Publications en exclusivité (3146)
Les Poèmes saturniens constituent le premier recueil publié par Verlaine, qui avait tout d'abord songé à l'intituler Poèmes et Sonnets. Les traits dominants de l'esthétique verlainienne - qui culminera dans les Romances sans paroles avant le retour, avec Sagesse, à des formes poétiques plus conventionnelles - y sont déjà très affirmés.
Après un poème liminaire qui explique le titre, le recueil s'ouvre sur un long "Prologue" en alexandrins consacré au poète, à la permanence de son art et au caractère sacré de sa mission: "Le Poëte, l'amour du Beau, voilà sa foi, / L'Azur son étendard, et l'Idéal, sa loi!" Vient ensuite une première partie, intitulée "Melancholia", que Verlaine avait sans doute songé un moment à isoler pour la publier en plaquette. Elle comporte huit poèmes, dont sept sont des sonnets et figurent parmi les textes les plus fameux du poète, notamment "Nevermore", "Après trois ans", "Lassitude" et "Mon rêve familier". La deuxième section, "Eaux-fortes", comprend cinq poèmes aux formes variées, certains, comme "Cauchemar" (II) et "Marine" (III), mêlant divers types de mètres, souvent impairs, conformément à "l'Art poétique" que le poète énoncera plus tard (voir Jadis et Naguère). La troisième partie, intitulée "Paysages tristes" et formée de sept poèmes, privilégie, ainsi qu'en témoignent certains titres, les moments de déclin: celui du jour avec "Soleils couchants" (I), "Crépuscule du soir mystique" (II), "l'Heure du berger" (VI); ou bien celui de l'année avec "Chanson d'automne" (V). La quatrième section, "Caprice", contient cinq poèmes, dont le ton humoristique va de la badinerie galante ("Femme et Chatte", I) à la satire ("Jésuitisme", II, "Monsieur Prudhomme", V). Vient ensuite une série de douze poèmes dépourvus d'un titre commun et non numérotés, de formes et d'inspirations diverses, généralement en alexandrins. Le recueil se clôt sur un "Épilogue", constitué de trois poèmes, dans lequel Verlaine dévoile sa conception de la création poétique.
Le poème liminaire définit en ces termes l'"influence maligne" qui préside à la destinée du poète: "Or ceux-là qui sont nés sous le signe SATURNE, / Fauve planète, chère aux nécromanciens, / Ont entre tous, d'après les grimoires anciens, / Bonne part de malheurs et bonne part de bile. / L'Imagination, inquiète et débile, / Vient rendre nul en eux l'effort de la Raison." Rien de romantique, toutefois, dans cette fatalité. Verlaine souligne avec ironie la distance qui le sépare par exemple d'un Lamartine ("Épilogue", III), et semble plutôt en accord avec l'esthétique parnassienne: "Ce qu'il nous faut à nous, les Suprêmes Poëtes / [...] A nous qui ciselons les mots comme des coupes / Et qui faisons des vers émus très froidement, / [...] C'est l'Obstination et c'est la Volonté!" (ibid.). L'ironie latente de certains vers invite toutefois à considérer avec circonspection une telle allégeance. En réalité, cette poésie ne ressemble à aucune autre et, en dépit du caractère composite du recueil et de la facture encore conventionnelle de certains poèmes, les Poèmes saturniens témoignent de l'originalité et de la modernité de la voix verlainienne.
Cette voix, le poète la caractérise lui-même dans "Sérénade": "Ma voix aigre et fausse." Privilégiant le déhanchement et la rupture, le vers se modèle au rythme des sons plus qu'il ne se plie à la logique du sens et engendre ainsi des harmonies inhabituelles, de surprenants effets de claudication syntaxique. C'est sans doute "Chanson d'automne" ("Paysages tristes", V) qui va le plus loin dans cette voie. Assonances et allitérations se mêlent pour engendrer un flux lancinant et grinçant à la fois. La brièveté des vers scinde la lecture, de multiples pauses retardant l'avènement du sens et laissant le poème dans un constant suspens: "Les sanglots longs / Des violons / De l'automne / Blessent mon coeur / D'une langueur / Monotone." L'angoisse, jamais nommée mais manifestée à travers diverses expressions - "Tout suffocant", "Je pleure" - est ainsi d'autant plus efficacement communiquée.
Univers de la sensation, de l'impression et du rêve, les Poèmes saturniens procèdent par touches successives plutôt qu'ils n'obéissent à une continuité narrative ou à une logique descriptive, à l'exception de quelques pièces telles que "Nocturne parisien", "Marco", "César Borgia" ou "la Mort de Philippe II". Ainsi, dans "Après trois ans" ("Melancholia", III), le paysage d'un jardin se constitue peu à peu mais demeure morcelé, formé d'éléments autonomes que le poème se borne à mettre côte à côte: une "humble tonnelle", un "jet d'eau", un "vieux tremble", des "roses", de "grands lys", des "alouettes", une "Velléda". Aucune vision totalisante n'organise l'espace, de même que le texte, refusant l'anecdote et l'expansion sentimentale, demeure muet sur les motivations de cette promenade et l'émotion qu'elle suscite. La nostalgie, l'oeuvre destructrice du temps sont au coeur du poème mais suggérées seulement, dessinées en filigrane à travers le spectacle de l'immuabilité de la nature et grâce à de brèves notations temporelles - "Après trois ans", "Comme avant" - ou à de simples préfixes itératifs - "J'ai tout revu", "J'ai retrouvé".
L'un des traits dominants du "signe SATURNE" réside sans doute dans cette perception aiguë et inquiète de la fuite du temps. Les Poèmes saturniens se plaisent à évoquer le passé qui ne reviendra plus - des titres tels que "Melancholia" ou "Nevermore" (ce dernier est utilisé deux fois) sont éloquents à cet égard -, ou à traquer la fugacité du présent: "Et fais-moi des serments que tu rompras demain, / Et pleurons jusqu'au jour, ô petite fougueuse!" ("Lassitude", "Melancholia", V). La femme rêvée est moins promise que d'emblée vouée à la mort dont elle procède et dont elle ne parvient pas véritablement à s'extraire: "Son regard est pareil à celui des statues, / Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a / L'inflexion des voix chères qui se sont tues" ("Mon rêve familier", "Melancholia", VI).
Les Poèmes saturniens sont peuplés de souvenirs et de spectres. De discrets mouvements s'y esquissent, presque toujours sous l'image du roulis, d'un balancement typique de l'hésitation et de l'indécision saturniennes: "Balancés par un vent automnal et berceur, / Les rosiers du jardin s'inclinent en cadence" ("Épilogue", I). Les teintes sont estompées, ainsi que l'atteste la récurrence d'adjectifs tels que "blême", "blafard" ou "morne". La mort envahit le texte poétique et la détresse - "Mon âme pour d'affreux naufrages appareille" ("l'Angoisse", "Eaux-fortes", VIII) - se dit à travers l'évanescence et la déliquescence des choses: toute présence est saisie dans sa précaire ténuité et porte l'angoisse d'une disparition.
Samedi 11 mai, 23h.
En attendant le verdict du jury, les spectateurs restés dans la salle ont eu l’honneur d’assister à un Bord de Scène inédit. C’est la Reine Fabiola en personne qui préside. Tout sourires, galvanisée par la rencontre musicale des six derniers candidats de la DERNIERE SOIREE DE LA PREMIERE EPREUVE du CONCOURS REINE ELISABETH 2013, elle a quitté sa place au premier rang où elle était assise aux côtés de Jean-Pierre de Launoit et s’installe très décontractée, appuyée sur le bord de scène pour échanger ses impressions et discuter avec les membres du jury.
Vers minuit, le jury monte sur scène pour proclamer les demi-finalistes. Le président s’adresse à la Reine pour la remercier de la fidélité de son soutien bienveillant et salue l’ensemble des 63 jeunes candidats (au départ ils étaient 283 de 18 nationalités différentes à avoir envoyé leur DVD) qui ont fait preuve de qualités artistiques exceptionnelles et dont il faut saluer à la fois, le courage, l’endurance et l’excellence.
Les demi-finalistes sont cités dans l’ordre de leurs prestations du lundi après-midi au samedi soir:
Zhang Zuo (Chine, 23 ans)
Yannick Van de Velde (Belgique, 23 ans)
Mikhail Berestnev (Russie, 25 ans)
Joo Hyeon Park (Corée, 24 ans)
Lu Shen (Chine, 27 ans)
Tatiana Chernichka (Russie, 28 ans)
Joon Kim (Corée, 30 ans)
Rémi Geniet (France, 20 ans)
Roope Gröndahl (Finlande, 23 ans)
Sasha Grynyuk (Ukraine, 30 ans)
Stanislav Khristenko (Russie, 28 ans)
Boris Giltburg (Israël, 28 ans)
Yuntian Liu (Chine, 23 ans)
Andrew Tyson (USA, 26 ans)
Yedam Kim (Corée, 25 ans)
Jianing Kong (Chine, 27 ans)
Stephanie Proot (Belgique, 25 ans)
Sangyoung Kil (Corée, 29 ans)
David Fung (Australie/Chine 30 ans)
Yejin Noh (Corée, 27 ans)
Kana Okada (Japon, 22 ans)
Sean Kennard (USA, 29 ans)
Mateusz Borowiak (Grande-Bretagne, 24 ans)
Samson Tsoy (Russie/Corée, 24 ans)
| Order of appearance in the semi-final (piano 2013) |
N’ayant pas pu assister à toutes les épreuves de la semaine, nous ne pourrons pas commenter tous les concurrents mais voici les très nombreux coups de cœur!
A commencer par Yannick Van de Velde (Belgique, 23 ans) un musicien dans l’âme au parcours déjà illustre, car il compose également. Ils sont 4 jeunes frères, tous musiciens. Il est coaché de près par son maître, Jean-Claude Vanden Eynden qui depuis son dernier concert (dans le cadre des concerts de l’Orangerie de Seneffe) à la D’Ieteren Gallery , l’a encore fait évoluer de façon spectaculaire. Une autre compatriote belge a elle aussi été sélectionnée : Stephanie Proot (Belgique, 25 ans). Titulaire du 1er Prix, Grand Prix International André Dumortier, elle a le sens de la musique et un sens dramatique émouvant. Traversée par l’inspiration, armée d’une technique infaillible, elle joue pour elle-même et pour sa rencontre avec le compositeur, juchée sur sa propre chaise de laque noire Le Choral et Variations de Dutilleux est une merveille d’atmosphères évocatrices. Gloussement, pépiements, trilles, bavardages des marais, le piano joue la célébration du monde vivant et de l’univers poétique. Le paysage sonore tonitruant se pare de grands frissons ou évoque subitement le miroitement des derniers feux du soleil! Elle a su entraîner le spectateur dans un sillage musical grandiose. « Oh temps suspends ton vol ! » loin de l’hostilité du monde réel.
Mikhail Berestnev (Russie, 25 ans) a surpris par son approche à la fois tendre et vigoureuse du Prélude et Fugue de Bach (n°20/BWV 889) qu’il a sculpté avec force. Sturm und Drang, il est une vraie force de la nature dans l’étude (Wilde Jagd) de Liszt où l’on a retrouvé pathos et beauté de la souffrance dans un tempo intense aux dimensions fantastiques. Le musicien a tout donné ! Y compris une exultation solaire à la fin de la Troisième Sonate de Prokofiev.
Mateusz Borowiak (Grande Bretagne-Pologne, 24 ans) a terminé une prestation fougueuse, tonique et sonore par une splendide interprétation de l’étude op.18/1 de Béla Bartok avec une rythmique accentuée, puissante et diabolique ... après avoir séduit par un Prélude et fugue (BWV 885) de Bach aux sonorités claquantes et très bien construit.
Tatiana Chernichka (Russie, 28 ans) a opéré une vraie mise à feu (!) avec son entrée en matière hitchcockienne et sa puissante maîtrise dans l’œuvre de Rodion Shchedrin, Basso Ostinato. C’est de la sorcellerie pure, le nez sur le clavier, c’est une poseuse de bombes ! Un docteur Jekyll et Mister Hyde qui présente un nouveau visage fait d’intériorité et de musicalité investie, elle offre une finale éblouissante à son récital en jouant l’étude d’exécution transcendante n°10 de Liszt. Une interprétation enflammée au phrasé impeccable, le visage tendu, impassible et des mains de magie noire qui ne semblent pas appartenir au visage de madone.
David Fung (Australie-Hong Kong 30 ans) , un joyeux compère, a fait son entrée avec un sourire éblouissant. Son Prélude et fugue (BWV 884) est enlevé avec couleurs à l’appui, musical et beau. Le Molto moderato e cantabile de la Sonate op.78 de Schubert a ce qu’il faut de désespérance, de légèreté et de violence et fait penser à un Sonnenuntergang spectaculaire et poétique. Couleurs dramatiques qui s’évanouissent dans un silence. Son étude de concert Waldesrauschen de Liszt convoque tous les murmures de la forêt et la sève mélodique dans une atmosphère fantasmagorique et créative.
Boris Giltburg (Israël, 28 ans) aborde le Prélude et Fugue n°22 de Bach (BWV867) avec une attitude solennelle et déférente. Il y insuffle toute sa sensibilité utilisant un tempo majestueux qui invite à la contemplation.. La Sonate n°32 opus 111 de Beethoven évoque une tendre berceuse et l’étude n°5 opus 25 de Chopin caracole entre galops légers et panache, la dernière phrase noble comme une salutation au soleil. Mais c’est dans la dernière œuvre proposée que le musicien se singularise particulièrement : tel un artisan de génie courbé sur une sculpture difficile, il extrait une série de sons inimitables de son instrument. Ainsi, l’étude-tableau n°6 opus 39 de Rachmaninov laisse les spectateurs suspendus à une sorte de halo musical unique en son genre.
Sean Kennard (USA, 29 ans) joue devant la reine Fabiola, le dernier soir. Ses Feux-follets de Liszt résonnant de gloussements, gargouillis et contrastes farceurs sont inimitables. La virtuosité permet à peine de distinguer le ruissellement des notes, à la fin, la fuite des esprits se transforme en pure évanescence. On reste médusé par la technique et le rendu poétique. Mais c’est surtout la Danse macabre d’après Saint-Saëns transcrite par Horowitz qui a emporté l’adhésion du public. L’exécution sérieuse souligne l’aspect sarcastique de l’œuvre. Des mains ensorcelées rivalisent de vitesse et de puissance, les ruptures de tempo renforcent la démence avant un final rugissant mais tellement maîtrisé.
Stanislav Khristenko (Russie-Ukraine, 28 ans) a débuté le concert de mercredi soir par le Prélude et Fugue n°2 de Bach (BWV847) interprété avec puissance et robustesse … très slave. Son plaisir de jouer est évident et communicatif. La Fantaisie opus 28 de Scriabin termine un récital brillant, intelligent et bien composé.
Kim Joon (Corée, 30 ans) nous a offert un des moments musicaux les plus intenses du mardi soir. A la suite de la fougueuse Tatiana Chernichka, il n’a pas déçu avec la mise en scène d’une véritable chevauchée de souffrance dans son étude d’exécution transcendante n° 8 de Liszt, Wilde Jagd. Mais il a surtout acquis le public avec ses très belles variations sur un thème de Paganini de Brahms. Le musicien Coréen dont on aurait pu penser que le Bach était un peu trop maniéré a fait chanter son instrument et fait palpiter l’imaginaire musical du public.
Kim Sangyoug (Corée, 29 ans) La pianiste coréenne du vendredi soir fut applaudie avec véhémence. Le Prélude et fugue (BWV 892) de Bach est joué sur une vague ininterrompue d’allégresse. Elle savoure sa musique, insuffle une rythme dansant, joue avec les pianissimos et construit des fils de lumière auxquelles elle accroche des sonorités cristallines. Cela touche au sublime. Elle pourrait déjà arrêter là. Son étude en sol dièse mineur de Chopin lui met la tête dans les étoiles et elle nous emmène ainsi dans un firmament où vibrent des hululements intersidéraux… Virtuosité, élasticité, rayonnement, on a baigné dans un univers de nuances et de douceur.
Kim Yedam (Corée 25 ans) se produisait le jeudi soir commençant son récital par la sonate de Mozart K. 311, un jeu vivant et (vite) enlevé! Ensuite, place au sacré avec le Prélude et Fugue en si bémol mineur ( BWV 867) de Bach. Les bras en arabesques arrondies au-dessus du clavier elle joue l’étude pour arpèges composés de Claude Debussy. Pittoresque et coloré. Les Tierces de Chopin (Etude en sol dièse mineur op. 25 n°6) ne sont que volées inoubliables de pétales de fleurs. Joyeusement spirituelle et passionnée elle se glisse avec feu ibérique dans un morceau de bravoure espagnol : Triana, extrait de Iberia II d’Isaac Albeniz. Le public est heureux.
Lui Yuntian (Chine 26 ans) un des pianistes du mercredi soir. Il joue son Bach (Prélude et Fugue n°3 BWV848) d’un air décidé. Sa brillante virtuosité semble toute naturelle. Il produit des notes claquantes et lumineuses. Ce sera encore gagné ! Une muse imaginaire avec qui il semble converser veille-t-elle sur le musicien chinois? C’est l’impression qu’il donne en jouant l’allegro moderato de la sonate en la majeur de Schubert. La muse disparue dans la dernière mesure, il enchaîne aussitôt avec quelques mesures d’un Chopin bouillonnant. D’un ton moqueur, c’est Claude Debussy qu’il interprète avec vivacité et grands contrastes de toucher. De l’effleurement au pédalage, c’est une chevauchée fantastique qui s’élance dans la salle. William Bolcom ( Un Rag infernal) clôture le concert, un véritable élixir de malice musicale.
Noh Yejin (Corée, 27 ans) s’empare du Prélude et fugue (BWV 880) dans un pur esprit de béatitude. Elle jouera, courbée sur le clavier comme si elle attisait patiemment un feu. Magnifique timbre et petit salut discret de remerciement à l’instrument au dernier accord. La musique est Grâce et Joie. L’artiste écoute les sonorités avec respect. Après la fraîcheur de son Mozart elle s’attaque à Scarbo, Gaspar de la nuit de Ravel où elle exploite de ses mains vertigineuses les sonorités lugubres, les mugissements en crescendo et lâche un pied de nez final spirituel. La pianiste termine sur Chopin, radieuse, expansive et généreuse.
Okada Kana (Japon, 22 ans). Une pianiste au jeu félin qui passe de l’esprit baroque du Bach à un Joseph Haydn coulé et guilleret. L’exécution de l’étude Feux-Follets de Liszt est ludique et intense. Le tempo tourbillonne et éblouit. Revoilà le Scarbo de Maurice Ravel paré de touches spirituelles. A gauche il y a le savant modelage des basses et à droite les notes hautes pulvérisent les aigües. De quoi soulever le samedi après-midi, la salle de bonheur.
Park Joo Hyeon (Corée, 24 ans) Le sourire du pianiste semble tout de suite habité par la musique du prélude et fugue n. 2 de Bach. Il présente ensuite le largo de la sonate n. 17 de Beethoven avec finesse et intelligence, alternant l’aspect méditatif et la passion. On est sous le charme d’accords fermes et cuivrés de chapelets de notes claires et pour finir de belles notes amorties. Le Coréen se transforme en mousquetaire du piano dans l’étude Paganini n.6 de Liszt. Bravado, coups de chapeau, révérences, jeu scintillant et crépitant, trilles angéliques et final royal! Ce n’est pas fini ! La sonate tragique de Nikolai Medtner nous plonge dans un maelström d’émotions contradictoires évoluant vers un climax enivré de sonorités. Bonheur et souffrance tout à la fois! Impressionnant!
Shen Lu (Chine, 27 ans) nous a aussi fort impressionnés. Une construction souple et moelleuse de son prélude et fugue n.7 de Bach le conduit vers le ciselage ouvragé du modérato de la sonate en mi majeur de Haydn. Des notes claires, presque transparentes, une simplicité toute apparente et une très belle construction musicale. La pièce de clôture est saisissante. Il s’agit de la sonate Choral et Variation de Dutilleux. Une entrée en matière Forte qui enchaîne ensuite évanescence, déferlantes, amoncellements spirituels, arpèges, vocalises et accords fracassants. Quelle résonnance ! une harpe était cachée dans le piano!
Et pour terminer cette promenade avec ces jeunes talents débordants de génie musical, voici le tout dernier candidat sélectionné pour les demi-finales. Encore une belle révélation parmi les jeunes candidats qui se sont présentés lors de cette première épreuve. Il s’agit de
Samson Tsoy (Russie-Corée, 24 ans) C’est l’émotion vive dès ses première pages. Un silence profond unit la salle. Il a choisi de débuter son récital avec la Fantaisie op. 77 de Beethoven. Il y module joie et narration, joue avec les mélodies, pique les notes avec humour et grâce. Dans le Joseph Haydn, (L’Allegro moderato de la Sonate Hob XVI :46 ) les sonorités bondissent, les gammes sont étincelantes et volubiles. Tout est coloré, bien charpenté, tenu et ardent. La finesse de l’architecture musicale n’a d’égale que l’élégance aérienne de l’interprétation. Son Bach est foisonnant et carillonne. Son Lizst est généreux, large, splendide, … océanique. L’étude en ut mineur de Chopin marque la fin d’une semaine fabuleuse avec des concurrents tous plus engagés les uns que les autres.
Concours Musical International Reine Elisabeth

La rotonde du château d'argent luit entre mare et ciel
Mosaïque de citronnier
Croisements d'acajou coeur de bois rares
Le concerto de flûtistes masqués ravit l'âme
Toute anxiété s'arrête
Panneaux de soies écrues du lyonnais
Vin doux sous la langue
Dans les cristaux à facettes
Les chocolatières d'argent niellé
Et tous les raffinements des dames en négligé
Font les recettes sucrées des boudoirs
Sous les mousselines ennouées de rubans
les doigts s'égarent quêtant des mains parfumées
Et des jupons indiscrets et la chair tendre des Dames
Tant de soupirs de bien être
Tant de vent dans les sphères
De transparentes sonorités
Mêlent à l'intimité de l'être
La musique du ciel
Et les incandescences de l'été
Deuxième édition augmentée
De nombreux membres nous ont fait le plaisir de participer activement et avec enthousiasme à notre projet des partenariats poésies-peintures au sein de ce réseau.
Ce projet se continue encore évidemment.
Cependant, je tenais à vous en montrer une édition (provisoire et incomplète) d'ores et déjà, pour vous présenter un aperçu de ce que cela pouvait donner au final.
Voici donc ci-dessous comment cela se présente. Le reste suivra bientôt, mais il faudra patienter.
Mes remerciements à tous les participants et aussi à Liliane Magotte à qui j'ai confié en son temps la charge d'Administrateur de ces partenariats: elle s'est acquittée de sa mission avec brio et ténacité.
Le travail n'est bien sûr pas fini dans son chef, dans le mien et dans celui du vôtre évidemment. Elle vient d'ailleurs de lancer une demande pour obtenir plus de participation des peintres.
Par ailleurs un membre vient de me faire la remarque justifiée que ce sont surtout les Dames du réseau qui ont collaboré... Puis-je demander aux Messieurs aussi de s'y mettre?
Robert Paul
La cartomancienne au bas de laine de Charles De Wit.
Moderne Aruspice.
L’art divinatoire joue la cartomancie,
Change d’espace temps, nage de porcs en ports,
Va depuis Marseille jusqu’en Alexandrie,
Se mettre au service des devins faux ou forts.
La lune gourmande sourit à l’aubaine,
De dame voyante plumant les volailles,
Venues pour pleurer l’amour et la haine,
D’un partenaire enfui semant la pagaille.
L’œil de Dieu l’observe, tout comme le hibou,
Sage représentant d’Atropos la Parque,
Coupant le fil des vies, et le chaton tabou,
Au don de clairvoyance avise en monarque.
Psychologue elle sent jusqu’où cerner l’émoi,
Pour tirer un profit ou rester honnête.
Avec habileté pour l’humain aux abois,
Avance des propos, Joue à la devinette.
Moderne Aruspice sans foudre ni poulets,
Suscite réflexions et débroussaillage,
Par le client naïf doux comme un agnelet,
Résigné qui la guide dans ses aiguillages.
Les longs bas de laine se gonflent de l’argent,
Des petit’s misères des gogos crédules,
Qui lavent leurs soucis aux Mages détergents,
Désireux de gagner un double pécule.
Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES..
Un partenariat
Lettres
Une heure s’élance.
Une heure s’élance en écarquillant ses grands yeux :
C’est fou ce qu’elle désire de ce jour à venir ;
Regarde, elle tend les bras, vois, c’est merveilleux
Et dire que dans l’instant elle pourrait bien mourir !
Généreuse, elle t’invite au grand ballet du temps :
Elle comptera tes pas sans folie, sans sagesse ;
Surgira de son ciel un tel rayonnement
Que tu en oublieras le courage, la paresse.
C’est fou ce qu’elle désire de ce jour à venir :
Que tu marches vers elle et que tu étincelles ;
C’est une heure de vie qui voudrait te sourire.
Regarde, elle tend les bras, vois, c’est merveilleux !
Et dire que dans l’instant elle pourrait mourir …
En une seconde s’éteindre en d’autres lieux !
Pierre WATTEBLED- le 3-05-2013.
Adrien Grimmeau, historien de l’art et spécialiste de la sculpture (il travaille sur la sculpture belge et sur l’art urbain) nous autorise à reproduire son important et intéressant document intitulé " Honorer Charles De Coster" qu’il fit paraître sur le site « Mémoires » en son temps.
Le 7 mai 1879, Charles De Coster mourait à Ixelles dans l’anonymat. Douze ans plus tôt, il avait publié la première version de son chef d’œuvre, La légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs. Paisible professeur de français à l’école de guerre, il avait consacré sa vie à ce qui serait l’épopée du peuple belge. Hélas, il n’obtint pas le succès escompté, et ne fut reconnu que des écrivains. A sa mort, Camille Lemonnier prononça un discours élogieux devant un maigre public. Le même jour, il monta un comité chargé de défendre l’œuvre de De Coster, mission qu’il ne pourra mener à bien[1]. Charles Samuel[2] a alors 17 ans. Il vient d’entrer à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Sculpteur prometteur, il a déjà gagné plusieurs prix quand, en 1888, Amédée Lynen[3], son colocataire, lui présente avec enthousiasme La Légende d’Ulenspiegel, qu’ils lisent entre deux heures de travail[4]. Ne sachant qu’envoyer au Salon de Bruxelles pour 1890, Samuel se fait conseiller par Lynen l’idée d’un hommage à De Coster. L’envoi impressionne le jury du Salon et les autorités, qui semblent convenir qu’il faudrait concrétiser l’oeuvre. Le 26 octobre 1891, Samuel soumet son projet à l’administration communale d’Ixelles[5]. Pourtant, l’idée ne sera pas suivie immédiatement.
En 1892, la tombe de De Coster est menacée de réemploi. La presse relaie les cris d’alarme des littérateurs belges[6], et voilà l’opinion sensibilisée à son patrimoine méconnu. Des amis déplacent le corps, on s’apprête à republier La Légende : le groupe de défenseurs de l’écrivain reprend courage. Parallèlement, le projet de monument de Samuel continue de faire parler de lui. Il circule d’exposition en exposition où il amasse de prestigieuses récompenses[7]. On en parle de plus en plus comme du projet d’un monument qui sera érigé à Ixelles[8].
C’est en janvier 1893 que tout s’active. Le gouvernement publie le 3 janvier une dépêche spécifiant que le projet est accepté, et qu’il interviendra pour moitié (soit 9000 francs) dans les frais de construction[9]. Le 13 janvier, Samuel, venant d’apprendre la nouvelle, envoie une lettre à la sœur de l’écrivain. "Voilà donc nos efforts couronnés de succès ; j’en suis profondément heureux et vais bientôt me mettre au travail ; la passion et l’admiration que j’ai pour Charles De Coster contribueront, j’en suis convaincu, à me faire produire une œuvre digne de sa mémoire. Je compte bien que vous viendrez de temps en temps en suivre les progrès".[10] Le contrat indique les dimensions : 5m de haut, 4m de large[11]. En profondeur, le socle mesurera 1,7m.
Fin 1893, le groupe central est envoyé à la fonte après quelques jours d’exposition dans les ateliers du sculpteur, où il fait excellente impression[12]. Après les dernières modifications, le monument est finalement inauguré le 22 juillet 1894 sous un soleil de circonstance, 15 ans après la mort de Charles De Coster. Beaucoup de monde est présent, des grands noms de la culture aux gens du peuple. Le comité organisateur, aux noms prestigieux (Lemonnier, Dillens, Maeterlinck, Mellery, Meunier, Verhaeren, Rops, …) décide qu’il ne sera prononcé qu’un seul discours de littérateur : celui de Camille Lemonnier, qui s’était investi dès le début dans la mission de reconnaissance de l’écrivain. Son allocution[13], élogieuse au possible, sur celui qu’il considère comme le père de la littérature nationale, est précédée d’une autre, plus brève, du bourgmestre, et suivie de chansons d’enfants adaptées de l’œuvre de De Coster. La journée, poursuivie par une garden-party chez la mère du sculpteur, se termine par une réception du bourgmestre[14].
Le lendemain, Caroline De Coster écrit son bonheur à une amie : "Jamais je n’ai été si doucement heureuse, (…) il y avait tant de monde que je croyais rêver… Et de fait je rêvais, jamais je n’aurais osé désirer une telle fête. (…) Elle était toute d’élan et d’enthousiasme, on avait l’âme heureuse comme si l’on avait retrouvé un ami mort".[15] Pus loin, elle indique que "Samuel doit venir se reposer chez nous quelques jours, il est surmené, le pauvre garçon a dû connaître bien des [difficultés], il a fait une belle œuvre…" La sœur de De Coster a beaucoup d’estime pour le sculpteur. Elle est la seule : dans son discours, Lemonnier ne le cite pas une fois. Les journaux relatant la cérémonie le citent eux aussi très peu. On préfère réparer l’oubli du nom de De Coster. De fait, l’inauguration fait beaucoup parler du défunt : L’art moderne consacre trois couvertures d’affilée au sujet, fait exceptionnel pour ce genre d’occasions[16]. C’est que la journée est fortement symbolique. Une nouvelle génération d’écrivains revendique l’existence d’une littérature belge indépendante, dont De Coster est un étendard rêvé. L’Etat suit le mouvement car aucune statue encore n’aurait été dressée en Belgique en l’honneur d’un écrivain francophone[17], et La Légende est un exemple des valeurs nationales. Quant à la commune d’Ixelles, elle est fière de montrer que cet écrivain dont on parle tant vient de ses quartiers.
Le monument
Charles Samuel a choisi pour son monument une forme de l’architecture mortuaire, celle de l’édicule funéraire, qu’il a considérablement agrandi. Son trait de génie est d’avoir relégué la référence à l’écrivain au second plan, pour représenter le couple fictif, Thyl et Nele. Cette idée de statue à l’œuvre d’un romancier plutôt qu’à l’homme lui-même, Charles Van der Stappen l’avait déjà concrétisée dans La Mort d’Ompdrailles en 1892. Notons que le sculpteur travaillait au projet depuis 1883[18], c’est-à-dire exactement dans la période où Samuel l’eut comme professeur à l’Académie de Bruxelles (1883-1888). On peut dès lors supposer que l’influence du maître s’est ressentie dans l’idée de l’élève.
Thyl et Nele sont assis sur le rebord de la niche. Eux et leurs accessoires constituent la partie en bronze de l’ensemble, coulée chez J. Petermann fondeur, Bruxelles. Derrière eux, un médaillon en marbre de l’écrivain, entouré de son nom et de ses dates de vie et mort (1827-1879), est accolé à la paroi, encadré de palmes et de rubans. Tout le reste est en pierre bleue. La niche est délimitée par deux colonnes engagées et un arc en plein-cintre, surmontés d’un entablement portant une citation du dernier paragraphe du livre : "… Est-ce qu’on enterre Ulenspiegel l’esprit, Nele, le cœur de la mère Flandre…". L’entablement est lui-même encadré de deux mascarons présentant Lamme (à gauche) et Katheline (à droite), personnages secondaires de l’épopée. L’ensemble est couronné d’un fronton à corniche courbe présentant des bébés joufflus dont deux, au centre, tiennent un miroir dans lequel se mire un hibou, les deux symboles d’Ulenspiegel, "qui n’est ainsi nommé que parce que son nom veut dire hibou et miroir, sagesse et comédie, Uyl en Spiegel"[19]. De part et d’autre de la niche, deux arrière-corps avec ailerons présentent, à gauche, un chat se réchauffant contre une marmite, et à droite, un chien dormant sous un rouet. Ces deux pendants représentent la chaleur et la douceur du foyer flamand. Sur le soubassement, derrière les pieds de Nele et Thyl, un léger bas-relief effacé par le temps présente la ville de "Damme en Flandre" et son beffroi. En bas à droite, les noms de Samuel et de Vestel, avec la date de 1894. Entre le projet de 1890 et le monument définitif de 1894, on observe de nombreux changements. Il est difficile de déterminer à quel stade l’architecte, Franz de Vestel, est intervenu dans l’élaboration, mais c’est probablement grâce à la nouvelle vision née de la parfaite collaboration des deux hommes que le projet s’est épuré. Franz de Vestel ne réalisa que peu d’œuvres dans sa carrière[20]. Il conçut principalement des maisons bourgeoises, où se lit son admiration des formes de la renaissance flamande. Cette influence est ici aussi déterminante, et convient parfaitement au sujet. Il a néanmoins réussi à épurer le côté expansif flamand dans une réalisation juste, où architecture et sculpture se confondent en une harmonie rare.
Au départ, le monument se présentait comme un résumé des œuvres de De Coster. La Légende d’Ulenspiegel était bien sûr la clé de l’édifice, mais le soubassement présentait, en plus de Damme, les autres écrits de De Coster, organisés chaque fois autour d’une banderole portant leur titre. Les symboles de La Légende, hormis le couple central, se trouvaient relégués à des détails : le hibou et le miroir laissaient place à une inscription "Charles De Coster" tenue par les amours, et se retrouvaient, pour le hibou, dédoublé aux bords de l’entablement, et pour le miroir, dédoublé de part et d’autre du plein-cintre. Lamme et Katheline étaient ramenés aux bas-côtés, et l’inscription de l’entablement se trouvait, réduite, en dessous de la figuration de Damme, pour céder sa place à un entrelacs de roses et de ruban. L’architecture elle-même était moins heureuse : des piliers préfiguraient les colonnes, tandis que la niche centrale prenait la forme d’un cul de four, écrasant Thyl et Nele, déjà plus petits que dans la version finale. Les arrière-corps n’étaient pas encore développés, mis à part les deux groupes du chien et du chat, qui, dans ce contexte, symbolisent Les légendes flamandes, alors que dans le contexte du monument définitif, ils plantent simplement le décor des aventures d’Ulenspiegel.
L’ensemble actuel est donc un hommage à De Coster au travers de son œuvre principale, celle que Samuel et Lynen aimaient tant lire dans leur atelier. Et Samuel témoigne d’une compréhension très fine du roman. Plusieurs détails discrets enrichissent le monument pour ceux qui ont lu l’œuvre. Ainsi, une observation attentive permet de remarquer que les deux chapiteaux composites coiffant les colonnes sont différents. En fait, ils symbolisent chacun le personnage représenté au dessus d’eux. A gauche, la lecture est facile : Lamme, le meilleur ami de Thyl, et grand amateur de ripailles, est représenté par une chope de bière se déversant généreusement. Le lien avec la colonne est rendu pas quelques fruits. Pour Katheline, la lecture est moins évidente. Il s’agit probablement de flammes. La mère de Nele passe en effet pour une sorcière, amoureuse du diable et devenue folle après l’épreuve du feu – la folie se lit très bien dans son visage. Le lien avec la colonne présente une menotte et des chaînes, signes de l’emprisonnement de son esprit. Katheline n’est pas le personnage secondaire le plus important de l’épopée : on aurait pu lui préférer le père de Thyl. Si Samuel l’a choisie, c’est pour former un double chiasme avec le groupe central : Thyl, personnage masculin, à droite, en parallèle avec son ami à gauche, et Nele, personnage féminin, à gauche, en parallèle avec sa mère à droite. Le chiasme porte donc sur les relations entre les personnages, et sur leur sexe. Autre détail qui a son importance : les putti, de six dans l’ébauche, deviennent sept dans le monument. Sept est le chiffre symbolique récurrent de La Légende : Thyl doit combattre les sept péchés capitaux pour donner à la Flandre les sept vertus[21]. Ils symbolisent donc, au delà de la prospérité de la Flandre comme on l’a souvent dit, les vertus à venir.
Le couple central est particulièrement bien rendu. Moins chétif que dans le projet, Thyl est présenté en homme mûr perdu dans un moment de mélancolie, son épée posée à côté de lui sur l’écusson flamand. Sur son torse, les cendres de son père assassiné. Nele le réconforte affectueusement. Elle porte le vêtement traditionnel zélandais, que Neel Doff, future écrivaine qui posa pour la sculpture dans sa jeunesse[22], avait déjà remarqué : "J’aurais voulu être paysanne zélandaise pour pouvoir m’habiller ainsi ; même l’amoncellement de jupes, qui les faisait rondes comme des cloches, me plut".[23]. La scène, plus rêveuse qu’héroïque, est proche d’un passage de La Légende :
- Tu es triste? disait-elle.
- Oui, disait-il.
- Pourquoi? Demandait-elle.
- Je ne le sais, disait-il, mais ces pommiers et ces cerisiers tout en fleurs, cet air tiède et comme chargé du feu de la foudre, ces pâquerettes s’ouvrant rougissantes sur les prés, l’aubépine, là, près de nous, dans les haies, toute blanche… Qui me dira pourquoi je me sens troublé et toujours prêt à mourir ou dormir ? (…) Mais elle ne parlait point, et d’aise souriant regardait Ulenspiegel[24].
Cet amour de la nature correspond bien à la position du monument aux abords des étangs d’Ixelles, à l’emplacement du banc où s’asseyait régulièrement De Coster. Cependant, il n’est pas tourné vers l’eau, mais vers l’agitation populaire de la place Flagey. Pour accentuer cette cassure, Samuel tenait à l’implantation de végétation en hémicycle derrière le monument[25]. Ce dispositif n’est plus présent aujourd’hui, ce qui sert le monument : celui-ci marque une transition vers l’espace de quiétude que constituent les étangs, et semble appartenir déjà à ce calme.
Réception
Le monument est très bien accueilli. Mais comme celui de Charles De Coster, pas de Charles Samuel. On convient de sa beauté, mais pas toujours au bénéfice du sculpteur : Michel de Ghelderode, décrivant l’œuvre, écrit "Ce Tyl qui se repose près de son amie, c’est signé Samuel et c’est visiblement d’un autre. Je ne trouve que Julien Dillens pour avoir modelé cela… Aucune importance : l’œuvre est belle, De Coster est honoré…"[26]. Certains commettent même la faute et attribuent le projet de monument à Dillens[27]. C’est que, de la carrière de Samuel, c’est probablement la pièce la plus intéressante : une œuvre de jeunesse, sensible, passionnée et intelligente. Par la suite, le sculpteur ne sera plus si inspiré, et se perdra souvent dans sa volonté formaliste qui lui faisait dire : "Il ne sied pas de torturer sa forme pour y mettre des idées. Les idées doivent naître en admirant une forme exacte. C’est encore grâce à celle-ci qu’on peut exprimer les plus clairs symboles".[28] Ses œuvres perdront en émotion ce qu’elles gagnent en grandeur, en monumentalité. A Bruxelles, en témoignent parmi d’autres le Monument aux élèves du navire-école De Smet de Nayer (1912), les six statues de la Maison Balzer (1913), ou La Brabançonne (1930). Samuel réalisera de nombreux monuments ; on le traitera même de "tâcheron de la commande publique"[29]. Comme c’est le cas à l’époque pour les œuvres populaires, il existe plusieurs sculptures dérivées du monument De Coster. On peut en distinguer deux types. Tout d’abord, Charles Samuel a isolé le buste de Nele. Celui-ci existe en différentes matières : des exemplaires en plâtre (Musée communal d’Ixelles), bronze (Musée communal d’Ixelles), terre-cuite, ivoire et marbre sont attestés. La deuxième production dérivée est la réduction en bronze de la partie en bronze du monument. Thyl et Nele sont assis sur un piédestal de marbre vert délimité sur les côtés par deux volutes, et dans leur dos par une corniche courbe rappelant le fronton original. Sur ce socle est reprise la phrase de l’entablement réel. Le couple présente de légères différences par rapport à son modèle – notamment, l’embout de l’épée de Thyl n’est pas décoré dans la réduction, et le ceinturon de celle-ci suit un trajet plus simple. On connaît deux exemplaires de cette version, marqués Société nationale des bronzes, St Gilles Bruxelles, ce qui ramènerait leur date d’exécution à après 1902, année de changement de nom de l’entreprise Petermann[30]. L’un fut exposé en 1940 au Salon de Printemps à Bruxelles[31] avant d’être donné au musée de Bruxelles. Le second comporte l’inscription "A monsieur Louis Blyckaerts, échevin, 1903-1928, la commune d’Ixelles reconnaissante" ; son socle s’est vu greffer un emmarchement de pierre noire, et les deux volutes latérales sont de la même matière. Il semblerait que la Compagnie des bronzes ait elle aussi produit ce genre de pièce[32], mais aucune n’a été trouvée. Parallèlement à cette sculpture dérivée, on peut classer l’Ulenspiegel et Nele en ivoire pour l’exposition de Tervueren en 1897, dont le socle en marbre forme un muret inscrit toujours de la même phrase. Le couple y est plus proche de l’original. Dernière citation du monument : en 1914, La Légende est rééditée en version de grand luxe illustrée par Lynen. Le premier plat de couverture est orné d’un bas-relief en veau reprenant le couple de Samuel.
Toutes ces reproductions témoignent de l’importance du monument qui, s’il marqua les esprits en 1894 pour l’oubli qu’il réparait, ne fut un succès que grâce à la passion que Samuel y plaça. Cette œuvre est une réussite que le temps n’a pas oubliée, et il est agréable de constater aujourd’hui qu’elle est encore admirée non pour Charles De Coster ni pour Charles Samuel, mais bien pour la belle quiétude qui s’en dégage, ce qui est tout à l’honneur de Samuel et de Vestel.
Adrien Grimmeau, Historien de l’art et spécialiste de la sculpture
[1] HANSE, Joseph, Charles de Coster, Bruxelles, Palais des Académies, 1990, p.41.
[2] Concernant le sculpteur Charles Samuel (1862-1938), voir OGONOWSKY, J., « Samuel, Charles », in La sculpture belge au 19è siècle, Bruxelles, Générale de banque, 1990, v.2, pp.550-3.
[3] Amédée Lynen (1852-1938) fut illustrateur. Membre fondateur de l’Essor, il consacrera dix années aux illustrations de La légende.
[4] SAMUEL, Mme Charles, « Un grand sculpteur Charles Samuel », in Psyché, juin 1928, sp.
[5] Bulletin communal d’Ixelles, séance du 13 juin 1893, p.296.
[6] EEKHOUD, Georges, « Charles De Coster », in L’art moderne, 19 juin 1892, pp.193-5.
[7] Exposée à l’Essor (1891), à l’inauguration du musée d’Ixelles (1892), l’œuvre sera plus tard médaillée d’or à Anvers (1894), Dresde (1897), Paris (1900), Munich (1901), Saint-Louis (1904).
[8] « L’exposition d’Ixelles », in L’art moderne, 26 juin 1892, p.205.
[9] Bulletin communal d’Ixelles, op.cit.
[10] Lettre de Charles Samuel à Caroline De Coster, 13-1-1893, Bruxelles, Archives et Musée de la Littérature, ML 3719.
[11] Bulletin communal d’Ixelles, op.cit.
[12] « Le monument De Coster », in L’art moderne, 24 décembre 1893, p.413.
[13] LEMONNIER, Camille, in Inauguration du monument élevé par l’administration communale d’Ixelles à Charles De Coster le 22 juillet 1894, Bruxelles, Paul Lacomblez, 1894, pp.9-20.
[14] « A travers la ville », in Le petit Bleu du matin, 23 et 24 juillet 1894, p.1.
[15] Lettre de Caroline De Coster à une amie, [23 juillet 1894], Bruxelles, Archives et Musée de la Littérature, ML 3710.
[16] L’art moderne, 15 juillet 1894 pp.220-1 ; 22 juillet pp.227-30 ; 29 juillet pp.235-7.
[17] « Un monument mérité », in Le Soir, 4 novembre 1892, p.1.
[18] DEROM, Patrick (dir.), Les sculptures de Bruxelles, Anvers, Pandora, 2000, p.100.
[19] DE COSTER, La Légende…, « Préface du hibou ».
[20] Franz de Vestel (1857-1932) se consacra à la défense professionnelle et à l’enseignement. Il fut président de la Fédération des Sociétés d’Architectes de Belgique, directeur de la revue L’émulation, professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, et succéda à Victor Horta à la chaire d’architecture de l’ULB.
[21] HANSE, Joseph, op.cit., p.134-5.
[22] WILWERTH, Evelyne, Neel Doff, [Belgique], Bernard Gilson – Pré aux sources, 1992, p.61.
[23] DOFF, Neel, Jours de famine et de détresse, Paris, Bibliothèque-Charpentier, 1911, p.210.
[24] DE COSTER, op.cit., chapitre 31.
[25] « Le monument De Coster », in L’art moderne, 24 décembre 1893, p.413.
[26] DE GHELDERODE, Michel, Mes statues, [Bruxelles], Ed. du carrefour, 1943, p.55.
[27] L’illustration européenne, 1er avril 1891, p.437.
[28] PIERRON, Sander, Douze effigies d’artistes, Bruxelles, Xavier Havermans, 1910, p.36.
[29] STIENNON, Jacques, DUCHESNE, Jean-patrick, RANDAXHE, Yves e.a., L’architecture, la sculpture et l’art des jardins à Bruxelles et en Wallonie, Bruxelles, la Renaissance du livre, 1995, p.239.
[30] DUPONT, Pierre-Paul, HUBERTY, Colette, « Les fonderies de bronze », in VAN LENNEP, Jacques (dir.), La sculpture belge au 19è siècle, vol.1, Bruxelles, Générale de Banque, 1990, p.255.
[31] Salon de Printemps, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1940, n°29.
[32] Lettre de Charles Samuel, 21 février 1935, Bruxelles, archives de la Compagnie des bronzes (AGR), inv.2657 (I 272).
Dans un ciel gris anthracite
Un fil d’or relie l’orage
Les éclairs foudroyants
Éclairent notre firmament
Du courage qu’il nous faut
Pour manier la faux
Les nuages de pluie remplissent notre ciel
De la pluie, de l’eau
Pour remplir notre seau
Dominique Prime 3 mai 2013
Un écureuil économise,
Par petits tas son stock pour l’hiver,
L’infortuné, perd sa chemise,
Un peu frileux sur son découvert.
Une fourmi engrange son blé,
Dans des greniers creusés sous le sol,
Le gros banquier est toujours flatté,
Des fortunes planquées au sous-sol.
La mouche à miel glane du nectar,
La reine pond et mange royal,
Dans l’Olympe pour joyeux fêtards,
Boit comme les Dieux, l’hydromel ancestral.
Le garde-corps et ses deux côtés,
Maintient l’ordre des gens et des biens,
Les boursicaults peuvent s’acquitter,
Et les fraudeurs garder leurs moyens.
Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.
*Boursicault petite somme mise en réserve.
Bouleau au doux Amour et Vénus dédié
Ô toi, arbre entre tous, joli,
Si délicat, fin et gracile
Tout à Vénus dédié,
Je te contemple émerveillée,
De jour comme et de nuit,
Dans ta grâce immobile.
Tu irradies amour et beauté
Et ton feuillage aérien et fin
Fait de mille tendres cœurs petits
Exhale une douce et mobile clarté
Et verse en nous un chant serein.
Je m’extasie du tendre blanc éclat
De ton écorce au toucher délicat.
A travers toi,
J’entrevois
Vaste, tout un pays
Dans sa mystérieuse poésie,
Reprenant le flambeau de l’Esprit.
Tout jeune encore dans ses possibilités
Mais riche d’éveil pour un lointain
Cultivant le Beau et le Bien.
La Russie au cœur gonflé
D’amour et fraternité
Où dévotion sincère s’épanouit
Pour le Saint des Saint,
Où tous les germes d’avenir
Seront prêts
A éclater
Pour le Devenir
De notre mère Terre.
Et préparer le Temps béni
Où notre planète bannira la guerre.
Arbre adolescent sacré
Que de bienfaisante bonté
Tu détiens et promets !
Dans tes racines profondes
Sont inscrits de lointains nouveaux mondes,
Où il fera bon vivre et chanter,
Où chaque humain sera entouré et soigné,
Où l’Art à l’Amour Universel sera consacré.
Rebecca Terniak
Poète
" Génèse de l'arbre vénusien " Video de Robert Paul
Un partenariat d'
Arts
Lettres
"Le printemps"
Acrylique 90x60
L.Magotte
Le printemps.
Le printemps s’envole comme une alouette,
Dans un ciel de blessure hivernale d’hier,
Les arbres s’étirent hors de leur couette,
De neige fondante mangée à la cuiller.
Leurs branches se couvrent du bonheur de la vie,
Pour protéger les nids des oiseaux à naître,
La jeunesse ranime les vigueurs d’eau-de-vie,
De la sève ardente qui pousse à renaître.
Tout s’éveille au soleil qui frissonne au plaisir,
De jouer avec l’ombre encore indolente,
Du froid en dormance pour se ressaisir,
En attendant l’été de fièvre brûlante.
Crocus et jonquilles dressent leurs corolles,
Dans les grands parterres aux couleurs de la joie,
Qui sonnent et chantent quelques barcaroles,
Aux parfums de la terre éclairée par leurs soies.
Le printemps s’envole comme une alouette,
Dans un ciel d’espérance ensoleillé d’amour.
Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.
Poème dédié à mon amie Liliane Magotte.
Un partenariat d'
BONNE NOUVELLE, voici le blog qui présente le spectacle « Sur un nuage »
Rencontre Hypno-poétique entre un écrivain et une musicienne. Tout un univers à voir et à écouter.
Musique, composition et chant : Marielle Vancamp
Paroles, textes : Pascal Feyaerts
http://mariellevan.wix.com/sur-un-nuage
Quelques extraits :
Tristan et Yseut : https://www.youtube.com/watch?v=4QCmvILXbzE&feature=player_embedded
Telle l’atrabile : https://www.youtube.com/watch?v=XyDvbMdlU9o
Minuit, rues désertes : https://www.youtube.com/watch?v=TERn25OO2yI
J’habite un nuage : https://www.youtube.com/watch?v=JTXoLBq_gmQ&feature=player_embedded
Petit Pierre : https://www.youtube.com/watch?v=zugRHk0ukrY&feature=player_embedded
Un père attentif : https://www.youtube.com/watch?v=K9_HRmc0S6o&feature=player_embedded
N’hésitez pas à nous contacter nous recherchons des dates et des lieux à visiter.
Jean C. Baudet est philosophe, auteur de nombreux ouvrages et spécialiste de l'histoire des systèmes de pensée.
Il examinera la question de l'Art par le biais de l'histoire et de la critique philosophique. Il sera en particulier traité du rapport entre l'Art, la Technique et le fait religieux, et l'on tentera une analyse des concepts de Beau, de Sacré et de Véritable. La situation de l'Art dans une Humanité mondialisée sera ainsi déterminée dans son évolution et dans sa "fonction".
La conférence-causerie se déroulera en date du samedi 4 mai 2013 (19 H) à l'Espace Art Gallery, 35 rue Lesbroussart (Bruxelles) à l'initiative d'Arts et Lettres.
Entrée libre - Verre de l'amitié.
Réservation obligatoire au 0497/ 57 71 20
Jean Baudet à la librairie Filigranes à l'occasion de la sortie de son livre "Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique aux Editions Jourdan
En plus d’expositions documentaires historiques et littéraires
rehaussées d’iconographie à l’appui, de conférences débats
et autres épisodes scéniques en tant que « diseuse » de mots émaux
issus du patrimoine portant sur le thème de l’Empire de Flore,
Valériane d'Alizée propose des rencontres revêtant la forme
D’Ateliers pédagogiques d'initiation naturaliste
« À Fleurs de Mots » et « Voix au Chapitre »
(Écrit et Oralité
Vers et Prose)
liés aux rythmes des saisons,
thème tant sacré que profane :
Interventions ponctuelles en milieu scolaire, foyers sociaux culturels
Centres spécialisés, Musées, Maisons de l’Environnement,
ainsi que sous forme de stages,
et selon proposition, possibilité de cours particuliers,
Sessions organisées tant au service des « Anciens »,
que de « pousses juvéniles » introverties, jeunes en difficulté,
individus souffrant d'handicaps légers, de troubles cognitifs,
de déficience visuelle, d’instabilité émotionnelle, de troubles bi polaires, de pathologie d’Alzheimer, d’autisme, sans oublier les malades
en longue hospitalisation, les détenus… etc. :
En introduction, tenter de faire prendre conscience à chacun d’entre-eux de la valeur fondamentale de la Terre, notre Mère universelle, et de sa fille, la Nature…
1. Évocation des grands botanistes explorateurs de l'histoire…
2. Valorisation d’une noble essence végétale ce « géant » qui nous survit : l'arbre, rameaux persistants ou caduques, lierre, laurier noble et autres feuillages symboliques…
3. Valorisation de la "Reine des fleurs", la Rose, et son pendant tout aussi royal, le Lis candide, de la Vigne, des Vergers présidés par Pomone et récoltes fructifères semblables aux céréales…
4. Hommage à notre Mère universelle à tous, Gaïa, Hommage à l'art d'Hortésie (les jardins), qu’ils soient bouquetiers, à vocation utilitaire…
5. Aux plantes potagères, médicinales, « Fleurs de simples » et autres espèces florales méconnues, rares ou en voie de disparition, telle la violette double dite de Parme cultivée à Toulouse, sans oublier les « fleurs à parfum » du pays de Grasse, chantées par Maurice Maeterlinck (« l’Intelligence des Fleurs »)…
6. Aux fêtes découlant du calendrier chrétien, telle la "célébration de Noël" ponctuant "l'Hiver, saison de l'art serein", selon une formule de Stéphane Mallarmé…
7. Mise en lumière du corpus ou d’une pièce d’un auteur, ses accords majeurs et correspondances stylistiques noués avec l'un de ses "frères de plume" ou d’art… tel que le mythe d’Ophélie
8. Études naturalistes portant sur Colette : "Regards croisés mêlant Herbier et le genre félin, sur Francis Jammes, ce "Faune habillé de bure" et maintes personnalités ambassadrices louant le culte de Natura…
Signé Valériane d'Alizée
A lire, pour mémoire: Portrait ou Parcours artistique de Valériane d’Alizée, Auteur-Interprète
La page de Valériane d'Alizée où vous pouvez la contacter
Note de l'éditeur responsable:
Si vous dirigez une organisation, un groupe où l'on peut s'intéresser à La Flore dans l'Art et l'Histoire à travers les siècles, Valériane d'Alizée est la personne compétente pour vous proposer des animations culturelles de qualité.
R. P.
Savez-vous que arts et lettres expérimente une version mobile du site.
Parmi les items disponibles l'on peut y trouver entre autres l'ensemble des photos mises en vedettes.
Festival de belles oeuvres:
L'on peut accéder sur son mobile également à
L'activité du réseau
Les photos
Les membres
Les groupes
Les blogs
Les évènements
Deashelle
François Esperanza
Olivier Dumont
Les billets de Robert Paul
La version mobile globale accessible à l'adresse
https://artsrtlettres.ning.com/m
Soit l'adresse du site suivie par /m ( m comme mobile ) C'est simple à retenir!
Si l'on ne possède pas de smartphone, l'on peut suivre ces essais sur son ordinateur en tapant simplement /m dans le champ http tout au dessus de votre écran.
Ensemble et séparément
Spectacle sublime
Porte Clair-obscur
Jeune avant-garde au garde-à-vous
Visages lisses.
Turkish delights dans une boîte de Pandore
Pas d'instruments, pas de couleur
Chaises suspendues sans peur du vide
Partition lumineuse à quatre mains
Pas à pas des éblouissements
Bombardement photographique haletant
Fragmentation du trio assis en cinq dimensions:
Quinze personnages.
Fascination de clignotements dont on ne peut comprendre la trame
Logettes, ruche, lucarnes, cellules brillantes claquent
Tout s’agite en solo sur ce mur d’urnes qui parlent.
Mystérieux glissements de place
Vociférations muettes fracassantes, gestes picturaux
Palabres et prières en éclats
Concert de voix parlée dans une langue inconnue sopranos, alto, baryton
Débit ultra rapide et totalement articulé à tous les étages
Ensemble parfait mélodieux et tendu
Oiseaux migrateurs qui se sont abattus quelque part dans la ville.
Un sac de dame dans lequel on fouille rageusement
Perte de mémoire
Poses corporelles calculées au millimètre
Robes de ville stylées et costumes bien coupés
Sombrent en un éclair
Maquillages parfaits
Chevelures soignées
Violents coups de talon au sol
Les personnages se trouvent traqués
Dans leurs conversations anodines
Par la lumière comme des animaux
Des forêts émus traversant la route, la nuit.
