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ILS MARCHENT

Ils sont là sur le chemin

Ils n'ont plus rien dans les mains

Ils marchent ils marchent ils marchent

Rien ne peut les arrêter

A part la réalité

Ils marchent ils marchent ils marchent

Le vent traverse les corps

Tremblants presque nus dehors

L'hiver mord sans se lasser

A belles dents les trépassés

Le monde ailleurs ne sait pas

Les pieds dansent

Sur l'immense terre d'asile

Les pieds posent

Sur les choses leur exil

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L'art de séduire en affirmant


                                                     Propos

L'art oratoire le plus souvent provoque un émoi indicible. S'il le maîtrise, un conférencier peut créer une ambiance savoureuse.
Persuader impose une démonstration solide, faisant appel à la raison, présentée avec élégance. Or cela bien souvent suffit.
Vouloir séduire en même temps demande un long apprentissage et n'est possible sans talent.
Comme en poésie, il existe des muses inspiratrices, emplies de grâces.
Préparant un discours destiné aux Français, leur président n'a certainement pas tenté d'être magiquement guidé.
Les avocats voulant convaincre, agrémentent leurs arguments de remarquables citations ou d'images qui font sourire.
N'ayant rien osé de semblable, le président continua à discourir en s'écoutant, sans que soit troublé le silence.
En ce trois juillet à Versailles la griserie était absente.

3 juillet 2017

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administrateur théâtres

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Roman Signer, Wasserstiefel, 1986 © Marek Rogowiec

À côté des grands rendez-vous classiques, c’est la question de « Comment le changement se traduit-il en

musique ? » qui a inspiré la programmation de cette saison 2017-2018. En cette année où se multiplient les

évènements commémoratifs (500 ans de la Réforme, 100 ans de la Révolution russe, les indépendances de nouveaux

États tels que la Finlande et l’Estonie après la Seconde Guerre mondiale, la contestation de mai 68), BOZAR puise

dans le répertoire de la musique classique, de la musique du monde et du jazz, à la recherche de ces infimes traces

d’un changement ou d’une révolution qui s’annonce.

- Petite révolution au Palais également : cette année 2017-2018 est celle de l’inauguration de l’orgue restauré. 

Ne dérogeant pas à ce qui est désormais une tradition, BOZAR poursuit sa série de « portraits », dialogues privilégiés

avec des interprètes présents tout au long de la saison. Le concept s’est toutefois élargi pour inclure des cycles dédiés

à la musique du monde et au jazz, et même à un pays, l’Estonie. Par ailleurs, le Palais des Beaux-Arts est un écrin tant

pour les étoiles montantes que pour les artistes renommés. Outre les portraits, BOZAR reçoit avec la même joie et

fidélité les plus grands interprètes et orchestres du monde, dont une série de stars incontournables.

SEPTEMBRE

09.09.2017 UNITED MUSIC OF BRUSSELS

Promenade musicale au cœur de Bruxelles

http://www.bozar.be/fr/activities/126745-united-music-of-brussels

Pour la seconde année consécutive, La Monnaie, le Belgian National Orchestra et BOZAR proposent ensemble ce

projet qui célèbre la musique dans l’espace urbain ! Promenade dans Bruxelles, à la découverte des artistes du

Belgian National Orchestra et de la Monnaie, répartis pour l’occasion en petits ensembles dans des lieux insolites.

Ce samedi, placé sous le signe de la convivialité et de la diversité,  va faire battre le cœur de Bruxelles…

 

15 > 22 SEPTEMBRE 2017 INORGURATION

http://www.bozar.be/fr/activities/124343-inorguration---bozar-organ-festival

Ça y est !L’orgue monumental qui domine la scène de la Grande Salle Henry Le Bœuf sort du sommeil dans lequel il était plongé depuis plus de 50 ans. BOZAR dispose désormais d’un instrument unique, alliant tradition et modernité, et pouvant être mis à profit dans une diversité de répertoires. Cette incroyable polyvalence, nous la mettons à l’essai, une semaine durant, lors de l’InORGuration. Que la fête de l’orgue commence !

  • 15.09.2017 -  Belgian National Orchestra & Olivier Latry

Un orgue restauré, un orchestre fraîchement métamorphosé, des solistes d’exception, une création mondiale de Benoît

Mernier et des monuments du répertoire symphonique : voici ce qui vous attend lors de notre concert d’ouverture de la

saison.

 

  • 17.09.2017  - Orchestre Symphonique et de Choeur de femmes de la Monnaie, La choraline, Chœur
  • dejeunes de la Monnaie

L’orgue et la voix se marient à merveille. Il est donc logique de les associer lors de ce concert grandiose mettant en

dialogue les Dickinson Songs pour chœur et orchestre de Benoît Mernier – présentées en création mondiale – et des

pièces phares pour orgue de Poulenc et Barber.

 

21 > 23.09: UFA Film Nights

http://www.bozar.be/fr/activities/126905-ufa-film-nights-2017

Pour la cinquième année consécutive, les UFA Film Nights proposent la projection de chefs d’œuvres du

cinéma muet accompagnés de musique live. Le 21.09 sera d’ailleurs l’occasion d‘entremêler deux évènements,

puisque dans le cadre de l’inauguration de l’orgue, le Brussels Philharmonic interprétera une œuvre de Karol

Beffa avec orgue sur le film Le Dernier des hommes de Murnau. Le 22.09 DJ Jeff Mills se chargera de mettre en

musique le film Paris qui dort  (René Clair, 1923) et le 23.09, Trio Grande + guests accompagnera la projection

de Our Hospitality de Buster Keaton.

26.09.2017 COLLEGIUM VOCALE GENT

http://www.bozar.be/fr/activities/124025-collegium-vocale-gent

Influencées  par l’héritage russe comme par la seconde École de Vienne, les œuvres de Schnittke sont toujours

très denses et son Concerto pour chœur n’échappe pas à la règle. Ce petit bijou d’intensité religieuse évoque

la musique de l’Église orthodoxe, basée sur le Livre de chants funèbres de l'écrivain arménien du Xe siècle

Grégoire de Narek.  Lux aeterna de Ligeti, chef-d’œuvre mystique du XXe siècle, est également porté par une

force métaphysique que Kubrick immortalisa dans son film 2001 : l’Odyssée de l’espace.


27.09.2017 : PHILHARMONIA ORCHESTRA 

http://www.bozar.be/fr/activities/123545-philharmonia-orchestra

Le chef d’orchestre et compositeur finlandais Esa Pekka Salonen sera à la tête du légendaire Philharmonia

Orchestra pour célébrer le centenaire de l’indépendance de son pays.  Au programme, bien sûr, Sibelius, l’âme

musical de la Finlande, avec notamment sa fascinante Septième Symphonie, en un mouvement. Mais aussi de

la musique contemporaine, si chère à Salonen, qui dirigera en première belge, le Concerto pour violon de

Daníel Bjarnason. En soliste, le prodigieux Pekka Kuusisto, issu d’une illustre famille de musiciens finlandais.


14.09 > 30.09.2017  BOZAR ELECTRONIC ARTS FESTIVAL

http://www.bozar.be/fr/activities/129186-bozar-electronic-arts-fest...

Le BOZAR Electronic Arts Festival investit le Palais des Beaux-Arts pour la sixième fois. Plusieurs jours durant, ce

festival pluridisciplinaire vous offre un aperçu le plus large possible des arts électroniques, à la croisée des

chemins entre art et technologie. La tête d’affiche du programme musical du festival n’est autre que le

compositeur minimaliste Jóhann Jóhannsson, déjà récompensé par un Golden Globe et nominé plusieurs fois

aux Oscars, auteur notamment des bandes originales d’Arrival et du nouveau Blade Runner. Durant le long

week-end musical (du 26 au 30.09), particulièrement éclectique, sera l’occasion de voir et entendre  l’artiste

australien aux multiples talents Ben Frost et en première belge l’hommage émouvant du compositeur

américain William Basinski à David Bowie. Le producteur et shoegazer Pantha du Prince donnera un concert

exclusif et la reine de l’avant-garde japonaise Phew nous reviendra avec un nouvel album, 20 ans après la

sortie du dernier. 

http://www.bozar.be/fr/homepages/73642-music

Et que nous réserve OCTOBRE ? On vous le dira ...bientôt! Passez un bel été! Les festivals ne manquent pas!

En particulier, le Festival Musiq3 du 30 juin au 2 juillet 2017! 

Le 7e festival Musiq3 s'intitule  « Touch » : une édition basée sur les instruments à touche et sur la variété des genres musicaux…

Get in touch! Et pour ce chiffre symbolique qu’est le chiffre 7 - Seven, go to Heaven! -, vous ne toucherez pas terre! Les équipes de ce

festival  proposent un menu très éclectique pour le bonheur des petits comme des grands. 

Les « touches »,… les pianos, les xylophones et tout instrument qui sonne sous la pression des doigts… feront de ce festival le plus rock

des festivals classiques...  On aura donc  l’occasion d’écouter accordéonsmarimbas (notamment au concert d’ouverture), 

bandonéonspercussions, et celestas.  Un cocktail varié de notes et de gammes  offrira un voyage aux quatre coins

du monde,faisant découvrir un monde musical d'instruments  peu connus. Enfin, ne ratez pas l'orgue de l’Abbaye de la Cambre qui vibrera

sous des résonances Pop en compagnie de la chanteuse An Pierlé.

Les points forts du Festival

Soixante concerts seront présentés dans les différentes salles du Festival. 

  • Le concert d’ouverture

Musiq3 désire ouvrir le Festival en grande pompe. C’est pourquoi, la chaîne a choisi la « Bach Touch » en prime time

du premier soir. Ce concert aura entre autres comme interprète Thomas Enhco, petit-fils de Jean-Claude Casadesus

 (le chef fondateur de l’Orchestre National de Lille, qu’il a dirigé jusqu’en 2016). Ce concert mettra non seulement Bach

à l’honneur mais également Mendelssohn, permettant le  voyage dans le temps - du 16ème au 19ème siècle - et à travers  le vaste

empire germanique. 

Beatrice Rana

  • Babar for kids

Babar le roi des éléphants en habit vert, créé en 1931 par Cécile et Jean de Brunhoff, est bien un des favoris des tout-petits depuis de

nombreuses générations.  Quatre millions d'exemplaires des albums vendus avant 1939.   Le monde des éléphants est un monde paisible et

rassurant. Emmenez les moins de  sept ans en compagnie de Céleste, l’épouse du roi  Babar et leurs adorables enfants, Pom, Flore, Alexandre

 et  Isabelle.  La ballade contée sera  mise en scène et en musique, avec talent par  la comédienne belge Zidani et  la douce et

charismatique  Eliane Reyes au clavier. 

 


D’autres activités pour les enfants seront également prévues. Il y aura le spectacle Jazz for Kids et de nombreux ateliers de découverte

des instruments organisés comme chaque année en partenariat avec l’ASBL ReMuA.

  • Les jeunes découvertes

Ce sont plus de 300 musiciens,en dessous de 30 ans qui seront mis  à l’honneur.   Thomas Enhco et Béatrice Rana,

mais bien d’autres tout aussi surprenants, comme Seong-Jin ChoBenjamin GrosvenorJustin TaylorJean

Rondeau ou encore Vassilena Serafimova. « Une palette internationale aux talents multiples », au palmarès déjà bien fourni.

Cette septième édition accueillera aussi les lauréats du concours Supernova, un concours qui déniche les jeunes prodiges belges

en musique de chambre, en collaboration avec la VRT, le Festival de Wallonie et le Festival van Vlaanderen.

  • West Side Story

Ce remake musical de la cultissime comédie musicale du début des années 1960 suffit pour attiser notre curiosité

d’aller voir ce qui se passera au lever de rideau. A l’époque, il s’agissait de présenter en chanson de variété la misère

des quartiers new-yorkais, en particulier pour les immigrés portoricains. Aujourd’hui, les musiciens et les arrangeurs

ont gardé cette trame en prenant les paris d’en faire un remix swing.

  • Le prix du Public au  Concours Reine Elisabeth 2017

Le concours Reine Elisabeth innovait  cette année puisque c’était la première édition consacrée au violoncelle. Le lauréat

ayant  remporté le Prix du Public, donnera son  concert au Studio Flagey. Ivan Karizna, né en 1992,  est originaire de

Biélorussie. vit en France depuis 8 ans, où il étudie au Conservatoire National. L'art, les livres et surtout la musique sont sa passion.

                         Ivan Karizna à étudié à Minsk, mais il n'y était pas très heureux, la Biélorussie est un pays isolé, il n'avait

aucun contact avec le monde musical européen, et pour lui, il est difficile d'être un artiste dans ce pays : il n'y a aucun

soutien ni du gouvernement, ni des gens en général. Il essaie d'y retourner le plus souvent possible pour y donner des

concerts, et faire passer un message, c'est sa responsabilité, sa mission en tant que musicien, transmettre le sens et la

beauté de la musique. Son instrument avec lequel il ne fait qu'un, est  essentiel pour lui. C'est un artiste remarquable par

la qualité de sa musicalité.

 

Portrait d’Ivan Karizna, Prix Musiq3 du Public au Concours Reine Elisabeth 2017

« Touch »,  permet enfin aux enfants, en particulier, de découvrir les instruments par le toucher, lors de  ces trois jours de

liesse musicale annuelle à la fin juin et au début juillet, qui marquent depuis sept ans, la clôture de la saison.

Toutes les informations sur  le site de Musiq3.

Et pour  aiguiser vos appétits musicaux:

http://lesfeuxdelaramperogersimons.skynetblogs.be/archive/2017/06/16/festival-musiq-3-flagey-premier-jour-8740369.html

http://lesfeuxdelaramperogersimons.skynetblogs.be/archive/2017/06/24/b-festival-musiq-3-rtbf-flagey-deuxieme-jour-8742693.html

http://lesfeuxdelaramperogersimons.skynetblogs.be/archive/2017/06/25/c-festival-musiq-3-rtbf-flagey-troisieme-jour-8742814.html

(source utilisée: Culture Remains)

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administrateur théâtres

Le premier MuCH Waterloo Festival, un bouquet de talents virtuoses.(I)

 

Jolie formule musicale de carpe diem : du 7 au 11 juin à Waterloo, on  pouvait  assister à pas mois de  38 concerts courts et variés en 5 lieux répartis dans  Waterloo et les alentours. Cela se  clôturait de manière  printanière et festive dans  le cadre bucolique et accueillant  des jardins d’Argenteuil, à  la Chapelle Musicale  Reine Elisabeth,  par une garden party, devenue  maintenant traditionnelle. Le premier MuCH Waterloo Festival, un bouquet de talents virtuoses.

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Le premier concert du festival auquel nous avons assisté est  le très émouvant Oratorio, The Creation, (Hob. XXI:2) - Die Schöpfung de J.Haydn, donné dans la belle acoustique de L’Eglise Saint-Joseph à Waterloo, le 8 juin dernier.  Cette oeuvre lumineuse symbolise l'incarnation de l'immense foi et gratitude de Haydn  envers son créateur.  En homme profondément religieux, Haydn  écrivit : « Je n'ai jamais été aussi dévoué que lorsque je composais La Création. Chaque jour je priais Dieu à genou afin qu'il me donne la force nécessaire pour cette œuvre ».  Première oeuvre de type cosmopolite, elle a été  écrite dès sa création pour être chantée en trois langues : allemand, anglais, français, anglais.  La création  française  eut lieu le 24 décembre 1800 à Paris. C'est ce jour-là qu'en se rendant à la représentation, Napoléon Bonaparte faillit être victime d'un attentat. 

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Bart Van Reyn dirige chœurs et orchestre : L’Octopus Choir et Le Concert d’Anvers avec des solistes de tout premier rang: Julia Szproch et Cécile Lastchenko, sopranos, Pawel Konik, baryton, Denzil Delaere, ténor et Bertrand Duby, basse.

Une oeuvre empreinte de mystère et de tendresse : « leise , leise… ». Voilà offerte toute la beauté du monde  chantée par  le tenor Hugo Hymas (GB) qui remplace Denzil Delaere, souffrant! Trois solistes représentent trois anges qui racontent et commentent les six jours de la création du monde selon la Genèse: Gabriel (soprano), Uriel (tenor) et Raphaël (basse). La nature est une cathédrale qui berce. L’ange Gabriel (Julia Szproch) chante avec puissance juvénile et souples vocalises, les  produits nourriciers de la terre et  l’innocence de la création. Sa voix charmeuse nantie d'une palette d’une très belle envergure fuse vers les hauteurs. Le chœur  fait preuve  une diction allemande remarquable et r enchante le public avec « Die Himmel erzählen die Ehre Gottes Und seine Hände Werk zeigt an das Firmament » Cette interprétation donne lieu à un dégagement d’énergie incroyable qui  inonde  les moindres recoins du lieu. Les étoiles de l’univers dansent avec jubilation. La musique  joue au télescope et sonde l’immensité.

La deuxième partie de l'oratorio  commence avec  la création des oiseaux. L'orchestre se livre aux plaisirs d'une musique  imitative.  Une véritable  nuée de voix s’envole vers le ciel, alors que  les violons répondent en écho à chaque appel. Les roucoulades des flûtes soulignent l’innocence du monde,  avant que ne s'élève la sombre voix du Seigneur  après son impressionnante création des monstres marins: « Seid fruchtbar ... » La basse - Bertrand Duby, - vous donne le frisson ! « Erfreut euch in euren Gott ! » Ce dernier mot  semble vibrer indéfiniment.

Le très beau récitatif n° 23 du ténor décrivant la création de l’homme à l’image du Seigneur  repose sur l’écrin délicat du  clavecin, celui des violoncelles ronronnant de plaisir accompagnés de bois aériens. Dieu lui-même est content ! La plénitude  envoûtante du  Terzett 25  remet en lumière l’exultation du chœur.

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Mais bien sûr c’est le duo très attendu du couple radieux d’Adam et Eve « Holde Gattin, dir zur Seite Der tauende Morgen »  qui donne  toute la dimension mystique de l'oeuvre, qu’ils remercient le créateur pour la  merveille de la création ou qu’ils se disent leur mutuel amour et admiration dans de superbes lignes mélodiques. Cécile Lastchenko, soprano et Pawel Konik, baryton sont absolument extraordinaires. Le public s'en trouve bouleversé.  «  O glucklich paar ! »

Le choeur semble bondir dans une éternité sublime : « Singt dem Herren alle Stimmen... Des Herren Ruhm, er bleibt in Ewigkeit! Amen! »  Ce dernier couplet rassemble sous la baguette fougueuse et créatrice de Bart Van Reyn toutes les énergies terrestres et spirituelles des Amen retentissants, exaltés et parfois acrobatiques.  C’est enfin un public transfiguré  par l’émotion engendrée par  cette  apaisante fresque narrative  de la création, qui a exprimé sa joie dans un  tonnerre prolongé de fervents applaudissements.

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http://opera.stanford.edu/iu/libretti/schoepf.htm 

http://musicchapel.org/event/much-waterloo-festival-5/ 

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administrateur théâtres

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Le premier MuCH Waterloo Festival s’est terminé…par  un bouquet de talents virtuoses. En effet Ce sont les Quatre Saisons de Vivaldi et celles de Piazzola qui mettaient fin à ce cycle de musique, de danse,  de poésie et même d’aquarelle réparti sur 5 jours de liesse estivale.  Avec le Nco Orchestre, Tatiana Samouil, Kerson Leong, sous la direction d’ Ayrton Desimpelaere.

 

Invite

Nous sommes dans le Studio Haas Teichen avec L’Orchestre de Chambre de Namur. Ayrton Desimpelare, dont  la carrière brillante ne fait que commencer,  déroulera lors de cette dernière  contribution vibrante au festival, tout son art et sa sensibilité de maestro. La violoniste soliste c’est  Tatiana Samouil, lauréate du Concours Reine Elisabeth 2001,   professeur de violon à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth et depuis  2002 premier violon à  l’Orchestre Symphonique de la Monnaie. Sous la baguette innovante et impétueuse d’Ayrton Desimpelaere,  elle transforme littéralement notre perception habituelle de l’œuvre du maître italien.

 Dès le Largo du Printemps, elle nous entoure d’un manteau noir de tristesse et nous confie le relief de ses larmes avant de les essuyer par des mélodies bondissantes d’allégresse dans  la très  grande pureté de sonorités de L’allegro. De vraies giboulées musicales.  Les vagues de bonheur se répandent dans la très belle acoustique de la salle …et dans le cœur du public. Une impression de liberté? De mobilité extrême des sentiments? Le visage de la violoniste dont on perçoit les moindres tressaillements  se crispe, la souffrance renaît  perchée sur la basse continue, puis le sourire  réapparaît dans les yeux, pour s’achever dans la sérénité. Une sérénité de véritable hédoniste?    

L’Allegro non molto de l’Eté commence par un tapis de questions inquiètes qui s’embrasent dans l’élan vital solaire de la partition. Mais  toujours très apparente,   cette nostalgie de la violoniste,  comme une  fièvre récurrente de de l’absence,  rejoint aussitôt la fureur de vivre et se fond avec l’ardeur juvénile débordante de tout l’orchestre. Dans un lieu où la proximité avec les musiciens est si grande, la projection de chaque instrumentiste est comme calligraphiée. L’Adagio semble jouer au sablier du temps. Voilà une fragilité intense et douloureuse  qui se  répand  sur fond d’orages et d’éclairs.  Le Presto est conquérant, la magie musicale a fait taire toutes les angoisses et recouvrer la joie de vivre.  Une approche d’un romantisme fou!

 L’Allegro qui débute l’automne semble dédié à Bacchus et à l’abondance des fruits de la terre, L’archet est victorieux : ivresse de sonorités ! Mais L’Automne rime  aussi avec langueurs aux couleurs de feuilles mortes balayées prestement par le regard de connivence de la violoniste avec le chef d’Orchestre. Très émouvant, ce  clavecin qui  aidé des vents  précieux étend un voile brume qui peu à peu obscurcit le bonheur. L’archet se fait déchirant. Chacun peut penser à quelque chose de profondément triste avant de sauter dans une luxuriante danse finale, brillante d’énergie.

 

« Quest'è 'l verno, ma tal, che gioja apporte ».L’hiver marche sur un carnage d’élytres froissées, d’ascensions désespérées, tout un peuple ailé craint les frimas à venir, mais la lumière est si belle, et on voit le ciel. Les rafales passent dans les pizzicatis des violons. Le Largo fait brûler les flammes bienfaitrices, un cœur pacifié, empli de chaleur humaine et de caresses. Quelques mesures de sortie tout en légèreté soudent la grâce à l’énergie qui ne font plus qu’une. Les  jeunes artistes et le public ravis de  la communion musicale, se retirent pour la pause, le sourire aux lèvres.

 

Meet and Connect

Les quatre saisons de Piazzola amèneront  sur le plateau un vrai génie de l’archet qui avec ses allures de bad boy  enchanteur, caracole entre assauts vers le ciel, solo sentimental, tangos, bataille héroïque  qui terrasse le dragon, envolées qui semblent improvisées et citations de Vivaldi !  Le jeune violoniste canadien distingué Kerson Leong est tellement fascinant que l’on en oublierait le chef d’orchestre. Il possède une virtuosité qui coupe le souffle, une  intériorité qui déménage avec des abîmes de fragilité et des sommets de puissance. Salves, trilles bouleversantes, sautes d’humeur, glissements subreptices dans la romance, décharges électriques, pas de deux… . Cela virevolte, cela foisonne sans rimes ni raison.  Le musicien est entier au cœur de la transe des saisons, tous siècles confondus.   La contrebasse n’en peut plus de battre!  Le magnifique timbre de l’instrument du virtuose, un Guarneri del Gesu (1730) multiplie les registres et les désespérances, il  rend  une multiplicité de couleurs chatoyantes, on se perd dans l’affolement  circulaire des saisons et on se sent infusé d’émotion. Cet artiste incomparable invité au MuCH Waterloo Festival s’est produit dans des salles  internationales de renom comme le  Wigmore Hall in London, l’Auditorium du Louvre in Paris, the Oslo Opera House, and the National Centre for the Performing Arts in Beijing.    Il est partout. On l’écoute partout à la  CBC Television,  la CBC/Radio Canada,la BBC Radio 3, Radio France, Radio Television Suisse, l’ American Public Media’s SymphonyCast, la NRK, la RAI, la Deutschlandradio Kultur,  et la  Czech Radio. C’est un tonnerre d’ovations qui résulte de cette splendide performance, en espérant que la  prochaine saison du MuCH Waterloo Festival 2018 soit d’une aussi belle tenue!    

 

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administrateur théâtres

La Chypre imaginaire de Shakespeare est une  riche possession vénitienne, bastion  entre l’Islam et la chrétienté orientale. Priorité à la structure et aux couleurs : les notables festoient sur  l’esplanade d’un palais vénitien dans un déluge de tenues d’apparat, dignes de tableaux renaissance de Véronèse : Les noces de Canna (1562)?    On ne peut qu’être remplis d’admiration pour ces costumes rutilants faits de  tissus et  soieries tellement  raffinés -“Stuff dreams are made of” -   et signés  par le fidèle  créateur de L’opéra Royal de Wallonie: Fernand Ruiz. Ceux-ci, tous différents, font  presque passer au second plan les colonnades antiques du palais où se déroule l’action après la  bataille de Lépante…

Cette histoire Shakespearienne encensée par Verdi avait été écrite en 1603-1604 après la publication d’un édit royal de 1601 ordonnant l'expulsion de tous les Noirs d'Angleterre. Otello, le général maure de l’armée Vénitienne est en extase devant  sa jeune  épouse Desdemona qu’il a épousée contre le consentement de ses parents. Cependant,  son conseiller de confiance, Iago, commence à laisser  entendre que Desdemona est infidèle. Il veut causer la perte d’Otello et le pousser au crime passionnel.  Qui des deux, Otello va-t-il croire : son perfide et envieux compagnon d’armes  ou son innocente  femme? Avec une exactitude presque mathématique, on assiste au développement  du sentiment de  jalousie, depuis sa naissance à peine perceptible jusqu’à son fatal paroxysme. Les chœurs toujours dirigés par Pierre Iodice sont somptueux et constituent un renouvellement ininterrompu de  tableaux vivants  de l’époque Elisabéthaine!

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Otello se confond impeccablement avec la ligne ascendante implacable de la jalousie, depuis la confiance extatique au premier acte, jusqu’à l’instant où naît le soupçon infusé avec machiavelisme par Iago, celui où commence la traque de la trahison imaginaire dans une  passion qui s’exaspère jusqu’à la folie bestiale. Et puis, devant le constat de son crime et l’innocence certaine de la victime, il se précipite dans l’abîme du désespoir et de l’inutile repentir. Le ténor   argentin José Cura, formé par Domingo Placido  explore sa partition avec vigueur brûlante et profusion de couleurs.  Son «Abbasso le spade!» clamé avec autorité contraste pleinement avec son duo  avec Desdemona, qui clôt le premier acte. Il diffuse parfaitement sa perception de  la volatilité du bonheur lorsqu’il dit vouloir mourir dans l’extase de l’étreinte de sa compagne.  «Già nella notte densa» déborde de tendresse. Les dieux seraient-t-ils jaloux de ce pur bonheur?

Otello

Jose Cura © Lorraine Wauters 

«  Credi in un Dio cruel che m’ha creato simile a sè ! » Je crois à un Dieu cruel qui m’a fait à son image ! Le sulfureux Iago (Pierre-Yves Pruvot), humilié de s’être vu refuser une promotion,  a engagé une machination infernale pour détruire celui qu’il s’est mis à haïr avec passion.  Il est  consumé par l’orgueil, la jalousie, l’envie et le désir de vengeance. Sa duplicité monstrueuse  fascinante  en fait une figure d’un charisme  infernal qui force  malgré tout l’admiration du public. Quelle prestation et quelle sonorité ! Le baryton Pierre-Yves Pruvot  endosse le costume de l’hypocrisie avec une conviction et un talent vocal et théâtral exceptionnel. Ses moindres inflexions changeantes tantôt caressantes, tantôt menaçantes donnent froid dans le dos tant la fourberie est toxique!

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Desdemona est remarquablement intense dans sa naïveté et son aveuglement amoureux, mais aussi d’une lucidité  surnaturelle  devant l’imminence de sa fin brutale. Cinzia Forte  qui s’est illustrée sur la scène de l’Opéra de Wallonie plusieurs fois, RigolettoLe Nozze di FigaroFidelio et La Bohème) possède une voix pleine de fraîcheur de délicatesse et de rondeur. Ses aigus soulignés par la finesse des violons et en suite  celle des  bois sont super légers !  Son désarroi devant les accusations injustes est  immensément touchant. « Atterré, je fixe ton terrible regard, en toi, parle une furie ! » « L’Eternel voit ma foi ! »L’orchestre est en délire et l’accompagne dans son sentiment d’injustice. Otello l’étouffe sur sa poitrine, elle fuit et les cordes soulignent son isolement. Plainte douloureuse, le soleil s’est éteint.  On retrouve la hantise de l’antiquité grecque.  Dans la fange amère et glacée, elle pleure son âme qui se meurt. Après son Ave Maria, « prega per noi ! » elle quitte le coussin sur lequel elle s’était agenouillée pour s’approcher du lit mortel. L’Amen est illuminé bordé de violons fins comme des cheveux d’ange  Son jeu  final d’oiseau pour le chat est pleinement attendrissant et semble penser :  « Tue-moi mais fais vite !» « As-tu prié » demande Otello ! «  Mon pacte est l’amour. » Tout est dit !

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S’il visait l’excellence  pour sa dernière représentation à L’Opéra de Liège,  Paolo Arrivabeni, dont  c’est la dernière saison, a atteint pleinement son but. Il  confirme sa très fine et profonde  connaissance de l’œuvre et son habileté pour traduire tous les sentiments. Il  parcourt la triple tragédie  dans les moindres détails, avec un sens aigu des variations d’atmosphères et un traitement époustouflant des orages annonciateurs de  tempêtes de sentiments dont les humains sont victimes. La pâte sonore luxuriante semble monter comme un immense soufflé de haine, de jalousie et de désarroi d’une rare  intensité. De la place où nous étions, nous avions une vue plongeante sur l’orchestre, de quoi pouvoir observer les moindres détails des interventions des instrumentistes. Joie musicale redoublée. Quatre notes de harpe disent la nuit qui descend, l’accompagnement du rire de Iago est fracassant et quand le doute pénètre Otello, les cordes en tremblent ! Le venin de la trahison imaginaire s’infuse dans les bois, la colère d’Otello bouillonne avec un orchestre en folie alors que genou à terre celui-ci fait un pacte avec le Diable! Les cuivres sont sanguinaires : « Comment vais-je la tuer » se demande Otello ! Et la munificence de la cour vénitienne déferle avec les chœurs qui saluent le vainqueur de Chypre. A la fin du 3e acte le chef a donné toute sa force et est épuisé par le paroxysme musical. A la fin du 4e acte, le dernier souffle de vie est expulsé par l’orchestre.    19224769_1732477563448290_253497608858692607_n.jpg

Le jeu de la suivante, Emilia n’est pas moins convainquant « Je suis ta femme, pas ton esclave ! » assène-t-elle à Iago. Alexise Yerna a été entendue sur la même scène dans Manon, Luisa Miller, Rigoletto, Ernani, Il Barbiere di Siviglia, Lucia di Lammermoor, La Traviata et Orphée aux enfers. Les deux femmes sont à la pointe de l’intimité, elles s’entraident avec la ferveur du désespoir.  Leur duo tendre souligné par les hautbois est un moment d’émotion intense et lumineuse. C’est elle qui expliquera avec détermination la félonie de son mari  à l’ambassadeur de Venise (notre cher Roger Joachim). Et Cassio, le jouet du destin, c’est  Gulio Pelligra (dans Nabucco en octobre dernier) qui l’habille d’une très belle humanité.

SAISON : 2016-2017

DIRECTION MUSICALE : Paolo Arrivabeni MISE EN SCÈNE : Stefano Mazzonis di Pralafera CHEF DES CHŒURS : Pierre Iodice ARTISTES : José CuraCinzia FortePierre-Yves PruvotGiulio PelligraAlexise YernaRoger JoakimPapuna TchuradzePatrick DelcourMarc Tissons

NOMBRE DE REPRÉSENTATIONS : 6DATES : Du vendredi, 16/06/2017 au jeudi, 29/06/2017  

http://www.operaliege.be/fr/activites/otello

Crédit photos: Lorraine Wauters

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L'adieu

Accompagnent l'adieu des larmes de tristesse
Mais il est doux à l'âme de l'être qui s'en va
Quand il entend des mots débordant de tendresse.
Jusqu'à son dernier souffle, il ressent qu'ils sont là.
Accompagnent l'adieu des larmes de tristesse.

Il sait qu'il va mourir le parent que l'on veille.
Il a vécu longtemps, sur différents rivages,
En ayant contemplé les monts et les merveilles
Puis s'était préparé à l'ultime voyage.
Il sait qu'il va mourir le parent que l'on veille.

Des enfants qu'il chérit, il reçut de l'amour.
Ils sont dans la douleur en ce dernier adieu.
La fin d'une existence doit arriver un jour,
Même s'il est tardif, il parait odieux.
Des enfants qu'il chérit, il reçut de l'amour.

La providence fait que l'apaisement vient.
Il surprend quelques fois; d'autres chagrins perdurent.
Si l'on ne souffre plus, sans cesse on se souvient.
On pense à des instants de joies qui étaient pures.
La providence fait que l'apaisement vient

.

24 juin 2017

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Dans le cadre du 10ème anniversaire d’activités de l’Espace Art Gallery en 2015, celle-ci édite 1 nouveau recueil d’art reprenant des billets d’art concernant 12 artistes qui ont exposé leurs œuvres dans la galerie.

 

Ce recueil est publié dans le prolongement de ceux déjà parus dans la collection « États d’âmes d’artistes » publiée par © Les Éditions d’Art EAG. Il s’agit d’un partenariat entre le Réseau Arts et Lettres et l’Espace Art Gallery.

 

Cette collection présente les billets d’art de François Speranza, historien de l’art, attaché au Réseau Arts et Lettres.

 

Une fête-concert dans la Galerie est prévue afin de remettre gracieusement le dernier volume, nouvellement paru, aux artistes ayant bénéficié d’un article d’exposition sur Arts et Lettres en 2016. Ce recueil constitue déjà le volume 5 !

 

 

 

La fête :

 

Aura lieu le 24 juin 2017 de 18h 30 à 22h 30

 

Au programme:

 

18h 30 accueil des artistes et visiteurs

 

18h 45 présentation de la soirée

 

19h 00 à 19h 45 concert de la chanteuse Fabienne Coppens

 

20h 00 à 20h 30 remise des recueils aux artistes

 

20h 30 à 22h 30 verre de l’amitié et petits sandwichs fourrés

 

Réservations obligatoires :

 

Au 00 32 (0) 497.577.120 /ou par E-mail : eag.gallery@gmail.com

 

Entrée libre sur réservation au préalable.

 

Jerry Delfosse

Directeur de l’Espace Art Gallery et les Éditions d’Art EAG

 

Photos de la soirée fête-concert à suivre…

 

 

Le cinquième recueil est dédié aux billets d’art concernant les artistes suivants :

 

(Exposés en 2016):

 

CHRISTIAN BAJON-ARNAL

 

VICTOR BARROS

 

CATHERINE FECOURT

 

GHISLAINE LECHAT

                                                                           

FREDERIQUE LACROIX-DAMAS

 

FRED DEPIENNE

 

LYSIANNE MATISSE

 

RODRIGUE VANHOUTTE

 

MARIE-CLAIRE HOUMEAU

 

MARC BREES

 

ODILE BLANCHET

 

CHRISTINE BRY

 

Recueil publié en juin 2017.

 

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Fabienne Coppens chante:

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administrateur théâtres

Stabat Mater, opus 58  Antonín  Dvořák (1841-1904) œuvre pour soli, chœur et orchestre

Cécile Lastchenko- soprano
Pauline Claes - mezzo
Sébastien Romignon-Ercolini - tenor
Kris Belligh - Bariton
Namur Chamber Orchestra

Direction:Ayrton Desimpelaere


Grand concert de la Régionale A Cœur Joie de Bruxelles sous la direction d' Ayrton Desimpelaere, au profit de l’ASBL « Camp de Partage »

Le jeune chef belge Ayrton Desimpelaere (né en 1990) fait partie  d’une génération montante d’artistes qui se retrouve comme par enchantement dans les salles les plus prestigieuses.  Le jeune maestro talentueux a eu l’occasion de diriger la demi-finale du Concours Tchaïkovski à Moscou en 2015 devant un jury prestigieux présidé par Valery Gergiev et retransmis  sur Medici.tv. Au cours de la saison 2016-2017 il a dirigé la Flûte Enchantée  en version à vocation pédagogique, à L’Opéra Royal de Wallonie où il a eu l’occasion bénie de pouvoir côtoyer tout au cours de l’année,  d’immenses personnalités du monde musical, grâce à son assistanat dans la direction d’orchestre. Depuis 2015, il assure la direction du chœur de la régionale A Cœur Joie de Bruxelles composée de 180 choristes et depuis 2014 il dirige un répertoire d’œuvres sacrées lors des  stages de Chant choral à Loos (France) qui rassemble chaque année une centaine de choristes. Cette année l’œuvre sacrée choisie est La petite messe solennelle de Rossini.  Dernièrement, il a également dirigé lors du Singing Brussels Celebration Weekend à Bozar,  660 élèves issus d’une vingtaine d’écoles primaires bruxelloises interprétant  l’œuvre musicale originale imaginée pour le projet Cantania par le compositeur belge Jean-Philippe Collard-Neven.

Pour ce  prodigieux Stabat Mater, Le NCO (Namur Chamber Orchestra), une formation de 12  jeunes musiciens issus des Conservatoires royaux belges  et qui s’est produite dans de nombreux festivals belges ainsi qu’en France, s’est  augmenté de musiciens professionnels  supplémentaires pour former un orchestre symphonique sous la baguette de leur chef Ayrton Desimpelaere qui dirige également l’immense cohorte musicale des choristes de  la formation A Coeur Joie. Les bénéfices du concert iront généreusement au profit de l’ASBL «Camp de Partage». Quatre solistes éblouissants complètent le tableau : La soprano Cécile Lastchenko (°1989), La mezzo-soprano Pauline Claes, le ténor Sébastien Romignon Ercolini et la basse Kris Belligh.

La version initiale pour quatre solistes, chœur et piano a été composée par Dvořák après la mort de sa fille Josefa en 1875. Il a ensuite mis le travail à l'écart sans l'orchestrer. Peu de temps après, il a perdu deux autres enfants en 1877. À ce stade, il est retourné au manuscrit qu'il avait  abandonné l'année précédente pour composer l’œuvre orchestrale.


Le texte  latin du Stabat Mater  date  du milieu du XIIIe  siècle, mais  les sentiments évoqués dans  ce poème ont une valeur intemporelle.  Le moine franciscain qui l’a écrit et dont l’identité n’est pas certifiée, a trouvé son inspiration religieuse dans la souffrance de Marie au pied de son Fils cloué sur la croix. Ce texte  ainsi que le traitement  musical que  Dvořák a composé  nous touche profondément et exprime l’universalité  notre compassion avec la souffrance  de l'homme.

 

Le concert s’est donné dans la salle Henry le Bœuf  du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles le 10 juin 2017. Ayron Desimpelaere a su équilibrer les différentes interventions, chœur, orchestre et soli. De terrestre, - ce que pense le jeune chef de la version  qu'il a livrée -   son interprétation apparaît à certains moments purement cosmique et reflète une force bouillonnante de synergies qui fusent  dans la fresque chorale monumentale. Le chœur très nombreux d’amateurs ne déçoit pas - rien d’approximatif ou d’hésitant -   il est  très à la hauteur. Il est  juste sans doute regrettable  que le concert n’ait probablement pas été enregistré.

Le jeune chef  a su insuffler à son orchestre une belle dynamique empreinte de tension dès le prélude où le crescendo lugubre aboutit  rapidement dans un paroxysme apocalyptique pour être ensuite adouci par des bois aux sonorités très pures. Les constructions successives sont monumentales.   Le Quis est Homo est magnifiquement débuté par Pauline Claes et rallié avec émotion profonde par le tenor Sébastien Romignon-Ercolini  pour aboutir avec souplesse dans un quartet bien balancé.  La désolation est absolue dans la voix de  basse de Kris Belligh. Difficile de ne pas être frappé par la tristesse.  Le public peut  dès lors accompagner mesure après mesure  le Eia Mater Fons Amoris qui  diffuse tout au long du chemin de douleurs, douceur et cris de colère à travers des vagues de pleurs océaniques… Fac Ut Ardeat Cor Meum est magnifiquement conclu par Kris Belligh. La salle entière accompagne les souffrances du Crucifié, les yeux fixés sur les mains du maestro qui  sculpte la douleur.

Le chœur peut alors se lâcher dans la puissance de la  tendresse, un sorte de berceuse cosmique: Tui Nati vulnerari dont la deuxième partie résonne comme une marche triomphale, cuivres et percussions à l’appui, vents pleins d’espérance.  C’est  ensuite le tour du ténor Sébastien Romignon-Ercolini aux accents très romantiques  méditerranéens qui dans le  Fac me vere tecum flere,  arrache des larmes par sa juste et belle entente avec le choeur. La salle est  définitivement conquise et attend avec impatience  son duo avec l’exquise tendresse de Cécile Lastchenko : Fac ut portem Christi mortem…  Le timbre est chaleureux, la voix est souple et les aigus bien ronds sont  assurés. 

Le quartette et le chœur et l’orchestre  concluront dans  une  puissance resplendissante magnifiquement édifiée par Ayrton Desimpelaere où se combinent, implorations respectueuses, enracinement de la force de la foi, silence, et confiance joyeuse dans la danse des anges et le triomphe absolu  de l’amour. Les voix a capella des hommes et des femmes, puis l’orchestre seul et les derniers Amen s’évanouissent avant l’A Dieu final.  Les applaudissements de bonheur éclatent de toutes parts.

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 Sachez finalement que  le maestro, après avoir pris le micro pour des émouvants remerciements pour la collaboration généreuse de tous ses partenaires et de toutes les personnes qui ont soutenu ce fabuleux projet,  offre  en bis ce que son cœur lui dicte et ce que le public attend secrètement: Eia Mater Fons Amoris.

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http://www.bozar.be/fr/activities/125430-stabat-mater-de-antonin-dvorak 

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https://www.rtbf.be/musiq3/actualite/musique/detail_la-matinale-invite-du-15-06-ayrton-desimpelaere?

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administrateur théâtres

God save the  spirit! Voici un spectacle qui a du panache !

« Au clair de la lune, trois petits lapins qui mangeaient des prunes, le verre à la main… » On n’est pas vraiment dans la normalité de la chanson  Mon ami Pierrot, on l’aura tout de suite compris, en recevant à l’entrée du spectacle un sachet dans lequel se cache un verre en cristal, organique bien sûr, garanti sans plomb en vue de la dégustation. Les cinq sens seront tous  au rendez-vous!  Un conseil allez-y à  plusieurs,   car  l'instrument de cristal permet de trinquer joyeusement  en si bémol majeur ce qui ajoute de pétillantes respirations  concertantes entre voisins décomplexés.  La gageure c’est qu’après six verres d’élixirs divers, c’est peut-être vous qui aurez du plomb dans l’aile. Mais vous pouvez toujours aller cracher sur scène entre les plats de calembredaines et de plaisantes parodies à la sauce bien zwanze de chez nous!

 

Enjoué, canaille, vif, velouté, souple, aimable,  puissant, nerveux, léger, gouleyant, généreux et franc, le boshimam d’un genre nouveau tape sur toutes les religions confondues : "ni dieux ni maîtres" hormis le vin. Sauf à dire  que les religions de tout poil tablent sur les libations  et se greffent toutes  sur la survie de la Vigne,  traversant  grâce à elle,  les  différentes civilisations humaines. L'échanson du rire  tacle les français dans et hors de la salle, les étudiants et les riches, les allemands de passage, les touristes,  les anglais bien sûr et les Belges une fois sur deux, et  en particulier les planteurs de betterave ataviques. Ajoutez vous-même le B.    On sert six fois à boire, sur musiques de circonstance, qu’elles soient à danser ou à batifoler, l’un ne va pas sans l’autre, c’est ainsi que vont les plaisirs de dieux !  Vas-y pour  la dégustation au propre et au figuré, en pleine figure et  plein la  bouche, à gorge déployée (on ne vous dira pas laquelle…) pour les salves de rires. 

Le vocabulaire oenophile défile sous forme de bêtisier.  Eric Boschman élu meilleur sommelier de Belgique en ’88 s’est transformé en amuseur public,  difficile à situer,  entre  France et Belgique, plutôt RTL côté rires et balivernes. Le verre à la main, L’esprit gouailleur, il explose au passage une à une, les figurines politiques véreuses de notre temps, ne se privant pas  d’envoyer quelques gros-plants sur la scène mondiale des  brutalités encours.  Toutes frontières abolies: l'alcool désinhibe.  Il remonte les rivières, parcourt les chaînes de montagnes, batifole dans tous les vignobles, détaille les  théologies, les mélange en libations sacrées et vertueuses car seule l'ivresse est interdite (par les Arabes!).   Et  il termine sur  un porto dont l'étiquette reste un mystère étoilé de souvenirs de jeunesse! 

   

En définitive, son Wineman show musical et humoristique  réveille les papilles,  catalyse les rires et adoucit les mœurs. Quelle jolie fête de fin de saison! Comme tout bon Belge  qui se respecte, cela avait commencé par de l’autodérision pur jus , puisqu’il moque au premier chef, sa propre gent vinophile,  et en particulier, ces  happy fews qui n’osent avouer qu’ils  pratiquent l’œnologie un fois par semaine et rentrent aux petites heures…

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NI DIEUX NI MAITRES MAIS DU ROUGE

De et avec Eric Boschman

DU 07/06/17 AU 30/06/17

Théâtre Le Public
rue Braemt, 64-70 1210 Saint-Josse-Ten-Noode

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=469

https://www.ericboschman.be/spectacles/

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BONJOUR L' ETE...

Même s'il est encore tôt

Soleil déjà levé

Mes amis les oiseaux

Expriment leur gaité

Le vent est si léger

Il caresse les feuilles

En chef improvisé

Il rassemble et accueille

Un long roucoulement

Un trille primesautier

Discret frémissement

Le bonheur cachottier!

Si douce est la musique

Le rythme bien présent

Il peut bien faire la nique

A tout bruit discordant!

Le jardin langoureux

Profite de l'instant

Et les cœurs amoureux

S'imbibent du présent...

Bonjour l'été!

J.G.

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S'aimer pour vivre mieux

En demeurant dans le silence,
J'éprouve une intérieure paix.
Me vient le goût de méditer,
De comparer des différences.

Lors sur ma façon d'exister,
De survivre, je m'interroge.
Quels sentiments mon âme loge
Espérant les voir persister?

Il y eut là-bas, l'autre vie,
J'en ai maintes fois souvenance
Mais j'accueille l'indifférence,
Qui de tout regret me délie.

Ne cessa de changer mon corps,
Par l'énergie biologique
Cela me paraissait magique
Mais depuis me cause des torts.

Mon âme reste aussi légère,
Le plus souvent, je me sens bien,
Ne me souciant plus de rien,
Sauf en des phases passagères.

Sans me forcer me montre aimable.
Je ne peux comprendre Pascal
Qui trouva le moi haïssable.
Se détester doit faire mal.

Je ne cesse pas de m'aimer,
Estimant que je le mérite.
Ma destinée sans doute écrite
Me laisse ce choix désormais.

15 juin 2017

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Les émois poétiques

L'envie de faire une croisière
Sans doute a tenté bien des gens.
Ils n'ont pas pu la satisfaire
Faute de moyens ou de temps.

Or, il existe un paquebot
Offrant un captivant voyage.
Y sont conteurs les matelots,
Venus de différents rivages.

En les écoutant, l'on ressent
Des émois indéfinissables.
Un suave ravissement,
Une exaltation délectable.

Sur le bateau Anthologie,
Malgré le temps qui tout arrête,
À tout jamais sont en survie
L'esprit et l'âme des poètes.

14 juin 2017

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                          DE L’ESTHETIQUE DU SUJET : L’ART DE JIRI MASKA

Du 03-05 au 31-05-17, l’ESPACE ART GALLERY (35, Rue Lesbroussart, 1050, Bruxelles) a consacré une exposition au peintre et sculpteur tchèque, Monsieur JIRI MASKA, laquelle nous a surpris à plus d’un titre.  

Ce qui, d’emblée, saute aux yeux comme une évidence, c’est le côté « tragique » dans l’œuvre de cet artiste. Même concernant des thèmes qu’il tourne à la parodie, tels que NAKED ABBOT GOING TO VATICAN (102 x 102 – combinaison technique),

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la dimension tragique demeure présente. Certes, à la vue de cet ensemble de formes, entrelacées, prenant naissance l’une dans l’autre, l’on peut éprouver un sentiment pouvant prendre l’aspect de l’angoisse, en ce sens qu’il y a chez cet artiste une « esthétique de la déconstruction », laquelle au fur et à mesure que le regard s’immerge dans la toile, devient un ensemble « cohérent », en ce sens qu’au-delà des entrelacs, la forme se révèle. En réalité, l’artiste conçoit un sujet « caché », car au-delà de la matière étalée, surgit le corps, en ce sens qu’on le devine, circonscrit à l’intérieur d’un trait noir luisant, signifiant le volume. Concernant NAKED ABBOT, L’homme, reconnaissable à ses attributs, nous regarde par delà ses yeux exorbités et sa série de dents inférieurs, à l’intérieur d’une bouche esquissant un sourire ou un cri, nous laisse entrevoir la vaste gamme du tragique. Le cœur, de couleur rouge vif, affirme l’humanité. Conçues comme des aperceptions au sens psychologique du terme, une série de formes d’apparence animales, se distinguent sur la gauche de la toile. Homme et animaux sont réalisés de la même façon. En fait, ils émergent de l’arrière plan dans la magie de l’apparition.

La dimension spiritualiste est également une composante dans l’esthétique de l’artiste.  GOD OR DEVIL ? (102 x 102 – combinaison technique)

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nous entraîne dans les abîmes de l’âme par la conception d’une créature mythologique,  reprenant les attributs de la divinité païenne, celle du « daimon » grec, qui se situe au-delà du « bien » et du « mal » (au sens judéo-chrétien du terme), puisqu’elle les rassemble en sa divine personne. Cette œuvre portraiture une créature inquiétante, entourée de formes fantomatiques, certaines au faciès animal.

Comme pour ABBOT, la couleur dominante est le rouge bordeaux très foncé. A l’instar de cette œuvre, un cœur rouge vif apparaît sur la poitrine de la divinité.

La touche d’humour, typique de l’artiste, se ressent dans la présence du nœud papillon, toujours de couleur rouge, ornant le cou du personnage. L’arrière- plan, conçu en jaune clair, évoquant la lumière, contraste avec la dominante chromatique sombre. Un trait noir luisant entoure le personnage en soulignant le volume. Il y a là l’image à la fois d’un combat intérieur entre les pulsions de vie et de mort mais aussi l’image d’une trajectoire politique qui a conduit la Tchéquie (le pays d’origine de l’artiste) vers la dérive capitaliste, entraînant la société vers la consommation.

Un autre trait d’écriture singularise cette œuvre, à savoir l’espace occupé sur la toile par le personnage central.

Cela se perçoit parfaitement dans MANITO (62 x 62),

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un excellent exemple de la façon dont l’artiste structure l’espace. Ici, le personnage devient « central », à la fois parce qu’il est le protagoniste du récit pictural mais aussi parce qu’il occupe précisément la partie centrale de l’espace pictural. Et dans cette œuvre, l’espace est structuré en cinq plans :

1)    L’avant-plan, constitué à la fois de la couleur du sol, composée de jaune-sable ainsi que de mauve foncé, associé au noir.

2)    Le centre de la scène, réalisé à la fois par la massivité du corps du personnage (signalé par le fort chromatisme vert) et du paysage dont la note jaune est une extension de celle de l’avant-plan.

3)    Une série de montagnes traitées en bleu fonce.

4)    Une deuxième série de montagnes, traitées en noir pour souligner la distance spatiale d’avec les premières.

5)    Le ciel, en bleu clair maculé de taches blanches, signifiant les nuages.

Notons que le cadre, souligné d’un fin trait noir, est à son tour, « encadré » par un second trait, aussi fin que le premier pour bien faire ressortir tous les aspects de la composition.

MANITO témoigne excellemment de la manière dont le personnage central s’accapare littéralement de domination spatiale. De ce point de vue, force est de constater qu’il n’y a chez l’artiste, aucune volonté de « subtilité » déclarée dans sa façon de concevoir le protagoniste : celui-ci « trône » dans l’espace en éclipsant le reste. Cela est dû, précisément, à cette forte touche d’humour que nous évoquions plus haut.

MANITO traduit, par son volume, sa couleur verte et par l’attitude du protagoniste, une dimension « carnavalesque » qui « grossit » le personnage jusqu’à le rendre gargantuesque. 

Un autre facteur identifie l’œuvre de JIRI MASKA : un sens aigu de l’esthétique du sujet. Qu’entendons-nous par là ? Le « sujet » ne se limite pas au personnage central mais bien à l’ampleur des contextes psychologique et sociopolitique qui l’ont engendré. Cela, l’artiste l’a bien compris lorsqu’il associe personnages (central et subordonnés), décor, contextes personnel et historique dans une même trajectoire narrative. Et cette esthétique du sujet se marie avec ce que nous nommions plus haut, l’ « esthétique de la déconstruction », en ce sens que pour que le sujet s’affirme, il lui faut se dilater, se « déconstruire » au maximum de ses possibilités, pour pouvoir se recréer derrière un écran de formes, sur le moment, inintelligibles afin de se régénérer comme « sujet » dans la totalité de l’espace pictural.

DEAD SOULS (110 x 126 cm – combinaison technique)

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est une petite merveille. Inspirée de l’œuvre littéraire de Gogol, elle s’articule par une forme, en apparence abstraite, de laquelle se détachent des ectoplasmes (les âmes errantes), qui semblent flotter, au fur et à mesure qu’elles se réveillent au regard du visiteur. Autre trait identitaire de l’artiste : les œuvres s’articulent à partir d’une même constante chromatique, faisant office de signature. Ici, le traitement lugubre du bleu donne à l’ensemble une sorte d’intemporalité « mobile », flottant sur la surface de la toile, laquelle devient le théâtre sensible de l’imaginaire.

L’œuvre de JIRI MASKA est peuplée de monstres. Certains d’entre eux sont des monstres de foire, tels que le personnage de ARCHBISHOP FROM CANTERBURY MAKES DEAL WITH DEVIL (51 x 51 cm – combinaison technique),

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où nous assistons à la transformation psychophysique de l’évêque, sur la tête duquel poussent des cornes stylisées. Le personnage est construit sur trois parties :

1)    La robe pourpre qui lui confie son identité. Cette pièce, conçue en rose, est renforcée par un trait rouge vif, lequel se répand sur les contours du cadre.    

2)    un amas de tissus, en réalité, une pièce volumineuse de laquelle apparaît

3)    la tête du personnage qui fixe le visiteur.

Autour de lui, une série de petits personnages, faisant penser à des diablotins, semblent danser une ronde.

La scène est campée sur un arrière-plan de couleur noire, au fond duquel se distingue, en une esquisse stylisée, la ville de Canterbury. Traité de la sorte, le sujet prête au rire et à la bonhommie. Ce qui, concernant l’expression du problème moral, diffère d’avec GOD OR DEVIL ? (cité plus haut). Néanmoins, force est de constater que les personnages qui peuplent ces questionnements sont un « abbot », c'est-à-dire un « abbé » (en anglais), un bishop (à savoir un évêque) ainsi qu’une créature hybride prisonnière d’un ouragan pulsionnel. Par conséquent, des entités évoluant dans la sphère du Sacré, religieux et politique, lesquelles se concentrent et se déflagrent dans les tréfonds de l’individu. 

Si JIRI MASKA est un peintre excellent, il est également un sculpteur hors pair.

DIANNA (combinaison technique),

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représente un buste de femme acéphale. Abordée de face, c’est à partir de ses seins proéminents qu’elle se construit sur toute une série de torsions et de courbes qui confèrent à la pièce la réalité d’une vitesse d’exécution ressentie par le visiteur. Son corps devient alors un entrelacement de pistes que le regard parcoure pour s’arrêter sur tel détail, avant de reprendre son périple. La sinuosité de son buste en « S » s’achève sur des cuisses massives dont l’on ressent l’importance, carrément « architecturale », car elles servent de soutien à l’édifice corporel. Si le buste est acéphale, l’artiste souligne qu’il s’agit bien d’une femme et pour bien le mettre en exergue, il confère aux seins une proéminence soulignée, précisément pour affirmer la féminité du personnage.

Analysée de dos, DIANNA

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constitue un réseau de lignes abruptes, partant du cou jusqu’au creux des reins. Cette peau artificielle sur le derme est un vêtement. Un déroutant drapé, lequel compense, par son habillage, la nudité que le buste exhibe de face. Cette pièce est, de par sa composition, l’association de deux œuvres différentes, scindées en une entité.

Il y a une volonté de retourner à l’Antiquité classique par le biais d’une écriture contemporaine. Le corps est restitué par un volume qui pointe sur la force et les tensions tournés vers l’élan et la puissance. Les plis partant du cou jusqu’au creux des reins, même stylisés, rappellent les cannelures qui structurent les drapés antiques.

L’œuvre, tant picturale que sculpturale, de JIRI MASKA participe d’un expressionnisme abstrait.

L’artiste peint depuis sa plus tendre enfance. Son talent fut détecté par son grand-père lorsqu’il n’avait que six ans. Plus tard, il a fréquenté des écoles d’arts graphiques dans son pays natal d’où, pour des raisons politiques, il a choisi de s’expatrier vers Washington. Là, il a suivi des études de peinture au College Everett. Il expose régulièrement et avec succès de par le monde.

L’appellation « combinaison technique » porte parfaitement son nom. Car l’artiste ne s’en tient pas à une seule technique mais les explore toutes. Il utilise le latex ainsi que le talc. Les spatules de toutes les tailles autant que les mains pour stratifier la matière. L’huile et l’acrylique sont indistinctement usités. Nous évoquions, plus haut, la centralité que le personnage principal occupe dans l’espace. Techniquement parlant, cette figure (que l’artiste nomme « structure ») est la première à être conçue sur la toile. Tout se détermine autour de celle-ci.

JIRI MASKA n’a pas d’influences stylistiques particulières. A y regarder de près, pourquoi en aurait-il ?

La seule préoccupation qui l’anime est, en dernière analyse, ce qui se révèle, au contact de ses œuvres. L’Esthétique : celle du sujet.

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Jiri Maska  et François Speranza: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(Mai 2017) photo Jerry Delfosse)

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Signature Jiri Maska

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  Exposition  Jiri Maska  à l'Espace Art Gallery - mai 2017 - Photo Espace Art Gallery

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administrateur théâtres

Une mère plus grande que nature

«Avec l'amour maternel, la vie vous fait, à l'aube, une promesse qu'elle ne tient jamais. Chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrais diamants. »

 

Une interprétation d’envergure

Mangeur d’étoiles, bourré d’humour et de retenue,  homme de qualité, grand maître du seul en scène  sans une minute d’ennui  ou  l’ombre d’une gesticulation,  καλὸς κἀγαθός, est-il un gentleman anglais, ce Michel Kacenelenbogen  qui  endosse l’espace d’ un soir, la personnalité complexe de Romain Gary, héros de guerre, consul de France, écrivain prolifique et énigmatique?   Au pire moment, son interprétation  bouleversante du lien mère-fils, laissera le visage simplement  baigné de larmes. Les spectateurs émus, le visage saoulé de tendresse, redescendent les escaliers de la salle, la plupart en silence, le sourire aux lèvres, l’amour  diamant fiché dans le cœur.    

Le mystérieux Romain Gary dans « La promesse de l’aube » fait revivre son enfance échevelée en 400 pages d’amour absolu pour sa mère, Nina. Couvé par un regard émerveillé, il a été porté et enivré par un amour maternel inconditionnel. Pour lui, elle est le tout ! Et pourtant, indomptable,  colérique, héroïque, intraitable, possessive, se mêlant de tout, elle en fait trop, en tout, et tout le temps. Il en est conscient à chaque étape. Son seul rêve est d'essayer de ne pas la décevoir, mais la barre est bien haut.   De la Russie, à Paris, puis en Pologne et enfin à Nice, elle n’en finit pas d’accoucher du prince de ses pensées qu’elle ne cesse d’auréoler et d’aduler, quelles que soient ses  déboires pécuniaires. Déterminée, porteuse de ses ambitions, envahissante au possible, omnisciente, omniprésente, filivore, sa génitrice adorée …et parfois haïe est le modèle absolu de la Femme pour Romain Gary. Elle est  amour, compassion et tendresse.  Elle est Christique, et juive. Seule en ligne dans l’éducation de son fils unique, elle surmonte tous les obstacles, lui offre la meilleure éducation,  elle vante ses mérites imaginaires, lui rêve son avenir professionnel, encourage sa vie amoureuse, et projette sur lui son idéal masculin. Ce fils est sa victoire, et pas seulement une promesse.

«Ecoute-moi bien. La prochaine fois que ça t'arrive, qu'on insulte ta mère devant toi, la prochaine fois, je veux qu'on te ramène à la maison sur des brancards. Tu comprends ? » lui dit-elle, en lui administrant les premières gifles de sa vie. Il a dix ans et devient le chevalier protecteur de sa mère. A plusieurs reprises, il a  pourtant senti la honte du ridicule et l’humiliation l’envahir devant les autres. La passion se mêle  alors à la douleur. 

 

4029383686.jpg« Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D'Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es!
Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là.
Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports : - Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »

Une chose est certaine, c’est  elle qui  lui a transmis sa force et sa  fierté démesurée. Sa dernière lettre en témoigne : « Sois dur, sois fort et continue… » Souligné trois fois. Quel viatique!

Une mise en scène sans aucune fioriture

Elle est signée Itsik Elbaz, lui qui a joué Momo aux côtés de Janine Godinas dans  « La Vie devant soi ».  Une mise en scène au naturel, comme s'il n'y avait pas de scène, juste de la confidence pleine de pudeur,  adossée à la tôle ondulée d’un hangar sur lequel courent des lucarnes de promesses  et des  images fugaces de  temps et de lieux. Et, au détour de passages particulièrement émouvants,  naît parfois la lumière intérieure de merveilleuses musiques diaphanes, belles comme des berceuses… russes dans l’âme peut-être.

LA PROMESSE DE L'AUBE

De Romain Gary
Mise en scène Itsik Elbaz. Avec Michel Kacenelenbogen

DU 16/05/17 AU 24/06/17

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=468

Mise en scène et adaptation: Itzik Elbaz

Assistanat à la mise en scène : Anne Sylvain

Scénographie et costume : Renata Gorka

 

Lumières : Laurent Kaye

Video : Sébastien Fernandez

Musique : Pascal Charpentier

LIENS/ 

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Promesse_de_l%27aube

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/La-promesse-de-l-aube

http://www.ina.fr/video/I14104478

 

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En l'état de grâce suffisante


Dans une paix certes parfaite,
Quand je suis passive chez moi,
Ne ressentant aucun émoi,
Mon âme reste satisfaite.

Or, le plus souvent m'extasie,
Contemplant la splendeur céleste.
Sans idée de durée, je reste
À savourer la poésie.

Après avoir vécu longtemps,
Tels des animaux attelés,
Très peu d'êtres peuvent aller
Dans un bien-être persistant.

 

N'ont pas la grâce suffisante,
Qui agit efficacement.
Attribuée très rarement,
Elle ouvre une voie apaisante.

Je l'ai reçue, en remercie
À tout hasard la providence
Qui fait que tranquille j'avance
Sans me sentir à sa merci.

12 juin 2017

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