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Cette exposition est consacré à Michel de Ghelderode et à son ouvrage "L’histoire comique de Keizer Karel telle que la perpétuèrent jusqu’à nos jours les gens de Brabant et de Flandre", Texte intégral et définitif, mis en images par Albert Daenens, Bruxelles, Á l’Enseigne du Carrefour, 1943, 185 p. Ce recueil d’anecdotes pittoresques et volontiers paillardes sur la vie de Charles Quint est composé dans un style archaïsant cher à l’auteur, attaché au mythe de la Flandre. L’édition originale paraît en 1922 à Louvain, aux Éditions de la Sainte Boutique (!). Ce petit volume de 48 pages ne contient que 31 des 72 récits de l’édition définitive. Une deuxième édition – en partie originale – voit le jour en 1923, à l’enseigne de la Renaissance d’Occident. En août 1943, l’éditeur Eugène Maréchal, officiant aux Éditions du Carrefour à Bruxelles, propose une troisième édition, présentée comme définitive. Cette édition, joliment illustrée par Albert Daenens, est aussi en partie originale. À l’exception de deux contes, elle reprend avec des variantes et dans un ordre différent, tous les textes de la deuxième édition, avec en outre une nouvelle préface et quinze contes inédits. Le présent exemplaire, qui ressemble à s’y méprendre à cette troisième édition, est en réalité une quatrième édition, véritable chausse-trappe bibliographique. En effet, l’achevé d’imprimer indique la même date, août 1943, et mentionne la troisième édition. Cependant, le format est un rien plus petit et un post-scriptum a été ajouté à la fin de la préface de l’éditeur (p. 21). Celui-ci explique qu’à huit jours de la sortie de presse de la troisième édition, il s’est vu «agréablement forcé» par l’auteur d’en établir une quatrième, qui comporte de très nombreuses variantes stylistiques. Dès lors, l’«achevé d’imprimer» doit être lu plutôt comme un avis concernant la troisième édition. Il comporte d’ailleurs une différence notable: alors que l’achevé d’imprimer de la troisième édition signale: «la présente édition de l’Histoire comique de Keizer Karel, la seule définitive et contenant le texte intégral de l’ouvrage […] ces exemplaires constituant l’édition définitive et la seule version intégrale de l’ouvrage de Michel de Ghelderode», celui de la quatrième édition est libellé comme suit: «La troisième édition de l’Histoire comique de Keizer Karel, la seule contenant le texte intégral de l’ouvrage […] ces exemplaires constituant la seule version intégrale de l’ouvrage de Michel de Ghelderode» (c’est nous qui soulignons). On comprend donc que cet avis de la quatrième édition indique simplement que la troisième édition a été imprimée en août 1943 et que cette édition n’était pas définitive puisqu’une quatrième a été établie. L’exemplaire de la Réserve précieuse, acquisition postérieure à la donation, porte une dédicace autographe de l’auteur à Jean-Marie Culot, son premier bibliographe, membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises. Elle est rédigée ainsi: «à Jean-M.Culot – mon premier livre – dans l’attente d’un temps meilleur où seront flacons et victuailles comme ci-devant. En amical hommage [s.] Ghelderode 1943 (Etant entendu que ceci est bien la version définitive de Keizer Karel)». Sur cette curiosité bibliographique décelée par le professeur Roland Beyen, voir Auguste Grisay, «La quatrième édition de l’Histoire comique de Keizer Karel de Michel de Ghelderode», dans Le livre & l’estampe, t.XVII, nos67-68, 1971, p.162-164; R. Beyen, Bibliographie de Michel de Ghelderode, Bruxelles, Palais des Académies, 1987, n°167.
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A l'occasion de la parution du recueil du Père (Maredsous) Luc Moës, "Sillons", distiques, ouvrage accompagné de photos de Caroline Nève de Mévergnies. La présentation fut faite par Piet Lincken et les lectures par le présentateur et l'auteur

. Luc Moës

Lectures de l'oeuvre par Piet Lincken et L'auteur Par la suite, autour du thème "Poésie et spiritualité" on entendit Isabelle Fable partager sa contribution au sujet

Le dernier ouvrage d'Isabelle Fable, intitulé 'Femmes en souffrance' a obtenu le Prix Delaby-Mourmaux 2008, décerné par le jury de l'Association des Ecrivains belges (AEB). Participa également aux lectures, Barbara Flamand

Le dernier opus de Barbara flamand "La patience du guetteur d'aube" (poésie) vient de paraître aux Editions Onyx et présente ses textes en français et en tchèque. J'en reparlerai lors d'un prochain billet fin janvier prochain.

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La collection "Voix de la mémoire" aux Editions Luc Pire

La collection "Voix de la Mémoire" aux Editions Luc Pire marque un intérêt fondamental pour tous les phénomènes politiques, sociaux et culturels qui offrent un lien possible, une approche comparative entre le présent et le passé. Entre l’analyse du présent et la compréhension de l’histoire. A l’appui de travaux historiques, juridiques, politiques et sociologiques, et dans une perspective foncièrement pédagogique, Voix de la Mémoire met à la portée des lecteurs francophones la connaissance et l’information nécessaires à une meilleure compréhension des enjeux politiques contemporains. Au croisement de plusieurs disciplines, et dans une perspective progressiste, elle attribue un rôle central à l’histoire récente et à la mémoire des tragédies qui l’ont marqué pour construire une société plus juste ! Les ouvrages de la collection: Faut-il interdire les partis d'extrême droite ? Démocratie, droit et extrême droite Jérôme Jamin. Préface de Hugues Le Paige. « Cela restera toujours l’une des meilleures farces de la démocratie d’avoir elle-même fourni à ses ennemis mortels le moyen par lequel elle fut détruite » disait avec un cynisme lucide Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d'Adolf Hitler. Quelles libertés faut-il accorder aux ennemis de la liberté ? Cette question est au cœur de la réflexion sur la démocratie. Système à la fois formidable et monstrueusement fragile, la démocratie ne peut limiter la parole de ses ennemis sans mettre en péril ses principes les plus élémentaires. A partir de ce constat, Jérôme Jamin tente de répondre à quatre questions. Comment légitimer la restriction de certaines libertés au nom des libertés elles-mêmes ? Qui sont vraiment les "ennemis" de la démocratie en Belgique et en Europe ? Quel a été le travail du législateur belge pour protéger notre démocratie contre l'extrême droite ? Et qu'avons nous à apprendre de l'expérience des autres pays au sein de l'Union européenne ? Jérôme Jamin est chercheur au CEDEM (Université de Liège) et prépare une thèse de doctorat en Science Politique sur l'idéologie d'extrême droite. Il est l'auteur d'un CD Rom consacré à l'extrême droite en Europe (Les Territoires de la Mémoire, 2000), d'un ouvrage d'entretiens avec le syndicaliste Jacques Yerna (avec Julien Dohet, Labor, 2003) et d'un livre sur la médiation interculturelle (avec Eric Florence, Academia Bruylant, 2003). Il est aussi le rédacteur en chef de la revue Aide-Mémoire éditée par les Territoires de la Mémoire. Dictionnaire de la barbarie nazie et de la Shoah Daniel Bovy.Préfaces de Maxime Steinberg et Edouard Husson Aktion Reinhard, Nacht und Nebel, Solution finale, Traitement spécial, Zyklon B. Derrière ce langage, souvent codé, se cachent ceux qui ont assassiné la démocratie, organisé et réalisé le plus terrible des génocides du XXe siècle et mis l’Europe à feu et à sang. Le Dictionnaire de la barbarie nazie et de la Shoah explique quelles furent les composantes et les implications de cette horreur. Il détaille aussi le rôle des perpétrateurs et celui des institutions qu’ils mirent en place. Il tente de répondre à un grand nombre de questions incontournables : les Allemands étaient-ils tous antisémites ? Quel fut le degré d’obéissance des membres de la SS ? En quoi la Wehrmacht fut-elle impliquée ? Les Alliés savaient-ils et pourquoi alors n’ont-ils rien fait ? Quelle fut la position du Vatican ? Quels sont les dangers du négationnisme ? En plus d’être un instrument de réflexion, ce livre est un outil de travail particulièrement complet. L’ouvrage se compose : d’une chronologie détaillée incluant, pour la première fois, l’ensemble des mesures anti-juives, d’un dictionnaire critique, d’un index biographique éclairant la manière de fonctionner de la machine de destruction nazie, d’un vocabulaire des camps, d’une liste des mots codés utilisés et, enfin, de nombreux documents éclairant les entrées du dictionnaire. Daniel Bovy est diplômé en langues modernes et professeur de morale laïque dans l’enseignement de la Province de Liège (Communauté française de Belgique). Il a été correspondant du journal « La Wallonie ». Particulièrement concerné par les Droits humains et la lutte contre l’extrême droite, l’auteur travaille activement avec le service pédagogique de l'association "Les Territoires de la Mémoire", Centre permanent d'Education à la Tolérance et à la Résistance. Populisme. Vieilles pratiques, nouveaux visages Henri Deleersnijder Préface de Claude Javeau. Voilà près de vingt ans maintenant que la plupart des pays du Vieux Continent ont vu ressurgir en leur sein des discours politiques remettant en cause la représentativité démocratique, diabolisant l'immigration et rejetant, sur des bases nationalistes, toute construction européenne. Les leaders souvent charismatiques qui les diffusent dans l'espace public prétendent sentir ce que le « peuple » - mythifié pour l'occasion - souhaite d'instinct. S'agit-il d'un nouveau visage de l'extrême droite ou d'une simple instrumentalisation du désarroi de populations précarisées ? Questions, parmi d'autres, que doit se poser notre société face à ces populismes aux recettes outrageusement simplificatrices et toujours démagogiques. Le phénomène n'est certes pas neuf. De Boulanger à Le Pen, en passant notamment par Degrelle. Peron et Poujade, et jusqu'aux télépopulistes actuels, l'Histoire n'a jamais été avare de ce genre d'aventuriers ou apprentis-chefs. Raison pour laquelle l'auteur s'emploie d'abord à mettre ces poussées de fièvre en perspective. Il esquisse ensuite, pour aujourd'hui, un état des lieux de la question, non sans montrer qu'une certaine gauche de la gauche entend depuis peu se réapproprier le concept polysémique de « populisme » pour lui instiller la dimension progressiste de ses origines. Conscient de ce que le vernis d'humanité est plus mince qu'il n'y paraît en général, il appelle enfin tous les démocrates à un nécessaire devoir de vigilance citoyenne. Henri Deleersnijder est professeur d'histoire, licencié en Arts et Sciences de la Communication et collaborateur scientifique à l'Université de Liège. Il est notamment l'auteur de deux ouvrages dénonçant le négationnisme : L'Affaire du "Point de détail". Effet médiatique et enjeux de mémoire (Éditions de l'Université de Liège, 2001) et Les Prédateurs de la mémoire. La Shoah au péril des négationnistes (Bruxelles, Labor/Espace de Libertés, coll. "Liberté j'écris ton nom", 2001). Il est aussi chroniqueur. Par ailleurs, en 2005, dans un chapitre intitulé "La dérive populiste en Europe centrale et orientale", il a apporté sa contribution au numéro 42 de la revue Hermès (coordonné par Pascal Durand et Marc Lits, CNRS Éditions).
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Contemporain des surréalistes, Henri Michaux a cherché comme eux dans la poésie et dans l'art une aventure spirituelle comparable à certains égards à l'expérience mystique. Mais il se distingue nettement d'eux par le climat angoissé de son univers intérieur, par son esprit critique, sa curiosité intellectuelle, son refus de toute agitation tapageuse et de tout engagement idéologique. Il donne l'exemple de la plus grande liberté d'esprit dont un homme soit capable. Tenté, au début, de refuser la réalité pour s'évader dans l'imaginaire, il a finalement entrepris d'explorer le plus complètement possible, en tentant sur lui-même des expériences d'un caractère presque médical, le domaine mental de l'homme. Qu'il s'agisse d'exprimer ses sentiments d'angoisse et de révolte, de raconter ses rêves, d'imaginer des histoires fantastiques, ou de rendre compte d'expériences psychologiques, Michaux le fait dans un style immédiatement reconnaissable et inimitable, sec, nerveux, haletant, saccadé, vibrant, qui traduit à la fois l'émotion et l'humour. Longtemps desservi par son originalité même, il est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands écrivains français. Il fut aussi un remarquable peintre, un des initiateurs du « tachisme » en France. L'évolution de son oeuvre graphique, depuis les figures monstrueuses du début jusqu'aux signes, aux taches et aux dessins « mescaliniens », sans être absolument liée à celle de son oeuvre littéraire, va dans le même sens : de l'angoisse paralysante à l'ivresse de la découverte. De la révolte à l'aventure Poète et peintre, Henri Michaux n'a quitté définitivement sa Belgique natale qu'à vingt-cinq ans et n'a été naturalisé français qu'à cinquante-cinq ans. Il est né le 24 mai 1899 à Namur dans une famille bourgeoise ardennaise et wallonne. Enfant et adolescent maladif, rêveur, révolté contre son milieu familial, il « boude la vie », existe « en marge », s'évade dans la lecture. Il découvre les mystiques. A vingt ans, refusant toute intégration sociale, il renonce à poursuivre ses études de médecine et s'embarque comme simple matelot. Au bout d'un an d'aventures maritimes, il revient à Bruxelles. Il semble être définitivement un « raté ». La lecture de Lautréamont lui révèle sa vocation d'écrivain. Il débute par des essais et des textes poétiques en prose où l'imagination cocasse et le style percutant révèlent déjà sa profonde originalité. Venu à Paris, il se lie avec Jean Paulhan, qui est le premier à comprendre et à apprécier son génie. Son premier livre, Qui je fus , passe à peu près inaperçu. Un voyage en Amérique du Sud lui inspire Ecuador (1929) ; quelques années plus tard, il rapporte d'un grand voyage en Inde et en Chine un autre journal de bord, Un barbare en Asie (1932). Entre-temps, il a écrit ses premiers chefs-d'oeuvre : Mes Propriétés (1929) et Un certain Plume (1930, repris sous le titre de Plume en 1938), nom d'un personnage falot, éternelle victime des hommes et des événements, qui incarne l'angoisse de vivre. Dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, l'inspiration de Michaux s'approfondit. Il commence la description de ses pays imaginaires et il fixe les images du Lointain intérieur (1938). En même temps, il se consacre de plus en plus au dessin et à la peinture et commence à exposer des aquarelles et des gouaches aussi étranges, pour le grand public, que ses poèmes. La publication, en 1941, d'une conférence de Gide, Découvrons Henri Michaux , marque le début de la notoriété. Mais c'est seulement après 1955, au moment où il entreprend d'expérimenter sur lui-même les effets des drogues hallucinogènes, notamment de la mescaline, qu'il obtient la consécration définitive. Cependant, fidèle à sa vocation de poète réfractaire, jaloux de son autonomie, soucieux d'échapper à toutes les aliénations, même celle de la gloire, il refuse, en 1965, le grand prix national des Lettres. L'espace du dedans Michaux se désintéresse de ce qui est extérieur : paysages, objets, réalités économiques, relations sociales, devenir historique. Son regard plonge à l'intérieur de lui-même, dans ce domaine incirconscrit et obscur où naissent les pensées, les rêves, les images, les impressions fugitives, les pulsions. Aucun écrivain peut-être n'a jamais porté une telle attention aux mouvements les plus ténus de la vie intérieure. Il dit de l'art de Paul Klee, avec qui il a d'incontestables affinités, qu'il nous communique le sentiment d'être « avec l'âme même d'une chrysalide ». Sa faculté maîtresse est l'imagination, mais une forme d'imagination qui refuse le pittoresque et la narration. Ce domaine de l'imaginaire, c'est ce qu'il appelle ses « propriétés ». Il est à la fois tout entier enclos dans son esprit et à la mesure de l'universel, puisqu'il est riche de « millions de possibles ». Ce que Michaux invente, ce n'est jamais une action, une intrigue (il n'est pas un conteur, même dans Plume ), mais des êtres et surtout des manières d'être. Au pays de la Magie ou dans celui des Meidosems (êtres filiformes et évanescents), il fait l'inventaire de nouvelles manières de vivre, d'aimer, de souffrir, de mourir. L'imagination est source de trouble et d'angoisse, puisque c'est elle qui provoque les images obsédantes, sécrète les monstres, doue les objets et les êtres d'un pouvoir d'agression, fait du monde une perpétuelle menace pour le corps et la conscience de l'individu, également fragiles. Une grande partie de l'oeuvre de Michaux exprime la terreur d'être envahi par « les puissances environnantes du monde hostile ». Mais l'imagination, qui est une force de destruction du moi, est en même temps un instrument de défense et une force de restructuration. Toute une autre partie de l'oeuvre de Michaux montre les divers procédés d'« intervention » qui permettent au rêveur (endormi ou éveillé) de prendre sa revanche sur la réalité hostile, de corriger ou de compléter le monde dans le sens de ses plus secrets désirs. Dans cette perspective, la poésie et la peinture sont moins des moyens d'expression que des exorcismes. La recherche de l'absolu Michaux écrivait déjà dans son premier livre : « Je ne peux pas me reposer, ma vie est une insomnie [...]. Ne serait-ce pas la prudence qui me tient éveillé, car cherchant, cherchant et cherchant, c'est dans tout indifféremment que j'ai chance de trouver ce que je cherche puisque ce que je cherche je ne le sais. » Son entreprise consiste donc à tenter d'atteindre quelque chose qui se dérobe sans cesse et à quoi il ne lui est pas possible de renoncer sans que sa vie perde toute signification. Cette ferveur perpétuellement frustrée, ce « désir qui aboie dans le noir », les mouvements de ce « cerf-volant qui ne peut couper sa corde » définissent la situation spirituelle de l'homme contemporain, à qui sa pensée analytique et sa culture désacralisée ne permettent plus de « participer à l'Etre ». L'activité littéraire et artistique de Michaux, comme d'ailleurs toutes ses autres activités, est une « entreprise de salut ». Dans sa jeunesse, la solution de la mystique chrétienne l'avait attiré. Plus tard, il a découvert la pensée de l'Inde et celle de la Chine, qui lui offrent des modèles et des techniques de méditation plus efficaces. Mais c'est finalement dans la poésie et dans l'art qu'il trouve la voie d'une réconciliation avec le monde et la vie. Il ne s'agit pas de trouver des solutions ou des réponses, mais de s'éveiller à la vraie vie, d'accéder au sens véritable du monde, qui est son mystère et son inépuisable nouveauté. Il faut retrouver l'esprit d'enfance : elle est l'« âge d'or des questions et c'est de réponses que l'homme meurt ». C'est encore à propos de Paul Klee que Michaux explique à quelles conditions l'art et la poésie permettent de dépasser la muraille de signes qui nous sépare du réel : « Il suffit d'avoir gardé la conscience de vivre dans un monde d'énigmes, auquel c'est en énigmes aussi qu'il convient le mieux de répondre. » L'expérience de l'infini Michaux avait jadis été tenté de recourir à la drogue (notamment l'éther) comme à un moyen de s'évader, de se retirer du monde, de vivre de l'autre côté. Plus tard, ce n'est plus l'évasion qu'il recherche, mais l'expérience. Il ne s'agit pas pour lui d'échapper à la condition humaine, mais d'en explorer toutes les possibilités. La drogue, qui donne des hallucinations et permet d'accéder à l'état second, est l'une des voies de l'aventure mentale dans laquelle le poète s'est engagé et qui consiste à « se parcourir », à faire l'« occupation progressive » de tout son être en exploitant toutes ses facultés. La dernière partie de l'oeuvre de Michaux (depuis 1955) est consacrée à l'exploration de l'univers prodigieux que lui a révélé l'usage de drogues comme l'opium, le hachich, le L.S.D. et surtout la mescaline. Il montre que le drogué fait l'expérience de l'infini, mais aussi qu'il existe deux catégories, deux modalités de l'infini, dont l'une est le mal absolu et l'autre le bien absolu. Les titres des ouvrages qui décrivent les effets de la drogue : Misérable Miracle (1956), L'Infini turbulent (1957), Connaissance par les gouffres (1961), rendent compte du caractère essentiel de l'hallucination par le hachich ou de l'ivresse mescalinienne, qui est l'aliénation. Le drogué, comme le fou, est délogé de ses positions, chassé de lui-même, pris dans un « mécanisme d'infinité ». Avec la perception juste de son corps, il a « perdu sa demeure ». Il ne retrouve plus le « château de son être ». L'expérience de la folie mescalinienne enseigne à la fois que l'infini est l'ennemi de l'homme et que, pourtant, l'homme est vulnérable à l'infini, qu'il y est « poreux », parce que « ça lui rappelle quelque chose » et qu'il en vient. La finitude est conquise sur l'infini et la vie humaine normale est « une oasis », « une hernie de l'infini ». Il existe pourtant une autre forme de l'infini, dont Michaux a fait parfois, d'une manière inattendue, l'expérience bouleversante : un infini non plus de désorganisation et de turbulence, mais de complétude, de transcendance, l'unité retrouvée. C'est l'extase, semblable à celle des mystiques, par laquelle il se sent « remis dans la circulation générale », « rentré au bercail de l'universel » et qui lui donne enfin accès à une « démesure qui est la vraie mesure de l'homme, de l'homme insoupçonné ». Humour et poésie L'originalité de l'art de Michaux, dans ses ouvrages littéraires comme dans ses peintures, tient à la fusion de deux éléments en apparence contradictoires, l'émotion et l'humour. D'un bout à l'autre de son oeuvre, il n'y a guère de phrase ou de trait qui n'exprime l'émotion la plus intense. Souffrance, terreur, ou au contraire ferveur, l'émotion se traduit par des images fulgurantes, des cris, des rythmes haletants, des répétitions. Mais l'émotion apparaît rarement à l'état brut, et Michaux, en règle générale, ne la prend pas entièrement au sérieux. Il y a chez lui un refus d'être dupe, un besoin d'observer et de comprendre qui établissent une distance entre lui et ses propres sentiments. Placé dans une situation difficile, il utilise l'humour comme un moyen de prendre du recul et de se protéger. Il ne s'agit pas de rire ou de faire rire, mais de neutraliser l'émotion, soit par un détail ou un tour saugrenu, soit par un flegme apparent. L'exemple d'humour le plus connu et le plus caractéristique de Michaux, c'est le personnage de Plume, à qui il arrive toutes sortes de mésaventures surprenantes sans que cela modifie jamais sa résignation attristée et sans qu'il ose intervenir pour détourner le cours du destin. Que ce soit dans les récits de voyages réels ou imaginaires, dans les rêves de « vie plastique », où il invente la « mitrailleuse à gifles » ou la « fronde à hommes », dans les réflexions et les aphorismes sur les sujets les plus divers, le ton de Michaux unit presque toujours la gravité et la fantaisie, la tension et la désinvolture. De toute manière, écrire (ou peindre) n'est jamais pour lui un acte gratuit ou un divertissement, mais une sorte d'épreuve ascétique : « Écrire, écrire : tuer, quoi. » Il crée, dit-il encore, « pour questionner, pour ausculter, pour approcher le problème d'être ». En cela, il incarne la tentation la plus forte de l'art contemporain et se rattache à la tradition des poètes voleurs de feu. Il est l'un de ceux qui ont le mieux pressenti ce que pourrait être une nouvelle culture, intégrant à la pensée occidentale des éléments empruntés à l'Orient, et une nouvelle mesure de l'homme, plus vaste que la nôtre. Sagesse et contemplation Un dernier massif est venu, dans la vieillesse, compléter l'oeuvre. Tout ce qui précédait se trouve repris et dépassé sur chacun des deux versants, dont l'un est tourné vers la sagesse, l'autre vers la contemplation. On trouvait déjà, çà et là, dans les ouvrages de l'âge mûr, des aphorismes, qui étaient d'un moraliste. Poteaux d'angle est un recueil de préceptes que le poète s'adresse à lui-même ; et la sagesse qu'ils contiennent se situe au-delà de toute sagesse. Michaux se défend d'être un « gourou » : « Quoi qu'il arrive, ne te laisse jamais aller - faute suprême - à te croire maître, même pas un maître à mal penser. Il te reste beaucoup à faire, énormément, presque tout. La mort cueillera un fruit encore vert. » Comment le poète réfractaire pourrait-il enseigner autre chose que la liberté ? Les principes de sa morale sont l'authenticité et l'autonomie : être soi, être à soi. Mais cela conduirait au blocage du moi si cette sagesse n'était pas aussi un mouvement d'ouverture au monde et d'élan vers l'inconnu. Comment conserver quelque chose du prodigieux foisonnement des possibles, sinon en gardant une totale disponibilité ? « Si tu ne t'es pas épaissi, si tu ne te crois pas devenu important..., alors peut-être l'Immense toujours là, le virtuel Infini se répandra de lui-même. » Dans Face à ce qui se dérobe , Michaux décrivait la « survenue de la contemplation ». Elle ne peut naître que dans le silence. « Une fois repoussés les variations et ce qui nourrit les variations : les informations, les communications, le prurit de la communication... on retrouve la Permanence, son rayonnement, l'autre vie, la contre-vie. » Il est significatif que l'un de ses derniers textes soit la suite de poèmes intitulée Jours de Silence (recueillis dans Chemins cherchés, chemins perdus, transgressions ). Il ne décrit plus la contemplation mais la chante, la célèbre, avec la ferveur retrouvée des mystiques d'Occident et d'Orient. Parallèlement au poète, parfois en discordance avec lui, le peintre Henri Michaux a connu lui aussi, dans sa vieillesse, l'accomplissement. Il a utilisé de nouvelles techniques pour jeter dans l'espace les lignes, les taches et les signes qui forment ce que Jean Grenier a appelé une « architecture de l'impermanence ». Plusieurs grandes expositions rétrospectives ont définitivement imposé cet art visionnaire, dont la profondeur est comparable à celle de l'oeuvre poétique.
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Paul Verlaine

La publication des cinq premiers recueils de Verlaine, des Poèmes saturniens (1866) à Sagesse (1881), c'est-à-dire la partie la plus belle et la plus originale de son oeuvre, ne souleva aucun enthousiasme chez le public et
laissa la critique plutôt froide, sinon hostile. On reprocha à l'auteur sa tendance à l'affectation et à l'outrance, son goût de la bizarrerie prosodique et de la désarticulation du vers. On rechercha surtout les filiations et les
influences ; on trouva chez lui des reflets de Victor Hugo, d'Alfred de Musset, de Ronsard, de cent autres ; on le traita de « Baudelaire puritain »... Personne ne saisit sa véritable originalité ; personne ne devina le drame
intérieur dont elle était l'expression, ni les efforts du poète pour en camoufler les manifestations sous une façade d'impersonnalité pudique.
Il est certain qu'aucun écrivain ne fut plus sensible que lui aux influences du milieu et du moment, plus « perméable » aux courants littéraires et aux lectures de toutes sortes. Mais cette « porosité », qui lui permit de former
le substratum d'une riche culture littéraire, ne modifia en rien les traits dominants de sa personnalité par suite d'une grande souplesse intellectuelle et d'une puissance d'assimilation peu commune. En réalité, plus qu'aucun
autre, Verlaine avait besoin d'intercesseurs littéraires pour déclencher en lui l'élan créateur, de « tuteurs » que son inspiration pût prendre comme points d'appui pour aller au-delà. Parfois ils agissaient comme de simples
catalyseurs, par leur présence même. Mais, en général, ils provoquaient une tension littéraire éminemment propice à la création poétique, tension nullement incompatible avec l'état de rêverie qui est le fond de sa nature.
Cet « instant à la fois très vague et très aigu », qui donne exactement la mesure de son inspiration, est précisément la conjonction de ces deux états.
Grâce à elle, ses expériences personnelles, ou vitales, sources de ses rêveries, se muent en expériences poétiques et mobilisent les différentes acquisitions de la culture littéraire qui fournissent les outils d'expression.
Verlaine a rencontré, au début de sa carrière et jusqu'à son aventure avec Rimbaud, les intercesseurs spirituels ou littéraires dont il avait besoin : Baudelaire, Leconte de Lisle, Victor Hugo, Théophile Gautier, Glatigny,
Catulle Mendès, Sainte-Beuve, François Coppée, Marceline Desbordes-Valmore, les Goncourt, Edgar Poe... Il a trouvé chez eux des aliments divers pour son coeur et pour son esprit, pour sa sensibilité et pour son imagination.
Certains ont agi même comme intercesseurs à la fois poétiques et vitaux : Baudelaire et Rimbaud. Aussi peut-on dire que, par un curieux paradoxe, son originalité a éclaté d'autant plus vivement que les influences qu'il a subies
ont été plus importantes, parce qu'alors il était soutenu par un haut idéal d'art et des tuteurs puissants qui ont permis à ses dons naturels de s'épanouir par une sorte d'émulation l'empêchant de se laisser aller à sa facilité.

Actes de foi et hérésies poétiques

A la lumière de ces considérations, l'oeuvre de Verlaine apparaît comme une série de tentatives et de renoncements, d'actes de foi et d'hérésies, commandés, d'une part, par les lectures entreprises et les milieux fréquentés
et, de l'autre, par les drames personnels et les états psychologiques du poète, mais obéissant à un temps propre purement intérieur, celui de son paysage de rêve.
Sur les expériences sensibles de son enfance s'est greffée une éducation classique et ronsardisante franco-latine vite déviée dans le sens d'une culture originale par la découverte du baroque et du précieux, du marivaudage
et du gongorisme, par la lecture des poètes mineurs des XVIIe et XVIIIe siècles, c'est-à-dire de tout ce qui s'inscrit dans le sens d'une hérésie.
Dans la seconde étape de son adolescence, celle des premiers « poèmes saturniens », il découvre le romantisme sous ses multiples aspects : politique et oratoire de Hugo, pittoresque de Gautier et d'Aloysius Bertrand, révolté de
Petrus Borel et de Philothée O'Neddy (lycanthropie), intériorisé de Baudelaire. La lecture des Fleurs du mal est le fait capital de cette phase : Baudelaire apparaît comme le premier tuteur, à la fois littéraire et spirituel, un « frère en génie », qui révèle Verlaine à lui-même. Son influence se manifeste dans tous les domaines et imprègne les Poèmes
saturniens . Mais cette phase est également hérétique : le romantisme verlainien est plus intérieur, plus subtil, plus concentré, et son goût de l'allusion s'inscrit en faux contre l'éloquence et la prose. De plus, l'action de Baudelaire dévie vers les côtés extérieurs du « baudelairisme » et vers une interprétation hérétique du sonnet des Correspondances , réduites aux seules correspondances sensibles. Cette déviation se produit chez Verlaine sous
l'impulsion d'un génie très personnel, qui a pris conscience de lui-même en découvrant l'immanence de la sensation et le pouvoir incantatoire du rêve.
Dans les milieux parnassiens, sous la multiplicité des influences qui s'exercent sur lui, il se révèle essentiellement polyvalent et riche de possibilités. D'un autre côté se situe une expérience vitale décisive : son amour secret pour sa cousine Elisa Moncomble, qui oriente son génie dans une double direction : lyrisme sentimental et élégiaque de « Mélancholia », et lyrisme féerique des Fêtes galantes (1869). Pour cacher cet amour «impossible » (Elisa est comme une soeur aînée) et quasi irréel (la réalité risque de ternir sa pureté), le Parnasse servait admirablement son génie : Verlaine pratique ce que l'on pourrait appeler une « poésie-masque ». Mais ce parnassien est également dissident et hérétique. Dans ses poèmes impersonnels transparaît une sensibilité inquiète et nerveuse qui a peine à se dominer, et l'émotion contenue sous une façade de froideur vibre entre les vers. Le rythme extérieur seul est parnassien, mais le rythme interne est tout personnel et traduit un rêve d'amour, matérialisé un moment par la magie de l'art, dans un paysage enchanté, peuplé d'un monde chimérique et situé aux confins de l'irréel : les Fêtes galantes sont une « impasse de génie » et un paradoxe.
Tentative de fuite et de guérison par l'art (après la mort d'Elisa), étroitement unie à son paysage intérieur et commandée par la lecture de nombreux poèmes et études sur le XVIIIe siècle (qui marquent un goût collectif
à cette époque), cette évasion littéraire s'est soldée par un échec sur le plan vital. Mais la confluence des sources a créé une forte tension esthétique qui s'est traduite par la forme impeccable du recueil.
Après les Fêtes galantes s'ouvre une période en deux temps de désarroi esthétique, une conversion au « réel » et au social, puis au « vrai », selon le mot de Hugo, celle des Vaincus en particulier, marquée par des tentations
poétiques impures et une recrudescence du réalisme, et celle de La Bonne Chanson (1870), régie par une expérience vitale importante qui exorcise le rêve et la hantise d'Elisa : ses fiançailles avec Mathilde Mauté et sa cour
poétique. Cette conversion au « bien », à la joie, à la santé morale, les efforts qu'il fit pour unir en un même intercesseur la fiancée et la muse, furent néfastes au point de vue poétique. Éloigné des milieux littéraires et
de l'émulation salutaire, il se trouve isolé dans un amour bourgeois solidement attaché au réel. Aussi la menace du prosaïsme, la tentation de la fausse éloquence, de la rhétorique, de la déclamation oratoire l'emportent-elles sur le raffinement de la préciosité. Sauf quelques rares et exquises réussites (« La Lune blanche », « Avant que tu ne t'en ailles »), La Bonne Chanson est inférieure aux autres recueils.
Cette phase où risquait de sombrer son génie prend fin avec l'arrivée de Rimbaud. Expérience capitale, celle du « fils du Soleil » : tentative poétique pour atteindre l'inconnu, l'ineffable, l'inouï ; tentative morale pour unir le bien et le mal. Un seul intercesseur à la fois poétique et vital : Rimbaud.
Impure sur le plan moral, cette expérience l'a purifié au point de vue poétique. C'est pourquoi les Romances sans paroles (1874), fruit de cette conjonction unique, résonnent si profondément, si mystérieusement. Mais Verlaine est incapable de suivre son ami jusqu'au bout ; il voit en lui moins le Prométhée « voleur de feu » que l'ami au « visage d'ange en exil ». Ne croyant pas à la vertu libératrice et rédemptrice de la poésie, il charge d'impuretés une expérience qui dépasse ses possibilités. Un parallèle entre Crimen amoris et Soir historique démontrerait l'hérésie de cette tentative.
Le coup de feu de Bruxelles met fin à cette « aventure dans l'abstrait », et aussi, hélas ! à la tentative merveilleuse de renouvellement poétique. Avec la conversion, c'est de nouveau l'isolement et le désarroi poétique, chargé des germes aigus de la décadence. Dans le silence de sa cellule, Verlaine fait le procès de son aventure et de son art dans les Récits diaboliques (1873) ; sa vie en marge du réel lui paraît comme un chemin de perdition. Il renie son « brûlant » passé poétique et son esthétique profane, et demande désormais au « vrai » le chemin du salut. Mais la religion avec son conceptualisme ne peut constituer une nouvelle esthétique. De plus, ses expériences vitales sont antipoétiques : prison, jugement de séparation, exil en Angleterre, maladie. S'il écrit au début, dans les transes de la
rédemption, les sublimes poèmes de Sagesse , les « Sonnets au Christ » et les « litanies » à la Vierge, qui sont le chef-d'oeuvre de la poésie catholique, c'est par suite de l'élan acquis et du coup de fouet de la grâce. Mais tout
dénote une perturbation profonde, tout annonce l'effondrement prochain entre 1876 et 1880. Le meilleur et le pire voisinent dans Cellulairement. Les nouveaux intercesseurs ne peuvent remplacer les anciens : la grâce n'est
pas la muse, le Christ est un intercesseur vital et non plus poétique ; la boisson, qui aurait pu lui ouvrir à nouveau les portes du rêve et du paradis perdu, ne fait qu'aggraver le mal ; les jeunes poètes qui se pressent autour de lui sont des disciples et non plus des maîtres. Dans l'inspiration religieuse (Amour , 1888 ; Bonheur , 1891 ; Liturgies intimes , 1892), il fera des transpositions du catéchisme, des démarquages en vers des livres de piété, et dans l'inspiration profane, à part quelques réussites très osées dans Parallèlement (1889), il se délaye, en plusieurs volumes, dans un fatras indigeste. Voulant mener de front les deux inspirations, il sombre dans une double et dernière hérésie.

Poète de l'individuel

Malgré son polymorphisme et ses nombreux avatars, malgré toutes les influences qu'il a subies, Verlaine est demeuré foncièrement original avant tout par l'individualité de son inspiration. Il n'a rien écrit qui fût étranger à sa
vie et à ses émotions. C'est son moi sous ses multiples aspects et dans ses diverses manifestations qui forme la trame de ses vers et la substance de son oeuvre. Mais cet héritier des romantiques diffère de ses devanciers par son «éducation » parnassienne ; il en a gardé la honte de l'étalage intempestif et une certaine pudeur qui l'a préservé (du moins dans les premiers recueils) de la dramatisation des sentiments en vue de toucher le lecteur. Ennemi de
l'emphase et de l'éloquence, il est dans l'expression de la passion et de la douleur d'une naïveté candide qui surprend et qui attire. Ses poèmes les plus poignants, les plus déchirants, sont des « chansons », des « ariettes », des «
fêtes galantes », des « colloques sentimentaux », sans rien en eux « qui pèse ou qui pose ».
Aussi les thèmes généraux (auxquels il a échappé d'ailleurs en grande partie) se caractérisent-ils chez lui par des traits qui lui sont propres : simplicité, douceur, tendresse, légèreté, mélancolie, le tout relevé d'un grain de subtilité ironique et de sensualité voilée. De plus, il les a réduits à sa mesure. Dédaignant les longs développements romantiques ou parnassiens, fidèle au « principe poétique » d'Edgar Poe, il les a concentrés en de menus
poèmes, au mètre court, au dessin imprécis, au rythme alangui, qui, au lieu d'aller de strophe en strophe vers une plus grande précision, perdent de leur netteté et de leur relief, se voilent d'irréalité et se chargent de musique.
Enfin son nom reste attaché à certains thèmes qu'il a traités avec une maîtrise si parfaite qu'ils relèvent désormais de l'épithète « verlainien » : « paysages tristes » des Poèmes saturniens , chargés de tous les frémissements
de la vie intérieure du poète ; « paysages impressionnistes » des Romances sans paroles , formés de notations directes rendues dans toute leur fraîcheur ; « fêtes galantes » qu'il a portées à leur perfection au point que tout autre
poème traitant du même sujet (il y eut un engouement général pour ce thème au XIXe siècle) semble inspiré de lui ; thème de l'amour chaste et naïf de La Bonne Chanson , seul recueil de poèmes de fiancé ; thème religieux enfin qui
fait de Verlaine, selon le mot de Bloy, « l'unique absolument, celui qu'on était las d'espérer ou de rêver depuis des siècles ».

Le paysage intérieur

Considérée dans son intériorité profonde, la sensibilité de Verlaine révèle la conformité de ces thèmes avec son paysage intérieur et ses moyens d'expression rythmiques. Cette sensibilité se caractérise par un état d'engourdissement, de « dérive immobile de la sensation », où la réalité du monde extérieur tend à disparaître et où s'effacent les caractéristiques individuelles du moi. « Le poète sent sur le mode de l'anonyme. » Mais cet état d'engourdissement n'est pas inconscient de lui-même : c'est une attitude de passivité attentive.
Verlaine ne cultive en lui les vertus de porosité que pour mieux se laisser pénétrer par elles, et aussi pour en goûter les charmes. « Il se sent sentir sur le mode du particulier. » Par suite de ce « quiétisme de sentir », son
paysage intérieur se trouve formé de sensations qui se caractérisent, tout comme les thèmes, par leur fluidité, leur amenuisement, leur absence de netteté : parfums vagues, lumières tamisées, visions tremblotantes, paysages
aux contours flottants, musique en sourdine, voix lointaines et comme d'outre-tombe, toutes sensations évanescentes et fugitives, d'autant plus troublantes peut-être qu'elles sont momentanées, et qui pénètrent
insidieusement la conscience et la décomposent.
Concrétisé et agrégé, ce paysage intérieur se dédouble en réalité en deux paysages distincts mais étroitement unis : un paysage automnal et un paysage lunaire, celui des « Paysages tristes » et celui des Fêtes galantes . Le
premier est comme vu à travers une vitre embuée, brouillard ou pluie, cet écran d'apparences et de souvenirs qui dissimule la rugosité du monde sensible ; le second, baigné de clair de lune, ressuscite des visions d'un passé révolu
mais attachant entre tous, celles d'un XVIIIe siècle galant peint par Watteau.
Si le premier est fantomatique, refuge de son désespoir qu'il adoucit, le second est féerique, lieu d'élection de son rêve passionnel. L'un et l'autre, paysages de « décadence », correspondent à son intime besoin d'effusion et de
tendresse inassouvie.
Un des éléments essentiels de ce paysage intérieur est cette mélancolie si particulière à Verlaine et qui ne ressemble à rien dans la littérature française ; faite de regrets indéterminés et de velléités timides, de vagues
désirs de jouissance et de rêves indistincts, elle est quelque chose d'impalpable et de fuyant comme un sentiment de vacuité, comme un manque de sentiments, une absence d'émotions : C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi, Sans amour et sans haine Mon coeur a tant de peine.
Le second élément important de son paysage intérieur est la part qu'a prise le rêve dans son inspiration. Toute son oeuvre semble suspendue entre deux bornes : rêve-réalité. D'un côté, l'abri tutélaire recherché dans les regards
bien-aimés, dans « l'inflexion des voix chères qui se sont tues », dans les apparences d'une nature dématérialisée, ou dans les vapeurs de l'alcool ; et, de l'autre, la vie avec son cortège de déceptions, de solitudes, de regrets,
de désespoirs. Ses poèmes sont d'autant plus beaux, plus émouvants, plus mystérieusement captivants, qu'ils se rapprochent du rêve et traduisent ce monde mouvant qui le hante, et d'autant plus plats, plus prosaïques, qu'ils
tendent vers l'expression de la réalité. « Mon rêve familier », « Soleils couchants », « Chanson d'automne », « Clair de lune », « Colloque sentimental », « La Lune blanche... », la troisième « Ariette oubliée », « L'espoir luit... » sont à la pointe de sa rêverie.

Les moyens d'expression poétique

Dans le domaine de l'expression formelle, cette originalité s'est traduite par deux traits essentiels : l'impressionnisme et la musicalité. Tout en respectant la forme extérieure de la prosodie classique et la langue poétique courante, dont son génie s'accommodait, Verlaine a brisé intérieurement le rythme traditionnel du vers, spécialement de l'alexandrin. Il a ébranlé ses assises et détruit « en profondeur » ses cadences. De même, il a rendu le sens de certains mots plus « volatil » et a créé des alliages nouveaux pour traduire son paysage intérieur et moduler son rêve poétique.
En conférant à la sensation la primauté dans la représentation du monde extérieur, et aux données immédiates de la conscience le pas sur la raison claire, il s'est libéré de l'intellectualité de la langue. Pour rendre l'ineffable et le subliminal, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus fugace dans la vie intérieure, il ne devait pas s'encombrer de considérations rationnelles.
Or, l'impressionnisme est l'art de traduire, par une technique spéciale, le momentané et le fugitif. En découvrant une « quatrième dimension » temporelle aux choses, il apparente la peinture à la musique en fixant un moment de la
durée et non plus seulement une tranche d'espace et de volume. De l'impressionnisme, Verlaine a utilisé d'instinct la plupart des procédés : le flou, la coloration des ombres, les effets de clair de lune, de brume ou de neige, la légèreté de la touche, la multiplication d'un objet unique, la notation des séries d'impressions, procédés par lesquels il a pu exprimer l'inexprimable et rendre la durée intérieure et ce qu'il y a d'unique dans la sensation.
Il en est de même de la musique, où il a joué le rôle de novateur et préparé la voie à l'impressionnisme musical d'un Fauré ou d'un Debussy. Dès le début, Verlaine constate que les mots expriment, touchent et émeuvent par leur
sonorité plus que par leur sens, que l'harmonie suggère et communique les sentiments et les sensations dans toute leur pureté, alors qu'une définition littérale risque de les déflorer. C'est pourquoi aucune poésie n'est plus chargée de résonances musicales que la sienne ; les mots s'y attirent et s'agrègent d'après leurs affinités sonores plus que par leur valeur d'expression logique. Par la « musique suggérée » comme par l'harmonie intrinsèque du vers, par la combinaison des tonalités mélodiques comme par l'heureux choix des assonances et des allitérations, par son goût de la musique mineure comme par la hardiesse de certaines dissonances, il a su traduire le monde mouvant de son paysage intérieur et le communiquer directement et pour ainsi dire sans l'intervention de la raison.
Réduit à une charpente, dont le seul rôle est d'être un support pour les vocables qui le masquent et l'annihilent, le vers n'est plus un ensemble de mots exprimant un sens satisfaisant l'esprit, mais un agrégat de sons destinés
à charmer l'oreille et à faire naître des émotions ; il est chant, à la fois musique et paroles, et par là il se retrempe aux sources vives du lyrisme. Par une extraordinaire variété métrique, par l'emploi des mètres courts ou impairs, des trimètres, de l'enjambement et du rejet, des césures inclassables, mais surtout par sa plasticité et sa flexibilité, qui l'ont mené au bord du vers libre, Verlaine a substitué à son rythme séculaire le souffle de la vie, la musique du coeur, la mélodie de l'âme. Il en est de même de la rime, qui disparaît sous une avalanche d'échos intérieurs, de correspondances de sons, d'assonances et de résonances, le tout noyé dans la fluidité d'un chant aux modulations mineures.
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Les Nouveaux Cahiers André Baillon n. 7-8 (2009)Actes du colloque "Actualité d'André Baillon" (Bruxelles, 25-26 octobre 2007)Sommaire- Avant-propos, Maria Chiara Gnocchi et Geneviève Hauzeur- Un cœur si simple. Baillon et l’ironie d’En sabots, Pierre Schoentjes- Stylistique de l’anaphore : il y a dans Par fil spécial, Michel Otten- L’expérience au Thyrse : Baillon avant Baillon, Valérie Nahon- Baillon héritier de Renard et de Philippe ? Le temps des relectures, Maria Chiara Gnocchi- Position d'André Baillon dans l'histoire de la relation littérature-folie, Daniel Laroche- « Un livre ? pourquoi faire ? j’aurais pu l’écrire… » Baillon dans l’histoire littéraire : héritage et proximités, Geneviève Hauzeur- Une institution nommée Baillon, Laurent Demoulin- La traduction néerlandaise des romans « flamands » d’André Baillon ou Comment peut-on traduire un auteur dans sa propre langue maternelle ?, Frans Denissen- Table ronde animée par Laurent Demoulin. Avec Anne-Marie La Fère, Caroline Lamarche, Otto Ganz, Alain Berenboom et Jack Keguenne- Baillon in 2008-2009, Frans Denissen- Honderd jaar geleden : Baillon in 1909, Frans Denissen- Tous les chemins mènent à Baillon, Herman Lampaert et Maria Chiara Gnocchi- Bibliographie exhaustive des textes d’André Baillon (1930), Maria Chiara Gnocchi, Frans Denissen et Eric Loobuyck
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PRESENCE D'ANDRE BAILLON asbl

L'association, née en 2003 et devenue asbl en 2005, a pour objet de faire mieux connaître l'écrivain belge André Baillon.Présence d'André Baillon asbl édite, une fois par an, Les Nouveaux Cahiers André Baillon (Les Cahiers André Baillon, lancés en 1935 par Carle Maria von Israël, Charles Vildrac, Jean-Richard Bloch, etc., ont connu un seul numéro). Le périodique accueille des inédits de l'auteur, des textes devenus introuvables ou redécouverts par la recherche, mais aussi des essais critiques, des informations relatives aux récentes acquisitions du "Fonds André Baillon" aux Archives et Musée de la Littérature", etc.Le comité de rédaction des Nouveaux Cahiers André Baillon est composé par Frans Denissen, Francine Ghysen (n. 1 et 2), Maria Chiara Gnocchi, Geneviève Hauzeur et Laurent Demoulin (dès le n. 3)La sortie des numéros est prévue pour le mois de novembre de chaque année.Six numéros plus un numéro hors série ont paru jusqu'à ce jour.www.andrebaillon.net
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Pour me présenter...

Bonjour à tous,Je suis très heureuse de rejoindre aujourd'hui le réseau des Arts et des Lettres.Française d'origine, je travaille pour les peintres, sculpteurs et photographe du monde entier, d'où mon intérêt pour ce réseau.J'espère échanger avec vous et trouver sur ce site des informations pertinentes et intéressantes qui pourraient me servir dans mon métier.Armelle VAN LERBERGHEwww.artrinet.fr
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Traité du bienheureux Jean van Ruysbroeck dit Ruysbroeck l' Admirable (1293-1381), composé vers 1350 et publié en traduction latine: la première édition flamande ne date que de 1624. Il se présente comme le commentaire de la parole de l' évangile: "Voici l' époux qui vient, allez au-devant de lui" (Matt. 25, 6). Dans le prologue, Ruysbroeck, frappé par le mystère de la création, de la chute et de la rédemption, explique comment par cette dernière, le Verbe incarné s'est fait l'époux de la nature humaine qui, de ce fait, est elle-même son épouse. Afin de préparer la rencontre des deux époux dans la vie éternelle, l'auteur en vient à traiter des trois formes de la vie spirituelle: la vie active ou extérieure, la vie affective ou intérieure, la vie contemplative ou superessentielle, chacune faisant l'objet d'un livre entier qui constitue une explication approfondie de la parole évangélique. Entre le second et le troisième livre, s'insère une mise en garde contre les faux mystiques et leur fausse paix: la véritable paix est celle du Christ et de ses saints. L'auteur s'attache principalement à démontrer comment l' âme parfaite, par la contemplation, s'identifie à la nature divine. Pour parvenir à cette identification, l' âme doit aimer le Christ d'un amour ardent. Le ton fervent de cet ouvrage fait de l'auteur, qui écrit en dialecte brabançon, un des principaux prosateurs flamands du moyen âge.
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Chez Entrez Lire: Atelier d'écriture: le fantastique ou l'écriture de l'impossible avec Claudine Tondreau les 6 et 20/01, 3 et 24/02, 10 et 24/03, 21/04, 5 et 19/05 et 02/10/2010 de 19h à 21h30. Le récit fantastique, cette écriture de l'impossible connaît de multiples définitions. Bien qu'elle soit par essence paradoxale et en continuelle transformation, elle postule que la pensée rationnelle est insuffisante à rendre compte de la réalité. Nous expérimenterons, par nos textes, notre vision singulière de l'étrangeté du monde, sur les traces cependant de" grands belges " tels que Jean Ray, Thomas Owen, Frans Hellens, Marcel Thiry, ou encore Anne Richter, laquelle définit le fantastique féminin comme un art sauvage. Il n'est pas indispensable de connaître les auteurs cités: nous les découvrirons ensemble. Informations supplémentaires sur le contenu de l'atelier: claudine_tondreau@yahoo.fr ou au 0497/43 14 47. Inscriptions: info@entrezlire.be ou 02/513 46 74. Groupe limité à 8 personnes
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La revue POLITIQUE (revue de débats) a une raison d’existence : être un lieu de réflexion critique et de confrontation collective pour tous ceux qui ne s’accommodent pas du désordre établi par la règle absolue du profit.

Sommaire (n° 62): Le Point Capitalisme vert par Henri Goldman Passer l’arme à gauche ? par Edgar Szoc Prisons : quel est le problème ? par Fabienne Brion Le dictionnaire du prêt-à-penser Modernisation de l’université par Mateo Alaluf Le Thème PS : un parti populaire en Wallonie - le déclin ou la reconquête ? La crise électorale de la social-démocratie européenne par Gerassimos Moschonas Le Parti socialiste est-il populaire ? par Jean Faniel La quête sans fin des socialistes flamands par Carl Devos et Steven Lannoo Charleroi, après la tempête par Dominique Cabiaux Le clair-obscur des socialistes liégeois par Pierre Verjans L’éclectisme du Montois Di Rupo par Pierre Gillis Ethique de la proximité par Marc Sinnaeve Le PS, ce cauchemar par Luc Delval FGTB : soutien sans allégeance propos recueillis par Anne Demelenne "Le PS est resté authentique" - entretien avec Elio Di Rupo Corps et âmes Mama Kim par Jean-François Bastin Fiction Justice sociale par Jean CavÉ Uit Vlaanderen Anvers : révolte populaire contre un viaduc par Manu Claeys Europe Accès au Net : symptôme de la crise politique européenne par Félix Treguer, Jérémie Zimmermann Traité de Lisbonne : être ou ne pas être par Inès Trépant Analyse Rationaliser la microfinance ? par Jean-Louis Metzger Café Carabosse Le moral des ménages par Irène Kaufer Médias L’Europe des médias face à la crise par José-Manuel Nobre-Correia Idées Pour des jeunes acteurs de la démocratie par Emmanuel Massart Gare à la mystification des beaux principes par Abraham Franssen Un petit bout d’universel par Emmanuel Massart Démocratie La menace insidieuse par Jérôme Jamin Un livre La vie et le travail sans qualités par Pierre Ansay Rimages Controverses et contrechamp par Hugues Le Paige
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Auteur dramatique belge, Michel de Ghelderode (pseudonyme puis patronyme d'Adhemar Adolphe Louis Martens) ne jouit pas d'une gloire aussi grande que celle de son compatriote Crommelynck. Pourtant son oeuvre est sans doute au moins aussi importante. Ghelderode a écrit sa première pièce à vingt ans : La Mort regarde à la fenêtre (1918). Il a beaucoup écrit dans les années vingt, et ses pièces, traduites en flamand pour la circonstance, ont longtemps figuré au répertoire du Théâtre populaire flamand de Johan de Meester. Ce n'est que bien plus tard qu'il fut connu dans sa langue originale et en France même, grâce à des metteurs en scène parisiens tels que André Reybaz qui le «découvrirent » tardivement, à partir de la fin des années 1940.
Bouffonneries grimaçantes et mystères à résonances modernes, les pièces de Ghelderode acclimatent pour notre scène un XVIe siècle de convention. Certaines de ces oeuvres ont même été écrites pour un spectacle de marionnettes. Truculent, sombre, tragique, Ghelderode emploie une écriture bousculée, un rythme heurté et déconcertant. Burlesque parfois jusqu'à l'outrance, il retrempe aux sources populaires ses thèmes inspirés d'une culture classique. Parmi ses oeuvres significatives citons encore Barrabas (1928), Mademoiselle Jaïre (1949), La Mort du docteur Faust (1928), Sire Halewyn (1934), La Ballade du Grand Macabre (1934), Hop Signor ; (1936) et Sortie de l'acteur , sa dernière pièce, qui fut jouée en 1963, un an après sa mort. L'essentiel de l'oeuvre de Ghelderode a été rassemblé dans son Théâtre en cinq volumes (1950-1957). Ghelderode s'est rarement aventuré hors du genre théâtral. Il a pourtant publié un recueil de contes, Sortilèges (1941), et il a raconté ses débuts difficiles dans les Entretiens d'Ostende au cours d'un dialogue radiophonique qui a été publié en 1956.
On a parfois considéré Michel de Ghelderode comme un précurseur de Ionesco et de Beckett. C'est que son théâtre tragique et outré, trivial jusqu'à la caricature, situé au carrefour du théâtre élizabéthain et de l'expressionnisme, s'inscrit dans la même perspective et ouvre la voie au théâtre moderne.

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Cher(e)s ami(e)s,Mesdames, Messieurs,Je vous invite à découvrir notre nouvelle page d' information Myspace Emile Verhearen à Roisin.La Renaissance du Musée est annoncée, il semble que cette FOI encore la voix du peuple a été entendue.Je vous souhaite une belle visite sur ce dossier ouvert et réalisé par l'oeil attentif de Manu Paz pour la réalisation infographie, montage vidéo; René Legrand qui est présent et actif sans compter et qui depuis 2004 se bat pour que l'âme d'Emile Verheraen puisse dormir en Paix à Roisin.Merci à vous tous qui soutenez le projet, sans vous, ceci ne serait pas possible.La victoire sera la NOTRE!Un merci particulier également à Nicolas Lemmers, l'arrière petit neveu du Poète et concepteur du projet "L' Hommage Musical", pour son regard attentif de tous les instants.Bien à vous tous,Pour le groupe,Muriel Vigneronhttp://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=510868063
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Il est des hommes et des femmes qui, par leurs convictions et leurs réalisations, demeurent les socles et les fondements de nos histoires. La Maison de la Laïcité François Bovesse est l’héritière de la mémoire de tous ceux qui ont défendu avec vigueur les idéaux humanistes de tolérance, de démocratie, de justice sociale et de progrès, qui sont au cœur de sa propre existence. Elle avait ainsi réalisé, il y a quelques années, une première brochure consacrée à François Bovesse, ancien gouverneur de Namur assassiné par les rexistes à la fin de la dernière guerre. Pouvait-elle s’ arrêter simplement à l’homme dont elle avait emprunté le nom ? Les Laïques et humanistes du pays mosan ont été nombreux, comme en attestent déjà les brochures dédiées à Léopold De Hulster ou à Willy Peers ! René Close, un autre gouverneur, fait également partie de ceux dont l’amour absolu de la liberté, de l’égalité et de la fraternité a été le moteur de son action et de ses choix. Il a été résistant face au joug ennemi et à l’inhumanité. Avocat, il a assumé des défenses risquées à une époque de rigidité morale peu respectueuse des détresses humaines. Il a forcé le destin économique d’une province endormie sous de pesantes et frileuses traditions. Il s’est toujours préoccupé d’améliorer les conditions de vie de tous, surtout des plus malchanceux ou mal lotis. Il avait foi dans l’avenir et le progrès. René Close l’a toujours affirmé : la libre pensée, cette certitude inébranlable en la capacité de chacun d’entre nous de distinguer lui-même, pour ce qui le concerne, de la justesse de ses actes, l’a guidé dans chacun de ses engagements. Les documents et témoignages rassemblés dans cette brochure, en perpétuant la mémoire de l’un des plus illustres laïques namurois, contribuent tout à la fois à nous souvenir de ses actions et à éclaircir le sens de nos propres engagements. Une initiative de la Maison de la Laïcité François Bovesse en collaboration avec l’association Les Amis et Disciples de François Bovesse et la Province de Namur, ainsi qu’avec l’aide de la Ville de Namur, de Caudalie communication et de l’imprimerie Nuance 4.
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« Passage de Mémoire » est un concours de nouvelles en langue française organisé par l’asbl Territoires de la Mémoire en 2009-2010. Il s’agit ici de prendre les mots « passage de mémoire » comme la transmission ou la réception d’un événement tragique de l’Histoire (Shoah, génocide des Tutsis, crimes contre l’humanité, guerres, colonisation, etc). Le mot « nouvelle » comme une « oeuvre littéraire, proche du roman, qui s’en distingue généralement par la brièveté, le petit nombre de personnages, la concentration et l’intensité de l’action, le caractère insolite des événements contés ». Et le mot « fiction » signifiant le « produit de l’imagination qui n’a pas de modèle complet dans la réalité ». Il est ouvert à tous, quels que soient l'âge, la nationalité ou le lieu (pays) de résidence des participants. Les permanents et les membres de l’Assemblée générale de l’asbl Territoires de la Mémoire ainsi que leurs familles et les membres du jury ne peuvent pas participer au concours. Un livre reprenant les des deux textes primés et une sélection de nouvelles reçues sera édité dans la collection « Libres Ecrits » des Territoires de la Mémoire. Date limite de remise des textes : 8 mai 2010
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Maeterlinck entame sa carrière littéraire par la poésie avec Serres chaudes; suivront le recueil Douze Chansons (qui deviendront Quinze Chansons en 1900), puis le silence: Maeterlinck abandonne alors définitivement cette forme
d'écriture.
Ce recueil mûrit dans les serres d'Oostakker où son père, longtemps avant lui, s'interrogeait sur l'intelligence des fleurs. Dans Bulles bleues, en 1948, Maeterlinck dira de Serres chaudes qu'elles n'eurent "d'autre retentissement
qu'un coup d'épée dans l'eau". Verhaeren fit pourtant dans le Mercure de France un compte rendu élogieux du recueil, où il saluait l'auteur de "n'avoir pas eu peur de son inspiration adolescente".

La solitude, la captivité et la douleur de l'âme dominent l'ensemble du recueil: "O serres au milieu des forêts / Et vos portes à jamais closes!" Mais à travers la prison transparente de la serre, le poète perçoit parfois l'activité du monde; il lui vient alors des regrets: "O mon âme vraiment trop à l'abri", et des désirs de sentir la vie pénétrer son univers clos: "Mon Dieu, mon Dieu, quand aurons-nous la pluie, / Et la neige et le vent dans la serre." Son renoncement au monde, imparfait, ne lui apporte pas la sérénité escomptée et la serre lui est un lieu aussi inconfortable que le monde des hommes: "Seigneur, les rêves de la terre / Mourront-ils enfin dans mon coeur? / Laissez votre gloire seigneur / Éclairer la mauvaise serre."

A côté des poèmes réguliers, composés d'octosyllabes à rimes le plus souvent croisées, Serres chaudes contient également des proses poétiques et des vers libres, où des images hétéroclites renvoient une vision chaotique du monde extérieur: "On dirait une folle devant les juges, / Un navire de guerre à pleines voiles sur un canal..." Ces vers qui témoignent d'une extrême sensibilité, disent aussi la peur d'autrui, de l'homme en général: "Oh! j'ai connu d'étranges attouchements! Et voici qu'ils m'entourent à jamais." Et plus loin: "Il y avait des figures de cire dans une forêt d'été... / Oh! ces regards pauvres et las!"

De tous les recueils du symbolisme, Serres chaudes est sans doute le plus fidèle à cette école. Seule l'âme du poète habite ces pages; aucune passion forte, malgré l'expression d'une souffrance et d'une pitié pour le genre
humain, aucun homme tangible ne peuplent ces vers. Le "je" qui se plaint dans ces poèmes monotones est une âme solitaire, gagnée par la mélancolie.
Maeterlinck a la tête dans les étoiles; il est épris de comètes, de nébuleuses, de nuages, mais il s'enferme aussi dans des lieux clos dont les serres sont sans doute les plus étouffants qu'il ait jamais imaginés. Elles
symbolisent ici la captivité de l'âme, la prison transparente; elles évoquent les touffeurs et les langueurs de l'ennui. Déjà toute la mythologie du théâtre de Maeterlinck est en place: princesses évanescentes, vierges pleurant au fond
des grottes humides, petites filles solitaires dans un univers hostile.

A travers ces poèmes de l'introspection décadente, traversés d'images fulgurantes qui jouent d'une savante et délicate musicalité, Maeterlinck veut par le surnaturel appréhender la nature même de la condition humaine. Le
symbolisme chez lui est une réponse à la vie et non un simple décor.

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Un livre de Marc Barbay - Namur, sa citadelle, ses bistrots et ses institutions, ses artistes et ses habitants... - Exposition des photographies à la galerie du Beffroi du 22 septembre au 6 octobre 2009 À propos de l’ouvrage: Dans un monde trop abstrait où les gens surfent sur internet pour se faire des amis mais ne connaissent plus le visage de ceux qui les entourent, ce livre est une présentation de cette ville de Namur, petite dans toute sa grandeur, immense par la beauté des gens qui l'habitent. Tous les genres y sont les bienvenus, simples habitants, artistes, ministres de la Région, gouverneur de province, patron de bistrot, bourgmestre et membres de confréries diverses... Marc Barbay découvre avec joie l'âme de cette ville coincée dans sa superbe, entre fleuve et rivière, par le tracé d'une enceinte médiévale qui l'empêche de grandir, mais en a-t-elle besoin... Marc Barbay est peintre et photographe. Il a réalisé une série de reportages de par le monde afin d'illustrer de nombreux livres historiques et touristiques. Il a participé à bon nombre d'expositions de photographies et de peintures et fut primé à plusieurs reprises. On retiendra par exemple le premier prix Librart 2005 pour une photographie polaquarel nommée Le regard. Aux éditions Racine
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Artemisia

ARTEMISIA(Née à Uccle en 1954)Formation1973 Diplôme en Dessin d'Architecture d'Intérieur à Bruxelles.2003 Certificat de Recherches Graphiques et Picturales (Peinture).Académie des Beaux Arts de Sambreville2004 Peinture. Académie des Beaux Arts de NamurProfesseurs : MM. Pêtre, Tavemier, Sinte, Zhu, Gonthier.Prix1971 Premier Prix de Peinture décerné par la Commune d'Uccle.1999 Prix de l'Espoir décerné par la Commune de Sambreville. (Aquarelle)Expositions2009 Exposition à l'Espace Ockeghem (Tour de Saint Ghislain).« Au Fil des Sens... ». (Huiles).2008 Exposition à la Maison du Patrimoine du Nord-Est Avesnois deCousolre (France). «Traces de Soi...» . (Huiles).2008 Exposition en la Galerie Espac'Art Gallery à Mons. «Traces de soi... ».(Huiles).2008 Exposition en la Galerie Dominium à Beersel.«Juste un Moment... ». (Huiles).2007 Participation à « Art Exhibition » en Espace Culturel de Loisirs Artistiquesà Spy, asbl ECLAS. (Huiles).2006 Exposition au « Caf'Concert » à Namur. « Juste un Moment... ». (Huiles).2006 Exposition à la Maison Magritte à Chatelet. « Juste un Moment... »(Aquarelles, huiles).2005 Exposition en la Galerie d'Art de la Maison de la Culture de Fosses laVille.TechniquesAquarelleHuile sur papier et sur toileDémarcheDès son plus jeune âge, Artemisia fut attirée par le dessin et la couleur.Quoique rompue à bien des disciplines, elle affectionne les graphismes abstraits, auxquels elle sait toujours donner une émotion très personnelle.Pour elle rien sur terre n’existe avant d’avoir été pensé ou rêvé.Sa peinture est un oubli de soi qui rend présent les paysages de son monde intérieur, aux rythmes variés de couleurs et de lumière.Chaque toile reste un moment d’émotion fait de silences afin d’échapper au tapage du monde, mais au cœur de ses silences rien n’est vide. Elle arpente ainsi le chemin du visible par l’invisible, du réel et de l’irréel et mets sa part de féminité ainsi que la relation particulière qu’elle entretien avec son esprit.L’univers des peintres comme J.W. Turner, Claude Monet, Pol Cézanne ou Zao Wou Ki a probablement guidé son esprit et ses yeux.Ses transparences laissent passer la lumière et révèlent la matière.Le monde d’Artémisia est fait d’une sérénité et d’une générosité, qui n’affectent en rien sa joie de vivre.Ses toiles méritent que l’on s’y arrête un moment afin qu’elles nous dévoilent toute leur richesse.Elles étonnent par leur profondeur, leur harmonie et leur diversité.Evelyne Lemaire

EVELYNE LEMAIRE(Née à Bouffioulx en 1956)FormationAcadémie des Beaux-Arts de Mons (sculpture et peinture)Académies de Châtelet et Charleroi (Poterie, céramique, et sculpture)Professeurs : e.a. Baron Gustave CamusPrix1986 Prix du Hainaut1991 Prix Alphonse MullerExpositionsNombreuses expositions collectives2008 Exposition en la Galerie Espac’Art Gallery à Mons (Bronzes et céramiques)TechniquesCéramiqueBronzeDémarcheIl est, en principe, bien compréhensible qu’Evelyne Lemaire, originaire de Bouffioulx, nous offre de remarquables réalisations dans le domaine de la céramique, et, particulièrement du grès. Diverses formations auprès de maîtres réputés, lui ont cependant permis de diversifier son œuvre, puisqu’elle tire souvent de ses modelages, de très jolis bronzes qui restent des pièces uniques, et qu’elle met aussi à profit sa maîtrise du tournassage de la terre, pour se créer des ébauches qu’elles travaille ensuite avec une grande originalité : elle n’hésite pas à en extraire de véritables compositions où elle atteint une abstraction inattendue.Si ses personnages, qu’ils soient de terre cuite ou de métal coulé, toujours foncièrement longilignes, parfois androgynes, sont souvent sculptés dans des postures inhabituelles, ils gardent toujours un équilibre parfait.Sylviane Ledocq

SYLVIANE LEDOCQ(Née à Charleroi en 1967)FormationEtudes secondaires artistiquesAutodidacteTroisième génération de photographes amateursExpositions2009 Exposition à la Maison du Patrimoine du Nord-Est Avesnois deCousolre (France). (photos 40x60).2008 : Exposition à l’Espac’art Gallery (Mons). Idem.2008 Exposition en la Galerie Dominium à Beersel.(photos 40x60).2007 Participation au « Sentier des Arts et des Lettres » à Chatelineau2007 Participation à « Festiv'Arterre » à Bouffioulx. (photos 50x70).2006 Participation à « Festiv'Arterre » à Bouffioulx. (pastels).TechniquesPastelsPhotographie argentiquePhotographie numériqueDémarcheJ´ai abordé la photographie en même temps que le graphisme, lors d´études artistiques. J’ai longtemps utilisé un boiter reflex équipé d´un zoom 50-300 macro, qui me permettais de laisser libre cours à ma créativité. Jusqu´il y a peu inconditionnelle de la prise de vue argentique, je ne suis passée que très récemment au numérique. J´utilise exclusivement la couleur et recherche des sujets très diversifiés pour lesquels j´ai le plus souvent recours à une focale longue, tandis que la macro me permet de saisir les moindre détails de sujets qui m´attire particulièrement. Quoique influencée par la rigueur de mon grand-père et le penchant descriptif de mon père, je crois avoir un tempérament éclectique qui me permet de dégager l´originalité de ma propre personnalité.Jean Ledocq

Jean LEDOCQ(Né à Charleroi en 1939)FormationAutodidacteInitié par son père photographe amateur.Expositions2008 : Exposition à la galerie Dominium (Beersel). Tirages 40x60 cadrés.2008 : Participation à l’exposition collective « Passion Photos » à Moustier sur Sambre (idem)2008 : Exposition à l’Espac’art Gallery (Mons). Idem.2009 : Exposition à la Maison du Patrimoine du Nord Est Avesnois (Cousolre France). Idem.2009 : Exposition collective au Bâteau Ivre (Vresse sur Semois). Idem.TechniquesPhotographie argentiquePhotographie numériqueDémarcheFidèle adepte de la photographie argentique, j’ai gardé de mon père, la volonté de ne fixer sur la pellicule que des sujets d’une esthétique soignée, refusant à tout prix la recherche de l’attention par le sensationnel de la violence et de la misère, voire, comme on le voit trop souvent, du sordide.Faisant preuve d’un éclectisme sans doute atavique, je ne me débarrasse jamais d’une certaine volonté de reportage, ce, quelle que soit l’émotion suscitée par le sujet capté ; mes passions pour la nature, la mer, les rivières et les bateaux, qui transparaissent dans toute mon œuvre picturale, ne m’empêchent pas de m’adonner occasionnellement au portrait, toujours instantané.Jusqu’il y a peu, je n’avais recours au traitement numérique que pour réaliser librement, sur imprimante à jet d’encre, des cadrages impossibles à la prise de vue ou pour traiter fidèlement, en noir et blanc, les sujets qui s’accommodent de cette discipline exigeante.J’utilise depuis quelque temps un appareil numérique, mais j’ai conservé les habitudes et les impératifs propres à l’argentique et, surtout, à la diapositive, que j’ai longtemps pratiquée ; je cadre le plus souvent à la prise de vue et je me refuse strictement à utiliser les moyens numériques à des fins « créatives ».
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