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Magistère.

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Magistère

Rai-de-coeur et fer de lance

Analogies et résonances

Cortège d'images, correspondances

Nulle contreverse ou confluences

Grand ordonnancement, molécule intégrante

Sisyphe sans cesse remonte la pente

Défis aux lois par la foi de la raison

Voie humide, perles, sublimation

Hors des cénacles qui gesticulent

Petits agencements de particules

Dans le secret des eaux connées

Echarpe d'Iris, prisme inné

Passées nivoïdes, souvenirs de léonides

Astroblème aux lèvres livides

Crucipétriste à la maîtrise géométrique

Pis aux formes telluriques

Lait de lune, sels de croissance

Maille élémentaire, chair et sens

Carminé, buriné aux forges haletantes

Inutiles grâces concomitantes

D'un vieux damné, déplorable charpente

Qu'à ton aspect le pécheur se repente*.

Michel Lansardière

* Les deux derniers vers sont empruntés à Scheuchzer, 1726 (Johann Jacob Scheuchzer, 1672-1733, naturaliste suisse).

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"Magistère" est l'ancien terme utilisé pour désigner le "précipité", ce phénomène qui, d'une solution liquide, fait naître un corps solide.

12273087071?profile=originalComme un poisson dans l'eau (agate et quartz ; coll. et photo L. M.)

Magie, Terre et mystères de la création. La nature agissant pourtant sans précipitation.

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Regard énigmatique (Agate et quartz ; coll. et photo M. L.)

Illustrations :

Raphaël : "Le Premier Mouvement de l'Univers" et "La Poésie". Voûte de la "Chambre de la Signature" du Vatican. Jules II commanda la décoration de cette salle en 1509 à Raphaël qui avait alors vingt-six ans.

Agate et quartz : la solution sursaturée en silice se dépose en couches successives d'agate, puis la cavité s'emplit de cristaux de quartz. L'agate ou le quartz contiennent parfois des "bulles" d'"eau fossile" (eau connée).

"Le premier Mouvement de l'Univers" et oursin fossile (Rhyncholampas grignonensis du Lutétien, ca 40 millions d'années, Lassy, Val d'Oise).

A la Renaissance des artistes, Léonard de Vinci ou Bernard Palissy notamment, s'intéressèrent de près aux fossiles :

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M. L.

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12273077283?profile=originalAnshelm Schultzberg (1862-1945) :

Démolition de l'ancien orphelinat, 1886.

Avec sa lumière rasante saisie à la lumière d'un début de printemps, ses nuances et ombres portées, son ciel fuligineux, ce tableau vibrant montre une grande sensibilité. C'est aussi la fin d'un vieux Stockholm cédant la place au renouveau.

Quatrième et dernier volet de notre saga consacrée à la peinture scandinave (après les quatre articles dédiés aux chefs-d'oeuvre du Nationalmuseum de Stockholm).

Et pour cette dernière séquence nous nous bornerons à la Suède, la prolifique.

12273077859?profile=originalJohan Krouthén (1858-1932) :

Vue d'un jardin, Linköping, 1887/88.

Atmosphère et souci du détail pour ce peintre pétri d'idéal. L'impression de la peinture en plein-air et le fini de l'atelier.

Il rejoindra le groupe des "Peintres de Skagen", ces peintres, mais aussi écrivains et musiciens, épris de nature et de lumière, Danois, Norvégiens et Suédois, qui aimaient se retrouver à Skagen dans le Jutland au Danemark.

Bien sûr cette étude reste fragmentaire, je ne prétends pas à l'exhaustivité, mais j'espère que vous aurez découvert une nouvelle palette de talents pour nous inconnus et qui méritent amplement d'être révélés même pour une postérité posthume.

12273077697?profile=originalAnders Zorn (1860-1920) :

Les filles de Dalarna prenant leur bain, 1906.

Zorn est l'un des peintres suédois les plus connus. Spécialiste du nu, il a su avec son pinceau que l'on croirait trempé dans une coulée de cuivre, rendre le tempéremment de feu (coulant sous la glace bien sûr) des filles de son pays.

12273078489?profile=originalLes filles de Dalarna prenant leur bain (détail ; photo C. R.).

Zorn et sa touche sensuelle qui n'est pas sans rappeler Manet ou Renoir.

Ah ah les filles de Dalarna !

Dalarna ("des Vallées", en français "de Décarlie"), ce comté d'où Zorn était originaire, aux maisons rouge de Falun, foyer de l'esprit libertaire.

Dalarna et ses "appétissantes jeunes filles rondes et fraîches", Eduardo Manet.

Mais au sauna on ne m'y prendra pas. Femmes sans frusques nous offusquent !

Alors, loin de nous les frasques, démones et succubes, avant de succomber... retournons à notre fresque.

12273078691?profile=originalHilding Linnqvist (1891-1984) :

La vie sous bonne gouvernance, fresque, 1950/51.

Un hymne à la paix où les armes deviendraient outils, où les femmes et les hommes vivraient en bonne intelligence pour cultiver un nouveau jardin d'éden, portant de par le monde la bonne parole.

12273079291?profile=originalSofia Kyrka : fresque de l'autel. (détail).

Alors, après ce tour d'horizon, forcément réducteur, quand l'on vous dira Scandinavie vous ne penserez plus nécessairement "design" ou Suède "Abba !"

12273079079?profile=originalAnders Zorn :

Omnibus.

Peint à Paris dans les années 1890. D'une "ultramoderne" (c'est ainsi que la critique qualifia cette toile) solitude.

Et cette fois, avec cet Omnibus, ces messieurs en gibus - sur un air à scander - nous sommes arrivés au terminus.

Mais nous nous retrouverons... Arts et Lettres est fait pour semer.

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Alors on sèmera.

Michel Lansardière (texte et photos).

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Parmi les coquelicots

Une aquarelle d'ADYNE GOHY

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inspirée d'un poème

de

RAYMOND MARTIN

Champs de Blé

 

Vogue dans la tête encombrée

Une vague idée de cliché tronqué

Par la pure vérité.

 

Le temps des amours s’étire à tire d’ailes

Balles au rebond à saisir

Jouvenceaux et jouvencelles.

 

Preux ou pas, l’amour chevaleresque

Rouille cotte de mailles

Et étriers.

 

Perles de rosée au petit matin brumeux

Habillent le chiendent

Au regard épineux.

 

Un rai de soleil dessine sa joie

Soulignant le doux minois

De mademoiselle Julie.

 

Impressions du soleil levant dans la pipe de Vincent

Et la flûte solo du faune

Vibre aux tonalités de Manet.

 

Délicieux jardin des Hespérides

Coquelicots vermillons

Perdent leurs rides.

 

Pommes d’or, cadeaux de la Déesse Gaïa

Fécondent la divine

Jalouse déesse Héra.

 

Le chemineau au long de sa route sans fin

Quémande sols et besogne

Pour apaiser sa faim.

 

Des micro-sillons terreux vivifiés du semeur,

 

Sortiront les têtes blondes

De dorés champs de blé.

 

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

 

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Il existe un jardin.

 

 

Il existe un jardin où chantent,

s'épanouissent d'adolescentes fleurs bleues,

puis s'étirent, s'élancent à l'infini,

 des allées blanches fébriles,

buveuses de soleil, de pluies chaudes,

de clartés qui s'éternisent ;

nous sommes en plein Midi.

Il existe un jardin où chuchotent,

s'épousent des coeurs multicolores,

puis s'enlacent, se donnent à l'infini,

 des peaux neuves et sucrées,

gourmandes d'été en plein automne,

 de cieux pourpres,

de nuits blanches qui s'éternisent ;

 nous sommes au seuil d'une rencontre.

Il existe un jardin où bourdonnent,

butinent de folâtres abeilles,

plongeuses dans les grandes bleues,

enivrées de flagrances, de parfums,

de ces peaux végétales,

 dilatées et offertes ;

nous sommes à l'apogée de l'été lumineux.

Il existe un jardin où s'étendent,

s'amusent des enfances,

déserteuses des grandes villes, des buildings,

euphoriques, enchantées, éperdues,

par les sonorités à la fois bleues et vertes,

de la terre musicale,

 des arbres qui lui répondent ;

nous sommes à l'heure du goûter,

à l'ombre d'un grande chêne,

entre l'ondée et le flambloiement extrême

du soleil un peu fou !

NINA.

 

 

 

 

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administrateur partenariats

Bavardages de Bistrot

De Wit Charles

https://storage.ning.com/topology/rest/1.0/file/get/12273083886?profile=original

Vive le vin !

A la table de la bêtise ils y sont attablés,
Analphabètes vociférants et grognons,
Têtes sordides et ventres en ballons,
Jetant au vide le désarroi qui les a créés.

En voilà qui n’attendent qu’à en découdre,
Nés pour le désordre et bombarder la foudre,
Les bâtons sont prêts aux pieds,
Guettant qu’un ordre leur soit donné.

Mais il y a aussi ceux qui écoutent,
Timidement, tout au bout, ils s’approchent.
Vidés de mémoire et sourires en poche,
Chauds d’ennui et de haines qui gouttent.

Que la table est gaie et le vin bruyant !
L’heure est venue de tout chambouler,
Relire en chantant le triste passé,
Et la renverser tout ivre gaiement.

Main dans la main à la table de la bêtise,
Des grognons analphabètes et des curieux envieux,
Boivent du vin et crient des sottises
A la face blême de quelques pauvres vieux !

Gilbert Czuly-Msczanowsky

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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administrateur théâtres

LA VIEILLE FEMME :

Les six chapitres sont, écoute-moi bien : comment on quitte une famille, comment on se trompe de famille, comment on trouve une famille, comment on perd une famille, comment on se passe d’une famille et comment on fabrique une famille. Tu aimes ?

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Avec la complicité de : Cyril Briant, Sébastien Chollet, Bruce Ellison, Pierre Jacqmin, Emmanuelle Mathieu, Héloïse Meire, Fabrice Rodriguez, Anne Romain, Coralie Vanderlinden et Isabelle Wéry, une histoire abracadabrante à dormir debout est racontée par une grand-mère hors d’âge à sa petite fille hors normes. Pour l’histoire, elle redevient « la petite fille ».  Le but c’est d’exposer les dysfonctionnements d’une société malade à travers le malheur enchaîné au méli-mélo mélodramatique d’une famille témoin que l’on appellera Borgia. Malaise assuré ! "Quels temps nous vivons !"

Jean-Michel d’Hoop le metteur en scène donne au bric-à-brac d’élucubrations de Thomas Gunzig en plein trip de déconstruction familiale, un look tantôt surréaliste, burlesque et déjanté, tantôt franchement cauchemardesque dont il enchaîne les séquences avec un train d’enfer. Il est où le texte?  De totalement inesthétique, le texte se pare de vie et de beauté scénique ahurissante et le résultat est franchement hallucinant! Quel cirque et quels talents! Les comédiens et les marionnettistes ont tout donné dans leur amplification théâtrale! On a presque aimé!

12273089070?profile=originalDans le fouillis d’agressions visuelles et sonores orchestrées par le metteur en scène, et dans un décor qui rappelle le jeu de Cluedo,  vous verrez s’articuler des personnages vivants - archétypes de père, mère, grand-parents, oncle, frère – et deux fabuleuses marionnettes de Natacha Belova  accompagnées de  leur daemons changeants, puisque ce sont les personnages qui tour à tour prennent la relève dans l’animation des poupées. Vous regarderez avec horreur  la valse des gnons qui pleuvent sur une famille en bataille rangée, vous vous surprendrez à ausculter la victime d’un accident sur un lit d’hôpital et une nouvelle tête qui parle comme le bouffon de Shakespeare… en plus élémentaire.    Ensuite un épisode aussi glaçant que le conte de Barbe Bleue façon Patpong vous fera hurler de dégoût et détester les chiens.  Puis celui d’une famille tellement triste qu’elle est moche à en mourir vous plongera dans un malaise plus collant que de la mélasse. Après ce jeu de massacre,  il n’y a plus qu’à rechercher un nouveau modèle, mieux construit avec mode d’emploi inclus… pour fabriquer des nouvelles petites filles! Ouf, la résilience existe, thanks God, it’s Saturday! On respire!

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Le mode d’emploi, c’est assurément ce qui surnage dans cet océan de désamour : la parole circule  entre une petite fille et sa grand-mère qui, par magie ou par instinct, ont réussi à semer les fantômes et  à se rencontrer pour de vrai. Quel périple initiatique barbare, dans un monde de barbares! Il est vrai que des barbares, il y en a plein: tous ceux pour qui l’autre n’existe pas !  Les contes, c’est pour avoir peur, non ? « T’inquiète, dit la petite tête… après un certain temps, tout finit par s’arranger ! » On finit toujours par accepter les choses comme elles sont. Et ivre de vivre, enfin dormir et mourir, où le contraire.   Et ainsi les petites filles à l’âme de chèvre deviennent des grand-mères, à leur tour!

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/20.html

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administrateur théâtres

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Rigoletto (Verdi)

Avec Leo Nucci, Désirée Rancatore, Gianluca Terranova,
Luciano MontanaroCarla Dirlikov... Du 15 au 31 mars 2015

http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/rigoletto

 

Au seuil des années 1850 après sa création de «  Luisa Miller » son premier drame  intimiste qui émeut  aux larmes, Verdi  entame sa grande trilogie de la maturité : « Rigoletto », « Il Trovatore » et « La Traviata ».  Celle-ci  va  révolutionner l'art lyrique. La porte s’ouvre vers le romantisme. Verdi  a trouvé dans « Le Roi s'amuse »,  le drame censuré de Victor Hugo, les ingrédients propices à développer ses idées dramaturgiques qui concernent l’humain. La violence est partout : passion ardente, amour malheureux, enlèvements, arrestations, haine, vengeances à répétition, tueur à gages, complots. C’en est fini de l’unité de temps, d’action et de caractère. Le déroulement musical de la partition épouse le rythme de l’action et la gestuelle théâtrales.

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Avec « Rigoletto » nous sommes devant un drame humain poignant, où le machisme est la cause de tous les malheurs et où les femmes sont des victimes sacrifiées sur l’autel du pouvoir. Les sentiments paternels abusifs, les intrigues de courtisans profiteurs basées sur la corruption, l’arrogance d'un monarque affamé de puissance et délirant de libertinage aboutissent à la mort d'une jeune fille innocente qui préfère sacrifier sa vie pour un homme qui lui a menti, plutôt que de vivre dans ce monde machiavélique. Le pouvoir en place (l’Autriche) s’indigne et censure. Verdi résiste, persiste et signe moyennant quelques légères concessions.   

 Chaque personnage est un être fascinant, hors normes, il a son caractère propre,  une  couleur bien individualisée et un style de chant immédiatement repérable.  Au sommet de sa puissance créatrice, Verdi mène ce drame qui fait la part belle au grotesque, tambour battant, enchaînant des  duos parmi les plus beaux jamais composés. Le rideau se lève sur un décor grandiose, fidèle aux décors originaux, majestueusement antique, comme on les rêvait à l’époque de la création de cet opéra. Les costumes aux textures  rutilantes sont tout aussi impressionnants par leur authenticité. Nous sommes à la cour en collerettes du duc de Mantoue, au cœur du 16e siècle, mais on est tout à l’envers des sentiments de Roméo et Juliette.

 

 Le Bouffon bossu Rigoletto est doublement laid, physiquement et moralement. Instrument du pouvoir, il est obligé de faire rire son prince et s’attire invariablement  la haine grandissante des courtisans qui chercheront à se venger. Interdit de larmes par métier, son personnage devient pathétique. Veuf et père affligé d’une possessivité maladive, il est bientôt la proie d’une malédiction infernale autant que grotesque. Leo Nucci l’incarne avec une vérité théâtrale saisissante et une voix paternelle impressionnante. C’est l’Avare de Molière, doublé d’un détestable Quasimodo qui sans patrie, sans parents ou amis  enferme sa fille Gilda car il n’a qu’elle. Mais il éprouve aussi une tendresse infinie pour elle et souhaite fiévreusement « que rien ne vienne blesser sa candeur ! » Lorsqu’elle lui est enlevée il éprouve une colère effroyable vis-à-vis de son protecteur qui lui a volé sa fille et une indicible douleur. Il va jusqu’à demander pardon aux courtisans moqueurs pour qu’ils lui rendent sa fille : « Pieta, pieta signori ! » Lorsqu’il la retrouve et qu’elle lui confesse sa rencontre avec le jeune Gualtie Malte dont elle ignore qu’il est le  duc, les accents de tendresse mutuelle sont alors à leur comble.

Désirée Rancatore interprète Gilda avec grande sensibilité et expression. Au début elle est encore une enfant d’une naïveté touchante : ni la gloire ni le pouvoir n’intéressent  la jeune fille. Sa seule valeur est l’amour, qui la rapproche des anges. D’ailleurs sa mère est là-haut et veille sur elle! Dès qu’elle a découvert les tressaillements de l’amour, elle prend de l’assurance et vocalise de bonheur, explore les terres nouvelles du sentiment, semble improviser, son âme chante dans l’extase vocale. Elle annonce, sinistre prémonition, que son dernier soupir sera pour cet homme qu’elle aime!  Le climax musical de l'opéra est au  troisième acte, dans lequel les quatre personnages chantent un quatuor fait de deux duos : le père et sa fille à qui il fait entrevoir qu’elle est trompée et le duc volage (Gianluca Terranova, italien en diable) qui séduit une nouvelle proie: l'ardente  bohémienne Magdalena, sœur du tueur à gages. C'est Carla Dirlikov qui interprète ce rôle avec beaucoup de subtilité et de sensualité.  

Un mur sépare les protagonistes mais la fluidité et la vérité de leurs états d’âme se fondent en une musique torrentielle, un déluge d’émotions contradictoires. A la fin du troisième acte Gilda expire dans un dernier filet de voix, à peine audible après une dernière preuve d’amour filial extrêmement touchant.

Soulignons encore les couleurs plus que  sombres du tueur à gages, l’épouvantable Sparafucile sous les traits de Luciano Montanaro, un personnage dont l’infamie est campée comme une fleur vénéneuse plongeant ses racines  dans l’atmosphère écrasante de la malédiction si bien rendue par l’orchestre. Son timbre est au mieux avec la fourberie, la cupidité et l’absence de scrupules.   

Émotionnellement chargé d’une authenticité de sentiments extraordinaire,  ce « Rigoletto » de Verdi est exécuté d’un bout à l’autre de façon poignante. Les chœurs masculins sont admirables et le  chef d’orchestre (l'illustre Renato Palumbo) fait preuve d’une connaissance très fine de la richesse  incandescente de la musique Verdienne. Cette prestation exemplaire peut  être rangée parmi les plus belles interprétations de cet opéra, qui est l’un des plus joués au monde.

http://www.operaliege.be/fr/artistes/desiree-rancatore

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administrateur théâtres

Musikanima invite:

A la Recherche du Temps
10 mai 2015
8:30-18:00
Auditoires des Sciences
Georges Lemaître
Louvain-la-Neuve

Une journée placée sous le signe de la prise de conscience du facteur temps dans notre existence. Prenons le temps d’une journée pour partager et vivre des situations d’écoute, d’émotions, de mouvements.
Le Temps. Celui qui rythme nos vies, semble filer inexorablement. Pourtant, il peut se figer en des instants de grâce où un regard en croise un autre. Une expérience englobant l’art à la science, dans laquelle chacun sera impliqué. Que donne la conjonction de la musique classique, du théâtre et des débats intellectuels ? Venez le découvrir le dimanche 10 mai 2015, lors d’une journée intense qui transformera... radicalement votre vision du Temps.
L’instant éphémère d’un son, l’écoulement d’un mouvement corporel, la perception d’images, les profils économiques, philosophiques, existentiels du concept Temps sont au menu de cette journée organisée en hommage à Peter LIPNIK, scientifique chercheur en physique à l’UCL.

Quatre conférenciers : Josepha Guma, Luc Parisel, Jean-Luc Roland, François Maniquet,
Des échanges débats entre public et conférenciers,
Des expériences d’évaluation du temps en situations ludiques,
Des comédiens qui interprètent des textes spatio-temporels,
Romain Cinter, Marco Fabbri, Thomas Coumans, Adrien Letartre,
Un atelier de mouvement collectif enthousiasmant « The blast dance ».

8h30 Accueil Café dans le hall
9h Introduction par Pierre Leleux collègue de Peter Lipnik
9h30 Hamlet, Shakespeare « To be or not to be »
Romain Cinter, Thomas Coumans, Adrien Letartre, Marco Fabbri
10h Conférence de Josepha Guma:
“Existence et temporalité”
11h Conférence de Jean-Luc Roland:
“Les éclosions du temps. Entre raison et sens de la vie”
12h Repas Hall des Sciences
13h30-14h Blast dance
Romain Cinter, Thomas Coumans, Adrien Letartre, Marco Fabbri
14h Conférence de Luc Parisel
“Proust, le Temps, les Signes, et l’apprentissage de la Vérité”
15h Conférence de François Maniquet:
”Les valeurs du temps“
16h Débat.
Echange entre le public et l’ensemble des conférenciers coordonné par Mr Pierre Escoyez.
17h Le paradoxe d’Achille et la tortue. Jorge Luis Borges
Romain Cinter, Thomas Coumans, Adrien Letartre, Marco Fabbri
17h30 Débat 2iè partie

Pierre Leleux, physicien UCL collègue de Peter LIPNIK
Josepha Guma, responsable du service Soins Palliatifs, St Pierre Ottignies
Jean-Luc Roland, philosophe
Luc Parisel, psychanalyste
François Maniquet, économiste UCL
Pierre Escoyez, relations extérieures et communication UCL
Pierre Bouchat, psychologue
Romain Cinter, Thomas Coumans, Adrien Letartre, Marco Fabbri, comédiens

Toutes les conférences ont lieu dans le grand Auditoire des Sciences Georges Lemaître.
Durant l’accueil, des boissons vous sont offertes (café, thé, eaux, jus de fruits).
A midi, les sandwiches garnis et les boissons sont au prix de 8€ pour 3 sandwiches, 1,5€ eaux-jus-café-thé

Inscription à la journée 15 euros
Infos & Réservations via notre site
www.musikanima.com 0479 32 65 78
Places en vente directe à la Librairie Libris Agora.
Vastes parkings à proximité de la Place des Sciences BIEREAU. Parkings 22 et 23

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Retour du stage aquarelle « Ambiances de neige en Jura Oriental »

Un croquis aquarellé parmi de nombreux autres, réalisés sur le vif lors de ce stage tout autour de la Fesse en Jura Oriental : chaud soleil de printemps, neige très abondante cette année dont les ombres bleues reflétaient la couleur du ciel, groupe super sympa, cuisine délicieuse (y compris un pique nique exceptionnel partagé sur les lieux même de la peinture), une vraie parenthèse de bonheur, de simplicité, de créativité, de régénérescence, tout au bord des magnifiques pistes de ski de fond de la GTJ ! .

S’il est une session qui fait à présent partie des « grands crus » des « stages Alain MARC » c’est bien celle-là, d’excellent augure pour entamer l’année de stages aquarelle et carnets de voyages.
À propos des stages justement : le stage du Guatemala qui était prévu en mai prochain est reporté à avril (ou début mai) 2016. Cela permettra à celles et ceux d’entre vous qui ne pouvaient venir cette année de vous joindre à l’équipe qui était déjà partante en mai prochain mais a préféré (en accord avec moi) reculer le projet d’un an afin de mieux le préparer encore (parmi les documents constituant le dossier de mise en route j’aurai d’ailleurs de beaux cadeaux en matière d’iconographie et de documents rares à offrir à chaque participant - e - lors de la phase préparatoire à ce carnet avant notre départ).
Je vous rappelle que vous pouvez nous rejoindre si vous avez déjà un minimum d’autonomie en matière d’aquarelle et dessin appliqués aux carnets de voyages.
Mais revenons-en à notre belle session de la semaine passée : grâce à l’extraordinaire belle météo que nous avons eue, nous avons pu aborder tous les sujets de prédilection des ambiance de neige relevant d’un temps ensoleillé et chaud, et sommes sortis sur le motif tous les jours. Les motifs réalisés complètent largement ceux des années passées, et nous avons même pu rajouter à notre programme une super balade en ski de fond dans la combe de La Fresse pour voir le soleil se coucher derrière le Crêt Monniot depuis les points hauts de la combe.

Retour du stage aquarelle « Ambiances de neige en Jura Oriental »

Très rapide aquarelle du bout du pinceau à la tombée de la nuit : la simplicité même !

C’est largement suffisant pour traduire la magie de l’instant et nous donner un plaisir fou (à la hauteur de ce stage hors du commun dont chaque croquis ou aquarelle est bien plus qu‘un souvenir) !

Retour du stage aquarelle « Ambiances de neige en Jura Oriental »Au même moment depuis l’une des fenêtres de la maison d’hôtes de Christiane COLIN où nous étions hébergés : je ne rajouterai rien à ce que j’ai déjà dit de ce merveilleux cocon dans la montagne, de la gentillesse et de la qualité de l’accueil, des délicieux repas qui nous attendaient au retour de nos balades picturales..
Retour du stage aquarelle « Ambiances de neige en Jura Oriental »

Un petit bout de montagne avec un petit coin du stage au milieu du paysage de neige sous une immensité de soleil…

Retour du stage aquarelle « Ambiances de neige en Jura Oriental »Ce contre-jour le soir à travers les brumes de la combe de La Fresse avant que tombe la nuit résume à lui seul toute la magie des lieux, qui n’étaient jamais les mêmes suivant les heures du jour, différents tous les jours, alors qu’on penserait si on ne l’avait vu qu’un soleil incessant du début à la fin de la semaine ne peut que figer les paysages en leur enlevant toute poésie : il en est tout le contraire ici.

Enfin, un grand merci aux stagiaires sans lesquelles une telle réussite n'aurait pas été aussi probante, et un merci non moins grand à notre hôtesse de la maison d'hôtes de La Fresse, toujours égale à elle-même...

Dans le prochain article : changement complet de région, de pays et d'ambiance, je vous emmène en Jordanie !

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administrateur théâtres

Silvana Minchella écrit pour les enfants…

"Eliott et Pimprenelle" raconte la rencontre entre un petit garçon qui vit dans sa bulle et une elfe de jardin née sans ailes.  Leur amitié les rendra plus forts.
Cette histoire sort tout droit de l’imaginaire et de l’immense générosité d’âme d’une auteur passionnée. Nous avons croisé Silvana dans les allées du verbe à Bruxelles. Interview de la Sabam:

Si vous deviez vous présenter par le jeu d’un portrait chinois, comment le feriez-vous ?
« Si j’étais une saison, je serais le printemps.
si j’étais une couleur, je serais le rouge.
Si j’étais un livre, je serais Belle du Seigneur.
Si j’étais un endroit, je serais une crique sauvage au bord de l’Océan.
Si j’étais une fleur, je serais un coquelicot.
Si j’étais un animal, je serais un aigle »

Quel est votre parcours ? Qui êtes-vous derrière la plume ? Avez-vous d’autres cordes artistiques à votre arc ? « J’ai commencé à écrire des poèmes vers l’âge de huit ans. Ensuite des nouvelles. Beaucoup de textes sont parus dans des magazines. Mais c’est seulement depuis dix ans que je suis publiée par plusieurs maisons d’édition. Contes pour la jeunesse, poésie, humour, nouvelles et romans. Je suis avant tout une femme passionnée qui a besoin de partager ses découvertes. Le conseil en image fait partie des outils qui me sont utiles pour aider les femmes et les hommes à être bien avec eux-mêmes. J’ai aussi créé et j’anime chez moi un atelier de récit de vie « Je déclare la paix en moi » qui me donne beaucoup de joie »

Votre dernier livre est un livre pour les enfants. Comment l’appréhender ? Le définir ? « Eliott et Pimprenelle raconte la rencontre entre un petit garçon qui vit dans sa bulle et une elfe de jardin née sans ailes.  Leur amitié les rendra plus forts »

Pouvez-vous nous en dire plus sur le sujet ? « Beaucoup de jeunes enfants ont un ami imaginaire que les adultes ne voient pas. Je pense que cette histoire va leur permettre de vivre leur imaginaire. C’est mon deuxième livre pour enfants.  Le premier, «  La princesse Amandine », a déjà ravi petits et grands. J’ai fait appel à la même illustratrice, Sophie Pfaerhoever, qui met en images et en couleurs le monde féérique, plein de tendresse, dans lequel j’emmène les petits. J’ai envie de faire réaliser une poupée Pimprenelle qui serait proposée avec le livre et qui deviendrait la confidente de l’enfant. Si une créatrice se sent inspirée…  ( ou un créateur?) » 

Quelles sont les anecdotes de la naissance d’un livre ? « En ce qui me concerne, les personnages s’incarnent à travers moi, pour raconter leur histoire.  Je ne décide rien »

Quel regard portez-vous sur le métier d’auteur ? Est-ce un parcours du combattant pour être édité ? « C’est le plus beau métier du monde.  L’écrivain apporte du rêve, de l’espoir, du plaisir.  Il est à la base des pièces de théâtre et des films.  Tout commence par l’écriture. Personnellement, je n’ai aucun problème pour être éditée par des petites maisons d’édition.  Par contre, je n’ai pas encore réussi à intéresser une « grande » maison qui se charge de la promotion et de la diffusion et qui offre les services d’un agent littéraire »

Comment voyez-vous votre parcours d’écrivain pour les mois et les années à venir ? « Je cherche un éditeur pour un roman que je viens de terminer, ainsi que pour un « carnet de travail » sur le thème de mon atelier d’écriture « Je déclare la paix en moi ». Cela permettra aux personnes qui ne peuvent venir chez moi de faire le travail chez elles »

Comment naît un thème en vous ? Comment devient un projet d’écriture ? Vous lancerez vous dans la fiction ? Le roman ? « Par inspiration.  Pour le moment, je n’ouvre pas mon canal car il faut que je m’occupe des livres déjà mis au monde ( 8) et des deux nouveaux dont je vais bientôt accoucher »

Et votre relation à la SABAM ? « Je participe régulièrement aux soirées organisées par la SABAM.  Je suis heureuse d’y retrouver d’autres auteurs, je m’y sens en famille »

Une question à vous poser ? « Croyez-vous en l’Humanité? »

Une question à ne jamais vous poser ? « Je suis ouverte à toutes les questions »

silvanaminchella@scarlet.be

 

http://www.actu-tv.net

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administrateur théâtres

12273090470?profile=originalA l’approche du printemps 2015, le Klara festival, une émanation du festival van Vlaanderen se mobilise. Il est plus que jamais temps de cultiver son jardin  musical, surtout qu’il est sous le thème le plus heureux qu’il soit : l’amour passion et l’amour compassion.

Orchestres, ensembles et chefs prestigieux vont se produire à BozarFlagey, au Singel et au Concertgebouw Brugge mais aussi dans d’autres lieux.

Cette 11e édition du festival dure 16 jours, du 06/03 au 21/03/2015, accueille 32 concerts, est présente sur les ondes  pendant  2 semaines et demi de direct à la radio, concerne 14 millions d'auditeurs dans le monde entier, attend pas moins de  635 artistes et 20 000 visiteurs dans 11 lieux différents.

La chance nous sera donnée de voir et d'écouter René Jacobs, Stef Kamil Carlens, Teodor Currentzis, Serge Verstockt, Guido Belcanto, Hilary Hahn, Piotr Beczala, l'Orchestre royal du Concertgebouw Amsterdam, George Petrou, Julia Lezhneva, Shanti! Shanti!, Alexander Melnikov, Isabelle Faust, le RIAS Kammerchor berlinois, le Brussels Philharmonic, l'ensemble Kaleidoskop, ainsi qu'I Solisti del Vento. Mais bien d’autres encore !

La manière dont le Klarafestival aborde le thème « If love could be » est caractéristique : exploration des limites, regard neuf sur le répertoire, mise en œuvre d'associations inédites avec, en figures de proue, les couples mythiques Tristan et Iseult, et Roméo et Juliette.

Let it be!

Rien de plus  envoûtant  pour commencer que l’illustre René Jacobs et le Freiburger Barockorchester présentant « Il Barbiere di Siviglia », une œuvre de de Paisiello, musicien italien invité à la cour impériale de Catherine II de Russie. A la suite de la première à Saint-Pétersbourg le 26 septembre 1782, cette œuvre fourmillant d’éclats de rire et de légèreté - c’est un bijou d’opéra comique - a été jouée ensuite à Vienne, Naples, Prague, Versailles puis a parcouru l’Europe entière, y compris Bruxelles pour franchir l’Atlantique au début du XIXe siècle et se retrouver à Mexico et enfin en version française à La Nouvelle Orléans! Si populaire qu’elle fût, l’œuvre fut néanmoins longtemps éclipsée par celle de Rossini créée en 1816. Mais la revoici à Bruxelles, en  2015, la route est longue et le plaisir, inaltérable. Voici du théâtre chanté sur la scène de Bozar  dans un écrin de  musique festive.  

L’œuvre est courte, la Grande Catherine exigeant que tout soit rendu en une heure trente, les récitatifs sont très brefs… Il n’y a pas de sous-titres à l’époque. « Ce que je devrai ensuite vous recommander, c’est la concision. Veuillez ne composer que peu, très peu de récitatifs,  car ici ils ne comprennent pas  cette langue. » lui écrit-on ! C’est donc à la musique de traduire l’histoire bien connue de la pièce de Beaumarchais et mise en livret par Giuseppe Petrosellini en 1782. Les différents personnages sont attachés à des orchestrations très pittoresques jusqu’à des bruits d’orage et des sons de cloche et les jeux mélodiques sont extrêmement vivants, colorés et passionnés.

Après une ouverture délicate et savoureuse avec René Jacobs à la direction,  le style comique et la finesse dans la mise en place des situations  sont mis à l’honneur. Avec son sens infaillible du rythme,  René Jacobs donne un tempo virevoltant aux péripéties amoureuses. Il gère les tensions avec délicatesse et précision. Les gradations dynamiques sur instruments anciens font merveille.Toute cette comédie joyeuse et chantante se déroule presque comme une farandole tout autour du noyau des musiciens groupés autour d’un pianoforte. Le continuo de mandoline et violoncelle soutient malicieusement les mélodies.  

Certaines scènes restent gravées dans la mémoire par la fraîcheur de leur interprétation. Ainsi  les confidences du Figaro bon vivant (Andrè Schuen) au Comte Almaviva (Topi Lehtipuu)  lui narrant avec verve son pittoresque périple en Espagne. De même, le chant d’amour du comte juché sur une chaise sous un balcon et l’apparition au fond du plateau de la belle soparano Mari Eriksmoen, norvégienne à la pulpeuse tresse blonde. Elle est  vêtue d’une courte jupe noire  à godets et doublure rouge sur chemisier virginal. Elle a une allure folle et une voix d’or  qui interprète autant la naïveté de la jeune Rosina que les subtils mouvements de son  âme amoureuse éprise de liberté.

Le baryton italien Pietro Spagnoli  interprète Bartolo de façon magistrale. C’est le père jaloux, avare et autoritaire, entouré d’une domesticité  dont  l’une baille et l’autre éternue.  Pietro Spagnoli  propose un personnage très équilibré, entre  une belle musicalité qui souligne  l’amour d’un père pour sa fille et le personnage de théâtre ridicule qui n’est pas sans rappeler les malheureux pères de chez  Molière dont se jouent inévitablement les amants victorieux. Mais le plus drôle est sans doute l’inénarrable Don  Basilio (Fulvio Bettini), sorte de curé à lunettes et à béret basque qui est le maître de chant de la belle Rosina et qui n’est pas à une  trahison près, du moment qu’il peut monnayer ses services contre espèces sonnantes et trébuchantes.

 Timbales et violons tremblent lors de son apologie de la calomnie, Don Basilio, apôtre de l’hypocrisie, chante comme un diable personnifié sous ses habits compassés. La colère de la belle qui risque d’être réduite en esclavage dans un mariage forcé, est commentée par un orchestre écumant de rage, de grondements, de chuintements, de sifflements et de bouillonnements intenses. Et le duo des retrouvailles entre le Comte et Rosine est un morceau de volupté et de plénitude  lumineuse. La soirée est acclamée par un public complice de l’action et amoureux de cette musique retrouvée.  

Le Klara festival promet d'être un sommet d'excellences.

http://www.klarafestival.be/fr

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administrateur théâtres

La légende amérindienne raconte qu’il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux étaient terrifiés et observaient le désastre. Seul le petit colibri s’activait sans relâche, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri de répondre: « Je le sais, mais je fais ma part et de mon mieux. »

Patrick Chamoiseau est un écri­vain fran­çais ori­gi­naire de la Martinique, auteur engagé et poète de l’écologie. Clin d’œil à Pierre Rabhi et à son « mou­ve­ment colibri » basé sur  cette légende amérindienne, l’auteur met en scène « Les neuf consciences du malfini » un grand rapace antillais plein de superbe et de toute puissance démoniaque.

Ce rapace dévore toute chair vivante avec une violence arrogante et ses vaniteux appétits guerriers n’ont pas de limite. « J’aime frapper les chairs chaudes ! » Face à lui, Foufou le colibri qui se nourrit des vibrations du monde, de tout ce qu’il écoute, goûte, touche, regarde, respire et réfléchit. « La poussière des fleurs est-elle la vie ? » …Parole d’abeille qui conditionne la survie de ce monde?  Soudain le rapace aperçoit « le petit maître » joyeux, dénué de toute crainte, qui vaque à ses occupations. Soudain il observe la nature autour de lui. Un arbre cachait la forêt ! La colère fait place au doute puis à la curiosité et à l'intérêt. Il renie son genre de vie, rendu sensible aux vibrations de couleurs, de parfums et d’émotions qui se correspondent. Très Baudelairien! Foufou, le petit colibri, vit «au-delà» de son alaya, son inconscient collectif, son code génétique, ses pulsions, ses instincts, son ego,  son déterminisme.  Lorsque le malfini se met en quête de l’autre, il s’élève et éveille peu à peu toutes ses consciences, et permet ainsi à la Vie de continuer à vibrer, toute arrogance bue. « Je compris encore mieux à quel point les vies se tiennent, combien nulle n'est centrale, plus digne, plis importante. Elles portent les même couleurs. Elles se lient, se relient, se rallient, se relaient et se relatent avec les même couleurs.» L’harmonie ne peut se réaliser que par l’empathie avec les autres, dans la diversité. Le rêve est vaste !

Transposé sur le plateau de la Clarencière cela se traduit par un décor au départ brumeux,  on ne sait si c’est du ciel ou de l’océan, une lumière diffuse bleue. Une femme statufiée à gauche parle, en cachant son visage, pantalon et tunique couleur terre. Elle est pieds nus et  porte des lunettes de myope. « C’était au temps de ma splendeur barbare ! » On s’aperçoit que le lieu est recouvert de papier bulle et cela fait penser à une salle de rebirth. Quelques accessoires, une marionnette improvisée, une très bonne sonographie et des jeux de lumière l’ont métamorphosée tour à tour en oiseau prédateur et en colibri, nouveau maître  à penser. Le spectacle imprévisible fascine, interroge, touche. Il est à la fois bruissant et silencieux. Il est pari de fraternité et d'ouverture à l'autre.

La lecture de Marie Carmen de Zaldo est très intelligente et intelligible, malgré une projection dans un monde poétique pas forcément facile d’accès! Du côté spectateur, on se sent aussi regardé, interrogé, touché par la magie théâtrale faite oiseau, image du vivant? de l’esprit? de l'utopie? «  Comme nous ne cherchions rien, nous découvrions tout. Comme nous n'allions nulle part, nous arrivions partout...»

Marie Carmen de Zaldo dans   "Les neuf consciences du Malfini"

adapté du roman de Patrick Chamoiseau aux éditions Gallimard.
  
 
Mise en scène, adaptation, interprétation : Marie Carmen de Zaldo
Collaboration artistique : Aline Steiner
Scénographie : Peter Maschke
Musique : Nicolas Arnoud
Oeil extérieur : Ariane Loze, Inge Van Gestel

Production : Compagnie La porteuse d'eau soutenue par la Fabrique de Théâtre, le Centre des Arts de la Rue, la Roseraie.

 Lieu : Au théâtre de La Clarencière, lieu rare, fertile et accueillant pour l’éclosion des jeunes créations.

http://www.laclarenciere.be/

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administrateur théâtres

12273090276?profile=original

Boris Giltburg piano

Au Programme:

Ferruccio Busoni, Chaconne en ré mineur (d'après Partita pour violon n° 2, BWV 1004 de J.S. Bach), Carnaval, op. 9
Bela Bartok, 6 Danses sur des rythmes bulgares (Mikrokosmos VI)
Franz Liszt, Sonate pour piano, S. 178

http://www.bozar.be/activity.php?id=15617&selectiondate=2015-03-02

 AUCUN retour en Belgique de BORIS GILTBURG ne laisse indifférent ! Né en 1984, Boris Giltburg, Israélien d’origine russe, premier prix au Concours Reine Elisabeth 2013, est un artiste …hors compétitions, tant son travail touche à la perfection. C’est une personnalité d’une humilité exemplaire qui vise la communication et le partage, une sensibilité à fleur de peau. Le programme qu’il a composé ce soir est une palette de couleurs versatiles où il explore avec délicatesse toutes les émotions de la personnalité humaine. Son concert est structuré comme une sorte de poème musical.  Derrière son sourire légendaire  se cache une profonde richesse  humaine qu’il métamorphose en musique. Il possède l’art d’emmener le public là où il n’a jamais été. Il suffit de se laisser guider et on entre dans le royaume de la musique.

 

Après avoir franchi  solennellement la porte  de la  Chaconne en ré mineur  de Ferruccio Busoni on est emporté dans la nostalgie d’un sablier qui s’écoule. Un regard doux est au bout de chacun de ses  doigts.  Le voilà au cœur de tableaux impressionnistes ponctués de feux follets. Le jeu de mains est spectaculaire, il enfile avec souplesse des accords de notes graves et donne de la résonnance tragique. Ici, il cisèle le thème purifié, mis à nu, mais nimbé d’un voile de tendresse,  enveloppé de grâce juvénile.  Là, Boris Giltburg fait sonner son instrument comme carillon de beffroi puis pétrit la matière musicale comme un boulanger céleste et met à jour tout le mystère de J.S. Bach.   

Dans sa lecture  éblouissante et farceuse du Carnaval de Robert Schumann,  Boris Giltburg danse ses notes et module les nuances. Les mains bondissantes sont ensorcelantes et tout à coup, au cœur du mystère,  les voilà qui produisent une matière à la limite de l’audible, un sommet de finesse.  Le pianiste glisse d’une pièce à l’autre enchaînant avec brillance et élégance des motifs incontestablement maîtrisés.

 Ses danses de  Bela Bartok  sont  pleines de virtuosité, d’audace et de séduction et enfin sa Sonate pour piano 178  de  Franz Liszt qu’il ouvre,  avant le déferlement passionnel, par  un  long silence de concentration abyssale,  est magnifique de sonorité, de progression, de cohérence. Le public est émerveillé et recueilli devant ces mains devenues des éclairs de lumière. Les pulsions vitales alternent avec la méditation de l’ange. La netteté de la frappe dans les fulgurances est rattrapée par l’infini de la douceur. Le musicien est entièrement habité par la musique. Ses rallentandos  poignants et ses moments de confession intime laissent entrevoir la vulnérabilité de l’abandon profond.    

 

 Et à peine la première palette finie, le généreux pianiste nous ravit d’une seconde palette musicale car voici le choix du poète!

Tout d’abord, ──── 'La Leggierezza',  extrait de Trois Etudes de Concert, Liszt S.144. On retient son souffle du début à la fin.   La technique semble facile et vous convie dans le  rêve,   le pianiste flotte sur le clavier comme un génie insaisissable, son toucher est prodigieusement aérien. Des arpèges pilotés avec une  légèreté incroyable  dans la main droite comme de la gauche, des  gammes chromatiques avec des notes doubles, des sauts d’octaves, notes graves rutilantes,  accords plaqués à distance, une technique éblouissante qui charme autant les yeux que les oreilles! 

Et encore , ──── le  Moment musical no. 4  de Rachmaninov,  épique et émouvant, débordant comme un fleuve russe au printemps et extrêmement puissant, joué avec élan passionné sans crainte de burnout, une performance qui vous coupe le souffle !

Et encore , ────l’intermezzo Op. 118 no. 2 de Brahms un bain de douceur aux longues phrases de douceur, une prière intime pour la paix du monde ? Boris cueille est perles de pluie et en fait un élixir capiteux…

Et encore , ──── la  Suggestion Diabolique composée par Sergueï Prokofiev en 1908 d’une précision et d’une clarté parfaites. Le voici devenu Méphisto en personne.

Et encore , ──── un extrait Davidsbündlertänze de Schumann no. 14 , le point d’orgue du rêve!

Boris, Etincelant et Généreux comme toujours!

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Fleurs et poèmes

12273073074?profile=original

Dessin d'enfant

En bouton ou corolle ouverte,

Est un poème chaque fleur,

Une grâce soudain offerte,

 Causant tendresse ou coup de coeur.

 

Un poème, est une immortelle,

Non pas de soie ou de velours,

 Mais fait d'une substance telle

Qu'il ne perd rien de ses atours.

 

Dans l’allée où on l’a placé,

Parfois oublié, un poème,

En dépit des hivers passés,

A un attrait resté le même.

 

À l’ère de la turbulence,

De l'incertitude, des peurs,

Les émois en  vers et les fleurs

Peuvent ranimer l'espérance.

 

24 septembre 2007

 

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En s'éloignant de l'île de Sein

Une aquarelle

d'Adyne Gohy

12273072071?profile=original

d'après une photo de Raymond Martin

a inspiré

Les Haïkus Sénans

de Raymond Martin

 

Adieu belle-île

Arche de Noé fruitée

A la lande d’été  

 

Adieu aux phares

Lumières  d’espoirs  priées

Naufrages  parés

 

Au revoir lapins

Repus de lichens  bleutés

Goulénez  sacré 

 

Au revoir galets

Joyaux de la rive bleue

Mousses  verdâtres

 

Adieu  Corentin

Outragé un jour  malsain

Offense au Saint

 

Eau bleue  câline

Reflets  ondoyants du port

Barques élégantes

 

Deux vigies veillent

Dauphins  intrépides

Cris de mouettes  en vol

 

Ar  Men Brial  droit 

L’œil vers Raz domine

La vieille granitée

 

Majesté  Océan

Turquoise parfois

Douce cruelle

 

Adieu belle-île

Non  mais au revoir alors

Atlantis serein

 

  

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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administrateur théâtres

12273075857?profile=originalAvec Leonardo García Alarcón direction - Jodie Devos soprano - Millenium Orchestra

Programme: Wolfgang Amadeus Mozart

Ouverture (Le Nozze di Figaro, K. 492), Aria "Deh vieni non tardar" (Le Nozze di Figaro, KV 492), Ouverture (Cosi fan tutte, KV 588), Aria "Una donna a quindici anni" (Cosi fan tutte, KV 588, Ouverture (Don Giovanni, KV 527), Aria "Batti, batti o bel Masetto" (Don Giovanni, KV 527), Aria "Alcandro, lo confesso... Non sò d'onde viene", KV 512, Symphonie n° 25, KV 183, "Popoli di Tessaglia - Io non chiedo, eterni dei", KV 316/300b

 

Le Millenium Orchestra est un nouvel orchestre baroque belge dirigé par le talentueux Leonardo García Alarcón, un homme rayonnant d’énergie et d’intelligence musicale, célèbre notamment pour la qualité et la quantité de ses recherches musicologiques. Il s’est illustré récemment  à la tête du Chœur de Chambre de Namur  et de  sa Cappella Mediterranea dans la première représentation mondiale  d’« il Diluvio unniversale »  de Michelangelo Falvetti (1642–1692). Soulignons qu’à cette occasion,  Leonardo García Alarcón  a reçu la médaille de citoyen d'honneur de la ville d’Ambronay  lors de son célèbre festival et que le CD enregistré à cette occasion a  remporté le Diapason d'or du mois d'octobre 2011.

Le « Millenium Orchestra » est une création de CAV&MA (Centre d’Art Vocal et de Musique Ancienne) qui regroupe  les meilleurs ensembles baroques de la région namuroise. Ces artistes dans la fleur de l’âge, formés à la musique ancienne jouent sur instruments d’époque, sous la direction flamboyante du chef et claveciniste argentin.

Ce soir, la présence astrale de Jodie Devos, la jeune soprano belge qui a remporté le deuxième prix du concours Elisabeth en 2014 est la meilleure fée belge qui puisse se pencher sur le berceau de ce nouvel orchestre. Et le programme de cette soirée inaugurale est consacré entièrement à  Mozart, c’est du meilleur augure. Le conservatoire est comble.  Dès les premières mesures de l’ouverture des Noces de Figaro,  les sonorités lumineuses se précisent. Le modelé des pupitres séduit et le visage des auditeurs s’épanouit. Le chef d’orchestre est ardent et a le sourire aux lèvres. Sa conduite est franche précise et dynamique. Il souligne des violoncelles passionnés, il donne du velouté aux  émotions avant de terminer le premier mouvement sur un tempo de joyeuse  jouvence. Des bravi discrets fusent déjà à la fin du premier mouvement ! C’est gagné ! L’ensemble de l’orchestre est en prise directe avec le bonheur de l’épanouissement musical. Si la contrebasse livre sa voix sombre et plaintive, les bois frémissent, vifs et clairs. Les vents diffusent des sonorités et des effluves de fruits mûrs. Trompettes et timbales sonnent l’allégresse, les alti sont en effervescence et les couleurs des premiers violons sont empruntées à une palette lumineuse. Les réponses instantanées des différents  pupitres marquent une connivence immédiate et très intense avec le chef.  

Jodie Devos, qui s’excuse d’être encore souffrante, a changé un peu la programmation pour pouvoir honorer ses engagements. Elle joue avec feu  les personnages de Suzanne, Despina, et Zerlina. On retrouve son habituelle présence piquante et espiègle car  elle excelle dans l’interprétation malicieuse des rôles d’ingénue.  Une voix qui ne force jamais, mais qui atteint des sommets vertigineux d’une perfection technique admirable, légère presque diaphane à certains moments. Ses vocalises, malgré son état de santé grippal fascinent un public enchanté. La diction est impeccable, ses acrobaties vocales passionnées et le timbre est de toute beauté. La musique a fait taire la grippe annoncée.

En deuxième partie,  la Symphonie no 25 en sol mineur, œuvre  de  jeunesse de Mozart, composée en 1773 au seuil de ses 18 ans est une œuvre éblouissante d’énergies contradictoires et d’humanité. L’orchestre déploie des contrastes de nuances et de dynamiques remarquables pour cette partition extrêmement riche et fougueuse. Le mélange de  mélancolie, de désespoir, d’humilité et d’exubérance, de violence même, atteint  presque des tournures héroïques. Les sonorités lancinantes de l’andante  respirent la tristesse et l’angoisse. L’orchestre semble marcher au bord d’un volcan autour d’un hautbois au chant pur et lumineux.  Après un menuet plutôt joyeux,  confié aux vents, Leonardo García Alarcón revient, avec son sens inné du drame et de la mise en scène à  l’agitation fébrile du premier mouvement.

Le public ne lâchera pas sa soprano favorite après ses derniers airs, et celle-ci le comblera avec l’aria allemand  de Pamina tiré de La Flûte enchantée. Un deuxième bis survient, cette fois proposé par  l’orchestre et son chef très heureux de cette première soirée. Quoi de plus naturel que de finir avec l’ouverture du même opéra, nous confie-t-il ! Percussions éblouissantes, flûtes divines, beauté du souffle  musical plein d’esprit, dans un tempo inondé par la joie communicative. 

- http://cavema.be/fr/voir/millenium-orchestra/224-millenium-un-coup-d-oeil-en-coulisses

- http://cavema.be/fr/actualites/choeur-de-chambre/228-p-a-href-http-www-lavenir-net-article-detail-aspx-ar

- http://cavema.be/nl/nieuws/millenium-orchestra/225-div-class-5pbx-usercontent-data-ft-quot-tn-quot

- http://www.lestroiscoups.com/article-millenium-orchestra-un-nouvel-orchestre-baroque-en-federation-wallonie-bruxelles-annonce-122736092.html

- http://www.bozar.be/activity.php?id=14417

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administrateur théâtres

Quand une leçon de musique classique se termine à la guitare électrique !

https://www.youtube.com/watch?v=VqYqWsG4Ad4

 

 

Dominique Jonckheere, à la tête  de l’Orchestre de Chambre Oratorio qu’il dirige depuis 1989 et que nous avons rencontré plusieurs fois au Théâtre Royal du Parc, nous gratifie chaque année de  nouvelles  croisières musicales,  enrubannées d’érudition relative à certains aspects de l’histoire de la Musique ou de la Musicologie. L’innovation c’est d’en faire chaque fois un feu d’artifice musical de tous bords, où il assassine le temps et où il mêle les observations savantes avec un humour fait pour les rois. « Tongue in cheek », il semble vouloir prouver chaque année par de nouvelles approches que la musique classique est  T o u t  sauf ennuyeuse.

Lui-même fait plaisir à regarder, tant son enthousiasme débordant est communicatif. Et ses comparses du sourire sont tous aussi malicieux et artistes. Trouver des places pour son spectacle pratiquement Sold Out relève du parcours du fan convaincu. Dominique Jonckheere  est ingénieur dans la vie civile et nous apparaît sous les traits d’un génie musical avéré dès qu’il monte sur les planches.

Son dernier spectacle excelle à nouveau dans les liaisons dangereuses. Avec un art consommé des mariages,  l’homme en costard-chemise et baskets blanches  construit un spectacle soufflant, bluffant d’inventivité, bâti sur les analogies musicales les plus improbables. En vrac : Bach, Purcell, Vivaldi, Haendel, Mozart, Beethoven, Chostakovitch, côtoient avec grâce et bonne humeur Amazing grace, Boris Vian, I’m singing in the rain, Eleonor Rigby, What a day for a daydreamer, La vie en rose, Let the sky fall (James Bond)  et tant d’autres  chansons populaires élevées sur le socle de la gamme pentatonique, apprend-on!  

 Dominique Jonckheere, l’homme-orchestre conteur et ensorceleur, se dépense comme un ado. Il est secondé par la voix chaude et cuivrée de  Sarah Letor qui chante du bout des doigts avec des gestes de chanteuse balinaise en duo avec Hervé Letor. Il s’entoure d’élégants musiciens, fascinants par la perfection de leur technique  artistique et la sonorité moelleuse de leur interprétation. Voici le palmarès : Citons  Nicolas de Harven (violon, chant),  Hervé Letor ( guitare, chant) , Sarah Letor (chanteuse), Véronique Lierneux (violon , piano, chœur), Eric Mathot (contrebasse), Ariane Plumerel (violon, chœur), Ana Spanu (violon , chœur), Sébastien Taminiau (violon , guitare, contrebasse), Edouard Thise (alto, trompette, chœur) Sigrid Vandenbogaerde (violoncelle , chœur), Charlie Wieder (violon, guitare).  

 

Avec finesse et doigté de virtuose, le maître de musique  nous embarque sur son fabuleux radeau musical, toutes époques confondues, avec comme point  de ralliement  l’effet de surprise musicale et des élucubrations auxquelles il manque juste les cheveux longs. L’esprit, lui,  frappe toujours juste et le tempo échevelé du spectacle rattrape le temps dans sa fuite!  Ce bonheur est trop éphémère, mais il y a des  CD qui vont avec : God save the music!

 

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/la-querelle-des-bouffons-dominique-jonckeere-au-th-tre-royal-du

http://www.oratorio.be/bachtorock3.htm

 

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administrateur théâtres

'On commence la semaine avec une bonne nouvelle? #DernierCoupDeCiseaux sold out pendant 6 semaines ! Reprise obligée la saison prochaine !!!'

SOLD OUT! La dernière du « Dernier coup de ciseaux » au TTO valait la peine ! Envoyons d’abord le  négatif, mais qui devient vite positif si on utilise le filtre du second degré, et il y en a qui adorent ce philtre ! Donc on est dans un atelier de coiffeur. Il est gay jusqu’au bout des cheveux en passant par une short-slip à rayures et  il exhibe une contenance franchement outrancière, clichés burlesques garantis. Son assistante, une Nabila-bis est  renversante de bêtise,  sanglée dans ses  clichés ad hoc. Il y a aussi deux clients impatients d’en finir, dont l’un se révélera être capitaine de police et l’autre une grande gueule liée au show-biz.  Enfin une grande dame très jet set, habituée à la domesticité,  débarque en retard pour l’heure des  bigoudis. Echanges verbaux bas de gamme dans tous les sens,  sans cesse interrompu par les gammes échevelées d’une pianiste has been à l’étage du dessus qui  de son côté, shampouine  éternellement le  même morceau de Rachmaninov.  La tranche de vie s’active, le coiffeur explose,  les langues se délient, les rancœurs se déversent entre les coups de  rasoir en folie. Ce que l’on déplore, c’est le nombre de décibels, les accents appuyés  et une adaptation belgo-belge de la pièce originale* un peu lourde, les voix sont fort rugueuses. Mais qu’est-ce qu’on est venu faire dans cette galère ?

L’orage éclate : on annonce qu’Isabel Czerny la pianiste, propriétaire de l’immeuble? est morte assassinée. Cela tourne au suspense d’Agatha Christie. Comme dans « An inspector calls » de JB Priestley, l’une de nos premières lectures en anglais, tous les personnages ont de bonnes raisons pour l’avoir liquidée - à coups de ciseaux – il va sans dire ! C’est à qui va faire porter le chapeau à l’autre. Les comédiens se déchirent dans le salon clos.

 Le coup de maître c’est que la pièce quitte les planches et prend la tournure d' un jeu de Cluedo. Le public est soudain pris à partie, on allume la salle et c’est  à lui de faire la reconstitution intégrale de crime. C’est lui qui  peut tente de mener en bateau les comédiens farceurs dont l’esprit fertile doit  répondre par de l’humour  instantané. Sacré défi, de toutes parts! Le tout  sous la baguette mi-sérieuse, mi-militariste du capitaine de police et de son ridicule acolyte.  Et cela se joue peu à peu comme une livre (enquête policière) dont vous êtes le héros. Et chut, tour de passe-passe, le ou la coupable est différent tous les soirs! La majorité du public y est allé en famille et  les enfants y vont ferme de leur esprit de déduction et de leurs observations malicieuses. Un vrai régal! Un spectacle récréatif avec des comédiens de choc pour public de préférence créatif!  

 

C’était du Du 22 janvier au 28 février 2015 au   Théâtre de la Toison d’Or

 

Un succès mondial : Paul PORTNER "Scherenschnitt oder Der Mörder sind Sie" 1963

 

- Adaptation américaine: « Shear madness » plus de 9 millions de spectateurs,

- Adaptation française signée par le réalisateur Sébastien Azzopardi, écrite par Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, Paris 2011. DERNIER COUP DE CISEAUX : MOLIERE DE LA MEILLEURE COMEDIE 2014 4ème année, plus de 1000 représentations, près de 300.000 spectateurs à Paris...

 

 

- mise en scène au TTO (2015) : Aurelio  MERGOLA

Avec : Jean-François Breuer, Catherine Decrolier, Thomas Demarez, Pierre Lafleur, Frédéric Nyssen et Nathalie Uffner

 

http://www.shearmadness.com/ has no closing date in sight!

http://www.theatredesmathurins.com/ en cours!

http://www.ttotheatre.com/programme/dernier-coup-de-ciseaux  A l'année prochaine!

 

 

 

 

 

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Le guérisseur des nuits malades

Le guérisseur des nuits malades

     de Antonia Iliescu

Silence. Les cieux se taisent. Seul le mal vagabond

Crie dans la nuit avec sa voix de chouette ;

Un nuage noir sirote mon souffle moribond ;

Spectres verdâtres dansent dans l’obscure chambrette.

 

Lourdeur. Le corps se glisse dans l’amère mélasse

Des années fatiguées tassées dans la brouette ;

Entre moi et le monde le pont solide se casse.

L’esprit blessé mendie de l’espoir. Que des miettes…

.

Des rideaux de lumière descendent sur les ombres ;

Le paysage change, se meurent les pensées sombres ;

Un oiseau bleu annonce que la nuit va finir.

 

Des murmures réveillés à l’horizon lointain

Jettent gaiement dans le monde un tout nouveau matin ;

Et le soleil me touche afin de me guérir.

 

(deuxième prix «Pierre Anselme» au Concours International de Sonnets 2014 - Sonnet Irrégulier)

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12273078668?profile=originalLe Grand Portique permet d'accéder au Temple de la Littérature, "honoré par tous les pays affamés de culture." Alors, oui, on visite...

     Et qui mieux qu'Arts et Lettres pour célébrer le temple de la Littérature ?

Le Van Mieu fut fondé à Hanoi en 1070 par Ly Thanh Tong pour transmettre l'enseignement de Confucius. Celui "qui trace la voie du perfectionnement à travers la connaissance, la pureté du coeur et la conformité à l'ordre universel", dans "l'union de l'équilibre et de l'harmonie", Jacques Brosse. L'homme et la nature, tolérance et compréhension.

Son successeur, Ly Nhan Tong, y créa la première université du Vietnam.
     Education et littérature, piliers de la Sagesse.

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Le Jardin des Stèles conserve les noms et préceptes des 1306 étudiants ayant obtenu le titre de docteur (tien si) entre 1442 et 1779, permettant d'accéder au mandarinat. Maîtrise de la langue chinoise, de la poésie, de l'histoire, des sciences politiques et de l'éthique.

     Passé le Grand Portique, qui rappelle au cavalier qu'il devait mettre pied à terre en signe d'humilité, on atteint la porte du Milieu...

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... entre la Réalisation du Talent et l'Accomplissement de la Vertu, pour gagner successivement la Constellation de la Littérature, la porte des Grands Résultats, la cour des Sages et son Puits de Lumière céleste.

     Quel parcours pour accéder à la Grande Maison des Cérémonies...

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... au sanctuaire de la Grande Réussite.

     Ecole de la patience et de l'humilité...

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... l'art topiaire et du bonzaï sont ici cultivés.

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     Toute une éducation, qui ne peut être imposée du dehors, mais qui est avant tout connaissance de soi, pour devenir un "homme véritable".

"Le sage ne s'afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas ;

il s'afflige de ne pas connaître les hommes.",

Confucius (K'ong-fou-tseu, vénéré Maître K'ong).

12273080663?profile=originalConfucius et...

"Ce qui conduit à la nature est ce qu'on appelle Tao. Pratiquer le Tao, c'est là la véritable éducation.",

Confucius.

12273081253?profile=original... ses disciples. Mencius et Xunzi furent les plus influents.

Il existe d'autres temples de la Littérature, à Hué notamment. Celui de Hanoi est lui-même inspiré de celui de Qufu, en Chine.

Qufu, dans la province de Shandong en Chine, là même où le "Maître des dix mille générations" est né... Il y a cent ving-cinq générations à peine.

"S'efforcer de traiter les autres comme soi-même,

il n'y a rien de plus près de ce jen que l'homme cherche.",

Mencius (Mong-tseu ou Mengzi), son premier disciple.

12273081054?profile=originalDragon ornant une toiture.

Il symbolise le pouvoir sur la terre et les eaux.

"Jen" celui qui trouvera l'harmonie avec la nature comme avec les hommes.

Soyons jen !

Michel Lansardière (texte et photos).

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