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Publications en exclusivité (3136)

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Le goût de chanter le bonheur

« La ballade des gens heureux »

Donnait le goût de l'espérance,
Était chantée les jours de chance.
Le malheur rend silencieux.

Était chantée les jours de chance,
La paix planait sur le ciel bleu.
Le malheur rend silencieux.
Sévit un vent de violence.

La paix planait sur le ciel bleu,
Semblait, bonne la providence.
Sévit un vent de violence.
Resta passive autant que dieu.

Semblait bonne la providence,
Avant les crimes odieux.
Resta passive autant que dieu.
Fera retrouver l'espérance.

7 juin 2017

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administrateur théâtres

La mer est innocente

Elle ressasse, se met en colère, se fait tendresse et se fait berceau de rêves, tout comme les rivières. …mais  la mer ne se tait jamais.  Taire la parole, c'est ne pas la mettre au monde, c'est de l'amour mort-né.  Cette proposition d’écriture plurielle bien rythmée rompt le silence délétère, donne la parole à deux femmes qui ont souffert   et sera présentée au Festival d’Avignon cet été au Verbe Fou.

La source d’inspiration du trio est  un  texte :  Lampedusa Beach de Lina Prosa  qui a obtenu le “Premier Prix National pour le Théâtre Public Annalisa Scafi” à Rome en 2005.  Celui-ci fait partie de la Trilogie du Naufrage débutée  par Lina Prosa en 2003. Lampedusa Beach raconte le naufrage de Shauba, immigrée africaine clandestine, à proximité de l’île de Lampedusa. Le texte met en scène le temps de descente  du corps de la femme dans les abysses de la mer.  Pauline Rémond, maitre d’œuvre de l’écriture collective rebondit sur cette Odyssée moderne des clandestins et leur rêve d’une vie européenne et le relie à la parole d’une autre femme d’un tout autre lieu, noyée elle  dans une  rivière de viols successifs.

Deux violences s’articulent et s'explicitent  dans la parole de ces deux femmes, l’une sourde, presque invisible, comme la fêlure d’un vase que l’on n’ose toucher, l’autre abrupte dans des punchlines glaçantes et dans une chorégraphie fascinante de beauté, baignée d'innocence. Si la danse de la deuxième semble la porter inexorablement vers le fond, est-ce pour retrouver l’enfant ?

Une image très belle dans le texte  est celle de la perle de l’huître, une reine de la nature qui sait  pratiquer l’exorcisme. La mise en scène et en lumière de Maxim Prévôt nous donne à voir une lueur diffuse dans les mains d’une des deux femmes,  dans ce qui semble être  à s'y méprendre,  une boule de cristal.  Mais non, c’est un vase  rempli d’eau  transparente, un  élixir aigue-marine qui symbolise la beauté  immaculée de la Grande Bleue. Si celle-ci nous semble impitoyablement vorace, au vu des victimes des  barques de l’espoir qu’elle ensevelit,  il faut chercher autre part, la cause des malheurs. Est-ce l’homme qui pervertit la beauté du monde? Est-ce la rencontre et le partage d’un cornet de glace qui  soudain, dégèlerait les cœurs?

Le monologue muet de la danse de l’une entraîne la naissance de la parole de l’autre, et se transforme en dialogue. La parole et la danse coulent comme des larmes. Les yeux des deux comédiennes projettent leurs  indicibles  émotions. Le public est traversé par  le va-et-vient redoutable de  ces deux portraits de femmes  aux douleurs et aux modes d'expression complémentaires et se retrouve  presque en apnée. La gestuelle de Clara Parr Gribbell aura laissé dans l’âme, une  larme indélébile.  Devant le pire, c’est le silence qui est dévastateur. Et ni la femme, ni la mère ne se taisent. La parole est le viatique de la vie et comme la mer, elle est toujours recommencée…  

 

La mer est innocente
d'après " Lampedusa Beach " de Lina Prosa 
avec : Clara Parr Gribbell et Pauline Rémond
Mise en scène : Maxim Prévôt
Production : Compagnie les Rivages 

En avant-première, au théâtre de la Clarencière, à Bruxelles, le 1er juin 2017

 

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Vous le trouverez ici, directement sur le blog de mon site principal qui fonctionne en synergie avec celui-ci (si vous ne voulez rien rater des prochaines publications de ce nouveau blog abonnez-vous-y).

Mais ne ratez surtout pas cet article : il vaut bien un petit "clic' de souris et même davantage, car vous y trouverez quelques-unes des aquarelles de "démo" réalisées ici et là pour permettre aux participants de comprendre comment aborder les techniques d'aquarelle simplifiée que j'ai pu mettre au point pour mes carnets de voyage, et comment les appliquer rapidement et avec un succès quasi certain presque à tous les coups !

Je reviendrai bientôt (dans un prochain article de mon site principal) avec une vidéo, sur plusieurs variantes de sujets réalisés selon ces procédés d'aquarelle simplifiée, en reprenant quelques séquences tournées lors de ce même stage d'aquarelle en Provence, puis nous continuerons l'aventure du Grand Barrenc dont la vidéo également en cours de montage résume à elle seule combien mes expériences de travail en état de flow et de créativité augmentée s'avèrent payantes pour la réalisations de jolies aquarelles de voyage simples mais vivantes et colorées.

Alors, à tout de suite, sur le blog de mon site principal, et si vous voulez vous aussi apprendre les techniques de l'aquarelle simplifiée, inscrivez-vous sans tarder aux prochains stages d'été en Jura Oriental !

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Accupuncture de l'âme

Il faut reboiser nos cœursdéfricher nos jardins de pierreslibérer nos élanscoincés dans la nasseL'attention à l'éphémèreles bonheurs minusculesles petits plaisirs de rien du toutdonnés et reçussont l'acupuncture de l'âme(Martine Rouhart)
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administrateur partenariats

Un billet écrit avec le coeur.

En fin d'année scolaire, fleurissent les dessins offerts, les textes écrits au tableau.

Le professeur, surpris par ces hommages spontanés, reçoit avec grâce ces cadeaux souvent maladroits, empreints de pudeur, parfois hésitants dans leur forme, autant de témoignages attendrissants d'élèves reconnaissants pour la patience, l'écoute, la gentillesse dont il a su fait preuve durant l'année.

Certains ados remercient alors que plus que d'autres, ils ont été réprimandés...eh oui, c'est souvent le cas.

La réprimande est aussi un manifestation de l'intérêt que l'on porte à cet enfant, le faire progresser, ne pas ignorer ses difficultés, lui reconnaître des qualités, lui donner une affection parfois inexistante ou mal distribuée à la maison.

C'est cela aussi que le métier d'enseignant, dans les écoles d'élèves faibles, défavorisés, où le quotidien se révèle une difficulté chaque jour renouvelée.

Nous sommes aussi des guides, parfois. Un phare. C'est une tâche délicate, importante, capitale, qui laisse des traces indélébiles.

Sur mon bureau en désordre, un petit papier plié, que je promis de lire plus tard, afin de ne pas la gêner. Je venais de recevoir de ses mains un dessin, et je sais qu'elle a pris le temps de le faire, d'une gamine, fragile, un enfant-proie, dont j'ai flouté le prénom.

Ce texte est maladroit, truffé de fautes, car oui, elle n'a pas réussi ses primaires, et non, elle ne fera pas de hautes études.

Emotion.

Parce qu'elle a écrit.

Elle a dépassé ses faiblesses, oh non, ici, jamais nous ne verrions ce genre d'orthographe, non, nous, nous savons écrire. Enfin, plus ou moins bien, suivant nos aptitudes et ceux qui ne savent pas ou pas bien, publient autre chose ou bien se contentent de lire les beaux textes des autres ou alors, ils admirent les images superbes des artistes du crayon, du pinceau, du maillet, de l'objectif...clic !

Elle a écrit.

Et c'est le plus important pour elle.

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Je fais un des plus beaux métiers du monde.

Liliane, professeur depuis 36 ans.

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administrateur littératures

Il nous faut l'admettre car c'est indéniable:

Nos Arts inspirent; nos Lettres sont porteuses

De beau, de pur, de vérité, d'incroyable,

Passion et créativité fabuleuse!

Des artistes débordant d'imagination!

Des acteurs jouant sur scène avec ferveur!

Des écrivains non dénués d'inspiration!

Nous transmettons joies et plaisirs avec bonheur!

Ne pourrions-nous point révéler non sans fierté

Que nous sommes inspirés et dynamiques?

Notre patrimoine garant de qualité

Et de créations aux effets bénéfiques!

La puissance des mots, le pouvoir des pinceaux,

La portée de notre jeu et de nos voix,

Soyons heureux, bénis car c'est dès le berceau

Que nous portons nos Arts et Lettres avec foi!

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"La beauté est le mystère suprême d'ici-bas."
"La beauté est le mystère suprême d'ici-bas."
"La beauté est le mystère suprême d'ici-bas."
"La beauté est le mystère suprême d'ici-bas."

"Par une disposition éternelle de la Providence, tout ce qu'un homme produit en tout domaine quand l'esprit de justice et de vérité le maîtrise est revêtu de l'éclat de la beauté.

La beauté est le mystère suprême d'ici-bas. C'est un éclat qui sollicite l'attention, mais ne lui fournit aucun mobile pour durer. La beauté promet toujours et ne donne jamais rien ; elle suscite une faim mais il n'y a rien en elle de nourriture pour la partie de l'âme qui essaie ici-bas de se rassasier ; elle n'a de nourriture que pour la partie de l'âme qui regarde. Elle suscite le désir, et elle fait sentir clairement qu'il n'y a en elle rien à désirer, car on tient avant tout à ce que rien d'elle ne change. Si on ne cherche pas d'expédients pour sortir du tourment délicieux qu'elle inflige, le désir peu à peu se transforme en amour, et il se forme un germe de la faculté d'attention gratuite et pure.

Autant le malheur est hideux, autant l'expression vraie du malheur est souverainement belle. On peut donner comme exemples, même dans les siècles récents, Phèdre, L'Ecole des femmes, Lear, les poèmes de Villon, mais bien plus encore les tragédies d'Eschyle et Sophocle ; et bien plus encore l'Illiade, le Livre de Job, certains poèmes populaires ; et bien plus encore les récits de la Passion dans les Evangiles. L'éclat de la beauté est répandu sur le malheur par la lumière de l'esprit de justice et d'amour, qui seul permet à une pensée humaine de regarder et de reproduire le malheur tel qu'il est.

Toutes les fois aussi qu'un fragment de vérité inexprimable passe dans des mots qui, sans pouvoir contenir la vérité qui les a inspirés, ont avec elle une correspondance si parfaite par leur arrangement qu'ils fournissent un support à tout esprit désireux de la retrouver, toutes les fois qu'il en est ainsi, un éclat de beauté est répandu sur les mots.

Tout ce qui procède de l'amour pur est illuminé par l'éclat de la beauté.

La beauté est sensible, quoique très confusément et mélangée à beaucoup de fausses imitations, à l'intérieur de la cellule où toute pensée humaine est d'abord emprisonnée. La vérité et la justice à la langue coupée ne peuvent espérer aucun autre secours que le sien. Elle n'a pas non plus de langage ; elle ne parle pas ; elle ne dit rien. Mais elle a une voix pour appeler. Elle appelle et montre la justice et la vérité qui sont sans voix. Comme un chien aboie pour faire venir les gens auprès de son maître qui gît inanimé dans la neige.

Justice, vérité, beauté sont soeurs et alliées. Avec trois mots si beaux il n'est pas besoin d'en chercher d'autres."

(Simone Weil, La personne et le sacré, Londres, 1943, Editions Payot&Rivages, Paris, 2017, p.74-76)

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AUJOURD'HUI...

 

De la tristesse au rire

Ou des larmes au sourire

La vie avec brio

Mélange ses tempos

Ainsi mon cœur frileux

Content ou malheureux

A cherché vérité

Afin de s'éclairer...

Et puis avec fierté

Sachant qu'il a aimé

A travers les jours gris

Où fleurissent les non-dits

Il a crié enfin

Je me fou de demain!

Je veux vivre aujourd'hui

Face au temps qui s'enfuit...

J.G.

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Des commentaires

Propos

Bien avant mon adolescence,
Je savourais la poésie,
Écrite avec les mots de France.
J'en adorais la fantaisie.

Je ressentis très tôt l'envie,
Quand me ravissait une grâce,
De capter le courant de vie
Qui la maintenait en surface.

Un mystère providentiel
Me faisait entendre des phrases
Qui n'avaient rien d'artificiel,
Des vers radieux, sans emphase.

N'a pas cessé ce phénomène.
Il fait que j'écris chaque jour
Sur les émois que me ramène
La nature changeant d'atours.

Ne suis pas demeurée secrète.
Me vint un matin le désir
De livrer au vent, à tue-tête,
Mon débordement de plaisir.

Je reçois de ceux qui m'écoutent
Vivant peut-être solitaires,
Des remerciements que je goûte.
M'encouragent leurs commentaires.

23 mai 2017

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Une ère nouvelle

Rêverie

Quand par le sort sont réunis,
Dans un espace misérable,
Des êtres humains démunis,
Leurs efforts sont insoupçonnables.

Ne voulant pas se lamenter,
Ils créent un climat de tendresse,
Lors, se sentent réconfortés,
Malgré tout ce qui les agresse.

Rares sont les grâces propices.
Non pas les corvées contraignantes,
Ni de pénibles préjudices.
Seule la foi n'est pas manquante.

Le spectacle de leur destin
Indiffère les grands du monde,
Occupés à de nouveaux gains,
Cherchant des trésors qui abondent.

Des hommes et des femmes essaient,
Utilisant leur compétence,
D'intervenir avec succès
Pour atténuer des souffrances.

Il est possible de penser
Qu'arrivent des valeurs nouvelles.
L'inacceptable est dénoncé.
L'indifférence bat de l'aile.

22 mai 2017

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administrateur théâtres

Aida - Verdi à la Monnaie

L’image contient peut-être : 1 personne, nuit et plein airDirection musicale : Alain Altinoglu / Samuel Jean (les 30, 31 mai et 2 juin)

Mise en scène : Stathis Livathinos

Aida ou le rêve d’un ailleurs, Radamès ou le rêve du devoir et de l’amour réunis, Ramfis, ou le rêve de  la justice divine, Amnéris ou le rêve de la jalousie surmontée, Amonastro ou le rêve du royaume retrouvé, Verdi ou le rêve de l’amour transcendé… Une île au large du désespoir!

Faisant fi de l’esthétique monumentale – disparus : éléphants,  pyramides, toute l’Egyptomanie ruisselante de fastes pharaoniques –  nous voici sur un vulgaire caillou, récif hostile et déserté par la vie, quelque part en Méditerranée.  Un « Paradise lost » pour Aida, la belle esclave éthiopienne au service de la fille du pharaon, Amnéris, par malheur  également amoureuse de Radamès le vaillant héros. Aida, partagée entre l’amour et les devoirs qu’elle doit à son père, ennemi du pharaon et son amour pour le vaillant  Radamès.  Radamès, partagé entre son amour inaltérable pour Aida et son amour et devoirs pour la patrie.  

Mais il ne s’agit pas de simples rivalités amoureuses ou de fresque pseudo-historique, la  mise en scène de  Stathis Livathinos  (dont c’est la première mise en scène d’opéra), est digne d’une tragédie grecque. Importent au premier chef, l’intemporalité et la lutte existentielle  perdue d’avance entre les trois tenants du triangle amoureux  que le Destin se charge d'écraser. La souffrance humaine est au centre, le couple est maudit. Radamès emmuré dans la tombe, n’est-il pas l’incarnation masculine d’une Antigone injustement  privée de  cette lumière qu’elle adorait plus que tout?  « La pierre fatale s’est refermée sur moi, Voici ma tombe, je ne reverrai plus la lumière du jour… »

Nous sommes déjà  dès le début avec un pied dans  la tombe, la machine infernale, telle le pendulum d’Edgar Poe est prête à faire son œuvre. Vents, rafales, nuées hostiles  étranglent le décor dès l’ouverture du rideau. Le ciel est comme un couvercle… mais l’imaginaire a gagné ! L’œuvre se recentre sur la musique, et quelle musique!  Un concert de sentiments à vif et d’introspection, d’atmosphères orientales et de désirs intenses dirigé tout en finesse par Alain Altinoglu. Le lyrisme orchestral est omniprésent. Le rêve de gloire de Radamès exulte dans la richesse des sonorités  des cuivres et trompettes. La harpe et la douceur irisée des bois et des cordes souligne les moments de tendresse, lorsque par exemple  Aida endormie dans le rocher fait une apparition divine, « Céleste Aida ».   L’impitoyable duo d’Aida et d’Amnéris  à qui elle a involontairement avoué son amour pour Radamès, est trempé de larmes musicales. Le trio « Mes larmes sont celles d’un amour impossible » chanté par les trois infortunés  se termine par des accords déchirants.  Les évocations de drame intime diffusent des vibrations profondes et sincères  au sein d’une très grande variété d’expressions.   A chaque étape, un silence lourd comme un tomber de rideau étreint l’assistance totalement prise par l’émotion,  avant que la tragédie ne poursuive son  cours inexorable. Dans cette chanson de geste tragique, chaque nouveau rebondissement ajoute une recrudescence de désolation répercutée par l'orchestre.  Alain Altinoglu relance inlassablement l’intérêt et joue à merveille tous les registres, de l’intime au spectaculaire:  les cris de vengeance et de puissance, les fanfares guerrières, les  terribles déclarations de guerre,  les  implorations  sacrées des prêtresses, les  jugements iniques des  grands prêtres,  les  foules aveugles en liesse, les plaintes des esclaves et des prisonniers,  les  éléments en furie et le silence du ciel!  Sa musique est enveloppante comme le chœur  d'une tragédie grecque! 

 

On ne pouvait pas élire meilleure interprète du rôle d’Aida que la sublime Adina Aaron, jeune  soprano lyrique  américaine,  bien connue dans le rôle d’Aïda depuis sa prestation à Busseto (Italie)  pour la commémoration du  centenaire de la mort de Verdi en 2001, dans la mise en scène de Franco Zeffirelli. Une voix extraordinaire qui dispose d'une maîtrise technique parfaite. Les affres éprouvées dans son rôle d’esclave alors qu’elle est fille de roi, sont pleinement convaincantes. Elle joue sans fards, avec une émotion, une  intelligence et une sincérité remarquables.  « Dois-je oublier l’amour qui a illuminé mon esclavage? Puis-je souhaiter la mort de Radamès, moi qui l’aime plus que tout ? »  Est-ce son espoir éperdu de fuite avec Radamès  évoquant  le sort des milliers de réfugiés qui parcourent la Méditerranée aujourd’hui, qui nous émeut jusqu’aux larmes? Dans l’« air du Nil », la jeune esclave exprime toute la nostalgie et son attachement au pays natal. Comment ne pas voir à travers cette prestation  que l’espoir intime des milliers de réfugiés est justement d’oublier les persécutions, la guerre. « Fuyons les chaleurs inhospitalières de ces terres nues, une nouvelle patrie s’ouvre à notre amour ! Là nous oublierons le monde dans un bonheur divin… »   Sa prestation vocale charnelle et généreuse rejoint la plainte d’une Antigone, victime expiatoire de la superbe et de l’intransigeance des puissants. Le duo final du couple dans la tombe  les mène d’ailleurs au bonheur divin : « Déjà je vois le ciel s’ouvrir - et il s’ouvre vraiment scéniquement - là cessent tous les tourments, là commence l’extase d’un amour immortel! »  Ce duo  rappelle les premières notes impalpables du prélude de l’œuvre. De crépusculaire,  celui-ci devient lumineux.

 L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout et nuit

Enrico Iori (Il Re) ; Mika Kares (Ramfis) © Forster

Dans les rôles masculins il y a a le ténor, Andrea Carè, au début, héros assez conventionnel,  mais qui  se développe en un personnage de plus en plus  dramatique et convainquant. On retient cette image inoubliable où, laissés seuls à la fin de l'acte II,  il lâche  avec dégoût et de manière définitive  la main d’Amnéris. Le héros déshonoré aura trahi pour Aida et sa patrie et son honneur... Il se taira devant ses juges. Mais il  ne trahira pas  l’amour!  Quelle posture magnifique! La basse qui interprète le chef des prêtres (dans un magnifique costume) c'est un excellent Giacomo Prestia et le baryton Dimitris Tiliakos qui incarne le père d'Aida, est un Amonasro  d'une  ascendance tout à fait  impressionnante.   

 L’image contient peut-être : 1 personne

© Forster 

A l’opposé de tant de finesse et de nuances chez Aida, il y a évidemment la méchante, interprétée  le jour de la première par Nora Gubisch. La grotesque Amnéris  a transformé son amour inassouvi en colère abyssale. Elle est aveuglée par la colère – une grande faute de goût chez les Grecs. Elle ne se rend compte qu’à la fin, que c’est sa jalousie pure  qui a causé la perte de tout le monde et que la clémence aurait été préférable. Contrairement à Aida, son jeu scénique n’est pas très développé, elle brutalise son esclave, s’arrache les cheveux et lacère se vêtements… On constate que  ses interventions collent au caractère glauque qu’elle incarne, et sa perruque, si perruque il y a,  parodie la coiffure de la très puissante Reine Elisabeth I,  aux pieds de laquelle se prosternaient des dizaines d’amants éconduits… Mais Verdi lui accorde une rédemption puisque Amnéris, la voix étouffé par les pleurs et se prosternant sur la dalle de la tombe implore enfin la paix au tout-Puissant Ptah!   

 

Et qu’est-ce que les mouvements de masse nous donnent-ils à voir ?   Encore le désespoir des déplacés et le cri de l’injustice. Les hommes transformés en chiens et en faucons. Une outrecuidante soldatesque qui appelle à la guerre  et des éclopés de  guerre agités de mouvements frénétiques.  Le mystère d’Isis dissimulé derrière le voile brodé du temple qui cache le saint des saints. La superbe des nantis qui exploitent la valetaille. La foule couleur sable, qui s’enivre de plaisirs ou de mortelles sentences. Cheveux cachés ou poudrés,  leur cœur bat au bruit des drapeaux qui claquent  tels des  nuées d’oiseaux d’Hitchcok, ils symbolisent un peuple muselé, ignare sans doute, manipulé et sans voix… Une sacrée performance pour  un  chœur! Il est  parfois proche, parfois lointain, comme dans le magnifique hymne à Ptah, où leurs harmonies et leur dialogue avec l'orchestre  sont  sublimes! Que de tableaux de  vaine poussière, face à l’héroïsme vivant du couple que l’amour rend éternel!


Distribution : 

Aida ADINA AARON
MONICA ZANETTIN (17, 20, 26, 31/5 & 4/6)
Radamès ANDREA CARÈ
GASTON RIVERO* (17, 20, 26, 31/5 & 4/6)
Amneris NORA GUBISCH
KSENIA DUDNIKOVA (17, 20, 26, 31/5 & 4/6)
Amonasro DIMITRIS TILIAKOS
GIOVANNI MEONI (17, 20, 26, 31/5 & 4/6)
Ramfis GIACOMO PRESTIA
MIKA KARES (17, 20, 23, 26, 31/5 & 4/6)
Il Re ENRICO IORI
Una sacerdotessa TAMARA BANJESEVIC
Un messaggero JULIAN HUBBARD

 

https://www.lamonnaie.be/fr/program/219-aida

http://concert.arte.tv/fr/aida-de-verdi-au-theatre-de-la-monnaie

http://opera.stanford.edu/Verdi/Aida/libretto_f.html

interviews/ extraits:   

http://www.bruzz.be/nl/video/de-munt-speelt-aida-voor-het-laatst-op-thurn-taxis

L’image contient peut-être : une personne ou plus, nuage, ciel, plein air et natureMonica Zanettin (Aida) © Forster

Monica Zanettin (Aida) ; Ksenia Dudnikova (Amneris) © ForsterL’image contient peut-être : 1 personne, nuit

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Un silence respectueux

Parfois, sur le tard, un désir,
Ancien ou nouveau se présente.
Il est conservé en attente,
Arrivera le temps d'agir.

Satisfaire une envie banale
N'exige certes pas d'efforts;
On ne s'en remet pas au sort,
Mais il en est d'originales.

Le rapport liant des amis
Crée une agréable tendance
Qui les incline à l'indulgence.
Les conseils sont toujours admis.

Or, il est rare qu'une envie,
Voulant que soient changées les donnes,
Ne cède à l'idée qui ordonne
Qu'à la prudence, l'on se fie.

Le souci d'un choix qu'a fait l'autre
Doit prévaloir sur le plaisir
Qu'on aurait, si à l'avenir,
Il y renonçait pour le nôtre.

19 mai 2017

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12273217889?profile=originalDeux propriétaires heureux posant devant une galerie de mine ©
Rare photo prise en extérieur, les photographes, avec leur lourd et encombrant matériel,

préférant le studio, qui permettait par ailleurs une meilleure maîtrise de la lumière

et un traitement plus rapide (ferrotype ou tintype, ca 1865).



       Une sacrée veine ! Le plus grand affleurement d’argent ! L’or en prime ! Ophir était son nom ! Et, à ce qu’on dit, James Old Virginny Finney, un soir de cuite, pour conjurer le sort, une de ses bouteilles de whiskey s’étant brisée au sol, proclama « I christen this ground Virginia ! » Et, sur cette pierre, on bâtit Virginia City !

12273218093?profile=originalComme on touche du bois,...
Celui-là semble vouloir mettre toutes les chances de son côté ©(ferrotype ou tintype, ca 1860) 

D’Ophir au sud à Gold Hill au nord tout le terrain était maintenant occupé. La bande des quatre était riche ! Riche ? Enfin…
Henry Comstock, vantard, laissa bien son nom à la postérité, mais vendit sa concession pour 11 000$ à plus malin que lui, le juge Walsh. Avec son pactole, il acheta un magasin de marchandises générales qui périclita. Adieu, vaches, cochons, couvées, prospérité. Il erra, perdit la raison et se suicida au Montana, le 27 septembre 1870, d’une balle de révolver. Triste sort. Il fut enterré, sans plus de formalités, à Bozeman au Montana. Old Pancake avait 50 ans. Oublié, on ne porta pas même le crêpe…

12273218872?profile=originalUn fondu d’or ©
Rien n'est superflu ! Double symbole fer-à-cheval et aimant,
voilà de quoi s'attirer chance et prospérité !
(Tintype, ca 1865, monté en carte-de-visite, un format popularisé en 1854 par le Français Disdéri et rapidement adopté par les Américains).

James Finney, Old Virginny, vendit lui aussi, pour, dit-on, du whiskey de Virginie et un cheval borgne, et but son fonds. Il tomba de son cheval et se fracassa le crâne. Il mourut le 20 juin 1861, jeté à la fosse commune à 44 ans. Ce qu’on appelle pudiquement aujourd’hui le carré des indigents. Pour lui, le carré d’as c’est déjà fini.

12273219267?profile=originalLa partie de cartes : mauvaise donne ©
(Tintype, ca 1865)

S’il finit seul dans le plus grand dénuement, il laissa son nom à Virginia City. Et une pierre aujourd’hui commémore sa mémoire.

 

12273220056?profile=originalTombe de James Finney Fennimore, Dayton, Nevada.

Une stèle commémorative pour tous ces pionniers.

(photo captée sur le Net)

Oui, mais de O’Riley et de McLaughlin, qu’advint-il ?

12273219460?profile=originalPeter O’Riley et Patrick McLaughlin ©
(ferrotype ou tintype, détail, ca 1860-1865)

Sans fleurs voici le couronnement de l’histoire…
Patrick McLaughlin céda ses parts pour 3 500$, occupa des petits boulots, devint cuistot pour finir par mourir de faim à San Bernardino, Californie, en 1875. Lui aussi finit à la fosse commune. Resquiescat in pace.

12273220094?profile=originalDescente aux enfers ©
(Tintype, ca 1860-1865)
Un décor dantesque en toile de fond.
Il s’agit probablement d’un concessionnaire minier posant pour la postérité.

Peter O’Riley, sans céder, réussit à tirer 45 000$ de ses concessions. Une sacrée somme ! Un chiffre qui résonne et qu’il saurait faire fructifier ! Avec sa vista, il se mit à entendre des voix qui le guideraient vers de nouveaux filons – là… entends-tu ? – pour y creuser sa tombe. Il finit sa vie dans un asile d’aliénés à Woodbridge en Californie, où il décéda en 1874. On ne lui connait pas de sépulture.

12273220694?profile=originalComme on creuse sa tombe ©
(ferrotype ou tintype, ca 1860)

Et alors, et alors…

      La finance investit le Nevada silver rush, faisant tourner la roue à coups de comstocks, jouant des mots (ces actions étaient échangées à la San Francisco stock and Exchange Board), se jouant des petits porteurs grâce à la rumeur, pour faire monter les enchères, descendre les cours, rafler la mise. La spéculation battait son plein. Silver City, Gold Hill, Virginia City régnaient.

12273221277?profile=originalDes étincelles plein les yeux,
ils voyaient des pépites gros comme ça ! ©
(ambrotype, ca 1855)

Corruption, prévarication, délit d’initié allaient bon train, avec cela une bonne publicité et le tour était joué. Car même « Si le minerai était modérément prometteur, nous suivions la coutume du pays, nous nous servions d’adjectifs puissants et écumions comme si la merveille des merveilles en fait de découverte argentifère venait d’apparaître. Si la mine était une mine ‘exploitée’ et ne pouvait montrer de minerai traitable (qu’elle n’avait évidemment pas), nous louions le tunnel, disant que c’était un des tunnels les plus encourageants du pays, radotant et radotant sur ce tunnel jusqu’à ce que nous soyons complétement à cours d’extase, mais nous ne disions pas un mot du minerai. Nous pouvions répandre une demi-colonne d’adulation sur un puits, ou un nouveau filin d’acier, ou un treuil de pin couvert, ou une pompe fascinante et terminer par un éclat d’admiration sur ‘le surintendant distingué et efficace’ de la mine… mais nous ne soufflions mot du minerai. », Samuel Clemens, qui se fit connaître sous le nom de Josh d’abord, puis sous celui de Mark Twain. Twain qui, effectivement, passa là « six ou sept années longues et singulières » A la dure (Roughing it), comme prospecteur dans un premier temps, puis comme journaliste. Finalement « Il n’y avait rien qui ne fut vendable dans le domaine des concessions minières. » pendant ses Folles années*.
Une autre supercherie qu’on se voudrait de ne pas signaler, les salted mines, et qui avait de quoi dessaler les plus crédules. Comme pour donner un air authentique à une commode Louis XV montée dans une arrière-boutique de bazar, chargez un fusil de chasse de cartouches remplies de grenaille d’or. Tirez. Vous obtenez un filon, des filous. La mine ainsi lestée est promptement cédée au premier pigeon venant à passer. Ou bien « L’entrepreneur de la chose découvrait un filon sans valeur, y creusait un puits, achetait un chargement de riche minerai de la ‘Comstock’, en jetait une partie dans le puits et installait le reste sur ses bords extérieurs. Il montrait alors la chose à un nigaud et lui vendait à un prix élevé. », Mark Twain. Une pratique qui ensemença toute l’Amérique.

12273221479?profile=originalBeaucoup y laissèrent leur chemise
(ferrotype ou tintype, ca 1860-1865)

      Mais il faut reconnaître que cette aventure a amené beaucoup d’innovations, de premières, d’avancées industrielles… Emploi de la dynamite, mise au point des techniques de traçage et de foration des trous de mines en couronne afin d’utiliser ce nouvel explosif en toute sécurité pour l’abattage, perforatrice Burley à air comprimé. Perfectionnement du moulin californien afin qu’il puisse fonctionner en continu grâce à la force hydraulique mue par la roue Pelton. Encore plus astucieux, le système de boisage par emboîtage de Philip Deidesheimer, ingénieur allemand formé à Freiberg en Allemagne, la meilleure Ecole des mines du monde. Une structure alvéolaire capable de résister aux pressions verticales et latérales, modulable en fonction des veines, failles et cisaillements d’un filon qui ne file pas droit, améliorant la sécurité tout en permettant d’aller toujours plus profond dans les mines du Comstock et ses minerais auro-argentifères. Aérage et drainage des galeries grâce à un tunnel conçu par Adolph Sutro, qui ne fit par ailleurs que ralentir l’inéluctable déclin d’une ville à son crépuscule.
Et « L’Ophir n’avait pratiquement rien valu un an auparavant et elle se vendait maintenant à près de quatre mille dollars le pied ! », Mark Twain.
Enfin, si aux Etats-Unis on se souvient d’Henry T. Comstock pour, en fait, avoir su détourner à son profit le Comstock Lode de ses deux véritables inventeurs, pour ce qu’il en est d’O’Riley et de McLaughlin, ils sont quasiment ignorés. Il faut dire qu’on ne connaissait pas le portrait de nos deux Irlandais. Aussi j’ai ici voulu réhabiliter ces deux véritables pionniers avec des informations et des documents inédits. Quand bien même le rush n’en rendit pas riches ceux qui décrochèrent la roche-mère.

12273221096?profile=original« Le temps des prospecteurs libres est révolu », semble dire ce vétéran,
« il est temps de se ranger des voitures et faire son deuil de la fortune. »
(tintype dans son curieux carton de montage, façon faire-part de deuil, ca 1865). ©

Et pouvoir vivre heureux le reste de son âge…

12273222071?profile=originalPapy a fait de la résistance.
(ferrotype ou tintype monté en carte-de-visite, ca 1865) ©

Voici enfin levé un des derniers mystères de l’Ouest. Pour mieux en suivre les péripéties vous pouvez en retrouver ici la première partie :


WANTED : https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/l-trange-et-difiante-histoire-de-peter-o-riley-et-de-patrick

Lansardière Michel (texte, photos, documents ©)

* Les mémoires de Mark Twain ont été publiées en 1872 sous le titre original de Roughing it, traduites en français sous les titres de Mes folles années ou d’A la dure.

N. B. : si la première photo de la première partie de cet article partie (cf. WANTED, et la sixième du présent billet qui en montre un gros plan) semble bien être l’authentique et unique portrait de Peter O’Riley et Patrick McLaughlin, du moins une hypothèse raisonnable, les autres american tintypes ne prétendent pas représenter les autres personnages de l’histoire. Par contre, elles leur sont toutes contemporaines, originales, et restituent le contexte de l’époque. Tous les documents ©, sauf mention contraire (3 photos captées sur le Net), proviennent de mes recherches personnelles.
Si enfin, concernant la photo de Billy the Kid, qui a beaucoup circulé et été montrée à la télévision, ou la découverte de celle de Henry Comstock, on a pu s’appuyer sur une iconographie déjà connue et donc procéder, entre autres, à des comparaisons faciales, pour la photographie de McLaughlin et de O’Riley je ne m’appuie que sur l’étiquette contre-collée au dos du tintype, ne connaissant aucune image d’eux. Alors, photo « salée »… il faudrait pour trancher d’autres moyens d’investigation (datation de l’encre, du papier…). J’ai par contre l’expérience de la photographie ancienne, américaine en particulier, et ai consacré plus de vingt ans de recherches aux chercheurs d’or. Et il s’agit bien d’un tintype américain contemporain de nos deux protagonistes. Aux découvertes fortuites de William Bohn en 2009 pour Henry Comstock et de Randy Guijero en 2010 pour Billy the Kid, j’ajoute une pierre au mythe doré et argentique.
Si vous voulez une suite à cette histoire, l’après, Virginia City au temps de Samuel Clemens (Mark Twain) ou du photographe Timothy O’Sullivan, et d’autres documents inédits…

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12273211257?profile=original

WANTED

¿ Qién es  ?...  ¿ Qién es  ? seraient les derniers mots prononcés par Billy the Kid, alias William Henry McCarty, alias William Bonney, alias William Antrim… The Kid, dont on vient de retrouver une deuxième photo avec sa bande des Regulators qui a récemment défrayé la chronique. Mais ceci est une autre histoire… See you later Regulator...

Pourtant, il sera bien question de roc(k), d’or et d’argentique. Ainsi, au hasard d’une vente aux enchères, je suis tombé sur deux hommes qui eux aussi, à leur manière, forgèrent la légende de l’Ouest américain. Cette photo, un ferrotype* (tintype), serait la seule connue de ces deux desperados…

Oui, mais justement… Qui sont-ils ?

 

12273211088?profile=originalPeter O’Riley et Patrick McLaughlin

(ferrotype ou tintype, ca 1860-1865) :

Du moins si l’on en croit la note dactylographiée collée au verso de la plaque :

« Peter O’Riley

&

Patrick McLaughlin,

The two discoverers of

 the famous Comstock Vein,

Virginia City, Nevada.

This mine eventually, as

 estimated, yealded

 $325, 000, 000 in gold

and silver.”

12273211472?profile=original

      Ces deux-là auraient pu devenir les rois de l’or et de l’argent. Mais trop naïfs, comme souvent les découvreurs, il en fut autrement. L’histoire de ces deux Irlandais mérite pourtant amplement d’être contée…
L’or était un aimant puissant. Et l’or c’était la Californie. Pourtant sur la route, au cœur de la Sierra Nevada, certains avaient bien prospecté, découvert quelques indices prometteurs…


On marmonne que les Mormons les premiers passèrent là et y levèrent les indices de la présence de l’or…
L'Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours fut fondée par Joseph Smith (1805-1844), le maître spirituel. A quatorze ans, il eut une révélation par l’intercession de l’ange Moroni. Dieu lui indiqua l’emplacement d’étranges tablettes d’or (ou de cuivre) à l’ouest de l’état de New York. Découvertes en 1827, elles divulguaient que les Indiens descendaient des « Nephites » et des « Lamanites » qui, venant d’Israël, s’étaient établis en Amérique six siècles avant J.-C. Le Christ après sa crucifixion apparut aux habitants du Nouveau Monde et souhaita qu’y soit établie la vraie église. Et Joseph Smith serait son « prophète, voyant, révélateur ». En 1830, il publia la traduction du Texte sacré et fonda son Église dans l’Ohio. Brigham Young y adhéra. Après bien des vicissitudes, persécutés par les « Gentils », installés au Missouri à Independance, chassés, les Mormons, puisqu’il s’agit bien d’eux, crurent trouver la paix à Nauvoo dans l’Illinois en 1839, et ce jusqu’en 1844, quand Smith et dix de ses apôtres furent tués. Un certain Rigdon le remplaça à la tête du Quorum. C’était sans compter sur le très influent et charismatique Young qui rapidement prit les rênes en mains et guida son peuple à travers l’Iowa, le Nebraska, le Wyoming, pour terminer leur long chemin de croix dans leur « Royaume de Deseret » le 24 juillet 1847. Deseret, « abeille », industrieuse et communautaire.

12273211497?profile=originalDestinée manifeste, tous vers l'Ouest !
Hommes, femmes, enfants, trente-huit pionniers sur le départ (photo sur papier albuminé*, ca 1865/70).

      Mais les autorités ne l’entendaient pas ainsi qui créèrent le « territoire d’Utah », nommèrent fonctionnaires et juges fantoches, chaperonnés par le puissant Gouverneur du Territoire, Brigham Young en personne (l’Utah ne devint État de l’Union qu’en 1896). Mais surtout ce qui changea c’est que l’appel de l’or transita par là. Le « Mormon trail » devint, pour partie, le « California trail ». Voitures à bras pour les uns, chariots tirés par six mulets ou, le plus souvent, quatre paires de bœufs pour les autres, les Mormons eurent beau crier dans le désert, la caravane passa.
Afin d’étendre leur emprise jusqu’au Pacifique, les Mormons essaimèrent, prêchèrent, péchèrent, par mission ou par passion.
      Il y eut déjà le « Mormon Battalion » qui avait rejoint l’Ouest pour bouter le Mexicain hors de la Californie nouvellement conquise. Henry W. Bigler, qui sera un autre grand apologiste de l’or (c’est dans son journal que l’on verra paraître pour la première fois la découverte d’or au moulin Sutter par James Marshall entre le 18 et le 20 janvier 1848), en fit partie au côté de Brigham Young. Arrivés après la bataille, certains travaillèrent au moulin Sutter avec les conséquences que l’on sait. Sam Brannam (c’est lui qui propagea la découverte d’or en Californie et déclencha la ruée que l’on sait en 1849. Il possédera jusqu’au cinquième de San Francisco et fondera Sacramento !), un temps converti, puis excommunié, il fit d’autres adeptes, portant loin la parole d’or. Et l’on rencontra quelques camps qui disent bien l’origine de leurs fondateurs, comme Mormon Bar ou Mormon Island, bien connu pour son magasin général où l’on trouvait tout pour le mineur, aux meilleurs prix, fort de café, chocolat, épices… mais ni alcool ni tabac… Toujours prosélytes, les Mormons repérèrent l’or au Nevada, après avoir traversé le Forty-mile Desert, d’abord à Carson Valley en 1849, puis, en quantités plus appréciables, à Gold Canyon l’année suivante. Ce qui forcément attira les fouineurs de ce côté du Nevada, dans le comté de Washoe…

12273211866?profile=originalVingt ans ! L’âge de tous les possibles
Deux jeunes gens posent fièrement armés de leurs pelles (tintype, ca 1860).

     Puis arrivèrent Ethan Allen et Hosea Ballou Grosh, mais l’or ne roulait pas les rivières, ne se ramassait pas à la pelle, non, décidément trop d’argent !
Oui, mais la Californie n’était plus ce qu’elle était… Et il y avait, certains s’en souviennent, un Gold Canyon du côté de la Sun Mountain (devenue le Mont Davidson). Et l’on retrouva un peu d’or au Six-Mile Canyon. Et là, exactement, à la jonction entre ces deux canyons, affleurait le plus riche gisement d’argent et d’or ! Qui deviendra célèbre sous le nom de Comstock Lode.
Ils étaient six sur le secteur à pouvoir revendiquer la paternité de sa découverte en 1859. Un seul laissera son nom…

¿ Qién es  ?...  ¿ Qién es  ?

12273211291?profile=originalCamp de prospecteurs (tintype, ca 1865)
Qu’ils soient mandatés pour une mission géologique et minière ou indépendants
tout l’Ouest était sous surveillance, sillonné de part en part.
La tente est plantée, les chevaux sellés,
déserts et sierras vont pouvoir continuer à livrer leurs secrets.

      Oui, mais pour cela il fait délimiter et enregistrer la concession, et même « Selon la loi du district, les locataires ou prétendants à une concession étaient obligés de faire un travail raisonnable sur leur nouvelle propriété dans les dix jours suivant la date de leur location, sans quoi il y avait forclusion et n’importe qui pouvait s’en emparer. », Mark Twain.

Or, qui serait en mesure de faire valoir ses titres en plein désert ?
      Déjà, Hosea Ballou Grosh, né en 1826, mourut le 2 septembre 1857 à Gold Hill. Son seul titre fut d’être le premier à être enterré au cimetière de Silver City. C’est ballot !
Voulant traverser la Sierra Nevada, il fut pris dans une tempête de neige, ses pieds gelèrent, ses jambes atteintes par la gangrène, il refusa d’être amputé. Il décéda le 19 décembre de la même année. Il repose au cimetière de Last Chance, dans le Placer County, Californie. Bien sûr, aucun des deux frères ne put enregistrer de concession. C’est pas de pot.

12273212089?profile=originalHosea Ballou et Ethan Allen Grosh
(photo captée sur le Net)

Pour eux l’affaire était réglée. Gros-Jean comme devant.
La question, Doc, restait en suspens… Qui remporterait le titre ?


      James Fennimore ( ? – 1861), qui se faisait appeler Finney pour oublier son lourd passé, et que l’on surnommait Old Virginny, un rappel de ses origines autant que de sa propension à siffler son bourbon.
      Henry Tompskins Paige Comstock (1820-1870), dit Old Pancake, un de ces mountain men capable de survivre avec un peu de farine et d’eau, un dur-à-cuire, un sourdough, droit dans ses bottes, toujours à l’aise, toujours chez lui. Et, à Gold Hill, ces deux-là trouvèrent bien un filon. Un bon filon même, mais pas de quoi aimanter les foules, si ce n’est quelques traine-savates.

Serait-il notre champion ?

12273211891?profile=originalHenry P.Comstock
(portrait supposé, découvert en 2009 par William Bohn)
(photo captée sur le Net)

12273212652?profile=originalEn tenue !
Deux mineurs posent en chemise et chapeau bas en tenue de travail, bottes, jean et brettelles

(tintype, ou ferrotype, ca 1860).

      Patrick McLaughlin et Peter O’Riley enfin, qui levèrent l’or au fond de la retenue d’eau qu’ils avaient aménagée. Oh, un or un peu pâlichon (en fait de l’électrum, un alliage naturel d’argent et d’or, mais ça ils l’ignoraient) et qui ne rapportait pas autant que le bon or franc. Mais quand même ! De plus le filon était dur à travailler.
Quoi qu’il en soit, ils pouvaient, à juste titre, avoir quelques prétentions, caresser quelques ambitions, briguer les plus hautes fonctions.
      Et puis il y avait ce fier-à-bras de Henry Old Pancake Comstock qui clamait haut et fort que le terrain était à lui ! C’est qu’il en imposait cette vieille crêpe ! D’ailleurs il leur flanqua son bras-droit comme associé, Emanuel Manny Penrod. Et voilà nos trois lascars à creuser. Mais Dieu que c’est lourd tout ce sable bleuâtre à évacuer pour récupérer la couleur jaune ! Un gaillard plus avisé s’en vint porter cette « terre bleue » à essayer. Et l’essayeur n’en revint pas ! Une teneur de 3000$ d’argent et de 876$ d’or la tonne ! Voilà qui fit grand bruit ! Ça c’est de la boue payante ! De quoi piqueter toute la montagne, enregistrer les concessions, lever des fonds, remplir des wagons, purger le filon !


      Et ce fut la ruée… Une de ces ruées comme on n’en avait plus connue depuis dix ans ! Bien entendu, quand tous ces gens affluèrent, les quatre inventeurs, Comstock, Penrod, O’Riley et McLaughlin s’étaient taillés la part du lion… Mais on sait ce qui advint de Daniel…
La meute des Washoeites, comme on nomma alors ces nouveaux chercheurs d’or, était lâchée, traînant son lot de misères. Le filon était riche, d’or mais surtout d’argent…

12273212483?profile=originalWestward ho !
A ce cri de ralliement, par vagues successives de milliers de migrants gagnèrent la Californie, quelle que soit leur condition. Ici un homme, d’un âge déjà avancé, pose en redingote, exhibant fièrement sa pelle, montrant ainsi sa détermination, sa rage de partir et de forcer le destin. Le photographe, par sa composition, une diagonale coupant le sujet, donne l’image d’une carte à jouer. Notre homme a-t-il tiré la bonne ?
Au-delà des conventions, la volonté manifeste, du photographe comme de son modèle, de transmettre un message, de raconter l’histoire en marche.

En redingote et boutons dorés...
(ambrotype*, 1/6e de plaque, dans son cadre, ca 1855).

Et la compétition ne faisait que de commencer…


A suivre…

Michel lansardière (texte, photos, documents)

*  Jadis et Daguerre (notes) :

 

Le ferrotype est un procédé photographique inventé par le Français Adolphe Alexandre Martin en 1852 ayant pour support une plaque de métal. Mais le brevet fut déposé en Angleterre par William Kloen et Daniel Jones en 1856, par Hamilton Lamphere Smith aux Etats-Unis la même année, sous les appellations melainotype et tintype où, popularisé par Peter Neff, il connut un succès considérable Outre-Atlantique.

Quant à l’ambrotype (du grec ambros, immortel), il fut mis au point en 1850 par le Britannique Frederic Scott Archer, procédé au collodion humide sur plaque de verre.  Aux Etats-Unis le brevet en fut déposé par James Ambrose Cutting l’année suivante.

L’un comme l’autre furent commercialisés, dans les premiers temps, dans des écrins (union-cases) comme l’étaient les daguerréotypes aux Etats-Unis.

Dans une épreuve à l’albumine, le papier est enduit de blanc d’œuf qui lui donne une surface brillante. Le papier est ensuite sensibilisé au nitrate d’argent et mis en contact avec le négatif (collodion sur verre). Procédé mis au point en 1847 par Louis-Désiré Blanquart-Evrard. Il présenta le procédé de tirage positif à l’albumine à l’Académie des sciences en mai 1850. Niépce de Saint-Victor (cousin de Nicéphore Niépce, pionnier de l’héliographie, dont la première image permanente conservée date de 1827) travailla aussi sur ce principe mais directement sur un verre sensibilisé. Le 7 janvier 1839 François Arago soumit à l’Académie des sciences l’invention de Louis Jacques Mandé Daguerre, considéré comme le père de la photographie. Quant à la photographie sur un support de papier salé, le calotype (de kalos, beau), elle fut inventée par William Henry Fox Talbot, également en 1839. C’est ce dernier que la perfide Albion considère généralement comme étant l’inventeur de la photographie (ce mot fut employé pour la première fois le 1er février 1839 par Charles Weattone dans un courrier à Talbot. Du moins si on omet la citation de ce terme par Hercules Florence, un Français installé au Brésil, chercheur oublié, dans ses manuscrits inédits, en... 1933 ! six ans avant la présentation officielle du procédé de Daguerre par Arago. Ecrits retrouvés par hasard dans les archives d'un journal brésilien dans les années 1970. Sa méthode a pu être éprouvée depuis...).

 

 

Nota: tous les documents présentés (sauf mention contraire, "photo captée sur le Net") proviennent de ma collection personnelle issue de plus de vingt ans de recherches.

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Ollé!

La vie, l'envie, l'étreinte

Et le désert soudain...

Jeunesse, détresse qui suinte

Tout serait-il donc vain?

Années flambées, éteintes

Aucun bon souvenir?

Ne pas crier sa plainte

Ebaucher un sourire!

Tenir, frémir encore

Et tapi dans le noir...

Un jour surgira l'or

Du rêve et de l'espoir!

J.G.

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administrateur théâtres

Exposition d’illustrations contemporaines chinoises, entre mythes et modernité

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Du 5 au 23 mai 2017, le Centre Culturel de Chine à Bruxelles accueille une exposition inédite :

plus d’une soixantaine de dessins et de peintures illustrant les origines de la civilisation chinoise ainsi que les aventures de ses héros mythiques sont mis en lumière à Bruxelles sous le nom « Where the dream begins : Creating the World » (« Là où le rêve commence : la création du monde »).

Quatre des artistes exposés ainsi que des représentants de la Shanghai Chinese Painting Academy – maître d’œuvre de l’exposition –  se sont rendus  tout spécialement à Bruxelles pour  le vernissage de l'exposition. 

Une diversité des styles et des techniques

Au total, pas moins de 68 illustrations classées en 17 collections composent l’exposition. Chacune de ces collections mettra en image des styles chinois très distincts grâce à l’identité artistique marquée de chacun des artistes exposés.

Le visiteur est confronté avec une grande diversité des styles et des techniques utilisées : encre de Chine, peinture à l’huile, peintures traditionnelles chinoise, pastels et même images digitales figurent au programme.

Un nouveau souffle pour l’illustration et la bande dessinée chinoise

Cette exposition se veut moderne et contemporaine, toutes les œuvres exposées ayant été réalisées en 2016. Elle s’attache surtout à faire connaître l’Histoire de la civilisation chinoise au travers de sa thématique. La richesse culturelle de la Chine s’y ressent également : les artistes exposés sont de tous âges et proviennent des quatre coins de la Chine. Spécialistes de l’illustration et de la bande dessinée chinoise, ceux-ci partagent le même souhait : en prenant part au projet, ils espèrent apporter un nouveau souffle à la créativité chinoise et offrir des œuvres inédites au grand public. Ce  large projet de la Ville de Shanghai, berceau de la bande dessinée,  vise à illustrer l'histoire de la civilisation chinoise par le biais de réalisations d'artistes contemporains et "représente le fruit d'un travail récent de recherche sur les mythologies chinoises, très populaires en Chine, qui se transmettent tant à l'oral qu'à l'écrit", explique Jianjun Tan, vice-directeur de la Shanghai Chinese Painting Academy, maître d'œuvre de l'exposition. "Nous sommes ravis de voir que cette exposition permettra d'ouvrir un dialogue entre la Chine et l'Occident".

Les bandes dessinées de poche, ou lianhuanhua, ont été publiées pour la première fois dans les années 1920 et étaient une source majeure de divertissement public. Dans les années 1950 et 1960, ils ont même été utilisés pour faire connaître les politiques gouvernementales, en particulier pour les personnes qui ne pouvaient pas lire.  Les premières bandes dessinées présentaient des légendes folkloriques et des personnages d'opéra. Des illustrateurs notés ont été rédigés pour le travail. L'apogée des bandes dessinées a pris fin pendant la «révolution culturelle» (1966-76), mais ils ont commencé à revenir à la fin des années 1970 jusqu'au milieu des années 1980.  Les bandes dessinées étaient généralement vendues dans des kiosques à Shanghai, mais l'ère numérique rapide a détourné l'attention de nombreux jeunes lecteurs du genre.  "Nous espérons que cette série de plus de 30 œuvres basée sur des mythes chinois va relancer les bandes dessinées dans un cadre contemporain"

 

020170428201508.bmp“Pangu Creates the New World” by Feng Yuan part of the project “Creating the World — Literary and Artistic Works on Chinese Creation Myths.”

Axing Xi est un peintre au style unique adepte de l’art folklorique chinois, travaillant tout en nuances et avec une  inclination marquée pour le  mystère. Une des légendes contées en image est  celle de la création des humains par Fuxi et Nuwa.* 

Les deux divinités mythiques Fuxi et Nuwa  quittent en volant  les montagnes de Kunlun  pour aller vers l'ouest,  région désolée et désertique  à l’époque. Nuwa pense que ce serait merveilleux s'il y avait des humains  à son image  dans ce monde. Elle  ramasse alors  de la boue  de ses mains fait une copie d'elle-même,  d’après son reflet dans un ruisseau. Miraculeusement, une  figure de d’argile  apparaît. Nuwa  prend alors  une branche de rotin vert, la plonge dans la boue et agite la branche. Des milliers de gouttes de boue  sont projetées  dans toutes les directions à travers les airs. Nuwa tenant  le bras de Fuxi  vole dans le ciel. Comme l'air dans leur sillage est tombé sur les gouttes de boue, chacune est  immédiatement transformée en être humain. Tous les humains descendent alors au sol et se dispersent dans toutes les directions pour constituer  les premiers ancêtres de différentes tribus  humaines.

 Ici la légende de la princesse Leizu qui enseigna le tissage de la soie.

Image associée Xiaofang Ding peintre créatif s’attache lui à apporter une touche de modernité à la peinture traditionnelle chinoise.

 du 5 au 23 mai, être visitée en famille

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ils ont intérêt à amener leur carnet de dessin car ils peuvent sûrement  y puiser de l'inspiration pour leurs  propres œuvres picturales! 

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https://matricien.org/patriarcat/mythologie/nuwa/

China Cultural Center in Brussels

Adresse : Rue Philippe Le Bon 2, 1000 Bruxelles
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administrateur théâtres

Menus Plaisirs d'estaminets... Ebats de Couples

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Avec :

Delphine Charlier

Anne Chantraine

Boris Olivier

Marc De Roy

Mise en scène: Delphine Charlier

Que fait-on dans les estaminets, sinon, dévorer dans une atmosphère détendue,  des mets de terroir, respirer des fumets de cuisine locale  bien arrosés de  chaleureux breuvages sans prétention? Cela vaut pour  les Flandres Françaises, mais à Bruxelles ? Il y a  le célèbre « Jardin de ma sœur »... situé dans le vieux quartier du marché aux poissons, où la gastronomie a laissé la place au théâtre. Un croisement romanesque d’Au temps passé et de Lieux aujourd’hui disparus a donné naissance à ce qu'on imaginerait être une ancienne épicerie-crèmerie, ou même le salon peu prétentieux  d’une maison privée. C’est  devenu maintenant un petit café populaire, où  Arthème Glickman vous sert avec amour de la lenteur des bières précieuses et rares, du vin au verre, en attendant le spectacle ... Pas un seul signe de vie moderne apparent: une cheminée  et ses ustensiles, des gravures et peintures de haut en bas des murs, quelques tables,  le confort de chaise de cuisines en bois de nos grand-mères,  peut-être quatre bancs d'église trouvés aux puces agrémentés de coussins pour les fesses sensibles. Par la fenêtre, on aperçoit une façade blanche d’une maison rustique d’autrefois. L'atmosphère nous reporte irrésistiblement  un siècle ou deux en arrière, au  cœur d'un  village  plutôt que celui  d’une capitale européenne. Quand la bonne trentaine d’habitués  de cette chapelle de convivialité est servie, on ferme les rideaux et on tire la porte, pour faire place à la veillée poétique, musicale ou littéraire qui se tiendra dans ce lieu sans frontières.

 

Les chansons de phonographe s’estompent et le regard se porte sur cette femme endormie sur sa couche… 1941, Madeleine Renaud? Non, c’est Delphine Charlier, 2017 qui joue Yvonne dans  «  FEU LA MERE DE MADAME » une scène de ménage féroce en un acte de Georges Feydeau (1862-1921), représentée pour la première fois  à la Comédie Royale de Paris le 15 novembre 1908. La farce s’articule autour des relations tendues d’un couple, alors que Lucien, le mari volage, déguisé en Louis XIV,  rentre à une heure avancée du bal des  quat'z'arts,  une soirée de fête aux accents orgiaques. Sous la perruque : Marc De Roy. Il est artiste peintre mais ne vend pas de toiles, ce qui exaspère Yvonne, jalouse de surcroît des modèles nus que son ami côtoie. Les tensions dont Annette, la  servante allemande, est témoin,  ne feront que s'exacerber avec l'arrivée d’un domestique, Joseph venant annoncer que la mère de Madame est morte. En valet, Boris Olivier est admirable.   Les jeux de scènes sont piquants et imaginatifs, les sentiments explosifs, la mauvaise foi et les mensonges une constante incendiaire. La dispute prend des allures d’éruption de lave volcanique.  Les comédiens  tiennent bien leur rôle de mousquetaires de la querelle perpétuelle  élevée au rang de mode de vie. Devant la Comédie Humaine, l’assistance tour à tour,  se tait, médusée ou se laisse gagner par le rire. L’entreprise dans un si petit lieu était une gageure, car trop de proximité peut parfois mettre mal à l'aise. La deuxième partie du spectacle mis en scène par l'excellente Delphine Charlier  confirmera leur savoir-faire et l’ampleur de leur énergie.

  

Nous voici après l’entracte,  avec Courteline (1858-1929)  et ses ignobles créatures dans  «  LES BOULINGRIN » vaudeville en un acte, créé en 1898 au Théâtre du Grand-Guignol à Paris. L’ironie cruelle  et le surréalisme montent  encore en puissance. La farce grand-guignolesque est de plus  que malveillante, le dérèglement total,  la scène de ménage a atteint un paroxysme de  haine. Le pique- assiette, Des Rillettes (Marc De Roy),  qui pensait faire régulièrement bonne chère chez ses amis Sieur et dame Boulingrin se voit transformé en poupée de chiffon  et sert d’exutoire à leurs querelles domestiques. Pris à son propre piège, il  devient la victime et le souffre-douleur de ses hôtes. Félicie, la bonne est de mèche… Encore plus vicieuse que la bonne de Feydeau. Bravo à Anne Chantraine pour les deux rôles, mais on la préfère dans Courteline! Apocalypse, now !  Les coups pleuvent sur le pantin de service qui croyait tirer les marrons du feu. Les  humiliations les mauvais-coups et les injures  s’amoncellent, la mort aux rats côtoie la furie furieuse et Des Rillettes a bien du mal à sortir indemne de cette farce infernale.  Et Marc  De Roy, bien sûr,  est royal dans ses deux interprétations!  Oui, les  quatre comédiens ont été parfaits dans cette course à la violence  autant verbale  que physique… Et ce n’est pas nous qui avons appelé les pompiers! Juré! 

 

théâtreEbats de Couples (03/05 jusqu'au 20/05)
du mercredi 03 au samedi 20 mai 2017

                              Tel: +32.2.217.65.82 
                              E-mail: info@leJardindemaSoeur.be

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