis, l’immense comédien français  Jean-Pierre Bouvier n’arrête pas de séduire par le raffinement  et la pudeur de son jeu. On l’a vu jouer avec sensibilité et  subtilité en 2011 dans LA DAME AU PETIT CHIEN et en 2012, dans le rôle magistral de Willy Brandt de DÉMOCRATIE de Michael Frayn. Il est le maître ès sentiments ressentis.

Le duo qu’il interprète avec Frédéric Nyssen (lui aussi dans DÉMOCRATIE) est dans cette ligne de travail nuancé. La mise en scène soignée  de Patrice Kerbrat et les verres de vodka  y sont pour beaucoup. D’une part il y a les monologues intérieurs tantôt feutrés, tantôt passionnés ; de l’autre il y a une pratique de  l’écoute attentive de l’autre.  Et même l’art subtil  de faire trouver à l’autre, les mots qu’il faut pour creuser la vie intérieure. Comme s’il s’agissait non pas d’un texte écrit et interprété mais d’une sorte d’improvisation affective.  Jean-Pierre Bouvier  endosse ici le rôle de Stéphane, la quarantaine, un profil d’homme élégant, instruit et posé, écrivain en vue de surcroît.  Il voyage, voit du beau monde et mène une existence enviable. Vincent est beaucoup plus jeune, il brûle tout ce qu’il adore, ne tient pas en place, et est réactif comme du vif argent.  Leur différence d’âge, de milieu, de statut, les éloigne et les fascine à la fois. On comprend très vite qu’ils ont été éperdument amoureux quelques années auparavant. Retrouvailles fortuites  ce soir-là  au bar d’un hôtel de bord de mer ? Le décor n’a certes pas le lustre rêvé, mais l’absence de barmans ou l’absence incongrue d’activité dans l’hôtel leur offre soudain un lieu et un temps d’entre deux, où les vérités les plus profondes peuvent éclore sans se faner, …sous les délicates lumières de  Laurent Béal.

 

Sensibilité, vivacité, tendresse, fougue et retenue à la fois. La gestuelle des deux hommes est un ballet du temps présent sur scène. Un pas en avant, deux pas en arrière et la sensualité des souvenirs ne demande qu’à remonter à la surface. Qualité des silences.  Justesse absolue des interprétations, les rôles étant à la base bien définis. Chacun suit son orbite et le public attend avec émoi chaque frôlement tangentiel. La fluidité du texte de Philippe Besson est magnifique et a des résonnances émouvantes dans  la vie de tous. Qui peut dire qu’il n’a jamais quitté ou été quitté ? Qui peut dire qu’il n’a jamais joué son couple au quitte ou double ?  L’histoire d’amour de ces deux hommes ressemble à toutes les histoires d’amour. Des histoires que l’on sait condamnées d’avance et qui pourtant sont si belles et si tentantes.12272876271?profile=original

La présence vibrante  des comédiens sur scène fait oublier le décor trouble de bar nocturne, somme toute fort ordinaire.  Le rythme du spectacle est un lent crescendo vers la vérité intérieure tandis que les  personnages de plus en plus vibrants pèsent leurs chimères et leurs souffrances, interrogent,  se dévoilent progressivement, et se cherchent mutuellement.

Frédéric Nyssen en particulier, est un maître ès non-verbal qui hurle son mal-être (sans jeu de mots), sa colère, ses angoisses, la difficulté de ses choix. Craquant de vérité, totalement crédible dans son impulsivité  et ses poses générationnelles d’être écorché. Tour à tour, il esquive, brouille les cartes et s’évapore sans explications. Mais à la fin tous deux, décapés par leur confrontation, retrouvent l’authenticité,  loin des maquillages du mensonge protecteur.

http://www.atjv.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=500

 du 12 au 15 mars 2013, reprise

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administrateur partenariats

 

"L'attente"

Génèse d'un poème en duo ,

ou le choc des idées de deux poétesses à la créativité différente.

Présenté sur un extrait de  " L'attente", peinture allégorique de Liliane Magotte.

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Joëlle et moi avons composé ce poème en duo, suite à un défi amical que je lui ai lancé.  Elle l’a accepté et m’a priée de choisir le thème et de rédiger la 1ère strophe, que je lui ai envoyée une fois celle-ci terminée.  A son tour, Joëlle a composé une strophe (la 2ème) selon son inspiration et me l’a envoyée.  J’ai donc écrit la 3ème, elle la 4ème etc….

Une fois terminé, j’ai proposé à Joëlle de reprendre, chacune de notre côté, le poème et d’effacer les strophes de l’autre, afin de les remplacer par de nouvelles de notre cru.  Joëlle de son côté, a donc composé un autre poème, en entier, incluant ce qu’elle avait déjà écrit et j’ai fait de même de mon côté.

Cela a fait apparaître que d’une idée de départ commune (l’attente et la 1ère strophe), nos chemins de poésie s’étaient considérablement écartés.  Notre créativité est très différente.  Peut-on la qualifier de complémentaire ?  Nous vous offrons donc d’entrer dans l’univers de deux poèmes, à la suite de la matrice qui lui a donné le jour : L’ATTENTE.

Voic les 2 poèmes que nous avons composé séparément, à partir du commun.

 

L’attente.

 

L’attente d’un germe de nos corps,

Le  retard  de  la  graine  d’amour,

Te revoir  danser sur nos accords.

L’attente d’un germe de nos corps,

L’absence,  perfide  tue-l’amour,

Qui conduit aux pleurs du désamour.

L’attente d’un germe de nos corps,

Le retard  de  la  graine  d’amour.

L’attente d’un enfant de nos joies,

Né  de  moi,  désiré avec  ferveur,

Engendré par ton boute-joie.*

L’attente d’un enfant de nos joies,

L’angoisse car tu n’es qu’un viveur,

Qui  aime,  se  repaît  de  faveurs,

L’attente d’un enfant de nos joies,

Né  de  moi,   désiré par  ferveur.

L’attente de tes pas sur mon seuil,

Illusion  de  l’espoir  qui  fait  mal,

La douleur couchée dans son cercueil.

L’attente de tes pas sur mon seuil,

Mémoire  des  hiers qui font mal,

M’ont  livrées  à  l’état  fantomal,

L’attente de tes pas sur mon seuil,

Illusion  de  l’espoir qui  fait  mal.

L’attente  finit  par  me  lasser,

J’ignore, s’il vaut mieux en finir,

De  l’espoir  alors  tout  effacer.

L’attente  finit  par  me  lasser,

Je  voudrais à jamais  te bannir,

Regarder  vers un autre avenir,

L’attente  finit  par  me  lasser,

J’ignore, s’il vaut mieux en finir.

L’attente s’envole avec tes pas,

La  porte  s’est  ouverte sur toi,

Ton regard  fait son mea-culpa,

L’attente s’envole avec tes pas.

Je souris, tu prends ton air matois,

C’est  fini,  tu  en  restes  pantois,

L’attente  s’envole avec  tes pas,

La porte s’est refermée sur toi.

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

L'attente 
 

L'attente dans l'insupportable


 l'amante noyée dans le manque,


 Le désir pourtant inévitable...


 L'attente dans l'insupportable,


  L'âme qui peu à peu s'efflanque,


 suppliant l'irréalisable.


 L'attente dans l'insupportable


 l'amante noyée dans le manque.


 
 
L’attente au plaisir s’amplifiant,


 Extase aux lèvres suspendue,


 Ressentir cet instant lénifiant.


 L’attente au plaisir s’amplifiant,


 Les larmes et sanglots répandues,


 Sont lourdes de passions confondues.


 L’attente au plaisir s’amplifiant,


Extase aux lèvres suspendue.



L’attente de ses yeux vautour,

Etreinte enlacée d'amoureux,

L’angoisse d’un écho sans retour.

L’attente de ses yeux vautour,

Eveille en elle l’instinct fougueux,

Egaré dans ce destin ombreux,

L’attente de ses yeux vautour,

Etreinte enlacée d'amoureux.



L'attente pourtant désirée,

l'attente d'un temps révolu,

les sensations inespérées,

L'attente pourtant désirée,

propices à l' instant dévolu,

Inerte et le silence absolu.

L'attente pourtant désirée

l'attente d'un temps révolu.

 

Joelle DIEHL

 

 

Publication réalisée à la demande des poètes.

Avec tous mes remerciements.

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

 

 

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administrateur théâtres

12272874880?profile=originalUn Chapeau de paille d’Italie  De Eugène Labiche

Mise en scène Gilles Bouillon par la compagnie du  Centre Dramatique Régional de Tours, À l’Aula Magna, un accueil de L’ATJV (Atelier Théâtral Jean Vilar)

 

...Où le mot noces rime avec atroce!

Tout commence par le cauchemar d’un quidam réveillé en sursaut tandis que le temps s’écoule à l’envers. Le temps de rentrer de plein fouet dans un magnifique spectacle parodique du temps passé ! Ou du futur, qui sait ? Chapeau, les Français !

Une double poursuite s’organise, ridicule et surréaliste. Futuriste aussi pour le dynamisme, le mouvement et la vitesse. Il y a ceux qui courent derrière leur marié, qui lui poursuit un chapeau. Comique de situation. Les comédiens sont en habits de noces fin de siècle - les superbes costumes sont de Marc Anselmi - et animent une débandade de polichinelles jamais rêvée sur les planches. Explication : une femme élégante prise au piège de l’adultère se présente avec son amant à la porte du futur marié dont le cheval a malencontreusement avalé le chapeau de paille d’Italie. Plainte musclée de l’amant, un « petit criquet » africain : Il faut d’urgence réparer l’injure (retrouver un chapeau identique) ou le mari de la friponne risque fort d’étrangler sa femme si elle revient nu-tête de son équipée. Les ferrets de la Reine revisités à la mode bourgeoise.

Rien de plus au programme si ce n’est la course effrénée derrière des chimères, le mobilier qui vole et les vols planés des comédiens, une visite chez la modiste de nos grand-mères et au pire, un 80 Chasseurs saugrenu. Et des salves de rires parmi les spectateurs tant le spectacle est une chorégraphie endiablée réussie. C’est burlesque et beau. La scénographe Nathalie Holt, par son art de l’ellipse, la dimension poétique de ses agencements, collages, couleurs, matières, donne aux cinq décors des cinq actes toute la fluidité que nécessite l’aventure de cette dramaturgie du mouvement, étonnamment explosive, aux harmoniques contemporaines. Les tableaux qui fusent derrière le rideau sont autant de scènes bouffonnes que l’on croirait peintes à la main. Le texte a peu d’importance. C’est la gestuelle et la plasticité du spectacle qui plaisent. Unité de tons : il y a une succession de décors gris à fleurs, chevaux et hypocrites rayures assorties aux costumes de noce qui mettent les personnages en scène avec humour, à la manière de James Ensor. Unité de sons : cela gesticule chante et crie à s’en déjanter les mandibules! On retrouve l’ironie, la dérision et le sarcasme. Un personnage semble tout droit sorti de Watteau : c’est le cousin amoureux de la cousine, thème récurrent dans la pièce. Il a des allures de Gilles ou de Pierrot Lunaire avec ses pantalons bouffants trop larges et trop courts. Cela donne le dernier coup de pinceau à la pantomime. Une pantomime du spectacle de la bourgeoisie, il va sans dire. « Vous me rappelez les orgies de la Régence » fulmine le beau-père ! Et le pianiste d'égrener ses notes d'un air énigmatique.

Comique de genre : la scène érotico-musicale dans les riches salons de la baronne de Champigny. « Allons berger, sors ton pipeau et y jouons un air en commun ! » Comique de posture : le futur beau-père (pépiniériste) est un « porc épic » affublé d’un pot de myrte qu’il arbore comme un bâton de maréchal. Et Georges Brassens saute aussitôt à l’oreille : « Avec son p’tit pot, l’avait l’air d’un c… ma mère! » Comique de répétition « Mon gendre, tout est rompu ! » une phrase de la plus belle essence de comportement bourgeois. Comique douloureux : « Père, vous m’avez sacrifiée » se lamente la future épouse déjà délaissée. « Que veux-tu, il était rentier» s’excuse le père! Comique de cabrioles, d’un bout à l’autre, ce n’est décidément pas avec cette pièce, que l’on mourra pour des idées! Mais qu’importe!

http://www.atjv.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=498

Tout le dossier du spectacle et les photos :

http://www.cdrtours.fr/un-chapeau-de-paille-ditalie/

Dramaturgie: Bernard Pico Scénographie: Nathalie Holt Costumes: Marc Anselmi Lumières: Michel Theuil Musique: Alain Bruel Assistante mise en scène: Albane Aubry Maquillages et coiffures: Eva Gorszczyk Régie Générale: Laurent Choquet Construction du décor réalisée par l’équipe technique du CDR de Tours sous la direction de Pierre Alexandre SiméonAvec Frédéric Cherboeuf Jean-Luc Guitton Marc Siemiatycki Denis Léger- Milhau Léon Napias Xavier Guittet Stéphane Comby Cécile Bouillot Charlotte Barbier Camille Blouet Juliette Chaigneau Laure Coignard Julie Roux Clément Bertani Mikaël Teyssié Musicien Alain Bruel
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administrateur théâtres

 Le Monde de Luce et ses Extases

Cette fable chaleureuse en quatre tableaux est avant tout une ode à la sensualité, au plaisir et au ludique.Elle interroge l'austérité sensorielle que notre mode de vie et la morale nous imposent.S'y réconcilient - un instant suspendu - l'âme, la chair et le jeu.(création fév. 2010)

Première à Bruxelles.

Voici une expérience onirique entre théâtre, accordéon (très belle musique originale de Pirly Zurstrassen), danse et chant qui vous est proposée par la compagnie Ah Mon Amour, sous la houlette de Geneviève Voisin, une très jolie bergère qui cite dans sa note d’intention J-C Bologne (Le Mysticisme athée) : « J’appelle «mystique » une expérience de mise en contact directe et inopinée avec une réalité qui dépasse nos perceptions habituelles, et qu’on peut ressentir tour à tour comme en étant le vide ou l’infini. Cet infini étant assimilé à Dieu, le mysticisme s’est développé à l’intérieur d’une croyance religieuse. Mais d’autres absolus, d’autres infinis existent, qui justifient une approche athée (…) Initiatique au sens étymologique, l’expérience mystique - indescriptible et donc intransmissible- est un commencement ; elle ouvre soudain des portes dont on ignorait jusqu’à l’existence ! » Des portes que Geneviève Voisin a bien l’intention de forcer par-delà murs, vents, et murmures.

Ce spectacle, est le premier d’une série de propositions programmées par la Vénerie « Les Vénus de Mars » célébrant la Femme dans tous ses états, puisque nous sommes au mois de mars. Le Royaume Uni ne choisit pas sa date de fête des mères par hasard : c’est le deuxième dimanche de Mars qui voit fleurir compliments et cadeaux de Mother’s day. Si le spectacle est dédié à la femme, la mère y est singulièrement absente. Si le spectacle est dédié à l’extase, pourquoi, murmure-t-on, cette extase ne concernerait-elle que la femme?

Pas de Ying sans Yang! C’est ce qui fait défaut dans ce spectacle un peu réducteur. Au regard de la conception, de la distribution et de la réalisation de Geneviève Voisin, on pourrait penser que l’homme n’a pas les mêmes émois de fusion avec la nature quand il est enfant, ne se fait pas flageller pour être plus proche de l’extase divine, et n’éprouve pas l’extase sexuelle au même niveau d’abandon de soi. Sainte Thérèse d’Avila a un pendant aussi puissant qu’elle : Ignace de Loyola et tous deux ont autant d’adeptes parmi les mystiques. Luce, la folle, la sainte, ou la putain glisse du Carmel au Bordel, sans transition, ceci pour la fable sans doute. Il est vrai que l’on on rencontre moins d’hommes qui sont obligés de vendre leurs services dans les bordels. Puisque c’est l’homme le paradigme dominant de la société. Enfin, puisque nous suivons la trame proposée dans le spectacle, lorsqu‘il ou elle suit le chemin de la décrépitude inévitable, ils seront tous deux à célébrer leurs souvenirs d’extases passées, tous deux à savourer les derniers petits bonheurs du moment présent. Tous deux à force de lâcher prise, capables ou non de fleureter avec l’au-delà, avec sérénité si les chemins de sagesse qu’ils auront empruntés les y mènent.

Ceci étant, le spectacle a une mise en scène très travaillée, très fine et très au point. La découverte scénique géniale est ce multi-paravent immense qui sans cesse bouge et change de forme dans des jeux de lumière très évocateurs. Une sorte de personnage tiers qui semble accoucher du spectacle et à la fois le diriger. Il symbolise avec grande poésie les frontières entre rêve et réalité. La narratrice, sorte de gorgone ailée est la « conscience »de Luce (Geneviève Voisin) qui, à peu près réduite au non verbal, apparait d’autant plus naïve, vierge (!) et martyre. Donc sainte et ingénue à s’y méprendre. Bravo, le jeu de l’artiste frappant de vérité fait de Luce une véritable illuminée. Les trois danseuses accompagnant son parcours sont, à dessein, caricaturales et grotesques. Bien pour la fable, puisqu’elles représentent l’ego, la volonté et l’agressivité. Moins pour la beauté du spectacle et  quand même dérangeant dans un spectacle sur l’extase. Une certitude: le jeu est vital et fait la vitalité de ce spectacle débordant d’énergie.

(Extase, vient de EX-stare…, se tenir en dehors. C’est un état assez rare où l'individu, tout en étant conscient et capable de mémorisation, n'a plus aucune perception de lui-même, tout entier absorbé par un ailleurs (autre, image, fantasme, divinité…). 

 

http://www.cie-ahmonamour.com/site/index.php?option=com_content&view=article&id=48&Itemid=62

Interprétation : Laurence Crémoux, Onenn Danveau, Roxane Lefebvre, Geneviève Voisin, Monique Gelders en alternance avec Justine Verschuere-Buch

Mise en scène : Geneviève Voisin

Assistanat à la mise en scène : Roxane Lefebvre

Ecriture : Fransua de Brussel, adapté du monologue « Le Livre de l’Extase »

Idée originale et adaptation : G. Voisin

Création scénographie et costumes : Sarah de Battice

Création lumière : Guillaume Pons - site

Création musicale : Pirly Zurstrassen - site

Regard extérieur : Hélène Pirenne et Muriel Clairembourg

Avec l’aide précieuse de Bernadette Roderbourg (costumes et administration), Mathilde Mosseray (stagiaire) et Anne-Sophie Lecourt (costumes)

 Tout le programme des Venus de Mars: http://www.lavenerie.be/agenda.cfm

 

 

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ADMINISTRATEUR GENERAL

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Dimitri Sinyavsky (Rus)

« Flux du Temps »

Peintures

 

Exposition du 16/01 au 03/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 16/01/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Jim Aile (Be)

« Sentiments et couleurs »

Peintures

 

Exposition du 16/01 au 03/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 16/01/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Gilles Jehlen (Fr)

« De la terre brute à la terre polie »

Sculptures

 

Exposition du 16/01 au 03/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 16/01/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Philippe Guenin (Fr)

« L’âme du chaos »

Peintures et photographies

+ Performance en live

 

Exposition du 06/02 au 24/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 06/02/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Barbara Stacher (Aut)

« Matières primaires »

Sculptures

 

Exposition du 06/02 au 24/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 06/02/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

Et qui sera agrémenté d’extraits de musique celtique

Interprétés par la harpiste Françoise Marquet

 

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XICA Bon de Sousa Pernes (Pt)

« Ombres de présence »

Peintures

 

Exposition du 2702 au 17/03/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 27/02/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

 Et qui sera agrémenté d’extraits de musique celtique

Interprétés par la harpiste Françoise Marquet

 

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Jonathan Bermudes (Fr)

« RÉTROSPECTIVE »

Photographies

 

Exposition du 20/03 au 07/04/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 20/03/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Françoise Clercx (Be)

« Détails et fascination »

Peintures

 

Exposition du 20/03 au 07/04/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 20/03/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Veronica Barcellona (It)

« Welcome to my real world »

Peintures et sculptures

+ Installation

 

Exposition du 20/03 au 07/04/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 20/03/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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