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poésie (197)

12273230275?profile=originalAphrodite Niképhoros de la villa de Thésée,
Nea Paphos, marbre, 2e/3e s. av. J.-C.
(musée de Chypre, Nicosie)

 

      Et là sur cette plage d’Achni qui vit émerger Aphrodite, au Rocher du Grec, les Achéens s’en revinrent de Troie et débarquèrent. La boucle était bouclée.

Ou presque… Permettez encore que je file la métaphore tant la légende est belle.

 

12273229880?profile=originalAphrodite

(marbre du 1er siècle découvert à Soli, musée de Chypre, Nicosie)

Aphrodite la dorée, qui fait naitre l’amour

Et met en émoi la création entière.

Dorée comme un Titien, une certaine morgue aux lèvres.

Son galbe est parfait, mais ne lui dites pas qu’elle est la plus belle hellène, irascible, elle pourrait se méprendre et vous poursuivre de sa vindicte.

 

      A Chypre toujours, un jeune sculpteur pétri de talent, Pygmalion,  se prit à créer une statue qu’il voulut divine. Chaque jour il passait et repassait son ciseau jusqu’à atteindre la forme suprême de l’art, l’art vivant qui fait oublier le geste, qui fait oublier le reste. Tant et si bien qu’il s’éprit de sa création, d’un amour sans retour.

Aphrodite s’en émut. Et la statue ne demeura pas de marbre, ou d’ivoire, ni sans défense.

« De son sein il approche une amoureuse main…  Pygmalion sent des veines tressaillir… Alors, transporté d’allégresse, il rend grâces » à la déesse*1. 

Il appelle l’œuvre de chair Galatée, qu’il étreint aussitôt.  

N’y voyant pas offense,

« La vierge sent ses baisers et rougit, elle ouvre à la lumière un œil craintif, et voit à la fois le ciel et son amant. »

12273230896?profile=originalPygmalion et Galatée, 1819

Anne-Louis Girodet de Roucy-Trioson (1767-1824)

« Elle rougit parfois, parfois baisse la vue ;

Rougit, autant que peut rougir une statue. »,

La Fontaine

(musée du Louvre, Paris)

Là, la voyez-vous frémir ?

Mais je dois à la décence ne pas en dire plus.

Toutefois « quand la lune eut vu neuf fois son croissant se remplir, Paphos naquit », qui donna son nom à la cité qui chaque année célèbre Aphrodite.

      Cypris est d’ailleurs le nom souvent donné à Aphrodite par les Cypriotes.

A Chypre où, comme à Rhodes ou Cythère (Cythérée), elle comptait ses plus fervents adeptes.

Cypris voyant Cypris à Cnide s’écria

Hélas, hélas ! Où Praxitèle m’a-t-il vue nue ?

Epigramme de l’Anthologie grecque

       Consacrés à Aphrodite, les poissons rouges (le cyprin doré) étaient élevés en son honneur à Athènes. Quant aux disciples d’Hippocrate, drôles de carabins, ils ont donné à une sécrétion, manifestation du désir sexuel, le nom de cyprine. J’en rougis comme cuivre, mais tout de même, tout ce que l’on apprend sans jamais oser le demander*2 ! Comme aurait dit Freud, je prends sur moi, « Ҫa laisse sans bras ! » 

 

12273231298?profile=originalCyprin doré dans un bassin du musée archéologique de Rhodes

12273231901?profile=originalVénus en armes

Collection Borghèse

(marbre, IIe siècle, complétée au XVIe ; musée du Louvre, Paris)

 

      Ah, elle en fit tomber des chefs notre Aphrodite Niképhoros, « porteuse de victoires », la Vénus Victrix des Romains ! Car même si d’Arès (Mars) elle accoucha d’Harmonie, je crois que jusqu’à Vercingétorix on en paya le prix, que toujours, n’en déplaise à Brennus, Vénus commande aux choses de la chair que malignement elle mêle à l’esprit.

 12273232486?profile=originalVénus d’Arles

Découverte en 1651 à Arles, copie romaine d’après Praxitèle,

 restaurée par Girardon.

Elle tient la pomme de Pâris, tout en réfléchissant face à sa psyché.

L’entendez-vous fredonner cette lointaine mélopée :

« Au-delà des mers, là-bas sous le ciel clair… mon pays et Pâris

… pour eux toujours mon cœur est ravi… »

(musée du Louvre, Paris)

 

Jules César lui-même, par l’entremise de sa tante Julia, qui eût Anchise comme aïeul, se prétendit parent d’Aphrodite.

Aphrodite, en effet, d’Anchise, jeune et beau berger apparenté à la famille royale de Troie, enfanta Enée*3. Enée, fuyant Troie saccagée par les Grecs, revenu des Enfers, finit par s’installer dans le Latium, devenant l’ancêtre de Romulus et Remus, fondateurs de Rome. Enée, dont descendent les Julii, la gens Julia. C’est ainsi que se bâtissent les empires. Et qu’Aphrodite est au fondement de notre civilisation.

12273234057?profile=originalTous enfants d’Aphrodite !

La Mère de l’eau (Vandmoderen)

Kai Nielsen (1882-1924)

(Copenhague, glyptothèque Carlsberg)

 

Quelle lignée tout de même que celle de notre Vénus Genetrix !

Une mère figurée dans un drapé moulant et suggestif. Tentatrice, elle nous apostrophe.

M’imagine-t-on en nourrice ? au gynécée…

En effet on ne la voit guère au foyer, vaquant aux tâches ménagères, la marmaille sur les bras. Portant un enfant, c’est pourtant ainsi que se présente l’Aphrodite courotrophe.

Rare et sage image d’une déesse-mère, car ce n’était pas l’instinct maternel qui prédominait chez elle, trop mariolle pour s’encombrer d’une progéniture certes pléthorique. Famille nombreuse, famille heureuse, peut-être, mais seul son petit Eros préféré savait lui procurer toute la félicité.

Bien plus que deux amours, elle avait cependant deux vertus. Celle que l’on prêtait à Aphrodite Apostrophia de faire oublier les amours contrariés. De changer les cœurs et de vous purifier, un don d’Aphrodite Verticordia que l’on invoquait.

« Dis à ta déesse qui tu veux que sa force plie à ton amour. »,

Sappho (ca 630-580 av. J.-C.)

 

12273234270?profile=original Vénus Genitrix

Copie romaine d’après un bronze de Callimaque.

Callimaque était surnommé le catatexitechnos, le « trop minutieux ». 

 Mais comment lui reprocher, et ne pas frémir devant ce drapé « mouillé », être tenté par cette pomme à croquer ?

(marbre de Paros ; musée du Louvre, Paris)

 

Nous suivrons encore la versatile, les poètes ne me contrediront pas, la matière est fertile.

 12273234660?profile=originalAphrodite du type du Capitole

avec Eros monté sur un dauphin.

(copie romaine d’après Praxitèle ; marbre ; musée du Louvre, Paris)

 

Et nous accompagnerons encore, par parenthèses, sa parentèle.

 

12273235485?profile=original Eros (Cupidon)

« Celui qui est touché par l’Amour ne marche jamais dans l’ombre. »,

Platon (ca - 427/- 348)

Attention toutefois au fripon Cupidon car « son jeu est cruel.

Son cœur est méchant mais sa langue est de miel. 

Ne touche pas aux traîtres dons du plus beau des dieux immortels.

Son trait est petit, mais il atteint le ciel. »

(IIe s. ap. J.-C., marbre, musée du Louvre, Paris)

 

12273235071?profile=originalTorse d’Aphrodite du type de la Vénus d’Arles

(Ecole de Praxitèle ; musée archéologique de Rhodes)

 

A suivre…

En attendant, vous aimerez peut-être retrouver ici la première partie de ce billet :

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-paphos-l-effront-e-aphrodite-f-t-aphrodite-1-5?xg_source=activity

 

Michel Lansardière (texte et photos)

 

*1 Que le poète latin Ovide, à qui l’on doit ces citations, nomme bien sûr Vénus.

*2 Cyprine… En conchyliologie, c’est aussi le nom donné à un coquillage, du genre vénus évidemment ; en minéralogie à une variété cuprifère de vésuvianite (ou idocrase) utilisée comme pierre fine. Quant aux « cheveux de Vénus », ce sont des cristaux aciculaires de dioxyde de titane, une forme de rutile donc, que l’on trouve en inclusions dans le quartz. Cette dernière appellation est aussi donnée, en botanique, à la nigelle de Damas.Sabot de Vénus étant une petite orchidée poussant dans nos Alpes.

*3 Curieuse analogie, Enée, Æneas en latin, signifiant de cuivre (ou d’airain, bronze). Chypre tient également son nom du cuivre natif, cyprium, dont elle détenait de fabuleux gisements, que l’on trouve mentionnés dans des inscriptions mésopotamiennes du IIe millénaire évoquant le cuivre d’Alasia (aujourd’hui Enkomi, ou Tuzla pour les Turcs). Par contre, pas de marbre à Paphos comme sur le reste de l’île, il venait donc de Paros. Et Cypris est un autre nom d’Aphrodite, j’y reviendrai…

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administrateur théâtres

L’élan vers la liberté pour les amoureux du verbe,  et plus, si affinités…

Comment trouver une voie/sa voix pour dire 1962 ? Le 30 octobre 1962,  Jean Sénac, poète chrétien, socialiste et libertaire algérien rentre en Algérie après huit années d’exil et d’espérance. N’ayant jamais connu son père, lui-même, taxé de  « gaouri » (descendant des conquistadors), il trouve le pays en liesse. On célèbre le 1er novembre 1954, date anniversaire du déclenchement de la guerre de décolonisation. Dans ces retrouvailles, tout est bonheur, lumière, promesse : « les rues délirantes », « Alger, joie, enthousiasme, confiance, travail, beauté et fraternité », « beauté du peuple, les gosses, la jeunesse, les regards admirables » (Carnet de 1962).

 Né dans les quartiers populaires d'Oran, Jean Sénac sera assassiné à Alger le 30 août 1973 sans que l'affaire ne soit jamais élucidée.

Son recueil Poèmes est publié par Gallimard en 1954, avec un avant-propos de René Char, dans la collection Espoir dirigée par Albert Camus. Il  a osé employer l'expression « patrie algérienne ». Après sa rupture avec Albert Camus, il publie en 1961 le recueil Matinale de mon peuple. Contrairement au défenseur de la « trêve civile » et d’un compromis pacifiste, Jean Sénac  soutient  la cause indépendantiste et la lutte armée (FLN), s’engageant à corps perdu dans une triple quête de reconnaissance : celle du pied-noir qui milite pour l’unification de l’Algérie libre ; celle de l’homosexuel qui défend  l’affranchissement des corps ; celle du poète qui contribue à la naissance  de  la création algérienne contemporaine, que ce soit  en littérature  ou dans les arts plastiques où il tente de réconcilier l’esprit et la chair, dans l’avènement d’un homme nouveau.

Les mouvements d’extrême droite partisans de l’Algérie française prônent une virilité exclusive. L’érotisation de la poésie des amours particulières sert de métaphore pour le  prélude  d’une  réunification  politique  non réductrice de la nation qui est tout d’abord se doit d'être plurielle et de se prémunir de toute  tentative d’uniformité. Non, l’algérien n’est pas qu’un arabe musulman!

  

 Un seul mot peut déclencher

la tragédie des étoiles

un seul mot peut faire pousser

des amandiers dans le désert…

Le terme « diwân » désigne, en langue  arabe un recueil de poésie, et le n— ن —oûn  est une lettre femelle au tracé sensuel, placée en exergue de la sourate 68 du Coran, intitulée « Le Calame ». Le graphisme,  le Verbe sacré et l’érotisme s’entremêlent dans un « corpoème ». Le poète, au terme d’une véritable expérience mystique, touche le divin dans une étreinte très sensuelle, les corps s’unissant « en une chair spirituelle/ Mais animale tout de même et si belle ! »(« Diwân du Noûn », Œuvres poétiques 1967).

On était parti pour rester …et savourer longuement  les enfilades enthousiastes de  verbe brûlant du poète algérien, dont on découvre les textes  pour la première fois grâce à  la  patiente  orfèvrerie de Daniel LIPNIKet de Mario FABBRI. Las, tout passa si vite! Ces textes n’ont rien d’une piquette poétique ou d’un lourd poison baudelairien,   mais tout du vertige et on flirte d'emblée avec l’éphémère et la beauté.    Les poèmes bordés de rivages solaires sont profonds, sobres,  équilibrés, charnels et même noçatoires! Va pour la licence …poétique !

Impossible de ne pas tomber sous le charme du duo de musicalités si finement apparié!   Les cadences  verbales du diseur Mario FABBRI alternent avec des textes servis sur orchestration musicale,  qui sont divinement sublimés par le pianiste Daniel LIPNIK. Celui-ci  a choisi de jouer principalement  le répertoire hypnotique des Gnossiennes et Gymnopédies d’Erik Satie. La palette romantique du pianiste met en relief les tableaux imaginaires, les analogies auditives, les accents  charnels, les envolées spirituelles et les désespoirs abyssaux. De son côté, le conteur,  Marco FABBRI resplendit de charme, d’aisance et de charisme. La voix est belle et les regards intenses. Les  postures galbées, bien étudiées et toujours renouvelées,  ne semblent surgir que  de la spontanéité juvénile  autour du piano phare.

« Oh vous frères et sœurs, citoyens de beauté, entrez dans le poème ! » L’éblouissement musical et poétique a bien eu  lieu, mais il était  hélas, de très courte durée et tellement vite évanoui ! La soirée poétique  était en effet  bien trop courte au goût des spectateurs  médusés. « La beauté sur nos lèvres est un fruit continu…Tout est chant, hormis la mort ! »

 

Noûn Poèmes d'Amour et de Révolte

Sur les plages
l'été camouffle la misère,
et tant d'estomacs creux
que le soleil bronza.
Dans la ville
le soir entrelace au lierre
le chardon de douleur,
cet unique repas.

Noûn, un chant d'amour.
Noûn, c'est un dialogue musical entre une voix et un piano.
Ce sont des poèmes d'amour et de révolte s'entrelaçant à une partition instrumentale jamais figée.
C'est la rencontre de plusieurs univers qui font écho entre eux : un écrivain solaire et engagé, Jean Sénac, et les compositeurs Erik Satie et Frederico Mompou dont l'inspiration échappe à toute définition.

Le duo Mateo & Laëndi, c'est  un acteur et un musicien qui se conjuguent pour offrir l'ouverture de nos horizons.

' … Emblème de surpassement, le noûn signifiera pour Sénac l'accès au sublime, la mise en place d'une érotique poétisée. '

Un spectacle du Duo Mateo & Laëndi
Jeu, mise en espace : Marco Fabbri
Piano, arrangement musical: Laëndi Lipnik

Production et diffusion : MusikAnima

Ferme du Biéreau
Mercredi 17 mai  2017

Réservations : musikanima.com

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_S%C3%A9nac_(po%C3%A8te)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Alg%C3%A9rie

http://www.laviedesidees.fr/Jean-Senac-l-Algerie-au-corps.html

 

 

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Coquecigrues par mégarde vient de sortir

COQUECIGRUES par mégarde

Poésie

Jean-Louis Riguet

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Éditeur : PREM'EDIT

ISBN : 9 791091 321686

122 pages - 14 €

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Ce nouveau recueil vient de sortir des rotatives.

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Quatrième de Couverture

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Cet animal étrange et imaginaire créé par François Rabelais dans son roman Gargantua, l'auteur le reprend à son compte pour titre de son deuxième recueil de poésie.

Bien qu'habitué à l'écriture longue comme les romans, l'auteur prend goût à la poésie en vers libres qui l'a conduit à ce recueil articulé auteur de trois thématiques : la nature, les sentiments et les actions qu'il a nommées tressautement.

L'auteur évoque les éléments, les catastrophes naturelles, l'amour, la haine, les animaux, la fête foraine, le temps avenir, présent, passé et autres sujets.

"Je suis un escroc des mots,

Un voleur de rimes

Un bandit du bon mot

Un receleur de propos"

Coquecigrues par Mégarde, un recueil léger, diversifié.

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PROLOGUE

Merci à François Rabelais qui a inventé ce mot fantasque « Coquecigrue » dans son roman Gargantua. Il envisageait alors que le royaume soit rendu à son roi, Grandgousier, à la venue des Coquecigrues, c’est-à-dire jamais ou quand les poules auront des dents.

La coquecigrue est cet animal imaginaire et burlesque tenant du coq, de la cigogne et de la grue. Elle est très friande de la ciguë, cette plante très toxique, grande ou petite, blanche ou aquatique. Vivant en colonie, ces oiseaux s’envolent dans le ciel à l’approche de l’homme et deviennent très vite invisibles.

De là penser que la coquecigrue s’apparente à un propos dénué de sens comme une baliverne, sornette ou autre billevesée, il n’y a qu’un pas à franchir pour dire qu’elle désigne une personne qui raconte des sottises ou des choses inutiles ou inexistantes.

Cette promenade m’a entraîné par erreur vers cet animal imaginaire et burlesque. Je l’ai, par mégarde, rencontré au détour d’une chimère, d’une absurdité.

Par inadvertance des vers en prose sont nés et je vous les livre comme ils sont venus en trois parties.

La première est intitulée NATURELLEMENT. Elle touche plutôt à cet ensemble de lois qui paraissent maintenir l’ordre des choses et des êtres, des caractères et des propriétés définissant les choses, sans intervention de l’homme. En quelque sorte, c’est naturel.

La deuxième se nomme SENTIMENTALEMENT. Elle évoque une connaissance plus ou moins claire donnée dans l’instant et cet état affectif complexe et durable lié à certaines émotions, tendances ou penchants. On y trouve de l’amour, de la haine, des sentiments.

La troisième est titrée TRESSAUTEMENT. Elle suppose un mouvement, une secousse, une action, une envie d’agir, un mouvement brusque et nerveux provoqués par une surprise ou une émotion vive. On peut y voir une allusion à des situations dramatiques ou émotionnelles.

J’ai pris beaucoup de plaisirs à travailler sur ce recueil et j’espère qu’il en donnera tout autant aux lecteurs qui liront ces chimères ou autres absurdités racontées par un animal imaginaire et burlesque.

Jean-Louis RIGUET

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administrateur théâtres

Sur une page blanche

Trop petite
Pour tout retranscrire...

Sur une page blanche
Trop fade
Pour la couleur de l'Amour...
 

Sur une page blanche
Trop épurée
Pour refléter la réalité...
 

Sur une page blanche
Trop alignée
Pour le sens l'en souligner...
 

Sur une page blanche
Les pensées vagabondent
Pour s'y perdre...
 

Sur une page blanche
Les mots abondent
Pour la remplir...
 

Marianne Leitao
Ecrit le 8 février 2017

 ...Quelle belle occasion, à la lecture de ce poème délicat de Marianne Leitao, de "penser page blanche " et revoir comment nous utilisons cette page Facebook très désertée  qui se nomme:    "Les oeuvres et les membres en vedette sur le réseau ARTS ET LETTRES"

 La voici!   https://www.facebook.com/groups/364779173602534/ Allez la consulter! 

Liliane Magotte et moi-même en avons  alors discuté avec Robert Paul, le noble fondateur de ce magnifique réseau. Et Liliane a procédé bravement à un grand nettoyage de printemps, remontant jusqu'en 2012,  pour que la nouvelle page blanche soit  prête à recevoir toutes vos couleurs, vos sentiments et  vos créations et vos coups de cœur.

Pour que cette nouvelle page témoigne de vos envies de mettre à l'honneur notre beau  Réseau en utilisant  l'outil Facebook pour ce qu'il est. Pour ce faire, Robert Paul nous a d'ailleurs nommée 'administratrice's pour que nous fassions revivre ce bras mort... Et Bruges... revécut! 

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Les quais de Bruges…

    « Ces quais de Bruges, combien, dans ma pensive jeunesse je les ai suivis, confessés, aimés, – avec des coins que j’étais seul à connaître, à consoler, avec des maisons dont les vitres mortes me regardaient !
     Et, dans la prison des quais de pierre, l’eau stagnante des canaux où ne passent plus de navires, ni de barques, où rien ne se reflète que l’immobilité des pignons dont les arches décalquées ont l’air d’escaliers de crêpe qui conduisent jusqu’au fond. Et sur les eaux inanimées, des balcons en surplomb, des rampes de bois, des grilles de jardins incultes, des portes mystérieuses, toute une enfilade de choses confuses et déjetées qui sont accroupies au bord de l’eau, avec des airs de mendier, sous des haillons de feuillage et de lierre qui s’effilochent… »    –     Georges Rodenbach.

Ainsi dormait cette page Facebook longtemps oubliée...

Depuis une semaine nous sommes passés d'une trentaine de membres à plus de 110! Nous vous y attendons pour que vos nombreuses œuvres propulsées par notre beau réseau soient une vitrine de la vitalité de nos échanges. Visibilité augmentée, profitable à tous!

C'est donc ici! https://www.facebook.com/groups/364779173602534/


Prairial-40x100.jpgMais...  l'idée ne serait pas venue sans doute, sans cette soudaine décision d'organiser une  exposition de printemps avec Liliane Magotte! Elle exposera d'ici peu avec  les auteurs Joëlle Diehl-Lagae et Sandra Dulier dans les locaux de la très belle église, autrefois norvégienne, de All Saints à Waterloo, dont le vernissage aura lieu le samedi premier avril prochain... premier jour des vacances de Pâques 2017. Et ce n'est pas une blague!

Les cartons magnifiques de Liliane sont prêts. L'invitation se trouve ici:  

https://artsrtlettres.ning.com/events/spirals

En conclusion,

nous vous proposons rien moins qu'une RENCONTRE printanière entre les membres le jour du vernissage! Ce premier avril 2017 est donc une date à retenir   pour que  tous ceux  qui sont en Belgique. Qu'ils viennent boire le verre de l'amitié autour des œuvres de ... Liliane, Joëlle et Sandra.

 

Avec toute notre amitié, Liliane et Dominique-Hélène (dite Deashelle)

 

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MON DIEU LE TEMPS ME DONNE TOUT  

 

Mon dieu le temps me donne tout

Il est si fort il est si doux

Mon dieu ce monde est un mystère

Il touche ciel il touche terre

 

Mon dieu le départ d’un ami

Savais-tu qu’il s’est endormi

Au fond d’un livre de prières

J’ai vu son ombre sur la pierre

 

Mon dieu notre corps à genoux

La mort était si près de nous

Mon dieu la vie ne vaut pas cher

On serre des mains passagères

 

Mon dieu cette vie à l’envers

Et toi et moi qui laissons faire

Un peu de tendresse en passant

Pourrait nous rendre intéressants

 

Mon dieu nos rêves qui basculent

Parfois on se sent ridicules

Qu’est-ce qui pouvait nous arriver

Au milieu d’un conte de fées

 

Mon dieu donne-nous le courage

D’aller jusqu’au bout du voyage

Toute cette haine à notre porte

Mais la vie sera la plus forte

 

Prenons nos rêves pour le réel

Nourrissons-les ils sont si frêles

Si j’attends assis bien au chaud

Ils resteront dans leur cachot

 

Un nouvel enfant vient de naître

Ne le laissez pas disparaître

Avant que ses paroles fines

Ne nous aient sortis de la mine

 

Mon dieu j’ai mal à mes semblables

Leur souffrance est intolérable

Je les invite et dans mes bras

Leur regard m’illuminera

 

Avec juste un petit sourire

Notre fenêtre va s’ouvrir

La chaleur alors entrera

L’hiver dégoûté s’en ira

 

Mon dieu merci pour ce message

L’oiseau est sorti de sa cage

Il commence à bouger les ailes

En sautant de la passerelle

 

Mon dieu je n’en ai pas fini

Tant que je suis encore ici

De vous rabattre les oreilles

Avec mon cri plein de soleil !

écrit en janvier 2015 MON DIEU LE TEMPS ME DONNE TOUT.mp3

 

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administrateur théâtres

« La Framboise Frivole » au théâtre des Martyrs!

Quarante plus soixante ? Ça vous fait… cent ! Cent raisons d’aller voir sans tarder le centenaire des sans en avoir l’air. Mais ils ont la chanson, la musique  la classique et la populaire – et la façon inimitable, ces deux joyeux lurons, capables d’enflammer dès les premiers accords, un public émerveillé, été comme hiver.

Image may contain: one or more people, people on stage, concert and night


Peter Hens au violoncelle et Bart Van Caenegem au piano mettent tout leur talent au service de « La Framboise Frivole » une inoubliable gourmandise, une future madeleine. Un duo de cirque musical classico-pop et pot-pourri aux mille et une subtiles effluves. Et Avec le grand Jacques, bien sûr ! Mathilde, puisque te v’là !

Tout est dans le lien futile ou frivole quasi-inexistant, disons carrément imaginaire qui naît entre les airs enchanteurs et les supercheries de chansonniers qui vous font vous tordre de rires. Courrez tous à ce non-événement car c’est Léonard de Vinci, le chef d’orchestre ! Homme d’esprit universel que l’on connait aussi par ailleurs comme peintre, inventeur, ingénieur civil et ingénieur tout court, astronome, philosophe, anatomiste, mathématicien, compositeur, sculpteur, architecte, diplomate, poète…


« La Framboise Frivole » va vous faire découvrir les influences purement inventées du génie, sur la musique des grands compositeurs. Ce peintre de la république florentine, savant prophétique mourut le 2 mai 1519, à 67 ans au Château du Clos Lucé, Amboise, au Royaume de France. Ceci vaut bien une framboise, non ?

Donc on lance les grandes orgues pour saluer Haendel, Carmina Burana, Franz Liszt, et on jubile à chaque incursion de la pop XXieme et de la belle et douce chanson française ! Toutes barrières abolies, le temps et les genres se mélangent un feu d’artifice galactique. La fusion musicale anachronique bouillonne dans le chaudron du pianiste et le plaisir de haute alchimie verbale…court sur l’archet du violoncelle en vol ! 

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Une production de Panache Diffusion et Opus 2

Avec Peter Hens (chant et violoncelle) et Bart Van Caenegem (piano et chant)

Avec la complicité de Jean-Louis Rassinfosse

Photos: https://www.facebook.com/pg/plusde500billetsdeDHL/photos/?tab=album&album_id=1095198310607368

La framboise frivole | Théâtre des Martyrs - theatre-martyrs.be

theatre-martyrs.be/...framboise-frivole/4B82A063-2185-2B90-21D8-FFC1171CB40D...
La framboise frivole fête son centenaire ! C'est de leur vivant qu'ils ont souhaité fêter cet événement. Depuis cent ans sous le nom de la « Framboise Frivole » ...
Dates
20:15 jeudi 29 décembre
20:15 vendredi 30 décembre
19:00 samedi 31 décembre
22:00 samedi 31 décembre
20:15 jeudi 5 janvier
20:15 vendredi 6 janvier
19:00 samedi 7 janvier
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administrateur théâtres

E(mots)tions : “Les étoiles sont nos ancêtres; nous sommes des poussières d'étoile: c'est une des grandes découvertes de l'astronomie contemporaine.” Trinh Xuan Thuan

Fibre poétique…Expérience de voyage connecté, sonore, captivant: une poétesse delphique nous est tombée du ciel belge. La transe poétique transforme. Elle fait l'amour, corps et âme,  aux mots "pas sages". Le regard se fixe ou s’égare, les pupilles se dilatent, les artères se contractent, le sang bat, les mots fusent,  les spectateurs se brûlent à la chaleur organique de Laurence Vielle et Catherine Graindorge,  musicienne

La salle se met sur orbite et suit la comédienne vêtue comme une écolière dans la valse avec l’univers. Les échauffements du début ont bien marché : ces questions impertinentes et simplettes posées à brûle-pourpoint à chaque visage qu’elle a jeté dans son filet.  Alors les cœurs ainsi préparés s'emballent, malgré le cadre sévère du sous-sol, malgré la couleur de la morosité, malgré l’impuissant fatalisme du propos - ou en vertu de celui-ci -  la pression  sensorielle crève le plafond. Le mode féminin, muscles bandés, exulte.  La respiration des textes s'accélère et devient haletante, les impulsions éclectiques foisonnent, la salive s’emballe, la poésie jaillit dans tous les sens, la parole soulèverait des montagnes et la violence de l’acte poétique meurt dans la musique de sa comparse en tenue de troubadour.  OUF!

F comme femmes. En vagues régulières pendant plus d’une heure, notre poétesse, désormais nationale, adapte sa voix à notre monde égaré mais qui roule imperturbablement comme bille autour du soleil dans l’indifférence de l’univers, avec elle et nous, à 30 km /seconde. Au passage, Elle tire à boulets bleus sur tout ce qui dérange, dans un rythme de mitraillette. Les mots vibratoires se croisent en gerbes d’étincelles poétiques. Les cibles se transforment en mondes possibles, la rime est reine et entêtante, la musicalité ravage le texte tandis que le texte imprègne la musique de l’autre sur scène, cette comparse joyeuse, souriante et solaire qui manie les instruments de musique et galbe les effets passionnés de voix. Ecoutez les profondeurs légères des  passagères de la terre, des passantes compatissantes et des passeuses de sens pluriels!

Vivez cette inoubliable expérience de passage entre les mondes possibles, quand les cibles sont mortes. Vivez cette reconnaissance insolite  des âmes, la frivole humilité, l' attachement et le  retour à la terre mère et à la mer qui fait naître. Palpez l’eau native, la narration de l'eau. Appréciez le bain dans les mots traqués, hachés, et jetés en poussière d’étoiles dans un ciel qu’il ne faut jamais arrêter de contempler. FOU !

En une phrase : " Ceux qui vivent d’amour, vivent d’éternité ! " Voici Encore un passage: mort il y a 100  ans, le 27 novembre 1916 à Saint-Amand, Emile Verhaeren  ressuscite.   

A VOIR EN CE MOMENT
Ouf de Laurence Vielle, jusqu'au 31 décembre 2016

OUF  De Laurence Vielle
Avec Laurence Vielle (interprétation) et Catherine Graindorge (composition et interprétation musicale). Regard extérieur et conseillère artistique Patricia Ide.

DU 12/11/16 AU 31/12/16

Interview, l'artiste du mois:  

Laurence Vielle, mot à mot, un souffle d’humanité

http://www.theatrelepublic.be/event_details.php?event_id=169&cat_id=1

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12273190675?profile=originalBel exemplaire d’éventail chinois

     Outre Paris, la Normandie, le Beauvaisis, la Chine, autres maîtres incontestés qui excellent dans un travail de patience infinie (sur des éventails en fils d’ivoire par exemple), on trouve aussi une production de qualité chez les éventaillistes allemands, les ateliers d’ivoiriers d’Erbach (Hesse) s’en étant fait une spécialité, ou autrichiens, avec Vienne. Et leurs articles sont prisés dans le monde entier, particulièrement, comme on le sait, en Italie, en Espagne ou au Japon.
Japon, pays de longue tradition, les plus raffinées aimaient en arborer, comme la courtisane et poétesse Ono no Komachi, du moins ainsi la représenta-t-on (c’était ma contribution au geishavoir, « Car mon bonheur est moqueur ! », Nietzsche).

12273191294?profile=original Courtisane sous la neige, 1831
Estampe sur éventail, Uchiwa-eban, Utagawa Kunisada

Geisha


La rieuse geisha, coquette Japonaise,
Agite son ombrelle et son éventail blancs,
Se pâme au clair de lune avec des frissons d’aise,
Et pare son peignoir aux larges plis flottants,
De chrysanthèmes blancs ; coquette Japonaise.
                                                                         Fernand Prévost de Belvaux, 1903

12273191696?profile=originalPortrait réalisé au XVIIe d’Ono no Komachi (825-900)
Musée d’art oriental Edoardo Chiossone (Gênes)

     Au XXe siècle, la vogue pour l’éventail a décliné, remplacé par le vulgaire ventilateur, « un bel aérateur, pour bouffer les odeurs » (Vian), relégué au rang de vil support publicitaire. Avant de reprendre sa place dans les défilés, avec ses strass et ses paillettes, comme dans la rue, des créateurs contemporains lui apportant un nouveau souffle. Eternel recommencement, il revient dans l’air du temps...


Plus léger qu’Eole ;
Il naît et s’envole,
Renaît et s’enfuit.
                                                                  Julien Offroy de La Mettrie (1709-1751)

12273192479?profile=originalStreet art à Montmartre
Strass et paillettes font se pâmer les grisettes

« Dans la jungle de la solitude,
un beau geste d’éventail peut faire croire à un paradis. »
                                                                                        André Breton (1896-1966)

12273193483?profile=originalChérubins pourvoyeurs de doux alizés.
Un bruissement d’aile pour un dernier froufrou…

Avant que le vent mauvais de l’automne ne souffle, si vous voulez bien déposer quelques mots avant que ces feuilles ne s’envolent.

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Avec ces cinq Fantaisies j’espère avoir montré que l’objet était porteur d’art et de poésie, maintenant autant en emporte l’évent…

12273194066?profile=originalUn atelier de tabletier (Méru, Oise)
Boutons, dominos, éventails, tabletterie
Bonbons, caramels, esquimaux, chocolat

12273194866?profile=originalBoutons et petits articles (coffrets, peignes, damiers…) de la mode parisienne assuraient l’ordinaire du tabletier, occupaient les moins talentueux.

Nacre, écaille, os, bois d'ébène, corne, ivoire…

 

Formica, inox, compressé, linoléum, bakélite…

Mécanisation, standardisation, délocalisation, consommation…

Besogneux, ouvriers, gagne-petit, traîne-misère… qui se sont révoltés en 1909 à Méru et dans ses environs.  Une guerre des boutons qui durera trois mois, durement matée par la troupe.

Complainte du progrès, les arts ménagers auraient-ils chassé les arts décoratifs ?

Les espèces protégées pour un océan de plastiques…

Industrie du luxe contre production de masse ?

Lansardière Michel (texte et photos)

P. S. : si vous voulez retrouver rapidement mes quatre premiers articles consacrés à l’éventail, avec au total 40 photos originales, avec des modèles qui vont de l’Antiquité à nos jours :

La surprise de l'été :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/la-surprise-de-l-t-art...

Je sème à tout vent :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/je-s-me-tout-vent-fant...

L'art, la matière et le savoir-faire :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/l-art-la-mati-re-et-le...

Vingt fois sur le métier :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/vingt-fois-sur-le-m-tier-fantaisies-autour-d-un-ventail-4-4

Faites-en ainsi déferler - ouvrir lentement degré par degré en parlant d’un éventail - les cinq volets. Au contraire, lassés par ce billet long comme un paravent, vous pourrez préférer décharger, les ouvrir brusquement en les faisant claquer comme pour un éventail.

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     La mode est dictée à Paris. C’est à Paris que sont installées les boutiques de luxe. Mais c’est à Dieppe (ivoiriers), et plus généralement en Normandie, ou à Sainte-Geneviève, Andeville, Méru (tabletiers), dans l’Oise, que se font les montures.
Rien que pour celles-ci, de nombreux ouvriers et artistes s’emploient pour obtenir une pièce unique. Débiteurs, Monsieur, pour le gros œuvre, puis façonneurs, polisseurs, découpeurs, graveurs, sculpteurs, ces derniers se trouvant bien évidemment au sommet de la hiérarchie, s’activent. Un teinturier, un doreur, un vernisseur, un joaillier peuvent s’y joindre pour les finitions. De l’ouvrier au maître, la division artistique du travail joue à plein.

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Enfin, des peintres, et des plus fameux, interviendront pour embellir la feuille, rehausser le dessin de délicates touches de gouache.
Parmi les peintres spécialisés dans ce délicat travail citons, pour l’exemple, Gustave François Lasellaz (1848-1910) ou Maurice Lenoir (1853-1940).

Mais tous ou presque, de la petite main au grand créateur, longtemps resteront dans l’ombre.


« Je décorais des éventails. »,
                                                                         Pierre-Auguste Renoir (1841-1919)

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Et Gauguin se languissait. Alors lui aussi en orna, et ne devint célèbre qu’après les Marquises.

De leur côté Katsushika Hokusai (1760-1849) ou Utagawa Kunisada (1786-1864) les faisaient rimer en de précieux poèmes visuels en réalisant des estampes sur éventail, uchiwa-eban, pendant les années de disette.

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 Deux carpes, ca 1833

Dans leur sillage, Monet, Van Gogh, Klimt…

Uchiwa-eban, Katsushika Hokusai (musée Guimet)


Ô temps suspend ton vol, laissez-nous savourer les rapides délices.

12273191277?profile=originalDessin de Félix Anthyme Aubert - ? - (1866-1940),
artiste membre du mouvement nommé, fort à propos, L’Art dans Tout

Ainsi Anthyme sera un peu moins anonyme

Et cependant réunis pour qu’élégantes, starlettes comme midinettes, se sentent transportées d’aise.

12273192278?profile=originalOn les retrouve aujourd’hui sur les étals de tous les pays.
Ici des modèles venus d’Asie, vus sur… les bords de la Mer Noire, en Bulgarie

Sur un Eventail de Mademoiselle Mallarmé, le poète développant un art épigraphique écrivit :


Vertige ! voici que frissonne
L’espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni apaiser.


Stéphane Mallarmé (1842-1898)

Le temps et les mots passant :


S’ouvre l’éventail enfoui.

Etais las, restant à t’attendre,
Le temps rongé par le malin.
Des échos se faisaient entendre.
Ensemble ont pris le dernier train.


Suzanne Walther-Siksou,
extrait de Pastiche de Eventail de Madame Mallarmé

A sa manière, Emile Gallé reprit cet art épigraphique sur ses verreries parlantes, affirmant par son savoir-faire porté au plus haut degré que « La matière pour nous est matière à poésie. »

Le vent clair
qu’est-ce donc ?
Quelque chose à aimer
sans lui donner de nom

Bienvenue au vent qui va de l’avant
Je lève ma coupe de vin à sa caresse
Je bois à la santé du vent qui va…


Su Dongpo (1036-1101)

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Chiné… à Lyon.

 

A la santé du vent qui va, donc…

A suivre…

 

Michel Lansardière (texte et photos)

 

Retrouvez ici mes trois premiers articles de fantaisies :

La surprise de l'été :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/la-surprise-de-l-t-articles-de-fantaisie-et-mode-de-paris-1-4

Je sème à tout vent :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/je-s-me-tout-vent-fantaisies-estivales-autour-d-un-ventail-2-4

L'art, la matière et le savoir-faire :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/l-art-la-mati-re-et-le-savoir-faire-fantaisies-autour-d-un

 

Merci Suzanne, à qui j’ai emprunté quelques vers. Qu’elle me pardonne d’avoir écorné son poème, Stéphane lui m’a déjà absout pour avoir interverti deux de ses vers dans mon précédent billet.

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12273181857?profile=originalBergen blottie au cœur de juillet

Oslo, Bergen

Décollage d’un avion blanc, le soir,
puis ce couché de soleil rose et parme,
inouï, triomphal,
apparaît puis s’étend ; une pure merveille.

12273182256?profile=originalVol au-dessus de l’infinie Scandinavie

Des paysages polaires, entre l’Est et l’Ouest,
des maisons en bois, coquettes, multicolores,
dévalent joyeusement ;
alentours des vallées, des prairies, des jardins,
du vert à profusion, des espaces infinis,
de simples fleurs sauvages, à l’instar de ballerines,
gracieuses et féminines, sous mes yeux se
mettent en scène, s’illuminent, dansent et bruissent !

12273181899?profile=originalBergen multicolore, Bergen technicolor

Autour d’elles, le soleil adapte sa lumière,
les nimbes de tout son or, les caresse, les honore.

12273182477?profile=originalPrécieux soleil, parcimonieux soleil

Puis ces neiges éternelles sur ces monts
vertigineux et bleus ; c’est l’été de l’hiver,
Le soleil mesuré.

12273183500?profile=originalA bras ouverts, Norvège

Ce sont ces regards clairs, grand-ouverts,
dont les yeux bleus-glacier donnent
le vertige aux sombres,
puis étonnent et à la fois subjuguent
la Méditerranéenne que je suis, que je reste ;
l’ombre là-bas embaume encore la neige,
même en plein cœur de juillet.


12273184075?profile=originalPaysage hivernal, huile sur toile
Sophus Jacobson (peintre norvégien, 1833-1912)

La blondeur est partout ;
les chevelures, l’air que l’on respire,
les corps, les gestes ensoleillés des gens d’ici,
jusqu’à leur mots si chauds, si ronds ; des bateaux.

12273184683?profile=original« Les rues sont remplies d’amour », prince Haakon de Norvège
Oslo

La Norvège est paisible, blanche et verte,
pacifique.

NINA

12273185671?profile=originalRosemarsjen, Oslo, 25 juillet 2011
Marche blanche, marche des roses…
Du blé en herbe fauché au regain de la jeunesse,
aux promesses de blonds épis

J’ai vu le poème de NINA, émoi.
Les images tournaient, qui défilaient en moi sur l’écran des nuits blanches.
Et moi… tandis que le film repassait, je déposais les photos sur les mots.
Et voici le résultat d’un nouveau partenariat…
De vous à nous, qu’en pensez-vous ?

Michel Lansardière (photographies)

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

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administrateur théâtres

Fabuleux! Du théâtre bilingue Fr/Es au théâtre de la Clarencière:  

b7abaff22890521ecd50d8b99ba9d0aeec32f1cf.jpg?wl=1024"Je m’appelle Federico García Lorca. Je suis né en 1898 près de Grenade. Grenade mes amours, Grenade blanche, Grenade mauresque, Grenade,
ma Grenade, Grenade des neiges, de l’olive et du vin. Je suis mort en 1936. Près
de Grenade aussi. Grenade pillée, déchirée, violée. Grenade noire, chrétienne,
balayée par le bruit des fusils et le silence des poignards dans la gorge."

Un texte époustouflant écrit en hommage à  F.G.Lorca, vibrant de résistance à toutes les dictatures, 5 comédiens, de la musique, de la tension, et tant de sincérité dans le jeu! Une création du théâtre de la Clarencière et un  superbe  spectacle, comme toujours! Avec Laurence Briand, régisseur et actrice passionnante.

Il y a 80 ans…

Le poète et dramaturge espagnol, ami de Manuel de Falla, Luis Buñuel, Salvador Dalí,  également peintre, pianiste et compositeur avait 38 ans quand il fut assassiné le 19 août 1936, il y a 80 ans,  à Viznar près de Grenade, par les milices franquistes. Il s’appelait Federico García Lorca.

Lorca, le vagabond du verbe… plutôt Laurence Briand  la vagabonde, ne veut pas mourir. Il/Elle n’est pas un(e) hérétique! Et pourtant son procès se tient bien au cœur souterrain de la Clarencière, un mur noir taché de sang plus noir encore, devant une  salle comble et silencieuse. Laurence Briand dans le rôle de Federico est entourée de François Mairet, Ruy Peres, José Peres et Marguerite Topiol.  

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 A la lumière de cierges, l’audience est prête à suivre le protocole habituel de la mise en accusation de l'hérétique, comme l'étaient avant le poète andalou, les Juifs, les Marranes, les Cathares.   Voici démontée la mécanique bien rodée d'un procès d'Inquisition, avec toutes ses étapes qui vont de la présentation de l'hérétique, de celle de l'Inquisiteur, de l'autodafé - temps de grâce pour l’« actus fidei » à l'exécution et à la mise à l'index des œuvres du poète en passant par l'indispensable délation. Après abjuration des convictions et des écrits de l’accusé, tortures à l'appui, on passe à  l’application  des peines dont on ne ressort jamais vivant et les écrits sont brûlés sur la place publique. Tout cela  ne se passe  pas  au Moyen-Âge, comme on pourrait le penser, mais il y a  moins d’un siècle, dans la très sainte et  catholique Espagne franquiste, que des milliers de personnes ont  dû quitter pour sauver leur vie et se réfugier dans d’autres pays.

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Jugements sommaires, exécutions sanglantes.

Entre 1998 et 2001 Les talibans détruisirent les 55.000 livres rares de la plus vieille fondation afghane et ainsi que celles de plusieurs autres bibliothèques publiques et privées. Au Mali en janvier 2013, en Irak en 2015, l'organisation djihadiste Etat Islamique brûle 2000 livres à Mossoul. « Art is the signature of civilizations.» La Turquie ne se prive pas d’user de méthodes similaires en 2015-2016.  La meilleure couverture de la dictature, c’est la foi ; la meilleure couverture de l’oppression de la femme, c’est encore la foi.

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Dans ce  spectacle où s’affrontent  les 5 comédiens exaltés,  le spectateur  est plongé malgré le sujet  terrifiant,  dans la douceur de vivre andalouse par le verbe poétique et la beauté de la gestuelle. On  y découvre en effet une très attachante Marguerite Topiol.    Elle danse, chante, mime, raconte  un rêve de  femme libre et belle. Elle est un  modèle de bonheur et de joie de vivre.  Elle est un modèle de larmes versées pour la terre qui l’a vu naître.    Car on plonge aussi évidemment dans la manipulation exécrable des tribunaux d’exception qui pratiquent une justice expéditive et destructrice, souvent aux noms de dieux ou d’idéologies meurtrières. Il faudrait se rendre compte qu’aucune  dictature n’a de place pour la femme.  Hommes et femmes, devraient s’en convaincre.  Si non, partout et toujours,   la femme sera  reléguée, privée de liberté de parole et d’action, interdite de toute manifestation de libre-arbitre sauf à être l’esclave de  l’homme. Voilà ce que   toutes les  dérives  extrêmes nous proposent. Voilà  ce qu’il est primordial de combattre.

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La pièce se déroule dans les tonalités chaudes des rythmes espagnols, la  mélodie de la langue espagnole est  fortement présente et chante la nature et la beauté. Même si on n’est pas bilingue on a l’impression de tout comprendre ou presque : la magie de l’interprétation?  La magie du lieu, qui oblige les comédiens à donner la quintessence de leur art. Chaque fois que l’on quitte La Clarencière, on a   goûté  une large rasade d’intense théâtralité de proximité qui vous pénètre et vous enivre jusqu’au fond de l’âme. Remercions son infatigable directrice, Fabienne Goovaerts qui trouve toujours la manière de galvaniser la pensée ou le cœur car  son théâtre est fait, ici ou ailleurs,  pour réenchanter le monde: le poète a dit la vérité…

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Et l’auteur s’appelle ...José Peres.

Site de la Clarencière

Drame de José Perez
Par : Laurence Briand, François Mairet, Marguerite Topiol, José Perez et Ruy Perez
Chant : Cécile Rigot 
Mise en scène : Laurence Briand
Assistanat : Marguerite Topiol 
Production : Toc Toc Art

  

Photos de Christian Snoeckx

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     L’éventail est aussi et avant tout un objet d’art qui fait appel aux meilleurs artistes et artisans pour les confectionner, ainsi qu’aux matières les plus nobles.
Poursuivons donc notre inventaire…

12273182092?profile=original… sur l’éventaire d’un antiquaire

Et autres souvenirs surannés, comme ce carnet de bal oublié…

Souvenirs d’une marguerite effeuillée

      Le moment est donc venu de rouvrir notre magasin des frivolités, de pousser la porte de l’atelier et nous remettre sur le métier.


      Les matériaux les plus précieux sont donc employés pour les brins (baguettes), panaches (branches extérieures), bouts ou flèches (la partie supérieure du brin, entre les branches), comme pour la feuille.

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Les brins formant la gorge et bouts seront en bois (prunier, citronnier, ébène, santal, palissandre…), en os ou ivoire, en corne, nacre ou écaille de tortue, laque ou vernis Martin, argent ou or, pouvant enchâsser diamant, rubis, topaze.

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La feuille pourra être de papier, tissu (taffetas, satin…), peau (vélin, peau de cygne, canepin, cabretille…), dentelles ou plumes, nacre ou ivoire... L’imagination est au pouvoir.
     On en trouvera de tout type, écran (fixe), brisé (des lamelles remplacent la feuille), squelette (à brins étroits et peu nombreux), sultane (à bouts décorés), à systèmes (à mécanismes), plié en aile de chauve-souris, palmette, cabriolet, cocarde, plein vol

On innove et lance sans cesse de nouveaux modèles stimulant ainsi tant les inventeurs que la clientèle.
Curiosité, certains sont même munis d’une lorgnette au théâtre des vanités.
Ah ! voir sans être vue tout en étant admirée…

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D’autres, de type carnet de bal, sont munis d’un stylet, niché dans le panache, permettant de noter, au dos de chaque brin, le nom du prochain invité.


Toutefois ne comptez pas sur moi pour en éventer tous les secrets. Je sais rester discret.


Munie de ce hochet,


A toute heure, en tous lieux, la coquette se montre ;
Il n’est point de plaisir où l’on ne la rencontre :
Allez au cours, au bal, allez à l’Opéra,
A la foire, il est sûr qu’elle s’y trouvera.
                                                                                   Charles Perrault (1628-1703)

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Les meilleurs artisans d’art seront au travail. Ce sont les tabletiers-éventaillistes, ivoiriers, dentellières, doreurs…

Je ne voudrais d’autre travail
Que d’agiter cet éventail
Pour faire une brise légère

Qui pousserait tout doucement
Le bateau vers un port charmant
Et vous seriez la passagère.
                                                                                            Paul Arène (1843-1896)


Alors,


Cet éventail si c’est lui
Aile tout bas la courrière*
                                                                              Stéphane Mallarmé (1842-1898)

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Il va bientôt pleuvoir bergère
Allons sous ma chaumière…

Et, vous qui à la plage peut-être, profitant des deniers beaux jours, encore vous prélassez, doigts de pied en éventail, postez, je vous en prie, quelques mots sur cette page.

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Michel Lansardière (texte et photos)

* Evente doucement la messagère (bienvenus sont les commentaires).
J’ai extrait et inversé ces deux vers de Eventail de Madame Mallarmé.

P. S. : retrouvez ici mes précédents billets autour d'un éventail :

La surprise de l'été :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/la-surprise-de-l-t-articles-de-fantaisie-et-mode-de-paris-1-4

Je sème à tout vent :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/je-s-me-tout-vent-fantaisies-estivales-autour-d-un-ventail-2-4

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Solidarité avec la chaîne humaine qui traverse le monde pour Oscar NOTTIN avec toutes les petites souris de Bout de Zinc, amitiés à ses parents, Virginie et Pascal, et courage à Oscar.

L’enfant Oscar

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.

Entouré d’amis

L’enfant souffle les bougies

Sur le gâteau

La maison envahie de cris d’enfants

Crée une gaieté grouillante

L’amour explose des yeux de ses parents

.

Le soir venu

La paix revenue

Le corps fatigué par tant de bonheur

Prend un repos mérité

Voulu salutaire

Sauf que …

La suite en suivant ce lien :

https://librebonimenteur.net/2016/08/01/lenfant-oscar-solidarite-avec-la-chaine-humaine-pour-oscar-nottin/

.

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12273173070?profile=originalMasque de lune (photo L. M.)

Le masque

Le soleil déguisé en lune,

En ce jour dépourvu d'attraits

Sur un fond blanc-terne apparaît,

Sa présence est inopportune.

En ce jour dépourvu d'attraits

Sans éclat ni grâces aucunes,

Sa présence est inopportune.

Son apparence me distrait.

Sans éclat ni grâces aucunes,

Reste suspendu, en arrêt.

Son apparence me distrait.

L'aimerais d'or en la nuit brune.

Reste suspendu en arrêt,

Le faux visage de la lune.

L'aimerais d'or en la nuit brune

Je le regarderais briller.

Suzanne Walther-Siksou

Hasard, coïncidence ? Pas de loup...

La photo a été prise, par une nuit de pleine lune, le 23 février 2016. Je l'intilulai aussitôt "Masque de lune". Et, tandis que je rêvais, tombant de la lune, je découvrais le lendemain le poème que Suzanne nous avait présenté le 19 février...

Un rayon avait jeté un pont, un arc-en-ciel nocturne, des deux cotés de l'Atlantique... Jouant des fuseaux, la lune, bonne onde, passait un message entre Terriens et Sélénites au rendez-vous du soleil et de la lune...

12273173668?profile=original (Durrenberger, céramique)

12273173499?profile=originalPhoto L. M.

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MEMOIRE DE LA MER

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MEMOIRE DE LA MER

 

 

 

C'est la mémoire de la mer de l'océan

Qui court échevelée Il serait malséant

De l'ignorer de l'oublier de la médire

         De la maudire

 

 

Elle est d'un grand manteau noir de corbeau vêtue

Cape qui s'effiloche aux voix qui se sont tues

Et aux corps des noyés des naufragés des morts

         En mer du Nord

 

 

C'est la mémoire de la mer alors que sombrent

Nos souvenirs nos sentiments aux fosses sombres

Elle ne fait qu'en ramener en vague écume

         Ce que nous fûmes

 

 

C'est la mémoire de la mer mémoire vive

Qui nous rappelle à tout jamais que nous poursuivent

Les fantômes d'hier les ombres de demain

         Pauvres humains

 

 

Mémoire de la mer presque noyé j'aspire

De l'air et c'est de l'eau qui entre en mes poumons

La mer déborde en moi agitant ses démons

         Dont les crocs me déchirent

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F L O R A I S O N

De minces lilas verts éclose floraison

Seul un enfant pourrait traduire ce qu'il voit

Exprimer non traduire redire sans changer

La calme multitude uniforme des sons

Que font les rayons blancs du soleil qui se pose

Sur le geste lointain des charpentiers rieurs

Sur l'oiseau sur le pampre où se froissent les feuilles

Sur la clochette au loin sur les coups de marteau

poussière de soleil fleurs blanches vergers verts

Tout parle le silence est habité de voix

Et l'enfant nu logé dans le blason d'azur

Frappé des quatre éclats du soleil émeraude

Rêve au seul bien présent et à ces bêtes calmes

Qui se coulent sans bruit sous les feuillages mûrs

(extrait de "Poussière d'âme", éditions Chloé des Lys, 2009)

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administrateur théâtres

Le duo mélisme à la Clarencière

12628548_10153951639050559_8206029575434360892_o.jpg Il est bien agréable de s'apercevoir que l'art lyrique attire de plus en plus de monde! Dès que la qualité est là, le public vient,  enthousiaste! Et pas seulement un public élitiste habitué à fréquenter les salles d'opéra.   Une vraie réussite ce pari musical  tenu ce soir-là à la Clarencière qui invitait le Duo Mélisme à se produire.

Nous assistions à des noces musicales exquises où l’art lyrique  rejoignait l’instrument pastoral par excellence, la flûte traversière dans un répertoire du vingtième siècle.

Les deux jeunes demoiselles  réussissaient le défi de jouer  un subtil jeu de cache-cache distingué et de subjuguer la salle entière de la Clarencière. Fermez les yeux et demandez-vous quel est l’instrument qui prédomine : la voix humaine ou le flutiau? Il est parfois difficile de distinguer... C'est sans doute ce que l'on appelle le mélisme? A moins que le rapport soit au miel du texte empreint d'hellénisme: "Le sang des pavots, l'éblouissante  blancheur  des cheveux de pierre ondule comme des vagues marines..."

On est frappé par leur pratique chevronnée et la recherche passionnée de perles rares du 20e siècle  qui réunit  des pièces pour soprano soutenues par une unique flûte, cocktail inédit qui intrigue intensément. Le répertoire  très éclectique joue sur une variété de sonorités musicales et linguistiques accordée sur une même couleur, sorte de nervure musicale qui relie les deux musiciennes. La diction  de la soprane, Gwendoline Spies,  est  impeccable, quelle que soit la langue de la poésie.  12473635_970468023019276_5005389728661802676_o.jpg

La connivence joyeuse des partenaires musicales  contribue au  plaisir que le duo communique. Doublages, cadences, solos, tout s’enchaîne avec élégance et  charme.  Etonnamment, c’est parfois  la soprano qui donnera le La à la flûte, Adélaïde Baranger, en toute liberté.  Belles musiques raffinées, échevelées,  que l’on a le plaisir de découvrir, mais en serait-il autrement  avec des jeunes recrues diplômées du Conservatoire si passionnées?

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Peu de jeu scénique mais un concert de proximité dans ce laboratoire artistique caché au 20 de  la rue du Belvédère, juste derrière l’immense  paquebot du Flagey. Mais, Adélaïde Baranger, à la flûte traversière, a une paire d’yeux et un souffle enjoué qui vont de la partition à la partenaire sur une invisible onde de douceur que l'on ne peut s'empêcher de suivre  au gré de la musique. Et ce concert de souffle et de  bouches se savoure avec les yeux et les oreilles. Gwendoline Spies,  la soprano lui répond dans un superbe entrelacs d’harmonies perlées  et de confiantes vocalises. Certes,  le parcours de ces deux jeunes femmes solaires est fort  à suivre car elles regorgent  d'amour de la musique et de bienveillante générosité. 

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Crédit photo: Copyright Sylvia Huang

Programmation :


Monique Gabus, Quatre Esquisses grecques 
I- Sapho
II-Epitaphe de Seikilos
III-Chanson
IV-Vocalise

Albert Roussel, Deux poèmes de Ronsard I- Rossignol, mon mignon (3'50)
II-Ciel, Aers et Vens (2'50)

Peter Escher Naga-Uta op.48
(Praeludium - Jubel - Dauernde Erinnerung - Tagelied eines - Madchens - Erregunge - Die verlassene - Blutenschnee - Interludium - Der Liebeslaut - Bei Betrachtung des Mondes -
In Erwartung + Postludium)

Pause

André Caplet, Ecoute mon coeur

Jacques Ibert Deux stèles orientées I- Mon amante a les vertus de l'eau...
II- On me dit...


John Corigliano, Three Irish Folksong settings I- Salley Gardens
II-The Foggy Dew
III- She moved Through the fair

Tout public : Le samedi 20 février 2016 à 20h30

P.A.F. : 15 € - étudiant : 10 €- Article 27 : 1,25 €

Rue du Belvédère 20 1050 Bruxelles

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administrateur théâtres

30/40 Livingstone ?


Un spectacle  bourré de vitalité et de poésie loufoque… Lopez est ici étourdissant.

Le Canard Enchaîné


L’un des spectacles les plus courus cette année.

Le Monde


Un duo qui fait penser aux grands burlesques américains.

Sceneweb.fr


Le malicieux Catalan emballe son monde.

L’Express


Cette fable surréaliste est le must d’Avignon à la Catalane. Les spectateurs jubilent.

Les Échos


Mieux vaut cervitude que servitude! Parole de cerf !
Arts et lettres


Sergi López, acteur catalan bien connu du cinéma, et Jorge Picó son alter ego, atteignent des sommets de poésie, de délire et de vérité dans leur farce-à-farce magnifiquement monté !

Ne cherchez pas l’histoire dans ce spectacle sportif, il y a juste le sens. Le sens critique, le sensoriel , le sensitif, le sensationnel, le sans dessus dessous, le sans tambour ni trompette, le sang versé, le sentiment, le sans pareille, le bonheur théâtral au centuple. Il y a ce vieux fils qui parle à son père sans âge ni visage ( Bonjour les sens interdits!), et son père ne le voit pas, ne l’entend pas, ne le sent pas! Mais le vieil enfant bedonnant sent ce creux infini au fond de son ventre et veut désespérément trouver son ‘truc’, le but dans sa vie, sa raison d’être.  Il part à la recherche mais, comme il a du mal à quitter sa famille pour aller vers l’inconnu qui l’aspire! Bouleversant Anthropologue vouant  son corps, son être  au service des autres, il entreprend une chasse légendaire, loin des sentiers battus,  il est à la recherche ... d'un animal  fabuleux, excentrique?  Et voilà  soudain la  Rencontre, dans un paradis vert, pavé de rêves d’enfant. Une créature  mythique à tête de cerf, muette, craintive et joueuse de tennis lui apparaît. Sans blague.


Une histoire qui fait penser au Petit Prince et à sa rose, 30/40 Livingstone est la chronique intelligente et drolatique d’un voyage initiatique à la découverte de soi et des autres.« Mieux vaut la cervitude que la servitude! Parole de cerf ! » « Mais pourquoi m’as-tu abandonné ? Mon ami, mon frère ? » La morale de l’histoire vous prendra aux tripes, tout au fond de l’intime, sans mentir, foi d'animal!


Depuis sa création, 30/40 Livingstone connaît un succès international : en Espagne, en France (Festival OFF d’Avignon en 2014), en Suisse et en Amérique latine, à Santiago?  A chaque fois, les éloges pleuvent pour ce spectacle fin et surprenant, où les interprètes se donnent sans compter! (...Un petit dernier pour la route, sans rancune!)

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Auteurs - metteurs en scène – interprètes :
Sergi López, Jorge Picó
Création musicale : Oscar Roig
Lumière : Lionel Spycher
Costumes : Pascual Peris


Renseignements :
Du 2 au 6 février 2016
A l'Atelier Théâtre Jean Vilar
Rue du Sablon (derrière la Place Rabelais)
B-1348 Louvain-la-Neuve
www.atjv.be

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administrateur théâtres

Il est coproducteur et codirecteur artistique du Festival Bruxellons qui chaque année rassemble un public enthousiaste pendant l’été au château du Karreveld. 20.000 spectateurs l’année dernière ! Il signait la co-mise en scène de la comédie musicale « La mélodie du bonheur »  en 2015 et rempile cette année avec un nouveau spectacle magnitude 7 sur l’échelle de l’émotion avec « Evita ». Les auditions vont bon train ! Ce soir, dans le cadre  coquet et feutré du théâtre de la Comédie Claude Volter, un lieu phare pour les habitants des communes bruxelloises de la Woluwe, il joue de près et sans filets avec ses co-équipiers bien rôdés: Fred Vanco et Caroline Braeckman.

images?q=tbn:ANd9GcRuuh4gfVf7nultYeHvfna9jEEyWRXa8njcxtCvb_5Yk5hHF5B2WASon nom ? C’est Jack, le maxi Cooper, le Magicien Magnifique qui débarque avec son dernier spectacle « Illusions », un Best of de 15 ans de patiente élaboration de tours de magie les plus fous.


Les spectateurs n’y verront que du feu : numéros interactifs, mentalisme, grandes illusions, manipulations de jeune magicien devenu grand avec anneaux chinois et cordes d’illusionnistes truffées de poésie distractive, télépathie, ombres chinoises et lévitation. Un répertoire basculant du jeu de cartes aux mots mystère du grand dictionnaire Larousse, il n’y a qu’un pas! Les découpages de corps qui glaçaient nos jeunes années, le regard collé à la télé en noir et blanc ne déçoivent pas non plus… sauf qu’on a évidemment beaucoup moins peur !

images?q=tbn:ANd9GcSzXaBC87tVjACnXegl4u6ulBLlannkYhHWkaj5Zy5_KHbV35gBZwChercher le truc ? Vous n’y pensez pas ! La présence incontournable de l’artiste empêche toute velléité d’espionnage scénique. Il déborde de vitalité et travaille en trois D : Dialogue intempestif avec la victime, haute Dissimulation et Démonstration infaillible de son art. Il houspille les timides, canalise les extravertis, barricade ses trucages et ouvre la porte du mystère à un public conquis Dès les premières minutes. Musique pompeuse d'accompagnement garantie, pour les amateurs de parodie!  Mais combien d’entre nous ne sommes pas de doux rêveurs avides de mensonges magnifiques? Et ce sont les ombres chinoises qui sont les plus poétiques! Le silence  profond répond alors au talent.

du Mercredi 13 Janvier au Dimanche 31 Janvier

ILLUSIONS

Jack COOPER

http://www.comedievolter.be/saison-2015-2016/illusions/

Site de l'artiste:

http://www.jackcooper.be/

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administrateur théâtres

 « C’est la tendresse qui vous rend vulnérable, qui vous rend ouvert, qui vous rend sensible au mystère qui vous entoure ». Et ainsi, on ne passe pas à côté de la vie. Parfois aussi grâce au cinéma, ou à la musique, ou les deux! Voici des paroles et des musiques qui font rire, réfléchir, se projeter, s’apaiser, s’enchanter ! Esprit, es-tu là ? Ce nouveau spectacle mis en cœur par Laurence Briand ne peut décevoir. La dissertation très vivante vaut le détour!

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L’expérience ludique intelligente  est au rendez-vous, en tous cas. On reconnaît tout de suite   une écriture  trempée dans la sensibilité et l'humour,  doublée d' une présence scénique toujours chaleureuse qui galvanise ses deux aimables complices. Une réalisation dans la lignée du non moins pétillant spectacle : « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », bien que dans un registre totalement différent,  hormis le climat poétique qui en découle. Travail de fourmi ou de cigale ?  Ce cocktail de  rigueur et de liberté a été créé à la Clarencière en décembre dernier devant une salle comble : what else? Vous voulez une définition charmante du cinéma ?  Pour Cocteau, le cinéma,  "c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière."

Le public frémit de plaisir devant ce rassemblement de pépites. Alice est au pays du cinéma. Le texte est sculpté, vivant, imagé, créatif. La mise en voix sonne juste. Les chansons et musiques de film soulèvent des tourbillons d’émotion  pour certains, un fleuve de nostalgie pour d’autres. Une suite palpitante de rêves, de souvenirs, de connotations, menée tambour battant. C’est tonique, bien composé et bien rythmé. Tantôt, peinture de lumières dramatiques ou tendres, tantôt gratitude pour tout ce que le siècle cinématographique a apporté à notre culture. A l’objectif, le trio fougueux des artistes : Laurence Briand, Yvann Drion et Marie-Gaëlle Janssens, pour célébrer les merveilles du rêve, du bonheur, des émois amoureux, des premiers baisers et des longs sanglots. Le sablier égraine les monstres sacrés du vingtième siècle. Marilyn, Romy, Montand, Signoret, Reggiani, Gabin, Arletti, Pagnol, Sautet, Lelouch, Truffaut, Rohmer, Chabrol, Godard, Varda, sont conviés à un festival de phares dans l’océan cinématographique de notre jeunesse. La pluie bienfaisante des citations va droit au cœur.
Chaplin disait « Quand intelligence et sensibilité sont en parfait équilibre, on a de merveilleux acteurs ». A l’écran et sur les planches. Jetez-vous sur ce bateau ivre de lumières et de jolies voix.

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