La première rencontre du 30 mai se déroulera autour du texte bref. Invités: Daniel Fano, Daniel Simon et Patrick Dupuis
Publications en exclusivité (3146)
Chers membres,
J'ai réuni ici les billets d'info concernant l'administration des partenariats.
En espérant pouvoir de cette façon vous renseigner au mieux.
Amicalement,
Liliane Magotte
Petit rappel de grande importance:
Afin d'éviter la répétition de titres ou de thèmes qui pourraient désorganiser la cohérence des partenariats lors de leur publication, je rappelle très aimablement qu'il est indispensable de me contacter préalablement lors de la mise en place d'un partenariat poésie-peinture.
L'image et le texte devront être présentés en message privé et feront l'objet d'une vérification, il est interdit de partager des photos ou textes ne provenant pas du site.
D'avance je vous remercie.
Je souhaite entrer en partenariat , comment dois-je faire ?
Aux membres désireux d'entrer en partenariat avec un autre membre.
Les partenariats plume-pinceau ou pinceau-plume,
partenariats du coeur....en voulez-vous ?
Une sélection des beaux partenariats d'Arts et Lettres, première saison.
Florilège des partenariats poésies-peintures d'Arts et Lettres
Livret contenant l'ensemble des partenariats,
une petite édition de 75 feuillets , réalisé par Robert Paul
A ceux qui pleurent...
Bouche au ciel, les chevaux forcenés des fontaines pleurent dans leurs prisons de pierre... Une couronne rayonne en entrelacs compliqués... Les parcs exhalent la vaste fraîcheur des valses... Des fantômes tristes et anciens hantent la gloire abolie des palais déserts...
Comme un triste bruissement de fontaine, comme la joie inaccessible d'une claire matinée de neige, comme une barcarolle désaccordée, comme une jubilation secrète, prisonnière du gel et du temps...
Vieille Europe, je te porte en moi...
"Oui, je suis vieille, j'ai trop porté le poids de la douleur, mais je suis belle encore...
Priez pour que le printemps revienne !"
Prague, la couronne, le fleuve, la ruelle des alchimistes, la boutique des orfèvres, la nuée des anges extasiés...
Le lierre obscur du cimetière juif et le regard hanté de Kafka... Il erre dans les ruelles de Mala Strana... Sur le cœur de la nuit privée d'étoiles, au-dessus du chemin qui mène au camp de Theresin, les bourreaux ont cousu des étoiles de David. Le golem du rabbin Löw ne protège plus le ghetto de Josephov. Ils ont brisé les vitres de la synagogue, ils ont ouvert les portes de l'enfer.
Une famille juive célèbre la Pâque dans une pauvre maison, quelque part en Biélorussie... Le grand-père porte encore le caftan traditionnel. La joie brille dans les yeux, la joie brille dans les cœurs, le vin brille dans la coupe... "L'année prochaine à Jérusalem !"
Que deviendront-ils ?
Un train à vapeur chemine interminablement dans l'océan de la plaine. Le Palais d'Hiver est tombé, mais ce n'est pas le printemps. Les nouvelles vont plus vite que le bonheur. Mais pour les cœurs que réjouissent la pie perchée sur la barrière, non, ce n'est pas le même hiver.
"Demain, la Russie sera belle !"
... Demain !
Un vieil homme lit Finigan's Wake dans une bibliothèque dévastée à Londres, à la lumière des projecteurs de la DCA, dans le fracas de bombes et le sifflement doucereux des V2...
Un vieil homme lit Le général de l'armée morte à Sarajevo, dans la bibliothèque dévastée.
Priez pour que le printemps revienne !
"Heureux les pauvres, heureux les doux, heureux ceux qui pleurent, heureux les affamés et assoiffés de justice, heureux les miséricordieux, heureux les cœurs purs, heureux les persécutés pour la justice... "
Là-bas, en Russie, à la lisière d'un village près de Kostroma, dans l'Anneau d'or, une jeune fille porte les espoirs et les tourments de tous... Son cœur est le monastère intérieur, la poustinia... Bientôt, il n'y aura plus d'églises, plus de monastères, plus de prêtres, plus de moines, plus d'ermites... Tout disparaîtra dans la nuit de la dictature. Mais la poustinia, le monastère intérieur de ceux qui portent le monde entier dans leur cœur, quelle nuit pourra l'engloutir ?
Dans les sous-bois embaumés des fées du Limousin, parmi les fraîches jaseries des geais aux couleurs éclatantes, un enfant ramasse des champignons.
Quand la nuit tombe pour la première fois sur la vieille Europe, il part à son tour, à 17 ans, vers le grand casino de la mort. De la Galicie, du Chemin des Dames, des Dardanelles, il ne dit rien. Il n'est pas de ces anciens combattants qui ressassent "leur" guerre. Il porte au cou la cicatrice d'un coup de baïonnette. Ses poumons lui font mal... Le gaz moutarde.
Pendant les grandes grèves ouvrières de 1936, sa femme, la souris de Cendrillon, lui passe son casse-croûte à travers les grilles de l'usine. Il est mal vu quai de Javelle. Il fait partie des "meneurs". Il sera bientôt licencié.
Bouche au ciel, le cheval fou de Guernica agonise avec la République espagnole.
Quand une nuit plus noire encore engloutit, pour la deuxième fois, la vieille Europe, l'ange de la dignité le tient toujours par la main.
Il arpente Les falaises de marbre, il cherche dans le grand livre de Dieu le sens de tant de malheurs. Il prie pour que le printemps revienne.
"Heureux les pauvres, heureux les doux, heureux ceux qui pleurent, heureux les affamés et assoiffés de justice, heureux les miséricordieux, heureux les cœurs purs, heureux les persécutés pour la justice..."
Les déportés, les internés, les fusillés, les martyrs de la Résistance...
Geneviève Anthonioz de Gaulle, qui grignotait à Ravensbrück le pain des anciens poèmes...
Celui qui souriait à la mort...
Alberto, l'ami de Primo Levi, "l'homme fort et doux contre qui venaient s'émousser les portes de la nuit"...
Les fusillés de Châteaubriant, les maquisards du Vercors, les enfants d'Izieu, les martyrs d'Oradour-sur-Glane...
"Le pays qu'on enchaîne"...
"Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! ..."
Les résistants allemands, les enfants de la rose blanche... Alfred Stancke, le franciscain de Bourges, le sourire dans la prison, la bonté qui allège...
" - Mais qui es-tu, frère franciscain, et pourquoi risques-tu ta vie pour des inconnus et même pour des ennemis de ton pays ?
- Tout homme qui souffre est l'ami d'Alfred, quelle qu'il soit, quelle que soit la couleur de sa peau, quelles que soient sa religion, son origine, sa nationalité, quoi qu'il ait fait pour mériter la prison... "
Ceux qui ont grandi dans la guerre et que la guerre n'a pas grandis car ils n'étaient pas faits pour le malheur...
Celui qui demanda pardon...
Celle qui pardonna...
Joseph Roth : "J'écris pour que le printemps revienne."
Paul Celan, écrivant, après la Shoa, Les pavots de la mémoire, dans l'ombre de sa mère assassinée : "Le lait noir de l'aube, nous te buvons la nuit nous te buvons midi la mort est un maître venu d'Allemagne son œil est bleu elle te frappe d'une balle précise elle te frappe... Tes cheveux d'or Margarete, tes cheveux de cendre Sulamith..."Paul Celan, tombé du Pont Mirabeau...
"Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente."
Michael Boulgakov : "camarade Staline, laissez-moi écrire ou faites-moi fusiller !"
Alexandre Soljenitsyne, le cri du goulag, la mémoire espérante...
Jan Palach, qui devança le jour...
Jerzy Popieluszko, qui donna sa vie pour ses amis.
Primo Levi, le dernier homme...
Le poète roumain Radu Marès, qui un jour ne m'a plus jamais écrit et que je n'ai pas su aider.
Celui qui servit de modèle au staretz Zossim des Frères Karamazov : " Chaque homme est coupable devant tous et pour tous, seulement les hommes l'ignorent, s'ils l'apprenaient, ce serait aussitôt le paradis."
Lanza del Vasto, l'ami de Gandhi, le serviteur de la Paix, le pèlerin prophétique qui repose, en vêtements de noces, à la Borie Noble, près de Lodève, veillé par les flammes des grands pins.
Janusz Korczak, le raccommodeur d'enfants, qui partit pour Treblinka avec les orphelins du ghetto de Varsovie...
Serge de Beaurecueil, l'ami des enfants d'Afghanistan et de partout, le partageur de pain et de sel, le merveilleux témoin du Christ des cœurs purs...
Les victimes de la folie humaine, ceux de la guerre, qui est la pire de toutes les folies...
Celui qui s'inclina devant l'infortune d'Oscar Wilde en le saluant respectueusement de son chapeau soulevé au milieu de la foule hurlante...
Ceux qui n'insultent pas le malheur...
Ceux qui l'allègent...
Ceux qui préservent en eux le précieux capital de la sympathie humaine...
Ceux qui ne tuent pas ceux qu'ils aiment...
"Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme ! Le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l'enfantement..."
Manhattan, Grosny, Bagdad, Kaboul, Madrid, Tunis, Londres, Paris, Bruxelles, Nice, Stockholm... ...
Le monde a changé de millénaire, mais dans le monde, rien n'a changé...
Le monde a faim, le monde a soif, le monde a peur... Le monde gémit sur la croix.
Vieille Europe, je crois en toi... Retourne aux eaux de ton baptême, réconcilie, soulage, guéris, instruis et aide avec respect ; sois la lumière et la tendresse !
Bernard, osseux amoureux courroucé qui bâtit la maison de l'Ange, François, troubadour de la Haute Joie et benoît, clairière du silence, saint patron de la vieille Europe... Thomas, le bœuf de la crèche et l'intelligence de l'Ange, traçant son sillon dans le champ du Très-Haut... Dominique, assis, doucement pensif, une main appuyée à la joue, une étoile au front, l'intelligence du cœur... saint Paulin de Nole, dont la porte n'était jamais fermée et le malicieux, tendre, cocasse clown de Dieu, Philippe de Néry, avec son chat sur l'épaule... Thérèse d'Avila, l'amour infatigable et Thérèse de Lisieux, l'aube au sourire de myosotis...
Priez pour que le printemps revienne...
Ô Marie, couronnée d'étoiles
Protectrice de la vieille Europe,
Faites que le printemps revienne !
Pour effectuer cette opération, j'y affecterai les heureux talents de Gérard Adam
Robert Paul
SHAKESPEARE s'empare de la mythologie grecque pour nous emmener d'emblée à Athènes où le Duc Thesée prépare ses noces, mais très vite, il nous plonge dans une forêt féerique et enchantée sortie tout droit de la mythologie celtique et nous donne à voir, au clair d'une lune toujours présente, une nature bien débridée. Le visible flirte avec l'invisible, le réel avec l'illusion, le rêve avec le cauchemar, la farce avec la gravité, l'été avec l'hiver, l'ordre avec le désordre, le désir avec l'amour. Dans ce monde surnaturel et chaotique, d'étranges mutations abondent: les jeunes Lysandre et Demetrius sont victimes des renversements de leurs sentiments pour Hermia et Helena; Bottom, le tisserand, se transforme en âne à l'insu de lui-même; Puck, le lutin, devient air ou brouillard; les artisans–acteurs se métamorphosent en Pyrame et Thisbé et tout cela, sous le regard d'Obéron, qui règne en maître sur cette nature féerique et désordonnée.
07.04 > 08.04.17
Vite! Il ne reste que deux jours pour apprécier cette pièce complètement débridée et pourtant totalement domptée par l'artiste responsable de la mise en scène!
Le Théâtre en Liberté présente "Le songe d'une nuit d'été" Avec:
Maxime Anselin (Snug), Chris Baltus (Snout), Alexandre Croissiaux (Toile d’Araignée), Toni D'Antonio (Quince), Isabelle De Beir (Philostrate), Lucie De Grom (Fleur des Pois), Claire Frament (Graine de Moutarde), Bernard Gahide (Puck), Jeremy Grynberg (Démétrius), Elsa Guénot (Hermia), Stéphane Ledune (Bottom), Julie Lenain (Helena), Éléonore Peltier (Phalène), Sylvie Perederejew (Hippolyta et Titania), Fabrice Rodriguez (Thésée et Obéron), Laurent Tisseyre Égée et Starveling), Benjamin Vanslembrouck(Flûte), Valentin Vanstechelman (Lysandre), en alternance: Jadyson Betebe, Akandima Itin, Clément Lekefack et Siya Tisseyre (L’enfant)
Voici les facéties de Cupidon moquées par le plus grand des dramaturges. Éloge de la folie, de l'amour aveugle, des amours contrariées, du grain de sable qui brise nos vies, de la comédie humaine, de la force du destin, de la folie des apprentis sorciers, des arbres et forêts mystérieuses, de la gloire antique et de la mythologie celtique. Grains de folie, cousus main dans un texte hilarant, qui dit sa foi dans l'oeuvre humaine par excellence: le théâtre. Il rassemble les sentiments, les tourments, les injustices, les coups du sort, les rêves épars et conjure les malédictions! Il se pique même d'autodérision! Le seigneur des théâtreux du monde entier, est un Prométhée qui a volé la sagesse divine et l'a partagée avec ses frères humains! Il est presque trop tard pour que vous alliez vous abreuver de mystère, de doutes et de farce dans cette belle comédie humaine, mais allez-y, sortez vos antennes de l'invisible, courrez-y ventre à terre! C'est une nuit où tout est permis! Dixit Le Grand William, farceur et iconoclaste! La lune elle-même se transforme en boule à facettes! Dans une mise en scène stupéfiante et éblouissante d'Hélène Theunissen qui a tout compris!
« Le songe d’une nuit d’été » est comme une boule à facettes qui offre des miroirs de perspectives et des niveaux de lectures à l’infini. Tout y est contraste. Tout y est possible. Tout y est mystère. Tout y est réel. Tout y est imaginaire.
Un spectacle dédié à la mémoire de l’exceptionnel comédien Jaoued Deggouj, décédé il y quelques mois.
ADAPTATION : Maxime Anselin
SCÉNOGRAPHIE Sabine Theunissen
PEINTURES Anaïs Thomas
CRÉATION DES COSTUMES Astrid Michaelis
RÉALISATION DES COSTUMES Astrid Michaelis & Anne Compère
MAQUILLAGES Djennifer Merdjan
COIFFURES Laetitia Doffagne
CRÉATION SONORE Daniel Dejean
CRÉATION LUMIÈRES Philippe Sireuil
Retrouvez ici le teaser du spectacle
THEATRE DES MARTYRS
Place des Martyrs 22 - 1000 Bruxelles
Infos Réservations : 02 223 32 08
http://theatre-martyrs.be/…/84AA7D3C-3655-9CCC-EC43-BCFCE3…/
Crédit PHOTOS: Isabelle Debeir
Stabat Mater dolorosa,
La mère douloureuse se tenait debout
juxta crucem lacrimosa,
Au pied de la croix en larmes.
dum pendebat filius
Tandis qu’on y suspendait son Fils.
Cujus animan gementem,
Dont l’âme gémissante
contristatam ac dolentem,
désolée et dolente
per transivit gladius
fut transpercée par le glaive
O quam tristis et afflicta,
O Combien triste et déchirée
fuit illa benedicta
fut cette âme bénie
Mater Unigeniti
de la Mère du Fils unique
Quae mœrebat et dolebat,
Elle gémissait se désolait
et tremebat dum videbat
et tremblait à la vue
nati pœnas incliti
des angoisses de son Fils divin
Quis est homo qui non fleret,
Quel homme n’aurait pleuré
Christi Matrem si videret,
en voyant la Mère du Christ
in tanto supplicio
subissant un tel supplice.
Quis non posset contristari
Qui aurait pu sans être consterné
Christi Matrem contemplari
contempler la Mère du Christ
dolentem cum Filio ?
gémissant avec son Fils ?
Pro peccatis suæ gentis,
Pour les péchés de la race humaine
vidit Jesum in tormentis
elle vit Jésus dans les tourments
et flagellis subditum
subissant la flagellation
Vidit suum dulcem natum
Elle vit son doux enfant
Morientem desolatum
dans la désolation
dum emisit spiritum
à l’heure où il rendit l’esprit
Eia mater, fons amoris,
Mère source d’amour,
me sentire vim doloris
fais que je partage ta douleur
Fac ut tecum lugeam
et tes pleurs
Fac ut ardeat cormeum,
Fais que mon cœur s’enflamme
in amando Christum Deum
pour l’amour du Christ-Dieu
Ut sibi complaceam
afin que je lui complaise
Sancta Mater, istud agas,
Sainte Mère, fais aussi
Crucifix fue plagas,
que mon cœur s’unisse
cordi meo valide
aux souffrances du Crucifié
Tui nati vulnerari,
A ton enfant meurtri
Tam dignati pro me pati,
que je suis digne de m’unir
Poenas mecum divude
afin qu’il partage avec moi ses peines
Fac me vere tecum flere
Permets qu’avec toi je pleure
Crucifixo condolere
pour souffrir avec le Crucifié
Donec ego vixero
et cela tant que je vivrai.
Juxta crucem tecum stare
Permets qu’au pied de la Croix près de toi
te libenter sociare
je m’associe à toi
in planctu desidero
au plus fort de ta douleur.
Virgo virginum prœclara
Vierge entre toutes choisie
mihi jam non sis amara
qu’à moi jamais douleur aussi amère
Quis non posset contristari
ne me soient infligée près de toi.
Fac ut partem Christi mortem
Fais que je porte en moi la mort du Christ
passionis fac consortem
qu’associé à sa passion
et plagas recolere
je revive ses souffrances
Fac me plagis vulnerari
Fais que blessé de ses blessures
Cruce hac inebriari
je sois enivré de sa croix
Et cruore Filii
et du sang versé par ton Fils
Inflammatus et accensus
Pour que je ne brûle point des flammes éternelles
Per te,Virgo, sim defensus
ô vierge protégé,
in die judicii par toi,
je sois au jour du jugement
Fac me cruce custodiri
Christ lorsqu’il me faudra sortir de ce monde
Morte Christi prœmuniri
permets que conduit par ta mère j’accède
Confoveri gratia
à la palme de la victoire
Quando corpus morietur
Quand mon corps mourra
Fac ut animae donetur
fais que soit donné à mon âme
Paradisi gloria
la gloire du Paradis.
Le Stabat Mater de Pergolesi, part à la rencontre de cette méditation extraordinaire sur la douleur de Marie devant le supplice et la mort de son fils, composée par le moine franciscain Jacopone da Todi au XIIIe siècle. Cette œuvre ne cesse de vous mettre encore et toujours les larmes aux yeux… huit siècles plus tard. Dans sa mise en musique, J.B Pergolesi nous donne à scruter nos consciences et à envisager toute chose qui dépasse l’humain et le délivre de son orgueil insensé. C’est en 1736, à l’âge de 26 ans et tuberculeux que Pergolesi composa cette dernière œuvre dans un monastère près de Naples, avant d’y mourir.
Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio?
Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?
Un texte et une musique poignants mis délicatement en chant choral par Anthony Vigneron avec ses solistes professionnels qui composent l’Ensemble Vocal de l’abbaye de la Cambre. Des voix délicieuses... Julie Calbete, Coenjaerts Marie-Laure Gilles Thomas et Anne Hélène Moens que nous avons découverte à l'occasion de ce concert, puisqu'elle y tenait le rôle de soliste principale.


L’orchestre nous est venu de Budapest: le Concerto Armonico. Ce sont de jeunes étudiants, qui jouent sur instruments d’époque et qui n’hésitent pas à démontrer par mille œillades de connivence, qu’ils s’amusent franchement lorsqu’ils jouent ensemble. Une très bonne chose d'ordinaire, mais là, l'allégresse n'avait rien de spirituel. Il semblait que le premier violon était particulièrement porté sur la badinerie avec des comparses dans la salle … Une hilarité tout de même assez dérangeante devant la douleur humaine qu’exprime cette belle œuvre de Pergolesi. Il en était de même - et de façon encore plus évidente - hors de la surveillance d’Anthony Vigneron, lors les deux cantates de Bach qui ont précédé le Stabat Mater: "Ich habe genug" BWV 52 et" Non sa che sia dolore" BWV 209. Celles-ci illustraient bien la joie intense de cette victoire éclatante sur la mort qui imprègne l’antienne du Laetare de l’office du dimanche précédent, ainsi que l'avait souligné le père Tanguy en début de concert. Ce qui n’est quand même pas une raison suffisante pour …presque chahuter en jouant de vos violons, chers musiciens de Budapest !
Tout comme le Stabat Mater, le texte de Bach est lui aussi empli de profondeur: "Aber dort, werd ich schauen süssen Friede, stille Ruhe!" "Da entkomm ich aller Not, die mich noch auf der Welt gebunden". Le texte italien n'est pas moins poignant: "Non sa che sia dolore chi dall' amico suo parte e non more. "

Soulignons tout de même l’admirable et exquise exécution à la flûte de Jean Michel Tanguy, élève de Jean Pierre Rampal, lauréat de Genève, ancien soliste de l’Orchestre National de Belgique et professeur à la Hochschule de Mannheim, qu’il nous a été donné d’écouter aux côtés du claveciniste très inventif …Miklos Spanijl qui dirigeait l’orchestre pendant ces très belles cantates de Bach.
Un événement exceptionnel avec l'orchestre Concerto Armonico Budapest et l'Ensemble Vocal de l'Abbaye de la Cambre sous la direction d'Anthony Vigneron Au programme: Stabat Mater Œuvre musicale de Giovanni Battista Pergolesi Cantates de J.S Bach Ich habe genug BWV 82 Non sa che sia dolore BWV 209
- Vendredi 31 mars 2017 à 20:00
- Abbaye Notre Dame de la Cambre
- Abbaye de la Cambre 21 1000 Bruxelles
- Lesgrandesheuresdelacambre@gmail.com
Les photos d'Arts et Lettres:
https://www.facebook.com/pg/plusde500billetsdeDHL/photos/?tab=album&album_id=1190678201059378
CHRISTINE BRY : CAVALCADES AU CŒUR DE L’ACTE CREATEUR
Du 08 au 30-12-16, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), termine l’année 2016 en vous présentant CAVALCADE, une exposition basée sur l’œuvre de Madame CHRISTINE BRY, une artiste peintre française dont le travail ne manquera pas de vous interpeller.
Qu’est-ce qui incite certains artistes d’aujourd’hui à se tourner vers l’art pariétal préhistorique ? Est-ce le besoin de s’immerger dans la technique primitive de l’art ? Est-ce pour créer une œuvre personnelle à partir d’une technique primitive à son origine ? Les artistes du Paléolithique se sont exprimés en extériorisant leur puissance d’Etre face au mystère de l’existence. C’est au tour, à présent, aux artistes du 21ème siècle de reprendre, pour ainsi dire, le flambeau pour recréer un imaginaire immergé dans la couleur des origines. Enfin, direz-vous, la Préhistoire est à l’honneur, après que le surréalisme et l’art métaphysique aient trempé leur pinceau, notamment, dans la Renaissance et le classicisme antique, pour exprimer une autre vision du Sacré, à partir de l’acte quotidien sublimé. Enfin, la Préhistoire sort définitivement de la sphère essentiellement scientifique pour atteindre le discours artistique dans sa continuité contemporaine!
Il y a dans l’œuvre de CHRISTINE BRY une recherche manifeste (pour ne pas dire une science) de la distribution des couleurs sur la toile. Et, à ce stade, force est de constater qu’ici la toile disparaît, pour faire face à la matérialité recréée par la paroi des origines. On le constate par la disposition de la forme « ondulant », en quelque sorte, sur la toile, laquelle épouse les contorsions de la pierre originelle. A partir du chromatisme standard appartenant à la technologie primitive (rouge-ocre, brun clair et noir), l’artiste se plonge dans un univers magico-religieux, à l’intérieur duquel le bestiaire est, à la fois, émanation de la nature, dans l’apparition de créatures fantastiques issues du monde des esprits ainsi que de l’expression d’un produit économique assurant la survie du groupe dans la représentation d’un bestiaire destiné à la domestication et à la consommation. Le traitement des animaux (principalement des équidés et des cervidés) respecte parfaitement la morphologie animale esquissée par la précision du trait : corps très larges se déployant sur les côtés – museaux relativement petits et ramassés – modelés des animaux repris dans le rythme du galop, réintroduisant par le biais de la patte intérieure sortante, une volonté de produire la deuxième dimension. Ce qui lui permet d’insister sur le fait que les artistes du Paléolithique étaient également d’habiles techniciens car le trait procède avant tout de la technique.
Mais à côté de cette vérité respectée, l’artiste s’expose en appliquant sur la toile des ersatz de chromatisme tels que le bleu et le rouge, encore inexistants il y a quelque vingt-mille ans : CAVALCADE 3 (83 x 104 cm-huile sur toile)
GRANDE MIGRATION (93 x 134 cm-huile sur toile).
Le rythme entre l’animal et la paroi fictive se ressent dans cette cavalcade tout en descente que nous offre CAVALCADE 3. Le volume des animaux est assuré par un trait reprenant, en une fois, l’ensemble du corps. Comme dans l’art pariétal du Paléolithique, la crinière des chevaux est rendue par une fine toison en brosse, posée sur le haut du crâne des équidés. Un discret mais solide travail au couteau suggère la matière constituant la paroi pour qu’émane de celle-ci la preuve matérielle du temps. Le titre de cette exposition - CAVALCADES - porte en lui-même la philosophie de la démarche de l’artiste. Ces « cavalcades » assurent le passage vers les MIGRATIONS, c'est-à-dire, vers une écriture essentiellement personnelle et vitale, par laquelle elle se concède des libertés par l’apport d’un chromatisme inexistant au cours du Paléolithique, comme le rouge, l’orange, le blanc et le bleu (en dégradés) ainsi qu’une conception picturale du bestiaire, également personnelle, montrant, notamment, des cervidés privés du chromatisme propre et se fondant dans les couleurs de la nature, à l’arrière-plan. Il y a dans le rapport entre la toile lisse et la paroi accidentée originelle, la volonté de traduire l’existence d’un espace lui permettant d’engendrer la forme, par le fond, considéré comme la matrice.
Cette écriture l’amène vers une autre conception de la représentation spatiale, à savoir celle du cercle à l’intérieur duquel évolue le bestiaire, faisant partie intégrante avec la nature : les bois d’un cervidé dont on ne distingue pas le corps surgissent de la partie gauche de la toile, à partir d’une nature sauvage et farouche, mise en relief par des explosions de lumière, issues des différentes touches de blanc associées aux couleurs ocre, rouge et bleu. Avec CAVALCADE 2 (77 x 104 cm-huile sur toile)
et CAVALCADE 3 (83 x 104 cm- huile sur toile), l’apport personnel est encore timide, malgré les points bleus qui s’étalent sur la surface. Ce n’est qu’à partir de GRANDE MIGRATION (93 x 134 cm-huile sur toile)
grande migration (détail)
que l’artiste se libère des conventions stylistiques paléolithiques, pour se projeter définitivement dans la communion unissant l’imaginaire magico-religieux préhistorique avec la sensibilité du sien. La symbolique de cette œuvre s’accroit dans la conjonction entre le cercle à l’intérieur du carré. Le cercle ou pour mieux dire, la sphère, est à la fois, une image de la Terre ainsi que celle du ventre de la Femme en gestation. Par conséquent, il s’agit d’une image de la vie, à l’intérieur de laquelle la nature se déploie.
Tandis que le carré est une image de la rationalité. Est-ce là le produit de l’inconscient de l’artiste ? Peut-être. Néanmoins, ne perdons jamais de vue que l’image de la « rationalité » ne naît pas avec les « grecques » de l’art classique mais bien avec la disposition de la forme épousant le contour naturel de la paroi, permettant à l’image de se greffer dans l’espace en le colonisant de façon proportionnelle.
Les petits formats (mentionnés plus haut) sont tout aussi intéressants car ils témoignent d’une liberté intérieure, dépassant parfois dans leur intensité, les compositions de grand format. ORIGINE 5 (29 x 29 cm-huile sur toile)
et ORIGINE 6 (29 x 29 cm-huile sur toile),
sont une invitation vers une possibilité d’abstraction, au-delà de la sphère magico-religieuse. Ils témoignent, chez l’artiste, de la volonté d’accorder la possibilité d’une passerelle entre le langage primitif et l’univers pulsionnel, tous deux unis dans l’acte créateur.
L’œuvre de CHRISTINE BRY est-elle une actualisation de l’art pariétal préhistorique ? Certainement, dans la mesure où, comme nous le précisions plus haut, il était grand temps que l’art contemporain s’intéressât à cette vision de la nature avec en filigrane, une vision de la société, à la fois préhistorique et contemporaine. Mais à ce stade, soulignons un détail qui a son importance, à savoir une relecture anthropologique de la définition même de la « Préhistoire ». Depuis des années, le monde scientifique conteste cette notion selon laquelle, cette définition se détermine sur l’invention de l’écriture comme ligne de démarcation entre la « Pré » et l’« Histoire ». La démarche artistique peut servir de déclencheur en vue d’une disparition définitive de cette dichotomie absurde. En ce sens que l’art pariétal mis en valeur par l’écriture picturale contemporaine, peut définir le trait sur la paroi comme le « signe » animé d’une écriture à venir. Une « proto-écriture » universelle à la base de l’identité de l’Homme et de son devenir, indissocié du Monde. C'est-à-dire un produit agissant de l’Histoire.
Par l’espace abstrait retrouvé, elle pose une interrogation à l’homme contemporain par le biais d’une vision du monde afin de retrouver l’Homme conceptuel élémentaire.
Il y a approximativement vingt ans, l’artiste fut saisie par une émotion irrépressible à la vue des peintures pariétales de Lascaux. Elle éprouva le sentiment de se trouver dans un lieu saint qu’elle compara au sentiment d’être confronté aux fresques de la Sixtine. Est-ce une coïncidence, néanmoins, bien des historiens de l’Art ont comparé par le passé les œuvres de Lascaux à celles de la Sixtine. Il s’agit, avant tout d’un sentiment d’envahissement.
D’une sensation, à la limite physique, d’être à la place d’un néophyte du Paléolithique sur le point d’entrer en contact avec l’indicible pour l’exprimer avec ses moyens humains. Ce qui émut l’artiste au plus haut point, fut cette harmonie d’ensemble, consubstantielle à la structure naturelle de la grotte, interprétée comme une architecture.
Sa formation, elle la suivit alors qu’elle était encore aux études. Elle prit des cours de dessin tout en terminant son Mémoire de Philosophie à Lyon. Peignant essentiellement à l’huile, elle se considère comme une autodidacte.
En 2008, elle participa à une exposition dont le thème était celui de Lascaux. C’est ainsi que toute l’émotion passée resurgit à la surface, jusqu’à lui faire sentir que, dorénavant elle allait fonder son œuvre sur cette esthétique.
CAVALCADES traduit l’esprit d’une dynamique essentielle. Néanmoins, une question nous taraude, à savoir y aura-t-il dans cette démarche artistique la volonté d’associer, outre le bestiaire en mouvement, la présence de la figure humaine libérée de sa raideur squelettique (en l’occurrence celle que l’on retrouve dans les silhouettes de Lascaux), pour atteindre la plasticité mobile que seuls possèdent les chevaux et les cervidés ? En d’autres termes, l’artiste, si tant est qu’elle relèverait ce défi, accepterait-elle de façonner l’homme autrement que dans une raideur dictée par le contraste avec réception du Sacré, le rapprochant ainsi de la nature dans l’expression ressentie de sa matérialité, à la fois physique et historique ? Ou bien alors, le cantonnerait-il dans la sphère d’une abstraction fondée sur le seul chromatisme fauve d’une nature inquiétante et sauvage ?
A l’analyse des œuvres, l’on se rend compte que l’artiste est une personne très cultivée, en ce sens qu’elle connaît parfaitement son objet de recherche dans ses moindres détails, tout en le transcendant, par le besoin de le redimensionner à la mesure, jamais atteinte, de la condition humaine.
CHRISTINE BRY s’accapare du thème (pour ainsi dire du mythe) fondateur de la Préhistoire, tout en l’actualisant pour l’introduire dans l’intemporalité absolue du geste créateur.
Lettres
N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
François Speranza et Christine Bry: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
(7 décembre 2016 photo Robert Paul)
Signature de Christine Bry
Exposition Christine Bry, à l'Espace Art Gallery en décembre 2016 - Photo Espace Art Gallery
EXPOSITIONS PERSONNELLES | EXPOSITIONS DE GROUPE | ||
2016 | Espace Art Gallery, Bruxelles (7 - 30 décembre) | ||
La Vitrine, Saint-Etienne (22 novembre - 16 décembre) | |||
Maison de Pays de Mornant (près de Lyon) (7-22 mai) | |||
2015 | Hôtel Pellissier, Visan ,Vaucluse (20 mars - 27 avril) | ||
2014 | Ville de Biarritz (novembre-décembre) | 2011 | Ferme des Arts de Vaison-La-Romaine, |
Ville de Voreppe, Espace Louis Christolhomme | Exposition « Regards de femmes » | ||
Galerie Art Course, Strasbourg (octobre-novembre) | 2009 | Musée Ancien de Grenoble | |
2013 | Galerie La Maison de la Tour | (Association « Osons l’art sans frontières ») | |
Galerie Arcurial, Lyon 8ème (31 janvier - 21 février) | 2008 | Formats atypiques- Galerie Philippe Boidet- Chambéry | |
2012 | Galerie l'oeil du huit, Paris 9ème | Grands Formats/ Valence | |
Galerie La Rotonde - Yvon Birster, | 2007 | Firminy / Musée des Bruneaux / CNPAF-Unesco | |
2011 | Galerie La Rotonde, Paris 18ème (21 mai- 24 juin) | 2006 | Pôle Minatec / Grenoble |
Galerie Saint Firmin, Lyon 8ème ( 17 mars- 29 avril) | ( Associations « osons l’art sans frontières ») | ||
2010 | Ville de Voreppe, Espace Louis Christolhomme | Salon de Noël / Bollène | |
Maison de pays de Mornant, Rhône | 2005 | Galerie Amana Aix-en-Provence | |
2009 | Musée d’Apt | Privas (FOL de l’Ardèche) | |
2007 | Galerie Lee ,Paris 6ème | 2004 | ADAI CHU de Grenoble |
2006 | Ville de Thonon-les-Bains/ Chapelle de la Visitation | 2003 | ADAI Cloître de Lavilledieu |
Grignan / Espace F.A. Ducros | Château d’Alba-la-Romaine | ||
2004 | Fondation Taylor, Paris 9ème | 2002 | ADAI Cloître de Lavilledieu |
Galerie Dinart / Nimègue / Pays-Bas | Château d'Alba-la-Romaine | ||
Espace Saint-Laurent / Verneuil-sur-Avre | 2000 | Salon de l'ARICOM Paris | |
2003 | Galerie Agbe Paris 4ème | 1998 | Galerie Cupillard Grenoble |
Musée Auclair Cruas | 1992 | L'Entrée des artistes Barbizon | |
Hôtel Simiane Valréas | 1991 | Salon d'automne Paris | |
2001 | Galerie Estève Paris 6ème | France-Oklahoma Oklahoma City (USA) | |
Festival du film / Saint Paul trois Châteaux | 1990 | Salon d'automne Paris | |
Fol de l’Ardèche, Privas | 1989 | Galerie Romanet Paris | |
2000 | Ville d'Arcueil : Festival de l'Outre-mer | 1988 | Galerie des Arcenaulx Marseille |
1999 | Galerie de Buci, Paris 6ème | Château de la Tour d'Aigues | |
Ministère de l'Outre-mer Paris | 1986 | Bibliothèque française de Boston (USA) | |
Ville de Boulogne-sur-mer | 1982 | Galerie Cannes'art Boston (USA) | |
1998 | Galerie Mercure Béziers | ||
1997-98 | Musée d’Apt | ||
1996 | Festival International / Université d’Aberystwyth (Pays de Galles) | RADIO-TELE | |
Galerie Jean Estève Paris 6ème | France 2 / Journal de 20 H (David Pujadas/ | ||
1991 | Hammersmith Center (centre culturel) Londres | Geneviève Moll / 13 nov. 02 | |
Maison des Arts Vergèze | |||
1988 | Musée d'Apt | ||
1986 | Centre Hospitalier de Valence | ||
Galerie d'Art d'Orly |
| ||
1983-84 | Musée de Grignan | ||
1981 | Galerie Sainte-Césaire Nyons | ||
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"Prairial"
Liliane Magotte
Sanctus, Benedictus
Sous la voûte bleutée scintille le printemps.
La rosace azurée de papillons flottants
Sur les rayons turquins, soudain se fait bouquet
Mille reflets carmins explosent en un banquet.
Ô cet orgue divin en arpèges vermeils,
Prairial au matin chante ses merveilles.
Sanctus, Benedictus
Gloria in exelsis.
Joëlle Diehl
04/30/2017
Sanctus Benedictus
Unter dem tiefblauen Gewölbe funkelt der Frühling.
Die azurblaue Fensterrose mit den schwebenden Flammen
Auf türkis Widerscheine, plötzlich wird zum Blumenstrauss.
Tausende karminrote Strahlen entfalten sich zum Bankett.
Ô dieser göttliche Orgel in leuchtendroten Arpeggio,
Mai im Morgentau singt seine Wunder.
Sanctus Benedictus
Gloria in exelsis.
JDL
Traduction JDL
Sanctus, Benedictus
Under the deep blue vault sparkles the spirit.
The azured rosace of floating flames
Gliding on turquoise rays, suddenly flashes the bouquet
And thousands of carmine glints explode into the celestial banquet.
O this divine organ in arpeggiated arpeggios,
Prairial in the morning will sing its wonders !
Sanctus Benedictus
Gloria in exelsis.
JDL
Traduction de Deashelle
Un partenariat poésie-peinture
&
Traductions
- Croyez-moi, il n'y a rien là,
Tous les péchés sont rémissibles!
Ce sont paroles de prélat,
Quand un fidèle est pris pour cible.
L'un d'eux, face au flagrant délit,
Mais rassuré, en confiance,
A foi en un rapide oubli,
Conserve une vive arrogance.
Il sait demeurer populaire,
Hypocrite on ne le peut plus.
Parce qu'il connaît l'art de plaire,
Il obtint ce qu'il a voulu.
Ce Tartuffe demeure en attente,
De sa valeur persuadé,
Sûr d'atteindre ce qui le tente:
Être Président sans tarder.
La disgrâce, odieuse boue,
Se répand sur toutes les zones
Où des inconscients le louent.
Certes, leur tolérance étonne.
Ne pourra le peuple de France
Se résigner, ne dire mot,
Laisser triompher l'indécence.
La honte est l'un des pires maux
1/04/2017
Aquarelle d'Adyne Gohy (Les Fagnes près de Verviers)
La nuit ne s’endort jamais
elle écoute nos pensées
berce nos rêves
nous ouvre les yeux
Elle parle tout bas
dehors dans le noir
aux choses invisibles
qui lui répondent
allume le ciel
éveille l'eau dormante
soulève des fantômes
fait bouger les ombres
La nuit avance pas-à-pas
ensommeillée
au petit matin
ce n’est pas le jour qui vient
c’est elle qui s’en va
Poème de Martine Rouhart
Die Nacht schläft nie ein,
sie hört unsere Gedanken,
wiegt unsere Traüme,
öffnet uns die Augen,
sie spricht leise
draussen im Dunkel
zu unsichbaren Dingen
welche ihr antwortet,
zündet Himmel,
weckt stilles Wasser, hebt Geister
und bewegt Schatten.
Die Nacht schreitet langsam
schläfrig
im Morgengrau!
Nicht dass der tag kommt
sondern Sie geht.!
Merci à Joëlle Dielh pour la traduction
The never slumbering Night
The Night never slumbers,
It listens to our thoughts,
Hums lullabies to our dreams,
Discloses our eyes,
Whispers out in the dark,
To invisible things
That respond silently.
The Night lightens up the skies,
Awakens still waters,
Causes ghosts to raise,
And shakes shadows apart.
Then the Night tiptoes away,
Half asleep.
In the waking early morning,
Glides not the Day,
But the never slumbering Night.
Merci à Deashelle pour la traduction
S'accrocher au rideau qui lentement se déchire
Voguer sur un radeau flirtant avec la berge
Se sentir emporté en évitant le pire...
Mais étouffer parfois quand désespoir émerge!
Avec ardeur enfin, enlacer tendre amour
Et se dire que demain n'est rien qu'une émotion
Que l'infini emporte avec lui les toujours...
Vivre de trois petits mots, se bercer d'illusions !
J.G.
Dessin de Jacques Choucroun
Un canard, par inadvertance,
Près d'un arbre déraciné,
Se trouva un jour enchaîné.
Il y demeura en souffrance.
Or renonçant à l'espérance
De se délivrer de ses liens,
Eut l'idée d'appeler les siens,
Sans doute non loin, en errance.
Désormais, de la même place,
N'a pas le besoin de rêver;
Il peut à loisir observer.
Certaines choses le dépassent.
Lui vint l'envie de cancaner
Une façon de se distraire,
Il a du plaisir à le faire.
Voilà des passants renseignés.
Cette histoire semble être une fable
Mais sans morale elle finit.
Dans ce fichu monde où l'on vit
Tout est tenu pour acceptable.
31 mars 2017
BON%20ANNIVERSAIRE%20PIERRE.mp3
(A ECOUTER)
Une vraie chance
En hommage à tous mes amis
Chaque fois encore m'étonne
L'invitation d'une personne
Me témoignant sa sympathie.
J'accepte d'être son amie.
Je suis émue et apprécie,
En silence la remercie.
Tant d'êtres emplis de bienveillance
Qui entretiennent l'espérance!
Ils se groupent, font des projets,
Prennent plaisir à échanger.
J'applaudis; c'est une vraie chance
D'échapper à l'indifférence!
Je demeure toujours lointaine,
Or verse à la claire fontaine
Des émois porteurs d'énergie
Nourrissant la joie d'être en vie.
25 mars 2017
Sur les pas de La Fontaine
D'après ce que conte une fable,
Une mouche un jour s'activait
Prétendant être secourable
A des voyageurs affligés.
Cela leur eut semblé risible
S'ils avaient connu son idée
Alors que bruyante et visible,
Elle agaçait au lieu d'aider.
La vanité fausse l'esprit.
La sotte certes voulait plaire
Or il arrive que l'on rit
De certaines façons de faire.
Les orgueilleux, ni sots ni vains,
Oeuvrent respectant leurs limites.
Applaudis, n'étant pas des saints,
Ils apprécient qu'on les imite.
24 juillet 2009
Le Folklore des Îles
une aquarelle
d'Adyne Gohy
a été inspirée par
les Haïkus
de
Raymond Martin
Les Antilles en fête
Marie-Galante
Baisers salés vanillés
Antilles soufrées
Créoles endiablés
Caraïbes métissées
Rhum libertin
Cayes tragiques
Matinik meurtrie
Pelée grogneuse
Trinité nonchalante
Sous les alizés
Mystique épanouie
Mélissa fleurie
Danse le bélé transcendant
Mornes dans le tempo
Jazz aux visages colorés
Biguine émancipée
Pomme-cannelle
Mazurka polonaise
Mazurka antillaise
Beautés créoles
Raymond Martin
Janvier 2017
Bourgeons précoces
Et c'est la noce...
Un coin de ciel bleu
On est heureux!
Au diable le vent
Aussi la pluie...
Saveur du temps
Nous réjouit!
Au creux des corps
Si bien tapi
Le goût d'encore...
L'espoir survit!
Et c'est une danse
Au rythme doux
Tout recommence
La vie c'est fou!
Dans le matin
Survole l'oiseau
Et le jardin
Qui chante haut!
Un grand sourire
Au bord des lèvres
Nouveaux désirs
Et soupir d'aise...
Bonjour printemps!
J.G.

Jérusalem, fresque épique qui retrace les chemins de l’amour sur fond de première croisade, est une refonte en français par Verdi en 1847 d'I Lombardi alla prima crocciata, pour l’Opéra Français : musique de circonstance, grandes scènes dramatiques, incontournable ballet réclamés par le genre, et de nombreux airs à cabalette… Durée 3heures 30! Mais pas une seconde d’ennui dans la rare et magistrale exécution entendue à l'Opéra Royal de Wallonie.
La mise en scène de Stefano Mazzonis Di Pralafera, les décors à la fois sobres et captivants de Jean-Guy Lecat, les costumes tantôt rutilants, tantôt manteaux de déserts de Fernand Ruiz et les éclairages recherchés de Franco Marri auront tout fait pour séduire l’imaginaire dans cette fresque guerrière qui sert de toile de fond à l’amour face au destin, à la vengeance des clans, à la guerre des religions, à la justice et à la réconciliation. C’est grandiose et dépouillé à la fois. Pour exemple: cette réponse muette du ciel à la prière de l’héroïne, magnifique morceau d’interprétation orchestrale sous la baguette de la fougueuse Speranza Scappucci, semble parvenir d’une immense flaque de ciel bleu au centre des palais lombards vide de toute âme… Le contraste entre les foules et la solitude des personnages est admirablement rendu, que l’on soit en Lombardie, dans le désert ou dans la ville sainte où Godefroid de Bouillon reconquiert le Saint-Sepulcre. La direction musicale de Speranza Scappucci serre la partition au plus près et conduit l'orchestre dans des accents prémonitoires, des envolées tragiques, des sonorités raffinées et de puissants effets symboliques aux larges phrasés, très inspirés. Les nombreuses interventions des choeurs dirigés par Pierre Iodice ne sont pas sans rappeler les choeurs de Nabucco et la scansion du texte français particulièrement harmonieux est chaque fois un réel plaisir pour l’oreille. Ajoutons à cela des solistes de tout premier rang : Eliane Alvarez, Natacha Kowalski, Isaure, la gracieuse confidente d'Hélène, Marc Laho, Roberto Scandiuzzi et Ivan Thirion flanqué de son fidèle écuyer (le charmant ténor Pietro Picone) qui font de cette œuvre une complète réussite !

Solaire dans les aigus acrobatiques, la prononciation de la diva dans le rôle d’Hélène est parfois déconcertante. La puissance d’Eliane Alvarez, donne parfois l’impression d’une certaine lourdeur, surtout dans ses chagrins, où elle fait un usage intensif de sombres vibratos particulièrement dans les solos. En revanche, les mouvements d’ensemble où elle règne en maître sont absolument majestueux et on finit même par aimer Roger (Roberto SCANDIUZZI ), cet oncle maléfique et incestueux, tant sa voix est belle, sculptée, épanouie et profonde. Marc LAHO, très lyrique dans le rôle de Gaston, Vicomte de Béarn, séduit par la largeur de sa voix, sa noblesse, la hauteur de ses sentiments, aussi bien dans l’amour qu’il éprouve pour Hélène que dans sa ferme volonté de réconciliation des deux familles ennemies et sa soif désespérée de justice. Il est un vibrant appel à la compassion car il est le jouet de l’injustice, accusé à tort de meurtre parricide. Il est victime de cet oncle coupable, qui s’est lui-même exilé vers la ville sainte, dans l’espoir de faire pénitence et d’obtenir sa rédemption pour un crime fratricide qu’il pense avoir commis.

Le comte de Toulouse, le père d’Hélène, qui n’est -contre toute attente- finalement pas mort, est interprété par le vibrant baryton Ivan THIRION. Sa très belle stature de redoutable pater omnipotens est fort intéressante, partagé entre l’amour pour sa fille et l’idée qu’il se fait de la justice : celle de venger par le sang la tentative de meurtre. La scène de la désacralisation des armes du chevalier et de sa terrible dégradation lors le jugement inique, est, pour le noble chevalier Gaston, pire supplice que l’imminence de sa mise à mort physique. « Barons et chevaliers, je proteste… » ll y a aussi cette poignante marche funèbre… Patrick DELCOUR interprète le légat du pape Urbain VII, Adhémar de Monteil. Il est brillant et net comme un joyau, mélange de rubis dans un ciboire précieux. On frissonne avec le souvenir des larmes du Christ dans le jardin des oliviers chanté par les chœurs. L'émir de Ramla (Alexei GORBATCHEV) est captivant par son étrange sagesse, sa grandeur et sa sérénité. C’est lui qui fait appel à l’ermite pour absoudre le « coupable »… « Pour te bénir, je suis hélas trop coupable ! » se lamente Roger devant l’ironie du destin! Personne que lui, ne sait mieux l’innocence du valeureux Gaston!
Une belle surprise attend le spectateur à la fin de l’opéra, où l’œuvre de rédemption et de pardon prend toutes sa signification grâce à un subtil et fabuleux jeu d’écharpes, tandis que s’élève le chant des pèlerins à la gloire de Dieu…
Et on ne se lasse pas des innombrables retours sur scène de cette très glorieuse distribution qui irradie la joie et la victoire. On ne se lasse pas d’apprécier en pleine lumière les somptueux costumes de la foule de figurants et des solistes.

Gaston: Marc LAHO
Hélène: Elaine ALVAREZ
Roger: Roberto SCANDIUZZI *
Comte de Toulouse: Ivan THIRION
Raymond, l’écuyer de Gaston: Pietro PICONE
Isaure: Natacha KOWALSKI
Adémar de Montheil, légat papal: Patrick DELCOUR
Un Soldat: Victor COUSU
Un Héraut: Benoît DELVAUX
Émir de Ramla: Alexei GORBATCHEV
Un officier: Xavier PETITHAN
Nouvelle coproduction : Opéra Royal de Wallonie / Fondazione Teatro Regio de Turin
Avec la collaboration de l’Institut Supérieur de Musique et de Pédagogie de Namur (IMEP)
Dates:
Du vendredi, 17/03/2017 au samedi, 25/03/2017
La providence me permet
D'accueillir, une fois encore,
Le renouveau qui fait éclore
Tulipes et muguet parfumé.
D'accueillir, une fois encore,
L'enchantement qu'il nous promet;
Tulipes et muguet parfumé,
Dans la brillance qui les dore.
L'enchantement qu'il nous promet;
Des tableaux vivants se colorent
Dans la brillance qui les dore,
Les passants en seront charmés.
Des tableaux vivants se colorent,
Changent sans être déformés.
Les passants en seront charmés.
Champagne: À la Vie que j'adore!
20 mars 2017



