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AUJOURD'HUI...

 

De la tristesse au rire

Ou des larmes au sourire

La vie avec brio

Mélange ses tempos

Ainsi mon cœur frileux

Content ou malheureux

A cherché vérité

Afin de s'éclairer...

Et puis avec fierté

Sachant qu'il a aimé

A travers les jours gris

Où fleurissent les non-dits

Il a crié enfin

Je me fou de demain!

Je veux vivre aujourd'hui

Face au temps qui s'enfuit...

J.G.

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Des commentaires

Propos

Bien avant mon adolescence,
Je savourais la poésie,
Écrite avec les mots de France.
J'en adorais la fantaisie.

Je ressentis très tôt l'envie,
Quand me ravissait une grâce,
De capter le courant de vie
Qui la maintenait en surface.

Un mystère providentiel
Me faisait entendre des phrases
Qui n'avaient rien d'artificiel,
Des vers radieux, sans emphase.

N'a pas cessé ce phénomène.
Il fait que j'écris chaque jour
Sur les émois que me ramène
La nature changeant d'atours.

Ne suis pas demeurée secrète.
Me vint un matin le désir
De livrer au vent, à tue-tête,
Mon débordement de plaisir.

Je reçois de ceux qui m'écoutent
Vivant peut-être solitaires,
Des remerciements que je goûte.
M'encouragent leurs commentaires.

23 mai 2017

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Une ère nouvelle

Rêverie

Quand par le sort sont réunis,
Dans un espace misérable,
Des êtres humains démunis,
Leurs efforts sont insoupçonnables.

Ne voulant pas se lamenter,
Ils créent un climat de tendresse,
Lors, se sentent réconfortés,
Malgré tout ce qui les agresse.

Rares sont les grâces propices.
Non pas les corvées contraignantes,
Ni de pénibles préjudices.
Seule la foi n'est pas manquante.

Le spectacle de leur destin
Indiffère les grands du monde,
Occupés à de nouveaux gains,
Cherchant des trésors qui abondent.

Des hommes et des femmes essaient,
Utilisant leur compétence,
D'intervenir avec succès
Pour atténuer des souffrances.

Il est possible de penser
Qu'arrivent des valeurs nouvelles.
L'inacceptable est dénoncé.
L'indifférence bat de l'aile.

22 mai 2017

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administrateur théâtres

Aida - Verdi à la Monnaie

L’image contient peut-être : 1 personne, nuit et plein airDirection musicale : Alain Altinoglu / Samuel Jean (les 30, 31 mai et 2 juin)

Mise en scène : Stathis Livathinos

Aida ou le rêve d’un ailleurs, Radamès ou le rêve du devoir et de l’amour réunis, Ramfis, ou le rêve de  la justice divine, Amnéris ou le rêve de la jalousie surmontée, Amonastro ou le rêve du royaume retrouvé, Verdi ou le rêve de l’amour transcendé… Une île au large du désespoir!

Faisant fi de l’esthétique monumentale – disparus : éléphants,  pyramides, toute l’Egyptomanie ruisselante de fastes pharaoniques –  nous voici sur un vulgaire caillou, récif hostile et déserté par la vie, quelque part en Méditerranée.  Un « Paradise lost » pour Aida, la belle esclave éthiopienne au service de la fille du pharaon, Amnéris, par malheur  également amoureuse de Radamès le vaillant héros. Aida, partagée entre l’amour et les devoirs qu’elle doit à son père, ennemi du pharaon et son amour pour le vaillant  Radamès.  Radamès, partagé entre son amour inaltérable pour Aida et son amour et devoirs pour la patrie.  

Mais il ne s’agit pas de simples rivalités amoureuses ou de fresque pseudo-historique, la  mise en scène de  Stathis Livathinos  (dont c’est la première mise en scène d’opéra), est digne d’une tragédie grecque. Importent au premier chef, l’intemporalité et la lutte existentielle  perdue d’avance entre les trois tenants du triangle amoureux  que le Destin se charge d'écraser. La souffrance humaine est au centre, le couple est maudit. Radamès emmuré dans la tombe, n’est-il pas l’incarnation masculine d’une Antigone injustement  privée de  cette lumière qu’elle adorait plus que tout?  « La pierre fatale s’est refermée sur moi, Voici ma tombe, je ne reverrai plus la lumière du jour… »

Nous sommes déjà  dès le début avec un pied dans  la tombe, la machine infernale, telle le pendulum d’Edgar Poe est prête à faire son œuvre. Vents, rafales, nuées hostiles  étranglent le décor dès l’ouverture du rideau. Le ciel est comme un couvercle… mais l’imaginaire a gagné ! L’œuvre se recentre sur la musique, et quelle musique!  Un concert de sentiments à vif et d’introspection, d’atmosphères orientales et de désirs intenses dirigé tout en finesse par Alain Altinoglu. Le lyrisme orchestral est omniprésent. Le rêve de gloire de Radamès exulte dans la richesse des sonorités  des cuivres et trompettes. La harpe et la douceur irisée des bois et des cordes souligne les moments de tendresse, lorsque par exemple  Aida endormie dans le rocher fait une apparition divine, « Céleste Aida ».   L’impitoyable duo d’Aida et d’Amnéris  à qui elle a involontairement avoué son amour pour Radamès, est trempé de larmes musicales. Le trio « Mes larmes sont celles d’un amour impossible » chanté par les trois infortunés  se termine par des accords déchirants.  Les évocations de drame intime diffusent des vibrations profondes et sincères  au sein d’une très grande variété d’expressions.   A chaque étape, un silence lourd comme un tomber de rideau étreint l’assistance totalement prise par l’émotion,  avant que la tragédie ne poursuive son  cours inexorable. Dans cette chanson de geste tragique, chaque nouveau rebondissement ajoute une recrudescence de désolation répercutée par l'orchestre.  Alain Altinoglu relance inlassablement l’intérêt et joue à merveille tous les registres, de l’intime au spectaculaire:  les cris de vengeance et de puissance, les fanfares guerrières, les  terribles déclarations de guerre,  les  implorations  sacrées des prêtresses, les  jugements iniques des  grands prêtres,  les  foules aveugles en liesse, les plaintes des esclaves et des prisonniers,  les  éléments en furie et le silence du ciel!  Sa musique est enveloppante comme le chœur  d'une tragédie grecque! 

 

On ne pouvait pas élire meilleure interprète du rôle d’Aida que la sublime Adina Aaron, jeune  soprano lyrique  américaine,  bien connue dans le rôle d’Aïda depuis sa prestation à Busseto (Italie)  pour la commémoration du  centenaire de la mort de Verdi en 2001, dans la mise en scène de Franco Zeffirelli. Une voix extraordinaire qui dispose d'une maîtrise technique parfaite. Les affres éprouvées dans son rôle d’esclave alors qu’elle est fille de roi, sont pleinement convaincantes. Elle joue sans fards, avec une émotion, une  intelligence et une sincérité remarquables.  « Dois-je oublier l’amour qui a illuminé mon esclavage? Puis-je souhaiter la mort de Radamès, moi qui l’aime plus que tout ? »  Est-ce son espoir éperdu de fuite avec Radamès  évoquant  le sort des milliers de réfugiés qui parcourent la Méditerranée aujourd’hui, qui nous émeut jusqu’aux larmes? Dans l’« air du Nil », la jeune esclave exprime toute la nostalgie et son attachement au pays natal. Comment ne pas voir à travers cette prestation  que l’espoir intime des milliers de réfugiés est justement d’oublier les persécutions, la guerre. « Fuyons les chaleurs inhospitalières de ces terres nues, une nouvelle patrie s’ouvre à notre amour ! Là nous oublierons le monde dans un bonheur divin… »   Sa prestation vocale charnelle et généreuse rejoint la plainte d’une Antigone, victime expiatoire de la superbe et de l’intransigeance des puissants. Le duo final du couple dans la tombe  les mène d’ailleurs au bonheur divin : « Déjà je vois le ciel s’ouvrir - et il s’ouvre vraiment scéniquement - là cessent tous les tourments, là commence l’extase d’un amour immortel! »  Ce duo  rappelle les premières notes impalpables du prélude de l’œuvre. De crépusculaire,  celui-ci devient lumineux.

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Enrico Iori (Il Re) ; Mika Kares (Ramfis) © Forster

Dans les rôles masculins il y a a le ténor, Andrea Carè, au début, héros assez conventionnel,  mais qui  se développe en un personnage de plus en plus  dramatique et convainquant. On retient cette image inoubliable où, laissés seuls à la fin de l'acte II,  il lâche  avec dégoût et de manière définitive  la main d’Amnéris. Le héros déshonoré aura trahi pour Aida et sa patrie et son honneur... Il se taira devant ses juges. Mais il  ne trahira pas  l’amour!  Quelle posture magnifique! La basse qui interprète le chef des prêtres (dans un magnifique costume) c'est un excellent Giacomo Prestia et le baryton Dimitris Tiliakos qui incarne le père d'Aida, est un Amonasro  d'une  ascendance tout à fait  impressionnante.   

 L’image contient peut-être : 1 personne

© Forster 

A l’opposé de tant de finesse et de nuances chez Aida, il y a évidemment la méchante, interprétée  le jour de la première par Nora Gubisch. La grotesque Amnéris  a transformé son amour inassouvi en colère abyssale. Elle est aveuglée par la colère – une grande faute de goût chez les Grecs. Elle ne se rend compte qu’à la fin, que c’est sa jalousie pure  qui a causé la perte de tout le monde et que la clémence aurait été préférable. Contrairement à Aida, son jeu scénique n’est pas très développé, elle brutalise son esclave, s’arrache les cheveux et lacère se vêtements… On constate que  ses interventions collent au caractère glauque qu’elle incarne, et sa perruque, si perruque il y a,  parodie la coiffure de la très puissante Reine Elisabeth I,  aux pieds de laquelle se prosternaient des dizaines d’amants éconduits… Mais Verdi lui accorde une rédemption puisque Amnéris, la voix étouffé par les pleurs et se prosternant sur la dalle de la tombe implore enfin la paix au tout-Puissant Ptah!   

 

Et qu’est-ce que les mouvements de masse nous donnent-ils à voir ?   Encore le désespoir des déplacés et le cri de l’injustice. Les hommes transformés en chiens et en faucons. Une outrecuidante soldatesque qui appelle à la guerre  et des éclopés de  guerre agités de mouvements frénétiques.  Le mystère d’Isis dissimulé derrière le voile brodé du temple qui cache le saint des saints. La superbe des nantis qui exploitent la valetaille. La foule couleur sable, qui s’enivre de plaisirs ou de mortelles sentences. Cheveux cachés ou poudrés,  leur cœur bat au bruit des drapeaux qui claquent  tels des  nuées d’oiseaux d’Hitchcok, ils symbolisent un peuple muselé, ignare sans doute, manipulé et sans voix… Une sacrée performance pour  un  chœur! Il est  parfois proche, parfois lointain, comme dans le magnifique hymne à Ptah, où leurs harmonies et leur dialogue avec l'orchestre  sont  sublimes! Que de tableaux de  vaine poussière, face à l’héroïsme vivant du couple que l’amour rend éternel!


Distribution : 

Aida ADINA AARON
MONICA ZANETTIN (17, 20, 26, 31/5 & 4/6)
Radamès ANDREA CARÈ
GASTON RIVERO* (17, 20, 26, 31/5 & 4/6)
Amneris NORA GUBISCH
KSENIA DUDNIKOVA (17, 20, 26, 31/5 & 4/6)
Amonasro DIMITRIS TILIAKOS
GIOVANNI MEONI (17, 20, 26, 31/5 & 4/6)
Ramfis GIACOMO PRESTIA
MIKA KARES (17, 20, 23, 26, 31/5 & 4/6)
Il Re ENRICO IORI
Una sacerdotessa TAMARA BANJESEVIC
Un messaggero JULIAN HUBBARD

 

https://www.lamonnaie.be/fr/program/219-aida

http://concert.arte.tv/fr/aida-de-verdi-au-theatre-de-la-monnaie

http://opera.stanford.edu/Verdi/Aida/libretto_f.html

interviews/ extraits:   

http://www.bruzz.be/nl/video/de-munt-speelt-aida-voor-het-laatst-op-thurn-taxis

L’image contient peut-être : une personne ou plus, nuage, ciel, plein air et natureMonica Zanettin (Aida) © Forster

Monica Zanettin (Aida) ; Ksenia Dudnikova (Amneris) © ForsterL’image contient peut-être : 1 personne, nuit

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Un silence respectueux

Parfois, sur le tard, un désir,
Ancien ou nouveau se présente.
Il est conservé en attente,
Arrivera le temps d'agir.

Satisfaire une envie banale
N'exige certes pas d'efforts;
On ne s'en remet pas au sort,
Mais il en est d'originales.

Le rapport liant des amis
Crée une agréable tendance
Qui les incline à l'indulgence.
Les conseils sont toujours admis.

Or, il est rare qu'une envie,
Voulant que soient changées les donnes,
Ne cède à l'idée qui ordonne
Qu'à la prudence, l'on se fie.

Le souci d'un choix qu'a fait l'autre
Doit prévaloir sur le plaisir
Qu'on aurait, si à l'avenir,
Il y renonçait pour le nôtre.

19 mai 2017

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12273217889?profile=originalDeux propriétaires heureux posant devant une galerie de mine ©
Rare photo prise en extérieur, les photographes, avec leur lourd et encombrant matériel,

préférant le studio, qui permettait par ailleurs une meilleure maîtrise de la lumière

et un traitement plus rapide (ferrotype ou tintype, ca 1865).



       Une sacrée veine ! Le plus grand affleurement d’argent ! L’or en prime ! Ophir était son nom ! Et, à ce qu’on dit, James Old Virginny Finney, un soir de cuite, pour conjurer le sort, une de ses bouteilles de whiskey s’étant brisée au sol, proclama « I christen this ground Virginia ! » Et, sur cette pierre, on bâtit Virginia City !

12273218093?profile=originalComme on touche du bois,...
Celui-là semble vouloir mettre toutes les chances de son côté ©(ferrotype ou tintype, ca 1860) 

D’Ophir au sud à Gold Hill au nord tout le terrain était maintenant occupé. La bande des quatre était riche ! Riche ? Enfin…
Henry Comstock, vantard, laissa bien son nom à la postérité, mais vendit sa concession pour 11 000$ à plus malin que lui, le juge Walsh. Avec son pactole, il acheta un magasin de marchandises générales qui périclita. Adieu, vaches, cochons, couvées, prospérité. Il erra, perdit la raison et se suicida au Montana, le 27 septembre 1870, d’une balle de révolver. Triste sort. Il fut enterré, sans plus de formalités, à Bozeman au Montana. Old Pancake avait 50 ans. Oublié, on ne porta pas même le crêpe…

12273218872?profile=originalUn fondu d’or ©
Rien n'est superflu ! Double symbole fer-à-cheval et aimant,
voilà de quoi s'attirer chance et prospérité !
(Tintype, ca 1865, monté en carte-de-visite, un format popularisé en 1854 par le Français Disdéri et rapidement adopté par les Américains).

James Finney, Old Virginny, vendit lui aussi, pour, dit-on, du whiskey de Virginie et un cheval borgne, et but son fonds. Il tomba de son cheval et se fracassa le crâne. Il mourut le 20 juin 1861, jeté à la fosse commune à 44 ans. Ce qu’on appelle pudiquement aujourd’hui le carré des indigents. Pour lui, le carré d’as c’est déjà fini.

12273219267?profile=originalLa partie de cartes : mauvaise donne ©
(Tintype, ca 1865)

S’il finit seul dans le plus grand dénuement, il laissa son nom à Virginia City. Et une pierre aujourd’hui commémore sa mémoire.

 

12273220056?profile=originalTombe de James Finney Fennimore, Dayton, Nevada.

Une stèle commémorative pour tous ces pionniers.

(photo captée sur le Net)

Oui, mais de O’Riley et de McLaughlin, qu’advint-il ?

12273219460?profile=originalPeter O’Riley et Patrick McLaughlin ©
(ferrotype ou tintype, détail, ca 1860-1865)

Sans fleurs voici le couronnement de l’histoire…
Patrick McLaughlin céda ses parts pour 3 500$, occupa des petits boulots, devint cuistot pour finir par mourir de faim à San Bernardino, Californie, en 1875. Lui aussi finit à la fosse commune. Resquiescat in pace.

12273220094?profile=originalDescente aux enfers ©
(Tintype, ca 1860-1865)
Un décor dantesque en toile de fond.
Il s’agit probablement d’un concessionnaire minier posant pour la postérité.

Peter O’Riley, sans céder, réussit à tirer 45 000$ de ses concessions. Une sacrée somme ! Un chiffre qui résonne et qu’il saurait faire fructifier ! Avec sa vista, il se mit à entendre des voix qui le guideraient vers de nouveaux filons – là… entends-tu ? – pour y creuser sa tombe. Il finit sa vie dans un asile d’aliénés à Woodbridge en Californie, où il décéda en 1874. On ne lui connait pas de sépulture.

12273220694?profile=originalComme on creuse sa tombe ©
(ferrotype ou tintype, ca 1860)

Et alors, et alors…

      La finance investit le Nevada silver rush, faisant tourner la roue à coups de comstocks, jouant des mots (ces actions étaient échangées à la San Francisco stock and Exchange Board), se jouant des petits porteurs grâce à la rumeur, pour faire monter les enchères, descendre les cours, rafler la mise. La spéculation battait son plein. Silver City, Gold Hill, Virginia City régnaient.

12273221277?profile=originalDes étincelles plein les yeux,
ils voyaient des pépites gros comme ça ! ©
(ambrotype, ca 1855)

Corruption, prévarication, délit d’initié allaient bon train, avec cela une bonne publicité et le tour était joué. Car même « Si le minerai était modérément prometteur, nous suivions la coutume du pays, nous nous servions d’adjectifs puissants et écumions comme si la merveille des merveilles en fait de découverte argentifère venait d’apparaître. Si la mine était une mine ‘exploitée’ et ne pouvait montrer de minerai traitable (qu’elle n’avait évidemment pas), nous louions le tunnel, disant que c’était un des tunnels les plus encourageants du pays, radotant et radotant sur ce tunnel jusqu’à ce que nous soyons complétement à cours d’extase, mais nous ne disions pas un mot du minerai. Nous pouvions répandre une demi-colonne d’adulation sur un puits, ou un nouveau filin d’acier, ou un treuil de pin couvert, ou une pompe fascinante et terminer par un éclat d’admiration sur ‘le surintendant distingué et efficace’ de la mine… mais nous ne soufflions mot du minerai. », Samuel Clemens, qui se fit connaître sous le nom de Josh d’abord, puis sous celui de Mark Twain. Twain qui, effectivement, passa là « six ou sept années longues et singulières » A la dure (Roughing it), comme prospecteur dans un premier temps, puis comme journaliste. Finalement « Il n’y avait rien qui ne fut vendable dans le domaine des concessions minières. » pendant ses Folles années*.
Une autre supercherie qu’on se voudrait de ne pas signaler, les salted mines, et qui avait de quoi dessaler les plus crédules. Comme pour donner un air authentique à une commode Louis XV montée dans une arrière-boutique de bazar, chargez un fusil de chasse de cartouches remplies de grenaille d’or. Tirez. Vous obtenez un filon, des filous. La mine ainsi lestée est promptement cédée au premier pigeon venant à passer. Ou bien « L’entrepreneur de la chose découvrait un filon sans valeur, y creusait un puits, achetait un chargement de riche minerai de la ‘Comstock’, en jetait une partie dans le puits et installait le reste sur ses bords extérieurs. Il montrait alors la chose à un nigaud et lui vendait à un prix élevé. », Mark Twain. Une pratique qui ensemença toute l’Amérique.

12273221479?profile=originalBeaucoup y laissèrent leur chemise
(ferrotype ou tintype, ca 1860-1865)

      Mais il faut reconnaître que cette aventure a amené beaucoup d’innovations, de premières, d’avancées industrielles… Emploi de la dynamite, mise au point des techniques de traçage et de foration des trous de mines en couronne afin d’utiliser ce nouvel explosif en toute sécurité pour l’abattage, perforatrice Burley à air comprimé. Perfectionnement du moulin californien afin qu’il puisse fonctionner en continu grâce à la force hydraulique mue par la roue Pelton. Encore plus astucieux, le système de boisage par emboîtage de Philip Deidesheimer, ingénieur allemand formé à Freiberg en Allemagne, la meilleure Ecole des mines du monde. Une structure alvéolaire capable de résister aux pressions verticales et latérales, modulable en fonction des veines, failles et cisaillements d’un filon qui ne file pas droit, améliorant la sécurité tout en permettant d’aller toujours plus profond dans les mines du Comstock et ses minerais auro-argentifères. Aérage et drainage des galeries grâce à un tunnel conçu par Adolph Sutro, qui ne fit par ailleurs que ralentir l’inéluctable déclin d’une ville à son crépuscule.
Et « L’Ophir n’avait pratiquement rien valu un an auparavant et elle se vendait maintenant à près de quatre mille dollars le pied ! », Mark Twain.
Enfin, si aux Etats-Unis on se souvient d’Henry T. Comstock pour, en fait, avoir su détourner à son profit le Comstock Lode de ses deux véritables inventeurs, pour ce qu’il en est d’O’Riley et de McLaughlin, ils sont quasiment ignorés. Il faut dire qu’on ne connaissait pas le portrait de nos deux Irlandais. Aussi j’ai ici voulu réhabiliter ces deux véritables pionniers avec des informations et des documents inédits. Quand bien même le rush n’en rendit pas riches ceux qui décrochèrent la roche-mère.

12273221096?profile=original« Le temps des prospecteurs libres est révolu », semble dire ce vétéran,
« il est temps de se ranger des voitures et faire son deuil de la fortune. »
(tintype dans son curieux carton de montage, façon faire-part de deuil, ca 1865). ©

Et pouvoir vivre heureux le reste de son âge…

12273222071?profile=originalPapy a fait de la résistance.
(ferrotype ou tintype monté en carte-de-visite, ca 1865) ©

Voici enfin levé un des derniers mystères de l’Ouest. Pour mieux en suivre les péripéties vous pouvez en retrouver ici la première partie :


WANTED : https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/l-trange-et-difiante-histoire-de-peter-o-riley-et-de-patrick

Lansardière Michel (texte, photos, documents ©)

* Les mémoires de Mark Twain ont été publiées en 1872 sous le titre original de Roughing it, traduites en français sous les titres de Mes folles années ou d’A la dure.

N. B. : si la première photo de la première partie de cet article partie (cf. WANTED, et la sixième du présent billet qui en montre un gros plan) semble bien être l’authentique et unique portrait de Peter O’Riley et Patrick McLaughlin, du moins une hypothèse raisonnable, les autres american tintypes ne prétendent pas représenter les autres personnages de l’histoire. Par contre, elles leur sont toutes contemporaines, originales, et restituent le contexte de l’époque. Tous les documents ©, sauf mention contraire (3 photos captées sur le Net), proviennent de mes recherches personnelles.
Si enfin, concernant la photo de Billy the Kid, qui a beaucoup circulé et été montrée à la télévision, ou la découverte de celle de Henry Comstock, on a pu s’appuyer sur une iconographie déjà connue et donc procéder, entre autres, à des comparaisons faciales, pour la photographie de McLaughlin et de O’Riley je ne m’appuie que sur l’étiquette contre-collée au dos du tintype, ne connaissant aucune image d’eux. Alors, photo « salée »… il faudrait pour trancher d’autres moyens d’investigation (datation de l’encre, du papier…). J’ai par contre l’expérience de la photographie ancienne, américaine en particulier, et ai consacré plus de vingt ans de recherches aux chercheurs d’or. Et il s’agit bien d’un tintype américain contemporain de nos deux protagonistes. Aux découvertes fortuites de William Bohn en 2009 pour Henry Comstock et de Randy Guijero en 2010 pour Billy the Kid, j’ajoute une pierre au mythe doré et argentique.
Si vous voulez une suite à cette histoire, l’après, Virginia City au temps de Samuel Clemens (Mark Twain) ou du photographe Timothy O’Sullivan, et d’autres documents inédits…

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12273211257?profile=original

WANTED

¿ Qién es  ?...  ¿ Qién es  ? seraient les derniers mots prononcés par Billy the Kid, alias William Henry McCarty, alias William Bonney, alias William Antrim… The Kid, dont on vient de retrouver une deuxième photo avec sa bande des Regulators qui a récemment défrayé la chronique. Mais ceci est une autre histoire… See you later Regulator...

Pourtant, il sera bien question de roc(k), d’or et d’argentique. Ainsi, au hasard d’une vente aux enchères, je suis tombé sur deux hommes qui eux aussi, à leur manière, forgèrent la légende de l’Ouest américain. Cette photo, un ferrotype* (tintype), serait la seule connue de ces deux desperados…

Oui, mais justement… Qui sont-ils ?

 

12273211088?profile=originalPeter O’Riley et Patrick McLaughlin

(ferrotype ou tintype, ca 1860-1865) :

Du moins si l’on en croit la note dactylographiée collée au verso de la plaque :

« Peter O’Riley

&

Patrick McLaughlin,

The two discoverers of

 the famous Comstock Vein,

Virginia City, Nevada.

This mine eventually, as

 estimated, yealded

 $325, 000, 000 in gold

and silver.”

12273211472?profile=original

      Ces deux-là auraient pu devenir les rois de l’or et de l’argent. Mais trop naïfs, comme souvent les découvreurs, il en fut autrement. L’histoire de ces deux Irlandais mérite pourtant amplement d’être contée…
L’or était un aimant puissant. Et l’or c’était la Californie. Pourtant sur la route, au cœur de la Sierra Nevada, certains avaient bien prospecté, découvert quelques indices prometteurs…


On marmonne que les Mormons les premiers passèrent là et y levèrent les indices de la présence de l’or…
L'Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours fut fondée par Joseph Smith (1805-1844), le maître spirituel. A quatorze ans, il eut une révélation par l’intercession de l’ange Moroni. Dieu lui indiqua l’emplacement d’étranges tablettes d’or (ou de cuivre) à l’ouest de l’état de New York. Découvertes en 1827, elles divulguaient que les Indiens descendaient des « Nephites » et des « Lamanites » qui, venant d’Israël, s’étaient établis en Amérique six siècles avant J.-C. Le Christ après sa crucifixion apparut aux habitants du Nouveau Monde et souhaita qu’y soit établie la vraie église. Et Joseph Smith serait son « prophète, voyant, révélateur ». En 1830, il publia la traduction du Texte sacré et fonda son Église dans l’Ohio. Brigham Young y adhéra. Après bien des vicissitudes, persécutés par les « Gentils », installés au Missouri à Independance, chassés, les Mormons, puisqu’il s’agit bien d’eux, crurent trouver la paix à Nauvoo dans l’Illinois en 1839, et ce jusqu’en 1844, quand Smith et dix de ses apôtres furent tués. Un certain Rigdon le remplaça à la tête du Quorum. C’était sans compter sur le très influent et charismatique Young qui rapidement prit les rênes en mains et guida son peuple à travers l’Iowa, le Nebraska, le Wyoming, pour terminer leur long chemin de croix dans leur « Royaume de Deseret » le 24 juillet 1847. Deseret, « abeille », industrieuse et communautaire.

12273211497?profile=originalDestinée manifeste, tous vers l'Ouest !
Hommes, femmes, enfants, trente-huit pionniers sur le départ (photo sur papier albuminé*, ca 1865/70).

      Mais les autorités ne l’entendaient pas ainsi qui créèrent le « territoire d’Utah », nommèrent fonctionnaires et juges fantoches, chaperonnés par le puissant Gouverneur du Territoire, Brigham Young en personne (l’Utah ne devint État de l’Union qu’en 1896). Mais surtout ce qui changea c’est que l’appel de l’or transita par là. Le « Mormon trail » devint, pour partie, le « California trail ». Voitures à bras pour les uns, chariots tirés par six mulets ou, le plus souvent, quatre paires de bœufs pour les autres, les Mormons eurent beau crier dans le désert, la caravane passa.
Afin d’étendre leur emprise jusqu’au Pacifique, les Mormons essaimèrent, prêchèrent, péchèrent, par mission ou par passion.
      Il y eut déjà le « Mormon Battalion » qui avait rejoint l’Ouest pour bouter le Mexicain hors de la Californie nouvellement conquise. Henry W. Bigler, qui sera un autre grand apologiste de l’or (c’est dans son journal que l’on verra paraître pour la première fois la découverte d’or au moulin Sutter par James Marshall entre le 18 et le 20 janvier 1848), en fit partie au côté de Brigham Young. Arrivés après la bataille, certains travaillèrent au moulin Sutter avec les conséquences que l’on sait. Sam Brannam (c’est lui qui propagea la découverte d’or en Californie et déclencha la ruée que l’on sait en 1849. Il possédera jusqu’au cinquième de San Francisco et fondera Sacramento !), un temps converti, puis excommunié, il fit d’autres adeptes, portant loin la parole d’or. Et l’on rencontra quelques camps qui disent bien l’origine de leurs fondateurs, comme Mormon Bar ou Mormon Island, bien connu pour son magasin général où l’on trouvait tout pour le mineur, aux meilleurs prix, fort de café, chocolat, épices… mais ni alcool ni tabac… Toujours prosélytes, les Mormons repérèrent l’or au Nevada, après avoir traversé le Forty-mile Desert, d’abord à Carson Valley en 1849, puis, en quantités plus appréciables, à Gold Canyon l’année suivante. Ce qui forcément attira les fouineurs de ce côté du Nevada, dans le comté de Washoe…

12273211866?profile=originalVingt ans ! L’âge de tous les possibles
Deux jeunes gens posent fièrement armés de leurs pelles (tintype, ca 1860).

     Puis arrivèrent Ethan Allen et Hosea Ballou Grosh, mais l’or ne roulait pas les rivières, ne se ramassait pas à la pelle, non, décidément trop d’argent !
Oui, mais la Californie n’était plus ce qu’elle était… Et il y avait, certains s’en souviennent, un Gold Canyon du côté de la Sun Mountain (devenue le Mont Davidson). Et l’on retrouva un peu d’or au Six-Mile Canyon. Et là, exactement, à la jonction entre ces deux canyons, affleurait le plus riche gisement d’argent et d’or ! Qui deviendra célèbre sous le nom de Comstock Lode.
Ils étaient six sur le secteur à pouvoir revendiquer la paternité de sa découverte en 1859. Un seul laissera son nom…

¿ Qién es  ?...  ¿ Qién es  ?

12273211291?profile=originalCamp de prospecteurs (tintype, ca 1865)
Qu’ils soient mandatés pour une mission géologique et minière ou indépendants
tout l’Ouest était sous surveillance, sillonné de part en part.
La tente est plantée, les chevaux sellés,
déserts et sierras vont pouvoir continuer à livrer leurs secrets.

      Oui, mais pour cela il fait délimiter et enregistrer la concession, et même « Selon la loi du district, les locataires ou prétendants à une concession étaient obligés de faire un travail raisonnable sur leur nouvelle propriété dans les dix jours suivant la date de leur location, sans quoi il y avait forclusion et n’importe qui pouvait s’en emparer. », Mark Twain.

Or, qui serait en mesure de faire valoir ses titres en plein désert ?
      Déjà, Hosea Ballou Grosh, né en 1826, mourut le 2 septembre 1857 à Gold Hill. Son seul titre fut d’être le premier à être enterré au cimetière de Silver City. C’est ballot !
Voulant traverser la Sierra Nevada, il fut pris dans une tempête de neige, ses pieds gelèrent, ses jambes atteintes par la gangrène, il refusa d’être amputé. Il décéda le 19 décembre de la même année. Il repose au cimetière de Last Chance, dans le Placer County, Californie. Bien sûr, aucun des deux frères ne put enregistrer de concession. C’est pas de pot.

12273212089?profile=originalHosea Ballou et Ethan Allen Grosh
(photo captée sur le Net)

Pour eux l’affaire était réglée. Gros-Jean comme devant.
La question, Doc, restait en suspens… Qui remporterait le titre ?


      James Fennimore ( ? – 1861), qui se faisait appeler Finney pour oublier son lourd passé, et que l’on surnommait Old Virginny, un rappel de ses origines autant que de sa propension à siffler son bourbon.
      Henry Tompskins Paige Comstock (1820-1870), dit Old Pancake, un de ces mountain men capable de survivre avec un peu de farine et d’eau, un dur-à-cuire, un sourdough, droit dans ses bottes, toujours à l’aise, toujours chez lui. Et, à Gold Hill, ces deux-là trouvèrent bien un filon. Un bon filon même, mais pas de quoi aimanter les foules, si ce n’est quelques traine-savates.

Serait-il notre champion ?

12273211891?profile=originalHenry P.Comstock
(portrait supposé, découvert en 2009 par William Bohn)
(photo captée sur le Net)

12273212652?profile=originalEn tenue !
Deux mineurs posent en chemise et chapeau bas en tenue de travail, bottes, jean et brettelles

(tintype, ou ferrotype, ca 1860).

      Patrick McLaughlin et Peter O’Riley enfin, qui levèrent l’or au fond de la retenue d’eau qu’ils avaient aménagée. Oh, un or un peu pâlichon (en fait de l’électrum, un alliage naturel d’argent et d’or, mais ça ils l’ignoraient) et qui ne rapportait pas autant que le bon or franc. Mais quand même ! De plus le filon était dur à travailler.
Quoi qu’il en soit, ils pouvaient, à juste titre, avoir quelques prétentions, caresser quelques ambitions, briguer les plus hautes fonctions.
      Et puis il y avait ce fier-à-bras de Henry Old Pancake Comstock qui clamait haut et fort que le terrain était à lui ! C’est qu’il en imposait cette vieille crêpe ! D’ailleurs il leur flanqua son bras-droit comme associé, Emanuel Manny Penrod. Et voilà nos trois lascars à creuser. Mais Dieu que c’est lourd tout ce sable bleuâtre à évacuer pour récupérer la couleur jaune ! Un gaillard plus avisé s’en vint porter cette « terre bleue » à essayer. Et l’essayeur n’en revint pas ! Une teneur de 3000$ d’argent et de 876$ d’or la tonne ! Voilà qui fit grand bruit ! Ça c’est de la boue payante ! De quoi piqueter toute la montagne, enregistrer les concessions, lever des fonds, remplir des wagons, purger le filon !


      Et ce fut la ruée… Une de ces ruées comme on n’en avait plus connue depuis dix ans ! Bien entendu, quand tous ces gens affluèrent, les quatre inventeurs, Comstock, Penrod, O’Riley et McLaughlin s’étaient taillés la part du lion… Mais on sait ce qui advint de Daniel…
La meute des Washoeites, comme on nomma alors ces nouveaux chercheurs d’or, était lâchée, traînant son lot de misères. Le filon était riche, d’or mais surtout d’argent…

12273212483?profile=originalWestward ho !
A ce cri de ralliement, par vagues successives de milliers de migrants gagnèrent la Californie, quelle que soit leur condition. Ici un homme, d’un âge déjà avancé, pose en redingote, exhibant fièrement sa pelle, montrant ainsi sa détermination, sa rage de partir et de forcer le destin. Le photographe, par sa composition, une diagonale coupant le sujet, donne l’image d’une carte à jouer. Notre homme a-t-il tiré la bonne ?
Au-delà des conventions, la volonté manifeste, du photographe comme de son modèle, de transmettre un message, de raconter l’histoire en marche.

En redingote et boutons dorés...
(ambrotype*, 1/6e de plaque, dans son cadre, ca 1855).

Et la compétition ne faisait que de commencer…


A suivre…

Michel lansardière (texte, photos, documents)

*  Jadis et Daguerre (notes) :

 

Le ferrotype est un procédé photographique inventé par le Français Adolphe Alexandre Martin en 1852 ayant pour support une plaque de métal. Mais le brevet fut déposé en Angleterre par William Kloen et Daniel Jones en 1856, par Hamilton Lamphere Smith aux Etats-Unis la même année, sous les appellations melainotype et tintype où, popularisé par Peter Neff, il connut un succès considérable Outre-Atlantique.

Quant à l’ambrotype (du grec ambros, immortel), il fut mis au point en 1850 par le Britannique Frederic Scott Archer, procédé au collodion humide sur plaque de verre.  Aux Etats-Unis le brevet en fut déposé par James Ambrose Cutting l’année suivante.

L’un comme l’autre furent commercialisés, dans les premiers temps, dans des écrins (union-cases) comme l’étaient les daguerréotypes aux Etats-Unis.

Dans une épreuve à l’albumine, le papier est enduit de blanc d’œuf qui lui donne une surface brillante. Le papier est ensuite sensibilisé au nitrate d’argent et mis en contact avec le négatif (collodion sur verre). Procédé mis au point en 1847 par Louis-Désiré Blanquart-Evrard. Il présenta le procédé de tirage positif à l’albumine à l’Académie des sciences en mai 1850. Niépce de Saint-Victor (cousin de Nicéphore Niépce, pionnier de l’héliographie, dont la première image permanente conservée date de 1827) travailla aussi sur ce principe mais directement sur un verre sensibilisé. Le 7 janvier 1839 François Arago soumit à l’Académie des sciences l’invention de Louis Jacques Mandé Daguerre, considéré comme le père de la photographie. Quant à la photographie sur un support de papier salé, le calotype (de kalos, beau), elle fut inventée par William Henry Fox Talbot, également en 1839. C’est ce dernier que la perfide Albion considère généralement comme étant l’inventeur de la photographie (ce mot fut employé pour la première fois le 1er février 1839 par Charles Weattone dans un courrier à Talbot. Du moins si on omet la citation de ce terme par Hercules Florence, un Français installé au Brésil, chercheur oublié, dans ses manuscrits inédits, en... 1933 ! six ans avant la présentation officielle du procédé de Daguerre par Arago. Ecrits retrouvés par hasard dans les archives d'un journal brésilien dans les années 1970. Sa méthode a pu être éprouvée depuis...).

 

 

Nota: tous les documents présentés (sauf mention contraire, "photo captée sur le Net") proviennent de ma collection personnelle issue de plus de vingt ans de recherches.

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Ollé!

La vie, l'envie, l'étreinte

Et le désert soudain...

Jeunesse, détresse qui suinte

Tout serait-il donc vain?

Années flambées, éteintes

Aucun bon souvenir?

Ne pas crier sa plainte

Ebaucher un sourire!

Tenir, frémir encore

Et tapi dans le noir...

Un jour surgira l'or

Du rêve et de l'espoir!

J.G.

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administrateur théâtres

Exposition d’illustrations contemporaines chinoises, entre mythes et modernité

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Du 5 au 23 mai 2017, le Centre Culturel de Chine à Bruxelles accueille une exposition inédite :

plus d’une soixantaine de dessins et de peintures illustrant les origines de la civilisation chinoise ainsi que les aventures de ses héros mythiques sont mis en lumière à Bruxelles sous le nom « Where the dream begins : Creating the World » (« Là où le rêve commence : la création du monde »).

Quatre des artistes exposés ainsi que des représentants de la Shanghai Chinese Painting Academy – maître d’œuvre de l’exposition –  se sont rendus  tout spécialement à Bruxelles pour  le vernissage de l'exposition. 

Une diversité des styles et des techniques

Au total, pas moins de 68 illustrations classées en 17 collections composent l’exposition. Chacune de ces collections mettra en image des styles chinois très distincts grâce à l’identité artistique marquée de chacun des artistes exposés.

Le visiteur est confronté avec une grande diversité des styles et des techniques utilisées : encre de Chine, peinture à l’huile, peintures traditionnelles chinoise, pastels et même images digitales figurent au programme.

Un nouveau souffle pour l’illustration et la bande dessinée chinoise

Cette exposition se veut moderne et contemporaine, toutes les œuvres exposées ayant été réalisées en 2016. Elle s’attache surtout à faire connaître l’Histoire de la civilisation chinoise au travers de sa thématique. La richesse culturelle de la Chine s’y ressent également : les artistes exposés sont de tous âges et proviennent des quatre coins de la Chine. Spécialistes de l’illustration et de la bande dessinée chinoise, ceux-ci partagent le même souhait : en prenant part au projet, ils espèrent apporter un nouveau souffle à la créativité chinoise et offrir des œuvres inédites au grand public. Ce  large projet de la Ville de Shanghai, berceau de la bande dessinée,  vise à illustrer l'histoire de la civilisation chinoise par le biais de réalisations d'artistes contemporains et "représente le fruit d'un travail récent de recherche sur les mythologies chinoises, très populaires en Chine, qui se transmettent tant à l'oral qu'à l'écrit", explique Jianjun Tan, vice-directeur de la Shanghai Chinese Painting Academy, maître d'œuvre de l'exposition. "Nous sommes ravis de voir que cette exposition permettra d'ouvrir un dialogue entre la Chine et l'Occident".

Les bandes dessinées de poche, ou lianhuanhua, ont été publiées pour la première fois dans les années 1920 et étaient une source majeure de divertissement public. Dans les années 1950 et 1960, ils ont même été utilisés pour faire connaître les politiques gouvernementales, en particulier pour les personnes qui ne pouvaient pas lire.  Les premières bandes dessinées présentaient des légendes folkloriques et des personnages d'opéra. Des illustrateurs notés ont été rédigés pour le travail. L'apogée des bandes dessinées a pris fin pendant la «révolution culturelle» (1966-76), mais ils ont commencé à revenir à la fin des années 1970 jusqu'au milieu des années 1980.  Les bandes dessinées étaient généralement vendues dans des kiosques à Shanghai, mais l'ère numérique rapide a détourné l'attention de nombreux jeunes lecteurs du genre.  "Nous espérons que cette série de plus de 30 œuvres basée sur des mythes chinois va relancer les bandes dessinées dans un cadre contemporain"

 

020170428201508.bmp“Pangu Creates the New World” by Feng Yuan part of the project “Creating the World — Literary and Artistic Works on Chinese Creation Myths.”

Axing Xi est un peintre au style unique adepte de l’art folklorique chinois, travaillant tout en nuances et avec une  inclination marquée pour le  mystère. Une des légendes contées en image est  celle de la création des humains par Fuxi et Nuwa.* 

Les deux divinités mythiques Fuxi et Nuwa  quittent en volant  les montagnes de Kunlun  pour aller vers l'ouest,  région désolée et désertique  à l’époque. Nuwa pense que ce serait merveilleux s'il y avait des humains  à son image  dans ce monde. Elle  ramasse alors  de la boue  de ses mains fait une copie d'elle-même,  d’après son reflet dans un ruisseau. Miraculeusement, une  figure de d’argile  apparaît. Nuwa  prend alors  une branche de rotin vert, la plonge dans la boue et agite la branche. Des milliers de gouttes de boue  sont projetées  dans toutes les directions à travers les airs. Nuwa tenant  le bras de Fuxi  vole dans le ciel. Comme l'air dans leur sillage est tombé sur les gouttes de boue, chacune est  immédiatement transformée en être humain. Tous les humains descendent alors au sol et se dispersent dans toutes les directions pour constituer  les premiers ancêtres de différentes tribus  humaines.

 Ici la légende de la princesse Leizu qui enseigna le tissage de la soie.

Image associée Xiaofang Ding peintre créatif s’attache lui à apporter une touche de modernité à la peinture traditionnelle chinoise.

 du 5 au 23 mai, être visitée en famille

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ils ont intérêt à amener leur carnet de dessin car ils peuvent sûrement  y puiser de l'inspiration pour leurs  propres œuvres picturales! 

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https://matricien.org/patriarcat/mythologie/nuwa/

China Cultural Center in Brussels

Adresse : Rue Philippe Le Bon 2, 1000 Bruxelles
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administrateur théâtres

Menus Plaisirs d'estaminets... Ebats de Couples

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Avec :

Delphine Charlier

Anne Chantraine

Boris Olivier

Marc De Roy

Mise en scène: Delphine Charlier

Que fait-on dans les estaminets, sinon, dévorer dans une atmosphère détendue,  des mets de terroir, respirer des fumets de cuisine locale  bien arrosés de  chaleureux breuvages sans prétention? Cela vaut pour  les Flandres Françaises, mais à Bruxelles ? Il y a  le célèbre « Jardin de ma sœur »... situé dans le vieux quartier du marché aux poissons, où la gastronomie a laissé la place au théâtre. Un croisement romanesque d’Au temps passé et de Lieux aujourd’hui disparus a donné naissance à ce qu'on imaginerait être une ancienne épicerie-crèmerie, ou même le salon peu prétentieux  d’une maison privée. C’est  devenu maintenant un petit café populaire, où  Arthème Glickman vous sert avec amour de la lenteur des bières précieuses et rares, du vin au verre, en attendant le spectacle ... Pas un seul signe de vie moderne apparent: une cheminée  et ses ustensiles, des gravures et peintures de haut en bas des murs, quelques tables,  le confort de chaise de cuisines en bois de nos grand-mères,  peut-être quatre bancs d'église trouvés aux puces agrémentés de coussins pour les fesses sensibles. Par la fenêtre, on aperçoit une façade blanche d’une maison rustique d’autrefois. L'atmosphère nous reporte irrésistiblement  un siècle ou deux en arrière, au  cœur d'un  village  plutôt que celui  d’une capitale européenne. Quand la bonne trentaine d’habitués  de cette chapelle de convivialité est servie, on ferme les rideaux et on tire la porte, pour faire place à la veillée poétique, musicale ou littéraire qui se tiendra dans ce lieu sans frontières.

 

Les chansons de phonographe s’estompent et le regard se porte sur cette femme endormie sur sa couche… 1941, Madeleine Renaud? Non, c’est Delphine Charlier, 2017 qui joue Yvonne dans  «  FEU LA MERE DE MADAME » une scène de ménage féroce en un acte de Georges Feydeau (1862-1921), représentée pour la première fois  à la Comédie Royale de Paris le 15 novembre 1908. La farce s’articule autour des relations tendues d’un couple, alors que Lucien, le mari volage, déguisé en Louis XIV,  rentre à une heure avancée du bal des  quat'z'arts,  une soirée de fête aux accents orgiaques. Sous la perruque : Marc De Roy. Il est artiste peintre mais ne vend pas de toiles, ce qui exaspère Yvonne, jalouse de surcroît des modèles nus que son ami côtoie. Les tensions dont Annette, la  servante allemande, est témoin,  ne feront que s'exacerber avec l'arrivée d’un domestique, Joseph venant annoncer que la mère de Madame est morte. En valet, Boris Olivier est admirable.   Les jeux de scènes sont piquants et imaginatifs, les sentiments explosifs, la mauvaise foi et les mensonges une constante incendiaire. La dispute prend des allures d’éruption de lave volcanique.  Les comédiens  tiennent bien leur rôle de mousquetaires de la querelle perpétuelle  élevée au rang de mode de vie. Devant la Comédie Humaine, l’assistance tour à tour,  se tait, médusée ou se laisse gagner par le rire. L’entreprise dans un si petit lieu était une gageure, car trop de proximité peut parfois mettre mal à l'aise. La deuxième partie du spectacle mis en scène par l'excellente Delphine Charlier  confirmera leur savoir-faire et l’ampleur de leur énergie.

  

Nous voici après l’entracte,  avec Courteline (1858-1929)  et ses ignobles créatures dans  «  LES BOULINGRIN » vaudeville en un acte, créé en 1898 au Théâtre du Grand-Guignol à Paris. L’ironie cruelle  et le surréalisme montent  encore en puissance. La farce grand-guignolesque est de plus  que malveillante, le dérèglement total,  la scène de ménage a atteint un paroxysme de  haine. Le pique- assiette, Des Rillettes (Marc De Roy),  qui pensait faire régulièrement bonne chère chez ses amis Sieur et dame Boulingrin se voit transformé en poupée de chiffon  et sert d’exutoire à leurs querelles domestiques. Pris à son propre piège, il  devient la victime et le souffre-douleur de ses hôtes. Félicie, la bonne est de mèche… Encore plus vicieuse que la bonne de Feydeau. Bravo à Anne Chantraine pour les deux rôles, mais on la préfère dans Courteline! Apocalypse, now !  Les coups pleuvent sur le pantin de service qui croyait tirer les marrons du feu. Les  humiliations les mauvais-coups et les injures  s’amoncellent, la mort aux rats côtoie la furie furieuse et Des Rillettes a bien du mal à sortir indemne de cette farce infernale.  Et Marc  De Roy, bien sûr,  est royal dans ses deux interprétations!  Oui, les  quatre comédiens ont été parfaits dans cette course à la violence  autant verbale  que physique… Et ce n’est pas nous qui avons appelé les pompiers! Juré! 

 

théâtreEbats de Couples (03/05 jusqu'au 20/05)
du mercredi 03 au samedi 20 mai 2017

                              Tel: +32.2.217.65.82 
                              E-mail: info@leJardindemaSoeur.be

https://www.lejardindemasoeur.be/jd-commence.php?language=fr12273224257?profile=original12273224473?profile=original

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MANOLO YANES : L’ART PASSEUR DU MYTHE

L’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), amorce sa rentrée avec une exposition qui se tient du 05-09 au 23-09-12, intitulée MYTHOCHROMIE.

Lorsque l’on demande à Monsieur MANOLO YANES de définir de la Mythologie, l’artiste Espagnol nous donne, à coup sûr, la définition la plus objective, à savoir « un système symbolique qui me permet de m’exprimer ».

En effet, l’expression humaine intime ne peut être que « mythologique » car elle replace l’Homme, par le discours dont il est à l’origine, devant ses fins dernières.

L’univers qui illumine l’œuvre de MANOLO YANES est celui de la mythologie classique. Mais, plus que de « mythologie » à proprement parler, il s’agit surtout d’un discours sur l’interprétation mythologique par un plasticien entré dans le 21ème siècle. L’artiste est né à Santa Cruz de Tenerife, en 1957.

La première chose qui saute au regard du visiteur, est cette constante qui structure l’ensemble de l’œuvre exposée par l’artiste, en la présence de zones conçues par des traits en pointillés dans un jeu de droites, courbes et diagonales.

Peintre extrêmement cultivé, MANOLO YANES nous livre, en quelque sorte, l’ « envers du décor », en ce sens qu’il nous dévoile ce qui dans la peinture de la Renaissance était caché au regard du visiteur de l’époque. Le rôle de ces structures géométriques en pointillés était celui de mettre en évidence dans l’espace tous les personnages de la composition, en leur assurant un parfait équilibre, à la fois pictural et moral. A la Renaissance, ces zones en pointillés étaient cachées sous des couches d’enduis, car il fallait laisser le visiteur regardant sous le coup de la magie visuelle. MANOLO YANES, lui, ôte le masque du visage de l’œuvre en révélant les dessous de ses formes.

 

PAYSAGE AVEC VENUS EN FLEUR (30 x 40 cm)

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nous propose sous un juste balancement esquissé par la courbe et rehaussée par des droites, tout en pointillés, la beauté de LA VENUS AU MIROIR de Velasquez (1649-51 – 122,5 x 177 cm – National Gallery, Londres), duquel l’artiste s’inspire. Renforcée par des zones à dominantes vert et brun travaillées au couteau, exprimant la Nature dans ce qu’elle a de plus organique, la déesse de l’amour se trouve plongée dans un univers de sensualité, la déifiant dans l’image olympienne d’un corps amoureux.

 

LE TRIPTYQUE D’ALICE (48 x 91 cm)

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offre également une vision modalisée du discours mythologique. Nous sommes ici en présence de deux mythologies, celle du logicien Lewis Carroll qui veut retrouver une forme d’innocence au sein d’une société travaillée par la révolution industrielle naissante et celle de l’humanisme grec à l’origine de la pensée dialectique. Sur la gauche, l’artiste nous propose l’image d’un « putto » (un enfant), juché sur le socle d’une colonne. Il demeure « classique », en ce sens qu’il évoque la figure de l’ « ange » dans la peinture de la Renaissance. Il souligne son classicisme par l’agencement du pied droit qui se détache du sol dans l’attitude de la marche, ce qui nous renvoie, par-delà la Renaissance, à la Grèce antique et au nu masculin. Le côté gauche du triptyque est dominé par la Licorne, équidé mythique par excellence. Tandis que le centre de la composition nous montre Alice et le Lapin bondissant d’un chapeau, mêlant ainsi hellénisme et conte féerique.

Une série de quatre tableaux de dimensions plus petites (40 x 29’7 cm) mettent en exergue l’immense talent de MANOLO YANES en tant que dessinateur dans des œuvres travaillées en grisaille, desquelles se détachent des personnages transférés de différents mythes vers l’exigence de la réalité contemporaine.

Prenons, à titre d’exemple, SEBASTIANUS.

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Il sort en droite ligne de l’humanisme de Mantegna. Néanmoins, bien que transpercé de flèches, l’agonie est (en apparence) absente. Le héro semble plongé dans un sommeil apaisé. Cela est dû à la position qu’il adopte, lié à sa colonne imaginaire. Dans l’œuvre originale, le héro, martyrisé, se tord contre la colonne, transfigurant ainsi la souffrance vers le sublime. Mais que l’on ne s’y trompe pas ! Au-delà de l’attitude onirique exprimée par la position tout en souplesse des bras, dont un léger tracé esquissé dans une zone chromatique laiteuse, à peine perceptible, en souligne le mouvement, cette œuvre est, en fait, une commande du Festival de San Sebastian, en Espagne, dont le thème central était le SIDA.

SEBASTIANUS est, en réalité, un séropositif qui souffre dans le silence et le mutisme. Le papillon posé sur son torse est de couleur rouge, symbole du sang. Mais cette couleur est aussi, dans l’esprit de l’artiste, celle de la volupté. Douleur  et volupté se mélangent.

Se mélangent aussi les couleurs des papillons posés sur le torse de trois autres personnages

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dans une transcription allégorique des quatre saisons : rouge (l’été), vert  (printemps), jaune (automne), bleu (hiver). Notons que ces quatre allégories se retrouvent dans la même attitude d’abandon.

Les œuvres de MANOLO YANES, réalisées principalement à acrylique sur papier, s’inscrivent dans le cadre du titre de l’exposition : MYTHOCHROMIE. Ce titre renvoie à plusieurs idées, notamment, celle des couleurs du mythe. Idée excellente au demeurant que celle du mythe multicolore (multiculturel) qui embrasse chaque nouvel apport. Et ce, particulièrement en ce qui concerne la mythologie grecque pour laquelle les termes « mythe » et « chromie » sonnent presque comme un pléonasme. Même si les deux termes ne s’opposent nullement dans l’absolu, force est de constater que ce qui continue encore aujourd’hui de nous séparer du classicisme gréco-romain et qui, du coup, brouille les pistes, c’est toujours le 18ème siècle et son romantisme naissant, lequel nous a trop habitués à accepter un art grec expurgé de toute polychromie, en nous restaurant des statues et des temples dans un blanc immaculé, reléguant l’idée du « beau » à un corps épuré, presque diaphane.

MANOLO YANES, qui a fréquenté les Beaux Arts de Tenerife, réinstalle, par sa culture, sa fantaisie et ses rythmes chromatiques, la pensée hellénique sur les feux de l’actualité, en lui lançant de nouveaux défis philosophiques, artistiques et sociétaux. 

 

François L. Speranza.

Une publication

Arts 
12272797098?profile=originalLettres

 

 

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Un murmure troublant


En ce matin empli de grâces,
Ciel fascinant, jardins en fleurs,
Couverts de splendides couleurs,
Allègrement, je me prélasse.

Alors que je ne pense à rien,
J'entends me dire: es-tu heureuse?
Ma mère restait soucieuse
De s'assurer que j'étais bien.

- Oui, maman! Mon sort me convient.
Ton amour est inoubliable,
Ton héritage inépuisable.
J'accueille en paix ce qui m'advient.

Audible, son dire d'antan
Rompit doucement le silence.
Lors, je ressentis sa présence.
De la tendresse se répand.

12 mai 2017

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En Provence

Une aquarelle

d'Adyne Gohy

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a été inspirée par

Les Haïkus de septembre

de Raymond Martin

 

Homélie mélo

Papillon d’azur d’été

Averse d’un soir

 

Nuage rosé

Ecrasé sur la butte

Vestiges spoliés

 

Ondes Martenot

Dièses rondo, sol, do

Sonnez trompettes

 

Fumée fluette

Saveurs d’été oliviers

Lavandin bleuté

 

Chats grains de blé dur

Meunier dort souris dansent

Moulin d’eau douce

 

 

 Raymond Martin 

 

                                                                    

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Ogotemmêli

"Dieu d'eau" est un essai de l' explorateur et ethnographe français Marcel Griaule (1898-1956), publié en 1948. Dirigeant, avec Mme G. Dieterlen, une mission scientifique en Afrique occidentale, Marcel Griaule a, pendant plus de quinze ans, étudié les moeurs et la langue d'une tribu africaine considérée comme une des plus arriérées: les Dogons, population soudanaise de la boucle du Niger. Lorsque la mission fut bien au courant des institutions, coutumes et rites de ce groupe, l'auteur reçut de la bouche de l'un des "anciens" de la tribu, le chasseur aveugle Ogotemmêli, la révélation de la cosmogonie et de la théogonie dogon, enseignement qui démontra que ces traditions sont extrêmement élaborées, qu'elles constituent une explication systématique du monde et de l'homme, et que, par conséquent, bien des notions européennes quant à la mentalité noire, dite primitive, sont à réviser entièrement. "Dieu d'eau" retrace les conversations de Griaule avec Ogotemmêli, conversations qui durèrent trente-trois jours et qui, en faisant surgir une métaphysique d'une très grande complexité, jettent une lumière nouvelle sur les cérémonies et les rites africains que l'on connaissait déjà, mais dont on ne soupçonnait pas la philosophie profonde. Déjà, le titre de chacune des trente-trois journées peut nous éclairer sur la nature des entretiens: "La première parole et la jupe de fibres", "La seconde parole et le tissage", "La troisième parole et le grenier de terre pure", "La troisième parole et le vomissement du système du monde", "La troisième parole et les travaux de rédemption", "Invention de la mort". Pour entreprendre de décomposer le système du monde, Ogotemmêli sait commencer à "l'aurore des choses" et repousser les détails sans intérêt comme par exemple la formation des quatorze systèmes solaires dont parle le peuple, à terres plates et circulaires disposées en pile. C'est ainsi qu'il ne traite que du système solaire utile: le dieu Amma, dieu unique "avait créé le soleil et la lune selon une technique plus compliquée qui ne fut pas la première connue des hommes mais qui est la première attestée chez Dieu: la poterie. "Le dieu lança la glaise dans l'espace -elle s'étale, gagne au nord qui est le haut, s'allonge au sud qui est le bas, même si tout se passe à l'horizontale. La terre "s'étend à l'orient et à l'occident, séparant ses membres comme un foetus dans la matrice... Elle est un corps, c'est-à-dire une chose dont les membres se sont écartés d'une masse centrale." Ce corps est une femme, posé à plat, face au ciel. "Amma qui est seul et veut s'unir à cette créature, s'approche d'elle." Ce fut le premier désordre de l' univers. La force vitale de la terre est l' eau. Dieu a pétri la terre avec de l'eau. Même la pierre possède cette force, car l'humidité est dans tout, jusque dans la parole par la salive. Les entretiens de la deuxième journée nous expliquent le verbe à partir du métier à tisser: la peau sur laquelle file la femme est le soleil, car le premier cuir utilisé ainsi a été celui du soufflet de forge qui avait contenu le feu solaire; le tournoiement du fuseau est le mouvement de la spirale de cuivre qui propulse le soleil, spirale que figurent souvent les lignes blanches ornant l' équateur de la fusaïole; le fil descendant de la main de la fileuse est le fil de la Vierge, le long duquel est descendu le système du monde; "la parole est dans le bruit de la poulie et de la navette. Tout le monde entend la parole; elle s'intercale dans les fils, remplit les vides de l'étoffe. Elle appartient aux huit ancêtres; les sept premiers la possèdent, le septième en est le maître; et elle est le huitième." "Les paroles des sept ancêtres remplissent les vides et forment le huitième. La parole étant eau, chemine selon la ligne chevronnée de la trame." Outre cet ouvrage remarquable sur les Dogons de Marcel Griaule, citons "Jeux Dogons" (1938), "Masques Dogons" (1938).


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administrateur théâtres

Didon et Enée, une production poétique, stupéfiante de grâce et de beauté dont on ressort émerveillés, et si reconnaissants…

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Avant le début de la représentation de Didon et Enée, on écoutera à rideau fermé, la Suite d’Abdelazer or the Moor’s revenge d’Henry Purcell (1695), pièce orchestrale en 9 mouvements, question de se familiariser l'oreille aux instruments anciens et à une musique baroque rarement jouée dans ce temple de l'opéra italien... 

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Didon et Enée

C’est une romance apocalyptique, mais quelle savoureuse féerie baroque! Voici la Méditerranée, la grande bleue de notre tendre enfance, pavée d’enfer et lieu absolu du chaos des destinée! Imaginaire anglais :  les flots  d’azur renferment d’affreuses sorcières ricanantes et des  esprits maléfiques dont le but unique est de répandre le mal.

 Image clé de cette nouvelle production de l’Opéra de Liège, il faut pour le lecteur, se situer face à un rivage désert de mer du sud au crépuscule,  devant des vagues qui déferlent voluptueusement  au balancement  de la musique. Mais en même temps, on se croit plus au nord,  côté Manche,  avec les noirs  Idle Rocks des Cornouailles qui évoquent  la ville de Carthage, ville nouvellement  créée par des réfugiés de Tyr. Comme dans les féeries de Shakespeare, voici un libre cocktail élisabéthain d’époques et de lieux,  fait pour  enchanter l’imaginaire. Le public sera pris d’un bout à l’autre du récit par la virtuosité exceptionnelle de la mise en scène et des chorégraphies qui évoquent le monde sous-marin et ses monstres, les  métaphores du Mal. Les douces ondulations des flots bleus peuvent se transformer en terribles tempêtes, bruitage Purcellien à l’appui ! Cet unique opéra d'Henry Purcell, dont aucune partition originale n’a été conservée, a été composé pour les jeunes filles d’un pensionnat aristocratique,  sur un livret de Nahum Tate, d'après le livre IV de l'Énéide. Il  est fait d’un prologue et de trois actes.

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   D'après l'Enéide de Virgile, la vaillante veuve Elissa originaire de Tyr, qui porte le nom latin de Didon, reine de Carthage,  accueillit Enée  et en tomba amoureuse. Au cours d'une partie de chasse alors qu'un violent orage les a réunis dans une grotte, ils deviennent amants. Mais Virgile veut donner des origines mythiques à Rome et faire du héros troyen et de son fils Ascagne, les fondateurs de  la ville. Virgile  se sert des dieux  pour empêcher l’union  de Didon et Enée. Poussé par ceux-ci, Enée  décide de répondre à son destin et reprendre la mer pour fonder la nouvelle Troie. La magicienne et ses sorcières se réjouissent de la détresse de la reine car pour elles,  seul importe que Didon soit privée de gloire, d’amour et de paix.  Didon ordonne de construire un bûcher afin qu’Enée voie de son navire  qu’elle s’est suicidée.  Elle se poignarde de dépit,  ayant  renvoyé Enée (le bariton Benoit Arnould) alors  que celui-ci était finalement prêt à braver les dieux et à leur désobéir pour elle.   

Recitatif
Thy hand, Belinda, darkness shades me,
On thy bosom let me rest,
More I would, but Death invades me;
Death is now a welcome guest.

Aria
When I am laid, am laid in earth, May my wrongs create
No trouble, no trouble in thy breast ;
Remember me, remember me, but ah! Forget my fate.
Remember me, but ah! Forget my fate.

Roberta Invernizzi joue ici une Didon parfaitement tragique et émouvante. Son lamento final quelle adresse à sa sœur Belinda (Katherine Crompton) est inoubliable pour les yeux, comme pour les oreilles et a contraint le public à un silence absolu tant la conjonction de l’orchestre et des chœurs  semblant rendre les derniers soupirs,  la chorégraphie de  son ensevelissement maritime et le chant de la soliste qui n’en finit pas de mourir d’amour, avaient atteint des sommets de  beauté.

 Dido and Aeneas op het netvlies gebrand en in het oor geknoopt

Ne jouant pas vraiment de rôle actif dans l’histoire mais plutôt un rôle de commentateur comme dans la tragédie grecque, Le Choeur de Chambre de Namur est debout dans la fosse avec l’ensemble orchestral Les Agrémens. Musiciens et choristes sont tous debout pendant la prestation, pour mieux projeter l’énergie musicale de chaque artiste, nous confie, Guy Van Waas le chef d’orchestre, qui de son côté, accomplira un vivant travail de joaillerie dans l’interprétation de ce chef d’œuvre de musique baroque, balançant adroitement entre humour et larmes, et serrant au plus près l’esprit de la musique baroque, y compris dans les postures. Le fait que toute la production de l’Opéra de Liège est en ce moment à Oman avec « Les Pêcheurs de perles », laissait en effet le champ libre pour accueillir pour une fois  un spectacle de musique baroque. Quelle magnifique occasion de pouvoir écouter Guy Van Waas et Les Agrémens jouant sur instruments d’époque : violons I et violons II, altos, violoncelle, viole de gambe et un théorbe. Guy Van Waas, lui-même au clavecin, dirige chœurs et orchestre! On ne peut que saluer leur travail musical exemplaire avec les chœurs de Namur, qui, pendant un long moment semblent s’être carrément dédoublés en deux chœurs distincts, l’un proche et l’autre distant et pourtant les mêmes!

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Très parlante et mystérieuse surtout, cette mise en scène inventive sur fond de Bleu Chagall de Cécile Roussat et Julien Lubek. Elle est à la fois aquatique et aérienne, utilisant des costumes symboliques féeriques comme pour les deux sorcières-ondines Jenny Daviet et Caroline Meng, des antres et des rochers qui rappellent la  caverne de Polyphème, des acrobates musicaux qui flottent en rythme dans les airs, un coquillage alla Botticelli où naît l’amour, des marins qui se transforment en monstres et cette ahurissante sorcière-poulpe (Carlo Allemano), mi-homme mi-femme qu’Homère aurait bien ajoutée dans son Odyssée…!

De peur de casser la bulle réunissant tant d’imaginaires, il y eut, au tomber du rideau, un grand silence avant le tonnerre d’applaudissements et les salves de bravi!

Du mardi, 09/05/2017 au dimanche, 14/05/2017

http://www.operaliege.be/fr/activites/dido-and-aeneas

 crédit photos: © Lorraine Wauters – Opéra Royal de Wallonie

 

 

 

 

 

 

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ECOUTE...

Toi l'égarée sur une terre en devenir

Tu cherches ta place dans l'univers de la mouvance

Perdue, tellement fragile, tu cours vers l'avenir

Arrête, saisis l'instant, hors lui tout n'est qu'errance...

Puise alors de la terre les émouvants parfums

Ecoute brûlante chanter l'oiseau dans le matin

Dans quelques heures les instants doux seront défunts

Vis les vaillantes, et cesse de songer à demain...

Dégage la tête, le cœur pourra croire au bonheur!

J.G.

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administrateur théâtres

Le chœur La Psalette de Bruxelles chantait samedi soir avec le BPO, le Brussels Philarmonic Orchestra, dans une très belle prestation à l’église du Collège Saint- Michel don le vrai nom est l’église Saint-Jean-Berchmans ! On aime vraiment retrouver la musique sacrée dans son cadre naturel, un lieu sacré aux belles perspectives avec une belle acoustique, des pierres qui prient, des voûtes, des colonnes, des vitraux brillants de spiritualité. Avec une cinquantaine de membres, cette formation chorale belge fête bientôt ses 60 ans d’anniversaire et pratique un vaste répertoire allant de la Renaissance à … Jacques Brel.


Au programme, le Gloria en ré majeur (RV 589) de Vivaldi, en 11 mouvements qui invitent au recueillement et à la profondeur.  Que le temps suspende son vol et que l’assemblée pénètre au cœur de l’essentiel! Le Gloria sera exécuté avec pause entre chaque partie, y compris après le titre.

Cela commence par un ensemble soyeux sous la direction de David Navarro Turres et le Brussels Philarmonic Orchestra, le crescendo envoûtant se déploie sur le pro nobis. Le duo de solistes sopranos s’empare alors de l’ivresse angélique du Laudamus te. C’est très contrasté car la première soliste, Anh Dang qui chante pour la Psalette de Bruxelles incarne l’humilité et l’innocence de la fragilité, tandis que Astrid Defauw, soprane professionnelle, incarne une flamboyance un peu écrasante, il faut le dire. Ainsi, deux aspects opposés de notre humanité s’entrelacent à la louange du Seigneur et le cœur penche vraiment pour la plus vulnérable! Par la suite, on devra attendre un peu longuement l’entrée du Dominus deus, au 5e verset car il semble que les partitions du clavecin se soient subrepticement mélangées ou volatilisées… De notre place entre les premières colonnes, c’est le cœur battant que nous regardions l’instrumentiste désemparée, puis vivement assistée par un collègue, mais l’ensemble de l’assistance, tout comme le chef d’orchestre d’un calme impeccable, ont fait mine de ne rien entendre de ce blanc anormalement prolongé… Puis la musique reprend son vol, célébrons la vie, Alleluia ! Le lieu sacré où se déploie la musique est baigné de grâce et de joie, les violons bien  allègres dans le verset 6, la contrebasse intensément présente, pour terminer sur un Vivaldi solaire dans les versets 9 et 10. Seul regret, l'absence de podium pour l'orchestre.  


La deuxième partie du concert était une véritable surprise, le Magnificat de John Rutter, un compositeur anglais contemporain de renommée internationale étant à l’affiche. Ce dernier est titulaire du Lambeth Doctorate of Music reçu des mains même de l’archevêque de Canterbury en reconnaissance de sa contribution à la musique sacrée. Et quelle contribution ! cette splendide œuvre de feu et de sacre fut créé au Carnegie Hall de New York par le Manhattan Chamber Orchestra, des chœurs et la soprano Patricia Forbes, le 26 mai 1990, sous la direction du compositeur. Le Magnificat, le cantique de la Vierge Marie, faisait traditionnellement partie de l’antique rite des Vêpres dans l’église romaine médiévale. Après la Réforme, il devait être intégré aux services en soirée des églises luthériennes et anglicanes.

Le voici, rythmé, percutant dès les premières mesures, dépoussiéré, remodelé, mis au goût de la modernité, swing garanti à l’appui. Textes latins et anglais de souche s’interpénètrent, chant grégorien et accents jazzy dialoguent gaiement. Le public jubile. La harpe a un beau rôle, les voix séraphiques - des voix de jeunes garçons anglais, à s’y méprendre - dessinent « Of a rose, a Lovely Rose », un merveilleux poème en l’honneur de la Vierge. Des percussions très actives, dans Quia fecit mihi, la toute-puissance divine incarnée par l’orgue. La merveilleuse soliste mezzo Julie Prayez , planera avec des ténors solistes issus du chœur, dont Daniel Lipnik,  dans le Sanctus vibrant, lumineux, aux harmonies voluptueuses. Fecit potentiam est enlevé, les femmes exaltent l’humilité et la douceur dans des sonorités crémeuses. La soliste persévère dans une douceur angélique et vibrante à la fois. Les voix d’hommes et de femmes sont bien cintrées et nettement contrastées. Les bois donnent de la rondeur. Et le Sicut erat in principio donne toute sa place à un chœur triomphant, la soliste continuant de briller dans un merveilleux équilibre sur cordes et harpe, avant l’Alleluia aérien couronné par une flûte en flèche vers le ciel.

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               ENTRE REVE ET FEMINITE : L’ŒUVRE DE CHRISTIAN CANDELIER       

Du 30 – 03 – au 30 – 04 - 17, l’ESPACE ART GALLERY a consacré une exposition axée sur l’œuvre du sculpteur français, Monsieur CHRISTIAN CANDELIER, intitulée COURBES ET DOUCEURS.

Jamais l’intitulé d’une exposition n’a été aussi juste : COURBES ET DOUCEURS. La matière s’étale sur la surface comme une marée lumineuse pour se répandre de courbe en courbe. Car les courbes, ce n’est pas ce qui manque dans l’œuvre de cet artiste, amoureux d’un concept moteur devant animer l’image, celui de la « beauté », considérée par Hegel comme le summum de l’esthétique. Cette beauté hégélienne, l’artiste la conjugue avec une vision personnelle de la Nature que le corps sensuel et étiré de la Femme, exprime dans chacune de ses courbes soutenues par un étirement à la fois tendre et délicat. Quoique différemment exprimé, l’on retrouve dans ses sculptures le mouvement ascensionnel d’un Rik Wouters (pensez à la VIERGE FOLLE – 1912-

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bien qu’il s’agisse là d’une œuvre de grandes dimensions), l’envol vers un ailleurs qui émerge au regard. Les pièces ici exposées sont majoritairement de petites dimensions. Et c’est précisément là que réside le tour de force. Le petit format n’éclipse en rien la sveltesse du corps. Que du contraire : il le met en exergue ! L’étirement qu’il produit se prolonge sur toute la surface. Celui-ci non seulement englobe l’espace mais l’engendre, en ce sens que, précisément, l’œuvre se dévoile sous toutes ses facettes, au fur et à mesure que le visiteur tourne autour d’elle. Tout se dévoile sous le regard. Tout se crée par cette mécanique articulée du regard, du mouvement dont le visiteur est à l’origine et de l’étalement de la forme comme résultat d’une alchimie spatio temporelle. A ce titre, l’artiste présente ses pièces sur un socle parfaitement adapté aux dimensions de la sculpture. Mais revenons un instant sur la question de la Nature. Il y a manifestement deux écritures plastiques différentes dans l’œuvre de l’artiste. Il nous propose, dans un premier temps, des créatures lisses à souhait, assurant par le corps deux types d’attitudes : le déploiement vers le haut et le mouvement ramassé par une position concave dans laquelle, recroquevillée sur elle-même, la Femme touche ses pieds dans une attitude presque foeutale où la finesse des lignes fait que le contact entre les cuisses et les seins forme un cercle intérieur, ouvert au regard pour qu’il se perde dans le vide.

Comme une brassée d’algues, les cheveux descendent, rassemblés jusque sur les pieds : PRISCILLA (36 x 14 x 14 -2,9 kg - bronze).

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L’œuvre de CHRISTIAN CANDELIER propose une exploration des chorégraphies sculpturales, héritées d’un 20ème siècle en quête de nouveaux langages.

Ces langages sont, avant tout, basés sur une conception nouvelle de l’espace. La danse, paradigme de la gestion scénique, a offert au siècle dernier une nouvelle approche corporelle qui déserte les conventions académiques. Doit-on rappeler les contorsions d’Isadora Duncan et le scandale du « Sacre » de Stravinsky-Diaghilev? Il s’agissait là d’une volonté de libération exprimée à l’intérieur d’un cadre sociopolitique représenté par l’espace scénique. Le corps, en expansion, était là pour le briser.

Avec DELPHINE (21 x 21 x 46 – 5 kg - bronze),

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CHRISTIAN CANDELIER aborde à sa manière, une thématique maintes fois explorée par bien des sculpteurs, à savoir l’extase. L’extase se développe sur trois voies d’expression : l’érotisme, le sacré religieux pour se retrouver dans le dénominateur commun de la transe. L’artiste nous livre ici une possibilité d’expression parallèle, celle de la joie. Cette fuite ascensionnelle à partir du sol, donc de l’élément chtonien pour atteindre l’ouranien témoigne d’une sémantique associée au bonheur. L’élan part de la jambe gauche, conçue pour former une diagonale (si l’on regarde la pièce de profil), reprise par le buste, légèrement relevé, portée à son terme par la tête. Analysée de face, un déséquilibre, assuré par sa jambe droite posée sur la gauche, comme pour la stabiliser, nous offre un buste dressé vers l’avant, surmonté d’une tête légèrement penchée vers sa droite, faisant office de « répondant » à la force de la diagonale. Reposant sur sa droite, la tête est comprise entre ses mains. Le socle (élément dont nous reparlerons plus loin) est d’une importance capitale car il sert, si l’on veut, de « piste » à l’élan fourni par le corps. Celui-ci part d’un coin du socle (considéré comme espace concrètement visible – à l’instar d’une scène de théâtre - et non pas imaginaire) vers son élancement. Il y a une mise « en suspension » du mouvement considéré comme le segment d’une série d’actes mécaniques.  

Mais à côté de cette finesse d’exécution, tout en traits lisses, figure également une Femme carrément « rugueuse » qui, adoptant globalement les mêmes postures, se sert de son corps pour souligner les tensions de l’effort : DANSEUSE, LA BALLERINE D’EDGARD (20 x 15 x 19 – 2 kg – cire).

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A ce stade, le corps traduit un état aux antipodes de celui de la Femme en extase, étirée dans la sveltesse du geste. La tension due à l’effort s’exprime par une matière « en ébullition », traduisant la mécanique musculaire. Cela est le résultat d’un rendu à base de cire.

Chose absolument impossible à réaliser avec de la terre patinée, propice à réaliser le côté « lisse » d’un corps svelte et languissant. Le dénominateur commun entre ces deux écritures réside dans le fait que ces deux types féminins assument les mêmes proportions physiques longiformes. Il faudrait que prochainement, l’artiste nous montre d’autres pièces du genre de LA DANSEUSE, car concernant l’exposition achevée, il n’y en avait qu’une seule. Ce qui agissait comme un contraste.

MEDITATION (33 x 20 x 30 – 2,6 kg – bronze)

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nous montre la Femme repliée à l’intérieur de sa féminité. Elle est assise sur un globe : globe terrestre ou ventre de femme en gestation, pourriez-vous penser. Rien de tout cela. L’artiste a voulu que le socle (car une fois encore, c’en est un) épouse le module du cercle caractérisant la nature même de la sculpture. Elle effectue une contorsion faisant de sorte que le corps se rétracte vers l’intérieur dans une attitude convexe, vers les tréfonds de la pensée, physiquement exprimée.

Cette contorsion, nous la retrouvons, toutes proportions gardées, chez LE PENSEUR de Rodin où malgré la présence écrasante du volume, la contorsion (ou plus exactement, la semi-contorsion) du personnage, également nu, fait que la pensée s’exhale de la matière. Nous évoquions, plus haut, la « chorégraphie ». La chorégraphie vient de la danse, c'est-à-dire du théâtre.

Par sa « transe », CARMEN (18 x 28 x 30 – terre cuite patinée)

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provient directement du théâtre antique en évoquant, notamment, « Les Bacchantes » d’Euripide, que le sculpteur grec du 4ème siècle avant J.C., Scopas, a magistralement transposé dans sa célèbre « Ménade aux chevreaux ». Par sa torsion ainsi que par le rejet du buste en arrière assuré par la tête, CARMEN, par l’unité de ses jambes autant que par celle des cheveux aboutissant au même point avec ses bras, vers la gauche, déstabilise l’équilibre de l’œuvre et lui impose une série de rythmes. Bien sûr, comme dans toute sculpture, il y a des pleins et des vides et l’on réalise que l’écriture plastique de l’artiste se fait dans l’évidement. Cette constatation est toujours provoquée par l’extrême finesse des traits. A l’analyse, cette pièce est sortie d’un creux, prenant naissance dans le bas, engendrant les pieds de la sculpture et remontant progressivement jusqu’à s’unir avec le corps pour que vive le volume.

Seule pièce de l’exposition exécutée sans modèle, elle est une invocation à la transe bachique, unissant l’œuvre et son démiurge dans une même ivresse.

Les visages sont rarement évoqués. Celui de CARMEN est littéralement coupé en son milieu par une droite faisant s’unir les deux parties de la face par un angle droit. Cette arête se prolonge jusqu’au cou du personnage. Cette conception épurée du visage se manifeste pour la première fois dans l’art moderne. Par cette volonté d’effacer les traits pour retourner à l’essentiel du volume. Dans ce cas précis, l’artiste a traduit son amour pour Modigliani dans la conception de l’allongement du visage.

Il n’y a que dans LA SONGEUSE (39 x 32 x 95 – 25 kg – bronze),

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la plus grande pièce de l’exposition, que des détails anatomiques tels que les yeux, le nez et la bouche sont évoqués. Ici, le mouvement n’est pas l’œuvre d’une quelconque rotation du torse mais bien d’un axe directionnel de la tête, penchée vers sa droite, comprimée par les épaules légèrement soulevées. Cette pièce pourrait-elle se passer d’un socle ? A-t-elle été conçue pour reposer sur un socle ? A coup sûr, si on la déposait par terre, elle tomberait ou s’affaisserait sur un côté. Le socle en est une partie intégrante.   

Nous évoquions, plus haut, la dialectique hégélienne en rapport avec la « beauté ». L’artiste nous offre une féminité répondant à une série d’images épurées par une patine, à la fois brillante et délicate, ce qui accentue le sentiment de douceur. Le traitement par la courbe répond au besoin d’insuffler une dynamique à l’ensemble : une essence motrice qui protège le personnage de tomber dans un statisme létal. Précisons que le sentiment de « beauté » ne déroute en rien l’artiste de la réalité intrinsèque de la Femme (elle vaut bien évidemment plus que cela !). Néanmoins, l’honnêteté intellectuelle nous incombe d’insister sur le fait que quand on a un tel talent, l’on est impérativement obligé d’évoluer dans ce registre au risque de tomber dans le « déjà vu ».

En ce sens que, s’il est reconnu que l’esthétique (en l’occurrence hégélienne) régit sa démarche, il ne faudrait pas qu’il tombe dans le piège de l’esthétisme. Il arrivera un jour où ce besoin se ressentira de lui-même.

A la question de savoir s’il est conscient du fait qu’intituler ses créations par des prénoms féminins aussi « légers » que Delphine, Carmen ou Géralda risqueraient, pour ainsi dire, de les « désacraliser », par rapport à l’enjeu dont ses œuvres se revendiquent, l’artiste répond qu’elles existent par leur prénom. Qu’il l’a inventé ou qu’il peut  l’avoir emprunté à ses modèles.

La seule touche « érotique » qui effleure la Femme se ne se concrétise pas par sa nudité mais bien par la présence du chapeau qui lui couvre la tête. L’artiste estime qu’un élément aussi léger qu’un chapeau peut habiller une femme car il sert de contrepied à sa nudité tout en la mettant en exergue. Par cet aspect, il renoue avec les classiques grecs, car ce qui à leurs yeux, conférait le divin aux héros, ce n’était ni l’expression du visage ni encore moins les attributs vestimentaires mais bien la nudité du corps.

L’artiste s’est-il déjà essayé à la sculpture monumentale ? Aussi surprenant soit-il, la réponse est non. Bien que l’on ait parfois le sentiment que certaines pièces de petites dimensions pourraient servir de « prototypes » à des compositions de tailles plus importantes.

L’idée d’un rapport avec la Nature se ferait alors sentir de façon plus vive. Car ses œuvres pourraient être parfaitement intégrées à l’intérieur d’un cadre naturel tel un parc, renforçant le côté « heimat » qui sied précisément à cette conception de Nature transcendée par l’image de la Femme. Cette image, l’artiste la conçoit  tendre et lisse, axée dans une continuité linéaire. Seule dans son intimité, elle provient de l’Antiquité classique et se veut l’interprète du « beau », à la fois comme expérience esthétique mais également tactile car si ces pièces sont « lisses », c’est surtout parce qu’elles invitent au toucher, à la caresse. A cela s’ajoute alors une dimension charnelle, opposée à l’intellectualisme froid de certaines œuvres d’aujourd’hui.  

Autodidacte, ayant participé à des stages chez plusieurs sculpteurs, CHRISTIAN CANDELIER travaille la terre chamotée fine. Il adore la malaxer, augmentant ainsi ce sentiment charnel du toucher. L’énergie est son credo. Après avoir laissé le temps s’écouler sur sa création, il y jette un second regard en la faisant tourner sur elle-même dans le but de voir s’il est toujours « en accord » avec ce qu’il a voulu exprimer.

S’il ne l’est pas, il retravaille la pièce dans le vif et n’hésite pas à « en faire trop », comme il dit, en augmentant des torsions. Et c’est à la lumière rasante qu’il traque les imperfections toujours en faisant tourner la sculpture. 

Nous avons cité plus haut Modigliani en guise de référence. Néanmoins, son berceau demeure le classicisme et des sculpteurs tels que Donatello, Rodin et Camille Claudel (tous issus de Michel-Ange, lui-même se référant aux Grecs) sont à l’origine de son geste créateur. C’est pendant ses Terminales qu’il a découvert Hegel et ses principes d’Esthétique. Féministe convaincu, il prône une égalité sans failles entre l’Homme et la Femme. D’un point de vue professionnel, il a toujours admiré la sensibilité du travail des artistes femmes fait d’élégance, de douceur et de tendresse.   

L’œuvre de CHRISTIAN CANDELIER est une ode à la Femme qui, intrinsèquement, nous pose une question : la féminité est-elle un fruit de la Nature ou bien l’expression vivante d’un rêve ? Au visiteur (quel que soit son genre !) d’y répondre.

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Christian Candelier  et François Speranza: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(avril 2017 photo Jerry Delfosse)

                                                                                                            

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administrateur théâtres

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SINGING BRUSSELS CELEBRATION WEEKEND

Un weekend tout en chœur. Voilà l’ambition du Singing Brussels Celebration Weekend. Les 20 et 21 mai prochains, deux jours durant, BOZAR vibrera au son d’une trentaine de chœurs amateurs et professionnels. C’est le projet Cantania, une chorale de 660 élèves dans une production musicale 100% belge, qui ouvrira les festivités. Le dimanche, un grand concert participatif avec VOCES8 viendra ponctuer les dialogues de choeurs. Et c’est sur l’Hymne à la joie, interprété par le Collegium Vocale Gent et l’Antwerp Symphony Orchestra, sous la baguette du maestro Herreweghe, que se clôtureront ces deux journées dédiées à la joie de chanter.

Les 20 & 21 mai 2017 – Palais des Beaux-Arts

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Pour ouvrir les festivités le samedi 20 mai, 660 élèves issus d’une vingtaine d’écoles primaires bruxelloises interpréteront ensemble l’œuvre musicale originale imaginée pour le projet Cantania par le compositeur belge Jean-Philippe Collard-Neven et les poètes nationaux Laurence Vielle et Charles Ducal « L’Ecole en cavale/ Schoollopen op straat ».

Et tout au long de cette troisième édition du Singing Brussels Celebration Weekend, ce ne sont pas moins de 30 choeurs, amateurs ou professionnels, qui se produiront dans tout le Palais des Beaux-Arts.  Venus de tous les coins de Belgique, ils interpréteront une variété d’œuvres chorales. Grande nouveauté de cette année : certains chœurs se produiront en binômes, afin de promouvoir la diversité des univers musicaux et la rencontre entre choristes.

 

Outre ces concerts et dialogues, un des points d’orgue du weekend est le grand concert participatif du dimanche 21.05. Tout le monde est invité à se joindre à l’ensemble britannique VOCES8, dirigé par Paul Smith, pour entonner dans la salle Henry Le Bœuf Hymn to our City, une pièce vocale composée spécialement pour cette occasion. Cet hymne, point culminant du Singing Brussels Celebration Weekend, est une ode à la ville

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La répétition, à laquelle notre chorale participe (ICB International Chorale Brussels directed by John Brown)   et  est ouverte à la presse aura lieu avec VOCES8                      le 15.05 de 18 :30 à 21:30.

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Divers ateliers de chant ponctueront par ailleurs le weekend, dont plusieurs pour enfants de 3 à 5 ans avec ou sans leurs parents. Parmi les autres ateliers : corps et voix, improvisation, musique des caraïbes, … Il y en a pour tous les goûts, et ils ne nécessitent pas  de connaissances préalables. L’envie de chanter est le maître-mot.

Le weekend se clôturera sur un concert du Collegium Vocale Gent, sous la baguette du très grand Philippe Herreweghe. Avec l’Antwerp Philharmony Orchestra, ils interpréteront notamment la célébrissime Symphonie N°9  de Beethoven, l’Hymne à la joie. Une digne clôture pour deux jours dédiés à la joie de chanter.

 

Ce week-end est une initiative du projet Singing Brussels, qui promeut le chant comme expérience collective interculturelle et intergénérationnelle. A travers un événement comme le Singing Brussels Celebration Weekend, qui réunit à travers la pratique du chant collectif toutes les communautés, BOZAR entend se positionner comme un lieu crucial dans la ville et pour la ville, comme un lieu de rassemblement ouvert à toutes les cultures et aux différentes classes sociales. En tant que maison culturelle internationale située au cœur de la capitale européenne, BOZAR se positionne comme un microcosme de la métropole bruxelloise, qui est un modèle de l’hyper-diversité de la société d’aujourd’hui.

 

Le programme complet du Singing Brussels Celebration Weekend sera disponible en ligne ici

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administrateur théâtres

Fêtons dignement le 8 mai!

Fêtons dignement le 8 mai! On parle parfois de la décadence de la civilisation européenne. La France a démontré le contraire : elle a choisi l'ouverture et la tolérance, dans le droit fil des Lumières qui la caractérisent, contrairement aux Américains. Merci à tous les électeurs, soyons fiers d'eux ! Le 7 mai 2017 l y a avait un énorme enjeu pour la démocratie et un seul candidat qui représentait ses valeurs! Il a gagné, ne lui volons pas la victoire! Que celles et ceux qui ont refusé de se mouiller fassent profil bas. Happy & proud to be European today! France, let's go!

Le 8 mai 1945, la reddition du belligérant est pure et simple. L'état de guerre prend fin immédiatement. C'est la victoire directe pour les alliés.
 
En France, le 8 mai, jour férié rappelle la victoire des Alliés - Union soviétique, Etats-Unis, Royaume-Uni, France libre... - sur le théâtre européen dans la Seconde guerre mondiale, et la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945

 

Photo de Jean-Marc Onkelinx.
Photo de Jean-Marc Onkelinx.
Photo de Jean-Marc Onkelinx.
Photo de Jean-Marc Onkelinx.
À l'heure où près d'un français sur  quatre a voté pour un régime non démocratique, liberticide et intolérant, à l'heure ou de nombreux pays s'inclinent vers des régimes totalitaires et répressifs, on peut se souvenir que le 8 mai, qui marque la victoire de la démocratie sur la tyrannie, se souvient de la mort de millions d'hommes qui se sont battus pour que nous puissions être libres aujourd'hui! Rendons hommage à ces innocents morts pour notre liberté! Et faisons tout, pour que le Front National ne puisse être présent au second tour en 2022.
 crédit photos : Jean-Marc Onkelinx
 

8 mai, un jour clé de l'épopée de la France et de l'Europe. 

Traditionnellement, le 8 mai a été adopté en France comme le jour de commémoration de la capitulation de l’Allemagne lors de la Seconde guerre mondiale. Pourtant, la réalité est nettement plus complexe.

D’abord parce que cet événement ne marque la fin de la Seconde guerre mondiale qu’en Europe, le conflit se poursuivant encore pendant quatre mois dans le Pacifique, entre le Japon et les Etats-Unis. Ensuite parce que différents actes de capitulation ont été signés à différents moments entre le 7 et le 9 mai, selon le référent temporel choisi.

Dans tous les cas, le début du mois de mai 1945 marque l’effondrement du Troisième Reich. Le 30 avril, Adolf Hitler se suicide dans son bunker de la chancellerie, tandis que les soldats soviétiques sont dans Berlin. Joseph Goebbels tente de prendre contact afin de signer un armistice. Incapable d’établir le lien avec les Alliés et refusant une capitulation sans condition, il se donne la mort avec son épouse et ses enfants le 1er mai. Le lendemain, la Bataille de Berlin s’achève avec la capitulation du général allemand Helmuth Weidling et des hommes chargés de la défense de la capitale. Du 4 au 6 mai, l’ensemble des forces nazies restantes (aux Pays-Bas, en Allemagne du Nord, au Danemark, en Bavière, à Breslau) se rendent aux Alliés. Herman Göring, le plus haut dignitaire nazi vivant, se livre aux autorités américaines à la frontière germano-autrichienne.

Deux documents de capitulation :

> La première capitulation du 7 mai à Reims

> La deuxième capitulation du 8 mai à Berlin

Le grand-amiral Karl Dönitz a été nommé président du Reich par Hitler dans son testament. A la tête d’un gouvernement provisoire du Reich, il tente de négocier une série de redditions partielles face aux alliés occidentaux, afin de pouvoir continuer le combat à l’est contre les troupes soviétiques. Les Américains refusent le compromis. Le général allemand Alfred Jodl, envoyé par Dönitz, signe la capitulation le 7 mai à 2h41 du matin. Ce moment historique a eu lieu dans une salle du Collège technique et moderne de Reims, qui était alors le QG des forces alliées.

Alfred Jodl a signé la capitulation de Reims, le 7 mai 1945 © "Bundesarchiv Bild 146-1971-033-01, Alfred Jodl" / CC-BY-SA

Seulement, cette signature n’est pas du goût de Staline, qui regrette l’absence de hauts-représentants soviétiques lors de cette signature. Une seconde capitulation est organisée le 8 mai dans la soirée à Karlshorst, près de Berlin. Cette fois, c’est le Commandant suprême de l’Armée rouge, Gueorgui Joukov, qui préside à la signature. C’est Wilhelm Keitel, commandant suprême des forces armées allemandes, qui signe la capitulation. Elle rentre en application à 23h01 le 8 mai. A l’heure de Moscou, cette heure correspond au 9 mai à 01h01 du matin. Aujourd’hui, c’est le 9 mai qui est célébré comme le jour de la capitulation allemande en Russie.

Revivez le débarquement de 1944, la libération de Paris et la libération de la France, la découverte par les soviétiques du camp d'Auschwitz et les derniers jours d'Adolf Hitler en images. 

8 mai 1945 : la capitulation

© AFP

Officiellement, le nom du jour férié correspondant au 8 mai est "Victoire de 1945". L’utilisation du mot armistice, comme dans l’expression "armistice de 1945", que l’on trouve sur certains calendriers, n’est pas correcte. En effet, un armistice est une convention signée par des gouvernements. Elle met fin à un conflit armé en temps de guerre, mais ne met pas fin à l’état de guerre. C’est ce type de document qui a été signé le 11 novembre 1918 dans le wagon de Rethondes, démarrant un cessez-le-feu et les négociations qui aboutiront au Traité de Versailles, signé par l’Allemagne et les Alliés. En 1945, il s’agit bel et bien d’une capitulation du Troisième Reich. En effet, il s’agit d’une reddition pure et simple d’un belligérant, de la fin des combats et de l’état de guerre. D’où l’appellation "victoire de 1945" et non "armistice de 1945".

8 mai 1945 et Algérie, journée de répression et d'affliction...

La journée du 8 mai est également une journée du souvenir essentielle dans les relations franco-algériennes. C’est en effet le 8 mai 1945 que démarrent les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, dans une Algérie alors colonisée par la France. Le drame démarre le 8 mai. Une manifestation de nationalistes algériens, réclamant l'indépendance de leur pays, est organisée en marge d’un cortège célébrant la victoire des Alliés. Ils réclament notamment la libération de leur chef - Messali Hadj - chef du PPA (Parti Populaire Algérien), emprisonné par les autorités françaises. Celles-ci exigent que les manifestants ne portent ni armes, ni drapeau algérien.

© FAROUK BATICHE AFP

Lors de la manifestation, dans la ville de Sétif, un jeune scout musulman brandit un drapeau algérien au cœur d’un quartier très majoritairement peuplé par une population d’origine européenne. La police tente de retirer le drapeau et des tirs éclatent entre manifestants et policiers. Un jeune homme de 26 ans, drapeau algérien à la main, est abattu par un policier. La panique et la confusion s’accroissent alors que musulmans indigènes et populations d’origine européenne échangent des coups de feu. Le bilan dépasse les 20 morts de chaque côté. A Guelma, la police tire, tuant un manifestant. Dans les campagnes, des émeutes à l’encontre des populations d’origine européenne éclatent : 102 personnes sont tuées. Le gouvernement, mené par le général de Gaulle, envoie l’armée sur place. La répression – qui dure jusqu’au 22 mai - est terrible : exécutions sommaires, bombardements de villages, cérémonies de "soumission" au drapeau français. Le bilan officiel établi par les autorités françaises fait état de 1 000 morts. En réalité, le bilan serait cinq à dix fois supérieur selon les historiens.

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