Sur le fil d'un rameau
L'une d'entre elle se donne
d'api et d'amour
tendre et croquante
Se veut reine en ta main.
Sur le fil d'un rameau
L'une d'entre elle se donne
d'api et d'amour
tendre et croquante
Se veut reine en ta main.
De son joli destin
Tu n'en garderas
que son coeur trognon
et ses pépins mignons
Au pied d'haut si au que ...
Deux pommes d'un rouge gourmand,
d'un bond, d'une cabriole,
roulent en boule
dans une gorgée de rosée.
L'herbe masquée retrousse ses pommettes fruitées.
Fin
1 mn de pur bonheur carnettiste au Portugal : je ne voulais pas rentrer en France ni reprendre notre balade au Guatemala, sans partager avec vous cet extrait d'une minute de plaisir de dessiner et de peindre au contact d'une population chaleureuse et authentique dans un petit village d'Alentejo, parmi des milliers d'autres minutes aussi intenses que celle-là, lors du premier de mes stages portugais 2016 d'aquarelle appliquée aux carnets de voyage... Si vous ne pouvez voir la vidéo, rendez-vous sur mon blog personnel à page http://www.aquarelle-en-voyage.com/2016/04/1-mn-de-pur-bonheur-carnettiste-au-portugal.html
Magnifique récital de piano et musique en perfusion lors du concert Classic & Classic à la Galerie D’Ieteren hier soir le 22 avril 2016, jour de pleine lune. On sera sous le charme. La sonate Opus 53 Waldstein de Beethoven ouvre le concert, clin d’œil au Concours Reine Elisabeth qui va bientôt s’ouvrir et où le piano va nous faire vibrer durant plusieurs semaines ?
Nous sommes dans le musée privé de la maison D’Ieteren. Le piano trône dans la lumière tamisée devant un parterre en éventail bordé de très belles voitures de collection datant des débuts de l’automobile. Il y a beaucoup de monde. On a aperçu dans la salle Véronique Bogaerts, la souriante Muse des pensées et du cœur de Jean-Claude Vanden Eynden, sa compagne de toujours, à la scène comme à la ville. Les mélomanes amateurs de piano que l’on retrouvait chaque année avec plaisir au chaleureux festival de musique classique en juillet à l’Orangerie de Seneffe sont venus au rendez-vous. Et aussi le luthier Georges Philippart, 94 printemps, qui, jeune Compagnon produisit son chef-d’œuvre dans un même bois odorant et vibrant : deux violons, un alto et un violoncelle. Il est entouré de Claude Yernaux, les artistes Sarah Dupriez, Vincent Hepp et d’autres belles personnalités attachées avec passion au monde musical. Et puis l’infatigable organisatrice de ces concerts, qui loue le piano, paie les artistes, achète le délicieux champagne et illumine de son sourire éblouissant chacune des prestations dans ce lieu insolite : Patricia Raes. La passion fait la force.
Dans la sonate de Beethoven, on retrouve le style propre de Jean-Claude Vanden Eynden, 3e prix du Concours Reine Elisabeth 1964. Il enseigne au Conservatoire Royal de Bruxelles et à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth et insatiable voyageur, se produit dans de nombreuses villes européennes. Lorsqu’il s’assied au clavier, on ne peut pas s’empêcher de voir en lui un sérieux professoral mais le voilà soudain animé d’émotions liquides comme du mercure. Le visage concentré, il présente un sablier de notes rêveuses. Appels et échos se répondent comme des enlacements. Une innocente mélodie se transforme en transports vibrants. Il développe une vision très personnelle, très contrastée et très cohérente au point de vue émotionnel. Adieu le professeur, voici une volupté communicative pour finir sur une chevauchée fantastique. Le prélude, choral et fugue de César Franck entraîne sur la gravité et l’intime dans des fondus enchaînés de beaux accords. Des accents chaloupés appellent le retour du thème souligné par une main devenue harpe. Le maître semble heureux de son partage.
On attend avec impatience le moment où il jouera Ravel. Le répertoire de l’artiste, extrêmement vaste, comprend un large éventail de pièces de musique de chambre ainsi que l’intégrale de l'œuvre pour piano seul de Maurice Ravel. Pour Jean-Claude Vanden Eynden, il faut jouer dans la tourmente ! « Quand je vois comment tourne le monde actuellement, je pense que seule la musique sauvera le monde ! » La valse sera très émouvante, riche de désespoirs devant notre monde cabossé, notre amoncellement de discordes. Le piano s’époumone pour rendre un peu d’espoir mais le drame n’en finit pas de nous hanter. 5 notes presque rageuses pour terminer. Puis l’ovation.
Et il offre un premier bis déployant une grande palette de sonorités dans un extrait de Miroirs : Les oiseaux. Il joue sur des sonorités de gong asiatique en notes doublées et trilles solitaires qui se dissipent dans des bruissements assoupis accompagnant le vol d’une âme à travers la nuit. Mais il ne veut pas laisser son public sur une impression de solitude. Il offre un second bis, une valse de Chopin, où la légèreté et la lumière d’un regard tendre se fondent dans des étourdissements extatiques, pour se rencontrer dans une phrase musicale d’une belle limpidité, répétée par un partenaire de toujours. Et le public est comblé!
liens utiles:
L'Orangerie asbl
Contact de réservation :
Tél: 02/772.34.26
Mail: patriciaraes@scarlet.be
Adresse du concert :
D’Ieteren Gallery
Rue du Mail 50
1050 Bruxelles
(parking gratuit sur le toit)
http://www.classicclassics.sitew.be/Reservations.C.htm#Reservations.C
S’il faut accueillir le silence pour entendre la musique, il en va de même pour s’immerger dans le chant des couleurs. Les compositions atmosphériques de Patricia Kinard, trouvent leur origine dans le souvenir d’ensembles végétaux nés d’hommes, d’oiseaux, du temps nécessaire et des nuages qui passent et ensemencent. Paysages lointains ou jardins proches, colorés aux nuances de pétales et de buissons dont le peintre transpose les partitions chromatiques en une multitude de fragments d’univers qui, au fil du travail créatif, accordent leurs différences, aussi subtiles soient-elles.
Or, dans une cathédrale, l’omniprésence du sentiment végétal induit par la succession des colonnes, le décor architectural et le dessin des fenestrages, guide les pas de celui qui traverse l’espace dématérialisé par les souffle des lumières. Oui, ici, les toiles de Patricia Kinard se sentent bien. Le ressentez-vous ?
"Or voilà, chose rarissime, qu’une nouvelle œuvre vient d’être acquise et placée au fond de la perspective principale, au centre du chœur ancien. Il s’agit d’une présence lumineuse davantage qu’une illustration. Elle est assurée par quatre toiles carrées et dorées légèrement séparées les uns des autres par un filet de bleu qui dessine en creux, une croix grecque. Dessous, un large rectangle sombre, noir quand on le voit de face, flammé dès que l’angle de vue se fait oblique assure le contraste entre un appel à la méditation et le point de départ, attaché aux réalités de la terre."
La simplicité apparente (mais il suffit d’approcher le regard pour découvrir toute la respiration du travail pictural) rejoint en réalité et avec une évidence naturelle, l’affirmation d’un tout en quatre parties et dans le même temps celle d’une séparation qui, géométriquement désigne un rapport dit d’or dont le Moyen-âge gothique avait usé afin d’évoquer une harmonie à jamais réductible à la seule raison (arithmétique).
Le peintre, Patricia Kinard avait peint cette composition pour elle seule. Une toile après l’autre. Petit à petit, une construction s’était imposée. Naturellement. Elle n’imaginait pas qu’un jour, cette œuvre serait là…
La peinture haute de plus de trois mètres se présente en deux sections. Vue de face, la partie inférieure, à la manière d’une prédelle, parait noire. En s’approchant, on découvre une surface rainurée peinte en pourpre très sombre qui, à certains endroits, dès que l’angle de vue se déplace, laisse apparaître des zones flammées plus claires. La partie supérieure se compose de quatre panneaux monochromes et dorés de format carré séparés les uns des autres par un liseré peint dans le bleu de Fra Angelico. L’histoire de cette composition mérite d’être contée car il ne s’agit nullement d’une commande.
Tout commence en 2007. L’artiste s’est isolée. Elle a besoin de silence. Alors qu’elle termine une suite de paysages aux tonalités presque noires, elle ressent le besoin d’une lumière qui soit d’or et vivante. Peu à peu, produit d’une méditation où se mêlent au même rythme, les mots et le mouvement de la main, une texture très sensible aux rayons lumineux, apparaît sans profondeur, ni limite. Kinard peindra ainsi quatre carrés d’or. Pas un de plus. Ils ne seront jamais exposés.
Pour elle, ce sont pourtant des tableaux importants. Bien plus tard, les retrouvant un peu par hasard parmi tant d’autres rangés dans l’atelier, elle décide de les réunir en un grand carré sur un des murs de sa maison. Les saisons passent. Le peintre poursuit son chemin.
Un jour, Alain Arnould, l’aumônier des artistes dont elle avait fait la connaissance à l’occasion de la réalisation d’un décor pour une pièce chorégraphique présentée dans l’église du Finistère, la contacte. Les quatre toiles dorées lui parlent aussitôt. Après avoir visité l’atelier, une exposition est programmée dans le déambulatoire de la cathédrale. « Entre ciel et fleurs » réunira des compositions colorées comme autant de fenêtres posées en écho aux verrières du bâtiment. Mais Patricia Kinard a d’emblée l’intuition qu’au niveau de l’autel, dans l’axe de la nef principale, les quatre monochromes auraient leur place. Du coup, elle engage un nouveau dialogue avec les œuvres qui ne devraient en former qu’une seule, riche de sens en ce lieu de musique et de silence. Peu de temps après, naît cette composition unifiée avec sa part sombre et cette autre, dégagée et lumineuse dont chaque partie, chaque fois insensiblement différente, est à son tour associée aux quatre directions suggérées en bleu entre les ors.
Le 13 décembre 2015, Joseph De Kesel, ancien évêque de Bruges, deviendra l’archevêque de Malines-Bruxelles. A cette occasion, « Oro » lui sera offert. Désormais, l’œuvre demeurera de manière permanente dans le choeur du bâtiment gothique.
Sources : http://kinardpatricia.eu/wp-content/uploads/2016/01/Loeuvre-de-la-semaine_Après-le-solstice...-
Belgique-LeVif.be_.pdf
http://cathedralisbruxellensis.be/fr/node/312
Patricia Kinard n’a pas suivi le cursus d’une école d’art. Licenciée en Histoire de l’Art et Archéologie de l’ULB (mémoire sur Octave Landuyt). Elle apprend la peinture chez Blanche Desmarets qui lui apprend à voir la couleur des reflets et à les traduire par l’usage de teintes pures. Les derniers exercices l’amènent à travailler le blanc sur blanc à partir du modèle d’une poupée de porcelaine.
1983, 1ère exposition solo dans la galerie Rencontre avec, face à face, des représentations de Fœtus et de poupées de porcelaine. Peinture lisse en glacis sur fond blanc.
Il s’en suivra une suite de « Portraits », visages de face parés de coiffes et de costumes empruntés au théâtre royal de la Monnaie. Peinture lisse en glacis sur fond blanc puis coloré.
Un modèle, un enfant à l’âge de l’entrée en adolescence devient l’acteur d’une suite de « rêveries » dont le décor devient peu à peu celui d’une cathédrale. Peinture en touches plus larges.
L’architecture et particulièrement la nef gothique des cathédrales deviennent le cœur des toiles. Bientôt, le cadrage ne privilégie plus que le portail. Les contours s’estompent au profit d’impressions (Int Art Gallery).
Désormais, c’est à la surface de « Portes » (claires de Grèce ou sombres de Barcelone) que s’inscrit la marque du temps. La peinture gagne en épaisseur sur un motif en pleine page, frontal. Dans l’exposition « Pacific Memories » galerie X+, une installation inscrite dans un parcours musical qui, insensiblement passe des « Airs sacrés » de Mozart au chant des baleines.
De ces portes apparaissent bientôt des constructions géométriques qui s’apparentent à des mandalas junguiens mêlés à des motifs végétaux issus de la statuaire antique (Gal Bastien). Chromatismes de terre.
Un voyage à Rome provoque une nouvelle conception du temps qui inclut le mouvement tournoyant. Suite des « Entropies » bientôt suivie, après un autre voyage, au Népal, par une peinture où le vide central repousse vers les bords, les motifs végétaux.
Un empoisonnement du foie par les pigments l’oblige à abandonner la peinture à l’huile. Pendant un an, elle cherche, jette et peu à peu, apprend à penser « autrement » la technique picturale.
Les blancs dominent dans les compositions aux rythmes répétitifs formés par de longues bandes parallèles (parfois aux bords déchiquetés). En intégrant à sa palette des pigments iridescents, les teintes de ces « Pluies de Printemps » se modifient en fonction du déplacement du spectateur induisant la sensation d’impermanence. L’écriture se diversifie, usant parfois de collages de papiers japonais, voire de feuilles séchées. L’or couvre aussi de grandes surfaces de papiers froissés (Galere Artiscope)
Un nouveau voyage, au Japon cette fois, la plonge au cœur des jardins et temples de Kyoto. Après une nouvelle suite de toiles évoquant les bruissements d’une bambouseraie, une autre évoque les senteurs de thés (Galerie De Mijlpaal)
Son intérêt pour l’univers floral (le plus riche en termes d’intensités chromatiques) la conduit à une suite de « Jardins » en rouges (Fred Lanzenberg) dans lesquels les pétales deviennent avant tout des touches qui participent à une sorte de semis.
Suivront des paysages noirs (gal 2016) puis d’autres habités par de petits personnages empruntés aux cartes postales des années 1930 (Spirit chez Artiscope). Comme cela s’était passé avec les « Rêveries », les figures font bientôt place à de vastes impressions paysagères composées durant deux ans comme autant d’hommages à la musique de Mahler et de Dutilleux (gal Bartoli Marseille). L’écriture joue de toutes les variations graphiques, du trait à l’informe, de l’étendue à la ponctuation.
Depuis deux ans, sa fascination pour la lumière méditerranéenne et ses nombreuses visites au parc du Museum d’Histoire naturelle de Paris inspirent un travail intitulé « entre ciel et fleurs » qui n’a jamais été aussi coloré et créatif en termes de procédure.

Le site de la dame bleue: http://kinardpatricia.eu/
"Amertume"
poème de Joelle Diehl
inspiré par "Songe d'une nuit d'été"
"Songe d'une nuit d'été " , l'âme perdue d'une poète inspirée.
"Femme"
poème de Joelle Diehl
Inspiré par "Volupté"
"Femme" de Joelle Diehl, poème illustré par " Volupté".
"Passion"
poème de Dominique Lecat
inspiré par "Offrande"
La "Passion amoureuse " selon Liliane Magotte et Dominique Lecat,
Avec tous mes remerciements à mon amie Joelle Diehl
et à Dominique Lecat pour l'honneur qu'ils me font.
Les partenariats
Dans un pays où l’espace et le temps nous sont contés…
Là, dans ce quasi-désert, un foyer artistique éclaire une période dite elle aussi parfois obscure.
Pour finir en beauté, concentrons-nous donc dès à présent sur les réalisations les plus somptueuses ou les plus curieuses que la Renaissance macédonienne nous ait léguées dans la vallée de Göreme, près du bourg d’Avcilar. Magnifiques trésors d’un style à son apogée, qu’il est si important de préserver de la fureur des hommes.
Si, fort heureusement, le Parc national de Göreme et les sites rupestres de Cappadoce sont classés au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1985, assurant, en principe, leur protection, il n’en va pas toujours de même pour d’autres lieux…rob
Les fresques d’Ürgüp ont connu bien des frasques
Après la triste époque iconoclaste, réduite à un style aniconique canonique, succède, après la « restitution des icônes » qui marque une transition, un foisonnant style théologique byzantin. Basile, le bienheureux, en aurait été ravi.
Revenu parmi les siens, nous le suivrions sur son blanc cheval perché…
Un couvent ouvert à tout vent
couvert de simples capuches de capucins.
C’est en conséquence au sein même de la légende de Göreme que nous nous engageons, là où les communautés laissèrent les plus belles reliques de leur vie cénobitique.
L’Eglise Obscure :
Karanlik Kilise a été construite au XIIe siècle sur un promontoire. Cette église est un enclos, un réceptacle sombre qui a ainsi pu préserver toute leur fraîcheur aux fresques byzantines. Un livre de prières où les scènes de L’Evangile se déroulent où j’ai eu le privilège de pénétrer. Réalisant un rêve de pacha qui aurait vu pousser le gazon en toutes saisons.
Un joyau préservé qui sort de l'ombre protectrice
pour nous transmettre le mystère de la Lumière
L’Eglise au Serpent :
Yilanli Kilise, du XIe siècle, est une des plus curieuses. Connue notamment pour sa représentation de Saint Georges et Saint Théodore tuant le dragon et la légende d’Onouphrios.
Saint Georges de Lydda (ca 275-303), lui aussi né en Cappadoce, supplicié puis décapité sous Dioclétien, l'empereur romain qui organisa la persécution des chrétiens au début du IVe siècle.
Saint patron de la chevalerie, il inspira une Vie de la Légende dorée de Jacques de Voragine* à la fin du XIIe siècle.
Saint Théodore Tiron, le Conscrit, du Pont sur la rive méridionale de la mer Noire (Turquie) finit lui aussi décollé en 303.
Mais la Bête a-t-elle vraiment été terrassée ?
Onouphrios était une femme, belle et légère sans doute, mais qui s’exaspérait des assiduités des hommes. Elle implora Dieu de l’y soustraire. Et Dieu sauva la femme. Le Seigneur la rendit laide et barbue. D’où l’hermaphrodisme de son iconographie et la morale de cette histoire.
Détail du Saint Georges et Saint Théodore tuant le dragon
L’Eglise à la Boucle :
Tokali Kilise est la plus grande et la plus richement décorée. Une église primitive du début du Xe siècle sur un premier niveau, et, au-dessus, une église plus importante et sa chapelle latérale qui recèlent de nombreuses scènes bibliques d’une remarquable vivacité, ainsi que la chronique de Basile de Césarée.
Marie Theotokos, « qui porte Dieu »
Troublant, comme j’éprouvais les mêmes impressions, ou presque (les fresques ont été restaurées), que Paul Lucas au début du XVIIIe siècle.
« A travers les portes je vis sur les murailles
comme des restes d’anciens portraits ;
de sorte qu’il semblait qu’il y eût eu des peintures :
mais cela était trop effacé pour y rien connaître. »
L’Eglise à la Pomme :
Elmali Kilise, du milieu du XIe siècle, doit son nom à l’une des peintures où Jésus semble tenir une pomme, plus certainement le monde.
L’Eglise Sainte Barbara :
Azize Barbara remonte au XIe siècle. Ses motifs géométriques simples et ses fresques peints à l’ocre à même la paroi rocheuse, comme firent nos plus lointains ancêtres, en font l’un des sanctuaires les plus émouvants.
Nous sommes environ deux siècles avant Cimabue, Giotto, Duccio di Buoninsegna, Lorenzetti… ces peintres précurseurs de la Renaissance italienne, réputés avoir rompu avec la tradition. On dit la peinture byzantine plate, formaliste, statique, dénuée de sentiments, hiératique. Qu’en pensez-vous ?
Michel Lansardière (texte et photos)
* Voir le billet de Robert Paul... pour combattre seulement avec son coeur :
Retrouvez ci-après mes précédents articles, enrichis de nouvelles photographies, consacrés à la Cappadoce :
• Les origines :
https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/tr-sors-cach-s-de-cappadoce-1-re-partie
• De l’ignorance à la renaissance :
• La redécouverte :
Un dernier message. Chrétiens… Arméniens… Kurdes… Puisse simplement le pays appliquer sa devise nationale,
« Paix dans le pays, paix dans le monde »
, adoptée après le manifeste de Mustafa Kemal Atatürk, père d’une Turquie moderne et laïque. Sa riche culture aussi y gagnerait.
Si les colombes sont revenues en Cappadoce...
Peuples garrottés, je tenais à vous saluer. Je n'en dirais pas plus, mais ne pouvais rester bouche totalement cousue.
A bientôt sous d'autres cieux...
Y’A DES OBJETS QU’ON PEUT PAS POSSÉDER, C’EST EUX QUI NOUS POSSÈDENT. Perdu dans les rues de Londres, Jasmin, jeune loup de la finance débarqué de Montréal, rencontre un garçon prénommé Hadi qui cherche à lui vendre un tapis précieux aux motifs fascinants. Ce qui pourrait être une banale transaction se transforme en une véritable énigme quand le vendeur demande à Jasmin le mot de passe qui conclura le « deal ». Quête initiatique défiant l'espace et le temps, Warda nous emmène en un claquement de doigts des rives de la Tamise aux portes de l'Orient et des quais de l'Escaut à l'antique cité de Babylone. Une comédie à la lisière du fantastique où langues et identités s'entrechoquent sous le regard amusé du philosophe Michel Foucault.
Des milliers de nœuds mais pas de trame! Préparez-vous au meilleur comme au pire! Préparez-vous aux élucubrations intercontinentales et surtout ne faites pas grincer votre fauteuil pendant le spectacle ! De grâce, pitié pour eux, ils tiennent à peine ! Et surtout, préférez le tapis comme moyen de transports, car de toutes façons, le parking de la Tulipe est ‘volbezet’.
Le bouquin de MICHEL FOUCAULT dont se gargarise LILY (CHRISTINA TOTH ), l’étudiante en philo Newyorkaise qui habite chez COLOMBE (VIOLETTE CHAUVEAU) est franchement hermétique. Roucoulement de syllabes hétéroclites, elle se shoote à l'hétérotopie ou d’éthérotopie, c’est selon la place du h, n’est-ce pas? Mais les bouquets de fleurs sont fantastiques : Ils sont l’image captive du jardin. Le jardin du tapis, sans doute!
Pour dérouter, les parler diffèrent: flamand, français du Québec, bruxellois, berbère, anglo-américain. Les frontières linguistiques s’estompent, masculin-féminin, passé-présent, vie réelle et vie rêvée se confondent. Choix lucide ou destinée ? Le body language est le plus fort. Le contact du pied nu avec le tapis quatre saisons où s’accouplent fleurs et oiseaux, pur mélange laine et soie, vieux de plusieurs siècles est une expérience inoubliable. Ca, c’est l’étincelant jeune cadre dynamique et connecté du Québec qui vous le dit. Sa mère s’appelait Rose. Elle a disparu quand il avait 14 ans. Présence théâtrale étincelante d’HUBERT LEMIRE dans le rôle de JASMIN. Tiens, encore un nom de fleur!
WARDA, quel nom barbare pour une rose ! A rose is a rose, is a rose, is a rose … comme le dit la poétesse. Bien sûr que c’est un motif! On déteste qu’on nous mette les points sur les I et les barres aux T. Le motif revient à l’infini dans le miroir des spectateurs, tapi dans le tapis sans trame de l’imaginaire. Sauf que, le tapis a soudain explosé dans un attentat terroriste, note d’actualité ou prémonition? Explosion de culture? Vol du tapis ? Il a bel et bien disparu!
Au coin du plateau, à chaque changement de scène une écrivaine aussi aimable qu’une fée Carabosse vous enfume. Elle vit recluse pour se protéger des autres et du monde. C’est tout juste si elle ne renvoie pas le public chez lui ! De sa voix rugueuse, elle ne cesse d’intervenir pour remonter l’histoire et apostropher le public. Ceci n’est pas du Brecht! Il n’y a rien à expliquer ni à comprendre, qu’elle cesse de couper nos fils! Elle est laide, rébarbative et misanthrope. Qu’on la pende, dirait la reine! Personnage incarné par MIEKE VERDIN (ANNELEEN).
Par contre, on est tout yeux et tout oreille pour le jeune marchand de tapis, SALIM TALBI (HADI/Ali), beau comme un rêve qui vend du paradis en servant le thé. Soif d’idéal ? Warda-Rose : « je suis un jardin et ça boit beaucoup! »
Tout est dans le regard. S’il n’y a pas de regard - demandez à Warda - il n’y aura pas de tapis ! Warda -Rose a vu le paradis et le raconte à ses frères qui exécutent le tapis! But, there’s a bug in the rug ! Pourquoi tout le monde fait semblant de croire que quelqu’un a tué Warda? On vous a dit qu’elle a disparu, elle n’est pas nécessairement morte ! Vous avez vu la double porte blanche? Elle est juste à côté, là où elle doit être! Si vous voyez ce que je veux dire ! Vous prendrez bien un thé avec Alice? Ensuite nous rangerons les citrons ensemble!
Avec Violette Chauveau, Hubert Lemire, Salim Talbi, Christina Toth, Mieke Verdin
Écriture Sébastien Harrisson / Mise en scène Michael Delaunoy
Une production de la compagnie de théâtre Les Deux Mondes (Montréal) en coproduction avec le Rideau de Bruxelles. Avec le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des Arts du Canada, du Ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec et de Wallonie-Bruxelles International.
N.D.L.R Vous me direz peut-être que je n'ai rien compris, mais il n'y a rien à comprendre!
http://www.rideaudebruxelles.be
Une enfance difficile, meurtrie,
palpitante à l'ombre d'autres ensoleillées et claires ;
une saison confisquée ......
Puis une adolescence jamais connue,
laborieuse, trop sérieuse ; une maturité feinte,
le travail, le souvenir de toi,
puis les livres philosophiques,
les cahiers, l'encre noire ou bleue ;
des années à essayer de dire,
d'inscrire mes maux, mes chagrins, mes colères ;
puis la défleuraison de ma mère,
ses yeux clairs disparus,
bus par le ciel immense, sans eau.
A t elle refleurie depuis ?
Dans ces moments de tristesse, de solitude vive,
le ciel, en plein été, n'est rien d'autre qu'un désert bleu.
Puis tu arrivas ma fille, à peine née,
déjà des éclats de rire retentissaient
de ton petit corps laiteux et rose,
ta bouche le matin et la nuit s'appropriait
ma peau pour toi solaire et vanillée,
apprenait ainsi le premier mot "maman" !
Ce peau à peau était notre "langage",
un chant secret, plus nourricier qu'un lait.
Oui, il est parfois des atrocités dans la vie traversées,
des traumatismes, des confiscations que l'on ne peut
exprimer, partager, qu'en les poétisant,
en revêtant les mots de lainages plus amples
qu'eux, aux couleurs innombrables.
NINA
Et puis soudain ce froid dans le dos...
Non, il n'y aura plus d'ailleurs
Où épancher un cœur trop gros
Et toi partie, maintenant j'ai peur!
Tu étais la dernière épaule
Où déposer une tête lourde
Les sentiments pleurent comme un saule
Et toutes les oreilles sont sourdes!
Alors, soudain ce froid dans le dos
Se sentir seule, abandonnée...
Et puis pour toi, ces derniers mots...
Dans mon cœur tu restes lovée!
J.G.
La vie est une parenthèse du néant.
L'éternité n'est qu'un long moment à passer.
La mort est le meilleur moyen de prouver notre existence.
Les hommes sont comme certains vins : les plus vieux ne sont pas spécialement les meilleurs.
"Je ne peux m'en empêcher, c'est ainsi: quand un texte, qu'il soit réflexion, conte, fable, nouvelle ou poésie, me plaît, un singulier frisson me parcourt l'échine, signe qu'il y a affinité, parfois même osmose, entre lui et moi; il me faut alors tout lire de cet auteur, absolument tout, apprendre à le connaître, le sentir, le pénétrer..." Symbiose? Osmose? Et qui est Isis de Saint-Cognac, notre narratrice à la quarantaine esseulée? Mystère, désir, frissons, émotion, passion, "Au fil d'Isis", sixième publication de Thierry-Marie Delaunois écrivain et chroniqueur sur son site web, est en fait un recueil de nouvelles et poésies, à la structure un peu particulière, voguant au fil des sensations, des sentiments, des idées, au fil d'une vie même, celle d'Isis qui nous cache un redoutable et sinistre secret. Mais pourquoi celui-ci continue-t-il à la déstabiliser autant?
Né à Soignies, Belgique, Thierry-Marie Delaunois, fils d'un philologue classique professeur émérite de l'UCL et d'une régente germanique, a maintenant à son actif six publications dont cinq romans. Diplômé en programmation des années 80 et en biologie clinique, l'auteur se montre polyvalent, la fibre littéraire toujours présente, petite flamme incandescente. Grand amateur de théâtre, il aime travailler les dialogues, "Au fil d'Isis" en étant un témoignage. Les sentiments, le partage, la solidarité, la passion? Au centre de chacun de ses ouvrages uniquement pour le meilleur.
Extrait de "Au fil d'Isis": la poésie "Mélodie d'actrice":
La grande distinction drame et comédie,
L'élégante diction, douce euphorie,
Empreinte de passions et bulle de vie,
De belles réflexions, l'ange Aurélie,
Agréable vision, souffle sympathie:
A une élévation, elle nous convie,
Vêtue de raison, de beauté emplie,
Coeur au diapason, de charme munie.
Les plus purs sentiments, en tout bien tout honneur,
L'âme au firmament, elle nous laisse rêveur,
Réel enchantement, véritable splendeur,
Son jeu poignant vraiment mérite les honneurs:
Vôtre passionnément, inspirant la douceur,
L'ange, superbement, nous transmet le bonheur,
Belle moralement, nous caresse le coeur;
Libérés de tourments, nous aimons son ardeur.
Qu'il s'agisse de mort, de peurs ou d'angoisses,
D'inéluctables sorts, d'éviter la poisse,
Qu'il s'agisse d'aimer, ce pour l'éternité,
Ou de se déclarer en toute liberté,
Elle s'exprimera avec force et passion,
Toujours dévoilera, ce avec émotion:
"Qu'en un lieu, en un jour, un seul fait accompli
Nous maintienne toujours d'humanité empli."
Au fil d'Isis, Thierry-Marie Delaunois, Editions Edilivre Aparis, août 2015, 12.50 euros
Au détour d'un chemin
Une aquarelle d'Adyne Gohy
a été inspirée
par un poème
de
Raymond Martin
Haïkus d'Automne
Chemins désertés
Mousses roussies au ciel gris
Moiteur suffocante
Sous l’ombre des chênes
Glands esseulés végètent
Châtaignier aux aguets
Frissons d’acacias
Par un vent secoués
Feuillus désœuvrés
Corbeau grassouillet
Par l’abus de pitance
Ignore la pie
Limace empressée
Vers un mousseron moelleux
Repas du soir
Amanite généreuse
Beauté éphémère
Du sous-bois généreux
Raymond Martin - Novembre 2015
Un partenariat d'
Arts
Acrylique 80x120
L.Magotte
Passion
Cette nuit, je regardais ton corps.
Ton parfum envoûtant m’enivrait.
Indolent, j’attendais que l’aurore,
Par sa lumière, puisse te réveiller.
Je rêve, en attendant le jour.
Mon corps encore ivre de ton amour,
Et vibrant de tes folles caresses,
Torrides matinées de tendresse.
Ton corps nu près du mien alangui,
Détendu, me donne ta chaleur.
Tes courbes aux miennes se marient,
Et mon cœur bondit de bonheur.
Mes baisers amoureux te réveillent.
Tes mains douces sur ma peau me désirent,
Enlacés, inventant des plaisirs,
Douceur, amour, passion à nulle autre pareille.
Dominique Lecat
21 avril 2016
Tous mes remerciements au poète.
Un partenariat
Pour sa 34e édition, Art Brussels s’installe dans un nouveau lieu, Tour & Taxis.
Art Brussels dévoile les détails des sections Rediscovery, Discovery et Solo et son projet artistique phare.
Cet ancien site de dédouanement et d’entreposage, construit en 1904, est un modèle spectaculaire d’architecture industrielle. De taille réduite par rapport à l’édition précédente, la foire accueille cette année 141 galeries venant de 28 pays, réparties sur trois sections principales : PRIME, DISCOVERY et une nouvelle section, REDISCOVERY.
En outre, 24 galeries participent à SOLO, une section consacrée à la présentation d’œuvres d’artistes individuels. Cette année, le comité international a sélectionné un tiers (32 %) de nouveaux venus, parmi lesquels :
Ben Brown Fine Arts (Londres), Luis Campaña (Berlin), Laurent Godin (Paris), Peter Kilchmann (Zurich), Tina Kim (New York), Parisa Kind (Francfort), Antoine Laurentin (Paris, Bruxelles), Lyles & King (New York), Pace (Londres, Pékin, Hong Kong, Menlo Park, New York), Thomas Schulte (Berlin), Timothy Taylor (Londres), Elisabeth & Klaus Thoman (Vienne), Wilkinson (Londres), Martin van Zomeren (Amsterdam). Deux tiers (68 %) des exposants ont participé à l’édition précédente, et bon nombre d’entre eux (30 %) font preuve d’un engagement durable depuis plusieurs années, tels qu’Albert Baronian (Bruxelles), Bernier/Eliades (Athènes, bientôt à Bruxelles), Meessen De Clercq (Bruxelles), dépendance (Bruxelles), Grimm (Amsterdam), Xavier Hufkens (Bruxelles), Jablonka Maruani Mercier (Bruxelles, Knokke), Rodolphe Janssen (Bruxelles), Krinzinger (Vienne), Mitterand (Paris), Mot International (Londres, Bruxelles), Nathalie Obadia (Paris, Bruxelles), Almine Rech (Bruxelles, Paris, Londres), Michel Rein (Paris, Bruxelles), Tucci Russo (Torre Pellice) Pietro Sparta (Chagny), Sorry We’Re Closed (Bruxelles), Daniel Templon (Paris, Bruxelles), Valentin (Paris)…
DISCOVERY
Cette section, qui présente une plus jeune génération d’artistes et soutient le travail de galeries émergentes, a joué un rôle important dans le développement du profil d’Art Brussels comme « foire de découverte ». DISCOVERY a été lancée l’an dernier en vue de réunir et de présenter des artistes internationaux prometteurs dont l’œuvre n’est pas encore très connue en Europe. Cette section accueille cette année 30 galeries (soit 21% des galeries participantes) exerçant depuis maximum huit ans. Ensemble, elles présentent des œuvres de 61 artistes, toutes créées entre 2013 et 2016. Véritable occasion pour les collectionneurs et les professionnels de l’art de faire des découvertes, cette section consolide la réputation d’Art Brussels en tant que foire où l’on peut identifier des artistes au début de leur carrière. Cette année, les nouveaux venus sont:
Sabrina Amrani Gallery (Madrid), angels (Barcelone), Arcade (Londres), :BARIL (Cluj-Napoca), BWA Warszawa (Varsovie), Château Shatto (Los Angeles), Document Art (Buenos Aires), General Store (Picton), Iragui (Moscou), Ellis King (Dublin), Neumeister Bar-Am (Berlin), The Sunday Painter (Londres) et Rita Urso (Milan). Les galeries peuvent exposer un à trois artistes sur leur stand. Le comité de sélection des galeries de la section DISCOVERY est composé de : Michael Callies, dépendance (Bruxelles) | Aaron Cezar, Directeur de Delfina Foundation (Londres) | Zoë Gray, Commissaire d’exposition à WIELS (Bruxelles) | Katerina Gregos, Commissaire d’exposition et Directrice Artistique d’Art Brussels| Nikolaus Oberhuber, KOW Gallery (Berlin).
REDISCOVERY
Cette section joue également un rôle majeur dans le développement du profil déjà bien établi de la foire comme « lieu de découverte ». Quatorze galeries présentent des œuvres d’artistes importants de l’avant-garde historique, vivants ou décédés, ayant été sous-estimés, négligés ou indûment oubliés. La sélection se concentre sur la création artistique entre 1917 et 1987 ; elle établit un lien entre les prémices de l’art conceptuel et l’avènement de pratiques néo-conceptuelles et souligne l’importance d’une mémoire de l’histoire de l’art. REDISCOVERY aspire à contrebalancer le « présentisme » inhérent aux foires d’art contemporain en mettant en évidence des artistes étonnants, inconnus et originaux n’ayant pas encore percé dans le courant dominant de l’histoire de l’art. Quelques artistes phares présentés dans la section Rediscovery :
Roy DeCarava (1919-2009, É.-U.) était le premier photographe américain à recevoir une bourse du Guggenheim. Ce pionnier de la photographie afro-américaine a marqué une rupture avec la tradition du documentaire social de son époque, et fut en outre un militant actif des droits civils (Jenkins Johnson gallery, San Francisco).
Eduardo Terrazas (° 1936, MX) est un membre fondateur de la scène artistique contemporaine mexicaine dont l’œuvre embrasse différentes disciplines, incluant l’architecture, le design, la muséologie et l’urbanisme. Terrazas s’est fait connaître pour avoir développé une forme d’abstraction spécifique qui combine des éléments géométriques avec des composantes du folklore mexicain, naviguant entre art contemporain et artisanat traditionnel (Timothy Taylor, Londres).
Bob Law (1934-2004, UK) était un des pères du minimalisme britannique, connu pour ses grandes toiles et dessins composés uniquement de nuances de noir et de simples dessins abstraits (Richard Saltoun, Londres) ;tandis que Boris Lurie (1924-2008, É.-U.) était le fondateur controversé du NO!art, un mouvement d’avant-garde anti-art qui a vu le jour à New York en 1959 et fustigeait la société de consommation (Odile Ouizeman, Paris).
Vera Molnar (° 1924, HU) est une pionnière de l’art numérique et algorithmique (Galerie Oniris – Florent Paumelle, Rennes). La photographie expérimentale de Barbara & Michael Leisgen (° 1940, DE & ° 1944, AT) a fait office de contrepoids à la photographie conceptuelle, typologique, pratiquée dans les années 70 (Beta Pictoris Maus, Birmingham). L’artiste féministe indéfinissable Hessie (° 1936, CU) produit des œuvres diverses et variées, avec de la peinture, des textiles, des objets du quotidien, voire du rebut (Arnaud Lefebvre, Paris).
SOLO
Comme les années précédentes, Art Brussels continue à porter une attention particulière aux présentations individuelles. 24 galeries exposeront des projets SOLO d’artistes de 18 pays (Europe, Moyen-Orient, Amérique et Asie), ce qui en fait le groupe le plus international et géographiquement diversifié de la section SOLO d’Art Brussels à ce jour.
Sélectionnée par Katerina Gregos, cette section comporte une variété de pratiques artistiques, aussi bien d’artistes émergents qu’historiques, de générations différentes, représentant des courants allant du conceptuel, du formel et du minimaliste au politique et au post-colonial.
Larissa Lockshin (Canada, ° 1992), Albert Baronian (Bruxelles) Ester Fleckner (Danemark, ° 1983), Avlskarl Gallery, (Copenhague) David Medalla (Philippines, ° 1942), Baró Galeria (Sao Paulo) Ori Gersht (Israël, °1967), Brand New Gallery (Milan) Anoek Steketee (Pays-Bas, ° 1974), Flatland Gallery (Amsterdam) Shaun Gladwell (Australie, °1972), Galerie Analix Forever (Genève) Iván Navarro (Chili, ° 1972), Galerie Daniel Templon, (Paris/Bruxelles) LAb [au] (Belgique, fondée en 1997), Galerie Denise René (Paris) Taysir Batniji (Palestine, ° 1966), Galerie Éric Dupont (Paris) Sammy Baloji (République Démocratique du Congo, ° 1978), Galerie Imane Farès (Paris) István Csákány (Roumanie, °1978), Galerie Krinzinger (Vienne) Bob and Roberta Smith (UK, °1963), Galerie Kusseneers (Bruxelles) Levi van Veluw (Pays-Bas, ° 1985), Galerie Ron Mandos (Amsterdam) Rokni Haerizadeh (Iran, ° 1978), Isabelle Van Den Eynde (Dubai) Georges Tony Stoll (France, °1955), Jérôme Poggi (Paris) Noémie Goudal (France, ° 1984), Les Filles Du Calvaire, (Paris) Jochen Höller (Autriche, ° 1977), Mario Mauroner (Vienne) Nicolás Lamas (Pérou, ° 1977), Meessen De Clercq (Bruxelles) Marinella Senatore (Italie, ° 1977), MOT International (Londres, Bruxelles) Darren Almond (UK, °1971), New Art Centre (Salisbury) Pier Paolo Calzolari (Italie, ° 1943), Ronchini Gallery (Londres) Dinh Q. Lê (Vietnam, °1968), Shoshana Wayne Gallery (Santa Monica) Yann Gerstberger (France, °1983), Sorry We’re Closed (Bruxelles) Kristof Kintera (République tchèque, ° 1973), D + T Project (Bruxelles).
PROJETS ARTISTIQUES
‘Cabinet d’Amis : the accidental collection of Jan Hoet’ est le projet artistique phare de l’édition d’Art Brussels 2016. Il s’agit d’une sélection d’œuvres de la collection de feu Jan Hoet. Hoet (1936-2014) était un commissaire d’exposition internationalement reconnu, qui a fait sensation en 1986 avec son exposition révolutionnaire Chambres d’Amis. Ensuite, il a assuré le commissariat de Documenta IX à Kassel, ainsi que plusieurs autres expositions importantes. Il est de surcroît le fondateur du S.M.A.K, le musée d’art contemporain à Gand. En Belgique, il était une des rares personnalités du monde de l’art contemporain à être connues de tout un chacun. Son dévouement et sa passion pour l’art sont sans équivoque et l’idéalisme, l’opiniâtreté et le goût de la provocation du personnage contribuent à sa réputation légendaire. La collection de Jan Hoet est hautement idiosyncrasique ; elle résulte plus de relations forgées avec des artistes tout au long de sa carrière que d’une accumulation d’œuvres intentionnellement rassemblées. Beaucoup de pièces sont des dons d’artistes. Le résultat est éclectique et insolite, soulignant le caractère non-conformiste de son propriétaire. Bien que la collection compte près de 500 œuvres, la plupart d’entre elles sont de taille modeste. L’exposition présente des œuvres d’artistes belges et de bien au-delà, renommés, internationalement salués ou moins connus, artistes avec lesquels Hoet a travaillé en étroite collaboration.
Parmi les artistes présentés, on peut citer : Joseph Beuys, Christian Boltanski, Michaël Borremans, Ricardo Brey, Marcel Broodthaers, Cai Guo-Qiang, Thierry De Cordier, Raoul De Keyser, Wim Delvoye, Jessica Diamond, Marlene Dumas, Jimmie Durham, Günther Förg, Rodney Graham, David Hammons, Joseph Kosuth, Kris Martin, Bjarne Melgaard, Marisa Merz, Cady Noland, Dennis Oppenheim, Panamarenko, Giulio Paolini, Richard Prince, Nedko Solakov, Luc Tuymans, Patrick Van Caeckenbergh et Franz West. Katerina Gregos est curatrice de l’exposition, organisée avec l’aimable concours de la famille de Jan Hoet. Elle se tiendra à l’Hôtel de la Poste, un espace à l’intérieur du site historique et nouveau port d’attache d’Art Brussels, Tour & Taxis. La scénographie de l’exposition est conçue par l’artiste, Richard Venlet, qui vit et travaille à Bruxelles. L’exposition bénéficie du généreux soutien d’Anglo Belge Special Risks et de Stibbe.
CAMPAGNE DE COMMUNICATION 2016
Chaque année, Art Brussels choisit un artiste pour concevoir sa campagne de communication. L’approche créative de la campagne 2016 a été confiée à OTTOMURA.
OTTOMURA est un collectif belge fondé en 2010 par trois photographes pour répondre à des commandes, ensemble ou individuellement, sans que cela interfère avec leur pratique photographique personnelle. Le collectif se concentre sur les médias visuels et touche résolument à tous les genres : documentation d’exposition, mode, photojournalisme, missions à caractère commercial… Les images de la campagne d’OTTOMURA ont été produites à Tour & Taxis, sur le nouveau lieu d’accueil d’Art Brussels, en vue de souligner les caractéristiques de ce bâtiment industriel spectaculaire de 1904. Les artistes se sont lancés dans une série d’expériences in situ, avec de la fumée colorée dans les espaces vides du bâtiment, créant une atmosphère éthérée, plongée dans une attente latente, qui s’animera entre le 21 et 24 avril 2016.
Anne Vierstraete, Managing Director : « Avec son déménagement à Tour & Taxis, Art Brussels affine la qualité de sa liste de galeries participantes et renforce son lien de longue date avec la scène artistique particulièrement dynamique de Bruxelles. Ce faisant, elle se rapproche géographiquement des expositions proposées dans son programme OFF, des galeries et de l’offre artistique générale en ville qui animera Bruxelles à la fin du mois d’avril.
Le célèbre Brussels Design Market aura également lieu à Tour & Taxis durant le week-end d’Art Brussels, diversifiant ainsi l’offre avec des centres d’intérêt complémentaires. Le déménagement est une excellente occasion de rehausser la qualité d’autres paramètres tels que la scénographie de la foire qui sera confiée cette année à Tom Postma Design. Qui plus est, faisant écho à la réputation de Bruxelles de haut lieu de la gastronomie, Art Brussels va offrir une expérience culinaire créative, sous la supervision d’un des maîtres de la fine cuisine en Belgique, Jean-Michel Loriers (JML). Enfin et surtout, Art Brussels tient à remercier ING pour son soutien continu depuis 2005; ING présentera une installation in situ de Peter Kogler, spécialement conçue pour la foire. »
ART BRUSSELS : CONTEMPORAIN DEPUIS 1968
Bien qu’elle garde son profil jeune de ‘foire de découverte’, Art Brussels est une des foires les plus anciennes et les plus établies d’Europe. Fondée en 1968, sous le nom « Art Actuel », par un petit groupe de galeristes belges respectés qui invitaient chacun une galerie étrangère à y exposer, la foire avait un caractère nomade au cours de ses premières années, et se déplaçait dans des lieux aussi différents que le Casino de Knokke (1972) ou le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles (1976). En 1989, la foire a déménagé au Heysel, l’emplacement de l’ancienne Expo 58, où elle est restée jusqu’à l’année dernière. Jusqu’en 1997, l’asbl des Galeries belges d’Art contemporain a géré la foire, avant sa reprise par le groupe Artexis-Easyfairs, actif au niveau international dans la gestion d’espaces d’expositions et l’organisation d’événements multi-formats.
Depuis ses débuts, Art Brussels a évolué en une incontournable foire d’art contemporain internationale, parmi les meilleures d’Europe. Elle reçoit chaque année plus de 400 candidatures. En déménageant dans son nouvel écrin, Art Brussels poursuit son évolution, conservant son profil de foire à la pointe de la découverte, qui présente des galeries et des artistes émergents et inconnus, au sein des sections DISCOVERY et REDISCOVERY, de même que des galeries établies de réputation internationale au sein de la section PRIME.
Informations pratiques:
Contacts Presse Belgique et Europe: Gerrie Soetaert Press & Communication Gerrie Soetaert |
gerrie.soetaert@skynet.be M : +32 (0) 475 47 98 69
Royaume-Uni et Etats-Unis: Pelham Communications Rachel Guthrie | rachel@pelhamcommunications.com T : +44 (0) 208 969 3959 Images Presse Art Brussels 2016
Art Brussels 2016 se déroule à Tour & Taxis du vendredi 22 avril au dimanche 24 avril 2016, de 11h00 à 19h00
Preview : Jeudi 21 avril 2016, de 11h00 à 17h00 Vernissage : Jeudi 21 avril 2016, de 17h00 à 22h00
Vernissage : Jeudi 21 avril 2016, de 17h00 à 22h00
Lieu; Tour & Taxis Avenue du Port 86C, 1000 Bruxelles, Belgique
L'amour relève-t-il d'un processus chimique ou d'un miracle spirituel?
Une écriture, deux comédiens : L’auteur Eric-Emmanuel Schmitt et la danseuse-étoile Marie-Claude Pietragalla sont réunis pour la première fois sur scène pour jouer la comédie, dirigée par Steve Suissa. La salle du Centre Culturel d'Auderghem est sold out.
C’est l’histoire d’une séparation après 5 ans de passion très puissante. Adam et Louise ne sont séparés que par l’océan car ils s’écrivent presque tous les jours des messages introspectifs tendus. Sur tablette et IPhone, 21e siècle oblige. Heureux qui communique dans l’instant. L’éphémère est captif de l’écran. Défense d’effacer. L’exercice de style dissèque les cœurs avec lucidité, jusqu’à ce que la carte du tendre soit brouillée.
Louise vit maintenant à Montréal, Adam est resté à Paris. Leur relation épistolaire semble avoir sauvé l’amitié : « Seule la peau sépare l’amour de l’amitié, c’est pas grand-chose ! » Louise se cabre et lui répond « c’est une muraille » ! Ils ne supportent plus de vivre en semble mais peuvent-ils se passer l’un de l’autre ? Elle a le goût de l’absolu. Il a tué l’amour par ses frasques ostensibles avec d’autres femmes, sans lui laisser le moindre doute. Elle crâne « Enfin seule et heureuse ! » Quelle est la bonne distance?
Il se souvient de leur rencontre romantique à L’Opéra de la mise à feu de leur amour, porté par l’élixir de Donizetti. Ce qui les conduit à la question : existe-t-il un moyen infaillible de rendre l’autre amoureux? Par courrier, ils se lancent un défi : provoquer l’amour à coup sûr. Adam pense avoir trouvé et va mettre en application, comme un grand scientifique de psychanalyste qu’il est. Gare ! : Qui manipule qui est toute la question ! Pendant que Louis raconte son expérience parisienne avec une collègue de Louise « corps de déesse et yeux myosotis », Louise, forte et ardente lui évoque sa rencontre avec un Brice jeune sportif amateur de hockey. Il est libre, divorcé et sérieux. Le jeu du carré se raconte à deux voix concurrentes. Tous deux flirtent avec les mots. Les aphorismes cyniques pleuvent en crescendo comme dans un spectacle de boulevard, côté parisien. Sic «L'amour cultive la connaissance, le désir vénère l'inconnu.» « On peut refouler l'amour, refuser qu'il nous emporte dans ses flots torrentiels. Notre seul pouvoir: rater le rendez-vous que nous donne le bonheur » «Le bonheur ne chausse que les bottes du provisoire » etc. La retenue, le mystère, l’élégance des sentiments et une voix presque trop discrète, côté canadien. Les mots de chaque côté de l’océan rebâtissent la réalité de l’amour. Château de sable battu par la routine?
Adam, dont la voix rugit dans les airs, appuyant sur des ‘r’ emphatiques, a trouvé le moyen infaillible de séduire sa nouvelle partenaire, Lily. Mais Il utilise à son insu le même moyen pour atteindre la personne qui (ou qu'il?) n’est pas parvenue à l’oublier. Le fil de l’écriture fait des miracles, c’est avéré. Aimer vraiment et lucidement la personne dans sa réalité, voilà toute la question, même si le désir vient à disparaître. Et encore…
Le tout est porté dès l’ouverture par l'élixir impalpable de la musique : Piazolla, Donizetti, Wagner qui sont de la partie, dans ce jeu de cache-cache et de voix off. On entend Même l’Aigle noir fredonné quelque part. Se retrouver, au singulier comme au pluriel, c’est cesser d’être malheureux. La partenaire canadienne n’aime pas la conquête, elle aime la durée. L’écriture est forcément moderne, syncopée par la forme électronique, mais les juteuses missives ne manquent pas de sel ni d’esprit. Les colères sont palpables, les éclats de jalousie très audibles, le langage corporel éloquent de part et d'autre. Les fragilités de chacun émeuvent et la recherche de l’harmonie du monde réuni comédiens et spectateurs heureux. On danse?
ERIC-EMMANUEL SCHMITT : "L’élixir d’amour"
Éditeur : Albin Michel (Editions)
http://www.theatre-rive-gauche.com/elixir-amour-piece-eric-emmanuel-schmitt.html
Une CRÉATION MONDIALE - « KENNEDY » de Thierry Debroux,
Le 5ème spectacle de la saison du Théâtre Royal du Parc :
Trois dates:
Du 14 avril au 14 mai 2016 :– Bruxelles - création
Les 2 et 3 juin 2016 : Théâtre Montansier – Versailles
Juillet 2016 : Festival Off d’Avignon - Théâtre du Chêne Noir
En quelques mots…
La pièce nous fait entrer dans l’intimité du président des États-Unis lors de cette fameuse soirée au Madison. Marilyn Monroe vient de susurrer « Happy Birthday… ». John (Jack pour les intimes) et Bobby règlent leurs comptes dans une chambre d’hôtel sous le regard d’une mystérieuse inconnue qui semble tout connaître des deux frères. Un suspense psychologique mis en scène par Ladislas Chollat dont le spectacle Le Père a triomphé à Paris et remporté plusieurs Molières dont celui du « Meilleur spectacle ». Il a travaillé avec Fabrice Lucchini, Line Renaud, Robert Hirsch, Dominique Pinon… Créateur d’une sorte de bombe psychologique méticuleusement documentée et truffée d’irrationnel, Thierry Debroux est l’auteur du texte dense et percutant. |
Est-ce un fantasme ? La femme est-elle l’avenir de l’homme ? C’est ce que semble suggérer cette femme multiple et déstabilisante qui hante les rêves des deux frères Kennedy sous les traits séduisants d’Anouchka Vingtier, resplendissante de féminité dans chacune de ses apparitions. Dans chaque éclat du miroir qu'elle tend aux deux frères, chacun peut tour à tour y contempler le doute, la conscience, la destinée, le libre-arbitre, le souvenir, la mort ? Ou bien l’égérie, la muse, la libératrice, la consolatrice, l’amour, peut-être ? A chaque fois, la beauté de l’ange, qui vous tient la main et voudrait vous aider à changer votre destin. Elle l’avoue elle-même : « Ich bin eine « Mystère » … » Pendant parodique d’ « Ich bin ein Berliner ? » Tour à tour, un ying et un yang splendidement incarnés qui ne fascinent pas que le président. Entendez-la :
Jack : Qui êtes-vous ?
La femme : C’est un prénom que tu veux ? De toute façon, tu ne te souviens jamais des prénoms. C’est dommage que tu sois cloué là...La vue est sublime d’ici.
Jack : Comment savez-vous que j’allais occuper cette suite ? Je ne le savais pas moi-même...
La femme : Ich bin eine « Mystère » !
Jack : Bon, ça suffit. J’appelle la sécurité...
La femme : Tu veux que j’approche le téléphone ? C’est le corset qui te gêne ? L’homme le plus puissant du monde porte un corset à cause de son mal de dos tout cassé. Je trouve ça plutôt mignon. Mais attention, ce corset pourrait te jouer des tours...
Personnages et décor hyper-réaliste font tout de suite penser aux tableaux d’Edward Hopper. Les admirables costumes de Jackye … Fauconnier et les décors de Geneviève Périat prolongent avec humour l’illusion artistique. Les vidéos d'époque coulent comme un immuable sablier sur l'action psychologique. Elle se situe le 19 mai 1962 dans une suite luxueuse d’un hôtel de New York.
Alain Leempoel (JFK), Dominique Rongvaux (Bobby) et Anouchka Vingtier composent le trio d’enfer qui va rejouer comme un thriller, l’Histoire qui s’arrêtera le 22 novembre 1963 à Dallas. L’action plonge dans la souffrance abyssale du président : il a le dos qui part en miettes. Il fait le point avec son frère Bobby et confie par bribes, les relations difficiles du clan avec le père qui, grâce à l’argent, l’a fait élire président. Le texte pointe les manipulations, l’absence d’amour de Rose, sa mère, le mariage malheureux avec Jackie, l’hypocrisie des apparences. Sa relation avec Marilyn fait voir à JFK combien en fait, ils se ressemblent. Au passage, le texte détrousse les dossiers compromettants avec les caïds de la Maffia, la pègre de Chicago, les rouages cachés de la famille Kennedy et les malédictions qui la rongent. Est-ce ainsi que nous ignorons tout des puissants qui nous dirigent? Est-ce ainsi que nous aimons parfois dans nos familles ?
Le mythique JFK est un infirme qui pourrait hurler de douleur et cache sous son bronzage légendaire et son sourire de héros, un immense mal-être physique et moral. Il ne sait pas combien de temps il pourra cacher au monde ses infirmités. « Un président infirme ne fait pas rêver, alors je dissimule ! » articule-t-il. Se présenter aux yeux du monde, lui aussi, en chaise roulante, lui fait horreur. « Plutôt crever ! » Son monde intime est un cauchemar, il avoue ne pouvoir se supporter que grâce aux drogues et au sexe. Cerné par ses hallucinantes rencontres avec la Femme-miroir, il attend désespérément les injections de procaïne du docteur Feelgood et parle vraiment pour la première fois avec son frère Bobby tandis que La Femme-miroir décortique sans relâche, chacun des deux frères, à la façon d’une entomologiste pour percer leur vérité.
La mise en scène dynamique de Ladislas Chollat s’emploie à maintenir brillamment le rythme soutenu d’un roman d’espionnage. On assiste, le souffle coupé, à de violentes chevauchées d’amour dans une sorte de course constante contre la mort! Le jeu scénique intense du trio est impeccable et millimétré mais le Temps gagne toujours. Humilité: « Si toi qui portes le monde sur les épaules, tu n’es pas maître de ton destin, qui pourra se vanter de l’être… ? »
http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/36.html
Avec :
Alain Leempoel
Dominique Rongvaux
Anouchka Vingtier
Mise en scène : Ladislas Chollat
Assistanat: Catherine Couchard
Scénographie : Emmanuelle Roy
Lumières : Alban Sauvé
Costumes : Jackye Fauconnier
Création make up et coiffure : Bouzouk
Musique : Frédéric Norel
Durée : 1h30 sans entracte
Avec l’aide de Panache Diffusion et de la Compagnie Nationale 12.
Un quatuor parfait

Après l'éblouissante première, on n’a qu’une idée : faire voir au plus vite ce petit chef-d’œuvre à ses meilleurs amis. Un huis ouvert à tous les cœurs et à tous les amateurs d’art, baignant dans la lumière changeante des nymphéas!
Tout vous parle : le décor d’une maison de bord de mer en Vendée chère à Clemenceau et la demeure du peintre de Giverny à la fois, la lumière captive des heures qui coulent avec des bruits d’oiseaux de mer et de cigales, le goût cultivé d’un siècle révolu, la domestique bienveillante qui veille avec amour sur la santé de son maître – une exquise Marie-Line LEFEBVRE comme toujours - le sourire de la délicate et mystérieuse dame invitée, l’amitié orageuse de deux tigres aux moustaches régaliennes, et surtout le jeu impeccable de Michel De Warzée et de Jean-Claude Frison qui ne font pas piètre figure après l'interprétation parisienne de Claude Brasseur et Michel Aumont. Et en commun, le mépris absolu de l’argent! Carpe diem!
Deux caractères bien trempés, tous deux nés en 1840-41, amis inséparables pendant 60 ans, vont vivre une dispute mémorable au printemps 1923. Ces géants du grand siècle vont-ils aller jusqu’à la rupture ? Le Tigre-Président du Conseil a engagé d’immenses travaux à l'Orangerie pour accueillir les Nymphéas de son ami Monet. Hélas, celui-ci ne cesse de se dérober depuis des mois à sa promesse de livraison. La confrontation dans la maison de Vendée sera plus que houleuse. Le tutoiement résonne comme autant de déclarations de guerre mais - magie de la nature dont tous deux sont épris - les amis se rejoignent par moments éphémères en parlant de boutures de roses. Claude Monet finit par lui avouer qu’il perd la vue et la vision des couleurs, il a même détruit deux panneaux, tant il doute de son travail. Clemenceau fulmine! Monet fait ses valises.

C’est la magie de la lumière sur l’océan qui fera renaître l’espoir du peintre et « parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Suite à cette mémorable colère, Monet se remettra au travail mais demandera que les Nymphéas ne soient installés à l'Orangerie qu'après sa mort. A son enterrement en 1926, le Tigre arrachera le voile noir qui recouvrant le cercueil en déclarant «Pas de noir pour Monet, le noir n'est pas une couleur!» La colère ou les larmes du tigre?

Le public est mené sur le fil de la couleur des sentiments : que ce soit dans l’incomparable richesse de l’amitié des deux hommes ou dans la palette particulière qui lie Clemenceau à la belle Marguerite Baldensperger, son éditrice, quarante ans plus jeune que lui, et qui deviendra son dernier amour. La lumineuse Stéphanie MORIAU interprète ce beau personnage avec finesse et élégance. Le drame qu’elle révèle avec grande pudeur est un autre thème qui serre immanquablement le cœur du public et laisse une impression de vivante humanité à cette pièce de qualité. « Mettez votre main dans la mienne, je vous aiderai à vivre. Vous, vous m’aiderez à mourir. »

LA COLERE DU TIGRE de Philippe MADRAL
Au cœur de l’impressionnisme, les mots claquent, les formules sont brillantes et l'humour robuste, autant que les moustaches des tigres, l’un de la politique, l’autre de l’art!
Magistralement porté par
Michel de WARZEE, Jean-Claude FRISON, Marie-Line LEFEBVRE & Stéphanie MORIAU
Dans une fine et lumineuse mise en scène : Jean-Claude IDEE
Décors : Serge DAEMS / Création lumière & Régie : Sébastien COUCHARD


du 13 Avril au 13 Mai 2016