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livre (16)

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Chateaubriand, Victor Hugo, Mérimée, Rimbaud, Poussin…, autant de noms figurant à des endroits pour le moins surprenants, comme par exemple tout en haut d'un temple égyptien, sur les murs de la tour de Londres ou de Notre-Dame de Paris, ou encore dans le marbre d'une cheminée au Vatican. Mais les anonymes, galériens, prisonniers ou voyageurs, ne sont pas oubliés. Les auteurs tentent même, avec succès, de reconstituer la biographie de l'un ou l'autre à partir d'un simple graffiti.

L’étude des signes lapidaires projette ses regards sur les signes liés aux métiers de la pierre. Parmi eux se glissent d’autres marques, telles que les graffitis-signatures, parfois réduits à de simples initiales qui peuvent se confondre avec les marques de tailleurs de pierre. L’étude de ces graffitis protéiformes livre de nombreux renseignements, non seulement sur leurs auteurs, mais encore sur l’histoire du bâtiment sur lequel ils furent écrits, gravés, griffés, tracés, barbouillés, charbonnés.

De cette corne d’abondance se déverse alors un flux de questions diverses. Qui en sont les auteurs ? Quand furent-ils tracés ? Dans quel but ? Pourquoi ce bâtiment a-t-il été choisi ? Quelle identité a été dévoilée ? De quelle manière (partielle, complète) ? Pourquoi certaines époques paraissent-elles davantage signifères ? Dans cet ouvrage, nous donnons des pistes de réponse à ces questions, la connaissance des marques de tailleurs de pierre et celle des graffitis-signatures participant à une meilleure approche de l’histoire du bâti.

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http://www.safran.be/proddetail.php?prod=PREC06

ISBN: 978-2-87457-116-9 | EAN: 9782874571169
par Jean-Louis Van Belle et Anne-Sophie Brun
Coll. Précisions, 6 |  | REF. PREC06
2020 | 232 pages | 52,00 €
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Sortie de mon nouveau livre : Le fauve.

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Le Fauve...

L'innocence, c'est ce qui te permet d'aller avec un peu de confiance dans la vie.
C'est ce qui te permet d'aimer vraiment les gens, la vie tout simplement.
J'étais un enfant comme les autres, sociable, pas plus mauvais, pas plus violent...
Cette innocence, je viens de la perdre !

Qui a la base m'a fait perdre cette innocence ?
Mon père alcoolique et violent ? Ou ma mère, bien trop soumise ?
Les copains désœuvrés, en bas de ma cité HLM ?
Les flics ou les juges ? La prison ?

Oh, je ne me plains pas ! Non ! J'assume mes erreurs, mes mauvais choix !
Je sais qu'il n'y a plus d'alternatives pour moi !
Percés par les balles des flics.

Mais tout de même, tout gosse, une main tendue aurait suffi.
Je ne l'ai pas trouvé !
Celles qui se sont tendues l'ont fait pour mettre un calibre dans la mienne.

Je n'étais pas un enfant méchant, loin de là ! Je voulais juste qu'on m'aime un peu !
Je voulais qu'on me porte l'attention que mérite tout enfant, tout adolescent.
Qu'on me traite comme un enfant, mais certainement pas comme le dernier des rats !
Le fait est là, de l'enfant doux, affectueux, conciliant que j'étais, ils ont fait un fauve.

Mais je vous raconterai ça dès septembre (2019)...

Disponible en prévente sur : Le livre en papier

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"Hannah", c'est une belle histoire, une romance comme on les aime mais aussi un émouvant hommage rendu aux victimes du séisme qui s'est déroulé à Haïti en janvier 2010.

Nathalie Marcon, éditrice

Chloé et Lara sont jumelles.

Séparées depuis plusieurs années, elles ne se sont plus vues qu’à Noël et aux anniversaires.

Lors de ses vacances à Saint-Domingue, Lara a rencontré Chris. Entre eux, c’est le coup de foudre immédiat, puis le mariage. Depuis cinq ans, les amoureux habitent une très jolie maison à Léogâne, une ville proche de Port-au-Prince.
Chris est en mission pour l’ONU et Lara s’épanouit dans son métier d’enseignante. Elle envoie une lettre à Chloé pour lui annoncer qu’elle est enceinte. Celle-ci lui manque terriblement et Lara aimerait renouer avec elle…

Elle l’invite donc à venir leur rendre visite dans leur petit paradis au milieu des Caraïbes. Elle voudrait que sa jumelle accepte de devenir la marraine de son enfant, une fille qui se prénommera Hannah.

Chloé n’a pas ouvert l’enveloppe qui est arrivée quinze jours plus tôt. Elle n’en a pas vraiment envie. Les choses ne sont pas simples pour elle car elle vit une rupture sentimentale. Seule à Paris, elle connaît de sérieuses difficultés. Elle doit, en plus, prendre une décision importante au sujet du bébé qu’elle attend.

C’est alors que commence la journée du mardi 12 janvier 2010.

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Format broché

N°EAN : 9782930884165

317 pages

Disponible dans toutes les librairies

et aussi sur le site des Éditions Poussière de Lune

Thierry Delvaux, vétérinaire et auteur

Éditions Poussière de Lune

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Mes Récits historiques de l'Orléanais,

Val de Loire, Beauce, Sologne

publiés aux Editions du Jeu de l'Oie

ont eu les honneurs de la radio

 RCF Loiret Orléans.

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sound

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Ils ont été soumis, en juillet dernier, à la question de

Sophie Deschamps

que je remercie beaucoup.

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deschamp sophie

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En voici l'intégralité en suivant ce lien :

[audio mp3="https://librebonimenteur.files.wordpress.com/2016/08/balade-rc3a9cits-de-lorlc3a9anais.mp3"][/audio]

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© Jean-Louis Riguet 23 août 2016

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres  et membre de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature

Liens :

http://librebonimenteur.wordpress.com/

https://sites.google.com/site/sitejeanlouisriguetauteur/home

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Son livre à « Mon’s livre »

Je m’appelle Pipina et je suis la porte-parole de ma maîtresse, Antonia Iliescu.
Elle a le plaisir de vous inviter à une séance de dédicace lors du baptême de son bambin, « L’arche de Naé » ou « Les souvenirs d’un chien émancipé », né en juin 2016, aux Éditions Edilivre.

12273188673?profile=originalL’heureux évènement aura lieu le 27 novembre 2016 à la Foire du livre de Mons, entre 10 h et 18 h, au stand de l’éditeur Edilivre.

Adresse (Entrée visiteurs) :

Avenue Abel Dubois  
7000 Mons (Belgique)

Entrée libre.

(détails pratiques : http://www.monslivre.be/informations-pratiques_4727775.html )

Pour un premier contact avec le bébé, je vous invite à regarder le clip :

https://www.youtube.com/watch?v=86S9FhfJBHI

et à lire l’interview écrit de ma maîtresse :
https://www.edilivre.com/communaute/2016/06/24/rencontre-avec-antonia-iliescu-auteur-de-larche-de-nae/#.V_JEWs5OI1I



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administrateur théâtres

12273088864?profile=original«  En chaque être, sommeille un livre… souffle l’éditeur de Céline Verlant qui ouvre grand la fenêtre sur le rêve. C’est Chagall qu’elle contemple, lui et sa sagesse. Puisque comme le souligne Sholom Aleichem , « La vie est un rêve pour le sage, un jeu pour le fou, une comédie pour le riche et une tragédie pour le pauvre. »

Elle nous invite à contempler l’universalité de l’œuvre de Chagall (Chagallus Universalis) dans son petit livre en forme de fenêtre, édité chez Lamiroy, illustrée d’images expressionnistes d’Yves Budin.

 

Céline Verlant est à l’écoute de toute une mythologie artistique qui s’est transmise de grand-mère à petite fille lors de nombreuses visites dans les musées dont elles raffolaient. C’est ainsi que souvent se transmet le mystère de l’émerveillement.

 

Sensible aux vibrations de couleurs concertantes du peintre, elle nous guide avec délicatesse sur les pas du peintre vers des  réalités essentielles : la beauté des fleurs, celle du bestiaire biblique ou domestique, des paysages, des astres et du ciel.  Amour et émerveillement vont sans doute de pair pour créer un univers magique unique,  protégé des fureurs du monde et du siècle, c'est le choix radical du peintre. Et Céline Verlant  partage avec Chagall une conclusion faite de ses bleus universels et intemporels. L’amour est l’évidence, l’énergie qui commande la création dans tous les sens du terme. Et l’œuvre de Chagall est pour elle un millefeuille de bonheurs recréés, qu’elle se plait à parcourir avec amour et admiration, dans une liberté de ton dynamisante.

 

 Tout en étant solidement documenté – Céline Verlant est historienne de l’art – , ce livre a la légèreté du rêve, et des personnages flottants –Luftmenschen –de l’œuvre de Chagall, maitre de la lévitation et de l'imaginaire. Quelle rencontre !

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chagall-11108dig-l.jpgDans son évocation de l’oeuvre du peintre,  Céline Verlant propose quatre pistes (l’homme, la société, l’animal, la nature) qui se retrouvent sous forme de quatre thèmes  présents comme par magie dans une gouache « Moi et le village » (1912), conservée aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, similaire à la toile du même nom (1911) conservée elle  au Musée d’Art de New York.  L’homme ne serait-il pas à la société ce que l’animal est à la nature? 

 

Un hommage humble et émouvant. Si "pour les Juifs, le Mot est la seule patrie", Céline Verlant se sert de trois clefs, la création, l’interprétation et la transmission, pour célébrer l’hommage-anniversaire des trente ans de la mort du grand peintre. Ce livre est une merveilleuse introduction en tous cas à une autre promenade, celle que vous ferez dans la superbe exposition en cours aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique qui rassemble plus de deux cents œuvre du peintre légendaire du XXe siècle.

Marc CHAGALL

Exposition

28.02 > 28.06.2015

 http://www.fine-arts-museum.be/fr/expositions/chagall

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La Rétrospective Chagall (1908-1985) a eu plus de 300.000 visiteurs à Milan en septembre 2014 . C'est au tour des  Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Du 28-02-2015  au  28-06-2015.

Exposition en cours. rue de la Régence, 3   1000 Bruxelles

Plus de 200 œuvres de Marc Chagall provenant du monde entier ont été rassemblées pour cette importante rétrospective. L’exposition parcourt l’ensemble de sa carrière artistique, depuis les premières peintures en 1908 jusqu’aux dernières œuvres monumentales des années ‘80.

Si les grands thèmes chers à Chagall seront évidemment abordés, comme la culture juive, l’iconographie du village juif ou encore les traditions populaires, l’exposition se concentrera également sur sa rencontre avec la littérature du XVIIe siècle - et spécifiquement La Fontaine -, la découverte de la lumière et le traitement de la couleur. Un écho particulier sera donné à la période russe de l’artiste, au moment où son style si personnel le distingue d’un courant artistique  imprégné par la révolution cubiste.

Fidèlement retranscrit, le langage poétique original de Chagall embarque les visiteurs dans un univers époustouflant, témoin de multiples cultures et traditions. La Rétrospective Chagall (1908-1985) a eu plus de 300.000 visiteurs à Milan en septembre 2014.

Brochure (PDF) 

Organisée par les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique en partenariat avec le Palazzo reale de Milan, 24 ORE, Arthemisia Group, GAmm Giunti, cette rétrospective, placée sous le commissariat de Claudia Zevi, a été réalisée en collaboration avec Meret Meyer et Michel Draguet.

L’exposition réunira des œuvres de plus d’une vingtaine d’institutions internationales : Tate, MoMA New-York, Centre Georges Pompidou, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Museo Thyssen-Bornemisza, Fondation Beyeler, Fondation Maeght, Nagoya City Art Museum Japan, Musée de Saint-Pétersbourg, etc.

En Pratique :

Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Rue de la Régence 3 -1000 Bruxelles.

Tél : +32 0(2) 508 32 11. 

E.mail : info@fine-arts-museum.be

Site web : www.expo-chagall.be

Service de réservations

reservation@fine-arts-museum.be

Tél. 02/508.33.33

Prix :

Normal : 14,50€ en semaine, 17,50€ le week-end

Seniors (+65ans) : 12,50€ en semaine, 15,50€ le week-end

De 6 ans à 26 ans : 7,50€ en semaine, 8,50€ le week-end

http://www.levif.be/actualite/belgique/chagall-ce-poete-qui-reve-d-amour/article-normal-371661.html

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Bibart - La Bibliothèque du livre d'artiste

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ll était attendu, il était annoncé ... il est arrivé avec la nouvelle année, le nouveau site internet de BIBART. Découvrez-le sur www.bibart.org
Le premier site internet exhaustif dédié au livre d'artiste : un contenu riche (définitions, éditions, activités, vidéo, agenda, ...) et surtout la base de données complète de nos collections contenant des centaines de livres de près de 400 artistes ! BIBART.org est un site en perpétuelle évolution, en développement permanent. N'hésitez pas à nous rendre visite régulièrement pour suivre toute l'actualité du livre d'artiste. Bonne visite !

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Le rapport du groupe d’experts chargé de réfléchir à la mutation numérique des acteurs belges francophone du livre a été rendu public après avoir été présenté au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en juillet dernier.

Ce groupe d’experts composé de Pascal Francq, Philippe Goffe, Tanguy Habrand, Georges Hoyos et Frédéric Young a contacté plus d’une trentaine de personnes pour établir un rapport à même de guider les Ministres de la Culture et de l’Enseignement dans la redéfinition cohérente d’une nouvelle politique du livre et du manuel scolaire.
Après avoir rappelé le contexte de cette étude, le rapport s’interroge entre autres sur l’avenir des métiers, la possibilité d’anticiper cette évolution technologique et l’arrivée de nouveaux acteurs, les nouvelles attentes des lecteurs et la protection des droits d’auteurs. Dans un troisième temps, cette analyse recommande la création d’un environnement favorable qui a généré la mise en place d’un partenariat interprofessionnel (le PILEn), un outil de veille et des formations à l’attention des professionnels du livre. Le rapport propose également une série d’autres recommandations tant au niveau de la politique du livre que de l’enseignement.

Consulter le rapport dans sa totalité:

 

Voir en plein écran

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phrases

Le livre de Johan Theorin fait son travail sur mon imaginaire.. La série s'installe dans ma tête. 

 "l'Echo des morts" en français  est un thriller qui se déroule intégralement sur l'Île de Öland en mer Baltique. 

Je continue d'y pécher les phrases fortes afin de nourrir mon imaginaire. 

Les études se succèdent, petits formats de 40x30  issues de ce type de phrases décrivant l'atmosphère des lieux.

"Katrine était arrivée sur l'îlot. Elle descendit au bord de l'eau, embrassant la côte du regard. Au nord , on voyait que des plages désertes et des bosquets, au sud des prairies avec, au loin, quelques petits cabanons de pêcheurs."

Etude pour mon expo sur l'île de Öland

40x30 acry sur papier gegout adagp© 2011

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 Peindre l'atmosphère lourde des lieux, atmosphère pesante empreinte déjà des les premières pages des drames à venir. Sans tomber, du moins je l'espère dans l'aspect narratif.

Juste retenir ce qui échappe au regard.

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Salon du Livre de Paris

12272722657?profile=originalLe Salon du Livre de Paris ouvrira ses portes le 18 mars. Si vous êtes dans le coin, venez me dire bonjour au stand C24 (Publibook). J’y serai le samedi 19 (entre 15H30 et 18H00) et le dimanche 20 (entre 10H30 et 14H00) pour une séance de dédicace de mon livre bilingue « Le Père Noël est enrhumé / O Pai Natal está constipado », une pièce de théâtre pour jeunes de tous les âges. J’aimerais faire votre connaissance personnelle.

Salutations cordiales et ensoleillées du Portugal où je me trouve encore.

 

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Suite aléatoire des premiers billets

L’Amour, celui qui fait battre votre cœur dans votre tête avec un bruit de grosse caisse de fanfare, celui qui fait vibrer votre corps de la tête aux pieds, celui qui vous fait craindre et vous effrayer de mille choses lorsque vous allez d’un pas rapide au rendez-vous qu’il vous a donné, celui pour lequel vous vous apprêtez avec grand soin dans les moindres détails, l’Amour qui vous fait frissonner lorsqu’il vous touche, celui qui tord vos tripes quand il vous manque, qui vous rend douloureuse mais dans un cri de bonheur, celui-là est l’Amour sans partage, brut fort, sans concession, entier.Celui-là vous fait vivre et vous fait mourir, mais au moins vous savez que vous existez pour, avec, dans ou à travers l’autre, vous vous sentez vivant.Celui là arrive une fois dans votre vie, et vous pourriez mourir pour un « je t’aime » de cet amour là.Nous pouvons nous perdre dans cet amour, mais différemment que dans celui prôner par nos aïeux. Nous risquons d’y laisser notre individualité, si la personne aimée ne prend pas soin de nous protéger, de nous ramener à la raison, à la réalité, mais c’est tout. Alors que l’introduction de la tolérance et des concessions dans l’amour nous fait prendre le risque d’un engagement à vie avec une personne qui n’a rien en commun avec celle que l’on désirait aimer avant le mariage.Mais hélas ! Et j’en parlais au début de mon récit, ce « je t’aime » ne peut exister pour tout le monde, car nous ne sommes pas tous prêts à le vivre, il demande tellement de volonté et d’effort, mais surtout de remises en question par rapport à notre façon de vivre, nos principes nos scrupules même. Il demande de la confiance en nos propres choix. Et pourtant, tous nous en rêvons et en avons peur.Cet amour totalitaire nous fait ressentir une peur immense, viscérale de ne plus nous appartenir. S‘abandonner à l‘autre en toute conscience, en parfaite confiance, ressentir un tel amour ou l’inspirez, alors le « je t’aime » prononcé, égale en force et vérité celui d’une mère pour son enfant.Ce « je t’aime » là est l’idéal de l’amour. Je rappelle ici que tous ces propos sont uniquement personnels et le fruit de douloureuses introspections.Donc à mes yeux, et uniquement à mes yeux, aucun autre « je t’aime » n’a droit de citer, car j’ai connu l’Amour tel que je vous l’ai décrit, sans demi-mesure, j’ai sombré délicieusement dans la douce folie d’aimer de tout mon cœur, avec mon corps et mon âme ; Respirant chaque seconde du temps qui s’égrenait, dans l’espoir unique d’un regard posé, d’un sourire esquissé.Hélas ! Peureuse j’étais, le besoin utopique de sécurité un jour s’est réveillé, le doute a suivi amené avec un « mais », et l’humanité de ma personne, cette humanité qui se soucie du devenir, a ravivé et convoqué la raison.Les principes, les à priori, la prudence, la méfiance, cette cohue de réflexes humains, propres à la survie de tout être, a pourri la fusion de nos cœurs, et soudain…L’attachement, petit sentiment mesquin est apparu, laissant échapper un « je t’aime… mais… ».
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"A Léon Werth

Je demande pardon aux enfants
d'avoir dédié ce livre à une grande personne.
J'ai une excuse sérieuse: cette grande personne
est le meilleur ami que j'ai au monde.
J'ai une autre excuse: cette grande personne
peut tout comprendre, même les livres pour enfants.
J'ai une troisième excuse: cette grande personne habite la France
où elle a faim et froid. Elle a besoin d'être consolée.
Si toutes ces excuses ne suffisent pas, je veux bien dédier ce livre
à l'enfant qu'a été autrefois cette grande personne.
Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants.
(Mais peu d'entre elles s'en souviennent.)
Je corrige donc ma dédicace:

A Léon Werth
quand il était petit garçon."

Dédicace pour Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry
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Malheur aux malentendants !



Ô Seigneur ! Est-il possible que le calice passe loin de moi, qu’il ne me soit jamais permis de le saisir ? Moi qui suis à la tâche, jour après jour, indéfectible, comme d’autres... au temple, zélés et fervents !


______________



A quinze ans, la terre ne nous appartient pas encore mais le monde n'existe que pour nous - du moins, pour nous qui sommes capables de lui répondre par l’affirmative : « Oui, je le veux ! Oui, je le peux ! »


A quinze ans, on aime tout ce qui a été pensé pour notre âge, tout ce qui nous est destiné, proposé, offert - pour peu qu’on puisse se l’offrir. On espère, on supplie, on désire, on ordonne, on convoite ; et que dire de toutes ces attentes erratiques, confuses qui ne savent pas vraiment ce qu’elles attendent...


A quinze ans, on dépense tout comme de l’or car la pacotille se vend chère puisqu’elle ne s’affiche jamais comme telle : commerce oblige ! On jette les mots par la fenêtre et les parents, leur argent : la paix est à ce prix et le compromis, maintenant historique... aussi. C’est le joueur de flûte avec sa sérénade brillante et vive ; une sérénade hypnotique et luisante que personne ne lui interdira de jouer car, ceux qui ne souhaitent pas y succomber, sont déjà sans voix.


Un monde fait sur mesure donc, un monde voué à tous les commerces et à tous les rackets : demander, exiger, recevoir, arracher... c’est la seule préoccupation qui ordonne tout le reste. Et là, le monde est d’une clarté totale ; un point aveugle cette clarté au-delà de laquelle plus rien n’est visible.


***



Ados.jpgA quinze ans, on se nourrit d’un rien, d’une précipitation de jouissance, sans autre souci que d’aller à la rencontre - à toutes les rencontres -, pourvu qu’elles nous mènent au plus près du but : à la découverte d’une floraison soudaine de possibilités nouvelles porteuses de mille transgressions.


On rêve, on mime, on improvise sur un emploi non contraint du temps et toujours trop court. La nuit n’est qu’un mal nécessaire à l’heure où il nous faut rentrer même si ce refuge nous est bien utile parfois car, on peut encore y trouver la sécurité après une conduite porteuse de tous les risques face aux dangers d’un monde qui n’est qu’un loup pour son propre monde. Elle signifie à peine le repos cette nuit qui s'annonce déjà ; à l’aube, tout sera à recommencer ou bien, à poursuivre : on reprendra le cours là où on l’a quitté, le long d’une pente tantôt douce, tantôt brutale.


A quinze ans, on occupe tout le temps dont on dispose. Aucune culpabilité. Tout est promis à l’oubli et pourtant, tout semble inoubliable, dans un monde qui a une bonne mémoire, la meilleure des mémoires : une mémoire courte ; celle qui ne vous autorisera aucune retour en arrière au delà de l'heure qui s'est écoulée et qui s'est achevée dans la plus parfaite absence de mémoire et dans une indifférence insolente face à cette lacune qui n'en est plus une aujourd’hui.


Quant à la prochaine heure... celle qui s'écoule là, maintenant, sous nos yeux, le monde n'ose déjà plus y penser, de peur de devoir s'en souvenir.


Une génération entière s’est ennuyée, la suivante a tout juste le temps pour elle ; elle va à l’aventure sur un écran de dix sept pouces ou sur un écran géant, le temps de passer de la lumière à l’obscurité... mais la lumière revient toujours à la fin de la séance ! La prochaine épopée chassera la précédente. Hallucinés, du rêve, on passe au songe, du songe à la réalité jusqu’à taire la peur qui nous taraude face à cette inconnue immense : notre vie de demain dans dix ans dans un monde instable et sans remords ; et là, c’est déjà une autre aventure, une tout autre histoire.


A quinze ans, Dieu ! Qu’est-ce qu’on fait comme bruit ! On ne s’entend plus et pour peu qu'on nous conseille vivement de nous taire et d'écouter... en classe, soudain, tout devient difficile ou bien, incompréhensible ; en cours, on ne participe plus, on s'éloigne, on se retranche dans les derniers rangs, on quitte la classe avant tout le monde ; et c'est alors que le collège ou le lycée ne vous appelle plus le matin et ne vous promet plus rien sur le trajet qui y mène.


Sans illusion quant à l’usage qu'ils peuvent espérer faire de cette disgrâce, les adolescents connaissent le prix d’un tel échec et sa récompense : les portes qu'il vous fermera au nez avant même que vous ayez eu le temps d'y frapper car on vous aura vu venir de loin et... nombreux ; et personne ne nous sera d’aucun secours, prisonniers d’une solitude intouchable.



***



L’adolescence tient en trois mots, trois séismes : le désespoir impalpable aux causes aussi multiples qu'indéfinissables, l'amour toujours à refaire et la joie infinie, sans antécédent, sans passé, sans avenir, fruit d'une insouciance sans conséquence pour l'heure.


Oui ! La joie ! Joies qui se succèdent, courtes, spontanées, sans raison, pour un rien et pour un peu. Une lumière cette joie ! Une lumière même quand la lumière fait défaut. Intouchables on est ! Indestructibles ! Il ne manque plus rien aussi longtemps qu'elle est là, à nos côtés. Une vibration cette joie ; une vibration venue du centre de la terre ; aussi vieille que la croûte terrestre et les danses tribales cette joie qui accroît notre être, l’étend, l'enveloppe. Son souffle nous rend légers et nous permet de franchir bien des obstacles en les ignorant, tout simplement. Joie d’être, joie de vivre ! Et ce sourire qui nous illumine ! Regardez-le ce sourire si précieux ! Regardez-les ! Regardez-nous à quinze ans déambuler le long des rues, dans ces avenues qui nous appartiennent le temps de les traverser. Et cette lueur dans les yeux : c'est encore la lumière de la joie bien sûr ! La joie de l’instant qui va nous combler, tout ce qu’on se promet, là, maintenant ou bien, dans l’heure qui suit.


Allez ! Rendez-la-nous cette joie, ce chahut salutaire !



***


Enfant, tout est immense. A quinze ans, on mesure le monde à l’échelle de ce qui sera possible d’y accomplir. Signe de notre temps : aujourd’hui, très vite, c’est déjà trop tard. Jadis, on pouvait s'offrir quelques années d'insouciance, aujourd’hui, on nous conseillera de tout prévoir, de tout envisager, même et surtout le pire en cas d’échec que l'on pressent très tôt ; le succès aussi, pour peu qu’on ait de bonnes raisons de l’espérer.


A quinze ans, ce qui se passera, on ne le voit pas toujours et aussi, ce qui ne se passera pas. Voués au meilleur et au pire, on vit de ce qu’on prend et reçoit du monde, de ce qu'on lui arrache aussi quand il nous oublie au passage ou nous ignore car, si l’abondance nous empêche de voir, le manque, lui, nous couvre de honte : on réclamera son dû. Et c’est alors que la colère et l’impatience nous conduiront tout droit à la révolte et au scandale pour s'empresser de jeter sur la douleur de vivre cette indigence qui surplombe tout et dont on ne saurait porter la responsabilité, notre dévolu d'insultes, d'intimidations et de menaces. Stratégie de survie avec soi-même et les autres qui nous le rendront bien et au centuple, avant longtemps.


A cet âge, tout le mal que l'on se fait, on l'ignore jusqu'à la cure qu'est l'âge adulte, pour peu que l'épuisement nous y aide et puis… parce qu'il faut bien se faire une raison ; la résignation est pareille à l'usure du temps qui guérit bien des maux ; elle prend sa place sur la pointe des pieds alors qu'il fait encore sombre ; et plus elle arrive tôt, plus ses chances de mater cette révolte sont grandes.


A quinze ans, de l’âge adulte, on se rapproche, même si c'est pour mieux nous en éloigner. On se complait de tout. Aucun retrait, aucun recul, c'est la vie qui nous submerge. On hurle. On crie. On bouscule son entourage. On l’ignore.


Autre signe de notre époque : à quinze ans, dehors c'est dedans ; on est partout chez-soi. Au delà du périmètre dans lequel notre action se déploie, rien d’autre existe, rien ni personne ; et tant pis pour les autres qui devront prendre leur mal en patience ou bien, se retirer sans broncher.


A quinze ans, on se cherche un visage, un vrai visage : le sien. Mille essais, mille emprunts, preuves d’une fertilité et d’une inventivité ingénieuses et brouillonnes qui peinent à trouver sa forme. La maturité y pourvoira pour peu qu’il en soit toujours question. Car, si on n'a pas encore à trouver sa voie, en revanche, on se doit de trouver très vite sa place.

Quand on est seul, c’est l’ennui et le désarroi. En bande, on échappe à l’angoisse d’aujourd’hui qui n’est que la négation des responsabilités et des incertitudes de demain. Menu indigeste que demain ! Novice, on avance par à-coups dans un couloir plongé dans le noir. Quand on trouve l'interrupteur et la lumière, c'est le soulagement : on n'a plus peur jusqu'à la prochaine épreuve.


A quinze ans, on veut plaire, être comblé jusqu’à la saturation. Être vivant à quinze ans, c’est être vu et reconnu, escorté du regard et du cœur, mille cœurs entre tous, si possible... et pourquoi pas ! On recueille toutes les faveurs quand on sait les susciter. On vit sans ordre. On a des colères soudaines, sans arrière-pensée et puis, on sait calculer, manipuler, manœuvrer en expert aussi. On s’enflamme, on étouffe, on suffoque, l’amour est minuscule, infini. Et puis un jour, on le fait. Ce jour là, on devient quelqu’un d’autre. Quelque chose a été percé. Quelque chose en nous a fondu. C’est la mue. Une autre peau émerge. On n’y comprend pas grand-chose mais... c'est sûr : on a changé !


Un mystère qui n’en était pas un, cette interrogation - du moins, pas longtemps, car bientôt, tout ça n’aura plus d’importance ; l’essentiel est ailleurs, bien sûr : dans ce qui nous attend, dans cinq ans, dans dix ans d'ici...



***


A quinze ans, c’est fini, plus rien à faire dans la vie, sinon la vivre. Une vie détachée de soi, prodigue d’elle-même et de ceux dont on partage la même vie, au même âge, au jour le jour, d’heure en heure... jusqu’à la suivante. Ce qui doit arriver arrivera toujours assez tôt ; on aura bien le temps de faire face à cette insécurité qui nous attend, une fois que l'on ne pourra plus compter sur ceux qui nous ont mis au monde et qui avaient toujours su nous en protéger.


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Si à quinze ans on connaît la peur, on sait la contourner. Si on la frôle, on l'oubliera très vite pour s'empresser d'en chercher une autre ailleurs : ses jouissances sont trop grandes pour qu'on les abandonne à la première alerte, le goût de vivre, plus fort encore. On compose avec la peur comme on compose avec tout le reste : la peur des mauvaises notes, la peur d’être découvert, la peur de l'humiliation, la peur du rejet, la peur de la violence de ceux qui ne craignent rien, ni personne, et surtout pas, ceux qui ont peur.


Parfois, les adultes contribueront à diffuser cette peur qui leur va si bien depuis qu’elle les mène et les force à resserrer leur vie pour diminuer le rayon de son action et réduire le champ de ses ambitions et de son influence.


Adolescent, cette peur est sans doute l’information la plus importante que nous recevons du monde ; une des premières ; s’y soumettre annonce des lendemains plus alarmants encore.



***


Volonté de prendre, de jouir ! Volonté exténuante, désirs insatiables ! A quinze ans, on mixe, on brasse, on mélange tout, même si ce sont les autres qui distribuent les cartes à notre insu. C’est notre façon d’y voir clair en ne voyant rien de ce qui se trame au loin, sans guide pour nous accompagner.


Et tout nous y encourage. "On a le temps !" nous assènent les ondes de la voix du monde et les pixels de sa représentation, là où toute parole vers le haut est impossible. Une voix sur mesure, pour notre immaturité qui ne peut qu’écouter cette voix. Tellement dans son époque cette voix qui jamais ne se trompe ni ne s’égare, au plus près, serrée, collée à notre inconséquence juvénile, telle une sangsue. Pas d’époque sans voix quelle qu’elle soit, aussi dévastatrice soit-elle. Toujours !


Qui possède le Verbe et les décibels, conduit le Monde. Une voix d'usuriers du désert, trompeuse et assourdissante, cette menace proférée sous le couvert d’une attention désintéressée ; une voix condescendante qui absorbe très vite la meilleure part de l'esprit et empêche tout exercice d'une attention claire envers soi-même ; une voix aux éclats incessants telle un marteau sur l’enclume, qui obstrue toute perspective d'élan en nous privant d'un tremplin pour rebondir plus loin, plus haut ; et peu nombreux sont ceux qui sauront le faire à temps.


Une nuisance cette voix pour quiconque souhaite la faire taire. Dans ces moments là, c’est toute la vie qui vire à la lutte, une douleur dans le dos - dans le bas des reins, plus précisément - à force de résistance, en parents confrontés à un âge sans discernement, et à un prix bien plus élevé aujourd'hui qu’hier : pas de conte de fées et pas de happy end pour nous rassurer : dans le meilleur des cas, happés ils seront, au passage de l'écho de cette voix, et dans le pire, broyés, pris en étau entre les incisives et les molaires de sa mâchoire d'ogre.


L’autre voix, elle, est inaudible pour l’heure. Le moment venu, elle n’aura pas besoin de porte-voix. Bientôt, une autre réalité se chargera de nous la faire entendre car, à quinze ans, on est de l’autre côté de la vitre, à l’intérieur ;

Dehors nous attend une surprise : tout ce qui aura été tu des années durant et qui nous est maintenant hurlé.


Et là, malheur aux malentendants !


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On n'est pas sérieux quand on a 17 ans

Poème de Rimbaud

LEO FERRE pour la musique



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Extrait du titre : "La consolation" - disponible chez TheBookEdition


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Proust, la négation de l'Homme Moderne ?

Qu’est-ce que le style chez un auteur ?

Le style, c’est un point de vue, un regard sur le monde qui lui est propre ; c’est un angle de vue particulier sur les choses, les êtres, la réalité ; un angle d’attaque aussi, pour peu que l'auteur soit guerrier.

Le style, c'est la culture de l'auteur : histoire et apprentissage.

En littérature, il y a « style » à chaque fois qu’il nous est donné à lire une langue re-construite, une langue recomposée et ré-assemblée.

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Proust par Jacques-Emile Blanche.jpg

Prenons Proust dont la tentative de réconciliation (même inconsciente !) des humanités avec les sciences sociales - la littérature avec la sociologie -, est un des grands mérites de l’auteur.

Proust donc ! Et à son sujet… tout ce qu'il n'a pas écrit et tout ce qu’il ignorait de et sur lui-même, ainsi que la question : pourquoi a-t-il fait cette œuvre-là et pas une autre ?

Proust et la fulgurance du passé ; fulgurance du souvenir - celui de l’enfance, de l’adolescence et des premières années de l’âge adulte -, qui vient comme un boomerang terrasser Proust et le clouer au lit.

Chez Proust, tout est passé, tout appartient au passé : ses personnages aussi - figures du passé de Proust, s’entend. Son présent ne lui sert qu’à se rapprocher du passé. Proust ne disait-il pas : " Un livre est un cimetière" ? Et ce passé, indissociable de sa personne, commence dès son plus jeune âge : à 20 ans, il est déjà dans le passé de ses 10 ans ; à 30, dans celui de ses 20 ans.

Pathologiques cette situation et tous ces souvenirs qui, sans contrôle, viennent envahir sa conscience d'être au présent. Chez Proust, le moindre rappel du passé lui fait l'effet d'un événement capital, d'une importance démesurée : une importance extra-ordinaire ; chez lui, chaque souvenir est un traumatisme en puissance, car son présent et son avenir, ne seront jamais à la hauteur de son passé, puisqu’il ne s’investit pas dans son propre avenir, faute d'en reconnaître la nécessité.

Proust.jpgEn tant qu’être humain - être humain au sens moderne du terme : s’entreprendre et advenir -, Proust a cessé d’avoir un avenir, très tôt. Pour cette raison, Proust ne peut que se retourner sur lui-même. Et plus il se retourne, plus il souffre, ou bien, plus ses souvenirs le terrassent d’émotion : ce qui revient au même.

Proust est né très vieux dans un monde très jeune. C’est le paradoxe. N’oublions pas que Proust a 29 ans en 1900 ; et ce siècle qui arrive est le siècle d’avenir par excellence, quand on sait ce qu’il adviendra. A l’entrée de ce nouveau siècle qui grandira très très vite, Proust est déjà un homme du passé dans sa manière de conduire son existence, de l’acheminer, en ne donnant… justement, aucune direction à cette existence, sinon une seule : celle qui le renvoie à son passé ; alors que l'avenir est la seule direction envisageable pour un individu de son âge - normalement constitué.

De là à penser que Proust (rentier-boursicoteur) serait la négation même de "l’Homme Moderne" : s’entreprendre, advenir, mettre en échec tous les déterminismes...

D'autre part, on ne manquera pas de noter que l'oeuvre de Proust est le plus souvent une oeuvre-refuge pour ses admirateurs inconditionnels ; un rempart, l'oeuvre de Proust, contre ce monde moderne dont la nécessité historique leur échappe : tout ce qui nous y a conduit et continuera de nous y conduire ; même si l’on se gardera bien de leur demander d’y adhérer.

.

En effet, comment pourraient-ils, comment pourrait-on, nous tous ?

Sans oublier ceux pour qui Proust n'est plus qu'un auteur vers lequel on se tourne une fois que l’on a baissé les bras et que l’on s’est juré de ne plus porter aucun livre – à bout de bras, justement ! –, en y cherchant dans la lecture de son oeuvre, sa propre terminaison, prisonnier d’une chambre tombeau ; dernière sépulture de vie pour les convalescents et les agonisants de l’existence.

***

Certes, vivre, c'est accumuler du passé. Etre capable, à tout moment, de convoquer ce passé, c'est prétendre à l'immortalité : adoration perpétuelle de soi jusqu'à l'extase ; grandissement épique de sa propre histoire familiale et sociale avec l'éternité pour leurre et le mensonge comme clé de voûte car, le plus souvent, se souvenir, c'est se mentir...

L’expérience existentielle de Proust - expérience initiatique -, c’est une vérité sur lui-même, et cette vérité le désarçonne, lui fait perdre tous ses moyens et le condamne très tôt, à son insu et tous ses personnages avec lui, à l'immobilisme, l'oisiveté et la mort - et pas seulement à cause d’une santé fragile...

proust-on-his-deathbed.jpg

Avec pour seul secours : l’écriture ; et seul recours : le souvenir et l’émotion suscitée par cet exercice épuisant de remémoration qui a tous les accents d’une... auto-commémoration.

Tel est son style.

“La nausée” de Sartre, à côté de cette expérience fulgurante qui frappe Proust de plein fouet et au plus profond, c’est trois fois rien : juste une petite déprime.

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