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Don Pasquale

de Gaetano Donizetti

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***Après L’Elisir d’amoreLe Coq d’or et le diptyque Cavalleria rusticana & I Pagliacci***

Succès public considérable aujourd’hui comme hier, l’opéra de Donizetti Don Pasquale est une comédie sur le thème du triangle amoureux. Le compositeur s’y empare du style bouffe de Rossini, dont il emprunte la virtuosité et l’énergie, pour en extraire une « substantifique moelle » par son écriture limpide et sa verve toute personnelle. 

 

Building Bridges, la représentation spécialement programmée par La Monnaie  afin d’y accueillir des publics d’horizons variés, aura lieu le jeudi 20 décembre à 14 heures. Cette saison, le choix s’est porté sur  Don Pasquale, sous la direction musicale étincelante  d’Alain Altinoglu et dans une mise en scène de Laurent Pelly, un tandem qui avait déjà collaboré pour Le Coq d’or (2016) et Cendrillon (2011).
 
Avec son intrigue hilarante, ses personnages hauts en couleur et ses mélodies accrocheuses, la comédie satirique de Gaetano Donizetti est l’opéra idéal pour  se mettre dans l’esprit des fêtes de fin d’année !
 
Voici plusieurs saisons que La Monnaie se propose de rassembler différents publics lors d’une représentation spécialement prévue à cet effet. Ainsi, aux côtés de spectateurs payant le tarif plein, sont accueillis à cette occasion,  des groupes fragilisés (associations et institutions du secteur social et personnes bénéficiant d’une allocation sociale), des élèves (ayant participé à un workshop ou à une introduction ciblée), des étudiants, des artistes et des professionnels du spectacle. Le tout à des tarifs privilégiés.

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Building Bridges a été aménagé dans cette optique tant par le choix d’un après-midi de semaine et d’un horaire particulier  commençant à 14:00, doublé  d’un tarif exceptionnel (10, 15 ou 20 € pour des places qui coûtent de 99 à 159 €). Il s’agit d’une initiative qui s’ajoute à d’autres menées dans le même sens,  comme les répétitions ouvertes, les accès à prix réduit aux représentations publiques, les projets participatifs, les workshops et ateliers de chants…
 
Le choix de Don Pasquale – première parisienne en 1843 – souligne la préoccupation de La Monnaie de faciliter l’accès à un public pour lequel franchir les portes d’une maison d’opéra constitue une démarche peu ordinaire.

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En tant qu’institution culturelle bruxelloise pleinement consciente de la très grande diversité urbaine et des défis sociétaux propres à l’époque, la Monnaie s’engage à donner à tous une occasion de découvrir l’opéra, prouvant ainsi que cet art est manifestement accessible à tous.
Building Bridges illustre les valeurs humanistes qui sous-tendent les différents programmes de La Monnaie développés depuis les années 90 pour les écoles, les jeunes, les familles et les groupes précarisés.

BREF?

...Impossible de résister à cette musique qui fuse, riposte, caresse, enjôle, tourbillonne, se teinte de nostalgie parfois. Confié à la direction d’Alain Altinoglu, ce délicieux et festif épilogue de l’année est mené tambour battant par un Laurent Pelly dont on connaît le penchant pour le rire.

Crédit photos © H. Segers

https://www.demunt.be/nl/program/833-don-pasquale

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administrateur théâtres

« L’Ecume des jours » de Boris Vian à l’AT-JV. Vous y allez aussi?

Chick, Chloé et Colin. Une guitare électrique emmanchée d’un jeune homme de haute stature, le sourire  éblouissant adorable d’une jolie fille à  la chevelure blonde ondulée,  aussi menue qu’une souris aux côtés de son compagnon  à  la barbe noire, Colin, et  …un trou de souris, bien plus grand que nature dans la tapisserie du temps retrouvé, servent de piliers à la  nouvelle adaptation théâtrale de « L’Ecume des jours » de Boris Vian.

 Humour féroce, empire des extases de l’amour,  poésie fantastique, musique du grand Duke, divers fracas du monde, déferlent aussitôt sur des planches brûlantes d’invention. L’inspiration Jazz est omniprésente,  la gestuelle et le parler francophone 2021 s’infiltre innocemment  dans  la mise en scène absolument magique  de Sandrine Molaro et de  Gilles-Vincent Kapps pour le Théâtre de la Huchette à Paris et sans nul doute, nous en faisons vœux, une longue tournée, débutée en Belgique  à l’Atelier Jean Vilar.

Le texte de Boris Vian est scandé pour la scène par Paul Emond, grand maître  en  adaptations théâtrales, et soigneusement pollinisé. Sa note d’intention est bruissante d’intentions artistiques tout aussi  inspirées   que réussies.  Son texte étincelant est d’un rythme et d’une musicalité intenses. Le pianotail révèle ses moindres saveurs, la danse du biglemoi fait surgir le désir,  l’appartement des lumières s’obscurcit à force de nénu-phares plus noirs que la mort. Et tombe la neige et ses cristaux immaculés sucés sur la langue. La langue de Boris Vian, bien sûr. Elle fouette, elle secoue, elle attache et s’excuse tendrement. Le chat se plie avec bienveillance  aux dernières volontés de la fidèle souris!     

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Parlons aussi de l’immense trou de souris. Il est peut-être un souvenir de tableau de Magritte, ou le trou à raclures de la patinoire  (pas  celles de taille-crayon), ou le lit conjugal des ébats amoureux de Colin et Chloé, ou, la forme du nénuphar dév-horreur. Ou un  simple trou de serrure pour la clef des rêves…  

Prenons ensuite  les trois comédiens changeant sans cesse de cape et de personnages d’hiver ou d’été (à  cause des Noces, bien sûr ! ). Ils sont enivrants.  …C’est eux qui nous promènent avec goût sur les sentiers de l’imaginaire dans une incomparable habileté scénique. Ils se distribuent les rôles comme des enfants dans un jeu de récréation. Selon le principe d’ « incarnation et de désincarnation permanent qui permet un mouvement permanent du dialogue à la narration et donne au spectacle»  …un  incontestable cachet  poétique «  dans un va-et-vient  entre répliques, énoncé, musique et chant ».

Dans la neige scintillante de ce spectacle,  au travers  du rêve  teinté des nuages roses du texte  et de soleil couchant embaumé de parfums délicats,  il reste deux traces parallèles et dévorantes. On est frappé par le parallélisme entre l’addiction de Chick à Jean-Paul Sartre dont on entend parfois bourdonner le débit atrocement sérieux, et la mort grandissante fermement installée dans les poumons de Chloé. Un crescendo de douleur. 

  Maxime Boutéraon,  principalement  personnage de Colin, est bouleversant.  Antoine Paulin,  un Chick magnifique, et splendide dans tous ses rôles, de Nicolas le majordome, à Jésus Christ compatissant et silencieux.  Et Florence  Fauquet? Une diction exquise et un bouquet de jeunesses  piaffantes et belles, des roses vivant simplement  le bonheur d’exister. Beautiful people. 

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Le spectacle se ressent comme un bienfaisant bain de sensations de jouvence. Il se déguste en mode « carpe diem »  avec délectation, tant et si bien, qu’à peine terminé, on le reverrait bien en boucle  continue, pour le charme, l’émotion, l’euphorie, et malgré la tragédie. Car c’est justement le côté artistique intense, côté cinq étoiles d’ailleurs,  qui fait mouche et  réjouit tant le cœur, et l’esprit, et tous les sens. Tant de grâce! Temps de délices. Tant d’amour. Et tant qu’à faire, condamner en pieds de nez magistraux, l’argent, la guerre et le travail obligatoire, les vrais et  gigantesques fossoyeurs de nos vies.

  • Metteuse en scène : Sandrine Molaro
  • Metteur en scène : Gilles-Vincent Kapps
  • Interprète(s) :  Florence Fauquet, Maxime Boutéraon, Antoine Paulin
  • Lumières : Laurent Béal
  • Scénographe : Erwan Creff
  • Musiques : Gilles-Vincent Kapps
  • Costumes : Julie Allègre

Dominique-Hélène Lemaire


https://www.atjv.be/L-Ecume-des-jours-1819 Du 22 au 27 novembre 2018 Au Théâtre Jean Vilar – Louvain-la-Neuve

Infos et réservations : 0800/25 325 – 

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retour à Guy Debord

La société du spectacle de GUY DEBORD

Né à Paris en 1931 dans une famille de la moyenne bourgeoisie, orphelin de père à 4 ans, Guy Debord a grandi à Nice, avant de revenir dans la capitale à la fin de l'adolescence.

On le connaît par de multiples images. Autant de fragments d'une vie et d'une légende. Un jeune homme de 22 ans, inscrivant sur un mur de la rue de Seine, le slogan « Ne travaillez jamais », graff liminaire écrit à la craie, symbole d'une révolte politique et esthétique contre l'ordre établi et le confortable conformisme de la France des Trente Glorieuses. L'image du chef de bande, un rien voyou, vaguement clandestin, presque gourou, fondant en 1957 l'Internationale situationniste et dirigeant sa petite troupe d'activistes avec l'autorité et la stratégie d'un chef de guerre. L'image du théoricien politique radical, fuyant les médias, méditant sa lecture de Marx pour écrire et publier, quelques mois avant Mai 68, un essai dont le titre a connu une rare et équivoque fortune : La Société du spectacle (1967). L'image d'un cinéaste héroïque, livrant une poignée de films qu'il revendiquait sans « aucune concession pour le public ». Celle, enfin, de l'ermite de Haute-Loire, l'autobiographe de Panégyrique (1989), symbole d'un diable paranoïaque pour les uns, épicurien sensible et généreux pour les autres ; vivant retiré du monde, lisant, écrivant et buvant beaucoup, ultimement tiré de l'oubli par l'annonce de son suicide, le 30 novembre 1994.



On peut reprocher à Debord le choix malheureux du mot spectacle. Il semble nier autant le rôle nécessaire de la représentation que celui de la procuration oubliant la validité ou le rôle cathartique du théâtre, des spectacles et de l'art en général. Mais le principal n'est pas là. Il s'agit d'un texte radical qui subsiste à minima comme prophétique.



Dans La Société du spectacle, et plus encore dans ses Commentaires sur la société du spectacle, Debord critique le capitalisme, la démocratie et ses fondements.

La « société du spectacle » est incontestablement le concept qui fait encore la postérité de Guy Debord. Devenu, dans le langage courant, une sorte de dénonciation de l'emprise excessive des médias, La Société du spectacle, essai plutôt difficile d'accès, est en fait bien plus que cela : un pamphlet anticapitaliste virulent et argumenté. La cible de l'auteur, et il le redira en 1988 dans ses Commentaires sur la société du spectacle, c'est « l'accomplissement sans frein des volontés de la raison marchande », « le règne autocratique de l'économie marchande ayant accédé à un statut de souveraineté irresponsable, et l'ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne ».

Le capitalisme est une machine qui tourne pour elle même, où le spectacle exprime le fait qu'il semble avoir oublié les besoins que la production est censée satisfaire.

Pour la première fois dans l'histoire des hommes, ajoute Debord, « les mêmes ont été les maîtres de tout ce que l'on fait et de tout ce que l'on en dit ». C'est la concentration de tous les pouvoirs dans les mains de quelques-uns, le totalitarisme de la marchandise, l'aliénation de l'individu dont l'existence est au service de ladite marchandise. « Quand l'économie toute-puissante est devenue folle […] les temps spectaculaires ne sont rien d'autres », conclut Guy Debord.

Il nous montre que la société est devenue une société matérialiste et consumériste qui tourne autour de l'avoir et du paraître mais aussi une société en lutte permanente.

Pour lui tout est production, le monde est devenu une représentation du capitalisme au sens théâtral du terme. Tout est dans la représentation, le paraître qui découle de l'avoir. A l’époque de l'industrialisation , l'avoir définissait l'être. Aujourd'hui avec la production de masse quand tout le monde peut avoir des choses identiques, l'avoir n'est plus la définition premier de l'être. Ça devient le paraître. C'est ce qu'on donne à voir qui va nous définir, nous devenons des spectacles de nous mêmes. Il critique la marchandisation du monde. Dans la société contemporaine, tout se vend tout s’achète . On doit consommer toujours plus et cette consommation à outrance est de plus en plus visible et se donne en spectacle.

Une société en lutte permanente dominée par les institutions du pouvoir

Les hommes politiques issues de la bourgeoisie pour la plupart ont la main mise sur l'économie capitaliste. La société est construite selon un point de vue bourgeois. la lutte et la domination se retrouvent aussi dans les domaines de l'espace, du temps et de la culture. Ce sont les dirigeant qui décident aussi bien de la répartition du temps que de la manière dont on peut le dépenser . Ainsi il y a une profonde inégalité entre les travailleurs qui sont emprisonnés dans ce que Debord appelle «un temps cyclique» qui correspond au temps de production ou ils ne font que répéter des gestes de production. (voir les expressions métro boulot dodo ou travaille consomme et meurs ou encore travaille consomme et tais toi); tandis que les dirigeants perçoivent la «valeur ajoutée» du temps qu'ils dépensent comme ils le veulent en loisirs ou autre.

De plus Debord nous explique aussi qu'il y a depuis le début de l'industrialisation une lutte entre la ville et la campagne et que c'est finalement la première qui gagne dans l'emménagement du territoire.
Dans le texte paru en 1967,
Debord ne distinguait que deux formes du spectaculaire, l’une diffuse dont le modèle était la société américaine, dans laquelle le modèle du citoyen-consommateur dominait et l’autre concentrée, représentée par les régimes dictatoriaux reposant sur le culte du chef. En 1988, il ajoutait un troisième type : le spectaculaire « intégré », synthèse des deux premiers. Ce dernier, en sus d’être apparu le plus récemment selon lui, est transversal à tous les régimes politiques, mais acquiert une force particulièrement grande dans les démocraties spectaculaires, et se caractérise par cinq traits :

«le renouvellement technologique incessant ; la fusion étatico-économique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique ; un présent perpétuel ».

EtDebord d’ajouter plus loin :

« Le secret généralisé se tient derrière le spectacle, comme le complément décisif de ce qu’il montre et, si l’on descend au fond des choses, comme sa plus importante opération. » ; « Notre société est bâtie sur le secret, depuis les ”sociétés-écrans” qui mettent à l’abri de toute lumière les biens concentrés des possédants jusqu’au ”secret-défense” qui couvre aujourd’hui un immense domaine de pleine liberté extrajudiciaire de l’Etat » .

On le voit ici, le secret couvre le champ tant économique que politique. Il convient ainsi de déterminer en quoi le secret est au cœur du spectacle, et quelle est précisément sa fonction : en quoi est-il sa « plus importante opération » ? Le secret, comme technique de gouvernement, apparaît comme la clé de voûte du système spectaculaire, car il permet de masquer le spectacle, autrement dit la domination, au public. Il est ainsi vital à l’exercice de la domination. Mieux, le secret est le mode de production de la domination car sans lui elle apparaîtrait au grand jour et deviendrait donc, dans sa crue et obscène nudité, insupportable et donc fragile.

C’est pourquoi Debord fustige ceux qui organisent le secret, ses agents, à savoir les services secrets, les experts, les médias et les sociétés secrètes.

Le rôle des services secrets

Les services secrets, sous couvert de protéger une société de ses ennemis, constitueraient en fait un réseau d’espionnage des citoyens, visant à surveiller et à contrôler toute découverte de ces derniers de la véritable nature de la société spectaculaire, bref pour étouffer toute tentative de renversement du pouvoir. Ils symbolisent l’arbitraire du pouvoir, leurs actions injustes, assassinats, enlèvements, pressions, restant à jamais dans l’ombre. La condamnation de l’impunité dont jouissent ses agents est renforcée par la détention d’informations capitales, qui assoit leur pouvoir : ils convertissent leur savoir en un pouvoir qu’ils exercent sur toute la société.

Les experts

Les experts participent, quant à eux, de la même dynamique. Ils ont pour rôle de falsifier le passé (réalisant la « mise hors la loi de l’histoire » ), organisant l’amnésie collective de la société, le présent (avançant « des récits invérifiables, des statistiques incontrôlables, des explications invraisemblables et des raisonnements intenables ») et le futur, la mise à distance du monde et l’impossibilité de bâtir un projet réformateur, bref la déréalisation du monde, le devenir-falsification du monde.

Les médias

Debord pointe du doigt les moyens de communication de masse qui sont les principaux acteurs, la preuve la plus évidente d'une représentation du monde ou nous sommes le spectacle de nous mêmes. De plus les médias renforcent les effets du spectaculaire en rendant futile et stérile tous les débats, fondés uniquement sur le divertissement. Assujettis au pouvoir, ils constituent, pour Debord, les meilleurs propagandistes de la société du spectacle, maintenant, via la pratique de la rumeur et de la désinformation, les individus dans l’ignorance.

Les sociétés secrètes

(Pour être tout à fait clair et éviter les confusions, Debord ne pense pas aux théories complotistes telle la théorie du complot Illuminati véhiculée par «les milieux d'extrême droite ésotérique marqués par le new-age », par une association d'extrême droite comme Égalité et Réconciliation ou par Laurent Glauzy, ancien chroniqueur de Rivarol qui lui a consacré un livre largement cité à l'extrême droite (Rivarol, Radio Courtoisie , plusieurs sites officiels du Front national)

Il parle des sociétés maffieuses ( Camorra, Cosa nostra, 'Ndrangheta, triades chinoises, boryokudan japonais, bratva russe) , qui sont des « institutions» de la société spectaculaire, qui concourent à la prolifération du secret. Elle naissent sur le sol même du spectacle, complices, et non rivales , de l’État. L’alliance de la Mafia et du spectaculaire intégré consiste, nous dit Debord, à déposséder, comme cela a été le cas lors de la prohibition aux États-Unis, le public de toute autonomie. Debord érige la Mafia, société secrète criminelle, en unique modèle de société secrète.



Guy Debord nous livre donc dans son travail, une critique acerbe de la marchandisation de la société. Société dans laquelle les individus sont séparés les uns des autres alors qu'ils sont de plus en plus identiques et en lutte permanente les uns envers les autres que ce soit à l’intérieur de l'entreprise ou ils sont mis en concurrence les uns avec les autres, au niveau du marché du travail national et même international où le travailleur italien est mis en concurrence avec le chinois , le roumain ou le français.

A l'heure ou se cristallise et se manifeste le mécontentement d'une partie des français il est bon de rappeler qui sont ceux qu'il faut combattre, quels sont ceux à qui il faut s'adresser. En ce sens «la société du spectacle» garde toute sa pertinence. Il faut toutefois ajuster cette pensée avec la réalité actuelle: Ce que Debord nomme les dirigeants, les politiques, ne sont pas ceux qui sont à l’Élysée, à Matignon, au sénat ou à l'assemblée nationale. L'ennemi c'est le système capitaliste et les dirigeants des grandes entreprises Google, Total, Facebook, Amazon , les Vincent Bolloré,François Pinault , Bernard Arnault, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos etc.

Ne nous trompons pas de cible.

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C’est si bon d’ ... AimeR !

Un petit verbe de cinq lettres
Débute sur un, … Haa
Finis sur l’… Air
Provoque ébats
Parfume l’air.

C’est si bon d’aimer
Et de le Chanter

Aimer le prononcer
Adorer le pratiquer
Aimer sous les nuages
Couchés sur la plage
Aimer sous le soleil
Fatigués au réveil.

C’est si bon d’aimer
Et « Là » de le graver

Toujours ainsi,
Jour ou nuit
Aimer… Comme ça
Sans gage
C’est partage.
On donne… On reçoit

C’est si bon d’aimer
Pour demain se rappeler.

Me berces… T’embrasse
Te caresse… M’enlaces
Étreintes aimées
Commencées par … Aaah
Finies dans l’ …air.

C’est si bon d’aimer
Et de le chanter
C’est si bon d’aimer
Et là, de le graver
C’est si bon d’aimer
Pour demain se rappeler 
Qu’il était si bon d’aimer.

 

Robert Pirschel

 

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Etoiles d'hiver.

Pour toi pour moi pour nous

Je cueillerai des étoiles d’hiver

Les plus belles qui sont sur le noir

Qui brillent fort rivent le regard

Dès les temps d’y a longtemps à ce soir

Puis dans tes yeux diamants noirs

Je poserai ces feux ardents

Ferai de ton regard mon firmament

M’y noierai  pour être ton amant

Avec toi consommer le Divin Présent

Ce délice volé aux Dieux d’antan

Puis de nos cœurs n’en faire qu’un

Dès maintenant et pour la fin des temps

 

Pitaro.

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Tante Lydia.

Lydia,

 

Elle s’est éteinte

Désespérément seule

Sans plus d’étreinte                           

Sur le chevet son tilleul

 

Elle s’est endormie    

A quoi rêvait elle ?

Revoyait elle à sa vie ?

Sa lointaine famille ?

 

Elle s’est éteinte.

J’ai perdu une "amie".

Mon âme est atteinte

Comme à l’agonie

 

Ҫa me fait une cicatrice

Au cœur et à jamais

Un amer goût d’injustice

Oh Dieu que je l’aimais

 

Elle s’est éteinte

Lumière guide de ma vie

Reste ses empreintes

Mon âme en est garnie

 

Vas en paix, Tantine

Découvre dans l’infini

D’autres belles collines

A toi s’ouvre le Paradis. 

 

Lydia, la jeune sœur d’Irène, "Irka" ma maman 

T. Pirschel

 

 

 

 

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Je le sens qui m’épie

Je le sens qui m’épie il rôde entêté rapace,
Autours de mon être je renifle, parfois fugaces
Ses fragrances de Valériane, de Digitale ou de Muguet 
Tels des fantômes invisibles mais bien là aux aguets

Il se dit Narcisse, Angélique, du Sceau de Salomon. 
Il n’est que traîtrise et fourberie. Un vrai démon.
Certains s’en accommodent s’en font même un frère. 
Un confident dans leur folie. Un faux ami un pervers

Je le sais pathologie grave, en fait, un ennemi. 
Qui vous tisse des cordes de chanvre ! C’est gratuit.
Vous indique les chemins « à éviter ». Les mal empierrés
Sentes piégeuses aux mille trous pour vous y pousser.

Il est un remède connu des trolls, des fées magiciennes
Le philtre "pétales de roses rouges" marc à l’ancienne.
De ces belles fleurs rubis, symbole de l’Amour 
Ce beau et pur sentiment, doux comme velours.

Aussi si, je trouve un Cœur pour m'assouvir de cette liqueur
Guérir de l’Ennui détestable maladie, je serai le vainqueur.
L'Amour dont on a tant envie, aura raison des abattements
De l'importune atonie dans mon âme en dérangement

Robert, 
7/03/15 à Neupré.

 

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Belle Maman

 

 

Belle Maman

 

Ce n’est pas ma maman

C’est la sienne

Ma main passe tendrement

Et caresse ses cheveux blancs

Jak się czujesz Babcia ?  * 
Ça va moje dziecko,  * ça va

Elle me regarde un moment

Se rattache à mon monde

Pour un instant de vie commune

Dans le présent, et souriante

Elle me dit quelques mots

Et nous nous comprenons

Puis d’une phrase incohérente

Elle retourne chez elle

Terre inconnue, où courent les lutins

Monde de ses trépassés errants

Fait d’images, d’un vécu

Souvenirs confus

Rarement amusants

Souvent douloureux.

Pour preuve je veux

Vous dire les larmes

Aux coins de ses yeux.

 

 

Pitaro.  (Pirschel. Tadeusz. Robert.)

 

*Comment te sens-tu grand-mère ?

  * Mon enfant

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J'aime "Barbara"

Moi, … J’aime Barbara.

 

Barbara où es tu ?

Barbara, de là me vois tu ?

Barbara m’entends tu, 

Barbara me comprends  tu?


Barbara c’est une prière sacrée,

Toi la muse de tant d’humain

Par te bonté de femme outragée

Allume en moi une flamme d’airain

 

Offre moi d’être des preux

Fait moi la grâce de ton âme

Fais moi l’ombre de ta vérité.

Rends moi vertueux

 

Que les mots que j’invente

Soient ceux que tu aimes

Ceux dont tu te contentes

Qui pour toi, sont amour et poèmes.

 

  1. Pirschel
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Hé, Bonjour la Mort ...

- Hé bonjour la mort, comment vas-tu ?
Tu m'as dans tes bras déjà tenu !
Souviens toi, j'avais huit ans.
Tu m’as offert le ravissement
D'un univers prodigieux, flamboyant. 

Ces images dans le cœur d’un enfant
Font que là maintenant si tu veux
Je t'autorise à me reconduire aux "cieux" !

 

Repose moi sur un  « Arc en Ciel »

Pour une glisse qui, ascensionnelle

Me reconduira face à la Dame en blanc,

Son cœur d’amour, ses beaux yeux

La font belle comme ma maman.

La rencontrer a été un émerveillement

Sa main frôlant mes cheveux,

De sa main douce et tendrement

Elle me freina dans mon élan

 

Où coures tu aussi vite Robert ?

Par là, Madame, où c’est ouvert

- Non mon petit, retourne t’en,

 Ce n’est pas là déjà ton temps !

- Pourtant là mon envie me pousse

- Cesse ces grimaces de frimousse

Son sourire me faisait barrage

- Va, sur le sort prends avantage.

Entêté, cabochard et petit boudeur

J’insistais quémandeur, batailleur

 

M’obstinais, suppliais, voulais passer

Petit enfant mais grand entêté.

- Non Robert  ce n’est pas ton temps.

 Soutenait la Dame, doucement.

- Va chez toi j’y serai avec toi

Te préserverai des désarrois

Tu as encore à bâtir une tour.

A donner la vie, aussi l’amour

Délicatement, m’interdisant le ciel.

- Va, je le referai ton Arc en Ciel. 

 

- Madame, ici tout est beau et doux.

Ces voix, ces rires ... Là … Au bout 

- Pas maintenant petit enfant !

Tu dois attendre, devenir grand.

- Devrais je encore souffrir autant ?

- Me donnera t on d’autres coups

 Des gifles ou la tresse de bambou ?
- Vous êtes sûre que je ne peux rester ?

 

- Je serai avec toi et te promets

 Le facile usage de cliquets secrets

 Qui isoleront maux et douleurs

- Crois moi, va et sois sans  peur.

- D’accord, Madame, je rentre chez moi,

 Comme le dit papa,  c’est sous son toit

- Madame ! Pourrais je toujours  "voler " ?

- Rien ni personne ne t’empêche de rêver

 

- Belle Dame je fais cela, et plus encore,

Je retourne, près de ceux qui "m’aiment".

Montrez moi la terre, j’y serai moi-même.

Pour vous parce que vous êtes gentille

Je rentre chez moi dans ma famille

Mais pour qui d’autres encore ?

 

Pirschel R ;

 

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Les Fleurs de l'Amour

Les roses, fleurs des amours 

 

Les roses, fleurs des amours

Alors qu'approche la fin de mon temps, 
Qui s’écoule, s’essouffle à petits vents,
Ma vie nourrie de profondes saveurs
Cherchait souvent l'amour, ses ardeurs.
J’avais le goût d’animer mon corps
Le faire danser en dedans et en dehors

J'aurais bu à gouleyantes gorgées,
Vins, vinasses et élixirs de la vie.
J'aurais goûté à grosses gobées
Moult friandises volées aux filles.
Consommant les plaisirs de ce temps 
Goûtant à l’envi les saveurs du moment

J'ai bu la vie, comme liqueur bachique.
Jus de treille aristocratiques 
Qui ont mûri donnant grands crus 
Vinifiant la jouissance en fut.
Voluptés mises en mille bouteilles,
Contenants aux contenus vermeilles

Que l'on ouvre Magnum
Pour nous les hommes
Que l’on ouvre…Dame-Jeanne
Pour vous les femmes
Servez mousseux, et vins alléchants …
Philtres doux et gouleyants

Élixirs aidant les bien aimés
A mieux rire et chanter
A refuser aux cieux,
Que s’éteignent leurs feux
Que se fanent les atours
De la saison des roses amours


Hélas les roses se doivent de faner
Je dois bien m’y résoudre
Accepter de voir se dissoudre
Les conjugaisons du verbe aimer
Accepter enfin, le cœur calme et repu
De conter tous les souvenirs d’un vécu.

Robert Pirschel,

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UN CHEMIN...

J'en ai vu des rivages

Découvert des visages!

J'ai puisé dans des yeux

Quelques moments heureux...

Mélancolie est douce

Quand nature se fait rousse

C'est la fin de l'été

Tu m'as tellement manqué!

L'automne est flamboyant

La saison des amants...

Loin des hésitations

Faire jaillir la passion!

Et si pointe l'hiver

Loin des chemins pervers

Dans douceur d'un souvenir

Sourire et s'endormir...

J.G.

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Valse du vent



Un plat silence s'abat sur la vallée,

Dans un brouillard lourd quelques feuilles y dansent.
Subtile la bise sur elles se penche,
Et comme une emprise les tord éplorées.

Il venait d' Afrique, hier, brûlant comme le feu,
Portant le désert en ses bras, son sable chaud ;
Voilà qu'il se fâche et reprend son propos
Et avec la glace épand le fiel des cieux.

Le vent est un danseur rusé des tropiques
Il est comme l'amour et tourne sans cesse ;
Des lourds étés aux automnes pathétiques
Aux hivers penseurs sa ronde ne cesse.

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administrateur théâtres

Littérature, théâtre, valeurs, classique, roman épistolaire, désir, jalousie, confessions, psychologie, amour, 21e siècle, passion, coup de foudre, abandon, femme, paix, dignité…

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«  24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME SENSIBLE » d’Eva BYELE

« Je vous aime, mon ami, plus que l’on n’a jamais aimé ; mais il ne se passe pas une minute de ma vie sans qu’une secrète anxiété ne se mêle à l’enchantement de ma passion. » Voilà ce qu’écrit, dans un  fatal mécanisme de  jalousie, ajouté à la tendance qu’ont beaucoup de femmes à  attiser le malheur, à le projeter dans des mots qui finalement signent leur arrêt de mort, Constance de Salm (1767-1845), femme libre  du XVIIIe siècle. Elle écrit anonymement en 1824 un roman épistolaire bouleversant et lucide qui inspirera les « Vingt-quatre heures de la vie d’une femme  » de Stefan Zweig en 1927.


L’écriture comme manière d’être au monde.
 A son tour, la jeune écrivaine Eva Byele, en 24 lettres numérotées, décide de faire le tour de l’horloge des sentiments avec sa propre  sensibilité du 21esiècle.  Les «  24 heures de la vie d’une femme sensible » d'Eva Beyele se déclinent en vaillants battements de cœur, se lisent et s’écoutent comme une calligraphie de la passion. Ira-t-on vers une catharsis ?  Chaque lettre contient un chapelet de paragraphes qui pourraient vivre tout seul, comme  autant de  bouteilles à la mer.  Comme dans l’œuvre de Jane Austern, les concepts de  Sense and Sensibility se livrent un duel poignant et romantique.  La sentimentalité détruira-t-elle la dame comme ce fut le cas de madame Bovary? La dame artiste finira-t-elle enfermée comme Camille Claudel ?

Ou assistera-t-on à l’avènement d’une femme  cultivée et intelligente de cœur et d’esprit,  émergeant de sa passion, renouvelée, solidifiée, resplendissante? L’écriture aborde avec grande pudeur mais combien de justesse, les errances intimes de cette jeune épouse artiste, livrée aux exigences domestiques d’un milieu bourgeois où elle vit, emprisonnée dans  un  carcan  cotonneux et insipide, en plein dans les années folles. Son mariage érodé la suffoque, l’insensibilité du mari l’a poussée à l’incartade adultère. Le mari est devenu un mur de silences. Soit dit en passant: « La société n’a pas appris aux hommes à parler, c’est pour cela qu’ils condamnent les femmes au silence ». Scripsit.  Elle se le dit, l’écrit, le lit avec effroi et se rebelle par l’écriture que le milieu où elle vit, condamne.

Le mari prend ombrage des livres qui sont son refuge, Le voilà jaloux et de la plume, et de l’écriture. Le terrain est libre pour Octavio,  le compositeur qui la ravit et lui ravit les sens avec son espièglerie d’enfant. Le rire lui revient. La sensualité se savoure comme si on relisait les voluptés de Christine de Pizan… Voici le baiser brûlant, la fougue, l’extase,  l’éphémère, et l’immortel. « Le relent de la fenêtre sur l’impossible ». On pense aux rêves de Jacques Brel... au baiser d'Alain Souchon. Comme cela est  vivement tourné! 

Quelle chute inattendue, quel parcours initiatique vers la paix intérieure, quelle éclosion à ce qu’elle « est », quelle hauteur soudaine  vis-à-vis de ce qu’elle « hait ». Le bonheur, elle le découvre, est « en soi ». Donc,  jamais elle ne retombera en « esclavage ».   Voici un avènement  pur et dur de femme du 21e siècle, droite, sûre d’elle mais  dénuée du  moindre orgueil. No Pride, no Prejudice. La romancière féministe anglaise Jane Austern,  doit se réjouir, de l’autre côté du miroir. Voici, grâce au verbe,  l’existence versus les silences qui tuent.

Comme cela est vivement joué! Dans une mise-en scène fourmillant de détails intéressants, jusqu’à la couleur de l’encrier. Du vieux Rouen? Le texte est incomparablement habité par celle qui l’a écrit. La partition musicale, signée Louis Raveton, souligne le propos par ses clair-obscurs, ou ses mouvements haletants dignes des meilleurs suspenses. Celle-ci rejoint  le moindre frisson de l’âme, chaque révolte, chaque poison combattu avec opiniâtreté, chaque aveuglement …dissipé par la beauté des mots sur la page.

    Voici d'ailleurs le "credo" de l'artiste: "Ce seule en scène est l’occasion de proclamer, à nouveau, l’importance de l’écriture pour les femmes ; véritable lieu de liberté qui leur permet d’avoir accès à elles-mêmes, à leurs pensées, leurs sentiments ainsi que de rêver, de se rêver et de rêver leur vie. 
Comme l’écriture est performative, la femme qui crée acquiert le pouvoir de devenir autre et de choisir sa vie, devenant par là-même un modèle de liberté et d’émancipation. 
Par l’acte même d’écrire, la femme s’affirme comme sujet et non plus comme objet. C’est comme si elle déclarait : «J’écris donc je suis». 
Dans un monde où l’on cherche continuellement à réduire la place des femmes, l’écriture, la création – au-delà de l’acte de subversion – sont un premier pas vers la libération. 
Puissent le livre de la pièce et ce seule en scène être lus, entendus ; puissent les mots écrits et prononcés résonner en chaque être afin de trouver le chemin du cœur et de l’esprit."

Cette pièce, présentée au théâtre de la Clarencière ces jours derniers, a été jouée à Barcelone, à l’Ateneu del Raval, du 10 au 13 mai 2018, au Festival d’Avignon, au Théâtre Littéraire Le Verbe fou, du 6 au 29 juillet 2018 et à Montpellier, au Théâtre du Carré Rondelet du 14 au 16 septembre 2018.

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"24 heures de la vie d'une femme sensible"
Texte, mise en scène et interprétation : Eva Byele
Assistante à la mise en scène : Marion Peltier
Création musique : Louis Raveton

Télécharger le dossier de presse

Les jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17 novembre 2018 à 20h30  https://www.laclarenciere.be/

Dominique-Hélène Lemaire

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Rai de lumière dissipé.

Rai de lumière dissipé.

Ce qui ne nous appartient plus,
Que nous n'avons pas possédé ;
Si peu, de paille le fétu :
Rai de lumière dissipé.

Nous serions faits, pour construire
Jusqu'à l'illusoire, tenus ;
Quand le temps vient tout détruire,
Déliquescent, sans retenue.

Même les saisons futures
Adhèrent à cette cécité,
Venant en réduire la lecture :
Au-delà tout va s'écrouler.

Grands rêves et espérances,
En quête d'authenticité,
reprennent leur transhumance,
Y glaneraient leurs Vérités.

Alors, les possibles épuisés,
ils s'inclinent devant des fleurs :
Ces reines de toute beauté
Qui apaisent l'esprit, le cœur.

Ce qui ne nous appartient plus,
Que nous n'avons pas possédé ;
Si peu :de paille le fétu,
Rai de lumière dissipé.

Pierre WATTEBLED- le 20 novembre 2018.

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administrateur théâtres

La Thébaïde est considérée comme une oeuvre de jeunesse, mais la beauté et la force des vers de Racine sont déjà là. Le sous-titre de cette tragédie, "Les frères ennemis", désigne Etéocle et Polynice, qui se battent pour le trône de Thèbes sous le regard éploré de leur mère Jocaste. Antigone n'occupe pas le premier plan, mais n'en demeure pas moins un personnage marquant. Quand les vertus de la réconciliation  sont ...bafouées. Présenté au Théâtre des Martyrs.

Première pièce de Jean Racine représentée et publiée en 1664, il a alors 24 ans et marche contre la guerre. Dans son introduction, Racine écrit : « La catastrophe de ma pièce est peut-être un peu trop sanglante. En effet, il n’y paraît presque pas un acteur qui ne meure à la fin. Mais aussi c’est la Thébaïde, c’est-à-dire le sujet le plus tragique de l’antiquité. »

Il explique aussi que l’amour, qui d’ordinaire prend tant de place dans les tragédies, n’en a que très peu dans la sienne et touche plutôt des personnages secondaires. Ce qui l’occupe c’est bien la haine viscérale profonde que se vouent les deux frères ennemis, Etéocle et Polynice condamnés par un destin implacable, à s'entre-tuer.

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« De tous les criminels, vous serez les plus grands –Silence– »

Les personnages:

ÉTÉOCLE, roi de Thèbes.

POLYNICE, frère d’Étéocle.

JOCASTE, mère de ces deux princes et d’Antigone.

ANTIGONE, sœur d’Étéocle et de Polynice.

CRÉON, oncle des princes et de la princesse.

HÉMON, fils de Créon, amant d’Antigone.

OLYMPE, confidente de Jocaste.

ATTALE, confident de Créon.

UN SOLDAT de l’armée de Polynice.

Gardes. 

La scène est à Thèbes, dans une salle du palais royal.

Cédric Dorier, le metteur en scène ne ménage pas son public. Point de toges antiques, de gracieuses couronnes, de colonnades dorées par le soleil au milieu de champs couvert de coquelicots rappelant pourtant le sang des Atrides sous l’immensité bleue d’un ciel d’Attique… Non, nous sommes conviés aux premières loges d’un huis-clos dont les couleurs glauques sont habitées par l’esprit de 1984, Ninety-eighty Four, la tragédie humaine la plus noire que l’on puisse lire, inventée par George Orwell en 1948. Et dont, jour après jour nous voyons les sombres prédictions se réaliser. Tout autour de ce QG militaire, où règne encore le bon sens de la très attachante Jocaste, on perçoit les bruits du monde dominés par la guerre. A chaque ligne du texte, Jocaste, aidée d’Antigone se dépense corps et âme pour sauver la paix avec une volonté farouche et un instinct de vie incandescent. Saurons-nous écouter ses prières et ses imprécations ? Le texte est envoûtant. Le rythme en alexandrins est un berceau où le verbe fait tout pour sauver du glissement vers les Enfers. Le verbe peut-il sauver ? Les mots feront-ils la différence ? Les femmes, en évoquant l’amour et l’innocence, réussiront-elles à inverser le sort, à juguler la trinité de mal représentée pat Créon, Etéocle et Polynice, tous habités par la haine et la vengeance? 

Le duo des frères ennemis est incarné par Romain Mathelart et Cédric Cerbara qui jouent la mise à mort comme des gladiateurs de théâtre romain, tant dans le verbe et le discours que dans l’affrontement physique. Une scène totalement inoubliable, surtout pour le public scolaire invité. Julie Lenain, en Antigone, Sylvie Perederejew en Olympe, complètent agréablement le trio du Bien et de la lumière.

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Jocaste (IV,3) 
« Ne vous lassez-vous point de cette affreuse guerre ?
Voulez-vous sans pitié désoler cette terre ?
Détruire cet empire afin de le gagner ?
Est-ce donc sur des morts que vous voulez régner ? »

La soif de puissance de Créon, doublée d’immense fourberie et de manipulation machiavélique est chez Racine effrénée et absolument abominable. Elle dénonce le totalitarisme rampant de nos sociétés.  Brillant comédien, Stéphane Ledune met la puissance d’évocation à son comble. L’orgueil du personnage est un sommet rarement atteint. Même au bord de son dernier geste fatal, Créon menace encore! Que n’écoutons-nous la sagesse grecque antique, pour qui l’hubris est la pire des choses aux yeux des Dieux. Cette mise en scène fait penser que notre monde en serait peut-être à Minuit moins deux minutes sur l’horloge de la fin du monde. En effet, depuis le 25 janvier 2018, l’horloge affiche minuit moins deux minutes (23 h 58) en raison de l’« incapacité des dirigeants mondiaux à faire face aux menaces imminentes d’une guerre nucléaire et du changement climatique ». Si Cédric Dorier voulait par sa mise en scène, dépeindre un enchaînement apocalyptique de rebondissements tous plus destructeurs les uns que les autres, il y parvient pleinement.

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Non seulement le texte est porteur – bien que souvent, hélas peu audible, passé le troisième rang, et …qu’entendre, au fond de la salle ? – mais la modernité, les jeux de lumière, de musique et l’appropriation chorégraphique de l’espace se font de manière magistrale pour épouser le propos de manière organique.

Dommage tout de même, que l’on n’ait pas pu disposer, comme à l’opéra, d’un dispositif défilant le texte. Cela aurait particulièrement aidé les jours où, Hélène Theunissen que l’on adore, jouait en dépit d’une laryngite aiguë. Il est apparu, néanmoins qu’elle n’était pas la seule à capter le dépit, le désespoir ou la colère dans le registre des murmures les plus inaudibles… Ceux-ci font sans doute partie d’un parti pris esthétique et émotionnel très conscient du metteur en scène, mais que l’on a du mal à admettre quand on a résolument pris rendez-vous avec la si belle langue d’un auteur du 17e siècle, surtout lorsqu’il s’agit de chants si désespérés et si beaux!. Ou bien, faut-il avoir relu la pièce avant la représentation ?

Mais, grâce aux vertus cathartiques de la tragédie, il est certain que l’ on est amené, une fois le rideau tombé à questionner notre monde et à repousser ses pulsions mortifères par la raison et le questionnement lucide. Une production brillante et ...désespérante à la fois.

MISE EN SCÈNE
Cédric Dorier
COPRODUCTION Les Célébrants (Lausanne, Suisse), Théâtre en Liberté

JEU Cédric CerbaraStéphane LeduneJulie LenainRomain Mathelart, Sylvie PerederejewHélène TheunissenLaurent TisseyreAurélien Vandenbeyvanghe 

Photos : Isabelle De Beir

RÉSERVER
UNE
PLACE

Grande salle

08.11 > 30.11.18

INFOS & RÉSERVATIONS
02 223 32 08 - http://theatre-martyrs.be/

Dominique-Hélène Lemaire

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L’univers poétique d’Alain Bashung.

Je souhaite aborder l’écriture de Bashung d’un point de vue stylistique, en cherchant à dégager ce qui s’écarte de l’usage traditionnel de la langue pour en faire une œuvre d’art à part entière et analyser ce qui fait la spécificité de sa prose et l’organise en une sorte de signature. Quand je parle de l’écriture de Bashung c’est par facilité étant entendu qu’il a collaboré avec divers auteurs tels que Fauque, Bergman ou Gainsbourg.


Il y a, chez Bashung, une tentation, une fascination pour le double. Son langage, n’est jamais saisi dans une unicité, une précision; tout est toujours flou, glissant, redoublé profondément ambivalent. L’écriture donne en permanence l’impression de se dérober, on croit l’avoir saisie mais déjà elle se dérobe, le sens sur lequel on croyait pouvoir s’appuyer cède sous la pression de la forme dans laquelle il s’insère. Le texte se déploie dans plusieurs directions, dans plusieurs dimensions simultanées qui ne se font jamais entendre simultanément. L’auditeur est toujours maintenu dans une sorte d’incertitude quant à la compréhension du texte. Cette incertitude procède du fait que Bashung fait souvent coexister, au sein d’un énoncé unique, deux espaces de significations distincts, qui la plupart du temps entrent en conflit. De ce conflit naît la dimension poétique. Pour cela, je m’intéresserai à deux manières spécifiques, deux figures récurrentes dans son écriture qui permettent de provoquer cette situation de conflit.

La première est celle du double tangible : le miroir ou l’écho, dont la présence jalonne le texte. Aucun terme, aucun syntagme n’existe chez Bashung de manière autonome, tous viennent s’inscrire dans un plus vaste réseau, phonique et sémantique, qui structure le texte, lui donne cohérence et couleur. Certaines chansons possèdent ainsi des « clés de lectures », des thèmes et parfois même des mots qui sont des sortes de dénominateur commun à l’ensemble du texte, des nœuds dont découle l’ensemble des autres termes.

La seconde figure, plus insaisissable, fonctionne davantage par surgissement : c’est le double absent, fantomatique, le possible de la langue jamais complètement actualisé, mais dont on ne peut remettre en cause la présence souterraine. Cette figure, qui s’applique notamment de manière récurrente aux locutions, donne une véritable épaisseur au texte de Bashung. Avec la première figure nous sommes dans un rapport d’horizontalité du texte à son double. Avec la deuxième, on entre dans un rapport de verticalité. Ce sont ces différentes modalités d’existence du texte que je vais essayer d’analyser à l’aide de certains exemples.

Concernant le premier type de figure, je distinguerai différentes formes de sa présence au texte : la saturation (allitérations, paronomases), la récurrence (notamment par le biais d’allophones et le renvoi direct (jeux de mots, calembours).


Je commencerai par traiter les échos qui sont les moins riches d’un point de vue poétique : les jeux de mots. En effet, les tensions qu’ils instaurent entre les mots sont davantage de l’ordre de l’amusement que de l’incongruité Nous en citerons quelques uns des plus fameux, tels que « Guru, tu es mon führer de vivre » (Source : Guru), « tu m’as conquis j’t’adore » (S.O.S Amor), « helvète underground » (Helvète Underground), ou encore « Robinson Crusoë n’a plus un vendredi libre » (id.). Au-delà des réflexions que peut engager ce dernier exemple sur la question de l’esclavage et sur le mythe du Bon sauvage, on admettra que l’on se situe plus du côté de la blague de potache que de la véritable trouvaille poétique. La plupart de ces jeux de mots ressortent davantage du calembour, l’amorce étant d’ordre sonore – chanson oblige (à l’exception ici de l’exemple de Robinson, où le jeu de mot portant sur « vendredi » repose sur un second sens possible pour un terme utilisé – ici nom propre/nom commun. On notera deux choses concernant cette propension au jeu de mot : la première est qu’elle peut déborder le cadre de la chanson pour s’étendre au cadre para-textuel de l’album : ainsi du live enregistrée lors de la tournée de l’album Novice : Tour Novice, ou de certains titres de chansons : Camping Jazz … La seconde, d’ordre génétique, est que cette figure relativement peu productive d’un point de vue poétique semble caractériser une période précise de l’écriture de Bashung quand il travaillait avec le parolier Bergman. Cette relation textuelle me semble assez pauvre du fait de son caractère particulièrement tranché : soit on comprend l’astuce, soit on ne la comprend pas ; soit l’on possède la référence, soit on ne la possède pas. Son ressort réside tout entier dans notre capacité de compréhension et notre vivacité d’esprit. Mais, une fois élucidé, le jeu de mots n’offre plus aucune difficulté ; il se donne tout entier ou ne se donne pas. Il ne possède pas cette propriété de résistance qui fonde l’image poétique : une association dont la compréhension justement résiste, une association qui ne se départit jamais totalement de son caractère étrange et pour laquelle demeure toujours une forme d’incertitude. L’image poétique fuit l’évidence. L’écho qui s’instaure entre les deux pôles du jeu de mots ne provoque jamais que la satisfaction de l’esprit et constitue en ce sens le « degré zéro » des figures du miroir, ou de l’écho.

Un degré supplémentaire est franchi avec l’usage d’une figure que semble particulièrement affectionner Bashung, à savoir l’ allophone : « texte transcrit en d’autres mots. On a remplacé des mots par des homophones qui semblent conférer au texte un sens nouveau »

Exemple particulièrement probant cet extrait de 2043 : « Ses congénères crient au génie », où on est forcé d’entendre, ou croire entendre, dans la phrase initiale, la présence, seconde, du mot « cryogénie ». On peut également penser à certains titres : « Est-ce aimer ? », « Que n’ai-je ». Ce procédé, dans certains cas, peut produire des équivoques intéressantes -renvois troubles, miroirs troublés : ainsi, le début de Volutes ne se laisse pas aisément démêler : « Vos luttes partent en fumée / vos luttes font des nuées / des nuées de scrupules », que l’on peut tout à fait entendre, titre du morceau à l’appui : « Volutes partent en fumées / […] font des nuées / dénuées de scrupules ». L’allophone est ici pour Bashung un moyen de brouiller les pistes, de scinder l’idée que l’on croit saisir, et son propre reflet (les mêmes sons pouvant produire deux phrases distinctes, le trouble étant renforcé par le champ lexical vaporeux qui caractérise tout le texte, et dont la dimension proprement insaisissable convient bien à cette entrée en matière). On voit donc bien qu’avec cette figure, il réintroduit ce principe de résistance, cette dimension d’incertitude. Si l’on file la métaphore du miroir, le reflet du texte premier ne diffère plus simplement parce qu’il est maquillé, mais bien parce qu’il commence à introduire la possibilité d’un Autre ; c’est le principe d’identité du texte à lui-même qui est remis en cause par l’allophone, où l’on croit entendre ce qui s’avère être différent. Ce que l’on croyait avoir identifié comme l’image première n’en est en fait que le reflet, qui nous échappe. Il n’y a plus coïncidence, mais une première forme, infime, de décalage. Le texte, doucement, s’ébranle.

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les chevaux du plaisir

Enfin, l’image d’un mot peut se diffracter jusqu’à saturer le texte de sa présence, par le biais notamment de deux figures particulières : l’allitération et la paronomase. Nombreux en effet sont les textes de Bashung reposant sur un nombre restreint de phonèmes, et semblant même parfois entièrement procéder de variations appliquées à ces (ou ce) phonèmes. Le principe de « retour permanent » qui caractérise la rime (certains schémas de phonèmes terminaux se répondent de manière réglée) s’étend alors à l’ensemble du texte ; par la systématisation de ce principe, on entre alors dans une forme de saturation, de « galerie des glaces » renvoyant indéfiniment la même image de manière déformée. Ainsi du [an] (ou [am]) d’Un âne plane (titre programmatique) qui contamine en quelque sorte le reste du texte, dans lequel on retrouve des mots tels que « Notre Dame », « clame », « fane », « anatomies », « pavane », « courtisane », « anoblit », « condamne », « émanent », etc. Ou bien du [z] d’Osez Joséphine, que l’on retrouve de manière particulièrement éloquente dans la phrase « user l’usurier / soyez ma muse », ou ailleurs (« plus rien n’s’oppose », et jusque dans certaines liaisons « ils font des envieux », étendant ce principe de contamination au-delà du mot seul, mais bien dans la structure même de la phrase – les mots entre eux produisent le son premier.) La paronomase également peut produire cette sensation d’enfermement entre certains sons récurrents, au nombre restreint. « A moi s’agrippent des grappes […] » (Noir de monde), « les cymbales les symboles » (Happe), « j’ai pas compté j’escomptais » (Malaxe), « à quoi s’adonne la madone » (L’Irréel), « j’ai fait l’amour/j’ai fait le mort » (La Nuit je mens), « en Écosse des gosses précoces » (Que n’ai-je), pouvant aller jusqu’à l’homophonie, sorte de « paronomase absolue » : « en Écosse des gosses écossent » (id.), « me lancent/des dagues et des lances » (Volutes). Mais dès lors, c’est l’infime variation dans la répétition du même, qui importe : ainsi, dans une phrase telle que « effet de serre/ma vie sous verre/s’avère ébréchée » (Dehors), c’est le terme « ébréchée », qui concentre toute notre attention par sa situation en fin de phrase et qui produit cette cassure que le reste de la phrase prépare: la surenchère, l’enfermement dans quelques sons particuliers favorise l’écart, la disjonction : tout terme ne présentant pas le même caractère d’identité constitue nécessairement un relief à notre écoute ; le fait que ce terme, ici, soit « ébréchée » est d’autant plus éloquent, dans la mesure où c’est lui qui vient écorcher la structure close de la phrase, et vient forcer notre écoute. Dans le miroir, l’image de cette phrase est à la fois une ressemblance, une forte identité, en même temps qu’une fêlure. Il revient donc à la langue elle-même de faire vaciller sa propre image, de mettre en place les conditions de sa propre remise en cause, de sa propre contestation – le surgissement de ses failles. Cet univers cohérent de répétition du même, ce principe d’identité qui structure et organise de nombreux textes de Bashung, ne vaut que pour et par les nuances, les exceptions et variations qu’il met à jour, dont il permet l’épanouissement. La récurrence d’une figure n’a d’intérêt que dans les moments où elle fait défaut – dans l’espace intime de ses lacunes. C’est ainsi que je voudrais concevoir l’intérêt des différentes figures « du miroir » : dans leur opacité bien plus que dans leur transparence. Il est vrai que ces divers phénomènes d’échos participent d’une cohérence du texte, qu’ils lui permettent de prétendre à une forme d’unité, de couleur qui lui soit propre. Mais les espaces cohérents peuvent également s’appréhender par leurs marges, car c’est ainsi, par l’écart, que l’on peut espérer accéder à cette étrange résistance du poétique dont je parlais plus haut.

Après avoir fait état des principaux moyens dont use Bashung pour donner à ses textes une apparence de stabilité , je voudrais analyser un autre type de figure, qui joue bien moins sur la mise en relation des différents éléments explicites d’un texte, que sur le recours à un éventuel implicite du langage. Alors que nous venons de voir comment d’éléments en présence pouvait naître une lacune, j’aimerais désormais montrer comment est-ce que Bashung parvient à donner une forme de présence à ce que la langue, d’une certaine manière, dissimule.


Certains textes reposent sur des « mots-fantômes », des sortes de dénominateurs communs à l’ensemble des autres termes, autour duquel ils tournent, sans jamais sembler le saisir, sans jamais l’énoncer, des clés de lecture restant dissimulées, informulées. Ces présences fantomatiques peuvent être d’ordre sémantique, avec le développement d’un champ lexical particulier, ou phonique, rejoignant ainsi le principe allitératif.. Pour les constructions d’ordre sémantique, on peut penser à
2043 et Angora, qui s’organisent respectivement autour de la notion d’hiver (et ce qu’elle implique de froid et de rigueur : « elle hiberne », « l’ont refroidie », « crient au génie », et de maladie respiratoire (voir notamment le refrain. Dans la mesure où elle est couplée au champ lexical de la moisson – « faucher les blés », « manier la fourche », « […] qu’on a semée », « n’a pas pris ». Dans une perspective plus large, on peut constater qu’un album tel que Fantaisie Militaire semble s’organiser autour de l’idée de Nature. Ainsi, on peut lire dans la grande majorité des chansons des allusions à la nature en tant qu’elle renvoie à une forme d’état premier, ou de monde parallèle au nôtre mais qui conserve tout de même une certaine porosité.: les grands espaces (« montagnes », « plaines », « abysses », « forêt vierge », « l’océan » ), le monde minéral (« extrait de roche », « falaise », « éboulis »), aquatique (« cité lacustre », « geyser », « l’eau du nénuphar », « jailliront les cascades », « les eaux troubles », « les pluies acides »), végétal (« la lande », « les herbes folles », « valériane », « orchidées », « laurier » « nos lianes infinies », « le dernier coquelicot », « les sapins », « la mandragore »), animal (« le lièvre court la hase » « au gardon à la tanche », « terrier ») le cycle cosmique (« la saison », « aux équinoxes », « mes éclipses », « la Grande Ourse »), etc., comme si l’album dans son ensemble était parcouru par cette idée de Nature, et les rapports que l’homme peut entretenir avec elle.

https://www.youtube.com/watch?v=I65xH9-bWRU

On peut également retrouver ce principe de mot-fantôme qui viendrait hanter les souterrains d’un texte dans une dimension d’ordre plus phonique. L’exemple le plus significatif d’un tel procédé nous est offert avec la chanson Elvire, dont le titre semble déterminer, parcourir l’ensemble du texte ; autrement dit, le texte paraît s’attacher à n’exprimer aucun terme qui ne rompe le lien phonique avec le prénom qui le fonde. On trouve ainsi des mots tels que « rêveries véritables », « éprouve », « logiciel », « en exil j’excelle/aux barres parallèles », « enjoliveurs », « crécelle », etc. Tout le texte paraît donc n’exprimer, en filigrane, que la présence absolue, totalisante, de cette Elvire. La question à cet endroit pourrait être de connaître la différence que j’opère entre l’exemple d’Elvire, et le principe de l’allitération : c’est qu’ici, la récurrence des mêmes phonèmes ne relève pas d’une volonté arbitraire d’établir des échos entre certains mots, mais bien de rendre phoniquement la permanence de la figure féminine, qui s’épanouit de manière souterraine , et qui vient d’une certaine manière véroler le texte dans son ensemble. Autrement dit, l’obsession du narrateur pour cette Elvire peut se lire dans le processus de contamination qui se met en place sur l’ensemble du texte. Même lorsqu’elle n’est pas nommée, on ne peut s’empêcher « d’entendre » sa présence. Je dirai qu’elle hante la chanson.

Un autre procédé que semble affectionner Bashung est celui qu’emploie Michel Leiris dans son Glossaire et qui consiste à remettre en cause l’arbitraire du signe linguistique, en donnant à un mot une définition qui semble procéder du signifiant plus que du signifié. C’est le mot dans toute sa matérialité qui commande la définition (ainsi, on peut trouver à « Botanique : ta beauté panique »). Si Leiris pousse l’habileté à conserver une cohérence d’ordre sémantique au sein du jeu sur les signifiants (« centaure : sans mors son torse se tord »), Bashung reprend le procédé en le simplifiant quelque peu. On peut donc trouver trace, dans son écriture, de certaines de ces définitions obliques : Ombres chinoises : « les ombres s’échinent à me chercher des noises » (J’passe pour une caravane), Vercors : « voleur d’amphores au fond des criques » (La Nuit je mens), ou encore Sonotone : « les sonates de l’automne » (La Ficelle). De cette manière, et pour reprendre l’expression de Leiris, on « entend ce que les mots disent ». Ils sortent de leur simple transitivité, s’imbriquent à la façon de poupées gigognes, et croyant en trouver un, on tombe sur les autres. Il établit ainsi entre eux des correspondances insoupçonnées et inédites, qui nous poussent à entendre au plus près la texture du mot, et exploite de cette façon sa faculté à « faire image ». Il met à jour les réseaux qui parcourent la langue et qui souvent nous échappent, dans l’habitude que nous sommes à ne plus considérer le langage pour ce qu’il est, mais pour ce à quoi il nous sert

Cette remotivation de la langue trouve son accomplissement le plus radical dans le traitement que fait Bashung des locutions et autres expressions figées, qui surabondent dans le cours de son écriture. Je ne me lancerai pas dans un compte-rendu exhaustif de chacun des cas particulier de ce procédé, dans la mesure où il pourrait constituer à lui seul un article conséquent, mais je tâcherai de dégager les principes de sa mise en place, et ce que cela engage dans notre rapport au texte – et, partant, au langage. La locution, explique Le Grand Robert, est un « groupe de mots (syntagme ou phrase), fixé par la tradition ». Elle se caractérise également par le caractère « intangible » et « stable » de sa forme. On pourra également ajouter qu’elle constitue, par le fait même de son intangibilité, la modalité d’expression favorite de l’ensemble des opinions reçues sans discussion, comme une évidence naturelle, dans une civilisation donnée. ». Il s’agit donc en un certain sens d’un matériau verbal – et poétique – plutôt vil. Or la prose de Bashung regorge véritablement de ces locutions, expressions figées, tics de langage : « avoir les mains sales » (Station Service), « pleuvoir des cordes » (Rognons 1515), « sans crier gare » (id.) , « sur le bout des doigts » (Mes bras), « faire une fleur » (J’ai longtemps contemplé), « se perdre en […] » (Kalabougie), « fausser compagnie » (Fantaisie militaire), « le plus clair de mon temps » (J’passe pour une caravane), « la caravane passe » (id.), « partir en fumée » (Volutes), « être noir de monde » (Noir de monde), etc. Ce qui importe désormais est de saisir le traitement qu’il impose à ces locutions, ou autrement la manière dont il arrive à se sortir des sables mouvants de la langue, comme est-ce qu’il parvient in fine à la mettre en branle. Il procède pour cela de trois manières différentes : soit par un jeu sur le contexte dans lequel il insère la locutions ; soit par un jeu sur les termes immédiatement présents dans l’environnement de la locution, d’un point de vue strictement syntaxique : quels sont les mots qui bornent, encadrent la locution, qui se situent dans son entourage immédiat ?) ; soit, empruntant à l’attitude surréaliste, par défigement de l’expression. Je ne retiendrai qu’un exemple pour chacun des types de traitement.

https://www.youtube.com/watch?v=U-tJQgsZp20

Concernant la relation au contexte général de la chanson, sa concrétisation la plus éloquente est celle que l’on peut trouver dans le texte de Station service, extrait de l’album Roulette russe: « Aujourd’hui j’ai plus les mains sales». Cette phrase, qui intervient à de nombreuses reprises dans le texte, subit l’action rétroactive du contexte de deux manières distinctes mais non contradictoires : en effet, le morceau dépeint, d’une part, la mort d’un « vice-président du conseil […] à l’arrière de sa DS », et de billet de « 100.000 lires » que l’on tend en faisant « promett[re] de n’jamais rien dire ». Ce genre d’affaire justifie pleinement qu’en « lâch[ant] son job », on n’ait plus les mains sales, et la conscience tranquille. « Avoir les mains sales » aurait donc bien ici le sens (figuré) qu’on lui connaît, celui de se compromettre dans d’obscures affaires. Mais (et c’est le deuxième sens possible de l’expression), l’action se passe, ainsi que le titre l’indique, dans une « station service ».On peut donc recevoir l’expression « avoir les mains sales » au sens propre , dans la bouche de celui qui en arrêtant son « job » n’a plus, enfin, à se soucier de l’état de ses mains. Partant de là, l’habileté de Bashung réside dans le fait qu’il fasse converger les deux sens (propre et figuré) sur la même expression, sans qu’ils n’entrent jamais en conflit, et sans que l’on soit jamais capable de décider lequel des deux il nous faut retenir : on ne peut jamais trancher quant à l’orientation qu’il nous faut donner à cette phrase. La seule chose dont nous puissions être sûr, c’est que par la mise en place d’un contexte spécifique appliqué à une expression particulière ou, inversement, par le choix d’une locution spécifique dans un contexte particulier, il nous pousse à reconsidérer cette dernière dans toute son épaisseur. Il nous oblige, par une subtile mise en contexte, à repenser l’origine de l’expression. Nous sommes forcés de nous confronter à la dualité principielle de toute locution mais que l’usage nous fait perdre de vue. En ce qui concerne le rapport au co-texte, on peut distinguer deux façons de procéder, toutes deux s’appuyant sur un usage particulier du lexique : par analogie, ou par antagonisme. Par analogie, j’entends que l’on trouve parfois dans l’environnement immédiat de la locution certains termes ressortissant du même champ lexical qu’elle, et que de cette proximité naît la figure. Ainsi pour la phrase suivante : « Je me tue à te dire / qu’on ne va pas mourir » (Mes bras) : la présence du verbe « mourir » fait immédiatement écho au verbe « tuer » (champ lexical de la violence et de la mise à mort), que pourtant l’usage nous à appris à ne plus entendre pour lui-même lorsqu’il s’inscrit dans la locution « se tuer à dire (qqch – à qqun -) » C’est la co-présence des deux termes qui nous pousse à revenir sur la locution et qui nous permet d’entendre, ici, la violence sur laquelle elle se fonde. « Je meurs pour te dire qu’on ne mourra pas ». A noter également que ce type de pratique est valable dans le cas d’expressions telles qu’ « un train s’en va sans crier gare », « il pleut des cordes sur ma guitare » (Rognons 1515), etc.). Mais cette prise de conscience peut également passer par le recours à deux termes antagonistes : « se perdre en retrouvailles » (Kalabougie) (ou encore « le plus clair de mon temps dans la chambre noire » (J’passe pour une caravane) : c’est donc ici le fait de rapprocher l’idée de « perte » et celle de «retrouvailles» qui fait sens. Le phénomène majeur qu’entraîne ce jeu sur le co-texte, est qu’il nous pousse à reconsidérer la locution dans toute sa matérialité ou dans toute sa texture. Bashung confronte d’une certaine manière l’espace figé de la locution, et l’espace dynamique de la phrase. L’auditeur bâtit le sens de manière progressive, et c’est cette entreprise de dévoilement qui le conduit à reconsidérer la locution, une fois opérée la compréhension du syntagme dans son ensemble. La présence du co-texte provoque en quelque sorte le vacillement de la locution, par un mouvement de va-et-vient permanent sur l’axe syntagmatique, d’un espace à l’autre. Même s’il ne s’agit pas d’un « défigement » en règle , cela participe tout de même d’une forme « d’ébranlement » de la locution. Le terme d’ « expression figée » signifie bien que le récepteur identifie le syntagme comme un bloc, dont les différentes composantes restent inconsidérées pour ce qu’elles sont. En rétablissant des liens de type lexical, Bashung rend perceptible un ou plusieurs éléments en particulier de la locution et lui rend son particularisme. De cette manière, il nous fait entendre les « rouages »de la langue.

Enfin, la troisième manière d’exploiter ces « phénomènes linguistiques » particuliers que sont les locutions, est le « défigement » de certaines « expressions figées » tel que le pratiquait les surréalistes, c’est-à-dire par l’intervention directe sur la configuration interne de l’expression : ainsi Madame ne rêve pas à des « foudres de guerres », mais bien « de foudres et de guerres » (Madame Rêve). De la même manière, ça n’est plus « la caravane qui passe », mais bien « Je [qui] passe pour une caravane ». L’expression est donc mise à nue, en une sorte de dissection, puis « remontée », de sorte qu’elle nous apparaisse comme neuve ou du moins, inouïe.

Par tous ces procédés, A.Bashung participe d’une remise en cause de la transitivité de la locution : on ne glisse plus sur elle comme sur ce bloc syntaxique que l’usage nous a appris à ne plus considérer pour lui-même, mais pour ce à quoi il renvoie : on est forcé de l’appréhender de manière individuelle. L’informulé remonte à la surface, se fait véritablement entendre. Bashung débarrasse la locution de son surpoids doxal, et elle devient ainsi, par son incongruïté et son intransitivité fraîchement acquise, un matériau à fort potentiel poétique.

Je voudrais pour finir évoquer deux procédés qui, s’ils ne rentrent pas pleinement dans les catégories factices forgées par mes soins, n’en demeurent pas moins des « points de surgissement » du sous-texte, des voies d’accès aux galeries qui parcourent les textes de Bashung. Le premier de ces procédés est un hybride entre ce que j’ai pu dire sur le principe de l’allophone et le jeu sur le co-texte : citons ainsi, pour illustrer cette catégorie, des phrases telles que « les délices qu’on ampute pour l’amour du connasse », ou « tu sauras où l’acheter le courage », ou encore « et que ne durent que les moments doux ». Cette figure se déploie en deux temps : d’abord Bashung sélectionne un terme, que l’on peut croire neutre mais qui en réalité contient en son sein la possibilité d’une seconde lecture ; puis il lui accole un second terme qui, par affinité sémantique, actualise en quelque sorte la seconde lecture possible du premier. Par exemple, il ne vient pas spontanément à l’idée d’entendre « lâcheté » où l’on nous dit « l’acheter ». Mais par l’association du mot « courage », son exact antonyme, cette métamorphose devient immédiate et évidente. Ainsi, chacune de ces phrases peut s’entendre « en plusieurs dimensions ».

Enfin, la dernière figure que j’aimerais citer simplement pour mention est celle de la syllepse, qui présente le double avantage de constituer un point de basculement du texte et un point de vacillement dans notre compréhension. C’est une figure qui met en déroute tant le texte que l’auditeur ; le texte hésite, et l’on hésite avec lui. Ainsi : « […] un concours de circonstance qu’aurait engendré ce paysage désolé/de n’être pas resté ». Le basculement s’opère ici au niveau du mot « désolé », qui s’accompagne en plus dans la chanson d’une pause dans la scansion. (On notera que l’expression « un paysage désolé » peut constituer également une forme d’expression figée – au moins dans un certain type de littérature.) Ce terme, sur lequel s’opère la jonction de deux sens, propre et figuré, les unit, et fait résonner la solitude de l’un dans l’embarras de l’autre. Dire le plus de choses avec le moins de moyens, voilà ce qui pourrait constituer une sorte de programme esthétique pour Bashung.

Voilà donc dans les grandes lignes ce que j’aurais eu envie de dire quant à l’écriture d’Alain Bashung, à ce que je pense être son fonctionnement, ses mécanismes, ses spécificités. Ce que je me suis efforcé de faire était de cerner les modalités d’existence du langage chez Bashung, ses différentes organisations, sa structure. Et de cette structure, le concept qu’il me semble falloir retenir est cette idée de densité, de permanence des images et de leur intégration en un plus vaste réseau. La langue d’Alain Bashung est une langue qui me paraît trouée en même temps qu’elle est stratifiée, où les différentes lectures possibles se déposent en une multitude de couches. Voilà ce que nous pourrions identifier comme le système poétique propre à Alain Bashung. Il faudrait aussi analyser d’éventuelles failles dans le système.

Bashunghttps://pixbyroland.com/wp-content/uploads/2017/09/24647469316_5cc5b833fb_o-225x300.jpg 225w, https://pixbyroland.com/wp-content/uploads/2017/09/24647469316_5cc5b833fb_o-768x1024.jpg 768w, https://pixbyroland.com/wp-content/uploads/2017/09/24647469316_5cc5b833fb_o-510x680.jpg 510w" sizes="(max-width: 850px) 100vw, 850px" width="850" height="1134" />

Je vous déteste tous

Comme dans le sublime Samuel Hall, de Fantaisie Militaire. Tout y semble d’un absolu premier degré : absences d’images, de figures de style, de sous-texte, pauvreté du lexique, élocution hachée . Tout est fait pour que, à l’instar du héros, ce texte se marginalise du reste de la production de Bashung. Et c’est finalement dans cette perspective macrostructurelle que s’accomplit sa beauté, et qui en fait un alien dans l’œuvre du maître et incarne la trace insurpassable de l’Autre.

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je prends des trains à travers la plaine

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Instantané...

L'hiver est à la porte

Et le ciel d'un bleu dur

Si les feuilles sont mortes

les couleurs sont... d'or pur!

La pelouse s'est couverte

D'une cape changeante...

La rouille sur mousse verte

Douce caresse, mouvante.

Sur le banc qui verdit

deux écureuils grignotent

Et les yeux éblouis

A la beauté clignotent...

Au chaud derrière la vitre

Âme et sens apaisés

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Au bonheur d'exister!

J.G.

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