We have the pleasure to announce…
Samedi soir, au Musée de la Bande Dessinée à Bruxelles s’ouvrait avec Bach et Liszt le tout nouveau Festival ARTONOV. La pianiste Béatrice Berrut, habillée par l'étoile montante de la mode belge Gioia Seghers, attaquait de façon décidée les 5 préludes pour chorals d’orgue pour piano, Cahier 1 de Bach/ Ferrucio Busoni. Au programme encore : La Chaconne BWV 1004 puis les Consolations S172 de Franz Liszt.
Béatrice Berrut, puissante magicienne, est une force du temps présent qui se fait l’interprète d’une nouvelle esthétique musicale rêvée, par Ferrucio Busoni, il y a 100 ans! Elle désire toucher, atteindre, comprendre l’inconnu !
Was sucht Ihr? Sagt! Und was erwartet Ihr?“
„Ich weiß es nicht; ich will das Unbekannte!
Was mir bekannt, ist unbegrenzt. Ich will
darüber noch. Mir fehlt das letzte Wort.“
„Der mächtige Zauberer
Gioia Seghers* la créatrice de mode, se charge du tableau vivant, une sorte d’horloge faite de femmes dans une palette blanche ou noire. Jambes et pieds nus, les filles sont sans maquillage, quelques-unes en chapeaux… Les tenues font penser à des kimonos réinventés, des drapés fluides et décalés. La cérémonie s’infiltre entre les pauses des différents mouvements musicaux. Regards tournés vers l’intérieur ou vers l’infini. Touches noires et touches blanches glissant entre les spectateurs, elles forment un contraste de zénitude raffinée qui exhauste la musique passionnée de Béatrice Berrut**. Musicienne dans des atours de femme fatale 1925, elle aurait fait tourner la tête à Gatsby le Magnifique. Elle a la grâce d’une divine ballerine classique penchée sur un clavier, à la recherche des questions universelles.
Une prestation impressionnante, un assaut du ciel, une subtile et poignante interprétation où se chevauchent la force vitale et le raffinement. Méditations, souffrance, rythmes brûlants, une frappe précise et dynamique, une variété de ralentis, des couleurs sur fond noir et blanc, un cœur révolté et bouillant d’insoumission. Cela déferle. Sa colère n’est jamais complètement liquidée. Elle (…la colère ? ou elle, …la pianiste?) se fait vague créatrice, à la rencontre de consolations musicales furtives, pour revenir encore et encore, toujours plus insistante et plus tragique! Quelle est cette innovante plaidoirie mystérieuse pour l’avènement d’un monde qui change ? Quelle est cette puissance musicale, qui met à nu les sentiments, souligne les fiévreux accès de désespoir, et les délicats rêves de pureté ? La dernière note de la Ballade N°1 de Liszt est un point d’interrogation vivant!
Festival ARTONOV, festival innovant, cœur nouveau de l’Art Nouveau
On ne pouvait pas mieux débuter ce nouveau festival qui joue sur les correspondances entre les diverses expressions artistiques. Gommer les frontières : dans des petits lieux d’exception mis à portée de tous, les arts plastiques, l’architecture, la poésie, vont servir d’écrin à l’art de la musique, langage sacré universel, Wunderkind de l’humanité, seul capable de transcender le temps. En ce nouveau début de siècle, nous souhaitons au festival naissant, et à son directeur, Vincenzo Casale***, musicien avant tout, l’ivresse de la transmission et du partage par-delà toutes frontières, et le bonheur d’un public accueillant, fidèle et enthousiaste. Dans le fracas de notre monde tel qu’il nous agresse quotidiennement, nous avons grandement besoin de nouveaux paysages vivants de culture européenne et de paix !
(© Ivan Put)
http://www.agendamagazine.be/en/blog/abc-vincenzo-casale
* http://gioiaseghers.tumblr.com/











Un texte bourdonnant qui semble donner la main à Baudelaire et Turner tout à la fois! Et Daumier quand il campe ses personnages. Vibrant et foisonnant, ce spectacle est phénoménal – on n’a jamais autant convoqué un monde visuel, auditif, tactile et olfactif dans une telle stridence. Cela a le souffle du pur genre épique mais c’est tout autant du picaresque moderne. Vous serez chahutés. Tempête de mistral y compris ! Et bien que le sublime comédien nous plonge au cœur d’une orgueilleuse Belle Epoque, ce sont les angoisses propres à notre temps qui émergent avec la force des cris d’un homme qui se noie… Prodigieux. De belles musiques (Debussy), une bande sonore et des lumières intelligentes accompagnent et surprennent. A l’affiche du Théâtre Jean Vilar, jusqu’au 18 octobre, en alternance avec « La danse du Diable », son autre spectacle que l’on dit encore plus stupéfiant. Mais de qui, direz-vous ? Celui de Philippe Caubère , peuchère, l’immense comédien.